Fatima KHEMILAT« Bienvenue dans Dieu est grande, le podcast psychospirituel par Fatima Khemilat. Bonne écoute. » Le sujet de ce soir donc, sur les cercles de ce cercle, c'est les différents rapports à Dieu. Alors tout d'abord, ce qui est intéressant de noter, c'est que j'ai marqué les différents rapports. Je n'ai pas dit « le » rapport à Dieu. Parce que Dieu aime la diversité, ou en tout cas, qu'il nous a créés dans la diversité. Qu'est-ce que ça veut dire ça ? Il y a un passage intéressant du Coran où Dieu nous dit « Je vous ai créés différents » donc il parle de l'humanité, « pour que vous vous entreconnaissiez » . C'est-à-dire que la condition de pouvoir connaître l'autre, c'est finalement l'autre humain, c'est finalement qu'il ne nous ressemble pas. Et donc d'apprendre à se connaître à travers quelqu'un qui est différent. Il y a un autre moyen de savoir que Dieu aime la diversité, c'est regarder autour de nous. Vous avez cette croyance, en tout cas chez les soufis, que Dieu s'est exprimé à travers des textes, ce qu'on appelle les textes révélés, la Bible, le Coran, pour les bouddhistes et les hindous c'est un petit peu différent, mais voilà, des textes qui sont des textes révélés à travers lesquels nous parle Dieu. Mais il y a l'idée aussi que Dieu nous parle dans tout ce qu'il y a autour de nous, et que finalement l'univers est un Coran déployé, et que l'on peut lire. et comprendre la parole de Dieu en regardant l'univers. Et s'il y a bien quelque chose que l'on peut remarquer, à part que l'univers est absolument magnifique et majestueux, c'est qu'il est très divers. Il y a des centaines d'espèces, des milliers d'espèces de plantes, d'animaux, et les humains entre eux sont aussi très différents. Donc Dieu aime la diversité parce qu'en tout cas, c'est ce qu'il a créé sur Terre, une grande diversité. Donc il y a des rapports finalement à Dieu qui sont tout aussi divers que sa diversité. Ceci étant dit... On peut quand même, et ça c'est le côté un peu sociologue, remarquer des récurrences, remarquer des régularités dans les rapports de Dieu. C'est-à-dire qu'on peut faire un effort de typification ou de catégorisation. Ça veut juste dire qu'on peut essayer de schématiser quels sont les rapports de Dieu et différents rapports de Dieu. Je voudrais préciser que dans ce cercle, je vais m'intéresser aux rapports de Dieu à Dieu qu'ont les êtres humains et qu'a Dieu vis-à-vis des êtres humains, et pas le reste. Parce que par exemple, le rapport qu'a la nature, les animaux, Avec Dieu, les rapports qu'a l'univers, les planètes avec Dieu, est différent du rapport que nous avons avec Dieu. Et c'est Dieu qui nous dit, notamment dans un passage du Coran, mais qu'on retrouve aussi dans la Bible et dans la Torah, c'est la question du libre-arbitre. Le rapport des êtres humains à Dieu est différent parce que nous sommes dotés de libre-arbitre. Et donc du coup, que nous avons justement la capacité d'entretenir des relations qui sont des relations différentes avec Dieu. Du coup, concernant ces différents rapports à Dieu, j'ai pu noter au moins cinq rapports différents. Vous voyez, je viens de montrer ma main, parce que ce qui est intéressant avec la métaphore ou le symbolisme de la main, c'est qu'on a cinq doigts dans une seule main. Donc, tous nos doigts sont différents, mais ils appartiennent à la même unité qui est la main. C'est un peu la même idée avec l'humanité. En fait, on a des rapports différents à Dieu, mais nous faisons partie d'une même humanité. Et donc, l'idée, c'est d'utiliser notamment... les sciences actuelles pour faire cette typification, et un livre que j'aime beaucoup qui est le livre de Gary Chapman. Gary Amana écrit un livre sur les cinq langages de l'amour, qui n'est pas du tout à la base un livre sur Dieu, et qui est en fait les différents langages que les êtres humains peuvent avoir au cadre du couple. Gary Chapman s'aperçoit qu'en fait quand on est dans une relation amoureuse romantique, souvent on a du mal à se comprendre parce qu'on ne parle pas le même langage de l'amour, c'est-à-dire qu'on n'a pas la même manière de témoigner son amour à l'autre, que l'autre nous témoigne son amour. Je vous donne des exemples. Gary Chapman, il dit qu'il y a cinq langages de l'amour. Le premier, par exemple, c'est de le dire. Une manière de témoigner son amour, c'est de dire à l'autre que l'on aime. La deuxième, c'est de lui offrir des cadeaux. La troisième qu'il va mettre en place, c'est de lui rendre des services. La quatrième, ça va plutôt être le temps, l'énergie passée avec cette personne. La cinquième, ça va plutôt être les câlins qu'on va recevoir et du coup, pour nous, se sentir aimé, ça va être justement avoir soit des rapports sexuels, soit en tout cas d'avoir une physicalité touchée à l'autre et que l'autre nous touche. Ce qu'il montre, c'est que souvent, dans un couple, on n'a pas les mêmes langages. Par exemple, il y en a un qui va montrer son amour en ne parlant pas, en faisant plein de choses matérielles et concrètes, mais pas en verbalisant son amour. et l'autre, par exemple, va verbaliser et va du coup... projeter une attente sur l'autre en disant j'aimerais que tu me montres en gros que tu m'aimes de la même manière que je te montre que je t'aime en disant moi je te dis je t'aime, dis-le moi et l'autre va dire attends je t'ai offert un cadeau hier c'est pas suffisant, donc voyez là si on parle pas le même langage on se comprend pas c'est toujours de l'amour mais on est pas sur la même fréquence, on parle pas on est pas dans le même sur la même longueur d'onde. C'est la même idée avec les rapports que l'on peut et les langages que Dieu a avec nous d'amour. C'est très important d'identifier quel est son langage vis-à-vis de Dieu et comment Dieu, lui, nous répond pour réussir à être sur la même longueur d'onde et donc à bien se comprendre. Donc, pour illustrer les cinq langages de l'amour ou en tout cas les cinq rapports que Dieu a avec nous et que nous avons avec Dieu, je me suis référée à l'histoire des prophètes. Dans les différents textes, en tout cas monothéistes, les prophètes sont ceux qui reçoivent la révélation et il est souvent développé, du coup, le rapport du prophète avec Dieu, de ce prophète, d'un tel ou tel prophète avec Dieu. Donc le premier langage que j'ai trouvé intéressant, par lequel Dieu peut nous parler et avec lequel nous pouvons parler à Dieu, c'est le langage de la peur. Vous allez me dire, oh là là, comment se parle la peur, celle-là ? Oui, parce que c'est important, en fait, dans nos sociétés. on a tendance à disqualifier, c'est un peu le côté thérapeute qui parle, mais on disqualifie les émotions. Et on disqualifie notamment la peur. Évidemment, la vibration de la peur, ce n'est pas quelque chose à garder sur le long terme. Mais ça peut être quelque chose de légitime. Quand vous éduquez vos enfants et que vous leur dites, si tu mets ta main sur le feu, avant même, si tu t'approches du feu, je te punis, ce qui va être efficient pour votre enfant, ça va être la peur de la punition. Mais vous faites ça uniquement pour que votre enfant ne se blesse pas. Donc Dieu peut nous parler à travers un langage qui peut être celui de la peur ou en tout cas le langage auquel nous, nous sommes réceptifs. Et typiquement, c'est le cas du prophète Jonas, du prophète Younes. J'adore cette histoire. Le prophète Jonas reçoit l'ordre de Dieu d'annoncer à un peuple sa destruction. Donc il est moyennement en paix. Et donc il a peur. Il a peur d'annoncer ça. Il cherche à fuir. Et c'est en cherchant à fuir qu'il est confronté à la toute-puissance de Dieu et à son courroux, donc sa possible colère, et il affronte une tempête, il se retrouve balancé par du suiveur, il se retrouve avalé par un poisson géant, et donc là, il se met à prier, à se repentir, et il comprend qu'il ne peut pas échapper à Dieu. Et donc il décide de lui obéir, par amour évidemment, mais aussi par peur, parce qu'il comprend que s'il a peur de ceux à qui il va devoir annoncer une chose pas évidente... eh bien, il doit aussi avoir peur de la toute puissance de Dieu, qui est encore plus fort que ceux dont il a peur. Voilà, donc ça, ça fait partie des langages possibles. Et ça fait, si on regarde autour de nous, il y a beaucoup de gens qui vont utiliser notamment la peur de l'enfer, en disant, ben voilà, si tu ne fais pas ça, tu vas aller en enfer, Dieu nous a dit que c'était interdit, c'est haram, c'est une phrase qu'ils adorent dire, c'est-à-dire ça t'interdit. Et donc ça, c'est un langage qui est devenu presque prédominant dans certaines religions, et notamment actuellement dans l'religion musulmane. et ce que j'aimerais dire c'est que ce n'est pas le seul langage possible c'est un langage éventuel de Dieu mais pas le seul le deuxième type c'est par exemple la volonté d'être récompensé donc si on a peur dans l'enfer on peut aussi avoir envie du paradis et donc le deuxième type de langage ça va être justement cette envie de récompense et c'est un peu la carotte ou le bâton quand vous vous adressez à votre enfant vous pouvez aussi plutôt que de dire tu vas être puni Merci. vous pouvez aussi lui dire, tu vas être récompensé si tu obéis, si tu fais des choses qui sont bonnes pour toi et qui plaisent aux parents X ou Y. Donc dans ce type de langage-là, Dieu nous parle dans ses textes aussi par cette idée de récompense, par l'idée de si vous faites ça, vous irez au paradis, vous serez récompensé, vous serez consolé, vous ne serez plus essolé, vous serez enfant vous-même, etc. parmi les prophètes qui agissent avec cette idée. Alors, justement, c'est pareil, l'idée de récompense, elle peut être souvent vue comme étant un peu triviale. L'idée, on obéit à Dieu parce que peut-être on va aller au paradis. Mais en fait, c'est plus subtil que ça. Typiquement, je vais prendre le cas du prophète Joseph. Donc, le prophète Joseph, en islam, c'est le fils de Jacob. Ce n'est pas le père de Jésus. Ce n'est pas Marie et Joseph. En islam, le mari de Jésus n'existe pas. Il n'y a pas de Joseph. donc là je parle vraiment de l'autre Joseph ce qui est intéressant avec le prophète Jusuf en arabe Joseph, c'est que lui il va être confronté à une série d'épreuves il va être jeté dans un puits par ses frères jaloux il va devenir esclave, ensuite il va être accusé à tort d'avoir essayé d'accuser de quelqu'un ensuite il va sortir de là il y a plein de péripéties mais ce qui est intéressant avec Joseph c'est qu'il a un don en particulier d'ailleurs c'est ce qu'il va faire son don de prophétie c'est que Joseph a le don de clairvoyance Joseph voit clair Merci. Donc Joseph sait ce qu'il va devenir. Il a un rêve quand il est jeune, qu'il explique d'ailleurs à son père Jacob, et donc il y a le coup en arabe, et à qui il y a un moment où en fait il sait ce à quoi il est prédestiné. Et donc lorsqu'il endure des choses très compliquées, il les endure avec la conscience qu'elles sont temporaires, et qu'à la fin du jeu, il les gagne. Dieu gagne, mais qu'à la fin du jeu, ça va aller pour lui. Donc vous voyez, ce n'est pas tellement qu'il obéit par ce qu'il veut après aller au paradis, etc., mais il obéit par ce qu'il sait, par ce qu'il voit, par ce qu'il est clairvoyant sur la finalité de ce qui lui arrive. Donc ça aussi, c'est très important d'avoir cet élément en tête. On obéit aussi, c'est plus facile d'obéir, même si je vous disais, là, ça va être une période difficile, mais vous êtes sûrs qu'après ça va aller, c'est plus simple de traverser cette période. Et d'ailleurs, Djalaluddin Rumi, qui est un mystique persan, musulman du XIIe siècle, et qui est actuellement d'ailleurs le poète le plus lu aux États-Unis, d'ailleurs c'est un peu réducteur de l'appeler poète, c'est comme si on appelait Jésus un leader d'opinion ou un influenceur, on ne sait pas d'où il avait ça. Mais anyway, ce que dit Djalaluddin Rumi sur la question, c'est qu'il dit que Joseph, il est particulier, parce que même quand il était dans le puits, il pouvait sentir l'odeur de la rose. Il pouvait sentir... l'odeur de choses qui n'étaient pas physiquement avec lui, mais qui allaient l'atteindre par la suite. Donc son rapport, c'est un rapport de confiance, mais parce qu'il est clairvoyant, parce qu'il sait, parce qu'il voit d'ailleurs Joseph, qu'il a reçu le don d'interpréter les rêves. Et d'ailleurs, c'est ça qui va le sortir de sa condition d'esclave. Là, c'est le deuxième type, c'est l'attrait pour la récompense, donc obéir parce qu'on veut aller au paradis, et parce que quelque part, du coup, on a l'espérance d'y aller, certains. C'est plus que l'espérance, on la connaît sans, et ça leur permet d'y aller. Le troisième rapport, c'est le rapport de l'amour. Le rapport à Dieu qui est fondé sur l'amour, qui est fondé sur l'amitié. D'ailleurs, c'est ce qu'on dit, en islam, on n'utilise pas souvent le terme de saint. Ce n'est pas une très bonne traduction, c'est le terme de rapprocher de Dieu, et d'amis de Dieu. Ceux qui sont saints sont ceux qui sont proches de Dieu, et ceux qui sont ses amis. Et comment, finalement, sont choisis ses amis ? Souvent, ce n'est pas des dons... Il y a des prophètes qui ont des dons incroyables. Jésus, il marche sur l'eau, il ressuscite des morts. Donc il a des capacités prophétiques extraordinaires. Moïse, il ouvre la mer en deux. Mais il y a des prophètes dont le charisme prophétique, c'est-à-dire le don qu'ils ont reçu prophétique, est essentiellement des dons de confiance. Vous prenez le prophète Job. Job, c'est quand même intéressant, parce qu'il lui arrive plein de choses compliquées. Job, il tombe malade, il devient pauvre, il perd sa famille, il devient laid, parce que c'était quelqu'un qui était très beau, donc il est très très éprouvé. Le charisme du prophète Job, c'est-à-dire le don qu'il reçoit de prophétie, c'est la patience. Et de continuer à rester reconnaissant auprès de Dieu, quand bien même il est dans des conditions qui pourraient le rendre ingrat et qui pourraient le mettre en colère et qui pourraient faire qu'il ait une relation conflictuelle avec Dieu, en fait. C'est pas ce qui se passe. Le prophète Job démontrait des capacités de patience très importantes par amitié, par confiance en Dieu, par loyauté à Dieu. Et vous avez un autre prophète comme ça, c'est le prophète Abraham, c'est-à-dire quand même, Dieu s'adresse à lui et lui demande de sacrifier son fils. Fils, d'ailleurs, qu'il est mentionné qu'il a eu très tardivement et très difficilement. C'est-à-dire, quand on regarde dans la Torah ou quand on regarde dans le Coran de l'Édipe, c'est la même histoire. Il avait beaucoup, beaucoup de difficultés à avoir un enfant. Il a un enfant miracle. à la fin, et Dieu lui demande de sacrifier cet enfant miracle. Donc il faut un sacré degré de confiance, certains diraient quand même d'insanité, presque, pour accepter de sacrifier son fils, qui est unique, parce qu'il est unique à ce moment-là, je crois qu'il n'est pas unique, parce qu'il se mêle d'Isaac, mais on ne sait pas trop quand l'un arrive et quand l'autre arrive, mais en tout cas, de sacrifier un enfant qu'il a mis beaucoup de temps à avoir et qui a été la réponse à sa prière. Donc Abraham, sa particularité, d'ailleurs on le dit souvent, En tout cas, dans le Coran, c'est un grand ami de Dieu. C'est quelqu'un qui a une grande confiance en Dieu et qui lui témoigne très souvent cela. Par exemple, dans le Coran, il est mentionné qu'à un moment donné, Abraham est jeté dans le feu. Donc, il faut avoir aussi une sacrée foi. Il est jeté dans le feu, mais il n'est pas brûlé. Donc ça, c'est la relation de l'amour, c'est la relation de l'amitié, c'est la relation de confiance. C'est un des langages, c'est l'un des rapports à Dieu qu'on peut avoir. Vous avez aussi d'autres rapprochés de Dieu, comme Rabiha Adawiyah, qui est une sainte. qui est une sainte musulmane. Rabiha Dawiya, justement, à un moment donné, à son époque, elle se baladait avec, comme un grand bâton, avec un seau ici, un seau d'eau, et là, comme une espèce de petit foyer de feu. Et là, des gens la regardent, et lui disent, ils lui demandent, mais qu'est-ce que tu fais, Rabiha ? Elle était connue comme mystique, on savait qu'elle avait des capacités particulières, avec ce seau d'eau et avec ce feu. Elle a dit, j'aimerais éteindre le feu de l'enfer pour ceux qui obéissent à Dieu par peur et j'aimerais mettre le feu à ceux qui obéissent à Dieu par espérance du paradis. Parce qu'elle lit pour elle que le seul langage qui vaille, eh bien, c'est le langage de l'amour. Alors, elle a raison sur une chose, c'est que tous les langages ne se valent pas. Certains langages rapprochent plus de Dieu que d'autres. En revanche, je ne serais pas d'accord avec elle sur le fait qu'il ne faudrait qu'un seul langage. Dieu a choisi de nous créer divers. D'ailleurs, il le dit, si j'avais voulu, je vous aurais tous créés musulmans. Si j'avais voulu, je vous aurais tous créés croyants. Ce n'est pas ce qu'il fait, en fait. Donc, c'est que Dieu a choisi la diversité, y compris dans les religions qu'il instaure sur Terre. Donc il me semble que dans les rapports que l'on a à Dieu et que dans les langages que l'on a à Dieu, eh bien le rapport, le langage qu'est l'amour est très important, mais ce n'est pas le seul et ce n'est pas grave en fait. Et ça c'est important aussi de comprendre que le rapport il peut évoluer. On peut commencer à se rapprocher de Dieu par peur ou par envie du paradis et on peut ensuite le suivre par amour, par confiance. Si vous regardez bien, on est à trois. Le quatrième c'est lequel ? Le quatrième langage, il est un petit peu différent parce que si vous avez bien regardé, les trois premiers c'est des émotions. La peur, l'envie, la réponse, voilà, c'est ça. Et le troisième, l'amour. Là, ce n'est pas des émotions, c'est autre chose. C'est des rapports qui vont se construire différemment à Dieu. Quel est le rapport dont j'aimerais vous parler ? Celui-là, d'ailleurs, j'ai fait le geste, c'est le rapport direct. C'est le rapport transcendant à Dieu. Alors, transcendant, c'est un mot un peu compliqué pour dire quelque chose de simple. C'est un rapport direct, on est sur la même longueur d'onde. Et en l'occurrence, si on regarde, pour illustrer un peu ce rapport direct, On peut prendre le cas de certains prophètes à qui Dieu s'est adressé directement. La plupart du temps, je ne sais pas si vous avez remarqué, Dieu utilise un ou des intermédiaires pour parler à ses créatures. L'intermédiaire honorable et habituel, c'est l'ange Gabriel, c'est l'ange d'Hybril. C'est celui qui l'envoie pour faire ses révélations spirituelles. Il y a certains prophètes pour lesquels ce n'est pas le cas, pour lesquels il n'envoie pas. avec lesquels il parle directement. Il n'y a pas beaucoup d'exemples. Donc, c'est pour ça que je dis transcendant, un rapport direct, et c'est le cas du prophète Moïse. Moussa, en arabe. Le prophète Moussa, le premier rapport qu'il a avec Dieu, c'est un rapport on ne peut plus direct. Il est sur la montagne, le feu ardent, Dieu prend la forme d'un feu pour s'adresser en fait à Moïse. Il entend directement la voix de Dieu. C'est pas rien, parce que Dieu est tellement puissant, si vous voulez, c'est comme la force créatrice des univers. qu'il y a moyen que simplement en l'entendant, on soit pulvérisé sur place. On parle d'une puissance qui nous dépasse, en fait. Et là, pour Moïse, il arrive à entendre directement. L'étape de la loi, c'est un épisode où à nouveau Dieu s'adresse à lui. Dieu lui donne quelque chose directement. Il ne lui fait pas graver l'étape de la loi, il lui donne. Donc Moïse, il a vraiment un rapport très particulier à Dieu qui est un rapport direct. Et ça s'est illustré notamment dans un passage du Coran de la Sourate Paha. où Dieu dit « Je t'ai créé pour moi et pas pour toi » . C'est intéressant. Moïse, il est presque dépossédé de sa propre existence. Alors, je dis ça dans le sens où il est peut-être dépossédé de son existence, mais de manière extrêmement bienveillante, dans le sens où Dieu se soucie de ce que Moïse ressent. À un moment donné, justement, dans cette surah, Dieu dit « Je n'ai pas fait descendre » . Alors, le Coran, ça veut dire le discernement, si vous voulez. Vous allez me dire, à l'époque de Moïse, ce n'est pas le Coran qui est descendu, c'est la Torah. C'est un petit peu plus complexe que ça, en fait. À l'époque où les textes descendent, en fait, c'est le discernement, c'est le rapport à Dieu qui descend. Donc, au moment où ça descend, eh bien, Moïse, il balise. Il y a beaucoup de choses qu'il ne comprend pas, en fait. Et Dieu se soucie de lui. Donc, il a un rapport bienveillant, même si c'est un rapport qui a un rapport direct. Voilà. Dieu le crée pour lui, et Dieu se soucie de lui. D'ailleurs, Dieu se soucie aussi de sa mère. Il enlève Moïse à sa mère, puisque Moïse est envoyé dans les eaux et est récupéré par Pharaon, et il y a un vrai souci des créatures avec lesquelles il a un rapport direct. Là, Dieu, dans ses rapports directs, ne veut pas d'intermédiaire. Il n'en veut aucun. Cet intermédiaire fût-il un ange ? Il n'en veut pas. Il veut un rapport direct. Il y a d'autres exemples de saints, comme le saint Ibn Arabi, qui a existé il y a des années, qui est un mystique, qui a un peu appelé le maître des maîtres. qui a fait plus de 400 livres à l'époque. Je vous rappelle qu'il n'y a pas d'ordinateur. C'est des livres manuscrits, donc c'est vraiment le mystique des mystiques. À l'époque, en tout cas, Ibn Arabi, il a 16 ans, il est en pleine Andalousie, à l'époque où, j'allais dire, c'est le feu, c'est-à-dire à l'époque où c'est un peu le toit du monde, l'Andalousie en termes culturels et en termes spirituels. Et à ce moment-là, il reçoit, il a une révélation, Ibn Arabi, direct. Il est en haute société, il vient d'un milieu bourgeois. On lui sert un verre de vin, il a 16 ans. Il va pour boire ce verre de vin et il entend la voix directe de Dieu qui lui dit « Ce n'est pas pour ça que nous t'avons créé ! » Donc, que fait Narabi ? Eh bien, il balise, en fait. Il a peur, comme n'importe qui d'entre nous. Donc, il sort de là, il court, il pense qu'il est en train de devenir fou, parce qu'il entend des voix. D'ailleurs, s'il avait existé aujourd'hui, il aurait probablement été prognostiqué, diagnostiqué schizophrène. Et donc, à ce moment-là, il a une révélation. Et il y en aura plusieurs, comme ça. Il va voir des prophètes, il va voir la création. Et pareil, Narabi, il a un rapport comme ça, direct. Donc, il y a des créatures avec lesquelles Dieu a un rapport direct. et il n'y a pas d'intermédiaire. Donc ça, c'est aussi quelque chose que vous pouvez avoir. C'est-à-dire qu'il y a des gens pour qui l'idée d'avoir des intermédiaires n'est pas une bonne idée. Que ce soit des imams, que ce soit des prêtres, que ce soit des pasteurs, que ce soit... Non, parce que Dieu les veut pour lui. En islam, on a un truc qui est très joli, qui est dué jaloux. C'est intéressant parce qu'on entrepose un peu Dieu, c'est-à-dire qu'on lui prête des qualités ou des défauts humains. Ce que ça veut dire, très simplement, ça veut dire que... c'est que Dieu se réserve certains trésors, certaines personnes, avec lesquelles il a une fréquence directe, il est en haut H.D. et il ne veut pas d'intermédiaire. Donc ça, c'est aussi un élément, vous allez me dire, c'est un peu différent des autres. Oui, c'est justement différent, mais là, quand Moïse obéit, il n'obéit pas par peur. D'ailleurs, Moïse a peur, mais il a peur de Pharaon, c'est-à-dire que quand Dieu lui dit, tu vas voir Pharaon, Moïse lui dit, mais en fait, Pharaon, il va... Et donc, Moïse négocie avec Dieu c'est ça qui est intéressant parce que vous avez un rapport direct que ça veut dire que vous faites tout tout de suite Abraham, Brède ne négocie pas Moïse a un rapport direct et Moïse négocie je lui dis en fait Pharaon va me tuer donc Dieu le rassure et il dit ok alors je vais avec mon frère Aaron parce que sinon ça ne va pas bien se passer donc vous voyez les rapports à Dieu peu importe lesquels sont n'empêchent pas la négociation n'empêchent pas de demander à Dieu des aménagements et de la douceur. De la douceur y compris dans le rapport qu'il a, en demandant que ce soit allégé, en demandant que ce soit plus doux. Vous avez le cinquième type de rapport qui est vraiment à part d'air, c'est le petit doigt. Il est à part, et il est à part parce que c'est le rapport immanent. Alors, transcendant, immanent. Amana, quand je vous dis le rapport direct de Moïse ou amana d'ailleurs, adieu, j'ai dit Dieu, et je mets la figure en face, rapport direct. Le rapport immanent, il n'y a pas Dieu et autre chose, il n'y a que Dieu. Vous vous effacez. Alors, je vais vous donner des exemples. Typiquement, c'est Jésus. Jésus. C'est-à-dire qu'en arabe, c'est Issa. Donc, quand même, la manière, le rapport que Dieu a avec Jésus est tout à fait atypique. C'est déjà, il choisit de le faire naître en dehors de la filiation humaine classique. C'est-à-dire, les humains descendent de deux filiations claires, Adam et Ève. c'est clair Jésus non Jésus il choisit de le faire naître d'une femme mais pas d'un homme, pas du tout en tout cas ce qui est intéressant avec Jésus c'est que c'est pas Jésus en fait dans la Bible, dans le Coran parce qu'il n'est pas dans la Torah parce qu'il n'est pas reconnu comme un prophète légitime dans la Bible ou dans le Coran en tout cas Jésus, il n'y a aucune trace de conversation qu'il a avec des anges ou de conversation qu'il a avec Dieu, où Dieu lui répond. Il n'y a pas de trace, en fait. Et donc là, on va se dire, comment ça se fait ? Parce qu'en fait, ce n'est pas Dieu qui parle à Jésus, c'est Dieu qui parle à travers Jésus. C'est pour ça qu'il nexte la figure masculine. Il fait naître Jésus différemment, parce qu'il est différent, parce qu'il incarne le Verbe divin. Et le Verbe divin est à l'intérieur. Il part de l'intérieur de Jésus. D'ailleurs, c'est un prophète qui n'oublie pas qu'il est prophète. La quasi-totalité des prophètes ne savent pas au début qu'ils sont prophètes. La révélation islamique, donc la révélation du Coran au prophète Mohamed, elle intervient quand il a 40 ans. 40 ans de vie, 40 ans d'existence. Joseph, ça va être plus tard, etc. La plupart, c'est plus tard. Pas pour Jésus. Jésus, alors ce n'est pas dans la Bible, mais en tout cas, c'est dans le Coran. Oui, c'est un peu dans la vie, parce que souvent, on a des représentations de Jésus bébé avec Marie, qui fait déjà des signes d'adulte. Et il fait des signes d'adulte parce que c'est un enfant différent. C'est un enfant qui n'a pas vraiment une conscience d'enfant, en fait. C'est un enfant qui a une conscience de prophète. Il a conscience qu'il est le Verbe. Et dans le Coran, il y a un passage qui est très fort, où Jésus vient d'être mis au monde par sa mère Marie, et Marie a peur. Parce qu'elle dit, en fait, à la seconde où je descends, donc dans le village, à la seconde où il me voit avec un enfant illégitime, elle n'est pas mariée, elle a peur de ce qui va lui arriver. Ils vont lui dire, qu'est-ce que tu as fait ? Tu as été consacrée au temple et tu as commis une turpitude. Tu as commis la sexualité en mariage, parce qu'évidemment, il ne pense pas une seule seconde qu'elle est tombée enceinte d'un prophète sans homme. Et Dieu dit à Marie, extrême, c'est-à-dire on est encore dans la confiance, il dit à Marie, tu ne te défendras pas, tu vas descendre avec ton fils sur les bras et tu ne parleras pas, tu ne te défendras pas. Et ce qui se passe, c'est quand au moment où elle voit les villageois qui réagissent exactement comme ce qu'elle le craignait et qui l'accusent d'avoir en gros forniqué, c'est vraiment un mot qui est très moche, mais bon, d'avoir eu des rapports sexuels hors mariage, qu'est-ce qui se passe ? C'est Jésus qui parle. Jésus vient de naître. Et pourquoi la défense de sa mère et de lui ? Donc c'est pour ça que je vous dis, il a un profil très différent, parce que c'est Dieu qui s'adresse à travers lui. Donc c'est un profil immanent. Jésus s'exprime et il a une conversation avec Dieu à partir de l'intérieur. De l'intérieur, il n'a pas besoin de verbaliser, il est le Verbe. C'est pour ça d'ailleurs qu'il est extrêmement puissant. Je ne m'étale pas sur Jésus. Bref. Donc comme vous voyez, je viens de vous montrer les cinq... type de rapport possible à Dieu. Vous allez me dire, vous êtes bien gentil, mais le cinquième rapport, quel rapport est-il maintenant ? On n'est pas né, a priori, du souffle de Dieu, mais pas de la graine de Dieu, comme ce qui a pu se passer pour Jésus. Oui, d'accord, mais Dieu nous dit dans le Coran qu'il est plus proche de nous que notre veine jugulaire. Il est plus proche de nous que nos artères. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'une partie de Dieu est à l'intérieur. Ou en tout cas que nous pouvons, alors parce que ça y est, on va m'accuser de chèque d'association, en tout cas que nous pouvons rentrer en contact avec Dieu à partir de l'intérieur et pas vers l'extérieur. On peut s'adresser à Dieu en dedans. Et vous allez avoir comme ça plusieurs traditions spirituelles qui vont aller dans ce sens. Par exemple, la tradition des Rastafaris. Les Rastafaris, c'est la religion qu'ont... les Jamaïcains, un certain nombre de Jamaïcains, qui est une religion extrêmement intéressante d'ailleurs. Et quand ils s'adressent à Dieu, ils disent « I and I » , « Je et je » , parce que pour eux, Dieu n'est pas un prolongement d'eux-mêmes, mais ils ont une partie, une étincelle, un fragment de Dieu en eux. Et donc lorsqu'ils prient, ils s'adressent à ce fragment divin en eux. Et on va avoir d'autres éléments un peu de ce style, avec Djalal ad-Din Aroumi dont j'ai parlé un petit peu. Plus tôt, Rumi dit que tout le travail qu'on a à faire sur Terre, c'est de naître deux fois. Une première fois de sa mère, un peu comme Jésus-Marie, et une deuxième fois de nous-mêmes, en fait. D'accoucher du Messie intérieur. Si on accouche du Messie intérieur, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que l'on donne vie à morceaux, à fragments, j'allais dire aux verbes. Mais on n'a pas tous le même charisme, on n'est pas tous là pour refléter le verbe. En nous. ce qui a été mis en nous. C'est pour ça que c'est très important aussi de comprendre que les langages sont différents, je l'ai dit, parce que Dieu aime la différence, mais ils sont aussi personnels. C'est-à-dire que c'est unique à l'image de l'unique. Votre rapport à Dieu est unique. Et ce qui est compliqué, c'est un petit peu comme dans les langages de l'amour. Quand vous avez un langage de l'amour, vous voulez que l'autre ait le même langage que vous. Donc il y a cette idée aussi avec les êtres humains, souvent quand on a un rapport à Dieu, on voudrait que les autres aient le même rapport à Dieu. Et parfois on va délégitimer les autres rapports en disant « non mais toi tu obéis à Dieu de cette manière, c'est pas bon, nanana nanana » parce qu'il y en a qui vont vouloir qu'on soit dans une logique de peur, c'est interdit, tu devrais faire ça, nanana nanana, alors qu'en fait Dieu, dans son infini miséricorde, il a choisi la manière dont il voulait nous parler. Je vous donne un exemple, Moïse, comme je viens de dire. Moïse, c'est quand même le nom qui est le plus cité dans le Coran. Quand je dis ça, je ne dis rien. Moïse, qui a un rapport direct avec Dieu, un jour surprend un berger. Il surprend un berger qui est en train de prier Dieu. Et il prie Dieu avec ce qu'il a envie de prier, son langage de l'amour. Et il dit, Dieu, je t'aime tellement, j'aimerais tellement pouvoir baiser tes mains, j'aimerais tellement pouvoir baiser tes pieds, j'aimerais pour le monde. Donc, comme ça. Donc, il anthropomorphise Dieu. Qu'est-ce que ça veut dire anthropomorphiser ? Il lui donne des attributs, une apparence humaine. Moi, ils arrivent. You know ! Qu'est-ce que tu fais ? C'est pas comme ça qu'il faut prier Dieu, il faut faire ça comme ça, comme ça, c'est un blasphème, nanana, Il retourne chez lui, Moïse, et il fait un rêve. Il fait un rêve dans lequel Dieu le retoque. dans lequel Dieu lui dit, je vais le dire en arabe, je vais le dire en français un peu, « Wesh dar luk » « Mais en quoi ça te regarde ? » En fait, la manière dont cette personne me priait. Elle me priait peut-être de manière imparfaite, mais avec sincérité, avec son cœur. C'est ce que Rumi appelle le blasphème doux. C'est le blasphème sincère, c'est le blasphème qui part de Dieu et que Dieu s'empresse de pardonner. Et donc Moïse revient le lendemain. Il retrouve ce même berger qui prie au même endroit et qui cette fois-ci a changé sa manière de prier. Et il lui dit, tu vois Moïse, regarde, cette fois-ci je prie bien. Et Moïse lui dit, non, non, s'il te plaît, reprends ta manière de prier, je m'excuse. Le prophète Moïse s'excuse d'avoir cherché à interférer dans le rapport d'une personne à Dieu. Ce n'est pas notre place en fait. Il y a différents rapports à Dieu et si on veut guider... peut, mais on doit aussi se rappeler de l'infinie intelligence de Dieu et qu'il sait ce qu'il fait, et que nous avons donc des rapports qui sont différents à Dieu pour une raison. Et donc ce qui nous est demandé, en fait, c'est de nous interroger sur notre propre rapport à Dieu. C'est celui-là qui compte, c'est celui-là qui est important. Et dans ce rapport à Dieu, ça revient un petit peu à l'élément dont je vous parlais, qui est l'élément de l'immanence. Je vous ai dit qu'on était là, qu'on pouvait avoir accès à Merci. Un fragment, en fait ce qui est bien ce n'est pas de dire de la réalité divine, mais plutôt du miroir de la réalité divine. C'est ce que diront nous, c'est ce que disent d'autres. Nous avons tous reçu un petit fragment de miroir qui nous permet de refléter Dieu. Donc nous ne sommes pas Dieu, mais nous pouvons refléter Dieu. Et pour savoir quel est notre rapport à Dieu, il est très important d'identifier quelle est notre manière de nous visualiser Dieu. Quelle est notre manière ? de l'imaginer. Parce que très souvent, notre manière d'imaginer Dieu est une projection. Nous projetons sur Dieu ce que nous voudrions qu'il soit, déjà, et ce qu'en partie nous sommes. Si nous sommes en partie un miroir de Dieu, Dieu est aussi en partie un miroir pour nous. Ce qui signifie que si nous avons un rapport très dur à Dieu, un rapport très la peur, le jugement, etc., la culpabilité, c'est parce que ce rapport dur, nous l'avons à nous-mêmes et nous l'avons à la création. Et donc notre rapport à Dieu nous dit quelque chose de ce que renferme notre cœur. Et le cœur, c'est l'organe spirituel le plus important. Donc ça, c'est aussi passionnant en fait en islam. Tout est conscient, les mains, les yeux, les cheveux, la terre, la mer. C'est très animiste aussi dans cette manière de faire, sauf que si tout est conscient, tout n'est pas Dieu, tout est un reflet de Dieu. On n'est pas dans le polythéisme, mais tout est un reflet de Dieu. Les organes n'ont pas la même conscience de Dieu, ils n'ont pas la même proximité avec Dieu, un peu comme les humains. Le cœur est l'organe le plus important. Si vous voulez savoir l'état de santé de votre cœur en tant qu'organe spirituel, il est très important de parvenir à identifier ce que vous projetez sur Dieu. Si vous projetez de la culpabilité, c'est parce que votre égo, votre mental, vous fait représenter Dieu comme quelqu'un qui va venir vous punir pour des choses dont vous vous en voulez. Vous vous envoulez de ces choses et ensuite vous allez projeter ça sur Dieu et vous allez vous dire mais c'est Dieu qui m'en veut. Dieu vous en veut. Voilà, c'est très très important de pouvoir identifier quelles sont nos projections. C'est pour ça que ce qui est intéressant aussi avec les textes, c'est que souvent les textes sont ce que l'on y projette. Si vous venez voir dans le Coran, si vous venez regarder dans la Bible, si vous venez chercher de la violence parce que vous êtes vous-même violent, parce que vous avez vous-même des choses que vous n'avez pas traitées, vous allez chercher dans la Bible, dans le Coran et dans la Torah. Et dans les différents textes, des éléments pour justifier votre propre violence, votre propre discrimination, et vous allez projeter ça sur Dieu. C'est très important d'être conscient de ça, pour enlever finalement ce qui vous empêche de vous rapprocher de Dieu par projection. Enlever ce qui fait obstacle à votre rapport à Dieu. Mais le deuxième élément est vrai, si nous nous projetons sur Dieu des éléments qui sont liés à nous-mêmes, Dieu, il y a des projections de Dieu sur les différents humains. les mini-miroirs, on a chacun un mini-miroir. Votre objectif, en tout cas c'est ce que je crois en tant qu'humain, c'est de réussir à déterminer qu'est-ce que vous êtes venu refléter de la toute-puissance divine. Les montagnes reflètent par exemple la majesté, la beauté, la mer, la mensuétude, le soleil, la puissance, etc. Donc la création, ce sont des mini-reflets de Dieu, parce que Dieu dans son absolu ne peut pas être reflété, c'est ce que dit Ibn Arabi. L'absolu Dieu ne peut pas être reflété, par contre ses attributs, ce qu'en islam nous appelons les noms de Dieu. En fait, Dieu est tellement impensable pour des êtres aussi petits que nous que du coup Dieu nous permet d'avoir des éléments qui nous permettent de nous figurer un peu ce qu'il est. Et c'est ce que l'on appelle des attributs. C'est pour ça qu'en islam on considère que Dieu a 99 noms qui sont en fait des attributs. Le roi, celui qui entend tout, celui qui voit, celui qui est bon, celui qui est aimant, celui qui est miséricordieux pour nous permettre de mieux le connaître. et donc généralement ce qui... nous appelle le plus quand on imagine Dieu. Si vous imaginez Dieu comme un Dieu bienveillant, Amana, la miséricorde, tout miséricordieux, c'est parce que probablement ce que vous êtes venu refléter, c'est en partie la miséricorde de Dieu. C'est ce que Himn Harabi appelle son suzerain, ou le Seigneur, parce que le suzerain, c'est un peu compliqué. Nous avons tous un Dieu absolu, mais nous avons un maître qui est toujours Dieu, c'est-à-dire un des attributs de Dieu en particulier que nous sommes venus refléter. Et notre rapport à Dieu dépend beaucoup de ce que nous sommes venus refléter. Si nous sommes venus refléter l'amour, alors ce qui est très très important, c'est de nettoyer le miroir intérieur, le cœur, pour que nous puissions refléter cet amour. Et donc dans ce rapport, dans le rapport à Dieu, il y a un jeu de miroir permanent. Dieu se fait le miroir des humains. Et les humains se font le miroir de quelques aspects de Dieu. Notre mission est donc d'identifier le langage que nous avons et d'identifier notre Seigneur, notre Suzerain, c'est-à-dire l'attribut de Dieu que nous sommes venus incarner. Le guérisseur, le vivant, est-ce qu'on est venu incarner la vérité ? Est-ce qu'on est venu incarner l'amour, la puissance ? Et ça, c'est très très important d'avoir ça en tête. Et l'être humain se réparerait-il ? Alors, je prends ça avec des pincettes parce que je n'y crois pas trop. la seule créature qui serait capable de refléter plusieurs attributs en même temps. Parce que pour moi, par exemple, la mer ou l'univers reflètent plusieurs attributs en même temps. Du coup, c'est important, vous pouvez en avoir plusieurs, comme vous pouvez avoir plusieurs langages de l'amour. Parce que le rapport à Dieu, il est comme la vie, il évolue, il est changeant. C'est ce que disent les bouddhistes. La seule permanence, c'est le changement. Et donc, dans votre vie, votre rapport peut changer. Par exemple, le prophète Mohamed, c'est pour ça que je ne l'ai pas nommé dans les rapports, c'est que ses rapports à Dieu ont changé. Ça peut être la peur, ça peut être le fait de pouvoir voir et d'anticiper l'avenir parce qu'il est éclairvoyant. Ça peut être l'amour, évidemment. Ça peut être la transcendance, ça peut être l'immanence. Il y en a qui en ont plusieurs. Les prophètes peuvent avoir plusieurs, finalement, langages et plusieurs attributs qu'ils reflètent. Et chez les humains aussi, on peut en avoir un et c'est déjà très, très bien. On peut en avoir plusieurs et l'idée, c'est de les identifier. Pourquoi c'est important ? Parce que Dieu nous dit. que notre rapport à lui définit son rapport à nous. Rien que ça. Alors là, je vous invite à être particulièrement attentive. Parce que ça, c'est un aspect très, très important. Dieu nous dit quoi ? Il dit, en tout cas dans le Coran, « Si tu m'évoques, si vous m'évoquez, je vous évoque. » Donc, si vous m'invoquez, je vous invoque. Si vous m'évoquez, je vous évoque. Donc, quand vous dites « mon Dieu » , il répond « oui, Fatima, oui, Hasna » . Oui, petit Sam, oui, Fatima, oui, Faïsa, oui, Eleonore. Donc, quand nous évoquons Dieu, Dieu nous évoque. On retrouve ça aussi dans la Bible, quand on dit, voilà, quand on prie Jésus, ben, Jésus est parmi nous. Et d'ailleurs, le collectif est très important pour l'évocation. Le fait d'être plusieurs, c'est un peu comme si, au lieu d'avoir une seule fibre optique, on en a plusieurs. La connexion est meilleure, d'où l'importance de la collectivité. Donc, le rapport à Dieu aussi peut être différent si on est dans une communauté, dans un groupe, etc. Si on l'invoque, il nous invoque, et pas que. Par exemple, il dit, si vous m'oubliez, je vous oublie. Si vous vous rapprochez de moi, je me rapproche de vous. Et donc, on va dire, c'est aussi dans la Bible, quand Dieu dit, attention à la mesure avec laquelle mesurez, vous mesurez, vous jugez les autres, parce que vous serez jugés avec la même mesure. Donc là, Dieu se fait clairement un miroir. Si nous nous rapprochons de lui, il se rapproche de nous. Si on est dur dans le jugement, il est dur dans le jugement. Et là, on se dit, bon. Dieu qui est d'une infinie intelligence émotionnelle, parce que Dieu est pédagogue. Dieu veut nous parler, il veut parler à sa création, il veut que sa création entende. D'ailleurs, il dit, il n'y a pas un peuple à qui je n'ai pas envoyé un envoyé et un texte. Parce que Dieu est miséricordieux, il aime sa création, il aime ses créatures. Fût-elle arrogante ? Comme c'est Dieu qui dit que l'humain est arrogant et ignorant parce qu'il a accepté le libre-arbitre, là où même les montagnes, elles ont dit non. Lui, il a dit, moi, s'il vous plaît. Déjà, il y avait quelque chose qu'on n'avait pas forcément compris. Mais en tout cas... là on se dit, Dieu dans son infini intelligence là il est un peu dans un rapport qui peut paraître un peu, alors je dis pas que c'est lui, je dis que ce rapport là peut paraître immature, parce que si par exemple vous mordez un chien qui vous mord en quoi vous êtes meilleur que ce chien qui vous a mordu vous voyez, donc ça ça peut c'est à dire ça ça ça peut prêter à interrogation et donc j'ai médité sur cette question et ce qui m'est venu c'est la question du libre arbitre c'est le début et la fin comme chez les grecs Et comme je vous le dis, tout est cyclique. Ce n'est pas une vision linéaire, c'est une vision de cycle. Donc le début et la fin, j'ai commencé par dire que l'être humain avait un rapport particulier à Dieu du fait du libre-arbitre, et là on revient au caractère particulier de l'humain à cause du libre-arbitre. Dieu se fait notre reflet et agit envers nous comme nous agissons envers lui et envers sa création, qui est un reflet de lui-même, parce qu'il respecte notre consentement. Si nous voulons être loin de lui, même si nous évoluons dans un univers... imbibée de lui. Pour Rumi, c'est comme une perle au fond de l'eau qui se demande où est l'océan. La perle est le produit de l'océan, elle est au milieu de l'océan. Mais elle n'a pas forcément conscience de cela. Mais là, Dieu dit... Si vous ne voulez pas avoir conscience de moi, alors vous allez où ? C'est votre choix. Il respecte le consentement, en fait. C'est pour ça que c'est très important de demander à Dieu, de négocier avec Dieu, d'avoir un rapport de proximité. La sainte dont je vous parlais tout à l'heure, Rabia Adawiya, il y a des fois où elle se prenait la tête avec Dieu. Mais parce qu'elle croit en lui, parce qu'elle a un rapport de proximité, parce qu'elle a une confiance en lui et qu'elle n'autorise personne à venir se mettre au milieu. Donc c'est très important de prendre conscience de votre rapport à Dieu pour pouvoir le corriger et en le corrigeant, changer le rapport que Dieu a avec vous. Dieu respecte le rapport que vous entretenez avec lui. Si vous voulez vous rapprocher, il va falloir vous rapprocher d'abord. Si vous voulez qu'il vous parle, il va falloir lui parler d'abord. Il va falloir lui demander. Si vous voulez qu'il soit miséricordieux, il est déjà miséricordieux, mais le soit encore davantage, soyez miséricordieuse. Miséricordieuse, ça veut dire soyez bienveillant. avec sa créature, ses créatures, avec sa création, avec vous-même, en fait. Et le dernier élément, ce qui me semble extrêmement important, c'est que, c'est marrant la voix que je dis extrêmement important, le rapport à Dieu dépend beaucoup du rapport que vous avez avec vous-même. Je ne crois pas, c'est une intime conviction, que l'on peut se rapprocher de Dieu en étant éloigné de nous-mêmes. Si on part du principe que le cinquième type de langage, le cinquième élément, c'est l'immanence, C'est-à-dire qu'il y a un reflet, Dieu est plus proche de nous que notre benjugulaire, que Dieu est parmi nous, en fait, qu'il est à l'intérieur. Eh bien, si vous haïssez quelque part, vous haïssez une partie de Dieu. Vous haïssez sa création qui le reflète, en fait. Et pour avoir un rapport plus sain à Dieu, il est très important d'avoir un rapport plus sain à vous-même, parce que du coup, vous allez pouvoir identifier quels sont les éléments qui, sur votre miroir, sur votre cœur, font obstacle au reflet de Dieu. La haine de soi est à ce jour, à mon avis, l'obstacle le plus important à une relation directe, sincère, profonde avec Dieu. On ne vient pas à Dieu morcelé, en fait. On ne vient pas à Dieu en lui disant « Moi, je viens, mais je ne m'aime pas parce que... » parce que j'aimerais bien prier tous les jours mais que j'y arrive pas, parce que j'ai eu des rapports sexuels en mariage, parce que je suis homosexuelle, parce que j'ai des problèmes avec les jeux d'argent, parce que je suis pas parfait, etc. Dieu vous a créé entier, il vous veut entier, vous reviendrez à lui entier, et donc tout l'objectif de cette vie, c'est de réussir à construire un rapport plus sain, d'ailleurs les éléments que je viens de citer, je les mets pas ensemble, je mets pas sur le même plan le fait de boire, de faire des... Voilà. Mais je vous explique ce qui peut entraver le rapport à Dieu. Votre rapport à Dieu peut changer dans le temps, à mesure notamment que vous changez votre rapport à vous-même. En changeant votre rapport à vous-même, vous allez changer votre rapport à la création. Si vous êtes plus doux vis-à-vis de vous-même, vous serez probablement beaucoup plus doux vis-à-vis des autres. Si vous êtes plus doux vis-à-vis des autres, vous allez avoir une vision plus douce de Dieu. Ça, c'est très important d'en avoir conscience. C'est déjà ? La fin de cet épisode. Merci d'avoir été là pour votre écoute et pour votre présence. Cet espace existe aussi grâce à vous. Si vous souhaitez le soutenir, proposer un partenariat, faire une donation ou rejoindre les prières collectives en direct, toutes les informations se trouvent dans le descriptif de l'épisode. Prenez soin de vous et à très bientôt, dans Dieu est grande.