Speaker #0Bonjour à tous, je suis tellement heureux de vous retrouver. Ensemble, durant toute notre première saison, nous avons exploré les territoires du départ. Nous avons appris à briser l'inertie, à faire de la place dans nos vies, à poser un cap et à faire ce fameux premier pas. Mais une fois que nous sommes en mouvement, une question cruciale se pose. A quelle vitesse devons-nous marcher ? Dans notre monde moderne, la réponse dominante est toujours la même. Plus vite, on nous bombarde de modèles de réussite standardisés. Il faudrait se lever à 5h du matin, enchaîner les tâches sans répit, optimiser chaque minute de nos journées pour avancer. Mais aujourd'hui, nous allons lever le voile sur un immense malentendu. Avancez ! Ce n'est pas courir le sprint de quelqu'un d'autre, c'est trouver sa propre cadence, c'est accorder son action à son propre rythme intérieur. Parce qu'une allure qui n'est pas la vôtre finira inévitablement par vous épuiser ou vous briser. Installez-vous confortablement comme à l'accoutumée. Notre voyage pour apprendre à avancer durablement commence maintenant. Avez-vous déjà essayé de calquer votre quotidien sur la routine parfaite d'un entrepreneur à succès trouvé sur les réseaux sociaux ? Vous vous levez aux aurores, vous enchaînez la méditation, le sport, l'écriture, un petit déjeuner millimétré. Et au bout de trois jours, vous vous sentez profondément exténué, frustré, avec la sensation désagréable de jouer un rôle qui ne vous convient pas. C'est ce que j'appelle le piège de la cadence universelle. Nous vivons dans une société qui a industrialisé le temps. Nous avons des horaires de bureau identiques pour tout le monde, des programmes d'entraînement standardisés, des méthodes de productivité prêtes à l'emploi. On nous traite comme des machines interchangeables qui devraient toutes produire la même énergie de 8h du matin à 18h en début de soirée. Mais l'être humain n'est pas une machine. Nous sommes des systèmes biologiques complexes, régis par des cycles naturels de variations hormonales et des tempéraments uniques. Vouloir avancer en ignorant son propre rythme, c'est comme essayer de faire naviguer un voilier en ignorant le sens du vent et la force des marées. Vous pouvez ramer de toutes vos forces contre le courant pour prouver votre discipline, mais vous finirez par vous épuiser. La véritable intelligence du mouvement réside donc dans l'art d'utiliser ses propres vagues intérieures pour avancer sans effort inutile. Au milieu du 19e siècle, l'écrivain et philosophe américain Henry David Thoreau a décidé de s'isoler dans une cabane en bois au bord du lac Walden pour échapper au tumulte et à l'accélération de la société industrielle naissante de l'époque. Dans ses écrits, Il a laissé cette réflexion lumineuse. Il disait « Si un homme ne marche pas au même pas que ses compagnons, c'est peut-être parce qu'il entend un autre batteur. Laissez-le marcher au pas de la musique qu'il entend, quelle qu'en soit la mesure, ou même si elle vient de loin. » Fin de citation. Cette phrase est une autorisation magnifique à ralentir ou à accélérer, selon vos propres règles. Il y a des personnes qui sont des créateurs du matin, capables d'une concentration absolue avant le lever du soleil. Il y en a d'autres pour qui l'esprit ne s'éveille véritablement qu'à la nuit tombée. Certains ont bien des cycles de travail courts et intenses, suivis de longues périodes de jachères, tandis que d'autres s'épanouissent dans une régularité lente, mais constante, jour après jour. Aucun de ces profils n'est supérieur à un autre. la seule erreur est de forcer un oiseau de nuit à peindre aux aurores ou de demander à un esprit calme et contemplatif de produire des idées à la chaîne dans l'urgence. Avancer dans cette saison 2, ce n'est pas chercher à aller plus vite que les autres. C'est identifier le tempo de votre propre batteur intérieur et c'est aussi avoir le courage de caler vos pas sur sa musique, même si le reste du monde marche sur une mesure qui est totalement différente. Pour découvrir votre rythme sans vous fier aux théories toutes faites, je vous invite à réaliser une petite expérience cette semaine. J'appelle cette expérience le carnet démarré. Pendant les trois prochains jours, oubliez vos objectifs de performance. Gardez simplement un petit carnet ou une autre sur votre téléphone à portée de main. Quatre fois le jour, au réveil, en milieu. de matinée, en milieu d'après-midi et juste avant d'aller dormir, notez deux indicateurs très simples sur une échelle de 1 à 5. Le premier indicateur, c'est votre niveau d'énergie physique. Le deuxième indicateur, c'est votre niveau de clarté mentale et de créativité. Ne cherchez pas à modifier vos journées. Observez-vous simplement comme un naturaliste qui étudie une espèce sauvage. A la fin des trois jours, vous verrez apparaître vos propres marées intérieures. Vous identifierez vos pics de créativité et vos creux d'énergie. Vous découvrirez peut-être que votre meilleur moment pour écrire ou concevoir de nouveaux projets se situe à 14h ou au contraire à 22h. Vous aurez ainsi votre propre boussard biologique pour planifier vos efforts là où ils ont le plus de chances de réussir. Trouver donc son rythme, c'est poser la première pierre d'une efficacité qui ne fatigue pas. C'est passer d'une créativité forcée à une créativité qui se voudra fluide. Maintenant que nous avons compris l'importance de refuser la cadence universelle et que vous êtes prêts à observer vos propres cycles énergétiques, nous allons devoir explorer un concept fascinant de la biologie. Ça s'appelle la gestion de vos réserves. Comment fonctionne notre batterie interne ? Pourquoi le repos n'est-il pas une récompense après l'effort, mais le carburant plutôt indispensable qui permet d'avancer durablement ? Comment éviter le sur-régime sans pour autant tomber dans l'inaction ? C'est ce que nous allons explorer. Nous allons parler de l'art de gérer ses énergies plutôt que son temps. Je vous invite donc à observer plutôt vos marées intérieures. tout au long de cette nouvelle semaine. Nous avons ouvert les yeux sur la tyrannie de la cadence universelle. Nous avons compris que nous ne sommes pas des machines programmables et nous avons posé aussi les bases de notre propre boussole biologique avec le carnet des marées. Mais une fois que l'on commence à observer ses propres fluctuations, l'on se heurte à une immense frustration. Notre société nous répète constamment que nous avons tous les mêmes 24 heures dans une journée et que le secret de la réussite réside dans l'art de gérer son temps. En ouvrant des agendas millimétrés, des techniques pour découper nos heures et optimiser chaque seconde. Aujourd'hui, nous allons faire un pas de côté et dénoncer un grand mensonge. La gestion du temps est une illusion. Vous ne pouvez pas gérer le temps. Les secondes s'écoulent exactement de la même manière. à la même vitesse, quoi que vous fassiez. Ce que vous devez apprendre à gérer, ce n'est pas votre temps, mais plutôt votre énergie. Parce qu'une heure passée devant un projet, alors que vous êtes totalement épuisé, ne vaut pas 10 minutes d'attention pure lorsque votre jauge d'énergie est à son maximum. Pour comprendre l'importance de ce glissement de perspective, imaginez que vous tenez votre téléphone portable dans la main. Si la batterie de votre téléphone est à 2%, vous aurez beau avoir devant vous une journée entière de 12 heures qui sont libres, vous ne pourrez pas l'utiliser. Le temps disponible ne change rien au fait que l'appareil va s'éteindre. C'est exactement ce que nous faisons avec notre propre corps. Nous essayons de forcer des sessions de travail qui pour nous sont créatives ou des décisions complètes que nous voulons prendre. avec une batterie biologique qui est totalement à plat, simplement parce qu'il est 14h et que notre agenda, l'agenda, indique que nous devons travailler. Le philosophe stoïcien Sénèque, dans son traité sur la tranquillité de l'âme, expliquait déjà cette nécessité absolue de respecter nos réserves. Il disait, il faut accorder de la détente à nos esprits. Ils se relèvent plus vigoureux et plus alertes. Après le repos. De même que l'on ne doit pas exiger des champs fertiles une production ininterrompue, sous peine de les épuiser rapidement, de même, un travail continu brise l'élan de l'esprit. Fin de citation. Notre corps fonctionne par cycle. Tout au long de la journée, notre niveau de vigilance et d'énergie fluctue naturellement. Ignorez ces vagues et essayez de maintenir une productivité linéaire de 8h à 18h. C'est comme conduire une voiture en ignorant le voyant d'essence sur le tableau de bord. Vous pouvez continuer à appuyer sur l'accélérateur par pure discipline, mais la pâle sèche est inévitable. Pour changer notre relation à l'énergie, nous devons déconstruire donc une croyance toxique profondément ancrée en nous, ancrée dans nos cultures, celle qui consiste à voir le repos comme une récompense. Combien de fois vous vous êtes dit Je me reposerai quand j'aurai fini ce dossier. Ou alors, vous vous êtes dit encore, je prendrai une pause quand j'aurai mérité mon week-end. Cette approche est une erreur stratégique majeure. Elle consiste à attendre d'être complètement vidé, complètement usé, et au bord de l'épuisement pour s'autoriser à s'arrêter. Dans ces conditions, ce que vous faites n'est pas du repos, c'est de la convalescence. Vous ne rechargez pas votre batterie. Vous essayez simplement de réparer les dégâts causés par le sur-régime. Les écuries de Formule 1 n'attendent pas non plus que les pneus d'une voiture explosent ou que le moteur s'enflamme pour faire un arrêt au stand. Elles s'arrêtent de manière préventive au moment précis où cela permet de maintenir la performance maximale sur la durée. Le véritable repos est proactif, il n'est pas réactif. C'est le carburant qui rend l'action possible et non la médaille qu'on s'attribue après s'être épuisé. Apprendre à avancer durablement, c'est intégrer des temps de pause avant d'avoir mal, intégrer des périodes de pause avant d'avoir la tête vide. C'est aussi comprendre que s'arrêter pendant 10 minutes pour marcher, respirer, ou simplement regarder par la fenêtre n'est pas une perte de temps, mais l'investissement plutôt le plus rentable pour les trois heures de travail qui vont suivre. Donc, pour appliquer cette écologie de l'énergie de cette semaine, je vous propose d'identifier vos propres bornes de recharge. Nous avons tous des activités quotidiennes qui nous demandent de l'énergie, et d'autres qui nous en redonnent. Le piège, c'est que nous confondons souvent Ne pas travailler et se recharger. Faire une pause en faisant défiler les réseaux sociaux sur son écran de téléphone portable. Regarder les actualités anxiogènes sur le même téléphone. Ou répondre à des messages de groupe. Ne recharge pas votre batterie interne. Au contraire, cela sature votre attention visuelle et cognitive. C'est ce que j'appelle une fausse pause. Votre corps est assis, mais votre cerveau continue de courir. Cette semaine, je vous invite à lister trois activités extrêmement simples qui sont réalisables en moins de 10 minutes par exemple. Des activités qui rechargent réellement votre jauge d'énergie physique et aussi mentale. Cela peut être d'écouter une musique que vous adorez en fermant les yeux. Cela peut être aussi faire quelques étirements ou respirer profondément. devant une fenêtre ouverte. Ça peut être enfin simplement boire un verre d'eau en silence sans regarder aucun écran. Planifiez deux de ces bandes de recharge de 10 minutes dans votre journée de travail. Forcez-vous à vous arrêter lorsque le réveil sonne, même si vous êtes en plein élan. Vous verrez qu'en protégeant votre énergie de la sorte, vous finirez vos journées fatiguées, certes, mais jamais vidées. Gérer donc son énergie, c'est réapprendre à écouter les signaux discrets de notre corps avant qu'ils deviennent des cris de détresse. C'est aussi comprendre que le mouvement le plus rapide n'est pas celui qui ignore la fatigue, mais celui qui sait l'utiliser comme un guide pour ajuster sa trajectoire. Vous savez désormais comment cartographier vos marées intérieures et comment entretenir votre batterie biologique. grâce à des temps de repos qui sont stratégiques. Mais il reste un obstacle de taille tout de même. Même si vous décidez de respecter votre rythme et de gérer votre énergie, comment faire à la pression extérieure face à cela ? Comment dire non aux urgences des autres, aux réunions, aux réunions de dernière minute par exemple, lorsque vous vous apprêtez même à rentrer chez vous ? Et aussi comment faire face aux exigences d'un monde qui refuse de ralentir ? Comment protéger son rythme personnel sans s'isoler socialement ? ou professionnellement. C'est ce que nous allons explorer. Nous allons parler de l'art délicat de poser ses limites et aussi de protéger son tempo face aux autres. Tout de même, identifiez vos bornes de recharge cette semaine. Prenez soin de votre batterie. Nous avons opéré un changement de regard fondamental. Nous avons appris à gérer votre énergie plutôt que votre temps. Nous avons vu que notre corps et notre esprit fonctionne par vagues et qu'il faut savoir surfer sur ces marées intérieures plutôt que de ramer contre le courant. C'est une perspective magnifique sur le papier, mais soyons réalistes un instant. Que se passe-t-il lorsque vous essayez de respecter votre rythme biologique dans un monde qui, lui, ne s'arrête jamais ? Comment imposer vos moments de jachère ou vos pics de créativité tardifs lorsque vos collègues, votre manager ou même Vos proches attendent de vous une créativité immédiate de 8h du matin à 18h. C'est le grand choc des tempos. D'un côté, votre rythme naturel, garant de votre santé et de votre créativité. De l'autre, la cadence effrénée de la société. Nous allons donc apprendre à brandir notre bouclier. Oui, il y aura une levée de bouclier. Nous allons voir comment fixer des limites saines. Comment oser dire non sans culpabilité ? Et comment se bâtir un sanctuaire temporel inviolable ? Au XVIe siècle, l'écrivain et philosophe français Michel de Montaigne menait une vie publique extrêmement intense. Il était magistrat, diplomate et aussi maire de la ville de Bordeaux en pleine période de guerre de religion. Il connaissait parfaitement la pression des affaires, les sollicitations constantes et l'épuisement qui en découle. Pourtant, au milieu de ce toibou, au milieu de ce tourbillon, Montaigne a réussi à écrire l'une de ses œuvres les plus libres et les plus personnelles de l'histoire de la littérature. Je parle de ses essais. Son secret tenait dans une règle de vie qu'il a résumée dans cette formule extraordinaire. Il disait, il se faut réserver une arrière-boutique toute franche, toute nôtre, en laquelle nous établissions notre vraie liberté et principale retraite et solitude. » Fin de citation. Pour Montaigne, l'arrière-boutique n'était pas simplement un lieu physique, même s'il s'était fait aménager une bibliothèque dans la cour de son château. L'arrière-boutique, pour lui, c'était avant tout un espace mental et temporel que personne, absolument personne, n'avait le droit de lui disputer. ni ses charges publiques, ni ses obligations familiales, encore moins les crises de son époque. Dans notre vie moderne, nous avons totalement perdu notre arrière-boutique. Nous avons laissé les notifications de nos smartphones, les emails professionnels et les sollicitations permanentes envahir les moindres recoins de notre intimité. Nous sommes ouverts en permanence comme un magasin de nuit. Ou alors... Comme une pharmacie de garde. Faire respecter son rythme, c'est reconstruire les murs de son arrière-boutique. C'est accepter l'idée que nous ne devons pas être accessibles tout le temps, dans le monde. C'est comprendre que notre disponibilité infinie n'est pas une preuve de générosité ni d'amour, mais le chemin le plus court vers notre propre épuisement. Pourquoi avons-nous tant de mal à fermer la porte de notre arrière-boutique ? Pourquoi acceptons-nous si souvent... Des réunions inutiles ? Des projets de dernière minute ? Ou des sorties qui nous fatiguent ? La réponse tient en un seul mot, c'est la peur. C'est la peur d'être jugé comme paruceux. C'est la peur de rater une opportunité professionnelle. C'est la peur d'être mal vu. C'est la peur d'être incompris. C'est la peur d'être exclu d'un groupe ou de décevoir. C'est ce qu'on appelle la pression. de conformité. Notre cerveau, cerveau social j'entends, assimile le fait de ralentir ou de refuser une tâche à un danger d'exclusion. Mais posez-vous cette question. Quel est le prix à payer pour ne jamais décevoir les autres ? Le prix, c'est que vous finissez par vous décevoir vous-même. Chaque fois que vous dites oui à une sollicitation extérieure qui piétine votre rythme, vous dites de facto non à votre santé. Vous dites aussi non. à votre créativité. Vous dites également non à vos projets à long terme. Vous échangez donc votre tranquillité d'esprit futur contre un soulagement social immédiat. Le philosophe stoïcien Epithet rappelait que nous ne pouvons pas contrôler l'opinion des autres, mais que nous avons le contrôle absolu sur nos propres choix. Donc, apprendre à avancer durablement, c'est développer une compétence essentielle. Cette compétence, c'est le courage de décevoir de temps en temps. C'est assumer de ne pas répondre à un message dans les 5 minutes. C'est poser des limites claires à son employeur en disant « Je serai pleinement concentré sur ce dossier demain matin à mon pic d'énergie, mais ce soir, ma journée est terminée. » C'est aussi éduquer son entourage à respecter nos moments de silence. Au début... Cela demande un effort immense, mais très vite, les autres s'habituent à vos nouvelles frontières. Ils s'arrêtent eux-mêmes et vont devoir arrêter de tester vos limites, parce qu'ils savent que désormais vous avez des limites solides. Et surtout, ils apprennent à respecter votre temps, parce que vous avez commencé par le respecter vous-même. Pour commencer à bâtir votre arrière-boutique cette semaine, je vous propose de tester une méthode d'une efficacité redoutable. Là je parle, je ne sais pas si vous en avez entendu parler, du sanctuaire des 90 minutes. Regardez votre agenda de la semaine prochaine. Trouvez un créneau de 90 minutes. Un seul créneau. Choisissez de prévérance un moment où vous savez que votre esprit est naturellement frais et alerte. Bloquez ce créneau comme s'il s'agissait d'un rendez-vous de la plus haute importance, avec un client prestigieux bien entendu. Nommez-le « sanctuaire » . Pendant ces 90 minutes, appliquez les règles suivantes. Votre téléphone est en mode avion dans une autre pièce. Deuxième règle, toutes les notifications de votre ordinateur sont coupées. tous vos onglets de messagerie. sont fermées. Vous êtes seul, troisième règle, dans votre arrière-boutique. Utilisez ce temps pour travailler sur votre projet le plus important, celui qui grandit dans vos têtes actuellement, celui que vous avez mûri depuis des semaines, des mois, voire des années, celui qui demande de la profondeur, celui qui demande de l'attention, celui qui demande de la création et une profonde ou utilisez-le simplement pour vous offrir un vrai repos de qualité. Au bout de 90 minutes, rouvrez les portes. Vous constaterez une chose extraordinaire. Le monde a continué de tourner sans vous. Rien n'a brûlé. Mais vous, vous aurez accompli plus de choses significatives en une heure et demie. Une heure et demie de concentration pure que durant une journée entière de travail fragmentée par des interruptions. Vous aurez alors goûté à la puissance du rythme protégé. Protéger son rythme, ce n'est pas devenir égoïste ou asocial. C'est tout l'inverse. C'est en prenant soin de votre propre énergie que vous serez capable d'offrir la meilleure version de vous-même aux autres, sans amertume ni fatigue. Nous avons appris à identifier nos cycles, à gérer nos batteries et à défendre notre arrière-boutique face aux tempêtes du monde extérieur. Mais il reste une seconde étape essentielle que nous allons voir. Comment faire en sorte que ce rythme ne soit pas juste une parenthèse enchantée d'une semaine ? Comment l'ancrer dans la durée sur des mois et des années pour que notre mouvement devienne un voyage lent, court, plutôt qu'une flamme qui s'éteint au premier obstacle ? C'est ce que nous allons explorer. Nous allons parler de la régularité, la régularité tranquille et nous allons parler aussi de l'art de durée. Bâtissez votre sanctuaire, commencez à le concevoir dans votre esprit, le sanctuaire dans lequel vous allez passer vos 90 minutes. 90 minutes durant cette semaine, protégez votre arrière boutique. Nous avons effectué un travail profond. Nous avons brisé la tyrannie de la cadence universelle en nous mettant à l'écoute de notre propre batteur intérieur. Nous avons appris aussi à gérer notre énergie comme une batterie précieuse plutôt que de courir après les limites d'une horloge. Et nous avons finalement appris à ériger notre arrière-boutique pour protéger notre tempo face aux tempêtes et aux urgences du monde extérieur. Met. il y a une chose que nous devons prendre en compte. L'urgence du monde extérieur n'est pas notre urgence. Vous avez désormais les clés pour naviguer à votre propre rythme. Mais il reste une dernière étape, sans doute la plus belle, la plus importante. C'est celle de transformer cette gestion du temps en un art de vivre pour tous les jours. Dans les quelques minutes qui nous restent, nous allons voir comment ancrer ce rythme dans la durée. Nous allons comprendre que notre vie n'est pas un été perpétuel, c'est plutôt une succession de saisons, et que le secret de la durabilité réside dans notre capacité à ritualiser notre quotidien pour en faire un espace de paix. Dans son chef d'œuvre, Le Petit Prince, l'écrivain et aviateur Antoine de Saint-Exupéry met en scène une discussion bouleversante entre le petit prince et le renard. Alors que le petit prince revient voir le renard à des heures totalement différentes, ce dernier lui explique qu'il aurait mieux valu revenir à la même heure. Il lui dit ceci, je cite, « Si tu viens par exemple à 4h de l'après-midi, dès 3h, je commencerai d'être heureux. Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurais jamais à quelle heure habiller mon cœur. Il faut des rites. » Il faut des rites. Cette phrase est d'une puissance infinie. Qu'est-ce qu'un rite ou un rituel, si vous le voulez, dans notre quotidien ? Ce n'est pas une contrainte rigide ou une case de plus accouchée dans notre agenda. C'est un geste, c'est une habitude que nous choisissons d'habiller d'une intention particulière. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours. C'est ce qui fait qu'une heure est différente des autres heures. Lorsque vous créez un rituel, que ce soit votre première tasse de café bue en silence le matin, votre marche de transition le soir avant de retrouver vos proches ou votre bilan d'écriture hebdomadaire, vous créez un repère stable dans le chaos du monde. Ces rituels agissent comme des balises. Ils disent à notre cerveau et à notre corps, ici tu es en sécurité, ici tu peux ralentir. Ici, tu peux donner le meilleur de toi-même. En ritualisant votre rythme, vous cessez de lutter pour rester constant. C'est le rituel qui porte l'action de manière presque automatique et infiniment plus douce. Pour pérenniser ce rythme, nous allons devoir aussi accepter une dure réalité. Nous ne pouvons pas être performants, nous ne pouvons pas être créatifs. Et nous ne pouvons pas être dynamiques à 100% 365 jours par an. La nature nous enseigne même cette vérité élémentaire que nous nous obstinons à ignorer. Après l'abondance de l'été, vient le dépouillement de l'automne, puis le grand sommeil de l'hiver avant la renaissance du printemps. Aucune fleur ne fleurit toute l'année. Pourquoi l'exigerez-vous cela de vous-même ? L'impatience moderne nous pousse à nous comporter comme des enfants qui tireraient sur les tiges des plantes pour les faire pousser plus vite. Tout ce que nous y gagnons, c'est de déraciner nos projets et d'épuiser notre terreau intérieur. Respecter son propre rythme, c'est accepter ses hivers personnels. Il y a des périodes de jachère où les idées semblent stériles et l'énergie plus basse. Ce ne sont pas des moments d'échec ou de paresse. Ce sont des phases d'accumulation invisibles, mais qui sont indispensables pour préparer une prochaine récolte. Il y a aussi des périodes d'été où tout s'aligne, où toutes les planètes sont alignées, où les projets avancent à pas de géant. Profitez-en, surfez sur cette vague, mais sans oublier que la marée finira par redescendre. En cessant de lutter contre vos propres saisons, vous éliminez la culpabilité. Vous apprenez à glisser avec le mouvement de votre vie, plutôt que de vous épuiser à ramer contre le vent. Pour ancrer cette philosophie dès aujourd'hui, Je vous propose encore de concevoir votre rituel clé de voûte. Choisissez un moment de votre journée ou de votre semaine. Un court moment, entre 5 et 15 minutes maximum. Ce sera votre espace inviolable. Si ce moment que vous avez choisi, c'est le matin, ce peut être 10 minutes d'étirement en écoutant le silence de la maison. Si c'est le soir, ce peut être écrire 3 gratitudes. ou trois moments forts de votre journée sur un carnet avant de fermer les yeux. Si c'est l'après-midi, ce peut être écouter un épisode de votre podcast « Demain commence aujourd'hui » . Habillez ce moment d'une attention totale. Pas de téléphone, pas de distraction, pas d'objectif de rendement. Soyez juste pleinement là à savourer l'instant. Fermez les yeux. Ce rituel sera la clé de voûte de votre architecture temporelle. C'est lui qui soutiendra tout le reste de votre édifice et vous rappellera, jour après jour, que vous êtes le maître de votre propre tempo. Nous venons donc de poser, au travers de ces différentes idées et développements, la toute première pierre de notre deuxième saison. Ensemble, dans ce premier épisode, nous avons appris à écouter notre propre batteur, à recharger nos batteries. et à sanctuariser notre rythme. Vous avez désormais votre boussole biologique en main. Mais trouver son rythme n'est pas que la première étape pour avancer. C'est aussi marcher à la bonne allure. Donc, une fois que nous marchons à la bonne allure, nous devons faire face à un autre obstacle invisible. Là, je parle des verrous mentaux et les frictions qui nous freinent en chemin. C'est ce que nous allons voir. Dans notre prochain épisode, nous allons explorer la psychologie de la friction. Nous verrons comment repérer ces petits grains de sable invisibles qui grippent notre machine et comment concevoir un environnement fluide où l'action devient presque inévitable. D'ici là, cette émission a besoin de vous pour grandir et se propager. Se propager pour toucher plus de personnes. qui ont besoin de ce type d'idées que nous diffusons pour qu'ils puissent nous rejoindre dans ce voyage, dans cette aventure. Si ces minutes que nous avons partagées ensemble vous ont apporté de la clarté, prenez deux secondes pour vous abonner sur votre application d'écoute préférée. 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Ou encore... de développer vos idées dans cette deuxième saison qui a pour idée phare avancée. Laissez-nous vos suggestions en commentaire ou écrivez-nous directement par nos contacts. Nous lisons chacun de vos mots avec une immense gratitude. Prenez soin de vos marées intérieures, gardez votre propre rythme, écoutez-le et n'oubliez jamais, n'oubliez jamais votre leitmotiv qui est aussi... La colonne vertébrale de cette émission, demain.