Speaker #0Bonjour à tous, je suis Hortense Leluc et vous écoutez Décodeur, le podcast dans lequel j'échange avec des pros de la déco. Il y a plusieurs formats d'émissions qui tournent, stylé, archi-cool, le club ou les rencontres comme l'épisode qui va suivre, dans lequel un architecte ou un designer, une marque que vous aimez ou que vous allez découvrir, un entrepreneur ou un créatif va nous parler de sa manière de travailler, de ses produits, de son savoir-faire, sa vision, ses inspirations. Bref, de l'envers du décor qu'on ne soupçonne pas toujours. Et c'est ça la force du podcast, on prend le temps, on va plus loin, on décortique, on apprend, on comprend, il y a une forme d'intimité, de complicité et d'authenticité à laquelle je tiens beaucoup. Merci d'être si nombreux à écouter. Si vous venez de découvrir le podcast, bienvenue, n'oubliez pas de cliquer sur s'abonner pour ne pas rater les prochains épisodes. Et si mon invité vous plaît, surtout n'hésitez pas à partir. partager l'épisode en story ou à mettre 5 étoiles. Tout ça m'aide beaucoup à me faire connaître encore plus. Bonjour à tous, je fais aujourd'hui un petit épisode solo. Je crois que je vais essayer d'en faire de plus en plus parce que vous êtes nombreux à me dire que vous aimez bien ce genre de petit format et je vois bien que ça vous plaît. Donc c'est parti. Aujourd'hui, un sujet un peu provocateur mais très actuel, le retour du moche en décoration. Alors dit comme ça, ça fait sourire, mais en réalité, c'est un vrai sujet. Moi, j'étais entrée dans ce sujet-là plutôt par la mode, vous savez, ces tendances qu'on pensait ne jamais revoir. Je vous donne un exemple tout simple. Je voyais l'autre jour, vous savez, le legging avec l'élastique sous le pied. Je crois que ça avait un nom, mais je ne l'ai pas retrouvé. Je me souviens très bien que moi, j'en ai porté quand j'avais 10 ans, donc c'était il y a plus de 30 ans. Ma mère avait dû céder, mais je me souviens qu'elle trouvait ça, mais vraiment atroce. Et c'est vrai que c'était étrange. comme tendance. Donc, ça a assez vite disparu. C'est devenu complètement ringard. Personne, il y a 15 ans, ne reportait ce genre de leggings. Et un jour, j'ai vu que là, récemment, que ça revient, que c'est porté par des filles ultra pointues à Milan, à Soho, avec des petites ballerines à brides, une veste et tout ça. Et là, je me suis dit, OK, donc en fait, tout peut revenir. Je vous passe... Les chaussettes blanches, les bananes et les claquettes. Nous, notre sujet, c'est la déco, mais c'est exactement la même chose. Alors déjà, première question, qu'est-ce que le moche ? Et surtout, c'est moche pour qui ? La définition du moche, elle est très compliquée aujourd'hui. Je n'ai absolument pas de réponse, parce que je pense qu'il n'y a pas de réponse. C'est une notion qui est très personnelle, qui a évolué. Et c'est comme la question du bon goût. Est-ce qu'il y a un bon ou un mauvais goût ? Moi, c'est une question que, évidemment, j'adore poser à mes invités. Et souvent, ils ont la gentillesse, la délicatesse de me répondre qu'il n'y a pas de bon ou de mauvais goût. Alors que moi, je trouve qu'il y a quand même un genre de mauvais goût. Donc, si on devait le définir, ce qu'on appelle moche en déco, et on va voir que tout ça est très nuancé. Ce qui est moche en déco, c'était certaines couleurs, des couleurs un peu agressives, le vert acide. Le marron, l'orange, le mauvais rouge, le violet, le rose aussi parfois. Ce sont des associations de couleurs improbables. Évidemment, je parle de avant, puisqu'on va voir que c'est le grand retour. Donc vous êtes peut-être en train de vous dire, non mais elle parle de choses qui en fait sont jolies. C'est toute la nuance du sujet. Donc les associations improbables, le marron et le rose, le vert-olive avec du violet, le orange et le bleu. Ou à l'époque, un papier peint à fleurs avec des rideaux à rayures, des assiettes dépareillées. Avant, les services, ils étaient complets. Jamais de la vie, ça ne serait venu à nos parents de mélanger des assiettes ou des types de verres, etc. Il y a des matières aussi qui peuvent être moches. Le plastique, en premier, clairement. Le formica, il y a eu des choses qui n'étaient pas géniales. Il y a des motifs, évidemment, un peu kitsch, un peu psychédéliques. un peu chargé, mal dessiné, mal terminé, je ne sais même pas comment on dit. Il y a des objets qui sont démodés aussi, des bibelots, des gris-gris, des matières aussi, des genres de fausses fourrures, le sky, le soyeux, certaines lignes de meubles, les meubles d'époque, des salles de bain d'un autre temps, les petits rideaux aux fenêtres. Et puis surtout le moche, c'est surtout des choses qui ne vont pas ensemble, qui pourraient être... intéressante séparément, mais c'est le mélange des genres, souvent, qui ne va pas. Et pourtant, et pourtant, et pourtant, tout ce que je viens de décrire est en train de revenir. Aujourd'hui, ces éléments ou ces façons de faire, elles sont utilisées. un, par des décorateurs, parfois même très pointus, les mélanges de motifs par exemple, les contrastes forts, c'est des vraies signatures, et même maintenant le particulier le fait aussi. Et deuxièmement, aujourd'hui tout le monde ose davantage, et donc va vers des choses qui auraient pu être moches, parce que maintenant la déco a envie de se sentir beaucoup plus libre, d'être plus personnelle, chacun a bien envie de faire ce qu'il aime, et on le pousse à ça. Donc en fait, le moche, c'est vraiment une notion qui évolue avec le temps. Ce qui était ringard hier, devient désirable aujourd'hui. Alors aussi, dans la définition du moche, ce qui est intéressant, c'est que le moche fonctionne rarement seul. Le moche, souvent, je parlais d'association, il prend tout son sens dans le contraste. Un intérieur très épuré, par exemple, avec un objet bizarre. Si vous entrez dans un intérieur qui est vraiment smart, qui est bien décoré, tout est joli, et qu'au milieu, dans le salon, il y a une lampe, en forme de fusée qui fait descendre des paillettes quand on la retourne. Vous n'allez pas comprendre, ça ne va pas du tout. C'est ça qui est moche. Parce que si vous êtes dans la roulotte de Madame Irma, qui a un décor too much, qui ne vous parle pas du tout, cette lampe à paillettes, vous ne la verriez même pas. Donc c'est vraiment cette notion de contraste. C'est dans une déco un peu campagne, ravissante, très fleurie. Soudain, s'il y a des coussins smileys sur les lits, Vous allez vous dire, tiens, j'aurais pas mis ça, c'est moche. Mais c'est ce contraste aujourd'hui qui crée de l'intérêt. On va le voir plus tard que le moche devient un outil aujourd'hui de tension visuelle. C'est vraiment une notion qui est intéressante, on va revenir juste après. Mais pour terminer sur cette notion du moche, quand on regarde concrètement, le moche, il prend quand même plusieurs formes. On l'identifie aussi assez facilement. Souvent, il y a le moche enfantin. Je parlais des coussins smileys, par exemple. ou... Des petits coussins en forme de cœur, de fleurs un peu naïfs comme ça, ou des objets un peu enfantins, des assiettes avec des petits personnages, tout ce qui est personnages de dessins animés. L'autre jour, j'entendais je ne sais plus quelle décoratrice, elle ne montrait jamais la chambre de sa fille parce que les draps étaient avec des licornes, les plats en forme de grenouilles, un vase avec une grande bouche ouverte. Vous voyez, ça c'est quand même de la petite déco qui est moche. On va quand même se mentir. Ce n'est pas foufou, ça a longtemps été considéré comme cheap. Mais aujourd'hui, ça peut apporter de l'humour. Bon, il faut voir. Il y a le moche animalier. Il faut faire très attention aux animaux. Ça peut vite devenir le musée des horreurs. Genre, je sais qu'il y a cette petite chouette ou le hibou qu'on peut mettre dans l'entrée, qui accueille les bonnes ondes ou je ne sais pas quoi. Bon, je ne sais pas. Les petites poules, les petits animaux sur les buffets, les objets figuratifs. Il faut voir. Mais voilà, ceci dit, tout ce qu'on associe à cette déco un peu ringarde, bon, elle revient quand même avec un second degré. Il y a aussi le moche bizarre, qui est un petit peu plus dérangeant. Les étagères en forme de bouche, les objets un peu inquiétants. Vous voyez, tout ce qui est objet de curiosité, cabinet de curiosité, il y en a qui trouvent ça très moche, parce que c'est un peu particulier. Les sculptures étranges. Voilà, tout ça n'est pas forcément très beau, pas pour le goût de tout le monde, mais ça attire l'œil. Et c'est ça qui est intéressant aujourd'hui. Et il y a le moche cheap. Le cheap, c'est-à-dire que je parlais du plastique, le mauvais plastique, le mauvais mélaminé, l'objet un peu mal peint, le meuble de marque vraiment très bas prix, la table basse qui est un peu bancale, la couverture, la mauvaise couverture en p... polaires sur le canapé, tout ce qui semblait un peu bas de gamme, ça c'est pas très joli. Mais aujourd'hui on sait bien que c'est la crise et on sait aussi qu'on peut mélanger, qu'on peut pas tous se payer que des jolies marques et donc on a tendance à mélanger les styles et les budgets. Et je vais revenir aussi sur le moche nostalgique parce que il y a les années 70, les années 80, les années 90, tout ça est très marqué mais en fait tout ce qu'on a rejeté va revenir. chargé d'affect. On va le voir sur la seconde main, mais pour vous donner un exemple récent, moi l'autre jour j'étais chez mes parents, j'ai récupéré un pied de lampe que je trouvais dingue, avec des espèces de fruits enchevêtrés dans un pied de lampe en bois. Ma mère, elle me dit, mais tu ne vas pas prendre ça, mais je ne peux plus la saquer cette lampe, tu la trouves jolie. Je dis, non seulement je la trouve jolie, mais je la trouve sublime. Je l'ai emportée chez moi, je n'ai que des compliments. Et on me demande, mais tu l'as acheté où, etc. Donc ça m'amuse beaucoup. Donc vous devez avoir ça aussi, c'est tout le concept des brocantes, les gens se débarrassent d'objets dont ils n'ont plus l'utilité, mais surtout qu'ils n'aiment plus, qu'ils ont trop vu, alors que ça peut faire le bonheur de quelqu'un. quelqu'un d'autre. Le moche, c'est vraiment une porte d'entrée vers la seconde main parce qu'il y a beaucoup d'objets d'occasion qui sont considérés comme moches, démodés, atypiques, pas dans les codes. Et du coup, les gens les laissent de côté, donc ils sont vendus pas très cher. Et comme c'est la crise, on va aussi vers du plus accessible, donc on va se permettre beaucoup plus de choses. On va se dire bon, c'est pas très cher. Oui, je pourrais avoir mieux ailleurs, mais j'ai pas le budget. la brocante et Maüs, les plateformes de seconde main, ça devient des terrains de jeu. Et en fait, il faut apprendre à aimer le moche, apprendre à avoir le potentiel. En fait, le moche, c'est aussi apprendre à changer notre regard. Le beau, il est impeccable, c'est sûr, mais qui dit impeccable, dit lisse, uniforme, sans histoire. Alors que le moche, il peut raconter une histoire, oui, il est régulier, mais il peut avoir une émotion et puis on va le garder plus longtemps. Parce que, oui, il va être plus imparfait, mais cette émotion va faire que cette sincérité va quand même nous plaire et on va le sentir. Alors, pourquoi est-ce que le moche revient ? J'ai déjà donné plusieurs arguments, mais il y a un argument qui est très fort, c'est qu'on est saturé du beau parfait. Depuis des années, on voit des intérieurs impeccables. On a vu des intérieurs qui étaient très lisses. On en est quand même sorti, le côté trop minimaliste, trop scandinave, le beige, le blanc, le bois clair. Mais on a vu aussi beaucoup d'espaces impeccables, on le voit dans plein de styles. Et en plus, il y a beaucoup de monde qui a du goût, qui le partage et qui met une forme de pression. Sur Pinterest, par exemple, on voit des choses qui sont quand même sublimes, qui sont, je disais, les gens ont du goût. Sur Instagram, tout le monde raconte en plus sa meilleure vie, donc ne va montrer que le plus beau. mais au bout d'un moment, ça fatigue. Donc, le moche, c'est une réaction à cette perfection. Ensuite, il y a un vrai besoin d'émotion. Je l'ai effleuré avec la seconde main. En fait, le beau classique, il est souvent neutre, il est plus consensuel, il est même un peu impersonnel. Alors que le moche, lui, il apporte du caractère, du souvenir, de la surprise. Il y a un exemple qui m'est venu. qui est un peu simpliste, mais je pense par exemple au dessin d'enfant. Le premier dessin que votre enfant, ou dans les premiers dessins, en moyenne section, en grande section, quand ils sont un peu challengés, franchement, ils rapportent des choses qui sont parfois vraiment intéressantes. Et en plus, on est super fiers. Bon, est-ce qu'on va l'encadrer dans le salon ? Pas vraiment, parce que ce n'est pas vraiment beau. Et bien aujourd'hui, il y a toute une nouvelle génération de parents qui assument tout ça, beaucoup plus, qui va les afficher. En toute simplicité, au-dessus de la table de nuit, sur le frigo, voilà parce que c'est pas une question de beauté, c'est une question d'émotion. On préfère un intérieur vivant à un intérieur parfait. Il y a aussi toute l'influence de, évidemment, de la mode, de la culture pop, de l'histoire. Donc là, il y a quand même une grosse tendance mode sur la ugly fashion. Les crocs, faut pas me chauffer sur le sujet. Tout ce qui est années 80, on le voit dans la mode, nos ados avec leurs chaussettes blanches, j'en parlais, les bordeaux dans les cheveux, il y a une mode qui est très assumée et donc la déco elle suit, elle a envie d'assumer aussi. Le kitsch qui était un peu comme du mauvais goût, aujourd'hui il est revendiqué comme quelque chose de joyeux, de libre et de ça me ressemble. En fait il y a beaucoup de choses moches qui sont en fait un peu datées, associées à une époque. Chargé d'imaginaire, je vous parlais tout à l'heure des années, l'année 70 qui est très marron-orange, les années 80 qui étaient plus flashy, paillettes, les années 90 un petit peu plus cheap. Le moche en fait, ça raconte une époque, ça raconte une histoire et c'est ce que je vous disais, ça se joue donc beaucoup dans le regard. Il faut changer notre regard parce que... Les années 80 flashy, c'est quelque chose de très joyeux et aujourd'hui, il y a beaucoup d'années 80 qui reviennent et donc avec beaucoup d'étranges aussi parce que c'est des objets qui ne sont pas forcément super chics. Mais mon Dieu, qui apporte de la joie et la joie, ça nous fait beaucoup de bien. Donc, est-ce que ce n'est pas ça le principal ? Ensuite, dans le moche, il y a un enjeu qui est beaucoup plus profond qui est l'écologie parce que le moche, très souvent, en fait, c'est ce qui est déjà là. C'est un meuble hérité. C'est un objet chiné, c'est une cuisine qu'on n'aurait pas choisie. Pendant longtemps, la logique, elle était simple. Bosque est moche, on jette et on le remplace par du beau ou du neuf. Aujourd'hui, ça change. Aujourd'hui, on garde, aujourd'hui, on compose, aujourd'hui, on réinterprète. Et c'est ça aussi le vrai basculement. Le meuble plus écologique, c'est celui qui existe déjà. Donc, aimer le moche, c'est aussi une façon d'arrêter de sur... de consommer, et donc de surconsommer du beau. C'est accepter le carrelage qui est daté, qu'on ne va pas remplacer tout de suite. C'est la cuisine qui est un peu ancienne, mais qui est charmante, et qui pourrait quand même faire le job. C'est garder ce meuble qui nous raconte tellement quelque chose, qui est un peu lourdingue, mais en fait, nous, il nous plaît au fond. Et c'est aussi éviter des travaux, des déchets, des matériaux neufs. Donc là aussi, il faut changer le regard, mais c'est presque là une écologie du regard. Avant, en fait, on transformait le monde, accrochez-vous, cette phrase, avant on transformait le monde pour qu'il corresponde à notre goût, mais aujourd'hui, il faudrait qu'on transforme notre regard pour qu'il corresponde à notre monde. Vous avez le droit de réécouter le podcast pour recomprendre cette phrase, mais voilà, c'est important, c'est vraiment une vraie, c'est presque philosophique. J'en reparle juste après. Je veux juste faire une parenthèse sur le fait que le mode, le moche, est devenu aussi un vrai langage esthétique. Avant, la déco, elle cherchait l'harmonie, la cohérence, le bon goût, alors qu'aujourd'hui, on cherche à dire quelque chose. Et le moche, il est très puissant pour ça. Il surprend, il dérange, il fait réagir. Utiliser du moche chez soi, mais évidemment, j'ai dit le là, à toutes les sauces, vous avez bien compris ce que je voulais dire. C'est très subjectif. Mais utiliser quelque chose d'un peu douteux, on va dire, ce n'est pas neutre. C'est aussi une prise de position. Le moche, il est expressif. Là où le beau, il était un petit peu plus consensuel. C'est dire, je préfère mon émotion à la perfection. Je m'en fiche des codes, je m'en fiche si ça ne va pas vraiment ensemble, j'en ai conscience. Mais c'est presque politique et c'est presque, j'en arrive à ma notion de philosophique. Avant, on transformait le monde pour qu'il corresponde à notre goût. Et aujourd'hui, on transforme notre regard pour accepter le monde. Vous avez vu, je vous apporte une nuance à ma phrase un peu compliquée qui était juste avant. En fait, l'écologie du moche, c'est vraiment l'écologie du regard. Et ça permet de sortir de cette pression esthétique permanente. La déco parfaite, elle pousse à changer régulièrement, à suivre les tendances, à acheter du neuf. Alors que le moche, il libère de ça. On n'est pas obligé d'être à jour. Et de la part des décorateurs, d'ailleurs, c'est une esthétique qui pourrait être expérimentale. Le beau classique y suit des règles, alors que le moche y permet de les tester, voire de les casser. On peut faire des associations improbables, des couleurs qui clashent, des proportions étranges. Ça devient un terrain de jeu. Il y a un terrain de jeu parce que le moche, c'est beaucoup de second degré. Une lampe kitsch, un objet absurde, un tapis qui est un peu laid, qui est trop épais, qui est trop en relief. ça peut être volontaire. On est dans une esthétique qui dit « c'est un peu moche, mais et alors ? » C'est ça qui devient intéressant, c'est le « et alors ? » Le moche, il permet aussi, pour vous mettre à l'aise, de mélanger les codes. Le moche, en fait, il casse une hiérarchie qui est très ancienne, qui est le design un peu noble versus les objets populaires. Avant, on ne mélangeait pas tout ça. Le luxe versus le banal. Le neuf versus le usé. Aujourd'hui, on peut tout mélanger, tout ça. On peut mélanger, comme je vous disais, quelque chose de... Maintenant, tous les intérieurs mélangent le contemporain avec de la brocante, l'art avec des choses un petit peu plus kitsch. En fait, le moche, il démocratise le goût et ça crée donc des intérieurs beaucoup plus libres. Voilà, pour conclure, en fait, et apporter peut-être un peu de nuance, déjà, le petit 1, le moche, cette question du moche ouvre le débat sur sa place. Est-ce qu'on doit accepter le moche ? Ou est-ce que comme tout dans la vie, dans l'éducation des enfants, dans les entreprises, dans le couple, est-ce qu'on ne doit pas se forcer à mettre un minimum de cadre, de respect, de limite et ne pas être complètement en roue libre ? Ça, c'est l'idée 1. Mais l'idée 2, complètement en contraste avec tout ça, l'idée, c'est de vous dire d'être à l'aise avec votre déco. Parce que quoi que vous fassiez, tant que ça vous ressemble, et moi je prêche aussi beaucoup pour ça, même si je prêche quand même un peu de la notion avant de attention, de ne pas faire n'importe quoi. Sinon, si on se laisse aller, si tout le monde se laisse aller, ce n'est pas possible. Et en même temps, tout l'inverse, c'est qu'en fait, aujourd'hui, il faut un intérieur qui se ressemble. Et donc, même s'il y a des choses qui ne sont pas jojo, ces tendances de... pas être parfait et ce qui est tendance c'est vraiment d'avoir un intérieur qui nous ressemble avant tout pour se sentir bien, on a quand même assez de complications dans nos vies pour en plus chercher à contrôler notre déco, donc faites-vous plaisir ne vous prenez pas la tête avec les tendances le bon goût, les candidats Après, si vous avez envie d'oser poursuivre ce mouvement du moche, ça c'est quand même autre chose. C'est de se dire, tiens, je vais apporter des touches un petit peu plus kitsch pour être un petit peu dans le vent parce que c'est une mode. Alors attention parce que tout le monde ne peut pas faire du moche réussi. Le moche demande du goût. Quand on voit tous ces décorateurs qui mélangent parfois les styles, les matières, ça va encore, mais les motifs par exemple, voilà, parfois il faut faire un petit peu attention. Et en même temps, il faut se faire plaisir. Non, mais je dis tout et son contraire dans cet épisode. La dernière chose quand même qu'on n'a pas parlé, c'est que c'est une tendance qui est récupérée par le marché. Donc, il faut faire attention aussi parce qu'il y a des marques qui commencent à vendre du moche parce que c'est tendance. Donc, des objets kitsch ou des meubles volontairement ratés ou usés à des prix élevés ou du faux vintage. C'est quand même aberrant. On peut nous vendre des meubles vieillis. C'est un vrai paradoxe de recréer du moche ou du vieilli neuf pour éviter d'utiliser l'ancien. Bon, écoutez, en tout cas, ce qu'il faut retenir, c'est que cette notion, que ce qu'on appelle moche aujourd'hui, sera très beau demain, ou pas, mais faites-vous plaisir. Faites-vous plaisir dans votre déco. Allez, ciao ! Le Décodeur, c'est terminé pour aujourd'hui. Merci beaucoup d'avoir écouté en entier. 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