- Speaker #0
Cet épisode aborde la dépression du postpartum et des idées noires. Si tu te sens concernée, ne reste pas seule, oriente-toi vers des professionnels de la santé mentale ou vers ton médecin traitant. Elle pensait que sa grossesse serait belle, comme on lui avait toujours raconté. Aujourd'hui, je reçois Laura. Et assez vite en fait, les choses ne se passent pas du tout comme elle l'avait imaginé. Elle se retrouve avec beaucoup de choses à vivre, assez seule. et pas vraiment entendue dans ce qu'elle traverse. Ça continue pendant la grossesse, puis l'accouchement, et après la naissance, elle bascule dans une dépression postpartum, avec des idées sombres. Dans cet épisode, Laura raconte aussi comment, petit à petit, elle a commencé à reprendre le pouvoir, jusqu'à décider de se former pour devenir sage-femme. Dans cet épisode, on parlera également d'accouchement à domicile, et de la photographie son premier amour, un endroit où elle respire à nouveau et où elle retrouve de la joie. Bienvenue dans Disruptive, le podcast de celles qui ne rentrent plus dans leur vie d'avant.
- Speaker #1
Bonne écoute !
- Speaker #0
Bonjour Laura, merci d'être là.
- Speaker #1
Salut Justine.
- Speaker #0
Comment tu vas ?
- Speaker #1
Ça va, ça va. Un petit peu stressée, mais ça va.
- Speaker #0
Est-ce que tu as envie de te présenter et de nous dire qui tu es aujourd'hui, Laura ?
- Speaker #1
Alors, qui je suis aujourd'hui ? Je suis Laura, maman de deux enfants, fille de 4 ans et d'un petit bout de 15 mois maintenant. De premier diplôme, je suis infirmière, un métier que j'ai exercé quelques années. Et puis après un burn-out et une entrée dans la maternité, j'ai un petit peu changé avec des projets qui sont arrivés. Et donc, je reprends maintenant des études de sage-femme. Et entre-temps, il y a déjà un peu plus de trois ans, je me suis lancée dans le métier de photographe. photographes pour les mères, les familles, les femmes. Donc voilà les grosses étiquettes qui peuvent me présenter maintenant.
- Speaker #0
On avait déjà fait un enregistrement il y a quelques mois.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Tu m'as dit, tiens c'est drôle, je ne parlerai plus pareil. Et c'est vrai qu'on était à nos débuts, c'était le début de diplôme.
- Speaker #1
C'est le tout premier épisode.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Compris enregistre, du coup.
- Speaker #0
Compris enregistre, qui n'est jamais sorti. On a fait du chemin depuis. Et j'aimais bien, tu disais que c'était le bazar dans ta tête et dans ta vie. Et ça grouille de projets, de formations. Voilà. Il y a beaucoup de sensibilité aussi en toi, donc c'est vraiment chouette.
- Speaker #1
Ah, mais c'est toujours le cas. C'est toujours autant le bazar. Dans ma tête et dans ma vie, j'ai toujours autant de projets et toujours des nouveaux qui arrivent et toujours des idées de nouvelles formations. Donc, en plus des études de sage-femme, j'ai toujours envie de pouvoir après proposer le meilleur aux gens que j'ai envie d'accompagner plus tard, aux mamans. Et que ce soit même dans la photo, je continue de me former. Du côté sage-femme, je veux avoir vraiment une approche hyper complète, holistique et prendre... toutes les petites facettes de la maternité, pouvoir soutenir toutes ces petites facettes, que ce soit l'allaitement, je me suis formée à l'allaitement, et d'ailleurs j'ai déclaré une activité de consultation allaitement, pour pouvoir aider les mamans sur ce côté-là, mais en plus de ça, je me forme aussi dans la nutrition de la femme enceinte et allaitante, j'ai plein d'autres projets aussi, pour vraiment prendre... vraiment on charge la maman dans sa globalité j'ai eu un certificat universitaire aussi en psychopathologie périnatale ça parle de quoi ça ? je ne savais pas j'ai tellement appris de formation que j'ai oublié de les dire ben C'est de pouvoir reconnaître tous les troubles psychologiques, psychiatriques, que ce soit à la fois chez le bébé et chez la maman. C'est vrai qu'au côté bébé, cette formation est à compléter avec d'autres. Mais voilà, ça m'intéressait vraiment tout ce qui est pendant la grossesse. Postpartum, tout ce qui est dépression du postpartum, les psychoses, vulnérabilité de la maman et pouvoir reconnaître tous les petits drapeaux rouges, les red flags de ce qui pourrait ne pas aller chez une maman, pouvoir être à l'écoute. Et du coup, ne plus voir la maman enceinte comme un utérus, un bébé à l'intérieur, des paramètres vitaux et donc vraiment voir un ensemble avec une maman. qu'il y a un bouleversement dans sa vie, qu'il y a le corps qui change, un nouveau rôle à prendre. Et donc, voilà, prendre vraiment la pouvoir à la reconnaître en tant que personne complète.
- Speaker #0
Oui, ça me fait penser du coup à cet épisode qu'on avait tourné où tu justement avais parlé de cet utérus, de comment tu t'étais sentie plutôt objet, pas vraiment sujet dans ta première grossesse. Oui. On va en parler, mais alors, je voulais savoir, avant de commencer, mais d'où ça vient cette appétence autour de la maternité ?
- Speaker #1
Eh ben, je pense que c'est ma propre maternité qui a fait un grand bouleversement. Donc, quand j'ai fait mon burn-out infirmier, je me suis dit, j'ai besoin d'une... pause. Et en fait, je crois qu'à ce moment-là, j'idéalisais vraiment la grossesse. Ça faisait un petit temps que je voulais être maman. Donc, je me suis dit, c'est le bon moment. Et je ne m'attendais pas du tout à ce qui m'arrivait. Moi, j'avais un peu l'image de la femme enceinte, comme on le voit dans les magazines ou quoi, qu'on est belle, qu'on se sent bien. Et je me dis, super, pendant neuf mois, je vais pouvoir me remettre un peu du boulot, prendre soin de moi. Et en fait, je suis quand même tombée de haut. Je ne m'attendais pas à vivre une grossesse comme ça, où j'ai été fatiguée, malade. J'ai pu profiter de pas grand-chose. Beaucoup de douleurs ligamentaires, mais vraiment très, très intenses, qu'aucun professionnel n'a pris le temps peut-être d'écouter. Et ceux qui écoutaient se sentaient impuissants. Et voilà, oui. Quand on parlait du térus avant, au niveau de mes rendez-vous chez le gynéco, on vérifiait si ce n'était pas des contractions, il n'y avait pas de menaces d'accouchement prématurés ou quoi. Donc, en fait, c'était bon, tout allait bien. Donc, voilà, merci, au revoir, madame.
- Speaker #0
Alors que toi, tu rentrais avec des douleurs. Je m'en rappelle.
- Speaker #1
C'est vrai que c'était très intense. Marcher était compliqué, dormir était compliqué. Tout était vraiment... Compliqué, avec une fatigue énorme et des vomissements jusqu'à 7 mois de grossesse.
- Speaker #0
Ah oui, une épérémèse gravidique ?
- Speaker #1
Ça n'a pas été diagnostiqué comme ça. J'ai quand même pris du poids, etc.
- Speaker #0
Ce n'était pas grave pour eux du coup ?
- Speaker #1
Non, ce n'était pas... Des vomissements quand même tous les jours, mais pas au point de perdre du poids, que ce soit dangereux pour moi ou pour le bébé. Mais n'empêche, très difficile à vivre avec des nausées qui duraient toute la journée, même s'il n'y avait pas forcément de vomissements dans l'après-midi. Ce n'était pas facile. Et voilà, à part un médicament, on ne me propose pas non plus beaucoup de solutions. Je me suis un peu retrouvée seule, déjà isolée parce que je ne travaillais pas. Tous mes amis, mes collègues, évidemment, étaient au boulot. Donc, c'est passer la journée seule à la maison, dans nos douleurs, dans mes douleurs, dans mes questionnements, dans mes recherches de solutions pour aller mieux, avec tout un changement d'identité, parce que je suis quelqu'un d'assez hyperactif, toujours plein de projets, plein d'envies, de choses à faire. Et là, de ne plus pouvoir promener mon chien, faire le potager et tous mes projets, je me sentais complètement bloquée et ça ne me ressemblait pas. d'être assise toute la journée dans le fauteuil, mais je n'avais plus pas d'autre choix. Et donc voilà, je me suis sentie très seule. Et puis déjà pendant la grossesse, avec je pense, ça n'a pas été diagnostiqué, mais je pense un moral qui descendait déjà.
- Speaker #0
Mais surtout que si j'ai bien compris, tu avais un burn-out avant du boulot, donc tu avais déjà une fatigue et une perte de sens dans ton travail d'infirmière avant de te mettre enceinte. Le terrain était déjà fragilisé.
- Speaker #1
C'est ça. Donc maintenant, avec le recul, je me dis, mais quelle mauvaise idée d'entamer une grossesse à ce moment-là. Et pas de chance que ce ne soit pas diagnostiqué à temps, que je n'ai pas été soutenue comme je le devrais, parce que c'est vrai que la grossesse, c'est très intense pour le corps, pour l'esprit. Et donc voilà. J'avais pas non plus mis les mots sur le burn-out et c'est seulement après la grossesse, en en parlant avec une psychologue, qu'elle m'a dit clairement que j'étais en état de burn-out. Et donc voilà, sur le moment, on s'enlise dedans et on s'en rend pas compte.
- Speaker #0
Oui, on a parfois l'impression que je suis un peu fatiguée du boulot, j'en ai un peu marre.
- Speaker #1
Oui, c'était bien plus que ça.
- Speaker #0
On prend la mesure. Tu l'as pris bien après quand...
- Speaker #1
ça continue à dégringoler et quand les problèmes se sont accumulés et c'est vrai que quand on,
- Speaker #0
enfin je repense à mes grossesses on tient tellement pas compte de comment on est vraiment sur le plan médical, le corps le bébé,
- Speaker #1
mais jamais on se pose la question de comment vous allez jamais on m'a posé la question je pense et puis même après quand Quand j'ai osé dire que ça n'allait pas trop, on me dit « mais t'as tout pour être heureuse, de quoi tu te plains ? » Donc c'est vraiment pas facile. On me dit « c'est normal, t'es fatiguée parce que t'es enceinte, c'est normal, c'est normal, c'est les hormones, ça va passer. » Et donc il y a un peu de l'auto-persuasion comme ça, où on se dit « oui, j'imagine que les gens doivent avoir raison, que ça va passer. »
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et puis, en fait, c'est plus que ça.
- Speaker #0
Et donc, tu as accouché avec toute cette grossesse, en te persuadant que ça va passer.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Que ce n'est pas si grave que ça et sans solution réelle.
- Speaker #1
C'est ça. Ou en me disant que ça va aller mieux après l'accouchement. Et puis, en fait, non.
- Speaker #0
Et l'accouchement, comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
c'était médicalement il s'est bien passé, il n'y a pas eu de complications mais psychologiquement c'était pas ce que j'avais imaginé dans le sens que j'ai jamais imaginé accoucher à l'hôpital pour moi c'était je voyais ça à la maison pas de chance à ce moment là j'ai pas trouvé de sage-femme pour accoucher à la maison et donc je me suis dit je vais aller à l'hôpital, pas trop le choix mais rien que le fait d'être de ne pas être dans le lieu que j'avais imaginé. Et du coup, avec des protocoles un peu à subir, sans qu'on me demande mon consentement pour mettre une perfusion, mettre tel médicament, tel médicament. Puis de nouveau, j'ai eu des contractions pendant... J'ai accouché le jeudi matin, j'avais des contractions depuis le dimanche soir. Oh,
- Speaker #0
attends ! Ça fait combien de jours tout ça ?
- Speaker #1
Ça fait... 4 bons jours. Toutes les 8 minutes, j'avais des contractions bien intenses. C'était un pré-travail juste très intense et long. Mais du coup, je n'ai pas dormi. Déjà, je ne dormais pas beaucoup pendant la grossesse. Mais là, c'était vraiment juste somnolé entre les contractions. Et donc, je suis arrivée à l'hôpital épuisée. Et on m'a dit que je n'accouchais pas. Que c'était des contractions de fin de grossesse.
- Speaker #0
Quelle horreur ! Bye.
- Speaker #1
Et donc très difficile à entendre parce que là, je sentais bien que c'était le bon moment. Et puis finalement, je pense que mon corps était tellement épuisé qu'au lieu d'avoir des contractions après qui s'intensifiaient, la douleur a diminué. Je pouvais vraiment me reposer, même pendant les contractions, avec mon mari qui était hyper impliqué et qui me massait. Même sans péridurale, les douleurs ont presque disparu, même à la fin. Mais alors, j'étais toujours sortie de ma bulle avec les sages-femmes qui rentraient, qui me disaient « courage, la contraction est bientôt finie » , je ne savais même plus de quoi elles parlaient. Donc un accouchement sans douleur qui aurait pu être magnifique, mais que je n'ai pas vécu si bien que ça du fait que je n'étais pas dans ma bulle, pas dans l'environnement que je voulais. et avec des médicaments qu'on m'a injectés sans me prévenir. Donc voilà, je ne me suis pas sentie très respectée avec ces protocoles, même si en tant qu'infirmière je les comprends, mais j'aurais juste aimé qu'on me laisse expliquer, qu'on me prévienne, parce que quand on accouche, on... On accouche, mais on n'est pas en train d'étudier une situation.
- Speaker #0
Oui, on n'est pas d'infirmière.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
T'es en plein dedans, quoi.
- Speaker #1
Voilà. Et pareil, le postpartum, jamais je ne me suis imaginée à la maternité. Moi, je voyais un postpartum chez moi et donc j'avais besoin d'être chez moi. Donc, un peu mal vécu ce séjour à la maternité, juste parce qu'il n'était pas en accord avec ce que mon cerveau avait imaginé. et donc finalement même s'il n'y a pas pas eu d'événements médicaux ou graves ou quoi, c'est quand même un accouchement qui m'a un peu traumatisée dans ce sens-là. Je ne pense pas qu'on peut comparer les faits avec les ressentis des gens.
- Speaker #0
Oui, on t'a un peu repris ton pouvoir. Tu n'avais plus ton pouvoir sur ce moment-là.
- Speaker #1
C'est ça. On impose aussi des positions. Donc voilà.
- Speaker #0
Oui, et quand tu es rentrée, tu as été tout de suite plongée dans la présentation à tout le monde et pas du tout à un rythme...
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Donc on n'est même pas rentrée tout de suite à la maison après la maternité. Mon mari, tellement heureux et fier d'avoir son nouveau-né à montrer, a fait le tour de toute la famille. Le lendemain, il y avait déjà un gros repas. à la maison. Et en fait, moi, je pense que j'étais tellement épuisée de la grossesse, de l'accouchement, que tout ce que j'arrivais à dire, c'était oui, Je ne me rendais absolument pas compte de ce qui se passait. Donc, sur le coup, j'étais contente de voir les gens. Ça me faisait plaisir. Mais je pense que j'étais complètement à côté de la plaque. Mon mari ne s'est pas du tout rendu compte que j'avais peut-être besoin de me reposer ou quoi. Il a repris le boulot deux jours après, un ou trois jours après, donc vraiment très vite, parce que son collègue était en arrêt maladie, donc il était indispensable. Et donc moi, je pensais vraiment pouvoir gérer, je le pensais réellement, et au fur et à mesure du temps, j'ai commencé à sombrer sans m'en rendre compte dans la dépression.
- Speaker #0
C'était comment alors ça ? C'est quoi les signes que tu n'as pas vus, mais qui étaient là et qui indiquaient que ça n'allait plus ?
- Speaker #1
C'est vrai que je pleurais quand même toute la journée. J'essuyais les larmes à 17h quand mon mari rentrait.
- Speaker #0
Tu ne voulais pas lui montrer ?
- Speaker #1
Je crois que je vous... Déjà à moi, je ne voulais pas le montrer, mais c'est vrai que du coup, je cachais bien mes mots autres. Je n'arrivais pas à me poser. Donc j'étais tout le temps, tout le temps, tout le temps en route. avec mon bébé en portable je faisais le potager c'était même plus un potager c'était du maraîchage je m'occupais pour ne pas penser non plus beaucoup pleurer ne rien ressentir comme sentiment, mis à part de la tristesse et du coup d'avoir l'impression de ne pas vivre les choses mais d'être sur un petit nuage à regarder la scène mais pas être dedans euh Donc voilà, faire les choses un peu machinalement, j'avais pas vraiment de lien avec mon bébé. Je me rappelle que je lui parlais pas, et elle souriait avec son papa, mais pas avec moi. Et donc, en fait, c'est un cercle vicieux de culpabilité, parce que ça, je m'en rendais bien compte. Et puis, oui, de pleurer tout le temps. Au bout d'un moment, je me suis dit, mais en fait, il y a quand même quelque chose qui tourne pas rond. Et donc, quand j'ai commencé à dire, en fait, je pleure beaucoup, je suis fatiguée, je ne dormais pas la nuit non plus. Quand l'herbette se rendormait, je n'arrivais pas à me rendormir.
- Speaker #0
Tu ruminais ?
- Speaker #1
Oui, je ruminais des idées noires et des idées négatives tout le temps, tout le temps.
- Speaker #0
Et tu avais aussi envie de mourir ?
- Speaker #1
Oui. Et sur le moment, au début, en fait, ça arrive insidieusement, on ne s'en rendait même pas compte. Je m'en rendais même pas compte.
- Speaker #0
Oui, t'avais ces pensées-là sans te rendre compte de l'ampleur et de...
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. C'est ça. Et oui, tout le monde me disait, c'est les hormones, ça va passer, c'est un petit baby blues, t'as tout pour être heureuse. Et donc, il a fallu, je pense, 4 mois avant de consulter mon médecin traitant. d'abord une psychologue je pense d'abord une psychologue qui a mis du coup les mots sur le burnout que j'avais vécu avant sur la dépression postpartum puis j'ai été voir mon médecin traitant qui m'a dit que c'était la dépression postpartum était la maladie du moment que c'était un peu tout et n'importe quoi donc voilà de nouveau pas très écoutée soutenue, entendue par mon médecin traitant Merci. J'étais contre les médicaments. J'avais des préjugés sur les antidépresseurs, etc. Donc il a fallu attendre neuf mois, là où j'avais vraiment des idées. très noire, qui devenait de plus en plus claire. Où là, je me suis dit, en fait, là, j'ai pas le choix.
- Speaker #0
Mais tu savais que t'avais un plan en tête pour comment en finir. Ouais. Donc c'était vraiment là, le gros sonnet d'alarme.
- Speaker #1
C'est ça. Où là, mon mari s'en est rendu compte.
- Speaker #0
Ah, ok.
- Speaker #1
Et il a vraiment fallu ce moment-là pour qu'il dise, ah ouais, en fait, ça va vraiment pas.
- Speaker #0
Ah oui. Autrement, il se disait aussi que ça allait passer, que c'était normal.
- Speaker #1
Il me disait, tu vas reprendre le boulot, ça va aller, c'est juste le boulot qui te manque. Et donc j'ai repris un boulot infirmier quand ma fille avait 6 mois. Et j'ai mis toute mon énergie à savoir travailler. Et je rentrais, j'étais une larve, je me couchais sur le canapé, même pour allaiter, c'était compliqué. Et je me raccrochais à cet allaitement parce que c'était la seule chose qui faisait que j'étais encore utile pour quelqu'un. Et donc ça a été vraiment la raison pour laquelle je voulais allaiter.
- Speaker #0
Et ça t'a sauvée ?
- Speaker #1
Et ça m'a sauvée, tout à fait. Si j'arrêtais l'allaitement, je n'avais plus de raison d'être là. Donc voilà, c'était peut-être pas une bonne raison pour allaiter, mais il faut essayer de que si, je ne sais pas.
- Speaker #0
Ça marque le début de ton histoire avec l'allaitement et la consultance.
- Speaker #1
C'est ça. J'ai d'abord commencé à m'informer sur la physiologie de la grossesse, de l'accouchement. Et là, j'ai compris beaucoup de choses, vraiment beaucoup de choses. Et je me suis dit, mais ça, j'aurais dû être au courant avant. Personne ne me l'a expliqué. Et l'allaitement, je n'ai jamais eu de souci d'allaitement. Donc, c'était très instinctif.
- Speaker #0
Ah oui, ok.
- Speaker #1
Je ne me suis jamais posé de questions. Mon bébé prenait du poids, nickel. Par contre, quand je voyais les gens autour de moi qui commençaient des allaitements, ils s'arrêtaient un à un, pas parce que les mamans le choisissaient, mais parce qu'elles n'arrivaient plus, il y avait des problèmes. Je me suis dit que c'était bizarre. Moi, j'y arrive et les autres n'y arrivent pas. Mais pourquoi ? J'ai commencé à m'intéresser à ça, à chercher à comprendre. Je me suis rendue compte qu'elles n'avaient pas toujours les bons conseils, pas toujours les bonnes préparations. Et là, en me renseignant sur l'allaitement, je suis vraiment tombée en amour de ce sujet. J'ai eu envie d'aider les autres par rapport à ça. Et donc, c'est de là qu'est venue l'idée de me former d'abord à l'allaitement. Et puis, au fur et à mesure des choses, sur la périnatalité, la grossesse, la physiologie, juste revenir à notre nature humaine. D'abord, comprendre la physiologie avant de comprendre aussi les pathologiques. peut y avoir avec la grossesse, le postpartum. Évidemment, une fois que j'ai pris conscience de la dépression postpartum, que ça a commencé à aller mieux, que j'ai recommencé à remonter la pente, j'ai eu envie de comprendre le pourquoi du comment, tous les facteurs qui m'ont amenée à cette dépression. Et surtout, cette prise de conscience que les femmes sont terriblement seules aussi en postpartum. Et de me dire qu'il faut que je sois actrice et que je fasse quelque chose. Et tout ça en même temps de retourner au boulot et d'avoir une perte totale de sens par rapport à mon boulot d'infirmière. Ne plus trouver ma place. De me dire que ma place est ailleurs. Et donc c'est dans l'accompagnement des femmes que je veux trouver cette place.
- Speaker #0
Et ça a été très clair pour toi ? Donc, tu as eu la dépression, tu as pris des antidépresseurs, tu as continué ton boulot ou tu as pris un temps de pause où tu t'es dit, ok, là, je me soigne ?
- Speaker #1
Non, je n'ai jamais pris de temps de pause. J'ai tout accumulé, le travail, les formations.
- Speaker #0
La recherche de compréhension. Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Et en même temps, j'ai toujours été passionnée de la photographie. J'ai toujours eu un peu ce discours de la famille quand j'étais petite, qu'il fallait faire quelque chose d'utile. Et à ce moment-là, de ce qu'on disait, ce n'était pas utile. La photographie. La photographie. Et en fait, je me suis lancée, j'ai commencé à photographier, photographier, photographier, plus en plus. Et c'est quelque chose qui m'a donné beaucoup de force. énormément de force et de joie aussi. Et donc je me suis dit, en fait, il faut que je continue la photo. Et c'est comme ça que j'ai commencé mon activité complémentaire, tout en travaillant, tout en formant l'allaitement, et en reprenant des formations.
- Speaker #0
Avec un bébé en passage, et en reprenant des formations.
- Speaker #1
Et voilà, tout ça, au fur et à mesure du temps, c'est long de se remettre d'une dépression, mais au fur et à mesure...
- Speaker #0
Et d'un burn-out.
- Speaker #1
Et d'un burn-out, oui. J'ai réussi à plus ou moins en sortir. après ou d'un moment ça a quand même pété parce que je faisais beaucoup trop de choses et donc là le burn out est revenu par rapport à cette perte de sens de mon métier d'infirmière que j'avais beau faire beaucoup de choses à côté ça n'arrivait plus à compenser et donc là re-burn out j'étais en maladie puis quelques temps après je suis tombée enceinte de mon deuxième enfant Merci. Et là, j'ai eu le déclic. Enfin, le déclic sur 5 minutes de temps où je me suis dit, oui, j'ai un diplôme de doula, mais en fait, je ne l'utilise pas et ça ne me correspond pas totalement. Et par contre, il y a besoin de sages-femmes. Il y a besoin de sages-femmes pour prendre en charge les femmes vraiment de manière complète. Et en 5 minutes de temps, je me suis inscrite. C'était le dernier jour des inscriptions. C'était un 27 septembre, jour férié, donc après c'était le week-end, et 30 septembre déjà, donc en 5 minutes de temps, j'ai dit je m'inscris, je réfléchis après.
- Speaker #0
Excellent.
- Speaker #1
Et donc voilà, j'ai repris ces études, et ça a été un peu le déclic qui... En tombant enceinte de mon deuxième bébé, que je voulais quand même, enfin que je désirais. En fait, ma vie s'arrêtait à l'accouchement et je n'arrivais pas à me projeter.
- Speaker #0
Après l'accouchement de ce deuxième bébé, tu ne savais pas ce qui allait se passer, tu n'avais pas de projet ? Oui,
- Speaker #1
je n'avais rien en tête, j'avais très peur de refaire une dépression en me disant que si je refais une dépression, je n'aurai jamais la force de la surmonter. Donc ma vie s'arrêtera là ou ça va me réparer. C'était ça, mais j'avais besoin aussi de cette étape pour me dire, au moins, il y aura une conclusion, soit d'un côté, soit de l'autre. Mais j'avais besoin de passer par cette étape. C'était pas moi qui le... Enfin, si j'avais envie de ce bébé, j'avais envie d'agrandir la famille, mais le besoin était plus profond que ça. Et en reprenant ces études de sage-femme, j'ai... plus du tout eu peur de refaire une dépression. Et j'avais un but. Et donc ça a été quand même une grande étape.
- Speaker #0
Super challengeant, avec une petite embasage, une grossesse, reprendre des études. Comment ça s'est passé, cette seconde grossesse, justement ? Tu dis que ça c'était pas la même chose ?
- Speaker #1
Non, c'était pas la même chose. Je pense que j'osais beaucoup plus demander de l'aide, parce que ça aussi, on a tendance à ne pas... ne pas demander de l'aide quand on en a besoin, de pouvoir tout gérer toute seule. Je me suis rendue compte qu'on a le droit de demander de l'aide aussi. Donc, je me suis plus entourée et surtout en amont de la grossesse. J'avais quand même cherché des solutions. J'ai été coachée déjà un an avant la deuxième grossesse.
- Speaker #0
par une kiné qui est coach sportive aussi, et spécialisée dans le périnée. Et elle, elle m'a écoutée au niveau des douleurs ligamentaires. Elle m'a vraiment coachée, j'ai fait du renforcement musculaire. Et donc, j'ai eu des douleurs pendant ma deuxième grossesse. Mais déjà, j'étais entendue, comprise. Et j'étais à crise parce que ça faisait déjà un an que je faisais du renforcement. Et elles étaient tout à fait autres. C'était beaucoup moins, c'était moindre. C'était supportable, je savais continuer à vivre, à faire mes études. Et je les comprenais. Donc ça change tout quand même. Et voilà. Et j'ai pu réaliser le projet d'accoucher à domicile que j'avais déjà pour la première, qui n'avait pas pu se faire.
- Speaker #1
T'as trouvé une sage-femme alors ?
- Speaker #0
Il y avait une sage-femme, oui. Et c'est magique. J'ai vécu ce moment vraiment, ça m'a vraiment réparée. Pour le coup, le lien avec le bébé, avec mon bébé qui est né, que j'ai eu tout de suite cette puissance que j'ai ressentie de pouvoir être libre, actrice de mes choix, des positions que je prenais, de pouvoir attraper mon bébé, de ne pas être assaillie de questions de tous les côtés, de fil, de... Oui, une grande puissance. Et je voulais vivre ce moment en famille. Donc, il y avait ma grande qui était là, qui était préparée. Donc, qui a vécu ce moment comme si c'était un jour tout à fait banal et qu'il ne se passait rien de particulier.
- Speaker #1
Celle qui coloriait ou qui jouait.
- Speaker #0
Elle coloriait. Tout ce qu'elle se souvient, c'est qu'elle a mangé des crêpes.
- Speaker #1
Excellent.
- Speaker #0
Elle va aller nager dans la piscine d'accouchement avec moi. C'est chouette. Elle me donnait à manger des crêpes. me donner un verre d'eau, elle me faisait un petit câlin de temps en temps et puis elle retournait à ses coloriages donc c'était vraiment un moment un non événement pour elle et par contre quel bonheur après l'accouchement d'être chez soi dans son lit sans entendre d'autres bébés, d'autres personnes qui pleurent, qui peuvent empêcher aussi de bien me reposer à la maternité d'être chez soi et d'avoir du soutien c'était trop bien et un postpartum complètement différent que j'ai beaucoup mieux vécu où j'étais à la maison tranquille avec mon bébé pendant que j'étudiais donc j'avais c'était trop bien j'ai bien aimé puis ça me semblait tellement logique la matière aussi que j'étudiais et facile que oui c'était pas rébarbatif et c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était c'était. C'est tout à fait différent que des premières études. Et puis, à l'hiver, avec mon diplôme d'infirmière, j'avais quand même des notions. Et donc, c'est pas non plus chinois. Et je comprends bien. Et j'ai réussi tous mes examens.
- Speaker #1
Juste après la naissance, quelques semaines après ?
- Speaker #0
Donc, les yeux aînés en février. Donc, les examens étaient fin mai, oui. C'était en plein dans les vaccins. les fièvres les nuits bravo mais pour moi ça n'a pas ça ne m'a pas semblé une montagne en fait ok oui parce que t'étais bien dans ta peau et bien préparée et bien
- Speaker #1
alignée et après ça alors ?
- Speaker #0
après ça je continue toujours la photographie que j'aligne beaucoup plus ma pratique, vraiment centrée sur les femmes, les mères. J'ai envie de pouvoir... Oui, la photo, c'est des souvenirs, c'est important, mais c'est aussi montrer les exploits que le corps de la femme peut faire. C'est aussi tout... Montrer le changement d'identité, pouvoir aussi montrer l'histoire de l'enfant, la grossesse de quand sa maman l'a portée. de rendre de mettre beaucoup d'importance à tout ça c'est un peu ma vision de la photographie les études je continue mon projet professionnel est très clair dans ma tête et je m'y accroche beaucoup je rêve d'avoir mon cabinet de réaliser les accouchements à domicile et de continuer à soutenir les femmes dans leur âme la globalité et continuer la photographie.
- Speaker #1
Donc ça,
- Speaker #0
c'est mon gros projet.
- Speaker #1
Oui, ça s'est éclairci pour toi. Tu as retrouvé du sens dans la maternité.
- Speaker #0
Donc voilà, j'ai juste hâte que les deux années passent et qu'il me reste d'études pour pouvoir apporter tout ça. Oui.
- Speaker #1
Et justement, toi qui as vécu deux grossesses, deux accouchements et deux postpartum différents, tu l'as vécu de l'intérieur et puis maintenant tu le vois en stage de l'extérieur. Qu'est-ce que ça te permet d'amener en plus dans ta pratique de sage-femme ?
- Speaker #0
Je pense que ma vision, elle est plus complète et j'ai aussi... Je sais ce que peuvent traverser les femmes. et je pense que j'arrive mieux à les comprendre, à les écouter et les prendre vraiment au sérieux dans ce qu'elles vivent. De me dire en fait, quand une maman parle, il faut toujours la croire, l'écouter. Ce qu'elle dit est toujours vrai et a toujours de l'importance. Même si pour quelqu'un d'autre ça pourrait être une broutille, un détail. Non, il y a des détails qui ont une importance énorme pour d'autres.
- Speaker #1
et il faut prendre conscience de tout ça et si justement il y avait une maman qui nous écoutait et qui aurait besoin d'un conseil et au fond de son lit Qu'est-ce que tu aimerais lui dire ?
- Speaker #0
Beaucoup de choses, beaucoup trop de choses.
- Speaker #1
Tu peux lui dire beaucoup de choses.
- Speaker #0
Lui dire de ne pas avoir peur de demander de l'aide, de s'entourer, c'est super important. Et de chercher de l'aide auprès des proches, mais aussi des professionnels. Et de trouver des professionnels qui nous écoutent vraiment, et qui sont formés dans le domaine où il y a besoin, que ce soit l'allaitement. Voilà, de pas... De se croire, de se donner de l'importance aussi. Elles ont le droit de... Quand on accouche, j'ai l'impression que les mamans, c'est tout. Le bébé va bien, donc ça va. Mais non, en fait. Maman, elle a aussi le droit d'aller bien. Et donc... Et même, plus elle ira bien, plus ses enfants iront bien. Et donc, voilà, de se donner de l'importance. Et... Si je dois résumer un peu en une phrase, ce serait un peu ça que j'ai envie de lui dire et qu'elle n'est pas toute seule et qu'il y a des ressources et qu'il ne faut pas hésiter à aller les chercher.
- Speaker #1
Oui, et à changer.
- Speaker #0
Et changer de professionnel, oui. Si on sent qu'on n'est pas aligné, d'aller voir un deuxième avis, quelqu'un d'autre. Ça vaut la peine d'investir sur soi en argent. C'est trop important pour la suite.
- Speaker #1
le postpartum peut changer toute la vision d'une vie et un grand bouleversement et c'est important d'en prendre soin et je voulais savoir aussi parce que ce sujet a déjà été abordé par Anouk et puis toi le lien justement quand t'arrives pas à le créer parce que t'es en dépression avec ton enfant, comment est-ce que tu te pardonnes et le reconstruis après avec ton enfant
- Speaker #0
Je pense de comprendre qu'en fait, ce n'est pas notre faute. On n'est pas toute seule responsable de notre état. Il y a plein d'autres facteurs dont la société qui est assez individualiste et qui laisse les mamans de côté aussi. On n'habite plus dans ce village où on a chacun nos maisons. Chacun à son boulot, on n'est plus dans la brousse où toutes les maisons ont les portes ouvertes avec les enfants de tout le monde qui courent partout, les grands-parents qui vivent dans la maison et donc tout le monde qui s'entraide. Et en fait, l'humain, il n'est pas programmé pour élever des enfants seul, il n'est pas programmé pour vivre seul. Et donc en fait, cette solitude qu'on peut vivre en grossesse ou en postpartum, elle n'est pas normale. Et en fait, il faut déculpabiliser parce que c'est tout le contexte autour qui fait qu'on sort de la physiologie de notre corps, de l'être humain. Et donc, ça peut donner des problèmes, mais ce n'est pas de notre faute, c'est tout le contexte qui est comme ça. Et le lien, on peut le recréer. il est jamais perdu c'est pas parce qu'on a pas eu de lien avec son enfant qu'on l'a pas ressenti il est à ouf tout de suite qu'il se criera jamais notre enfant il va évoluer, nous on va évoluer enfin voilà le lien avec ma fille c'est tout à fait bien reconstruit et c'est pas grave si ça prend du temps c'est pas grave on a souvent cette pression un
- Speaker #1
peu Comme tu disais, tu étais baignée d'images idéales sur la grossesse, l'accouchement, etc. Et aussi sur quand je vois mon enfant, c'est l'amour fou et tout va bien. Et je me connecte. C'est un peu l'image qu'on reçoit. Et je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui ne se sentent pas parce qu'elles ne ressentent pas ça. Et qu'elles n'arrivent pas à être totalement plongées dans leur enfant.
- Speaker #0
Oui, je pense qu'en effet, ce moment-là est trop idéalisé. dans les contextes dans lesquels on accouche avec du personnel ou quand on est médical autour il y a beaucoup de choses qui se jouent à ce moment là et donc on n'a pas forcément l'amour fou à ce moment là parce que parfois il faut aussi du temps pour atterrir, à revenir à soi après un accouchement et parfois on met plus de temps aussi à être prêt, à être maman que ce soit consciemment ou pas et c'est pas grave si on n'a pas cet instinct maternel est-ce qu'il existe vraiment ou pas je sais pas mais ça se construit on apprend tous les jours à être parent et aider la grossesse et puis à l'accouchement ça se construit petit à petit Merci. Et donc, je pense qu'il ne faut pas trop idéaliser ce moment.
- Speaker #1
Et je vois beaucoup ce que tu aimerais transmettre par la photographie, par les soins, par ton métier. Justement, c'est quoi le regard que tu voudrais que les mères se portent, que tu vois en elles et que tu aimerais qu'elles voient en elles ?
- Speaker #0
J'aimerais bien qu'elles soient fières d'elles, qu'elles se voient avec un regard de... Elles ont existé, enfin qu'elles existent et qu'elles ont le droit d'être là, d'avoir des... d'être sur les photos, d'exister. Parce qu'on prend toujours les enfants en photo, puis les papas, et puis c'est toujours maman qui prend les photos et puis elle n'est jamais dessus. Et j'ai l'impression qu'on a toujours, en tant que maman, tendance à s'effacer. Et parce qu'on est trop comme ça ou pas assez, j'ai pas perdu mes kilos de grossesse ou... j'aime pas ça ou j'aime pas ça mais en fait nos enfants ils s'en foutent ils nous voient juste comme maman et avec tout l'amour qu'on a pour eux et donc en fait ils s'en foutent qu'on a 1 kg ou 8 ou 10 en trop ou enfin voilà des vergetures des bourrelets je sais pas quoi un visage pas assez comme ci ou trop comme ça et finalement euh Parfois, je me dis, si on s'imagine, nous, vieilles, quand on aura perdu nos dents, qu'on sera toutes ridées, qu'on aura 95 ans et qu'on ne marcherait plus, peut-être qu'on aurait un autre regard sur ces photos. Et que finalement, le petit volet qu'on pensait avoir en trop,
- Speaker #1
ce n'est pas ça l'important.
- Speaker #0
Je ne cherche pas le beau, le parfait, le lisse dans mes photos. Je veux juste montrer la vie brute. et raconter l'histoire vraie. Et les événements négatifs font aussi partie de l'histoire, même si sur le moment où c'est difficile de le voir ou c'est difficile de les montrer, ça peut avoir du sens pour après.
- Speaker #1
Et avant de terminer, je voulais revenir sur ce changement. J'ai l'impression qu'il y a eu une... une Laura d'avant, une Laura d'après, un changement d'identité. Et pendant tout ça, tu as créé la photographie, pendant toute cette transition identitaire finalement, avec un nom, les captures de Lysenne avec ton totem, Scoot.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et là, maintenant, j'ai l'impression que la nouvelle Laura arrive avec ce changement aussi identitaire, et vraiment qui est marqué par ce nouveau nom aussi dans la photographie, qui a une signification particulière.
- Speaker #0
C'est vrai qu'au départ, je me suis lancée dans la photo. Je me suis dit, j'ai juste envie de faire ma passion. Ça n'allait pas plus loin, il n'y avait pas beaucoup de réflexion. Et donc, j'ai juste trouvé un peu un nom, un peu au pif, sans vraiment réfléchir à la signification. J'ai repris mon totem scout parce que, à ce moment-là, je ne voulais pas forcément mettre mon prénom. Et ce nom ne me correspondait plus du tout parce que c'était plus que vouloir vivre de ma passion, de faire des photos, c'était... plus que ça, plus profond. Et donc, j'ai cherché un nom qui correspondait à tout ça, à toute cette vision. Et donc, Ausha, c'est une déesse de la naissance, de la fertilité, de la renaissance, du printemps. Et là, je me suis dit, ah oui, ça a du sens. Et du coup, l'Oméa, l'eau de Laura et Ausha de... de cette déesse et je me dis que c'est un peu le message que je veux faire passer par la photographie que j'ai d'une manière mis dans ce nom de photographe
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté jusqu'ici si tu te reconnais dans ce que Laura a traversé tu n'es pas seule il y a des chemins de résilience même quand tout semble s'effondrer abonne-toi à Disruptif pour ne pas manquer les prochains épisodes A bientôt.