Speaker #1Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. Aujourd'hui, on va parler d'une chose un petit peu différente. Dans l'avant-dernière épisode du podcast, je te parlais que je mettais l'ancien défi à la con. Et ce défi à la con, aujourd'hui, on va un peu en parler plus en détail. J'ai envie de te parler d'un truc un petit peu différent des axes que je choisis d'habitude. Enfin, différent mais pas vraiment. Parce qu'au départ, je pensais que j'allais simplement vous parler de sport. Et finalement, en réfléchissant à ces 31 jours que j'ai suivis au niveau de mon défi, je me suis rendu compte que le sport n'était presque que le décor de l'histoire en fait. Parce que je me suis lancé un défi, un défi à la con comme je te disais. C'était 31 jours de fitness d'affilée, tous les jours. Pas 5 sur 7, mais tout simplement du 7 sur 7. Pas je vais y aller régulièrement, mais pas quand j'aurai le temps. 31 jours comme 31 séances. Et aujourd'hui... Le défi est terminé, je me suis rendu compte que j'ai appris beaucoup plus de choses sur ma tête que sur mes muscles. Et surtout j'ai envie de te parler de quelque chose qu'on connaît tous, c'est les excuses. Parce que franchement, on est quand même trop fort pour ça. J'ai pas le temps, je bosse trop, je suis fatigué, j'ai les enfants, j'ai trop de choses à faire. Je commencerai ça quand ça sera plus calme, je commencerai ça lundi et je commencerai après les vacances. Et parfois ces raisons sont complètement légitimes, évidemment. Mais la plupart du temps, ce sont des excuses. Et ce qui me fait rire avec le fameux « j'ai pas le temps » , on n'a pas 30 minutes pour prendre soin de nous, mais quand on regarde nos temps d'écran à la fin de semaine, tout d'un coup on découvre qu'il y a peut-être quelques heures à aller chercher quelque part. Je m'inclus complètement là-dedans. Et je ne suis pas là pour vous dire « regardez-moi, je suis parfait » . Attention, pas du tout. J'ai aussi mes excuses, j'ai des moments où j'ai envie de rester sur le canapé, j'ai des moments où mon cerveau me dit « vas-y, laisse tomber aujourd'hui » . Et c'est justement ça, c'est pour ça que j'ai voulu faire cette expérience, parce que je voulais voir ce qui allait se passer si pendant 30 jours, je supprimais la possibilité de négocier avec moi-même. Ce fameux matin où tu te dis « non, j'y vais pas parce qu'aujourd'hui, je suis fatigué » . Et il y avait aussi une raison beaucoup plus personnelle derrière ce défi, c'est que j'avais mal au dos. J'étais à un point où je suis arrivé à dépenser plus de 360 francs en frais d'ostéopathie sur le mois passé. Je ne regrette absolument pas d'être allé chez l'ostéopathe, mais à un moment, je me suis posé une question. Mais Celestino, ton corps essaye peut-être de te dire quelque chose. Et parce que c'est facile de continuer notre vie exactement de la même manière, et ensuite d'aller réparer quand quelque chose commence à déconner sur soi. Est-ce que moi, de mon côté, c'est ce que je faisais réellement ? Est-ce que je faisais réellement ce qu'il fallait ? Est-ce que je bougeais suffisamment ? Est-ce que je me renforçais mon dos ? Est-ce que je prenais soin de mon corps ? Eh ben, pas vraiment. Et pour moi, ces douleurs, elles sont devenues une espèce de signal d'alarme, en fait. C'est pas forcément le gros signal rouge qui te dit que tout va mal, mais le petit voyant sur le tableau de bord que tu connais sur ta voiture, tu peux rouler encore avec. Ça, on le sait tous. Mais tu sais qu'il est là. Soit tu roules des milliers de kilomètres et tu te dis c'est pas grave un jour il s'éteindra. Ou tu prends les choses à part. Il y avait aussi mon alimentation. Je sortais d'une mauvaise phase alimentaire, d'une mauvaise phase aussi privée. Et je me sentais lourd. Et je connaissais déjà une sensation parce que l'année passée j'avais fait pas mal de sport. Et je savais ce que c'est de me sentir mieux physiquement. Je savais aussi que là, je m'étais éloigné de quelque chose qui me faisait du bien. Et c'est reparti. C'est parti comme ça. 31 jours, ce défi à la con. Le premier jour, franchement, c'est cool. Tu retournes à la salle, tu retrouves tes machines, tu mets tes écouteurs, tu commences à transpirer. Et j'ai réussi à me mettre dans ma bulle très rapidement. En même temps, c'est la première séance. Donc tu connais cette motivation du premier jour. T'as presque l'impression que... Ta nouvelle vie, elle vient de commencer. Tu te vois déjà dans trois mois, tu te dis « Ah, cette fois c'est bon, c'est un peu comme le 1er janvier, tout le monde est motivé. » Sauf que le problème, c'est jamais vraiment le 1er janvier. Le problème, c'est le 12 janvier. Et moi, dès la deuxième séance, mon corps m'a gentiment rappelé la réalité. Oulala, mon gars, tu repars quand même de loin. Les muscles, ils commencent déjà à te rappeler qu'ils existent. Les jambes, elles sont lourdes. Tu sens la séance précédente. Et là, l'euphorie du premier jour, elle commence déjà légèrement à descendre. Mais j'ai aussi découvert quelque chose. que je ne repartais pas complètement de zéro. Mon corps, il avait gardé certaines choses de mes entraînements de l'année passée. Il avait encore des bases. Et je trouve que ça, c'est hyper intéressant dans le développement personnel. On pense que parfois, avoir arrêté quelque chose, on a tout perdu. Alors que non. Ce que tu as construit, ça laisse souvent des traces. Que ça soit une compétence, une habitude, une expérience ou une façon de penser, Peut-être que tu devrais enlever la poussière dessus, ça c'est... Il y a des risques. Mais tu ne repars pas forcément de zéro. Et l'effet immédiat, le combat des premières minutes, moi je faisais principalement mes séances le matin. Je me levais, j'allais à la salle. En fait, je n'avais pas le temps de réfléchir au niveau de mon cerveau en me disant j'y vais, j'y vais pas. Cette fameuse règle des 2-3 secondes, je me dis toujours... Non, c'est des règles de 5 secondes. Je me dis toujours, si tu réfléchis dans ces 5 secondes, réfléchis pas, vas-y. Je me levais, j'allais à la salle et j'ai rapidement remarqué quelque chose. C'est que le moment le plus difficile de ma séance n'était pas forcément la série la plus lourde. C'était pas forcément mes jambes. C'était pas forcément la fatigue. C'est parfois simplement partir. Mettre ton corps en mouvement, sortir de chez toi. Parce que ton cerveau, lui, il est bien au chaud. Il te dit « Ah, mais on est bien là. » Pourquoi tu vas aller souffrir ? Et les dix premières minutes, certaines fois, elles étaient franchement les plus difficiles. T'as les jambes lourdes, t'as les muscles qui sont tendus, le corps qui n'est pas encore réveillé. Et mentalement, pas spécialement envie d'être là. Mais ensuite, le corps, il se chauffe. Tu commences à bouger, tu commences que les sensations, elles changent. Et là, tu comprends un truc. Le fait de ne pas avoir envie de commencer ne veut absolument pas dire que tu vas regretter d'avoir commencé. Et ça, j'ai bien compris cette phrase. Et combien de choses fonctionnent comme ça dans notre vie ? T'as pas envie de faire ton administratif, t'as pas envie de commencer ton site, t'as pas envie de ranger. Putain, à combien de personnes ça arrive ça ? T'as pas envie d'aller marcher, t'as pas envie de passer ce coup de téléphone que ça fait des mois que tu devrais faire. T'as pas envie d'ouvrir ce dossier. Et on attend souvent l'envie. Mais la question c'est pourquoi ? Parce que depuis quand il faut avoir envie pour commencer ? Moi, pendant ces 31 jours, j'ai commencé à comprendre que je voulais faire quelque chose sans demander l'autorisation à mon humeur, de comment je me sentais. Est-ce que j'étais assez de mon humeur pour faire du sport ? Est-ce que je suis assez en forme pour faire le ménage ? Et ça a commencé à changer beaucoup de choses. Le sport, à ce moment-là, il a commencé à déborder sur le reste. Tu vas me dire, mais sur le reste, il y a eu quoi sur le reste ? Tu fais du sport ? Il y a des choses qui ont changé très vite. Quand tu fais du sport, l'alimentation. T'as pas envie d'aller au McDo tous les jours alors que t'essaies de te maintenir en forme. Quand tu fais pas de sport, enfin quand moi je faisais pas de sport, et que j'étais dans une mauvaise période alimentaire, une mauvaise décision, on peut facilement en entraîner une autre. Tu manges mal à midi, alors tu te dis bon, la journée elle est foutue. Et tu manges mal le soir, puis la semaine est foutue, et le lundi prochain on recommence. Je sais pas si tu connais ça. Ça m'est arrivé. Ça m'est arrivé de mal manger parce que j'étais pas de bonne humeur. Et l'humeur fait beaucoup au niveau de ça. On sait qu'il y a la fatigue aussi qui s'enchaîne. Tu manges mal, tu dors mal et c'est un cercle infernal au final. Et je pense que ça tu le connais. Mais avec le fitness, chez moi, c'est quelque chose qui fait l'inverse. Je viens de faire ma séance, je me suis levé, j'ai transpiré, j'ai fait l'effort. Et derrière mon cerveau, il me dit une chose. Tu vas quand même pas manger une merde maintenant avec tout ce que t'as fait. Parce que je n'ai pas envie de gâcher ce que je viens de faire. Alors je mange mieux. Et c'est un effet cumulatif qui est positif. Parce que tu manges mieux, tu te sens mieux. Plus léger, et parce que je me sens mieux, j'ai davantage envie de continuer. Et là, je commence à avoir quelque chose de beaucoup plus grand que le fitness. Une bonne décision peut devenir la première pièce d'un domino. Tu as cet effet cumulé. Une première décision, elle peut devenir la première pièce du domino. Et on cherche parfois à transformer notre vie entière d'un coup. Sport, alimentation, sommeil, travail, téléphone, business, tout. Mais peut-être que parfois, tu dois tout simplement commencer par une seule chose et laisser cette chose contaminer positivement le reste. Et je vais dire un truc sur la motivation, on en a parlé dans les épisodes passés, mais le troisième jour la motivation elle commence déjà à se barrer. Et là on arrive à un truc que j'adore, c'est cette motivation, parce qu'on lui donne beaucoup trop de pouvoir. Le troisième jour franchement l'effet nouveauté était déjà en train de descendre. Et je me suis rendu compte que si mon défi reposait uniquement sur ma motivation, bah j'étais dans la merde. Parce que tu ne vas pas te lever pendant 31 jours en te disant chaque matin « Yes, j'ai tellement envie d'aller faire du fitness » . Ça n'existe pas. Enfin, peut-être chez certaines personnes, mais tant mieux pour vous. Mais en tout cas, chez moi, ça ne fonctionne pas comme ça. Il y avait des jours où je voulais y aller, et il y a des jours où je n'avais aucune envie d'y aller. Donc il fallait que quelque chose prenne la place de cette motivation, cette motivation bullshit qui a tenu deux jours et demi. Et cette chose-là, c'est quelque chose que j'ai appris avec le temps, c'est la régularité et la détermination. La décision que j'avais prise au départ, en gros, maintenant mon gars, tu vas te botter le cul à ce défi à la con. Et là, c'est là que le défi devient intéressant. Parce que quand t'es motivé, t'apprends pas forcément grand-chose sur toi. C'est quand la motivation disparaît que tu découvres ce qu'il reste, ce qui reste de toi. Parce que la motivation, c'est quelque chose où tu peux te cacher devant. Enfin derrière. Tu peux te cacher derrière cette motivation. Mais une fois qu'elle n'est plus là, il ne reste que toi. Et les jours ont passé et mon cerveau est devenu avocat. Autour du septième jour, là j'ai commencé à négocier. Et c'est là où c'est fascinant. Parce que ton cerveau, il ne vient pas forcément avec une excuse complètement débile. Il devient avocat. Il construit un dossier, ça fait une semaine. Ça fait déjà une semaine, c'est vrai. Une semaine tous les jours, c'est très bien. C'est vrai aussi, t'as rien à prouver. Ou encore, attention, tu risques de te blesser. Cette fameuse phrase où tu sais que t'as rien physiquement, y'a pas d'alarme, rien. Attention, tu risques de te blesser. Et là, ça devient très intéressant. Parce que je n'avais pas de blessure particulière, j'avais des courbatures, j'avais les jambes lourdes, c'est normal. Mais pas de signal qui me disait arrête. Mon corps ne me disait pas arrête. Il y en avait encore du jus. Et pourtant, mon cerveau essaie de transformer une possibilité en raison d'arrêter. Et j'ai commencé à avoir ce mécanisme. Parce que ce n'était pas réellement mon corps qui voulait abandonner. C'était mon cerveau. Mon cerveau qui voulait retourner vers quelque chose de confortable. Tu sais ce matin où tu bois ton café, tu prends le temps. Et le vrai combat, en fait, c'était pas la salle. Le vrai combat, il avait lieu chez moi, avant de partir. Une fois à la salle, c'était presque gagné, parce que tu sors tes affaires, tu te changes, tu y es déjà. Et c'est ça que je trouve énorme, parce qu'on imagine souvent que le plus difficile est de faire la chose, alors que parfois, le plus difficile, c'est simplement de prendre la décision de commencer. De prendre la voiture le matin et de te dire, moi j'y vais, j'y vais là. que de négocier où est la maison. Au final, tu es déjà là-bas. Donc tu as déjà fait le plus gros. Et ensuite, tu arrives autour du septième, huitième, dixième jour. Et là, je regarde le défi et je me dis, putain, je ne suis même pas au tiers. Et là, mentalement, ça pique parce que 31 jours, quand tu es au premier, c'est excitant. Quand tu es au jour 30, tu vois l'arrivée. Mais quand tu es au jour 9, et je pense que c'est pareil dans énormément de projets, le début, il est excitant. La fin, elle est gratifiante. Mais le milieu, le milieu, personne n'en parle en fait. Le milieu, c'est quelque chose qui est répétitif. Le milieu, personne ne t'applaudit. Le milieu, les résultats, ils ne sont pas encore incroyables. Et pourtant, c'est probablement dans le milieu, dans ce milieu-là que tout se construit. C'est là que tu décides si ton objectif est juste une envie ou une vraie décision. Et ce que je remarque, c'est qu'avec ce défi, c'est que l'objectif, c'est quelque chose qui doit rentrer dans ton agenda. Et il y a bien quelque chose qui m'a appris dans ce défi, c'est ça. Si tu veux vraiment quelque chose, tu trouveras le temps. Je trouve un peu ça facile, parce que non, parfois ton agenda il est réellement plein. Donc si tu veux ajouter quelque chose, tu dois déplacer une autre chose. Et pendant ces 31 jours, j'ai dû le faire. Certains samedis, j'avais quelque chose le matin, donc j'avais deux choix. Soit je me servais de ça comme excuse en disant, j'ai la journée, je ne suis pas là. Ou soit j'adaptais. Alors je me levais plus tôt. Je suis allé à la salle à 6h du matin un samedi, il n'y avait personne, j'étais le premier arrivé. Je ne suis pas là pour que tu m'applaudisses, je suis juste là pour te dire, ben voilà, j'avais quelque chose toute la journée, ben je suis allé à la salle à 6h. Pas parce que j'adore aller à la salle à 6h, mais parce que j'avais décidé que cette séance devait avoir une place. Et d'autres fois, ma journée était complètement prise, alors je suis allé le soir. Ça m'est arrivé de trois fois seulement de laisser 12 heures entre les deux séances. Là, c'est encore quelque chose que je ne conseille pas comme règle d'entraînement. Mais dans mon défi, j'ai dû m'adapter. Ça m'a fait comprendre quelque chose. C'est quand tu te fixes à un objectif, ton emploi du temps, il doit bouger avec lui. Tu ne peux pas ajouter un objectif important dans ta vie et espérer qu'il se réalise uniquement dans les trous de ton agenda. Parce que souvent, il n'y a pas de trous. Tu dois créer cette place. Et ça vaut pour le sport, mais ça vaut aussi pour créer une entreprise, pour écrire, pour faire un podcast, pour apprendre quelque chose, pour passer du temps avec quelqu'un. Nos priorités ne sont pas seulement ce qu'on dit être important. Elles apparaissent aussi dans la manière dont on utilise notre temps. Le corps, aussi à travers ce défi, j'ai vu à quel point il a commencé à changer. Et progressivement, quelque chose s'est passé, j'ai commencé à augmenter les charges aussi. Je me sentais plus fort, plus puissant. Mon corps répondait, j'ai perdu environ 3 kilos dans le mois, mais surtout je me sentais beaucoup mieux. Et ce fameux dos qui m'avait coûté 360 balles, pas vraiment de douleur. Et ça franchement, ça m'a marqué. Même mes genoux, quand je descendais les escaliers, j'avais l'impression de me déchirer les croisés. Et j'ai travaillé de façon ciblée. Et franchement, j'avais plus mal. 30 jours, j'avais plus mal. Évidemment, chacun a son corps, ses blessures, ses limites. On est d'accord, on n'est pas fait pareil. Mais dans mon expérience, à moi, le mouvement, c'est quelque chose qui me fait du bien. Et je commence à comprendre que le bénéfice, il n'est pas simplement esthétique. Souvent, on se dit, je vais à la salle pour que ça soit esthétique. Moi, pas. Je ne suis pas en train de chercher un chiffre sur une balance. Je suis juste en train de construire un corps qui me permet de mieux vivre. Mieux vivre avec... moins de problèmes au genou, moins de mal au dos, et perdurer, durer dans le temps, être en forme dans le temps, et de pouvoir tenir le plus longtemps possible au niveau de mon corps. Et comme je te disais, 3 kg sur la balance, j'ai perdu environ ça. Mais ce qui est intéressant, c'est que je ne suis pas obsédé par la balance, parce que je connais mon corps, je prenais aussi la créatine, on n'est pas là pour dire c'est bien, c'est pas bien, mais je savais donc que l'eau... Ça pouvait influencer aussi le chiffre affiché parce que la créatine, ça te garde un petit peu d'eau. Or, quand le poids ne descendait pas immédiatement, comme je pouvais l'espérer à certains moments, tu pourrais dire que ça ne fonctionne pas. Mais je me suis dit que ça viendrait en continu. La répétition. La répétition, c'est la base. Et c'est aussi là que c'est une leçon. On abandonne parfois quelque chose parce que l'indicateur qu'on garde ne bouge pas assez vite. C'est l'impatience. Mais peut-être qu'on regarde simplement le mauvais indicateur aussi. Moi, je voyais mon ventre changer, je voyais mes performances changer, je voyais mes charges augmenter, je voyais mon alimentation changer. Et surtout, un indicateur. Je voyais mes douleurs diminuer. Alors pourquoi est-ce que j'aurais laissé un chiffre décider si mon travail fonctionnait ou non ? Et ça vaut pour tellement de choses. Un podcast, tu regardes uniquement les écoutes. Instagram, tu vas regarder uniquement les abonnés. Tes chiffres au niveau du mois, un business, tu regardes uniquement le chiffre d'affaires immédiatement, alors peut-être il y a 10 choses qui sont déjà en train de bouger derrière. Mais tu vas rester basé sur ton chiffre parce qu'il n'est pas bon. Tu vas dire oui, mes écoutes ne sont pas bonnes, mon Instagram n'a pas assez d'abonnés, je n'ai pas assez d'interactions. Mais derrière, tu as peut-être tout ton autre business qui fonctionne, mais toi tu vas rester sur ces indicateurs-là. J'aurais pu me dire, ouais, le poids sur la balance. Rien à foutre en fait du poids sur la balance, c'est ton bien-être, comment tu te sens à l'intérieur. comment tu sens ton corps. Mais je ne veux surtout pas transformer cette espèce d'expérience en discours de gourou. Attention. Parce qu'au 31e jour, il y a une chose que je vais te dire, c'est que j'étais fatigué. Pas simplement physiquement, mais mentalement. J'avais du mal à me concentrer. Je sentais que ça avait tiré aussi par des moments. Parce que se dépasser tous les jours, c'est un coup. C'est se battre contre soi-même. Ça coûte. Et j'ai trouvé ça important de le reconnaître. Parce que la résilience, c'est pas je suis une machine, je ne m'arrête jamais. Ça, c'est pas de la résilience. À un moment, il faut savoir aussi récupérer. Dormir, écouter son corps, souffler. Parce que le but n'est pas de te dépasser pendant 30 jours pour ensuite être complètement cassé pendant 3 mois. Et je trouve même que ça donne encore plus de valeur au défi. J'ai découvert aussi mes capacités. Mais j'ai aussi découvert qu'elles avaient un coût. Et connaître le prix aussi. Il faut aussi partir de la connaissance de soi. Puis j'arrive au jour 32, le truc probablement le plus fou, c'est que le défi est terminé. Jour 32, je ne vais pas à la salle et je me sens bizarre. Il manque quelque chose. Tu sais, pendant 30 jours, tu vas à la salle et là, tu dis, il manque un truc. Et là, j'ai rigolé parce que 31 jours auparavant... Il fallait convaincre mon cerveau d'y aller. Et maintenant que j'avais l'autorisation de ne plus y aller, mon cerveau trouvait étrange de rester à la maison. Et là, j'ai compris quelque chose qui s'était ancré. C'était devenu une habitude. Le matin, je me lève, je me prépare, j'y vais. Il n'y avait presque plus de questions, en fait. Je trouve cette transformation incroyable. Parce que tu passes de « est-ce que j'y vais ? » à « j'y vais » . Et la question, elle disparaît. Et quand la question disparaît, la négociation disparaît avec elle. Pendant mon défi, je tombe sur une femme sur Instagram, qui a 70 ans environ, et elle fait du fitness tous les jours. Elle a dit une phrase. Une phrase toute simple, mais qui m'est restée. Une heure de souffrance compte 23 heures de plaisir. Je me suis dit, waouh, c'est quoi cette phrase, qu'est-ce que ça veut dire ? Puis derrière, il y avait des photos. Elle disait porter des packs de refaire ses commissions, marcher, porter des choses, monter des escaliers, vivre normalement. Et je me suis dit, bordel. C'est exactement ça. Parce qu'on regarde l'heure du fitness et on se dit « Ouais, c'est dur. J'ai pas envie. J'ai pas envie de transpirer. Ça va me faire mal. » Mais on oublie pourquoi on le fait. Peut-être que cette heure difficile peut remettre aux 23 heures d'être plus simple. Comme moi, au niveau de mon mal de dos, où à chaque fois que je faisais quelque chose, j'avais mal, ça me tirait. Ça, c'est dû à mon ancien métier. Et si je veux me maintenir, et si je veux pas avoir mal au dos, je fais du fitness. Comme ça, mon quotidien, il est meilleur. Et je te parle. Pas de force, d'avoir plus d'abdos, je te parle juste de pouvoir porter tes courses, monter des escaliers, jouer avec tes enfants, voyager, marcher, vieillir en gardant un maximum d'autonomie. C'est ce que j'ai compris à travers cette phrase, une heure vs 23 heures de plaisir. Parce qu'elle ne parle pas seulement de fitness, c'est accepter un inconfort aujourd'hui pour rendre ta vie demain plus facile en fait. C'est là qu'arrive mon histoire de SEO. Tu vas dire SEO c'est quoi ? C'est du référencement. Ça n'a rien à voir avec la musculation. Et pourtant, tout a à voir avec le défi. J'ai dû travailler sur le référencement de mon site sur deux jours. J'y connaissais rien. Je me retrouve en train d'installer des extensions sur un site internet, chercher des paramètres, j'en passe la technique, mais comprendre comment certaines choses fonctionnent. Et franchement, le premier jour, c'était difficile. Je ne pouvais très facilement me dire, mais qu'est-ce que je fous là ? C'est pas mon métier, j'y comprends rien, c'est trop compliqué. Et sans cette expérience des 31 jours, je pense qu'à un moment, j'aurais pu abandonner. Pas parce que j'étais incapable de le faire, attention, mais parce que je me serais raconté que j'étais incapable. Il y a une énorme différence entre ça. Mais là, j'ai continué. Premier jour, difficile. C'est clair, tu t'attaques à des trucs, tu connais rien. Par contre, deuxième jour, j'y retourne. Je vais dans les réglages. Et là, mais attends, j'ai vu ça hier. Je sais où aller. Ça, je comprends maintenant. Je sais comment ça fonctionne. Et je me suis dit, mais bordel. C'est exactement comme la salle. La première fois, ton cerveau, il ne connaît rien. Donc, tout demande énormément d'énergie. La deuxième fois, il reconnaît. La troisième fois, il commence à anticiper. Et un jour, ce qui était difficile devient simplement normal. Et la résilience, ce n'est pas pour les drames. Ça, c'est pour les drames. Ça m'a fait aussi réfléchir sur la résilience, parce qu'on utilise souvent ce mot comme quelque chose de grave, arrive un décès, un licenciement, une maladie, un accident, une grosse difficulté. Évidemment, la résilience prend tout son sens dans ces moments-là. Mais je pense qu'on peut aussi entraîner notre capacité à faire face aux difficultés dans les petites choses du quotidien. Et faire quelque chose qu'on ne maîtrise pas, rester devant un problème plutôt que fuir, essayer encore. Accepter d'être mauvais au début, accepter de ne pas comprendre immédiatement. Et pour moi le fitness pendant 31 jours était une énorme forme d'entraînement mental. Parce que chaque matin où je n'avais pas envie j'y suis allé, c'était une petite preuve. Chaque fois que mon cerveau me disait laisse tomber, tu ne seras pas capable d'arriver au 31e jour et que je continuais, petite preuve. Chaque fois que je modifiais mon agenda pour tenir mon engagement, c'était une petite preuve. Et après 31 jours ça faisait beaucoup de preuves. Pas pour les autres, mais pour moi. La preuve que quand je décide vraiment quelque chose, je suis capable de me donner les moyens. Et avant de finir ce podcast, à 36 ans, oui j'ai 36 ans, ce que ça m'a prouvé, c'est que je suis encore capable de déplacer des montagnes. Et c'est la chose où je dirais que je suis le plus fier. Parce qu'à 36 ans, ce défi m'a rappelé une chose. Que j'étais encore capable de me développer. Encore capable d'apprendre. Encore capable de me dépasser. Encore capable de faire quelque chose qui me fait chier aujourd'hui, parce que je sais pourquoi je le fais. Et surtout... Je ne veux pas rester sur mes acquis, parce qu'il y a un danger là-dedans, c'est de se dire je suis comme ça, à mon âge, je ne vais plus changer, j'ai toujours fait comme ça, c'est trop tard. En fait non, je pense qu'on est beaucoup plus capable de changer qu'on ne s'imagine, mais il faut accepter une chose, le changement, c'est quelque chose qui est très inconfortable. Parce que si ça ne l'est pas, tout le monde le ferait. Et c'est là, en tant que coach mindset, il y a quelque chose qui est... particulièrement important pour moi avec ce défi, c'est qu'aujourd'hui aussi je développe mon activité autour du coaching mindset. Et je me pose forcément la question de qu'est-ce que j'ai envie d'incarner. Parce que je peux simplement prendre un micro et dire, sortez de votre zone de confort, faites du sport, dépassez-vous, passez à l'action. Mais si moi derrière, je ne fais rien, ça ne vaut pas grand-chose. Pour moi, il y a une chose qui est importante, c'est l'exemplarité, ça ne veut pas dire la perfection. Je vais encore, à des moments, faire de la merde, je vais encore abandonner certaines choses. Ça fait partie de l'être humain. Je vais encore avoir des journées où je ne saurais pas comment faire les choses, je suis humain. Mais tous les jours, je vais essayer d'incarner ce que je transmets, parce que je crois énormément à l'influence positive. Pour moi, influencer quelqu'un positivement, c'est pas lui dire « fais comme moi » . C'est peut-être tout simplement vivre d'une manière qui lui donne envie de devenir la meilleure façon. C'est peut-être simplement vivre d'une manière qui lui donne envie de devenir meilleur à sa façon. Parce que les conseils, on en a tous. Mais voir quelqu'un agir, c'est différent. Tu vois quelqu'un se mettre au sport, tu te dis « Pourquoi pas moi ? » Tu vois quelqu'un lancer son projet, tu vas te dire « Pourquoi pas moi ? » Tu vois quelqu'un reprendre sa vie en main, « Pourquoi pas moi ? » Et je trouve qu'on a une responsabilité envers les gens qui nous entourent, pas de les forcer, pas de les juger. Mais essayer de tirer vers le haut le plus possible les gens qu'on aime. Si je devrais dire les 31 jours ce qu'ils m'ont appris, c'est que si je devais vraiment résumer ce défi, je pourrais vous parler des 3 kilos, je pourrais te parler de mon dos, je pourrais te parler de mes genoux, je pourrais te parler des charges qui ont augmenté. Mais ce n'est pas ce que je retiens le plus. Ce que je retiens, c'est que je me donne beaucoup plus de limites dans ma tête que dans la réalité. Et parfois, même mes pensées limitantes prennent une voie tellement raisonnable que je ne réalise même plus que ce sont des pensées limitantes. Pas aujourd'hui, t'es pas prêt. Tu ne te connais pas assez. C'est trop compliqué. Tu feras ça plus tard. Et le problème, c'est pas d'avoir ces pensées. Je les ai encore à des moments. Le problème, c'est quand tu leur donnes systématiquement le dernier mot. Pendant 31 jours, je ne leur ai pas donné le dernier mot. Et ça a changé quelque chose. Pour conclure... Aujourd'hui, je n'ai pas envie de terminer cet épisode en vous disant « Allez tous faire 31 jours de fitness. » Aucun intérêt. Ça serait complètement con. Peut-être que le fitness n'est absolument pas votre truc et ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est sur quoi ? Sur quoi est-ce qu'on vous négocie avec vous-même en ce moment ? Sur quoi cette chose que vous savez importante mais que vous repoussez ? Un projet, votre santé, une discussion, une formation. un business, une candidature, un changement dans votre vie. Et surtout, quelle est l'excuse que vous vous racontez ? J'ai pas le temps. Ok. Regarde réellement ton temps. Je ne sais pas quoi faire. Ok. Pas de soucis. Mais qu'est-ce qu'il faut savoir faire avant d'apprendre ? C'est trop difficile, peut-être. Mais est-ce que ça doit être facile ? J'ai peur d'échouer. Ok. Mais si vous n'essayez jamais, vous avez déjà votre résultat. Moi j'ai commencé ce défi pour retrouver la forme. Je termine ce défi en ayant retrouvé quelque chose d'encore plus important. C'est la confiance dans mes capacités à faire des choses difficiles. Et peut-être que c'est ça finalement le développement personnel. C'est pas lire 300 livres, pas écouter quelqu'un qui te dira des choses extraordinaires. Pas de se regarder dans le miroir en répétant des choses positives, en disant oui je suis bien, oui oui. Mais parfois simplement te donner une preuve, puis une deuxième, puis une troisième, recommencer. Jusqu'au jour où ton cerveau il arrête de te demander est-ce que tu es capable ? Parce qu'il a déjà la réponse. Je pensais entraîner mon corps et en réalité j'ai entraîné ma capacité à ne plus négocier systématiquement avec moi-même. 31 jours, 31 séances, des courbatures, des matins où j'avais pas envie, des négociations avec mon cerveau, 3 kilos en moins, un dos qui va mieux, un corps plus fort, une tête complètement rincée à la fin, mais surtout une putain de fierté. Parce que je me suis donné ma propre preuve, à 36 ans, que je suis toujours capable d'apprendre, que je suis toujours capable de changer, et que je suis toujours capable de déplacer des montagnes.