Speaker #0Bienvenue sur le podcast Entrepreneur Mindset. Cet épisode est la version audio de l'un de mes documentaires vidéo que vous pouvez retrouver sur la chaîne du même nom. On plonge tout de suite dans l'histoire du jour. Dans une salle remplie à craquer, un dirigeant de Philippe Maurice International monte sur scène. Costume sombre, ton maîtrisé, slide millimétré. Ce jour-là, il annonce quelque chose d'impensable. Philippe Maurice... Le géant qui a vendu des Marlboro pendant un siècle va aider les fumeurs à arrêter les cigarettes en leur proposant un nouveau produit. Une entreprise qui a bâti sa fortune sur un bien dont elle connaissait la dangerosité. tout tant la niant pendant des décennies, va désormais vous vendre la solution. Et cette solution, c'est donc les cigarettes électroniques. Des industriels qui ont passé un siècle à rendre leurs clients dépendants se présentent soudain comme les architectes d'un futur sans fumée. Vous voyez le paradoxe ? Parce qu'en 2024, en France, le marché de la cigarette électronique pesait environ 1,65 milliard d'euros par an et continuait de croître malgré les débats sanitaires et réglementaires. En 2025... Plus de 3 millions de français vapotent quotidiennement. Et en 5 ans, le marché a progressé de plus de 30%. 1,65 milliard d'euros pour une industrie qui n'existait même pas 15 ans plus tôt. Mais voilà ce que peu de gens réalisent vraiment. Cette industrie qui est censée vous libérer du tabac est en train d'être progressivement rachetée par les cigaretiers eux-mêmes. Tous investissent massivement dans la vape. Alors aujourd'hui... je ne vais pas simplement vous raconter l'histoire de la cigarette électronique. Je vais vous montrer comment une industrie qui est née pour combattre le mal à la racine est en train d'être absorbée par ceux qui ont bâti leur empire dessus. C'est une histoire qui est digne d'un thriller hollywoodien fait de trahison, de coups de poker, mais aussi, il faut l'avouer, d'un certain succès. Et comme toujours, finira cette vidéo avec les deux leçons business mindset à retenir de cette mutation silencieuse. C'est parti ! Dans un petit appartement de Pékin, Onlink, qui est pharmacien, regarde son père mourir d'un cancer du poumon. Fumeur comme lui. Et d'ailleurs, il fume beaucoup. Trois paquets par jour. À ce moment-là, il ne pense pas à créer une industrie, il cherche juste une issue. Il a une idée simple, presque naïve. Et si on pouvait délivrer de la nicotine sans brûler de tabac ? Pas de combustion, de fumée, de goudron, de monoxyde de carbone, juste de la vapeur. Notre pharmacien va se mettre à bricoler. il Il teste, rate, recommence. Dans son garage, il assemble des prototypes improbables. Une batterie, un liquide, un système de chauffe. Et en 2004, il dépose un brevet. La première cigarette électronique commerciale est née. Le concept est d'une simplicité redoutable. Une batterie, un réservoir d'iniquide, de la glycérine, de la nicotine et des arômes. Une résistance qui chauffe le liquide et de la vapeur qui s'échappe. Pas de feu, donc théoriquement, beaucoup moins de dégâts. Les premiers modèles arrivent en Europe. vers 2007-2008. Et là, quelque chose se passe. Pourquoi ça marche ? Parce que pour la première fois, on ne demande pas aux fumeurs de renoncer à tout. Ce n'est ni un patch, ni un chewing-gum à la nicotine, ni même une séance d'hypnose dans une arrière-salle. C'est une cigarette sans la cigarette. Le même geste, la même sensation, la même nicotine. Mais sans les 4000 substances toxiques issues de la combustion du tabac. Selon Public Health England, l'aérosol qui est produit par la cigarette électronique serait à 95% moins nocif que la fumée de cigarette classique. 95% ! Pour des millions de fumeurs, ce n'est pas un gadget, c'est une sortie de secours. En quelques années, la France compte plus de 3 millions de vapoteurs réguliers, dont plus d'un sur deux est un ancien fumeur ayant totalement arrêté la cigarette classique. Et en 2024, le marché pèse 1,1 milliard d'euros. Mais voilà ! Ce qui rend cette période fascinante. Contrairement au tabac, qui est dominé par quelques multinationales tentaculaires, la vape, comme l'appellent les jeunes, naît comme une industrie indépendante. Entre 2010 et 2015, des milliers de passionnés se lancent. Anciens fumeurs, techniciens, artisans. Des boutiques vont ouvrir un peu de partout, des sites e-commerce bricolés sur WordPress et des auto-entrepreneurs qui mélangent eux-mêmes leurs iniquides. En 2024, la France va compter entre 3000 et 3500 boutiques spécialisées qui sont... en majorité des boutiques indépendantes. Et même si la quasi-totalité des dispositifs de vapotage est importée, principalement de Chine bien sûr, les e-liquides, eux, sont majoritairement fabriqués en France, avec des normes sanitaires qui sont extrêmement strictes, notamment la certification AFNOR XP-D90-300 qui est spécifique au secteur de la vape. Une industrie jeune, locale et indépendante. À ce moment-là, la vape ressemble à une anomalie dans le... capitalisme moderne. Un secteur qui semble échapper aux géants. Mais, vous vous en doutez, les requins ne sont jamais loin quand ils sentent l'odeur du sang. Et justement, quand on parle de business, de croissance et d'entrepreneuriat, on parle souvent d'idées, de stratégies et de visions. Mais beaucoup moins de ce qui fait tenir une entreprise au quotidien. la gestion, les factures, les fournisseurs, les paiements. Parce qu'on peut avoir la meilleure idée du monde, si derrière, on galère avec sa facturation, ça ne tient pas. Et c'est exactement pour ça que je voulais vous parler d'un outil que beaucoup d'entrepreneurs, dont moi, utilisent déjà. Odoo. Odoo, ce n'est pas juste un logiciel de facturation. C'est un outil de gestion tout-en-un qui grandit avec votre entreprise. Facturation, comptabilité, projet, CRM, site web. Vous ajoutez uniquement ce dont vous avez besoin. Concrètement, L'application facturation vous permet de créer et envoyer une facture en quelques secondes, gérer vos notes de crédit, suivre vos paiements avec des statuts clairs, centraliser tous les échanges au même endroit. Et pour les paiements, vos clients peuvent payer en ligne avec Stripe, Paypal, Adyen, Ingenico et vous connectez votre banque pour automatiser le suivi. Mais ce n'est pas tout, il y a également la facturation électronique. En France, Belgique, Pays-Bas et Allemagne, Odoo vous permet d'envoyer et de recevoir des factures via le réseau Paypal. Ce qui est obligatoire en Belgique dès ce mois-ci et en France dès septembre 2026. Avec Odoo, vous activez Paypal en un clic et envoyez vos factures directement. Et le plus intéressant dans tout ça, c'est que la première application Odoo est gratuite à vie, avec l'hébergement et le support inclus. Et si vous le souhaitez, vous pouvez accéder à l'ensemble des applications à partir de 19,90€ par mois. Pour en profiter, cliquez sur le lien en description ou scannez le QR code qui s'affiche à l'écran. Autour de la table, les dirigeants fixent les chiffres. Les ventes de cigarettes classiques se fracassent la figure, année après année, sous la pression des taxes, des paquets neutres, des campagnes de prévention. Mais sur un autre écran, une courbe raconte une histoire inversée. La veille explose. Et cette explosion a un goût amer. Elles volent leurs clients. Philip Morris, British American Tobacco, Japan Tobacco International, tous font le même constat. Ils ont un problème. Une opportunité. Le problème, c'est qu'ils ne peuvent pas tuer la vape. Les gouvernements la tolèrent, les fumeurs l'adoptent, l'opinion publique la voit comme un moindre mal. L'opportunité, c'est que si la vape doit tuer le tabac, autant être ceux qui la vendent. Ils ont donc deux options, la combattre frontalement et la deuxième, c'est de l'infiltrer. Bien sûr, ils choisissent l'option 2. En 2013, Imperial Tobacco rachète les brevets de l'inventeur autoproclamé de lits-cigarettes pour 75 millions d'euros. Plus 5 millions supplémentaires pour développer la cigarette électronique J qui est distribuée exclusivement chez les buralistes. La même année, Philippe Maurice International annonce officiellement son entrée sur le marché de la cigarette électronique. L'industrie du tabac se lance dans la cigarette électronique et récolte d'emblée des crédits. Le géant du tabac entre dans la danse. Laurie Lard, qui en fait partie, débourse près de 120 millions d'euros pour acheter Blueis, Japan Tobacco International. lance plume un dispositif qui chauffe du vrai tabac pour produire de la vapeur. Les cigarettiers débarquent en force. Mais très vite, ils se heurtent à un mur. Les vapoteurs ne leur font pas confiance. Comment croire Philippe Maurice quand il vous parle de santé alors qu'il vous a vendu la mort pendant un siècle ? Alors, il change de stratégie. Il ne se contente plus de racheter des marques de vape. Ils investissent massivement dans la recherche. Philippe Maurice annonce avoir investi plus de 12 milliards de dollars depuis 2008. dans le développement de produits sans combustion. Vous donnez un ordre d'idée, c'est le budget annuel d'un petit pays. 12 milliards de dollars. Pour développer quoi ? Pas seulement des e-cigarettes classiques, mais des produits hybrides. Le tabac chauffé. Des dispositifs qui chauffent le tabac en dessous du seuil de conduction pour libérer la nicotine et les arômes. Le produit phare, il s'appelle Icos de Philippe Maurice. Et ça marche. Sinon, ça cartonne. La croissance des marques sans fumée comme Icos, où Zinn devient un moteur-clé du succès de Philip Morris. Mais voilà le point le plus pervers de cette histoire. Le président de British American Tobacco reconnaît que la progression des profits du groupe provient à la fois de l'augmentation des ventes de cigarettes classiques et de la forte croissance des produits dits sans fumée. Ils ne remplacent pas les cigarettes, ils ajoutent simplement des produits. En 2021, British American Tobacco affiche 12,9 milliards de dollars de profits. Ils affirment même avoir glissé. des fiches d'information dans un milliard de paquets de cigarettes pour faire la publicité de ces nouveaux produits. Un milliard de paquets. La stratégie est claire, garder les consommateurs dans l'écosystème nicotine. Vous arrêtez la cigarette ? Pas de soucis. Voici la veille. Voici le tabac chauffé. Ou encore, les sachets de nicotine. Vous ne sortez jamais du système. Et maintenant, ils ont trouvé un nouveau terrain de jeu. Le plus dangereux. Les jeunes. Parce qu'il y a une chose qu'on ne vous dit pas assez. La vape n'attire plus seulement les fumeurs qui veulent arrêter, elle attire ceux qui n'ont jamais fumé. Et dans ce jeu, Créer un client à 15 ans, c'est le garder pendant au moins 50 ans. Et pour ça, ils ont trouvé l'arme à fête. Des cigarettes électroniques colorées, aromatisées, jetables. Ils les appellent les puffs. Dans les toilettes, trois ados de 14 ans. L'un sort quelque chose de sa poche. Ça ressemble à une cigarette, mais ce n'en est pas une. Ça s'appelle une puff. Petite, colorée, jetable. Goût ? Fraise bonbon. Il tire une bouffée, passe à son pote. Contrairement à ce que vous pouvez croire, ici, personne ne fume. Il va pote. En 2023, 15% des adolescents de 13 à 16 ans ont déjà utilisé une puff. Et surtout, 47% des 13 à 16 ans qui l'utilisent ont découvert la nicotine par ce biais. 47%. Ce qui était censé être un outil de sevrage est devenu une porte d'entrée. Et ça va plus loin. 28% des utilisateurs d'e-cigarette avaient commencé par la puff. Pourquoi ça marche ? Parce que tout est calibré pour eux. 82% des jeunes trouvent la puff plus cool que la cigarette. 64% citent les goûts comme le principal attrait. Et 49% parlent du côté ludique. Fraises, mangue, parbapapa, bubblegum. Avec des prix bas, un packaging flashy, c'est disponible partout. Et surtout, c'est discret, facile à cacher dans un sac ou une poche. C'est fait pour eux. Certaines puffs contiennent jusqu'à 5% de nicotine. Pour un ado qui n'a jamais fumé, c'est massif. Bien sûr, 84% des jeunes savent que la puff peut rendre accro, et pourtant, il va pot. Car ils sont jeunes et parce que l'addiction, c'est pas que chimique. C'est aussi le geste, le rituel, l'habitude. Et une fois accroché au geste, le piège se referme. 23% des jeunes utilisateurs de puffs se tournent ensuite vers d'autres produits du tabac ou de la nicotine. La suite est mécanique. Face à l'explosion du phénomène, la France a interdit officiellement les puffs via une loi qui a été promulguée le 24 février 2025. Trop tard, 73% des adolescents de 13 à 16 ans ont déjà entendu parler. Le produit disparaît, la demande reste. Résultat, le marché noir se développe avec des ventes via TikTok, des cigarettes électroniques dissimulées et des sachets de nicotine en relais. On interdit un produit, un autre apparaît. Et pendant ce temps, les contrôles révèlent l'ampleur du problème. En 2024, la DGCCRF a inspecté 130 établissements de vape, 65% présentent des anomalies. Vente aux mineurs, produits non conformes, taux de nicotine hors normes. Le tableau est clair. La cigarette électronique a été inventée pour sauver les fumeurs. Elle crée désormais de nouveaux dépendants. Des jeunes qui n'auraient jamais fumé, vapent. Et derrière tout ça, Philip Morris, British American Tobacco, Japan Tobacco International. Toujours les mêmes. Alors, qu'est-ce qu'on retient de toute cette histoire ? de cette industrie qui devait tuer le tabac et qui est en train d'être avalée par lui, de l'émergence des puffs, ces petites bombes colorées qui ciblent les enfants avec des goûts bonbons, à l'explosion de la cigarette électronique, voici deux leçons business à retenir. La première, c'est qu'un business rentable attire toujours plus gros que toi. La vape était un marché d'indépendants, mais très rapidement, les géants sont arrivés. La règle est simple, si ton business fonctionne, quelqu'un de plus puissant va entrer. Donc dès le départ, pose-toi la question. Est-ce que je construis pour être acheté ? ou pour résister. Ne pas choisir, c'est prendre le risque de se faire écraser. La deuxième leçon, c'est que la réglementation est un filtre, pas une protection. Plus un marché devient réglementé, plus il devient inaccessible aux petites. Les normes, les contrôles, les taxes, ce sont des avantages compétitifs pour les géants. Si tu démarres, évite les secteurs ultra réglementés ou structure ton business pour survivre aux règles avant d'avoir eu du succès. Et au fond, la cigarette électronique n'est qu'un exemple parmi d'autres. Ce même modèle... qui est de transformer une solution en dépendance rentable est exactement la même que Klarna dans une autre industrie a appliqué en voulant à la base rendre service aux jeunes qui avaient des problèmes pour payer et en proposant le paiement plusieurs fois jusqu'à ce que tout devienne incontrôlable comme on le voit dans la vidéo qui s'affiche.