- Speaker #0
Moi je dis toujours, il faut se spécialiser. Les sciences, ça reste quand même hyper large. Donc, se spécialiser en histoire, en espace, en biologie, je pense que ça ferait la différence. Parce qu'en fait, quand quelqu'un vient sur ta chaîne, il vient pour un contenu en particulier, il vient pour une expertise. Et donc, souvent la micro-spécialité peut payer.
- Speaker #1
Bienvenue dans DeepMedia, le podcast qui décrypte les médias à l'heure du numérique. Je suis Julien Bougeot, consultant social media et IA générative, mais avant tout passionné et curieux de l'univers média depuis plus de 15 ans. Dans un écosystème en perpétuelle transformation, comment les médias s'adaptent-ils ? Comment se réinventer face aux nouvelles technologies et aux géants du numérique ? Quel avenir pour l'information et ceux qui la produisent ? Si ces questions vous intriguent, alors vous êtes au bon endroit. DeepMedia, c'est un temps de réflexion et d'échange avec celles et ceux qui façonnent l'avenir du secteur. A présent ! place à la troisième et dernière partie de l'interview de Charles Baer,
- Speaker #0
journaliste et réalisateur scientifique. Bonne écoute. On a beaucoup parlé de YouTube, on a parlé de TikTok, on a parlé de YouTube, mais dans le numérique, il y a plein d'autres choses aussi.
- Speaker #1
Il y a une newsletter, tu en es un très bon exemple puisque tu en as dit une, et des newsletters scientifiques, il en existe, il y a des créateurs, et il y a aussi des podcasts, le milieu des podcasts. Et je voulais aussi qu'on ait un mot sur ces formats-là parce que... Ça me paraît être hyper intéressant dans l'équation scientifique.
- Speaker #0
Oui, effectivement, les podcasts, ça marche plutôt bien. Bon, mine de rien, en science, moi, je n'ai pas l'impression qu'il y a genre un, deux ou trois podcasts qui cartonnent. Vous aviez avant Sixième Science qui était produit par 20 minutes et C'est censé revenir qui marchait super bien, mais qui s'arrêtait malheureusement. Donc aujourd'hui, effectivement, il y a plein de petits podcasts produits par des journalistes, par des chercheurs, parfois des instituts de recherche directement. Moi, ce que je constate, c'est qu'il y a vraiment une explosion des podcasts en santé. Voilà, et les santé, ça fait partie du sur des sciences au sens large. Voilà, d'ailleurs, vous pouvez aller sur le site podcast-santé.com qui référence en fait tous les podcasts santé qui existent aujourd'hui, même les tout petits podcasts sur des thématiques parfois de niche. En tout cas, ce qu'il faut retenir, je pense, aujourd'hui, pour celui ou celle qui se lance dans un podcast, c'est vraiment de le faire en mode filet. Parce qu'aujourd'hui, sur des plateformes comme YouTube, comme Spotify, ce sont les podcasts qui sont réalisés en vidéo qui vont le plus cartonner. Voilà, c'est vraiment la tendance cette année et pour les années à venir. Donc, c'est vraiment le conseil que je donnerais.
- Speaker #1
Et alors, c'est bien ce que notre discussion fait, ça fait des remonts en permanence. Moi, je trouve ça assez paradoxal. Donc, je comprends tout à fait le podcast filmé. Je tiens à dire qu'ici, DeepMedia n'est pas encore filmé. On est qu'un podcast. Bientôt, pourquoi pas. Mais par contre, je trouve ça assez particulier parce que finalement, un podcast filmé est assez statique. On peut mettre quelques caméras, etc. C'est quand même une réalisation qui est quand même très classique. Et on sait qu'à côté de ça, en télévision ou dans d'autres formats, on se bat pour faire des réalisations qui soient hyper dynamiques, avec des jump cuts, avec des choses comme ça, etc. Avec pas mal d'effets. Et je trouve ça assez paradoxal. Et toi, comment tu expliques ça que les podcasts vidéo... Alors que ça soit scientifique, on aura un petit peu plus le champ. Ça fonctionne au SIGA avec une mise en scène qui, de mon point de vue, est quand même très basique.
- Speaker #0
Après, attendons les chiffres. Parce que pour l'instant, c'est quand même assez nouveau que des plateformes comme Spotify intègrent la vidéo, etc. Voilà, donc on dit que ça va cartonner, c'est la tendance, mais on va voir à l'usage aussi. Mais après, pour reprendre l'exemple d'avant sur Scope, l'émission d'Arte sur Twitch, pendant deux heures, c'est du direct et c'est du plateau. Donc, ça marche aussi.
- Speaker #1
Avec de l'interactivité. Twitch a cette différence qu'on peut être acteur du contenu. Alors que là, je ne sais pas si tu en regardes, mais moi, ça m'arrive des fois de regarder les podcasts filmés. Je suis un peu subjugué par le tout. Je me dis, je vois deux personnes, je vois trois plans de caméra fixes. Je vois deux lumières en fond, et c'est vrai que je suis assez interloqué par ça, parce que... Alors qu'à côté, je me sens toujours en parallèle à la télévision, où on demande d'avoir plein d'ajouts, des sujets, etc., des mises en scène qui sont assez... avec des plans en drone, etc. On a des choses assez élaborées, et finalement, on ne les a pas dans ce podcast vidéo.
- Speaker #0
Oui, mais je pense qu'en fait, on ne cherche pas la même chose. C'est qu'en fait, quand on regarde la télé, on a envie de voir un bel objet télévisuel. Alors que le podcast, je pense que c'est plutôt une démarche de... On veut de l'info, quoi. Voilà, de l'info. Même si c'est long, on a envie de capter cette info. Voilà, mais c'est vrai que le podcast filmé, je suis assez curieux de voir ce que ça va donner sur le long terme. On va peut-être y revenir. Après, l'avantage, c'est qu'en fait, aujourd'hui, on est quand même dans une logique. Deux, quand on fait un format, on veut le décliner sur différents réseaux. Et du coup, pour avoir des extraits pour Instagram, par exemple, on est obligé d'avoir la vidéo.
- Speaker #1
Oui, carrément. Plus d'ordre général, toi, c'est quoi le format que tu estimes être le plus performant pour un récit scientifique ? La question est assez large, mais est-ce que toi, tu penses que c'est ces formats très courts qui vont être intéressants ? Est-ce qu'un podcast d'une heure et demie qui te présente un sujet scientifique, ça te paraît être le plus pertinent ? Un documentaire de 52 minutes, c'est quoi, toi, en termes de format et de durée, ce que tu estimes être actuellement le plus efficace ?
- Speaker #0
Le plus efficace ? Moi, je pense qu'en fait, tous les formats, ce n'est pas au même public. Et ton public ne vient pas chercher la même chose. Donc, ce serait compliqué de te dire ce qui marche le mieux. Moi, par exemple, ce n'est pas un secret, je regarde beaucoup, beaucoup de documentaires. Voilà, parce que je cherche la belle image, je cherche le beau récit. cette aventure, voilà, c'est ce que je consomme le plus. Mais après, franchement, il y a de tout, il y a des gens qui cherchent vraiment du short, d'autres qui ont le temps, franchement, moi je suis assez épaté par ces gens qui ont une heure et demie devant eux pour écouter un podcast, notamment en science. Voilà, donc je pense qu'il y a vraiment pour tout le monde.
- Speaker #1
Ok, là on approche tout doucement de la fin. Juste toi, en tant que professionnel qui a déjà fait plein de projets là-dedans, tu donnerais quoi comme conseil à des jeunes journalistes qui voudraient se mettre à vulgariser de la science en 2026 ? Un conseil et puis en gros, il faudrait s'outiller un petit peu de quoi pour rentrer dans ce domaine-là ?
- Speaker #0
Moi, je dirais que tout d'abord, il faudrait peut-être s'entourer. Voilà, c'est vrai que moi, j'ai beaucoup apprécié me mettre dans des associations. Je suis dans beaucoup d'assos, de syndicats, dans plein de réseaux. Ça, ça m'a quand même beaucoup aidé parce qu'on est entouré de journalistes qui font déjà ce métier. On peut avoir des formations. Donc ça, c'est quand même super chouette. Et puis en fait, j'ai envie de dire aujourd'hui, et c'est ça l'avantage, n'importe qui peut créer. Donc si une personne a envie de lancer son podcast, de faire quelques vidéos sur les réseaux, en fait, que cette personne se lance. On a vu beaucoup de gens qui ont démarré dans leur chambre. Ils étaient hyper jeunes et aujourd'hui, ils cartonnent avec des millions d'abonnés. Donc voilà, comme quoi tout est possible.
- Speaker #1
Et peut-être une curiosité aussi pour les récits et peut-être aussi quelque chose qui est différent d'une précédente génération. C'est peut-être aussi comme un petit bagage technologique ou en tout cas une petite curiosité technologique. Parce qu'à mon sens, je pense que si on n'a peut-être pas forcément cet outillage-là, c'est peut-être un peu plus restreint.
- Speaker #0
Oui et non, parce que moi, je suis l'exemple. que ça a plutôt bien marché.
- Speaker #1
Je parle plutôt d'une génération qui arrive maintenant. Peut-être qu'on est encore rentrés dans une dimension où peut-être que cet outillage-là devient limite indispensable.
- Speaker #0
Peut-être, en tout cas, je pense que pour quelqu'un qui se lance en science aujourd'hui, notamment sur les réseaux, il y a déjà beaucoup de monde. Pour se faire sa place, moi je dis toujours, il faut se spécialiser. Les sciences, ça reste quand même hyper large. Donc, se spécialiser en histoire, en espace, en biologie, je pense que ça fera la différence. Parce qu'en fait, quand quelqu'un vient sur ta chaîne, il vient pour un contenu en particulier, il vient pour une expertise. Et donc, souvent, la micro-spécialité peut payer.
- Speaker #1
C'est ça. Et selon toi, il y a encore de la place pour arriver parce que finalement, il y a des nouveaux champs et des nouveaux pans de la science qui s'ouvrent. assez régulièrement aussi. Donc c'est ça qui intéresse.
- Speaker #0
Voilà. Après, pour tout vous dire, moi j'essaye de me lancer sur les réseaux justement quand j'aurai un peu de temps. Mais c'est quand même ultra compliqué pour tout ce qu'on s'est dit auparavant. Il faut le temps, il faut trouver une économie qui te permette quand même d'être indépendant. Donc voilà, c'est pas pas facile. Moi ça fait des mois et des mois que je repousse le projet. Voilà. Et là c'est finalement peut-être une bourse une bourse de l'ASCAM, vous savez c'est la société des auteurs qui pourrait nous permettre ce projet, ça serait en tout cas le point de lancement donc j'espère que ça va se faire et sinon malheureusement ça va encore être repoussé de quelques mois ça tombe bien parce que ça boucle sur quasiment ma dernière question,
- Speaker #1
j'avais marqué quelle histoire scientifique rêverais-tu de raconter, donc c'est peut-être le projet à venir sur les plateformes, cette histoire scientifique que tu rêverais de raconter
- Speaker #0
C'est assez rigolo. C'est un peu top secret, mais je vais le dire. C'est qu'en fait, j'ai justement envie de décrypter les fausses images générées par IA en science. Les photos, les vidéos. Et s'appuyer notamment sur la base d'images de Lina pour justement contrecarrer, montrer les vraies images. C'est le gros chantier du moment. Comme quoi... Tout se regroupe.
- Speaker #1
Tout se regroupe et c'est super pour ce podcast. En tout cas, c'est un projet, quand il aboutira, avec plaisir d'avoir des informations là-dessus et de pouvoir regarder avec grande attention. Juste pour terminer, est-ce qu'il y a un sujet ou un mot ou en tout cas quelque chose que tu aurais envie d'évoquer ? Tu dis que c'est dommage, dans l'heure passée ensemble, on n'a pas forcément évoqué.
- Speaker #0
Moi, ce que je vois aussi de plus en plus en télé, et je prends de plus en plus de plaisir à réaliser ces formats, c'est qu'on voit en prime time, finalement, des programmes d'infotainment. On l'a vu la semaine dernière avec Jamy Gourmaud et Marie Portolano, qui ont réalisé le deuxième numéro de Sommes-nous tous ? Là, en l'occurrence, c'est Sommes-nous tous sexistes. L'idée, c'est en fait de reproduire avec un panel de personnes des vraies expériences scientifiques qui ont été menées dans le passé. Voilà, donc sur cette idée d'infotainment. Moi, j'aime beaucoup ces formats, à titre personnel. J'étais d'ailleurs rédacteur en chef sur un précédent format l'année dernière, non il y a deux ans, toujours sur France 2, qui s'appelait « Qui leur perd la grande expérience du sommeil ? » où en fait on a privé des stars de sommeil pendant 36 heures. Voilà, alors certains pourront critiquer, mais moi j'en suis content parce qu'en fait on a quand même délivré pas mal de conseils sur le sommeil et surtout on a ensuite en plateau fait plein de décryptages scientifiques. sur comment fonctionne le sommeil, le manque de sommeil, les impacts sur le cerveau, etc. Donc moi, je prends de plus en plus de plaisir à développer ou à réaliser ce genre de format.
- Speaker #1
Un mi-chemin avec de la rigueur scientifique, mais on va dire tout ce que, quand on parle sur les plateformes ou ailleurs d'accroche, de hook, etc. avoir quelque chose où finalement, ça accroche les gens et ça va les surprendre. On parlait tout à l'heure, on a parlé rapidement d'émotion. C'est ça, d'une certaine manière, générer une forme d'émotion. qui va en retenir et qui va faire capter l'attention.
- Speaker #0
Voilà, tout à fait. Il y avait un autre exemple que France 2 avait fait sur l'intelligence artificielle où pareil, c'était le même principe. C'était avec Faustine Bollard, des expériences avec un public pour tester l'IA sous toutes ses formes. Voilà, effectivement, tu as raison. On joue beaucoup sur l'émotion. C'est en quelque sorte des télé-réalités scientifiques qui se créent.
- Speaker #1
Peut-être que là, sur ces derniers mots, tu viens peut-être d'inventer un nouveau concept. Écoute, on verra ça dans quelques années, la télé-réalité scientifique. Pourquoi pas ? Rien n'est impossible. Merci beaucoup en tout cas pour cet échange. C'était extrêmement riche et ça a permis de brosser un panorama super large de tous ces sujets scientifiques, toutes plateformes confondues. Donc c'est cool parce que tu as un peu un pied et un oeil et un regard sur toutes ces plateformes. Donc c'était extrêmement intéressant de dresser ce panorama à tes côtés.
- Speaker #0
Merci beaucoup. C'est la fin de la troisième et dernière partie de cette interview de DeepMedia avec Charles Baer.
- Speaker #1
Je vous donne rendez-vous prochainement pour de nouvelles interviews avec celles et ceux qui façonnent l'avenir des médias à l'heure du numérique. En attendant, pour ne pas manquer les prochains épisodes, abonnez-vous à ce podcast et mettez les étoiles et commentaires adéquats. DeepMedia, c'est désormais une newsletter mensuelle pour poursuivre l'exploration, ainsi qu'un chatbot de veille IA et Média appelé IA Media Lab. Pour accéder gratuitement à ces deux outils, je vous mets les liens en commentaire d'épisode. DeepMedia est un podcast. autoproduits par Follow me Conseil, agence de formation et conseil stratégique spécialisé en IA générative et social media. A très bientôt !