- Derrière nos Ecrans
Bonjour, bienvenue dans ce nouvel épisode de Juin 2023 de Derrière nos écrans. Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas parlé. J'étais occupée à animer beaucoup de fresques du numérique et de fresques du climat à Toronto et Montréal. Mais me voici de retour avec un invité passionnant, Emiko Jurajuria, qui a fondé le mouvement 10 jours sans écran dans les écoles de France et d'ailleurs. et qui va nous parler de ce programme unique pour désintoxiquer les enfants et peut-être les parents et les enseignants des études. Bonjour, Enneko Jurejuria. On s'appelle entre le Canada et le sud-ouest de la France, je crois. Je crois que vous êtes bien... De quel côté exactement ?
- Defi 10 Jours sans ecrans en France
Oui, on se trouve dans le Pays Basque.
- Derrière nos Ecrans
Dans le Pays Basque, c'est ça. On se parle parce que vous êtes à l'origine, je crois, peut-être avec d'autres, mais en tout cas le principal instigateur de ce programme très intéressant par rapport à l'hygiène numérique et la santé mentale, qui s'appelle « 10 jours sans écran » , qui a un site qui s'appelle « 10joursansécran.org » , mais qui est surtout une opération à travers la France, qui consiste à travailler avec toutes les écoles volontaires. pour organiser 10 jours avec le moins d'écrans possible. Et vous allez m'en dire un peu plus de comment vous arrivez à organiser ça et à encourager à la fois enseignants, parents et jeunes à vivre sans écran pendant 10 jours. Et peut-être nous parler de l'édition de cette année-ci, 2023, qui vient de se terminer. Donc, on est le 7 juin. Je vous laisse la parole pour parler de... de l'opération, peut-être de comment vous avez lancé ça. Je sais que c'est justement un Québécois qui vous a inspiré.
- Defi 10 Jours sans ecrans en France
Oui, tout à fait. Alors, le défi 10 jours sans écran, il existe depuis 20 ans maintenant. Il a été créé par Jacques Brodeur en 2003.
- Speaker #0
Voilà, Jacques Brodeur, pour ceux qui ne connaissent pas, a été enseignant au Canada, je crois, de sport, d'éducation physique, je crois. Et ensuite, une fois qu'il a été à la retraite, il a vraiment milité pour un usage raisonné des écrans. À l'époque, c'était la télévision. Et puis ensuite, il a rajouté les jeux vidéo, les médias sociaux. Je ne me trompe pas. Et il a été très présent en France. Il a parlé de ça en France. Et même après sa disparition, finalement, c'est vous, parmi d'autres en France, qui avez repris son message.
- Speaker #1
Oui, alors Jacques Brodeur, c'était un militant. avant d'être à la retraite, dans les années 80, il avait mené beaucoup d'actions contre la violence dans les médias et ses répercussions sur les comportements des enfants, des adolescents, et le vivre ensemble. Il avait mené plusieurs actions, comme le vote des jeunes, qui rassemblait des dizaines de milliers de jeunes au Québec. Et c'est une fois... avoir pris sa retraite qu'il avait découvert les résultats d'une étude, les résultats du programme SMART qui avait été mené dans la seconde moitié des années 90 en Californie. C'était le docteur Robinson et son équipe qui à l'université de Stanford avaient mis au point un programme pour aider les enfants à réduire le temps écran de loisirs. Donc il y avait déjà la télé, les jeux vidéo, les DVD, ce qui existait à l'époque. Et alors ce programme avait montré que il y avait une efficacité avérée à enseigner aux enfants à réduire le temps écran de loisir à la maison. Donc ça avait été mesuré d'une manière scientifique rigoureuse. C'était une école qui avait été tirée au sort parmi plusieurs écoles qui... qui se ressemblaient. Puis, il y avait eu des questionnaires par téléphone, en double aveugle, avant, pendant, après, auprès des enfants, des parents, des enseignants. Et donc, les enfants qui avaient suivi ce programme avaient de manière durable réduit le temps consacré aux écrans de loisirs à la maison. Et en plus de ça, ils avaient mesuré d'autres effets. Ils avaient constaté que les enfants qui avaient suivi ce programme avaient perdu du poids, que l'école qui avait suivi le programme observait moins d'agressivité dans la cour de récréation et les parents constataient moins de comportements consuméristes, c'est-à-dire le fait de vouloir se faire acheter des choses vues à la thé.
- Speaker #0
De ce programme,
- Speaker #1
ils s'étaient inspirés, Jacques Brodeur, pour créer le défi 10 jours sans écran. que ce jeune numérique de 10 jours faisait partie de ce programme. Lui qui avait été militant toute sa carrière pour inciter les enfants et les familles à réduire le temps passé devant les jeux vidéo et la télévision,
- Speaker #0
il y avait vu un outil intéressant.
- Defi 10 Jours sans ecrans en France
Voilà, tout à fait. Il existait déjà dans les années 90 des opérations sans écran aux États-Unis et même en France. Jeannine Busson est connue pour avoir développé ces opérations-là. Jacques Brodeur n'est pas parti de rien, mais c'est lui qui a mis en place le défi tel qu'il existe maintenant, c'est-à-dire un défi qui dure dix jours et qui propose aux enfants d'effectuer un match contre des adversaires, de gagner des points contre eux. C'est dans la formule qu'il propose qu'il est original.
- Speaker #0
Oui, en fait, lui, il a rajouté avec son background un peu sportif, l'aspect compétitif en fait. C'est ça en fait qu'il a ajouté et qui répond bien aux termes de défis justement.
- Defi 10 Jours sans ecrans en France
C'est ça. Alors bon, on parle d'aspect compétitif, mais il n'y a pas de compétition entre les élèves. Ça, c'est très important. On est plutôt dans un match collectif qu'on va mener contre les écrans ou les professionnels qui travaillent derrière les écrans pour nous garder le plus longtemps possible et le plus souvent possible assis derrière les écrans. Donc, c'est contre eux qu'on va mener un match. Donc, la compétition, elle est là. Donc, on va inciter les enfants à se serrer les coudes et à faire bloc ensemble pour essayer de gagner le plus de points possible. Chaque fois que les enfants se passent des crans dans un temps déterminé de la journée, ils gagnent un point. Donc, il y a six temps dans la journée et tous ces points sont cumulés pour faire grimper le compteur.
- Derrière nos Ecrans
qui est vraiment sympathique, originale. Là, vous avez rajouté, je ne sais pas comment faisait Jacques Brodeur, mais je connais la version que vous avez faite. Vous avez un petit cahier où, en fait, finiquement, les enfants notent le nombre de points qu'ils arrivent à cumuler quand, je crois que les rendez-vous, c'est quoi, le matin, à l'heure du déjeuner, je ne me souviens pas exactement, c'était le matin en se levant, le matin en petit déjeuner, je ne me souviens plus.
- Defi 10 Jours sans ecrans en France
Les enfants ont un carnet de bord qu'ils doivent tenir à jour pendant toute la durée du défi. Il y a un point à gagner, je vous l'ai expliqué tout à l'heure, à chaque moment de la journée. La journée est découpée en six temps. Il y a le petit déjeuner, c'est-à-dire le moment avant de venir à l'école. Il y a le déjeuner à midi, le retour de l'école, le temps de goûter. Et ensuite, il y a le repas du soir et puis l'après-repas ou le moment avant de se coucher.
- Speaker #0
Et puis,
- Speaker #1
depuis quelques années, a été rajouté le point de la nuit parce que la nuit aussi, maintenant, les enfants, les adolescents utilisent de plus en plus les points de la nuit. Ça fait six points au total à gagner. Les jours d'école, alors il y a des points supplémentaires les jours où il n'y a pas d'école. Donc, par exemple, le samedi, il n'y a pas d'école le matin, ça fait un point supplémentaire. Et puis le samedi après-midi non plus, donc on peut gagner le week-end 8 points. Et au total, ça dépend de la configuration de la semaine, de l'organisation de l'école, mais un peu plus de 60 points à gagner par enfant sur les 10 jours.
- Speaker #0
Et alors ensuite, l'autre originalité, c'est que ce défi se déroule avec la complicité d'école. C'est-à-dire, expliquez-nous comment les écoles et les enseignantes et enseignants sont impliqués dans la réalisation du défi.
- Defi 10 Jours sans ecrans en France
Même si le défi concerne essentiellement le temps extrascolaire, puisque les temps de classe ne rapportent pas de points, on ne demande pas aux élèves de se passer d'écran pendant le temps de classe, on demande aux enfants de se passer d'écran sur un temps hors sport. hors classe, c'est-à-dire à partir de 4h30 le soir, etc. Ça touche le temps, les habitudes familiales, et même si on impacte ce temps qui n'est pas un temps scolaire, c'est un défi qui est proposé dans les écoles. Parce que c'est par l'école qu'on va arriver à impacter, à conscientiser les enfants, les parents. On va... puisque l'école, c'est le lieu où tous les enfants se retrouvent.
- Speaker #0
Ils se retrouvent.
- Defi 10 Jours sans ecrans en France
Voilà, quotidiennement. Et puis, les enseignants, plusieurs semaines, plusieurs mois à l'avance, vont préparer les enfants aux défis. Ils vont leur parler des impacts du temps excessif passé devant les écrans de loisirs. Ils vont parler aussi des bienfaits des connexions numériques. ils vont essayer de donner envie aux enfants de modifier un petit peu leurs habitudes de vie sur la durée, en ayant vu les bénéfices qu'ils peuvent en tirer. Et une fois ce travail de préparation fait, à l'école, on lance le défi qui concerne le temps légal, si vous voulez. Mais l'effort est aussi impliqué. En plus de la préparation qu'on fait avec les enfants en classe, il y a une... On appelle ça un comité de pilotage qui se réunit, qui est composé d'enseignants et de parents, et qui va, plusieurs mois à l'avance, préparer petit à petit un programme d'activités qui va s'étaler sur ces 10 jours. Alors c'est des activités qu'on... proposent sur ces 10 jours, elles sont censées faciliter la réussite du défi pour les enfants.
- Speaker #0
Et alors, vous me confirmez, ce sont des activités extrascolaires, c'est après l'école en général.
- Speaker #1
Oui, oui, c'est ça. Ce sont des activités qui se déroulent après l'école ou le mercredi après-midi ou même le week-end, le samedi ou le dimanche. Ce sont des activités proposées par des parents d'élèves. ou par des associations de quartier, des associations du village qui veulent participer à la démarche, qui veulent aussi participer à inciter les enfants à avoir des habitudes de vie plus saines, notamment concernant le temps écran, mais qui veulent aussi, par exemple, faire la promotion d'activités physiques ou qui veulent faire connaître de nouvelles activités aux enfants et aux parents.
- Speaker #0
Concrètement, est-ce que vous pouvez me donner un ou deux exemples, peut-être chez vous, parce que je vois que dans votre ville ou village, c'est particulièrement développé, parce que tout de suite, on pense à plein de choses, c'est-à-dire que qu'est-ce qu'on fait pour les enfants qui ont déjà des activités régulières ? Quelles sont les difficultés éventuelles auxquelles vous vous confrontez, s'il y en a, pour qu'ensuite les enfants participent à ces activités ? Et comment est-ce que ça s'est facilité ?
- Speaker #1
En général, on trouve assez facilement des parents ou des associations qui souhaitent proposer des activités. En général, parce qu'elles ont envie de faire connaître quelque chose de nouveau aux enfants. Ça peut être un parent qui, alors nous, on habite près de la mer, et donc un papa qui travaillait. bénévolement au sein de la Société Nationale de Sauvetage en Mer, voulait faire connaître un petit peu l'activité de son association et donc a organisé une matinée porte ouverte pour les enfants qui voulaient monter dans le bateau, faire un tour de l'Idiac, etc. Donc, si on s'y prend en avance, on trouve assez facilement des activités un petit peu originales. Ce qui fait que les enfants s'inscrivent assez facilement.
- Speaker #0
En fait, c'est intéressant. C'est aussi une façon de recréer du lien social dans la communauté scolaire. Parce que quand vous m'avez parlé d'activité, moi, je pensais à une activité déjà établie. Par exemple, un centre qui offre des activités de danse ou de gym ou de tir à l'arc. qui allaient dire, on vous accueille cette semaine gratuitement. Alors que vous, vous me parlez finalement, dans ce cas-là, souvent de parents qui accueillent les enfants et qui leur font découvrir quelques choses.
- Defi 10 Jours sans ecrans en France
C'est très varié, c'est très ouvert. Il peut y avoir les activités dont vous parlez. Ici, il y a beaucoup de rugby, par exemple. Le club de rugby vous propose une activité. Faire un peu la promotion de leur sport, voir peut-être chacun qui trouve son compte. Les enfants, ils participent à des activités qu'ils veulent découvrir. C'est très varié et ça dépend de chaque comité de pilotage dans chaque école qui organise un défi peut proposer un programme d'activité différent. En fait, le programme il est ce que le comité de pilotage est en. En général, on trouve un accueil favorable, je vous le disais, de la part des gens autour de ce défi, des associations qui trouvent une idée intéressante et qui veulent participer.
- Speaker #0
Alors, j'ai vu que l'édition de cette année était… de plus en plus d'écoles participantes et d'enfants participants. Est-ce que vous pouvez nous donner un peu quelques informations sur cette émission-ci ?
- Speaker #1
Depuis 2018, il existe quelques personnes à se dire que ce défi méritait, cette opération méritait d'être mieux connue et qu'elle manquait de visibilité. C'était un outil pédagogique très intéressant. Et donc, on a décidé de proposer un défi collectif. On a proposé des dates au printemps. On a fait un site internet sur lequel les écoles qui le souhaitent peuvent s'inscrire pour faire le défi ensemble, aux mêmes dates, participer à une sorte de mobilisation sociétale. Alors, en 2018, on avait commencé avec 35 écoles. C'était déjà beaucoup, on ne s'attendait pas à ce niveau de participation. Chaque année, le taux de participation a augmenté, jusqu'à arriver cette année à plus de 450 écoles et crèches, ce qui représente pratiquement 60 000 enfants qui sont impactés par le défi des jours sans écran cette année. Alors il y en a en France, ce sont surtout des écoles francophones. La grande majorité des écoles qui participent se trouvent en France. Il y a aussi des écoles françaises, comme l'école française de Sydney ou de Rabat au Maroc qui a participé. Il y a une école belge qui s'est inscrite, une école française de Suisse aussi.
- Speaker #0
D'accord. Excellent. Moi, je vous avoue que j'en avais parlé à une école au lycée, un lycée français à Montréal. Je leur en ai parlé. Je ne suis pas parent d'élèves là, donc je n'ai pas de… de relations privilégiées, mais comme vous le savez peut-être, moi je l'ai découvert parce que j'interviens en conférence auprès des parents et auprès des jeunes en atelier sur l'usage sain des médias numériques. Et donc, je vous avais découvert à cette occasion-là. Peut-être qu'on pouvait aussi préciser, ce qui est vraiment intéressant, ce qu'on n'imagine pas forcément de l'extérieur. C'est que ce petit, ce n'est pas un manuel, vous l'avez appelé ce petit carnet, c'est vous qui le réalisez, qui l'imprimez et qui l'envoyez aux écoles. C'est-à-dire que c'est vous qui coordonnez toute cette production et ce support physique.
- Speaker #1
Oui, alors toutes les écoles participantes ne bénéficient pas du carnet de bord, mais chaque année, ça fait trois ans maintenant qu'on… On réalise, on rédige un carnet de bord et on l'imprime et on le distribue aux écoles qui en font la demande.
- Speaker #0
Dans la limite des stocks disponibles.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'on a quelques financements qui nous permettent d'en imprimer une certaine quantité. On les distribue dans les écoles. Cette année, on a distribué 8000. On a aussi distribué des petits guides pour les parents, pour accompagner les parents dans la compétition, le fonctionnement du défi. Donc, le défi 10 jours sans écran, 12 questions, un petit guide pour les parents. Et on distribue aussi des badges. Ça fonctionne bien avec les enfants. C'est un badge que les enfants portent pendant toute la durée du défi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et qui augmente un petit peu leur engagement, leur motivation. On leur dit que c'est un badge qui a le pouvoir de les rendre plus forts face aux écrans. Je ne sais pas s'ils nous croient, mais je ne sais pas.
- Speaker #0
Il faut quand même préciser, puisque vous êtes quand même assez modeste, que dans ce carnet, il y a des petites activités. Et que moi, j'étais allée observer une classe du côté d'Avignon. où il y avait une présentation donnée par une association avec laquelle vous travaillez qui justement éduque les jeunes à un usage plus sain des médias numériques. Et je me souviens que les jeunes étaient très intéressés par des activités autour de… C'était Fortnite, il y avait quelque chose qui était lié à Fortnite. Donc, vous utilisez quand même des références. de culture populaire, voire des jeux vidéo, pour intéresser les enfants à participer et à utiliser ce carnet. Oui, alors l'association dont vous parlez, elle avait une approche sûrement assez particulière à son association. Dans le carnet de bord, on parle surtout d'activité, enfin on essaye de cultiver le goût de la déconnexion numérique. Sur le carnet de bord, on trouve des explications sur ce qu'est la sédentarité, ses méfaits, et donc la répercussion du taux de temps écran sur la sédentarité et l'activité physique, mais aussi l'importance de bien maîtriser les écrans pour ne pas venir perturber le sommeil. On essaie de les inciter à aller au contact de la nature. On les incite aussi à participer davantage à la vie familiale, aux tâches ménagères, par exemple. On essaie de les convaincre. de l'intérêt de pouvoir y participer même quand on est en part.
- Defi 10 Jours sans ecrans en France
C'est la même façon de mettre les parents de votre côté parce qu'un problème de l'usage des écrans aujourd'hui, c'est qu'on parle des enfants, mais les parents sont parfois les modèles, des exemples, et ce sont parfois les enfants qui, pendant le défi, doivent dire à leurs parents, écoute, Papa, maman, là, il faut que tu arrêtes l'écran parce que…
- Speaker #0
Oui, ça arrive. Oui, il arrive que ce soit les enfants qui soient les moteurs pendant le défi pour inciter les parents à réduire aussi le temps d'écran. Mais quand on regarde les sondages, on voit bien que les enfants, ils disent qu'ils ont été très encouragés par leurs parents. Donc, on sent bien que derrière, les parents se saisissent du défi parce qu'ils savent bien. non Je ne suis pas sûr qu'il ait vraiment pris conscience de l'importance de bien mettre le temps à l'écran. Je ne suis pas sûr qu'il ait pris toute l'importance. Cependant, il sait bien qu'il est important d'aider les enfants à réduire ce temps à l'écran. Je pense que beaucoup de parents ont du mal à respecter les préconisations qui sont faites par l'OMS ou par la Santé publique de France et que... ils profitent de ce défi, de cet élan collectif pour remettre un petit peu à plat les habitudes familiales, s'entraîner à faire différemment pendant 10 jours et puis pour essayer de modifier les habitudes de vie sur la durée. Donc effectivement, les parents, on le voit dans les sondages, ils sont très favorables à ce qu'on propose ce temps d'opération. Si on reprend les questionnaires de l'année dernière, il y a 99% d'entre eux qui souhaitent que l'école repropose le défi dans les années suivantes, l'année suivante ou deux ans après. Ce qui n'est pas le cas pour les enfants. On trouve plutôt deux tiers d'enfants qui sont favorables à reproduire l'expérience, même si... La très grande majorité trouve que le défi a été utile. Il y en a plusieurs qui disent que c'était difficile et qu'une fois c'était bien, mais qu'ils ne referaient pas l'opération. Il faut être attentif à ça, je pense, ce qui veut dire qu'un défi doit bien se préparer. Je pense qu'on peut comparer ça à une course à pied en marathon. on se lance dans une... dans un exercice trop difficile sans préparation. Et voilà, c'est vraiment un exercice qui demande de la préparation, voilà, bien en amont du défi.
- Speaker #1
Alors, si vous permettez, j'ai encore quelques autres questions parce que je trouve cette opération vraiment excellente et passionnante. Et pour tous ceux qui écoutent, j'aimerais bien quand même leur donner quelques informations complémentaires. C'est d'abord, vous avez parlé de financement en France. Est-ce que vous pouvez me dire à quel titre vous avez reçu des financements, je crois d'origine publique en fait, pour votre opération ?
- Speaker #0
C'est surtout la Caisse d'allocations familiales, l'ARS, donc l'Agence régionale santé.
- Derrière nos Ecrans
Donc c'est parce qu'il y a une prise de conscience en France au niveau de la Caisse des allocations familiales, de l'impact négatif sur la santé des enfants. qu'ils trouvent votre opération finalement un service public, enfin une opération de santé publique quasiment.
- Defi 10 Jours sans ecrans en France
Oui, je pense qu'ils voient ça d'un bon oeil. Ils pensent qu'en tout cas, nous, on leur présente ça comme ça. Et les questionnaires vont dans ce sens. C'est que ça renforce un petit peu au niveau familial, en tout cas. Les parents, ils le disent, ils se sentent renforcés dans leur pouvoir, dans leur rôle éducatif, dans leur volonté d'enseigner, de montrer aux enfants qu'il est important d'adopter des saines habitudes de vie. qu'il est important de consacrer du temps à la vie familiale, à la conversation familiale, notamment en éteignant les écrans pendant les repas. Tout ça, ça resserre les liens familiaux. Donc, la caisse d'allocations familiale, elle y voit cet avantage-là. Je pense qu'il y a d'autres avantages. Le défi 10 jours sans écran, il a beaucoup d'avantages. Il y a l'aspect liens familiaux, mais il y a aussi l'aspect santé. On fait la promotion de la déconnexion numérique, c'est moins de sédentarité, c'est plus d'activité physique. Et on le sait, les enfants qui sont actifs et les personnes qui sont actives physiquement sont en meilleure santé, mais elles ont plus de chances d'être heureux dans la vie de manière générale. Et puis, il y a aussi la Mille des cas, c'est-à-dire la mission interministérielle de la lutte contre les addictions. et donc dans ce programme il y a le... des addictions aux écrans, les comportements problématiques face aux écrans. Et donc, je pense que le défi du jour sans écran, il contribue à prévenir ces aspects-là aussi.
- Derrière nos Ecrans
Pour ajouter de l'eau à votre moulin, je ne sais pas si vous avez vu ça, mais en Amérique du Nord où je suis, ce qui s'appelle le US Surgeon General, c'est un peu le médecin en chef aux États-Unis, a récemment officiellement déclaré que les médias sociaux, alors lui il s'est juste focalisé sur les médias sociaux, donc TikTok, Instagram et compagnie, n'étaient pas adaptés à des mineurs. Ce n'était pas des produits. Donc, ça, c'est quand même nouveau et incroyable qu'on ait une autorité de santé américaine qui ne dise plus comme avant, attention, c'est aux parents de contrôler l'usage. Non, non, ils sont carrément en train de faire le parallèle avec une substance nuisible, comme une drogue ou comme l'alcool, en train de dire… ces produits ne sont pas adaptés aux enfants. Donc ça, c'est une nouvelle assez réjouissante dans la lutte commune pour la santé psychique et physique des enfants. Passe aux écrans.
- Defi 10 Jours sans ecrans en France
Alors, je ne savais pas ce que vous venez de dire. Je veux bien avoir tes sources, tes liens, cette information. C'est une bonne nouvelle, mais je pense que... On va aller de plus en plus vers des organismes en charge de la santé publique qui vont faire des déclarations, qui vont aller dans le sens de la protection des mineurs. C'est vrai que c'est un domaine où il y a des intérêts financiers très importants et donc il faut un certain temps pour pouvoir, j'imagine, se libérer de... Donc, des pressions, des lobbies. Je pense qu'on va avancer petit à petit de toute façon.
- Speaker #1
Exactement. Ce qu'on constate, en fait, et je l'avais déjà vu au Québec, c'est que les représentants gouvernementaux en charge de la santé, ils sont depuis longtemps prêts à faire des déclarations et à mettre en place des protections officielles pour tous ces produits qu'on destine aux enfants aujourd'hui. Donc là, c'est les médias sociaux, mais les jeux vidéo. c'est exactement pareil, et Internet en général, les plateformes de streaming, mais que les intérêts économiques sont tels que le reste du gouvernement hésite. C'est pour ça que l'autorité qui a dit ça aux États-Unis, c'est une autorité médicale, c'est une autorité de santé indépendante. Et en fait, j'avais eu le même genre de déclaration au Québec il y a deux ans, du ministre de la Santé, mais qui n'a pas été suivi d'action au niveau gouvernemental. Qu'est-ce qu'il faut, à votre avis, si une école se pose la question de participer à ce défi, où que ce soit dans le monde ? Quels sont les ingrédients pour que ce soit réussi ? Puis enfin, comment vous voyez l'évolution, comme votre défi évolue d'année en année ? Comment vous voyez la suite ?
- Speaker #0
Pour préparer le défi des jours sans écran, j'avais été lire un petit peu... les détails du programme SMART qui avait été mené dans les années 90. Ce programme était une réussite. Elle a donné des résultats, on va dire des résultats importants, assez saisissants pour moi. Et quand on regarde le détail de ce programme, on voit bien que pour arriver à modifier les habitudes de vie dans le foyer, il faut impacter il faut il faut mettre en place un programme qui dure plusieurs mois. Donc, ce programme durerait six mois. Le défi 10 jours sans écran seul n'est pas suffisant, d'où l'importance de la préparation en amont. Moi, je pense qu'on devrait, vous me parlez des évolutions, je pense que ce serait bien que la recherche, des scientifiques puissent accompagner ce défi 10 jours sans écran pour proposer un vrai programme testé. trop bas, en amont du défi et puis En aval aussi, pour accompagner les familles dans une vraie modification des habitudes de vie.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je pense que c'est l'évolution qui serait souhaitable, pour moi, de ce défi. Il y a beaucoup d'organismes qui souhaitent organiser le défi du jour sans écran, sans passer par une école. Ils ne voient pas vraiment. pourquoi par exemple des centres de loisirs, d'autres organismes qui ne travaillent pas forcément avec une école et qui souhaiteraient proposer le défi puisque le défi concerne le temps extrascolaire. Et je pense qu'il est important que ce défi se fasse dans une école, comme a été proposé le programme SMART. dans les années 90, dans une école, comme l'avait conçu aussi Jacques Brodeur. C'est un défi qui se proposait dans les écoles. Pourquoi ? Parce que c'est par l'école qu'on peut réussir à réellement modifier les habitudes de vie des enfants. Et en modifiant les habitudes de vie des enfants, on impacte les habitudes de vie du foyer. On retrouve ça dans beaucoup de programmes, pour le sommeil ou pour l'activité physique. En passant par l'école, on peut arriver vraiment à modifier, à sensibiliser et à faire changer les choses. On peut tout à fait imaginer des défis 10 jours sans écran qui ne passent pas par l'école, mais je ne crois pas véritablement à leur efficacité.
- Speaker #1
D'accord, c'est super intéressant. Et c'est vrai que c'est ce qu'on constate. Et d'ailleurs, j'allais vous demander, dans le cadre de la préparation de ce défi et de l'animation de ce défi avec des écoles, si vous n'avez pas des retours de la part des directions d'école ou des enseignants. qui vous disent que ça les a fait évoluer, même eux, dans leur vision de l'usage des écrans. Parce qu'en fait, voilà ce que je vois dans les conférences que j'ai pu faire auprès de parents, c'est qu'ils parlent de la pression sociale. Ils disent « oui, mais mon enfant, moi je peux essayer de le déconnecter, mais ses amis, ils sont connectés tout le temps, toute la nuit, etc. » Donc, vous avez raison, c'est un défi collectif. Mais j'allais dire, il y a les parents. mais il y a aussi les enseignants et les directions d'école, parce qu'eux aussi, ils sont source de modèles et de conseils à ce sujet.
- Speaker #0
C'est toujours un peu délicat quand on lance le défi 10 jours sans écran. Souvent, on vient nous dire, mais pourquoi est-ce que ça ne concerne que les écrans de loisirs ? Pourquoi ça ne concerne pas les écrans en classe, à l'école, parce que l'école est un exemple, etc. moi je pense que si on on Déjà, d'une part, maintenant, demander de faire classe sans aucune connexion, quand on est déconnecté, je pense que ça rendrait la tâche très difficile aux enseignants. Donc, je pense qu'on perdrait beaucoup de participation. Je pense que c'est une autre question que celle de la numérisation de l'école, qui est une question à travailler, qui est tout à fait intéressante. La question qui est autour du défi du jour sans écran, c'est... le temps consacré aux écrans de loisirs par les enfants qui est supérieur au temps passé en classe. Il faut bien savoir que l'étude Esteban de Santé publique France qui date de 2015 nous dit que les enfants et les adolescents passent en moyenne, ça veut dire jour de classe et jour de vacances confondus, 4h11 par jour devant les écrans de loisirs. Ce qui veut dire que si on fait le calcul, ça dépasse très largement le temps passé en classe. Les enfants passent beaucoup plus de temps devant les écran de loisirs qu'en classe. Je pense que c'est vraiment quelque chose sur lequel il faut travailler. Je pense que le défi fonctionne bien comme ça. C'est une pierre à porter à l'édifice, à la réflexion collective. La question de la numérisation de l'école, je pense que c'est une autre question.
- Speaker #1
La question, vous avez raison, c'est aussi ce que disent les parents, vous avez raison, ils disent, en plus, pour faire ses devoirs maintenant, et c'est à mon avis encore plus le cas en Amérique du Nord, quoique en France on a le système pro-note, où les enseignants mettent les devoirs, les notes, etc. Les parents disent oui, mais il me dit qu'il est, il ou elle me dit qu'elle est en train de travailler. Donc vous avez raison que on... ça c'est mon opinion personnelle, que le numérique est rentré dans l'école également de façon pas forcément optimisée, pas forcément réfléchie, mais vous avez raison, c'est une autre question. Ce que je voulais dire, c'est que, est-ce que les enseignants et les directions d'école, du coup, vous font un retour sur la réflexion, les questions qui se posent ? sur l'utilisation des écrans de loisirs. par les jeunes en participant à ce défi, chose qu'ils n'ont pas forcément le temps ou l'occasion de faire dans leur travail d'enseignant au quotidien, alors qu'ils sont confrontés au quotidien par des enfants qui arrivent fatigués, déconcentrés, agressifs, parce qu'ils ont consommé trop d'écrans nuisibles, donc si on veut être plus précis que l'écran, trop d'écrans de loisirs violents, hyperactifs. avant d'arriver en classe. Et donc, est-ce que ces enseignants vous disent que ça leur permet finalement de se préoccuper de ce sujet qu'ils n'ont pas sinon l'occasion finalement de couvrir ?
- Speaker #0
J'ai peu de retours à ce niveau-là. Le questionnaire ne me permet pas d'avoir des précisions à ce sujet, mais les enseignants que je rencontre, sur... Alors, moi, je suis en école primaire. Au niveau des grands, des écoles primaires, les enseignants voient bien que ce défi, il est un sujet de conversation, en tout cas avec les enfants, assez intarissable. Les enfants adorent parler de ce qu'ils font avec les écrans et du coup, ils adorent avoir des discussions à ce sujet. Et on peut facilement embrayer sur les effets néfastes du trou d'écran, on peut parler de sédentarité. l'importance de l'activité physique, du sommeil, de l'impact des écrans sur tout ça. Les enseignants voient bien que à l'approche, plus le défi approche, plus ces discussions peuvent être facilement menées avec les enfants. C'est un sujet vraiment sur lequel on pourrait discuter très longtemps avec les enfants.
- Speaker #1
Oui, vous avez tout à fait raison. Moi, je le vois aussi dans les quelques ateliers que j'ai pu animer. Ils sont ravis d'avoir quelqu'un, d'autres que leurs parents et d'autres qu'une discussion peut-être tendue, comme souvent avec leurs parents, pour discuter de tout ce qu'ils voient et dont malheureusement, peu d'adultes leur parlent. C'est-à-dire qu'ils sont dans un monde numérique entre enfants, mais les adultes ne sont plus là pour les guider en fait.
- Speaker #0
Il y a un exercice qui est fait très souvent avec le défi du jour sans épreuve. On demande aux enfants de dessiner une scène Merci. à laquelle ils ont assisté devant un écran, une scène qui leur a fait peur. Et alors, au début, les enfants n'osent pas trop parce qu'ils ne veulent pas montrer aux copains qu'ils ont eu peur devant tel film. Ils n'ont pas trop l'habitude de dire non plus parce qu'ils ne veulent pas dire aux parents qu'ils ont eu peur devant, par exemple, le premier épisode d'Harry Potter parce que sinon, les parents ne les laisseront pas regarder le deuxième épisode. Oui, c'est vrai qu'il ne faut pas. pas trop dire qu'ils ont eu peur pour qu'ils puissent continuer à regarder. Et par contre, quand il y en a un ou deux qui commencent à présenter des scènes à parler, alors les langues se délient et on voit bien que les enfants, ils adorent parler des scènes qui leur ont fait peur, qui leur ont fait vraiment peur. Du coup, on peut enchaîner sur les effets de ces scènes-là, les cauchemars qu'on peut avoir. pendant la nuit, les cauchemars récurrents, suite à ce qu'ils ont vu à la télé ou sur un écran. Et donc, on peut facilement discuter des effets, des images violentes sur notre cerveau, notre comportement. Et là aussi, on a du mal à clore la discussion avec les enfants parce que c'est l'heure et qu'on doit passer à autre chose, mais les enfants, ils ont envie de parler.
- Speaker #1
Et ça, c'est excellent. ça doit être vraiment... très utile pour les enfants de pouvoir se livrer comme ça dans un cadre sûr entre enfants et avec leurs enseignants à ces sujets. Et d'ailleurs, il y a un autre sujet, je ne sais pas si vous l'abordez dans votre carnet, c'est l'exposition aux images non seulement violentes mais sexualisées, choquantes, et je ne sais pas si ça, c'est quelque chose que vous arrivez à aborder. leur demander s'ils ont vu quelque chose, une scène qui les a choqués. Parce que ça, on sait aujourd'hui l'impact sur la capacité à avoir des relations sociales normales, de l'exposition à la pornographie. qui est hyper violente. Des 8 ans aux Etats-Unis, on dit 10 ans en France. Je ne sais pas, c'est quelque chose.
- Speaker #0
Oui, il y a un rapport qui est sorti, je crois, la semaine dernière, ou il y a 15 jours peut-être. Les chiffres sont assez différents. Je ne veux pas dire de bêtises, mais il y a une très, je crois, une large majorité de mineurs qui accèdent régulièrement aux images pornographiques. Moi, personnellement, ce n'est pas un sujet que j'aborde tellement avec les élèves en primaire. mais on sent bien qu'on pourrait en parler avec les plus rares. Ce qui est un peu embêtant, c'est que dans une classe, vous avez des élèves qui sont très exposés et des élèves qui ne le sont pas du tout. Si on commence à parler pendant trois quarts d'heure d'images extrêmement violentes, on peut traumatiser les enfants qui n'avaient même pas imaginé la possibilité qu'une telle scène puisse exister, si vous voulez. Donc, voilà. Par choix personnel, ce n'est pas un sujet que j'aborde. Peut-être parce que je suis à l'aise avec ça, je ne sais pas. Mais aussi pour les raisons que je vous ai données. Je pense que ça pourrait choquer certains enfants. Ce serait très intéressant de le faire avec un petit groupe d'élèves peut-être. Il faudrait faire des ateliers différents. C'est sûr que c'est une préoccupation pour les parents, les pouvoirs publics, de voir que les enfants sont... à ce genre d'image de plus en plus tôt et visiblement de plus en plus souvent.
- Speaker #1
Oui, parce que vous avez raison. Je comprends qu'on ne va pas rentrer trop dans le détail. C'est vrai que c'est compliqué. Mais malheureusement, parfois, les personnes non exposées peuvent en subir les conséquences. Quand on voit des actes de viol au quotidien sous la forme de la pornographie et qu'après, on est obligé d'éduquer à ce que c'est que le consentement, dans l'acte sexuel, les personnes non exposées peuvent malheureusement être victimes de ce que ça fait à un cerveau d'enfant d'interpréter l'acte sexuel comme un acte de viol. Excusez-moi, ça me touche sans doute plus personnellement que vous. Vous avez quelque chose à rajouter ?
- Speaker #0
Le défi a l'air de pouvoir apporter un début de solution à un problème de plus en plus identifié. Je pense que les écrans peuvent être merveilleux. sous certaines conditions. Les enfants qui vont bien, qui sont solides psychiquement, qui font de l'activité, qui sont socialement bien entourés, peuvent en tirer beaucoup de bénéfices, mais je pense que ça peut faire des gros dégâts pour d'autres. Je pense qu'on ne met pas assez le doigt sur la question du temps écran. Je pense que certains veulent aussi... détourner un petit peu notre attention de la question du temps écran, on veut peut-être plus passer sur les bons usages, sur la question des bons usages, comment bien utiliser les écrans et moins se préoccuper de la question du temps écran, or je pense que la question du temps écran c'est vraiment fondamental, je pense que moins les enfants passent de temps devant les écrans et plus ils se donnent de chances d'être en bonne santé, heureux et et socialement bien établi. On verra ce que va donner le défi collectif les prochaines années. Peut-être qu'il faut le faire évoluer, peut-être qu'il faut le faire accompagner par la recherche.
- Speaker #1
Oui, ça, ce serait très intéressant, en effet. OK, merci énormément, Eléko. Et à une prochaine fois, je continuerai à suivre le défi des jours sans écran, alors. Merci d'avoir écouté cet épisode derrière nos écrans avec Enneko Jura Juryat, 10 jours sans écran. Je vous invite à mettre des commentaires ou à évaluer ce balado ou podcast pour nous aider à le rendre plus connu et à me contacter Caroline Zottier via le site Tech for Good Canada si vous souhaitez intervenir ou que vous avez des idées d'invité. Pour commenter un élément que nous avons évoqué avec Eniko Jorajuria, c'est la décision du US Surgeon General, donc du médecin en chef américain, fin mai 2023, d'annoncer officiellement que les médias sociaux, donc TikTok, Instagram, Snapchat, n'étaient pas, je répète, n'étaient pas à mettre entre les mains de mineurs. Il ne s'agit pas simplement d'enfants, mais d'adolescents également. C'est une décision incroyable que les défenseurs de la protection de l'enfance en ligne attendaient depuis longtemps, qui est venue des États-Unis en premier, le pays du numérique et de la big tech. La prochaine étape, à mon sens, qui va peut-être venir après un film aussi puissant que The Social Dlamas, ou derrière nos écrans de fumée, mais sur l'impact des jeux vidéo, c'est d'avoir le même genre de réglementation sur les jeux vidéo, les plateformes de jeux en ligne, les plateformes de vidéos en général, pour dénoncer les mécanismes addictifs qui sont inclus dans la programmation de ce type. Et nous avons parlé d'ailleurs dans un épisode précédent avec une designer UX, Célia Audon. Je vous invite à écouter si vous ne l'avez pas écouté déjà. Vous êtes dans une école enseignante responsable en santé mentale ou alors directeur ou directrice. Vous vous posez la question de comment faire évoluer les choses de votre côté. Vous pouvez évidemment vous regarder du côté du site du jour de son écran qui est en France. Vous pouvez aussi vous tourner vers Tech4Go de Canada qui soutient ce type d'effort et qui soutient un autre atelier qui peut... Apporter une réponse à cette surconsommation de numérique par la jeunesse, c'est la fresque du numérique, un atelier face-à-face qui réunit les élèves par groupe de sept autour d'une table, qui va leur faire prendre conscience petit à petit en s'amusant, en réfléchissant, en utilisant leur esprit critique à l'impact environnemental du numérique. Contactez-moi ou contactez TechProGru de Canada. ou la fresque du numérique Canada sur LinkedIn pour l'instant pour en savoir plus et faire bouger les choses chez vous. On se retrouve très vite pour un prochain épisode où j'interroge la fondatrice autoritaire de Private AI avec un tiré. attention, il y en a deux en ligne, qui a mis au point une façon de supprimer les données personnelles dans vos requêtes à ChatGPT. À bientôt, je suis Caroline Zotier sur Période en gestion.