- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Elles Agissent, je suis ravie de vous recevoir pour un nouvel épisode. Aujourd'hui, c'est un épisode de Portrait d'Impact. Portrait d'Impact, c'est une série au sein d'Elles Agissent pour donner la parole à ceux et celles qui souhaitent présenter leur entreprise, leur expertise ou même leur parcours. Et aujourd'hui, je suis ravie de recevoir Stella Dubois. Bonjour Stella.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bienvenue dans Elles Agissent, dans Portrait d'Impact.
- Speaker #1
Merci, ravie d'être ici avec toi aujourd'hui.
- Speaker #0
Alors Stella, toi tu es coach pour les entreprises, les dirigeants. Tu vas nous expliquer en quoi ça consiste et en quoi c'est particulier justement. Et avant tout ça, avant d'aller dans ton expertise, j'aimerais qu'on retrace le chemin de ton parcours, de ta vie. On va revenir dans l'enfance. Est-ce que tu peux nous raconter d'où tu viens, dans quel contexte familial tu as été élevée, éduquée ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr, avec grand plaisir. J'ai grandi dans une cité du 91, à Vigneux-sur-Seine pour être très précis. Je suis fille unique, donc j'ai très vite évolué dans un environnement où j'ai acquis certaines croyances. L'idée qu'il fallait que je me débrouille seule assez rapidement. L'idée aussi qu'il fallait être forte parce que dehors, la vie pouvait être compliquée, parfois dure, etc. Et ce qui fait que moi, au départ, j'étais quand même une petite fille assez sensible. Mais très vite, j'ai appris à refouler mes émotions pour montrer dure, performante, etc. Et au final, si tu veux, j'ai suivi un parcours assez linéaire puisque j'ai fait une école de commerce. Et ensuite, je me suis orientée vers les ressources humaines. C'est vrai qu'au départ, moi, je suis quelqu'un qui aime beaucoup l'humain. Et donc, j'ai évolué dans le monde de l'IT pendant à peu près 15 ans, où j'ai fait en sorte d'être performante, de rentrer dans un moule, etc. Jusqu'à ce qu'un burn-out vienne me secouer en 2022, en fait.
- Speaker #0
Alors, ça a été très loin. On va revenir sur deux, trois petits points qui m'ont interloqué, en tout cas, que j'ai entendus. Tu parles justement que la vie n'est pas assez dure et que tu devais justement ancrer en toi déjà des certitudes ou des phrases qui, là, avec le recul, tu dis, ne t'appartiennent pas totalement. Quand est-ce que tu t'en es rendu compte de ça ? Ou peut-être, quand tu étais aussi enfant, quand est-ce que tu te rendais compte que tu disais ces phrases-là ?
- Speaker #1
Écoute, je pense que ça vient aussi des parents. On ne va pas se mentir, c'est les croyances des parents. même si eux aussi ont fait... au mieux avec ce qu'ils avaient, le background qu'ils avaient auparavant. Mais oui, pour moi, ça se traduisait concrètement dans mes expériences professionnelles, dans ma vie personnelle, etc. Et tu vois, typiquement, j'avais du mal à me montrer vulnérable. Me montrer vulnérable, c'est un truc que j'ai appris à faire peut-être en 2024, tu vois. Et pour te dire à quel point c'est marrant, mon ancien manager me chambrait là-dessus à l'époque. Il m'a dit, ah purée ! Je pourrais dire que j'ai vu Stella Dubois pleurer. Et tu vois, je lui ai dit, fais-toi plaisir. C'était pour dire à quel point je donnais... Je renvoyais une image hyper lisse de moi-même, en fait. J'étais à fond dans un moule, la nana tirée à quatre épingles, toujours hyper lisse, hyper parfaite, etc.
- Speaker #0
Est-ce que ça t'a amené, ça, pendant tes études, par exemple, à ne pas faire de vagues, ou à être dans le haut des études, etc. Ou ça se répartissait là aussi ? Enfin, ça se répercutait là ?
- Speaker #1
J'ai une scolarité assez linéaire, je n'ai jamais redoublé.
- Speaker #0
Tu ne posais pas de questions sur ta scolarité ?
- Speaker #1
Écoute, si. Avec le recul, si je m'étais écoutée à 100%, je pense que je me serais orientée probablement vers une carrière de psychologue, thérapeute, où je me serais lancée dans l'entreprenariat beaucoup plus tôt. Mais c'est vrai qu'à l'époque, j'avais des bruits de fond qui me disaient non, l'entreprenariat, si tu n'as pas un projet, c'est une voie de garage, etc. Les voies de psychologie, c'est bouché, donc pourquoi tu veux te lancer là-dedans ? La fonction publique, c'est la sécurité, etc. Donc oui, j'ai été conditionnée comme ça. Et puis mes désirs profonds, je les ai un petit peu refoulés. Mais au bout d'un moment, ta vraie nature finit par ressortir.
- Speaker #0
Ces bruits de fond, c'était tes parents que tu entendais ? Ou c'était toi intérieurement qui disais que tu n'as pas le droit, tu ne t'autorisais pas ?
- Speaker #1
Je pense que c'est un peu des deux. Un peu des deux ? Oui.
- Speaker #0
Est-ce que ça t'es revenue sur cette discussion avec tes parents pour ce chemin que t'as eu toi-même de découvert de qui tu étais vraiment, sans forcément reprocher quoi que ce soit, mais de avoir cette discussion ?
- Speaker #1
Je pense déjà que j'ai compris beaucoup de choses quand j'ai réellement commencé à travailler sur moi-même, déjà en 2020. Mais je dirais que c'est vraiment quand je me suis lancée dans le coaching, quand j'ai suivi ma formation de coach. que j'ai pris conscience de beaucoup de choses, de qui j'étais, de comment je fonctionnais, de quelles croyances j'avais, etc. Et oui, à un moment donné, tu dis à tes parents, écoutez, oui, vous êtes gentil, je sais que vous m'aimiez, mais vous avez quand même projeté pas mal de peurs et de croyances sur moi-même. Et voilà, et aujourd'hui, on en discute en rigolant, etc. Je leur apprends aussi des petites choses en coaching. Mais voilà, je ne leur en veux pas du tout, parce qu'ils ont fait au mieux avec ce qu'ils avaient en fait à l'époque.
- Speaker #0
Est-ce que tu as l'impression, et l'image est un peu forte, mais d'être un robot ? à un moment de ta vie ?
- Speaker #1
Oui, clairement. Je pense que j'étais en mode pilote automatique. Clairement, quand j'étais en entreprise, j'ai toujours été une nana hyper carrée, qui délivrait, qui faisait ce qu'on attendait d'elle, etc. Mais au bout d'un moment, tu ne peux plus te trahir comme ça.
- Speaker #0
Te trahir ?
- Speaker #1
Oui, j'irais même jusque-là. Me suradapter, par exemple.
- Speaker #0
Et alors, justement... Tu te lances dans la vie professionnelle, tu as quand même une vraie carrière de longue durée. Comment tu te sentais dans cette carrière au début ?
- Speaker #1
Écoute, je me sentais bien, mais encore une fois, comme je te l'ai dit, j'ai toujours aimé beaucoup l'humain. Mais pour autant, je sentais que je n'étais pas complètement à ma place, parce qu'il y avait quand même des choses sur mes postes de RH qui me dérangeaient un petit peu. Donc autant être proche des collaborateurs, tout ça, ça m'animait au quotidien. Mais il y avait quand même une vraie partie qui était chronophage. Et au-delà de ça, tu sentais que... Moi, personnellement, je sentais que je n'avais pas vraiment de marge de manœuvre. Et c'est ça qui est hyper frustrant sur le job. Parce qu'on le veuille ou pas, être RH, c'est quand même un vrai job d'équilibriste. Parce que tu es entre la direction, tu dois défendre les enjeux de la direction, mais être aussi à l'écoute des collaborateurs. Et c'est vrai que c'est un rôle qui n'est pas simple. C'est cardio, comme on dit.
- Speaker #0
Et tu étais dans un domaine en plus qui était particulier, l'informatique. Et ça, ça engendre aussi, j'imagine, certaines difficultés, particularités liées au milieu. Et peut-être aussi à ta féminité. Je pense que c'est un milieu qui est encore assez masculin. Est-ce que tu l'as ressenti, ça ?
- Speaker #1
Alors, honnêtement, non. Parce que je pense que j'ai aussi un petit côté garçon manqué. Mais non, j'ai toujours adoré travailler avec des hommes. Je n'ai jamais eu aucun souci à ce niveau-là.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Vraiment.
- Speaker #0
Et le domaine d'informatique, c'est un domaine qui te plaisait ou tu as eu l'occasion de rentrer dedans ?
- Speaker #1
C'était plus par opportunité. Je dirais qu'au départ, je n'avais pas d'appétence en particulier. Mais oui, c'est vrai que quand j'ai démarré sur mon premier CDI, c'est vraiment la fiche de poste qui m'a interpellée.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et après, j'ai évolué dans ce milieu-là naturellement. Et oui, ça s'est plutôt bien passé.
- Speaker #0
Jusqu'à quand ça s'est bien passé ?
- Speaker #1
Ça s'est bien passé jusqu'en 2018. D'accord. Puisque c'est là que la vie est venue me chatouiller une première fois. Et ensuite, réellement, en 2022, où là, j'ai fait un burn-out, en fait.
- Speaker #0
Alors, en 2018, qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
Ce qui s'est passé, c'est que j'ai senti un premier décalage. J'ai senti que je m'en demandais vraiment beaucoup à moi-même. Ce qui fait que j'ai été en arrêt maladie pendant trois semaines. Et comment ça s'est passé ? Un jour, j'étais derrière mon ordi. C'est comme si j'avais fait une mini-crise de panique. Ça ne m'était vraiment jamais arrivé dans ma vie. Je m'en souviens, j'étais sur le quai du métro. Je croise un collègue et je me mets à pleurer. Alors là, je ne comprends pas ce qui se passe. Donc, je vais voir mon médecin, etc. Et on me dit, oui, c'était là, il faut que vous vous reposiez, que vous fassiez ce que vous aimez, que vous preniez du temps pour vous, etc. Donc, OK, fine, je fais ça pendant trois semaines. Et ensuite, je retourne au boulot. Et après, par contre, comme je te disais, en 2022, là, j'ai pris une grosse claque, par contre.
- Speaker #0
Et du coup, ce signal presque de 2018, tu ne l'as pas vraiment écouté ?
- Speaker #1
Non, je n'écoutais pas. Moi, j'ai la tête dure. Je n'ai pas écouté à l'époque.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu... Peut-être qu'à l'époque, tu disais que c'était quelque chose qui ne te correspondait pas. Justement, tu parlais d'accepter une vulnérabilité. Alors, le mot vulnérabilité, on le met un petit peu à toutes les sauces. Mais là, c'est le corps qui t'appelle, qui te dit là, tu vas trop loin. Et toi, c'était, oui, comme tu disais, le début de cette ouverture vers autre chose. Et donc, tu avais besoin peut-être d'avoir deux étapes pour bien le comprendre. Disons que celle-ci n'a pas été assez efficace.
- Speaker #1
Oui, je pense. Et au-delà de ça, moi, je pense que je suis aussi une personne qui a besoin d'aller dans le mur pour apprendre, en fait. C'est comme ça que j'apprends. Ça peut être brutal. Chacun a sa façon. Mais moi, c'est comme ça que je fonctionne. Et oui, j'ai eu besoin de cette deuxième grosse claque pour comprendre.
- Speaker #0
Et quand tu reviens en 2018, est-ce que ton entreprise prend en compte... Est-ce qu'il y a des changements quand même qui s'opèrent ou très vite tu retournes dans le rythme que tu avais avant ?
- Speaker #1
Non, je suis retournée dans le rythme que j'avais avant parce que je me suis dit bon c'est peut-être juste un coup de fatigue. Exactement. Donc voilà.
- Speaker #0
Donc tu continues, tu restes sur le même poste, les mêmes responsabilités, la même intensité. Oui. Et ensuite qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #1
Alors ensuite j'ai quitté cette société dans laquelle je suis quand même restée 7 ans. C'était vraiment... très belle boîte, très belle expérience avec des dirigeants qui avaient la main sur le cœur, etc. J'ai rarement vu ça. Et ensuite, j'ai rejoint une autre société où j'avais un poste avec un peu plus de responsabilité. Et au bout d'un moment, c'est là que j'ai ressenti le vrai décalage. Un jour, j'étais en réunion. avec une personne que je manageais à l'époque et le directeur commercial. On était en train de rédiger une fiche de poste pour un directeur marketing. Et à un moment donné, le directeur commercial pose une question. Et je me dis, mais pourquoi c'est à moi qu'il pose cette question-là alors qu'il est censé avoir l'information étant donné qu'il fait partie du Codire, etc. Et là, en fait, je ne sais pas, ça a eu l'effet d'une goutte d'eau. Et là, c'est comme si intérieurement, j'avais pété un plomb. Et je me souviens, j'ai appelé ma manager, j'ai dit écoute, là, c'est trop pour moi. Enfin, il faut que je m'arrête, etc. Elle m'a dit OK, ferme ton PC, boucle tout. Et là, par contre, après, ça a été hyper compliqué. Un burn-out, c'est vraiment dur.
- Speaker #0
Là, cette phrase, c'est vraiment juste, c'est pas ça la raison, en fait. C'est plutôt ton déclic à toi. Mais il y avait quelque chose, comme on vient de le dire, de latent et qui durait. et qui a engendré un burn-out. Et du coup, il s'est caractérisé comment pour toi ? Parce qu'il peut prendre différentes formes et différentes intensités. C'est-à-dire que cette phrase, est-ce qu'elle a été un déclencheur négatif et du coup, que tu n'as pas écouté tout de suite, tout de suite, parce qu'il faut s'en rendre compte ? Ou est-ce que ça a été très violent et très rapide ?
- Speaker #1
Ça a été assez violent quand même. En fait, je dirais qu'à l'époque, comme d'habitude, j'étais en mode pilote automatique. que je faisais en sorte... de faire avancer les choses, etc. Sauf que j'avais des directives contradictoires qui changeaient tous les jours. Je reportais à trois personnes différentes. Donc, c'était hyper compliqué. Je me suis dit, moi, je suis à fond, je délivre et derrière, ça ne suit pas. Et voilà, à un moment donné, il y a eu un décalage, une crise de sens, etc. Parce qu'en général, oui, on a tendance à dire que c'est le contexte qui favorise le burn-out. Mais il n'y a pas que ça.
- Speaker #0
Pas que ça.
- Speaker #1
Voilà, moi aussi, j'ai su me remettre en question. À cette époque-là, et ensuite, tu te vois dépérir, entre guillemets. Tu as envie de rester au lit, tu as envie de rien faire, tu n'as pas envie de manger. Je me souviens, à l'époque, j'ai quand même été voir mon ostéo parce que ça me faisait du bien. Il m'a même engueulé, il m'a dit, c'était là. Bon, par contre, là, il faut que tu reprennes du poids parce que j'avais perdu au moins 10 kilos. Même manger des trucs qui me faisaient plaisir à l'époque, ça ne m'intéressait pas du tout. Et puis, ouais, t'es triste tout le temps, en fait. Donc, ouais, c'était compliqué.
- Speaker #0
Et là, est-ce qu'entre ce que tu vois, ce que tu ressens, et l'interprétation, l'intellectualisation, un petit peu, de tout ça, en se disant, OK, là, ça va vraiment pas, il faut que je change. Ça arrivait quand ? À ce moment-là ou un petit peu après ?
- Speaker #1
Ça arrivait après.
- Speaker #0
Parce que là,
- Speaker #1
on va dire que j'ai commencé à comprendre les choses, mais c'était... Toujours pas suffisant, on va dire entre guillemets. J'ai quand même fait quatre mois d'arrêt maladie. Ensuite, j'ai quand même eu le courage de retourner au boulot. Sachant que derrière, tu as quand même des petites remarques qui disent « Ah oui, moi, ta place, je ne te ferai pas revenu, etc. » Moi, je me suis dit « Je me trouve quand même bien courageuse. » Et après, j'ai fait un point avec ma manager. On s'est dit « Qu'est-ce que tu fais ? Est-ce que tu restes ? Est-ce que tu pars ? » etc. J'ai dit, écoute, de toute façon, je n'ai plus envie d'évoluer dans cet environnement-là. Donc, autant que je parte. Je suis partie. Et après, je me suis dit, bon, c'est peut-être l'environnement qui ne me convenait pas. Je me suis convaincue de reprendre un CDI derrière.
- Speaker #0
Tu as enchaîné ?
- Speaker #1
Quelques mois après. Non, on va dire que j'ai fini en août. J'ai dû reprendre en octobre. Donc, voilà, je réenchaîne sur un CDI. Et peut-être un an après, rebelote. Et donc là, j'avais eu un petit arrêt maladie, etc. Et je reviens, sachant que j'avais commencé, il y avait quelques mois avant, ma formation de coaching.
- Speaker #0
Ah, ça t'est rentré dans ta vie quand même.
- Speaker #1
Voilà, exactement. J'avais commencé à avoir certaines prises de conscience, etc. Et quand je suis retournée au boulot, je me souviens, j'ai participé à une réunion. Et là, c'est comme si j'étais en réunion, mais j'étais totalement ailleurs. Je me suis dit, mais Stella, mais qu'est-ce que tu fais là ? Ça faisait plus, absolument plus sens pour moi. Qu'est-ce que tu fais là ? Et c'est à ce moment-là que je me suis dit, non, là, c'est pas possible. Ça me coûte trop cher de rester là. Qu'est-ce que je fais, en fait ? Est-ce que je prends le risque de rester dans un environnement où je suis mal, visiblement ? Ou est-ce que je prends mon courage à deux mains et je m'envole, quoi ?
- Speaker #0
Et ça, moi, je l'ai vécu aussi. Qu'est-ce que je fais là ? Et en entreprise, c'est long après. Quand tu dis prendre son envol, la décision, etc. Je voudrais juste revenir, tu dis que le coaching est rentré dans ta vie pendant cette année de reprise d'un dernier job. Comment et à quel moment en fait ? Est-ce que c'est le coaching que tu fais maintenant qui est rentré dans ta vie ?
- Speaker #1
Oui, alors en tout cas, le coaching au sens où je le pratique aujourd'hui, oui. Donc ma formation de coaching, je l'ai démarrée en mai 2023. Sachant que ce n'était pas facile parce que je venais de perdre un être cher, donc mon grand-père paternel. Et 15 jours après, je démarrais ma formation de coaching. J'ai dit mais comment je vais pouvoir gérer tout ça ? Ma formation de coaching, le décès de mon grand-père, mon job en parallèle, etc. Donc, ce n'était pas évident, mais j'ai tenu le coup. Et oui, c'est vraiment une formation qui m'a apporté beaucoup de choses, qui m'a fait découvrir pas mal de choses aussi sur moi-même, sur, encore une fois, mon fonctionnement. Et c'est ce qui m'a apporté un vrai déclic, en fait, quand j'ai voulu quitter mon CDI. Parce que forcément, tu te dis, OK, tu as un emprunt immobilier à rembourser. Tu n'as plus la sécurité de l'emploi parce qu'il faut que tu voles de tes propres ailes, etc. Donc, qu'est-ce que tu fais ? Et en fait, moi, je suis quelqu'un, je me suis toujours dit, je refuse de subir ma vie. Donc, je me suis toujours donné les moyens de ne pas subir les choses. Et je me rappelle aussi, c'est ce qu'on nous disait tout le temps en formation de coaching, c'est que le coach doit être une source d'inspiration pour ses coachés. Donc, comment moi, demain, je vais pouvoir demander à des gens de prendre des risques, de poser des actions dans la vie, etc. Si moi-même, je ne suis pas en capacité de le faire. Donc à chaque fois...
- Speaker #0
Et tu l'as expérimenté en plus.
- Speaker #1
Exactement. Je me suis dit, Stella, tu as peur, mais ce n'est pas grave. Vas-y, prends des risques. Et au final, tu te rends compte que quand tu fais des choix qui sont justes pour toi, qui sont alignés avec qui tu es profondément, tout le reste finit par s'aligner. Et c'est ce qui s'est passé en fait.
- Speaker #0
Mais alors ce choix, du coup, il rentre dans ta vie alors que tu viens de nous dire qu'elle était construite sur des bases. qui ont été quand même assez carrés ou en tout cas dans un parcours de vie qui n'était pas censé prendre une autre direction. Est-ce que tu as dû quelque part faire le deuil de ce que tu avais connu, vécu, compris de ce qu'était la vision professionnelle aussi, j'imagine peut-être vis-à-vis de tes parents, est-ce que tu as dû leur annoncer quelque chose et crédibiliser aussi la notion de coaching ?
- Speaker #1
Ben écoute... Non, crédibiliser la notion de coaching, je ne dirais pas ça. Mais c'est vrai qu'à un moment donné, je les ai mis face à un choix. J'ai dit à partir de maintenant, c'est soit vous êtes avec moi, soit vous êtes contre moi. J'ai dit à partir du moment où je vais prendre la décision de quitter mon job, il ne faudra pas vous montrer fébrile. Et derrière, ça a suivi.
- Speaker #0
Là, tu reprends le côté où tu sais ce que tu veux. Une fois que tu as décidé, est-ce que tu as hésité à un moment ou est-ce que tu étais dans le doute ?
- Speaker #1
Oui, forcément, on est toujours dans le doute. Mais je ne sais pas, je dirais qu'au fur et à mesure, les doutes ont fini par s'estomper parce que c'était juste.
- Speaker #0
C'était ta place.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc, tu pars de ton travail. Tu as fini ta formation à ce moment-là ou tu es encore un petit peu ?
- Speaker #1
Oui, je l'ai fini en mai 2024.
- Speaker #0
D'accord. Et alors, comment tu fais pour lancer ton activité ? Est-ce que tu as cherché aussi dans... quel domaine tu avais envie de coacher ? Les coachs peuvent être dans plein d'activités.
- Speaker #1
C'est vrai que quand tu es en formation de coaching, on te demande aussi de pratiquer sur des entreprises, etc. C'est ce que j'ai eu la chance de faire, notamment avec une société dans le secteur de l'IT et auprès de soeurs entrepreneurs qui sont plutôt dans le secteur biotique, donc un small business dans tout ce qui est onglerie. Donc, j'ai eu la chance d'avoir ces deux cas-là. Et après, écoute, moi, vu mon parcours, mon background dans l'IT, ça m'a semblé logique, en tout cas, de continuer sur cette voie-là.
- Speaker #0
naturellement vers l'entreprise directement. J'ai envie de te poser une question d'actualité aussi. On entend beaucoup parler d'un film en ce moment qui sort avec Pierre Ninet autour du coaching. Et la communication qui se fait autour de ce film, elle est aussi orientée pour dire qu'il y a des coachs, il y en a un peu tout, mais pas mal de mauvais dans cette communication en tout cas. Toi, qu'est-ce que tu as envie de dire sur ça et surtout comment... savoir qu'on a affaire à un coach, un bon coach, en tout cas un coach qui peut nous correspondre et surtout un coach qui a eu la formation nécessaire ?
- Speaker #1
Déjà, je pense qu'il faut checker la formation du coach en question, son diplôme. En tout cas, j'ai un titre qui est certifié RNCP. Donc, ça atteste quand même que j'ai une certaine pratique qui est reconnue. Et ensuite, oui, avoir de la preuve sociale, ça peut être quand même utile. Et après, le coaching, c'est vraiment, je dirais, l'art d'accompagner des individus dans la réalisation de leurs objectifs. Donc, ça peut être aussi des challenges, par exemple, qui vont être personnels ou professionnels. Et nous, notre rôle, effectivement, ça va être d'accompagner ces personnes-là avec différents outils de coaching. les accompagner à devenir, on va dire, autonomes. Parce que le propre d'un coach, c'est vraiment t'aider à faire mieux différemment et surtout à moindre coût. Donc nous, on t'aide en fait à devenir autonome si tu veux. Et après, tu poses des actions et ça, dans le même temps, ça vient nourrir ta confiance en toi, etc. Donc c'est tout un processus en fait. Mais l'objectif, c'est de te rendre autonome et poser des actions dans ta vie, te faire passer à l'action.
- Speaker #0
On dit parfois que les coachs et les coachées, il y a quelque chose que l'un retrouve dans l'autre, etc. C'est une rencontre. Est-ce que tu le ressens aussi, toi ?
- Speaker #1
Alors oui, oui, oui, oui, clairement. Et puis même quand j'ai démarré, j'ai pas mal eu de coachées qui avaient des problématiques qui me parlaient personnellement. Tu vois, ça faisait écho, un effet miroir. des gens qui devaient prendre leur place. Et c'est marrant parce que moi, quand j'étais en école de coaching, mon objectif avec mon binôme, c'était réussir à prendre ma place dans tous les domaines de ma vie. Et à chaque fois, en tout cas les premiers temps, j'ai toujours eu des coachés qui devaient prendre leur place dans quelque chose.
- Speaker #0
C'est fou ça.
- Speaker #1
C'est fou, hein ?
- Speaker #0
Ouais. Est-ce que tu trouves que tu as pris ta place là ? Que tu es à ta place ?
- Speaker #1
Bah écoute, oui. Je pense que j'ai encore un petit peu de chemin à parcourir. courir, mais je pense qu'en tout cas, c'est en bonne voie.
- Speaker #0
Tu coaches pas mal de dirigeants et des dirigeantes.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'il y a de particulier avec ce public ?
- Speaker #1
Ce qu'il y a de particulier, c'est-à-dire ?
- Speaker #0
Dans leur façon de coacher, dans toi, qu'est-ce que tu as à leur apporter de plus ou de moins ? En tout cas, qu'il n'y a pas chez les autres personnes, quand quelqu'un vient, un coach de vie, un coach... Là, on est dans un cadre professionnel, mais aussi un cadre de direction, de management. Je suppose qu'il y a des choses qui sont liées vraiment à leur statut, peut-être leur profession aussi.
- Speaker #1
Déjà, je dirais que ça dépend aussi de la posture qu'on te demande d'adopter. Parce qu'il y a des coachs qui vont avoir simplement un positionnement de coach, où tu vas venir poser des questions, aider les gens à avoir des prises de conscience, etc. Mais des fois, on peut te demander aussi d'intervenir comme coach consultant, par exemple. Moi, ça m'est déjà arrivé puisque j'ai de l'expérience en RH. Donc oui, on m'a déjà demandé d'avoir cette posture-là. Mais ce qui est intéressant aussi avec des dirigeants, c'est qu'ils ont un certain niveau dans l'entreprise, ils ont un certain background. Il faut avoir aussi en arrière-plan le fait que ce qui reste important, c'est quand même la performance de l'entreprise. Donc être en capacité aussi de traiter des enjeux business. Et des fois... Alors moi, ça m'est déjà arrivé. Tu as des dirigeants en face de toi qui ont du mal à lâcher le mental, en fait. C'est eux qui veulent diriger la séance de coaching, qui veulent à tout prix comprendre les outils, etc. Tout le déroulé.
- Speaker #0
Ils sont encore dans leur rôle de dirigeants. Exactement.
- Speaker #1
Et donc ça, c'est à toi, effectivement, de faire en sorte qu'ils puissent lâcher prise et comprendre que c'est un espace dédié, justement, où ils peuvent déposer les armes, en fait. Donc ça, c'est toujours amusant à voir quand même.
- Speaker #0
Et tu parles aussi d'un flou qui peut y avoir, en tout cas de choses qui ne sont pas très claires. Est-ce que tu peux nous en parler de ce que tu leur apportes ?
- Speaker #1
Oui, le flou, je peux te donner un exemple. Typiquement avec une entreprise du secteur IT avec laquelle j'ai travaillé. Donc avec une activité recrutement un petit peu en berne, etc. des process à revoir, des tensions entre certains membres du Codire. Et là, on est carrément parti sur un accompagnement 360, puisque c'est aussi ce que je fais, réaligner des Codires, travailler sur la vision. Et donc, on a remis à plat les cinq grands process qui régissent l'entreprise. On a revu tout ce qui était valeurs, why. On a clarifié aussi, effectivement, les rôles et responsabilités de chacun dans l'entreprise. En parallèle, on a fait du coaching individuel avec chacun des dirigeants. justement pour pouvoir faire en sorte de diminuer les tensions entre eux, etc. Et puis, on est venu consolider tout ça avec une vision partagée à 3-5 ans pour qu'ils aient un cap clair, qu'ils sachent où aller, une vraie feuille de route.
- Speaker #0
Est-ce que tu vois parfois des dirigeants, dirigeantes qui ne se rendent pas compte à quel point ils peuvent être épuisés comme toi tu l'as été et que tu ne t'en rendais pas compte ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu as déjà eu le cas ?
- Speaker #1
Oui, ça arrive souvent. Pour l'instant, j'ai eu de la chance, ils arrivent quand même à en prendre conscience et à poser des actions qui font qu'ils arrivent à se réserver un petit temps dans l'agenda pour aller courir, pour jouer du piano. Ils se rendent compte que c'est important, en fait.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te plaît le plus dans ce que tu fais ?
- Speaker #1
Ce qui me plaît le plus, je dirais que c'est de voir le avant-après. Parce qu'on... On pense comme ça, oui, le coaching, c'est juste poser des questions, etc. Mais je t'assure que quand ça prend une tournure business, là, tu vois réellement l'impact que tu as auprès des dirigeants. Et puis même, c'est voir les gens se transformer. Tu sais, quand tu leur apprends à utiliser deux, trois outils de coaching sur eux-mêmes, etc. De voir, ah ouais, bon là, OK, je réagis comme ça parce qu'il y a telle chose qui a pu me piquer, etc. OK, bon là, je suis là. je me rends compte qu'il faut que je sois un petit peu plus dans l'empathie, etc. En fait, moi, j'ai tendance aussi à penser qu'on est tous des grands enfants blessés. Et c'est pour ça qu'on n'arrive pas bien à communiquer. Mais une fois que tu as cette perspective autour des relations humaines, je t'assure que ça change pas mal de choses.
- Speaker #0
Et si quelqu'un nous écoute ou nous voit et se dit... À quel moment il peut se dire, tiens, je vais faire appel à Stella ? À quel moment ? tu peux rentrer dans la vie de quelqu'un pour le coacher ?
- Speaker #1
Écoute-moi, en général, j'arrive quand tout est bloqué. Quand tu ne sais pas par quel bout il faut prendre les choses. En général, c'est là que j'interviens. On se retrousse les manches tous ensemble et on va traiter les vrais sujets. Tout ce qui a été mis sous le tapis, en l'occurrence, c'est ce que je viens aider à faire, remettre du mouvement, de la clarté dans les process, dans les dynamiques d'équipe, etc.
- Speaker #0
Toi, même dans ta dynamique là, entrepreneur, en étant entrepreneuse, est-ce que tu restes vigilante, j'imagine, par rapport à ce que tu as vécu en termes de burn-out, en termes d'intensité ? Est-ce que maintenant, ça s'est rentré aussi dans ta vie ? Tu as fait un vrai changement de cap, mais est-ce que tu as aussi introduit de nouvelles façons de voir le métier, de voir le travail pour ne pas que justement ces choses-là reviennent ?
- Speaker #1
Écoute, oui. dans le sens où après on va pas se mentir quand t'es entrepreneur t'es tout seul, t'as tendance quand même à être pas mal derrière ton ordinateur donc faut que t'aies une vraie hygiène que tu t'astreignes à respecter le planning que tu t'es fixé typiquement moi je sais que je peux pas survivre si je fais pas de boxe ou de circuit training etc, le sport ça me porte beaucoup, ça m'aide à me défouler à évacuer peut-être des choses des fois difficiles qui peuvent se passer en coaching, etc. Donc, ouais, il faut avoir une vraie hygiène et puis être en capacité aussi d'écouter son corps, quoi. Tu vois, quand il t'envoie des signaux, il dira, OK, là, je vais peut-être lever un petit peu le pied, mais c'est pas grave parce que typiquement, j'ai conscience de mes drivers. Par exemple, si je te dis, moi, j'ai un soin parfait qui prime, OK.
- Speaker #0
Je m'accorde ce petit temps de pause, mais je sais que le « Sois parfait » va reprendre le dessus à un moment donné. Donc, quoi qu'il arrive, je serai OK, je serai à jour sur mes deadlines, etc. Donc, il n'y a pas de sujet, je peux le faire sans culpabiliser, tu vois.
- Speaker #1
Oui, je vois. Tu t'organises en fonction. Et de toute façon, comme n'importe quel métier aussi, il y a des contraintes, il y a des libertés, il y a des pressions, du stress qui est différent.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais là, tu as à la fois l'expérience, le recul.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Pour mieux le gérer.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et du coup, mieux vivre avec ça. Est-ce que tu as envie d'avoir un impact particulier dans la manière dont tu vis, dans la manière dont tu travailles ? Tu nous l'as déjà un petit peu abordé dans l'épisode, mais est-ce que cette notion d'impact, elle fait aussi partie de ton quotidien ou de ce que tu as envie de proposer ?
- Speaker #0
Alors oui, clairement, avoir de l'impact pour moi, c'est hyper important. Et puis même de se dire que quand j'interviens dans l'entreprise, c'est pour faire bouger les lignes, en fait. C'est pour regarder ce qui ne va pas, regarder où ça coince. où il y a besoin de mettre un petit peu d'huile de coude, etc. pour que ça reparte comme sur des roulettes. Mais pour moi, c'est vraiment être en capacité de faire bouger les lignes et d'apporter de la clarté et de l'alignement, en fait. Oui.
- Speaker #1
Et là, tu trouves que tu le mets en place ?
- Speaker #0
Oui, oui, clairement.
- Speaker #1
Est-ce que tu continues de te former ou est-ce que tu te nourris d'autres choses, de lecture ou d'actualité ?
- Speaker #0
Oui, comme... En tout cas, j'espère la majorité des coachs. J'écoute des podcasts, je fais des lectures. Et oui, il n'y a pas longtemps, je me suis formée aux techniques d'optimisation du potentiel. Et je me demande aussi si je ne vais pas poursuivre avec un accompagnement un peu plus porté sur le corps humain. Donc, pourquoi pas du coaching sportif où justement, je pourrais aligner le corps, l'esprit, un vrai 360, une sorte de coaching holistique.
- Speaker #1
Et relier tout ce que tu nous as présenté. Est-ce que tu peux nous en parler un peu plus de ta dernière formation ? L'expliquer, nous dire ce que c'est exactement ?
- Speaker #0
Oui, c'est les techniques que tu utilises dans l'armée ou le sport de haut niveau. Des techniques qui vont te servir pour la gestion du stress, dans différents contextes assez compliqués.
- Speaker #1
Là, dans tes perspectives de coach, de professeur ? professionnels, est-ce qu'il y a des choses qui arrivent ? Est-ce qu'il y a des nouveautés ? Comment s'annonce l'avenir ?
- Speaker #0
Écoute, moi, j'ai souhaité participer à Portrait d'Impact aussi pour me faire connaître en tant que coach, parce qu'encore une fois, j'ai monté mon activité de coaching en août 2024. J'ai commencé à communiquer sur LinkedIn seulement en avril 2025. Donc, ça reste quand même assez récent. Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, je fais du coaching auprès des dirigeants, des managers, des équipes qui sont en perte de repère, en tension, dans des contextes de transformation. Mon objectif, comme je le disais, c'est vraiment d'apporter ce côté carré, structure, cet alignement au sein des équipes pour servir la performance.
- Speaker #1
Et comment on peut te contacter ?
- Speaker #0
Écoute, ça peut être soit via LinkedIn, ou sinon via mon site internet qui va sortir prochainement, puisque j'ai fait une refonte. Voilà, principalement.
- Speaker #1
Je mettrai en lien.
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Céla.
- Speaker #0
Merci à toi de m'avoir reçu.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Merci beaucoup.