Speaker #0Musique Hello à tous, me revoilà pour un nouvel épisode de Décodeur, le podcast sur celles et ceux qui font la déco aujourd'hui. Bon, faudrait peut-être que je change cette phrase, parce que c'est la déco, le design, la création, l'artisanat, le lifestyle. Mais c'est vrai que j'aime bien cette petite formule, parce que, en fait, si vous ne connaissez pas Décodeur, c'est un peu comme un magazine déco. un peu parle, tendance, savoir-faire, conseils, portraits, mets tout ça version audio. Et pour les visuels, je mets tout sur le compte Instagram qui s'appelle Décodeur Studio. Donc voilà, nous y sommes, c'est la rentrée du podcast. Je suis très contente de retrouver mon micro que j'avais mis dans un coin pendant deux mois. Mais j'ai vu que vous aviez écouté tous les replays proposés cet été. D'ailleurs, on ne dit pas du tout ou on ne dit pas du tout au replay. Qu'est-ce qu'on dit ? On dit les best-of, les rediffusions, voilà. Donc merci beaucoup d'être toujours au rendez-vous. Juste avant de commencer, j'ai juste une petite chose à vous dire. Si vous aimez un épisode, je remets toujours une petite couche, mais surtout n'hésitez pas à le partager en story, une capture d'écran de la cover, c'est la couverture, la photo de l'épisode. à des amis, des collègues, dans un message. C'est vraiment ce qui est important pour nous qui avons un podcast, c'est que l'épisode vive, soit vu, soit enregistré et soit écouté, évidemment. Alors aujourd'hui, c'est un petit épisode solo sur Masques Spatiaux, on pourrait dire le duo, si on devait donner un titre, le duo qui a mis la couleur au centre du design. Vous n'avez pas forcément déjà vu un projet de Masques Spatiaux parce qu'ils sont très, connus dans notre univers, mais c'est pas non plus, si vous les connaissez pas, ils sont pas non plus, on va pas se mentir, ils sont pas incontournables, mais ils sont importants, et c'est génial que Maison et Objets les mettent à l'honneur, parce qu'il faut les connaître. Leur style, pour vous mettre un petit peu dans l'ambiance, c'est des couleurs très franches, des lieux qui ressemblent parfois à des décors de science-fiction, presque, peut-être un peu futuriste, C'est très irisé, ça peut être improbable, ça peut être un mix and match, un choc de couleurs, je dirais. Mais des couleurs que, personnellement, je vais faire tout un chapitre sur la couleur, mais qui sont très belles, très nuancées, assez douces, mais elles sont ultra présentes. Oh non, je dis douces, mais en fait, en le disant, je me dis qu'elles ne sont pas du tout douces. Elles peuvent être aussi très franches, très marquées, mais en tout cas, il y en a beaucoup. Il n'y a pas beaucoup de blancs dans leur projet. Enfin. jusqu'à maintenant parce qu'on va voir que leur style a beaucoup évolué. Alors, derrière Masques Spatiaux, il y a Anna Milena Hernandez et Christophe Penas. C'est un duo qui est installé à Valence, en Espagne, et qui, depuis 2010, s'est construit une réputation, donc, je disais, assez internationale, avec un design qu'on reconnaît quand même assez vite, très reconnaissable, mais aussi une manière assez particulière de travailler, parce que Masqué Spatio, c'est... Et pas seulement, vous allez voir une agence d'architecture intérieure, je dirais. C'est vraiment un studio créatif. Ce sont vraiment des créatifs qui travaillent aussi bien sur des espaces que sur des identités de marques, que sur du mobilier, que sur des objets de la direction artistique ou des scénographies. Autre petit signe distinctif, Anna et Christophe forment aussi un couple dans la vie. Alors Anna, Anna Milena Hernandez, elle est colombienne. Elle est née à Bogota et elle est arrivée en Espagne il y a 18 ans pour étudier le design à Valence. Christophe Penas, j'espère qu'on dit bien Penas, mais oui, ça s'écrit P-E-N-A-S-E, donc Penas. Lui, il est belge, donc il parle français. Son parcours est... Non, ce n'est pas une logique, parce que je crois qu'il y a des belges qui ne parlent pas français, donc oubliez ma phrase. Enfin, je n'en sais rien d'ailleurs. Son parcours, il est très différent. En fait, il étudie le marketing. Ils travaillent notamment dans le domaine commercial et marketing chez Sony Pictures Home Entertainment, tout en étant très impliqués dans la musique. Autrement dit, lorsque ces deux-là se sont rencontrés, ils ne venaient absolument pas du même univers. Et c'est justement cette différence qui va devenir l'une des forces de Masques Spatiaux. Ils se sont rencontrés avant de créer et de lancer le studio, et donc ils sont devenus partenaires, seulement en perso, mais aussi dans le boulot, puisqu'ils ont créé Masques et Spatiaux en 2010. Leur répartition des rôles, donc, comme je viens de vous dire, elle va être assez... Elle va s'imposer assez vite, parce que Anna, elle est créative, c'est la créative. du duo, c'est la directrice artistique, c'est la designer principale du studio, c'est elle qui porte la vision, la vision créative, elle travaille sur les espaces, les formes, les couleurs, les matériaux. Et Christophe, lui, il prend en charge plutôt tout ce qui est business, en n'ayant pas peur des mots, management, développement commercial, communication, gestion des projets, relations avec les clients. Et donc, ils ont d'ailleurs une jolie manière eux-mêmes de résumer leur fonctionnement. Anna, elle dit qu'elle est le cœur et Christophe, le cerveau. Dans un projet, dans une personne, le cœur est aussi important que le cerveau, le cerveau est aussi important que le cœur, même si ce sont deux parties bien distinctes. Donc un genre de duo yin et yang en quelque sorte. Et cette complémentarité-là, elle est assez fondamentale pour comprendre masques et spatiaux, parce qu'il y a d'un côté la création, qui va être très intuitive, très sensible, très visuelle, et de l'autre, il y a une capacité à... transformer cette créativité en projet, en collaboration, en commande et donc en véritable entreprise. Alors concrètement, qu'est-ce qu'ils font ? Alors le studio, ils se définissent comme une agence créative à 360 degrés, comme je l'ai dit. Ils imaginent aussi bien des restaurants, des hôtels, des boutiques, des bureaux, des espaces commerciaux, mais aussi des identités visuelles, des objets, du mobilier et des projets de direction artistique. Leur portfolio est d'ailleurs assez impressionnant parce qu'on y trouve aussi bien des projets pour des marques internationales que des restaurants indépendants ou des espaces très expérimentaux. Et c'est important parce que leur travail ne consiste pas seulement à décorer un lieu. Ils cherchent généralement à créer un univers complet. L'architecture, le mobilier, les couleurs, la lumière, le graphisme, parfois même les vêtements. ou les objets qui vont se trouver dans le lieu. Donc tout peut participer à la même histoire. Et c'est particulièrement d'ailleurs visible dans les projets de restauration et de retail. Par exemple, ils ont travaillé pour Boone, je ne sais pas si vous connaissez, parce que c'est en Italie, c'est une chaîne de burgers en Italie, et ils ont imaginé plusieurs restaurants. Et on est immédiatement dans leur langage, avec des couleurs très présentes, des formes arrondies, des volumes très sculpturaux, et un univers qui paraît assez ludique. Très joyeux. Mais leur travail, il peut aussi aller dans une autre direction. À Milan, par exemple, toujours, avec Ishi Station, c'est un restaurant de sushi dans le quartier de Brera, à Milan, qui est bien connu. Ils ont travaillé autour d'un univers hyper futuriste, presque comme si on entrait dans une capsule spatiale. Quand on rentre dans le resto, c'est assez extraordinaire. Ou avec King Kong Club. Attendez, je leur dis. King Kong Club, un club de fitness à Salzbourg. ils explorent quelque chose d'un peu cyberpunk. Cyberpunk, c'est pas moi qui l'ai trouvé. J'avoue que j'emprunte cette expression, mais qui est assez parlante et qui m'amuse. Un autre exemple aussi, par exemple, ils ont travaillé pour Mangotine. Bon, tout est dans le nom. Mangotine, c'est les boutiques spécialisées pour les adolescents. La boutique de mango. Les boutiques... Bon, mango... Comment je vous le formule ? Le concept de boutique mango destinée aux ados. elle va y arriver la dame ils ont fait la première boutique à Barcelone avec l'idée de créer un univers presque virtuel très immersif qui s'adresse directement à cette génération ils ont quand même un petit coup d'avance c'est très contemporain et donc un poil futuriste quand même et ce qui est intéressant c'est que dans chacun de ces projets on reconnait masques et spatiaux mais le studio ne cherche pas pour autant à reproduire exactement à chaque fois la même esthétique Merci. Parce que s'il y a bien une chose qui caractérise masques espaciaux, c'est la couleur. La couleur est partout. Des jaunes, des roses, des bleus, des verts, des oranges, qui sont souvent associés dans des combinaisons assez inattendues. Mais aussi des formes géométriques, des courbes, beaucoup, beaucoup, beaucoup de courbes, de rondeurs, des effets d'optique, beaucoup de miroirs aussi, des matières brillantes ou texturées. Alors leur univers, il a souvent été qualifié de pop. de ludique, je le disais, de futuriste, je le disais aussi, avec une influence assez évidente du mouvement Memphis et du design des années 80. Et pourtant, Anna explique qu'elle ne commence pas nécessairement un projet en se disant « tiens, je vais mettre de la couleur » où la couleur est au cœur du projet. Non, au contraire, elle a déjà raconté qu'elle essayait parfois de commencer un projet justement tout à fait neutre et qu'elle finissait toujours par en remettre quelque part. Parce que chez Masques Espatiaux, la couleur n'est pas seulement décorative, elle va venir provoquer quelque chose, créer une émotion, modifier la perception, donner l'identité, apporter un petit twist. C'est aussi pour ça que leurs projets sont si facilement... reconnaissables en photo d'ailleurs. Avant même de savoir qui les a dessinés, on peut se dire, tiens, ça, ça ressemble à du masqué spatio. Mais justement, cette signature très forte pose une question qui est intéressante pour tous les designers qui connaissent les designers ou architectes d'intérieur qui connaissent le succès. Comment ne pas devenir prisonnier de son propre style ? Parce que lorsqu'un studio devient célèbre, ou un cabinet, pour ses couleurs, ses formes, identité son univers qui est très identifiable, il y a toujours le risque que les clients viennent chercher une recette. Parfois, ça plaît. Il y en a à qui ça va très bien de fonctionner comme ça. Il y en a d'autres qui se sentent vite enfermés et qui ne veulent pas tomber là-dedans. Anna et Christophe revendiquent plutôt l'idée inverse que chaque projet doit avoir sa propre identité et ils cherchent à éviter pourtant de répéter une esthétique qu'ils ont déjà créée. Leur travail récent montre d'ailleurs une certaine évolution. Parce qu'après plus de 15 ans de masques espaciaux, ils ont pris une année de pause. Une année passée notamment à Bali, avec l'envie de se déconnecter, de découvrir une autre culture et surtout de réfléchir à ce qu'ils voulaient faire ensuite. Et ils expliquent qu'ils sont revenus avec une approche beaucoup plus personnelle, plus intuitive, moins guidée par les tendances. Et c'est intéressant parce que leur design semble justement de l'extérieur, très lié aux tendances. Mais eux, ils disent qu'aujourd'hui, ils ont envie d'aller voir ailleurs, vers quelque chose de plus authentique, de plus émotionnel, de plus durable aussi. Et ça se ressent notamment dans leur rapport aux matériaux. Ils parlent beaucoup plus aujourd'hui de bois, d'imperfections, de matériaux moins conventionnels, d'artisanat, de matières qui ont une histoire. L'idée, c'est plus seulement de produire une image spectaculaire, mais de créer un endroit dans lequel on a envie de rester. de se sentir bien, presque de se sentir chez soi. Et puis, Masque Espacio ne s'est pas arrêté à l'architecture d'intérieur. Le duo a aussi créé sa propre marque de mobilier et d'objets, Masque Création. Là encore, l'idée, c'est de pouvoir aller plus loin que ce qu'autorise parfois un brief client. Créer leur propre pièce, leur propre mobilier, leur propre univers. Le premier homme qu'ils ont imaginé, par exemple, s'appelle Too Much, un nom qui résume assez bien leur philosophie à l'époque. C'était un fauteuil à bascule très sculptural, en marbre, velours, assis avec une influence assumée du mouvement Memphis. Et la marque leur permet justement d'expérimenter tout ça, d'expérimenter autrement. Ils ont aussi bien sûr travaillé avec de grandes marques et notamment Monoprix. Je ne sais pas si vous aviez vu, je ne sais plus quand c'était. Je me demande, mais je ne voudrais pas dire d'erreur, pardon, je n'ai pas vérifié, si ce n'était pas en 2023. pour lequel Masse Création avait donc imaginé une collection de plus de 50 pièces, du mobilier, des objets, de l'art de la table et même de la mode. Le projet était construit autour de l'idée, je crois, d'un brunch parisien au printemps, avec une table comme point de départ et tout un environnement pensé autour d'elle. Donc on retrouve encore cette volonté de ne pas simplement dessiner un objet, mais de raconter une histoire autour de lui. Et c'est finalement assez logique. que Maisons et Objets et choisi Masques et Spatiaux pour incarner sa nouvelle édition de septembre 2026. Parce que cette année, je ne sais pas si vous avez suivi, Maisons et Objets change de nom et de rythme pour sa rentrée. Il va y avoir deux éditions bien distinctes en janvier et en septembre. Et là, en septembre, le salon devient Maisons et Objets Pulse avec un thème Pulse in Motion qui parle d'énergie, de mouvement et surtout de ce qui remet aussi les gens En relation, Masques Espaciaux en est l'ambassadeur avec une mission assez large puisqu'ils auront un espace au Salon Maison et Objets qui s'appelle Feel the Sheet et ils ont aussi conçu l'affiche de cette édition. Alors le titre résume assez bien leur réflexion. Pulse in Motion pour eux, c'est pas seulement le mouvement physique, c'est l'énergie qui circule entre les personnes, l'émotion, le fait de se retrouver et dans un monde de plus en plus... dominés par la technologie et les écrans, en fait, ils vont défendre justement l'idée que les espaces physiques peuvent recréer du lien. Donc, Phil The Sheet, dont je viens de vous parler, qui est le nom de leur espace à mes objets, sera donc conçu comme une véritable expérience immersive. Je crois que c'est dans le Hall 6, mais je ne veux pas vous dire de bêtises. L'idée, c'est de faire entrer le visiteur dans une sorte de... d'interprétation contemporaine de la maison, un espace qui donne envie de ralentir, d'observer, de toucher, de ressentir. Il y aura évidemment de la couleur, mais elles ne seront plus seules aussi, des matières naturelles, un travail artisanal, des textiles, de la lumière et plus de 30... cinq pièces de masques création qui vont venir composer cet univers. Donc c'est assez révélateur de l'évolution de masques espatiaux. L'objectif, c'est plus seulement de créer un espace qu'on a envie de photographier, mais c'est un espace qu'on a envie de vivre. Il y a l'importance du mouvement, du jeu, de la rencontre et de l'humain, parce que c'est peut-être ça qui est le plus intéressant dans l'évolution de masques espatiaux. Pendant longtemps, on a peut-être un peu résumé leur travail à la couleur, les formes, le côté un peu spectaculaire. Allez voir, je vais partager des photos. très instagrammable. Et aujourd'hui, derrière cette esthétique, toujours très généreuse, il semble vouloir raconter autre chose, une relation peut-être plus sensible au lieu, aux matériaux, aux personnes qui les occupent, et à l'idée qu'un intérieur ne devrait pas seulement être beau à regarder, mais devrait nous faire ressentir quelque chose. Donc, après 15 ans de carrière, le pari de Masques Spatiaux est assez intéressant, qui est de continuer à être immédiatement reconnaissables sans rester figés dans leur propre signature. Et surtout, comme ils le disent eux-mêmes aujourd'hui, avec plus d'émotion. Voilà, je crois que j'ai fait le tour. J'ai hâte de découvrir leur espace à maison et objets. J'y serai dès le jeudi matin, très tôt d'ailleurs, parce que j'ai beaucoup de chance. Je vais pouvoir accéder dès 8h30 aux installations, avant l'ouverture, pour justement faire plein de photos et de vidéos sympas. à vous partager sur Instagram. Mon compte, c'est Decoder Studio. Si vous ne suivez pas encore, n'hésitez pas. Justement, je pourrais vous mettre plein d'images de l'espace de Masques et Spatios. Voilà. Je vous souhaite une très bonne journée, soirée, selon l'heure à laquelle vous écoutez. Merci beaucoup d'avoir été jusqu'au bout de ce petit épisode. Et à très bientôt. Ciao.