Speaker #0Défi j'envoie, 2026, jour 16. Aujourd'hui la contrainte, elle est simple, il suffit d'exprimer une opinion impopulaire. Alors Ausha parce que celle-ci, elle va faire grincer des dents. Je pense que la communication non-violente, la fameuse CNV, ça peut être une énorme arnaque. Ben oui, je le dis. Et je vais aller plus loin. Dans certaines situations, utiliser la CNV, c'est perdre à tous les coups. Et parfois, ça te fait même passer pour juste un blaireau manipulable. Parce que voilà, ce qu'on ne dit pas assez... La CNV, c'est très joli quand tu parles à quelqu'un qui a envie de comprendre, qui veut préserver la relation et qui est capable de bonne foi. Mais si en face, t'as quelqu'un qui se moque totalement de la relation, quelqu'un qui a une mauvaise foi ou qui t'écoute juste pour trouver la faille, ou simplement qui n'en a rien à faire de ce que tu ressens, alors la CNV peut devenir ton pire piège. Et toi, tu te retrouves à te justifier, à t'expliquer, à ouvrir tes sentiments face à quelqu'un qui n'a aucune intention de te respecter. Et c'est exactement de ça qu'on va parler aujourd'hui. Quand la CNV est utile et quand elle te met en danger. Et surtout, comment reconnaître la différence et quoi faire à la place quand tu as affaire à une mauvaise foi structurelle. Et si tu as déjà eu l'impression de bien communiquer et de te faire tacler quand même, cet épisode va te faire du bien. Allez, bonne écoute ! Bienvenue dans l'Impowercast. Pendant tout le mois de janvier, j'ai décidé de relever le défi Jean-Bois proposé par l'Académie du podcast. Il s'agit de publier un épisode par jour. tous les jours en tenant compte d'une contrainte créative ou narrative imposée. Pour l'occasion, Empowercast séparé d'un nouveau générique et j'espère que tu l'apprécieras et que tu t'amuseras autant que moi à écouter chacune de ces capsules. Pour info, tu pourras retrouver tous les participants à ce challenge grâce au hashtag j'envoie2026 sur les réseaux sociaux. Soyons réalistes et pragmatiques deux minutes. Si tu utilises la communication non-violente face à quelqu'un de foncièrement malhonnête, tu te tires une balle dans le pied. Parce que pendant que toi, tu expliques calmement ton ressenti, que tu mets des mots sur tes émotions, que tu formules tes besoins avec soin, en face, il ne se passe rien. Ou pire, la personne t'écoute poliment, pas pour te comprendre, mais pour repérer ou appuyer pour te faire mal. Elle note ce qui te touche, ce qui te fragilise, ce qui te fait douter. Et plus tu fais de la CNV, plus tu lui donnes de la matière. Dans ce contexte-là, la CNV ne pacifie pas la relation, elle déséquilibre encore plus le rapport de force. Parce que toi, tu joues la carte de la transparence, et l'autre joue la carte du pouvoir et de la manipulation. Et le résultat, c'est que tu repars avec l'impression d'avoir bien communiqué, d'avoir bien fait ton travail, mais aussi avec un goût amer. Tu te demandes ce que tu as mal fait. Tu te dis que tu aurais dû mieux formuler, être plus calme, plus clair, plus patient. Alors qu'en réalité, le problème, ce n'était pas ta communication. Le problème, c'est que l'autre, il s'en foutait complètement. Et le malentendu, c'est pas la communication non-violente. Le problème, c'est ce qu'on lui fait porter. On a fini par transformer la CNV en une espèce de solution magique, un outil universel censé résoudre tous les conflits, quel que soit la personne en face, quel que soit le contexte. Comme si bien communiquer suffisait à rendre l'autre correct. Comme si formuler ses besoins calmement pouvait, par miracle, créer de la bonne foi là où il n'y en a pas. Or, la CNV repose sur un présupposé fondamental qu'on oublie un peu trop souvent de nommer. Il faut absolument que la relation compte pour les deux personnes. La CNV fonctionne quand il y a une intention commune de préserver le lien, quand les deux parties sont prêtes à s'écouter, quand il existe encore un terrain de respect mutuel. Mais quand ce terrain n'existe plus, la CNV ne répare rien. Elle l'expose, elle fragilise. Utiliser la CNV face à quelqu'un qui méprise la relation, c'est comme expliquer ses règles du jeu à quelqu'un qui a déjà décidé de tricher. Tu peux être irréprochable dans ta forme, tu perdras quand même sur le fond. Et c'est pas un échec personnel, c'est une erreur de diagnostic relationnel. Alors remettons les choses à leur place. La communication non-violente n'est pas mauvaise, elle n'est pas naïve, et elle n'est certainement pas inutile. La CNV, c'est un outil relationnel puissant. Mais comme tous les outils, Elle a un champ d'application précis. Elle est pertinente dans une relation saine ou dans une relation abîmée mais réparable. Elle est précieuse quand les deux personnes veulent encore se comprendre, quand la relation a de la valeur, quand il existe une vraie capacité d'écoute, même imparfaite. Dans ces contextes-là, la CNV peut désamorcer des conflits, éviter des escalades inutiles et permettre à chacun de rester digne et respecté. Mais la CNV n'a jamais été conçue pour gérer la manipulation, la mauvaise foi chronique, la perversité ou les rapports de domination. Ce n'est pas un outil de protection, ce n'est pas un bouclier. Et surtout, la CNV ne remplace pas une chose fondamentale, les limites. La CNV peut venir après que tu aies posé tes limites, mais elle ne peut pas se substituer à elle. Et il y a quelque chose qu'on oublie souvent dans les discours sur la communication. Se respecter, ça commence pas par expliquer. Se respecter commence par se protéger. Parce que toutes les situations ne méritent pas une discussion. Toutes les personnes ne méritent pas ton ouverture émotionnelle. Et toutes les relations ne peuvent pas être réparées. Parfois, la chose la plus saine à faire, ce n'est pas de mieux formuler ton ressenti, c'est de dire non, de poser une limite claire ou d'arrêter la conversation. Le silence, la distance ou même le retrait d'une relation ne sont pas des échecs de communication. Ce sont des actes de maturité. Et il y a un moment où continuer à « bien communiquer » devient une façon très subtile de t'abandonner toi-même et de mettre tes émotions sous le tapis. Vouloir à tout prix rester calme, ouvert, compréhensif face à quelqu'un qui ne te respecte pas, ce n'est pas de la paix. C'est de l'auto-effacement. Et aucune méthode aussi élégante soit-elle ne devrait te demander ça. Pour conclure, ce que j'ai envie de te dire, c'est que la communication non-violente, c'est certes un outil précieux, mais ce n'est pas une boussole morale. Elle n'a pas vocation à te faire encaisser l'irrespect, ni à te maintenir dans des relations déséquilibrées. Mieux communiquer ne sert à rien, si au fond, ce que tu cherches, c'est simplement être respecté. Alors avant de te demander comment dire les choses autrement, pose-toi plutôt la question de est-ce que la relation en face mérite encore ton énergie. Parfois, la réponse la plus juste n'est pas une meilleure phrase, mais un pas de côté. Je te laisse avec ça. Je te retrouve demain pour un nouveau défi. Et d'ici là, n'oublie pas, keep shining ! Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Pendant tout le mois de janvier et pendant toute la durée de ce défi j'envoie, je te propose de me laisser des commentaires ou des questions sur le répondeur d'un powercast que tu trouveras dans les notes du podcast. C'est un lien sur lequel tu cliques et qui te permettra de me laisser un message de moins de 30 secondes. Mais il y a déjà de quoi en dire en 30 secondes. Allez, j'ai hâte d'écouter ton message. À demain !