- Speaker #0
Mais mon regard, c'est qu'effectivement, c'est super que chacun mette son contenu. Mais en fait, aujourd'hui, des plateformes comme YouTube ne font pas assez leur taf. Voilà, il n'y a pas assez de vérification sur les contenus, aussi parce qu'il y en a énormément. Sauf qu'aujourd'hui, YouTube a une responsabilité dans ce qui est diffusé.
- Speaker #1
Bienvenue dans DeepMedia, le podcast qui décrypte les médias à l'heure du numérique. Je suis Julien Bougeot, consultant social-média et IA générative, mais avant tout passionné et curieux de l'univers média depuis plus de 15 ans. Dans un écosystème en perpétuelle transformation, comment les médias s'adaptent-ils ? Comment se réinventer face aux nouvelles technologies et aux géants du numérique ? Quel avenir pour l'information et ceux qui la produisent ? Si ces questions vous intriguent, alors vous êtes au bon endroit. DeepMedia, c'est un temps de réflexion et d'échange avec celles et ceux qui façonnent l'avenir du secteur. A présent ! Place à la deuxième partie de l'interview de Charles Baer,
- Speaker #0
journaliste et réalisateur scientifique. Bonne écoute !
- Speaker #1
Et si on arrive aussi, parce que tu as ta newsletter où tu regardes la science un petit peu sur tous les écrans, si on arrive aussi un petit peu sur le numérique et sur le digital, par rapport au profil des créateurs de contenu dans le domaine scientifique, un petit peu tous les profils qui existent, c'est quoi un petit peu ton point de vue là-dessus ? Est-ce que tu trouves que c'est en gros un petit peu simple de devenir créateur de contenu ? contenus scientifiques ? Est-ce que tu les remets en doute ? Comment est-ce que tu les regardes, ces profils, avec intérêt, avec admiration, ou avec un petit peu de questions qui viennent à l'esprit ?
- Speaker #0
Un peu des deux. Il y a de l'admiration, effectivement, mais il y a aussi beaucoup de méfiance. Parce qu'effectivement, tu le disais, chacun peut aujourd'hui parler de tout et de n'importe quoi sur le numérique. Et en science, en fait, on ne peut pas tout dire à n'importe quoi. Parce qu'en fait, dans le... Mais mine de rien, quand on informe sur les sciences, ça a un impact direct sur les actions de notre public au quotidien. Sur l'environnement, ça va changer sa façon d'agir au quotidien, en santé, sa façon de se soigner. Donc on ne peut pas dire tout et n'importe quoi. C'est vrai qu'au début, il y avait mine de rien des gens qui se sont imposés. Je pensais à Dr Nozman, aujourd'hui c'est 4,9 millions d'abonnés. Mais en fait, mine de rien, aujourd'hui vous avez beaucoup, beaucoup de vulgarisateurs scientifiques. Alors... Pour ça, il y a un exemple qui est assez parlant, c'est le Café des sciences. C'est une association qui s'est montée il y a quelques années. Et en fait, ils ont effectivement des vulgarisateurs scientifiques. Ils les fédèrent. Et en fait, avant de les valider dans l'association, ils vérifient leur contenu. Voilà, avec la communauté, ils disent, est-ce qu'il a des bonnes références scientifiques, etc. Et en fait, le fait de se constituer en réseau... c'est finalement une forme de crédibilité mais mon regard c'est qu'effectivement c'est super que chacun mette son contenu mais en fait aujourd'hui des plateformes comme Youtube ne font pas assez leur taf il n'y a pas assez de vérification sur les contenus, aussi parce qu'il y en a énormément sauf qu'aujourd'hui Youtube a une responsabilité dans ce qui est diffusé Au-revoir.
- Speaker #1
Et ça, cette responsabilité, ils n'ont pas spécialement envie de la prendre ou ils la prennent à minima. Ils se considèrent comme un tuyau et pas forcément comme garant de ce qui peut se dire. Et d'ailleurs, ça amène aussi une question sur les algorithmes. On sait que ces plateformes sont blindées d'algorithmes et personne n'arrive à percer le secret de ces boîtes noires. Mais toi, quelle perception tu en as par rapport toujours à ces contenus scientifiques ? Parce qu'on sait qu'il y a des contenus scientifiques qui sont un peu sur la tangente et qui ont tendance à... très bien fonctionné et très bien diffusé. Comment est-ce que tu vois ça aussi, ces algorithmes par rapport au contenu scientifique ?
- Speaker #0
C'est sûr qu'aujourd'hui, on n'a aucune info. C'est ça, c'est le manque de transparence. Tous les vulgarisateurs avec qui je discute me disent qu'on ne sait pas. On ne sait pas comment c'est fait et vous savez très bien qu'il y a des gens qui, du jour au lendemain, peuvent tomber parce que tout d'un coup, ils n'ont plus de vue. Mais ça, c'est dramatique. voilà alors effectivement mine de rien ça force à l'économie de l'attention voilà dans l'accroche dans la façon de raconter tout le temps de relancer, de faire du teasing du storytelling ça force à ça, après c'est pas mal parce que aussi ça force à rendre ton contenu intéressant mais c'est vrai que je trouve qu'aujourd'hui notamment pour faire des vidéos assez longues il faut capter l'attention en permanence quoi.
- Speaker #1
Est-ce qu'on n'est pas pris aussi dans un peu, de manière générale, on a une forme de polarisation un petit peu sur tous les sujets et on sait que ce qui va remonter, je parle hors de dehors des contenus scientifiques, c'est souvent les idées qui sont clivantes ou en tout cas les idées qui sont surprenantes et non vues ailleurs. Et est-ce qu'il n'y a pas aussi cette tentation, je parle pour des créateurs de contenus scientifiques qui n'ont pas beaucoup de morale dans tout ça, de se dire allez. je vais faire mon truc un petit peu pas de côté ou un petit peu surcrenant, comme ça je vais sortir de la boîte et je vais émerger. Et est-ce que les algorithmes qui ne jouent pas, ils n'ont pas un peu ce rôle un petit peu pervers de promouvoir finalement ces contenus scientifiques qui ne sont pas les plus rigoureux de la Terre ?
- Speaker #0
C'est un peu le risque, effectivement. Après, moi, je ne peux pas affirmer, effectivement, qu'il y a cette politique de YouTube, par exemple, mais effectivement, c'est tout le risque. Et puis l'autre risque, en fait, c'est que, en fait, très clairement, ces gens qui produisent pour le numérique, aujourd'hui, il n'y a pas de modèle économique. C'est-à-dire qu'effectivement, il y a de la monétisation sur les vidéos, mais il faut vraiment faire énormément de vues pour pouvoir espérer en vivre. Et l'autre modèle économique, en fait, c'est les partenariats. C'est-à-dire que vous êtes financé par une marque, par un institut de recherche en sciences, et ça, ça pose des vraies questions sur la liberté éditoriale. Et en fait, moi, je trouve ça assez inquiétant. Après, vous avez des youtubeurs qui arrivent justement à être financés, par exemple, par des organismes de recherche. Mais voilà, ils signent des contrats où en fait, ils sont totalement libres dans ce qu'ils vont dire, etc. Mais moi, de plus en plus, quand je rencontre des producteurs, on me dit voilà, maintenant, nous, on se développe là-dessus. On fait des publis reportages, des publis documentaires maintenant. Voilà, donc moi, je dis attention, attention, surtout en science. On ne peut pas se permettre de faire tout et n'importe quoi.
- Speaker #1
Complètement. Et une question aussi, peut-être que je ne vois pas souvent apparaître. C'est que tout ce qui est numérique et le web, c'est une vraie différence avec les médias linéaires classiques. À de la mémoire, je m'explique. C'est-à-dire que des contenus, en fait, ils sont toujours accessibles, ils sont toujours disponibles. Et on sait qu'il y a des sujets scientifiques qui sont des sujets, on va dire, très carrés, très classiques, qui ne vont pas forcément bouger dans leur interprétation. Mais on sait que quand on fait des sujets scientifiques sur des sujets d'actualité qui sont un peu mouvants, la connaissance scientifique, elle évolue avec le temps. Et il n'y a pas aussi ce risque de se dire qu'on est dans un écosystème où en fait on a plein de contenus, mais de plein de temporalités différentes qui traînent. Et en fait, finalement, on n'a jamais le dernier qui est bien mis en avant. Et on va dire qu'un contenu un peu ancien, un peu daté, un peu qui devient erroné avec le temps, finalement, il a toujours une vie et il continue d'infuser et de raconter des choses qui sont moins pertinentes.
- Speaker #0
Oui, carrément. Et ça, c'est très compliqué, que ce soit sur le numérique ou à la télé, d'ailleurs. Parce que si vous regardez un C'est pas sorcier d'il y a 20 ans, est-ce que les données seront toujours d'actualité ? C'est une bonne question. Et pourtant, effectivement, c'est des vidéos qui cartonnent sur YouTube, ces archives. Donc, malheureusement, en fait, face à ça, personne ne peut rien faire parce qu'en fait, ni les diffuseurs, les producteurs, les réalisateurs de ces programmes peuvent aller voir leur production d'il y a 20 ans, voir est-ce que les données scientifiques sont toujours actualisées. donc qu'effectivement, c'est quand même un problème.
- Speaker #1
Et puis, personne ne veut les appréhérer parce qu'on parlait du modèle économique, pardon, je te coupe, mais on parlait du modèle économique et effectivement, des fois, des vieilles archives génèrent aussi et permettent aussi de financer ces créateurs.
- Speaker #0
Tout à fait. Après, ce qui se fait de plus en plus, et ça, c'est super chouette sur le numérique, c'est qu'en description, on vous met notamment les sources. C'est-à-dire, vous pouvez aller voir les études scientifiques qui ont permis la réalisation de cette vidéo, ce reportage. Voilà, donc peut-être qu'une façon serait de finalement actualiser cette description finalement. Après, je vous rassure, en science quand même, sur des sujets très classiques et qui cartonnent tout le temps, genre les volcans. En fait, les bonnets ne changent pas énormément.
- Speaker #1
J'étais plus vraiment sur des sous-dactures, bien évidemment, au Covid ou le Covid, ceux qui ont créé du contenu au début de la pandémie et puis au milieu et à la fin. l'état de la connaissance n'était pas le même, il y a eu la vaccination, effectivement, il y a eu plein de choses. Et pourtant, ces contenus initiaux sur le Covid, ils sont toujours accessibles sur les plateformes.
- Speaker #0
Oui, effectivement. Mais surtout, effectivement, cette crise du Covid nous a quand même montré qu'on manquait de journalistes spécialisés, en fait, qui maîtrisaient le sujet. Parce qu'en fait, qu'est-ce qui s'est passé pendant le Covid ? On a eu plein d'études en pré-print, c'est-à-dire des études qui n'étaient pas vérifiées par les pairs, qui n'ont pas suivi le processus habituel de publication. Et donc, tous les jours, en fait, on voyait plein d'études, mais elles n'étaient pas toutes très sérieuses. Et c'est vrai que quand on ne s'y connaît pas, on prend un peu ce qui nous vient sous la main. Et surtout, même, je pense que les journalistes avaient besoin d'être rassurés. Donc, au début, le traitement n'était pas très correct, même si au fil de la crise, je pense qu'il y a eu des réflexes dans les rédactions sur les choses qu'on pouvait dire, pas dire, et comment les dire simplement.
- Speaker #1
On a vu que ça s'est très vite mis en ordre de marche, effectivement, pendant la crise. Un petit point technologique, et je pense que ça va jouer sur les deux tableaux, le côté numérique et le côté linéaire aussi. Je vais sortir un buzzword, je vais sortir IA générative, bien évidemment, on ne pouvait pas passer à côté. Bien évidemment, on a la révolution, en tout cas la déferlante IA générative depuis plusieurs années maintenant. On voit des outils qui sont de plus en plus performants, etc. On voit des opportunités, on voit des risques sans aucun problème. Est-ce que ces outils, toi, t'es amené à les utiliser ? Et dans quel cas d'usage tu peux les utiliser dans tes réalisations ?
- Speaker #0
Honnêtement, moi, je les utilise très peu. Peut-être pour mes recherches, vraiment, mais pour faire des grosses recherches à la base, pour trouver les grosses études ou les gros experts sur un sujet dans le monde, ça peut m'arriver. Ou je m'en sers de façon très classique, par exemple, pour retranscrire des interviews filmées, les longues interviews d'une heure.
- Speaker #1
Le DRush, c'est bien ?
- Speaker #0
Le DRush, c'est hyper pratique. Après, sur l'IA générative, vraiment, de créer des images, que ce soit une photo ou une vidéo. Effectivement, par exemple, dans le documentaire, ça s'est de plus en plus depuis deux ans. Mais effectivement, chacun expérimente un peu dans son coin. Et il y a une charte qui est en train d'être mise en place. Mais bon, vous savez, c'est comme pour tous les chartes, c'est bien beau, mais on n'est pas obligé de les respecter. Mais en tout cas, moi, je pense très sincèrement que quand on utilise l'IA, il faut en tout cas le signifier au public. Voilà, qu'il y ait une mention en bas de l'écran. qui disent que cette image n'est pas réelle. Je pense que c'est hyper important. Notamment, on parlait tout à l'heure de cette méfiance du public envers les journalistes. Il ne faudrait pas que l'IA accentue ce phénomène.
- Speaker #1
C'est sûr. Et donc, tu disais que ça commence à être utilisé dans les documentaires. Concrètement, tu as des exemples que tu peux nous donner en se disant... Est-ce que ça marche pour de la reconstitution, pour de l'exploration ? Effectivement, jusqu'à présent, on avait des images de synthèse. C'était déjà possible avec des images de synthèse. Mais on arrive dans l'hybridation de plusieurs sujets, c'est-à-dire qu'on sait qu'il y a moins de budget, qu'il y a des temps de production qui sont moins longs, etc. Donc, effectivement, est-ce que l'IA n'est pas aussi une solution pour contenir certains coûts, tout en garantissant quand même une forme de contenu, avec tous les biais que l'IA peut avoir ?
- Speaker #0
En fait, j'en parlais dans ma dernière newsletter. J'ai notamment interviewé Edouard Jacques, qui est un réalisateur qui a réalisé une série documentaire sur Napoléon. Vous pouvez le voir sur le groupe Canal. Et lui, en fait, c'était l'un des premiers dans le documentaire à utiliser l'IA pour un film qui est donc historique. Et donc, c'est vrai qu'il avait plein d'images d'archives, mais donc des photos d'archives. Et donc, l'IA, pour le coup, a permis de redonner vie à ces images d'archives. Mais c'est vrai qu'il le dit. En fait, le gros risque, c'est de dénaturer la réalité de la photo. Voilà, parce que l'IA, en fait, peut faire tout et n'importe quoi. Et donc, c'est important que derrière, il y ait un réalisateur, un producteur qui vérifie, notamment avec des chercheurs, si cette image animée peut rejoindre la réalité. Voilà, c'est tout l'enjeu, en fait. Et moi, je pense notamment aux images médicales. Je sais qu'aujourd'hui, on a des infographistes qui permettent, par exemple, de reproduire le corps humain, etc. Bon, si l'IA commence à inventer des organes qui n'existent pas, il faut quand même checker si l'image a un sens. Effectivement, ça peut être un gain de temps. Mais attention, parce que vraiment, on a besoin de précisions scientifiques.
- Speaker #1
Et puis c'est toujours un sujet qui est assez particulier, parce que là on parle de la création de contenu scientifique, mais si on se déporte un petit peu sur la science en tant que celle, la science n'hésite pas à utiliser l'IA, pas forcément l'IA générative, mais l'IA de manière générale, c'est quand même un domaine qui, dans le monde scientifique, n'est pas du tout mis de côté, puisqu'on voit des prouesses actuelles dans le monde de la science qui sont notamment liées à l'IA qui fait tourner des algorithmes dans tous les sens et qui permet d'avoir des avancées. C'est assez intéressant aussi cette mise en perspective en disant qu'on veut de la robustesse sur les données dans les récits scientifiques, mais ces données sont en partie, en partie je dis bien, générées par des systèmes d'IA.
- Speaker #0
Oui, mais vous avez aussi dans le domaine de la recherche scientifique, il y a de plus en plus d'études en fait, qui sont, vous savez, qui sont générées par IA. Voilà, des études pas très recommandables, mais voilà. En tout cas, l'IA, que ce soit dans le domaine journalistique ou du côté de la recherche scientifique, il faut faire super attention. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Effectivement. Et d'ailleurs, ce domaine de l'IA, si on en revient, parce que là, c'était plus sur le côté linéaire, si on en revient sur le côté plateforme aussi, alors là, on va dire qu'il y a peut-être plus de dérives. On a vu récemment aussi des cas où il y avait des professeurs, j'ai plus le nom en tête, mais il y a un professeur qui a notamment vu une dizaine de, je ne sais plus, je dis une dizaine, c'est peut-être un peu moins. de vidéos de lui qui ont été faits, des clones en IA où l'on fait raconter un petit peu n'importe quoi. Ça aussi, pour le coup, l'IA sur les plateformes paraît être un peu plus dangereuse et beaucoup moins maîtrisée que l'IA générative qui peut être utilisée. en télévision notamment.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. En fait, cette personne, c'est un chercheur qui est à l'origine du Nutri-Score, dont on a beaucoup parlé. Et effectivement, ça, c'est un cas qui fait très peur, parce qu'en fait, ça montre les progrès de l'IA, parce qu'en fait, franchement, quand on écoute la vidéo, le son, la vidéo, on dirait vraiment que c'est réel. Donc, effectivement, les progrès de l'IA font assez peur. Et ça, c'est un exemple parmi tant d'autres. à l'approche de la COP 30 qui a eu lieu au mois de novembre, vous avez énormément de fausses vidéos avec justement l'image d'un expert connu, mais avec des propos qu'il n'a absolument pas prononcés. Et ça, vraiment, les études montrent qu'il y a eu un bond très important des vidéos générées par IA de désinformation à l'approche de la COP 30. Voilà, parce qu'on sait bien qu'aujourd'hui, sur le climat... vous avez beaucoup de gens qui n'ont pas du tout envie, pour des raisons économiques, qu'on avance sur le climat. Donc malheureusement, l'IA sert à la désinformation.
- Speaker #1
Bien sûr. Et dans ce contexte, quelle solution ? Je me doute bien que tu ne vas pas me donner la solution comme ça en 10 secondes, mais c'est quoi les pistes qu'on peut avoir ? Parce qu'on a des plateformes digitales qui permettent de diffuser et de s'adresser à tout le monde, ce qui est hyper important, parce que vous savez que la télévision a quand même tendance à... avant de nous dire ce vieillissant. Donc, des patrons qui s'adressent à tout le monde, mais pour autant, qui sont bourrés de technos qui peuvent être assez néfastes. C'est quoi un petit peu les solutions, en tout cas, la voie qu'il faut en donner, selon toi, suivre pour que ça soit un peu vertueux ?
- Speaker #0
Déjà sur l'IA, le problème, c'est qu'effectivement, c'est ultra dur de détecter un faux contenu. Vous n'avez pas un logiciel qui vous permet de mouliner et de vous dire, c'est une bonne, c'est une mauvaise image. Voilà. Donc, il faut faire un peu l'enquêteur. Et malheureusement, je ne suis pas sûr que le grand public ait cette démarche d'enquêter. Voilà. Donc, ça, c'est compliqué. Après, pour le grand public qui a envie de s'informer en sciences, en fait, déjà, j'irais vers des personnes qui... Comment dire ? Alors, c'est compliqué de dire ça, mais des personnes de confiance, même des youtubeurs, des vulgarisateurs scientifiques. mais après effectivement comment savoir si c'est une personne de confiance c'est sûr que c'est pas au nombre d'abonnés qu'il faut se référer mais en tout cas pour s'informer je pense aujourd'hui qu'il faut multiplier les sources ça c'est hyper important d'aller vers plusieurs médias on sait aussi que de plus en plus les médias ont des opinions donc il ne faut pas s'informer avec un seul canal, avec une seule personne il faut vraiment multiplier les sources au quotidien Ça, c'est le principal conseil que j'ai envie de donner.
- Speaker #1
Effectivement. Un bon réflexe qu'il faut avoir au bien au-delà du domaine scientifique de manière générale. Si je rembobine un petit peu, en tout cas, si je parle un petit peu sur les sujets scientifiques, parce que là, depuis le début, on parle de sujets scientifiques. On est en 2026, on est au mois de mars, on enregistre au mois de mars. C'est quoi, selon toi, les sujets scientifiques qui sont les plus porteurs à l'heure actuelle ? On puisse en faire commande, en tout cas dans les projets que tu as menés, ou ce que tu perçois. C'est quoi en fait la science qui est un peu vendeuse en ce moment ? Tous médias confondus. Est-ce que c'est les grands sujets classiques ? Tout à l'heure, on parlait des volcans, des dinosaures, de l'histoire de France, etc. Ou est-ce qu'on est plus sur des sujets qui sont très proches des personnes ? Moi, j'ai peut-être un peu ce sentiment-là, où je me dis que la science limite la science du quotidien. C'est peut-être un petit peu ça qui passionne les gens.
- Speaker #0
Alors la grande question, c'est de savoir est-ce que c'est ce qui passionne les gens ou ce qui passionne les diffuseurs ? Voilà, c'est la grande question. Parce qu'effectivement, nous, en télévision, bon, effectivement, la directive, c'est la science du quotidien, effectivement. Ça, c'est clair. Et parfois, on est un peu déçu parce qu'on aimerait aller plus en profondeur, on aimerait traiter de science un peu plus fondamentale. Mais c'est clair qu'aujourd'hui, la télévision... à cette logique de se dire qu'il faut vraiment aller sur le quotidien. Moi, je viens de faire un documentaire, par exemple, sur les antibiotiques. Bon, ben ça, voilà, on en a tous dans notre armoire à pharmacie, ça parle à tout le monde. C'est clair. Après, mine de rien, en fait, les gros sujets dont on parlait avant, que ce soit les volcans ou encore l'archéologie, ça, ça parle énormément, ça marche beaucoup. voilà et c'est d'ailleurs vous avez une case documentaire qui s'appelle Science Grand Format sur France 5 en fait ils sont beaucoup là-dessus c'est l'archéologie, l'espace sur ces thématiques-là voilà.
- Speaker #1
Donc il y a encore de la place pour ces sujets parce que c'est vrai que j'avais un peu le sentiment de dire, ouais vraiment sur des sujets qui étaient très basés sur le quotidien et qu'on voit dans plein de petites capsules et qu'on voit d'ailleurs depuis des années parce que Là tout à l'heure on disait que tu as commencé avec Mac Lesgui, pardon. C'est clairement ce qu'il fait depuis plus de 30 ans maintenant sur M6, je crois.
- Speaker #0
Exactement. Et ça, c'est un bon exemple. C'est que MacTesgui vient de se lancer sur YouTube. Il fait des contenus dédiés pour YouTube. Et ce n'est pas que republier les émissions qui ont été faites à la télé. Donc, je pense que c'est un bon exemple, effectivement, pour montrer qu'en fait, aujourd'hui, si on a envie de quitter les jeunes, notamment, et c'est ça, en fait, tout l'enjeu, c'est que... En télé, en fait, les programmes sont regardés par les plus de 65 ans, en moyenne. Voilà, donc c'est ça la grosse problématique, c'est qu'il faut réussir à capter le jeune public, et réussir à l'intéresser, et surtout à faire en sorte qu'il ne se désinforme pas. Et je pense que c'est de la mission des journalistes et des chercheurs de conquérir les réseaux sociaux pour justement combattre ces fausses informations. Parce que ça, on ne l'a pas dit, mais en fait, il y a beaucoup de chercheurs aujourd'hui aussi, Oui, il se lance... Sur les réseaux, vous avez par exemple Julien Bobroff qui est physicien et qui cartonne avec ses vidéos de vulgarisation de physique. On pourrait se dire que la physique c'est compliqué et ça n'intéresse personne. Et en fait, quand c'est bien raconté, ça marche super bien.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est vrai qu'effectivement, il y a cette tendance, une espèce de contre-offensive des chercheurs, de tous ces spécialistes et ces professionnels de la science qui... qui en ont un peu marre, j'ai l'impression, de voir proliférer tout ça et qui se disent « Allez, on va y aller et on va sortir nos contenus. » Et d'ailleurs, ça permet aussi de revenir un peu, tout à l'heure, tu avais évoqué la notion qui est assez chère, parce que j'apprécie beaucoup cette notion de storytelling, effectivement, le fait de créer de la narration, de l'histoire, même de le mettre en série, parce que maintenant on le concerne tous en mode de série. Ça, c'est une vraie évolution qu'il n'y avait peut-être pas forcément avant, on était vraiment pas... peut-être dans des blogs qui étaient plus au cloisonné. On avait un épisode sur ça, et puis le suivant était vraiment sur un tout autre sujet. Là, on rentre peut-être plus dans une logique de série et de storytelling. Comment est-ce que toi, tu perçois ça, et est-ce que c'est des ingrédients dont tu te saisis très concrètement dans tes projets ?
- Speaker #0
En télé, c'est plus compliqué, parce que ça reste quand même assez formaté. Voilà, alors souvent, on fait de plus en plus des transitions, ouais, des transitions un peu punchy pour... pour garder les gens en haleine. Mais je pense que ce storytelling, on le voit surtout dans les vidéos réseaux sociaux. Mais en télévision, finalement, très peu.
- Speaker #1
Et toi, ça te paraît compatible, récits scientifiques et storytelling ? Pour toi, ce n'est pas contre-intuitif ? Ça apporte quelque chose ou c'est un peu dénaturé le propos, selon toi ?
- Speaker #0
Non, carrément. Moi, je pense que c'est plutôt... plutôt chouette de vouloir garder l'attention parce qu'en fait c'est toujours frustrant quand vous faites une par exemple une vidéo pour Youtube on sait que plus la vidéo avance et plus les gens décrochent aussi, c'est une réalité et souvent en fait les infos les plus importantes sont vers le trois quart de la vidéo une fois qu'on a déblayé le terrain, qu'on a expliqué les bases scientifiques etc le plus important reste à venir et là il y a un risque que la personne s'en va, voilà Donc effectivement, si on peut de plus en plus utiliser du storytelling, moi je suis carrément partant.
- Speaker #1
C'est la fin de la deuxième partie de cette interview de DeepMedia avec Charles Baer. Je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite et fin de cet échange où l'on va continuer d'explorer le futur des médias à l'heure du numérique. En attendant, pour ne pas manquer les prochains épisodes, abonnez-vous à ce podcast et mettez les commentaires et étoiles adéquates. DeepMedia, c'est désormais une newsletter mensuelle pour... pour poursuivre l'exploration, ainsi qu'un chatbot de veille IA et Média appelé IA Media Lab. Pour accéder gratuitement à ces deux outils, je vous mets les liens en commentaire d'épisode. DeepMedia est un podcast autoproduit par FollowMeConseil, agence de formation et conseil stratégique spécialisé en IA générative et social media. A très bientôt !