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DECODEUR, votre podcast déco

Podcasthon : DECODEUR soutient 3 PAR CLASSE qui lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants

Podcasthon : DECODEUR soutient 3 PAR CLASSE qui lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants

55min |21/03/2025
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55min |21/03/2025
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Description

Le Podcasthon est une initiative géniale dans le monde du podcast : toute la semaine plus de 1 500 podcasts vont dédier leur épisode à l’association de leur choix. L’idée étant de créer une grande vague de solidarité, de soutenir le maximum d'associations caritatives qui ont souvent peu de moyens pour se faire entendre et de sensibiliser nos audiences à une cause qui nous tient à cœur.

Alors aujourd'hui, on ne va pas du tout parler déco, design, créativité ou artisanat, mais du collectif @3parclasse qui lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants… car ils seraient 3 par classe. Un chiffre dramatique qui ne peut pas nous laisser indifférent, qui touche toutes les classes sociales, toutes les villes de France alors qu'une loi obligatoire existe et que toutes les écoles, collèges et lycées devraient dispenser 3 séances annuelles de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles. 

C'est un sujet dérangeant mais un fléau dont on doit parler. 160 000 enfants sont concernés. 1 enfant sur 10.  Ces chiffres sont terrifiants et nous concernent tous. Si, si, les prédateurs sexuels sont partout, dans nos familles, au sport, chez les copains,... ils ne sont pas cagoulés ou anonyme, ce sont souvent des adultes que nos enfants fréquentent, ils peuvent être très proches et gentils, et c'est bien là tout le problème.  

Alors que faire pour protéger nos enfants, à leur apprendre à dire non ou à libérer leur parole, n'ayez pas peur de ce sujet encore trop tabou et venez nous écouter avec Angèle Ferreux Maeght et Maud Zilnyk, les fondatrices de ce collectif motivé plus que jamais.  


Si ce podcast vous plait n'hésitez pas 

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> à parler de DECODEUR autour de vous, tout simplement...!

Merci beaucoup 👍   


Hortense Leluc, journaliste déco et fondatrice de DECODEUR  


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à tous, bienvenue dans un nouvel épisode de Décodeur, le podcast sur celles et ceux qui font la déco aujourd'hui. Et ce matin, on enregistre un épisode très spécial dans le cadre du... Podcaston, une initiative qui est formidable, qui va rassembler plus de 1500 podcasts toute la semaine, du 17 au 21 mars, et qui vont dédier un épisode de leur podcast à l'association de leur choix. L'idée, c'est de créer une grande vague de soutien et de sensibiliser nos audiences à une cause qui nous tient à cœur. Vous avez peut-être vu passer d'autres podcasts parler de thèmes complètement différents. Donc nous, aujourd'hui, on ne va pas du tout... parler d'éco, design, créativité ou artisanat, mais du collectif 3 par classe qui a été créé par Angèle, Ferremag et Mosinic et qui lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants car ils seraient 3 par classe. Un chiffre dramatique qui ne peut pas nous laisser indifférent, qui touche toutes les classes sociales, toutes les villes de France. Alors que faire pour protéger nos enfants ? On va en parler tout de suite avec Angèle et Maud. Bonjour Angèle, bonjour Maud.

  • Speaker #1

    Bonjour.

  • Speaker #2

    Bonjour Hortense.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup pour le temps que vous m'accordez. Est-ce que vous pouvez peut-être nous expliquer comment est né ce collectif 3 par classe ?

  • Speaker #1

    En fait, ce collectif est né étonnamment par une initiative écologique. Maud avait ouvert l'épicerie générale, une épicerie bio, il y a quelque temps à Paris. Et donc Maud s'était entourée et avait attiré aussi des personnes sensibles comme elle à des questions écologiques. Ensuite, avec Violaine Belcrois, elles ont créé les WIT, les Women in Transition Ecologique. Maud, peut-être que tu peux en parler, mais c'était un peu la génèse finalement.

  • Speaker #2

    Alors les WIT, effectivement avec Violaine, rassemblent toutes les initiatives de personnes connues, pas connues, qui souhaitent être en transition écologique. Et donc nous, l'idée avec le compte Instagram MediaWIT, c'est de partager toutes les transitions sans jugement. Donc les échecs, les réussites. Voilà, plein de petites choses et comme le dit Angèle, l'idée c'est de rassembler toujours plus autour de comment faire mieux pour toujours plus protéger le vivant et ce genre de choses. Et donc c'est vrai qu'avec Angèle, depuis de nombreuses années maintenant, on se retrouve beaucoup sur ces sujets-là.

  • Speaker #1

    Et comme on parlait de ces sujets, on commençait à être un petit groupe, à s'insurger et puis aussi à se questionner sur nous, notre rôle, etc. On allait de plus en plus loin au fil des conversations et puis finalement, c'est quand on a été... éveillé à l'ampleur du fléau des violences sexuelles faites aux enfants en France, dans le monde en général, mais en France on est vraiment grave, ça a tout de suite résonné en nous parce que finalement, il s'agit du vivant. Et c'est exactement comme l'écologie, c'est exactement comme l'homophobie, la misogynie, c'est le fait de prendre le pouvoir sur le vivant et le contrôle. et éventuellement de le détruire, en tout cas de le contrôler. Donc finalement, c'est la même chose. C'est des plus puissants qui prennent le pouvoir sur les plus faibles. Donc l'écologie et puis finalement, les violences sexuelles faites aux enfants, c'est pour nous très lié. Donc on s'est retrouvés sur ces sujets, on a commencé à faire venir des amis à nous, à écouter des podcasts, à lire des livres sur les sujets. Et en fait, on était tellement indignés. et en colère parce que quand on commence à mettre le doigt dedans, et d'ailleurs je vous invite à écouter notamment le podcast Ou peut-être une nuit qui se joue en plusieurs épisodes, qui est vraiment qui nous a vraiment aidé à nous éveiller en fait quand on commence à mettre le doigt dedans, on se rend compte à quel point cette horreur on la côtoie tous les jours, elle est très proche de nous et c'est atroce et c'est tous les jours et c'est même toutes les trois minutes en France donc on... On était là avec cette colère et puis finalement on a décidé de se réunir, de réunir les personnes autour de nous qui étaient aussi sensibles, qui commençaient à être touchées aussi par ça. Et au lieu d'être dans notre lit le soir avec de la rage, parce que vraiment ça met en colère et puis ça nous met mal en fait. Les chiffres, les récits, les histoires, c'est tellement atroce. Il n'y a tellement rien de pire que violenter sexuellement un enfant qui est tellement innocent, tellement pur, tellement le... Le futur et l'espoir, il n'y a tellement rien de pire que ça met vraiment en rogne. Donc on a décidé de se réunir pour essayer de mettre cette énergie au service de quelque chose de positif ou de créatif. C'était soit ça, soit il fallait faire l'autruche parce qu'on ne pouvait pas. Et d'ailleurs, vous aussi qui écoutez, quand vous allez commencer à écouter ces podcasts, ce que je vous invite à faire parce que c'est douloureux, mais c'est important d'ouvrir les yeux. adultes, responsables, citoyens, on n'est pas capable de protéger ou en tout cas d'agir un minimum ou d'être au courant de ce qui se passe pour les enfants. Sinon on ne peut pas les protéger, personne ne le fera. Donc ça nous tous, ça vient de nous, ça vient des discussions entre copines après l'école, au dîner le soir, enfin on a en fait un pouvoir énorme et par contre il faut qu'on agisse.

  • Speaker #2

    Et donc après, quand on s'est toutes réunies, ça a mis un petit peu de temps avant de se mettre en place, parce qu'on ne savait pas comment aider ces enfants, comment les protéger. On s'est dit, on a différentes voies, et c'est vrai qu'on s'était dit, il faut bien les utiliser. Il ne faut pas qu'on soit énervé, parce que comme l'a dit Angèle, c'est quelque chose qui nous tient énormément à cœur, donc on peut y avoir beaucoup, beaucoup de colère. On ne voulait surtout pas braquer les gens, faire peur, donc on a mis du temps. Je pense que ça a bien mis un an avant de trouver notre angle. de trouver vraiment ce sur quoi on pouvait avoir un peu changé les choses. Et donc grâce à Mylan, on a rencontré Mylan qui a créé l'association 1000 miettes. Et donc elle et Rebecca nous ont fait découvrir cet article de loi qui nous était inconnu avant, c'est-à-dire l'article L312-16 du Code de l'éducation, qui dit que, alors attendez je vais vous le lire comme ça au moins je ne vais pas dire de bêtises. Une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et lycées à raison d'au moins trois séances annuelles et par groupe d'âge homogène. Et donc quand on a découvert ça, on s'est tous rendu compte dans notre collectif de dix personnes qu'il n'y en avait aucune dont les enfants avaient bénéficié de ces séances de prévention. Donc quand on parle de séance d'éducation à l'éducation sexuelle, c'est-à-dire que c'est aussi bien la découverte du corps humain que... la découverte de l'empathie et aussi la prévention contre les violences sexuelles. Ce n'est pas trois séances où on va parler que d'inceste et tout ça. Et donc on a découvert ça et on s'est dit ok, en fait l'école a un pouvoir énorme puisque nous ça faisait déjà un moment qu'on en parlait dans notre entourage, on voyait que c'était compliqué et que les enfants n'ont pas forcément la place d'en parler dans leur entourage. Donc on s'est dit en revanche l'école a clairement un rôle à jouer. Et donc nous on s'est dit avec Trois par classe, c'est pour ça qu'on l'a appelé aussi Trois par classe, on veut apporter tout notre soutien aux enseignants, aux écoles, aux directeurs qui souhaitent mettre en place ces séances de prévention, parce qu'on sait que c'est extrêmement difficile pour eux de le faire, parce qu'il y a des parents qui ne veulent pas que leurs enfants aient accès à ça, parce que même pour eux-mêmes, ils ne sont pas formés. Donc c'est très compliqué d'arriver dans les écoles et de parler à des enfants de 6 ans, ou à des enfants du collège, de ce type d'informations. Donc voilà, nous on s'est vraiment dit, ok, notre objectif, avec 3 par classe, c'est d'apporter un maximum d'informations, c'est-à-dire de diffuser un maximum de noms d'associations aux écoles pour qu'ils puissent se faire accompagner et dispenser ces séances de prévention. Parce qu'on ne leur remet pas tout sur le dos, on n'est pas dans le jugement avec les maîtresses ou avec les enseignants en disant « vous ne le faites pas, on sait très bien que c'est difficile pour nous-mêmes, c'est extrêmement compliqué d'en parler dans nos familles et à nos enfants. » Donc voilà.

  • Speaker #1

    Quand tu parlais de Mylan, je fais une petite aparté. Il s'agit de Mylan Chapiron, qui est une artiste qui a décidé de mettre en partie son art au service de ça, parce qu'elle-même a été abusée sexuellement quand elle était petite. Et donc, elle fait des séances de prévention. Il y a plein d'autres associations, mais c'est un peu notre chouchoute parce qu'on trouve que c'est tellement clair. Il n'y a rien d'autre à dire. Donc, elle fait des séances de prévention dans les écoles. On peut aussi... Regardez sur YouTube, c'est gratuit, ça dure 3 minutes et dès 2 ans. Pourtant je ne recommande pas les écrans, mais alors là franchement, diffusez-le en masse. Mais t'es extrêmement bien fait. Il y a un petit court-métrage sur YouTube qui s'appelle « Le loup, les violences sexuelles expliquées aux enfants » . Et c'est super, vraiment montrez-le à vos enfants parce que tout est dit. Et ce que je trouve très bien, c'est qu'en fait on a peur. Et oui, tu parlais aussi de Rebecca, il s'agit de Maître Rebecca Royer, qui fait partie de notre association, de notre collectif qui était à la Genèse aussi, et qui est avocate spécialisée là-dedans. Donc, elle connaît aussi bien le sujet. En fait, on se rend compte que ces mots sont durs à dire. Et nous, on était confrontés à ça. On s'est dit, OK, il faut qu'il y ait ces séances de prévention dans les écoles. Mais comment on fait ? Aucune de nous n'avait le courage de le dire. Donc, on s'écrivait même des phrases type. Quand on levait le doigt dans les réunions parents-profs ou avant les classes vertes, on s'écrivait des phrases type pour dire « bonjour, excusez-moi, qu'avez-vous prévu pour protéger nos enfants ? » ou « est-ce que les moniteurs ? » etc. En fait, on était stressés. Et ça, cette espèce de poids, de chape de plomb qui nous met mal à l'aise, c'est exactement la raison pour laquelle les pédocriminels ont l'impunité. C'est qu'en fait, on a réussi à détourner le truc, enfin ils ont réussi en tout cas le système. à faire en sorte que c'est tellement gênant, c'est tellement honteux, c'est tellement sale comme sujet qu'on n'en parle pas. Et c'est tellement désagréable de s'imaginer un petit enfant se faire violer. Ça ne fait plaisir à personne de normalement constituer. Donc on n'en parle pas, c'est trop gênant. Sauf que ça arrive. Dès lors que ça arrive malheureusement partout, dans tous les milieux, dans tous les quartiers, dans beaucoup de familles, comme ça arrive, on ne peut pas le nier. Donc on doit agir. C'est pour ça que 3 par classe, en fait, ça aide non seulement, comme disait Maud, les établissements à mettre en place des systèmes, donc faire appel à des associations, former des enseignants, il y a plein de choses dont on parlera plus tard, mais aussi les mères d'élèves et les pères d'élèves, c'est un autre sujet, mais c'est vrai que ça touche plus les femmes, mais les parents d'élèves qui se disent, on veut que tous les enfants de l'école entendent dès la petite section. voilà ton intimité, c'est parti là, personne n'a le droit d'y toucher, c'est à toi dès lors que tu sais te laver seul. Personne d'autre n'a le droit d'y toucher, si quelqu'un le fait, c'est interdit. Si un adulte te dit c'est un secret, ne le dis pas à tes parents, ou qu'un parent te dit, ne le dis à personne, alerte rouge, il faut que tu en parles, aucun adulte n'a le droit de te dire, de ne pas le dire à un autre adulte, des mots clés comme ça.

  • Speaker #2

    Et comme une enseignante justement qui avait bénéficié des séances de prévention de Mylan, et... Chapiron et qui a vraiment adoré, elle disait mais quand on dit, quand un adulte dit à un enfant qu'il n'est pas au courant, si un enfant ose dire non, on ne fait pas ça à un enfant, on n'a pas le droit d'être touché, on n'a pas le droit d'être agressé, si un adulte lui dit non, je ne suis pas au courant, ce n'est pas vrai. Tous les adultes savent qu'on n'a pas le droit de toucher à des enfants, de les agresser sexuellement. Donc il faut absolument dire à ces enfants non. que si un adulte lui dit ça, ce n'est pas vrai. Tous les adultes le savent. En revanche, tous les enfants ne le savent pas. C'est pour ça qu'ils ont besoin d'avoir ces séances de prévention.

  • Speaker #1

    Et en fait, dans ces séances, parce que évidemment, ça arrive très très souvent, je crois que les chiffres, c'est que 8 enfants sur 10, quelque chose comme ça, se déshabillent de son plein gré, parce que tout ça entre dans le cadre d'une emprise en fait.

  • Speaker #0

    Une confiance,

  • Speaker #1

    oui. Une confiance, et qu'en fait, les choses sont bien rodées chez les pédocriminels. Et donc, soit parce qu'ils disent que c'est de l'amour, soit parce que les enfants ont peur. Pour plein de raisons, les enfants ne savent pas. Donc, c'est très lourd, ce qu'on est en train de vous dire. On est en train de demander à des enfants de prendre la responsabilité de se protéger eux-mêmes. C'est terrible. Mais malheureusement, on sait qu'un enfant au courant, qu'un enfant averti que c'est interdit, pourra... Beaucoup plus facile. Un adulte fera désarmer.

  • Speaker #0

    Si un comportement est inapproprié, c'est là où il va libérer sa parole.

  • Speaker #1

    Déjà, il va pouvoir dire non.

  • Speaker #0

    Militer pour qu'un enfant prenne la parole.

  • Speaker #1

    Nous, en fait, on milite pour plein de choses. Mais malheureusement, on sait qu'au niveau du système judiciaire, aujourd'hui, c'est la cata. On sait que c'est horrible que les cas soient classés sans suite. Dans la majorité des cas, il y a des aberrations qui se passent. On n'a pas voulu aller là parce que... Et puis Maïla nous l'a dit quand on l'a rencontrée, elle est venue nous voir que c'est horrible. Ce qui se passe au niveau judiciaire, c'est très dur. Donc on pense que la prévention, c'est ce qu'il y a de plus joyeux finalement. C'est ce qu'il y a de moins lourd à porter. Et c'est ce qu'il y a de plus efficace. Et aussi, un enfant qui ne se fait pas agresser sexuellement ira mieux qu'un enfant qui a été agressé sexuellement. Ce sera un adolescent plus épanoui, un adulte plus...

  • Speaker #2

    mieux dans sa basket en fait un enfant enfin un enfant abusé sexuellement ira mal de toute façon voilà et au moins avec la prévention si ça lui est arrivé une fois il saura que il peut en parler veut dire et peut-être qu'il y aura moins de chance alors malheureusement ça peut être pas le protéger que ça arrive mais au moins il sait qu'il peut en parler alors il ya beaucoup de aujourd'hui nous c'est vrai qu'on fait la promotion de la libération de la parole on sait bien que derrière c'est très difficile d'accueillir la parole justement des enfants et qu'on ne sait pas bien ce qui se passe. J'en ai parlé avec différentes enseignantes. Elles nous disent, mais nous, quand on a fait des signalements, après, on ne sait pas ce qui se passe. Et ça, c'est terrible. Ils sont complètement démunis parce qu'ils ne savent pas. Il y a la police qui vient, qui intervient, qui va s'occuper de l'enfant. Mais après quoi ? Et après, ils ne savent pas. Nous, on ne peut pas intervenir sur toutes les étapes. Et juste, il faut commencer. Et puis, plus on en parlera, et je suis... convaincu que ça donnera moins envie à des pédocriminels d'agir s'ils sentent qu'on est au courant et qu'on est vigilante. Il ne s'agit pas d'être parano et d'accuser toutes les personnes qu'il y a autour de nous, mais d'être vigilante. Il y a la psychologue Johanna Smith qui en parle très bien qui dit qu'il ne faut pas être parano, mais il y a des petits signes quand même qui alertent. Et il faut juste être vigilante et il ne faut pas risquer si on a l'impression que cette personne-là elle est un petit peu limite, elle a des gestes un petit peu limite, bah non, on ne prend pas le risque de laisser son enfant avec cette personne-là.

  • Speaker #1

    Et ce que dit Maud, c'est crucial, je trouve, c'est qu'on parlait tout à l'heure un peu de la gêne, du fait que ça mette mal à la sous-monde. Le fait qu'on soit vigilant et qu'on en parle, nous, adultes, en effet, non seulement ça va rebuter certains pédocriminels, parce que nous, quand on levait le doigt et qu'on avait la boule au ventre devant tous les parents d'élèves et qu'on disait, est-ce que vous faites de la prévention avant la classe de nature, ou comment vous faites pour vous assurer que les... que toutes les personnes qui vont côtoyer nos enfants dans les douches, etc. ne sont pas des agresseurs, c'était évidemment pour que le système scolaire mette en place des systèmes. mais aussi pour que tous les parents dans la salle, toutes les mères et tous les pères entendent qu'en fait, il y avait des gens qui étaient là. On est là. On est là. Et on est partout.

  • Speaker #0

    Et puis surtout, tu utilises le mot, enfin, toutes les deux depuis tout à l'heure, pédocriminel agresseur, mais en fait, c'est pas un cambriolage avec des mecs cagoulés. Ça peut être un oncle, le père d'un copain, quelqu'un qui a une bonne tête et qui ressemble pas du tout, qui est très gentil avec les enfants, qu'on ne soupçonne pas. C'est ça qui est terrible.

  • Speaker #1

    C'est terrible. Maud a raison. C'est d'ailleurs quelque chose qui nous unit toutes, c'est qu'on a envie de rester dans la joie, de rester joyeuse et de ne pas accuser tout le monde et détester les hommes, etc. Mais en effet, c'est très souvent des mecs très sympas. C'est des gens qui ont du charisme. En fait, ça peut être n'importe qui. Si c'est 160 000 enfants par an en France, si c'est trois enfants par classe, c'est qu'il y en a beaucoup.

  • Speaker #0

    Et encore, ce sont les chiffres qui sont connus.

  • Speaker #2

    Moi je me suis amusée, c'est peut-être pas le bon terme mais en tout cas j'ai fait il y a deux ans un test avec mes amis à un dîner, c'était juste avant la rentrée des classes justement je me souviens, on était à peu près une dizaine autour de la table c'est vraiment des amis d'enfance je vous aime si vous entendez mais en gros j'ai mis le dossier sur la table j'ai commencé à en parler et j'ai avancé les chiffres, j'aurais dit voilà donc je dis potentiellement en fait il y en a un d'entre vous qui agresse Et là, mais comment ça ? Comment tu peux dire ça ? Comment tu peux accuser, nous accuser ? Je fais, je ne vous accuse pas. C'est les chiffres. Il y en a peut-être un de vous, ou un de nous en tout cas, qui a été agressé et personne ne le sait. Et ils m'ont dit, mais n'importe quoi, comment tu peux accuser tes amis ? Et puis ça n'arrive pas chez nous, et puis ça n'arrive pas dans notre milieu. Bon, en plus, alors, et donc là, ils m'ont dit, bah vas-y, donne un nom. Et là, j'ai dit, bon, malheureusement, j'ai pris celui qui n'était pas là. J'ai dit, bah voilà, c'est un tel. C'est lui, peut-être que c'est lui.

  • Speaker #1

    Et ils m'ont dit « mais comment tu peux l'accuser lui ?

  • Speaker #2

    Parce qu'il n'est pas là ! » Enfin, c'est parti dans tous les sens. Je me suis dit « mais j'en ai aucune idée ! » Et évidemment, je ne l'accuse pas réellement. Je me suis dit « mais c'est pour que vous puissiez réaliser que oui, ça arrive aussi chez nous, ça arrive chez tout le monde. » Et on se rend bien compte que dans notre environnement proche, on est vraiment des gens qu'on côtoie tous les jours, ils ne pensent pas que ça peut arriver chez eux. Vraiment. Parce qu'ils font partie d'un système... peut-être qu'ils ont eu une éducation un peu plus privilégiée que d'autres, ça n'a rien à voir.

  • Speaker #0

    On pense que ça n'arrive qu'aux autres. C'est pour ça qu'on n'en parle peut-être pas assez.

  • Speaker #1

    Et puis aussi, ça fait partie quand même du seul cas d'agression, où quand tu parlais d'un cambriolage, quand on se fait cambrioler chez soi, on se dit « putain, je me suis fait cambrioler, on m'a piqué ma montre, machin » . Quand on se fait violer, qu'on soit d'ailleurs adulte ou enfant, on ne le dit pas, on a honte, on se sent sale, on se sent sali, etc. En fait, il y a une telle omerta autour de ça, ça n'arrive non seulement que aux autres, mais en plus, si ça nous arrive, on ne va pas fanfaronner avec ça, on ne va pas le dire. Tandis que quand on se fait violer sa caisse ou un truc comme ça, tout le monde le dit. Là, c'est un cas où la culpabilité est inversée, c'est la victime qui se sent mal.

  • Speaker #0

    Et tu parles de viol qui est très dur, mais il y a aussi beaucoup d'attouchements. Il y a des hommes qui font ça comme un jeu, quelque chose de très doux. ou des hommes qui, je mets un peu les pieds dans le plat, qui demandent des fellations, tout ça, parfois c'est pas, c'est assez rapide, c'est...

  • Speaker #1

    Bah oui, d'ailleurs on le lit bien dans le livre de Neige Triste Tigre, où elle raconte que parfois en fait, il était en train de louer des skis, il lui demandait une fellation, ça durait deux minutes dans l'arrière-salle, elle était toute petite. Donc c'est... Je sais pas pourquoi je parle.

  • Speaker #0

    Mais c'est moi qui ai mis ça, c'est un peu grave le...

  • Speaker #1

    Oui, en effet. Et... Et je pense que l'angle qu'on peut avoir, c'est se renseigner. Donc déjà, c'est très courant. En parler, vraiment en parler, entre nous, entre amis. Il faut parler de ça, c'est très important. Pour nous, la parole, c'est le meilleur remède. Si les agresseurs entendent, si les parents entendent, si les enfants entendent.

  • Speaker #0

    Là, la parole te libère quand même. Il y a pas mal de personnalités publiques. Tu parlais de ce livre, il y en a eu pas mal. Il y avait celui de Camille Kouchner. Familia Grande, est-ce que ça aide aussi que des positions plus publiques peuvent aider à engager un dialogue ?

  • Speaker #2

    Évidemment, ça va toujours aider le sujet, mais ce n'est pas suffisant. Et c'est pour ça que nous, on croit vraiment au pouvoir de l'école.

  • Speaker #1

    Voilà. Et d'ailleurs, à l'école, une des mères d'élèves m'avait dit, mais pourquoi tu... C'est pas à l'école de faire ça. C'est pas... Bon, ils en ont déjà... Ils ont déjà tellement de sujets à aborder, ils sont déjà sous l'eau, on ne leur rajoute pas ça. Mais en fait, évidemment, c'est l'école la clé, parce que ça arrive dans 86% des cas dans les familles ou avec des proches. Donc l'école et la parole sont la clé. Et d'ailleurs, il y a autre chose dont on aimerait parler, pour laquelle agit aussi Trois par classe, c'est les pédocriminels eux-mêmes. Comme on l'a dit, ce ne sont pas des gens bizarres, horribles et moches et graves. Enfin, on ne va pas... ... C'est tout le monde, ça peut être tout le monde, ça ne l'est pas évidemment, mais ça peut être tout le monde. Et ces personnes-là ont aussi des solutions, il y a notamment un numéro anonyme. qui permet de les...

  • Speaker #0

    Ah oui, dans le sens que si quelqu'un est attiré anormalement par les enfants, on peut aussi les aider.

  • Speaker #1

    On comprend que ça n'existe pas le monstre. Et puis on l'a vu avec tout le procès à Amazon, etc. C'est pas... Le mythe du monstre méchant n'existe pas, en fait. Donc, c'est aussi important de dire si vous avez peur d'être attiré par des enfants ou si vous l'êtes ou si vous l'avez été, il y a des numéros qui peuvent vous aider à vous soigner parce que, aussi, en protégeant les... les enfants, parce que ça peut être aussi inter-enfant. On peut dire à un enfant qui pourrait agresser, évidemment qu'il y a différents niveaux quand c'est des enfants, mais on peut le protéger de devenir quelqu'un de mauvais. On peut l'aider à devenir quelqu'un de bien. Et on peut aussi aider les hommes, c'est dans 87% des cas des hommes, donc on dit les hommes, à se soigner. Et moi, tu peux dire que le numéro anonyme est gratuit.

  • Speaker #2

    C'est ça. Et donc, on essaye de le partager le plus souvent possible parce que c'est en s'occupant d'eux aussi, je pense qu'on pourra régler le problème, comme dit Angèle. Donc, ça s'appelle le dispositif STOP, service téléphonique d'orientation et de prévention. Donc, il y a un compte Instagram qui s'appelle dispositif STOP et le numéro, c'est le 0806 23 10 63. 0806 23 10 63. Et c'est vrai que ça, quand on voit, bon alors c'est super, le numéro 119, il est hyper facile pour les enfants. Mais il devrait y avoir un numéro aussi beaucoup plus facile pour les adultes, puisqu'il y en a quand même beaucoup qui sont concernés et on le voit nulle part. Moi, quand j'ai fait mes recherches Google pour chercher le numéro, c'était hyper compliqué. Enfin voilà, il faut s'occuper à la fois en amont du problème et puis en aval avec les enfants de la prévention.

  • Speaker #0

    Alors je reviens à la loi dont vous parliez, puisque l'école pourrait être ce lien et apprendre aux enfants toutes ces notions qu'ils ne connaissent pas. Vous vous dites, c'est pas forcément qu'ils veulent pas, c'est que l'école ne sait pas comment s'y prendre. Je crois qu'il y a différents freins. Par exemple, tu disais, ils n'ont pas de support. Une maîtresse même qui est OK avec ça, elle sait pas forcément comment s'y prendre. Elle a pas forcément le temps, elle est déjà débordée.

  • Speaker #1

    Exactement. D'ailleurs, aux maîtresses ou aux enseignantes qui nous écoutent, je vous invite aussi à écouter un autre podcast qui s'appelle « Maîtresse, c'est quoi l'amour ? » Oui. Qui est super et c'est une maîtresse en effet qui s'est rendue compte que cette loi, qu'elle devait appliquer cette loi, qui s'est dit, évidemment, il faut que tout... d'enfants entendent dans leurs oreilles que c'est pas normal ce que c'est que leur intimité et quoi faire si ça leur arrive ou si un ami leur dit comment faire et en fait elle s'est retrouvée un peu face à une montagne où il n'y a pas tellement il ya deux trois trucs sur le site des de l'éducation nationale etc mais c'est pas énorme donc ce qu'on peut conseiller nous aujourd'hui c'est déjà de suivre trois par classe parce qu'on donne pas mal de clés mais aussi de se faire accompagner par des associations il ya donc Mylan Chapiron qui intervient, il y a aussi Colosse au pied d'argile.

  • Speaker #2

    Nous c'est ce qu'on est en train de chercher justement avec 3 par classe. On va bientôt avoir un site où on va recenser toutes ces informations-là. L'idée c'est vraiment d'être un Google de la prévention sur les violences sexuelles et de recenser toutes les personnes qui peuvent accompagner les enseignants. Il y a l'UEAPD aussi de l'hôpital Gustave Roussy qui dispense des séances de prévention gratuites pour les enseignants pour accueillir la parole justement des enfants. Donc là, ce n'est pas pour faire de la prévention, mais si un enfant parle, il y a différentes formules et ça, c'est entièrement gratuit aussi. Parce qu'il y a des écoles qui avancent souvent et on peut comprendre qu'ils ne sont pas les moyens d'avoir ces séances de prévention, même si c'est obligatoire selon l'article de loi, mais il y a aussi des formules gratuites. Donc là, nous, on est en train de les recenser et petit à petit, on les mettra sur notre site.

  • Speaker #1

    Et aussi, ce qu'on peut conseiller, c'est déjà de désigner quelqu'un dans l'école qui est capable de recevoir la parole. Donc, psy de l'école, directeur, maîtresse, et de montrer, parce que si on n'a pas les mots, on peut déjà montrer la petite vidéo de Mylan dont je vous ai parlé tout à l'heure, qui dure quelques minutes. On monte en classe et après, micro-débat. C'est vrai que c'est beaucoup de responsabilité parce que si un enfant parle et qu'on ne sait pas quoi en faire, c'est compliqué. Mais franchement, il vaut mieux prendre le risque qu'un enfant parle et qu'on ne sache pas quoi faire que plutôt de se dire « Ouh là là, je ne vais pas pouvoir recevoir la parole tant que les enfants ne me parlent pas et puis on les laisse dans leur quotidien. »

  • Speaker #0

    Et il y avait une histoire de boîte aux lettres aussi ?

  • Speaker #1

    Oui, ça s'appelle la boîte aux lettres papillon. C'est une super initiative. Alors, il faut quand même que les enfants sachent déjà écrire. Donc, c'est à partir de 8 ans. Et pareil, c'est une association indépendante. Donc, c'est très bien fait parce qu'ils viennent dans les écoles former déjà les élèves en leur disant « Voilà, si vous êtes agressé, sur quelque forme de violence que ce soit, vous pouvez écrire dans cette boîte aux lettres. » elle est mise à hauteur d'enfants dans un lieu un peu caché dans l'école en général pour que les enfants puissent déposer discrètement leurs lettres et puis il y a des papiers type avec écrit qui je suis, qui est mon agresseur qu'est-ce que je veux dénoncer et puis les élèves peuvent écrire ce qu'ils veulent et donc il y a comme ça une petite fille ça a été un petit peu médiatisé, qui avait 8 ans je crois qui avait été que le grand-père avait violé et qui a pu l'écrire et on a vu des interviews de la mère de cette petite fille qui a dit mais moi je parle de prévention sexuelle à la maison ... Je leur dis personne n'a le droit de vous toucher, vous criez, vous me le dites, si quelqu'un touche... Pourquoi ma fille ne me l'a pas dit ? Et en fait, on se rend compte que ça fait partie aussi des sujets. C'est que, en fait, c'est important de laisser chez soi un espace à nos enfants pour parler de ça. Parce que parfois, on a l'impression de faire les choses bien, de cocher les cases, mais est-ce que vraiment, on leur laisse l'espace ? Donc, il ne s'agit pas de leur dire tous les soirs, genre, alors, quelqu'un t'a touché, quelqu'un t'a baissé la culotte. Mais qu'ils comprennent que c'est OK, donc pourquoi pas parler de soi. De dire, parce que c'est quand même très souvent que dans les familles, il nous arrive des trucs à nous aussi. On ne va pas se mentir, ce n'est pas juste aux autres non plus à ce niveau-là. Donc dire, voilà, si tu as besoin d'en parler, voilà comment on peut faire. Passer des moments privilégiés avec notre enfant où vraiment on l'écoute. Donc parfois, on va avoir 99% de sujets relous, genre, elle m'a dit qu'elle avait les dents jaunes, alors j'étais vexée, je suis allée pleurer aux toilettes quand c'est arrivé. Ou voilà, elle a des chaussures trop belles. mais que vos enfants comprennent qu'ils ont un espace de parole avec vous et qu'ils peuvent tout dire, qu'il n'y aura pas de jugement. Et ça, c'est important aussi, que quand ils nous disent des choses, on ne fasse pas « Oh là là, non, non, mais attends, ça, tu ne peux pas dire ça, ça » .

  • Speaker #2

    Et ne pas remettre en question, effectivement, s'ils évoquent une agression, quelle qu'elle soit, ne pas dire « Ah bon, mais t'es sûre ? Là, c'est fini. Vous perdez l'enfant et il ne se confiera plus jamais. » Il faut vraiment accueillir, peut-être ne rien dire. et prendre un peu le temps de la réflexion avant de dire quoi que ce soit et d'essayer de l'entendre et de comprendre jusqu'au bout. Dire mais n'importe quoi, pas ton grand-père, mais jamais de la vie. Non, il faut vraiment prendre le temps d'accueillir parce qu'un enfant ne parlera pas deux fois à ses parents. Une mère nous avait confié que sa fille a été victime de son père et elle a mis beaucoup, beaucoup de temps à en parler. Elle a été victime quand elle avait moins de 10 ans et elle en a parlé à sa mère quand elle avait 17 ans. Elle n'a toujours pas entendu le procès à son père, puisqu'elle est suivie par des avocats et des psychologues. Ils lui ont dit « quand tu vas y aller, ça va être terrible, le procès, tout ça. Donc il faut vraiment que tu sois sûre de tout ce que tu dis, parce que tout sera toujours remis en cause, ça va être extrêmement compliqué. » Tout ça pour revenir un petit peu en arrière. Le jour où elle a décidé de parler à sa mère, ça faisait longtemps qu'elle se doutait qu'il y avait quelque chose. Mais pas du tout ça. Mais que sa fille avait du mal à gérer ses émotions. Et un jour, elle était avec sa fille seule. Et elle a dit, là, j'ai senti que c'était le bon moment. Plusieurs fois, je lui ai tendu des perches. Je lui ai parlé plusieurs fois de ce sujet-là. Elle m'a toujours dit non. Et là, je lui ai dit, on était toutes les deux dans une chambre. Et je lui ai dit, est-ce que quelqu'un t'a fait du mal ? Et là, elle lui a dit, oui, papa. Et donc là, elle a pu lui parler. Elle dit, ça a été cette phrase qui a été déclencheur. Et aucune autre. Donc voilà, il faut vraiment... Elle dit, je n'ai rien dit. Je n'ai rien dit, j'ai accueilli, on en a parlé. Je n'ai pas remis en cause. Elle disait que plusieurs fois, elle s'était rendue compte. Elle était toujours en train de remettre en question ce qu'elle lui disait.

  • Speaker #1

    C'est vrai qu'on peut faire ça en tant que parent. Attends, mais il t'a poussé, mais ce n'est pas si grave, ça va, c'est bon. Et en fait, ce qui est important, ce n'est pas nous. Ce qu'on pense en tant qu'adulte, c'est ce que l'enfant ressent. Et c'est vrai que s'il est en confiance avec ses parents, il aura beaucoup plus de facilité à parler.

  • Speaker #0

    Toujours sur cette loi qui n'est pas appliquée, il y a eu... Ils ont essayé de la mettre en place. Il y a aussi beaucoup de parents qui ne veulent pas, qui ne sont pas d'accord, qui disent « mais ce n'est pas le rôle de l'école » . Donc ça, c'est pas évident de la faire appliquer cette loi.

  • Speaker #1

    Gros sujet. C'est en effet ça. Déjà, malheureusement, on trouve que c'est un peu dommage. Ça s'appelle l'éducation...

  • Speaker #0

    Évars, c'est ça l'éducation ? Évars, c'est encore autre chose ?

  • Speaker #1

    Évars, c'est le programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité. Et en fait, quand on dit à des parents, et d'ailleurs dans les écoles religieuses, c'est évidemment le pire. Enfin, cela dit, il y en a qui ont suivi, il y a des curés hyper motivés. Non,

  • Speaker #0

    pas forcément,

  • Speaker #1

    il y a des écoles privées, oui,

  • Speaker #0

    ouvertes.

  • Speaker #1

    Mais dès lors qu'on dit éducation à la sexualité, certains parents s'imaginent qu'on va dire à leur enfant de 6 ans, comment se masturber, comment machin et tout. Et donc...

  • Speaker #0

    Pour moi, le terme est faux, puisque pour nous, c'est plus prévention contre les violences sexuelles. Mais c'est vrai qu'apprendre son corps, comprendre le consentement et tout ça, mais tout ça est très adapté à tous les âges. Donc un enfant de sixième ou de cinquième, on ne lui dira pas la même chose qu'un enfant de CP.

  • Speaker #1

    Ça fait vraiment partie d'un cycle d'apprentissage, comme l'explique Maïdane Ausha très bien. C'est-à-dire que dans les différentes séances... Elle dit même les premières séances, enfin même toutes les séances, en fait les enfants rient beaucoup, puisqu'elle s'occupe essentiellement d'élémentaires, parce qu'elle leur apprend les parties du corps. On se rend compte en fait que les enfants, et ça les pédocriminels jouent beaucoup aussi avec ça, ne connaissent pas les parties de leur corps. C'est-à-dire que plutôt que d'appeler ça minette ou des petits noms, voilà, non, c'est pas comme ça. C'est la vulve, c'est l'anus, pour que justement après ils puissent retranscrire clairement ce qui s'est passé, à quel endroit du corps. Et donc il y a toute une partie de l'apprentissage du corps et l'apprentissage des limites corporelles et ensuite de ce qu'on peut faire ou non. Mais ce n'est pas du tout, il ne parle pas que de ça. Et comme l'a dit exactement Angèle, on ne parle pas de sexualité et de relations sexuelles à aucun moment. Effectivement, ça je pense que nous on est assez d'accord, on n'en parle pas à l'école. Mais c'est vrai que c'est un sujet compliqué à aborder avec les parents. Il y a beaucoup de parents qui sont réfractaires. Nous, on n'y voit aucun inconvénient puisque ça ne dépasse pas justement les limites. Alors, il y aura toujours malheureusement un professeur qui dépassera un jour les limites et ça viendra foutre le bordel dans tout ça. Mais aujourd'hui, non, c'est pour nous indispensable. Et c'est vrai que, par exemple, dans nos écoles, alors soit vous pouvez, nous, il y en a plein du collectif 3 par classe qui se sont motivés avec les parents d'élèves, avec d'autres parents de l'école, mais ce n'est pas nécessaire. C'est-à-dire que vous pouvez directement demander juste. à la maîtresse et aussi juste à la directrice, ce qu'ils comptent faire dans le programme, puisque c'est obligatoire. Donc vous n'avez pas la nécessité. Aujourd'hui,

  • Speaker #2

    c'est officiellement obligatoire ? Oui,

  • Speaker #1

    c'est un article de loi du Code de l'éducation.

  • Speaker #2

    Mais il y a, c'est un peu bête, mais il n'y a pas un ministère des enfants ?

  • Speaker #0

    Ça, c'est un gros sujet, parce que justement, suite au livre de Camille Kouchner, La Grande et Familia ?

  • Speaker #2

    Familia Grande.

  • Speaker #0

    La Familia Grande, pardon. un comité indépendant qui a été nommé par l'État, qui s'appelle la CIVIS.

  • Speaker #1

    La Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants est une commission d'enquête française installée en mars 2021, à la suite de l'émergence du mouvement MeToo.

  • Speaker #0

    Et donc, la CIVIS a été nommée, avec à sa tête le juge Edouard Durand. On est un peu fans. Franchement, trois par classe ! C'est un petit peu notre Brad Pistanouf, le juge Edouard Durand. On l'adore, on regarde toutes les interviews en disant « Oh, mais quel homme ! » On le trouve génial. Il est un peu perché, mais toute sa parole est tellement juste. Il agit tellement avec... Juste, il est normal, en fait. Il met des mots qui sont tellement justes. Bref, et donc là, Civiz, on fait sous forme de réunion publique. On laissait les personnes s'exprimer sur leur... leurs histoires et pour essayer de décrypter un peu le fonctionnement, l'engrenage de l'inceste et des violences sexuelles faites aux enfants. Il en est sorti 82 actes à faire, des trucs à mettre en place, et malheureusement, et c'est un petit peu ce qui désole tous les militants et les gens des associations, c'est que le juge Edouard Durand a été évincé de la civise et il a été mis à sa place des personnes moins engagées, plus facilement malléables, en gros. Donc, nous, ce qu'on aimerait, c'est que... Mais pourquoi ? C'est politique. C'est politique parce qu'il n'était pas prêt à aller à l'encontre de ses valeurs, je pense. Et que c'est un peu chiant pour certaines personnes. Et que les 82 recommandations, elles ont été formulées. Ils ont recensé plus de 30 000 témoignages. Donc, ils sont vraiment très, très, très offrés, plus que personne, sur le fonctionnement. Comment est-ce qu'en France, aujourd'hui, on réussit ? à violer un enfant, à agresser lui sexuellement, à incester dans les familles. Pourquoi il y a une telle ampleur ? Et que faire pour démêler tout ça ? Donc, il y a 82 recommandations. Et on aimerait aujourd'hui, toutes les personnes sensibles à ça, dans les associations et tout ça, mouv'enfants, infantistes, infanticides...

  • Speaker #1

    Incesticides, vraiment infantistes. Oui, oui,

  • Speaker #0

    il y a beaucoup. Tout le monde... envie que le juge Edouard Durand revienne à cette place-là et qu'il y ait un vrai comité qui soit créé.

  • Speaker #1

    Mais le système est tellement fait pour protéger tous les pédocriminels et accuser les mères, justement, protectrices. que c'est terrible. Et là, le juge Edouard Durand venait mettre un vrai coup de pied dans la fourmière. Aujourd'hui, la justice est dysfonctionnante sur ce sujet-là, quand même. Il y a trop peu d'enfants qui sont protégés. J'ai plus les chiffres en tête, Rebecca pourrait nous les redire, mais je sais pas, c'est moins de 5% quand même de jugements qui sont en faveur des enfants.

  • Speaker #0

    8 sur 10 qui sont classés sans suite.

  • Speaker #2

    Mais on sait pourquoi ?

  • Speaker #0

    Alors, pour plusieurs raisons. Déjà parce que, autant que ça nous gêne, nous, de parler de ça, enfin en tout cas dans les écoles et tout, ça gêne les juges aussi. Ils préfèrent se dire « Oulala, cette mère elle est folle, elle veut garder la garde complète de son enfant » ou alors « Oulala, il est un petit peu mythomane lui » plutôt que s'imaginer vraiment que c'est la réalité. Il y a déjà ça. Il y a aussi le fait qu'en France, contrairement à l'Italie et l'Espagne, le même juge qui va juger un vol dans une épicerie va juger ces cas de violence familiale. Donc en fait, ils ne sont pas assez formés aussi, les juges.

  • Speaker #1

    Il y a aussi le cas du syndrome d'aliénation parentale, qui a été mis en place par je ne sais plus quel médecin, je n'ai même pas envie de le citer tellement c'est quand même terrible. Une ordure. C'est une ordure, et donc qui est aujourd'hui souvent avancée par les avocats des incesteurs. C'est-à-dire que, bah oui, on fait passer la mère pour folle. En même temps, comment ne pas devenir folle quand on sait que son enfant est incesté par son père ou son mari, ou peu importe, ou même une nounou, il y a aussi effectivement des femmes de temps en temps. Et donc malgré ça, il y a beaucoup de mères qui arrivent à prendre sur elles. Et ce syndrome est souvent avancé dans les procès pour dire qu'en fait, les enfants sont sous l'influence des mères complètement folles. Et ça, ça a été, donc ce syndrome a été créé, je ne sais plus,

  • Speaker #0

    il y a une trentaine d'années. Alors, dans les années 80, par le psychiatre Richard Gardner, qui est un Américain, et qui a mis, donc d'ailleurs... je vous invite à regarder sur Youtube les interviews complètes de lui, parce qu'à un moment, le journaliste lui dit « Mais si un enfant se fait vraiment violer par son père, qu'est-ce qu'ils ont fait ? » Il dit « Une paire de claques et on n'en parle plus. » Donc en fait, ce psychiatre, qui a fait énormément de mal évidemment aux enfants dans les années 80, a mis en avant le fait de l'aliénation parentale. Donc quand une mère dit que son enfant est violé, c'est que la mère est toute puissante, qu'elle veut avoir le p... pouvoir complet sur son enfant, le contrôler.

  • Speaker #2

    Ou elle veut garder la garde.

  • Speaker #0

    Elle veut garder la garde, ou alors elle veut nuire à son ex, ou parfois à son père, parce que parfois les parents sont encore en couple. Et donc en fait, ce syndrome d'aliénation parentale est ressorti à toutes les sauces depuis les années 80, dans tous les tribunaux de France, pour l'opposition. Donc à chaque fois qu'un enfant dit « on m'a violée » , c'est parti. La mère est folle, le pouvoir, elle veut nuire, en tout cas dans les cas où c'est les pères qui abusent sexuellement des enfants. Et ça, ça n'est pas prouvé scientifiquement. Et pourtant, ça fait pencher des verdicts vers le mauvais côté de la force, en gros. Et donc, on se retrouve avec des cas aberrants, comme celui de Sophie Abida, qu'on suit depuis longtemps avec Maud. On avait même fait, pendant le confinement, une cagnotte pour l'aider à s'évader. Enfin, ça va dans des tripes un peu aberrants. Donc, Sophie Abida. a quatre enfants, trois d'entre eux sont abusés sexuellement par le père. Il y a des enregistrements, des mouchards qu'elle avait planqués dans les doudous, des preuves, puisqu'ils ont la même cassé le bras d'un de ses enfants, etc. Et quand bien même, elle fait trop de bruit, elle n'a pas voulu remettre les enfants au père, parce que le procès n'était pas...

  • Speaker #1

    Elle a un fan club, on parle de fan club, des personnes qui la soutiennent.

  • Speaker #0

    Et en fait, les enfants sont remis garde complète au père, parce qu'en France, on n'applique pas ce qu'on appelle le... principe de précaution qui veut dire que quand il ya un doute et d'ailleurs moi j'aimerais que ce soit le cas pour ma famille aussi si un doute ben on écarte les enfants du potentiel danger on n'a pas dit que le père était un agresseur on a dit que on écarte le temps du procès en france le la présomption d'innocence mime sur les gens la fibre de pression le principe de précaution ça veut dire qu'on préfère dire attendez attendez le père il est peut-être innocent donc il va continuer à voir ses enfants une semaine sur deux que le père est peut-être coupable, donc on va protéger les enfants toutes les semaines. Donc, dans ce cas, par exemple, où les mères n'en peuvent plus, et d'ailleurs, il y a un film super qui vient de sortir, qui s'appelle Protéger l'enfance, de Eve Simonnet. Je vous invite à le voir, c'est gratuit, vous pouvez le voir sur YouTube aussi. Protéger l'enfance, qui met très bien en avant tout ça, le fait que ces mères protectrices se retrouvent elles-mêmes en prison, jugées, à devoir payer des amendes.

  • Speaker #1

    Ou en fuite.

  • Speaker #0

    Ou en fuite avec leurs enfants quand elles se disent en fait bon ok, mais il faut avoir les moyens de partir en fuite, de changer de passeport, de machin. On en est à ce stade-là en France, donc c'est vraiment catastrophique. Et donc Sophie Abida aujourd'hui n'a pas vu ses enfants depuis des mois. Leur père à la garde, sa petite-fille qui allait encore lui a été arrachée par les flics. pour être placée chez le père parce qu'il a présomption d'innocence.

  • Speaker #2

    Et c'est elle qui est passée pour folle. C'est fou votre histoire.

  • Speaker #0

    Et puis, en moment, le problème, c'est que, et d'ailleurs, on en parle avec Rebecca Royer, qui est avocate et qui soutient beaucoup ces femmes-là, c'est qu'à un moment, elles deviennent vraiment folles. Et je mets au défi toutes celles qui nous écoutent de savoir que notre enfant se fait abuser sexuellement tous les soirs, de garder le sourire et sa légèreté et sa pleine santé mentale.

  • Speaker #2

    évidemment que ça rend fou par rapport à toutes celles qui nous écoutent et qui se disent tiens non mais moi je suis à fond comme elle j'ai envie de qu'est-ce qu'on peut faire en fait qu'est-ce que chacun dans son petit coin est-ce qu'on peut remonter ça dans nos écoles est-ce que les écoles elles peuvent fonctionner au cas par cas ou est-ce qu'il faut absolument attendre que cette loi soit mise en place ou qu'est-ce qu'on peut faire chacun à notre niveau l'article existe déjà

  • Speaker #1

    Depuis un petit bout de temps. Donc elles peuvent déjà, moi je dirais d'abord, c'est libérer la parole avec ses propres enfants dans son cercle intime, dans son cercle familial, libérer la parole avec sa famille et ses amis. Ça pour moi, c'est vraiment le numéro un. Et très rapidement, dans la foulée, aller voir, envoyer un courrier, même un mail à la direction de son école pour savoir ce qui est proposé comme séance de prévention pour justement éduquer. les enfants au corps et les protéger d'éventuelles violences sexuelles.

  • Speaker #0

    Et ça, si c'est difficile à faire, parce que, comme on le dit, c'est la clé, si c'est difficile à faire, parce qu'en fait, nous, on a ressenti ça. De se dire, le directeur, il va me blacklister, il va pas prendre mon dernier dans l'école, ma fille va être considérée comme la fille d'une folle, etc. On se l'est toutes dit, en fait, parce que à parler de ça, on passe quand même pour des hystéros de service ou des féministes. engagés qui veulent couper des idées. Et donc, si vous avez du mal à faire ça, trois par classe, vous nous écrivez et nous on propose des lettres déjà rédigées. Vous avez juste à ajouter le nom de votre professeur.

  • Speaker #2

    Oui, ou des documents à imprimer, même, j'ai vu. Oui, tout à fait. On peut poser à la petite-mère, je n'en sais rien, à la petite-mère de l'accrocher.

  • Speaker #0

    Exactement. Ce que vous pouvez faire aussi, c'est vous éduquer vous et en parler. Donc, en parler évidemment dans vos familles, mais aussi à vos amis. faites en fait comme nous on a fait vous vous fédérez un peu autour de ça les lectures, les podcasts, les trucs parce que plus on est cultivé, plus on sait parler de ce sujet plus on aura de facilité à affronter les discussions parfois un peu dures quand on se dit mais qu'est-ce que tu racontes mais ça c'est dans les milieux où les gens sont ivres morts, n'ont pas d'argent en fait non, c'est dans tous les milieux on a la preuve moi j'étais dans un milieu ultra privilégié j'étais avec les Kouchner donc ... Par exemple, tout allait bien dans l'idée, puisque c'était des gens très médiatiquement reconnus, etc. N'empêche que c'était, dans cette école, exactement le même chiffre que dans les autres écoles. Donc, en parler, se renseigner, utiliser des outils pédagogiques chez soi, des livres pour les enfants, des petites vidéos, ce genre de choses, et puis contacter les associations, en tout cas les suivre. Par exemple, Mylan Chapiron, vous pouvez voir sur son site Millemiette, vous pouvez voir comment se déroule une séance. Et vous aurez plus de facilité comme ça à la faire.

  • Speaker #1

    Et puis aussi, petit à petit, changer son comportement avec ses propres enfants aussi. Ça, je sais que ce n'est pas évident. Et alors là, on se confronte encore à des nouvelles remarques de ses propres amis. Mais c'est vrai que moi, j'ai toujours entendu « Ah, ses petites fesses trop mignonnes ! » « Touchez les fesses des enfants ! » Enfin, je veux dire, tout le temps, les embrasser sur la bouche, croquer les différentes parties du corps. En fait, le corps de l'enfant n'est pas... à la disposition de l'adulte. Et ça, c'est vrai que notre génération, il faut qu'elle l'apprenne. Moi, j'ai grandi dans cet univers-là où vraiment, le corps était à disposition des adultes. Et aujourd'hui, c'est un vrai sujet. On le voit bien aujourd'hui, après, les rapports hommes-femmes sont complètement... sont inégaux. Et je pense qu'il faut qu'on apprenne à... On respectera plus le corps des femmes si on a déjà plus respecté le corps des enfants. Et ça... Bon bah ça y est on commence à ne plus forcer nos enfants à embrasser des adultes ou ce genre de choses. Mais rien qu'au niveau du toucher, moi je veux dire je rêve que d'une chose, c'est de toucher mes filles, de les croquer partout. Mais non, mais non en fait, leur fait c'est... Si je veux leur apprendre que c'est des parties intimes et que personne, aucun adulte n'a le droit d'y toucher, ça commence par moi. C'est-à-dire que moi-même, leur propre mère, je ne vais pas... Je veux dire, mes filles se lavent seules depuis qu'elles ne portent plus de couches. Je vérifie effectivement et je le dis aux babysitters, à la famille, personne ne va aider mes filles à se doucher, elles savent le faire toutes seules. Ces parties intimes, que ce soit la bouche, la poitrine, la vulve ou l'anus, ça leur appartient et on n'a plus à y toucher. Et je pense que quand ils auront intégré ça, ça aussi ce sera des repères pour eux de se dire, un adulte me touche les fesses. Non, c'est vraiment quand ils seront adultes. et qu'ils auront envie de se faire toucher les fesses, très bien. Mais je veux dire, moi j'ai grandi avec des mains au cul, des machins et tout ça, mais parce qu'on fait ça depuis des siècles. Bah stop en fait ! Non, non, j'ai pas envie qu'on me mette des mains au cul, et qu'on me mette des mains au cul de mes filles non plus. Donc ça je pense que c'est nous aussi, parents, il faut qu'on change ces comportements-là. On peut être extrêmement tactile avec eux, sans leur toucher les parties intimes.

  • Speaker #0

    Et quand on parle de changer notre comportement au quotidien, tout à l'heure, tu parlais des mots. Alors, c'est vrai que, par exemple, moi, tout le monde se fout de moi à la maison. Mon mec, le premier, les enfants, ça les rend hilar. Quand je dis dans le bain, ça va, tu as bien lavé ta vulve, tu viens à stiquer ton pénis. C'est sûr, moi aussi. Même en le disant, moi, je ne suis pas encore complètement déconstruite. Je suis là, wow, dire le mot vulve à un petit enfant, c'est limite glauque. Mais en fait, oui, il faut mettre les bons mots déjà pour que tout le monde se moque de moi. J'avoue, oui. Et toi, ta vulve... « Ah, mais c'est vrai que c'est un mot horrible, pourquoi vulve, ça nous dégoûte, je ne sais pas. » Bref, donc déjà, dire les bons mots, c'est vrai que c'est important. Et aussi, on parle d'adapter à son quotidien certains comportements, mais même quand ils sont bienveillants. Et c'est là où, par exemple, moi, ma belle-mère, c'est une femme extraordinaire, elle est géniale avec les enfants, vraiment, je l'adore, et rien de toxique. En revanche, elle dit toujours aux enfants « Viens, je vais te dire un secret,

  • Speaker #1

    je vais te dire un secret. »

  • Speaker #0

    Et donc, en fait, j'étais mal à l'aise par rapport à ça. Et je me disais, bon, je ne vais pas faire la belle-fille relou. Je refuse. Ben oui, je l'ai fait. Donc, à un moment, je lui ai dit, est-ce que tu peux arrêter, s'il te plaît, de dire des secrets à mes enfants ? Parce que je ne veux pas qu'un adulte leur dise, c'est un secret, tu ne le dis pas. Alors qu'il n'y a aucune malveillance de sa part. Donc, ça m'a fait un peu de la panne. J'ai vu. Je lui ai dit, dis-leur une surprise. On va faire une surprise, un truc comme ça. Mais un secret, c'est non. un adulte ne dit pas un secret aux enfants. Donc ça, c'est un truc aussi de très nouveau, parce que nous, on n'a pas du tout grandi avec ça. Donc voilà, des petits comportements comme ça. Ou alors les amis.

  • Speaker #2

    Oui, mais ça peut être très gênant, tu vois. Je te dis n'importe quoi, on entend beaucoup. Ça peut être aussi de jeune à jeune. Tu mets ton enfant de 7 ans dans un dortoir avec des ados, ben en fait, tu peux aussi être mal à l'aise. Si t'es la mère qui dit « Non, mon fils, il va pas dormir dans le dortoir. Là, il y en a quatre, dont un que je trouve un peu agressif et tout. Non, il va dormir avec moi. Devant ta bande d'amis, tu passes aussi pour la compter.

  • Speaker #1

    Malheureusement, mais ça va pas être par là.

  • Speaker #2

    On l'a pas vécu.

  • Speaker #1

    Ça doit passer par là. Et après, moi, je vois...

  • Speaker #0

    Complètement. Et ça, on en parle aussi pas mal. On parle maintenant, c'est un bon bar. Et après,

  • Speaker #1

    tu te rends compte que, tu vois, par exemple, quand j'ai passé un week-end avec Violaine et Roxane il y a pas très longtemps, donc membre aussi du collectif.

  • Speaker #0

    Membre actif.

  • Speaker #1

    voilà, mandat réactif du collectif c'était hyper agréable de voir qu'on avait toutes des réactions entre enfants qui allaient dans le bon sens de tout ce qu'on vient de dire bah non, les enfants vous faites pas ça ensemble enfin je sais plus, là j'ai plus d'exemple mais en tout cas, ça y est, on a fait le travail et petit à petit on intègre les nouveaux mots les nouveaux comportements et ça change les week-ends et on aura encore des moments comme ça, or tant ça c'est sûr mais je pense qu'il faut pas, il faut plus qu'on ait peur

  • Speaker #0

    d'être celle qui dit non,

  • Speaker #1

    puisque l'idée, c'est de protéger nos enfants. Et c'est quand même le principe des parents. Je veux dire, pour moi, le premier rôle, c'est de protéger nos enfants.

  • Speaker #0

    Mais en fait, l'ortance, tu mets le doigt sur un truc hyper qu'on a toutes, c'est la vision de nous, notre image, VS, le bien-être de nos enfants. Et c'est ce qu'au tout début, moi, je ressentais à l'école, quand je parlais de ça à Thierry Larigot, je me disais, en fait, moi, tous les parents vont me prendre pour une folle, on va me détester. Mais, en tout cas, les enfants sont protégés parce que j'irai jusqu'au bout. Donc, c'est dur de mettre en péril notre réputation. On n'a pas envie d'être la relou de service. On a pris des années à se construire socialement, à se faire une sorte d'image idéale, etc. Donc, c'est dur de la saboter. Parce qu'on n'a pas fait le travail encore. Mais moi, la première. Mais, comme dit Maud, on doit passer par là. En fait, on doit passer par là. Et si jamais il y a des parents qui nous disent « Oh là là, déjà restez léger, pas essayer de se braquer et tout. » Mais par contre, expliquez les choses clairement. Bah oui, c'est comme ça qu'on est là, en fait, on les protège et par tous les moyens. Et c'est pas grave si ça vous plaît pas.

  • Speaker #1

    Et après, ça fait pas non plus forcément des ados agresseurs, en fait, je veux dire, de penser à ça, mais on a un rapport à la sexualité, à l'adolescence et quand on est enfant qui n'a rien à voir. Je veux dire, ils peuvent voir des choses, même quoi, bon, bah voilà, qu'ils sont pas obligés de voir le... je sais pas il peut se passer des choses pendant la nuit on n'est pas là sans qu'ils aient vraiment agression sexuelle bah c'est pas grave en fait ça sert à rien que ça arrive et que ça mette mal à l'aise et les petits enfants et les adolescents donc vaut mieux éviter ce genre de situation désagréable mais

  • Speaker #0

    bon ça fait pas de ces ados-là des agresseurs et nos enfants des enfants agressés et même je trouve encore une fois on l'a évoqué un peu tout à l'heure mais offrir l'opportunité à des ados, des enfants qui auraient des pulsions, des envies. De comprendre que ça ne se fait pas et de ne pas le faire, c'est tellement un beau cadeau pour eux. C'est tellement un beau cadeau, même pour un garçon, de lui offrir la chance d'être un mec bien. Parce que si personne ne lui a jamais dit qu'en fait, non, il y a des trucs que tu ne fais pas, tu as envie de découvrir un peu comment ça se passe en dessous, tu n'y vas pas. Si personne ne lui a jamais dit, il y va. Et après, il n'y aura peut-être pas toute sa vie, mais il y a quand même un poids d'être aussi un... considéré comme un agresseur, un mec pas bien. Donc c'est aussi donner l'opportunité, évidemment protéger nos enfants, mais leur donner aussi l'opportunité d'être des gens bien. Et ça c'est le plus beau cadeau qu'on puisse leur faire, de se respecter soi-même, de s'aimer. Et ça passe par là.

  • Speaker #1

    Et quand on voit aujourd'hui les dégâts psychologiques qu'il y a sur tous les enfants qui ont été agressés dans leur enfance, c'est quand même... Même une fois parfois. Même une fois, c'est terrible. Entre soit... Les suicides, ceux qui ont tenté de se suicider, les dépressions chroniques, c'est quand même compliqué. Et aujourd'hui, quand on voit où le monde va, on se dit qu'on a plutôt intérêt à, dès le début, protéger nos enfants et essayer de leur apporter une vie saine et protégée, un maximum, si on ne veut pas en faire des tarés plus tard.

  • Speaker #0

    Et c'est toute notre société, en fait. l'humanité presque.

  • Speaker #1

    Une génération d'incestés qui font des tas,

  • Speaker #0

    mais qu'on peut changer. Parce que si ces 165 000 enfants par an ont entendu ce que c'était que leur intimité, que c'était pas ok, ça fera des ados encore une fois mieux, comme tu disais, avec moins de problèmes psychologiques, etc. L'idée, c'est pas de dire qu'on est condamné une fois qu'on a été agressé. On peut évidemment s'en sortir, on peut pardonner, on peut demander pardon, ça s'arrange, mais en tout cas, que le sujet soit mis sur la table. Et ça fera des adultes mieux. Et puis, même au niveau de la sécurité sociale, le poids que c'est, le mal-être des conséquences, et encore, on ne sait qu'une infime partie.

  • Speaker #1

    Il y en a un fois, il disait que c'était 9 millions d'euros aujourd'hui qui étaient dédiés au suivi médical de toutes ces personnes qui ont été agressées sexuellement.

  • Speaker #0

    Et je pense que c'est largement sous-estimé.

  • Speaker #1

    Oui, si on les met en amont. C'est une société qui va mieux,

  • Speaker #0

    des enfants qu'on n'agresse pas sexuellement. C'est vraiment une société qui va mieux.

  • Speaker #2

    Bon. Je crois qu'on a fait un peu le tour. Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    C'est un peu glauque, désolée.

  • Speaker #2

    Non, pas du tout, c'était le but. Et ce n'est pas glauque, puisque c'est, on le rappelle, trois par classe. Donc, c'est vraiment le message à faire passer. C'est trois enfants par classe. C'est un enfant sur dix. Donc, merci beaucoup d'être venue au micro de Décodeur, qui, à la base, n'a rien à voir. Mais je suis très contente. Merci au podcaston, justement, d'avoir... donné cette occasion de pouvoir faire ça. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Et je rappelle, 3 par classe, pour l'instant sur Instagram, et bientôt un site. Tout à fait. Merci beaucoup. Merci,

  • Speaker #0

    bonne journée. Merci,

  • Speaker #2

    bonne journée. Décodeur, c'est terminé pour aujourd'hui. Merci beaucoup d'avoir écouté en entier. Si vous avez aimé, n'oubliez surtout pas de vous abonner à cette émission pour ne pas rater les prochains épisodes. Bien sûr, vous pouvez... aussi le partager sur Facebook, Twitter, LinkedIn ou en story Instagram par exemple. Ça permet de le faire connaître à vos proches. Je suis Hortense Leluc et vous pouvez me retrouver sous le pseudo Hortense Déco ou via le compte Décodeur Podcast sur Instagram. Et si jamais vous écoutez sur iPhone via l'application Apple Podcast, vous pouvez aussi me laisser un commentaire, rubrique classement et avis, parce que Plus j'ai de commentaires, plus Décodeur se démarque dans la jungle des podcasts, ce qui est très important pour moi pour me faire connaître encore plus largement et faire découvrir le monde de la déco au plus grand nombre. Voilà, merci et à très bientôt alors, ici ou ailleurs.

Description

Le Podcasthon est une initiative géniale dans le monde du podcast : toute la semaine plus de 1 500 podcasts vont dédier leur épisode à l’association de leur choix. L’idée étant de créer une grande vague de solidarité, de soutenir le maximum d'associations caritatives qui ont souvent peu de moyens pour se faire entendre et de sensibiliser nos audiences à une cause qui nous tient à cœur.

Alors aujourd'hui, on ne va pas du tout parler déco, design, créativité ou artisanat, mais du collectif @3parclasse qui lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants… car ils seraient 3 par classe. Un chiffre dramatique qui ne peut pas nous laisser indifférent, qui touche toutes les classes sociales, toutes les villes de France alors qu'une loi obligatoire existe et que toutes les écoles, collèges et lycées devraient dispenser 3 séances annuelles de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles. 

C'est un sujet dérangeant mais un fléau dont on doit parler. 160 000 enfants sont concernés. 1 enfant sur 10.  Ces chiffres sont terrifiants et nous concernent tous. Si, si, les prédateurs sexuels sont partout, dans nos familles, au sport, chez les copains,... ils ne sont pas cagoulés ou anonyme, ce sont souvent des adultes que nos enfants fréquentent, ils peuvent être très proches et gentils, et c'est bien là tout le problème.  

Alors que faire pour protéger nos enfants, à leur apprendre à dire non ou à libérer leur parole, n'ayez pas peur de ce sujet encore trop tabou et venez nous écouter avec Angèle Ferreux Maeght et Maud Zilnyk, les fondatrices de ce collectif motivé plus que jamais.  


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Merci beaucoup 👍   


Hortense Leluc, journaliste déco et fondatrice de DECODEUR  


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à tous, bienvenue dans un nouvel épisode de Décodeur, le podcast sur celles et ceux qui font la déco aujourd'hui. Et ce matin, on enregistre un épisode très spécial dans le cadre du... Podcaston, une initiative qui est formidable, qui va rassembler plus de 1500 podcasts toute la semaine, du 17 au 21 mars, et qui vont dédier un épisode de leur podcast à l'association de leur choix. L'idée, c'est de créer une grande vague de soutien et de sensibiliser nos audiences à une cause qui nous tient à cœur. Vous avez peut-être vu passer d'autres podcasts parler de thèmes complètement différents. Donc nous, aujourd'hui, on ne va pas du tout... parler d'éco, design, créativité ou artisanat, mais du collectif 3 par classe qui a été créé par Angèle, Ferremag et Mosinic et qui lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants car ils seraient 3 par classe. Un chiffre dramatique qui ne peut pas nous laisser indifférent, qui touche toutes les classes sociales, toutes les villes de France. Alors que faire pour protéger nos enfants ? On va en parler tout de suite avec Angèle et Maud. Bonjour Angèle, bonjour Maud.

  • Speaker #1

    Bonjour.

  • Speaker #2

    Bonjour Hortense.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup pour le temps que vous m'accordez. Est-ce que vous pouvez peut-être nous expliquer comment est né ce collectif 3 par classe ?

  • Speaker #1

    En fait, ce collectif est né étonnamment par une initiative écologique. Maud avait ouvert l'épicerie générale, une épicerie bio, il y a quelque temps à Paris. Et donc Maud s'était entourée et avait attiré aussi des personnes sensibles comme elle à des questions écologiques. Ensuite, avec Violaine Belcrois, elles ont créé les WIT, les Women in Transition Ecologique. Maud, peut-être que tu peux en parler, mais c'était un peu la génèse finalement.

  • Speaker #2

    Alors les WIT, effectivement avec Violaine, rassemblent toutes les initiatives de personnes connues, pas connues, qui souhaitent être en transition écologique. Et donc nous, l'idée avec le compte Instagram MediaWIT, c'est de partager toutes les transitions sans jugement. Donc les échecs, les réussites. Voilà, plein de petites choses et comme le dit Angèle, l'idée c'est de rassembler toujours plus autour de comment faire mieux pour toujours plus protéger le vivant et ce genre de choses. Et donc c'est vrai qu'avec Angèle, depuis de nombreuses années maintenant, on se retrouve beaucoup sur ces sujets-là.

  • Speaker #1

    Et comme on parlait de ces sujets, on commençait à être un petit groupe, à s'insurger et puis aussi à se questionner sur nous, notre rôle, etc. On allait de plus en plus loin au fil des conversations et puis finalement, c'est quand on a été... éveillé à l'ampleur du fléau des violences sexuelles faites aux enfants en France, dans le monde en général, mais en France on est vraiment grave, ça a tout de suite résonné en nous parce que finalement, il s'agit du vivant. Et c'est exactement comme l'écologie, c'est exactement comme l'homophobie, la misogynie, c'est le fait de prendre le pouvoir sur le vivant et le contrôle. et éventuellement de le détruire, en tout cas de le contrôler. Donc finalement, c'est la même chose. C'est des plus puissants qui prennent le pouvoir sur les plus faibles. Donc l'écologie et puis finalement, les violences sexuelles faites aux enfants, c'est pour nous très lié. Donc on s'est retrouvés sur ces sujets, on a commencé à faire venir des amis à nous, à écouter des podcasts, à lire des livres sur les sujets. Et en fait, on était tellement indignés. et en colère parce que quand on commence à mettre le doigt dedans, et d'ailleurs je vous invite à écouter notamment le podcast Ou peut-être une nuit qui se joue en plusieurs épisodes, qui est vraiment qui nous a vraiment aidé à nous éveiller en fait quand on commence à mettre le doigt dedans, on se rend compte à quel point cette horreur on la côtoie tous les jours, elle est très proche de nous et c'est atroce et c'est tous les jours et c'est même toutes les trois minutes en France donc on... On était là avec cette colère et puis finalement on a décidé de se réunir, de réunir les personnes autour de nous qui étaient aussi sensibles, qui commençaient à être touchées aussi par ça. Et au lieu d'être dans notre lit le soir avec de la rage, parce que vraiment ça met en colère et puis ça nous met mal en fait. Les chiffres, les récits, les histoires, c'est tellement atroce. Il n'y a tellement rien de pire que violenter sexuellement un enfant qui est tellement innocent, tellement pur, tellement le... Le futur et l'espoir, il n'y a tellement rien de pire que ça met vraiment en rogne. Donc on a décidé de se réunir pour essayer de mettre cette énergie au service de quelque chose de positif ou de créatif. C'était soit ça, soit il fallait faire l'autruche parce qu'on ne pouvait pas. Et d'ailleurs, vous aussi qui écoutez, quand vous allez commencer à écouter ces podcasts, ce que je vous invite à faire parce que c'est douloureux, mais c'est important d'ouvrir les yeux. adultes, responsables, citoyens, on n'est pas capable de protéger ou en tout cas d'agir un minimum ou d'être au courant de ce qui se passe pour les enfants. Sinon on ne peut pas les protéger, personne ne le fera. Donc ça nous tous, ça vient de nous, ça vient des discussions entre copines après l'école, au dîner le soir, enfin on a en fait un pouvoir énorme et par contre il faut qu'on agisse.

  • Speaker #2

    Et donc après, quand on s'est toutes réunies, ça a mis un petit peu de temps avant de se mettre en place, parce qu'on ne savait pas comment aider ces enfants, comment les protéger. On s'est dit, on a différentes voies, et c'est vrai qu'on s'était dit, il faut bien les utiliser. Il ne faut pas qu'on soit énervé, parce que comme l'a dit Angèle, c'est quelque chose qui nous tient énormément à cœur, donc on peut y avoir beaucoup, beaucoup de colère. On ne voulait surtout pas braquer les gens, faire peur, donc on a mis du temps. Je pense que ça a bien mis un an avant de trouver notre angle. de trouver vraiment ce sur quoi on pouvait avoir un peu changé les choses. Et donc grâce à Mylan, on a rencontré Mylan qui a créé l'association 1000 miettes. Et donc elle et Rebecca nous ont fait découvrir cet article de loi qui nous était inconnu avant, c'est-à-dire l'article L312-16 du Code de l'éducation, qui dit que, alors attendez je vais vous le lire comme ça au moins je ne vais pas dire de bêtises. Une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et lycées à raison d'au moins trois séances annuelles et par groupe d'âge homogène. Et donc quand on a découvert ça, on s'est tous rendu compte dans notre collectif de dix personnes qu'il n'y en avait aucune dont les enfants avaient bénéficié de ces séances de prévention. Donc quand on parle de séance d'éducation à l'éducation sexuelle, c'est-à-dire que c'est aussi bien la découverte du corps humain que... la découverte de l'empathie et aussi la prévention contre les violences sexuelles. Ce n'est pas trois séances où on va parler que d'inceste et tout ça. Et donc on a découvert ça et on s'est dit ok, en fait l'école a un pouvoir énorme puisque nous ça faisait déjà un moment qu'on en parlait dans notre entourage, on voyait que c'était compliqué et que les enfants n'ont pas forcément la place d'en parler dans leur entourage. Donc on s'est dit en revanche l'école a clairement un rôle à jouer. Et donc nous on s'est dit avec Trois par classe, c'est pour ça qu'on l'a appelé aussi Trois par classe, on veut apporter tout notre soutien aux enseignants, aux écoles, aux directeurs qui souhaitent mettre en place ces séances de prévention, parce qu'on sait que c'est extrêmement difficile pour eux de le faire, parce qu'il y a des parents qui ne veulent pas que leurs enfants aient accès à ça, parce que même pour eux-mêmes, ils ne sont pas formés. Donc c'est très compliqué d'arriver dans les écoles et de parler à des enfants de 6 ans, ou à des enfants du collège, de ce type d'informations. Donc voilà, nous on s'est vraiment dit, ok, notre objectif, avec 3 par classe, c'est d'apporter un maximum d'informations, c'est-à-dire de diffuser un maximum de noms d'associations aux écoles pour qu'ils puissent se faire accompagner et dispenser ces séances de prévention. Parce qu'on ne leur remet pas tout sur le dos, on n'est pas dans le jugement avec les maîtresses ou avec les enseignants en disant « vous ne le faites pas, on sait très bien que c'est difficile pour nous-mêmes, c'est extrêmement compliqué d'en parler dans nos familles et à nos enfants. » Donc voilà.

  • Speaker #1

    Quand tu parlais de Mylan, je fais une petite aparté. Il s'agit de Mylan Chapiron, qui est une artiste qui a décidé de mettre en partie son art au service de ça, parce qu'elle-même a été abusée sexuellement quand elle était petite. Et donc, elle fait des séances de prévention. Il y a plein d'autres associations, mais c'est un peu notre chouchoute parce qu'on trouve que c'est tellement clair. Il n'y a rien d'autre à dire. Donc, elle fait des séances de prévention dans les écoles. On peut aussi... Regardez sur YouTube, c'est gratuit, ça dure 3 minutes et dès 2 ans. Pourtant je ne recommande pas les écrans, mais alors là franchement, diffusez-le en masse. Mais t'es extrêmement bien fait. Il y a un petit court-métrage sur YouTube qui s'appelle « Le loup, les violences sexuelles expliquées aux enfants » . Et c'est super, vraiment montrez-le à vos enfants parce que tout est dit. Et ce que je trouve très bien, c'est qu'en fait on a peur. Et oui, tu parlais aussi de Rebecca, il s'agit de Maître Rebecca Royer, qui fait partie de notre association, de notre collectif qui était à la Genèse aussi, et qui est avocate spécialisée là-dedans. Donc, elle connaît aussi bien le sujet. En fait, on se rend compte que ces mots sont durs à dire. Et nous, on était confrontés à ça. On s'est dit, OK, il faut qu'il y ait ces séances de prévention dans les écoles. Mais comment on fait ? Aucune de nous n'avait le courage de le dire. Donc, on s'écrivait même des phrases type. Quand on levait le doigt dans les réunions parents-profs ou avant les classes vertes, on s'écrivait des phrases type pour dire « bonjour, excusez-moi, qu'avez-vous prévu pour protéger nos enfants ? » ou « est-ce que les moniteurs ? » etc. En fait, on était stressés. Et ça, cette espèce de poids, de chape de plomb qui nous met mal à l'aise, c'est exactement la raison pour laquelle les pédocriminels ont l'impunité. C'est qu'en fait, on a réussi à détourner le truc, enfin ils ont réussi en tout cas le système. à faire en sorte que c'est tellement gênant, c'est tellement honteux, c'est tellement sale comme sujet qu'on n'en parle pas. Et c'est tellement désagréable de s'imaginer un petit enfant se faire violer. Ça ne fait plaisir à personne de normalement constituer. Donc on n'en parle pas, c'est trop gênant. Sauf que ça arrive. Dès lors que ça arrive malheureusement partout, dans tous les milieux, dans tous les quartiers, dans beaucoup de familles, comme ça arrive, on ne peut pas le nier. Donc on doit agir. C'est pour ça que 3 par classe, en fait, ça aide non seulement, comme disait Maud, les établissements à mettre en place des systèmes, donc faire appel à des associations, former des enseignants, il y a plein de choses dont on parlera plus tard, mais aussi les mères d'élèves et les pères d'élèves, c'est un autre sujet, mais c'est vrai que ça touche plus les femmes, mais les parents d'élèves qui se disent, on veut que tous les enfants de l'école entendent dès la petite section. voilà ton intimité, c'est parti là, personne n'a le droit d'y toucher, c'est à toi dès lors que tu sais te laver seul. Personne d'autre n'a le droit d'y toucher, si quelqu'un le fait, c'est interdit. Si un adulte te dit c'est un secret, ne le dis pas à tes parents, ou qu'un parent te dit, ne le dis à personne, alerte rouge, il faut que tu en parles, aucun adulte n'a le droit de te dire, de ne pas le dire à un autre adulte, des mots clés comme ça.

  • Speaker #2

    Et comme une enseignante justement qui avait bénéficié des séances de prévention de Mylan, et... Chapiron et qui a vraiment adoré, elle disait mais quand on dit, quand un adulte dit à un enfant qu'il n'est pas au courant, si un enfant ose dire non, on ne fait pas ça à un enfant, on n'a pas le droit d'être touché, on n'a pas le droit d'être agressé, si un adulte lui dit non, je ne suis pas au courant, ce n'est pas vrai. Tous les adultes savent qu'on n'a pas le droit de toucher à des enfants, de les agresser sexuellement. Donc il faut absolument dire à ces enfants non. que si un adulte lui dit ça, ce n'est pas vrai. Tous les adultes le savent. En revanche, tous les enfants ne le savent pas. C'est pour ça qu'ils ont besoin d'avoir ces séances de prévention.

  • Speaker #1

    Et en fait, dans ces séances, parce que évidemment, ça arrive très très souvent, je crois que les chiffres, c'est que 8 enfants sur 10, quelque chose comme ça, se déshabillent de son plein gré, parce que tout ça entre dans le cadre d'une emprise en fait.

  • Speaker #0

    Une confiance,

  • Speaker #1

    oui. Une confiance, et qu'en fait, les choses sont bien rodées chez les pédocriminels. Et donc, soit parce qu'ils disent que c'est de l'amour, soit parce que les enfants ont peur. Pour plein de raisons, les enfants ne savent pas. Donc, c'est très lourd, ce qu'on est en train de vous dire. On est en train de demander à des enfants de prendre la responsabilité de se protéger eux-mêmes. C'est terrible. Mais malheureusement, on sait qu'un enfant au courant, qu'un enfant averti que c'est interdit, pourra... Beaucoup plus facile. Un adulte fera désarmer.

  • Speaker #0

    Si un comportement est inapproprié, c'est là où il va libérer sa parole.

  • Speaker #1

    Déjà, il va pouvoir dire non.

  • Speaker #0

    Militer pour qu'un enfant prenne la parole.

  • Speaker #1

    Nous, en fait, on milite pour plein de choses. Mais malheureusement, on sait qu'au niveau du système judiciaire, aujourd'hui, c'est la cata. On sait que c'est horrible que les cas soient classés sans suite. Dans la majorité des cas, il y a des aberrations qui se passent. On n'a pas voulu aller là parce que... Et puis Maïla nous l'a dit quand on l'a rencontrée, elle est venue nous voir que c'est horrible. Ce qui se passe au niveau judiciaire, c'est très dur. Donc on pense que la prévention, c'est ce qu'il y a de plus joyeux finalement. C'est ce qu'il y a de moins lourd à porter. Et c'est ce qu'il y a de plus efficace. Et aussi, un enfant qui ne se fait pas agresser sexuellement ira mieux qu'un enfant qui a été agressé sexuellement. Ce sera un adolescent plus épanoui, un adulte plus...

  • Speaker #2

    mieux dans sa basket en fait un enfant enfin un enfant abusé sexuellement ira mal de toute façon voilà et au moins avec la prévention si ça lui est arrivé une fois il saura que il peut en parler veut dire et peut-être qu'il y aura moins de chance alors malheureusement ça peut être pas le protéger que ça arrive mais au moins il sait qu'il peut en parler alors il ya beaucoup de aujourd'hui nous c'est vrai qu'on fait la promotion de la libération de la parole on sait bien que derrière c'est très difficile d'accueillir la parole justement des enfants et qu'on ne sait pas bien ce qui se passe. J'en ai parlé avec différentes enseignantes. Elles nous disent, mais nous, quand on a fait des signalements, après, on ne sait pas ce qui se passe. Et ça, c'est terrible. Ils sont complètement démunis parce qu'ils ne savent pas. Il y a la police qui vient, qui intervient, qui va s'occuper de l'enfant. Mais après quoi ? Et après, ils ne savent pas. Nous, on ne peut pas intervenir sur toutes les étapes. Et juste, il faut commencer. Et puis, plus on en parlera, et je suis... convaincu que ça donnera moins envie à des pédocriminels d'agir s'ils sentent qu'on est au courant et qu'on est vigilante. Il ne s'agit pas d'être parano et d'accuser toutes les personnes qu'il y a autour de nous, mais d'être vigilante. Il y a la psychologue Johanna Smith qui en parle très bien qui dit qu'il ne faut pas être parano, mais il y a des petits signes quand même qui alertent. Et il faut juste être vigilante et il ne faut pas risquer si on a l'impression que cette personne-là elle est un petit peu limite, elle a des gestes un petit peu limite, bah non, on ne prend pas le risque de laisser son enfant avec cette personne-là.

  • Speaker #1

    Et ce que dit Maud, c'est crucial, je trouve, c'est qu'on parlait tout à l'heure un peu de la gêne, du fait que ça mette mal à la sous-monde. Le fait qu'on soit vigilant et qu'on en parle, nous, adultes, en effet, non seulement ça va rebuter certains pédocriminels, parce que nous, quand on levait le doigt et qu'on avait la boule au ventre devant tous les parents d'élèves et qu'on disait, est-ce que vous faites de la prévention avant la classe de nature, ou comment vous faites pour vous assurer que les... que toutes les personnes qui vont côtoyer nos enfants dans les douches, etc. ne sont pas des agresseurs, c'était évidemment pour que le système scolaire mette en place des systèmes. mais aussi pour que tous les parents dans la salle, toutes les mères et tous les pères entendent qu'en fait, il y avait des gens qui étaient là. On est là. On est là. Et on est partout.

  • Speaker #0

    Et puis surtout, tu utilises le mot, enfin, toutes les deux depuis tout à l'heure, pédocriminel agresseur, mais en fait, c'est pas un cambriolage avec des mecs cagoulés. Ça peut être un oncle, le père d'un copain, quelqu'un qui a une bonne tête et qui ressemble pas du tout, qui est très gentil avec les enfants, qu'on ne soupçonne pas. C'est ça qui est terrible.

  • Speaker #1

    C'est terrible. Maud a raison. C'est d'ailleurs quelque chose qui nous unit toutes, c'est qu'on a envie de rester dans la joie, de rester joyeuse et de ne pas accuser tout le monde et détester les hommes, etc. Mais en effet, c'est très souvent des mecs très sympas. C'est des gens qui ont du charisme. En fait, ça peut être n'importe qui. Si c'est 160 000 enfants par an en France, si c'est trois enfants par classe, c'est qu'il y en a beaucoup.

  • Speaker #0

    Et encore, ce sont les chiffres qui sont connus.

  • Speaker #2

    Moi je me suis amusée, c'est peut-être pas le bon terme mais en tout cas j'ai fait il y a deux ans un test avec mes amis à un dîner, c'était juste avant la rentrée des classes justement je me souviens, on était à peu près une dizaine autour de la table c'est vraiment des amis d'enfance je vous aime si vous entendez mais en gros j'ai mis le dossier sur la table j'ai commencé à en parler et j'ai avancé les chiffres, j'aurais dit voilà donc je dis potentiellement en fait il y en a un d'entre vous qui agresse Et là, mais comment ça ? Comment tu peux dire ça ? Comment tu peux accuser, nous accuser ? Je fais, je ne vous accuse pas. C'est les chiffres. Il y en a peut-être un de vous, ou un de nous en tout cas, qui a été agressé et personne ne le sait. Et ils m'ont dit, mais n'importe quoi, comment tu peux accuser tes amis ? Et puis ça n'arrive pas chez nous, et puis ça n'arrive pas dans notre milieu. Bon, en plus, alors, et donc là, ils m'ont dit, bah vas-y, donne un nom. Et là, j'ai dit, bon, malheureusement, j'ai pris celui qui n'était pas là. J'ai dit, bah voilà, c'est un tel. C'est lui, peut-être que c'est lui.

  • Speaker #1

    Et ils m'ont dit « mais comment tu peux l'accuser lui ?

  • Speaker #2

    Parce qu'il n'est pas là ! » Enfin, c'est parti dans tous les sens. Je me suis dit « mais j'en ai aucune idée ! » Et évidemment, je ne l'accuse pas réellement. Je me suis dit « mais c'est pour que vous puissiez réaliser que oui, ça arrive aussi chez nous, ça arrive chez tout le monde. » Et on se rend bien compte que dans notre environnement proche, on est vraiment des gens qu'on côtoie tous les jours, ils ne pensent pas que ça peut arriver chez eux. Vraiment. Parce qu'ils font partie d'un système... peut-être qu'ils ont eu une éducation un peu plus privilégiée que d'autres, ça n'a rien à voir.

  • Speaker #0

    On pense que ça n'arrive qu'aux autres. C'est pour ça qu'on n'en parle peut-être pas assez.

  • Speaker #1

    Et puis aussi, ça fait partie quand même du seul cas d'agression, où quand tu parlais d'un cambriolage, quand on se fait cambrioler chez soi, on se dit « putain, je me suis fait cambrioler, on m'a piqué ma montre, machin » . Quand on se fait violer, qu'on soit d'ailleurs adulte ou enfant, on ne le dit pas, on a honte, on se sent sale, on se sent sali, etc. En fait, il y a une telle omerta autour de ça, ça n'arrive non seulement que aux autres, mais en plus, si ça nous arrive, on ne va pas fanfaronner avec ça, on ne va pas le dire. Tandis que quand on se fait violer sa caisse ou un truc comme ça, tout le monde le dit. Là, c'est un cas où la culpabilité est inversée, c'est la victime qui se sent mal.

  • Speaker #0

    Et tu parles de viol qui est très dur, mais il y a aussi beaucoup d'attouchements. Il y a des hommes qui font ça comme un jeu, quelque chose de très doux. ou des hommes qui, je mets un peu les pieds dans le plat, qui demandent des fellations, tout ça, parfois c'est pas, c'est assez rapide, c'est...

  • Speaker #1

    Bah oui, d'ailleurs on le lit bien dans le livre de Neige Triste Tigre, où elle raconte que parfois en fait, il était en train de louer des skis, il lui demandait une fellation, ça durait deux minutes dans l'arrière-salle, elle était toute petite. Donc c'est... Je sais pas pourquoi je parle.

  • Speaker #0

    Mais c'est moi qui ai mis ça, c'est un peu grave le...

  • Speaker #1

    Oui, en effet. Et... Et je pense que l'angle qu'on peut avoir, c'est se renseigner. Donc déjà, c'est très courant. En parler, vraiment en parler, entre nous, entre amis. Il faut parler de ça, c'est très important. Pour nous, la parole, c'est le meilleur remède. Si les agresseurs entendent, si les parents entendent, si les enfants entendent.

  • Speaker #0

    Là, la parole te libère quand même. Il y a pas mal de personnalités publiques. Tu parlais de ce livre, il y en a eu pas mal. Il y avait celui de Camille Kouchner. Familia Grande, est-ce que ça aide aussi que des positions plus publiques peuvent aider à engager un dialogue ?

  • Speaker #2

    Évidemment, ça va toujours aider le sujet, mais ce n'est pas suffisant. Et c'est pour ça que nous, on croit vraiment au pouvoir de l'école.

  • Speaker #1

    Voilà. Et d'ailleurs, à l'école, une des mères d'élèves m'avait dit, mais pourquoi tu... C'est pas à l'école de faire ça. C'est pas... Bon, ils en ont déjà... Ils ont déjà tellement de sujets à aborder, ils sont déjà sous l'eau, on ne leur rajoute pas ça. Mais en fait, évidemment, c'est l'école la clé, parce que ça arrive dans 86% des cas dans les familles ou avec des proches. Donc l'école et la parole sont la clé. Et d'ailleurs, il y a autre chose dont on aimerait parler, pour laquelle agit aussi Trois par classe, c'est les pédocriminels eux-mêmes. Comme on l'a dit, ce ne sont pas des gens bizarres, horribles et moches et graves. Enfin, on ne va pas... ... C'est tout le monde, ça peut être tout le monde, ça ne l'est pas évidemment, mais ça peut être tout le monde. Et ces personnes-là ont aussi des solutions, il y a notamment un numéro anonyme. qui permet de les...

  • Speaker #0

    Ah oui, dans le sens que si quelqu'un est attiré anormalement par les enfants, on peut aussi les aider.

  • Speaker #1

    On comprend que ça n'existe pas le monstre. Et puis on l'a vu avec tout le procès à Amazon, etc. C'est pas... Le mythe du monstre méchant n'existe pas, en fait. Donc, c'est aussi important de dire si vous avez peur d'être attiré par des enfants ou si vous l'êtes ou si vous l'avez été, il y a des numéros qui peuvent vous aider à vous soigner parce que, aussi, en protégeant les... les enfants, parce que ça peut être aussi inter-enfant. On peut dire à un enfant qui pourrait agresser, évidemment qu'il y a différents niveaux quand c'est des enfants, mais on peut le protéger de devenir quelqu'un de mauvais. On peut l'aider à devenir quelqu'un de bien. Et on peut aussi aider les hommes, c'est dans 87% des cas des hommes, donc on dit les hommes, à se soigner. Et moi, tu peux dire que le numéro anonyme est gratuit.

  • Speaker #2

    C'est ça. Et donc, on essaye de le partager le plus souvent possible parce que c'est en s'occupant d'eux aussi, je pense qu'on pourra régler le problème, comme dit Angèle. Donc, ça s'appelle le dispositif STOP, service téléphonique d'orientation et de prévention. Donc, il y a un compte Instagram qui s'appelle dispositif STOP et le numéro, c'est le 0806 23 10 63. 0806 23 10 63. Et c'est vrai que ça, quand on voit, bon alors c'est super, le numéro 119, il est hyper facile pour les enfants. Mais il devrait y avoir un numéro aussi beaucoup plus facile pour les adultes, puisqu'il y en a quand même beaucoup qui sont concernés et on le voit nulle part. Moi, quand j'ai fait mes recherches Google pour chercher le numéro, c'était hyper compliqué. Enfin voilà, il faut s'occuper à la fois en amont du problème et puis en aval avec les enfants de la prévention.

  • Speaker #0

    Alors je reviens à la loi dont vous parliez, puisque l'école pourrait être ce lien et apprendre aux enfants toutes ces notions qu'ils ne connaissent pas. Vous vous dites, c'est pas forcément qu'ils veulent pas, c'est que l'école ne sait pas comment s'y prendre. Je crois qu'il y a différents freins. Par exemple, tu disais, ils n'ont pas de support. Une maîtresse même qui est OK avec ça, elle sait pas forcément comment s'y prendre. Elle a pas forcément le temps, elle est déjà débordée.

  • Speaker #1

    Exactement. D'ailleurs, aux maîtresses ou aux enseignantes qui nous écoutent, je vous invite aussi à écouter un autre podcast qui s'appelle « Maîtresse, c'est quoi l'amour ? » Oui. Qui est super et c'est une maîtresse en effet qui s'est rendue compte que cette loi, qu'elle devait appliquer cette loi, qui s'est dit, évidemment, il faut que tout... d'enfants entendent dans leurs oreilles que c'est pas normal ce que c'est que leur intimité et quoi faire si ça leur arrive ou si un ami leur dit comment faire et en fait elle s'est retrouvée un peu face à une montagne où il n'y a pas tellement il ya deux trois trucs sur le site des de l'éducation nationale etc mais c'est pas énorme donc ce qu'on peut conseiller nous aujourd'hui c'est déjà de suivre trois par classe parce qu'on donne pas mal de clés mais aussi de se faire accompagner par des associations il ya donc Mylan Chapiron qui intervient, il y a aussi Colosse au pied d'argile.

  • Speaker #2

    Nous c'est ce qu'on est en train de chercher justement avec 3 par classe. On va bientôt avoir un site où on va recenser toutes ces informations-là. L'idée c'est vraiment d'être un Google de la prévention sur les violences sexuelles et de recenser toutes les personnes qui peuvent accompagner les enseignants. Il y a l'UEAPD aussi de l'hôpital Gustave Roussy qui dispense des séances de prévention gratuites pour les enseignants pour accueillir la parole justement des enfants. Donc là, ce n'est pas pour faire de la prévention, mais si un enfant parle, il y a différentes formules et ça, c'est entièrement gratuit aussi. Parce qu'il y a des écoles qui avancent souvent et on peut comprendre qu'ils ne sont pas les moyens d'avoir ces séances de prévention, même si c'est obligatoire selon l'article de loi, mais il y a aussi des formules gratuites. Donc là, nous, on est en train de les recenser et petit à petit, on les mettra sur notre site.

  • Speaker #1

    Et aussi, ce qu'on peut conseiller, c'est déjà de désigner quelqu'un dans l'école qui est capable de recevoir la parole. Donc, psy de l'école, directeur, maîtresse, et de montrer, parce que si on n'a pas les mots, on peut déjà montrer la petite vidéo de Mylan dont je vous ai parlé tout à l'heure, qui dure quelques minutes. On monte en classe et après, micro-débat. C'est vrai que c'est beaucoup de responsabilité parce que si un enfant parle et qu'on ne sait pas quoi en faire, c'est compliqué. Mais franchement, il vaut mieux prendre le risque qu'un enfant parle et qu'on ne sache pas quoi faire que plutôt de se dire « Ouh là là, je ne vais pas pouvoir recevoir la parole tant que les enfants ne me parlent pas et puis on les laisse dans leur quotidien. »

  • Speaker #0

    Et il y avait une histoire de boîte aux lettres aussi ?

  • Speaker #1

    Oui, ça s'appelle la boîte aux lettres papillon. C'est une super initiative. Alors, il faut quand même que les enfants sachent déjà écrire. Donc, c'est à partir de 8 ans. Et pareil, c'est une association indépendante. Donc, c'est très bien fait parce qu'ils viennent dans les écoles former déjà les élèves en leur disant « Voilà, si vous êtes agressé, sur quelque forme de violence que ce soit, vous pouvez écrire dans cette boîte aux lettres. » elle est mise à hauteur d'enfants dans un lieu un peu caché dans l'école en général pour que les enfants puissent déposer discrètement leurs lettres et puis il y a des papiers type avec écrit qui je suis, qui est mon agresseur qu'est-ce que je veux dénoncer et puis les élèves peuvent écrire ce qu'ils veulent et donc il y a comme ça une petite fille ça a été un petit peu médiatisé, qui avait 8 ans je crois qui avait été que le grand-père avait violé et qui a pu l'écrire et on a vu des interviews de la mère de cette petite fille qui a dit mais moi je parle de prévention sexuelle à la maison ... Je leur dis personne n'a le droit de vous toucher, vous criez, vous me le dites, si quelqu'un touche... Pourquoi ma fille ne me l'a pas dit ? Et en fait, on se rend compte que ça fait partie aussi des sujets. C'est que, en fait, c'est important de laisser chez soi un espace à nos enfants pour parler de ça. Parce que parfois, on a l'impression de faire les choses bien, de cocher les cases, mais est-ce que vraiment, on leur laisse l'espace ? Donc, il ne s'agit pas de leur dire tous les soirs, genre, alors, quelqu'un t'a touché, quelqu'un t'a baissé la culotte. Mais qu'ils comprennent que c'est OK, donc pourquoi pas parler de soi. De dire, parce que c'est quand même très souvent que dans les familles, il nous arrive des trucs à nous aussi. On ne va pas se mentir, ce n'est pas juste aux autres non plus à ce niveau-là. Donc dire, voilà, si tu as besoin d'en parler, voilà comment on peut faire. Passer des moments privilégiés avec notre enfant où vraiment on l'écoute. Donc parfois, on va avoir 99% de sujets relous, genre, elle m'a dit qu'elle avait les dents jaunes, alors j'étais vexée, je suis allée pleurer aux toilettes quand c'est arrivé. Ou voilà, elle a des chaussures trop belles. mais que vos enfants comprennent qu'ils ont un espace de parole avec vous et qu'ils peuvent tout dire, qu'il n'y aura pas de jugement. Et ça, c'est important aussi, que quand ils nous disent des choses, on ne fasse pas « Oh là là, non, non, mais attends, ça, tu ne peux pas dire ça, ça » .

  • Speaker #2

    Et ne pas remettre en question, effectivement, s'ils évoquent une agression, quelle qu'elle soit, ne pas dire « Ah bon, mais t'es sûre ? Là, c'est fini. Vous perdez l'enfant et il ne se confiera plus jamais. » Il faut vraiment accueillir, peut-être ne rien dire. et prendre un peu le temps de la réflexion avant de dire quoi que ce soit et d'essayer de l'entendre et de comprendre jusqu'au bout. Dire mais n'importe quoi, pas ton grand-père, mais jamais de la vie. Non, il faut vraiment prendre le temps d'accueillir parce qu'un enfant ne parlera pas deux fois à ses parents. Une mère nous avait confié que sa fille a été victime de son père et elle a mis beaucoup, beaucoup de temps à en parler. Elle a été victime quand elle avait moins de 10 ans et elle en a parlé à sa mère quand elle avait 17 ans. Elle n'a toujours pas entendu le procès à son père, puisqu'elle est suivie par des avocats et des psychologues. Ils lui ont dit « quand tu vas y aller, ça va être terrible, le procès, tout ça. Donc il faut vraiment que tu sois sûre de tout ce que tu dis, parce que tout sera toujours remis en cause, ça va être extrêmement compliqué. » Tout ça pour revenir un petit peu en arrière. Le jour où elle a décidé de parler à sa mère, ça faisait longtemps qu'elle se doutait qu'il y avait quelque chose. Mais pas du tout ça. Mais que sa fille avait du mal à gérer ses émotions. Et un jour, elle était avec sa fille seule. Et elle a dit, là, j'ai senti que c'était le bon moment. Plusieurs fois, je lui ai tendu des perches. Je lui ai parlé plusieurs fois de ce sujet-là. Elle m'a toujours dit non. Et là, je lui ai dit, on était toutes les deux dans une chambre. Et je lui ai dit, est-ce que quelqu'un t'a fait du mal ? Et là, elle lui a dit, oui, papa. Et donc là, elle a pu lui parler. Elle dit, ça a été cette phrase qui a été déclencheur. Et aucune autre. Donc voilà, il faut vraiment... Elle dit, je n'ai rien dit. Je n'ai rien dit, j'ai accueilli, on en a parlé. Je n'ai pas remis en cause. Elle disait que plusieurs fois, elle s'était rendue compte. Elle était toujours en train de remettre en question ce qu'elle lui disait.

  • Speaker #1

    C'est vrai qu'on peut faire ça en tant que parent. Attends, mais il t'a poussé, mais ce n'est pas si grave, ça va, c'est bon. Et en fait, ce qui est important, ce n'est pas nous. Ce qu'on pense en tant qu'adulte, c'est ce que l'enfant ressent. Et c'est vrai que s'il est en confiance avec ses parents, il aura beaucoup plus de facilité à parler.

  • Speaker #0

    Toujours sur cette loi qui n'est pas appliquée, il y a eu... Ils ont essayé de la mettre en place. Il y a aussi beaucoup de parents qui ne veulent pas, qui ne sont pas d'accord, qui disent « mais ce n'est pas le rôle de l'école » . Donc ça, c'est pas évident de la faire appliquer cette loi.

  • Speaker #1

    Gros sujet. C'est en effet ça. Déjà, malheureusement, on trouve que c'est un peu dommage. Ça s'appelle l'éducation...

  • Speaker #0

    Évars, c'est ça l'éducation ? Évars, c'est encore autre chose ?

  • Speaker #1

    Évars, c'est le programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité. Et en fait, quand on dit à des parents, et d'ailleurs dans les écoles religieuses, c'est évidemment le pire. Enfin, cela dit, il y en a qui ont suivi, il y a des curés hyper motivés. Non,

  • Speaker #0

    pas forcément,

  • Speaker #1

    il y a des écoles privées, oui,

  • Speaker #0

    ouvertes.

  • Speaker #1

    Mais dès lors qu'on dit éducation à la sexualité, certains parents s'imaginent qu'on va dire à leur enfant de 6 ans, comment se masturber, comment machin et tout. Et donc...

  • Speaker #0

    Pour moi, le terme est faux, puisque pour nous, c'est plus prévention contre les violences sexuelles. Mais c'est vrai qu'apprendre son corps, comprendre le consentement et tout ça, mais tout ça est très adapté à tous les âges. Donc un enfant de sixième ou de cinquième, on ne lui dira pas la même chose qu'un enfant de CP.

  • Speaker #1

    Ça fait vraiment partie d'un cycle d'apprentissage, comme l'explique Maïdane Ausha très bien. C'est-à-dire que dans les différentes séances... Elle dit même les premières séances, enfin même toutes les séances, en fait les enfants rient beaucoup, puisqu'elle s'occupe essentiellement d'élémentaires, parce qu'elle leur apprend les parties du corps. On se rend compte en fait que les enfants, et ça les pédocriminels jouent beaucoup aussi avec ça, ne connaissent pas les parties de leur corps. C'est-à-dire que plutôt que d'appeler ça minette ou des petits noms, voilà, non, c'est pas comme ça. C'est la vulve, c'est l'anus, pour que justement après ils puissent retranscrire clairement ce qui s'est passé, à quel endroit du corps. Et donc il y a toute une partie de l'apprentissage du corps et l'apprentissage des limites corporelles et ensuite de ce qu'on peut faire ou non. Mais ce n'est pas du tout, il ne parle pas que de ça. Et comme l'a dit exactement Angèle, on ne parle pas de sexualité et de relations sexuelles à aucun moment. Effectivement, ça je pense que nous on est assez d'accord, on n'en parle pas à l'école. Mais c'est vrai que c'est un sujet compliqué à aborder avec les parents. Il y a beaucoup de parents qui sont réfractaires. Nous, on n'y voit aucun inconvénient puisque ça ne dépasse pas justement les limites. Alors, il y aura toujours malheureusement un professeur qui dépassera un jour les limites et ça viendra foutre le bordel dans tout ça. Mais aujourd'hui, non, c'est pour nous indispensable. Et c'est vrai que, par exemple, dans nos écoles, alors soit vous pouvez, nous, il y en a plein du collectif 3 par classe qui se sont motivés avec les parents d'élèves, avec d'autres parents de l'école, mais ce n'est pas nécessaire. C'est-à-dire que vous pouvez directement demander juste. à la maîtresse et aussi juste à la directrice, ce qu'ils comptent faire dans le programme, puisque c'est obligatoire. Donc vous n'avez pas la nécessité. Aujourd'hui,

  • Speaker #2

    c'est officiellement obligatoire ? Oui,

  • Speaker #1

    c'est un article de loi du Code de l'éducation.

  • Speaker #2

    Mais il y a, c'est un peu bête, mais il n'y a pas un ministère des enfants ?

  • Speaker #0

    Ça, c'est un gros sujet, parce que justement, suite au livre de Camille Kouchner, La Grande et Familia ?

  • Speaker #2

    Familia Grande.

  • Speaker #0

    La Familia Grande, pardon. un comité indépendant qui a été nommé par l'État, qui s'appelle la CIVIS.

  • Speaker #1

    La Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants est une commission d'enquête française installée en mars 2021, à la suite de l'émergence du mouvement MeToo.

  • Speaker #0

    Et donc, la CIVIS a été nommée, avec à sa tête le juge Edouard Durand. On est un peu fans. Franchement, trois par classe ! C'est un petit peu notre Brad Pistanouf, le juge Edouard Durand. On l'adore, on regarde toutes les interviews en disant « Oh, mais quel homme ! » On le trouve génial. Il est un peu perché, mais toute sa parole est tellement juste. Il agit tellement avec... Juste, il est normal, en fait. Il met des mots qui sont tellement justes. Bref, et donc là, Civiz, on fait sous forme de réunion publique. On laissait les personnes s'exprimer sur leur... leurs histoires et pour essayer de décrypter un peu le fonctionnement, l'engrenage de l'inceste et des violences sexuelles faites aux enfants. Il en est sorti 82 actes à faire, des trucs à mettre en place, et malheureusement, et c'est un petit peu ce qui désole tous les militants et les gens des associations, c'est que le juge Edouard Durand a été évincé de la civise et il a été mis à sa place des personnes moins engagées, plus facilement malléables, en gros. Donc, nous, ce qu'on aimerait, c'est que... Mais pourquoi ? C'est politique. C'est politique parce qu'il n'était pas prêt à aller à l'encontre de ses valeurs, je pense. Et que c'est un peu chiant pour certaines personnes. Et que les 82 recommandations, elles ont été formulées. Ils ont recensé plus de 30 000 témoignages. Donc, ils sont vraiment très, très, très offrés, plus que personne, sur le fonctionnement. Comment est-ce qu'en France, aujourd'hui, on réussit ? à violer un enfant, à agresser lui sexuellement, à incester dans les familles. Pourquoi il y a une telle ampleur ? Et que faire pour démêler tout ça ? Donc, il y a 82 recommandations. Et on aimerait aujourd'hui, toutes les personnes sensibles à ça, dans les associations et tout ça, mouv'enfants, infantistes, infanticides...

  • Speaker #1

    Incesticides, vraiment infantistes. Oui, oui,

  • Speaker #0

    il y a beaucoup. Tout le monde... envie que le juge Edouard Durand revienne à cette place-là et qu'il y ait un vrai comité qui soit créé.

  • Speaker #1

    Mais le système est tellement fait pour protéger tous les pédocriminels et accuser les mères, justement, protectrices. que c'est terrible. Et là, le juge Edouard Durand venait mettre un vrai coup de pied dans la fourmière. Aujourd'hui, la justice est dysfonctionnante sur ce sujet-là, quand même. Il y a trop peu d'enfants qui sont protégés. J'ai plus les chiffres en tête, Rebecca pourrait nous les redire, mais je sais pas, c'est moins de 5% quand même de jugements qui sont en faveur des enfants.

  • Speaker #0

    8 sur 10 qui sont classés sans suite.

  • Speaker #2

    Mais on sait pourquoi ?

  • Speaker #0

    Alors, pour plusieurs raisons. Déjà parce que, autant que ça nous gêne, nous, de parler de ça, enfin en tout cas dans les écoles et tout, ça gêne les juges aussi. Ils préfèrent se dire « Oulala, cette mère elle est folle, elle veut garder la garde complète de son enfant » ou alors « Oulala, il est un petit peu mythomane lui » plutôt que s'imaginer vraiment que c'est la réalité. Il y a déjà ça. Il y a aussi le fait qu'en France, contrairement à l'Italie et l'Espagne, le même juge qui va juger un vol dans une épicerie va juger ces cas de violence familiale. Donc en fait, ils ne sont pas assez formés aussi, les juges.

  • Speaker #1

    Il y a aussi le cas du syndrome d'aliénation parentale, qui a été mis en place par je ne sais plus quel médecin, je n'ai même pas envie de le citer tellement c'est quand même terrible. Une ordure. C'est une ordure, et donc qui est aujourd'hui souvent avancée par les avocats des incesteurs. C'est-à-dire que, bah oui, on fait passer la mère pour folle. En même temps, comment ne pas devenir folle quand on sait que son enfant est incesté par son père ou son mari, ou peu importe, ou même une nounou, il y a aussi effectivement des femmes de temps en temps. Et donc malgré ça, il y a beaucoup de mères qui arrivent à prendre sur elles. Et ce syndrome est souvent avancé dans les procès pour dire qu'en fait, les enfants sont sous l'influence des mères complètement folles. Et ça, ça a été, donc ce syndrome a été créé, je ne sais plus,

  • Speaker #0

    il y a une trentaine d'années. Alors, dans les années 80, par le psychiatre Richard Gardner, qui est un Américain, et qui a mis, donc d'ailleurs... je vous invite à regarder sur Youtube les interviews complètes de lui, parce qu'à un moment, le journaliste lui dit « Mais si un enfant se fait vraiment violer par son père, qu'est-ce qu'ils ont fait ? » Il dit « Une paire de claques et on n'en parle plus. » Donc en fait, ce psychiatre, qui a fait énormément de mal évidemment aux enfants dans les années 80, a mis en avant le fait de l'aliénation parentale. Donc quand une mère dit que son enfant est violé, c'est que la mère est toute puissante, qu'elle veut avoir le p... pouvoir complet sur son enfant, le contrôler.

  • Speaker #2

    Ou elle veut garder la garde.

  • Speaker #0

    Elle veut garder la garde, ou alors elle veut nuire à son ex, ou parfois à son père, parce que parfois les parents sont encore en couple. Et donc en fait, ce syndrome d'aliénation parentale est ressorti à toutes les sauces depuis les années 80, dans tous les tribunaux de France, pour l'opposition. Donc à chaque fois qu'un enfant dit « on m'a violée » , c'est parti. La mère est folle, le pouvoir, elle veut nuire, en tout cas dans les cas où c'est les pères qui abusent sexuellement des enfants. Et ça, ça n'est pas prouvé scientifiquement. Et pourtant, ça fait pencher des verdicts vers le mauvais côté de la force, en gros. Et donc, on se retrouve avec des cas aberrants, comme celui de Sophie Abida, qu'on suit depuis longtemps avec Maud. On avait même fait, pendant le confinement, une cagnotte pour l'aider à s'évader. Enfin, ça va dans des tripes un peu aberrants. Donc, Sophie Abida. a quatre enfants, trois d'entre eux sont abusés sexuellement par le père. Il y a des enregistrements, des mouchards qu'elle avait planqués dans les doudous, des preuves, puisqu'ils ont la même cassé le bras d'un de ses enfants, etc. Et quand bien même, elle fait trop de bruit, elle n'a pas voulu remettre les enfants au père, parce que le procès n'était pas...

  • Speaker #1

    Elle a un fan club, on parle de fan club, des personnes qui la soutiennent.

  • Speaker #0

    Et en fait, les enfants sont remis garde complète au père, parce qu'en France, on n'applique pas ce qu'on appelle le... principe de précaution qui veut dire que quand il ya un doute et d'ailleurs moi j'aimerais que ce soit le cas pour ma famille aussi si un doute ben on écarte les enfants du potentiel danger on n'a pas dit que le père était un agresseur on a dit que on écarte le temps du procès en france le la présomption d'innocence mime sur les gens la fibre de pression le principe de précaution ça veut dire qu'on préfère dire attendez attendez le père il est peut-être innocent donc il va continuer à voir ses enfants une semaine sur deux que le père est peut-être coupable, donc on va protéger les enfants toutes les semaines. Donc, dans ce cas, par exemple, où les mères n'en peuvent plus, et d'ailleurs, il y a un film super qui vient de sortir, qui s'appelle Protéger l'enfance, de Eve Simonnet. Je vous invite à le voir, c'est gratuit, vous pouvez le voir sur YouTube aussi. Protéger l'enfance, qui met très bien en avant tout ça, le fait que ces mères protectrices se retrouvent elles-mêmes en prison, jugées, à devoir payer des amendes.

  • Speaker #1

    Ou en fuite.

  • Speaker #0

    Ou en fuite avec leurs enfants quand elles se disent en fait bon ok, mais il faut avoir les moyens de partir en fuite, de changer de passeport, de machin. On en est à ce stade-là en France, donc c'est vraiment catastrophique. Et donc Sophie Abida aujourd'hui n'a pas vu ses enfants depuis des mois. Leur père à la garde, sa petite-fille qui allait encore lui a été arrachée par les flics. pour être placée chez le père parce qu'il a présomption d'innocence.

  • Speaker #2

    Et c'est elle qui est passée pour folle. C'est fou votre histoire.

  • Speaker #0

    Et puis, en moment, le problème, c'est que, et d'ailleurs, on en parle avec Rebecca Royer, qui est avocate et qui soutient beaucoup ces femmes-là, c'est qu'à un moment, elles deviennent vraiment folles. Et je mets au défi toutes celles qui nous écoutent de savoir que notre enfant se fait abuser sexuellement tous les soirs, de garder le sourire et sa légèreté et sa pleine santé mentale.

  • Speaker #2

    évidemment que ça rend fou par rapport à toutes celles qui nous écoutent et qui se disent tiens non mais moi je suis à fond comme elle j'ai envie de qu'est-ce qu'on peut faire en fait qu'est-ce que chacun dans son petit coin est-ce qu'on peut remonter ça dans nos écoles est-ce que les écoles elles peuvent fonctionner au cas par cas ou est-ce qu'il faut absolument attendre que cette loi soit mise en place ou qu'est-ce qu'on peut faire chacun à notre niveau l'article existe déjà

  • Speaker #1

    Depuis un petit bout de temps. Donc elles peuvent déjà, moi je dirais d'abord, c'est libérer la parole avec ses propres enfants dans son cercle intime, dans son cercle familial, libérer la parole avec sa famille et ses amis. Ça pour moi, c'est vraiment le numéro un. Et très rapidement, dans la foulée, aller voir, envoyer un courrier, même un mail à la direction de son école pour savoir ce qui est proposé comme séance de prévention pour justement éduquer. les enfants au corps et les protéger d'éventuelles violences sexuelles.

  • Speaker #0

    Et ça, si c'est difficile à faire, parce que, comme on le dit, c'est la clé, si c'est difficile à faire, parce qu'en fait, nous, on a ressenti ça. De se dire, le directeur, il va me blacklister, il va pas prendre mon dernier dans l'école, ma fille va être considérée comme la fille d'une folle, etc. On se l'est toutes dit, en fait, parce que à parler de ça, on passe quand même pour des hystéros de service ou des féministes. engagés qui veulent couper des idées. Et donc, si vous avez du mal à faire ça, trois par classe, vous nous écrivez et nous on propose des lettres déjà rédigées. Vous avez juste à ajouter le nom de votre professeur.

  • Speaker #2

    Oui, ou des documents à imprimer, même, j'ai vu. Oui, tout à fait. On peut poser à la petite-mère, je n'en sais rien, à la petite-mère de l'accrocher.

  • Speaker #0

    Exactement. Ce que vous pouvez faire aussi, c'est vous éduquer vous et en parler. Donc, en parler évidemment dans vos familles, mais aussi à vos amis. faites en fait comme nous on a fait vous vous fédérez un peu autour de ça les lectures, les podcasts, les trucs parce que plus on est cultivé, plus on sait parler de ce sujet plus on aura de facilité à affronter les discussions parfois un peu dures quand on se dit mais qu'est-ce que tu racontes mais ça c'est dans les milieux où les gens sont ivres morts, n'ont pas d'argent en fait non, c'est dans tous les milieux on a la preuve moi j'étais dans un milieu ultra privilégié j'étais avec les Kouchner donc ... Par exemple, tout allait bien dans l'idée, puisque c'était des gens très médiatiquement reconnus, etc. N'empêche que c'était, dans cette école, exactement le même chiffre que dans les autres écoles. Donc, en parler, se renseigner, utiliser des outils pédagogiques chez soi, des livres pour les enfants, des petites vidéos, ce genre de choses, et puis contacter les associations, en tout cas les suivre. Par exemple, Mylan Chapiron, vous pouvez voir sur son site Millemiette, vous pouvez voir comment se déroule une séance. Et vous aurez plus de facilité comme ça à la faire.

  • Speaker #1

    Et puis aussi, petit à petit, changer son comportement avec ses propres enfants aussi. Ça, je sais que ce n'est pas évident. Et alors là, on se confronte encore à des nouvelles remarques de ses propres amis. Mais c'est vrai que moi, j'ai toujours entendu « Ah, ses petites fesses trop mignonnes ! » « Touchez les fesses des enfants ! » Enfin, je veux dire, tout le temps, les embrasser sur la bouche, croquer les différentes parties du corps. En fait, le corps de l'enfant n'est pas... à la disposition de l'adulte. Et ça, c'est vrai que notre génération, il faut qu'elle l'apprenne. Moi, j'ai grandi dans cet univers-là où vraiment, le corps était à disposition des adultes. Et aujourd'hui, c'est un vrai sujet. On le voit bien aujourd'hui, après, les rapports hommes-femmes sont complètement... sont inégaux. Et je pense qu'il faut qu'on apprenne à... On respectera plus le corps des femmes si on a déjà plus respecté le corps des enfants. Et ça... Bon bah ça y est on commence à ne plus forcer nos enfants à embrasser des adultes ou ce genre de choses. Mais rien qu'au niveau du toucher, moi je veux dire je rêve que d'une chose, c'est de toucher mes filles, de les croquer partout. Mais non, mais non en fait, leur fait c'est... Si je veux leur apprendre que c'est des parties intimes et que personne, aucun adulte n'a le droit d'y toucher, ça commence par moi. C'est-à-dire que moi-même, leur propre mère, je ne vais pas... Je veux dire, mes filles se lavent seules depuis qu'elles ne portent plus de couches. Je vérifie effectivement et je le dis aux babysitters, à la famille, personne ne va aider mes filles à se doucher, elles savent le faire toutes seules. Ces parties intimes, que ce soit la bouche, la poitrine, la vulve ou l'anus, ça leur appartient et on n'a plus à y toucher. Et je pense que quand ils auront intégré ça, ça aussi ce sera des repères pour eux de se dire, un adulte me touche les fesses. Non, c'est vraiment quand ils seront adultes. et qu'ils auront envie de se faire toucher les fesses, très bien. Mais je veux dire, moi j'ai grandi avec des mains au cul, des machins et tout ça, mais parce qu'on fait ça depuis des siècles. Bah stop en fait ! Non, non, j'ai pas envie qu'on me mette des mains au cul, et qu'on me mette des mains au cul de mes filles non plus. Donc ça je pense que c'est nous aussi, parents, il faut qu'on change ces comportements-là. On peut être extrêmement tactile avec eux, sans leur toucher les parties intimes.

  • Speaker #0

    Et quand on parle de changer notre comportement au quotidien, tout à l'heure, tu parlais des mots. Alors, c'est vrai que, par exemple, moi, tout le monde se fout de moi à la maison. Mon mec, le premier, les enfants, ça les rend hilar. Quand je dis dans le bain, ça va, tu as bien lavé ta vulve, tu viens à stiquer ton pénis. C'est sûr, moi aussi. Même en le disant, moi, je ne suis pas encore complètement déconstruite. Je suis là, wow, dire le mot vulve à un petit enfant, c'est limite glauque. Mais en fait, oui, il faut mettre les bons mots déjà pour que tout le monde se moque de moi. J'avoue, oui. Et toi, ta vulve... « Ah, mais c'est vrai que c'est un mot horrible, pourquoi vulve, ça nous dégoûte, je ne sais pas. » Bref, donc déjà, dire les bons mots, c'est vrai que c'est important. Et aussi, on parle d'adapter à son quotidien certains comportements, mais même quand ils sont bienveillants. Et c'est là où, par exemple, moi, ma belle-mère, c'est une femme extraordinaire, elle est géniale avec les enfants, vraiment, je l'adore, et rien de toxique. En revanche, elle dit toujours aux enfants « Viens, je vais te dire un secret,

  • Speaker #1

    je vais te dire un secret. »

  • Speaker #0

    Et donc, en fait, j'étais mal à l'aise par rapport à ça. Et je me disais, bon, je ne vais pas faire la belle-fille relou. Je refuse. Ben oui, je l'ai fait. Donc, à un moment, je lui ai dit, est-ce que tu peux arrêter, s'il te plaît, de dire des secrets à mes enfants ? Parce que je ne veux pas qu'un adulte leur dise, c'est un secret, tu ne le dis pas. Alors qu'il n'y a aucune malveillance de sa part. Donc, ça m'a fait un peu de la panne. J'ai vu. Je lui ai dit, dis-leur une surprise. On va faire une surprise, un truc comme ça. Mais un secret, c'est non. un adulte ne dit pas un secret aux enfants. Donc ça, c'est un truc aussi de très nouveau, parce que nous, on n'a pas du tout grandi avec ça. Donc voilà, des petits comportements comme ça. Ou alors les amis.

  • Speaker #2

    Oui, mais ça peut être très gênant, tu vois. Je te dis n'importe quoi, on entend beaucoup. Ça peut être aussi de jeune à jeune. Tu mets ton enfant de 7 ans dans un dortoir avec des ados, ben en fait, tu peux aussi être mal à l'aise. Si t'es la mère qui dit « Non, mon fils, il va pas dormir dans le dortoir. Là, il y en a quatre, dont un que je trouve un peu agressif et tout. Non, il va dormir avec moi. Devant ta bande d'amis, tu passes aussi pour la compter.

  • Speaker #1

    Malheureusement, mais ça va pas être par là.

  • Speaker #2

    On l'a pas vécu.

  • Speaker #1

    Ça doit passer par là. Et après, moi, je vois...

  • Speaker #0

    Complètement. Et ça, on en parle aussi pas mal. On parle maintenant, c'est un bon bar. Et après,

  • Speaker #1

    tu te rends compte que, tu vois, par exemple, quand j'ai passé un week-end avec Violaine et Roxane il y a pas très longtemps, donc membre aussi du collectif.

  • Speaker #0

    Membre actif.

  • Speaker #1

    voilà, mandat réactif du collectif c'était hyper agréable de voir qu'on avait toutes des réactions entre enfants qui allaient dans le bon sens de tout ce qu'on vient de dire bah non, les enfants vous faites pas ça ensemble enfin je sais plus, là j'ai plus d'exemple mais en tout cas, ça y est, on a fait le travail et petit à petit on intègre les nouveaux mots les nouveaux comportements et ça change les week-ends et on aura encore des moments comme ça, or tant ça c'est sûr mais je pense qu'il faut pas, il faut plus qu'on ait peur

  • Speaker #0

    d'être celle qui dit non,

  • Speaker #1

    puisque l'idée, c'est de protéger nos enfants. Et c'est quand même le principe des parents. Je veux dire, pour moi, le premier rôle, c'est de protéger nos enfants.

  • Speaker #0

    Mais en fait, l'ortance, tu mets le doigt sur un truc hyper qu'on a toutes, c'est la vision de nous, notre image, VS, le bien-être de nos enfants. Et c'est ce qu'au tout début, moi, je ressentais à l'école, quand je parlais de ça à Thierry Larigot, je me disais, en fait, moi, tous les parents vont me prendre pour une folle, on va me détester. Mais, en tout cas, les enfants sont protégés parce que j'irai jusqu'au bout. Donc, c'est dur de mettre en péril notre réputation. On n'a pas envie d'être la relou de service. On a pris des années à se construire socialement, à se faire une sorte d'image idéale, etc. Donc, c'est dur de la saboter. Parce qu'on n'a pas fait le travail encore. Mais moi, la première. Mais, comme dit Maud, on doit passer par là. En fait, on doit passer par là. Et si jamais il y a des parents qui nous disent « Oh là là, déjà restez léger, pas essayer de se braquer et tout. » Mais par contre, expliquez les choses clairement. Bah oui, c'est comme ça qu'on est là, en fait, on les protège et par tous les moyens. Et c'est pas grave si ça vous plaît pas.

  • Speaker #1

    Et après, ça fait pas non plus forcément des ados agresseurs, en fait, je veux dire, de penser à ça, mais on a un rapport à la sexualité, à l'adolescence et quand on est enfant qui n'a rien à voir. Je veux dire, ils peuvent voir des choses, même quoi, bon, bah voilà, qu'ils sont pas obligés de voir le... je sais pas il peut se passer des choses pendant la nuit on n'est pas là sans qu'ils aient vraiment agression sexuelle bah c'est pas grave en fait ça sert à rien que ça arrive et que ça mette mal à l'aise et les petits enfants et les adolescents donc vaut mieux éviter ce genre de situation désagréable mais

  • Speaker #0

    bon ça fait pas de ces ados-là des agresseurs et nos enfants des enfants agressés et même je trouve encore une fois on l'a évoqué un peu tout à l'heure mais offrir l'opportunité à des ados, des enfants qui auraient des pulsions, des envies. De comprendre que ça ne se fait pas et de ne pas le faire, c'est tellement un beau cadeau pour eux. C'est tellement un beau cadeau, même pour un garçon, de lui offrir la chance d'être un mec bien. Parce que si personne ne lui a jamais dit qu'en fait, non, il y a des trucs que tu ne fais pas, tu as envie de découvrir un peu comment ça se passe en dessous, tu n'y vas pas. Si personne ne lui a jamais dit, il y va. Et après, il n'y aura peut-être pas toute sa vie, mais il y a quand même un poids d'être aussi un... considéré comme un agresseur, un mec pas bien. Donc c'est aussi donner l'opportunité, évidemment protéger nos enfants, mais leur donner aussi l'opportunité d'être des gens bien. Et ça c'est le plus beau cadeau qu'on puisse leur faire, de se respecter soi-même, de s'aimer. Et ça passe par là.

  • Speaker #1

    Et quand on voit aujourd'hui les dégâts psychologiques qu'il y a sur tous les enfants qui ont été agressés dans leur enfance, c'est quand même... Même une fois parfois. Même une fois, c'est terrible. Entre soit... Les suicides, ceux qui ont tenté de se suicider, les dépressions chroniques, c'est quand même compliqué. Et aujourd'hui, quand on voit où le monde va, on se dit qu'on a plutôt intérêt à, dès le début, protéger nos enfants et essayer de leur apporter une vie saine et protégée, un maximum, si on ne veut pas en faire des tarés plus tard.

  • Speaker #0

    Et c'est toute notre société, en fait. l'humanité presque.

  • Speaker #1

    Une génération d'incestés qui font des tas,

  • Speaker #0

    mais qu'on peut changer. Parce que si ces 165 000 enfants par an ont entendu ce que c'était que leur intimité, que c'était pas ok, ça fera des ados encore une fois mieux, comme tu disais, avec moins de problèmes psychologiques, etc. L'idée, c'est pas de dire qu'on est condamné une fois qu'on a été agressé. On peut évidemment s'en sortir, on peut pardonner, on peut demander pardon, ça s'arrange, mais en tout cas, que le sujet soit mis sur la table. Et ça fera des adultes mieux. Et puis, même au niveau de la sécurité sociale, le poids que c'est, le mal-être des conséquences, et encore, on ne sait qu'une infime partie.

  • Speaker #1

    Il y en a un fois, il disait que c'était 9 millions d'euros aujourd'hui qui étaient dédiés au suivi médical de toutes ces personnes qui ont été agressées sexuellement.

  • Speaker #0

    Et je pense que c'est largement sous-estimé.

  • Speaker #1

    Oui, si on les met en amont. C'est une société qui va mieux,

  • Speaker #0

    des enfants qu'on n'agresse pas sexuellement. C'est vraiment une société qui va mieux.

  • Speaker #2

    Bon. Je crois qu'on a fait un peu le tour. Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    C'est un peu glauque, désolée.

  • Speaker #2

    Non, pas du tout, c'était le but. Et ce n'est pas glauque, puisque c'est, on le rappelle, trois par classe. Donc, c'est vraiment le message à faire passer. C'est trois enfants par classe. C'est un enfant sur dix. Donc, merci beaucoup d'être venue au micro de Décodeur, qui, à la base, n'a rien à voir. Mais je suis très contente. Merci au podcaston, justement, d'avoir... donné cette occasion de pouvoir faire ça. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Et je rappelle, 3 par classe, pour l'instant sur Instagram, et bientôt un site. Tout à fait. Merci beaucoup. Merci,

  • Speaker #0

    bonne journée. Merci,

  • Speaker #2

    bonne journée. Décodeur, c'est terminé pour aujourd'hui. Merci beaucoup d'avoir écouté en entier. Si vous avez aimé, n'oubliez surtout pas de vous abonner à cette émission pour ne pas rater les prochains épisodes. Bien sûr, vous pouvez... aussi le partager sur Facebook, Twitter, LinkedIn ou en story Instagram par exemple. Ça permet de le faire connaître à vos proches. Je suis Hortense Leluc et vous pouvez me retrouver sous le pseudo Hortense Déco ou via le compte Décodeur Podcast sur Instagram. Et si jamais vous écoutez sur iPhone via l'application Apple Podcast, vous pouvez aussi me laisser un commentaire, rubrique classement et avis, parce que Plus j'ai de commentaires, plus Décodeur se démarque dans la jungle des podcasts, ce qui est très important pour moi pour me faire connaître encore plus largement et faire découvrir le monde de la déco au plus grand nombre. Voilà, merci et à très bientôt alors, ici ou ailleurs.

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Description

Le Podcasthon est une initiative géniale dans le monde du podcast : toute la semaine plus de 1 500 podcasts vont dédier leur épisode à l’association de leur choix. L’idée étant de créer une grande vague de solidarité, de soutenir le maximum d'associations caritatives qui ont souvent peu de moyens pour se faire entendre et de sensibiliser nos audiences à une cause qui nous tient à cœur.

Alors aujourd'hui, on ne va pas du tout parler déco, design, créativité ou artisanat, mais du collectif @3parclasse qui lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants… car ils seraient 3 par classe. Un chiffre dramatique qui ne peut pas nous laisser indifférent, qui touche toutes les classes sociales, toutes les villes de France alors qu'une loi obligatoire existe et que toutes les écoles, collèges et lycées devraient dispenser 3 séances annuelles de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles. 

C'est un sujet dérangeant mais un fléau dont on doit parler. 160 000 enfants sont concernés. 1 enfant sur 10.  Ces chiffres sont terrifiants et nous concernent tous. Si, si, les prédateurs sexuels sont partout, dans nos familles, au sport, chez les copains,... ils ne sont pas cagoulés ou anonyme, ce sont souvent des adultes que nos enfants fréquentent, ils peuvent être très proches et gentils, et c'est bien là tout le problème.  

Alors que faire pour protéger nos enfants, à leur apprendre à dire non ou à libérer leur parole, n'ayez pas peur de ce sujet encore trop tabou et venez nous écouter avec Angèle Ferreux Maeght et Maud Zilnyk, les fondatrices de ce collectif motivé plus que jamais.  


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Merci beaucoup 👍   


Hortense Leluc, journaliste déco et fondatrice de DECODEUR  


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à tous, bienvenue dans un nouvel épisode de Décodeur, le podcast sur celles et ceux qui font la déco aujourd'hui. Et ce matin, on enregistre un épisode très spécial dans le cadre du... Podcaston, une initiative qui est formidable, qui va rassembler plus de 1500 podcasts toute la semaine, du 17 au 21 mars, et qui vont dédier un épisode de leur podcast à l'association de leur choix. L'idée, c'est de créer une grande vague de soutien et de sensibiliser nos audiences à une cause qui nous tient à cœur. Vous avez peut-être vu passer d'autres podcasts parler de thèmes complètement différents. Donc nous, aujourd'hui, on ne va pas du tout... parler d'éco, design, créativité ou artisanat, mais du collectif 3 par classe qui a été créé par Angèle, Ferremag et Mosinic et qui lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants car ils seraient 3 par classe. Un chiffre dramatique qui ne peut pas nous laisser indifférent, qui touche toutes les classes sociales, toutes les villes de France. Alors que faire pour protéger nos enfants ? On va en parler tout de suite avec Angèle et Maud. Bonjour Angèle, bonjour Maud.

  • Speaker #1

    Bonjour.

  • Speaker #2

    Bonjour Hortense.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup pour le temps que vous m'accordez. Est-ce que vous pouvez peut-être nous expliquer comment est né ce collectif 3 par classe ?

  • Speaker #1

    En fait, ce collectif est né étonnamment par une initiative écologique. Maud avait ouvert l'épicerie générale, une épicerie bio, il y a quelque temps à Paris. Et donc Maud s'était entourée et avait attiré aussi des personnes sensibles comme elle à des questions écologiques. Ensuite, avec Violaine Belcrois, elles ont créé les WIT, les Women in Transition Ecologique. Maud, peut-être que tu peux en parler, mais c'était un peu la génèse finalement.

  • Speaker #2

    Alors les WIT, effectivement avec Violaine, rassemblent toutes les initiatives de personnes connues, pas connues, qui souhaitent être en transition écologique. Et donc nous, l'idée avec le compte Instagram MediaWIT, c'est de partager toutes les transitions sans jugement. Donc les échecs, les réussites. Voilà, plein de petites choses et comme le dit Angèle, l'idée c'est de rassembler toujours plus autour de comment faire mieux pour toujours plus protéger le vivant et ce genre de choses. Et donc c'est vrai qu'avec Angèle, depuis de nombreuses années maintenant, on se retrouve beaucoup sur ces sujets-là.

  • Speaker #1

    Et comme on parlait de ces sujets, on commençait à être un petit groupe, à s'insurger et puis aussi à se questionner sur nous, notre rôle, etc. On allait de plus en plus loin au fil des conversations et puis finalement, c'est quand on a été... éveillé à l'ampleur du fléau des violences sexuelles faites aux enfants en France, dans le monde en général, mais en France on est vraiment grave, ça a tout de suite résonné en nous parce que finalement, il s'agit du vivant. Et c'est exactement comme l'écologie, c'est exactement comme l'homophobie, la misogynie, c'est le fait de prendre le pouvoir sur le vivant et le contrôle. et éventuellement de le détruire, en tout cas de le contrôler. Donc finalement, c'est la même chose. C'est des plus puissants qui prennent le pouvoir sur les plus faibles. Donc l'écologie et puis finalement, les violences sexuelles faites aux enfants, c'est pour nous très lié. Donc on s'est retrouvés sur ces sujets, on a commencé à faire venir des amis à nous, à écouter des podcasts, à lire des livres sur les sujets. Et en fait, on était tellement indignés. et en colère parce que quand on commence à mettre le doigt dedans, et d'ailleurs je vous invite à écouter notamment le podcast Ou peut-être une nuit qui se joue en plusieurs épisodes, qui est vraiment qui nous a vraiment aidé à nous éveiller en fait quand on commence à mettre le doigt dedans, on se rend compte à quel point cette horreur on la côtoie tous les jours, elle est très proche de nous et c'est atroce et c'est tous les jours et c'est même toutes les trois minutes en France donc on... On était là avec cette colère et puis finalement on a décidé de se réunir, de réunir les personnes autour de nous qui étaient aussi sensibles, qui commençaient à être touchées aussi par ça. Et au lieu d'être dans notre lit le soir avec de la rage, parce que vraiment ça met en colère et puis ça nous met mal en fait. Les chiffres, les récits, les histoires, c'est tellement atroce. Il n'y a tellement rien de pire que violenter sexuellement un enfant qui est tellement innocent, tellement pur, tellement le... Le futur et l'espoir, il n'y a tellement rien de pire que ça met vraiment en rogne. Donc on a décidé de se réunir pour essayer de mettre cette énergie au service de quelque chose de positif ou de créatif. C'était soit ça, soit il fallait faire l'autruche parce qu'on ne pouvait pas. Et d'ailleurs, vous aussi qui écoutez, quand vous allez commencer à écouter ces podcasts, ce que je vous invite à faire parce que c'est douloureux, mais c'est important d'ouvrir les yeux. adultes, responsables, citoyens, on n'est pas capable de protéger ou en tout cas d'agir un minimum ou d'être au courant de ce qui se passe pour les enfants. Sinon on ne peut pas les protéger, personne ne le fera. Donc ça nous tous, ça vient de nous, ça vient des discussions entre copines après l'école, au dîner le soir, enfin on a en fait un pouvoir énorme et par contre il faut qu'on agisse.

  • Speaker #2

    Et donc après, quand on s'est toutes réunies, ça a mis un petit peu de temps avant de se mettre en place, parce qu'on ne savait pas comment aider ces enfants, comment les protéger. On s'est dit, on a différentes voies, et c'est vrai qu'on s'était dit, il faut bien les utiliser. Il ne faut pas qu'on soit énervé, parce que comme l'a dit Angèle, c'est quelque chose qui nous tient énormément à cœur, donc on peut y avoir beaucoup, beaucoup de colère. On ne voulait surtout pas braquer les gens, faire peur, donc on a mis du temps. Je pense que ça a bien mis un an avant de trouver notre angle. de trouver vraiment ce sur quoi on pouvait avoir un peu changé les choses. Et donc grâce à Mylan, on a rencontré Mylan qui a créé l'association 1000 miettes. Et donc elle et Rebecca nous ont fait découvrir cet article de loi qui nous était inconnu avant, c'est-à-dire l'article L312-16 du Code de l'éducation, qui dit que, alors attendez je vais vous le lire comme ça au moins je ne vais pas dire de bêtises. Une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et lycées à raison d'au moins trois séances annuelles et par groupe d'âge homogène. Et donc quand on a découvert ça, on s'est tous rendu compte dans notre collectif de dix personnes qu'il n'y en avait aucune dont les enfants avaient bénéficié de ces séances de prévention. Donc quand on parle de séance d'éducation à l'éducation sexuelle, c'est-à-dire que c'est aussi bien la découverte du corps humain que... la découverte de l'empathie et aussi la prévention contre les violences sexuelles. Ce n'est pas trois séances où on va parler que d'inceste et tout ça. Et donc on a découvert ça et on s'est dit ok, en fait l'école a un pouvoir énorme puisque nous ça faisait déjà un moment qu'on en parlait dans notre entourage, on voyait que c'était compliqué et que les enfants n'ont pas forcément la place d'en parler dans leur entourage. Donc on s'est dit en revanche l'école a clairement un rôle à jouer. Et donc nous on s'est dit avec Trois par classe, c'est pour ça qu'on l'a appelé aussi Trois par classe, on veut apporter tout notre soutien aux enseignants, aux écoles, aux directeurs qui souhaitent mettre en place ces séances de prévention, parce qu'on sait que c'est extrêmement difficile pour eux de le faire, parce qu'il y a des parents qui ne veulent pas que leurs enfants aient accès à ça, parce que même pour eux-mêmes, ils ne sont pas formés. Donc c'est très compliqué d'arriver dans les écoles et de parler à des enfants de 6 ans, ou à des enfants du collège, de ce type d'informations. Donc voilà, nous on s'est vraiment dit, ok, notre objectif, avec 3 par classe, c'est d'apporter un maximum d'informations, c'est-à-dire de diffuser un maximum de noms d'associations aux écoles pour qu'ils puissent se faire accompagner et dispenser ces séances de prévention. Parce qu'on ne leur remet pas tout sur le dos, on n'est pas dans le jugement avec les maîtresses ou avec les enseignants en disant « vous ne le faites pas, on sait très bien que c'est difficile pour nous-mêmes, c'est extrêmement compliqué d'en parler dans nos familles et à nos enfants. » Donc voilà.

  • Speaker #1

    Quand tu parlais de Mylan, je fais une petite aparté. Il s'agit de Mylan Chapiron, qui est une artiste qui a décidé de mettre en partie son art au service de ça, parce qu'elle-même a été abusée sexuellement quand elle était petite. Et donc, elle fait des séances de prévention. Il y a plein d'autres associations, mais c'est un peu notre chouchoute parce qu'on trouve que c'est tellement clair. Il n'y a rien d'autre à dire. Donc, elle fait des séances de prévention dans les écoles. On peut aussi... Regardez sur YouTube, c'est gratuit, ça dure 3 minutes et dès 2 ans. Pourtant je ne recommande pas les écrans, mais alors là franchement, diffusez-le en masse. Mais t'es extrêmement bien fait. Il y a un petit court-métrage sur YouTube qui s'appelle « Le loup, les violences sexuelles expliquées aux enfants » . Et c'est super, vraiment montrez-le à vos enfants parce que tout est dit. Et ce que je trouve très bien, c'est qu'en fait on a peur. Et oui, tu parlais aussi de Rebecca, il s'agit de Maître Rebecca Royer, qui fait partie de notre association, de notre collectif qui était à la Genèse aussi, et qui est avocate spécialisée là-dedans. Donc, elle connaît aussi bien le sujet. En fait, on se rend compte que ces mots sont durs à dire. Et nous, on était confrontés à ça. On s'est dit, OK, il faut qu'il y ait ces séances de prévention dans les écoles. Mais comment on fait ? Aucune de nous n'avait le courage de le dire. Donc, on s'écrivait même des phrases type. Quand on levait le doigt dans les réunions parents-profs ou avant les classes vertes, on s'écrivait des phrases type pour dire « bonjour, excusez-moi, qu'avez-vous prévu pour protéger nos enfants ? » ou « est-ce que les moniteurs ? » etc. En fait, on était stressés. Et ça, cette espèce de poids, de chape de plomb qui nous met mal à l'aise, c'est exactement la raison pour laquelle les pédocriminels ont l'impunité. C'est qu'en fait, on a réussi à détourner le truc, enfin ils ont réussi en tout cas le système. à faire en sorte que c'est tellement gênant, c'est tellement honteux, c'est tellement sale comme sujet qu'on n'en parle pas. Et c'est tellement désagréable de s'imaginer un petit enfant se faire violer. Ça ne fait plaisir à personne de normalement constituer. Donc on n'en parle pas, c'est trop gênant. Sauf que ça arrive. Dès lors que ça arrive malheureusement partout, dans tous les milieux, dans tous les quartiers, dans beaucoup de familles, comme ça arrive, on ne peut pas le nier. Donc on doit agir. C'est pour ça que 3 par classe, en fait, ça aide non seulement, comme disait Maud, les établissements à mettre en place des systèmes, donc faire appel à des associations, former des enseignants, il y a plein de choses dont on parlera plus tard, mais aussi les mères d'élèves et les pères d'élèves, c'est un autre sujet, mais c'est vrai que ça touche plus les femmes, mais les parents d'élèves qui se disent, on veut que tous les enfants de l'école entendent dès la petite section. voilà ton intimité, c'est parti là, personne n'a le droit d'y toucher, c'est à toi dès lors que tu sais te laver seul. Personne d'autre n'a le droit d'y toucher, si quelqu'un le fait, c'est interdit. Si un adulte te dit c'est un secret, ne le dis pas à tes parents, ou qu'un parent te dit, ne le dis à personne, alerte rouge, il faut que tu en parles, aucun adulte n'a le droit de te dire, de ne pas le dire à un autre adulte, des mots clés comme ça.

  • Speaker #2

    Et comme une enseignante justement qui avait bénéficié des séances de prévention de Mylan, et... Chapiron et qui a vraiment adoré, elle disait mais quand on dit, quand un adulte dit à un enfant qu'il n'est pas au courant, si un enfant ose dire non, on ne fait pas ça à un enfant, on n'a pas le droit d'être touché, on n'a pas le droit d'être agressé, si un adulte lui dit non, je ne suis pas au courant, ce n'est pas vrai. Tous les adultes savent qu'on n'a pas le droit de toucher à des enfants, de les agresser sexuellement. Donc il faut absolument dire à ces enfants non. que si un adulte lui dit ça, ce n'est pas vrai. Tous les adultes le savent. En revanche, tous les enfants ne le savent pas. C'est pour ça qu'ils ont besoin d'avoir ces séances de prévention.

  • Speaker #1

    Et en fait, dans ces séances, parce que évidemment, ça arrive très très souvent, je crois que les chiffres, c'est que 8 enfants sur 10, quelque chose comme ça, se déshabillent de son plein gré, parce que tout ça entre dans le cadre d'une emprise en fait.

  • Speaker #0

    Une confiance,

  • Speaker #1

    oui. Une confiance, et qu'en fait, les choses sont bien rodées chez les pédocriminels. Et donc, soit parce qu'ils disent que c'est de l'amour, soit parce que les enfants ont peur. Pour plein de raisons, les enfants ne savent pas. Donc, c'est très lourd, ce qu'on est en train de vous dire. On est en train de demander à des enfants de prendre la responsabilité de se protéger eux-mêmes. C'est terrible. Mais malheureusement, on sait qu'un enfant au courant, qu'un enfant averti que c'est interdit, pourra... Beaucoup plus facile. Un adulte fera désarmer.

  • Speaker #0

    Si un comportement est inapproprié, c'est là où il va libérer sa parole.

  • Speaker #1

    Déjà, il va pouvoir dire non.

  • Speaker #0

    Militer pour qu'un enfant prenne la parole.

  • Speaker #1

    Nous, en fait, on milite pour plein de choses. Mais malheureusement, on sait qu'au niveau du système judiciaire, aujourd'hui, c'est la cata. On sait que c'est horrible que les cas soient classés sans suite. Dans la majorité des cas, il y a des aberrations qui se passent. On n'a pas voulu aller là parce que... Et puis Maïla nous l'a dit quand on l'a rencontrée, elle est venue nous voir que c'est horrible. Ce qui se passe au niveau judiciaire, c'est très dur. Donc on pense que la prévention, c'est ce qu'il y a de plus joyeux finalement. C'est ce qu'il y a de moins lourd à porter. Et c'est ce qu'il y a de plus efficace. Et aussi, un enfant qui ne se fait pas agresser sexuellement ira mieux qu'un enfant qui a été agressé sexuellement. Ce sera un adolescent plus épanoui, un adulte plus...

  • Speaker #2

    mieux dans sa basket en fait un enfant enfin un enfant abusé sexuellement ira mal de toute façon voilà et au moins avec la prévention si ça lui est arrivé une fois il saura que il peut en parler veut dire et peut-être qu'il y aura moins de chance alors malheureusement ça peut être pas le protéger que ça arrive mais au moins il sait qu'il peut en parler alors il ya beaucoup de aujourd'hui nous c'est vrai qu'on fait la promotion de la libération de la parole on sait bien que derrière c'est très difficile d'accueillir la parole justement des enfants et qu'on ne sait pas bien ce qui se passe. J'en ai parlé avec différentes enseignantes. Elles nous disent, mais nous, quand on a fait des signalements, après, on ne sait pas ce qui se passe. Et ça, c'est terrible. Ils sont complètement démunis parce qu'ils ne savent pas. Il y a la police qui vient, qui intervient, qui va s'occuper de l'enfant. Mais après quoi ? Et après, ils ne savent pas. Nous, on ne peut pas intervenir sur toutes les étapes. Et juste, il faut commencer. Et puis, plus on en parlera, et je suis... convaincu que ça donnera moins envie à des pédocriminels d'agir s'ils sentent qu'on est au courant et qu'on est vigilante. Il ne s'agit pas d'être parano et d'accuser toutes les personnes qu'il y a autour de nous, mais d'être vigilante. Il y a la psychologue Johanna Smith qui en parle très bien qui dit qu'il ne faut pas être parano, mais il y a des petits signes quand même qui alertent. Et il faut juste être vigilante et il ne faut pas risquer si on a l'impression que cette personne-là elle est un petit peu limite, elle a des gestes un petit peu limite, bah non, on ne prend pas le risque de laisser son enfant avec cette personne-là.

  • Speaker #1

    Et ce que dit Maud, c'est crucial, je trouve, c'est qu'on parlait tout à l'heure un peu de la gêne, du fait que ça mette mal à la sous-monde. Le fait qu'on soit vigilant et qu'on en parle, nous, adultes, en effet, non seulement ça va rebuter certains pédocriminels, parce que nous, quand on levait le doigt et qu'on avait la boule au ventre devant tous les parents d'élèves et qu'on disait, est-ce que vous faites de la prévention avant la classe de nature, ou comment vous faites pour vous assurer que les... que toutes les personnes qui vont côtoyer nos enfants dans les douches, etc. ne sont pas des agresseurs, c'était évidemment pour que le système scolaire mette en place des systèmes. mais aussi pour que tous les parents dans la salle, toutes les mères et tous les pères entendent qu'en fait, il y avait des gens qui étaient là. On est là. On est là. Et on est partout.

  • Speaker #0

    Et puis surtout, tu utilises le mot, enfin, toutes les deux depuis tout à l'heure, pédocriminel agresseur, mais en fait, c'est pas un cambriolage avec des mecs cagoulés. Ça peut être un oncle, le père d'un copain, quelqu'un qui a une bonne tête et qui ressemble pas du tout, qui est très gentil avec les enfants, qu'on ne soupçonne pas. C'est ça qui est terrible.

  • Speaker #1

    C'est terrible. Maud a raison. C'est d'ailleurs quelque chose qui nous unit toutes, c'est qu'on a envie de rester dans la joie, de rester joyeuse et de ne pas accuser tout le monde et détester les hommes, etc. Mais en effet, c'est très souvent des mecs très sympas. C'est des gens qui ont du charisme. En fait, ça peut être n'importe qui. Si c'est 160 000 enfants par an en France, si c'est trois enfants par classe, c'est qu'il y en a beaucoup.

  • Speaker #0

    Et encore, ce sont les chiffres qui sont connus.

  • Speaker #2

    Moi je me suis amusée, c'est peut-être pas le bon terme mais en tout cas j'ai fait il y a deux ans un test avec mes amis à un dîner, c'était juste avant la rentrée des classes justement je me souviens, on était à peu près une dizaine autour de la table c'est vraiment des amis d'enfance je vous aime si vous entendez mais en gros j'ai mis le dossier sur la table j'ai commencé à en parler et j'ai avancé les chiffres, j'aurais dit voilà donc je dis potentiellement en fait il y en a un d'entre vous qui agresse Et là, mais comment ça ? Comment tu peux dire ça ? Comment tu peux accuser, nous accuser ? Je fais, je ne vous accuse pas. C'est les chiffres. Il y en a peut-être un de vous, ou un de nous en tout cas, qui a été agressé et personne ne le sait. Et ils m'ont dit, mais n'importe quoi, comment tu peux accuser tes amis ? Et puis ça n'arrive pas chez nous, et puis ça n'arrive pas dans notre milieu. Bon, en plus, alors, et donc là, ils m'ont dit, bah vas-y, donne un nom. Et là, j'ai dit, bon, malheureusement, j'ai pris celui qui n'était pas là. J'ai dit, bah voilà, c'est un tel. C'est lui, peut-être que c'est lui.

  • Speaker #1

    Et ils m'ont dit « mais comment tu peux l'accuser lui ?

  • Speaker #2

    Parce qu'il n'est pas là ! » Enfin, c'est parti dans tous les sens. Je me suis dit « mais j'en ai aucune idée ! » Et évidemment, je ne l'accuse pas réellement. Je me suis dit « mais c'est pour que vous puissiez réaliser que oui, ça arrive aussi chez nous, ça arrive chez tout le monde. » Et on se rend bien compte que dans notre environnement proche, on est vraiment des gens qu'on côtoie tous les jours, ils ne pensent pas que ça peut arriver chez eux. Vraiment. Parce qu'ils font partie d'un système... peut-être qu'ils ont eu une éducation un peu plus privilégiée que d'autres, ça n'a rien à voir.

  • Speaker #0

    On pense que ça n'arrive qu'aux autres. C'est pour ça qu'on n'en parle peut-être pas assez.

  • Speaker #1

    Et puis aussi, ça fait partie quand même du seul cas d'agression, où quand tu parlais d'un cambriolage, quand on se fait cambrioler chez soi, on se dit « putain, je me suis fait cambrioler, on m'a piqué ma montre, machin » . Quand on se fait violer, qu'on soit d'ailleurs adulte ou enfant, on ne le dit pas, on a honte, on se sent sale, on se sent sali, etc. En fait, il y a une telle omerta autour de ça, ça n'arrive non seulement que aux autres, mais en plus, si ça nous arrive, on ne va pas fanfaronner avec ça, on ne va pas le dire. Tandis que quand on se fait violer sa caisse ou un truc comme ça, tout le monde le dit. Là, c'est un cas où la culpabilité est inversée, c'est la victime qui se sent mal.

  • Speaker #0

    Et tu parles de viol qui est très dur, mais il y a aussi beaucoup d'attouchements. Il y a des hommes qui font ça comme un jeu, quelque chose de très doux. ou des hommes qui, je mets un peu les pieds dans le plat, qui demandent des fellations, tout ça, parfois c'est pas, c'est assez rapide, c'est...

  • Speaker #1

    Bah oui, d'ailleurs on le lit bien dans le livre de Neige Triste Tigre, où elle raconte que parfois en fait, il était en train de louer des skis, il lui demandait une fellation, ça durait deux minutes dans l'arrière-salle, elle était toute petite. Donc c'est... Je sais pas pourquoi je parle.

  • Speaker #0

    Mais c'est moi qui ai mis ça, c'est un peu grave le...

  • Speaker #1

    Oui, en effet. Et... Et je pense que l'angle qu'on peut avoir, c'est se renseigner. Donc déjà, c'est très courant. En parler, vraiment en parler, entre nous, entre amis. Il faut parler de ça, c'est très important. Pour nous, la parole, c'est le meilleur remède. Si les agresseurs entendent, si les parents entendent, si les enfants entendent.

  • Speaker #0

    Là, la parole te libère quand même. Il y a pas mal de personnalités publiques. Tu parlais de ce livre, il y en a eu pas mal. Il y avait celui de Camille Kouchner. Familia Grande, est-ce que ça aide aussi que des positions plus publiques peuvent aider à engager un dialogue ?

  • Speaker #2

    Évidemment, ça va toujours aider le sujet, mais ce n'est pas suffisant. Et c'est pour ça que nous, on croit vraiment au pouvoir de l'école.

  • Speaker #1

    Voilà. Et d'ailleurs, à l'école, une des mères d'élèves m'avait dit, mais pourquoi tu... C'est pas à l'école de faire ça. C'est pas... Bon, ils en ont déjà... Ils ont déjà tellement de sujets à aborder, ils sont déjà sous l'eau, on ne leur rajoute pas ça. Mais en fait, évidemment, c'est l'école la clé, parce que ça arrive dans 86% des cas dans les familles ou avec des proches. Donc l'école et la parole sont la clé. Et d'ailleurs, il y a autre chose dont on aimerait parler, pour laquelle agit aussi Trois par classe, c'est les pédocriminels eux-mêmes. Comme on l'a dit, ce ne sont pas des gens bizarres, horribles et moches et graves. Enfin, on ne va pas... ... C'est tout le monde, ça peut être tout le monde, ça ne l'est pas évidemment, mais ça peut être tout le monde. Et ces personnes-là ont aussi des solutions, il y a notamment un numéro anonyme. qui permet de les...

  • Speaker #0

    Ah oui, dans le sens que si quelqu'un est attiré anormalement par les enfants, on peut aussi les aider.

  • Speaker #1

    On comprend que ça n'existe pas le monstre. Et puis on l'a vu avec tout le procès à Amazon, etc. C'est pas... Le mythe du monstre méchant n'existe pas, en fait. Donc, c'est aussi important de dire si vous avez peur d'être attiré par des enfants ou si vous l'êtes ou si vous l'avez été, il y a des numéros qui peuvent vous aider à vous soigner parce que, aussi, en protégeant les... les enfants, parce que ça peut être aussi inter-enfant. On peut dire à un enfant qui pourrait agresser, évidemment qu'il y a différents niveaux quand c'est des enfants, mais on peut le protéger de devenir quelqu'un de mauvais. On peut l'aider à devenir quelqu'un de bien. Et on peut aussi aider les hommes, c'est dans 87% des cas des hommes, donc on dit les hommes, à se soigner. Et moi, tu peux dire que le numéro anonyme est gratuit.

  • Speaker #2

    C'est ça. Et donc, on essaye de le partager le plus souvent possible parce que c'est en s'occupant d'eux aussi, je pense qu'on pourra régler le problème, comme dit Angèle. Donc, ça s'appelle le dispositif STOP, service téléphonique d'orientation et de prévention. Donc, il y a un compte Instagram qui s'appelle dispositif STOP et le numéro, c'est le 0806 23 10 63. 0806 23 10 63. Et c'est vrai que ça, quand on voit, bon alors c'est super, le numéro 119, il est hyper facile pour les enfants. Mais il devrait y avoir un numéro aussi beaucoup plus facile pour les adultes, puisqu'il y en a quand même beaucoup qui sont concernés et on le voit nulle part. Moi, quand j'ai fait mes recherches Google pour chercher le numéro, c'était hyper compliqué. Enfin voilà, il faut s'occuper à la fois en amont du problème et puis en aval avec les enfants de la prévention.

  • Speaker #0

    Alors je reviens à la loi dont vous parliez, puisque l'école pourrait être ce lien et apprendre aux enfants toutes ces notions qu'ils ne connaissent pas. Vous vous dites, c'est pas forcément qu'ils veulent pas, c'est que l'école ne sait pas comment s'y prendre. Je crois qu'il y a différents freins. Par exemple, tu disais, ils n'ont pas de support. Une maîtresse même qui est OK avec ça, elle sait pas forcément comment s'y prendre. Elle a pas forcément le temps, elle est déjà débordée.

  • Speaker #1

    Exactement. D'ailleurs, aux maîtresses ou aux enseignantes qui nous écoutent, je vous invite aussi à écouter un autre podcast qui s'appelle « Maîtresse, c'est quoi l'amour ? » Oui. Qui est super et c'est une maîtresse en effet qui s'est rendue compte que cette loi, qu'elle devait appliquer cette loi, qui s'est dit, évidemment, il faut que tout... d'enfants entendent dans leurs oreilles que c'est pas normal ce que c'est que leur intimité et quoi faire si ça leur arrive ou si un ami leur dit comment faire et en fait elle s'est retrouvée un peu face à une montagne où il n'y a pas tellement il ya deux trois trucs sur le site des de l'éducation nationale etc mais c'est pas énorme donc ce qu'on peut conseiller nous aujourd'hui c'est déjà de suivre trois par classe parce qu'on donne pas mal de clés mais aussi de se faire accompagner par des associations il ya donc Mylan Chapiron qui intervient, il y a aussi Colosse au pied d'argile.

  • Speaker #2

    Nous c'est ce qu'on est en train de chercher justement avec 3 par classe. On va bientôt avoir un site où on va recenser toutes ces informations-là. L'idée c'est vraiment d'être un Google de la prévention sur les violences sexuelles et de recenser toutes les personnes qui peuvent accompagner les enseignants. Il y a l'UEAPD aussi de l'hôpital Gustave Roussy qui dispense des séances de prévention gratuites pour les enseignants pour accueillir la parole justement des enfants. Donc là, ce n'est pas pour faire de la prévention, mais si un enfant parle, il y a différentes formules et ça, c'est entièrement gratuit aussi. Parce qu'il y a des écoles qui avancent souvent et on peut comprendre qu'ils ne sont pas les moyens d'avoir ces séances de prévention, même si c'est obligatoire selon l'article de loi, mais il y a aussi des formules gratuites. Donc là, nous, on est en train de les recenser et petit à petit, on les mettra sur notre site.

  • Speaker #1

    Et aussi, ce qu'on peut conseiller, c'est déjà de désigner quelqu'un dans l'école qui est capable de recevoir la parole. Donc, psy de l'école, directeur, maîtresse, et de montrer, parce que si on n'a pas les mots, on peut déjà montrer la petite vidéo de Mylan dont je vous ai parlé tout à l'heure, qui dure quelques minutes. On monte en classe et après, micro-débat. C'est vrai que c'est beaucoup de responsabilité parce que si un enfant parle et qu'on ne sait pas quoi en faire, c'est compliqué. Mais franchement, il vaut mieux prendre le risque qu'un enfant parle et qu'on ne sache pas quoi faire que plutôt de se dire « Ouh là là, je ne vais pas pouvoir recevoir la parole tant que les enfants ne me parlent pas et puis on les laisse dans leur quotidien. »

  • Speaker #0

    Et il y avait une histoire de boîte aux lettres aussi ?

  • Speaker #1

    Oui, ça s'appelle la boîte aux lettres papillon. C'est une super initiative. Alors, il faut quand même que les enfants sachent déjà écrire. Donc, c'est à partir de 8 ans. Et pareil, c'est une association indépendante. Donc, c'est très bien fait parce qu'ils viennent dans les écoles former déjà les élèves en leur disant « Voilà, si vous êtes agressé, sur quelque forme de violence que ce soit, vous pouvez écrire dans cette boîte aux lettres. » elle est mise à hauteur d'enfants dans un lieu un peu caché dans l'école en général pour que les enfants puissent déposer discrètement leurs lettres et puis il y a des papiers type avec écrit qui je suis, qui est mon agresseur qu'est-ce que je veux dénoncer et puis les élèves peuvent écrire ce qu'ils veulent et donc il y a comme ça une petite fille ça a été un petit peu médiatisé, qui avait 8 ans je crois qui avait été que le grand-père avait violé et qui a pu l'écrire et on a vu des interviews de la mère de cette petite fille qui a dit mais moi je parle de prévention sexuelle à la maison ... Je leur dis personne n'a le droit de vous toucher, vous criez, vous me le dites, si quelqu'un touche... Pourquoi ma fille ne me l'a pas dit ? Et en fait, on se rend compte que ça fait partie aussi des sujets. C'est que, en fait, c'est important de laisser chez soi un espace à nos enfants pour parler de ça. Parce que parfois, on a l'impression de faire les choses bien, de cocher les cases, mais est-ce que vraiment, on leur laisse l'espace ? Donc, il ne s'agit pas de leur dire tous les soirs, genre, alors, quelqu'un t'a touché, quelqu'un t'a baissé la culotte. Mais qu'ils comprennent que c'est OK, donc pourquoi pas parler de soi. De dire, parce que c'est quand même très souvent que dans les familles, il nous arrive des trucs à nous aussi. On ne va pas se mentir, ce n'est pas juste aux autres non plus à ce niveau-là. Donc dire, voilà, si tu as besoin d'en parler, voilà comment on peut faire. Passer des moments privilégiés avec notre enfant où vraiment on l'écoute. Donc parfois, on va avoir 99% de sujets relous, genre, elle m'a dit qu'elle avait les dents jaunes, alors j'étais vexée, je suis allée pleurer aux toilettes quand c'est arrivé. Ou voilà, elle a des chaussures trop belles. mais que vos enfants comprennent qu'ils ont un espace de parole avec vous et qu'ils peuvent tout dire, qu'il n'y aura pas de jugement. Et ça, c'est important aussi, que quand ils nous disent des choses, on ne fasse pas « Oh là là, non, non, mais attends, ça, tu ne peux pas dire ça, ça » .

  • Speaker #2

    Et ne pas remettre en question, effectivement, s'ils évoquent une agression, quelle qu'elle soit, ne pas dire « Ah bon, mais t'es sûre ? Là, c'est fini. Vous perdez l'enfant et il ne se confiera plus jamais. » Il faut vraiment accueillir, peut-être ne rien dire. et prendre un peu le temps de la réflexion avant de dire quoi que ce soit et d'essayer de l'entendre et de comprendre jusqu'au bout. Dire mais n'importe quoi, pas ton grand-père, mais jamais de la vie. Non, il faut vraiment prendre le temps d'accueillir parce qu'un enfant ne parlera pas deux fois à ses parents. Une mère nous avait confié que sa fille a été victime de son père et elle a mis beaucoup, beaucoup de temps à en parler. Elle a été victime quand elle avait moins de 10 ans et elle en a parlé à sa mère quand elle avait 17 ans. Elle n'a toujours pas entendu le procès à son père, puisqu'elle est suivie par des avocats et des psychologues. Ils lui ont dit « quand tu vas y aller, ça va être terrible, le procès, tout ça. Donc il faut vraiment que tu sois sûre de tout ce que tu dis, parce que tout sera toujours remis en cause, ça va être extrêmement compliqué. » Tout ça pour revenir un petit peu en arrière. Le jour où elle a décidé de parler à sa mère, ça faisait longtemps qu'elle se doutait qu'il y avait quelque chose. Mais pas du tout ça. Mais que sa fille avait du mal à gérer ses émotions. Et un jour, elle était avec sa fille seule. Et elle a dit, là, j'ai senti que c'était le bon moment. Plusieurs fois, je lui ai tendu des perches. Je lui ai parlé plusieurs fois de ce sujet-là. Elle m'a toujours dit non. Et là, je lui ai dit, on était toutes les deux dans une chambre. Et je lui ai dit, est-ce que quelqu'un t'a fait du mal ? Et là, elle lui a dit, oui, papa. Et donc là, elle a pu lui parler. Elle dit, ça a été cette phrase qui a été déclencheur. Et aucune autre. Donc voilà, il faut vraiment... Elle dit, je n'ai rien dit. Je n'ai rien dit, j'ai accueilli, on en a parlé. Je n'ai pas remis en cause. Elle disait que plusieurs fois, elle s'était rendue compte. Elle était toujours en train de remettre en question ce qu'elle lui disait.

  • Speaker #1

    C'est vrai qu'on peut faire ça en tant que parent. Attends, mais il t'a poussé, mais ce n'est pas si grave, ça va, c'est bon. Et en fait, ce qui est important, ce n'est pas nous. Ce qu'on pense en tant qu'adulte, c'est ce que l'enfant ressent. Et c'est vrai que s'il est en confiance avec ses parents, il aura beaucoup plus de facilité à parler.

  • Speaker #0

    Toujours sur cette loi qui n'est pas appliquée, il y a eu... Ils ont essayé de la mettre en place. Il y a aussi beaucoup de parents qui ne veulent pas, qui ne sont pas d'accord, qui disent « mais ce n'est pas le rôle de l'école » . Donc ça, c'est pas évident de la faire appliquer cette loi.

  • Speaker #1

    Gros sujet. C'est en effet ça. Déjà, malheureusement, on trouve que c'est un peu dommage. Ça s'appelle l'éducation...

  • Speaker #0

    Évars, c'est ça l'éducation ? Évars, c'est encore autre chose ?

  • Speaker #1

    Évars, c'est le programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité. Et en fait, quand on dit à des parents, et d'ailleurs dans les écoles religieuses, c'est évidemment le pire. Enfin, cela dit, il y en a qui ont suivi, il y a des curés hyper motivés. Non,

  • Speaker #0

    pas forcément,

  • Speaker #1

    il y a des écoles privées, oui,

  • Speaker #0

    ouvertes.

  • Speaker #1

    Mais dès lors qu'on dit éducation à la sexualité, certains parents s'imaginent qu'on va dire à leur enfant de 6 ans, comment se masturber, comment machin et tout. Et donc...

  • Speaker #0

    Pour moi, le terme est faux, puisque pour nous, c'est plus prévention contre les violences sexuelles. Mais c'est vrai qu'apprendre son corps, comprendre le consentement et tout ça, mais tout ça est très adapté à tous les âges. Donc un enfant de sixième ou de cinquième, on ne lui dira pas la même chose qu'un enfant de CP.

  • Speaker #1

    Ça fait vraiment partie d'un cycle d'apprentissage, comme l'explique Maïdane Ausha très bien. C'est-à-dire que dans les différentes séances... Elle dit même les premières séances, enfin même toutes les séances, en fait les enfants rient beaucoup, puisqu'elle s'occupe essentiellement d'élémentaires, parce qu'elle leur apprend les parties du corps. On se rend compte en fait que les enfants, et ça les pédocriminels jouent beaucoup aussi avec ça, ne connaissent pas les parties de leur corps. C'est-à-dire que plutôt que d'appeler ça minette ou des petits noms, voilà, non, c'est pas comme ça. C'est la vulve, c'est l'anus, pour que justement après ils puissent retranscrire clairement ce qui s'est passé, à quel endroit du corps. Et donc il y a toute une partie de l'apprentissage du corps et l'apprentissage des limites corporelles et ensuite de ce qu'on peut faire ou non. Mais ce n'est pas du tout, il ne parle pas que de ça. Et comme l'a dit exactement Angèle, on ne parle pas de sexualité et de relations sexuelles à aucun moment. Effectivement, ça je pense que nous on est assez d'accord, on n'en parle pas à l'école. Mais c'est vrai que c'est un sujet compliqué à aborder avec les parents. Il y a beaucoup de parents qui sont réfractaires. Nous, on n'y voit aucun inconvénient puisque ça ne dépasse pas justement les limites. Alors, il y aura toujours malheureusement un professeur qui dépassera un jour les limites et ça viendra foutre le bordel dans tout ça. Mais aujourd'hui, non, c'est pour nous indispensable. Et c'est vrai que, par exemple, dans nos écoles, alors soit vous pouvez, nous, il y en a plein du collectif 3 par classe qui se sont motivés avec les parents d'élèves, avec d'autres parents de l'école, mais ce n'est pas nécessaire. C'est-à-dire que vous pouvez directement demander juste. à la maîtresse et aussi juste à la directrice, ce qu'ils comptent faire dans le programme, puisque c'est obligatoire. Donc vous n'avez pas la nécessité. Aujourd'hui,

  • Speaker #2

    c'est officiellement obligatoire ? Oui,

  • Speaker #1

    c'est un article de loi du Code de l'éducation.

  • Speaker #2

    Mais il y a, c'est un peu bête, mais il n'y a pas un ministère des enfants ?

  • Speaker #0

    Ça, c'est un gros sujet, parce que justement, suite au livre de Camille Kouchner, La Grande et Familia ?

  • Speaker #2

    Familia Grande.

  • Speaker #0

    La Familia Grande, pardon. un comité indépendant qui a été nommé par l'État, qui s'appelle la CIVIS.

  • Speaker #1

    La Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants est une commission d'enquête française installée en mars 2021, à la suite de l'émergence du mouvement MeToo.

  • Speaker #0

    Et donc, la CIVIS a été nommée, avec à sa tête le juge Edouard Durand. On est un peu fans. Franchement, trois par classe ! C'est un petit peu notre Brad Pistanouf, le juge Edouard Durand. On l'adore, on regarde toutes les interviews en disant « Oh, mais quel homme ! » On le trouve génial. Il est un peu perché, mais toute sa parole est tellement juste. Il agit tellement avec... Juste, il est normal, en fait. Il met des mots qui sont tellement justes. Bref, et donc là, Civiz, on fait sous forme de réunion publique. On laissait les personnes s'exprimer sur leur... leurs histoires et pour essayer de décrypter un peu le fonctionnement, l'engrenage de l'inceste et des violences sexuelles faites aux enfants. Il en est sorti 82 actes à faire, des trucs à mettre en place, et malheureusement, et c'est un petit peu ce qui désole tous les militants et les gens des associations, c'est que le juge Edouard Durand a été évincé de la civise et il a été mis à sa place des personnes moins engagées, plus facilement malléables, en gros. Donc, nous, ce qu'on aimerait, c'est que... Mais pourquoi ? C'est politique. C'est politique parce qu'il n'était pas prêt à aller à l'encontre de ses valeurs, je pense. Et que c'est un peu chiant pour certaines personnes. Et que les 82 recommandations, elles ont été formulées. Ils ont recensé plus de 30 000 témoignages. Donc, ils sont vraiment très, très, très offrés, plus que personne, sur le fonctionnement. Comment est-ce qu'en France, aujourd'hui, on réussit ? à violer un enfant, à agresser lui sexuellement, à incester dans les familles. Pourquoi il y a une telle ampleur ? Et que faire pour démêler tout ça ? Donc, il y a 82 recommandations. Et on aimerait aujourd'hui, toutes les personnes sensibles à ça, dans les associations et tout ça, mouv'enfants, infantistes, infanticides...

  • Speaker #1

    Incesticides, vraiment infantistes. Oui, oui,

  • Speaker #0

    il y a beaucoup. Tout le monde... envie que le juge Edouard Durand revienne à cette place-là et qu'il y ait un vrai comité qui soit créé.

  • Speaker #1

    Mais le système est tellement fait pour protéger tous les pédocriminels et accuser les mères, justement, protectrices. que c'est terrible. Et là, le juge Edouard Durand venait mettre un vrai coup de pied dans la fourmière. Aujourd'hui, la justice est dysfonctionnante sur ce sujet-là, quand même. Il y a trop peu d'enfants qui sont protégés. J'ai plus les chiffres en tête, Rebecca pourrait nous les redire, mais je sais pas, c'est moins de 5% quand même de jugements qui sont en faveur des enfants.

  • Speaker #0

    8 sur 10 qui sont classés sans suite.

  • Speaker #2

    Mais on sait pourquoi ?

  • Speaker #0

    Alors, pour plusieurs raisons. Déjà parce que, autant que ça nous gêne, nous, de parler de ça, enfin en tout cas dans les écoles et tout, ça gêne les juges aussi. Ils préfèrent se dire « Oulala, cette mère elle est folle, elle veut garder la garde complète de son enfant » ou alors « Oulala, il est un petit peu mythomane lui » plutôt que s'imaginer vraiment que c'est la réalité. Il y a déjà ça. Il y a aussi le fait qu'en France, contrairement à l'Italie et l'Espagne, le même juge qui va juger un vol dans une épicerie va juger ces cas de violence familiale. Donc en fait, ils ne sont pas assez formés aussi, les juges.

  • Speaker #1

    Il y a aussi le cas du syndrome d'aliénation parentale, qui a été mis en place par je ne sais plus quel médecin, je n'ai même pas envie de le citer tellement c'est quand même terrible. Une ordure. C'est une ordure, et donc qui est aujourd'hui souvent avancée par les avocats des incesteurs. C'est-à-dire que, bah oui, on fait passer la mère pour folle. En même temps, comment ne pas devenir folle quand on sait que son enfant est incesté par son père ou son mari, ou peu importe, ou même une nounou, il y a aussi effectivement des femmes de temps en temps. Et donc malgré ça, il y a beaucoup de mères qui arrivent à prendre sur elles. Et ce syndrome est souvent avancé dans les procès pour dire qu'en fait, les enfants sont sous l'influence des mères complètement folles. Et ça, ça a été, donc ce syndrome a été créé, je ne sais plus,

  • Speaker #0

    il y a une trentaine d'années. Alors, dans les années 80, par le psychiatre Richard Gardner, qui est un Américain, et qui a mis, donc d'ailleurs... je vous invite à regarder sur Youtube les interviews complètes de lui, parce qu'à un moment, le journaliste lui dit « Mais si un enfant se fait vraiment violer par son père, qu'est-ce qu'ils ont fait ? » Il dit « Une paire de claques et on n'en parle plus. » Donc en fait, ce psychiatre, qui a fait énormément de mal évidemment aux enfants dans les années 80, a mis en avant le fait de l'aliénation parentale. Donc quand une mère dit que son enfant est violé, c'est que la mère est toute puissante, qu'elle veut avoir le p... pouvoir complet sur son enfant, le contrôler.

  • Speaker #2

    Ou elle veut garder la garde.

  • Speaker #0

    Elle veut garder la garde, ou alors elle veut nuire à son ex, ou parfois à son père, parce que parfois les parents sont encore en couple. Et donc en fait, ce syndrome d'aliénation parentale est ressorti à toutes les sauces depuis les années 80, dans tous les tribunaux de France, pour l'opposition. Donc à chaque fois qu'un enfant dit « on m'a violée » , c'est parti. La mère est folle, le pouvoir, elle veut nuire, en tout cas dans les cas où c'est les pères qui abusent sexuellement des enfants. Et ça, ça n'est pas prouvé scientifiquement. Et pourtant, ça fait pencher des verdicts vers le mauvais côté de la force, en gros. Et donc, on se retrouve avec des cas aberrants, comme celui de Sophie Abida, qu'on suit depuis longtemps avec Maud. On avait même fait, pendant le confinement, une cagnotte pour l'aider à s'évader. Enfin, ça va dans des tripes un peu aberrants. Donc, Sophie Abida. a quatre enfants, trois d'entre eux sont abusés sexuellement par le père. Il y a des enregistrements, des mouchards qu'elle avait planqués dans les doudous, des preuves, puisqu'ils ont la même cassé le bras d'un de ses enfants, etc. Et quand bien même, elle fait trop de bruit, elle n'a pas voulu remettre les enfants au père, parce que le procès n'était pas...

  • Speaker #1

    Elle a un fan club, on parle de fan club, des personnes qui la soutiennent.

  • Speaker #0

    Et en fait, les enfants sont remis garde complète au père, parce qu'en France, on n'applique pas ce qu'on appelle le... principe de précaution qui veut dire que quand il ya un doute et d'ailleurs moi j'aimerais que ce soit le cas pour ma famille aussi si un doute ben on écarte les enfants du potentiel danger on n'a pas dit que le père était un agresseur on a dit que on écarte le temps du procès en france le la présomption d'innocence mime sur les gens la fibre de pression le principe de précaution ça veut dire qu'on préfère dire attendez attendez le père il est peut-être innocent donc il va continuer à voir ses enfants une semaine sur deux que le père est peut-être coupable, donc on va protéger les enfants toutes les semaines. Donc, dans ce cas, par exemple, où les mères n'en peuvent plus, et d'ailleurs, il y a un film super qui vient de sortir, qui s'appelle Protéger l'enfance, de Eve Simonnet. Je vous invite à le voir, c'est gratuit, vous pouvez le voir sur YouTube aussi. Protéger l'enfance, qui met très bien en avant tout ça, le fait que ces mères protectrices se retrouvent elles-mêmes en prison, jugées, à devoir payer des amendes.

  • Speaker #1

    Ou en fuite.

  • Speaker #0

    Ou en fuite avec leurs enfants quand elles se disent en fait bon ok, mais il faut avoir les moyens de partir en fuite, de changer de passeport, de machin. On en est à ce stade-là en France, donc c'est vraiment catastrophique. Et donc Sophie Abida aujourd'hui n'a pas vu ses enfants depuis des mois. Leur père à la garde, sa petite-fille qui allait encore lui a été arrachée par les flics. pour être placée chez le père parce qu'il a présomption d'innocence.

  • Speaker #2

    Et c'est elle qui est passée pour folle. C'est fou votre histoire.

  • Speaker #0

    Et puis, en moment, le problème, c'est que, et d'ailleurs, on en parle avec Rebecca Royer, qui est avocate et qui soutient beaucoup ces femmes-là, c'est qu'à un moment, elles deviennent vraiment folles. Et je mets au défi toutes celles qui nous écoutent de savoir que notre enfant se fait abuser sexuellement tous les soirs, de garder le sourire et sa légèreté et sa pleine santé mentale.

  • Speaker #2

    évidemment que ça rend fou par rapport à toutes celles qui nous écoutent et qui se disent tiens non mais moi je suis à fond comme elle j'ai envie de qu'est-ce qu'on peut faire en fait qu'est-ce que chacun dans son petit coin est-ce qu'on peut remonter ça dans nos écoles est-ce que les écoles elles peuvent fonctionner au cas par cas ou est-ce qu'il faut absolument attendre que cette loi soit mise en place ou qu'est-ce qu'on peut faire chacun à notre niveau l'article existe déjà

  • Speaker #1

    Depuis un petit bout de temps. Donc elles peuvent déjà, moi je dirais d'abord, c'est libérer la parole avec ses propres enfants dans son cercle intime, dans son cercle familial, libérer la parole avec sa famille et ses amis. Ça pour moi, c'est vraiment le numéro un. Et très rapidement, dans la foulée, aller voir, envoyer un courrier, même un mail à la direction de son école pour savoir ce qui est proposé comme séance de prévention pour justement éduquer. les enfants au corps et les protéger d'éventuelles violences sexuelles.

  • Speaker #0

    Et ça, si c'est difficile à faire, parce que, comme on le dit, c'est la clé, si c'est difficile à faire, parce qu'en fait, nous, on a ressenti ça. De se dire, le directeur, il va me blacklister, il va pas prendre mon dernier dans l'école, ma fille va être considérée comme la fille d'une folle, etc. On se l'est toutes dit, en fait, parce que à parler de ça, on passe quand même pour des hystéros de service ou des féministes. engagés qui veulent couper des idées. Et donc, si vous avez du mal à faire ça, trois par classe, vous nous écrivez et nous on propose des lettres déjà rédigées. Vous avez juste à ajouter le nom de votre professeur.

  • Speaker #2

    Oui, ou des documents à imprimer, même, j'ai vu. Oui, tout à fait. On peut poser à la petite-mère, je n'en sais rien, à la petite-mère de l'accrocher.

  • Speaker #0

    Exactement. Ce que vous pouvez faire aussi, c'est vous éduquer vous et en parler. Donc, en parler évidemment dans vos familles, mais aussi à vos amis. faites en fait comme nous on a fait vous vous fédérez un peu autour de ça les lectures, les podcasts, les trucs parce que plus on est cultivé, plus on sait parler de ce sujet plus on aura de facilité à affronter les discussions parfois un peu dures quand on se dit mais qu'est-ce que tu racontes mais ça c'est dans les milieux où les gens sont ivres morts, n'ont pas d'argent en fait non, c'est dans tous les milieux on a la preuve moi j'étais dans un milieu ultra privilégié j'étais avec les Kouchner donc ... Par exemple, tout allait bien dans l'idée, puisque c'était des gens très médiatiquement reconnus, etc. N'empêche que c'était, dans cette école, exactement le même chiffre que dans les autres écoles. Donc, en parler, se renseigner, utiliser des outils pédagogiques chez soi, des livres pour les enfants, des petites vidéos, ce genre de choses, et puis contacter les associations, en tout cas les suivre. Par exemple, Mylan Chapiron, vous pouvez voir sur son site Millemiette, vous pouvez voir comment se déroule une séance. Et vous aurez plus de facilité comme ça à la faire.

  • Speaker #1

    Et puis aussi, petit à petit, changer son comportement avec ses propres enfants aussi. Ça, je sais que ce n'est pas évident. Et alors là, on se confronte encore à des nouvelles remarques de ses propres amis. Mais c'est vrai que moi, j'ai toujours entendu « Ah, ses petites fesses trop mignonnes ! » « Touchez les fesses des enfants ! » Enfin, je veux dire, tout le temps, les embrasser sur la bouche, croquer les différentes parties du corps. En fait, le corps de l'enfant n'est pas... à la disposition de l'adulte. Et ça, c'est vrai que notre génération, il faut qu'elle l'apprenne. Moi, j'ai grandi dans cet univers-là où vraiment, le corps était à disposition des adultes. Et aujourd'hui, c'est un vrai sujet. On le voit bien aujourd'hui, après, les rapports hommes-femmes sont complètement... sont inégaux. Et je pense qu'il faut qu'on apprenne à... On respectera plus le corps des femmes si on a déjà plus respecté le corps des enfants. Et ça... Bon bah ça y est on commence à ne plus forcer nos enfants à embrasser des adultes ou ce genre de choses. Mais rien qu'au niveau du toucher, moi je veux dire je rêve que d'une chose, c'est de toucher mes filles, de les croquer partout. Mais non, mais non en fait, leur fait c'est... Si je veux leur apprendre que c'est des parties intimes et que personne, aucun adulte n'a le droit d'y toucher, ça commence par moi. C'est-à-dire que moi-même, leur propre mère, je ne vais pas... Je veux dire, mes filles se lavent seules depuis qu'elles ne portent plus de couches. Je vérifie effectivement et je le dis aux babysitters, à la famille, personne ne va aider mes filles à se doucher, elles savent le faire toutes seules. Ces parties intimes, que ce soit la bouche, la poitrine, la vulve ou l'anus, ça leur appartient et on n'a plus à y toucher. Et je pense que quand ils auront intégré ça, ça aussi ce sera des repères pour eux de se dire, un adulte me touche les fesses. Non, c'est vraiment quand ils seront adultes. et qu'ils auront envie de se faire toucher les fesses, très bien. Mais je veux dire, moi j'ai grandi avec des mains au cul, des machins et tout ça, mais parce qu'on fait ça depuis des siècles. Bah stop en fait ! Non, non, j'ai pas envie qu'on me mette des mains au cul, et qu'on me mette des mains au cul de mes filles non plus. Donc ça je pense que c'est nous aussi, parents, il faut qu'on change ces comportements-là. On peut être extrêmement tactile avec eux, sans leur toucher les parties intimes.

  • Speaker #0

    Et quand on parle de changer notre comportement au quotidien, tout à l'heure, tu parlais des mots. Alors, c'est vrai que, par exemple, moi, tout le monde se fout de moi à la maison. Mon mec, le premier, les enfants, ça les rend hilar. Quand je dis dans le bain, ça va, tu as bien lavé ta vulve, tu viens à stiquer ton pénis. C'est sûr, moi aussi. Même en le disant, moi, je ne suis pas encore complètement déconstruite. Je suis là, wow, dire le mot vulve à un petit enfant, c'est limite glauque. Mais en fait, oui, il faut mettre les bons mots déjà pour que tout le monde se moque de moi. J'avoue, oui. Et toi, ta vulve... « Ah, mais c'est vrai que c'est un mot horrible, pourquoi vulve, ça nous dégoûte, je ne sais pas. » Bref, donc déjà, dire les bons mots, c'est vrai que c'est important. Et aussi, on parle d'adapter à son quotidien certains comportements, mais même quand ils sont bienveillants. Et c'est là où, par exemple, moi, ma belle-mère, c'est une femme extraordinaire, elle est géniale avec les enfants, vraiment, je l'adore, et rien de toxique. En revanche, elle dit toujours aux enfants « Viens, je vais te dire un secret,

  • Speaker #1

    je vais te dire un secret. »

  • Speaker #0

    Et donc, en fait, j'étais mal à l'aise par rapport à ça. Et je me disais, bon, je ne vais pas faire la belle-fille relou. Je refuse. Ben oui, je l'ai fait. Donc, à un moment, je lui ai dit, est-ce que tu peux arrêter, s'il te plaît, de dire des secrets à mes enfants ? Parce que je ne veux pas qu'un adulte leur dise, c'est un secret, tu ne le dis pas. Alors qu'il n'y a aucune malveillance de sa part. Donc, ça m'a fait un peu de la panne. J'ai vu. Je lui ai dit, dis-leur une surprise. On va faire une surprise, un truc comme ça. Mais un secret, c'est non. un adulte ne dit pas un secret aux enfants. Donc ça, c'est un truc aussi de très nouveau, parce que nous, on n'a pas du tout grandi avec ça. Donc voilà, des petits comportements comme ça. Ou alors les amis.

  • Speaker #2

    Oui, mais ça peut être très gênant, tu vois. Je te dis n'importe quoi, on entend beaucoup. Ça peut être aussi de jeune à jeune. Tu mets ton enfant de 7 ans dans un dortoir avec des ados, ben en fait, tu peux aussi être mal à l'aise. Si t'es la mère qui dit « Non, mon fils, il va pas dormir dans le dortoir. Là, il y en a quatre, dont un que je trouve un peu agressif et tout. Non, il va dormir avec moi. Devant ta bande d'amis, tu passes aussi pour la compter.

  • Speaker #1

    Malheureusement, mais ça va pas être par là.

  • Speaker #2

    On l'a pas vécu.

  • Speaker #1

    Ça doit passer par là. Et après, moi, je vois...

  • Speaker #0

    Complètement. Et ça, on en parle aussi pas mal. On parle maintenant, c'est un bon bar. Et après,

  • Speaker #1

    tu te rends compte que, tu vois, par exemple, quand j'ai passé un week-end avec Violaine et Roxane il y a pas très longtemps, donc membre aussi du collectif.

  • Speaker #0

    Membre actif.

  • Speaker #1

    voilà, mandat réactif du collectif c'était hyper agréable de voir qu'on avait toutes des réactions entre enfants qui allaient dans le bon sens de tout ce qu'on vient de dire bah non, les enfants vous faites pas ça ensemble enfin je sais plus, là j'ai plus d'exemple mais en tout cas, ça y est, on a fait le travail et petit à petit on intègre les nouveaux mots les nouveaux comportements et ça change les week-ends et on aura encore des moments comme ça, or tant ça c'est sûr mais je pense qu'il faut pas, il faut plus qu'on ait peur

  • Speaker #0

    d'être celle qui dit non,

  • Speaker #1

    puisque l'idée, c'est de protéger nos enfants. Et c'est quand même le principe des parents. Je veux dire, pour moi, le premier rôle, c'est de protéger nos enfants.

  • Speaker #0

    Mais en fait, l'ortance, tu mets le doigt sur un truc hyper qu'on a toutes, c'est la vision de nous, notre image, VS, le bien-être de nos enfants. Et c'est ce qu'au tout début, moi, je ressentais à l'école, quand je parlais de ça à Thierry Larigot, je me disais, en fait, moi, tous les parents vont me prendre pour une folle, on va me détester. Mais, en tout cas, les enfants sont protégés parce que j'irai jusqu'au bout. Donc, c'est dur de mettre en péril notre réputation. On n'a pas envie d'être la relou de service. On a pris des années à se construire socialement, à se faire une sorte d'image idéale, etc. Donc, c'est dur de la saboter. Parce qu'on n'a pas fait le travail encore. Mais moi, la première. Mais, comme dit Maud, on doit passer par là. En fait, on doit passer par là. Et si jamais il y a des parents qui nous disent « Oh là là, déjà restez léger, pas essayer de se braquer et tout. » Mais par contre, expliquez les choses clairement. Bah oui, c'est comme ça qu'on est là, en fait, on les protège et par tous les moyens. Et c'est pas grave si ça vous plaît pas.

  • Speaker #1

    Et après, ça fait pas non plus forcément des ados agresseurs, en fait, je veux dire, de penser à ça, mais on a un rapport à la sexualité, à l'adolescence et quand on est enfant qui n'a rien à voir. Je veux dire, ils peuvent voir des choses, même quoi, bon, bah voilà, qu'ils sont pas obligés de voir le... je sais pas il peut se passer des choses pendant la nuit on n'est pas là sans qu'ils aient vraiment agression sexuelle bah c'est pas grave en fait ça sert à rien que ça arrive et que ça mette mal à l'aise et les petits enfants et les adolescents donc vaut mieux éviter ce genre de situation désagréable mais

  • Speaker #0

    bon ça fait pas de ces ados-là des agresseurs et nos enfants des enfants agressés et même je trouve encore une fois on l'a évoqué un peu tout à l'heure mais offrir l'opportunité à des ados, des enfants qui auraient des pulsions, des envies. De comprendre que ça ne se fait pas et de ne pas le faire, c'est tellement un beau cadeau pour eux. C'est tellement un beau cadeau, même pour un garçon, de lui offrir la chance d'être un mec bien. Parce que si personne ne lui a jamais dit qu'en fait, non, il y a des trucs que tu ne fais pas, tu as envie de découvrir un peu comment ça se passe en dessous, tu n'y vas pas. Si personne ne lui a jamais dit, il y va. Et après, il n'y aura peut-être pas toute sa vie, mais il y a quand même un poids d'être aussi un... considéré comme un agresseur, un mec pas bien. Donc c'est aussi donner l'opportunité, évidemment protéger nos enfants, mais leur donner aussi l'opportunité d'être des gens bien. Et ça c'est le plus beau cadeau qu'on puisse leur faire, de se respecter soi-même, de s'aimer. Et ça passe par là.

  • Speaker #1

    Et quand on voit aujourd'hui les dégâts psychologiques qu'il y a sur tous les enfants qui ont été agressés dans leur enfance, c'est quand même... Même une fois parfois. Même une fois, c'est terrible. Entre soit... Les suicides, ceux qui ont tenté de se suicider, les dépressions chroniques, c'est quand même compliqué. Et aujourd'hui, quand on voit où le monde va, on se dit qu'on a plutôt intérêt à, dès le début, protéger nos enfants et essayer de leur apporter une vie saine et protégée, un maximum, si on ne veut pas en faire des tarés plus tard.

  • Speaker #0

    Et c'est toute notre société, en fait. l'humanité presque.

  • Speaker #1

    Une génération d'incestés qui font des tas,

  • Speaker #0

    mais qu'on peut changer. Parce que si ces 165 000 enfants par an ont entendu ce que c'était que leur intimité, que c'était pas ok, ça fera des ados encore une fois mieux, comme tu disais, avec moins de problèmes psychologiques, etc. L'idée, c'est pas de dire qu'on est condamné une fois qu'on a été agressé. On peut évidemment s'en sortir, on peut pardonner, on peut demander pardon, ça s'arrange, mais en tout cas, que le sujet soit mis sur la table. Et ça fera des adultes mieux. Et puis, même au niveau de la sécurité sociale, le poids que c'est, le mal-être des conséquences, et encore, on ne sait qu'une infime partie.

  • Speaker #1

    Il y en a un fois, il disait que c'était 9 millions d'euros aujourd'hui qui étaient dédiés au suivi médical de toutes ces personnes qui ont été agressées sexuellement.

  • Speaker #0

    Et je pense que c'est largement sous-estimé.

  • Speaker #1

    Oui, si on les met en amont. C'est une société qui va mieux,

  • Speaker #0

    des enfants qu'on n'agresse pas sexuellement. C'est vraiment une société qui va mieux.

  • Speaker #2

    Bon. Je crois qu'on a fait un peu le tour. Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    C'est un peu glauque, désolée.

  • Speaker #2

    Non, pas du tout, c'était le but. Et ce n'est pas glauque, puisque c'est, on le rappelle, trois par classe. Donc, c'est vraiment le message à faire passer. C'est trois enfants par classe. C'est un enfant sur dix. Donc, merci beaucoup d'être venue au micro de Décodeur, qui, à la base, n'a rien à voir. Mais je suis très contente. Merci au podcaston, justement, d'avoir... donné cette occasion de pouvoir faire ça. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Et je rappelle, 3 par classe, pour l'instant sur Instagram, et bientôt un site. Tout à fait. Merci beaucoup. Merci,

  • Speaker #0

    bonne journée. Merci,

  • Speaker #2

    bonne journée. Décodeur, c'est terminé pour aujourd'hui. Merci beaucoup d'avoir écouté en entier. Si vous avez aimé, n'oubliez surtout pas de vous abonner à cette émission pour ne pas rater les prochains épisodes. Bien sûr, vous pouvez... aussi le partager sur Facebook, Twitter, LinkedIn ou en story Instagram par exemple. Ça permet de le faire connaître à vos proches. Je suis Hortense Leluc et vous pouvez me retrouver sous le pseudo Hortense Déco ou via le compte Décodeur Podcast sur Instagram. Et si jamais vous écoutez sur iPhone via l'application Apple Podcast, vous pouvez aussi me laisser un commentaire, rubrique classement et avis, parce que Plus j'ai de commentaires, plus Décodeur se démarque dans la jungle des podcasts, ce qui est très important pour moi pour me faire connaître encore plus largement et faire découvrir le monde de la déco au plus grand nombre. Voilà, merci et à très bientôt alors, ici ou ailleurs.

Description

Le Podcasthon est une initiative géniale dans le monde du podcast : toute la semaine plus de 1 500 podcasts vont dédier leur épisode à l’association de leur choix. L’idée étant de créer une grande vague de solidarité, de soutenir le maximum d'associations caritatives qui ont souvent peu de moyens pour se faire entendre et de sensibiliser nos audiences à une cause qui nous tient à cœur.

Alors aujourd'hui, on ne va pas du tout parler déco, design, créativité ou artisanat, mais du collectif @3parclasse qui lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants… car ils seraient 3 par classe. Un chiffre dramatique qui ne peut pas nous laisser indifférent, qui touche toutes les classes sociales, toutes les villes de France alors qu'une loi obligatoire existe et que toutes les écoles, collèges et lycées devraient dispenser 3 séances annuelles de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles. 

C'est un sujet dérangeant mais un fléau dont on doit parler. 160 000 enfants sont concernés. 1 enfant sur 10.  Ces chiffres sont terrifiants et nous concernent tous. Si, si, les prédateurs sexuels sont partout, dans nos familles, au sport, chez les copains,... ils ne sont pas cagoulés ou anonyme, ce sont souvent des adultes que nos enfants fréquentent, ils peuvent être très proches et gentils, et c'est bien là tout le problème.  

Alors que faire pour protéger nos enfants, à leur apprendre à dire non ou à libérer leur parole, n'ayez pas peur de ce sujet encore trop tabou et venez nous écouter avec Angèle Ferreux Maeght et Maud Zilnyk, les fondatrices de ce collectif motivé plus que jamais.  


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Merci beaucoup 👍   


Hortense Leluc, journaliste déco et fondatrice de DECODEUR  


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à tous, bienvenue dans un nouvel épisode de Décodeur, le podcast sur celles et ceux qui font la déco aujourd'hui. Et ce matin, on enregistre un épisode très spécial dans le cadre du... Podcaston, une initiative qui est formidable, qui va rassembler plus de 1500 podcasts toute la semaine, du 17 au 21 mars, et qui vont dédier un épisode de leur podcast à l'association de leur choix. L'idée, c'est de créer une grande vague de soutien et de sensibiliser nos audiences à une cause qui nous tient à cœur. Vous avez peut-être vu passer d'autres podcasts parler de thèmes complètement différents. Donc nous, aujourd'hui, on ne va pas du tout... parler d'éco, design, créativité ou artisanat, mais du collectif 3 par classe qui a été créé par Angèle, Ferremag et Mosinic et qui lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants car ils seraient 3 par classe. Un chiffre dramatique qui ne peut pas nous laisser indifférent, qui touche toutes les classes sociales, toutes les villes de France. Alors que faire pour protéger nos enfants ? On va en parler tout de suite avec Angèle et Maud. Bonjour Angèle, bonjour Maud.

  • Speaker #1

    Bonjour.

  • Speaker #2

    Bonjour Hortense.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup pour le temps que vous m'accordez. Est-ce que vous pouvez peut-être nous expliquer comment est né ce collectif 3 par classe ?

  • Speaker #1

    En fait, ce collectif est né étonnamment par une initiative écologique. Maud avait ouvert l'épicerie générale, une épicerie bio, il y a quelque temps à Paris. Et donc Maud s'était entourée et avait attiré aussi des personnes sensibles comme elle à des questions écologiques. Ensuite, avec Violaine Belcrois, elles ont créé les WIT, les Women in Transition Ecologique. Maud, peut-être que tu peux en parler, mais c'était un peu la génèse finalement.

  • Speaker #2

    Alors les WIT, effectivement avec Violaine, rassemblent toutes les initiatives de personnes connues, pas connues, qui souhaitent être en transition écologique. Et donc nous, l'idée avec le compte Instagram MediaWIT, c'est de partager toutes les transitions sans jugement. Donc les échecs, les réussites. Voilà, plein de petites choses et comme le dit Angèle, l'idée c'est de rassembler toujours plus autour de comment faire mieux pour toujours plus protéger le vivant et ce genre de choses. Et donc c'est vrai qu'avec Angèle, depuis de nombreuses années maintenant, on se retrouve beaucoup sur ces sujets-là.

  • Speaker #1

    Et comme on parlait de ces sujets, on commençait à être un petit groupe, à s'insurger et puis aussi à se questionner sur nous, notre rôle, etc. On allait de plus en plus loin au fil des conversations et puis finalement, c'est quand on a été... éveillé à l'ampleur du fléau des violences sexuelles faites aux enfants en France, dans le monde en général, mais en France on est vraiment grave, ça a tout de suite résonné en nous parce que finalement, il s'agit du vivant. Et c'est exactement comme l'écologie, c'est exactement comme l'homophobie, la misogynie, c'est le fait de prendre le pouvoir sur le vivant et le contrôle. et éventuellement de le détruire, en tout cas de le contrôler. Donc finalement, c'est la même chose. C'est des plus puissants qui prennent le pouvoir sur les plus faibles. Donc l'écologie et puis finalement, les violences sexuelles faites aux enfants, c'est pour nous très lié. Donc on s'est retrouvés sur ces sujets, on a commencé à faire venir des amis à nous, à écouter des podcasts, à lire des livres sur les sujets. Et en fait, on était tellement indignés. et en colère parce que quand on commence à mettre le doigt dedans, et d'ailleurs je vous invite à écouter notamment le podcast Ou peut-être une nuit qui se joue en plusieurs épisodes, qui est vraiment qui nous a vraiment aidé à nous éveiller en fait quand on commence à mettre le doigt dedans, on se rend compte à quel point cette horreur on la côtoie tous les jours, elle est très proche de nous et c'est atroce et c'est tous les jours et c'est même toutes les trois minutes en France donc on... On était là avec cette colère et puis finalement on a décidé de se réunir, de réunir les personnes autour de nous qui étaient aussi sensibles, qui commençaient à être touchées aussi par ça. Et au lieu d'être dans notre lit le soir avec de la rage, parce que vraiment ça met en colère et puis ça nous met mal en fait. Les chiffres, les récits, les histoires, c'est tellement atroce. Il n'y a tellement rien de pire que violenter sexuellement un enfant qui est tellement innocent, tellement pur, tellement le... Le futur et l'espoir, il n'y a tellement rien de pire que ça met vraiment en rogne. Donc on a décidé de se réunir pour essayer de mettre cette énergie au service de quelque chose de positif ou de créatif. C'était soit ça, soit il fallait faire l'autruche parce qu'on ne pouvait pas. Et d'ailleurs, vous aussi qui écoutez, quand vous allez commencer à écouter ces podcasts, ce que je vous invite à faire parce que c'est douloureux, mais c'est important d'ouvrir les yeux. adultes, responsables, citoyens, on n'est pas capable de protéger ou en tout cas d'agir un minimum ou d'être au courant de ce qui se passe pour les enfants. Sinon on ne peut pas les protéger, personne ne le fera. Donc ça nous tous, ça vient de nous, ça vient des discussions entre copines après l'école, au dîner le soir, enfin on a en fait un pouvoir énorme et par contre il faut qu'on agisse.

  • Speaker #2

    Et donc après, quand on s'est toutes réunies, ça a mis un petit peu de temps avant de se mettre en place, parce qu'on ne savait pas comment aider ces enfants, comment les protéger. On s'est dit, on a différentes voies, et c'est vrai qu'on s'était dit, il faut bien les utiliser. Il ne faut pas qu'on soit énervé, parce que comme l'a dit Angèle, c'est quelque chose qui nous tient énormément à cœur, donc on peut y avoir beaucoup, beaucoup de colère. On ne voulait surtout pas braquer les gens, faire peur, donc on a mis du temps. Je pense que ça a bien mis un an avant de trouver notre angle. de trouver vraiment ce sur quoi on pouvait avoir un peu changé les choses. Et donc grâce à Mylan, on a rencontré Mylan qui a créé l'association 1000 miettes. Et donc elle et Rebecca nous ont fait découvrir cet article de loi qui nous était inconnu avant, c'est-à-dire l'article L312-16 du Code de l'éducation, qui dit que, alors attendez je vais vous le lire comme ça au moins je ne vais pas dire de bêtises. Une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et lycées à raison d'au moins trois séances annuelles et par groupe d'âge homogène. Et donc quand on a découvert ça, on s'est tous rendu compte dans notre collectif de dix personnes qu'il n'y en avait aucune dont les enfants avaient bénéficié de ces séances de prévention. Donc quand on parle de séance d'éducation à l'éducation sexuelle, c'est-à-dire que c'est aussi bien la découverte du corps humain que... la découverte de l'empathie et aussi la prévention contre les violences sexuelles. Ce n'est pas trois séances où on va parler que d'inceste et tout ça. Et donc on a découvert ça et on s'est dit ok, en fait l'école a un pouvoir énorme puisque nous ça faisait déjà un moment qu'on en parlait dans notre entourage, on voyait que c'était compliqué et que les enfants n'ont pas forcément la place d'en parler dans leur entourage. Donc on s'est dit en revanche l'école a clairement un rôle à jouer. Et donc nous on s'est dit avec Trois par classe, c'est pour ça qu'on l'a appelé aussi Trois par classe, on veut apporter tout notre soutien aux enseignants, aux écoles, aux directeurs qui souhaitent mettre en place ces séances de prévention, parce qu'on sait que c'est extrêmement difficile pour eux de le faire, parce qu'il y a des parents qui ne veulent pas que leurs enfants aient accès à ça, parce que même pour eux-mêmes, ils ne sont pas formés. Donc c'est très compliqué d'arriver dans les écoles et de parler à des enfants de 6 ans, ou à des enfants du collège, de ce type d'informations. Donc voilà, nous on s'est vraiment dit, ok, notre objectif, avec 3 par classe, c'est d'apporter un maximum d'informations, c'est-à-dire de diffuser un maximum de noms d'associations aux écoles pour qu'ils puissent se faire accompagner et dispenser ces séances de prévention. Parce qu'on ne leur remet pas tout sur le dos, on n'est pas dans le jugement avec les maîtresses ou avec les enseignants en disant « vous ne le faites pas, on sait très bien que c'est difficile pour nous-mêmes, c'est extrêmement compliqué d'en parler dans nos familles et à nos enfants. » Donc voilà.

  • Speaker #1

    Quand tu parlais de Mylan, je fais une petite aparté. Il s'agit de Mylan Chapiron, qui est une artiste qui a décidé de mettre en partie son art au service de ça, parce qu'elle-même a été abusée sexuellement quand elle était petite. Et donc, elle fait des séances de prévention. Il y a plein d'autres associations, mais c'est un peu notre chouchoute parce qu'on trouve que c'est tellement clair. Il n'y a rien d'autre à dire. Donc, elle fait des séances de prévention dans les écoles. On peut aussi... Regardez sur YouTube, c'est gratuit, ça dure 3 minutes et dès 2 ans. Pourtant je ne recommande pas les écrans, mais alors là franchement, diffusez-le en masse. Mais t'es extrêmement bien fait. Il y a un petit court-métrage sur YouTube qui s'appelle « Le loup, les violences sexuelles expliquées aux enfants » . Et c'est super, vraiment montrez-le à vos enfants parce que tout est dit. Et ce que je trouve très bien, c'est qu'en fait on a peur. Et oui, tu parlais aussi de Rebecca, il s'agit de Maître Rebecca Royer, qui fait partie de notre association, de notre collectif qui était à la Genèse aussi, et qui est avocate spécialisée là-dedans. Donc, elle connaît aussi bien le sujet. En fait, on se rend compte que ces mots sont durs à dire. Et nous, on était confrontés à ça. On s'est dit, OK, il faut qu'il y ait ces séances de prévention dans les écoles. Mais comment on fait ? Aucune de nous n'avait le courage de le dire. Donc, on s'écrivait même des phrases type. Quand on levait le doigt dans les réunions parents-profs ou avant les classes vertes, on s'écrivait des phrases type pour dire « bonjour, excusez-moi, qu'avez-vous prévu pour protéger nos enfants ? » ou « est-ce que les moniteurs ? » etc. En fait, on était stressés. Et ça, cette espèce de poids, de chape de plomb qui nous met mal à l'aise, c'est exactement la raison pour laquelle les pédocriminels ont l'impunité. C'est qu'en fait, on a réussi à détourner le truc, enfin ils ont réussi en tout cas le système. à faire en sorte que c'est tellement gênant, c'est tellement honteux, c'est tellement sale comme sujet qu'on n'en parle pas. Et c'est tellement désagréable de s'imaginer un petit enfant se faire violer. Ça ne fait plaisir à personne de normalement constituer. Donc on n'en parle pas, c'est trop gênant. Sauf que ça arrive. Dès lors que ça arrive malheureusement partout, dans tous les milieux, dans tous les quartiers, dans beaucoup de familles, comme ça arrive, on ne peut pas le nier. Donc on doit agir. C'est pour ça que 3 par classe, en fait, ça aide non seulement, comme disait Maud, les établissements à mettre en place des systèmes, donc faire appel à des associations, former des enseignants, il y a plein de choses dont on parlera plus tard, mais aussi les mères d'élèves et les pères d'élèves, c'est un autre sujet, mais c'est vrai que ça touche plus les femmes, mais les parents d'élèves qui se disent, on veut que tous les enfants de l'école entendent dès la petite section. voilà ton intimité, c'est parti là, personne n'a le droit d'y toucher, c'est à toi dès lors que tu sais te laver seul. Personne d'autre n'a le droit d'y toucher, si quelqu'un le fait, c'est interdit. Si un adulte te dit c'est un secret, ne le dis pas à tes parents, ou qu'un parent te dit, ne le dis à personne, alerte rouge, il faut que tu en parles, aucun adulte n'a le droit de te dire, de ne pas le dire à un autre adulte, des mots clés comme ça.

  • Speaker #2

    Et comme une enseignante justement qui avait bénéficié des séances de prévention de Mylan, et... Chapiron et qui a vraiment adoré, elle disait mais quand on dit, quand un adulte dit à un enfant qu'il n'est pas au courant, si un enfant ose dire non, on ne fait pas ça à un enfant, on n'a pas le droit d'être touché, on n'a pas le droit d'être agressé, si un adulte lui dit non, je ne suis pas au courant, ce n'est pas vrai. Tous les adultes savent qu'on n'a pas le droit de toucher à des enfants, de les agresser sexuellement. Donc il faut absolument dire à ces enfants non. que si un adulte lui dit ça, ce n'est pas vrai. Tous les adultes le savent. En revanche, tous les enfants ne le savent pas. C'est pour ça qu'ils ont besoin d'avoir ces séances de prévention.

  • Speaker #1

    Et en fait, dans ces séances, parce que évidemment, ça arrive très très souvent, je crois que les chiffres, c'est que 8 enfants sur 10, quelque chose comme ça, se déshabillent de son plein gré, parce que tout ça entre dans le cadre d'une emprise en fait.

  • Speaker #0

    Une confiance,

  • Speaker #1

    oui. Une confiance, et qu'en fait, les choses sont bien rodées chez les pédocriminels. Et donc, soit parce qu'ils disent que c'est de l'amour, soit parce que les enfants ont peur. Pour plein de raisons, les enfants ne savent pas. Donc, c'est très lourd, ce qu'on est en train de vous dire. On est en train de demander à des enfants de prendre la responsabilité de se protéger eux-mêmes. C'est terrible. Mais malheureusement, on sait qu'un enfant au courant, qu'un enfant averti que c'est interdit, pourra... Beaucoup plus facile. Un adulte fera désarmer.

  • Speaker #0

    Si un comportement est inapproprié, c'est là où il va libérer sa parole.

  • Speaker #1

    Déjà, il va pouvoir dire non.

  • Speaker #0

    Militer pour qu'un enfant prenne la parole.

  • Speaker #1

    Nous, en fait, on milite pour plein de choses. Mais malheureusement, on sait qu'au niveau du système judiciaire, aujourd'hui, c'est la cata. On sait que c'est horrible que les cas soient classés sans suite. Dans la majorité des cas, il y a des aberrations qui se passent. On n'a pas voulu aller là parce que... Et puis Maïla nous l'a dit quand on l'a rencontrée, elle est venue nous voir que c'est horrible. Ce qui se passe au niveau judiciaire, c'est très dur. Donc on pense que la prévention, c'est ce qu'il y a de plus joyeux finalement. C'est ce qu'il y a de moins lourd à porter. Et c'est ce qu'il y a de plus efficace. Et aussi, un enfant qui ne se fait pas agresser sexuellement ira mieux qu'un enfant qui a été agressé sexuellement. Ce sera un adolescent plus épanoui, un adulte plus...

  • Speaker #2

    mieux dans sa basket en fait un enfant enfin un enfant abusé sexuellement ira mal de toute façon voilà et au moins avec la prévention si ça lui est arrivé une fois il saura que il peut en parler veut dire et peut-être qu'il y aura moins de chance alors malheureusement ça peut être pas le protéger que ça arrive mais au moins il sait qu'il peut en parler alors il ya beaucoup de aujourd'hui nous c'est vrai qu'on fait la promotion de la libération de la parole on sait bien que derrière c'est très difficile d'accueillir la parole justement des enfants et qu'on ne sait pas bien ce qui se passe. J'en ai parlé avec différentes enseignantes. Elles nous disent, mais nous, quand on a fait des signalements, après, on ne sait pas ce qui se passe. Et ça, c'est terrible. Ils sont complètement démunis parce qu'ils ne savent pas. Il y a la police qui vient, qui intervient, qui va s'occuper de l'enfant. Mais après quoi ? Et après, ils ne savent pas. Nous, on ne peut pas intervenir sur toutes les étapes. Et juste, il faut commencer. Et puis, plus on en parlera, et je suis... convaincu que ça donnera moins envie à des pédocriminels d'agir s'ils sentent qu'on est au courant et qu'on est vigilante. Il ne s'agit pas d'être parano et d'accuser toutes les personnes qu'il y a autour de nous, mais d'être vigilante. Il y a la psychologue Johanna Smith qui en parle très bien qui dit qu'il ne faut pas être parano, mais il y a des petits signes quand même qui alertent. Et il faut juste être vigilante et il ne faut pas risquer si on a l'impression que cette personne-là elle est un petit peu limite, elle a des gestes un petit peu limite, bah non, on ne prend pas le risque de laisser son enfant avec cette personne-là.

  • Speaker #1

    Et ce que dit Maud, c'est crucial, je trouve, c'est qu'on parlait tout à l'heure un peu de la gêne, du fait que ça mette mal à la sous-monde. Le fait qu'on soit vigilant et qu'on en parle, nous, adultes, en effet, non seulement ça va rebuter certains pédocriminels, parce que nous, quand on levait le doigt et qu'on avait la boule au ventre devant tous les parents d'élèves et qu'on disait, est-ce que vous faites de la prévention avant la classe de nature, ou comment vous faites pour vous assurer que les... que toutes les personnes qui vont côtoyer nos enfants dans les douches, etc. ne sont pas des agresseurs, c'était évidemment pour que le système scolaire mette en place des systèmes. mais aussi pour que tous les parents dans la salle, toutes les mères et tous les pères entendent qu'en fait, il y avait des gens qui étaient là. On est là. On est là. Et on est partout.

  • Speaker #0

    Et puis surtout, tu utilises le mot, enfin, toutes les deux depuis tout à l'heure, pédocriminel agresseur, mais en fait, c'est pas un cambriolage avec des mecs cagoulés. Ça peut être un oncle, le père d'un copain, quelqu'un qui a une bonne tête et qui ressemble pas du tout, qui est très gentil avec les enfants, qu'on ne soupçonne pas. C'est ça qui est terrible.

  • Speaker #1

    C'est terrible. Maud a raison. C'est d'ailleurs quelque chose qui nous unit toutes, c'est qu'on a envie de rester dans la joie, de rester joyeuse et de ne pas accuser tout le monde et détester les hommes, etc. Mais en effet, c'est très souvent des mecs très sympas. C'est des gens qui ont du charisme. En fait, ça peut être n'importe qui. Si c'est 160 000 enfants par an en France, si c'est trois enfants par classe, c'est qu'il y en a beaucoup.

  • Speaker #0

    Et encore, ce sont les chiffres qui sont connus.

  • Speaker #2

    Moi je me suis amusée, c'est peut-être pas le bon terme mais en tout cas j'ai fait il y a deux ans un test avec mes amis à un dîner, c'était juste avant la rentrée des classes justement je me souviens, on était à peu près une dizaine autour de la table c'est vraiment des amis d'enfance je vous aime si vous entendez mais en gros j'ai mis le dossier sur la table j'ai commencé à en parler et j'ai avancé les chiffres, j'aurais dit voilà donc je dis potentiellement en fait il y en a un d'entre vous qui agresse Et là, mais comment ça ? Comment tu peux dire ça ? Comment tu peux accuser, nous accuser ? Je fais, je ne vous accuse pas. C'est les chiffres. Il y en a peut-être un de vous, ou un de nous en tout cas, qui a été agressé et personne ne le sait. Et ils m'ont dit, mais n'importe quoi, comment tu peux accuser tes amis ? Et puis ça n'arrive pas chez nous, et puis ça n'arrive pas dans notre milieu. Bon, en plus, alors, et donc là, ils m'ont dit, bah vas-y, donne un nom. Et là, j'ai dit, bon, malheureusement, j'ai pris celui qui n'était pas là. J'ai dit, bah voilà, c'est un tel. C'est lui, peut-être que c'est lui.

  • Speaker #1

    Et ils m'ont dit « mais comment tu peux l'accuser lui ?

  • Speaker #2

    Parce qu'il n'est pas là ! » Enfin, c'est parti dans tous les sens. Je me suis dit « mais j'en ai aucune idée ! » Et évidemment, je ne l'accuse pas réellement. Je me suis dit « mais c'est pour que vous puissiez réaliser que oui, ça arrive aussi chez nous, ça arrive chez tout le monde. » Et on se rend bien compte que dans notre environnement proche, on est vraiment des gens qu'on côtoie tous les jours, ils ne pensent pas que ça peut arriver chez eux. Vraiment. Parce qu'ils font partie d'un système... peut-être qu'ils ont eu une éducation un peu plus privilégiée que d'autres, ça n'a rien à voir.

  • Speaker #0

    On pense que ça n'arrive qu'aux autres. C'est pour ça qu'on n'en parle peut-être pas assez.

  • Speaker #1

    Et puis aussi, ça fait partie quand même du seul cas d'agression, où quand tu parlais d'un cambriolage, quand on se fait cambrioler chez soi, on se dit « putain, je me suis fait cambrioler, on m'a piqué ma montre, machin » . Quand on se fait violer, qu'on soit d'ailleurs adulte ou enfant, on ne le dit pas, on a honte, on se sent sale, on se sent sali, etc. En fait, il y a une telle omerta autour de ça, ça n'arrive non seulement que aux autres, mais en plus, si ça nous arrive, on ne va pas fanfaronner avec ça, on ne va pas le dire. Tandis que quand on se fait violer sa caisse ou un truc comme ça, tout le monde le dit. Là, c'est un cas où la culpabilité est inversée, c'est la victime qui se sent mal.

  • Speaker #0

    Et tu parles de viol qui est très dur, mais il y a aussi beaucoup d'attouchements. Il y a des hommes qui font ça comme un jeu, quelque chose de très doux. ou des hommes qui, je mets un peu les pieds dans le plat, qui demandent des fellations, tout ça, parfois c'est pas, c'est assez rapide, c'est...

  • Speaker #1

    Bah oui, d'ailleurs on le lit bien dans le livre de Neige Triste Tigre, où elle raconte que parfois en fait, il était en train de louer des skis, il lui demandait une fellation, ça durait deux minutes dans l'arrière-salle, elle était toute petite. Donc c'est... Je sais pas pourquoi je parle.

  • Speaker #0

    Mais c'est moi qui ai mis ça, c'est un peu grave le...

  • Speaker #1

    Oui, en effet. Et... Et je pense que l'angle qu'on peut avoir, c'est se renseigner. Donc déjà, c'est très courant. En parler, vraiment en parler, entre nous, entre amis. Il faut parler de ça, c'est très important. Pour nous, la parole, c'est le meilleur remède. Si les agresseurs entendent, si les parents entendent, si les enfants entendent.

  • Speaker #0

    Là, la parole te libère quand même. Il y a pas mal de personnalités publiques. Tu parlais de ce livre, il y en a eu pas mal. Il y avait celui de Camille Kouchner. Familia Grande, est-ce que ça aide aussi que des positions plus publiques peuvent aider à engager un dialogue ?

  • Speaker #2

    Évidemment, ça va toujours aider le sujet, mais ce n'est pas suffisant. Et c'est pour ça que nous, on croit vraiment au pouvoir de l'école.

  • Speaker #1

    Voilà. Et d'ailleurs, à l'école, une des mères d'élèves m'avait dit, mais pourquoi tu... C'est pas à l'école de faire ça. C'est pas... Bon, ils en ont déjà... Ils ont déjà tellement de sujets à aborder, ils sont déjà sous l'eau, on ne leur rajoute pas ça. Mais en fait, évidemment, c'est l'école la clé, parce que ça arrive dans 86% des cas dans les familles ou avec des proches. Donc l'école et la parole sont la clé. Et d'ailleurs, il y a autre chose dont on aimerait parler, pour laquelle agit aussi Trois par classe, c'est les pédocriminels eux-mêmes. Comme on l'a dit, ce ne sont pas des gens bizarres, horribles et moches et graves. Enfin, on ne va pas... ... C'est tout le monde, ça peut être tout le monde, ça ne l'est pas évidemment, mais ça peut être tout le monde. Et ces personnes-là ont aussi des solutions, il y a notamment un numéro anonyme. qui permet de les...

  • Speaker #0

    Ah oui, dans le sens que si quelqu'un est attiré anormalement par les enfants, on peut aussi les aider.

  • Speaker #1

    On comprend que ça n'existe pas le monstre. Et puis on l'a vu avec tout le procès à Amazon, etc. C'est pas... Le mythe du monstre méchant n'existe pas, en fait. Donc, c'est aussi important de dire si vous avez peur d'être attiré par des enfants ou si vous l'êtes ou si vous l'avez été, il y a des numéros qui peuvent vous aider à vous soigner parce que, aussi, en protégeant les... les enfants, parce que ça peut être aussi inter-enfant. On peut dire à un enfant qui pourrait agresser, évidemment qu'il y a différents niveaux quand c'est des enfants, mais on peut le protéger de devenir quelqu'un de mauvais. On peut l'aider à devenir quelqu'un de bien. Et on peut aussi aider les hommes, c'est dans 87% des cas des hommes, donc on dit les hommes, à se soigner. Et moi, tu peux dire que le numéro anonyme est gratuit.

  • Speaker #2

    C'est ça. Et donc, on essaye de le partager le plus souvent possible parce que c'est en s'occupant d'eux aussi, je pense qu'on pourra régler le problème, comme dit Angèle. Donc, ça s'appelle le dispositif STOP, service téléphonique d'orientation et de prévention. Donc, il y a un compte Instagram qui s'appelle dispositif STOP et le numéro, c'est le 0806 23 10 63. 0806 23 10 63. Et c'est vrai que ça, quand on voit, bon alors c'est super, le numéro 119, il est hyper facile pour les enfants. Mais il devrait y avoir un numéro aussi beaucoup plus facile pour les adultes, puisqu'il y en a quand même beaucoup qui sont concernés et on le voit nulle part. Moi, quand j'ai fait mes recherches Google pour chercher le numéro, c'était hyper compliqué. Enfin voilà, il faut s'occuper à la fois en amont du problème et puis en aval avec les enfants de la prévention.

  • Speaker #0

    Alors je reviens à la loi dont vous parliez, puisque l'école pourrait être ce lien et apprendre aux enfants toutes ces notions qu'ils ne connaissent pas. Vous vous dites, c'est pas forcément qu'ils veulent pas, c'est que l'école ne sait pas comment s'y prendre. Je crois qu'il y a différents freins. Par exemple, tu disais, ils n'ont pas de support. Une maîtresse même qui est OK avec ça, elle sait pas forcément comment s'y prendre. Elle a pas forcément le temps, elle est déjà débordée.

  • Speaker #1

    Exactement. D'ailleurs, aux maîtresses ou aux enseignantes qui nous écoutent, je vous invite aussi à écouter un autre podcast qui s'appelle « Maîtresse, c'est quoi l'amour ? » Oui. Qui est super et c'est une maîtresse en effet qui s'est rendue compte que cette loi, qu'elle devait appliquer cette loi, qui s'est dit, évidemment, il faut que tout... d'enfants entendent dans leurs oreilles que c'est pas normal ce que c'est que leur intimité et quoi faire si ça leur arrive ou si un ami leur dit comment faire et en fait elle s'est retrouvée un peu face à une montagne où il n'y a pas tellement il ya deux trois trucs sur le site des de l'éducation nationale etc mais c'est pas énorme donc ce qu'on peut conseiller nous aujourd'hui c'est déjà de suivre trois par classe parce qu'on donne pas mal de clés mais aussi de se faire accompagner par des associations il ya donc Mylan Chapiron qui intervient, il y a aussi Colosse au pied d'argile.

  • Speaker #2

    Nous c'est ce qu'on est en train de chercher justement avec 3 par classe. On va bientôt avoir un site où on va recenser toutes ces informations-là. L'idée c'est vraiment d'être un Google de la prévention sur les violences sexuelles et de recenser toutes les personnes qui peuvent accompagner les enseignants. Il y a l'UEAPD aussi de l'hôpital Gustave Roussy qui dispense des séances de prévention gratuites pour les enseignants pour accueillir la parole justement des enfants. Donc là, ce n'est pas pour faire de la prévention, mais si un enfant parle, il y a différentes formules et ça, c'est entièrement gratuit aussi. Parce qu'il y a des écoles qui avancent souvent et on peut comprendre qu'ils ne sont pas les moyens d'avoir ces séances de prévention, même si c'est obligatoire selon l'article de loi, mais il y a aussi des formules gratuites. Donc là, nous, on est en train de les recenser et petit à petit, on les mettra sur notre site.

  • Speaker #1

    Et aussi, ce qu'on peut conseiller, c'est déjà de désigner quelqu'un dans l'école qui est capable de recevoir la parole. Donc, psy de l'école, directeur, maîtresse, et de montrer, parce que si on n'a pas les mots, on peut déjà montrer la petite vidéo de Mylan dont je vous ai parlé tout à l'heure, qui dure quelques minutes. On monte en classe et après, micro-débat. C'est vrai que c'est beaucoup de responsabilité parce que si un enfant parle et qu'on ne sait pas quoi en faire, c'est compliqué. Mais franchement, il vaut mieux prendre le risque qu'un enfant parle et qu'on ne sache pas quoi faire que plutôt de se dire « Ouh là là, je ne vais pas pouvoir recevoir la parole tant que les enfants ne me parlent pas et puis on les laisse dans leur quotidien. »

  • Speaker #0

    Et il y avait une histoire de boîte aux lettres aussi ?

  • Speaker #1

    Oui, ça s'appelle la boîte aux lettres papillon. C'est une super initiative. Alors, il faut quand même que les enfants sachent déjà écrire. Donc, c'est à partir de 8 ans. Et pareil, c'est une association indépendante. Donc, c'est très bien fait parce qu'ils viennent dans les écoles former déjà les élèves en leur disant « Voilà, si vous êtes agressé, sur quelque forme de violence que ce soit, vous pouvez écrire dans cette boîte aux lettres. » elle est mise à hauteur d'enfants dans un lieu un peu caché dans l'école en général pour que les enfants puissent déposer discrètement leurs lettres et puis il y a des papiers type avec écrit qui je suis, qui est mon agresseur qu'est-ce que je veux dénoncer et puis les élèves peuvent écrire ce qu'ils veulent et donc il y a comme ça une petite fille ça a été un petit peu médiatisé, qui avait 8 ans je crois qui avait été que le grand-père avait violé et qui a pu l'écrire et on a vu des interviews de la mère de cette petite fille qui a dit mais moi je parle de prévention sexuelle à la maison ... Je leur dis personne n'a le droit de vous toucher, vous criez, vous me le dites, si quelqu'un touche... Pourquoi ma fille ne me l'a pas dit ? Et en fait, on se rend compte que ça fait partie aussi des sujets. C'est que, en fait, c'est important de laisser chez soi un espace à nos enfants pour parler de ça. Parce que parfois, on a l'impression de faire les choses bien, de cocher les cases, mais est-ce que vraiment, on leur laisse l'espace ? Donc, il ne s'agit pas de leur dire tous les soirs, genre, alors, quelqu'un t'a touché, quelqu'un t'a baissé la culotte. Mais qu'ils comprennent que c'est OK, donc pourquoi pas parler de soi. De dire, parce que c'est quand même très souvent que dans les familles, il nous arrive des trucs à nous aussi. On ne va pas se mentir, ce n'est pas juste aux autres non plus à ce niveau-là. Donc dire, voilà, si tu as besoin d'en parler, voilà comment on peut faire. Passer des moments privilégiés avec notre enfant où vraiment on l'écoute. Donc parfois, on va avoir 99% de sujets relous, genre, elle m'a dit qu'elle avait les dents jaunes, alors j'étais vexée, je suis allée pleurer aux toilettes quand c'est arrivé. Ou voilà, elle a des chaussures trop belles. mais que vos enfants comprennent qu'ils ont un espace de parole avec vous et qu'ils peuvent tout dire, qu'il n'y aura pas de jugement. Et ça, c'est important aussi, que quand ils nous disent des choses, on ne fasse pas « Oh là là, non, non, mais attends, ça, tu ne peux pas dire ça, ça » .

  • Speaker #2

    Et ne pas remettre en question, effectivement, s'ils évoquent une agression, quelle qu'elle soit, ne pas dire « Ah bon, mais t'es sûre ? Là, c'est fini. Vous perdez l'enfant et il ne se confiera plus jamais. » Il faut vraiment accueillir, peut-être ne rien dire. et prendre un peu le temps de la réflexion avant de dire quoi que ce soit et d'essayer de l'entendre et de comprendre jusqu'au bout. Dire mais n'importe quoi, pas ton grand-père, mais jamais de la vie. Non, il faut vraiment prendre le temps d'accueillir parce qu'un enfant ne parlera pas deux fois à ses parents. Une mère nous avait confié que sa fille a été victime de son père et elle a mis beaucoup, beaucoup de temps à en parler. Elle a été victime quand elle avait moins de 10 ans et elle en a parlé à sa mère quand elle avait 17 ans. Elle n'a toujours pas entendu le procès à son père, puisqu'elle est suivie par des avocats et des psychologues. Ils lui ont dit « quand tu vas y aller, ça va être terrible, le procès, tout ça. Donc il faut vraiment que tu sois sûre de tout ce que tu dis, parce que tout sera toujours remis en cause, ça va être extrêmement compliqué. » Tout ça pour revenir un petit peu en arrière. Le jour où elle a décidé de parler à sa mère, ça faisait longtemps qu'elle se doutait qu'il y avait quelque chose. Mais pas du tout ça. Mais que sa fille avait du mal à gérer ses émotions. Et un jour, elle était avec sa fille seule. Et elle a dit, là, j'ai senti que c'était le bon moment. Plusieurs fois, je lui ai tendu des perches. Je lui ai parlé plusieurs fois de ce sujet-là. Elle m'a toujours dit non. Et là, je lui ai dit, on était toutes les deux dans une chambre. Et je lui ai dit, est-ce que quelqu'un t'a fait du mal ? Et là, elle lui a dit, oui, papa. Et donc là, elle a pu lui parler. Elle dit, ça a été cette phrase qui a été déclencheur. Et aucune autre. Donc voilà, il faut vraiment... Elle dit, je n'ai rien dit. Je n'ai rien dit, j'ai accueilli, on en a parlé. Je n'ai pas remis en cause. Elle disait que plusieurs fois, elle s'était rendue compte. Elle était toujours en train de remettre en question ce qu'elle lui disait.

  • Speaker #1

    C'est vrai qu'on peut faire ça en tant que parent. Attends, mais il t'a poussé, mais ce n'est pas si grave, ça va, c'est bon. Et en fait, ce qui est important, ce n'est pas nous. Ce qu'on pense en tant qu'adulte, c'est ce que l'enfant ressent. Et c'est vrai que s'il est en confiance avec ses parents, il aura beaucoup plus de facilité à parler.

  • Speaker #0

    Toujours sur cette loi qui n'est pas appliquée, il y a eu... Ils ont essayé de la mettre en place. Il y a aussi beaucoup de parents qui ne veulent pas, qui ne sont pas d'accord, qui disent « mais ce n'est pas le rôle de l'école » . Donc ça, c'est pas évident de la faire appliquer cette loi.

  • Speaker #1

    Gros sujet. C'est en effet ça. Déjà, malheureusement, on trouve que c'est un peu dommage. Ça s'appelle l'éducation...

  • Speaker #0

    Évars, c'est ça l'éducation ? Évars, c'est encore autre chose ?

  • Speaker #1

    Évars, c'est le programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité. Et en fait, quand on dit à des parents, et d'ailleurs dans les écoles religieuses, c'est évidemment le pire. Enfin, cela dit, il y en a qui ont suivi, il y a des curés hyper motivés. Non,

  • Speaker #0

    pas forcément,

  • Speaker #1

    il y a des écoles privées, oui,

  • Speaker #0

    ouvertes.

  • Speaker #1

    Mais dès lors qu'on dit éducation à la sexualité, certains parents s'imaginent qu'on va dire à leur enfant de 6 ans, comment se masturber, comment machin et tout. Et donc...

  • Speaker #0

    Pour moi, le terme est faux, puisque pour nous, c'est plus prévention contre les violences sexuelles. Mais c'est vrai qu'apprendre son corps, comprendre le consentement et tout ça, mais tout ça est très adapté à tous les âges. Donc un enfant de sixième ou de cinquième, on ne lui dira pas la même chose qu'un enfant de CP.

  • Speaker #1

    Ça fait vraiment partie d'un cycle d'apprentissage, comme l'explique Maïdane Ausha très bien. C'est-à-dire que dans les différentes séances... Elle dit même les premières séances, enfin même toutes les séances, en fait les enfants rient beaucoup, puisqu'elle s'occupe essentiellement d'élémentaires, parce qu'elle leur apprend les parties du corps. On se rend compte en fait que les enfants, et ça les pédocriminels jouent beaucoup aussi avec ça, ne connaissent pas les parties de leur corps. C'est-à-dire que plutôt que d'appeler ça minette ou des petits noms, voilà, non, c'est pas comme ça. C'est la vulve, c'est l'anus, pour que justement après ils puissent retranscrire clairement ce qui s'est passé, à quel endroit du corps. Et donc il y a toute une partie de l'apprentissage du corps et l'apprentissage des limites corporelles et ensuite de ce qu'on peut faire ou non. Mais ce n'est pas du tout, il ne parle pas que de ça. Et comme l'a dit exactement Angèle, on ne parle pas de sexualité et de relations sexuelles à aucun moment. Effectivement, ça je pense que nous on est assez d'accord, on n'en parle pas à l'école. Mais c'est vrai que c'est un sujet compliqué à aborder avec les parents. Il y a beaucoup de parents qui sont réfractaires. Nous, on n'y voit aucun inconvénient puisque ça ne dépasse pas justement les limites. Alors, il y aura toujours malheureusement un professeur qui dépassera un jour les limites et ça viendra foutre le bordel dans tout ça. Mais aujourd'hui, non, c'est pour nous indispensable. Et c'est vrai que, par exemple, dans nos écoles, alors soit vous pouvez, nous, il y en a plein du collectif 3 par classe qui se sont motivés avec les parents d'élèves, avec d'autres parents de l'école, mais ce n'est pas nécessaire. C'est-à-dire que vous pouvez directement demander juste. à la maîtresse et aussi juste à la directrice, ce qu'ils comptent faire dans le programme, puisque c'est obligatoire. Donc vous n'avez pas la nécessité. Aujourd'hui,

  • Speaker #2

    c'est officiellement obligatoire ? Oui,

  • Speaker #1

    c'est un article de loi du Code de l'éducation.

  • Speaker #2

    Mais il y a, c'est un peu bête, mais il n'y a pas un ministère des enfants ?

  • Speaker #0

    Ça, c'est un gros sujet, parce que justement, suite au livre de Camille Kouchner, La Grande et Familia ?

  • Speaker #2

    Familia Grande.

  • Speaker #0

    La Familia Grande, pardon. un comité indépendant qui a été nommé par l'État, qui s'appelle la CIVIS.

  • Speaker #1

    La Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants est une commission d'enquête française installée en mars 2021, à la suite de l'émergence du mouvement MeToo.

  • Speaker #0

    Et donc, la CIVIS a été nommée, avec à sa tête le juge Edouard Durand. On est un peu fans. Franchement, trois par classe ! C'est un petit peu notre Brad Pistanouf, le juge Edouard Durand. On l'adore, on regarde toutes les interviews en disant « Oh, mais quel homme ! » On le trouve génial. Il est un peu perché, mais toute sa parole est tellement juste. Il agit tellement avec... Juste, il est normal, en fait. Il met des mots qui sont tellement justes. Bref, et donc là, Civiz, on fait sous forme de réunion publique. On laissait les personnes s'exprimer sur leur... leurs histoires et pour essayer de décrypter un peu le fonctionnement, l'engrenage de l'inceste et des violences sexuelles faites aux enfants. Il en est sorti 82 actes à faire, des trucs à mettre en place, et malheureusement, et c'est un petit peu ce qui désole tous les militants et les gens des associations, c'est que le juge Edouard Durand a été évincé de la civise et il a été mis à sa place des personnes moins engagées, plus facilement malléables, en gros. Donc, nous, ce qu'on aimerait, c'est que... Mais pourquoi ? C'est politique. C'est politique parce qu'il n'était pas prêt à aller à l'encontre de ses valeurs, je pense. Et que c'est un peu chiant pour certaines personnes. Et que les 82 recommandations, elles ont été formulées. Ils ont recensé plus de 30 000 témoignages. Donc, ils sont vraiment très, très, très offrés, plus que personne, sur le fonctionnement. Comment est-ce qu'en France, aujourd'hui, on réussit ? à violer un enfant, à agresser lui sexuellement, à incester dans les familles. Pourquoi il y a une telle ampleur ? Et que faire pour démêler tout ça ? Donc, il y a 82 recommandations. Et on aimerait aujourd'hui, toutes les personnes sensibles à ça, dans les associations et tout ça, mouv'enfants, infantistes, infanticides...

  • Speaker #1

    Incesticides, vraiment infantistes. Oui, oui,

  • Speaker #0

    il y a beaucoup. Tout le monde... envie que le juge Edouard Durand revienne à cette place-là et qu'il y ait un vrai comité qui soit créé.

  • Speaker #1

    Mais le système est tellement fait pour protéger tous les pédocriminels et accuser les mères, justement, protectrices. que c'est terrible. Et là, le juge Edouard Durand venait mettre un vrai coup de pied dans la fourmière. Aujourd'hui, la justice est dysfonctionnante sur ce sujet-là, quand même. Il y a trop peu d'enfants qui sont protégés. J'ai plus les chiffres en tête, Rebecca pourrait nous les redire, mais je sais pas, c'est moins de 5% quand même de jugements qui sont en faveur des enfants.

  • Speaker #0

    8 sur 10 qui sont classés sans suite.

  • Speaker #2

    Mais on sait pourquoi ?

  • Speaker #0

    Alors, pour plusieurs raisons. Déjà parce que, autant que ça nous gêne, nous, de parler de ça, enfin en tout cas dans les écoles et tout, ça gêne les juges aussi. Ils préfèrent se dire « Oulala, cette mère elle est folle, elle veut garder la garde complète de son enfant » ou alors « Oulala, il est un petit peu mythomane lui » plutôt que s'imaginer vraiment que c'est la réalité. Il y a déjà ça. Il y a aussi le fait qu'en France, contrairement à l'Italie et l'Espagne, le même juge qui va juger un vol dans une épicerie va juger ces cas de violence familiale. Donc en fait, ils ne sont pas assez formés aussi, les juges.

  • Speaker #1

    Il y a aussi le cas du syndrome d'aliénation parentale, qui a été mis en place par je ne sais plus quel médecin, je n'ai même pas envie de le citer tellement c'est quand même terrible. Une ordure. C'est une ordure, et donc qui est aujourd'hui souvent avancée par les avocats des incesteurs. C'est-à-dire que, bah oui, on fait passer la mère pour folle. En même temps, comment ne pas devenir folle quand on sait que son enfant est incesté par son père ou son mari, ou peu importe, ou même une nounou, il y a aussi effectivement des femmes de temps en temps. Et donc malgré ça, il y a beaucoup de mères qui arrivent à prendre sur elles. Et ce syndrome est souvent avancé dans les procès pour dire qu'en fait, les enfants sont sous l'influence des mères complètement folles. Et ça, ça a été, donc ce syndrome a été créé, je ne sais plus,

  • Speaker #0

    il y a une trentaine d'années. Alors, dans les années 80, par le psychiatre Richard Gardner, qui est un Américain, et qui a mis, donc d'ailleurs... je vous invite à regarder sur Youtube les interviews complètes de lui, parce qu'à un moment, le journaliste lui dit « Mais si un enfant se fait vraiment violer par son père, qu'est-ce qu'ils ont fait ? » Il dit « Une paire de claques et on n'en parle plus. » Donc en fait, ce psychiatre, qui a fait énormément de mal évidemment aux enfants dans les années 80, a mis en avant le fait de l'aliénation parentale. Donc quand une mère dit que son enfant est violé, c'est que la mère est toute puissante, qu'elle veut avoir le p... pouvoir complet sur son enfant, le contrôler.

  • Speaker #2

    Ou elle veut garder la garde.

  • Speaker #0

    Elle veut garder la garde, ou alors elle veut nuire à son ex, ou parfois à son père, parce que parfois les parents sont encore en couple. Et donc en fait, ce syndrome d'aliénation parentale est ressorti à toutes les sauces depuis les années 80, dans tous les tribunaux de France, pour l'opposition. Donc à chaque fois qu'un enfant dit « on m'a violée » , c'est parti. La mère est folle, le pouvoir, elle veut nuire, en tout cas dans les cas où c'est les pères qui abusent sexuellement des enfants. Et ça, ça n'est pas prouvé scientifiquement. Et pourtant, ça fait pencher des verdicts vers le mauvais côté de la force, en gros. Et donc, on se retrouve avec des cas aberrants, comme celui de Sophie Abida, qu'on suit depuis longtemps avec Maud. On avait même fait, pendant le confinement, une cagnotte pour l'aider à s'évader. Enfin, ça va dans des tripes un peu aberrants. Donc, Sophie Abida. a quatre enfants, trois d'entre eux sont abusés sexuellement par le père. Il y a des enregistrements, des mouchards qu'elle avait planqués dans les doudous, des preuves, puisqu'ils ont la même cassé le bras d'un de ses enfants, etc. Et quand bien même, elle fait trop de bruit, elle n'a pas voulu remettre les enfants au père, parce que le procès n'était pas...

  • Speaker #1

    Elle a un fan club, on parle de fan club, des personnes qui la soutiennent.

  • Speaker #0

    Et en fait, les enfants sont remis garde complète au père, parce qu'en France, on n'applique pas ce qu'on appelle le... principe de précaution qui veut dire que quand il ya un doute et d'ailleurs moi j'aimerais que ce soit le cas pour ma famille aussi si un doute ben on écarte les enfants du potentiel danger on n'a pas dit que le père était un agresseur on a dit que on écarte le temps du procès en france le la présomption d'innocence mime sur les gens la fibre de pression le principe de précaution ça veut dire qu'on préfère dire attendez attendez le père il est peut-être innocent donc il va continuer à voir ses enfants une semaine sur deux que le père est peut-être coupable, donc on va protéger les enfants toutes les semaines. Donc, dans ce cas, par exemple, où les mères n'en peuvent plus, et d'ailleurs, il y a un film super qui vient de sortir, qui s'appelle Protéger l'enfance, de Eve Simonnet. Je vous invite à le voir, c'est gratuit, vous pouvez le voir sur YouTube aussi. Protéger l'enfance, qui met très bien en avant tout ça, le fait que ces mères protectrices se retrouvent elles-mêmes en prison, jugées, à devoir payer des amendes.

  • Speaker #1

    Ou en fuite.

  • Speaker #0

    Ou en fuite avec leurs enfants quand elles se disent en fait bon ok, mais il faut avoir les moyens de partir en fuite, de changer de passeport, de machin. On en est à ce stade-là en France, donc c'est vraiment catastrophique. Et donc Sophie Abida aujourd'hui n'a pas vu ses enfants depuis des mois. Leur père à la garde, sa petite-fille qui allait encore lui a été arrachée par les flics. pour être placée chez le père parce qu'il a présomption d'innocence.

  • Speaker #2

    Et c'est elle qui est passée pour folle. C'est fou votre histoire.

  • Speaker #0

    Et puis, en moment, le problème, c'est que, et d'ailleurs, on en parle avec Rebecca Royer, qui est avocate et qui soutient beaucoup ces femmes-là, c'est qu'à un moment, elles deviennent vraiment folles. Et je mets au défi toutes celles qui nous écoutent de savoir que notre enfant se fait abuser sexuellement tous les soirs, de garder le sourire et sa légèreté et sa pleine santé mentale.

  • Speaker #2

    évidemment que ça rend fou par rapport à toutes celles qui nous écoutent et qui se disent tiens non mais moi je suis à fond comme elle j'ai envie de qu'est-ce qu'on peut faire en fait qu'est-ce que chacun dans son petit coin est-ce qu'on peut remonter ça dans nos écoles est-ce que les écoles elles peuvent fonctionner au cas par cas ou est-ce qu'il faut absolument attendre que cette loi soit mise en place ou qu'est-ce qu'on peut faire chacun à notre niveau l'article existe déjà

  • Speaker #1

    Depuis un petit bout de temps. Donc elles peuvent déjà, moi je dirais d'abord, c'est libérer la parole avec ses propres enfants dans son cercle intime, dans son cercle familial, libérer la parole avec sa famille et ses amis. Ça pour moi, c'est vraiment le numéro un. Et très rapidement, dans la foulée, aller voir, envoyer un courrier, même un mail à la direction de son école pour savoir ce qui est proposé comme séance de prévention pour justement éduquer. les enfants au corps et les protéger d'éventuelles violences sexuelles.

  • Speaker #0

    Et ça, si c'est difficile à faire, parce que, comme on le dit, c'est la clé, si c'est difficile à faire, parce qu'en fait, nous, on a ressenti ça. De se dire, le directeur, il va me blacklister, il va pas prendre mon dernier dans l'école, ma fille va être considérée comme la fille d'une folle, etc. On se l'est toutes dit, en fait, parce que à parler de ça, on passe quand même pour des hystéros de service ou des féministes. engagés qui veulent couper des idées. Et donc, si vous avez du mal à faire ça, trois par classe, vous nous écrivez et nous on propose des lettres déjà rédigées. Vous avez juste à ajouter le nom de votre professeur.

  • Speaker #2

    Oui, ou des documents à imprimer, même, j'ai vu. Oui, tout à fait. On peut poser à la petite-mère, je n'en sais rien, à la petite-mère de l'accrocher.

  • Speaker #0

    Exactement. Ce que vous pouvez faire aussi, c'est vous éduquer vous et en parler. Donc, en parler évidemment dans vos familles, mais aussi à vos amis. faites en fait comme nous on a fait vous vous fédérez un peu autour de ça les lectures, les podcasts, les trucs parce que plus on est cultivé, plus on sait parler de ce sujet plus on aura de facilité à affronter les discussions parfois un peu dures quand on se dit mais qu'est-ce que tu racontes mais ça c'est dans les milieux où les gens sont ivres morts, n'ont pas d'argent en fait non, c'est dans tous les milieux on a la preuve moi j'étais dans un milieu ultra privilégié j'étais avec les Kouchner donc ... Par exemple, tout allait bien dans l'idée, puisque c'était des gens très médiatiquement reconnus, etc. N'empêche que c'était, dans cette école, exactement le même chiffre que dans les autres écoles. Donc, en parler, se renseigner, utiliser des outils pédagogiques chez soi, des livres pour les enfants, des petites vidéos, ce genre de choses, et puis contacter les associations, en tout cas les suivre. Par exemple, Mylan Chapiron, vous pouvez voir sur son site Millemiette, vous pouvez voir comment se déroule une séance. Et vous aurez plus de facilité comme ça à la faire.

  • Speaker #1

    Et puis aussi, petit à petit, changer son comportement avec ses propres enfants aussi. Ça, je sais que ce n'est pas évident. Et alors là, on se confronte encore à des nouvelles remarques de ses propres amis. Mais c'est vrai que moi, j'ai toujours entendu « Ah, ses petites fesses trop mignonnes ! » « Touchez les fesses des enfants ! » Enfin, je veux dire, tout le temps, les embrasser sur la bouche, croquer les différentes parties du corps. En fait, le corps de l'enfant n'est pas... à la disposition de l'adulte. Et ça, c'est vrai que notre génération, il faut qu'elle l'apprenne. Moi, j'ai grandi dans cet univers-là où vraiment, le corps était à disposition des adultes. Et aujourd'hui, c'est un vrai sujet. On le voit bien aujourd'hui, après, les rapports hommes-femmes sont complètement... sont inégaux. Et je pense qu'il faut qu'on apprenne à... On respectera plus le corps des femmes si on a déjà plus respecté le corps des enfants. Et ça... Bon bah ça y est on commence à ne plus forcer nos enfants à embrasser des adultes ou ce genre de choses. Mais rien qu'au niveau du toucher, moi je veux dire je rêve que d'une chose, c'est de toucher mes filles, de les croquer partout. Mais non, mais non en fait, leur fait c'est... Si je veux leur apprendre que c'est des parties intimes et que personne, aucun adulte n'a le droit d'y toucher, ça commence par moi. C'est-à-dire que moi-même, leur propre mère, je ne vais pas... Je veux dire, mes filles se lavent seules depuis qu'elles ne portent plus de couches. Je vérifie effectivement et je le dis aux babysitters, à la famille, personne ne va aider mes filles à se doucher, elles savent le faire toutes seules. Ces parties intimes, que ce soit la bouche, la poitrine, la vulve ou l'anus, ça leur appartient et on n'a plus à y toucher. Et je pense que quand ils auront intégré ça, ça aussi ce sera des repères pour eux de se dire, un adulte me touche les fesses. Non, c'est vraiment quand ils seront adultes. et qu'ils auront envie de se faire toucher les fesses, très bien. Mais je veux dire, moi j'ai grandi avec des mains au cul, des machins et tout ça, mais parce qu'on fait ça depuis des siècles. Bah stop en fait ! Non, non, j'ai pas envie qu'on me mette des mains au cul, et qu'on me mette des mains au cul de mes filles non plus. Donc ça je pense que c'est nous aussi, parents, il faut qu'on change ces comportements-là. On peut être extrêmement tactile avec eux, sans leur toucher les parties intimes.

  • Speaker #0

    Et quand on parle de changer notre comportement au quotidien, tout à l'heure, tu parlais des mots. Alors, c'est vrai que, par exemple, moi, tout le monde se fout de moi à la maison. Mon mec, le premier, les enfants, ça les rend hilar. Quand je dis dans le bain, ça va, tu as bien lavé ta vulve, tu viens à stiquer ton pénis. C'est sûr, moi aussi. Même en le disant, moi, je ne suis pas encore complètement déconstruite. Je suis là, wow, dire le mot vulve à un petit enfant, c'est limite glauque. Mais en fait, oui, il faut mettre les bons mots déjà pour que tout le monde se moque de moi. J'avoue, oui. Et toi, ta vulve... « Ah, mais c'est vrai que c'est un mot horrible, pourquoi vulve, ça nous dégoûte, je ne sais pas. » Bref, donc déjà, dire les bons mots, c'est vrai que c'est important. Et aussi, on parle d'adapter à son quotidien certains comportements, mais même quand ils sont bienveillants. Et c'est là où, par exemple, moi, ma belle-mère, c'est une femme extraordinaire, elle est géniale avec les enfants, vraiment, je l'adore, et rien de toxique. En revanche, elle dit toujours aux enfants « Viens, je vais te dire un secret,

  • Speaker #1

    je vais te dire un secret. »

  • Speaker #0

    Et donc, en fait, j'étais mal à l'aise par rapport à ça. Et je me disais, bon, je ne vais pas faire la belle-fille relou. Je refuse. Ben oui, je l'ai fait. Donc, à un moment, je lui ai dit, est-ce que tu peux arrêter, s'il te plaît, de dire des secrets à mes enfants ? Parce que je ne veux pas qu'un adulte leur dise, c'est un secret, tu ne le dis pas. Alors qu'il n'y a aucune malveillance de sa part. Donc, ça m'a fait un peu de la panne. J'ai vu. Je lui ai dit, dis-leur une surprise. On va faire une surprise, un truc comme ça. Mais un secret, c'est non. un adulte ne dit pas un secret aux enfants. Donc ça, c'est un truc aussi de très nouveau, parce que nous, on n'a pas du tout grandi avec ça. Donc voilà, des petits comportements comme ça. Ou alors les amis.

  • Speaker #2

    Oui, mais ça peut être très gênant, tu vois. Je te dis n'importe quoi, on entend beaucoup. Ça peut être aussi de jeune à jeune. Tu mets ton enfant de 7 ans dans un dortoir avec des ados, ben en fait, tu peux aussi être mal à l'aise. Si t'es la mère qui dit « Non, mon fils, il va pas dormir dans le dortoir. Là, il y en a quatre, dont un que je trouve un peu agressif et tout. Non, il va dormir avec moi. Devant ta bande d'amis, tu passes aussi pour la compter.

  • Speaker #1

    Malheureusement, mais ça va pas être par là.

  • Speaker #2

    On l'a pas vécu.

  • Speaker #1

    Ça doit passer par là. Et après, moi, je vois...

  • Speaker #0

    Complètement. Et ça, on en parle aussi pas mal. On parle maintenant, c'est un bon bar. Et après,

  • Speaker #1

    tu te rends compte que, tu vois, par exemple, quand j'ai passé un week-end avec Violaine et Roxane il y a pas très longtemps, donc membre aussi du collectif.

  • Speaker #0

    Membre actif.

  • Speaker #1

    voilà, mandat réactif du collectif c'était hyper agréable de voir qu'on avait toutes des réactions entre enfants qui allaient dans le bon sens de tout ce qu'on vient de dire bah non, les enfants vous faites pas ça ensemble enfin je sais plus, là j'ai plus d'exemple mais en tout cas, ça y est, on a fait le travail et petit à petit on intègre les nouveaux mots les nouveaux comportements et ça change les week-ends et on aura encore des moments comme ça, or tant ça c'est sûr mais je pense qu'il faut pas, il faut plus qu'on ait peur

  • Speaker #0

    d'être celle qui dit non,

  • Speaker #1

    puisque l'idée, c'est de protéger nos enfants. Et c'est quand même le principe des parents. Je veux dire, pour moi, le premier rôle, c'est de protéger nos enfants.

  • Speaker #0

    Mais en fait, l'ortance, tu mets le doigt sur un truc hyper qu'on a toutes, c'est la vision de nous, notre image, VS, le bien-être de nos enfants. Et c'est ce qu'au tout début, moi, je ressentais à l'école, quand je parlais de ça à Thierry Larigot, je me disais, en fait, moi, tous les parents vont me prendre pour une folle, on va me détester. Mais, en tout cas, les enfants sont protégés parce que j'irai jusqu'au bout. Donc, c'est dur de mettre en péril notre réputation. On n'a pas envie d'être la relou de service. On a pris des années à se construire socialement, à se faire une sorte d'image idéale, etc. Donc, c'est dur de la saboter. Parce qu'on n'a pas fait le travail encore. Mais moi, la première. Mais, comme dit Maud, on doit passer par là. En fait, on doit passer par là. Et si jamais il y a des parents qui nous disent « Oh là là, déjà restez léger, pas essayer de se braquer et tout. » Mais par contre, expliquez les choses clairement. Bah oui, c'est comme ça qu'on est là, en fait, on les protège et par tous les moyens. Et c'est pas grave si ça vous plaît pas.

  • Speaker #1

    Et après, ça fait pas non plus forcément des ados agresseurs, en fait, je veux dire, de penser à ça, mais on a un rapport à la sexualité, à l'adolescence et quand on est enfant qui n'a rien à voir. Je veux dire, ils peuvent voir des choses, même quoi, bon, bah voilà, qu'ils sont pas obligés de voir le... je sais pas il peut se passer des choses pendant la nuit on n'est pas là sans qu'ils aient vraiment agression sexuelle bah c'est pas grave en fait ça sert à rien que ça arrive et que ça mette mal à l'aise et les petits enfants et les adolescents donc vaut mieux éviter ce genre de situation désagréable mais

  • Speaker #0

    bon ça fait pas de ces ados-là des agresseurs et nos enfants des enfants agressés et même je trouve encore une fois on l'a évoqué un peu tout à l'heure mais offrir l'opportunité à des ados, des enfants qui auraient des pulsions, des envies. De comprendre que ça ne se fait pas et de ne pas le faire, c'est tellement un beau cadeau pour eux. C'est tellement un beau cadeau, même pour un garçon, de lui offrir la chance d'être un mec bien. Parce que si personne ne lui a jamais dit qu'en fait, non, il y a des trucs que tu ne fais pas, tu as envie de découvrir un peu comment ça se passe en dessous, tu n'y vas pas. Si personne ne lui a jamais dit, il y va. Et après, il n'y aura peut-être pas toute sa vie, mais il y a quand même un poids d'être aussi un... considéré comme un agresseur, un mec pas bien. Donc c'est aussi donner l'opportunité, évidemment protéger nos enfants, mais leur donner aussi l'opportunité d'être des gens bien. Et ça c'est le plus beau cadeau qu'on puisse leur faire, de se respecter soi-même, de s'aimer. Et ça passe par là.

  • Speaker #1

    Et quand on voit aujourd'hui les dégâts psychologiques qu'il y a sur tous les enfants qui ont été agressés dans leur enfance, c'est quand même... Même une fois parfois. Même une fois, c'est terrible. Entre soit... Les suicides, ceux qui ont tenté de se suicider, les dépressions chroniques, c'est quand même compliqué. Et aujourd'hui, quand on voit où le monde va, on se dit qu'on a plutôt intérêt à, dès le début, protéger nos enfants et essayer de leur apporter une vie saine et protégée, un maximum, si on ne veut pas en faire des tarés plus tard.

  • Speaker #0

    Et c'est toute notre société, en fait. l'humanité presque.

  • Speaker #1

    Une génération d'incestés qui font des tas,

  • Speaker #0

    mais qu'on peut changer. Parce que si ces 165 000 enfants par an ont entendu ce que c'était que leur intimité, que c'était pas ok, ça fera des ados encore une fois mieux, comme tu disais, avec moins de problèmes psychologiques, etc. L'idée, c'est pas de dire qu'on est condamné une fois qu'on a été agressé. On peut évidemment s'en sortir, on peut pardonner, on peut demander pardon, ça s'arrange, mais en tout cas, que le sujet soit mis sur la table. Et ça fera des adultes mieux. Et puis, même au niveau de la sécurité sociale, le poids que c'est, le mal-être des conséquences, et encore, on ne sait qu'une infime partie.

  • Speaker #1

    Il y en a un fois, il disait que c'était 9 millions d'euros aujourd'hui qui étaient dédiés au suivi médical de toutes ces personnes qui ont été agressées sexuellement.

  • Speaker #0

    Et je pense que c'est largement sous-estimé.

  • Speaker #1

    Oui, si on les met en amont. C'est une société qui va mieux,

  • Speaker #0

    des enfants qu'on n'agresse pas sexuellement. C'est vraiment une société qui va mieux.

  • Speaker #2

    Bon. Je crois qu'on a fait un peu le tour. Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    C'est un peu glauque, désolée.

  • Speaker #2

    Non, pas du tout, c'était le but. Et ce n'est pas glauque, puisque c'est, on le rappelle, trois par classe. Donc, c'est vraiment le message à faire passer. C'est trois enfants par classe. C'est un enfant sur dix. Donc, merci beaucoup d'être venue au micro de Décodeur, qui, à la base, n'a rien à voir. Mais je suis très contente. Merci au podcaston, justement, d'avoir... donné cette occasion de pouvoir faire ça. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Et je rappelle, 3 par classe, pour l'instant sur Instagram, et bientôt un site. Tout à fait. Merci beaucoup. Merci,

  • Speaker #0

    bonne journée. Merci,

  • Speaker #2

    bonne journée. Décodeur, c'est terminé pour aujourd'hui. Merci beaucoup d'avoir écouté en entier. Si vous avez aimé, n'oubliez surtout pas de vous abonner à cette émission pour ne pas rater les prochains épisodes. Bien sûr, vous pouvez... aussi le partager sur Facebook, Twitter, LinkedIn ou en story Instagram par exemple. Ça permet de le faire connaître à vos proches. Je suis Hortense Leluc et vous pouvez me retrouver sous le pseudo Hortense Déco ou via le compte Décodeur Podcast sur Instagram. Et si jamais vous écoutez sur iPhone via l'application Apple Podcast, vous pouvez aussi me laisser un commentaire, rubrique classement et avis, parce que Plus j'ai de commentaires, plus Décodeur se démarque dans la jungle des podcasts, ce qui est très important pour moi pour me faire connaître encore plus largement et faire découvrir le monde de la déco au plus grand nombre. Voilà, merci et à très bientôt alors, ici ou ailleurs.

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