Description
Aussi important que la plasticité neuronale et tout aussi révolutionnaire, voici un nouveau concept dont on va beaucoup parler dans les temps à venir : notre cerveau est neurosocial.
Cela signifie que nos neurones entrent sans arrêt en résonance avec ceux d’autrui ; nos intériorités sont en communication directe. C’est-à-dire que nos circuits neuronaux sont faits pour se mettre en phase avec ceux des autres.
Partant de là, nous n’avons littéralement pas le même cerveau, donc pas la même vie, selon les relations que nous entretenons avec autrui. La neuroscience sociale, dont les bases ont été posées dans les années 1990 par les psychologues John Cacioppo et Gary Berntson explique et démontre que nos neurones ont absolument besoin de la présence physique des autres et d’une mise en résonance empathique avec eux.
Nous « attrapons » les émotions des autres comme des virus, en positif comme en négatif. notre cerveau n’est pas le même selon que nous trouvons notre interlocuteur plus ou moins sympathique, intéressant, drôle, tonique, excitant, stupide, suspect, mou, rigide, dangereux, etc.
Un long baiser amoureux a des effets positifs profonds : baisse des taux de cortisol, indicateur du stress, et montée en flèche des anticorps, gardiens du système immunitaire.
A contratrio si les disputes se répètent pendant des années, les dommages deviennent cumulatifs. Les neurones n’aiment pas les scènes de ménage. La mise en résonance des systèmes nerveux vaut pour tous les humains qui entrent en relation, qu’ils soient deux ou au-delà : Tout cela fonctionne, entre autres, grâce à un nouveau venu dans le monde neurologique : le neurone miroir, découvert en 1996 par le neurologue italien Giacomo Rizzolatti.
Daniel Goleman compare les neurones miroirs à une « wifi neuronale ».
Rappelons qu’il s’agit d’un mécanisme qui fait que notre cerveau, dès la naissance, « mime » les actions qu’il voit accomplir par d’autres, comme si c’était lui qui agissait.
Ou bien il se mime lui-même, en imaginant une sensation ou une action, provoquant la même activité neuronale que s’il sentait ou agissait pour de bon : vus du dehors, nous pouvons être immobiles et silencieux alors qu’à l’intérieur, nos neurones « dansent », « mangent » ou « jouent du piano ».
C’est cette capacité mimétique qui fait de notre cerveau un organe neurosocial : selon le type de relations que nous avons l’habitude de vivre, nos réseaux de neurones ne sont pas structurés de la même façon. Nous avons donc grand intérêt à développer notre « intelligence relationnelle .
En moins de vingt millièmes de seconde, notre cerveau peut capter, simultanément, que la personne en face de nous a tel ou tel air, Les cellules nerveuses qui permettent une telle rapidité de réaction, sur un aussi grand nombre de plans simultanément, sont très grosses et s’appellent les « neurones en fuseau ».
Aussi importants que les neurones miroirs, on n’a découvert leur rôle crucial qu’il y a quelques années. Ils mettent en branle des processus archaïques, qui se déroulent hors de toute conscience, à la vitesse éclair d’un réflexe. ». Si nous n’avions pas cette rapidité et cette subtilité de décodage de l’autre, l’empathie serait impossible.
Sans nos neurones en fuseau, nous ne serions pas humains. Cette communication ultrarapide et multiniveaux constitue ce que les neurologues nomment la « voie basse » de l’intelligence relationnelle. Cette voie est à la fois très fine et holistique. Exprimée en termes neurologiques, c’est peut-être l’intuition.
Notre cerveau a vitalement besoin d’altruisme.
C’est à la fois évident et sidérant.
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