- Speaker #0
Bienvenue dans DeepMedia, le podcast qui décrypte les médias à l'heure du numérique. Je suis Julien Bougeaud, consultant social media et IA générative, mais avant tout passionné et curieux de l'univers média depuis plus de 15 ans. Dans un écosystème en perpétuelle transformation, comment les médias s'adaptent-ils ? Comment se réinventer face aux nouvelles technologies et aux géants du numérique ? Quel avenir pour l'information et ceux qui la produisent ? Si ces questions vous intriguent, alors vous êtes au bon endroit. Deep Media, c'est un temps de réflexion et d'échange avec celles et ceux qui façonnent l'avenir du secteur. Aujourd'hui, je vous présente un épisode spécial consacré au rapport de contre-enquête sur l'audiovisuel public porté par la SCAM en réponse aux travaux de la commission d'enquête de l'Assemblée Nationale sur l'Audiovisuel Public, dont le rapporteur est M. Charles Alloncle. Afin de vous proposer une version synthétique du rapport de contre-enquête, je vous propose un résumé généré grâce à la fonctionnalité Résumé Audio de Google Notebook LM. A présent, je vous laisse découvrir cet épisode et je passe la parole à mes deux co-AI-nimateurs. Bonne écoute !
- Speaker #1
Imaginons un employeur qui siphonne discrètement le réservoir de la voiture de fonction de son employé, qui lui confisque sa carte routière et pouf qu'il licencie direct parce qu'il tombe en panne sur l'autoroute. C'est un peu fou, non ?
- Speaker #2
Ah bah c'est sûr que vu comme ça c'est brutal, mais c'est exactement l'analogie qui ressort quand on se penche sur le sujet d'aujourd'hui.
- Speaker #1
Ouais, parce qu'aujourd'hui on fait une grosse plongée au cœur de l'audiovisuel. public français. On analyse un rapport de contre-enquête de la SCAM qui est sorti en avril 2026.
- Speaker #2
Un rapport qui répond de manière assez frontale d'ailleurs à la fameuse commission d'enquête de l'Assemblée nationale qui était dirigée par Charles Alencle.
- Speaker #1
Exactement. Et notre mission ici c'est de décortiquer tout ça de manière totalement impartiale. On va regarder les faits, les arguments économiques, les cas concrets, sans prendre parti. Juste pour bien comprendre.
- Speaker #2
Et pour comprendre, il faut d'abord parler d'une ère de la guerre, l'argent. Le rapport Alencle pointait du doigt une, je cite, « gabégie financière » avec un déficit de 81 millions d'euros sur 8 ans.
- Speaker #1
80 millions ? Ouais, ça paraît énorme dit comme ça.
- Speaker #2
C'est le chiffre choc. Sauf que la SCAM, en s'appuyant sur les données de la Cour des comptes, apporte une nuance de taille. Ce trou y vient principalement d'une baisse directe des dotations de l'État de 161 millions d'euros.
- Speaker #1
Attends, donc on accuse l'audiovisuel public de mauvaise gestion, alors que c'est l'État lui-même qui a coupé les vivres ? C'est vraiment l'histoire du réservoir siphonné en fait.
- Speaker #2
C'est ça. Et le pire, c'est que France Télévisions m'a quand même fait 386 millions d'économies à côté. Mais le plus absurde, c'est l'absence de contrat d'objectif depuis 2023.
- Speaker #1
Ah oui, j'ai vu ça. En gros, ils n'ont pas de feuille de route claire fournie par l'État en échange de leur budget.
- Speaker #2
Voilà. Gérer une machine pareille à l'aveugle, c'est mission impossible. Et c'est là que le débat glisse sur l'émission elle-même, parce que la commission à l'oncle suggère que le marché privé pourrait reprendre certaines activités.
- Speaker #1
Mais le marché, il fonctionne à la rentabilité publicitaire, non ? Je vois mal une chaîne privée bloquer 30 heures d'antenne le week-end pour le Téléthon, sans retour sur investissement immédiat.
- Speaker #2
Bah oui, c'est impensable. Et pourtant, le Téléthon, le 2024, a rapporté 96,5 millions d'euros pour la recherche médicale. Pareil pour des émissions inclusives comme Le Papotin. Le privé ne financera jamais ça spontanément.
- Speaker #1
C'est clair. Écoute de l'investigation. Parce que maintenir des journalistes sur des enquêtes pendant des mois, ça coûte une fortune.
- Speaker #2
Ah ben c'est l'autre gond perdant, si on rentre dans une logique purement marchande. Le service public, c'est des cellules d'investigation lourdes qui ont sorti des scandales énormes. Les zones Esselay, les airbags Takata ou encore les polluants éternels PAS révélés par Radio France.
- Speaker #1
Ouais, des enquêtes qui ont un vrai impact sur notre santé et qui forgent la confiance du public. Surtout qu'en ce moment, l'information, c'est devenu un vrai champ de bataille.
- Speaker #2
Totalement. La France, c'est le deuxième pays européen le plus ciblé par la désinformation étrangère. On fait face à des usines à fausses nouvelles massives, genre les réseaux russes Portal Combat, ou des deepfakes bluffant de journalistes de France 24.
- Speaker #1
Ah, les deepfakes, c'est terrifiant ! Et la SCAM dit justement qu'affaiblir l'audiovisuel public en ce moment, c'est en gros un désarmement unilatéral en pleine guerre de l'information.
- Speaker #2
Exactement. C'est une question de souveraineté.
- Speaker #1
Mais pourtant, la commission à l'oncle a quand même mis le doigt sur des vrais problèmes de partialité, non ? Genre la vidéo volée entre Thomas Legrand et Patrick Cohen, ou les prises de position de Samuel Etienne sur Twitch. C'est pas des inventions.
- Speaker #2
Non, c'est vrai. Et le contre-rapport nie pas du tout l'existence de ces épisodes. Ce qu'ils dénoncent, c'est la méthode de la commission qu'ils qualifient de cherry-picking.
- Speaker #1
Du picorage, en fait.
- Speaker #2
Voilà. Ils ont pris une douzaine d'anecdotes isolées pour démontrer un biais systémique. Sauf qu'ils ignorent délibérément 99,99% des 97 millions d'heures de programmes diffusés sur la décennie.
- Speaker #1
Ah ouais, d'accord. Déduire une ligne éditoriale globale à partir de ça, ça pose un vrai souci de rigueur intellectuelle, quoi.
- Speaker #2
C'est tout le problème. Et finalement, ce grand débat, il permet de chiffrer la valeur de tout cet écosystème. Actuellement, l'audiovisuel public, ça coûte 57 euros par an et par habitant.
- Speaker #1
Ce qui n'est pas énorme pour un espace d'information maintenu hors de l'influence des GAFAM et des grands groupes privés.
- Speaker #2
C'est l'arbitrage fondamental entre rationaliser les dépenses et préserver un rempart démocratique.
- Speaker #1
Ouais, ça donne à réfléchir. Et ça m'amène à une dernière pensée un peu provocatrice, pour ceux qui nous écoutent.
- Speaker #2
Je t'en prie, vas-y.
- Speaker #1
Si la logique de démantèlement finit par aboutir à une privatisation, même partielle, est-ce qu'on ne va pas juste assister à une revente lucrative aux dépenses des usagers ?
- Speaker #2
C'est le grand risque, oui.
- Speaker #1
Ça rappelle drôlement le bilan ultra contre-nercée de la privatisation des autoroutes françaises en 2006. On avait financé l'infrastructure avec l'argent public, et à la fin, c'est le citoyen qui paye le péage au prix fort. C'est une piste à creuser quand on observe ceux qui cherchent aujourd'hui à récupérer les clés du véhicule.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté ce récap du rapport de contre-enquête sur l'audiovisuel public porté par la SCAM. Je suis preneur de tous vos retours à propos de ce format. Je vous donne rendez-vous prochainement pour de nouvelles interviews inédites où l'on va continuer d'explorer le futur des médias à l'heure du numérique. En attendant, pour ne pas manquer les prochains épisodes, abonnez-vous à ce podcast et mettez les commentaires et les étoiles adéquates. DeepMedia est un podcast autoproduit par FollowMeConseil, agence de formation et conseil stratégique spécialisé en IA générative et social media. A très bientôt !