Speaker #0Avant de commencer, je vais vous parler de quelque chose. Et si votre prochain client ne passait plus par Google ? Ce scénario, vous le savez, il est déjà en marche. Le 15 septembre prochain, je vous propose que l'on explore le sujet afin de voir comment votre entreprise est visible dans ChatGPT. Rendez-vous le 15 septembre prochain à Nantes. Ça vous intéresse ? Vous voulez participer ? Contactez-moi via LinkedIn et je vous en dis plus. A présent, place à DeepMedia. Bienvenue dans DeepMedia, le podcast qui décrypte les médias à l'ère du numérique. Je suis Julien Bougeot, consultant social médias, IA générative et formateur depuis plusieurs années. Mais avant tout, je suis un passionné et curieux de l'univers médiatique depuis plus de 15 ans. Tout au long de cet été, je vous propose de plonger dans l'été de DeepMedia. Vous voulez explorer sans attendre dans les médias de demain ? Alors vous êtes au bon endroit. L'été de DeepMedia épisode 5, c'est parti ! Il y a une image qui colle à TF1, celle du dernier grand paquebot de la télé de Papa. Le 20h, les variétés collant à le mardi soir, une machine à audience de masse. Mais une machine qu'on imaginait lentement grignoter par Netflix, YouTube et TikTok. Sauf que depuis deux ans, sous la houlette de Rodolphe Belmer, ce paquebot a discrètement changé de cap. Et ce virage raconte quelque chose de plus large sur ce que devient un diffuseur historique à l'ère des plateformes. Petit rappel, Belmer, avant TF1, c'est Canal+. C'est aussi quelqu'un qui en 2013 proposait déjà sa direction de racheter Netflix. On lui avait alors répondu en substance, euh, Netflix, je n'y crois pas. Bon, on connaît la suite. Autant dire qu'aujourd'hui, il n'a pas l'intention de rater le train une deuxième fois. Sa stratégie tient en trois mouvements majeurs. Le premier, c'est TF1+, la plateforme de streaming gratuite financée par la pub lancée début 2024. L'objectif, ne plus seulement monétiser les programmes à l'antenne, mais aussi en ligne. Et ça marche, au point d'atteindre des records d'audience cet été. Le deuxième mouvement, c'est le plus spectaculaire. À l'été 2026, les cinq chaînes de TF1 et les contenus de TF1+, deviennent accessibles. Directement depuis l'interface de Netflix. C'est une première mondiale. Jusqu'ici, quand une chaîne historique travaillait avec une plateforme, c'était pour coproduire une série. Là, un grand diffuseur généraliste accepte carrément d'être distribué à l'intérieur du géant américain. Et c'est tout ce paradoxe-là qui m'intéresse. Pendant des années, le réflexe des médias traditionnels, c'était de se protéger des plateformes, de les tenir à distance comme des prédateurs. Bellemare, lui, il fait le pari inverse. Plutôt que de résister à Netflix... Il s'y installe pour aller chercher l'audience, là où elle est déjà. On appelle ça en langage stratégique, maximiser ses points de contact. En clair, on arrête de raisonner en « ma chaîne » , « mon territoire » , en raisonnant « un écosystème » . Troisième mouvement observé, et pas des moindres, l'international. TF1 veut faire de TF1+, le leader du streaming gratuit dans l'Afrique francophone. Et là, on touche à un point passionnant que soulevait récemment l'émission Soft Power sur France Culture. Nos vieux acteurs audiovisuels, TF1, Canal+, France Télévisions, sont peut-être des outils de soft power qu'on a largement sous-estimés. Souvenez-vous de Salto, ce Netflix à la française mornay. L'échec collectif était cuisant, mais l'idée, elle, n'était pas si mauvaise que cela. Elle était juste mal exécutée. Ce que tente TF1 aujourd'hui, seul avec un catalogue et une langue en partage sur plusieurs continents, c'est peut-être la vraie deuxième chance de cette ambition. Alors, est-ce que tout ça, ça suffit à faire de TF1 un acteur du numérique et plus seulement un acteur de la télé ? La question, elle reste ouverte. S'installer chez Netflix, c'est aussi accepter une forme de dépendance à son concurrent, être visible chez lui, mais aussi quelque part, être à sa merci. Et devenir le champion du soft power francophone suppose des moyens de production que même un groupe aussi solide que TF1 ne peut pas déployer indéfiniment, et ce, tout seul. Mais une chose est sûre, le TF1 qu'on croyait figé est en train de faire exactement ce qu'on reprochait aux médias historiques de ne pas savoir faire, bouger avant d'y être contraint. Et ça, pour un paquebot, c'est déjà une manœuvre qui mérite... qu'on la regarde de près. Je vous remercie d'avoir écouté ce cinquième numéro de l'été de DeepMedia. N'hésitez pas à réagir à ce sujet en commentaire. DeepMedia, c'est désormais une newsletter mensuelle pour poursuivre l'exploration, ainsi qu'un chatbot de veille IA et Média appelé IA Media Lab. Pour accéder gratuitement à ces deux outils, je vous mets les liens en commentaire de l'épisode. Rendez-vous chaque mardi de l'été pour les masterclass de DeepMedia et chaque samedi pour l'été de DeepMedia. A très bientôt !