- Speaker #0
Bonjour à tous, je suis Hortense Leluc et vous écoutez Décodeur, le podcast dans lequel j'échange avec des pros de la déco. Il y a plusieurs formats d'émissions qui tournent, stylés, archi-cool, le club ou les rencontres comme l'épisode qui va suivre, dans lequel un architecte ou un designer, une marque que vous aimez ou que vous allez découvrir, un entrepreneur ou un créatif va nous parler de sa manière de travailler, de ses produits, de son savoir-faire, sa vision, ses inspirations. Bref, de l'envers du décor qu'on ne soupçonne pas toujours. Et c'est ça la force du podcast, on prend le temps, on va plus loin, on décortique, on apprend, on comprend, il y a une forme d'intimité, de complicité et d'authenticité à laquelle je tiens beaucoup. Merci d'être si nombreux à écouter. Si vous venez de découvrir le podcast, bienvenue, n'oubliez pas de cliquer sur s'abonner pour ne pas rater les prochains épisodes. Et si mon invité vous plaît, surtout n'hésitez pas à partager. partager l'épisode en story ou à mettre 5 étoiles. Tout ça m'aide beaucoup à me faire connaître encore plus. Bonjour à tous, si vous écoutez Décodeur, vous savez que je parle souvent de Tikamoon qui soutient le podcast et notamment l'émission Le Club depuis 3 ans maintenant et je leur en suis très reconnaissante car sans sponsor, il n'y aurait pas de podcast. Mais je me suis rendu compte que je n'avais jamais fait d'épisode dédié à la marque. un épisode plait dans lequel on reviendrait sur chacune de leurs valeurs et de leurs actions. Car Ticamoun est une entreprise très engagée, comme vous le savez sûrement, qui prône la durabilité et la responsabilité sur un grand nombre de points que l'on va justement évoquer et creuser ensemble. Je suis donc ravie d'échanger avec Arnaud Van Popring, son CEO et cofondateur. Bonjour Arnaud.
- Speaker #1
Bonjour Hortense.
- Speaker #0
Je viens d'évoquer l'ADN de Ticamoun. en quelques mots. Mais toi, comment tu présenterais la marque en trois phrases à quelqu'un qui ne la connaît pas, avec tes mots ?
- Speaker #1
Alors, nous sommes des concepteurs et des distributeurs de mobilier en bois massif et livret monté. On fait ça principalement sur Internet. Nous sommes basés à Lille, on est 250 personnes aujourd'hui et puis on se déploie en dehors d'internet tout récemment.
- Speaker #0
Donc concepteur ça veut dire fabricant ?
- Speaker #1
Ça veut dire qu'on conçoit nos meubles, on les dessine soit en interne soit avec des designers freelance et puis on est en partenariat avec 80 ateliers qui vont les construire pour nous parce qu'on ne peut pas être partout et tout faire. Donc on est en partenariat à long terme avec nos ateliers de production.
- Speaker #0
Ok, alors comme je dis, on a énormément de points à traiter ensemble. C'est du bois massif, donc si on commence par la base, qu'est-ce que du bois massif ? Qu'est-ce qu'un bon bois en fait ?
- Speaker #1
Le bois massif, c'est ce qui vient directement de la nature. C'est un arbre coupé en planches. Et donc il n'y a rien de plus naturel. Ce n'est pas du tout comme du MDF ou du contreplaqué qui est plein de colle ou d'autres choses. Nous en fait, on a fait le choix du bois massif. L'arbre grandit, se gonfle de carbone. Quand il a cessé de capter du carbone, on le prélève, on en plante un autre. Et donc nous, on utilise ce carbone capté, cet arbre mature, pour en faire des planches et des meubles pour très longtemps.
- Speaker #0
Alors que le marché est plutôt avec du bois, du MDF en fait ?
- Speaker #1
Oui, l'essentiel du marché, c'est du MDF plaqué, c'est de l'aggloméré. Ce sont des matières qui sont plus... plus processés, plus travaillés, qui ont parfois des COV, des composants organiques volatiles, qui dégagent des choses et qui sont beaucoup plus difficiles à réparer. Donc nous, en fait, on fait ce choix du bois massif parce que c'est notre passion de la nature, du naturel, mais aussi pour la longévité des meubles qu'on met sur le marché.
- Speaker #0
Et il y a une différence à l'œil nu où il faut qu'on ait l'explication, il faut nous le dire que c'est du bois massif, où nous on peut le voir, est-ce que tu peux nous donner même un tips pour reconnaître un bois ?
- Speaker #1
Il y a une vraie différence. Alors, on peut parfois être trompé, parce que soit ce sont des papiers qui imitent les veines du bois, soit c'est du plaquage. Et le plaquage, qu'est-ce que c'est ? C'est du bois. Mais c'est du bois en épaisseur très fine de 2 ou 3 mm, qui va recouvrir un MDF ou un contreplaqué. Là où vous allez reconnaître que c'est un vrai meuble, alors ça, vous pouvez le scier, mais ce n'est pas forcément évident pour tout le monde de scier son meuble. Ou alors, vous pouvez... regarder la tranche du meuble et donc soit c'est un contreplaqué et cette tranche elle vient rompre les lignes du bois, ou soit c'est du vrai bois massif et on voit une continuité entre le plateau et la tranche. Alors c'est un bois massif. Alors l'intérieur est en vrai bois.
- Speaker #0
Ah oui, tiens d'ailleurs toi tu cognes et on peut entendre, ça sonne creux non ? Euh... Non, non, ça va sentir aussi dur. Donc, premier grand sujet, peut-être la traçabilité du bois. Comment vous travaillez ça ?
- Speaker #1
On trace depuis le début avec un certain nombre de certifications que l'on essaie de maximiser, mais ce n'est pas toujours facile. On a fait le choix de FSC, le Forest Stewardship Council, qui est, selon nous, la référence, le label le plus exigeant, même s'il y a eu de part et là des... des scandales ou des mises en cause. Mais en fait, nous, aujourd'hui, on fait avec les moyens que l'on a et avec toute notre détermination, on va chercher le plus de labels FSC possibles. Et puis aussi, on a le label Perum Perutani. Tout est tracé, on respecte un peu avant l'heure la loi européenne sur la traçabilité et sur la durabilité. Donc ça, c'est un vrai travail qui est favorisé parce qu'on a des équipes dans chacun des pays. de production pour aller vérifier la provenance, parcelle par parcelle, de nos bois.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Vous, vous travaillez sans intermédiaire. Les produits sortent directement des usines pour être vendus sur le site. Est-ce que tu peux nous parler de cette...
- Speaker #1
Tout à fait. Nos 80 ateliers partenaires sont situés en France, en Europe de l'Est et en Asie. L'idée, c'est d'aller transformer le bois. juste à côté de son lieu de provenance. Donc pour être très très proche de la forêt, pour pouvoir vérifier les bois, les ateliers, en fait c'est des ateliers un peu semi-artisanaux ou semi-industriels, qui sont juste à côté, on les travaille immédiatement, on a les certificats et les parcelles de provenance. Nos équipes sont dans les ateliers toutes les semaines, pour vérifier et les conditions de travail et les conditions de production, et puis ensuite c'est assemblé à la main et envoyé dans notre entrepôt près de l'île.
- Speaker #0
Donc vous, le gros travail, ça a peut-être été au tout début de bien sélectionner ces entreprises, ces ateliers ? Oui. Comment vous vous êtes pris ?
- Speaker #1
Très attention. Dès le début, on les connaît, on les fréquente. Ce sont des gens avec qui parfois on travaille depuis 15 ans ou 10 ans. Et puis on vient chaque année rajouter des ateliers selon les besoins et en supprimer aussi parfois pour des raisons de qualité ou de traçabilité ou des normes sociales. Parce qu'on fait attention non seulement aux normes environnementales, mais également aux normes sociales avec des audits. qu'on appelle les audits ICS, qui sont des audits de conformité réglementaire, sociale et environnementale.
- Speaker #0
Et alors où sont ces ateliers ? Où est-ce qu'on trouve du bon bois ?
- Speaker #1
On trouve du bon bois souvent dans des forêts d'élevage et certainement pas dans des forêts sauvages. Donc on va trouver ces bois, nous, en Indonésie, en Inde, au Vietnam, en Europe de l'Est, Slovénie, Roumanie, Ukraine et en France. donc on a des producteurs qui sont soit dans le Périgord Noir ou soit en Alsace et ça va être selon les essences du tec, du manguier de la cajou, de l'acacia du palicentre, du hêtre du freine ou du chêne
- Speaker #0
En France ça ne suffirait pas de prendre des je demande ça très spontanément en disant on parle de Made in France ce serait trop compliqué de travailler qu'avec la France Aujourd'hui on pourrait travailler qu'avec la France mais je pense qu'on ferait 10 fois moins de volume
- Speaker #1
Parce que certains de nos meubles sont proposés en tech d'Indonésie et en chaîne d'Europe de l'Est et en noyer ou en freine olivier de France. Mais le problème, c'est que les prix sont 50% plus chers pour l'Europe de l'Est et 100% plus chers pour la France. Donc on laisse ce choix au consommateur. Nous, on fait le choix du mobilier en bois massif monté. Le consommateur fait le choix de sa préférence en termes d'essence de bois, qui n'a pas tout à fait le même look. En termes de ses convictions sociales ou patriotiques, pourquoi pas. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on a foi au meuble massif monté, tracé, qui dure longtemps. C'est ça le plus important. Après, on est un peu agnostique de la provenance. On n'a pas de préférence pour les menuisiers français par rapport aux menuisiers d'Ukraine, qu'on soutient encore et que c'est précieux pour eux, ou les menuisiers indonésiens ou indiens.
- Speaker #0
J'allais te parler justement du montage des meubles. Quelle est la différence entre un menuisier et un ébéniste déjà ?
- Speaker #1
Le menuisier, il est plus large. Il va faire des portes, il va faire parfois des planchers. L'ébéniste, il est plus spécialisé dans la construction de meubles et des œuvres d'art ou de l'artisanat d'art. Et donc nous, c'est construit par des artisans ébénistes qui vont... Tous nos meubles sont assemblés à la main, soit avec tenon mortaise. Soit avec que d'arrondes ou soit avec des techniques un peu plus simples, mais toujours de façon extrêmement robuste et traditionnelle.
- Speaker #0
Pas de colle, pas de vis, pas de quincaillerie chez vous ?
- Speaker #1
On peut trouver des vis parfois pour solidifier et la quincaillerie ça va être tout simplement les charnières des portes ou les coudes. On lisse des tiroirs.
- Speaker #0
Et vous n'avez pas de kit non plus, ça change quoi ça pour l'environnement ?
- Speaker #1
On a choisi de ne pas proposer de meubles en kit parce qu'on ne croit pas en la durabilité à long terme du kit. Il faut monter, démonter, remonter, monter, démonter, remonter. En général, à part les armoires, parce que les armoires de grand-mère étaient démontables, mais c'était des armoires avec des petites clés en bois. Donc nous, on a fait le choix du meuble monté. qu'on peut... parfois avoir à monter, ce sont les pieds, pieds de table ou pieds de buffet. On a juste 4 vis et c'est réglé en fait.
- Speaker #0
Sur la provenance du bois, tu nous disais que ça pouvait venir de loin. Donc il y a le sujet de l'empreinte carbone. Comment on la mesure et comment on la réduit ?
- Speaker #1
On a fait beaucoup de travail de recherche là-dessus. Ça a démarré en 2019. On a fait et le bilan carbone et nous avons pratiqué l'analyse de cycle de vie de nos produits. Parce que c'était important. en tant qu'entreprise à vocation ou à envie vertueuse, d'avoir les idées claires là-dessus. Et donc on a fait une étude sur le transport. Le transport à mont, donc le transport de l'atelier jusque chez nous, pèse 15%. 15% du coût carbone du produit. Et donc finalement, ces 15%-là, non seulement sont très peu différents entre les pays, parce qu'on s'est rendu compte que l'Indonésie en porte-container, c'était la même chose que la Pologne en camion, en termes d'émissions carbone. Donc ça c'est un point, ça ne donne pas forcément la faveur à un bassin parmi un autre si on choisit les bonnes catégories de transport. D'autant que quand il arrive au port de Dunkerque, il est ensuite pris en charge par une barge en fluvial jusque notre entrepôt à Anglos. Donc on est en pur maritime ou fluvial sur la provenance Asie. Et puis l'autre élément aussi, c'est que ce qui va faire la différence en réalité, c'est la durée de vie du produit. C'est-à-dire que nous on n'émet pas beaucoup plus. que de la production locale, mais comme ça dure beaucoup plus longtemps, les missions par année d'utilisation sont chez nous extrêmement faibles. Et donc on a choisi de se battre non pas pour le made in France, mais pour faire de très beaux produits sains qui durent longtemps pour amortir les missions sur une très très longue durée.
- Speaker #0
Et comment tu expliques qu'ils durent plus longtemps, les tiens ? Qu'est-ce que vous faites pour qu'ils durent plus longtemps ?
- Speaker #1
On les construit de façon traditionnelle et surtout... Même si à un moment donné, dans 5, 10 ou 15 ans, il y a un bug, il y a une charnière qui s'abîme ou même s'il y a eu un coup, il faut tout à fait les réparer parce qu'un meuble en bois est éternellement réparable parce qu'on peut le poncer, on peut le reconfigurer, on peut le réparer, contrairement à un meuble qui est plaqué, qui est extrêmement difficile à réparer. Donc il est de haute longévité, mais aussi hautement réparable. Sur la longévité des bois... Le choix qu'on a fait, et c'est pour ça que nos meubles durent longtemps, mais on veut que nos meubles durent longtemps, puisque comme on prélève un arbre et qu'on replante un jeune arbre, on souhaite que le meuble tienne au moins aussi longtemps que le temps de renouvellement de l'arbre. Ça veut dire que le temps que le nouvel arbre soit prêt. Et c'est ça l'idée. Donc si on construit un meuble en tec, le meuble doit durer 40 ans, en frêne 60 ans et en chêne 80 ans. C'est ça notre objectif, que le meuble dure au moins aussi longtemps que le temps de renouvellement de l'arbre. temps de renouvellement de l'arbre pour que quand le meuble s'éteint, s'il s'éteint le meuble, normalement ça dure beaucoup plus longtemps, mais au moins si le meuble s'éteint, l'arbre suivant est prêt. Et donc comme ça, on n'est pas en prélèvement excessif de la forêt.
- Speaker #0
Alors j'ai une question un peu bête qui me vient, comment, qui plante ces arbres après, une fois qu'ils ont été...
- Speaker #1
Ah, c'est les forestiers avec lesquels on travaille. Donc ces forestiers-là, c'est leur métier de gérer les parcelles, de les certifier et de, en mode FSC, d'assurer... le social, la faune et la flore, et le côté durable des prélèvements.
- Speaker #0
Et vous avez vos propres parcelles ? Non,
- Speaker #1
en fait on est en partenariat avec ces parcelles, et puis c'est aussi l'atelier qui va faire le sourcing, mais nous on assiste à ces moments-là, et on demande toutes les certifications pour faire en sorte que le prélèvement soit durable.
- Speaker #0
Tu parlais de la réparabilité des meubles, et tu défends souvent cette idée de les transmettre de génération en génération. Quand on y pense, en fait, c'est presque fou qu'une entreprise qui doit quand même faire du business, qui doit être rentable, nous propose quand même de réparer et de conserver nos meubles le plus longtemps possible. Quel a été, tu vois, toi, ton cheminement pour en arriver à avoir ce discours-là ?
- Speaker #1
C'est la conscientisation qu'on a faite de ce qui se passe sur notre planète, en fait. On est dans un régime extractiviste, un peu prédateur, et je pense qu'on ne peut pas retirer des matières. et taper sur la biosphère telle qu'on le fait aujourd'hui. Et donc, cette réconciliation entre la tête et le cœur, moi je l'ai faite avec cette idée. de proposer du meuble pour longtemps. C'était un peu cette idée, j'ai été très inspiré par Patagonia, et notamment cette pub qui s'appelle Don't Buy This Jacket, où en réalité on va inviter le consommateur à garder son objet plutôt qu'en racheter un autre. Et nous, notre objectif, ce n'est pas de vendre 5 meubles par client, c'est de produire un meuble qui fasse 5 clients, qui tienne 5 clients, 5 clients différents. Et on a... pas de problème avec ça parce que ça nous correspond, c'est ce qui correspond à notre mission, à ce qu'on a dans le cœur et je pense que ça ne va pas créer de troubles économiques parce qu'il y a tout un marché du serviciel qu'on peut aller chercher et qui sera de plus en plus utile pour la planète, pour le monde d'ailleurs peut-être qu'on va réglementer dans ce sens-là dans les décennies qui viennent en réalité on est un peu en avance sur notre temps et puis on essaie de gérer cette avance sans être trop en avance pour pas mettre en péril l'entreprise
- Speaker #0
C'est-à-dire, quand tu parles de cette notion de service, tu penses à quoi ?
- Speaker #1
La réparation.
- Speaker #0
Oui, ce que tu as déjà évoqué.
- Speaker #1
Exactement, la réparation et puis des innovations. Aujourd'hui, nos meubles sont beaucoup plus qualitatifs qu'avant. Ils tiennent beaucoup plus longtemps. On a fait le tri dans nos références. Donc, ils sont aussi moins accessibles en prix. Donc, on est en train de développer toute une gamme de réusabilité pour pouvoir mettre en œuvre la réparation, la reprise. l'occasion.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu dois faire quand même des compromis entre une entreprise rentable et en même temps profondément responsable ? Si oui, lesquels, tu vois ?
- Speaker #1
On doit faire des compromis sur le FSC, ça nous coûte 20% de plus, tout le monde ne fait pas ça. On fait des compromis sur la longévité et sur la qualité des matières. Et puis aussi, on va faire des compromis sur nos marges parce qu'on a envie de financer 1% pour la planète et le WWF et d'être bicorp. Donc, il y a plein de renoncements à la profitabilité excessive et avide que l'on fait pour nos convictions. Et puis après, en ce qui concerne le business model, les équilibres entre le neuf et le serviciel vont bouger petit à petit et tout doucement. Mais aujourd'hui, moi, mon objectif, c'est que tout le monde ait du meuble Tikamoon sur la planète pour qu'on n'ait plus à en produire. Juste à les reprendre, restaurer et revendre. Et donc cette idée... d'inspirer un nouveau modèle de consommation de meubles, puisque le meuble, c'est un accident de l'histoire récente en fait, que le meuble soit jetable. Mais normalement, le meuble, il dure longtemps. Donc c'est revenir à cette tradition-là, rééduquer les populations à se faire passer les meubles, à les customiser, à les détourner, à les réparer, à les revendre, à les entretenir. Et je pense qu'il y a un vrai marché à cette reprise, cette restauration et cette revente.
- Speaker #0
Justement, vous avez tout un programme qui s'appelle Circle. Est-ce que tu peux peut-être nous le détailler ?
- Speaker #1
Circle, c'est une innovation qu'on a préparée pendant un an, qui est sortie fin octobre 2025 et qui offre la possibilité à tous ceux qui détiennent un meuble Ticamoun de le rendre pour l'échanger contre un autre meuble par le biais d'un bon d'achat. Et ce bon d'achat est attribué selon l'état du produit et non pas selon... l'âge du produit. Ça veut dire que une console ou un meuble télé qui est 10, 20 ou 30 ans, s'il est en bon état, c'est 60% en bon d'achat. Et ces bons d'achat vont permettre d'offrir un autre meuble. L'idée c'était d'aller un pas plus loin que le mobilier centenaire, parce que le mobilier centenaire, ça ne tient pas forcément l'épreuve de la vie, et il y a des gens qui changent de vie ou qui changent d'envie. Et donc l'idée c'était de proposer ce service de reprise de sorte que quand on rentre dans le grand cercle Merci. du mobilier Tikamoun, on peut en changer au gré de ses besoins sans forcément reprendre du neuf. Ça avait un avantage aussi, c'est de déployer et de développer un marché secondaire pour pouvoir enfin rendre accessibles nos meubles qui en neuf sont quand même devenus un peu plus chers que la moyenne.
- Speaker #0
Et en plus, je crois qu'il y a un atelier circulaire dans le Nord où on peut venir déposer ces meubles qui sont usagés ?
- Speaker #1
Complètement. Vous pouvez déposer vos meubles Ticamoun à l'atelier circulaire et la boutique circulaire près de Lille pour faire le diagnostic, reprendre le meuble, en choisir un autre, suivre des ateliers de réparation ou d'entretien. Et puis l'objectif à terme, c'est de passer de ce mode global à un mode multilocal où on aura dans les grandes villes européennes des hubs circulaires pour pouvoir reprendre et revendre son meuble.
- Speaker #0
Donc, ce n'est pas de la recyclabilité, mais par contre, sur la recyclabilité, parce que je crois qu'on parle de milliers de tonnes de déchets dans l'industrie du meuble. Vous, comment vous positionnez sur le sujet du déchet, plutôt ?
- Speaker #1
Donc, nous, l'idée... C'est pas de faire des meubles en beaux déchets, l'idée c'est de faire des meubles zéro déchet en fait. Et donc les meubles qui nous reviennent, on a quand même 7000 meubles qui nous reviennent tous les ans, soit par choix du client, soit parce qu'il a pris un coup dans le transport, soit parce qu'il y a un petit défaut qualité, ça peut arriver. Et bien parmi ces meubles, tout est utilisé, soit le meuble est remis en stock s'il est en bon état, soit il est réparé et revendu à la boutique circulaire, ou soit il est désossé en planche. pour être réutilisé dans la réparation d'un meuble ou offert à une école d'ébénisterie pour pouvoir s'entraîner à construire d'autres meubles. Donc on est en zéro déchet bois sur tout le flux retour.
- Speaker #0
J'en reviens au label dont tu parlais. Est-ce que les labels actuels et notamment Bicorp que vous venez d'avoir, bravo parce que je crois que c'est difficile à... Qu'est-ce qu'on en pense des labels ? Ils sont trop faciles à obtenir ou au contraire c'est trop difficile de les avoir ? Enfin non, attends, tu as compris ma question.
- Speaker #1
J'ai compris la question.
- Speaker #0
La question ?
- Speaker #1
Moi, je préfère les labels difficiles à obtenir. Parce que justement, quand on est en tête de peloton, on n'a pas envie que les labels soient un peu trop vulgarisés et que ce soit des labels qui comptent pour ceux qui font l'effort. La grosse problématique aujourd'hui des entreprises vertueuses, c'est que c'est du volontariat et que finalement, on se retrouve aux Jeux Olympiques à courir avec des chaussures de plomb et un parpaing dans le dos. Si tout le monde avait les mêmes règles, ce serait plus facile. Les labels permettent un peu de compenser cette vertu volontaire avec des mises en avant, des certificats qui aident les clients, les consommateurs à s'orienter vers des valeurs plus nobles. Nous avons choisi le label FSC, qui est difficile à obtenir pour la mise en avant et la mise en marché des produits parce qu'il va être certifié, toute la chaîne va être certifiée et FSC s'assurent que Tous les maillons de la chaîne soient certifiés avant d'accorder cette certification. Et Bicorp c'est aussi très compliqué, avec une évaluation par points, un énorme travail des équipes en interne pour pouvoir prouver la vertu de notre intention, mais aussi la vertu en pratique, au niveau social et au niveau écologique. Et donc on est très très heureux de l'obtention de Bicorp, qui est une consécration, une certification, une validation de notre démarche volontaire. Donc toute l'équipe est vraiment très heureuse de ça. Je pense qu'aussi on est fier de faire partie de ce collectif, le collectif qui a été lancé par Patagonia, qui est un peu notre phare. Donc aujourd'hui, on ne le fait pas pour des raisons opportunistes. Je ne sais pas si ça nous rapportera du chiffre d'affaires, mais en tout cas, ça nous correspond totalement et ça nous valide dans nos intentions.
- Speaker #0
Depuis tout à l'heure, on parle... Plutôt de votre démarche, de votre offre, mais toi qui es chez Ticamoun depuis les débuts, est-ce que tu as vu une évolution dans le comportement du consommateur ? À quel point il est sensible à tout ça et est-ce qu'il l'est de plus en plus ? Ou pas ?
- Speaker #1
Au début, il ne l'était pas du tout, parce que c'était de l'achat opportuniste et il y a 10-15 ans, quand on vendait sur Internet, on était considéré comme le temple des bonnes affaires. avec beaucoup de restournes, de promos, des prix très concurrentiels, puisqu'on venait d'intermédier le processus de commerce. Puis il y a eu une phase qui a été finalement assez courte, qui est la phase 2019-2022, où on a eu la vague verte, où tout le monde s'est senti vert, tout le monde s'est senti des vertus, une vocation. Et nous, ça faisait longtemps qu'on y était. Donc je pense qu'on a un peu profité de ça, mais pas tant que ça. Donc c'était le temps du greenwashing. Puisque même les entreprises les moins vertueuses voulaient paraître vertueuses. On a vécu un vrai mouvement là depuis deux ans, où on est plus plutôt, que ce soit d'ailleurs en politique internationale ou en politique nationale, on est un peu dans l'ère du green bashing. Donc l'avantage c'est que plus personne n'a envie de faire de greenwashing. Mais ce qui est sûr c'est que nous on tient notre cap, Parce qu'on est absolument convaincus de notre... intention, de cette intention, des messages qu'on a à faire passer, c'est probablement le dernier moment pour nous de reculer. On a au contraire envie d'avancer, on est allé vers Bicorp, on est allé vers d'autres certifications, on a souscrit à 1% pour la planète. Donc même si le client ne suit pas toujours, nous c'est notre conviction, c'est notre ADN. Et de toute façon, je pense que dans 5 ans, évidemment, on reviendra à la raison et qu'à ce moment-là, on reconnaîtra ce... qui n'ont pas reculé opportunément au moment où c'était plus à la mode.
- Speaker #0
Oui, je te relance quand même sur le greenwashing. Vous, vous faites tout bien depuis des années, vous prenez des mesures tangibles alors que d'autres non. Comment on le vit ça quand on voit que d'autres affichent plein d'arguments et peuvent connaître un... grand succès quand même.
- Speaker #1
On ne le vit pas toujours très bien. On ne le vit pas toujours très bien parce que c'est entre guillemets, c'est de la triche. Et donc, à quoi bon faire tous ces efforts si des concurrents moins scrupuleux, avec deux, trois vidéos dans la forêt, donnent l'impression d'être aussi vertueux que nous ? Donc, c'est extrêmement contrariant. C'est pour ça qu'on va vers les labels. Donc, ça va être moins facile. Pour les imposteurs, d'aller chercher le label Bicorp, par exemple. C'est pour ça que c'est intéressant d'avoir des labels difficiles. Et puis après, on revient à la raison en disant qu'on le fait aussi pour nous. On le fait parce que nous, chez Tikamoon, on ne peut pas faire autrement. C'est ainsi qu'on est construit. Et donc, on espère que le temps nous reconnaîtra et que le temps nous donnera raison. Donc voilà, de colère à apaisement à espérance.
- Speaker #0
Est-ce que je peux te demander, vous vendez beaucoup, je crois, à l'export ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et ça, c'est important ?
- Speaker #1
Ça a été très important dans notre développement parce que comme on produit quelque chose de différent et d'utile à la planète, mais que c'est quand même un marché de niche, on ne vend pas beaucoup de déco, on vend 1500 références, ce n'est pas énorme quand on fait 100 millions de chiffre d'affaires. Et donc il a fallu cette niche la déployer plutôt que rajouter des catégories produits. On a préféré rester sur notre pureté, sur notre essence, sur notre épure et déployer... géographiquement, plutôt que créer des assiettes, de la déco, des tapis, des cuisines, qui ne sont pas notre spécialité. Donc on a voulu rester sur ce qu'on sait faire de bien et de différent, c'est-à-dire concevoir et fabriquer du meuble en bois massif. Donc on est aujourd'hui dans 9 pays européens, et on s'est lancé il y a un an aux Etats-Unis.
- Speaker #0
Ah oui, et vous êtes content ? Comment réagit le marché américain ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'on s'adresse à 10% du marché américain, qui sont les 10% qui sont... sensibles à la planète, eux nous adorent. Les autres nous ignorent, mais c'est pas grave.
- Speaker #0
D'ailleurs, est-ce qu'on sait si les clients achètent, on en parlait un petit peu tout à l'heure, vraiment pour des raisons écologiques ou d'abord pour le style et pour le prix ? Parce qu'on n'a pas encore parlé de votre style, mais vous faites des meubles qui sont durables, mais qui sont beaux, qui sont pile dans tout ce dont on a envie en ce moment.
- Speaker #1
On a fait plusieurs études et c'est confirmé par des études aussi nationales et européennes. La durabilité n'est pas le choix. Premier, ce n'est pas le critère de choix premier, c'est d'abord le style, puis le prix, puis éventuellement la durabilité et les vertus écologiques des produits. Et c'est pour ça qu'on a voulu créer ce service Circle, parce que celui-là, pour le coup, c'est en même temps à vocation écologique, puisqu'on vient réutiliser le meuble, mais c'est aussi à vocation économique et d'utilité et d'usage pour le client, puisque à un moment donné... Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ont envie de changer leur table basse ou leur buffet, mais qui ont la flemme de le rendre, qui ne savent pas quoi en faire. Et donc nous, on va apporter cette solution, clé en main, on vient chercher le meuble et on ramène l'autre meuble. Donc sans se soucier de toute la logistique de revente et de réparation et de remise sur le marché.
- Speaker #0
Est-ce que tu vois une différence générationnelle, je dirais, dans la manière d'acheter du mobilier ?
- Speaker #1
Complètement. Les nouvelles générations, les millennials notamment, sont extrêmement sensibles à la planète, mais aussi surtout sensibles à l'utilisation des produits, au style, à l'unicité et à la vertu de la seconde main. Et donc aujourd'hui, on sent qu'il y a une attention particulière sur nos jeunes clients, et je pense que l'occasion chez Ticamoun va être vraiment l'offre qui va leur plaire, pour pouvoir s'offrir un meuble déjà patiné, qui a eu une vie, qui en aura deux, trois ou quatre. et que chacun des clients pourra en prendre soin, mais aussi laisser ses souvenirs, ses traces, ses patines, quelques traits de feutre ou quelques traits de couteau. Ça fait partie de la vie et des souvenirs qui s'ancrent dans un meuble.
- Speaker #0
Et comment tu vas aller chercher les autres, peut-être les plus âgés ? Du coup, il faut faire de la pédagogie ? Quelle est votre stratégie ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, on a plutôt un type de clientèle 35-55 ans. Au-delà de 55 ans, il faut rassurer sur le digital. Et en dessous de 35 ans, il faut rassurer sur le prix et la durabilité. Donc on essaie de jouer à chacun des étages, aussi parce que nos meubles sont assez consensuels et intemporels comme style, donc je pense qu'ils peuvent s'adapter à plusieurs types d'habitats. Mais aujourd'hui, on essaie de s'adresser à tout le monde avec ce même type de meubles et avec un discours plus ou moins ajusté selon les cibles.
- Speaker #0
Et tu parlais de la seconde main, est-ce que pour toi c'est un concurrent ?
- Speaker #1
Moi je suis en tant que citoyen fan de la seconde main, donc qu'il y ait beaucoup de meubles Tikamoun ou autres qui s'achètent en seconde main, j'en suis ravi. Et nous on va essayer de monter notre... ...offre de seconde main également, qui sera alimentée par Circle, par la reprise, et qui aujourd'hui est uniquement disponible dans la région de Lille, avec la boutique circulaire, mais qui demain, normalement, soit avec plusieurs hubs, soit avec une expédition adaptée, en profitant des camions qui partent avec le neuf, permettrait de livrer un mobilier d'occasion à Bordeaux ou à Strasbourg.
- Speaker #0
En préparant l'interview, j'ai découvert un terme, j'ai vu qu'on parlait de la... politique RSE, mais aussi de transition vers le régénératif. Je pense que c'est un terme dont on va de plus en plus entendre parler. Est-ce que tu peux nous l'expliquer ?
- Speaker #1
Alors le régénératif, c'est une ambition, c'est un graal. On a eu connaissance et découvert ce terme et tout ce concept en fait, c'est un vrai mouvement qui a émergé il y a cinq ans, vraiment un peu plus. Nous, on l'a découvert à la Convention des entreprises pour le climat. L'objectif, c'est de faire plus de bien que de tort. aux hommes et à la planète. Donc c'est extrêmement difficile, c'est même difficile à imaginer, à part de ré-ensauvager la forêt, à part de faire de l'agriculture régénérative qui va enrichir les sols avec des organismes vivants, ainsi de suite. Donc chaque entreprise essaie d'être challengée par cette visée régénérative. Donc c'est plutôt la visée régénérative. Nous, la façon dont on le voit, c'est de se dire que plus nos meubles durent longtemps, Plus on arrive à remplacer des meubles éphémères par des meubles intemporels comme les nôtres, finalement plus on vient préserver le prélèvement, minimiser le prélèvement dans le vivant, que ce soit dans la biosphère ou que ce soit dans le sous-sol. Et donc moi le rêve que j'ai, c'est à un moment donné de ne plus avoir à toucher au vivant, à toucher à la forêt, et tout simplement de récolter des planches, peut-être dans 10, 20 ou 30 ans, de récolter des planches. dans la ville, tout comme on le fait aujourd'hui avec du cuivre, pour pouvoir en refaire des meubles et d'être expert de cela, plutôt que d'aller chercher du bois neuf, du bois frais, qui probablement sera de toute façon devenu trop rare ou trop cher. Et donc tout ce qui est le recrafting et l'upcycling, à mon avis, c'est le marché de demain et c'est cette visée régénérative pour notre métier. Je pense que c'est comme ça qu'elle va s'incarner.
- Speaker #0
Justement, j'allais te demander, tu vois où Tikamoun dans dix ans ? Déjà, peut-être concrètement, on peut faire en deux temps, ça m'amuserait de savoir concrètement, toi, quelles sont les grandes actions que vous devriez mener ? Et toi, personnellement, où est-ce que tu imaginerais dans tes rêves, Tikamoun ?
- Speaker #1
Ah oui, moi j'imagine vraiment Tikamoun, c'est mon phare depuis dix ans. Donc, dans dix ans, j'aimerais que Tikamoun soit vraiment le Patagonia du meuble. Une marque internationale qui incarne des biens et des meubles de qualité qui durent longtemps. qu'on s'échange, qu'il passe de main en main et qu'on restaure, qu'on régénère à chaque passage. Et que Ticamoun ait une activité de production neuve, mais également une grosse activité de restauration et de faire circuler ses meubles. Je pense qu'on a la responsabilité de faire circuler ses meubles. Donc qu'on soit une entreprise de meubles mouvants et émouvants.
- Speaker #0
On est dans une période qui est quand même... un peu en crise. Comment va pour toi le monde de la déco ? Comment va le marché, l'industrie ?
- Speaker #1
Pas très bien, pas très bien. Le monde de la déco est bousculé par la désintermédiation de gros acteurs asiatiques que l'on connaît tous. Et je trouve que là, on est dans une course au plus bas, au plus vil, au plus jetable, au moins cher, une espèce de dumping sociale et environnementale qui est dramatique. Je pense que ça, on a un vrai problème. On est complètement à contre-temps, à contre-courant, et le législateur ne l'a pas vu passer. C'est un trou dans la raquette, il faut corriger très très vite. La déco, pour nous, ce n'est pas vraiment notre cœur de métier, parce que pour moi, c'est trop éphémère. Du côté du mobilier, ça ne va pas trop bien non plus, parce qu'on est en train de vivre les coûts de l'énergie. la conjoncture économique et puis un post-Covid où tout le monde s'est équipé. Donc je pense que dans quelques années, on viendra se rééquiper après avoir tout changé pendant la période Covid. Donc on est sur un plateau légèrement descendant au niveau de l'activité du mobilier. Et nous concernant, on est plutôt en croissance. Donc ça nous va, mais c'est une croissance en ouverture avec le serviciel et avec les boutiques pour représenter la marque.
- Speaker #0
Quel est l'engagement pour toi le plus difficile à tenir aujourd'hui ?
- Speaker #1
C'est de concilier vertu et rentabilité. C'est-à-dire qu'on a des objectifs de croissance avec nos actionnaires qui sont importants et de rentabilité qui sont importants. Il s'agit de maintenir la vertu, même si on n'est pas à l'objectif.
- Speaker #0
Et toi, d'où te vient cet engagement ? C'est en étant chez Tikamoun que ça s'est renforcé ou tu es arrivé déjà avec... Tu as eu l'idée où tu étais déjà un peu engagé dans ton parcours avant, où justement c'était en rupture avec ce que tu faisais avant ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai vécu plusieurs phases dans ma vie. J'ai toujours été un homme de la nature et des oiseaux et sensible à ça. C'est quelque chose que j'ai mis entre parenthèses pendant le début de ma carrière professionnelle. Parce qu'il fallait, entre guillemets, faire carrière. Et puis à un moment donné, grâce à l'entrepreneuriat, grâce au fait de vivre tous les jours avec cette matière vivante qu'est le bois, et grâce à une équipe formidable et à des personnes inspirantes en interne comme en externe, on a pu dessiner ce projet vertueux depuis maintenant dix ans. Donc je dirais que je me suis réconcilié avec moi-même en prenant ce virage-là.
- Speaker #0
Il y a combien de collaborateurs, parenthèse, chez Ticamoun ? 200. Et est-ce que tu as déjà changé d'avis sur un sujet écologique à force d'avoir les mains dedans ?
- Speaker #1
Plutôt en s'enrichissant de rencontres. On a suivi un parcours avec Benjamin, notre directeur produit et RSE, qui s'appelle le parcours Régénération de Lumia, avec Christophe Sempels. Et là, j'ai changé totalement de point de vue. parce qu'on ne s'était pas rendu compte, on était des vendeurs de meubles neufs. Et toute la partie réparation, restauration, l'avenir du meuble, on oubliait le meuble une fois qu'on l'avait vendu. Donc j'ai plutôt complété ma pensée plutôt que corrigé ma pensée. Mais je l'ai vraiment complété. Et aujourd'hui, on ne se rend pas compte, mais il y a un million de meubles en circulation, qui sont en tout cas dans les foyers européens. On a pris conscience de cette responsabilité sur ces un million de meubles. de faire en sorte qu'il soit entretenu, réparé pour le bien-être de la planète, mais aussi pour le bien-être de Tikamoun, pour aller chercher ce métier de demain.
- Speaker #0
J'ai deux petites dernières questions, parce que je vois qu'on arrive bientôt à la fin. Chez toi, c'est meublé 100% Tikamoun ? Je me permets ?
- Speaker #1
C'est crash-net ? Non, il y a beaucoup de Tikamoun. Il y a beaucoup de meubles de seconde main, d'ailleurs. Il y a beaucoup de meubles réparés, il y a beaucoup de protos. J'ai un certain nombre de pièces uniques. Deux meubles qui ont fait des cartons et qui sont toujours des cartons aujourd'hui, qui étaient les protos de l'époque. Et puis nous, on a une maison quand même assez arty, puisque mon épouse est artiste. Donc il y a des tableaux, des petits objets chinés. Je n'ai quasiment pas de déco neuve d'ailleurs. Donc voilà à quoi ça ressemble.
- Speaker #0
Et dernière question, culte dans Décodeur, si tu faisais un dîner autour d'une jolie table, Tikamoun bien sûr, avec six personnalités, décédées ou pas, connues ou pas, qui seraient-elles ?
- Speaker #1
Je pense à Pierre Rabhi.
- Speaker #0
Moi, je sais qui c'est, mais tu peux dire pour les lecteurs.
- Speaker #1
Pierre Rabhi est l'un des grands inspirateurs du respect de la nature, de la permaculture, qui a créé une ferme vertueuse et qui était un apôtre de la sobriété heureuse. Pierre Rabhi, Yvon Chouinard de Patagonia, hyper inspirant. Jacques Brel, parce que c'est un personnage qui m'a toujours fasciné avec cette sensibilité. probablement Louise Browais qui est écrivain et qui a écrit sur la CEC Carole Martinez écrivain aussi qui a écrit Dors ton sommeil de brute et le corps cousu adoré ça et Simone Veil la philosophe juive, convertie à la chrétienté et qui m'a beaucoup inspiré aussi ce serait une très très belle tablée je pense qu'on aurait de belles discussions
- Speaker #0
Merci beaucoup Arnaud pour ta transparence et toutes ces infos que tu nous as partagées. Merci beaucoup et pour ton temps aussi.
- Speaker #1
Avec plaisir, merci Hortense.
- Speaker #0
Décodeur, c'est terminé pour aujourd'hui. Merci beaucoup d'avoir écouté en entier. Si vous avez aimé, n'oubliez surtout pas de vous abonner au podcast pour ne pas rater les prochains épisodes et retrouver tous ceux qui ont déjà été enregistrés. N'hésitez pas non plus à le partager en l'envoyant à vos proches qui pourraient être intéressés Merci. ou en story Instagram. D'ailleurs, on peut se retrouver sur le compte Décodeur, où je poste très régulièrement. Et si jamais vous avez 15 secondes, n'oubliez pas de laisser 5 étoiles ou un avis. C'est juste sous la liste des épisodes. Non seulement, ça me fait très plaisir, évidemment, mais dans la jungle des podcasts, plus on a de notes, plus on se fait remarquer, ce qui est très important pour moi. Voilà, merci beaucoup et à très bientôt alors, ici ou ailleurs.