- Speaker #0
Bonjour à tous, notre invité du jour a commencé en revendant des vêtements au lycée. Aujourd'hui, il construit des ponts entre l'Europe et l'Afrique à travers la mode. Baptiste Lingungu est le fondateur de la mode européenne, une initiative qui donne une seconde vie aux vêtements tout en créant de l'impact social. Entre entrepreneuriat, engagement et vision internationale. Il nous raconte comment transformer une passion en projet qui a du sens. Je suis très heureux de recevoir Baptiste aujourd'hui dans ce nouvel épisode de Devient Génial. Salut Baptiste.
- Speaker #1
Salut Jérémy, merci beaucoup pour l'invitation et je suis moi très honoré de faire partie des personnes interviewées et puis j'ai hâte qu'on puisse discuter.
- Speaker #0
Alors je vais peut-être raconter quand même comment on s'est rencontrés parce qu'on fait partie de la même promotion au PhilanthroLab. Donc Philanthrolab qui est un incubateur de la philanthropie et on a une promo assez exceptionnelle. J'aimerais au fur et à mesure pouvoir mettre en avant tous ces projets. Mais là c'est vrai que je trouvais que le sujet de la mode déjà c'est quelque chose qui interroge les jeunes et puis on est dans un grand mouvement actuellement de société sur le sujet et toi tu agis concrètement donc on va avoir l'occasion d'en reparler. Mais comme je pose... toujours comme question à mes invités au départ, c'est est-ce que tu peux me raconter quel enfant tu étais, comment tu as grandi, tout ce que tu as envie de nous dire pour te présenter.
- Speaker #1
Super. Alors, pour répondre à ta question, moi, j'ai beaucoup déménagé. En fait, j'ai eu une enfance très mouvementée puisque je crois de zéro jusqu'à 12 ans, j'ai dû déménager quatre fois. Moi, je suis né à Blois. Je ne sais pas si tu vois, c'est dans le Loir-et-Cher. Le coin des châteaux, il y a une ville qui s'appelle Orléans, où tu as Tours qui n'est pas très loin non plus. J'ai passé de zéro à sept ans, à peu près, six-sept ans. Ensuite, je suis arrivé dans le département de l'Aube, en région de Champagne-Ardennes, donc très proche de la ville de Troyes, dans un petit village. Donc en fait, je suis né dans une cité populaire et puis j'arrive dans un village. Voilà, exactement. C'est ça. Ça a été un choc, pas que pour moi, mais même pour ceux qui étaient du village, qui n'avaient jamais vu de noir de leur vie. Et puis après, par la suite, j'ai encore déménagé dans une ville proche de la Seine-et-Marne cette fois-ci, proche d'une ville qui s'appelle Provins, la ville c'est nos gens sur scène. Une ville où j'ai fait mon collège et puis après aussi mon lycée avant de venir sur Paris à 18 ans.
- Speaker #0
Et tes parents, ils faisaient quoi pour bouger autant comme ça ?
- Speaker #1
Non, en fait, mon père travaillait dans le médical et du coup, à chaque fois, il avait des meilleures propositions. Il travaillait à l'hôpital et il suivait, il a toujours suivi son feeling par rapport aux propositions qu'il avait. Je pense qu'il n'était pas satisfait de ce qu'on lui proposait dans la ville de Blois, dans l'hôpital, dans la ville de Blois. Et du coup, il a cherché quelque chose. Il a cherché à nous donner, je pense, un avenir meilleur. Et à chaque fois, du coup... Il déménageait et puis du coup, nous, vu qu'on était petits, on déménageait avec lui.
- Speaker #0
Alors tu parlais, juste je fais une parenthèse là-dessus parce que je trouve ça intéressant, tu parlais de ton arrivée dans la ruralité. C'est dur justement de s'intégrer, t'as réussi à te fondre finalement petit à petit dans la population parce que venant de la ruralité, je crois voir ce que tu évoques.
- Speaker #1
C'est vrai que ce qui est assez compliqué, c'est que de 0 à 6-7 ans, donc je suis dans un quartier populaire avec toute... les cultures qui se mélangent. On avait l'Afrique du Nord, l'Afrique subsaharienne, l'Asie, la France aussi, l'Europe, parce qu'il y avait une famille d'Italiens, je me souviens, avec qui on était très proches. Et puis quand j'arrive en ruralité, je me rends compte que notre famille est la seule famille qui est étrangère. Donc en fait, les personnes qui nous voient n'ont jamais vu d'étrangers, en tout cas habiter dans leur village, parce que c'était un village de 105 ans. 500 habitants, donc très petit village. Tu vois le genre de village où tu n'as pas de boulangerie par exemple et que c'est un camion qui passe à une heure très précise. Donc moi c'était un petit peu compliqué. Au début c'était dur, j'arrive en réalité dans les années 2000. Je me fais pas accepter. Je me fais pas accepter et en fait, moi, je pense que c'est le combat un peu de ma vie. C'est qu'à chaque fois, j'ai une épreuve et quand je pense que j'ai passé toutes les épreuves, il y en a une autre. Et là, la première épreuve, la première année, c'était de se faire accepter, notamment avec les jeunes de mon âge, juste pour jouer, quoi. C'était compliqué.
- Speaker #0
Et t'as réussi quand même ?
- Speaker #1
Oui, parce que j'ai pas baissé les bras et puis je pense qu'après coup, après un an... Tout le village s'est rendu compte qu'on était une famille assez cool. Je me souviens ma mère qui invite tout le monde à la maison, qui fait à manger pour tout le monde, qui leur fait découvrir les saveurs congolaises, parce qu'on en reviendra tout à l'heure, moi je suis originaire du Congo. Et donc ils découvrent une culture, ils découvrent un pays, ils découvrent de nouvelles personnes qui n'ont pas du tout les mêmes codes qu'eux, mais qui les accueillent alors qu'on les connaissait très peu. Et je pense que c'est ça qui... Je pense que c'est beaucoup l'ignorance parfois. Vu qu'ils ne nous connaissaient pas, ils avaient peut-être des a priori, ils regardaient beaucoup la télé. Je ne sais pas s'il y avait BFM à l'époque.
- Speaker #0
Peut-être pas, mais ça devait être les débuts.
- Speaker #1
Et en fait, ils faisaient très attention à leur rapport qu'ils entretenaient avec nous. Et puis après, quand ils ont vu qu'il n'y avait pas de quoi s'alarmer, ça a été très chouette. J'ai quelques beaux moments passés là-bas. Et j'ai partagé de belles amitiés, j'ai fait de belles parties de foot dans le village, c'était sympa.
- Speaker #0
Est-ce que tu avais des rêves quand tu étais gamin ? Est-ce que tu t'imaginais faire des trucs incroyables ou des choses très concrètes ?
- Speaker #1
Alors mon seul rêve c'était de devenir joueur de foot professionnel. Je rêvais d'être joueur de foot, j'ai toujours aimé le foot, je pense que c'est une passion qui m'était transmise par mon père qui adorait le foot. Je me souviens lors de la finale France 98, je crois que j'ai 6 ans. Et je vois mon père qui saute lorsque je crois, lors du premier but.
- Speaker #0
Zidane, la tête en finale.
- Speaker #1
Alors je crois que c'est le deuxième but, non ?
- Speaker #0
Il met les deux premiers. Les deux premiers,
- Speaker #1
après c'est Emmanuel Petit, exactement. Donc le premier but de Zidane, le but de la tête, mon père qui saute et en retombant, il ne se casse pas la cheville, mais du coup, il se fait mal à la cheville. Et du coup, c'est un petit peu mes souvenirs. de foot et puis il avait Canal Plus à l'époque ce qui nous permettait de regarder le foot, notamment le PSG et c'est de là où est venu mon amour pour le Paris Saint-Germain c'est parce qu'il n'y avait que ça à la télé et il y a plusieurs joueurs qui ont vraiment marqué mon histoire avec le foot Le joueur qui balance qui ? Alors le joueur qui m'a donné envie de faire du foot notamment au club c'est un joueur qui s'appelait JJ Ausha Ah ouais Il était exceptionnel.
- Speaker #0
Je me souviens. Je crois qu'il l'appelait le sorcier. C'était incroyable ce mec.
- Speaker #1
Il avait un geste technique qui était propre à lui. C'était la roulette de JJ. Il passe le ballon de la jambe gauche, il la récupère et il centre ou alors il va marquer. Après, il y a un de mes meilleurs joueurs, celui qui m'a fait rêver, qui est Ronaldinho.
- Speaker #0
Là, tu vois, on est point commun absolu parce que pour moi, On est toujours en train de dire Messi, Ronaldo, Messi, Ronaldo. Pour moi, c'est Ronaldinho. C'est le mec, le Barça de cette époque. Parce que PSG, il a fait un passage. Il a juste été bon contre l'OM.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Mais en revanche, c'est vrai que le passage au Barça avec Eto'o et tout ça. On ne va pas faire un épisode foot, mais en tout cas, 100% d'accord sur Ronaldinho.
- Speaker #1
Ravi d'avoir ce point en commun avec toi.
- Speaker #0
Alors, forcément, on a compris que tu n'es pas devenu footballeur. pro. Du coup, tu as construit comment ton orientation ? Tu as fait lycée classique, ça se passait comment justement ces moments-là pour choisir ton avenir ?
- Speaker #1
C'est intéressant parce que lorsqu'on vient d'une famille notamment africaine, voire plus précisément congolaise, il n'y a que l'école qui compte. C'est-à-dire que dans nos familles, nos parents ne voient pas un hobby, un loisir comme un métier à en devenir. Ça doit rester un loisir, mais ce qui compte, c'est l'école, c'est d'aller le plus loin, c'est de ramener le plus de diplômes possible à la maison, et c'est de faire les meilleures études qui sont très valorisantes. Tu vois, je pense que tu l'as connu lors de ta jeunesse, ce qui compte beaucoup au collège, c'est les matières scientifiques. Tu vois, c'est les matières scientifiques qui sont très valorisantes, si t'es fort en maths, c'est là où on se dit, ah, ce petit-là, c'est un crack, ou cette petite, elle va aller loin. Et en fait, le reste, c'est un petit peu... plus bon français ou autre. Donc du coup, en fait, mon père, travaillant aussi dans un hôpital, m'a orienté vers une voie plutôt scientifique. Et donc moi, j'ai une grande sœur qui a deux ans de plus que moi. Et pareil... L'idée c'était de suivre ses pas sans vraiment m'interroger sur ce qui me plaisait vraiment. Donc en fait j'ai suivi bêtement la direction des professeurs parce que j'étais un élève un petit peu perturbateur mais j'avais des excellentes notes donc c'était un peu un contraste entre mon comportement à l'école et mes relevés de notes. Du coup il le soulignait bien en commentaire et j'avais pas les félicitations alors parfois j'avais plus de 16 de moyenne. Et du coup, il y avait la volonté des profs qui m'orientait vers ces voies-là. Ma sœur que je suivais et puis mon père qui me disait, il faut faire scientifique, il faut faire les sciences, il faut devenir médecin. Tu vois, ce genre de métier qui est entre guillemets valorisant, puisque comme tu le montres avec ton média, pour moi, tous les métiers sont valorisants, peuvent être valorisants. Tout dépend comment on y entre et puis qu'est-ce qu'on construit par la suite.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Je suis assez d'accord avec toi et d'ailleurs aujourd'hui on a une grosse remise en question sur les métiers manuels parce que pendant de nombreuses années, tu vois au même titre qu'on disait la filière scientifique, le bac S à mon époque était la filière royale. au contraire si tu finissais à faire des métiers manuels c'était hyper mal vu et en réalité ça a mis dans l'inconscient collectif de beaucoup de jeunes et de générations entières que Être menuisier, plombier, etc. c'était dévalorisé. Et là on sent que justement avec l'arrivée de l'IA, avec le questionnement sur le remplacement des métiers, que finalement ces métiers-là sont en train d'être revalorisés. Et je pense aussi qu'il y a eu des chantiers comme Notre-Dame où on s'est rendu compte qu'un charpentier, ce n'était pas juste un mec qui coupait du bois, qui coupait des planches, mais c'était aussi des artistes ces gens-là qui construisaient un peu notre environnement. Donc je suis assez d'accord avec toi qu'il y a un vrai sujet là-dessus.
- Speaker #1
complètement mais là c'est bien ça commence à changer on s'intéresse beaucoup plus en profondeur sur ce que veut devenir les jeunes nous à l'époque tu vois on a un conseil d'orientation mais qui ne nous rend pas vraiment par exemple tu as 10 de moyenne voire moins te sentiras vers une voie plutôt professionnelle donc c'était très préjuratif à l'époque de rêver de devenir un plombier ou autre euh Et puis de l'autre côté, tu as des bonnes notes, tu feras la voie royale, comme tu l'appelles, la voie scientifique, et ça sera très bien. Ça a créé un peu une dichotomie entre les élèves. Moi, j'ai juste suivi, mais j'aurais aimé m'écouter plus à ce moment-là. Peut-être que ma trajectoire aurait été différente. De toute façon, j'ai écourté cette voie scientifique après l'obtention de mon baccalauréat.
- Speaker #0
Alors juste, je vais faire une parenthèse sur le lycée, parce que finalement... Il y a quand même quelque chose qui démarre à ce moment-là. Parce que tu me disais, à l'époque du lycée, je vendais des vêtements. Donc si j'ai bien compris, tu allais dans les fripes à Clignancourt et après tu revendais ça au lycée. En fait, la question que j'avais, c'est est-ce que c'était déjà une passion pour la mode ou une envie de faire du business ? Ou les deux ?
- Speaker #1
En fait, c'était les deux. J'ai toujours aimé la mode puisque, comme on va y revenir, et comme je l'ai dit en début d'interview, je suis d'origine du Congo. Et en fait, pour les Congolais, le vêtement, c'est une philosophie de vie carrément. Bien s'habiller, bien coiffer, bien parfumer, la sapologie. J'adore. Mais c'est vraiment, et je pense qu'on ne le dit pas assez, parce qu'on met souvent des couleurs, on met souvent des costumes en devant de la scène. Mais au-delà de ça, c'est aussi nos parents qui nous sensibilisent à la qualité d'un vêtement. Nos parents, ils parlent en matière. Ils ne parlent pas en, oui, il est beau ce costume. OK, c'est quelle matière ? Est-ce que c'est 100% laine ? Est-ce que c'est du 100% coton ? En fait, nos parents, ils nous sensibilisent comme on devrait être sensibilisés actuellement sur les matières. Non, on ne prend pas ça. Il y a un mélange de matières, de la qualité. Ce serait peut-être un petit peu différent. Prends du 100% coton. Oui, le costume, ça, c'est bon. Au toucher, la forme. Et en fait, c'est mon père notamment, mais ma mère, des amoureux de l'habillement, bien s'habiller. Pas forcément, tu vois, les marques, même si elles sont toujours cachées dans les étiquettes. Donc, je grandis avec ça. Mais j'en fais pas une passion dès le début, parce que comme je te dis, je suis plus dans le foot. Et puis après, quand on grandit, mes parents m'ont donné un toit à manger tous les jours, et pour eux c'était très bien. Et tout ce qui concernait l'école, ils étaient très chauds pour payer, quand il fallait un cahier, un stylo, pour ça en tout cas je manquais de rien. Et après pour le reste, toutes les sorties, j'avais pas forcément ce que je voulais. Et donc, je me suis dit, je vais essayer de me débrouiller par moi-même et je vais aller vendre des vêtements. Je ne sais pas, je crois que c'est né d'une discussion avec un ami qui, à l'époque... Fin du collège, on allait beaucoup sur Paris et il avait un plan pour acheter des vêtements, pour justement les revendre, parce que c'est des vêtements qu'on ne trouvait pas à une heure de Paris, là où j'étais au lycée. Et du coup, c'est ce qu'on faisait. On avait un fournisseur, on lui achetait les vêtements et puis on avait des commandes déjà en amont. Donc en fait, on savait ce qu'on allait acheter et puis après derrière, on revendait tout le lundi, arrivé au lycée. Et du coup, ça me permettait d'avoir un petit peu d'argent pour pouvoir me faire des petits plaisirs. mes parents jugeaient inutiles à leur sens, mais que moi, je voulais avoir comme un jeu, comme une sortie au cinéma, par exemple, aller manger un kebab avec des amis. Ils n'allaient pas me financer un kebab, même si c'était moins cher que maintenant, alors qu'il y a à manger à la maison. C'était un petit peu leur façon de voir les choses.
- Speaker #0
Et justement, est-ce que c'était vraiment par principe où ils avaient envie que tu... tu partes un peu dans cette débrouillardise et que tu testes des choses.
- Speaker #1
Non, non, non. Eux, ils voulaient que je reste tranquillement à la maison. Ils n'ont pas essayé de me challenger sur le potentiel entrepreneur que je pourrais être. Non, non, non. Ils voulaient que je reste à la maison. Après, c'est vrai que mes parents m'ont toujours, notamment mon père, m'a toujours montré un chemin pour que j'essaie de m'en sortir par moi-même. Faites-y mal. Jamais trop aidé, mais ce n'était pas parce qu'il ne voulait pas, c'est parce qu'il voulait que je crée ma propre histoire. Et ça, je le remercie parce que ce qu'il a fait, ça m'a permis par la suite de passer plein de barrières assez facilement, sans être dépendant de lui ou même d'autres personnes.
- Speaker #0
Quand tu as terminé tes études, il me semble que tu as directement créé ta boîte. C'est ça, tu es parti directement dans l'entrepreneuriat. Est-ce que tu peux nous raconter dans quoi tu t'es lancé, pourquoi ?
- Speaker #1
Ça ne va pas t'étonner, il y a la mode dedans. En fait, moi je suis allé jusqu'au Master 2 pour mes parents et ensuite j'avais plus de comptes à leur rendre. Voilà, papa, maman, je suis diplômé, j'ai un bac plus simple, j'ai fait ce qu'il fallait. Maintenant, est-ce que je peux vivre ma vie ? Et en fait, c'est un peu ça. Bon, après, je suis parti dans les écoles des études de commerce. Donc, c'était plus propre aussi à ce qui me ressemblait. Donc, voilà, j'ai fait des études en achats et affaires internationales. Non, mais je n'étais pas fan, mais ça me ressemblait plus que devenir un scientifique en laboratoire ou autre. Et donc, par la suite, j'ai un stage que je fais en master 1. Dans un concept store où justement on achetait des marques de jeunes créateurs pour les revendre. Et en fait je rencontre un ami qui est toujours mon ami actuellement. Et on se dit mais attends mais ce qu'on est en train de faire dans le concept store qu'on gérait à deux. On était trois mais on était souvent tous les deux. Donc il y avait la responsable qui avait mille choses à gérer et puis nous plutôt terrain. Sur le terrain à essayer de trouver des nouvelles idées. Et on se dit mais ce qu'on fait à deux pourquoi ? Pourquoi pas le faire ensemble ? Et c'est à ce moment-là, en fait, où, pareil, il finit d'être diplômé, moi également. Et puis, par la suite, on décide de monter, en fait, des boutiques éphémères où on permettait aux marques... parisienne, enfin française, mais beaucoup plus parisienne, de pouvoir avoir un espace pour vendre pendant une période donnée d'une semaine, dix jours, deux semaines. Et puis, pendant cette période-là, pouvoir tout travailler, et le réseau, et autres. Et en fait, on fait ça pendant deux ans. Pendant deux ans, en fait, on trouve des espaces dans le marais, on les loue, et puis après, on sous-loue chaque stand à chaque marque pour une semaine, dix jours, deux semaines. Et chaque mois, on se... on ouvre un espace, on en ferme, on ouvre, on ferme. Et chaque mois, on se retrouve dans un endroit différent et on fait ça pendant deux ans.
- Speaker #0
C'est marrant parce que je me rappelle de boutiques éphémères comme ça dans le Marais.
- Speaker #1
À l'époque, c'était en 2015, je crois. 2015, 2016, ouais.
- Speaker #0
Et je revois, enfin en tout cas, ce dont je pense, je crois que maintenant, c'est un supermarché, un truc type Franprix qui a repris le truc, mais je me rappelle qu'il y avait régulièrement comme ça, si ça se trouve, c'était toi.
- Speaker #1
Peut-être. Ça s'appelait Collabs, je peux dire le nom. Ça n'existe plus. Mais on faisait énormément de boutiques éphémères. Et ça a été un succès puisque la première boutique éphémère a duré une semaine. Et ça a été un succès, ce qui nous a permis d'enchaîner pendant deux ans. Et ces marques-là avaient d'autres besoins. Au-delà de vendre dans une période très limitée, elles voulaient aussi qu'on les accompagne sur la production de contenus, photos, vidéos. Mais aussi qu'on les accompagne sur du conseil en marketing et communication. et en événement, en événementiel.
- Speaker #0
Alors, je connais un peu le monde de la mode, parce que pour le coup, mes parents bossaient dedans aussi. Je sais que c'est un monde assez fermé, où il y a beaucoup d'entre-soi. Toi, tu avais du réseau, ou tu as vraiment tout fait comme ça, au talent ?
- Speaker #1
J'ai tout fait au talent. J'ai tout fait au talent, et mon associé, pareil, n'avait pas de réseau non plus. On a tout fait au talent.
- Speaker #0
On avait une idée, et puis on s'est lancé. Mais à l'époque, tu sais, t'es jeune. C'est trop que...
- Speaker #1
En fait, si t'as des projets et que t'y crois vraiment, je pense qu'il n'y a rien qui peut t'arrêter.
- Speaker #0
Ouais, c'est ce que je dis souvent. Moi, il y a des trucs à 20 ans, quand je regarde maintenant, avec du haut de mes 40, je me dis, mais j'étais complètement taré. Et en même temps, ça a marché, parce que je pense que je ne me posais pas la question, j'étais persuadé. Et tu sais, t'as les adultes autour de toi qui te disent, non, mais en fait, ton truc, c'est impossible. Mais t'arrives à le faire parce que... En fait, je pense que t'as énormément de culot et les gens plus âgés te regardent en se disant « Pourquoi pas lui laisser une chance ? » parce qu'il a l'air quand même de vouloir le faire, tu vois. Et c'est marrant parce qu'il y a un espace, et je dis ça pour les jeunes, il y a un espace pour surprendre, je trouve, dans la société actuellement.
- Speaker #1
Exactement, et puis comme tu parles des gens plus âgés, c'est bien, ça fait le pont avec ce que je voulais dire, c'est que c'est une personne qui avait la cinquantaine, soixantaine, ancien graffeur. Première boutique éphémère, du coup, je me pointe dans sa galerie, c'était au Carreau du Temple, juste à côté du Carreau du Temple, rue de Picardie. C'est l'espace Opidum, il s'appelle Fred. Et il me dit, mon petit gars, alors, c'est quoi ton projet ? Tu vois là, on va faire une boutique, il y a des marques parisiennes qui vont... Et j'étais assez speed, et en fait, il me dit, tu sais quoi ? La galerie, elle est ultra chère, je sais que t'as pas les moyens, mais tu sais quoi ? Je te fais confiance, je vois que t'as envie, je ressens en fait ton... ta détermination, je vais te la laisser à rien du tout. Et je vais te laisser poser la première pierre de ton aventure entrepreneuriale. En fait, je le remercierai toute ma vie. Si Fred, tu m'écoutes, merci Fred. Parce qu'en fait, il a cru en moi et il m'a donné cette première pierre qui a construit cette petite maison que je suis toujours en train de construire sur cette voie entrepreneuriale.
- Speaker #0
C'est le principe de « deviens génial » . C'est qu'on explique aux jeunes... que ce qui compte, c'est d'aller provoquer cette rencontre. Parce que, en fait, quand tu te mets en mouvement et que tu rencontres des gens, il y a des choses un peu magiques comme ça qui se passent. Et là, c'est un exemple qui est hyper intéressant.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Tu retiens quoi, en fait, de cette expérience ? Si maintenant tu prends un peu de recul, ça t'a apporté quoi ?
- Speaker #1
Alors, ça m'a apporté... La première chose, c'est croire en soi, croire en ses rêves. Je pense que croire en soi, c'est très important. Mais il n'y a pas que croire en soi, parce qu'on peut croire en nous, et puis laisser beaucoup de choses derrière qui vont faire qu'au final, on ne va pas être très efficace. Il y a aussi la constance, parce que... On était constant chaque jour. Chaque jour, en fait, c'est comme un sportif qui s'entraîne pour arriver à un tel résultat pour les JO ou autre. Nous aussi, on avait un rythme d'un sportif de haut niveau. On était constant dans ce qu'on faisait. Et puis, il y a le côté insouciance qu'on perd avec l'âge. Moi, je suis du haut de mes 33 ans, bientôt 34. Tu es encore jeune. Je sais que je suis encore jeune. Mais en fait, d'année en année, tu sais, on perd en insouciance. Et je pense que c'est ça, parfois, qui nous permet de ne pas accéder à certaines choses qu'on a pu avoir lorsqu'on avait la vingtaine. Donc, j'essaie de recréer des espaces d'insouciance dans ma vie quotidienne pour justement revoir cette magie que j'ai vue à 20 ans de temps en temps. Et ça m'aide justement par l'objet des rencontres, le culot. l'audace, aller là où on ne nous attend pas, proposer des choses complètement farfelues pour notre entourage, mais au final qui vont prendre forme et au final qui vont réussir à fédérer beaucoup plus de personnes qu'on le pensait dès le départ. Et je retiens aussi que j'ai bien fait de m'écouter.
- Speaker #0
Le problème, c'est que quand tu vieillis, tu commences à comprendre comment ça marche et c'est un avantage et un inconvénient. Parce que c'est un avantage parce que des fois tu prends des raccourcis et c'est un inconvénient parce que parfois tu te dis Merci. Non, mais ça marche comme ça, donc je ne peux pas changer. Et la force des jeunes qui nous écoutent, c'est ce truc de se dire, on ne connaît pas, donc on s'en fout. En fait, on a une idée, on l'a fait. Et moi, des fois, je vois arriver des jeunes avec des idées, je me dis, putain, c'est pas mal. Tu vois, parce que tu dis, j'y pensais plus, parce que je ne m'autorisais même plus à y penser. C'est ça aussi le truc. On va passer maintenant à la mode circulaire, parce que c'est vrai que depuis 20 ans, On a connu dans le monde de la mode, je dirais, les deux opposés, c'est-à-dire une progression du luxe et quelque part de la qualité qui est montée. Et à l'inverse, on a ce qu'on appelle la fast fashion qui est venue en opposition. Donc aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on a un marché soit très élevé, soit très bas en termes de prix, avec des qualités qui vont avec, aussi avec des enjeux environnementaux qui vont avec. On a un peu perdu, je trouve, ce middle market qu'on avait avant, qui était ce qu'on appelait le prêt-à-porter, les détaillants, etc. Est-ce que tu peux nous expliquer, déjà, qu'est-ce que cette circularité, quel est l'enjeu aujourd'hui de cette problématique liée au textile ? Parce qu'on en entend parler, mais je pense que ça vaut le coup de faire une piqûre de rappel.
- Speaker #1
Bien sûr. Déjà, pour faire le lien avec ce que tu disais, c'est vrai que le middle, le prêt-à-porter, on voit beaucoup de marques middle, justement euh placé en redressement judiciaire, parce que le prix est tellement middle que finalement, ça ne trouve plus sa clientèle. Le luxe reste le luxe. Et la faste, accessible à tous. Donc, c'est vrai qu'il y a une dégringolade de maisons françaises qui proposaient des prix, on va dire...
- Speaker #0
accessible, moyennement accessible, qui est en train de s'effondrer. Et ça, c'est triste. Et je pense que la circularité, en fait, elle a l'objectif de répondre à plusieurs choses. La première, c'est qu'on produit trop. Et qu'en fait, sur Terre, il y a déjà trop de vêtements qui ont été produits. Et on continue sans cesse et sans cesse de produire. Tu as la fast fashion qui sort des milliers de références par jour. T'as des tonnes et des tonnes de déchets, de produits en bon état où on sait pas quoi en faire, t'as de l'enfouissement, de l'incinération, c'est énorme.
- Speaker #1
Parce que, juste petite parenthèse aussi là-dessus, moi quand j'ai commencé dans le monde du textile, il y avait deux collections par an.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Aujourd'hui t'en as une dizaine.
- Speaker #0
Ouais c'est ça, et puis après la fast fashion t'as des collections tous les jours quoi, avec l'IA aussi qui est capable de savoir ce que tu veux, sans même qu'ils produisent le vêtement et puis par la suite, lorsque tu cliques... pour l'achat, ça part en production, ça arrive chez toi entre une semaine et dix jours, en fait on produit trop. Et donc en fait, la mode circulaire, elle est faite pour prendre, d'utiliser l'existant, ce qu'on a déjà, et faire en sorte de créer de la valeur sur des stocks qui dorment ou parfois on peut avoir de la seconde main en bon état avec une personne qui est capable de lui redonner vie autrement en la... en faisant de la customisation, de l'upcycling. Et en fait, c'est ça la mode circulaire, c'est comment on arrive à faire avec ce qui existe déjà et comment on peut recréer de la valeur, donc recréer une économie par la suite parce que le but étant aussi de créer des emplois et justement utiliser les ressources qui ont déjà été produites et pas en reproduire d'autres.
- Speaker #1
Moi, ce que je trouve assez paradoxal, finalement, c'est que tu te dis la solution potentiellement, parce que je n'ai pas de chiffre, je ne sais pas aujourd'hui combien de vêtements par personne existent versus peut-être il y a 30 ans, mais je pense que ça doit être impressionnant.
- Speaker #0
La consommation a augmenté de 40% en l'espace de 10 ans.
- Speaker #1
Moi, de toute façon, je le vois, j'en ai beaucoup plus qu'à une époque. Ce n'est pas parce que j'ai entassé, mais je pense que j'en achète plus par an. Justement parce que j'allais dire... Ce paradoxe-là, c'est que d'un côté, tu te dis, il vaudrait peut-être mieux acheter un truc plus cher et plus quali. Donc là, je reviens aux matières dont tu parlais au début, tu vois, des choses que tu peux porter longtemps. Donc pourquoi pas acheter, peut-être pas du luxe, mais pas loin, tu vois, de la vraie belle qualité. Je veux dire, si tu veux acheter un Impair, peut-être t'achètes un Burberry, tu sais qu'il va durer toute la vie. C'est ça. Mais en même temps, l'Impair Burberry, il n'est plus à la mode deux ans plus tard. Et en fait, c'est un peu ça le problème. C'est qu'aujourd'hui, je pense que la fast fashion aussi a fonctionné. parce que comme la mode évolue très vite et que les gens n'ont pas envie d'être déclassés, ils se disent, tant pis, je préfère acheter un truc 10 balles chez Primark, pour ne pas les citer, qu'acheter la même chose chez APC, mais après, derrière, devoir le mettre à la poubelle alors qu'il m'a coûté 300 balles.
- Speaker #0
Exactement. Après, la mode, c'est un cycle. Tous les 10 ans, on revoit. Je pense que tu as connu le... Les converses qui reviennent, la peur de Air Force One. Mon fils,
- Speaker #1
il s'habille comme nous quand on était gamin.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Tu les vois, les jeunes, avec les baguilles, les filles qui s'habillent style années 2000, Britney Spears, jean taille basse. On les voit. Et au final, je pense que tu vois, par exemple, si tu vas dans des bonnes friperies, tu peux trouver des styles qui collent avec le style d'aujourd'hui. Notamment, les jeunes, ils ont tout. dans les friperies. Il y a vraiment tout pour leur faire plaisir. Après, ce ne sera pas le produit neuf, mais ce sera un produit qui aura été bien entretenu, de qualité, qui est durable et à leur style.
- Speaker #1
Alors, j'ai vu un truc qui m'a assez surpris. Je crois d'ailleurs que je l'ai vu dans le marais. C'est une friperie qui ne fait que du neuf. C'est-à-dire que tu as l'impression que c'est des fripes, mais c'est des trucs qui sont faits à neuf.
- Speaker #0
D'accord, je connais.
- Speaker #1
Mais qui donne un côté usé, tout ça. Donc, tu dis, ouais, c'est pas mal, mais sauf que c'est du neuf. et avec tu vois des coupes un peu comme tu peux trouver en friperie quoi. Bon là c'est vraiment un peu à contre courant quoi.
- Speaker #0
C'est un contre courant un petit peu du...
- Speaker #1
Bon bref je passe cette cette parenthèse mais on va justement parler de la mode européenne puisque là on est au coeur du sujet ce constat là on le fait tous. Toi comment tu as décidé de l'adresser ?
- Speaker #0
Comme tu as vu j'ai longtemps travaillé avec des jeunes marques, j'ai longtemps J'ai longtemps vu des tonnes et des tonnes de produits laissés dans des entrepôts et autres. Et puis de l'autre côté, j'avais aussi un réseau mode. Et quand je parlais avec eux, je me rendais compte qu'ils avaient plein de vêtements chez eux qu'ils ne portaient plus. Il y a plein d'influenceurs et influenceuses que je connaissais aussi, qui reçoivent des tonnes et des tonnes de produits chaque mois. Et en fait... À cette époque-là, quand j'ai cette société avec mon associé, je fais beaucoup d'aller-retour en Afrique. Et je me rends compte d'une chose, c'est qu'il n'y a pas d'emploi. Et que la mode, ça peut être un levier justement pour sortir les populations vulnérables de leurs conditions actuelles. Et de l'autre côté, il y a des vêtements en bon état et on ne sait pas quoi en faire en Europe. Je me suis dit, peut-être qu'il y a un pont à créer finalement entre l'Europe et l'Afrique, bâtir un pont sain pour justement désengorger les produits de qualité des armoires, des particuliers ou bien des entrepôts, des marques, pour les amener en Afrique. Mais avant de les amener, un tri doit être fait minutieusement pour n'amener que ce qui est qualitatif et en accord avec les réalités locales. Et par la suite, ces produits-là pourraient être vendus à moindre coût, puisque c'est du don, via mon association, que tout le monde me fait. Et l'addition de ces petites ventes pourrait créer de l'emploi. Et donc, c'est ça le projet La Mode Européenne. Il naît vraiment comme ça. Création de boutiques solidaires à partir de vêtements collectés en France pour créer de l'emploi.
- Speaker #1
Donc aujourd'hui, tu... tu collectes autant dans des entreprises que des écoles. Enfin, si je ne dis pas de bêtises, tu as des collecteurs un peu partout. Les gens peuvent mettre leurs vêtements.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Donc après, toi, tu récupères ça, tu tries et après, tu les vends dans des boutiques solidaires en Afrique et tu crées de l'emploi.
- Speaker #0
C'est ça, exactement. Si je résume. Exactement ça.
- Speaker #1
Tu as dit un truc qui m'intéressait. Tu disais, le vêtement, au-delà du style, de la mode et tout ça, ça peut vraiment apporter quelque chose socialement. dans l'insertion etc c'est c'est quoi c'est en créant de l'emploi c'est c'est aussi en se disant maintien on peut avoir accès à des vêtements sympa qui vont nous donner un look on va reprendre confiance c'est quoi que tu vois derrière ça toi exactement en fait il ya une philosophie congolaise qui dit qu'on
- Speaker #0
doit toujours être bien habillé parce que on sait jamais la vie on sait jamais et en fait c'est marrant parce que quand tu vas au congo tu es dans des quartiers populaires ou tu n'as même pas de route, tu sens qu'il y a une certaine pauvreté, mais tu vois des gens ultra bien habillés, tu as l'impression que tu es à Paris. Et en fait, c'est ça, les gens se disent que le style, c'est ma carte de visite, c'est ma carte d'identité, et je me présente comme ça au monde. Et en me présentant comme ça au monde, je vais peut-être attirer des opportunités pour mon futur. En fait, souvent, on va chercher son avenir au Congo en commençant par être bien habillé, bien parfumé et être présentable. Donc c'est quelque chose qui a... Nous, on a grandi avec ça dans nos familles aussi. Quand on allait à l'école, il était hors de question qu'on arrive avec des pantalons troués à l'école. Tu vois, il fallait avoir une certaine posture et un certain style. Et donc, moi, dans le but du projet Amodeuropen, c'est ça, c'est apporter cette dignité que les gens... que les gens doivent avoir en fait finalement en se disant que bah oui c'est l'Afrique mais c'est pas parce que c'est l'Afrique qu'ils doivent avoir des vêtements pas du tout qualitatifs c'est que bah déjà ils peuvent se payer donc il y a aussi cette volonté de se dire bah oui je suis africain mais je peux venir dans une boutique et je peux payer parce que tu vois on a aussi des clichés après l'Afrique c'est c'est tout il y a des gens qui gagnent très bien leur vie il y a une moyenne petite moyenne classe et puis t'as malheureusement beaucoup de gens qui vivent en dessous de 100 euros par mois mais L'idée, c'est de dire, je vais dans la boutique, j'achète. Et puis en plus, le produit que je mets va m'aider dans la vie pour m'intégrer aussi socialement. Donc ça, c'est la partie dont tu parlais. Et sur la deuxième partie, bien évidemment, il y a la création d'emplois. Parce qu'en fait, moi, tu vois, quand je crée cette association entre deux continents, souvent, tu vois, tu as le cliché de Baptiste, il va faire de l'humanitaire. On va lui donner des vêtements. Et puis, il va les donner à des petits Africains qui souffrent dans les villages d'Afrique. Et moi, en fait, je veux que ça s'arrête. Je pense que ce schéma, il doit s'arrêter. L'Afrique n'a pas besoin qu'on déverse dans les villages des vêtements. Et je pense que, surtout dans les grandes villes, l'Afrique a besoin de travailler. Les jeunes ont besoin d'avoir des opportunités de travail. Et moi, je ne suis pas une association, on va dire, cliché humanitaire qui va dans les villages et qui vient sauver les villages d'Afrique.
- Speaker #1
D'ailleurs, ça m'intéresse parce que, bon, moi, je connais très mal l'Afrique, honnêtement, mais en revanche, ce que j'entends de plus en plus, bon, déjà, c'est que c'est une population très jeune, pyramide des âges très jeune, beaucoup d'énergie, de plus en plus d'énergie entrepreneuriale, une tech qui commence à grossir. Est-ce que, justement, toi, aujourd'hui, tu vois cette énergie-là et tu te dis de quoi ils ont besoin, finalement, pour que… t'as beaucoup de prospectivistes qui disent l'Afrique c'est un territoire sur lequel il y a un potentiel monumental mais on se demande toujours à quel moment tu vois quelle est l'étincelle qui manque pour démarrer bah effectivement t'as beaucoup de jeunes motivés
- Speaker #0
qui veulent s'en sortir qui jouent avec leur carte en fait tout simplement après moi je connais beaucoup l'Afrique Pauvre, en fait, finalement, puisque ma famille, je ne suis pas issu d'une famille aisée. Donc je connais l'Afrique, je connais... Tu vois, quand dans un pays, on te dit que tu as 15% de personnes très aisées et puis 85% de personnes qui vivent à moins de 150 euros par mois, eh bien moi, je connais cette Afrique de 85%. Donc eux, ils ont besoin qu'on leur fasse confiance. Ils ont besoin qu'on arrive avec des propositions claires et durables. Et ils ont besoin aussi qu'on les forme aussi parce que c'est important de ne pas se dire, bon ben voilà, je mets un projet en place, tu vas vendre les produits et j'espère que ça va marcher. Non, la personne peut-être qu'elle n'a jamais vendu, donc elle a besoin d'être formée. En fait, elle a besoin de sentir qu'il y a un vrai lien de proximité avec le porteur de projet. Surtout quand c'est un exemple comme moi où je suis entre l'Afrique et l'Europe.
- Speaker #1
d'ailleurs tu me confiais que finalement t'as découvert L'Afrique à 23 ans.
- Speaker #0
Ouais, c'est très tard. Il y a 10 ans en fait, en 2016, je suis allé en Asie avant l'Afrique. D'accord. Non, non, j'ai découvert l'Afrique, j'avais 23 ans. Bon, après voilà, il y a plein de raisons qui sont très personnelles et familiales, mais il y a aussi le coût des billets qui est excessif, on ne s'en rend pas compte, les gens ne connaissent pas souvent l'Afrique, mais un billet pour le Congo, c'est entre 1300 et 1500 euros. Et t'imagines quand t'es une famille où vous êtes 5, 6, tu vois, les parents et puis les enfants, bah tu fais 1300 fois 5, 6 quoi. Et c'est juste le billet d'avion, sachant que là-bas il faut aussi manger, il faut faire pas mal de choses. Donc c'est des budgets qui sont énormes et au-delà du contexte familial qui peut parfois être compliqué ou autre, t'as vraiment la barrière financière qui fait que c'est compliqué d'y aller, en tout cas quand t'es jeune quoi.
- Speaker #1
Et durant ce premier voyage, j'imagine que tu avais une idée en tête. En tout cas, forcément, on fantasme un peu les choses qu'on ne connaît pas. Qu'est-ce que tu as découvert en fait ? Qu'est-ce qui t'a surpris ? Qu'est-ce qui t'a donné envie de continuer ? Est-ce que tu te rappelles vraiment dans ce premier voyage un truc particulier ?
- Speaker #0
C'est vrai que moi, j'avais une idée précise. Enfin non, un peu floue, un peu floue. Mais quand je suis arrivé, finalement, tu vois, moi, c'était la découverte de ma famille aussi, parce que moi, l'intégralité de ma famille, 90% de ma famille habite au Congo. Donc, je découvre maman un tel, papa un tel, mes frères et sœurs de là-bas, donc ce qu'on appelle en Europe cousin, nous, on appelle en Afrique, enfin, en tout cas au Congo, frères et sœurs. Et donc, du coup, en fait, c'est encore mieux que ce que j'avais imaginé, puisque je crée des liens, je crée des liens, j'apprends beaucoup. et je pense que l'Afrique m'a appris à voir le monde autrement. Et en fait, ce monde, la façon de voir le monde via les Africains, j'essaie de l'adapter en Europe. Tu vois, par exemple, on dit souvent relativiser, sentir les choses, prendre le temps. Tu vois, par exemple, on dit souvent les Africains sont en retard. Souvent, c'est le cliché. Et tu sais pourquoi ? C'est parce qu'en fait, c'est pas qu'ils veulent venir en retard ou ils se réveillent pas. L'Africain, il se réveille à 5h du matin. 5h, 6h, il est debout. Il est debout, il est habillé, il est prêt à chercher sa vie. Donc il n'y a pas de grass patte au Congo, ça n'existe pas. En fait, c'est quoi ? C'est qu'il marche, donc il va à son rendez-vous. Et en fait, sur le chemin du rendez-vous, il rencontre une personne qu'il connaît très bien.
- Speaker #1
Il prend le temps de nous parler.
- Speaker #0
Au lieu de faire un... Je n'ai pas le temps. On s'appelle, on s'appelle. Il prend le temps. Et en fait, il a un rendez-vous, mais il prend le temps. Et je pense qu'on ne le prend pas assez. Ici, notamment en Europe, tu vois, on court après un métro, un bus, on n'a jamais le temps. Et finalement, en fait, ce temps que tu prends, tu ne sais pas où il peut t'amener. Ça se trouve, il peut t'amener vers une opportunité. Là, tu dois avoir une personne de ta famille. Mais tu peux accepter un retard d'une heure parce que derrière... Tu peux accepter de venir en retard une heure parce que derrière, tu as pris le temps de peut-être prendre des nouvelles d'une personne que tu apprécies. Ça va peut-être te faire juste du bien dans la journée, peut-être t'apporter une opportunité. Mais en tout cas, ça te fera du bien. Et ça m'a appris à voir le monde autrement. Et je l'utilise beaucoup en Europe.
- Speaker #1
Tu fais beaucoup de projets, mais il y en a un qui m'a particulièrement interpellé. Tu as un projet d'atelier au Congo, de couture d'upcycling, qui favorise la formation et l'insertion professionnelle de populations vulnérables, notamment les jeunes femmes. Est-ce que tu peux nous expliquer déjà qu'est-ce que c'est l'upcycling et qu'est-ce que tu veux faire à travers ce projet ?
- Speaker #0
Oui, l'upcycling en termes simplifiés, c'est... C'est la transformation d'un vêtement. On prend un vêtement qui existe déjà, généralement c'est un vêtement de seconde main, on le transforme pour lui donner une plus belle valeur. Et généralement, on augmente sa valeur via l'upcycling. Tu fais des pièces uniques ? On va prendre une chemise par exemple, il y a peut-être une poche, on va mettre un autre tissu sur la poche et on va transformer le vêtement. Cela apporte une valeur supplémentaire. Et puis oui, c'est unique, c'est authentique. Et je trouve ça intéressant. En fait, ce projet est né déjà d'une volonté de vouloir faire quelque chose par les Africains, pour les Africains. Puisque le projet, comme son nom l'indique, et comme on peut suivre le trajet des vêtements, c'est des vêtements qui sont collectés en Europe et qui arrivent en Afrique. Et c'est très bien parce que c'est une demande. C'est ce que les Congolais voulaient. Ils voulaient des bons produits de qualité, de l'Europe, pas cher. C'est ce que j'ai ramené. mais j'avais envie en fait de dette sur une progression douce justement pour mettre en avant aussi le travail africain. Donc je l'ai fait dans un deuxième temps en mettant des créateurs africains dans mes boutiques solidaires. Dans la boutique solidaire La Mode Européenne, il y a un espace pour des créateurs qui sont congolais ou même d'autres nationalités, puisqu'au Congo il y a beaucoup de pays qui vivent, il y a beaucoup de Maliens, des Béninois, il y a beaucoup de nationalités. La dernière étape, c'était d'avoir notre marque, la mode européenne construite en Afrique à partir de vêtements qui viennent d'Europe et pourquoi pas des tissus qu'on peut trouver en Afrique. Donc, être convergé les vêtements, les stocks d'hormones européens avec ceux d'Afrique.
- Speaker #1
Mais donc, tu vas en faire une marque ?
- Speaker #0
Voilà, parce qu'il y a certains produits qui seront vendus à la mode européenne. Du coup, ça sera un petit peu notre signature, la marque, la mode européenne, fait au Congo par des Congolais et toujours pour les Congolais, donc pas pour l'Europe. Peut-être qu'on fera une autre gamme qui sera revendue dans le monde entier. Mais dans un premier temps, j'aimerais que cette marque-là, les Africains puissent en bénéficier et que ce soit encore dans leur coup, que ce ne soit pas quelque chose où je viens les assassiner niveau prix. Et donc voilà pourquoi cet atelier a vu le jour. Enfin va voir le jour là, c'est en juillet l'ouverture. Et surtout j'ai été accompagné avec ce projet par une fille qui s'appelle Esther Van Ecker, qui est une chercheuse spécialisée dans la mode circulaire, qui avait aussi ce projet en tête. Elle l'a déjà réalisé en Indonésie, et du coup elle m'a permis de réaliser ce qu'il y avait dans un coin de ma tête. Et c'est aussi un projet qui fait partie de ce qu'elle avait en tête, de faire des hubs, finalement, upcycling, un peu partout dans le monde.
- Speaker #1
Mais c'est intéressant parce que récemment, je discutais avec un institut qui m'expliquait que même dans la haute couture, aujourd'hui, il y avait encore beaucoup de choses qui se faisaient manuellement et qui recherchaient justement des talents. Tu vois, dans les très grandes maisons de couture, des couturières, mais qui font des choses assez formidables dont on ne parle pas du tout. On a l'impression que tout est fait en machine et tout ça, mais en fait, il y a encore beaucoup de choses qui sont faites manuellement. C'est clairement peut-être aussi un pont qui est intéressant à faire un jour. Oui,
- Speaker #0
complètement. Il faut pouvoir faire en sorte que ces talents africains puissent bosser avec des grandes maisons, mais complètement. Ça, j'y pense.
- Speaker #1
C'est le rêve.
- Speaker #0
J'y pense, j'y pense. Ce serait bien et valorisant même pour eux, parce qu'ils sont... tellement talentueux. D'un point de vue savoir-faire, il y a tellement de choses à dire en Afrique. Là, on parle du vêtement, mais on peut parler aussi du bois. Le Congo est très connu pour le bois. Il y a le bois de la forêt du Congo et les artisans qui travaillent le bois, ils le travaillent d'une manière comme je n'ai jamais vue dans le monde. Et en fait, pour revenir sur le projet MOD, je vais créer finalement un circuit de revalorisation du textile comme celui que j'ai créé en France. En Afrique, c'est-à-dire que je vais collecter auprès des ménages. Les foyers vont pouvoir gagner de l'argent via ce que je vais prendre. Donc déjà, je vais leur faire de la place parce que tous les Africains qui nous écoutent connaissent la valise qu'il y a en haut de l'armoire avec plein de vêtements. Ça fait 15 ans qu'ils sont là et on ne s'en sert pas. Donc voilà, déjà ça, les foyers vont pouvoir être gagnants. Ensuite, nous, on va tout récupérer. En fait, on va proposer plusieurs choses. Donc comme je te disais, on va proposer la marque. On va proposer aussi de faire des rouleaux de tissus. Donc on va prendre des tissus qui sont fabriqués avec la même matière, donc coton, jean, soie, et puis on va faire des rouleaux upcyclés. Plutôt que de reproduire de la matière pour faire du rouleau, on va créer nos propres rouleaux. Donc tu pourras venir, toi si tu as un projet avec de la soie ou du jean, venir acheter nos rouleaux upcyclés par la technique du patchwork. Donc c'est une technique aussi en machine et main. Et on va pouvoir aussi travailler avec des créateurs locaux, leur montrer que vous pouvez aussi intégrer l'upcycling dans vos collections et on va former quiconque à la couture. Parce que c'est un métier qui doit être, je pense, mis sur le devant de la scène. Et les femmes ont un rôle très important aussi bien dans la formation et ça va être les actrices de ce projet.
- Speaker #1
Excellent. Honnêtement, quelle belle initiative.
- Speaker #0
Merci, j'ai rêvé.
- Speaker #1
Alors, je crois aussi que dans le prolongement de ça, justement, tu as créé un podcast. Alors, je ne sais pas comment ça se prononce, Ma Solo. Ma Solo, oui. Ma Solo. Donc là, c'est un podcast finalement qui va à la rencontre de ces gens qui sont dans le monde de la RSE, si je ne dis pas de bêtises. C'est ça. Je te laisse en parler parce que tu vas mieux le faire que moi.
- Speaker #0
Ouais, non, mais en tout cas, tu as bien compris. Ma Solo, que veut dire Ma Solo ? Ma Solo, ça veut dire discussion au Lingala, qui est une des langues nationales du Congo-Brazzaville, puisqu'on a deux langues nationales. Et Ma Solo, voilà, c'est discussion, conversation. Donc, c'est exactement ce que j'ai essayé de faire en invitant. Donc, c'est beaucoup de professionnels de la RSE côté mode, mais pas que. Il y a eu aussi d'autres industries. En fait, l'idée, c'était de montrer... qu'il y avait des projets qui se faisaient entre l'Europe et l'Afrique, de bons projets, des projets sains, des partenariats gagnants-gagnants. Il y a un des invités qui s'appelle M. Stéphane Tziki qui parle souvent de bâtir des ponts entre l'Europe et l'Afrique avec des partenariats qui soient gagnants-gagnants. Et c'était un petit peu ça que j'ai voulu montrer. C'était comment justement, quelles sont les initiatives prises par des personnes en Europe sur le continent africain qui font du bien à ce continent. Donc ça c'est la première partie, et puis dans une saison 2 ou 3, l'idée ce serait d'interviewer des personnes sur le continent africain et de voir comment eux peuvent inspirer le monde, parce qu'il y a beaucoup de choses qui sont très inspirantes et qui peuvent inspirer le monde en Afrique, notamment en matière d'économie circulaire et de recyclage.
- Speaker #1
En tout cas, j'encourage nos auditeurs à écouter. En tout cas, on leur mettra les ressources dans les commentaires. Avant de passer à la fin de l'émission. il y a quand même, je vais faire une méga parenthèse sans transition mais parce que tu m'as balancé une bombe tu t'es retrouvé face à Michael Jordan qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
- Speaker #0
alors ça on aurait dû en parler au début non mais oui oui en fait moi j'ai une autre activité je suis agent d'une artiste qui fait de la dorure donc elle met de l'or sur des murs sur des sacs et autres et en fait elle Elle crée des décors, elle dessine et puis après, elle crée des décors et justement, elle revisite un savoir-faire ancestral.
- Speaker #1
Il faut qu'on la fasse venir, ça devient génial.
- Speaker #0
Qui s'appelle Lucie Modin, qui est en Asie actuellement, mais elle rentre en mai et complètement, il faut qu'elle parle de son métier parce que c'est extraordinaire ce qu'elle fait. C'est fin, on travaille dans le luxe. Et donc, on avait une exposition au Crayon, à l'hôtel Crayon. Et donc, j'étais en charge de mettre tout en place parce qu'ils ont... ce qu'on appelle des périodes où ils appellent une artiste, donc c'est l'artiste de la semaine et ils laissent un espace à cet artiste-là pour exposer ses créations dans le hall de l'hôtel. Et là, je suis en train de poser une création, prendre une petite photo, tout était nickel, j'avais fini l'installation et je tourne la tête et je vois Michael Jordan. Je me dis, what ? What ? Mais qu'est-ce qui se passe ? Et du coup, je m'approche vers lui mais bon, malheureusement, il y avait Deux, trois personnes qui m'ont un petit peu arrêté. Je sentais qu'il avait envie même de me parler ou prendre une photo, mais on m'a dit « no picture, no picture, no talk, sorry, sorry » . Et je me suis retrouvé devant ce monument du sport. Je t'ai dit, au début, j'aime le foot, mais j'aime le sport en général. Bien évidemment, le basket, ça fait partie des sports que j'ai pratiqués aussi et que j'ai regardés. C'est juste un monument. Un ornith. Tu vois, moi, je ne suis pas trop du…
- Speaker #1
à prendre des photos avec des célébrités mais pour Mike et Jordan j'aurais bien fait la groupie je pense que des fois on parle beaucoup de goth un peu à tort et à travers mais lui c'est le goth pour moi c'est le gars bon voilà je voulais avoir cette petite anecdote bon maintenant on va terminer parce que je voudrais aimer encore poser des questions mais le temps passe je voudrais que tu vois pour les jeunes qui nous écoutent et qui potentiellement seraient intéressés par rejoindre le monde de la mode. Est-ce que toi tu as un conseil à donner ?
- Speaker #0
Le conseil que j'ai à donner c'est ne pas suivre quelque chose parce que c'est tendance mais le faire parce que c'est au plus profond de vous. C'est votre conviction, il faut trouver des choses qui nous parlent, qui nous emportent, qui nous animent. Ça c'est vraiment important. Ensuite il faut essayer. C'est pas parce qu'on vient du milieu rural ou des quartiers populaires de France que c'est pas fait pour nous. Au contraire. finalement on arrive avec une force qui est différente on sera des éléments différenciants dans ces maisons ou dans ces marques qui nous permettront de faire la différence tout de suite donc il faut pas s'adapter à certains codes, il faut venir avec sa personnalité, en toute authenticité et être efficace. Et après, comme je disais en début d'émission, c'est la constance. Soyez constant dans vos recherches, une fois que vous êtes pris dans votre travail et ça vous permettra de gagner en efficacité et même en efficience, comme je dirais.
- Speaker #1
Ce sont de super conseils. Baptiste, un immense merci. C'est un très bel épisode, donc vraiment merci d'être venu témoigner de tout ça. forcément on va donner à nos auditeurs toutes les ressources pour qu'ils puissent te suivre et voir comment va évoluer la mode européenne et tous tes projets parce qu'en fait tu fais tellement de trucs,
- Speaker #0
j'en apprends tous les jours donc vraiment un grand merci et tu reviens quand tu veux je suis très honoré d'avoir pu parler et partager aussi mon expérience et même ma vie parce que je ne parle pas beaucoup de ma vie perso Donc, tu as su tirer un petit peu certaines choses. Donc, en tout cas, merci. Bravo pour ce que tu fais. Bravo pour mettre en avant des métiers. Bravo pour inspirer la jeunesse. Et je pense que ce type de format de média est plus qu'indispensable pour les générations futures. Donc, merci beaucoup pour ce que tu fais.
- Speaker #1
Merci de ta confiance. Et puis, à nos auditeurs, si vous avez été jusqu'au bout, c'est que vous avez kiffé comme moi. N'hésitez pas à en parler autour de vous. Si vous avez des potes qui veulent aller dans la mode ou dans la circularité, je pense que c'est un épisode qui va les intéresser. Donc, il ne faut surtout pas hésiter à faire tourner. Et puis, toujours des commentaires, des petits cœurs dans Apple Podcast, des étoiles, tout ce que vous voulez. En tout cas, nous, ça nous fait plaisir. Et puis surtout, ça nous aide à faire connaître le média. Donc, je vous dis à très bientôt avec un nouvel invité. Et Baptiste, nous, on ne va pas se quitter.
- Speaker #0
On est ensemble. Ciao. Ciao.