Speaker #1Pourquoi je fonctionne comme ça ? Tu as bien entendu, pourquoi je fonctionne comme ça ? Cette question, je me la suis posée un soir, et ce Sarah Joliat, ma vie a commencé à changer. Bienvenue dans Du Rouge au Renouveau. Et toi, tu t'es déjà posé cette question ? Vraiment posée ? Pas en passant, pas en râlant après une dispute, je m'en remets. Pourquoi je suis comme ça à moi ? Non. poser pour de vrai, assis, en voulant vraiment la réponse. Parce que c'est pas la même chose. Se plaindre de soi, tout le monde le fait. Se poser la question pour de vrai, presque personne le fait. Et moi, ça m'a pris des années. Pendant des années, les gens autour de moi voyaient des trucs que moi, je ne voyais pas. Ils me disaient parfois gentiment, parfois moins, et parfois, ça m'atteignait, des fois ça m'atteignait pas. Et parfois, ça glissait. Ça rentrait dans une oreille et ça ressortait par l'autre. Pas parce que j'étais bête, pas parce que j'étais têtu, juste parce que j'étais pas prêt à voir la réalité en face. Et c'est ça le sujet aujourd'hui dont on va parler. Personne ne peut prendre conscience à ta place, ni tes parents, ni ton ex, ni ton meilleur pote, ni ton coach. Même pas moi. Les autres, ils peuvent te montrer la porte, mais c'est toi. qui doit la voir, c'est toi qui dois ouvrir cette porte. On va parler de ce moment où tout le monde voit les choses sauf toi, de pourquoi les conseils servent à rien tant que tu n'es pas prêt, de comment marche le déni, parce que c'est pas ce que tu crois. Je vais te raconter le soir où moi j'ai enfin vu et surtout je vais te donner de quoi te poser la question sur toi-même. Sans attendre que quelqu'un te secoue. À la fin, je te parle de quelque chose qui me tient énormément à cœur. Mon projet surprise. Quand j'étais dans le rouge, il y a quelques années, il y a une phrase que j'ai entendue, je sais pas combien de fois. Fais attention, c'est facile de faire un budget, tu dépenses trop. Tu dépenses trop, tu dois avoir un problème. Comment ça se fait que tu claques autant d'argent ? Et tu sais quoi ? Ils avaient raison. Sur le papier. Ils avaient complètement raison. Je dépensais trop par rapport à ce que je gagnais. Et oui, faire un budget, techniquement, c'est pas compliqué aujourd'hui avec les i à qu'on a. Tu prends une feuille, tu te mets ce qui rentre d'un côté, tu mets ce qui sort de l'autre. N'importe qui peut le faire. Sauf que moi, ça changeait rien. Zéro. Je l'entendais, je disais « oui, oui, t'as raison » et le lendemain, je recommençais. Et... Le ressenti à cette époque-là, au niveau de quand on me disait ce genre de choses, je me disais mais ok, ça me glisse par-dessus, je ne comprends pas. Je suis un peu une autre, tu vois un petit peu la situation, de se dire oui c'est super, j'ai un problème. Mais eux le voient, mais moi je ne le vois pas, donc je n'ai pas de problème. Et je me souviens d'une scène dans une entreprise où je travaillais, un collègue me disait toujours mais... Comment ça se fait que tu as toujours le dernier téléphone ? Toujours le dernier téléphone, le dernier cri, toujours les dernières technologies. Et je lui disais toujours, c'est important pour moi d'avancer avec la technologie. Ce qui était complètement faux. Et je me suis dit, mais cette question, elle est bonne. Elle est bonne parce que ça m'est resté. Ça m'est resté des années plus tard. En me disant, oui, effectivement, j'avais toujours le dernier téléphone. Je changeais entre 3 et 4 fois de smartphone par année. Imagine. C'était il y a longtemps. Et le truc, c'est que c'était pas que de l'argent. L'argent, c'était juste ce que les gens voyaient, ce qui sortait. Mais en dessous, il y avait autre chose. Et ça, personne ne pouvait le voir, même pas moi. Je pense que t'as aussi ta phrase, celle qu'on te répète et qui sert à rien. T'es trop gentil, les gens profitent de toi, tu choisis toujours le même genre de personne. Tu t'énerves pour rien, tu travailles trop, tu vas te cramer. Ou la fameuse « Pourquoi tu restes avec Elo avec lui ? » Et chaque fois, c'est pareil. Tu l'entends peut-être même que... Tu sais que c'est vrai, mais ça bouge pas. Et des fois, ça t'énerve même. Parce que t'as l'impression qu'on te juge, qu'on te fait une leçon que les gens comprennent pas. Alors tu te défends, ou tu fais semblant d'écouter, ou tu évites la personne qui te le dit. Et la vie, elle continue, elle est problème aussi. Et le plus fou, c'est que c'est souvent de l'extérieur. C'est souvent de l'extérieur, tout a l'air de tenir. T'as un boulot, t'as des potes, tu ris aux apéros. Tu postes des photos, personne ne se doute de rien, sauf ces deux ou trois personnes qui te connaissent vraiment et qui voient, qui voient cette situation et qui te le disent et toi tu leur en veux un peu parce qu'elles touchent à un endroit où t'as pas envie qu'on touche et c'est souvent les personnes qui sont les plus proches qui nous atteignent le plus avec ces phrases. Je connais ça par cœur, je l'ai vécu pendant des années et je suis presque sûr que toi aussi. Si tu cherches un peu, t'as quelqu'un, quelque part qui t'a déjà dit un truc des années avant. Un truc que t'as balayé et qui, avec le recul, n'était pas si bête. Il y a une différence énorme entre savoir et voir. Savoir, c'est dans la tête. Quelqu'un te dit un truc, tu le comprends. Tu peux même le répéter. Ouais, je sais, je dépense trop. Tu le sais, c'est enregistré. Tu vois, au bout d'un moment, tu le dis. Oui, je dépense trop. Mais voir, c'est autre chose. Voir, c'est quand ça descend, quand ça touche le ventre, que tu dis pas juste je dépense trop, mais ah, c'est ce que je fais depuis tout ce temps. C'est ce que je fais. Et là, t'as plus besoin que quelqu'un te le dise, parce que c'est toi qui l'as trouvé. Et ça, personne peut te le donner. C'est comme essayer d'expliquer à quelqu'un le goût d'un fruit qu'il a jamais mangé. Tu peux lui décrire pendant une heure la sensation, c'est sucré, acide, un peu juteux. Il va hocher la tête, il va comprendre les mots. Mais il ne saura pas, parce qu'il n'a pas cette Sarah Joliat. Tant qu'il ne l'a pas dans la bouche, il ne saura pas. Lâcher prise de conscience, c'est pareil. Ça ne se transmet pas, ça se vit. Pense à quelqu'un qui fume. Il sait que c'est mauvais pour lui. Il l'a lu sur chaque paquet en gros, noir et blanc. Son médecin lui a dit, sa famille lui a dit. Il ne sait mieux que personne, et il fume quand même. Puis un jour, certains fumeurs, ils arrêtent. Pas parce qu'on leur a donné une nouvelle info. L'info, il l'avait déjà depuis 20 ans. Ils arrêtent parce qu'il y a un truc qui s'est passé en eux. Ils l'ont vu pour de vrai, peut-être en regardant leurs enfants, peut-être en montant un escalier où c'était un peu plus DRAU niveau des poumons. Peu importe, on n'est pas là pour faire la loi au niveau de la cigarette. Ce Jura, le savoir est devenu d'une prise de conscience de l'intérieur et non de l'extérieur. Et entre deux, entre savoir et voir, il peut se passer des années. Pas parce que la personne est bête, mais parce que voir, ça se commande pas. Et il y a une deuxième raison plus profonde. Quand quelqu'un te dit « tu fais ça » , même avec tout l'amour du monde, une partie de toi l'entend comme une attaque. Parce que ce comportement, celui qu'on te reproche, il est pas là par hasard. Il sert à quelque chose, il te protège de quelque chose, peut-être depuis très longtemps. Alors quand on vient de toucher depuis l'extérieur, la première action, c'est de se défendre. C'est normal, c'est humain. Tu te défends, c'est ce qui t'a permis de tenir jusqu'à aujourd'hui. Moi, quand on me disait tu dépenses trop, j'entendais pas un conseil. J'entendais pas t'es pas capable, j'entendais t'es pas comme il faut. Et ça me renvoyait à des trucs bien plus anciens que mes factures. Alors évidemment, je me fermais encore un peu plus. Et il y a une troisième raison, peut-être plus simple, c'est le timing. Il y a des moments où dans la vie, on n'est pas prêt, où t'as pas la force de regarder, où t'es déjà en train de tenir debout avec trois bouts de ficelle, et si on te demande en plus de tout remettre en question, ben tu peux t'écrouler. Et alors ton cerveau il fait le tri et il te dit pas maintenant, plus tard, on survit. C'est pas de la faiblesse et de la protection. Par contre le problème c'est que plus tard, ça peut durer des années et des fois toute une vie. Alors, je vais être clair avec toi, si t'écoutes cet épisode que depuis tout à l'heure tu te dis « Ouais, mais moi j'ai pas de problème » , c'est les autres qui exagèrent. C'est peut-être vrai, je ne te juge pas, mais garde juste la question dans un coin parce que personne ne va venir pour la poser à ta place. Et ce qui nous empêche de la poser, cette question, c'est un non. Un non qu'on n'aime pas entendre, c'est le déni. Quand on pense au déni, on imagine un truc énorme, quelqu'un qui a un gros problème et qui dit non non tout va bien, genre caricature. Mais dans la vraie vie, le déni il est beaucoup plus discret, il crée pas, il chuchote et il a plein de déguisements. Je vais t'en donner quelques-uns et sois honnête et regarde si tu t'en reconnais au moins. Le premier c'est le passager, c'est une mauvaise passe, ça va aller. Mieux quand j'aurai changé de job, quand on aura déménagé, quand les enfants seront plus grands, quand j'aurai remboursé ça. Le problème, il est toujours lié à la situation du moment, jamais à toi. Et comme les situations changent, tu peux attendre longtemps. Le deuxième, c'est les autres. Mon chef est nul, mon ex était toxique, schémas familiaux ne me comprend pas. Et peut-être que c'est vrai. Des fois, c'est vraiment les autres. Mais quand tu te retrouves le même genre de chef dans trois boîtes différentes, le même genre de relation avec trois personnes différentes, à un moment, il faut aussi garder le seul point commun. Et le seul point commun, ça peut être toi. La troisième, c'est je gère. Ça, c'est le préféré des gens solides. Ceux qui ont appris à tenir. Je gère, je gère, je gère. Ne t'inquiète pas. T'as tellement l'habitude de tenir que tu vois même plus que tu portes un poing énorme. Tu gères, oui, mais à quel prix ? Le quatrième, c'est « je suis comme ça » . C'est là, je suis sûr que tu l'as déjà entendu. Celui-là, il a l'air très sage, presque mature. Je me connais, je me suis comme ça, c'est mon caractère, je suis impulsif. Je suis dépensier, je suis jaloux, je m'attache trop vite. Et c'est fini, on n'en parle plus. Tu poses même une étiquette et l'étiquette ferme la boîte parce que si c'est ton caractère, il n'y a rien à comprendre, il n'y a rien à changer, c'est confortable et en fait, ça évite d'aller voir plus loin. Mais je suis comme ça, c'est pas une réponse. C'est le début d'une question. T'es comme ça depuis quand ? Et pourquoi ? Et la cinquième, c'est le plus vicieux. C'est s'occuper du symptôme. Je m'explique. Moi, avec l'argent, il y a un moment où j'ai essayé de me dire, je suis OK. Ils ont raison. Je me suis dit OK, ils ont raison. Je vais faire un budget. Et j'ai fait des tableaux, j'ai mis des alertes, j'ai essayé des applis. Et j'avais vraiment l'impression de m'en occuper, de faire quelque chose. Et en fait... Je tournais autour, je m'attaquais à ce que je voyais, mais pas à ce qui le provoquait. C'est comme mettre un seau sous une fuite. T'as l'impression de régler le problème, tu vides le seau tous les soirs, t'es même fier de toi parce que le seau, il est sec, mais le toit, en fait, il fuit toujours. Et ça, c'est vraiment le piège dans lequel tombent les gens lucides. Ceux à qui je parle dans le podcast, toi peut-être, t'es pas dans le déni total. Tu sais que quelque chose ne joue pas, tu lis, t'écoutes des podcast, t'essayes de faire des trucs, mais tu t'occupes du saut, mais pas du toit. Il y a une phrase qu'on attribue souvent à Carl Jung, c'est un psychiatre suisse d'ailleurs. Je te la donne à peu près. Tant que tu ne rends pas conscient ce qui est inconscient, ça va diriger ta vie. Et tu vas appeler ça le destin. Le destin c'est, j'ai pas de chance, c'est toujours sur moi que ça tombe. C'est comme ça, je suis fait comme ça. Non, le destin, c'est un schéma qui tourne. Et tant que tu ne le vois pas, c'est lui qui conduit. Il y a un soir où je me suis posé une question, et ce n'était pas un grand déclic hollywoodien comme certains diraient. Il n'y avait pas de musique, il n'y avait pas de lumière, il tombait du ciel, il n'y avait rien. Et là, je me suis posé cette question, qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Qu'est-ce qui... provoquent ces réactions. Les dépenses, c'est une chose, mais qu'est-ce qui provoque la réaction de dépenser de l'argent ? Et j'ai mis du temps à le comprendre. J'ai mis du temps. On ne va pas faire un podcast sur l'argent aujourd'hui, mais j'ai mis du temps à comprendre qu'est-ce qui me faisait réagir, qu'est-ce qui me faisait dépenser de l'argent dans des objets. Et c'est con à dire. Et petit à petit, en fait, j'ai vu un truc qui m'a scotché, c'est que chaque réaction que j'avais, elle avait la même racine. Toutes les dépenses, les colères, le besoin de plaire, tout ramené au même endroit. Un putain de manque affectif. Un vide que j'essayais de remplir. Tu vois le fameux seau que je te disais, que tu vides le soir et que le lendemain il est renouveau rempli. C'était un peu ça. Et avec des achats, avec le regard des autres, avec tout ce qui me faisait sentir deux minutes que j'avais de la valeur. J'en ai déjà parlé dans d'autres épisode du manque affectif. Je ne veux pas tout refaire ici, mais ce que je veux te raconter aujourd'hui, ce n'est pas le manque en lui-même, c'est le moment où je l'ai vu. Parce que ce Sarah Joliat, il s'est passé un truc bizarre. J'ai eu mal, évidemment. Quand tu vois la réalité en face, ça fait mal. Ce n'est pas agréable de voir ça. Mais en même temps, j'ai ressenti un soulagement énorme. Parce que d'un coup, ça avait un sens. J'étais pas juste quelqu'un de nul avec l'argent, j'étais pas trop sensible, j'étais pas compliqué, j'étais quelqu'un qui avait appris très tôt à combler un vide et qui avait trouvé le moyen qu'il pouvait en fait pour passer à autre chose. Et ça, ça change tout parce que tu peux changer un truc que tu comprends pas, mais un truc que tu comprends, tu peux commencer à le travailler. Et tu sais ce qui m'a frappé le plus, c'est que les gens me disaient tu dépenses trop, ils avaient raison. Mais ils parlaient du saut. Moi ce Sarah Joliat j'ai enfin vu le toit. Et ça, personne n'aurait pu le voir à ma place. Personne, parce que la réponse, elle n'était pas dans ma vie de tous les jours. Elle était dans mon histoire. Et mon histoire, il n'y a qu'une personne qui la connaît de l'intérieur. C'est moi. La question qui change tout. Pendant des années, je me suis posé des questions, mais c'était toujours les mauvaises. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Pourquoi je suis aussi nul ? Pourquoi je n'arrive pas alors que les autres y arrivent ? Ces reconversion, elles ont l'air de rien, de chercher, mais en vrai, elles ne cherchent rien. Elles ont des réponses, la réponse est « t'es nul, t'es cassé, t'es pas comme il faut » . Ces questions, ce n'est pas des questions, c'est des condamnations avec un point, d'interrogations à la fin. Forcément que tu te poses une question comme ça, tu trouves rien, tu tournes en rond, tu te sens encore plus mal et la prochaine fois t'as encore moins envie de regarder. Ce fameux cercle infernal. Pourquoi je fonctionne comme ça ? C'est complètement différent. Déjà il y a le mot fonctionne, ça veut dire qu'il y a un fonctionnement, un mécanisme, quelque chose qui est logique. Pas un défaut, pas une tare, un mécanisme. Moi j'ai passé presque 20 ans dans l'industrie horlogère et quand une pièce ne sortait pas bien, on ne se demandait jamais qu'est-ce qui ne va pas chez cette pièce, elle est nulle. On se demandait qu'est-ce qui s'est passé, à quelle étape, quel geste, quel outil. On cherchait la cause avec une précision, sans s'énerver contre cette pièce. Bah, avec soi-même c'est pareil. Tu peux te regarder comme un mécanisme avec curiosité et pas avec un marteau. Et la deuxième différence, c'est le pourquoi. Le vrai pourquoi. Celui qui remonte. Pourquoi j'ai réagi comme ça ? Depuis quand ? Où est-ce que j'ai appris ça ? À quoi ça m'a servi ? Parce que ce que tu fais aujourd'hui, même ce qui te pourrit la vie, à un moment, ça t'a servi. Ça t'a protégé. Ça t'a aidé à tenir. Le gamin qui apprend à faire plaisir à tout le monde, il le fait pas par hasard. Il le fait parce que c'était le moyen d'être aimé. Ou en tout cas, pas d'être jeté. Le problème, c'est qu'en 30 ans, il le fait encore alors que le danger est parti depuis bien longtemps. Quand tu comprends ça, tu arrêtes de taper dessus. Et c'est seulement quand tu arrêtes de taper dessus que tu peux commencer à changer. Avant d'aller dans le concret, je veux juste te prévenir de deux trucs. Parce que moi, personne ne m'a prévenu. Et je me suis fait avoir. Le premier truc, c'est lâcher prise de conscience. C'est pas la ligne d'arrivée, c'est la ligne de départ. Le soir où j'ai vu que je pensais naïvement que c'était réglé, j'avais compris que c'était fini. Bah en fait, non. Le lendemain, j'ai eu exactement les mêmes réflexes. La même envie de dépenser, les mêmes réactions, le schéma. Il s'en fichait LAMal que j'avais compris. Il tournait depuis des années. Il allait pas s'arrêter parce que j'avais eu une bonne soirée de réflexion. Par contre, il y avait une différence, une seule, mais elle était énorme. Maintenant, je le voyais arriver. Avant, je réagissais, je ne comprenais rien. Après, je réagissais encore, mais il y avait une petite voix qui disait, tiens, c'est le vide qui parle. Au début, cette voix, elle arrive. Après, une heure, après un jour, puis elle a commencé à arriver pendant. Et puis un jour, elle arrivait avant. Et ce Jura, pour la première fois, j'ai eu le choix. C'est ça le vrai cadeau de lâcher prise de conscience. Pas le problème qui disparaît, mais que tu retrouves le choix. Le deuxième truc, c'est que tu vois enfin s'il y a souvent une deuxième vague qui arrive. Comment je n'ai pas pu voir ça pendant toutes ces années ? J'ai perdu des années. Les autres avaient raison et moi, je les ai envoyés balader. J'ai fait du mal à des gens. Et là, attention parce que si tu te laisses embarquer par cette vague, tu vas te renfermer et tu vas tout foutre en l'air. C'est comment tu vas gérer cette situation. Et la deuxième vague, elle va faire mal, la troisième, il y en aura aussi. Mais la question c'est qu'aujourd'hui t'es maître de tes pensées et tu vois les choses en face. Comment te poser la question à toi-même ? Je vais te donner 4 petites pistes aujourd'hui, pas une méthode miracle, juste des ports d'entrée. Tu prends celle qui te parle. Le premier part de ton rouge. Ton rouge c'est ce qui monte, quelque chose qui te touche fort, l'attention, l'agacement, disproportionné à des moments. Ou à l'inverse, ou le moment où tu te fermes d'un coup, tu disparais. La plupart des gens essaient de faire taire le rouge. Moi, je te dis, écoute, le, ton rouge, c'est l'alarme. Et signale qu'une limite a été dépassée, ou qu'une valeur a été touchée, ou qu'une vieille blessure a été appuyée et réouverte. Alors, la prochaine fois que tu réagis trop fort, au lieu de dire, j'ai encore pété un câble, dis-toi, tiens, l'alarme a sonné. Qu'est-ce qu'elle essaie de me dire ? La deuxième piste, c'est cherche la troisième fois. Une fois, c'est un accident. Deux fois, c'est une coïncidence. Trois fois, c'est un schéma. Je répète, une fois, c'est un accident. Deux fois, c'est une coïncidence. Trois fois, c'est un schéma. Regarde dans ta vie ce qui revient. Le même type de dispute, le même type de personne, le même moment où tu lâches tout. Les mêmes mois où tu te retrouves dans le rouge sur ton compte, ce qui revient. C'est pas de LAMal, c'est une piste. Et c'est souvent la meilleure. La troisième piste, c'est écrit. Je sais que t'as peut-être pas envie, t'as l'impression que c'est un truc de journal intime, d'ado, mais écoute, moi, dans ta tête, y'a tout qui tourne. Les pensées, elles se mélangent, elles reviennent, elles s'emmêlent. Sur le papier, elles s'arrêtent. Elles se posent. Et tout d'un coup, tu vois des trucs que tu ne voyais pas. Tu relis ce que tu avais écrit il y a quelques jours en arrière et tu te dis, mais attends, j'ai écrit la même chose. Et voilà, tu as trouvé la troisième fois. Pas besoin de bien écrire, pas besoin d'écrire beaucoup. Cinq minutes, un stylo et la question au-delà de la page. Et un conseil écrit à la main, pas sur ton téléphone. Sur ton téléphone, tu as des notifications, tu as des WhatsApp qui clignotent. Et tu n'arriveras pas au bout. À la main, ça va peut-être plus lentement. Et c'est justement ce qu'on cherche. Ralentir assez pour savoir ce qui est en dessous. La quatrième piste, c'est remonte sans te juger. Quand tu as repéré une réaction qui revient, Lausanne la question depuis quand je fais ça. C'est quand la première fois que je me souviens avoir réagi comme ça ? Qu'est-ce qui se passait autour de moi à ce moment-là ? Et à quoi ça me servait ? Et là, attention, le but c'est pas de trouver un coupable. Tu n'es pas là pour reprendre le marteau et de taper sur le coupable. C'est pas de mettre tout sur le dos de tes parents ou de ton enfance ou de ton passé ou des grands-parents. C'est juste de comprendre ce que tu fais de cette compréhension, ça c'est toi qui décide après. On peut faire un petit exercice. Même si t'es en train de conduire, tu le fais juste dans ta tête si tu gardes les yeux sur la route. Attention. Sinon tu peux fermer les yeux. Pense à la phrase, celle que je t'ai demandé de garder en tête au début. La phrase qu'on te répète. Ou si tu n'en as pas, pense à la dernière fois que ton rouge est monté trop fort. Ok, maintenant Lausanne juste la question doucement sans te juger. Pourquoi je fonctionne comme ça ? Tu n'as pas besoin de trouver la réponse maintenant. Peut-être que rien vient. C'est normal. Peut-être qu'une image vient, un souvenir, une personne, peut-être une émotion. Quote-part, c'est tout ce que tu as à faire. Et maintenant une deuxième question. À quoi ça m'a servi de fonctionner comme ça ? Voilà, tu viens de faire ce que personne pouvait faire à ta place. Tu t'es posé la question pour de vrai. Peut-être que ce soir ou dans trois jours ou dans trois semaines, une réponse va arriver, sous la douche, en voiture, en pleine nuit. C'est souvent comme ça que ça marche. La question, une fois que tu te l'es posée, elle continue à travailler toute seule. Ton boulot, c'est juste de la poser, de la reposer et d'être prêt à entendre la réponse quand elle arrive. Et si tu vas aller un cran plus loin, il y a une dernière question, c'est là les plus durs. Cave de l'Orlaya pour quand tu seras prêt, c'est qu'est-ce que les gens qui m'aiment essayent de me dire depuis longtemps. Pas pour leur donner raison, pas pour obéir, juste pour les regarder. Parce que souvent, la phrase qui t'énerve le plus, c'est celle qui est le plus proche de toi. Si elle t'énerve autant, c'est celle qui appuie quelque part. Et c'est là où ça appuie, il y a souvent quelque chose à voir. Moi, la phrase du budget, elle m'énervait. Énormément. Aujourd'hui, je comprends pourquoi. Elle est à deux centimètres de la vraie réponse. Elle tapait juste à côté. Et aujourd'hui, je t'ai dit au début épisode, j'ai travaillé sur un projet, un projet depuis quelques mois, un projet surprise, et elle est enfin là. Ça a été quelque chose, pour moi, d'incroyable, ce parcours. J'ai écrit un livre, c'est un cahier d'exercice, d'introspection, et je me suis dit personne en fait peut prendre conscience à notre place. Ça, je l'ai assez répété aujourd'hui, mais j'avais envie de donner un endroit pour se questionner. Mon livre, il est sorti, il s'appelle « Comme le podcast, Du Rouge au Renouveau . Et je vais te dire tout de suite ce que c'est pas. C'est pas un livre de phrases de motivation à coller sur ton frigo. C'est pas un livre où je t'explique la vie pendant 200 pages. C'est un cahier, un cahier que tu remplis, à ton rythme avec un crayon. Un cahier d'introspection, d'écriture et de coloriage aussi pour adultes. Oui, du coloriage tu m'as bien entendu. Je sais ça surprend, mais il y a des moments... Où t'as pas les mots, où écrire c'est trop, les colorier ça te permet de ralentir, de te poser et de laisser venir ce que tu ressens. Il y en a 18 dedans. Le fil rouge du cahier, c'est ce que j'appelle les briques, les valeurs, les peurs, les règles que t'as reçues de ta famille, de ton histoire. Souvent sans les avoir choisis. Comme moi et comme mon manque affectif, page après page, tu les poses sur la table et tu décides de ce que tu gardes, ce que tu transformes et ce que tu laisses. pour reconstruire les fondations qui te ressemblent vraiment. Il est construit en sept parties, le brouillard mental sens que quelque chose ne joue plus, le miroir pour te regarder honnêtement sans te juger, les briques héritées, ces fameuses briques qui font nos fondations qui sont parfois compliquées, le rouge pour comprendre ce qui te fait réagir et pourquoi, puis garder, transformer, laisser les nouvelles fondations et le renouveau pour passer aux actes un après l'autre. Et tu l'as peut-être remarqué, Les 4 premières parties, c'est exactement ce dont on vient de parler pendant épisode. Le chemin pour voir, pour se poser la question. Et il y a aussi mon témoignage de d'en raconter, sans détour, une page quand ton rouge monte, à garder à portée de main pour les moments où ça chauffe. Et à la fin, un rendez-vous avec toi-même 3 mois plus tard pour voir le chemin que t'as fait. Ce cahier, c'est un outil que j'aurais voulu avoir quand j'étais dans le rouge foncé. Quand tout le monde me disait « tu dépenses trop » , et que moi je ne comprenais pas ce qui se passait en moi. Il est pour toi, si tu traverses une remise en question, si tu réagis fort sans toujours comprendre pourquoi, ou si tu sens que ta vie ne te nourrit plus, et franchement, Noël arrive. Et si tu as quelqu'un autour de toi qui est en train de traverser un truc, c'est un cadeau qui a du sens. Tu le trouveras sur mon site Du Rouge au Renouveau Et la bonne nouvelle pour ceux qui ne sont pas en Suisse, il est disponible sur Amazon. Les liens, je te les mets dans la description. Et avant de te laisser, je veux te retourner la question. Parce que peut-être que toi, en écoutant épisode, t'as pas pensé à toi, t'as pensé à quelqu'un d'autre. Peut-être que t'as quelqu'un dans ta vie, que ça soit ton frère, ton pote, ton chéri, ta mère, quelqu'un que tu vois s'enfoncer. Tu vois le problème gros comme une maison, et tu dis encore et encore, et ça change rien. Et ça te rend fou, je sais, j'ai été dans ce cas-là. Je vais dire un truc qui va peut-être pas te plaire. Si personne ne peut prendre conscience à ta place, toi non plus, tu ne peux pas le faire à la place de quelqu'un d'autre. Tu peux pas. Même si tu l'aimes, même si tu as raison. Moi, les gens qui me disaient « tu dépenses trop » , ils me voulaient du bien, vraiment. Mais avec leurs phrases, ils ne m'ont pas aidé à voir. Ils m'ont plutôt aidé à me cacher. Alors toi, tu fais quoi ? D'abord, arrête les phrases. Les « tu devrais » , les « t'as qu'à » . Les « tu fais toujours comme ça » . Même si c'est vrai, ça ferme la porte. Ensuite, tu remplaces les phrases par des questions, des vraies, des questions qui cherchent, pas des questions qui jugent. Comment tu te sens en ce moment ? Qu'est-ce qui est le plus dur pour toi ? Tu crois que ça vient d'où ? Et après, tu te tais. Tu écoutes. sans corriger, sans conseiller. Et surtout, tu restes là. Tu restes là sans pousser. Parce que le jour où la personne est prête à voir les choses en face, elle aura besoin de quelqu'un à côté d'elle. Pas de quelqu'un qui lui avait dit « Eh, je t'avais bien dit. » De quelqu'un qui dit « Je suis là, t'inquiète pas. » Et c'est là...