- Speaker #0
bienvenue dans ce nouvel épisode d'elle en bretagne je suis marie cécile sa fondatrice et dans ce podcast mon souhait de donner la parole aux femmes et aujourd'hui je reçois sophie alizi qui avec son mari julien et leurs deux filles ont largué les amarres en 2015 pour explorer l'atlantique à la voile une aventure qui a transformé leur vie et de retour sur terre animés par une énergie nouvelle, ils se sont lancés dans un projet uni. Rénover et faire du château de Bossay-sur-Mer, dans la région de Dinard, un lieu éco-responsable, emprunt de sens et de respect pour le vivant. Alors comment passe-t-on de ce voyage à travers l'Atlantique à un projet familial aussi ambitieux ? Sophie nous raconte tout avec sincérité et passion dans cet épisode. Alors installez-vous confortablement et laissez-vous inspirer par ce nouvel épisode d'Elle en Bretagne. Alors bonjour Sophie.
- Speaker #1
Bonjour Marie-Séphie.
- Speaker #0
Ravie de te retrouver depuis notre première rencontre, ce qui était lors de la journée régionale de la marque Bretagne, à Rennes, dont nous sommes d'ailleurs tous les deux partenaires. Lors de cette rencontre, tu as témoigné sur ton beau parcours et je me suis dit que nous ferions un très bel épisode ensemble. Tu me reçois aujourd'hui dans ton beau château, un lieu magnifique en bord de mer que vous avez entièrement rénové. Alors avant de parler du château, fidèle à ma première question, comment vas-tu aujourd'hui Sophie ?
- Speaker #1
Oui, je vais bien, je t'en remercie Marie-Cécile et je suis très heureuse. que nous ayons cet échange ensemble aujourd'hui.
- Speaker #0
Avant d'embarquer dans notre récit, peux-tu nous dire un petit peu quelle était votre vie avant votre voyage en 2015, lorsque vous êtes partie au travers de l'Atlantique pendant une année ?
- Speaker #1
Alors avec Julien, mon mari partage en Bretagne. Il m'a fait découvrir cette région que j'aime passionnément pour son côté sauvage et authentique. Et il y a 25 ans maintenant, on s'est mariés à Dina. Et quand il a fini ses études à Rennes, et très envie qu'on s'installe en Bretagne. Et puis, il se trouve que la vie en a décidé autrement. On a commencé à Paris. Et puis, 20 ans après, on était toujours à Paris, avec nos enfants et notre maison, et une vie citadine. Mais Julien est un marin profondément dans l'âme. Il aime la mer. Il faut qu'il la voit. Il faut qu'il la vive. Ça fait partie de son équilibre. Donc, on venait quasiment tous les 15 jours, en fait, dans la région pour le week-end. Et ça, c'était notre équilibre depuis que les filles sont toutes petites. Elles ont maintenant entre 18 et 21 ans. Et un jour, à l'aube de nos 40 ans, on s'est dit non, en fait là, ça ne va pas du tout. Ce n'est pas dans ce sens-là qu'il faut faire des choses. Grosse remise en question. Et c'est là où en fait est apparu le point de rupture. On a fait une crise de sens dans nos vies professionnelles et personnelles. Il se trouve qu'on nourrissait le rêve depuis une dizaine d'années de réaliser un tour de l'Atlantique à la voile avec nos filles. Et il y a dix ans, tous les astres se sont alignés. Alors, il y a eu certes un alignement d'astres, mais sans doute pas que. Je pense qu'on a aussi provoqué les choses pour que ça se fasse dans ce sens-là. En tout cas, on était prêts pour le faire. On ne s'aventure pas dans une telle initiative sans préparatif. En fait, on ne se rend pas compte, mais une année comme ça autour de l'Atlantique à la voile, ce n'est pas une année de vacances, c'est une année d'aventure. Ça se prépare. Donc, on a mis un an à se préparer. en amont et en parallèle de nos jobs respectifs. Se préparer, ça veut dire préparer le bateau déjà, l'acquérir et se préparer, se former techniquement, se former par exemple sur des sujets liés à la météo, sur des sujets liés à la sécurité bien sûr, comment déployer un canot de survie, comment éteindre un incendie à bord. Et puis aussi d'un point de vue sanitaire, c'est-à-dire que lorsqu'on se retrouve à faire une transatlantique en plein milieu de l'Atlantique, On est un peu seul au monde. S'il y a un problème de santé ou si on se fait mal, je pense à l'épisode de Bertrand Dubroc qui avait dû se recoudre la langue. Ça, ça peut arriver. Il faut savoir être autonome. Donc, en fait, on s'est formé. Alors, on n'est pas devenu médecin, mais on s'est formé en formation accélérée. On a appris à se recoudre, à faire des intramusculaires dans des pamplemousses pour pouvoir être le plus autonome possible et le plus près possible. Et la phase de préparation, qu'elle soit technique, liée à la sécurité, ou mentale, parce qu'il y a aussi tout l'aspect psychologique de préparation qui est extrêmement important. Et un an, ça n'est pas trop.
- Speaker #0
Non, tout à fait. Et justement, cette préparation ne vous a pas effrayée ?
- Speaker #1
Non, en fait, nous on l'a pris parce que ça nous a permis d'apprendre, en fait. Et ça nous permettait aussi, je dois l'avouer, de sortir de notre quotidien. Parce que comme je le disais tout à l'heure, en fait, le véritable point de rupture de notre changement de vie, ce n'est pas tellement la création de ce projet au château de Bossin-Jardin sur la mer. C'est en fait ce voyage-là. Et ce voyage-là, Cette aventure-là, elle a été vraiment à l'origine du projet. Mais justement, pour se sortir de notre quotidien, parce que même si on avait des vies professionnelles passionnantes, un peu trop trépidantes, mais à un moment donné, on n'était plus en phase par rapport à des valeurs ou par rapport à des choses qu'on nous demandait de faire, avec lesquelles on n'était plus forcément d'accord. Eh bien, 40 ans, c'est un peu la moitié d'une vie. On fait un bilan et ce n'est pas un hasard, en fait, si ça s'est passé à ce moment-là.
- Speaker #0
Et par rapport à vos enfants, Est-ce que vous avez donc... deux filles, elles avaient quel âge à l'époque ?
- Speaker #1
Alors quand on est parties, elles avaient 9 et 12 ans. Et alors je réfléchis en fait plus en année scolaire parce que, soyons guères, il y a quand même un élément qui est important, c'était que l'on ne voulait pas les déscolariser totalement. Et donc on a choisi de faire le CNED, donc l'école à distance, pendant un an. Et Camille était en CM1 et Manon était en cinquième.
- Speaker #0
Et vous êtes partie au moment de la rentrée scolaire ?
- Speaker #1
Alors on est parties en fait au mois d'août. Et on est rentrés fin juin, début juillet. Tout début août et fin juin, début juillet. Donc,
- Speaker #0
elles ont fait toute une année scolaire lors de ce voyage.
- Speaker #1
Ça se fait très bien. Bon, après, soyons clairs, l'objectif de ce voyage, c'était de le partager en famille, justement, d'ouvrir nos enfants au monde, aux autres. C'est l'école de la vie. C'était notre choix, en fait, de ne pas les mettre trop en marge de la société et de ne pas, plus socialement, de ne pas les décaler d'une année par rapport à leur cercle amical. Le vrai sujet, il est là. Après, pour être honnête, ce n'est pas facile quand même de prendre ce genre de décision, de partir avec ses enfants, parce que, qu'on le veuille ou non, on se met en marge de la société d'une certaine manière. On a même, je pense, parfois des amis ou des proches, en fait, qui n'ont pas toujours compris ce choix-là. Et à un moment donné, il faut aller jusqu'au bout du projet, à partir du moment où, en fait, on a nourri l'envie et qu'on est ultra motivé et déterminé. à réaliser ce projet, on y va, on se prépare au mieux et on y va.
- Speaker #0
Donc vous êtes partie en août 2015, et vous avez fait quel parcours alors ?
- Speaker #1
Alors en fait, on a fait un tour de l'Atlantique assez classique, on est parti, notre bateau est à La Rochelle, on a pris la direction de l'Europe du Sud, et on est descendu avec des étapes, parce que l'idée bien sûr, c'était de découvrir à chaque fois des pays, donc certes, il y a de la navigation, Mais un an de tour de l'Atlantique à la voile, il ne faut pas penser qu'on passe nos journées à naviguer. Donc on se répartit en fait les tranches de navigation et l'idée c'est de faire des petits sauts de puce et à chaque fois de découvrir en fait un pays, une culture, etc. Donc parfois vous avez des sauts de puce qui font navigation qui font juste une demi-journée, parfois c'est 5, 6, 7 jours. Transatlantique c'est entre deux semaines à l'aller, 3, 4 semaines au retour, ça dépend quel itinéraire on prend. pour finir, on a fait Europe du Sud, on est descendu en fait, on a fait les Canaries, le Sénégal et on a fait une transatlantique à partir du Cap Vert. On est arrivé au sud de l'Arc-Antillais, on a remonté tout l'Arc-Antillais jusqu'à Cuba, Turcienne Caïcos, Bahamas et là, transatlantique retour. On n'a pas pu pour des raisons météorologiques s'arrêter au Bermude, malheureusement. Et donc on a filé sur les Açores et Açores, La Rochelle, et ça c'est 11 mois.
- Speaker #0
Sacrée aventure en fait. Et quels sont tes souvenirs les plus précieux dans ce voyage ?
- Speaker #1
Mes souvenirs les plus précieux, c'est les liens familiaux qu'on a créés, qui sont extrêmement forts je pense, avec nos filles. C'est assez étonnant parce qu'en fait sur un bateau, il y a un huis clos qui est très fort comme vous pouvez l'imaginer, qui peut être parfois extrêmement pesant. Parce que même si on part avec les personnes qui sont les personnes qu'on chérit le plus au monde, des fois c'est... compliqué. Je veux dire, c'est le quotidien de la vie et pour être complètement honnête, ça m'est arrivé de me dire, voilà, elle serait bien l'aînée par-dessus bord parce que, voilà, aujourd'hui, elle n'a pas envie de faire son Tned ou que sais-je. Et puis, il y a les éléments naturels qui ne sont pas tendres et qu'on ne maîtrise pas forcément ou avec lesquels il faut apprendre à vivre. Donc, tout ça fait beaucoup d'éléments assez perturbants. Mais ce lien familial très fort a lui clos qu'on a développé et qui fait qu'aujourd'hui, Alors, on a la chance d'habiter dans un endroit qui est absolument magnifique, en pleine nature et qui est dans un grand espace. Pour autant, on a beaucoup de plaisir à se retrouver dans des petits endroits quand on part en vacances. Et je pense qu'il y a vraiment un parallèle avec cette expérience. On s'est retrouvés dans un lieu assez ramassé à huis clos. On aime bien. On passe aussi des vacances en van où on est un peu ramassé. Voilà. Donc, il y a cet aspect, on va dire familial. Et puis, il y a l'aventure humaine. Il y a l'aventure humaine. Je pense notamment à des rencontres qu'on a faites au Sénégal puisqu'on était partis réaliser une mission avec Voile sans frontières. dans le Siné-Saloum, qui est en fait la petite Amazonie de l'Afrique. Et on est restés presque trois semaines dans le Siné-Saloum, dans le petit village de Diogan. Et on partage une expérience très particulière toutes les deux, puisque je sais, nous en avons parlé hors antenne, que tu es également allée, c'est quand même incroyable de se retrouver.
- Speaker #0
C'est incroyable parce que c'est un endroit totalement isolé, auquel on ne peut accéder que par la mer, par pirogue ou par voilier. Et il se trouve que toutes les deux, on est allées dans ce petit village où il y a de peu près moins de 1000 habitants.
- Speaker #1
Qui est quand même très isolé et au fin fond du sud de Saloum. Bon, nous avons cette expérience commune à quelques années d'Occar. Et ça, ça a été le moment où on a resté le plus longtemps avec la population et avec les villageois. Et il y a des liens extraordinaires qui se créent. Donc humainement, c'est extrêmement riche.
- Speaker #0
Et puis le fait d'arriver dans des pays différents. Vous avez côtoyé plein de cultures aussi.
- Speaker #1
C'est ce qui est encore plus enrichissant. Là encore, il faut faire preuve d'adaptabilité, voire d'hyper-adaptabilité, parce que c'est sûr que vous n'êtes pas reçus de la même manière au Sénégal, au Cap-Vert ou à Cuba. À Cuba, vous avez la police qui monte à bord avec ses grosses rangers et qui ne vous demande pas grand-chose et qui va vérifier jusqu'à vos légumes, qui vous pose plein de questions, qui envoie des maîtres chiens pour vérifier que vous n'avez pas de drogue à bord. qui n'en ont que faire si vous avez des enfants à bord qui sont assez pétrifiés par les chiens. Mais tout ça, c'est très bien aussi. Ça ouvre des horizons et c'est pour ça qu'on a réalisé ce voyage.
- Speaker #0
C'est sûr que pour vos deux filles, c'est une expérience extraordinaire.
- Speaker #1
Oui, d'ailleurs, c'est comme ça. Ce sont leurs mots, en fait, extraordinaires au sens strict du terme. Et je pense qu'elles n'avaient peut-être pas conscience à l'époque. de vivre quelque chose d'extraordinaire. Quand elles nagent avec les dauphins, elles se doutaient bien que la plupart de leurs amis n'avaient pas cette chance-là. Mais avec le recul, c'est encore plus amplifié. Oui, on peut parler d'une expérience extraordinaire qu'ils portent.
- Speaker #0
Et quand on a vécu ça, il faut aussi pouvoir revenir.
- Speaker #1
Oui, alors le retour n'est pas simple. Parce que quand on revient, on est un peu comme un indien dans la ville. En fait, ce qu'il faut aussi imaginer, c'est que partir en bateau... nous on cherchait les endroits relativement, le plus sauvage possible, souvent isolés. Donc quand on mouillait, quand on mettait l'encre, c'était souvent des endroits qui étaient isolés et reculés, où il y avait une nature encore vierge, avec l'horizon à 360. Donc sur l'année, vous êtes connecté à 360 degrés avec la nature. Donc cette connexion avec la nature, on l'a vécu pleinement. Et quand on revient, il se trouve qu'à l'époque, on habitait à quelques encablures de la Défense. eh bien, c'est sûr que ce n'est pas tout à fait le même paysage. Donc ça, ça a été plus compliqué. Ça a été compliqué pour les parents, pas tellement pour les enfants. Ah, d'accord. Non, alors les enfants ont une capacité d'adaptation. Mais ça, je l'avais lu, mais je le confirme. Ils ont une capacité d'adaptation, mais vraiment presque surnaturelle, moi, je trouve. Parce que soit dans un sens, quand elles sont allées sur le bateau, ou dans l'autre sens pour revenir, à part la cadette qui a eu du mal à remettre... pendant un an, elle avait juste un petit maillot de bain sur elle et donc elle ne comprenait pas trop qu'il fallait se rhabiller, mettre des chaussures, être contraignant en fait, de ne pas aller en tongs à l'école. Et elles reprennent leur vie, elles retrouvent leurs amis, etc. Pour les adultes, c'est un petit peu différent. C'est-à-dire qu'une aventure pareille, ça vous pousse tellement dans vos retranchements que vous ne pouvez pas revenir au même endroit et recommencer votre vie comme vous l'avez laissé un an au préalable. Je suis convaincue aujourd'hui que ça n'est pas possible. Et pour la simple et bonne raison que pendant un an, en fait, tous vos référents qui explosent. C'est-à-dire que de terrien on devient marin, de sédentaire on devient nomade. Nomadisme, en fait, on n'est pas habitué à ça. Là encore, ça nécessite en fait de l'adaptabilité. Et on a tout un environnement, en fait, qui devient complètement différent et tous les référents sont chamboulés. Je vous donne deux, trois exemples. Quand on part en bateau et qu'on se retrouve dans des contrées un peu reculées, la préoccupation les préoccupe. major c'est de mettre le bateau en sécurité, l'équipage en sécurité donc de surveiller de manière constante la météo et de veiller à ce qu'il y ait suffisamment de victuales dans les cales pour manger et de ressources en eau potable. Ce sont ça en fait les priorités du quotidien c'est ça. Ça change deux trois choses on revient à la pyramide de Maslow c'est les besoins primaires.
- Speaker #0
Tout à fait oui.
- Speaker #1
Donc forcément par rapport à ces besoins primaires il y a quelques sujets qui deviennent beaux. qui ne l'étaient pas au préalable, mais qui deviennent beaucoup plus futiles. Donc, votre regard sur le monde, d'une manière générale, en fait, évolue, et c'est tant mieux, parce que c'est, pour moi, les cycles de vie, ça me va très bien, ça me convient très bien. Alors, il y a un autre point, c'est que ce genre d'expérience, ça permet, et c'est ce pour quoi on l'a fait, ça nous a permis de nous ouvrir encore davantage au monde, aux autres. Et du coup, on en parlait tout à l'heure, on se retrouve un petit peu en marge de la société. Et ce recul, cette prise de recul, permet d'envisager le monde sous un prisme différent. Ça fait beaucoup évoluer, ça permet d'avoir une approche, je pense, plus ouverte et parfois beaucoup plus lucide sur le monde. Donc, on en devient profondément changé. Et puis alors, au-delà du voyage, il y a le voyage géographique, puisqu'on a parlé en fait du parcours, mais je crois que je l'avais fortement sous-estimé. Il y a aussi le voyage intérieur. Il y a le voyage intérieur pour plusieurs raisons. Parce qu'il faut faire face à des situations qui sont complètement inattendues, parfois même improbables. Et puis parce que la notion de zone de confort n'existe plus. Alors, toute proportion gardée. On est parti, j'ai conscience qu'on est parti sur un catamaran qui était très confortable. Et on est parti dans de très bonnes conditions pour naviguer, etc. Néanmoins, les éléments naturels, Et le fait qu'on ne soit pas marin, en tout cas on n'est pas né marin et pas né nomade, font qu'on est en dehors de notre zone de confort. Et qu'à un moment donné, il faut savoir lâcher prise. Je ne peux pas vous cacher qu'en fait, le premier mois, je me réveillais toutes les nuits de manière incessante et je me disais, on va déraper, l'encre ne va pas tenir, le vent va tourner. Et puis à un moment donné, je me suis dit, mais Sophie, tu ne vas pas passer une année sans dormir. À un moment donné, fais confiance en l'encre. Fais confiance dans les choix qu'on a faits par rapport au lieu de mouillage. Faisons-nous confiance, faisons confiance dans le bateau. Et puis vivons cette expérience pleinement, parce que sinon, tu passes à côté de l'expérience. Mais ça, ça demande... Alors moi, je suis quelqu'un... Jusqu'alors, j'étais plutôt dans l'over-control. Donc moi, ça m'a demandé beaucoup plus. J'ai un mari qui est plus Bouddha. Mais moi, ça m'a demandé quand même un travail sur moi-même qui était, je pense, plus conséquent. Et puis l'autre chose, c'est que le marin dans l'histoire... C'est Julien. Moi, je suis venue en fait déjà à la voile très tardivement. J'avais 17 ans la première fois que je suis montée sur un voilier. Julien est né. Il est né dans les voiles, très clairement. Et l'expertise technique, c'est lui qui l'a. Le skipper, c'était lui. De toute façon, il n'y a toujours qu'un capitaine à bord. C'était lui. Moi, j'étais la seconde. Et je n'avais et je n'ai toujours pas l'expertise qu'il a en termes de navigation et d'un point de vue technique. Et puis, il y a un autre point qu'il ne faut pas, et pourtant Dieu sait si je suis pour la parité. Mais il y a une question aussi de force physique. Je dois faire la moitié en termes de carrure et de poids. Et qu'à un moment donné, quand les éléments se déchaînent un peu, il faut aussi de la force physique. Pour tous ces éléments, il faut savoir lâcher prise. Et le yoga et les méditations m'ont beaucoup aidé à surmonter mes doutes et mes craintes. Et typiquement, j'ai un exemple qui est l'une des premières grandes traversées qu'on ait faite avant. la transatlantique. Peut-être que je dois préciser une chose, c'est que moi, j'ai accepté de faire ce projet. Julien est un fan de voile et son moteur, c'était la voile. Moi, je suis un fan, je suis une fan de voyage. La voile était un moyen de parvenir en fait, à réaliser cet objectif. Donc, on a chacun des moteurs quand même un peu différents,
- Speaker #0
mais complémentaires.
- Speaker #1
Complémentaires avec un objectif commun qui était de vivre cette expérience en famille, de la partager avec nos filles et de les ouvrir au monde. et de vivre une expérience extraordinaire, mais quand même avec des moteurs un peu différents et une expertise un peu différente. Et donc, pour suivre, essayer de suivre le cours de mes idées, j'avais posé deux conditions pour réaliser ce projet. La première, c'est que pour les deux transatlantiques, aller et retour, il y ait un deuxième équipier à bord, un deuxième homme à bord. Parce que si jamais j'avais conscience de mes limites, même si je m'étais formée et préparée, si jamais en fait il arrivait quelque chose à Julien, Il fallait. pouvoir maintenir le cap avec le bateau, même si les éléments naturels se déchaînaient, et s'occuper des filles. Et ça, je ne m'en sentais pas capable. À un moment donné, il faut être très humble en fait, par rapport aux éléments naturels. Et donc j'avais négocié avec Julien le fait qu'on ait un homme supplémentaire à bord pour faire la transatlantique, donc uniquement sur les transatlantiques. Donc aller, qui a duré deux semaines, et sur la transatlantique retour, qui a duré trois semaines. des Bahamas jusqu'aux Açores et ensuite une petite dizaine de jours entre les Açores et la Rochelle. Et on a eu le papa de Julien qui nous a accompagnés et un ami qui nous a accompagnés. Et en plus de ça, ma deuxième condition, c'était que toujours pour ces deux transatlantiques, on soit suivi par un routeur. Voilà, ce sont des routeurs professionnels qui travaillent en fait avec des skippers. Alors, on ne se compare pas du tout au niveau des skippers à un professionnel. Chacun a son job, on ne court pas sur les mêmes challenges. Mais ce sont des professionnels qui vous observent derrière un écran et qui vous envoient par téléphone satellite, en fait, un parcours optimal en fonction de la météo. Et ça, alors pour être honnête, ça ne nous a pas tellement servi. techniquement. En revanche, moi, ça m'a servi à apaiser. Ça t'a rassurée. Voilà, ça m'a rassurée et ça m'a permis, en fait,
- Speaker #0
de lâcher davantage et de le vivre mieux.
- Speaker #1
Voilà, et je ne regrette absolument pas d'avoir posé ces deux conditions. Et effectivement, pour juste étayer la notion de zone de confort qui explose, la première traversée qu'on ait faite, pour le coup, là, ce n'était pas une transat, c'était juste une traversée, donc il n'y avait pas d'équipier supplémentaire. C'était la traversée entre les Canaries pour rejoindre justement le Sénégal, où là, il y avait une descente de à peu près 7 jours à effectuer. Sauf qu'on est parti des Canaries, la météo n'était pas mauvaise et qu'au fur et à mesure, la météo s'est corsée et les vagues se sont creusées. Et j'ai le souvenir d'une fin d'après-midi où les vagues se creusaient, mais de plus en plus. Si ça se trouve, c'était le 31 octobre et tu vas comprendre en quoi c'est important. Le 31 octobre, c'est Halloween. Alors quand on part en bateau avec des enfants, il va falloir plein de casquettes. La casquette maîtresse, faire les devoirs et le kned. Il faut avoir la casquette...
- Speaker #0
Animatrice.
- Speaker #1
Animatrice. Donc là, gentil organisateur ou gentil organisatrice, travaux manuels, cuisine, chant, Eh bien, en fait, Halloween, ce jour-là, nous a un peu sauvés. Je vais t'expliquer pourquoi. Les vagues se creusaient vraiment et à un moment donné, elles faisaient plus de 4 mètres. Elles arrivaient par l'arrière du bateau. 4 mètres, ça commence à être très gros pour le bateau qu'on avait, qui était un bateau de 40 pieds. Et les filles avaient un jeu. elle notait les vagues de 1 à 10 en fonction de leur hauteur et de leur puissance. Donc à ce stade-là, elle était sous forme du jeu. Et nous, avec Julien, on se regardait. Je voyais dans ce regard, pourtant j'ai, une résistance au stress extrêmement élevée, mais je voyais dans son regard qu'en fait, il y avait de la tension et qu'il était inquiet. Il y en avait encore davantage dans ma tête. Pour autant, on savait très bien, le stress est communicatif, que si nous, on restait calme, elle n'aurait pas peur et qu'il n'y aurait pas de stress en fait, sur le bateau. Et donc, elles ont continué à noter la force des vagues et la hauteur des vagues. Et comme c'était le 31 octobre, tout d'un coup, je me suis dit qu'on allait au Sénégal et qu'on s'était, tu le sais, puisque tu es allé à Diogan. Nous, on avait besoin de moustiquaires pour lutter contre les moustiques, mais pas que, contre les moutes-moutes du Sénégal. Et donc, je me suis dit, on va sortir les moustiquaires et on va se déguiser en fantôme avec les moustiquaires. Et elles se sont mises à danser en fantôme dans le carré. Et ça, ça nous a sauvé parce que c'était loin. C'était tellement long, ces vagues. 4 mètres et à chaque fois que j'en voyais une arriver, moi je détournais la tête et je fermais les yeux parce qu'elle m'impressionnait vraiment et on est arrivés à Dakar et ça l'a fait en fait. Donc à un moment donné, il faut lâcher. Il faut accepter d'être chahutée.
- Speaker #0
Tout à fait, ça fait partie en fait...
- Speaker #1
Ça fait partie du projet. On a parlé tout à l'heure, on a évoqué le huis-colleux du bateau. C'est vrai que la moindre tension sur un bateau est exacerbée et que il faut apprendre à prendre sur soi en fait. qu'on n'a pas trop le choix si on veut que ça se passe bien.
- Speaker #0
En effet, il faut pouvoir revenir. Alors, tu l'as dit, tu as beaucoup lâché prise pendant ce voyage. Tu as aussi vécu des choses extraordinaires. Donc, revenir en ville, comment vous avez fait ? Et puis, pour vos enfants, comme tu l'as dit, ça s'est plutôt bien passé, mais pour vous ?
- Speaker #1
Pour nous, c'était plus compliqué parce que quand on a été en connexion totale avec la nature, On revient dans une ville qui est relativement bétonnée, qui est même totalement débétonnée. On était en quête de nature perpétuelle. Et on essayait de trouver en forêt ou de trouver des endroits végétalisés, un peu en promontoire. Pourquoi ? Pour essayer d'avoir un horizon naturel. Voilà. Et ça...
- Speaker #0
Oui, parce que vous aviez repris chacun votre travail.
- Speaker #1
En fait, on savait qu'on avait programmé ce voyage pour un an. et donc on est revenu dans notre job derrière. On savait sur le bateau qu'en fait on ne reviendrait pas précisément dans notre vie d'avant, mais vous ne pouvez pas tout envoyer balader d'un coup en fait. Donc ça se prépare, ça aussi. Et donc on est revenu dans notre maison, on est revenu en région parisienne et là on savait qu'en fait on n'y resterait pas. On n'y resterait pas longtemps. Mais il fallait préparer le projet d'après. Cette sensation d'être un indien dans la ville, le mot est juste, c'est-à-dire que moi je voyais la ville comme un énorme blocos. Et il y a un autre élément qui était très flagrant. Alors, on est parti et quand on était au Sénégal, il se trouve qu'il y a eu les attentats au Bal d'Atlan. Donc, nous, nous n'avons pas vécu, en fait, les attentats de 2015 en France. On les a vécu à distance. Et quand on est revenu, typiquement, je me souviens le hub de la défense. Il y avait des militaires avec des mitraillettes partout. Alors, malheureusement, depuis dix ans, on s'est accoutumé de ça. Les choses ont beaucoup évolué avec tout ce qui s'est passé en France à l'international. Néanmoins, à l'époque, ce n'était pas du tout. C'était très déroutant, en fait. Il y avait ça, il y avait des familles de Syriens avec leurs enfants dans les couloirs du métro. Je me retrouvais à pleurer, en fait. Et j'ai rapidement arrêté de prendre les transports en commun parce qu'en fait, ça n'était pas soutenable. Et j'ai opté pour le vélo. Je faisais mes 20 kilomètres à vélo quotidiennement. Et je me choisissais les parcours les plus végétalisés. Ce n'était pas les plus directs. Et donc ça, en fait, il faut se recréer un équilibre.
- Speaker #0
Et puis partir sur un nouveau projet. Et puis partir sur un nouveau projet.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
et se préparer à...
- Speaker #1
En fait, on est revenu avec plusieurs convictions. La conviction qu'on vit mieux avec moins, parce que sur un bateau, on n'emporte vraiment que le nécessaire. Et on vit très bien, on vit mieux. Deuxième conviction, que tout est possible à partir du moment où... On a la volonté, le courage, la détermination et la persévérance d'aller au bout du projet, quel que soit le regard que la société porte sur ce projet. Et puis la troisième conviction, on est revenu habité par l'idée qu'il faut continuer à vivre ses rêves. Et ça, quand vous revenez avec ça, gonflé par l'énergie que cette aventure vous a apportée, vous êtes mais regonflé à bloc. Et ça, c'est un cadeau extraordinaire qu'on s'est fait à nous-mêmes et qu'on a fait à nos enfants. Vraiment, aujourd'hui, j'en suis... plus que convaincu. Puisqu'en fait, on avait réussi à se supporter avec Julien pendant un an, quasiment à huit clos. Et puis, on s'est rendu compte que finalement, on formait une équipe, une bonne équipe. On était plutôt complémentaires. On s'est dit qu'a priori, on avait quand même toutes les chances d'être en capacité d'entreprendre un projet ensemble. Et ça, c'était très nouveau. Parce que jusqu'alors, à chaque fois, on se disait non, mais jamais on ne travaillera ensemble. Voilà. comme quoi il ne faut jamais dire jamais. Les choses peuvent évoluer. Et donc, ayant vécu connecté à 100% à la nature et à la mer, on revient avec l'idée de créer un lieu qui fasse sens. La Bretagne s'est imposée, mais c'était une évidence en fait. On ne s'est même pas posé la question. Et donc, c'était une évidence de revenir aux sources et d'entreprendre ici et de créer un projet qui fasse sens. Parce que sinon, à quoi bon ? C'était le prolongement de votre projet. Et donc, quelques semaines après, Après notre retour, le projet a émergé assez rapidement et l'idée nous est venue d'ouvrir un lieu pour créer du lien. Un lieu pour créer du lien. Et globalement, un lieu qui serait en Bretagne, dans une belle nature, pour prendre soin du vivant. Voilà, ça c'était vraiment le projet. Quelques semaines après qu'on soit rentrés. Alors après, ça s'est fait comme ça si rapidement. On a mis trois ans à trouver le lieu. Donc, on a déménagé assez rapidement en fait en Bretagne. On cherchait entre Cinca, Dinan et Cancale. Donc, voilà, sur ce triangle-là autour de la Rance. Et finalement, on a trouvé à quelques kilomètres et au bord de la mer. Donc, à quelques kilomètres de là où on résidait. Et la mission intrinsèque de ce projet, de ce lieu qu'on a rebaptisé Château de Bossay, c'est un jardin sur la mer. parce que le fond du jardin ouvre sur la baie de Bosset, c'est de prendre soin du vivant, de l'homme et de la nature. Mais ça, c'est la continuité de ce qu'on avait vécu pendant un an. Et d'ailleurs, de manière très concrète, la première chose qu'on a faite en arrivant ici, alors on a repris le site, il était à l'état d'un bondon. Oui,
- Speaker #0
j'allais te poser la question justement, dans quel état était ce magnifique château lorsque vous l'avez acquis ?
- Speaker #1
Il était à l'abandon, le château en état de décrépitude avancé. Le jardin, il y avait... au moins un mètre d'herbes hautes partout devront ces dorties.
- Speaker #0
Donc depuis quelques années, les cerfs...
- Speaker #1
Alors ça faisait 18 mois, mais en fait à l'extérieur, la nature reprend ses droits très rapidement. Et ici, alors il faut savoir que ce lieu-là, après-guerre, en 1946, il a été racheté par la ville de Dinan pour en faire un lieu de colonie de vacances. Et qu'aux étages, en fait, quand on a repris, nous, il y avait encore les dortoirs des colonies de vacances des enfants avec les... Les dessins, néons, lino. C'était bien dans son jus, il fallait se projeter. Et puis le château était quand même dans un état de décrépitude relativement avancé.
- Speaker #0
Comme tu le dis, il fallait pouvoir se projeter.
- Speaker #1
Oui, rétrospectivement, je trouve qu'on était assez courageux. Parce qu'on a eu les clés la veille du premier confinement. Le lendemain, on était confinés, à part faucher et travailler dans le jardin. Nous, on a passé nos deux confinements à faire ça. On a eu une grande chance, parce que vu l'endroit, Et en même temps, c'est très ressource en moins. On revient à l'essentiel encore là.
- Speaker #0
Pas la mer, mais la nature. Oui,
- Speaker #1
la terre. C'est dans la même lignée, en fait. Et puis, dès qu'on a pu, on a fait les travaux et on a réouvert, on a ouvert le lieu.
- Speaker #0
Quand on a pu ouvrir, c'est-à-dire quand les lieux publics ont été autorisés à ouvrir.
- Speaker #1
Donc ça veut dire que c'était ?
- Speaker #0
En juin, c'était mi-juin, c'était 2020 ou 2021, je ne sais plus, 2021, après le confinement je pense. Dès qu'on a pu réouvrir, on a réouvert avec un mois et demi de retard, parce qu'avant ce n'était pas possible. Donc concrètement aujourd'hui...
- Speaker #1
Mais vous aviez eu le temps de faire tous les travaux.
- Speaker #0
Oui, alors en fait ça nous a donné un peu plus de temps. On trouve toujours des avantages aux situations. Ça nous a mis moins de stress pour les travaux. Après, ouvrir un lieu post-pandémie, c'est un peu un baptême du feu quand même.
- Speaker #1
Surtout dans le domaine sur lequel vous étiez, l'événementiel.
- Speaker #0
Alors effectivement, parce que je n'ai pas précisé que aujourd'hui, la raison d'être du château, c'est de prendre soin du vivant. Et donc, on accueille des séminaires, soit des séminaires confidentiels à partir de 10 personnes, jusqu'à 300 personnes en convention, l'Assemblée générale, dîner de gala, etc. à qui on va proposer en fait une introduction à la méditation, une introduction au yoga. Alors, il n'y a rien d'obligatoire, mais en tout cas, l'idée, c'est de planter des petites graines. On accueille des retraites de ressourcement type yoga-méditation, des événements privés comme des mariages. Donc, on célèbre les événements de la vie. Et puis, depuis deux ans, on organise des événements solidaires. Ça, c'est l'activité maintenant du château de Bossay, un jardin sur la mer.
- Speaker #1
Vous avez donc rénové le château. Vous en aviez fait un lieu d'événement et proche de la nature. Tu as voulu donner une autre dimension au travers, comme tu l'as dit, de ces événements solidaires.
- Speaker #0
Oui, en fait, dans le fil rouge, dans la mission même du lieu, il y a le prendre soin. Et ça me tenait à cœur depuis le départ d'organiser des événements solidaires. Quand on se lance dans un projet comme ça, il faut accepter que les choses prennent parfois plus de temps que prévu. Parce que déjà, une pandémie. Ensuite, ce n'était pas notre métier d'origine. Donc, il a fallu qu'on apprenne un nouveau métier qui est un peu un métier hybride entre l'hôtellerie et la restauration. Alors, c'est un peu ni l'un ni l'autre. Ça relève principalement notre cœur de métier, c'est l'événementiel. Donc, on a appris sur le tas. Et donc, depuis deux ans, on organise deux événements solidaires. Le premier qui s'appelle la Parenthèse au Jardin. Le deuxième qui s'appelle Noël au Jardin. Le concept est assez similaire pour ces deux événements. Ça consiste à mettre à disposition le site. Donc, pour la Parenthèse au Jardin. à des personnes qui sont atteintes de cancer et pour Noël au jardin à des enfants qui sont en souffrance et donc la parenthèse au jardin, on offre une journée aux personnes atteintes de cancer et à leurs aidants, pas pour prendre soin en fait et donc ces personnes peuvent bénéficier de soins individuels donc de massage, de réflexologie d'ateliers collectifs autour du yoga, de la méditation d'ateliers Et... d'art floral, il y a tout un tas d'activités, tout ça dans une extrême bienveillance. Noël au jardin, c'est quand même quelque chose d'assez différent, ça s'adresse principalement aux enfants. La cible, c'est les enfants, les enfants en souffrance, les enfants malades, en situation du handicap ou en situation d'isolement. Et là, on les invite avec leurs aidants ou leurs proches à une journée sur la thématique de Noël. Donc nous, on ouvre le site sur ces deux jours-là. On ne peut pas tout faire tout seul. Et c'est là où ça devient vraiment intéressant, c'est qu'on a besoin de partenaires pour créer ces projets. Et sur ces deux événements, on fait appel, sur la parenthèse au jardin, à tout notre réseau d'experts et de professionnels autour du bien-être et du ressourcement, qui vient bénévolement dispenser soit des soins énergétiques, soit des séances de yoga, des ateliers corporels, etc. Et puis pour Noël au jardin... On fait appel à plus d'une trentaine de professionnels bénévoles qui viennent animer des ateliers pour les enfants. Alors, ça peut être des ateliers de travaux manuels, ça peut être du maquillage, peu importe l'idée. L'objectif est commun puisqu'il s'agit de faire du bien pendant ces deux jours et de créer un peu d'insouciance, de remettre un petit peu d'insouciance là et de redonner de l'insouciance à des personnes qui en sont quelque peu dépourvues. Donc, grâce à ce réseau de partenaires, bénévoles. Parce que je ne l'ai pas dit, mais le prérequis, c'est que l'entrée et tous les ateliers sont gratuits. Donc, tout est dispensé par des bénévoles. On recrute également des bénévoles dans notre entourage pour accueillir toutes ces personnes-là. Et puis, l'organisation, elle est assurée par l'équipe du château. Et comme je l'expliquais, en fait, on a besoin... Comme on ne veut pas dénaturer ces deux événements, on ne fait pas tellement de communication grand public pour s'adresser aux personnes à qui ça s'adresse véritablement. Et donc là, on a établi des partenariats avec les centres hospitaliers du 22 et du 35, le centre Jeanne Marquis, l'ICRB, le groupe hospitalier de la Rance, et puis plusieurs professionnels médicaux et paramédicaux, des instituts médicaux éducatifs. des associations, je pense à Sinou, l'association Sinou qui accompagne des femmes atteintes de cancer du sein, des associations comme A Chacun Son Évresse ou A Chacun Son Cap ou Les Petits Doudous. Et c'est grâce à ce maillage territorial qu'on arrive à communiquer à destination des personnes qui sont concernées par ces événements. En fait, c'est vraiment une coopération, c'est un travail collectif où chacun vient apporter sa pierre à l'édifice avec beaucoup de générosité et d'enthousiasme. mais ça... Et ça donne un résultat. Alors le résultat, l'objectif initial qui est de prendre soin et de faire du bien des personnes qui en ont besoin, il est clairement atteint. Mais il y a un double effet positif, c'est qu'on se rend compte que le positif génère du positif. Et ça, c'est extrêmement enthousiasmant. Et ça encourage pour continuer et créer, pérenniser ces événements. Et puis peut-être en créer d'autres par ailleurs.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Et puis, tu l'as dit, c'était un petit peu... dans le projet initial. Donc, c'est aussi un aboutissement. Bien sûr,
- Speaker #0
c'est très enthousiasmant. En fait, très sincèrement, on reçoit des messages incroyables des personnes qui vivent et qui partagent ces événements avec nous. Vraiment des témoignages très émouvants. Mais je leur dis à chaque fois, mais vous ne vous rendez pas compte, que ce soit pour nous, pour l'ensemble de l'équipe et l'ensemble des bénévoles qui participent à ces projets, nous, ça nous génère une énergie de dingue, en fait. Et ça, je trouve ça assez fabuleux. très positif et ça rend optimiste. Et bon, de toute façon, je pense que je suis une optimiste convaincue, mais plus que jamais, cette année, avec la deuxième édition de La Parenthèse au Jardin et avec la création Noël au Jardin, je me suis rendue compte que lorsqu'en fait, des personnes, je les appelle en fait les HPP, je veux dire pourquoi, des personnes à haut potentiel positif, lorsque des personnes qui se retrouvent sur des mêmes valeurs, avec des mêmes convictions, et avec l'envie de faire bouger les choses, de la générosité et de l'enthousiasme, lorsqu'on les fait travailler ensemble, il en sort des choses extraordinaires. C'est des pépites. Et ça, c'est une force incroyable. Et c'est ma prise de conscience de l'année, vraiment. C'est extrêmement enthousiasmant. En fait, ça m'anime et ça me pousse à continuer, donc à pérenniser, à nous améliorer sur ces deux événements.
- Speaker #1
Et je partage totalement ce que tu viens de dire sur... Le positif qui génère le positif.
- Speaker #0
Mais je suis d'accord avec toi et je pense sincèrement que pour moi, parmi les enjeux majeurs qu'il y a aujourd'hui, c'est notamment d'essayer de mettre en relation, de mettre en raison ces personnes à haut potentiel positif pour qu'il en émerge de nouveaux projets à forte valeur ajoutée et initier des projets vertueux. Et ça, je suis convaincue qu'un podcast comme le tien peut servir à ça, puisque d'une certaine manière, c'est mettre en relation. des personnes engagées sur un sujet. Et typiquement, en Marque-Bretagne, où on s'est rencontrés, ça fait partie des réseaux professionnels qui favorisent ces initiatives. Et je suis convaincue que c'est un des enjeux majeurs. Et ça devient urgent en fait, parce qu'il y a urgence à tout point de vue en ce moment. Et il y a eu aussi urgence à ne pas se nourrir que de choses négatives. Voilà.
- Speaker #1
Tout à fait. Donc, les événements que tu organises et l'énergie, justement, Tch. Tu nous as raconté un petit peu ton parcours et autres, mais où trouves-tu ton énergie ? Parce qu'on sent chez toi une énergie débordante.
- Speaker #0
C'est ce que je t'exprimais, c'est-à-dire que l'énergie là que je communique, quand je parle de ces événements, c'est les personnes qu'on a invitées et qui ont vécu l'événement, qui me rechargent aussi. Après, l'énergie, je la trouve dans la nature, dans le yoga, dans mes proches. Je pense qu'elle est très en relation avec la nature et très en relation avec l'humain. Moi, je me nourris de ça, en fait.
- Speaker #1
Quel conseil tu donnerais à des personnes qui, comme vous, souhaitent bifurquer sur, soit ça a commencé par un voyage ou sur une autre activité professionnelle ?
- Speaker #0
Alors, quel conseil je donne ? Spontanément, je dirais, il faut y aller, il faut passer le pas. Alors, quand même, il faut quand même un petit peu peut-être poser les choses. C'est-à-dire qu'à partir du moment où on se pose la question de manière régulière, c'est qu'il y a un problème. et qu'à un moment donné, jouer la politique de l'autruche ne sert pas à grand chose. Donc ça nécessite une introspection, soit en étant en capacité de la faire seule, soit on se fait aider, mais qu'il y a un sujet à traiter, quel qu'il soit. Et si c'est récurrent ? et que ça vient omniprésent, là, il faut y aller. Alors, il y a toujours une évaluation de risque à faire. Je veux dire, ce n'est pas si simple parce qu'il peut y avoir des risques financiers, une évaluation des risques. Mais humainement, il y a tellement de choses, en fait. Une fois qu'on dépasse ses doutes et ses craintes, je pense qu'on sous-estime les capacités qu'on a à rebondir, vraiment.
- Speaker #1
Ça, j'en suis persuadée.
- Speaker #0
Je pense que d'une manière générale, on sous-estime nos ressources.
- Speaker #1
On a des très grandes capacités.
- Speaker #0
Et ça, j'en suis. Donc, il faut y aller. À un moment donné, certes, il faut analyser, mais il y a un point de rupture. Et à un moment donné, là aussi, il faut lâcher. Il faut peut-être accepter de lâcher et d'évaluer les risques et puis d'y aller.
- Speaker #1
Oui, finalement, un petit peu comme vous l'avez fait, c'est-à-dire avoir l'idée, l'envie, se lancer, mais tout en ayant bien préparé les choses. Faire preuve aussi, tu l'as dit, de persévérance pour aller jusqu'au bout de son projet et lâcher prise. comme tu l'as dit, lorsque vous étiez partie là sur le bateau.
- Speaker #0
Oui, et alors, il y a quelque chose qui peut être, à mon sens, très utile, c'est de partager des retours d'expérience avec des personnes qui ont vécu un changement de cap ou qui s'orientent dans un secteur d'activité qui peut être, voilà, vous attire, etc. Parce qu'en fait, on apprend beaucoup de l'expérience des autres et ça, ça fait réfléchir. Et typiquement, nous, avant de se lancer dans l'aventure d'un tour de l'Atlantique à la voile, Pendant des années, on a lu des blogs de voyages, de familles qui entreprenaient ce type d'aventure. Nos enfants, les petites et très petites, elles ne savaient même pas nager. Et moi, tant qu'elles ne savaient pas nager, ce qui est un peu stupide, je me disais non, ce n'est pas pour nous. Et puis, à un moment donné, au bout de quelques années, quand on devient un peu plus expert du sujet, on se dit, ça commence à germer, pourquoi nous, on ne le ferait pas non plus ? Donc, je pense qu'il y a un processus de maturation, d'introspection sans doute. Sans doute faut-il effectivement aller se heurter. Parce que parfois, ça peut heurter soi-même d'avoir un retour d'expérience pour confirmer ou affirmer que c'est le bon chemin. Mais à un moment donné, il y a une prise de décision. Et il y a toujours une prise de risque. Mais la plupart du temps, le jeu en vaut la chandelle. Enfin bon, moi, j'en suis absolument convaincue. On met du piment dans la vie aussi.
- Speaker #1
Exactement. Quand on te demandera à la fin de ta vie de quoi tu es la plus fière, tout ce parcours, il viendra nourrir cette réflexion.
- Speaker #0
Oui. Mais je pense qu'en fait, aujourd'hui, ce dont je suis le plus fière, et ça, je crois qu'on le partage avec Julien, c'est d'avoir permis à nos enfants de vivre cette expérience et de les entendre maintenant. Donc, elles sont plus grandes. Elles ont 18 et 21 ans. Et régulièrement, elles nous disent qu'elles souhaiteraient réaliser ce même type d'expérience avec leur famille plus tard. Ça, c'est extrêmement gratifiant. Parce qu'on a eu des doutes, en fait. Et c'est normal de douter. On a eu des doutes. On se disait, c'est une note. projets et on les contraint dans notre projet. On pressentait que c'était une ouverture au monde et qu'on allait leur offrir une expérience extraordinaire, mais on ne peut pas en être sûr, en fait. On les déscolarisait, on les enlevait de leur cercle amical. C'est pas si simple, en fait. Et donc, on n'est jamais sûr. Et pour autant, quand quelques années après, vos enfants vous témoignent que cette aventure les a structurés, les a enrichis et qu'ils souhaitent eux-mêmes refaire une expérience, recréer une expérience avec leur famille future, vous vous dites, ça va, en fait. On a dû prendre les bonnes décisions et faire le bon choix. Et ça, je crois que c'est notre plus grande fierté. C'est satisfaisant. En tant que parents, c'est très satisfaisant. Ça donne du sens à la vie.
- Speaker #1
Carrément, carrément. Et puis, ça ouvre à 360.
- Speaker #0
Oui, et puis, je pense que ce qui est important aussi, c'est de leur montrer que dans une vie, on peut avoir plusieurs vies, en fait, on peut avoir plusieurs vies professionnelles et que c'est possible.
- Speaker #1
Sophie, est-ce que pour clore ce long échange passionnant, est-ce que tu aurais un coup de gueule ou un coup de cœur à nous partager ?
- Speaker #0
Alors un coup de gueule, oui, j'en ai un. En fait, je déplore que de plus en plus dans notre société, les médias surinvestissent les informations négatives. Alors, ça ne veut pas dire qu'il faut occulter toutes les catastrophes qui se passent dans le monde. Je ne suis pas en train de dire ça. Mais simplement, on le disait tout à l'heure, le positif génère du positif. mais l'inverse est vrai aussi c'est-à-dire que diffuser à outrance des informations négatives engendre de l'anxiété, du pessimisme, de l'éco-anxiété. Et ce n'est pas comme ça qu'on va faire bouger les choses. Donc, je trouve regrettable qu'il n'y ait pas davantage d'initiatives, qu'elles soient locales ou nationales. Alors, il y en a. Il y en a, je pense à Mapinfo, par exemple, qui fait un super boulot, par exemple, pour mettre en lumière des initiatives positives. Mais parce qu'en fait, on a besoin, à un moment donné, de rencontrer des gens inspirants pour créer des projets inspirants. et et inverser la tendance. C'est le sens de la vie à un moment donné. Donc, je pense qu'il y a urgence à réintégrer du positif dans le quotidien, mais ce n'est même pas au niveau national, c'est au niveau international. C'est presque vital, on a besoin de cette énergie vitale. C'est l'espoir, en fait. Donc ça, oui, ce serait plutôt mon coup de gueule. Et mon coup de cœur, il va aux personnes, au potentiel positif,
- Speaker #1
au HPP. Eh bien, écoute Sophie, Un grand merci pour cet échange dynamique. On sent que tu es totalement animée, passionnée par tout ton parcours de vie. Donc c'est assez admirable même, je trouve. Merci pour cet échange. C'est moi qui te remercie pour ton écoute et pour l'échange. Et donc merci à vous toutes et tous qui nous écoutez. Merci aussi pour votre fidélité. Si vous avez aimé, n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur vos applications de podcast, à vous abonner, à me faire part évidemment de vos commentaires et je vous donne rendez-vous dans deux semaines. pour le prochain épisode. Kenavo !