Speaker #0Bienvenue dans Décorticoeur, le podcast dans lequel on décortique nos histoires de cœur en démontant nos schémas bloquants et nos tentatives de solutions foireuses. Je m'appelle Alexandra Kaci, je suis coach diplômée et spécialisée dans la dépendance affective, mais surtout passionnée par le fonctionnement des relations humaines. Ensemble, on va découvrir mes cas de coaching, mes réflexions personnelles et vos histoires à vous, chers auditeurs. C'est parti, on commence ! bienvenue dans ce treizième épisode et aujourd'hui on va décortiquer ensemble l'histoire d'une de mes clientes. Et cette histoire, elle se passe sur plusieurs séances et plusieurs semaines de sa vie. Et j'aimerais aujourd'hui t'emmener avec moi pour découvrir un outil, une façon de faire qui s'appelle la systémie. C'est au travers de la systémie que j'ai accompagné Émilie, dont je vais te parler. Et la systémie, c'est un peu un courant de pensée un peu une école, une manière de faire une autre vision de la relation humaine. Ce courant, il est né au milieu du XXe siècle, aux États-Unis, on dit que c'est aux États-Unis, et c'est tout un tas de psychologues, de psychiatres, de gens qui travaillaient autour du mental, de la psychologie, qui ont remis en question toutes les manières de faire jusqu'alors, et qui se sont dit qu'en fait, il y avait une autre explication à ça, il y avait un autre moyen de comprendre les relations. Et donc l'idée c'est de comprendre les relations plutôt comme un système que comme quelque chose de linéaire. Si tu prends l'engrenage d'une montre par exemple, tu vas regarder qu'à l'intérieur de cet engrenage, il y a des roues crantées qui sont imbriquées les unes dans les autres et qui font que tout le système fonctionne dans son ensemble, par imbrication les uns dans les autres. On n'est pas sur quelque chose de linéaire, on n'est pas quelque chose si tu... Parce qu'on peut prendre l'image de, t'imagines, tu mets plein de dominos les uns à la suite des autres, et puis t'appuies sur le premier et tout le reste va finir par tomber. Là on est plutôt sur quelque chose qui est imbriqué les uns dans les autres. Et la systémie c'est une chose à laquelle je m'intéresse depuis le début, depuis plus de six ans, depuis que je fais ce métier de coach. J'en apprends beaucoup plus. Alors je ne suis pas du tout diplômée d'une école de systémie, je suis quelqu'un qu'on peut appeler d'autodidacte. J'aime beaucoup apprendre par moi-même et en fait, dès que quelque chose m'intéresse, j'y vais, je me renseigne à fond, j'essaye d'apprendre un maximum, mais je n'aurai pas assez d'une vie pour passer tous les diplômes. Donc voilà, je n'ai pas la prétention de dire que je suis spécialiste de la systémie, mais je dis juste que c'est quelque chose que j'intègre de plus en plus dans ma pratique et moi dans ma vie personnelle et je vois beaucoup de différences. Donc, la systémie... Je vais te l'expliquer au travers de l'histoire d'Emilie. Et Emilie, donc, c'est une femme qui a 35 ans et qui vient me voir la première fois pour m'expliquer qu'elle a du mal à se retrouver dans son couple, qu'il y a pas mal de petites disputes, qu'ils ne s'entendent pas. Et là, elle vient pour une raison précise. Elle vient m'exposer un cas précis, mais elle m'explique que c'est quelque chose qui est récurrent. C'est des petites disputes qui sont récurrentes. Et là, elle m'explique la chose suivante. Donc elle est en couple avec Thomas, ils ont un enfant qui a moins de 5 ans, et elle m'explique que la dernière dispute en date, c'est qu'arrivée à un moment dans sa vie, elle s'est rendue compte qu'elle en faisait beaucoup au quotidien, dans la maison, dans les tâches quotidiennes, et donc elle a demandé à son mari de l'aider sur, là en l'occurrence, c'était sur une tâche particulière. La première réaction de son mari, ça a été de lui expliquer que, et là ça va faire bondir beaucoup de personnes, mais je vous en supplie, gardez votre calme et écoutez jusqu'à la fin. Donc son mari à ce moment-là, tout de suite, dans une espèce de sursaut, d'autodéfense, lui explique que si elle s'était mieux organisée, elle aurait eu le temps de faire ce qu'elle lui vient de lui demander de faire. Et donc là, il y a une dispute qui s'en est suivie, parce que pour elle, ce n'était pas l'histoire de la tâche et de l'organisation qui étaient prises en compte, c'est qu'elle se rend compte que depuis le début, elle joue à la femme parfaite. à la femme irréprochable, et que quand elle a rencontré son mari, elle gérait d'une main de maître son appartement, tout était propre, rangé, chaque chose avait sa place, etc. Et donc elle a intégré son mari dans cette vie-là, et dans cette personne qu'elle était à ce moment-là. Une personne qui aime que tout soit en ordre, qui aime que tout soit bien fait, bien rangé, bien lavé, faire par elle-même, qui gère beaucoup de choses, qui met un point d'honneur à cuisiner du frais, etc. Et donc... Son mari l'a rencontrée comme ça. Et après quelques années de mariage, elle se rend compte que... La vie est de plus en plus difficile, ils ont un enfant, ils ont potentiellement le projet d'agrandir la famille, chacun a son travail, etc. Et donc, c'est sur cette base-là qu'elle s'est dit « En fait, j'ai besoin qu'il fasse sa part un peu plus et que moi, je puisse me libérer du temps. » Et lui, qu'est-ce qu'il a fait ? Il a réagi sur la défensive. Il n'a pas voulu changer le système, parce qu'on a un système depuis le début qui fonctionne comme ça. C'est-à-dire, elle, elle s'occupe de tout. Elle ne délègue pas parce que ce n'est pas fait comme elle voudrait, donc elle fait. Elle se retrouve dépassée au bout de quelques années avec la vie, les projets. Et elle lui demande de faire quelque chose et lui se met sur la défensive. Donc d'un point de vue extérieur, et surtout si tu es une fille qui vit la même chose, tu vas te dire, ce n'est pas possible, le patriarcat, et on a de la chance aujourd'hui de pouvoir ouvrir sa bouche pour pouvoir se défendre parce que c'est injuste, etc. Bien sûr, je suis complètement d'accord avec ça. Mais ce n'est pas en lui disant des choses comme ça que je vais arranger sa situation, on est d'accord. Bien que mon but ne soit pas de prendre à ma charge le fait d'arranger la situation, je suis là pour apaiser la situation et pour la laisser entrevoir une porte de sortie et, si possible, une porte de sortie qui soit plutôt positive pour les deux. Si ce n'est pas possible, on trouve une porte de sortie qui est positive pour elle. Mais là, en l'état, pour l'instant... j'ai encore rien fait. Et donc, elle est très remontée, elle est très en colère, elle ne comprend pas, elle sent que c'est injuste. Et donc, elle vient comme ça, en m'exposant la situation et en me demandant clairement est-ce que j'ai raison ou pas ? Et en fait, je ne vois pas d'autre solution que de me fâcher avec et de revendiquer mes droits et que s'il n'est pas d'accord, eh bien, on pensera à la séparation. Alors, si elle pense à la séparation, c'est que ce n'est pas la première incartade, ce n'est pas la première dispute. C'est un cumul où elle, elle se sent pas écoutée, où lui est trop sur la défensive. Et donc moi, ce qui m'intéresse là, c'est d'analyser le schéma, d'analyser le système. Première partie du schéma, je viens de te la décortiquer, c'est-à-dire que leur couple, il a commencé comme ça, avec une femme parfaite. Donc on essaye de comprendre un peu pourquoi, quand je décortique un petit peu dans sa vie, tout ça, ça se passe sur plusieurs séances, mais quand je décortique un petit peu sa vie, J'entends que c'est une personne qui avait peu confiance en elle, qui a été beaucoup dans son enfance sollicitée à faire plaisir, à s'occuper de tout, à ce que chacun ait son rôle, etc. Et donc pour elle, son rôle, c'est ça. Alors ça, c'est bien, cette vision-là, elle est bien. Quand tu ne travailles pas, quand tu as quelqu'un en face qui ne se met pas les doigts de pied en éventail dès que lui a fini son travail, etc. Ce modèle-là, j'y crois, c'est-à-dire de chacun son rôle. Moi c'est mon C'est mon avis. Je pense que si on est des hommes et des femmes, c'est qu'on n'est pas fait pour faire les mêmes choses, qu'on n'est pas fait pour vivre au même rythme, qu'on a plus d'appétence pour certaines choses plutôt que d'autres, plus de facilité plutôt que d'autres. Ça, c'est mon avis. Maintenant, la vie réelle aujourd'hui fait que ce n'est pas forcément possible. À partir du moment où les deux travaillent, c'est plus compliqué, en fait, de se répartir les tâches à la maison comme la femme, elle en fait plus et le mec, il en fait moins. On est d'accord. Je comprends un peu que ce modèle-là, il vient de son enfance, qu'elle s'est construite comme ça, que jusque-là, ça lui allait, mais que l'enfant qui est arrivé dans la famille, le travail, ça fait beaucoup, et qu'elle se rend compte aussi, en observant, elle se rend compte que son mari a beaucoup plus de temps libre à la maison qu'elle. Et donc là, elle trouve que ce n'est pas normal. Donc elle observe ça, et ce qu'elle s'est dit, c'est « La tâche que je devais faire là, je vais lui demander de la faire. » Oui. répond un peu sur la défensive. Et donc en lui disant tout de suite que finalement, en gros, que c'est elle le problème, que c'est à elle de gérer son temps et qu'elle aurait pu le faire si... Parce que jusque-là, c'est une tâche qu'elle faisait. Donc comme je disais, elle s'est fâchée, ils se sont disputés, elle arrive en séance en m'expliquant ça, très en colère, un peu tendue entre les deux, ils ne se comprennent pas. Voilà, on sent que le modèle du couple et le modèle familial n'est pas... raccord, ils sont pas d'accord sur la manière de vivre le couple, de s'organiser à la maison, etc. On a souvent, faut le dire, encore beaucoup d'hommes qui ont été éduqués à penser que c'était une histoire de filles, c'était une histoire de femmes et que c'était pas leur problème. Alors moi, ce que j'observe, on va le dire, il y a une grosse partie d'égoïsme, ça les arrange bien de penser comme ça, parce que je pense que si c'était l'inverse, ça serait pas forcément le cas. Donc, elle arrive, face à quelqu'un qui partage sa cause. Mais ce n'est pas parce que je partage la cause que je suis d'accord sur la manière d'agir, de changer la situation. Parce que je pense que crier, râler, revendiquer, ça ne fait que braquer. en l'occurrence son mari, mais d'un point de vue plus général, ça braque la partie adverse en fait. Et donc, la preuve, elle arrive, ils sont toujours fâchés, elle est en colère, lui il s'est renfrogné, etc. Donc, dans cette séance, ce que je lui demande de faire, c'est d'analyser ça d'un point de vue systémique, en lui faisant comprendre que leur couple s'est construit comme ça. Avec son accord à elle, c'est important de le dire, avec son accord à elle, c'est elle qui était d'accord pour, entre guillemets, jouer à ce jeu de « je suis la femme parfaite, je m'occupe de tout, laisse, t'en fais pas, je vais tout gérer, ça va aller plus vite, ça sera mieux fait et donc tout le monde sera content » . Elle a joué à ce jeu-là, elle doit en prendre la responsabilité, ce qu'elle veut bien faire au final. Donc elle est d'accord avec ça et donc ce que je lui demande de faire, c'est de prendre du recul et de se demander ce qu'elle pourrait faire pour, en fait, casser la dynamique. C'est-à-dire, je te demande de faire quelque chose, tu te renfrognes, tu te braques, tu me dis que c'est moi le problème, et au final, on se dispute, mais t'as toujours rien fait. Et elle me dit, moi, la première chose que j'ai eu envie de faire, c'est de lui prouver qu'il avait tort, de lui montrer que je suis bien organisée, et que malgré mon organisation, moi aussi, je suis fatiguée, moi aussi, j'ai besoin de temps de pause, et que ça serait bien... de prendre sa part. Et donc, ça n'a pas marché, la preuve. Encore une fois, ils se font disputer, ça n'a pas marché. Le fait de lui, de vouloir lui prouver que elle avait tout fait comme il fallait, alors que lui, il lui explique que elle n'a pas fait comme il fallait, parce que si elle avait fait comme il fallait, elle aurait eu le temps. Elle me dit, moi, la première chose que j'avais envie de faire, c'était finalement d'en faire trois fois plus pour lui montrer que... Mais sauf que ça, ça ne va pas changer le problème. Ça va juste lui prouver à lui qu'elle aurait pu faire cette tâche. Parce que lui, il n'a que faire de voir qu'elle est fatiguée, qu'elle est épuisée à la fin de la journée. Parce que lui, dans son modèle, c'est « elle fait tout, elle a toujours tout fait, donc je ne comprends pas » . Et donc, en séance, ce qu'on s'est dit, c'est « abandonne l'idée, déjà comprends que toi, t'as un souci avec toi-même, et le fait d'être parfaite, d'être irréprochable » . Parce que je me rends compte qu'au fur et à mesure de la séance, On sent qu'il y a une blessure et qu'elle est très touchée dès qu'il y a un reproche à lui faire. Il lui explique qu'elle a changé, il lui explique que la maison est moins bien tenue que quand ils se sont rencontrés. Et elle, elle le prend très à cœur ça. Elle, elle le prend pour elle, forcément, ce que je peux comprendre. Et donc je lui demande de se mettre à la place de son mari et lui demander « Ok, qu'est-ce que ton mari fait quand tu lui fais un reproche ? Quand toi, tu lui expliques qu'il aurait pu mieux faire, qu'est-ce qu'il fait ? » Et là, elle me dit, en fait... Il s'en fiche, il dit rien, il répond même pas, il continue sa vie. Et donc, je lui ai dit, mais ce que tu vas faire, c'est que tu vas faire la même chose. Tu vas, donc en parallèle, on met en place des exercices pour qu'elle lâche un peu prise sur son besoin de perfection, sa peur d'être irréprochable, qu'on lui reproche quelque chose. Donc tout ça, c'est un attrait avec la peur du rejet, la peur de l'abandon, etc. Mais là, ce qui nous intéresse aujourd'hui, c'est la systémie. Et donc... On met en place des exercices pour qu'elle se déleste un peu de ce poids-là. Et je lui demande, voilà, la prochaine fois qu'il se passe quelque chose de ce style, parce que ce sujet va revenir sur la table, la prochaine fois, ce que tu vas faire, c'est que lui va être sur la défensive en te retournant le problème contre toi, en te reprochant quelque chose. Les deux choses à faire, c'est 1. Je ne me mets pas à vouloir lui prouver l'inverse. Et 2. Je ne réponds pas. et je fais comme lui en fait, je continue ma vie et à partir du moment où bien sûr je l'invite à observer qu'elle soit pas non plus dans l'extrême et que elle est pas dans l'abus parce que sinon ça fonctionne pas mais à partir du moment où elle, elle estime qu'elle en a fait assez et que cette tâche là ça va aller à l'encontre de son bien-être et qu'en même temps lui s'il prenait cette part là ça changerait pas grand chose parce que il a énormément de temps S'il n'est pas d'accord, elle laisse couler et la tâche ne sera pas faite. Donc chose très difficile pour elle qui aime l'ordre et que ça soit bien fait. Mais elle me promet de l'appliquer. Elle revient une séance plus tard. Et là, magie, elle m'explique qu'en fait le fait même d'avoir cassé cet automatisme, d'avoir cassé ce schéma récurrent, d'avoir cassé ce système, c'est-à-dire qu'elle n'a pas fait ce qu'elle faisait d'habitude. Ça a laissé son mari bouche bée. Et ça l'a laissé ? un peu pantois. Et donc, ce qu'elle m'explique, c'est qu'elle a exprès, elle, remis le sujet sur la table, il s'est rebraqué, etc. Enfin, il s'est un peu repassé la même chose. Sauf que là, elle n'a pas voulu redoubler d'efforts pour lui montrer que c'était fait. Et elle m'a dit, ça c'est un outil aussi que j'utilise beaucoup en coaching, elle a utilisé le canal du message plutôt que le canal du dialogue. Elle s'est posée, elle lui a envoyé un message en lui expliquant ce qu'elle voyait, un petit peu décortiquer tout ce qu'on s'était dit en séance. Le système, comment il s'était mis en place, qu'ils s'étaient rencontrés, qu'elle concède que oui, ça lui allait très bien jusque-là, etc. Donc elle est responsable de ce schéma qui s'est mis en place. En tout cas, elle ne s'est jamais faite entendre là-dessus parce que ça lui convenait bien aussi. Deuxième étape du message, c'est qu'elle lui a expliqué que c'était normal en fait de ne pas se reconnaître. C'était normal qu'ils avaient évolué, qu'ils ne se reconnaissaient pas surtout, qu'ils n'étaient plus ceux qu'ils étaient au début de leur rencontre. Et donc elle a acté, elle s'est autorisée, elle leur a autorisé à tous les deux à se dire, ok, en fait, c'est normal qu'on ne se reconnaisse pas. Et donc c'est normal que tu ne me reconnaisses pas. Et il n'y a rien de grave. Je suis toujours là. Mais la vie autour de nous a changé et moi j'évolue, ma façon de penser évolue et donc voilà comment je pense aujourd'hui. Et troisième étape, ce qu'elle a fait, c'est qu'elle lui a annoncé d'entrée qu'elle ne changerait pas et qu'elle estimait que ce n'était pas à elle de le faire, à partir du moment où lui avait le temps de le faire, bien évidemment, et qu'elle continuerait à organiser la maison comme ça, que ça serait moins bien rangé, sans se justifier, mais juste à lui dire c'est comme ça parce que je ne suis pas surhumaine et parce que quand je joue à la fille parfaite, je me retrouve dans des états exécrables, je suis fatiguée, je suis de mauvaise humeur, je suis de mauvaise compagnie, et donc ça continuera comme ça tant que je n'ai pas d'autre solution. Et si toi tu décides de ne pas m'aider, En plus de te rajouter un peu de charge, je ne vais pas m'en rajouter moi. Et donc, il faudra assumer que, effectivement, c'est peut-être moins bien rangé. Il n'y a pas des bons petits plats tous les soirs à table, etc. Et là, elle me dit qu'une fois que ce message a été envoyé, il y a comme une tension, une pression qui est redescendue. Et que là, la réaction de son mari, ça a été de la prendre dans ses bras et de la caliner. Et elle me dit que c'est comme si le problème avait disparu. Et là, elle s'est sentie écoutée. Si on prend du recul, on peut estimer que c'est complètement contre-intuitif ce qui venait de se passer. Elle s'est rendue compte que pendant des années, elle avait essayé de répondre à ses attaques en lui prouvant par A plus B qu'il avait tort, en lui expliquant, en se justifiant. Elle perdait un temps, une énergie phénoménale. Et là, elle a changé un petit truc. Elle s'est écoutée, elle s'est affirmée, elle a posé sa limite, tout en lui expliquant ce que lui-même n'avait pas perçu. C'est-à-dire que ce que j'ai remarqué aussi, c'est qu'au lieu lui de se dire « Mais en fait, je ne reconnais pas ma femme parce qu'elle me demande d'en faire plus alors qu'avant c'était la femme parfaite et donc je n'ai plus cette femme parfaite en face de moi et je suis déstabilisée. » Et donc, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi ? Au lieu d'avoir cette discussion-là, lui c'est tout de suite dans l'attaque « Cette maison, elle n'aurait jamais été dans cet état-là quand on s'est rencontrés. » t'as changé, tu t'organises mal, etc. Enfin voilà, sa fusée de reproches, et de reproches, on pourrait limite dire misogynes, alors qu'en un message, elle a complètement changé la donne. Et ça, c'est quand même fou. Je trouve que la systémie, c'est quelque chose qui est absolument, complètement fou. Alors, c'est pas juste magique, dans le sens où on l'applique et tout change. Comme tu le sais, et comme je l'ai expliqué, il y a eu tout un tas de compréhensions de la part d'Emily. Il a fallu qu'elle comprenne ses schémas, ses blessures, qu'on remonte un petit peu dans son enfance, etc. Sa manière de fonctionner, qu'elle prenne la responsabilité de ce qu'elle avait aussi, elle, initié, etc. Et en plus de ça, je sais que c'est pas fini. Il y aura d'autres disputes, il y aura d'autres incompréhensions. Je suis pas en train de dire que tout est réglé. Mais là, on a la preuve qu'en changeant une petite partie, on peut changer la chaîne. Comme cet engrenage. C'est-à-dire que l'engrenage, il tourne dans un sens. à une certaine allure. S'il y a une des pièces qui décide de ralentir ou qui décide de faire demi-tour, c'est tout l'engrenage qui change. Et en systémie, on dit « si je bouge, tu bouges » . T'es obligé, vous êtes imbriqués les uns dans les autres. Il n'y en a pas un qui peut bouger sans faire bouger l'autre. C'est pas possible. Et donc, c'est ça que j'admire dans la systémie. C'est vraiment ce côté, si j'arrive à comprendre dans ce système où est le grain de sable, ce qui pose problème, je peux potentiellement changer le... le fonctionnement du système tout entier, sans devoir prendre le risque de tout casser. Et ça, je trouve que c'est magique. Alors, je sais que c'est pas en une séance et que c'est pas juste avec cet exercice qu'on va régler le problème de Thomas qui est, à mon sens, moi qui suis un peu féministe, même beaucoup, mais c'est pas comme ça qu'on va réussir à tout rééquilibrer d'un seul coup. Mais c'est déjà une première. C'est-à-dire qu'en observant la jante masculine, et j'ai pas envie de mettre les jantes dans des cases, mais c'est ce que j'observe, que ça soit au travail, par exemple, que ça soit à la maison, dans le couple, J'observe que les hommes, de manière générale, se coupent un petit peu du monde extérieur, de ce que pense le monde extérieur. Il n'y a pas longtemps, je parlais avec un ami qui est auto-entrepreneur aussi, et qui m'expliquait que lui, même s'il n'avait pas confiance en lui, en son produit, en ses capacités à accomplir une tâche, il n'en avait rien à cirer, il allait se proposer comme étant capable d'accomplir cette tâche au travail, cette promotion, il l'aurait, ce poste, il l'aurait, ce contrat, il l'aurait. Compte. La plupart des filles vont se dire, mais non, je ne suis pas assez diplômée, je n'ai pas assez d'expérience, je ne vais pas être à la hauteur, je vais décevoir le client, etc. Lui se dit, ce n'est pas grave. En fait, je mens sur mes capacités. Je sais que je n'ai pas la capacité de ce que je prétends, mais ce n'est pas grave. En cours de route, je vais me former. En cours de route, je vais apprendre. Et puis, je vais camoufler ça. Ça, ça se vérifie dans beaucoup de sphères de la vie. Et donc, de cette observation-là, En plus de la systémie où je me suis dit, peut-être qu'il serait bien que les femmes prennent les hommes comme exemple à ce niveau-là, parce que c'est comme ça qu'ils se fichent la paix, au détriment des femmes bien souvent, parce que nous on se récolte le reste, mais si nous on se met à leur hauteur, si nous on fait pareil qu'eux, ils sont obligés de s'ajuster. Et c'est soit ils s'ajustent, soit ça montre quelque chose du couple. Alors Émilie, elle aurait pu me dire que Thomas n'avait pas réagi. Elle aurait pu me dire qu'ils s'étaient renfrognés de manière encore plus forte, etc. Ça aurait pu s'envenimer. Mais là, ça aurait dit aussi quelque chose de leur relation, de l'amour qui se portait l'un l'autre. Là, elle a pu vérifier que ce n'était pas un problème d'amour, porter l'un envers l'autre, c'était vraiment un problème de systémie, d'habitude, de confort pour lui. Et donc, il n'était pas prêt à lâcher son confort à partir du moment où elle, elle acceptait de jouer à ce jeu-là. Le jour où elle a dit stop. Le jour où elle lui a dit « Écoute, ça sera comme ça dorénavant » et qu'elle est restée raisonnable, lui, il n'a pas eu d'autre choix que de s'adapter. Et je précise sur le « elle est restée raisonnable » parce que je trouve que dans ce monde, que ce soit dans la guerre homme-femme, que ce soit entre pays, que ce soit dans une dispute basique, je trouve que ce qui porte préjudice à chaque fois, c'est d'aller à l'extrême. C'est de jouer au même jeu, c'est-à-dire de se mettre sur la défensive également et de ne pas assumer ses torts. Si Thomas avait vu qu'Emilie se mettait sur la défensive, jouait au même jeu que lui, ça n'aurait fait qu'envenimer la situation. Parce que lui n'aurait pas accepté qu'elle fasse la même chose que lui. Et il aurait eu raison. Je sais aussi que beaucoup vont me dire, mais moi je serais partie en fait, je pars moi si on fait ce genre de truc. Tu peux, sauf que si tu le fais, tu vas devoir partir de bon nombre de relations. Parce que malheureusement, il y a beaucoup beaucoup de personnes qui ne sont pas capables de se remettre en question quand on les met face à la réalité par des mots. Mais que quand on le fait grâce à la systémie, par des actes comme on l'a fait là avec Émilie, tout change. Alors pourquoi s'en empêcher ? Pourquoi mettre nos égaux en avant en se disant « Non mais si lui il n'est pas capable de prendre en considération ma charge mentale, s'il n'est pas capable de prendre en considération ma fatigue, et bien en fait ça ne vaut pas la peine. » Parce qu'il est trop égoïste, parce qu'en fait il préfère être dans son confort plutôt que de faire un petit effort pour m'alléger un petit peu. Oui, on peut penser comme ça. Et franchement, il y a eu des jours où moi aussi j'ai pu penser comme ça. Et si je ne prends pas l'angle de la systémie, je pense comme ça, effectivement. Sauf qu'en changeant une petite chose, tout change. Et donc c'est peut-être le moyen de se rendre compte qu'on peut changer les relations, qu'on ne voit peut-être pas les preuves d'amour comme on devrait les voir, qu'on a souvent tendance à interpréter notre vision du monde de l'amour. comme étant universel en se disant « En fait, moi, comme je me sacrifie, je prends sur mon confort, c'est comme ça que j'aime, l'autre devrait faire pareil. » Il n'y a pas beaucoup d'hommes qui sont capables de prendre sur leur confort pour prouver leur amour. De même, je veux dire. S'ils n'ont pas le choix, ils le feront. S'ils comprennent l'enjeu, ils le feront. Mais ils ne le feront pas de même comme nous, on peut le faire. Alors encore une fois, je dis les hommes et les femmes, mais en fait, tu peux être un homme et te retrouver dans les traits d'une femme, tu peux être une femme et te retrouver dans les traits d'un homme. Mais globalement, on ne va pas se mentir, c'est comme ça que le monde tourne. Donc voilà, j'avais vraiment envie de t'expliquer, de décortiquer ce cas de coaching au travers de la systémie. Ça a mis du temps, j'avais beaucoup de choses à dire, et encore je pense que je n'ai pas tout dit, mais j'ai dit les choses principales. Ça m'amène aussi à te parler enfin du workbook que je viens de sortir. Je te mets le lien en description de cet épisode. C'est un workbook qui va vraiment tourner autour de la systémie, qui va vraiment apprendre à décortiquer, comme je l'ai fait en séance avec Émilie, qui va t'aider à décortiquer ton ou tes relations problématiques. Là où tu penses que tu subis beaucoup trop la relation, que c'est injuste, que tu ne sais pas te sortir de ce système-là, Ce e-book, il va vraiment t'amener... pas à pas à comprendre en fait quelle est la part de chacun dans l'histoire, comment on peut faire pour changer les choses et te donner toutes les chances d'améliorer la relation. J'ai mis beaucoup de temps à le faire cet e-book, j'ai mis tout mon cœur, j'ai mis toute ma passion. Si t'as envie de me soutenir, n'hésite pas à te le procurer, à aller te l'acheter. Il est en vente au prix de 49 euros, donc c'est moins cher qu'une séance qui est à 50 euros, c'est une bonne base pour travailler. Je t'invite vraiment à t'y intéresser. Si tu sens que tu subis tes relations, si tu sens qu'il y a quelque chose qui te déplait, mais que pour autant tu sens qu'il y a un potentiel dans la relation, ça peut être dans le couple, ça peut être dans la famille, dans la belle famille, au travail, ça s'applique dans toutes les sphères, ça s'applique même avec les enfants. Dans toutes les sphères, absolument toutes les sphères relationnelles, on a tous et toutes au moins une relation dans nos vies qui nous déplait, avec laquelle on ne sait pas quoi faire. Et cet e-book va t'aider à y voir plus clair et te sortir de ce schéma infernal. Voilà, je m'arrête là. En tout cas, je te remercie énormément. Si tu as des questions, n'hésite pas. Si tu as besoin de plus d'informations, je réponds avec plaisir, que ce soit en privé ou en commentaire. Et je te dis au prochain épisode. Et d'ici là, n'oublie pas, se comprendre ne vient jamais par chance, mais par choix.