Speaker #0Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine, je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe, j'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en serrant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici, on parle de ce qui fait mal. de ce qui fait sens et de ce que does pas dire tout haut. Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine. Aujourd'hui, on va parler d'un trio infernal. La fatigue, la culpabilité et la suradaptation. Tu sais, ce sentiment d'être constamment épuisé, de jamais en faire assez et de devoir... t'adapter à tout et à tout le monde. Si tu me découvres aujourd'hui, petite précision importante. Je parle beaucoup de patriarcat dans mes épisodes et quand je parle de patriarcat, je ne parle pas de ton collègue Michel, même s'il est relou en réunion. Je parle du système social, qui est le nôtre depuis des siècles, et qui organise les rapports de pouvoir au profit des hommes et au détriment des femmes et des minorités. C'est une structure, pas une personne en particulier. Ceci étant dit, ce système, il est très malin. Il adore que tu crois que si t'es crevé, que si tu culpabilises, que si tu t'épuises, c'est parce que toi, en tant que meuf, t'es pas assez forte, pas assez organisée, pas assez disciplinée. Alors qu'en réalité, c'est lui, ce système patriarcal, qui a tout intérêt à ce que toi, en tant que meuf ou minorité, tu sois K.O. Je vais te raconter deux histoires, deux situations. La première, c'est celle de Claire. Claire est salariée dans une grande boîte. Elle arrive au bureau un matin avec déjà une boule dans le ventre. Parce que sa nuit a été courte. Elle a un fils de 4 ans qui a fait un cauchemar et elle s'est relevée 3 fois cette nuit. Elle a donc pris 2 cafés, mais elle a encore les yeux qui piquent. A peine 5 minutes après arriver, son manager surgit à 9h05. réunion d'équipe, tout le monde maintenant. Tu connais, toi, ces réunions surprises là de salariés ? Moi, je les ai bien connues. La salle est glaciale, l'air saturé de néon. Claire, elle, elle s'applique. Elle prend des notes, elle propose des idées, elle fait son boulot. Mais au moment du débrief, c'est Julien qu'on félicite. Merci, Julien, super son point de vue. Claire sourit poliment, mais à l'intérieur, ça dégouline, ça chauffe, ça brûle. Elle se sent invisible. Quand elle rentre chez elle, qu'est-ce qu'elle se dit ? Elle se dit putain mais j'ai rien foutu aujourd'hui. Alors qu'elle se donne tout entière pour son taf et pour le collectif. Et puis, il y a notre amie Aïcha. Elle, elle est entrepreneuse. Et ce matin, elle s'était promis de finir une proposition client. Mais avant d'ouvrir son document, elle scrolle Instagram. Toi-même tu sais, on commence toujours par là. Et là, elle tombe sur un post. Si tu ne postes pas, Tous les jours, c'est normal que ton business n'explose pas. Bim, bam, boum. Panique, son cœur s'accélère. Elle se dit « putain, je suis en retard, moi je fais pas assez » . Trois heures plus tard, elle crée un réel, elle a les épaules crispées, la mâchoire serrée et zéro facture envoyée. Et il y a cette petite voix qui revient « moi je suis nulle, les autres y arrivent et pourquoi pas moi » . Ces situations, ce sont celles de Claire et d'Aïcha. Mais ce sont aussi celles de tant d'autres, peut-être les tiennes. Par moments, elles ont pu être les miennes dans le passé. Tu sais, cette fatigue qui colle à la peau, cette sensation d'injustice, cette sensation de ne jamais être reconnue à ta juste valeur, ça ne sort pas du chapeau, ça ne sort pas de nulle part. C'est ce système patriarcal qui se nourrit de ton énergie et qui en redemande toujours plus. Ce qui coince Claire et Aïcha, ce n'est pas juste la fatigue. C'est la culpabilité. Claire, elle culpabilise de dire non à son manager. Elle culpabilise de partir à 17h30 pour aller chercher son enfant. Tu vois la scène ? Elle ferme son ordi, elle se lève. Elle a le cœur qui bat un peu plus vite. Comme si elle faisait un truc interdit. Pas clean. Comme si elle trahissait son équipe. Aïcha culpabilise aussi. Elle, elle culpabilise de ne pas poster assez. De ne pas scaler aussi vite que les autres. Quand elle envoie un devis. Elle baisse ses prix finalement à la dernière minute parce qu'elle se dit Et s'ils me trouvaient trop chère ? Et là, je veux vraiment que tu l'entendes. Cette culpabilité, elle n'est pas naturelle. Ce n'est pas un truc de meuf, quoi. Elle est fabriquée. Le système patriarcal veut que tu crois que tu n'es pas assez. Pas assez ambitieuse, pas assez productive, pas assez parfaite. Parce que tant que tu cours après cet idéal impossible, tu continues de te tuer à la tâche. Peu importe que tu sois salariée ou entrepreneuse. Et pendant que tu continues de te tuer à la tâche, tu ne contestes pas les règles du jeu. C'est brillant, non ? Système vraiment brillant. Brillant et cruel. Alors pour survivre, on fait quoi ? On s'adapte. Même on se suradapte. Claire, elle s'adapte. Elle sourit en rignon, alors qu'elle est en colère. Elle prend les urgences des autres. Elle ne dit jamais non, alors qu'elle a beaucoup de taf déjà, pour elle-même. Son corps, lui, crie stop. Mais elle continue. Aïcha, elle s'adapte aussi. Elle accepte ce client relou parce qu'elle a peur de dire non. Elle se force à publier tous les jours sur les réseaux, même quand son énergie est à plat. La suradaptation, c'est une stratégie de survie. Nos mères, nos grand-mères l'ont utilisée pour traverser des environnements hostiles. Mais quand ça devient un mode de fonctionnement par défaut, ça te bouffe, ça te ronge. C'est comme porter un masque 12 heures par jour. tu finis par ne plus Savoir qui tu es sans par ne plus respirer sans. Et le patriarcat, il adore ça. Il adore quand une femme s'adapte tout le temps. Pourquoi ? Parce qu'une femme qui s'adapte tout le temps, c'est une femme qui ne dérange pas, qui ne pose pas de questions, qui s'use avec le sourire et surtout en silence. Alors la vraie question, c'est jusqu'à quand les meufs ? Jusqu'à quand on va continuer à sacrifier nos nuits ? notre joie, nos corps, notre mental, pour un système qui ne nous rend jamais justice. Moi, je crois sincèrement qu'on peut faire autrement. Je le vois tellement avec les femmes que j'accompagne. Le moment où elles comprennent que leur fatigue, ce n'est pas un bug personnel, mais une conséquence systémique, il se passe un truc. Je le vois dans le regard, dans l'attitude. Il y a comme un tilute. Elles arrêtent de se flageller. Elles reprennent leur souffle et elles osent dire non. Même si elles sont un petit peu tremblotantes à l'intérieur, elles posent ce putain de non. Elles posent des noms négociables. Les noms qui sont non négociables, c'est ça que je veux dire. Et tu sais quoi ? Le monde, il ne s'écroule pas. Et elles, elles revivent un peu. Elles respirent surtout beaucoup mieux. Alors non, ça ne veut pas dire que ça sera tout facile, que le patriarcat va disparaître demain matin. Ne croyons pas ça. Mais ça veut dire qu'on peut choisir de ne plus s'épuiser pour lui. Parfois, on n'a pas le choix de s'épuiser pour lui. Ça dépend de notre condition, ça dépend de là où on part, ça dépend de là où on en est actuellement. Mais souvent, on a vraiment le choix de ne plus s'épuiser pour lui. Et ça, c'est déjà une brèche énorme. Si tu t'es reconnu dans la situation de Claire ou d'Aïcha, sache une chose, tu n'es vraiment pas seul. Ce que tu portes, mais des milliers de femmes le portent aussi. Je le dis souvent et je le redirai inlassablement, mais ce n'est pas toi le problème, ce n'est pas nous le problème. C'est ce système patriarcal. Mais ensemble, on peut vraiment reprendre nos forces, nos corps, nos limites, notre temps. Parce que résister, ça commence souvent par des petits gestes. Dire non à une réunion inutile. Envoyer ton devis sans faire de rabais. Fermer l'ordi un quart d'heure plus tôt. Si tu sens que tu veux aller plus loin et que tu veux être accompagné dans cette... Phase de libération, j'ai créé justement pour toi le coaching individuel Libération. Libération c'est quoi ? C'est 3 mois pour apaiser ton système nerveux, sortir de la suradaptation et déconstruire ces putains d'injonctions patriarcales. Tu peux réserver un appel découverte, je vais remettre le lien dans la description. Et là, en octobre, j'ai la place pour accueillir 2 personnes. C'est des coachings individuels et j'ai une autre activité. Comme tu le sais, j'interviens en entreprise sur les inégalités femmes-hommes, donc il y a très peu de places chaque mois pour Libération. Au moment où j'enregistre cet épisode, tout début octobre, il y a deux places. Je veux te rappeler, pour finir, je voudrais que tu repartes avec ça. Tu n'as rien à prouver, ni aujourd'hui, ni demain. Et vraiment. Déjà, reprends ton énergie, c'est putain de politique. À très vite. Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment refaire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi, je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite. Et d'ici là, respire et surtout, secoue les règles du jeu. Merci.