- Speaker #0
Yo l'équipe ! Avant de démarrer l'épisode, je vous rappelle que vous pouvez laisser un commentaire, un review et même des étoiles sur votre plateforme d'écoute. Et si vous voulez le faire sur Instagram, n'hésitez pas, c'est dedicated underscore podcast. Merci à tous, peace out ! Bonjour à tous, on est là... aujourd'hui pour l'épisode numéro 5 numéro 5 avec Vince Lee, comment tu vas Vince Lee ?
- Speaker #1
Je vais bien,
- Speaker #0
merci pour l'invitation Merci à toi d'avoir accepté l'invitation, alors bref présentation Vince Lee, DJ suisse de Genève plutôt hip-hop et tous les gens qui sortent de la culture hip-hop alors membre de Danta Ambugi, je ne sais pas si on doit dire collectif ou ou... Label ou mes grands mouvements du hip-hop suisse, je dirais.
- Speaker #1
Un peu tout ça.
- Speaker #0
Exact. Et tu mixes en Suisse depuis plus de 25 ans ?
- Speaker #1
Depuis 26 ans. 26 ans. En 1997.
- Speaker #0
Incroyable. Alors, on va parler de plusieurs choses, évidemment, mais il y a une première question que je voulais te poser pour démarrer. Quelle était ta relation avec la musique quand tu étais jeune, enfant ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. J'ai toujours kiffé la musique. Après, quand j'étais gamin, je suis né en 1979. Donc, j'ai grandi. J'ai commencé à capter la musique dans les années 80. Je pense que j'avais 5-6 ans. Madonna, Michael Jackson, les gros tubes de l'époque sont vraiment captés. Mais j'aimais beaucoup Michael Jackson. Je crois qu'une des premières, si je ne dis pas n'importe quoi, un des premiers albums que j'ai eu, c'est... Je crois que c'est Bad en cassette, en 89, j'avais 10 piges. Parallèlement, je sais que quand j'étais à l'école, et que j'avais cet âge-là, ou un tout petit peu moins, on s'excitait comme des oufs à l'école. Il y avait un truc, ça s'appelait Jive Bunny, c'était un lapin. C'était un lapin qui faisait de la musique. Du coup, ce n'était pas un vrai lapin, mais tu vois, le packaging, machin, tout ça, c'était un lapin. Puis il rejouait tous les hits un peu rock'n'roll, années 60 et tout. avec son orchestre de lapins, et quand j'étais gamin à l'école, ça nous fascinait. Mais très rapidement, voilà, Michael Jackson, première cassette Bad, premier album que je me souviens d'avoir eu, c'était ça. Et puis assez rapidement, à cette époque-là, à la fin des années 80, au début des années 90, je découvre aussi le hip-hop, notamment avec Public Enemy, avec Run DMC, avec Ice-T, avec N.W.A. ces groupes et ces rappeurs qui étaient très chauds.
- Speaker #0
Gangsta rap.
- Speaker #1
Pas mal gangsta, mais aussi politique. Il y avait ce côté... Public Enemy, c'est hyper politisé. NWA, même si c'est gangsta, c'est politisé d'une certaine manière. Et puis après, j'ai aussi, à la même époque, des années 90, j'ai découvert d'autres groupes, dont un groupe qui s'appelle 2 Live Crew. qui est un groupe de Miami. Il faisait du coup la Miami Bass déjà, je crois, à cette époque-là, qui est un sous-style de rap, on va dire. Et puis il y avait le principal rappeur, c'est Uncle Luke, qui est d'ailleurs une figure hyper connue dans les OG's du mouvement hip-hop. Mais eux, ils ne parlaient que de baises et que de sexe, en fait. Leurs covers, c'était toujours des meufs en string. C'était la musique pour twerker à l'époque, où on ne disait même pas twerker, tu vois. Et du coup, j'avais 12 piges, et puis j'écoutais ces trucs à la fois hyper politisés, hyper revendicateurs. Mais d'un autre côté, il y avait Two Live Crew, où c'était que la teuf, c'était que les meufs. Et du coup, très vite, j'ai grandi dans ce hip-hop qui avait... dans lequel il y avait de multiples possibilités de s'exprimer ou de multiples sujets. Et je pense que ça m'a plu. Après, évidemment, ce qui me plaisait beaucoup, c'était aussi les beats, les instru. Je ne comprenais pas forcément très bien l'anglais à cette époque. Et puis, c'est vrai que c'est une époque aussi où c'était très difficile d'avoir accès à du rap ou de la musique en général, parce qu'il fallait aller l'acheter. Non seulement il fallait l'acheter, c'est-à-dire qu'un CD ou une cassette ou un vinyle, ça coûtait 20 balles, 30 balles. un album, un deux-titres, une cassette deux-titres ou un CD deux-titres ou un vinyle deux-titres, ça coûtait 10, 15,
- Speaker #0
15 francs. Du coup,
- Speaker #1
tu pesais 15 balles pour avoir une chanson, pour pouvoir l'écouter. Et du coup, en plus, la musique n'était pas distribuée partout. Le rap, ce n'est pas que tu allais dans n'importe quel magasin de disques et que tu trouvais du rap.
- Speaker #0
C'est ce que je voulais te demander, justement. Où est-ce que tu trouvais ces CD ? Parce que tu cites des noms d'artistes quand même, NWA, Ice-T, etc. Je dirais pas qu'on trouve ça chez n'importe quel disquaire.
- Speaker #1
Non, mais c'était quand même des très gros noms quand même, tu vois. Déjà à l'époque, notamment aux States, c'était les gros vendeurs quand même. C'était les plus gros vendeurs d'albums dans le rap. Et puis du coup, on les trouvait dans certains magasins spé, je me souviens de... de sounds qui existent toujours à plein palais où là-bas tu pouvais aller écouter que ce soit des vinyles je sais pas s'ils avaient des CD et tout, c'était surtout des vinyles je crois il y avait Trax, un magasin de disco paqui aussi, là c'était que des vinyles mais à cette époque-là au début des années 90 moi je suis pas encore dans les vinyles, je suis pas encore DJ du coup c'est plutôt CD, cassette et même City Discs, je sais pas si tu te souviens
- Speaker #0
Big up au mec de City Discs
- Speaker #1
de Neuchâtel parce que moi j'allais là-bas et puis ils me laissaient écouter gratuitement en fait je disais ah ouais il y a cet artiste qui a sorti tel album et puis ils me le mettaient et puis ils me laissaient écouter et puis après je rentrais chez moi j'avais même pas besoin d'acheter on allait beaucoup dans ces magasins pour écouter des disques sans forcément pouvoir les acheter mais pour juste les écouter et il y avait toujours un petit bac c'était pas des magasins spécialisés hip-hop il n'y avait pas de magasins où ils vendaient que des albums ou de la musique hip-hop Merci. Mais du coup, c'était beaucoup de rock, beaucoup de si, beaucoup de ça. Puis il y avait une petite partie des bacs hip-hop. Et là, tu trouvais dessus. Puis tu essayais de trouver ce que tu pouvais. Puis tu allais aussi chez des potes. Tu sais, en regardant récemment la série Le Monde de Demain, je ne sais pas si tu l'as vue.
- Speaker #0
Non, je ne l'ai pas vue.
- Speaker #1
Il faut absolument que tu la mates et que tous les gens qui écoutent ce podcast la matent. C'est trop bien. C'est sur les débuts du hip-hop et du rap en France. Attends,
- Speaker #0
c'est celle-là avec Joycer ?
- Speaker #1
Il y a Joyce, oui c'est NTM. Ah ouais, alors je l'ai vu, je l'ai vu, pardon. Ah ok. Ouais, j'ai l'ai vu,
- Speaker #0
j'ai l'ai vu, ouais.
- Speaker #1
Pas mal, beaucoup de dynastie qui est le premier DJ à avoir joué des morceaux de rap en France, tu vois. Et puis, ce que j'ai kiffé dans ce truc, c'est que ça m'a rappelé cette époque où justement, ils vont dans des magasins de disques, mais pas seulement, ils parlent à un moment de je sais plus qui qui a tel disque et qu'ils ont entendu chez machin un disque. Bah, à l'époque, il y avait vraiment ce truc où, comme la musique n'était pas digitale et disponible partout, et qu'elle était pressée sur des supports physiques qui n'étaient non plus pas forcément abondants. Ça veut dire qu'il n'y avait pas 5 000 albums de Public Enemy à acheter en Suisse. Il y avait peut-être 300 CD dans tout le pays. Je dis un chiffre, je ne sais pas exactement. Du coup, il y a des gens qui... Toi, tu pouvais acheter un truc, par exemple. Moi, je veux l'acheter. Même si j'ai des thunes, je ne le trouve pas. Du coup, je suis obligé d'aller. Je vais chez Abbey pour écouter du son. Je vais aller chez mon pote Abbey parce qu'il a chopé le nouvel album de De La Soul. Et du coup, je vais aller chez lui juste pour écouter ça. Tu vas te déplacer physiquement pour entendre une chanson, un album. Après, évidemment, on pouvait le copier sur une cassette. Exact. Et puis revenir chez Noé. Mais les cassettes, ce qui était chiant, c'est que tu ne pouvais pas skipper ou re-écouter une chanson. Enfin, tu pouvais, mais c'était un peu chiant.
- Speaker #0
Il fallait avoir beaucoup de chance quand même. Ok, écoute, j'ai vécu ma rencontre avec le hip-hop différemment, mais c'est intéressant d'entendre tout ça.
- Speaker #1
Après mes parents écoutaient beaucoup de musique. Mon père est un immense fan de musique classique et de jazz. Du coup il va jusqu'à aujourd'hui toujours aux concerts, beaucoup de concerts en musique classique, opéra, mais aussi du jazz. Du coup il y avait beaucoup de musique à la maison. Ma mère écoutait beaucoup les Beatles, elle écoutait plus la musique populaire, mais aussi Ausha, des trucs comme ça, ça vient de ma mère Ausha. J'adore Ausha. Tu postes assez souvent. C'est la plus grande artiste du monde, enfin une des plus grandes, c'est une de mes préférées en tout cas. une musique totalement intemporelle. Et du coup, j'ai baigné quand même dans un environnement où on écoutait beaucoup de musique. Mon père avait vraiment... Il a toujours eu des chaînes Hi-Fi, mais vraiment Hi-Fi haute fidélité, tu vois. Il n'allait pas acheter un truc Sony, un machin. Il allait acheter son système de sono qui allait coûter 4000 balles, mais pas de la sono pour faire super fort, mais vraiment hyper haute qualité et tout. Et du coup, je pense que mon goût pour la musique aussi, il vient de mes parents.
- Speaker #0
On dirait que le passage a très bien fonctionné. Tu as dit que tu avais une sensibilité directement pour les beats, pour les instru, etc. C'est ce qui t'a poussé vers le DJing ?
- Speaker #1
Pas forcément. Moi, je suis parti. J'habitais en Suisse jusqu'à ce que j'ai 14 ans. J'ai grandi à Comuny, un petit bled à côté de Genève, entre Genève et Nyon. J'allais à l'école à côté, à l'école internationale de Genève, il y avait un campus à côté de la Châtaigneraie qui est vers Founay en fait. Quand tu sors la première sortie d'autoroute, quand tu prends l'autoroute de Genève direction Jean-Lausanne, la première sortie c'est Founay, juste à côté il y a le campus de cette école. Et j'étais là-bas parce que c'était à côté de chez OUAM et ma soeur était scolarisée là-bas, ma grande soeur. Là-bas, d'ailleurs, j'ai rencontré Oumar de Colors.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Oumar et moi, on se connaît depuis qu'on a 8 ans, genre. Et d'ailleurs, cette passion du hip-hop, on a découvert ça ensemble avec un autre pote qui s'appelle Nicolas Ferreux, vraiment de cette époque DJ Ruff, qui a été aussi DJ et tout, lui. Et c'est avec ces deux gars, vraiment, que j'ai vraiment découvert le hip-hop quand j'avais 8, 10, 12 ans, tu vois. Mais l'envie de mixer, en fait, elle est venue plus tard. Je ne comprenais rien de façon à ce que faisait un DJ. Je suis parti à 14 ans. Ma mère était fonctionnaire internationale. Et du coup, en 1993, elle a décidé de bouger de Genève. Elle avait toujours été basée à Genève, mais elle a voulu partir. Et elle m'a demandé si je la suivrais, si je serais OK de partir avec elle. Et les options, c'était New York ou Dakar. Et moi, j'avais 13-14 ans. J'étais là-bas, cool, vas-y, on va aller découvrir le monde avec ça, avec maman. Et finalement, en fait, on s'est retrouvés, elle a été émutée à Trinidad et Tobago, dans les Caraïbes. Du coup, de 1993 à 1995, de mes 14 ans à mes 16 ans, j'habite dans les Caraïbes. Ça parle anglais, mais ça parle en plus anglais avec un peu un patois, un accent. Tu vois, dans les West Indies, ils ne parlent pas l'anglais. Comme s'il y a des gens qui parlent parfaitement l'anglais, ils arrivent là-bas, ils ne comprennent rien.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Parce qu'ils ont des accents, des façons de parler, des slangs et tout. Et du coup, moi, j'ai des bases d'anglais parce que j'ai appris un peu l'anglais à l'école, mais je comprends. Je ne capte rien, les six premiers mois sont compliqués à ce niveau-là. Mais bref, là-bas, je suis baigné dans la culture caribéenne, du coup la culture sound system. La musique que les gens écoutent, les jeunes écoutent toute l'année, c'est du dancehall et du reggae qui vient de Jamaïque. Et puis de décembre à février, qui est la période du carnaval, ils écoutent de la soca qui est, elle, faite localement à Trinidad. Trinidad, le carnaval, de toute façon, partout dans le monde, c'est en février. C'est probablement le deuxième carnaval le plus connu au monde, en tout cas qui est réputé après celui des Rio. C'est le carnaval de Trinidad qui est un truc incroyable. Et du coup, moi, à dix mois de l'année, je suis complètement imprégné dans cette culture jamaïcaine. Les Sound System, Buju Bantan, Mega Bantan, tous les Bantans du monde. Bref, toute cette musique, ces basslines. Et ce qui était fou à Trinidad, c'est qu'il y avait des... ton podcast va durer 14 heures. Il y avait des... Ils ont des taxis pour se déplacer. Il y a des bus, mais il y a aussi des maxi-taxis. Donc des taxis un peu plus grands, qui sont genre des minivans de 8-12 places. Et là, en fait, on appelle ça des taxis, mais ils ont des routes précises. C'est pas toi, tu l'appelles, il vient te chercher pour 12 personnes. Non, c'est tu peux entrer, t'es tout seul, il y a déjà trois autres personnes, il y a qui s'arrêtent plus loin, tu descends. Un taxi collectif un peu. Un taxi collectif. Sauf que là-bas, ils sont dans cette culture sound system. Et du coup, sous les sièges arrière, les derniers sièges, les trois ou quatre derniers sièges à l'arrière, il n'y a que des haut-parleurs, mais de basse pour la basse. Que des subs. Du coup, c'est tout ce que tu les entends à trois kilomètres. Des grosses bass lines de reggae d'Handsoul que tu entends tout le temps, en fait, à trois. Et tu les entends tout le temps, partout, parce qu'il y a des maxi-taxis partout. Et du coup... Les sound systems, c'est des tapes aussi qu'ils font. Tu peux les entendre en live, mais moi j'étais un petit peu petit quand je suis arrivé pour aller dans des soirées. Et du coup, j'achète des cassettes mixées avec tous les hits d'Handsoul du moment. Et les gars font un petit peu des scratchs. Il y avait un sound system qui s'appelait Chinese Laundry à l'époque là-bas, que j'adorais. Ils font un peu des scratchs. Putain, c'est quoi ce bordel ? En même temps, je découvre Cutkiller.
- Speaker #0
Ah ouais, purée, tu découvres Cutkiller.
- Speaker #1
à Trinidad et Tobago je pense que je le découvre parce que je reviens en Suisse et on fait des cassettes ou j'achète des cassettes c'est l'époque où Cutkiller commence vraiment à blow up avec ses mixtapes c'est super underground on connait pas sa tête il y a tout un truc en plus à l'époque où on connait pas la tête des gens souvent parce qu'il y a pas de vidéos, il y a pas de trucs et les DJ en plus sont encore plus ce truc un peu underground un peu geek à l'arrière de la scène à l'arrière de la scène, et j'écoute les mixtapes de Cut, j'entends des scratchs, des trucs, je suis là, waouh, c'est quoi ce bordel et tout, puis parallèlement aussi, j'entends un peu des trucs de Funk Flex, de Funkmaster Flex, qui est un autre de mes, je dirais, de mes idoles, ou des gars qui m'ont vraiment donné envie de devenir DJ. Quand je suis à Trinidad, j'entends ça, je le vois aussi des fois mixé à la télé, parce que j'ai BET aussi, en fait, ce qui est cool, c'est que quand je suis à Trinidad, je me retrouve imprégné dans la culture caribéenne, mais... aussi en fait il y a toute la culture américaine qui arrive là-bas à travers la télé la radio aussi mais surtout la télé du coup j'ai B.E.T quelle source de... j'ai tous les clips, je vois tous les clips ce que je voyais pas du tout en Europe je suis à jour, je vois tous les clips et c'est 93-95, c'est la période Wu-Tang, c'est la période Nas c'est la période Biggie, c'est la période Snoop c'est une période de guenin pour le rap, du coup moi je vois tous ces clips je vois tout ça et je kiffe trop et quand je rentre en Suisse en 95 que j'ai 16 ans Et puis là, je me dis, putain, je vais essayer de me mettre au platine et tout. Et du coup, grâce à un oncle qui me file 500 balles, parce que je rate mes examens pour entrer au collège, du coup, mon oncle, il dit, mon oncle François, paix à son âme, il dit, un oncle, c'est fait pour consoler. Il ne te donnait pas de l'oseille quand tu réussissais, il te donnait quand tu loupais. Il me file 500 balles, je trouve 500 balles ou 600 ou 700 balles en plus. Je vais dans un magasin en France voisine à Ferney et j'achète. deux platines et une table de mixage d'occasion. Et c'est comme ça que je me mets gentiment à mixer avec un pote, Badra. On mixe beaucoup ensemble, on apprend. On est dans notre chambre, on est chacun dans sa chambre. Puis vous vous entraînez, quoi. On s'entraîne pendant un an et demi, comme ça.
- Speaker #0
Mais en fait, je suis encore un peu choqué sur comment t'as pris toute cette vague de la culture caribéenne et hip-hop. Parce que c'est vrai que bouger à 14 ans... aller à Trinidad et Tobago, déjà, c'est guedin. Et en plus, là-bas, tu es au milieu de tous ces gens qui sont en train d'écouter du dancehall, du reggae, toute la journée, et en même temps, tu habilles E.T. Honnêtement, c'est incroyable.
- Speaker #1
C'est pour ça que j'ai toujours aussi kiffé énormément le dancehall, tout ça. Je suis un DJ pop, vraiment, c'est ça mon truc de base. Mais tout ce qui est dancehall, tout ce qui est culture jamaïcaine... caribéenne en général, tu vois. Aujourd'hui, Chata, le truc en français. La Soca, j'aime bien, mais j'aime moins. C'est un truc que j'aime bien sur des petits espaces, un petit peu, tu vois. Il n'y a pas de session Soca. Voilà, et d'ailleurs, la Soca, c'est un truc assez particulier. Et c'est vraiment... C'est pas sorti de la communauté caribéenne réellement, tu vois. Alors que les autres, le dancehall, tout ça, ça touche. Ils ont fait leur chemin.
- Speaker #0
Donc du coup, tu achètes ces platines, etc. Tu démarres et tu t'entraînes pendant une année et demie. À ce moment-là, c'est quoi l'objectif ? Tu veux mixer en soirée ? Tu veux être auprès d'un rappeur ? Non,
- Speaker #1
je ne pense même pas que c'est vraiment possible que je fasse des soirées ou quoi que ce soit. Je kiffe juste mixer. Je suis un petit gars un peu timide qui n'a pas une monstre confiance en lui. Je vais acheter quelques disques parce que justement, il faut aussi acheter des disques. C'est à l'époque où tu mixes avec des vinyles. Du coup, là, je vais beaucoup à Trax. J'achète beaucoup. ça coûte 10 quatracts, mais tu peux pas... Tu vois, ça coûte 15 balles un maxi, tu peux pas 30 balles un album, et c'était mieux d'avoir des maxis, les maxis c'est les singles, c'était mieux d'avoir ça pour mixer, parce qu'il y a moins de chansons qui sont pressées sur le... En fait, sur un disque vinyle, plus tu as de chansons, plus le volume qui sort de ton disque est bas.
- Speaker #0
Ah oui, ok.
- Speaker #1
En fait, les maxis, t'as 2-3 chansons maximum par face. Et sur un album, tu peux avoir 6, 7, 8 chansons par face. Du coup, plus il y a de chansons, plus le volume est bas. Donc en fait, tu vas privilégier des maxi-vinyles pour que le volume soit plus fort quand tu les joues. Et puis, j'achète des maxi-vinyles. Et si, je me rappelle d'ailleurs qu'un des premiers trucs que j'avais acheté ou dans les premiers vinyles que j'ai acheté, c'est Dead Presidents de Jay-Z. Et c'est là que j'ai commencé à devenir fan de Jay-Z. 96, je me trompe. 96, exactement. et puis je mixe dans ma chambre je fais que pendant un an je fais que caler des scènes ensemble caler, beat-syncher syncher mes sons ensemble apprendre à faire ça et puis après un an et demi comme ça il faut savoir que le hip-hop à l'époque c'est vraiment un milieu petit et fermé il y a quelques soirées par-ci par-là moi j'ai 16-17 ans j'y vais dans certaines de ces soirées mais Je connais quelques personnes, je connais Oumar, on se retrouve quand je reviens de Trinidad, qui lui est connecté à d'autres, qui est plus connecté Oumar au milieu hip-hop, vraiment je ne vois. Il traîne notamment avec un crew qui s'appelait Skills of Funk. C'était des rappeurs, un groupe de rappeurs d'ici et tout, ils n'ont pas sorti de R.I.P. Band, d'ailleurs on a des membres qui sont décédés. Et ils n'ont jamais sorti de scud, parce qu'à l'époque c'était dur de sortir des scud, mais ils faisaient partie de cet écosystème hip-hop, aller dans les soirées, prendre le mic dans certaines soirées, machin et tout. Mais je ne connais pas non plus super bien, du coup il y a une sorte de... Puis tout le monde se regarde, tu vois, dans ces soirées ou dans ce milieu, tu vois, toi t'es qui, tu connais qui, machin, on ne te calcule pas trop parce que tu ne connais personne, machin, du coup... Moi je ne me fais même pas... j'ose même pas me dire que je vais aller un jour toquer à la porte de quelqu'un ou... d'un club ou d'un promoteur, tu vois. Mais du coup,
- Speaker #0
ta première soirée, elle vient comment ?
- Speaker #1
Elle vient parce que j'enregistre quelques mixtapes, des mixtapes chez moi, comme ça, pas des trucs à plusieurs exemplaires, mais genre une mixtape. je mixe chez moi, je m'enregistre je l'affile à un pote qui s'appelle Alpha à l'époque je suis au collège Voltaire, j'habite au Charmy et je l'affile à un pote que je connais un peu, Alpha du quartier et puis lui il était à l'école de com juste à côté là, et du basket aussi parce que je joue au basket, du coup il y a aussi le basket, le hip hop tout ça ça va vraiment tout ça fait partie de la même culture finalement et Alpha en fait lui il fait écouter cette cassette à un mec qui s'appelle Guy Roland. Et Guy Roland, à l'époque, il est DJ, il s'appelle DJ G-Man, mais il en a marre de mixer, ça l'intéresse de moins en moins, je crois, à ce moment-là. Il organise des soirées, c'est l'un des premiers gars à faire venir 4Killer en Suisse, voire à Genève, à Genève, voire en Suisse, en 95, je crois, pour le faire mixer dans son putain de salon, à In-House Party. C'est lui, chez lui, que Double Pact, je crois, se sont formés, ou enfin... C'est lui aussi qui était le mentor du groupe Les Petits Boss, qui est un des groupes légendaires de Genevoix. C'est un mec qui était un visionnaire vraiment, Guy Roland. Il parlait anglais, il allait souvent aux States. Moi, quand je l'ai rencontré, j'avais 18 ans et lui, il en avait 21. Mais il allait tout le temps aux States et c'était un businessman dans sa tête. Lui, il voyait Puff Daddy, tu vois.
- Speaker #0
Il avait déjà compris.
- Speaker #1
Il avait compris qu'il y avait quelque chose à faire. Parce qu'à l'époque, il n'y a pas de business en Suisse au niveau du hip-hop. Il y a quelques soirées, il y a quelques trucs, mais ce n'est pas ouf. Il n'y a pas vraiment d'argent. D'ailleurs, les gens ne pensent pas à faire de l'argent. Voir peut-être certains vont se dire que faire de l'argent avec ça, ce n'est pas cool. Mais lui, il n'est pas du tout dans cette optique-là. Il est dans une optique très carrie, capitaliste hip-hop, comme pratiquement tous les mecs au States. Et du coup, il a une vision très business et tout. Et puis, il est connecté avec toutes les bonnes personnes en Suisse. Donc lui, en fait, il écoute cette cassette que j'ai faite pour Alpha. Et un jour, il sonne chez moi avec Alpha. Attends,
- Speaker #0
attends, attends. Il vient chez toi et il sonne ?
- Speaker #1
Il vient chez moi avec Alpha, je pense. Je ne me rappelle plus exactement. Alpha l'amène chez moi parce qu'il veut me rencontrer. Incroyable. Et il me dit, ouais, écoute, j'ai écouté ta tête, je kiffe, je vais te manager. Je ne connais ni d'Adam, je ne connais pas, je ne sais pas trop, mais je suis là, bon, vas-y, pourquoi pas. Et comme lui, il fait partie de cet écosystème vraiment parce qu'il est DJ, parce qu'il est promoteur, organisateur, parce que il vend aussi de la sape, il va aux States, il achète des sapes. Il faut savoir qu'à cette époque, il y avait des gars à Genève, dont lui et d'autres, qui allaient à New York, et il y avait des immeubles à New York où ils vendaient les faux. Les faux FUBU, les faux Tommy Figure, les faux aussi, les faux ça.
- Speaker #0
Ils remplissaient, ils ramenaient.
- Speaker #1
Ils remplissaient leur valise de ça, ils achetaient ça à 10 balles et ils revendaient ça à 150 balles ici. Tout le monde portait ces trucs. Moi y compris. et du coup il faisait pas mal de cash avec ça mais du coup lui il sonne et il vient et il me dit je veux te manager je suis guérolant, je fais ci, je fais ça j'étais DJ mais j'en ai marre, j'ai pas trop envie de continuer là-dedans, je veux faire du business je veux faire d'autres choses et lui direct il me plug directement deux semaines après je suis en train de mixer pour la première fois, je fais ma première soirée je fais le before et l'after party de la rappeuse MC Light qui était venue au concert sur... à Champel et puis l'after party c'était au Gosse, je crois, une boîte où il y a eu beaucoup de soirées hip-hop dans les années 90 à Carouche. Et c'est Ronti et Edouard, RTS Disbreakers, qui organisent cet événement. Ronti, c'est aussi un des membres fondateurs de Downton Boogie. C'est le père de Yomi Denzel. Tu connais Yomi Denzel ? Ouais, ouais, je vois. C'est son daron.
- Speaker #0
Ah ok.
- Speaker #1
Et Ronti, c'est aussi un personnage clé dans l'histoire du mouvement hip-hop en Suisse et dans son développement. Notamment au niveau des soirées, c'est un gars qui a commencé en étant videur à la Dolce Vita, une boîte un peu alternative où il y avait aussi des soirées hip-hop au début des années 90, où il y a eu certaines des meilleures ou des premières soirées hip-hop dans les années 90 à Lausanne. Il commence par être videur, il finit par être DJ, après il se met à organiser des soirées, il ramène Montel Jordan, il ramène... MC Light du coup et bah moi tu vois si j'avais pas connu Guy je pouvais pas connaître Ranty j'allais dire je peux mixer dans ta soirée il allait me regarder mais t'es qui toi ? tu vois peut-être si je lui donne une mix et puis il écoute peut-être il va dire ok mais si t'as pas un cosign à l'époque c'est difficile de rentrer y'a pas de téléphone,
- Speaker #0
y'a pas d'internet,
- Speaker #1
y'a rien y'a pas quelqu'un que tu peux appeler pour dire j'ai envie de mixer, non tu sais pas où trouver ces trucs c'est que des bouches à oreilles et des personnes à personnes qui tu connais tout ça Et du coup, Guy me connecte avec eux, il me fait mixer dans cette soirée, ça se passe très mal, je suis nul, je suis complètement perdu, j'ai 4 bacs de 10 mais je ne sais pas quoi jouer, je suis perdu. Et aussi, mixer dans sa chambre, c'est complètement différent de mixer dans un club. Le son, les trucs, la table de mixage, ce n'est pas la même, je suis là, waouh. Et du coup, le lendemain, j'ai une autre soirée, il me fait mixer à une autre soirée à Lausanne, un club qui s'appelle le Playtime, l'ancien Chi Club, je ne sais pas si tu te rappelles du Chi Club à la Borde. Bref, et là, il me fait mixer... avec il y avait DJ Care et DJ Fab qui étaient programmés ok à Genève j'avais mixé avec DJ Trouble King à ma première soirée un autre OG et bref DJ Fab DJ Care sont programmés dans cette soirée c'est une soirée N-Pro Et N-Pro, à l'époque, c'est un des promoteurs, un des meilleurs ou plus big promoteurs en Suisse romande pour les soirées. Et c'est un mec qui... Il faut savoir qu'à cette époque, il y a vraiment ce truc encore où il faut keep it real, really pop. Il y a beaucoup de gens qui sont là, ouais, le rap, c'est un truc dur, c'est pas un truc dansant, c'est pas un truc chanté, c'est pas... Il faut que ça reste un truc assez dur, assez sombre et tout. Mais il y a aussi tout un autre mouvement où le hip-hop commence justement à se commercialiser réellement. Et ça, c'est passionnant. Puff Daddy, Bad Boy, Biggie, Notorious B.I.G, ça fait partie de ça. Des refrains chantés avec 112, avec Total. Il y a beaucoup de gens qui n'aiment pas. Il y a des ayatollahs un peu du hip-hop ou des gens un peu hip-hop dans leur cerveau qui te disent ça c'est Pepsi, machin. Moi, j'en ai rien à foutre. Moi, je kiffe ou je kiffe pas. et puis en même temps les mecs qui font ça ils sont super forts, tu vois Biggie tu peux pas dire que c'est de la merde enfin bref et du coup moi j'ai aucun problème à jouer ces sons dansants, ces sons où il y a du chant du R'n'B aussi, il y a des DJ ils veulent pas entendre parler d'R'n'B ou du dancehall, non je vais pas jouer ça je vais jouer que du rap, des trucs durs mob, deep, wouteng et du coup il y a ce genre de soirée qui existe toujours à cette époque là mais c'est des soirées où finalement il n'y a que des mecs beaucoup de mecs il y a peu de meufs Et N-Pro, lui, il a une idée, il est comme Guy Roland quelque part dans ce truc où il a une idée très carré, une idée de... On peut faire des trucs pour la masse, pour beaucoup. On peut faire des trucs qui peuvent rapporter de l'argent. On peut faire des trucs qui sont bling en restant hip-hop, en restant authentique. Et du coup, dans ces soirées-là, on joue beaucoup de R'n'B, on joue du dancehall aussi. Et il y a beaucoup de filles. Contrairement justement à certaines autres soirées qui sont beaucoup plus underground, un peu... cave un peu, voilà. Et moi, j'ai aucun problème à jouer que des trucs durs ou à jouer que des trucs plus accessibles et à faire danser les go et tout ça, mais il y a des gars, à l'époque, c'était pas possible. Et dans leur cerveau. Du coup, il y a assez peu de DJs, finalement, qui ont à la fois la technique, qui ont à la fois les scuds, les disques, tu vois, il faut avoir les disques, les gros disques, et qui ont cette envie de jouer hip-hop, mais pour faire danser les gens et puis de jouer aussi des trucs qui vont être plus mélodieux ou plus dancehall aussi. Et N-Pro, il a vraiment cette vision-là, c'est ce qu'il veut dans ses soirées. Du coup, dans cette soirée-là, il y a DJ Fab de Paris qui est un très bon DJ et qui continue d'officier, qui est un des DJs qui... Fab, ça a été un peu un mentor pour Cutkiller. Il a fait avec un rappeur qui s'appelle EJM à Paris, qui est un super OG, qui a été un peu oublié, mais ils font partie vraiment de la première vague, vrai français, presque la même vague que Dynasty. Et Fab en ce moment-là, il vient beaucoup en Suisse, il est capable justement de mixer hip-hop, R'n'B, tout ça. Il prend le mic en plus, qui à l'époque, personne ne prend le mic. Et il y a Kerr qui lui est déjà une brute, il vient de Bienne, il représente Toblin, c'est déjà une brute au platine et tout. Et moi du coup, je suis un peu un guest, tu vois. On me donne 30 minutes dans cette soirée pour mixer. Et là en fait, Guy Roland, il était venu l'après-midi chez moi et il avait fait un tri, on avait fait un tri, mais c'est surtout lui qui avait fait le tri de qu'est-ce que j'allais prendre comme disque. Du coup, je passe de 4 bacs de disques, du coup de 200 disques ou je sais pas, à un seul bac avec genre 50 disques. Du coup, ma sélection, elle est beaucoup plus restreinte, mais en même temps, je vais pas me perdre comme ça, tu vois. Et là, je joue, je joue mes 30 minutes, ça se passe bien, ça se passe très bien même. Et à un moment...
- Speaker #0
Là où je comprends que ça se passe bien, c'est aussi, les gens ils dansent, mais Guirland il prend le micro, lui il prenait le micro, puis il dit les filles faites du bruit pour DJ Vince. A l'époque je m'appelais juste DJ Vince. Et les filles crient. Et là je suis là, wouah.
- Speaker #1
Ah ben ça c'est encore une autre chose qu'il n'y avait pas dans ta chambre.
- Speaker #0
Exactement, mais genre tu vois ce feedback du public, des gens qui kiffent ce que tu fais et qui le crient, je savais pas que c'était possible. Et ça m'a fait un bien pas possible sur le moment, et à ce moment là je me suis dit, tu sais quoi, ça je peux vraiment le faire. Et à partir de là, Guy Roland me connecte à DJ Seal qui bossait sur OneFM. Je vais faire une émission avec lui sur OneFM. Je lui demande si je peux revenir. Il me dit tu vas revenir tous les week-ends. On fait notre propre émission à nous ensemble, une nouvelle émission sur OneFM qui s'appelle Showtime, qui était hostée par Rubest, ancien petit boss qui reste un de mes meilleurs potes et tout aussi des Charmis. Là, dans cette émission, il y a les MAM qui viennent rapper, la PER, Double Pact, on fait même venir Sens Unique, il y a Smith & Wesson d'Estate, ce qui passe. Cette émission, elle dure 7-8 mois et puis elle est super écoutée à Genève. Chaque fois qu'on finit l'émission, c'était le vendredi-samedi de 8h à 22h, je crois. Chaque fois qu'on sort de l'émission, on va à la gare ou on va au quartier aussi, au Charmy, où on va à Rive, là où il y a du monde, tu vois. Là où il y avait du monde à l'époque, où la jeunesse était le soir. Et il y a trop de gens, enfin, il y a plein de gens qu'on voit qui nous checkent. « Ah, c'était incroyable, vous avez joué ici, vous avez joué là. » Du coup, il y a un feedback de ouf et un soutien de la ville qui est super cool. Et puis à partir de là, je commence à faire de plus en plus de soirées, à être connecté à droite à gauche, à aller mixer en dehors de Genève, tout ça. Et puis c'est comme ça que ça démarre vraiment.
- Speaker #1
Et c'est comme ça aussi que tu as commencé à en vivre, j'imagine ?
- Speaker #0
Alors à cette époque-là, je fais un peu de sous, mais tout mon argent passe dans les scoops. Du coup, je gagne 300 balles là, 400 balles là, 500 balles là. Et chaque semaine, j'achète 3, 4, 500 francs de disques. Un peu plus tard encore, quand je vais à Saint-Gal, je me rappelle, j'avais des cachets de 800 balles. Le lendemain, vendredi, je vais à Saint-Gal mixer. Le lendemain, je suis à Zurich. Je fais les magasins de 10. Je dépense tout mon cachet. Tout. Je vendais tout ce que je trouvais chez moi, qu'on n'utilisait plus. Du coup, les premières années, oui, je fais un peu de sous. Mais je dépense surtout tous mes sous dans ce que je fais.
- Speaker #1
La digitalisation a dû faire du bien.
- Speaker #0
À ce niveau-là, oui. puis elle a vraiment... démocratiser le truc et permis à beaucoup plus de gens de faire ce truc parce que comme je te dis, moi c'était des budgets de 1500 balles minimum par mois pour les scuds, donc là on parle de 20 000 balles par an il faut les sortir, tu vois tout au début c'était moins mais du moment que j'ai commencé à faire des soirées, après moi j'étais quelqu'un qui aimait acheter les scuds à double parce que je faisais des passe-passe et tout,
- Speaker #1
puis je voulais tout avoir mais bon c'est un sacré budget et je pense pas que enfin C'est aussi pour ça que les gens ont commencé à mixer parce qu'ils n'avaient plus besoin d'acheter tous ces vinyles. Aujourd'hui, depuis 15 ans, depuis Serato,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Il fallait les déplacer.
- Speaker #0
Oui, en plus. Alors ça, c'était un truc... Frère, tu ne pouvais pas aller en soirée tout seul pratiquement. Ah ben oui. Parce que tu avais 200 kilos de vinyles avec toi. Tu avais des potes, des assistants. D'ailleurs, on a souvent dit que la première porte d'entrée de taf dans le hip-hop, c'était porter les caisses du DJ. C'était un des premiers trucs où tu rentrais gratos dans des soirées ou une sorte de petit taf, et tous les DJ avaient la croix qui les aidait.
- Speaker #1
Là, tu as parlé de comment tu as démarré, ensuite l'émission sur 1FM. Comment la connexion se fait ? Parce que tu démarres Dantan Boogie au début des années 2000.
- Speaker #0
Alors Dantan Boogie, ça start en 99.
- Speaker #1
Oui, mais toi tu...
- Speaker #0
Moi j'y arrive en 2001. À l'époque, quand ça commence, Dantan Boogie c'est DJ Ranty, DJ Green Giant. les DJs, et puis les hosts, c'est Baby Blue, a.k.a. Chucky Fresh, Dynamike, et Jiggy Jones qui fait la technique et un peu de micro aussi. Et puis en 2001, Ranty, lui, il ne commence plus trop à être motivé. Le truc du DJ, ça l'intéresse de moins en moins. Il veut passer du côté business. D'ailleurs, juste après, il achète le Loft, je crois. Et puis, du coup, il dit qu'il va arrêter. Et il propose trois DJs. à l'équipe de downtown pour reprendre le flambeau on va dire dont moi et puis ils votent et puis c'est moi les 4 qui restent votent il y en a 3 qui votent pour moi 1 qui vote pas pour moi et puis vu que c'est 3 contre 1 je deviens on m'appelle et on me dit tu vas commencer downtown en septembre et puis j'étais trop content j'étais là putain ça faisait un moment que j'attendais cet appel tu vois mais eux ils te connaissaient parce que
- Speaker #1
Tu mixais déjà régulièrement sur Lausanne, etc. Oui,
- Speaker #0
on me connaissait parce que le milieu, c'est un petit milieu. Et forcément, on se connaît tous. Et moi, je faisais quand même pas mal. Au niveau des DJ, déjà, en 2000, j'ai fait assez rapidement quand même pas mal de bruit. Grâce à Guy aussi, qui m'a connecté. Du coup, mixer dans les bons endroits. Une de mes... Peut-être près de 2-3 mois de mix en 97, je suis en train de mixer à l'Arena avec Snoop. Il y a Snoop Dogg qui vient à l'Arena, c'est N-Pro qui le fait venir, et je mixais à l'Arena. Enfin tu vois, ça va quand même assez vite sur certains trucs. Après, ça va vite mais ça va aussi lentement parce que c'était des périodes où des fois, je me rappelle dans cette période-là, dans les 2-3 premières années, il y a eu des périodes où peut-être pendant 2 mois j'avais pas de soirée. Parce qu'il y avait très peu de soirée. Il y avait une soirée hip-hop par mois, même pas une soirée hip-hop par week-end en Suisse romande. Et d'ailleurs, du coup, les gens se déplaçaient dans la Suisse romande, voire la Suisse allemande, pour aller chercher des soirées, quand il y avait des soirées.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est difficile d'imaginer, parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas une soirée où il n'y a pas de soirée hip-hop, mais à l'époque, c'était, comme tu as dit, les gens se déplaçaient. Je me souviens de l'époque, alors en tant que Neuchâtel, je suis obligé de citer la Rotonde, etc. Donc, c'est vrai qu'on oublie un peu cette réalité aujourd'hui. Toi, encore la Rotonde,
- Speaker #0
on est quand même dans un truc où il y a quand même vachement plus de soirées déjà, pas autant qu'aujourd'hui. Exactement. c'est Le love, t'es déjà là, etc. On parait à 1998 ou 1997. Je te jure que c'est beaucoup ce qu'il y avait. Et puis moi, je fais aussi les mixtapes, tu vois.
- Speaker #1
Ouais, tu continues à faire les mixtapes.
- Speaker #0
À l'époque, je faisais les mixtapes en 98. Je faisais une première mixtape où il y a Oxmo Puccino dessus. Il y a la PER, il y a Rubest. Je ne me rappelle plus qui. J'ai oublié tous les noms. Des autres français, tout ça. Mais du coup, c'est des mixtapes aussi qui sont bien distribués en Suisse dans tous les shops spécialisés et qui sont pas mal écoutés. Ils sont bien promotionnés aussi avec Vlal et Confine d'affichage de stickers. Les stickers sont partout en Suisse romande à cette époque. Ça, ça me faut aussi connaître. Ça fait en sorte que je sois plus connu, plus respecté. Du coup, les gars de Downtown, ils se disent que c'est les gars qui sont un peu en train de monter. Il faut qu'on taffe avec lui. C'est ça qu'ils se sont dit, je pense.
- Speaker #1
Et puis, le rôle du DJ de Downtown Boogie, c'est qu'il y avait des sessions et des moments où le DJ pouvait passer des sons et tu choisissais simplement ce que tu voulais passer ? Oui,
- Speaker #0
alors c'est nous qui choisissions et qui ont toujours choisi ce qu'on jouait, c'était nous les DJs. Et puis c'était un mix show, du coup c'était nous. La basse c'était la musique et puis tous les 10, 5, 15 minutes, on faisait une instru, ça parlait, ça racontait, les gars parlaient de ce qu'on avait joué ou parlaient d'autres choses, mais surtout ce qu'on jouait, pour recevoir aussi des rappeurs, des interviews des fois. Et puis ça se passait comme ça, au début je crois que c'était tout. tous les jours,
- Speaker #1
c'était en quotidien et en direct du coup j'allais deux fois par mois à Lausanne deux fois par semaine alors on va pas non plus parler énormément d'un tambourine parce que vous avez fait une interview il y a pas longtemps longtemps au Parlement, si je ne me trompe pas. Et d'ailleurs, je motive tous les gens à aller jeter un oeil, comme ça vous pourrez connaître tous les secrets d'un tambourgui. Toi, pendant que tu es chez un tambourgui, tu continues à faire tes soirées. Est-ce que le fait d'être... Les membres de Dantan Boogie, ça t'a permis de te développer encore plus ?
- Speaker #0
D'une certaine manière, oui, parce que c'est encore un cosign. Ça marche beaucoup au cosign, à la validation. C'est une nouvelle validation. Et là, c'est une validation de la radio nationale, le Couleur 3, qui est un truc quand même super fat. Donc moi, c'est vrai que quand j'arrive à Dantan Boogie, je dis assez rapidement à mon manager, à Guy Roland... Là, on va passer les cachets. À ce moment-là, mes cachets sont genre de 800 balles les plus gros. Et là, je dis à Guérolon, maintenant, c'est couleur 3. On va demander 1000 balles. Du coup, tu vois, rien que ça.
- Speaker #1
Il y a tout qui change.
- Speaker #0
Ça permet, tu vois, de dire, le gars, ce n'est pas juste Vince Lee. de Vinci, c'est Vinci de Couleur 3 du coup ça rajoute un truc sur lequel tu peux demander plus de thunes plus de... t'as aussi un peu plus peut-être des autres personnes en fait qui connaissent pas forcément ou qui connaissent moins, qui vont peut-être s'intéresser à toi oui pour ça, après ça a pas changé drastiquement ma vie sur le moment mais je pense que ça a été quand même un truc, un step toujours un step up
- Speaker #1
Ok, et du coup à ce moment-là, il y a déjà les soirées d'Antan Bougui ou pas encore ?
- Speaker #0
Alors il y a déjà, mais elle ne sait pas du tout ce qu'ils sont encore à ce moment-là. Il y en a quelques-unes par-ci par-là, je dirais. Au début c'était Ranty. qui les organisait les deux premières années. Puis après, ils partent. De temps en temps, on a une demande où on va mixer à Berne, où on va faire une soirée ici ou là. Mais ce n'était pas du tout...
- Speaker #1
Ce n'était pas récurrent.
- Speaker #0
Non, et puis, ce n'était pas toujours... Ça pouvait être un peu complexe parce qu'on était... En fait, on a aussi des pièces rapportées les uns les autres, tu vois, dans cette émission. Du coup, ce n'est pas une volonté. Les cinq, on s'est dit, on va faire un truc ensemble. Il y a eu un truc où il y a une partie qui a voulu faire un truc ensemble. Moi, je me suis rajouté à tout ça. Et du coup, aussi, les soirées, c'est différent de la radio. Donc, il y a une autre dynamique. Et les premières soirées ne sont pas forcément ouf, tu vois, ou quoi que ce soit, parce que nous-mêmes, on n'est pas super synchro. et ça devient vraiment quelque chose quand le D nous appelle et ça c'est genre en 2006 je pense 2006, 2005, 2007 où le D nous propose de venir faire une soirée hip hop downtown boogie en mensuel si je dis pas n'importe quoi un jeudi par mois Et à cette époque, tu vois, on fait pas mal de soirées, on commence, on mixe déjà, moi je mixe déjà beaucoup à droite, à gauche, en Suisse, un peu partout, mais on mixe pas forcément dans les meilleurs clubs, tu vois, c'est pas les gros clubs qui nous accueillent encore, enfin pas, dans certains endroits oui, mais en Suisse romande, pas forcément, à part le Loft, qui est un club quand même bien respectable, c'est plutôt des petits clubs ou des trucs un peu plus bancal ou moins...
- Speaker #1
C'est pas le D, quoi. Voilà,
- Speaker #0
c'est pas le D, c'est pas le Mad, c'est pas ce genre de club, tu vois. Mais à ce moment-là, tu vois, le hip-hop commence vraiment à devenir gigabit, tu vois. C'est déjà après Fiftysen, c'est déjà Kanye West. C'est une grosse année, déjà. Et le hip-hop et tout ce qui l'entoure, Sean Paul, Beyoncé, tout ça, bref. Ça devient une grosse affaire et le D qui est un club électro se dit, ah ben, on va essayer. Le jeudi. Le jeudi, voilà. On va pas brusquer notre programmation du week-end qui est électro. Mais on va faire ça le jeudi. Et puis à partir de là, ça commence, ça s'installe assez rapidement comme un rendez-vous, où nos jeudis deviennent blindés, et ça se passe hyper bien.
- Speaker #1
Et en plus, pour utiliser ce que tu as cité tout à l'heure, c'est aussi une validation, je pense, pour Dante Ambugi, d'être booké au dé, de manière mensuelle, etc. Après, je pense que c'est comme ça que les autres soirées se débloquent. Moi, j'avais à cœur de venir sur... montre jazz, etc. Je trouvais que c'était un événement incroyable, Dantan Boogie, montre jazz.
- Speaker #0
Même nous, pour nous, c'était un des meilleurs trucs qu'on faisait.
- Speaker #1
D'ailleurs, s'il y avait une ou deux éditions marquantes des soirées Dantan Boogie, tu citerais lesquelles ?
- Speaker #0
Le problème, c'est que j'ai une très, mauvaise mémoire. Mais... Qu'est-ce que je te cite ? Il y a quand même une, par exemple, où on a mixé, mais ça c'est parce que c'est un truc vraiment hip-hop du cœur et de la culture, mais on a mixé et qu'on a fait venir Cool Herc une fois.
- Speaker #1
Ah wow, ok.
- Speaker #0
Du coup, Cool Herc est un des fondateurs, le DJ, ou un des trois, considéré comme un des trois fondateurs vraiment de cette musique et de cette culture. de cette culture hip-hop, avoir fait les premières block parties et tout. Et du coup, il est venu il y a genre 10 ans, 12 ans, 13 ans, je crois, mixer avec nous à une DTB. Et il était super sympa. C'était super cool de mixer avec lui. Après, les 10 ans de DTB, je me rappelle, c'était quand même quelque chose. On avait ramené Aya à mon special guest. Là, on était un samedi soir au D. C'était la première fois qu'on faisait un samedi. C'était assez ouf. Sinon, oui, évidemment... Des DTB à Montreux qui étaient vraiment waouh en termes d'énergie, de monde et tout. Enfin je veux dire on mixe pour 2-3 000 personnes avec des gens qui kiffent. Moi ça reste un de mes festivals préférés au monde, j'aime trop. Et je sais pas, t'es en train de mixer, tout d'un coup t'as Isapfer qui se pointe, qui monte sur la table pendant que tu mixes, sur la table sur laquelle il y a les platines, qui prend le micro, qui fait... Armand Nenou Lavaud, je ne sais plus ce qu'il fait à cette époque, puis tout le monde devient gueudin. Il y en a eu plein, franchement, où on s'est vraiment éclaté. Et aujourd'hui encore, tu vois.
- Speaker #1
J'ai l'impression que ça ne s'arrête pas. Alors la génération n'a peut-être pas connu l'émission radio, mais le legacy est toujours là.
- Speaker #0
Le brain en tout cas est très fort.
- Speaker #1
Ça marche toujours très bien.
- Speaker #0
Et notamment à Lausanne, toujours au D, ça se passe super bien. Puis là, on est à l'Audio à Genève où on fait des chiffres d'affluence de malades. Enfin, même nous, on hallucine le nombre de gens qu'il y a. Et l'énergie, elle est gueudin.
- Speaker #1
Oui, magnifique.
- Speaker #0
Elle est gueudin. Les gens, ils sont super chauds, ils kiffent. On a énormément de chance.
- Speaker #1
Justement, moi, je me pose des fois la question, par exemple, cette génération qui a peut-être plutôt 20, 25 ans maintenant, comment ce flambeau, il est passé ? Je me dis, mais est-ce qu'ils ont juste su que ça marchait bien, et que c'était bonne soirée, du coup ils y vont ? Ou alors est-ce que quelqu'un leur a dit que c'était quelque chose d'assez central de la culture hip-hop ? C'est vrai que je me pose des fois la question. D'ailleurs, je pense que la prochaine fois, je poserai la question à quelqu'un qui y va, parce que ça continue à marcher.
- Speaker #0
Je ne sais pas. Après, je pense que... Ça a été transmis. Il y a forcément qu'on fait un truc juste, tu vois.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Voilà, tout le monde n'aime pas, il y a des gens qui vont... critiquer ci ou ça, et ils ont totalement le droit de ne pas aimer, de ne pas kiffer. Mais je pense qu'on fait un truc juste qui parle quand même à pas mal de gens. Et puis, après, voilà, on est aussi, on a des partenaires aussi, tu vois. Il y a quand même, malgré tout, évidemment qu'ils ne sont pas partenaires avec nous, ils n'ont pas voulu être nos partenaires pour rien. On fait notre part du taf, mais nos partenaires... au niveau des clubs, je ne pense pas qu'on peut faire mieux en Suisse romande ou en Suisse. Difficilement. Des clubs Lausanne, tu pourrais me parler du MAD. C'est un très bon club aussi. Mais après, moi je suis bien au D et je préfère le D dans sa programmation, même dans son... Dans son entièreté peut-être. Dans son aura et tout. Même si le MAD c'est champ max. Mais bref, le D, on est super bien, on est dans un club super bien respecté, réputé, tu vois. Et puis on est à l'Audio à Genève où c'est pareil. Du coup, déjà, nos partenaires sont des endroits où on n'est pas en train de jouer dans des trucs où les gens sont là, putain, je n'ai pas envie d'aller là-bas. C'est ce club de merde encore, tu vois. Après, il y a peut-être des gens qui n'aiment pas l'audio ou le dé. Mais ça, ça fait beaucoup aussi, je pense, tu vois, les lieux. Et puis après, par exemple, pour l'audio, on est la seule soirée hip-hop.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Et en plus, on ne vient que tous les deux mois. Ça, on ne veut pas faire plus parce qu'on a envie de garder ce truc un peu... sporadique, exclusif, on va dire, qui fait que les gens ne se lassent pas. Ils ont le temps d'oublier pour revenir. Et de se dire, putain, c'est quand la prochaine ? Et du coup, il y a un engouement qui reste. Et puis, je pense que on ne s'est pas construit à force de promos, on n'a pas mis 100 000 balles dans de la pub internet, ou même de la pub sur des murs. C'est un truc organique qui existe depuis longtemps, qui dure et qui est réel, qui est dans la vraie vie. Les gens, ils viennent à nos soirées, ils aiment nos soirées, ils reviennent. Après, il y en a qui n'aiment pas, ils ne reviennent pas. Mais la majeure partie, je pense que ce n'est pas le cas, sinon ce serait déjà mort. Et du coup, il y a un truc très organique. Ce n'est pas juste, tu as vu une pub, non, c'est que tu en as entendu parler de ton grand frère, de ton grand cousin, de machin. Depuis que tu es petit, peut-être que tu entends parler de ces soirées. Et du coup, en fait, tu vas y aller. Quand tu vas avoir 18 ans, tu vas dire, putain, enfin, je peux y aller. Mais peut-être, ça, je ne suis pas sûr. Je te dis des trucs. Mais je pense que le côté, nous, on fait ce qu'on fait et on le fait d'un truc juste. On est des personnes aussi, malgré que je suis en train de me le raconter, on est des gens assez humbles, on n'est des gens pas prises de tête, on n'est pas en train de crier partout qu'on est les meilleurs. On n'a pas ce côté-là. Et puis, on est carrés, on est toujours là quand on annonce quelque chose, on le fait, machin. Et on a des bons partenaires, très bons partenaires. la sauce elle fonctionne bien la sauce comme tu dis c'est un très bon mot la sauce pour qu'elle prenne et pour qu'elle dure ensuite c'est un mélange d'ingrédients et nous on a pu réunir pratiquement tous les bons ingrédients on a eu la chance il y a tout un côté chance et c'est pas que de la chance mais c'est important et je trouve des fois on manque complètement Et on manque beaucoup, le hip-hop c'est beaucoup des fois un truc, beaucoup d'égo, des coups de moi j'ai taffé, moi oui on a taffé, oui, oui. Mais il y a tout un côté où on a de la chance et il y a un côté où la gratitude, et moi j'ai énormément de gratitude envers, comment est-ce qu'on dit la gratitude en français ?
- Speaker #1
La gratitude.
- Speaker #0
Ça se dit, c'est un mot en français. Gratitude. L'ingratitude, du coup la gratitude, je suis rempli de gratitude et... de reconnaissance et de remerciement même envers la vie parce que je sais que putain j'ai une chance de malade et on a une chance de ouf et en plus voilà comparé à d'autres DJ la chance qu'on a c'est que nous on a un brand enfin il y en a d'autres qui ont leur brand mais nous on a un brand d'un tambourgui qui nous appartient on est trois, J.D. Jones, Green Giant et moi aujourd'hui et ce brand c'est le nôtre le nom est déposé, il est déposé par nous enfin bref euh...
- Speaker #1
C'est tout un concept qui continue à vivre.
- Speaker #0
Et qui, du coup, se vend différemment qu'un DJ set.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
T'appelles pour booker Danton Boogie, déjà, si tu veux le booker à Genève ou à Lausanne, t'auras très peu de chances de pouvoir parce qu'on a des deals un peu en mode exclu avec les clubs avec lesquels on bosse. Mais après, bref, tout est discutable. Mais t'appelles pour Danton Boogie, ça ne va pas être le même tarif que si t'appelles moi, t'appelles Green et t'appelles Jones séparément.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Ce ne sera pas le même tarif. Parce que là, on a un truc où, en tant que downtown boogie, on a un nom qui te ramène minimum 1 000, 1 500 personnes. Du coup, on sait que ça, on ne va pas le vendre. Ce n'est pas pareil que, tu vois, à Vinci, moi, je ne peux pas te ramener... Ce n'est pas juste que tu mets mon nom sur un flyer et je te ramène 1 500 personnes, tu vois. Du coup, forcément, avec des TB, on peut demander des cachets qui sont bien plus élevés que quand on est en solo aussi. Donc ça, c'est aussi un truc, une bénédiction pour nous.
- Speaker #1
Magnifique, en tout cas j'espère que ça continuera encore. Bravo avec la DTB Boat, j'ai vu. Merci, on a kiffé,
- Speaker #0
on est content d'avoir réussi à la faire. C'est magnifique. On devait la faire en 2020, il y a eu la pandémie, on a annulé après un mois. On devait la faire l'année passée, tout d'un coup il y a eu un problème avec le bateau. La CGN nous a annoncé qu'on ne pourrait pas avoir le bateau deux jours avant, du coup on a dû annuler. Et puis là, finalement, troisième fois, c'était la bonne. Magnifique. Je crois qu'il restait... 10 billets à vendre. Du coup, on était à 99,9% ou 99,5% du sold-out.
- Speaker #1
Je vous donne le sold-out, c'est bon. Je te paye les 10 places. Voilà,
- Speaker #0
et c'était une superbe soirée. Franchement, que des bonnes vagues. Franchement, c'était vraiment trop bien.
- Speaker #1
Alors là, on a bien parlé de DTB, d'un tambourgui. Moi, je voulais parler un peu d'un projet que tu as sorti en 2010. Parce que j'ai jeté un œil. 2009.
- Speaker #0
2009,
- Speaker #1
pardon.
- Speaker #0
C'est le même projet que lequel je pense.
- Speaker #1
The Invincible. Parce que moi, je me souviens de ce projet et la première réaction que j'ai eue, c'est comment il a invité tous ces artistes. Parce que juste pour citer Rimka, This Is, Oxmo, Psychiatre, MAM de Genève.
- Speaker #0
MAM, ce n'était pas trop dur à l'avoir.
- Speaker #1
Oui, ça j'imagine bien. Mais tous les autres, en 2010, il faut bien imaginer que... 2009. 2009, pardon. Ces artistes-là, ils sont au top.
- Speaker #0
Ils sont big.
- Speaker #1
Et comment tu les rassembles tous sur un projet ?
- Speaker #0
Avec les années, tu rencontres du monde. Oxmo, je le rencontre en 98, parce que mon manager le fait venir pour poser sur Guy Roland, le fait venir pour qu'il pose sur une mixtape. La Fonky Family, je les rencontre... Non, en fait, pourquoi je parle de la Fonky ? Là, je parle de la Fonky Family, en fait. On parle des psychiatres. Psychiatres, oui. Du coup, mais bref. Les Psycats, je les rencontre à la fois parce qu'on les interview à la radio ou dans des after ou des trucs comme ça. Et I Am, pareil. Et aussi, This Is, on se rencontre en 2003, je crois, quand il vient pour son deuxième album en Suisse faire la promo. À ce moment-là, il vient, mon manager de Guy Roland, mon premier manager, avait lancé un magazine qui s'appelait le Wo Magazine. qui était le premier magazine vraiment hip-hop en Suisse. Et This Is Vient, il fait la couverture, il fait un interview, mais on en profite pour aller en studio et enregistrer un track ensemble. C'est là qu'on apprend à se connaître. Et depuis, on est restés potes. Je le vois sporadiquement. Des fois, je vais à Paris voir un concert, ou le voir même en studio, ou des trucs comme ça. Du coup, c'est avec le temps, tu rencontres des gens, tu fais des contacts et tout. puis après c'est aussi les... Par exemple, IAM, ils sont hyper potes. Joe, Shuriken, est vraiment ami avec Jiggy Jones. Du coup, moi, mon pote, même si je les connais, moi, un peu, mon pote, c'est vraiment leur pote. Du coup, il y a plein de trucs comme ça aussi. Je choque tel artiste parce que moi, je le connais peut-être un peu ou je ne le connais même pas, mais je connais quelqu'un qui le connaît. Il va pouvoir... parler bien de moi et me vendre à ce gars-là.
- Speaker #1
T'avais la bonne personne à chaque endroit.
- Speaker #0
Exactement. Après, on a essayé d'avoir d'autres gens, on devait avoir la fouine. On a eu la fouine, mais finalement, c'est parti en couille, le track, on n'a pas eu l'autorisation de le sortir. Il y avait la fouine et stress, il y avait un morceau. Puis surtout aussi, en fait, ce projet, je le réalise entièrement avec Chuck, Baby Blue de Dantin Boogie, et qui, lui, fait la DA avec moi, tu vois. Et lui, du coup, aussi, il contacte beaucoup de gens, il est derrière beaucoup de gens. Enfin, Psychiatre de la Rime... on les enregistre dans une chambre d'hôtel, quand ils sont là en Suisse, tu vois, on leur propose aussi, à chaque fois, l'idée, c'était de faire une combinaison entre un artiste étranger et un artiste suisse. Du coup, Psychiatre, on les fait poser avec Mike, Dynamike, mais parce que Mike, il a déjà une relation aussi avec eux, ils se connaissent, ils le connaissent en tant qu'artiste. Du coup, c'est facile, tu vois, la combinaison.
- Speaker #1
Vous avez essayé de jouer aussi sur les affinités. Exactement,
- Speaker #0
totalement. Et puis, Chuck, il est hyper présent pour m'aider à faire ce projet, pour les contacts, pour être... Booker les studios pour faire les featuring. Toute la DA, on la fait à deux. Tout ce qu'il faut pour un album.
- Speaker #1
Un projet,
- Speaker #0
je ne sais pas si... Album, compilation.
- Speaker #1
C'est plus qu'une compile pour moi.
- Speaker #0
Si je peux comprendre qu'on le prenne comme ça, c'est un mix album. Parce que ça reste mixé aussi. Je fais un peu des phases, au niveau des transitions.
- Speaker #1
Moi, je me souviens en tout cas que j'ai vu ça vraiment comme un fan parce que je me disais purée, mais en fait... il est là, je peux aller en soirée avec lui puis après il sort un projet avec des rappeurs que j'écoute c'était totalement fou et totalement j'ai envie de dire, pas suisse parce qu'après c'est un peu ma vision mais c'était difficile à part avec stress de voir des gens en Suisse de la culture qui arrivaient à être connectés au rap français de
- Speaker #0
façon aussi proche et juste par rapport à ça aussi c'était Euh... Je fais un big shout-out à Juicy, qui est un ouji du hip-hop en Suisse et qui, à l'époque, avait monté Ledge Records, notamment. Et c'est avec Ledge Records, une petite maison de disques pour laquelle Chuck travaillait, en fait. C'était le DHSE. Du coup, eux ont co-financé le projet. Moi, j'ai financé l'autre moitié.
- Speaker #1
Ok, bon bah écoute, pour ceux qui n'ont pas connu le projet, vous pouvez aller le voir, il est sur les plateformes.
- Speaker #0
Il n'est pas sur les plateformes de streaming.
- Speaker #1
Il n'est pas ? Mais moi j'ai vu sur Spotify.
- Speaker #0
Non, il y a peut-être...
- Speaker #1
Quelques sons alors.
- Speaker #0
Il y a peut-être quelques sons, mais il n'y a pas tout et il faudrait qu'un jour j'essaie de mettre tout, mais je ne sais pas comment faire. Vu qu'il y a tellement d'artistes et qu'il n'y a pas de contrat, tu vois.
- Speaker #1
Alors si vous voulez écouter le projet, écrivez à Vinci sur Instagram.
- Speaker #0
Après il doit se trouver sur Youtube peut-être.
- Speaker #1
Ok, en tout cas le clip avec This Is... Oui, il y a les clips,
- Speaker #0
il y a le clip avec This Is, il y a le clip avec I Am, il y a le clip avec Stress, Mamé, Nega, il y a le clip avec Contact, il y a plusieurs clips sur ma chaîne YouTube. Bon,
- Speaker #1
alors allez regarder les clips jusqu'à ce que...
- Speaker #0
Il y a 12, 13 ans.
- Speaker #1
Jusqu'à ce qu'ils mettent tout sur les plateformes.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
On va revenir sur ton actualité, donc là, en ce moment, alors là, c'est la pause d'été, je pense, mais... Il n'y a pas de pause. Il n'y a pas de pause pour Naïno ?
- Speaker #0
Ah, Naïno, oui.
- Speaker #1
Voilà. Alors... On te retrouve en ce moment avec Géos sur Naïuno, sur Couleur 3. Alors moi, je sens une réelle envie de l'émission de mettre en valeur les artistes suisses.
- Speaker #0
C'est complètement ça.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu penses de la scène suisse actuelle ? Est-ce que ça a évolué depuis 1998 ? Bien sûr,
- Speaker #0
bien sûr. D'ailleurs, quand j'ai fait cette soirée l'année passée pour mes 25 ans de carrière à l'audio, J'ai fait une soirée, c'était effectivement, c'était pas juste un truc en mode je veux me célébrer moi-même, genre bravo Vinci, t'as fait 25 ans. Pour moi, c'était à travers mes 25 ans de carrière, je voyais 25 ans, une tranche de 25 ans, parce que c'est pas tout le hip-hop, le hip-hop je ne vois exister avant moi, avant que je commence, mais c'était un peu une célébration de... du chemin que le rap et le hip-hop suisse et notamment le hip-hop genevois ont fait depuis 25 ans du coup j'avais invité Makala et Slinka comme artistes et plein de potes DJ mais du coup le truc a grave évolué dans le bon sens notamment il y a vraiment plein de beaucoup de bons artistes et de plus en plus présents aussi et qui sont en train de réaliser des choses qui n'ont pratiquement jamais été réalisé par des artistes suisses, que ce soit des artistes hip-hop ou pas d'ailleurs. Je veux dire, avant, pendant très longtemps, le seul vraiment à avoir cartonné, c'était Stress. Par un sens unique avant lui. Mais au niveau roman, c'était Stress et c'est resté en Suisse. Mais après, Stress a fait une carrière de gueudin. Il a des disques d'or et des disques d'or et des disques de platine et des disques de platine. Il a fait des millions, Stress. On parle souvent de ci ou de ça, ou de lui il a réussi, ou de machin, ou de truc, mais ce mec-là a fait des millions. Et il continue de bien manger, de tourner, de vendre des disques et tout.
- Speaker #1
Moi je l'ai découvert en Suisse allemande, pour te dire.
- Speaker #0
Il est probablement plus fat en Suisse allemande qu'en Suisse romande, mais bref, pour revenir à la scène d'aujourd'hui, je veux dire, des Suisses qui sold out des salles de concert mythiques à Paris comme Macalalfé. Comme même maintenant, Mairo est en train de le faire. Mairo, il est en train d'enchaîner fort cette année. C'est trop beau ce qui se passe autour de lui. Runa, ça pète de ouf aussi. Il a un public de ouf en France. Il est signé chez DC. Ça évolue. D'autres artistes, je ne vois aussi, mais je ne dirai pas lesquels. Arma Jackson, Superforce, Linka. Toujours hyper fort, Dimey, et puis d'autres. Il y a plein de superbes artistes. Et ce qui est cool aussi, c'est qu'il y a la scène rap, mais aussi je trouve hyper cool, c'est la scène soul, la scène R'n'B,
- Speaker #1
en Suisse,
- Speaker #0
qui est en train de se développer de ouf avec plein de gens super talentueux. C'est vrai qu'on a vu récemment Navy sur Colors.
- Speaker #1
Navy a fait un Colors, Ocean a les signés en France, c'est un truc de ouf. Je ne sais pas, il y a trop, Lachna.
- Speaker #0
Alors peut-être pas R'n'B, mais Tyrone Quiddens, je croyais. Tyrone Quiddens.
- Speaker #1
c'est super chaud Cocaine je t'adore Naomi Larraine en Suisse allemande Priaragou en Suisse allemande qui fait une carrière de gueudin à l'international
- Speaker #0
Yako ça continue à évoluer il y en a plein
- Speaker #1
qui ont un talent de ouf et qui commencent à vraiment prendre de la place. Mais pour reparler de la scène, en tout cas, la scène rap, elle est hyper à l'avance, super. Tu vois, la catégorie qui fait la grande scène du Paléo. Les mecs, ils ont des concerts. Il y a des petits, entre guillemets, des petits, entre guillemets, rappeurs, des jeunes rappeurs, des rappeurs qui n'ont pas fait encore un grand parcours, mais ils ont déjà des dates. Ils sont bookés dans un festival, ils sont bookés dans des salles de concert. Mais ça n'existait pas il y a 15 ans. 10 ans, 20 ans, c'était très très dur d'avoir juste un show et tout aujourd'hui ils ont des tournées,
- Speaker #0
il y a plein de gars qui ont des petites tournées et ça c'est assez incroyable c'est vrai que on sent que même les gens qui sont hors du domaine hip-hop en Suisse, dans les festivals notamment ça commence à être impacté par le mouvement hip-hop hip-hop qui vient et qui est booké on voit difficilement un festival en Suisse sans artistes hip-hop Exact,
- Speaker #1
les 100 heures. artistes hip-hop suisses.
- Speaker #0
Suisses, exactement. En tout cas, pour tous ceux qui ne connaissent pas l'émission, n'hésitez pas à aller écouter, parce que c'est le bon moment pour découvrir certains artistes suisses ou, évidemment, francophones. On va continuer à parler de ton actualité. Alors, tu mixes depuis... très longtemps, t'as dit 26 ans tout à l'heure aujourd'hui quand tu mixes tu continues à mettre les sons que toi tu kiffes tout le temps donc ce que tu mixes c'est ce que toi tu écoutes bon peut-être pas toi c'est pas forcément ce que j'écoute toute la journée mais
- Speaker #1
pour moi c'est hyper important quand je mixe en fait pour moi c'est comme je sais pas, c'est quand même avoir une conversation Avec 1000 personnes, 500 personnes, 300 personnes, il faut que ce dont on puisse discuter puisse parler au plus grand nombre de gens qui sont en face de moi, mais que ça m'intéresse aussi. Moi je ne suis pas là, ou tu vois, si je fais de la bouffe, je fais le même plat pour 1000 personnes, il faut que ça plaise au maximum, les 1000 vont probablement pas tout ce qu'il fait, mais la majorité, le plus grand nombre possible, mais que moi j'aime ce que je fais en train de manger. Ça ne m'intéresse pas de faire un truc où... où je me sens obligé de jouer des trucs que je n'aime pas pour moi ce n'est pas possible et du coup c'est ce milieu il faut trouver ce juste milieu entre ce que tu penses ou ce qu'ils ont envie d'entendre et ce que toi tu as envie de jouer évidemment il y a des moments où j'ai envie de jouer tel ou tel truc peut-être que je vais le jouer mais ça va être le beat de la soirée Mais ça, je ne vais pas le faire. Je ne peux pas faire ça pendant toute ma soirée, jouer que des trucs qui m'intéressent moi et que je vois bien qui n'intéressent pas les gens. Ça ne va pas m'intéresser. Moi, il n'y aura pas d'énergie. Ce sera moi. Tu ne vas pas retrouver ce truc. J'ai besoin que les gens kiffent pour que je kiffe. Si les gens ne kiffent pas, moi, je ne kiffe pas. C'est comme ça, en fait. Je ne peux pas être le mec qui est en train de m'ambiancer tout seul devant mes platines et puis il y a 300 personnes qui sont en train de regarder. Non, ça ne m'intéresse pas. Je ne suis pas là pour te faire chier. Après, il y a forcément des gens qui n'aiment pas, qui vont peut-être ne pas aimer tel ou tel truc. Mais dans la majorité, la large majorité, tu veux que les gens y kiffent. Donc, c'est important de les faire kiffer pour te faire kiffer toi aussi. mais pas à tout prix non plus c'est à dire pas jouer des trucs que j'aime pas après ça peut arriver que je vais jouer quelque part et puis là je sens qu'ils aiment grave Jul ou je sais pas quoi ou en Suisse allemande par exemple ou en Suisse allemande un truc plus peut-être commercial machin et peut-être là je vais te mettre un ou deux sons que c'est pas des trucs que je suis super fan mais ça va être vraiment hyper parcimonique tu vois ça va vraiment pas être beaucoup de sons pour moi c'est vraiment important de trouver ce fil Ce truc qui parle à eux et qui parle à moi. Après voilà, c'est pas comme je te dis. Moi peut-être en ce moment je suis en train d'écouter un truc, je sais pas, j'écoute que Young Thug et Drake ou je sais pas quoi en ce moment. Et puis je sais bien que c'est pas ça que je peux mettre toute la soirée. Parce que ça va pas marcher, mais je vais peut-être te mettre un morceau ou machin. Et puis après je vais mettre d'autres trucs qui vont parler aux gens, mais qui me parlent quand même à moi. Et pendant longtemps je pensais, un truc qui a fait vraiment ma force, c'était vraiment d'être complètement en accord avec ce que les gens voulaient entendre en soirée. Aujourd'hui c'est peut-être moins le cas sur certains trucs parce que je sais qu'il y a des gens... Tu vois le hip-hop c'est devenu tellement large, les soirées hip-hop aussi sont des soirées... All style urbain aujourd'hui, tu vois. On joue du baile et funk, on joue de l'afrobeat, le hip-hop canry s'est affaibli d'une certaine manière, du coup il y a moins de hit canry, on joue du rap français, on joue de l'afrobeat, on joue du baile et funk, on joue d'un sol, on joue shata, on joue à ma piano, on joue... Moi je joue un peu de tout ça, tu vois, dans mes sets. Et avec, j'essaie d'avoir une base hip-hop, mais après voilà, je joue quand même un peu plein d'autres trucs.
- Speaker #0
Le public a changé aussi.
- Speaker #1
Le public aussi a changé. Il y a vraiment des gens qui viennent écouter tel ou tel truc et puis tant qu'ils n'ont pas entendu leur truc, ils ne sont pas contents. Mais du coup, c'est plus compliqué de capter toute la vibe de tout un public parce que chacun écoute des trucs vraiment différents aujourd'hui. Il y a D.P. Je te venais dans une soirée hip-hop, tu venais écouter quoi ? Tu venais écouter fucking Rick Ross, tu venais écouter DJ Khaled, tu venais écouter Lil Wayne. C'était très très précis. Tu venais pratiquement que des trucs qu'un rit. un peu de dancehall, un peu de rap français mais très peu quand même et du coup t'étais complètement drillé et t'étais sur des rides d'une certaine manière un set d'un DJ pop il allait être différent d'un autre mais je vais te dire 50% 60% des hits ou des trucs qui vont faire péter les câbles aux gens c'était les mêmes que t'allais jouer lui, lui ou lui alors qu'aujourd'hui tu peux être dans la même soirée et faire 3 sets complètement différents je pense et avoir un même impact ou un impact assez fort.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est assez fou de te dire que finalement, une soirée hip-hop, qu'on va appeler hip-hop, la musique que tu mets en majorité n'est pas hip-hop. Enfin, elle est liée au hip-hop parce que, par exemple, c'est du dancehall ou alors shata ou alors bifunk.
- Speaker #1
Ça, ce n'était pas le cas jusqu'à il y a très peu de temps. Je pense. Et puis, pour concours de circonstances, le premier, c'est que le hip-hop qui a réussi à... C'est moins productif, c'est moins intéressant, ça baisse. Et pas seulement international, même là-bas, tu vois. Ils font plus... Enfin, tu vois, il y a Gunna, Young Fuck, c'est ça qu'ils ont sorti. L'Illusivert, c'est le premier album cette année à sortir, à atteindre la première place des charts. Et ça a pris six mois. Il est sorti au début juillet. Du coup, les six premiers mois, il n'y avait pas d'album qui a tapé numéro un dans les charts américaines album rap. Et ça, c'était la première fois depuis 1998 que ça arrivait. Du coup, ça veut dire qu'il y a vraiment... L'année passée, il n'y a pas de hit de rap américain qu'on a joué en soirée. De gros hits. Le gros hit de rap en anglais, l'année passée, c'est Doja de Central Sea.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Mais sinon, les gros hits qu'on a joués, c'est Las Las de Burnaboy.
- Speaker #0
L'arrivée de la pro-beat, quoi.
- Speaker #1
Et c'est des trucs rap français aussi, beaucoup. Mais du coup, ça a changé. Parce que c'est vrai qu'avant, le menu qu'on allait te proposer, c'était... 70%, 80% de hip-hop R'n'B US, 20% de dancehall et 10% de trucs français peut-être. Et les trucs français c'était du rap. Et aujourd'hui c'est vrai que c'est complètement différent. On va peut-être te proposer 40% de rap US et puis... 20%, 30% d'afro-bites. Chacun va pouvoir faire une sauce un peu plus différente aujourd'hui. C'est intéressant aussi ça. C'est plus varié en tout cas pour tout le monde. Ouais, puis tu peux faire un truc peut-être plus personnel encore. Mais c'est vrai que ça, ça a beaucoup changé.
- Speaker #0
C'est vrai que ces derniers temps, et je pense qu'après on verra ce qui viendra dans le futur, mais le hip-hop américain, je pense pas qu'il s'attendait à se faire submerger par...
- Speaker #1
par autant de styles je sais pas si ça rend compte tu vois je sais pas à quel point parce que tu vois c'est pas une entité non plus c'est plein de gens par-ci par-là et je sais pas mais c'est vrai que là enfin tu vois il n'y a pas de nouvelles superstars les dernières superstars vraiment c'est Cardi B et et Travis Scott je pense et ça fait 5 ans qu'ils n'ont pas sorti d'album les deux en plus tu vois après il y a des meufs heureusement il y a les meufs il y a Lato il y a Il y a Glory La, il y a les City Girls, il y a Megan, il y a Doja, il y a grave les meufs qui font du bon son et qui rappent en plus. Certaines, elles rappent de ouf et elles rappent bien plus fort et ça kick bien mieux que certains rappeurs et hommes, je veux dire. Mais au niveau des mecs, c'est vrai qu'on est tombé dans un truc très... je sais pas, imot, pas énormément d'énergie, on se tire dessus, on est triste. Enfin oui, on peut être triste, mais on peut être triste et danser, les frères. Et du coup, il y a un manque, une nouvelle vibe, une nouvelle sonorité.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Le mec, Metro Boomin, il est beaucoup trop fort. Et c'est le meilleur producteur là depuis je sais pas combien de temps, mais il y a un moment, c'est pas normal, frère. Il est là depuis 10 piges. Il sait où les nouveaux producteurs, les nouvelles sonorités, le nouveau truc. Mais tu vois, on est dans un truc aujourd'hui où les gens, Les gens regardent ce que font les autres, ce qui marche et reproduisent énormément. L'originalité, elle est moins là. Et du coup, je pense que c'est aussi à cause des statistiques, Spotify, ce qui marche, qu'est-ce qui marche, qu'on fait la même chose, ce qui marche. On a tellement des statistiques détaillées sur tout aujourd'hui, je pense, quand tu es artiste ou maison de disques, que ça t'enferme un peu dans des cases où tu te dis je dois refaire ça. Et puis aussi, c'est vrai, j'en parlais avec mon collègue Green Giant au téléphone avant. Le côté, on va tous le même flow, le flow de Migos, ça fait déjà 10 piges. Mais ça n'existait pas avant, chacun avait son flow. Aujourd'hui, tu as un flow, il est reproduit par 15 000 eaux. Du coup, il n'y a plus un truc spécial, tu vois, entre tel et tel artiste.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Et du coup, là, il faut juste espérer pour les 15 riques, il va y avoir un moment... Ouais, quelqu'un de nouveau qui est arrivé. Après,
- Speaker #0
on ne va pas les peindre. Tant mieux pour l'Afrobeat. Tant mieux,
- Speaker #1
mais moi, je suis un grand fan de Raph Thierry. Et puis, c'est la première fois depuis tellement d'années que je vois ce truc qui est en train de galérer d'une certaine manière en termes de créativité et d'impact.
- Speaker #0
Je voulais te poser deux questions par rapport aux réseaux sociaux parce que je pense que c'est quelque chose qui a aussi un peu influencé votre métier. Totalement. Depuis quelque temps, tu postes des mini-sets sur Instagram. Par exemple, tu vas prendre un son et tu vas montrer combien de fois il a été samplé. Ou alors tu vas faire des focus sur Beyoncé, etc. Ça, c'est des idées qui deviennent douces. À force de voir ce qui se fait sur les réseaux, bien.
- Speaker #1
Oui, et c'est surtout un truc où, au final, le problème du DJ, c'est qu'hors des soirées, hors de la radio, si tu n'as pas de radio, il n'y a pas beaucoup de DJ qui sont en radio. Aujourd'hui, en plus, la radio est quand même un médium qui n'est pas si écouté. écouter que ça, pas le truc du moment. Les gens ne sont pas, en termes de médias, ils sont plutôt sur les réseaux sociaux. Tu peux que t'exprimer en soirée, à travers la radio, avant avec des mixtapes, cassettes, machin, voire des Soundcloud aujourd'hui et tout, mais au final, ce qui est chiant aujourd'hui, avec même les mix que tu vas mettre sur Soundcloud, pendant un moment, déjà, tu te faisais striker, si tu avais des sons connus, tu te virais de France. Là ils se sont assouplis à ce niveau là Mais c'est une app déjà que tout le monde n'utilise pas C'est pas comme si on pouvait mettre nos mix dans Spotify Du coup en fait là On a été pendant un bon moment Où il y a des apps, il y a des trucs Il y a des machins sur internet Mais en fait on peut pas les utiliser vraiment pour exprimer un truc de DJ Instagram pendant très longtemps C'était tu m'as des photos Du coup c'est être beau, il faut être beau, il faut être stylé Et moi je viens d'une époque Ou à l'époque plutôt Où j'ai commencé à être DJ comme on le disait avant, c'était au début de ce podcast, je crois qu'on a dit ça, c'était un truc de geek, un truc de mec underground, derrière, caché dans la lumière. Il n'était pas dans la lumière, on était caché d'une certaine manière, au fond du club, derrière le DJ, machin. C'était pas un truc de se mettre sa gueule en avant, tu vois, même si il y en a certains qui avaient compris assez vite qu'il fallait le faire pour atteindre certains sommets ou autres, mais c'était pas ça, le truc. Le but, c'était les skills, et c'était ça qu'ils parlaient. Et puis, avec les réseaux sociaux, avec Instagram, on est arrivé beaucoup dans un truc d'images. Et du coup, c'est ta photo, est-ce que t'es beau, est-ce que t'es stylé, est-ce que t'es ici, est-ce que tu fais beaucoup de photos ? Et ça, c'est pas forcément mon truc, tu vois, et c'est pas le truc de plein de DJ, je sais. Et du coup, là, dernièrement, avec... Moi, j'étais tardif là-dessus, parce que ce que tu dis, c'est des trucs que ça fait que depuis le début de l'année que j'ai commencé à faire ça. Avec la pandémie, il y a vraiment des DJ qui ont commencé à faire des lives Instagram et autres. Moi, j'en ai fait aussi, mais tu te faisais striker aussi. Parce que tu utilisais des sons connus, pas de droit d'auteur, machin. Du coup, voilà. Mais il y en a pas mal qui ont commencé à faire ça sur TikTok. Et moi, TikTok, je suis grave en retard. J'y suis maintenant, mais ce n'est pas un réseau qui me parle et ce n'est pas un truc que je suis très bien. Du coup, les mecs, pendant la pandémie, quand tout le monde était à la maison, ils ont commencé à faire les lives TikTok, tout ça. Tu as des DJs qui sont devenus connus, mais vraiment connus.
- Speaker #0
Grâce à leurs lives.
- Speaker #1
Grâce à leurs lives. Chaque live, ils prenaient 10 000 followers, machin, parce que... Les gens ils sont à la zonmée, ils ont rien à faire, y'a pas de soirée, y'a pandémie frère. Et puis parallèlement à ça, y'en a qui ont commencé à faire des petites vidéos aussi sur TikTok. Tu vois en mode... Moi j'ai vu beaucoup ça, d'abord en fait les gars que j'ai vu faire ça c'est plutôt des DJ afro, des DJ... Ouais c'est vrai,
- Speaker #0
on voit souvent.
- Speaker #1
Des DJs caribéens, machin. Ouais, les 5 sons chata du moment, les 10 sons trucs, les bidules, machin. Et puis moi je voyais ça, puis j'étais là bon, d'un côté y'a un côté hyper... J'ai envie de dire, peut-être c'est un peu snob, ce que je vais te dire, mais la façon dont c'est fait, comment ils écrivent les titres, tu vois, puis même les slogans, genre commente ton son préféré, regarde cette vidéo sans pas bouger, enfin il y a tout un truc au-dessus de ça, c'est un peu forcé, voilà. Et je ne me reconnaissais pas forcément là-dedans, mais ce que je voyais, c'est que, ah mais putain, il y a des mecs qui font du contenu. Vidéo, certes, mais DJ. C'est quand même des mecs qui sont en train de mixer, frère. Qui mixent bien, pas bien, machin. Dans deux minutes, il te met 400, 300, 800, 2700. Mais il est en train de faire un truc de DJ, en fait. Et ça est arrivé aussi sur Instagram. Et puis là, je me suis dit, putain, en fait, là, il faut que je m'y mette. Là, en fait, on a tout d'un coup, on peut utiliser ces réseaux sociaux pour faire un truc, pour faire ce que je fais, en fait. D'une manière, certes, plus courte. Parce qu'en soirée, je fais des... plus long à la radio aussi, mais il y a toujours eu pour moi ce truc de mini-medley d'être invité dans une... Même à la radio, des fois je fais un medley hyper court sur un artiste où en 3 minutes je mets 10 titres. Ou alors à la télé, des fois t'étais invité, t'as 2 minutes pour faire un truc, bah tu vas faire un medley, tu vas faire un truc technique, tu vas faire un truc mélangé, enfin bref. Condensé. Et du coup, bah là, il faut faire du truc condensé, mais c'est un truc de DJ.
- Speaker #0
C'est une nouvelle manière,
- Speaker #1
c'est un nouveau médium à laquelle on peut... à travers lequel on peut s'exprimer.
- Speaker #0
Et performer aussi.
- Speaker #1
Et performer, et sur lequel, en plus, les gens me suivent déjà, frère. Je n'ai pas besoin d'aller me faire une nouvelle base de données sur Instagram. J'ai déjà des gens qui me suivent. Pas assez. Suivez-moi. Non, ce que je veux dire, c'est que je n'ai pas 20 millions de fans, 20 millions de followers, mais j'ai déjà une base de données. Du coup, tout d'un coup, je me dis, putain, il faut que je fasse des vidéos, il faut que je fasse des trucs. Comment je vais faire ? Qu'est-ce que je veux faire ? Ah, je veux faire des anniversaires d'albums, par exemple, d'albums. classiques, machin, les 25 ans, le premier que j'ai fait c'était pour les 25 de la Funky Family, de Si Dieu Veut, je crois que c'est le nom de l'album ça c'était en janvier j'avais du coup mais il y avait tout un truc aussi qui me manquait parce que je voulais que ce soit visuellement cool et il y a plein de mecs qui se filment dans leur chambre, dans leur studio, dans leur truc il y en a où c'est assez cool mais au final c'est un peu tout le temps la même chose tout le temps redondant et j'étais là comment je pourrais faire et tout et c'est là où tu vois que la vie Il y a plein de choses qui se passent. Tu as des trucs dans ta tête, tu veux faire un truc, mais en fait, il y a un maillon de la chaîne qui manque. Et moi, il y avait ce maillon visuel qui manquait. Du coup, j'étais là à me dire, je vais le faire chez moi, je vais me filmer dans tel an ou tel truc, mais bon, bof. Et puis, l'année passée, j'ai vraiment connecté, peut-être ça fait... Non, je crois que ça fait depuis l'année passée, vraiment, avec un mec qui s'appelle Kubi, Kubi Desi, a.k.a. Matteo. C'est un jeune rappeur de Neuchâtel. que j'ai connu à travers un autre jeune rappeur qui s'appelle Gadjouto de Nechatal aussi, son cousin. Et Kubi, il est rappeur. Du coup, moi, je l'ai connu comme ça. Mais ensuite, lui, j'ai joué un de ses tracks à la radio, je trouvais cool. Et Kubi, il a monté un média qui s'appelle Soap, avec des potes à lui. Tu connais Soap. Un petit média hip-hop, roman. Et ils sont super déter. Moi, j'aime vraiment bien ce qu'ils font. J'ai appris à les connaître parce qu'ils sont venus justement m'interviewer une fois à la radio. ils ont interroger aux saucisses je crois que c'est comme ça qu'on s'est connus ils m'ont demandé spontanément de venir à mes 25 ans de mix pour faire un after movie sans que je les paye et tout ils ont fait un très bon travail aussi et à partir de là on a commencé à parler pas mal régulièrement avec Kubi c'est un gars hyper cool ça c'est des jeunes ils ont 20 ans 22 ans ils ont la dalle et ce que j'ai beaucoup aimé avec eux c'est qu'ils ont un kiff de la culture et tout hum Mais surtout, c'est des gens qui cherchent à apprendre. Du coup, ils vont te poser des questions. Ils vont te demander, ils vont te parler de tel projet qu'ils ont. Mais ils vont te demander ton avis. Ou est-ce que tu connais quelqu'un qui pourrait les aider, je ne sais pas, pour une question de droit d'auteur ou d'autre ou de machin. Et ils demandent. Et ils posent des questions. Et ils sont intéressés à avoir l'avis de gens, d'autres personnes, type moi ou d'autres gens qui sont en place. Des OG, quoi. Des OGs. Et je trouve ça cool parce qu'aujourd'hui, il y a vraiment ce truc avec Internet. de do-it-yourself complètement, et d'ailleurs ça c'est aussi hip-hop de toute façon, le truc do-it-yourself depuis toujours, mais du coup avec l'internet, ce truc d'aller regarder des tutos, d'aller regarder des sites, de machin, et de tout apprendre tout seul. Mais au final il y a plein, tu peux pas poser de questions au mec qui fait le tuto, tu peux pas, enfin il y a plein, il y a tout un truc dans la transmission de culture qui se passe de personne à personne, en vrai, physiquement ou pas physiquement, ou au téléphone ou autre, mais qui est importante. Et moi j'ai bien aimé ça chez eux, c'était ce côté déjà, cette humilité de se dire ouais... On est jeune, on a capté certains trucs, mais on n'a pas tout capté. Enfin, je veux dire, eux, ils captent bien mieux les réseaux, ils captent plein de trucs, ils captent beaucoup mieux que moi. Et du coup, en fait...
- Speaker #0
La culture, ils ne peuvent pas l'apprendre de la même manière.
- Speaker #1
Exact, mais surtout, du coup, j'ai aimé leur démarche, leur façon de faire et tout. Et puis, tout d'un coup, je dis à Qubi, mais attends, j'ai envie de faire tel genre de vidéos et tout. Est-ce que toi, tu pourrais me faire un background et tout ? Parce que du coup, il y a un décor. Oui,
- Speaker #0
exactement. Pour ceux qui n'ont pas vu, il y a un décor derrière. Oui,
- Speaker #1
il y a un décor. Par exemple, sur celui de la Frankie Family, où quand je fais des medley, je fais comme s'il y avait tout un lot de télé derrière moi qui joue les clips. Les unes posaient des vieilles télés, et puis en fait, dans ces petites télés, tu vois les clips du son. Les clips du son que tu passes. Les clips du son. Et... Et... Et du coup, bah en fait, j'ai parlé de ça à Cubiste, et genre en octobre, on m'a dit « Ouais, et tout, ouais, ouais, ouais, machin, à fond, c'est totalement faisable, et tout, je dirais que ça prendrait beaucoup de temps » , et elle me dit « Non, machin, et tout » , du coup, parce que voilà, si ça prend beaucoup de temps, ça va coûter beaucoup d'argent. Et certes, je peux mettre des sous là-dedans, mais je peux pas mettre 1000 balles à chaque fois que je fais une vidéo, ça n'a pas de sens non plus, tu vois. et du coup je dis là si je filme devant un mur blanc c'est bon il me dit ouais ouais c'est bon maintenant il y a des techniques de détourage ou même si t'es pas devant un fond vert c'est bon du coup je fais un premier essai chez moi sur une vidéo je lui envoie mais en fait mur blanc ça joue pas c'est trop compliqué pour détourer ça joue pas il y a des trucs qui jouent pas avec certains mouvements du coup je dis je vais acheter un fond vert j'achète un ring d'influenceurs avec la lumière et puis je commence comme ça avec Qubi moi j'ai les idées certaines des idées c'est moi le truc des télés, tu vois, avec les clips. Là, je fais un truc avec des samples, j'ai appelé ça... En fait, d'abord, j'étais là, mais en fait, c'est comme une enquête, tu vois. J'en ai fait plusieurs avec des samples. En fait, tel son a été samplé. Le gars qui l'a samplé, il a lui-même peut-être été samplé par un autre. L'autre, il a samplé ce son, mais il a aussi samplé un autre. Du coup, tu rentres dans un... Comme dans un peu les poupées russes aussi, tu sais, où tu ouvres une poupée à l'intérieur, il y a une autre poupée, il y a une autre poupée. Et le rap, il y a ce truc fascinant avec les samples où c'est comme ça, tu vois. Et en même temps, je suis là, ça pourrait être comme une enquête où on enquête sur des centres. Tu sais, quand tu regardes le mur, des fois dans les séries policières, les policiers sont devant un mur, il y a les photos, il y a les connexions. Puis je me suis dit, on va faire un truc comme ça pour les centres, tu vois, et les relier ensemble et tout. Et du coup, on en a fait une comme ça. Puis après, je suis parti dans un délire où j'étais là, putain, en fait, j'ai envie de faire, je vois les centres comme des planètes, un système solaire, tu vois. où il y a le sample principal et puis il y a tous les autres qui tournent autour comme le soleil et puis la terre, Vénus, machin les trucs qui tournent les uns autour des autres comme dans un système solaire et du coup on est parti aussi sur cette idée sur les derniers et moi je kiffe parce que ça me permet d'avoir des vidéos qui sont créatives au niveau de ce que j'ai l'impression au niveau de ce que je propose au DJing et visuellement parce que Kubi fait un super travail et puis que... Avec lui, c'est hyper facile de bosser, d'échanger, et puis qu'il est super bon dans ce qu'il fait.
- Speaker #0
En tout cas, moi, c'est ce que j'ai retrouvé dans ce contenu, c'est que soit je ne m'attendais pas à autant de samples du son, ou alors même quand tu as fait Beyoncé, les sons qu'on a entendus, ce n'était pas forcément ceux que je m'attendais à entendre. Et puis, par exemple, celui de Deep Set, il fait très plaisir parce que...
- Speaker #1
C'était ton époque.
- Speaker #0
Voilà, exactement. C'était mon époque. Et surtout, les plus jeunes n'ont peut-être pas connu. Et puis, ça leur permet aussi de découvrir.
- Speaker #1
C'est un de ceux que j'ai fait qui a le mieux marché.
- Speaker #0
Magnifique. Avant qu'on passe aux questions finales, j'ai eu une petite discussion avec DJ Clash. Et ça m'a permis de m'inspirer pour une question. Vivre et travailler la nuit, je pense que ça a définitivement supprimé tes matins.
- Speaker #1
Oui, moi, de toute façon, depuis que je suis ado, je suis vraiment un gars... Je ne suis vraiment pas un gars du matin. Depuis cette période Trinidad, déjà avant, je ne me réveillais pas avant midi le week-end.
- Speaker #0
Et du coup, un DJ set pour le brunch de la Rock Nation à 10h le matin, c'est faisable ?
- Speaker #1
Pour Rock Nation, ouais.
- Speaker #0
Ok, très bien.
- Speaker #1
Pour Rock Nation,
- Speaker #0
c'est faisable. Tu te lèveras, il n'y a aucun problème. Très bien, on te le souhaite.
- Speaker #1
Si Beyoncé veut me téléphoner et me proposer des dates le matin aussi, je vais le faire. Je peux changer mon rythme de vie. Attention,
- Speaker #0
le disclaimer là pour les auditeurs du coup.
- Speaker #1
Beyoncé m'appelle souvent, elle me dit « Viens, je suis là dans cette retournée. » Je ne l'ai jamais appelé.
- Speaker #0
Je vais te poser les questions, les dernières questions que je pose à tous les invités. Donc le podcast s'appelle « Delicat Podcast » . Comment tu as réussi à rester aussi délicat toutes ces années ?
- Speaker #1
Le kiff, je pense que c'est l'amour de cette musique d'abord. C'est une musique que j'ai toujours kiffée, que je kiffe toujours. Puis le respect, l'amour et le respect pour ça aussi. Et aussi pour le DJ. J'ai un profond respect pour les mecs qui font ça bien, les mecs et les go et pour les gens qui font ça. Et pour cet art, tu vois. Et du coup, pour moi, c'est important de ne pas trahir ça, d'une certaine manière. C'est ce côté puriste. Oui, puis de respecter ce truc, en fait. De respecter cette culture qui m'a finalement tout donné. elle m'a donné à bouffer elle me paye un toit elle me paye le toit, la bouffe, le loyer elle me paye tout depuis 25 ans, c'est mon métier ça paye toutes les factures et j'ai rencontré la plupart de mes de mes amis d'aujourd'hui là-dedans, avec cette culture du coup elle m'a tout donné ça m'a tout donc je peux que être respectueux être grateful être être être, comment est-ce qu'on dit grateful en français ? Reconnaissant. Reconnaissant et respecter ça. Et puis du coup, continuer à faire le truc tant que je le fais et que j'ai envie de le faire, et j'ai toujours envie de le faire, parce que je kiffe, de continuer à le faire d'une manière que je pense qui est juste, droite et respectueuse de la culture.
- Speaker #0
Ben bravo. En tout cas, moi je disais l'autre jour à un ami que je faisais l'émission aujourd'hui avec toi, et je disais mais en fait Vince Lee c'est un peu notre booba des DJs, parce que alors sans tout l'aspect réseaux sociaux etc. Sans les clashs,
- Speaker #1
et sans le talent quand même, parce qu'il a un talent. En effet,
- Speaker #0
c'est un talent différent, mais être là aussi longtemps au top, il faut quand même reconnaître qu'il y a un talent quelque part.
- Speaker #1
Un talent, de la chance, des opportunités. Exactement. Après, la première chance aussi, c'est d'avoir une santé qui est OK.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Parce que pour pouvoir durer, si tu as des problèmes de santé, c'est dur.
- Speaker #0
C'est vrai. Bon, écoute, que ça continue comme ça encore très longtemps.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Si tu as une recommandation culturelle, que ce soit un endroit ou alors un artiste que tu voulais passer ici ? Euh... Ça peut être aussi un restaurant.
- Speaker #1
Alors, il y a deux choses. Je pense que pour les gens qui sont plus jeunes et qui ne connaissent peut-être pas, et là, c'est un truc auquel je pensais dernièrement, le hip-hop, c'est vraiment une culture. Et il y a certes la musique, il y a le rap, il y a le graphe, il y a la danse, il y a le beatbox, il y a le graphe. Je ne sais pas si j'ai dit deux fois.
- Speaker #0
Tu n'as pas dit DJing.
- Speaker #1
le DJing, il y a tout ça, mais il y a encore d'autres parts de cette culture qui ne sont pas définies dans ces espèces de piliers, ces disciplines qui n'est pas à la base une discipline hip-hop ou quoi que ce soit, mais les films en fait. Et quand moi j'ai grandi avec le hip-hop, et en fait le hip-hop c'est la culture noire américaine quelque part, c'est ça aussi, surtout à l'époque quand je l'ai connu, c'est que des afro-américains qui la font. Et ça vient d'eux. Et du coup, il y a aussi un cinéma qui accompagne tout ça à l'époque. Plus du tout aujourd'hui. Mais tu vois, des films de Spike Lee, Do the Right Thing, Boys in the Hood, même des trucs genre plus tard, Baby Boy, Love and Basketball, même Scarface d'une certaine manière. Exact.
- Speaker #0
On l'a un peu pris.
- Speaker #1
Voilà, on l'a pris. Après, c'est vrai que c'est différents Scarface, mais aussi tous les films de mafia. Exact. font complètement partie de la... Tu vois, les Godfathers, les Parrains, les Carlitos Way, tout ça. Mais après, justement, il y a aussi les versions hip-hop, genre Nino Brown, putain, New Jack City. Enfin, tout ce que je veux dire, c'est qu'il y avait tout un cinéma qui a accompagné le rap.
- Speaker #0
Avec son évolution.
- Speaker #1
Et son évolution, et qui était une autre manière de raconter la vie des Afro-Américains. Parce que dans les ghettos ou dans les quartiers à l'époque, il y avait... Le rap, évidemment, qui parlait de ça, mais il y avait aussi ces films. Et du coup, là, je suis dans une période où je me dis, putain, il faudrait reprojeter ces films dans des cinémas. Et du coup, ce que je veux dire, c'est aux gens, allez checker un peu, allez regarder Do The Right Thing, allez regarder Boys In The Hood, allez regarder
- Speaker #0
Juice. Surtout qu'ils ont accès, quoi.
- Speaker #1
Je pense qu'on peut les trouver assez facilement aujourd'hui. Moi,
- Speaker #0
je galérais,
- Speaker #1
je galérais de fou. Allez regarder Above the Rim, le premier. Allez regarder tout ça parce que c'est important et ça fait partie aussi de cette culture et ça l'a complètement accompagné. D'ailleurs, tous ces films, la plupart ont des soundtracks hip-hop de malade avec des titres de ouf. Et puis sinon, recommandation de haute, je dirais, écoutez Luigi.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Un des meilleurs artistes francophones de ces dix dernières années.
- Speaker #0
Qui vient de sortir un album.
- Speaker #1
Qui vient de sortir un album qui s'appelle... Je ne sais plus. Je ne sais plus comment non plus. Comment il s'appelle ? Il a sorti Tristesse Business saison 1 il y a 4-5 ans. Pour moi, c'est un des meilleurs albums en français qui est sorti ces dernières années. Et là, il vient de sortir un nouvel album qui est magnifique. Saison 00. C'est un mec qui fait une musique assez drakeienne d'une certaine manière. Mais drake d'il y a 7-8 ans. Mais qui après, avec ses propres vibes et tout. Et que j'adore vraiment.
- Speaker #0
Il a vraiment créé son univers.
- Speaker #1
Complètement. C'est un mec qui vient des disques d'or sur Tristest saison 1. Mais cet album a 4 ou 5 ans. Du coup, il a repris 4 ans et il fait des tournées partout maintenant. Mais en faisant sa musique à lui, qui sonne que comme lui. Et avec lequel il emmène les gens petit à petit dans son univers. Sans gros singles, sans matraquage. J'aime beaucoup son arc de carrière.
- Speaker #0
Il avait dit d'ailleurs quelque chose sur les réseaux qui avaient été partagés. Si tu as 100 personnes qui t'écoutent tous les jours, tu as ton public, etc. Exact. En tout cas... Vince, merci.
- Speaker #1
Merci infiniment. Merci à toi, Vince, c'est un plaisir.
- Speaker #0
Tu nous as vraiment parlé de l'arrivée du hip-hop en Suisse, de comment ça s'est développé, de tout ce que tu as fait. Que ça continue longtemps pour toi.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Et pour tous les auditeurs et auditrices qui sont encore là, merci pour votre écoute et on s'attrape au prochain épisode. Bye.
- Speaker #1
Bisous, bye.