- Speaker #0
Allez, on la tente ! Bonjour Yann, comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va Thibaut, ça va très bien.
- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast. Alors c'est un podcast sur le positionnement... Le but, c'est de savoir un peu comment tu travailles et de répondre aux questions auxquelles moi, je n'arrive pas à répondre.
- Speaker #1
Du coup,
- Speaker #0
je vais voir les autres et j'espère qu'eux pourront me répondre.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Le but, c'est de parler un petit peu du positionnement physique, de comment on fait les techniques, comment on se comporte physiquement. Et puis après, non physiquement aussi, tout ce qui va être la relation avec le patient.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Et puis, si on a d'autres choses qui viennent, on ira. où il n'y a pas de réponse. Mais le but c'est de voir si on peut avoir une petite réponse quand même.
- Speaker #1
On va essayer.
- Speaker #0
Pour voir si on peut en discuter.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Ouais. Alors je m'appelle Yann, je suis ostéo depuis 2011.
- Speaker #0
Ouais, c'est quoi tes influences ? En tant qu'ostéo principalement ou dans la thérapeutique de manière générale ?
- Speaker #1
En ce moment, c'est la biodie. Ça fait 4-5 ans que je travaille comme ça. Au début, j'étais très structurel et puis petit à petit, j'ai... J'ai glissé vers les techniques tissulaires, fascia, crânien, dure-mère, beaucoup. Et jusqu'à arriver en biologie.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
cool.
- Speaker #0
Est-ce que tu serres la main des gens toi ?
- Speaker #1
Ça dépend.
- Speaker #0
Ça dépend ? Ouais. Je ne sais pas.
- Speaker #1
Avant c'était systématique. Ouais. Et maintenant ça n'est plus.
- Speaker #0
Depuis le Covid ?
- Speaker #1
Depuis le Covid ça a changé.
- Speaker #0
Pareil,
- Speaker #1
moi j'ai arrêté de serrer la main. Mais j'aime bien le faire quand même parce que ça donne une bonne première impression chez les gens.
- Speaker #0
De toi à eux ou de l'inverse ?
- Speaker #1
De eux, la façon dont ils se serrent la main Je trouve que ça dit pas mal de choses chez les gens Du coup j'aime bien quand même serrer les mains Mais je ne le fais plus trop Je ne le fais plus en systématique
- Speaker #0
D'accord Donc après derrière le bureau
- Speaker #1
Tu prends tes petites notes Derrière mon bureau il y a un petit temps d'anamnèse
- Speaker #0
Je me demande moi Avec tous les outils qu'on a maintenant Pourquoi on utilise encore un bureau ? Alors qu'on pourrait s'en passer facilement ou avoir juste une petite tablette et marquer deux trois trucs. Pourquoi est-ce que la plupart des ostéos utilisent encore un gros bureau, moi y compris ? Est-ce que c'est pour mettre en place la séance, garder une distance ? Oui,
- Speaker #1
c'est le patient praticien un petit peu.
- Speaker #0
Ça pose un peu le truc. C'est pour garder un cadre.
- Speaker #1
Je trouve. Oui. Moi je trouve que c'est bien. Il pourrait y avoir un canapé effectivement mais ça ne serait pas pareil. Là le fait que la personne s'installe d'un côté du bureau et toi de l'autre côté, il y a effectivement un cadre qui s'installe. Qui s'installe. En place, oui.
- Speaker #0
Ok. Et du coup après tu travailles sur la table directement. Du coup tu fais allonger tes patients ?
- Speaker #1
Oui. Bon je teste un petit peu. Un petit peu forcément au début et puis après je les allonge.
- Speaker #0
Et du coup pourquoi on fait allonger les patients ?
- Speaker #1
Moi c'est une question de pratique.
- Speaker #0
C'est pour pouvoir mettre en place des techniques ?
- Speaker #1
Ouais, je ne pourrais pas travailler autrement je pense. J'ai besoin d'être très ancré. Du coup j'ai besoin d'avoir moi un certain positionnement. Qui est ? Et du coup pour ça j'ai besoin que mon patient soit allongé. Alors après il peut être assis, mais debout je n'ai jamais essayé. Et puis j'ai besoin qu'il soit détendu aussi quand tu es allongé. Tu es quand même plus détendu que quand tu es debout.
- Speaker #0
Quand il est debout il est un peu trop tendu et du coup ce serait plus difficile de relâcher le mouvement. Il y a des gens qui travaillent debout, assis, qui disent que la gravité c'est important et du coup qui préfèrent être assis. Mais toi ce n'est pas quelque chose qui...
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
qui t'empêche de travailler.
- Speaker #1
Je préfère que le patient soit détendu, il ferme les yeux et ne pense à rien.
- Speaker #0
Et s'il s'endorme, c'est encore mieux.
- Speaker #1
Et s'il s'endort, c'est génial.
- Speaker #0
C'est qu'ils sont vraiment tranquilles. Ok, cool. Donc toi, tu travailles jamais debout ?
- Speaker #1
Jamais.
- Speaker #0
Même au niveau du bassin ? Non. Tu travailles plus...
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Ok, et tu arrives à trouver tes points d'appui en étant assis, tu n'es pas trop loin du bassin ?
- Speaker #1
Non. Non, ça va. Je suis bien. Parce que je le travaille différemment aussi en biotique qu'avant. Donc en tissulaire. Avant en tissulaire, je pouvais être debout et en fait, moi quand je travaillais en biotique, j'ai vraiment besoin d'être assis. et de ne pas avoir de mouvement au niveau de mes pieds. Mais je suis pas trop loin du bassin et souvent non, ça va.
- Speaker #0
- Ça te permet d'être calme ?
- Speaker #1
- Ouais c'est ça.
- Speaker #0
- Et tu parles pendant ta séance ou tu laisses parler les gens ou tu préfères que ce soit calme ?
- Speaker #1
- Alors moi je parle pas parce que je suis très concentré sur ce qui se passe dans mes mains et autour. Mais si la personne a besoin de parler, on peut parler. S'il n'y a pas aucun souci, c'est juste que moi, de premier abord, je ne peux pas parler.
- Speaker #0
Tu ne l'encourages pas ?
- Speaker #1
Je ne l'encourage pas mais je lui dis qu'il y a des questions et qu'il ne faut pas hésiter. On peut parler. Moi, je ne peux pas parler. et je mets de la musique pour que les gens se détendent et un peu lâche prise Et tu trouves qu'avec la musique,
- Speaker #0
les gens ont moins tendance à poser des questions à remplir le vide ?
- Speaker #1
Je trouve
- Speaker #0
Et il y a des gens des fois ils ont plus besoin de parler Oui,
- Speaker #1
clairement
- Speaker #0
d'avoir une séance, tu les gères comment ? Tu fais quand même ta séance plutôt dans le silence ?
- Speaker #1
- Je parle.
- Speaker #0
- Là tu parles ?
- Speaker #1
- Je parle. Si la personne veut me parler je parle et puis... Du coup il se passe ce qui se passe au niveau des mains et au niveau du corps c'est moins précis pour moi mais j'ai l'impression que les gens ça leur va si c'est eux qui ont envie de parler et qui sont contents de parler, qui arrivent à se détendre en parlant aussi, c'est très bien. C'est peut-être leur façon de trouver le neutre. Moi ça me va.
- Speaker #0
Le neutre pour toi c'est quoi ?
- Speaker #1
Le neutre c'est un état de réceptivité.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Où t'es... tu es à l'écoute de ce qui se passe autour et chez la personne et en toi aussi.
- Speaker #0
Ok et tu penses que le neutre les patients l'atteignent pendant la séance ?
- Speaker #1
Ils peuvent l'atteindre mais quand ils l'atteignent c'est génial.
- Speaker #0
Oui ça va super vite, ça marche super bien. J'aimerais bien faire un petit point sur l'empathie la sympathie la compassion moi j'ai pioché alors je suis pas allé dans des choses très précises de textes de deux philosophies de psychothérapie tout ça je suis allé dans le larousse j'ai pris les définitions et ce qui qui ressort c'est que l'empathie c'est la faculté intuitive de se mettre à la place d'autrui, de percevoir ce qu'il ressent. La sympathie c'est soit un penchant naturel ou spontané de quelqu'un vers une autre personne comme de l'affinité, soit une participation à l'émotion de l'autre personne, ou soit une forme de bienveillance, de disposition favorable envers quelque chose ou quelqu'un. C'est plus une forme de complaisance. Et la compassion c'est un sentiment de pitié qui nous rend sensible au malheur d'autrui comme la pitié ou la commisération. Donc ça pour le coup je suis pas totalement d'accord et je trouve que c'est très judéo-chrétien mais j'ai quand même gardé les mêmes définitions. Comment est-ce qu'on arrive à se placer pour faire la différence entre l'empathie, la sympathie, la compassion ? Et qu'est-ce qui est vraiment intéressant thérapeutiquement ou qu'il faudrait éviter à ton avis ?
- Speaker #1
C'est pas évident. Non ? Ce qui est sûr c'est que... L'empathie, on nous a toujours dit qu'il ne fallait pas avoir d'empathie. J'ai toujours entendu dire ça moi, que le praticien devait garder sa place.
- Speaker #0
Parce que ?
- Speaker #1
Pour ne pas être affecté personnellement, de garder une distance. Donc avoir de la sympathie ok, de l'avoir la compassion ok, mais l'empathie c'est quelque chose de très fort où vraiment tu vas te mettre à la place de la personne et tu vas pouvoir ressentir ce que lui ressent. Et ça peut être un peu dangereux, je pense. On nous l'a dit en tout cas quand on était étudiant, on l'a beaucoup rabâché. Et de l'avoir pratiqué parfois, tu ne fais pas attention et les gens que tu connais au bout d'un moment... apprécient quand ils vivent des choses très dur si vraiment tu es dans l'empathie avec eux t'es pas bien et pour la revécu ça fait bizarre
- Speaker #0
Tu mets tellement à la place de la personne que tu vis l'émotion
- Speaker #1
et que tu es aussi triste que la personne, et que tu te mets à pleurer avec la personne.
- Speaker #0
Avec ton propre prisme, mais quand même en étant hyper proche de la personne.
- Speaker #1
C'est ça. Mais je ne trouve pas ça normal de pleurer avec la personne pour quelque chose qui lui arrive. Thérapeutiquement, ce n'est pas... Thérapeutiquement, tu n'es plus dans ton rôle de thérapeute.
- Speaker #0
Tu es dans un rôle de soutien émotionnel ou même pas.
- Speaker #1
Oui, de soutien d'ami, mais tu n'es plus... Personnellement, après, je pense que c'est très subjectif comme question et que chacun trouvera trouvera sa vérité et puis je pense que c'est vachement en fonction des patients que tu as aussi, de la relation que tu as avec les patients si tu les connais depuis 15-20 ans. forcément c'est pas évident de...
- Speaker #0
Tu penses que le degré de relation que tu as avec une personne change ta prise en charge ?
- Speaker #1
Bah, en fonction des affinités ouais je pense.
- Speaker #0
Ouais plus t'es proche de la personne plus ta prise en charge elle va être...
- Speaker #1
Plus t'as de la sympathie plus t'as du plaisir à le faire. Après il y a toujours une base commune à tout le monde et Donc, même si je ne suis pas à l'aise avec cette personne-là, je vais donner la même attention, la même intention qu'avec une personne que j'apprécie. Mais c'est sûr que quand tu apprécies la personne, je trouve que ça... facilite un peu l'échange.
- Speaker #0
Ok. Moi, souvent, c'est plus difficile.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Pas l'échange, au contraire. La discussion est beaucoup plus facile, mais la discussion est tellement présente que... Que dans le soin,
- Speaker #1
c'est...
- Speaker #0
Travaille techniquement, peut-être moins de concentration ou l'envie de bien faire plus qu'à d'habitude.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Tellement envie de bien faire parce que j'apprécie la personne, j'ai tellement envie qu'elle aille bien que je perds mes idées, mes bases et sur traitement ou des choses qui peuvent aller à l'encontre du processus thérapeutique classique Je fais un petit retour. Moi aussi je pensais que c'était l'empathie, et en fait apparemment, et c'est ce qu'on m'avait enseigné maintenant dans les textes de psychothérapie, de machin, de bidule, c'est la sympathie quand tu participes à l'émotion de la personne, c'est la sympathie, et l'empathie c'est juste... intuitivement comprendre ce que la personne ressent d'accord c'est très intuitif c'est pas comprendre sans le vivre sans le vivre qu'est son ressenti et sans le mentaliser d'accord c'est pas c'est pas quelque chose qui vient de d'une réflexion que tu fais de lui il est comme ça donc je pense qu'il ressent ça c'est juste
- Speaker #1
C'est pas évident de comprendre ce qu'il ressent sans l'avoir ressenti ou sans le ressentir.
- Speaker #0
Sans l'avoir jamais ressenti ?
- Speaker #1
Oui, en gros.
- Speaker #0
Oui, donc en gros, plus t'as vécu de choses en tant que thérapeute, plus t'es à même...
- Speaker #1
Plus tu as à comprendre ce qui se passe.
- Speaker #0
De comprendre. Donc il faut aller mal pour aider les gens. C'est une blague. Et donc, du coup, la compassion, c'est l'idée d'être... d'être proactif dans le fait que la personne aille mieux. Et du coup, est-ce que cette différence entre empathie et sympathie, quel que soit le sens, on a compris, est-ce que la compassion c'est quelque chose qui... Est-ce que vouloir que la personne aille mieux t'aide en tant que thérapeute ?
- Speaker #1
Ouais mais jusqu'à un certain degré. J'ai envie qu'elle aille mieux, mais je sais qu'elle n'ira pas forcément mieux après mon soin. Je sais que parfois j'ai beau tout donner, la personne ça ne lui correspond pas, ce n'est pas le bon moment. Donc c'est une sorte de protection. Je vais vraiment donner beaucoup, mais pas trop non plus. Donc je vais compatir,
- Speaker #0
mais pas à 100%. Pas à 100% ? Il faut que la personne s'occupe d'elle-même.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
C'est un peu ça l'idée. Si on fait tout à sa place, au final, ça fonctionnera peut-être une fois, mais ça ne pourra pas fonctionner dans le temps.
- Speaker #1
Puis c'est fatigant.
- Speaker #0
C'est extrêmement fatigant. Et surtout que ça ne fonctionne pas toujours.
- Speaker #1
Il faut que la personne prenne conscience et soit active.
- Speaker #0
Donc c'est toujours des degrés à chaque fois dans l'empathie, la sympathie ? Ok.
- Speaker #1
C'est un curseur.
- Speaker #0
C'est un curseur. Et aller dans un sens ou dans l'autre, ça te ferait perdre un petit peu la manière dont tu bosses. Oui,
- Speaker #1
et puis ça me fatiguerait, et puis ça pourrait me mettre en danger. Je ne veux pas... de trop présents pour la personne et d'être trop là pour elle, ou qu'elle se dise qu'elle ne peut pas faire sans moi parce que tu as trop donné un jour. Non, chacun est à sa place. On est là pour les aider en instant
- Speaker #0
T. C'est difficile pour certains patients de comprendre que c'est leur santé et pas la nôtre ?
- Speaker #1
Non, clairement.
- Speaker #0
Mais du coup, question à la con, enfin question sans réponse : c'est qui qu'est au centre de la consultation ? C'est le patient ou le praticien ?
- Speaker #1
Bah ça va, c'est le patient.
- Speaker #0
Donc c'est le patient...
- Speaker #1
Je pense, c'est le patient qui vient avec un motif de consultation, nous on est là pour l'accueillir et pour faire en sorte que ça aille mieux, donc on l'accompagne. Donc il y a quelque chose qui se met en place avec la personne avec le patient mais le centre de la consultation reste quand même la personne le patient ok donc le travail actif un échange mais le centre s'il n'y a pas de patients et pas de consulter son messier pas de thérapeute oui il n'ya pas de compétition plus c'est pour ça mais oui on Oui mais il faut forcément un motif pour avoir une consultation.
- Speaker #0
Donc il faut une intention de base pour faire que la personne se déplace chez un thérapeute, il y a forcément une intention.
- Speaker #1
C'est elle qui a l'intention.
- Speaker #0
Et c'est elle qui détient l'intention et donc la finalité de la séance. Ok, cool.
- Speaker #1
Je pense. c'est mon ressenti en tout cas.
- Speaker #0
Est-ce que tu as besoin de te préparer avant de travailler, avant une séance ou avant tes séances ?
- Speaker #1
Avant le début de journée oui, début de journée ou début d'après midi.
- Speaker #0
Tu as besoin d'un moment ?
- Speaker #1
J'ai besoin d'un moment de de calme.
- Speaker #0
De calme pour retrouver justement cet état de calme qui te permet de trouver une forme de neutralité.
- Speaker #1
Ouais c'est ça.
- Speaker #0
Et c'est quelque chose que tu as toujours fait ou c'est récent ça ?
- Speaker #1
C'est quelque chose... C'est récent, c'est depuis vraiment que je suis de la formation B.O.D. de Françoise Desrosiers. Vraiment ça fait partie du protocole, s'il peut y avoir un protocole, mais ça fait partie vraiment du soin, du fonctionnement, d'avoir un état de neutralité, d'être au neutre pour le praticien c'est primordial. Et ça c'est bien de... de l'atteindre, enfin de se mettre dans cet état là avant d'être avec le patient. C'est plus facile même si après quand le patient est là il y a quand même un autre état neutre qui arrive, enfin un état neutre c'est jamais, c'est pas fixe, ça bouge tout le temps, c'est toujours... Donc ça va évoluer avec le patient qu'on aura mais il y a déjà une base où il y a une tranquillité qui s'installe dans la pièce, dans le praticien. Moi j'aime bien arriver 20 minutes
- Speaker #0
avant mes séances préparer pour me préparer il me semble que c'est style qui disait que le thérapeute était un univers que le patient était un univers et que la rencontre des deux créer un nouvel univers et effectivement du coup c'est toujours l'idée de 2 Est-ce que quelqu'un doit lider l'autre, doit être au dessus ou en dessous de l'autre en fonction de la demande de la personne, en fonction de comment on travaille et effectivement du coup pour trouver cet équilibre entre trop et pas pas assez, t'as besoin de ce temps pour te poser. Et plus tu te formes, plus ça arrive vite ou plus c'est long ?
- Speaker #1
Ça dépend des patients. Alors, j'ai pas fait toute la formation donc je peux pas... avoir le recul nécessaire, mais du peu d'expérience que j'ai en BOD, ça dépend vraiment des patients. Effectivement il y a un univers qui se crée avec la personne, mais personne n'a le souhait de vouloir faire, c'est quelque chose qui va se mettre en place tout seul. Alors forcément le patient il faut lui expliquer un petit peu au début quand il n'est pas d'habitude, qu'il se pose, qu'il soit un peu à l'écoute de ce qui se passe. Mais en tout cas c'est clair que c'est un échange et plus tu te sens bon de manière générale,
- Speaker #0
plus c'est rapide,
- Speaker #1
bon gentil. Bon dans ta pratique, c'est difficile.
- Speaker #0
Bon dans la pratique, c'est un ressenti, c'est uniquement un ressenti. Effectivement on n'est jamais bon ou vraiment mauvais. C'est des blanquines. Mais est-ce que... Alors ma question elle est un petit peu alambiquée comme les autres mais Est-ce que plus t'avances dans ta vie de thérapeute, est-ce que plus les choses sont évidentes pour toi, ou plus les choses se mettent en place rapidement, aussi bien avant la séance, cette période de calme, ou pendant la séance, cette rencontre avec le patient, plus c'est rapide, ou au contraire, plus tu évolues, plus il y a...
- Speaker #1
d'idées qui se soumettent à toi et plus c'est loin dans l'expérience aide beaucoup c'est plutôt rapide c'est plutôt rapide à la place de faire les outils dans ma vie dans ma vie au quotidien je mets beaucoup de choses en place pour être En fait, on travaille avec la santé. J'estime que si ton thérapeute n'est pas en forme, pas en phase avec ce qu'il fait tous les jours au cabinet, il y a un truc qui cloche. Je tiens, ça me tient à cœur de me sentir bien dans ma vie de tous les jours. Donc je fais beaucoup de sport, je dors bien, je fais attention à mon alimentation.
- Speaker #0
C'est plus que juste le métier ?
- Speaker #1
C'est plus que juste le métier. C'est vraiment, c'est un peu un chemin de vie quoi.
- Speaker #0
Ok. Parce que c'est vrai que tu t'engueules avec ta femme, tes enfants sont malades, t'as pas de la vie. T'arrives, c'est plus compliqué.
- Speaker #1
Ah mais quand t'arrives non parce que quand t'arrives t'es au cabinet. Et au cabinet... C'est radical ça.
- Speaker #0
T'arrives toi à faire le on/off ?
- Speaker #1
Parfois c'est pas évident, surtout quand tu as des très mauvaises nouvelles qui te viennent ou quand tu vis des choses compliquées. Mais justement c'était ce moment avant les premiers patients où j'arrive dans ma pièce et où je laisse un peu mes soucis à l'entrée. Et bien ces 20 minutes là, ce quart d'heure où je me mets au neutre, ça m'aide beaucoup à...
- Speaker #0
- Te recentrer.
- Speaker #1
- A me recentrer. Alors après je reste humain donc pendant les séances, parfois il y a des idées qui vont venir ou on va penser à certaines choses chose qu'on a vécu ou convient en ce moment et ben c'est des viennes et puis elle passe et c'est pas forcément une mauvaise séance seulement une bonne séance des fois même c'est juste que ça ouais il faut paraît il faut pas bloquer ses idées c'est normal d'avoir décidé mais il ya un truc qui se passe vraiment dans la pièce et cette pièce là elle enfin cette pièce de pratique vers mon cabinet c'est vraiment un endroit où je me sens très bien, où je suis en harmonie avec moi-même. C'est mon espace qui est là. Je me repose dans cet espace. Beaucoup.
- Speaker #0
Et du coup, le fait d'évoluer dans ta pratique, est-ce que ça te fait comprendre plus de choses dans ce que tu ressens ou dans ce que le patient peut ressentir ? Ou est-ce qu'au contraire, plus tu avances, plus tu préfères ne pas comprendre forcément tout ce qui se passe dans tes mains, dans ce que le patient te raconte ?
- Speaker #1
Bah si,
- Speaker #0
ça affine.
- Speaker #1
tu préfères savoir ouais c'est important pour toi parce que ça te permet de de savoir ce que je fais de savoir où je suis nous savons les processus thérapeutiques qui se met en place sur quoi ça va aller ça va être aussi dans le diagnostic. Vraiment, j'ai commencé la biodis sans avoir fait de formation et du coup j'étais un peu à l'aveugle. Je sentais qu'il se passait des choses, que ça serait équilibré, que la personne était mieux à la fin mais je ne savais pas ce qui se passait vraiment. Et là, avec la formation on t'apprend vraiment à poser des mots, à avoir un vrai diagnostic, à préciser ton ressenti et c'est quelque chose de très intéressant.
- Speaker #0
Est-ce que tu fais lien avec une forme de spiritualité qui grandit où toi ?
- Speaker #1
pour toi c'est du a plus b c'est ça ouais c'est quelque chose de concret très tangible il ya rien de ce qu on dit spirituel si tu parles de dieu pour
- Speaker #0
moi la spiritualité c'est la religion il ya c'est pas religieux paroles non non pour moi la spiritualité c C'est ce qui est dégagé du matériel et c'est la quête de sens de ce qu'on ne comprend pas. Pour moi, la spiritualité, c'est plus... Non mais c'est bien de définir quand même. L'ésotérisme, c'est des rites délivrés à des personnes et c'est une forme de vérité. La foi, c'est croire quoi qu'il arrive. La spiritualité, c'est chercher à comprendre comprendre ce qui n'est pas dans ton axe de compréhension actuelle. C'est comme ça que je le ressens. Ça va s'adapter à plein de choses. Ça peut s'adapter à plein de choses. Là, du coup, moi j'ai l'impression pour ma part que... Plus j'avance dans mon travail, et plus je suis carré et concret dans mes actions, entre guillemets, plus il se passe des choses que je ne comprends pas dans mes mains.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Qui sont en dehors de ce que je pense juste, correct, nécessaire. Mais à l'aise avec ça ? Au début, je ne l'étais pas. Et justement, je suis entre les deux de... Est-ce que je veux comprendre ce qui s'est passé là, maintenant, à ce moment-là ? Parce que ça correspond à un vécu de la personne ou pas, ou quelque chose. Ou est-ce que je préfère laisser faire les choses et les laisser partir et ne pas avoir à mettre de... de concret, d'idée sur quelque chose.
- Speaker #1
Pour ne pas fixer le truc.
- Speaker #0
Pour ne pas fixer le truc. Et puis même, qui suis-je pour décréter que c'est ça ou que ce n'est pas ça. Et du coup, moi j'étais... Alors, il y a une blague d'un humoriste américain qui s'appelle Lil Breland qui me fait extrêmement rire. C'est que comme tous les blancs occidentaux, j'ai fait baptême en profession de foi confirmation athéisme.
- Speaker #1
T'as oublié la communion.
- Speaker #0
C'est ça. Et ça finit par l'athéisme. Et donc je suis rentré en école d'ostéopathie assez athée et assez... en dehors d'une forme de spiritualité, d'une forme de compréhension de choses qu'on ne comprend pas. Et plus ça avance dans ma pratique, plus je me dis : "Mais en fait il y a plein de choses là que je ne comprends pas." Et donc pour moi ça, ça touche à la spiritualité de manière générale. Et ça commence, j'allais dire à m'impacter c'est pas vraiment le terme, mais à infuser dans ma vie personnelle sur ce que je peux vivre quotidiennement ou sur des événements très précis. Mais en fait, c'est pas si carré que ça et peut-être qu'il y a une forme de spiritualité qui n'est pas... que je ne rattache pas à l'enseignement religieux catholique que j'ai eu quand j'étais enfant, qu'on peut retrouver peut-être dans certaines religions mais décorrélé de cette idée de regroupement de personnes à un endroit, mais de questionnement. Et il y a des jours où ça m'aide au cabinet parce que je me dis « les choses se font comme elles se font » . L'ostéopathie a été bercée par des gens qui vivaient dans des endroits où on était forcément très chrétiens. C'est donc très rattaché à la religion. c'est des fois intéressant si on arrive à le décorréler et des fois enfermant je trouve.
- Speaker #1
Oui ça peut aider sur les choses qu'on ne comprend pas mais...
- Speaker #0
Mais derrière ça peut être aussi enfermé sur des choses qui du coup resteront... un peu évanescentes sans vraiment qu'on sache. Et du coup voilà, c'est pour ça que je te pose la question : est-ce que pour toi le travail ambiudi est un travail qui s'accorde à la spiritualité ou pas ?
- Speaker #1
Dans ce sens là oui.
- Speaker #0
Dans le sens de la recherche ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais pas dans le sens du dogme religieux ?
- Speaker #1
Oui non clairement pas, il n'y a rien de religieux. Mais dans le sens où il se passe des choses parfois et qu'on ne comprend pas où on ne sait pas ce qui se passe, mais ça se passe. Et c'est compliqué de savoir exactement. Moi, ça m'arrive toute la journée d'avoir des choses que j'ai dans la main et je ne sais pas ce qui se passe. Je ne sais pas exactement ce qui est en train de se passer, mais il est en train de se passer quelque chose et je laisse les choses se passer parce que ça doit se passer. Mais est-ce que cette forme-là de relâchement,
- Speaker #0
elle influence dans l'autre sens dans ta vie personnelle ?
- Speaker #1
Oui, sur le fait de se laisser aller surtout. de se laisser aller par ce qui vient et par ce qui doit être fait et surtout dans ce sens là. Et sur l'intuition aussi qu'on peut avoir. Quand on travaille en Biodi, comme je te disais, on est au neutre. Le neutre c'est un état de réceptivité à tout ce qui se passe un peu autour. Et ça, ça implique de faire confiance à son ressenti profond, et à se faire confiance, et à la petite intuition, la petite voix qui va t'entendre. L'intuition c'est important ? Ouais, énorme, énormément.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et faire confiance à son intuition, se faire confiance. Et ça, forcément, quand tu travailles comme ça toute la journée, après dans la vie, t'as de l'intuition et tu te fies à ton intuition.
- Speaker #0
C'est surtout ça que je pense. Tu as une idée de ce que c'est l'intuition ? Intuition ? Je ne sais pas si j'ai une idée très précise, c'est pas évident. Parfois tu te dis qu'il faut que tu fasses ça et pas ça, tu ne sais pas pourquoi. Parfois ce n'est pas logique, tu te dis mais en fait non il faudrait que je fasse ça. Et en fait, tu te dis, ben non, c'est pas ça qu'il faut que je fasse. Alors que la raison, parfois, te dit l'inverse.
- Speaker #1
La raison va contre l'intuition ?
- Speaker #0
Parfois, ou parfois ça va dans le même sens, mais c'est une idée qui te vient comme ça, et tu sais pas pourquoi, mais tu sais que... Ou des ressentis, ou des sensations que tu peux avoir, ou du déjà-vu, ou...
- Speaker #1
Il y a des gens qui travaillent sur l'intuition, qui essayent de rationaliser.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et qui disent que c'est l'ensemble des deux... des apprentissages de ce que tu as déjà vécu mais qui passerait par des canaux plus rapide que les canaux neurologiques ok donc c'est donc ça serait juste un amas de connaissance l'intérêt de faire confiance à son intuition doit être conscience à son intuition ce sera un amas de connaissances qui est en nous Au contraire de ce que d'autres personnes pourraient dire, c'est une connexion divine ou la nature. Non mais justement...
- Speaker #0
Moi j'ai l'impression que,
- Speaker #1
effectivement, c'est à force de vivre des choses, on se dit « Ah ! »
- Speaker #0
Je me suis jamais trop posé la question. Effectivement.
- Speaker #1
Moi non plus, mais je suis là pour ça.
- Speaker #0
C'est bien.
- Speaker #1
Est-ce que tu as une blague un peu relou que tu fais tout le temps à tes patients ? Non. Du genre...
- Speaker #0
Non, je n'arrive pas à faire ça.
- Speaker #1
Ils s'allongent sur le ventre alors que tu leur demandais d'être sur le dos et tu dis l'autre ventre ou l'autre dos.
- Speaker #0
Oui, ça oui. Ça, c'est des petites blagues. Mais ce ne sont pas des blagues récurrentes. C'est en fonction de la situation.
- Speaker #1
L'humour, c'est présent ?
- Speaker #0
Non, pas trop. Je n'arrive pas trop à me lâcher avec les patients. J'essaie parfois avec des gens que je connais très bien. Mais... Non, vraiment pas. Je ne peux pas dire ça. Et d'ailleurs quand je croise mes patients dans la vie, ils me disent : "Je suis surpris de vous voir comme ça parce que je ne vous imagine pas comme ça". Non, non, je crois que je suis assez sérieux.
- Speaker #1
Oui et ça rejoint un peu ce que tu disais au début avec le bureau et garder un certain ordre des choses au sein du cabinet.
- Speaker #0
Oui c'est ça. Certainement. C'est peut-être mon passé qui veut ça. J'ai toujours fait plus jeune que mon âge donc quand j'ai commencé à travailler, J'avais vraiment la tête d'un enfant. Et je me sentais pas trop légitime par rapport à certaines personnes, donc peut-être que ça fait partie un peu de... Ça vient de là. Je sais pas. Peut-être que je me dériderais un peu plus avec le temps. Ou pas.
- Speaker #1
Est-ce que... tu as un échec thérapeutique ou un truc qui est sorti vraiment nulle part qui t'a vraiment aidé pour la suite à une consultation qui s'est pas du tout passé comme prévu ou alors un truc je t'ai dit mais j'ai totalement foiré en fait derrière ta revue la personne et ça s'est passé totalement enfin tu as un apprentissage qui vient un peu de nulle part
- Speaker #0
J'ai jamais trop eu ça. Alors oui c'est sûr que quand tu commences à travailler, même aujourd'hui, tu t'attends à un certain résultat et puis personne ne revient et puis ce n'est pas du tout ça. Je ne sais pas si ça a déjà remis en cause beaucoup de choses. Je me dis que ce n'était peut-être pas les bonnes techniques, ou que ce n'était peut-être pas le bon moment, ou que je n'étais peut-être pas assez juste avec l'instant. Je ne sais pas. Je vais me poser des questions, c'est sûr. Il va y avoir un cheminement. Je vais essayer de re... comment dire ? De voir la personne différemment la fois d'après. Mais il n'y a jamais eu un gros déclic comme ça. qui m'a fait avancer vers d'autres choses. C'est plus du ressenti, c'est plus mes expériences personnelles qui m'ont fait évoluer en ostéo.
- Speaker #1
Ok, ça vient...
- Speaker #0
Quand j'ai rencontré des ostéos, de l'avoir ressenti des choses sur moi. J'ai un esprit à la base très cartésien. J'aimais bien les manipulations, j'aime bien quand ça craquait, que ça s'expliquait, de la biomécanique... C'était logique, c'était bien. C'était "carré", c'était bien. Et quand j'entendais parler de biodies ou tissulaires, je regardais ça d'un oeil un peu... bon je me disais... je sais pas. Et en fait le fait de ressentir sur soi, de ressentir à quel point ça peut libérer des trucs profonds ou rééquilibrer tout en douceur, c'est ça qui m'a fait évoluer dans ma pratique. sur tout ça.
- Speaker #1
Oui, donc des gens, un peu des rencontres, plus qu'un patient, plus des rencontres professionnelles. Est-ce que tu aurais un conseil qu'on t'a donné ou le mot de la fin pour terminer cette conversation ? Fort agréable ma foi. Est-ce qu'un conseil pour, je ne sais pas, un thérapeute ou quelqu'un qui se lance, qui commence l'ostéopathie ?
- Speaker #0
J'en ai un.
- Speaker #1
Ouais ?
- Speaker #0
Ouais. Qu'on m'a donné en cinquième année, un super prof, Alain Delisle. Il nous a dit... C'était l'un des derniers cours qu'on faisait. Il nous a dit, bon, ben maintenant, il faut oublier tout ce que vous avez appris et laisser travailler vos mains. Et ça, je crois que c'est le plus beau conseil qu'on ait donné.
- Speaker #1
Merci, Yann.
- Speaker #0
Y'a pas de quoi. Merci, Thibaut.