Description
Et si on prenait cette question à contre-pied ? Et si on allait regarder du côté de la complexité ? Et si on acceptait de s'y frotter ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Et si on prenait cette question à contre-pied ? Et si on allait regarder du côté de la complexité ? Et si on acceptait de s'y frotter ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Ce qui me paraît important, c'est de réattribuer la valeur d'une pensée qui accepte d'aller regarder ce qui est complexe. Bienvenue sur le podcast qui vous aide à élargir votre champ de pensée, mettre du relief dans votre réflexion et transformer votre quotidien. On y parle de philosophie au sens large et on tente de voir comment elle peut nous aider à évoluer. Je suis Marie Saumier, docteur en philosophie, épistémologie et éthique, et j'ai à cœur de vous partager ma vision de la philosophie. Que vous soyez déjà un amoureux de la pensée philosophique ou un néophyte en la matière, ce podcast vous donnera les clés et les astuces pratiques pour combiner philosophie et épanouissement personnel. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. Épisode qui s'inscrit dans la continuité de celui de la semaine passée. En effet, la semaine passée, je vous ai parlé de rumination mentale, je vous ai parlé notamment du fait de se poser trop de questions. et de la façon dont ça pouvait être perçu. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on considère souvent que quelqu'un qui se pose des questions et quelqu'un qui se prend la tête, qui vit dans un monde où il se crée des problèmes, et on a tendance à considérer la pensée comme un fardeau. Et dans l'épisode de la semaine passée que je vous invite à aller écouter si vous ne l'avez pas encore fait, je vous proposais justement à la fois des outils et des astuces pour gérer au mieux cette... agitation mentale si elle est inconfortable et en même temps, je vous proposais également de revaloriser cette pensée qui est souvent vue comme une prise de tête. Et aujourd'hui, j'avais envie d'aller dans la continuité de cette réflexion et il y a une expression qui m'a inspirée cet épisode parce que c'est une expression que j'ai très souvent entendue et qui m'a toujours quelque peu interpellée et étonnée. Et récemment, alors que je l'ai entendue, je me suis Merci. Poser quelques instants pour me dire, ok, qu'est-ce qui fait que cette expression m'interpelle et pourquoi finalement elle ne me paraît pas complètement juste, voire même elle me paraît nourrir des perceptions et des croyances qui peuvent parfois être fausses ou en tout cas être négatives. Et cette expression, vous l'avez certainement entendu, c'est pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. C'est quelque chose qu'on m'a beaucoup répété quand j'avais tendance à me... poser des questions, à anticiper, à projeter, à chercher la solution la plus adaptée, à optimiser. Et souvent, on me renvoyait cette idée que je cherchais la complexité comme si c'était quelque chose de négatif, qu'il fallait évacuer et qu'il était nécessaire d'aller vers plus de simplicité. Or, je crois qu'il est important aussi parfois de remettre de la complexité dans nos vies. En effet, je crois que la simplicité est quelque chose de positif. Je crois qu'il est nécessaire de simplifier les choses. Je crois qu'il est nécessaire, quand on le peut, d'aller au plus simple, au plus évident, au plus fluide. Néanmoins, je crois que l'erreur qui est souvent commise, c'est de rejeter la complexité et de ne pas y voir les bienfaits. Et de ne pas tomber alors dans de la simplicité, mais dans une forme de simplification qui est extrême et qui passe à côté de l'essentiel. Et pour illustrer mon propos... Je vais vous partager une autre réflexion et un autre exemple, qui est un exemple dont on entend souvent parler quand les gens parlent de façon commune de la philosophie, qui est la question du jargon philosophique. En effet, la philo fait partie de ces disciplines qui ont un jargon assez prononcé et qui font qu'un non-initié, que quelqu'un qui n'est pas formé, peut avoir des difficultés de prime abord à comprendre un texte de philosophe. ou à comprendre une conférence ou à lire un livre de philosophie, simplement. Et donc, qui peut avoir l'impression que finalement, c'est inaccessible, c'est incompréhensible, c'est un peu élitiste. Et pendant longtemps, j'ai cru, en tout cas j'ai été assez convaincue, qu'en effet ce jargon empêchait l'accès à la philosophie et était, comme on a tendance à l'entendre beaucoup, quelque chose de plutôt négatif. Et j'ai la conviction, en effet, que ce qu'on comprend, On peut l'énoncer simplement. Néanmoins, j'ai été quelque peu contrainte par mon parcours à m'intéresser à ce jargon, à l'apprendre même, et parfois à l'utiliser, parce que ça fait partie aussi des exigences universitaires. Et peu à peu, j'ai réussi à en comprendre l'intérêt profond. C'est-à-dire que, loin d'être uniquement, en tout cas, un langage élitiste et qui n'appartiendrait qu'à quelques initiés, Il est aussi un outil extrêmement précieux pour aller plus loin dans la réflexion. Derrière un mot qui peut vous paraître jargonneux, il y a en fait un ensemble de présupposés, d'idées, de connaissances acquises, d'histoires qui sont contenues dans ce même mot. C'est-à-dire que derrière un mot précis que vous avez l'impression que vous pouvez remplacer par n'importe quel autre, pour lequel vous avez l'impression de pouvoir trouver des synonymes, il y a en fait énormément de sous-entendus qu'aucun autre mot ne parvient à rendre compte. Et ça, c'est un élément essentiel parce qu'en fait, ça nous fait comprendre également l'importance de la précision de notre langage. Notre langage, et là-dessus j'avais fait un autre épisode que je vous invite à l'écouter, va évidemment véhiculer un ensemble d'idées. Et derrière chaque mot sont contenus un ensemble de présupposés, d'idées, d'histoires, de concepts. Or le jargon va avoir le mérite de permettre à deux initiés qui échangent ensemble d'aller tout de suite plus loin et plus vite dans leurs réflexions puisqu'ils ne vont pas partir d'un point de départ qui serait celui du langage commun. mais ils vont déjà partir d'un point de départ qui est l'issue d'une réflexion philosophique qui les précède. Et ça, c'est un point essentiel. Parce qu'en comprenant ça, j'ai compris également que la complexité n'est pas un simple exercice de prise de tête, mais elle est aussi une façon de pouvoir déployer sa pensée avec davantage de profondeur, avec davantage de puissance et avec davantage d'intensité. Et c'est la même chose dans... Tous les moments de notre vie où on tente une simplification, que je qualifierais là d'abusive, où l'on fait des raccourcis, où l'on manque de nuances, où on prétend aller à l'essentiel mais où en fait on simplifie des choses à l'extrême et on ne parvient pas à se comprendre. Et je crois que ce type de processus de simplification peuvent causer énormément à la fois de malentendus, parce que finalement on passe à côté de l'essentiel, Et on va dans une caricature de ce qu'on est en train de dire, de penser ou d'exprimer. Et donc finalement, il me paraît essentiel d'aller progressivement vers davantage de complexité. Et par complexité, j'entends vraiment une forme de finesse, une forme de nuance. Je n'entends pas une prise de tête qui ne mènerait nulle part, évidemment. Ce n'est pas ça que je prône. En revanche, ce qui me paraît important, c'est de réattribuer la valeur d'une pensée qui accepte d'aller regarder ce qui est complexe. qui acceptent de s'y confronter. Je crois aussi que se confronter à la complexité, c'est aussi faire preuve d'une forme d'humilité. Parce que c'est extrêmement plus valorisant d'être dans la simplicité, en tout cas dans la simplification, parce que précisément, on a l'impression d'être en pouvoir, en compréhension, et donc finalement, on est plutôt dans une position de force. Or, quand on est face à une forme de complexité, d'incompréhension, de difficulté, de rugosité de la pensée, Et bien c'est là qu'on commence à la nourrir, à l'approfondir et à être capable d'aller plus loin. Et j'ai envie même de vous proposer d'aller encore plus loin dans cette réflexion et de se dire mais finalement je crois profondément que la simplicité réside d'un effort à partir de la complexité. C'est à dire que je crois que quelqu'un qui est capable d'expliquer les choses simplement et quelqu'un qui précisément a fait ce travail initial d'aller comprendre la complexité qui se cache derrière. Et qui va être ensuite capable de retransmettre cette complexité de façon plus simple, plus accessible, mais qui précisément sera capable d'avoir un langage précis, impactant, parce qu'il aura compris ce qu'il se cache derrière chaque élément qu'il va être capable de mobiliser en termes de pensée et de langage. Et c'est pourquoi il me paraît important, quand on cherche à simplifier les choses, de commencer par les complexifier. pas pour se prendre la tête, mais pour simplement en comprendre la nuance. Évidemment, ça s'applique aux choses qui sont importantes pour vous. Vous n'êtes pas obligé d'aller étudier et vous prendre la tête sur tous les sujets du monde. Mais en revanche, pour ceux qui vous intéressent, et en réalité, probablement que c'est le cas naturellement, probablement que quand quelque chose vous intéresse, vous allez d'abord en complexité. Et d'ailleurs, bien souvent, on passe par une première phase où... On va en complexité et où on a beaucoup de mal à réexpliquer les choses de façon simple, parce qu'on a l'impression qu'il y a un champ immense et qu'on ne peut pas passer à côté, et c'est seulement après un temps d'intégration et de presque d'infusion de la pensée qu'on va pouvoir le retranscrire. Je vous laisse avec ces quelques pensées autour de la notion de complexité et de simplicité. À nouveau, je le rappelle, l'intention de ce podcast n'est pas de vous inviter à vous prendre la tête, mais simplement de remettre de la valeur sur le fait d'approcher la complexité, d'approcher ce qui est rugueux, d'approcher ce qui n'est pas évident, et d'aller aussi le regarder, et de ne pas se contenter de ce qui parfois peut nous paraître simple, mais qui en fait est davantage simpliste que simple, et qui nous fait passer à côté de l'essentiel. Donc c'est plutôt une invitation à vous ouvrir à ce champ-là, et parfois à accepter de faire compliqué, et de ne pas être systématiquement dans une forme de simplicité. Je vous laisse sur ces quelques réflexions et je vous retrouve dès la semaine prochaine pour un nouvel épisode de podcast. D'ici là, je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à très bientôt.
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Et si on prenait cette question à contre-pied ? Et si on allait regarder du côté de la complexité ? Et si on acceptait de s'y frotter ?
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Ce qui me paraît important, c'est de réattribuer la valeur d'une pensée qui accepte d'aller regarder ce qui est complexe. Bienvenue sur le podcast qui vous aide à élargir votre champ de pensée, mettre du relief dans votre réflexion et transformer votre quotidien. On y parle de philosophie au sens large et on tente de voir comment elle peut nous aider à évoluer. Je suis Marie Saumier, docteur en philosophie, épistémologie et éthique, et j'ai à cœur de vous partager ma vision de la philosophie. Que vous soyez déjà un amoureux de la pensée philosophique ou un néophyte en la matière, ce podcast vous donnera les clés et les astuces pratiques pour combiner philosophie et épanouissement personnel. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. Épisode qui s'inscrit dans la continuité de celui de la semaine passée. En effet, la semaine passée, je vous ai parlé de rumination mentale, je vous ai parlé notamment du fait de se poser trop de questions. et de la façon dont ça pouvait être perçu. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on considère souvent que quelqu'un qui se pose des questions et quelqu'un qui se prend la tête, qui vit dans un monde où il se crée des problèmes, et on a tendance à considérer la pensée comme un fardeau. Et dans l'épisode de la semaine passée que je vous invite à aller écouter si vous ne l'avez pas encore fait, je vous proposais justement à la fois des outils et des astuces pour gérer au mieux cette... agitation mentale si elle est inconfortable et en même temps, je vous proposais également de revaloriser cette pensée qui est souvent vue comme une prise de tête. Et aujourd'hui, j'avais envie d'aller dans la continuité de cette réflexion et il y a une expression qui m'a inspirée cet épisode parce que c'est une expression que j'ai très souvent entendue et qui m'a toujours quelque peu interpellée et étonnée. Et récemment, alors que je l'ai entendue, je me suis Merci. Poser quelques instants pour me dire, ok, qu'est-ce qui fait que cette expression m'interpelle et pourquoi finalement elle ne me paraît pas complètement juste, voire même elle me paraît nourrir des perceptions et des croyances qui peuvent parfois être fausses ou en tout cas être négatives. Et cette expression, vous l'avez certainement entendu, c'est pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. C'est quelque chose qu'on m'a beaucoup répété quand j'avais tendance à me... poser des questions, à anticiper, à projeter, à chercher la solution la plus adaptée, à optimiser. Et souvent, on me renvoyait cette idée que je cherchais la complexité comme si c'était quelque chose de négatif, qu'il fallait évacuer et qu'il était nécessaire d'aller vers plus de simplicité. Or, je crois qu'il est important aussi parfois de remettre de la complexité dans nos vies. En effet, je crois que la simplicité est quelque chose de positif. Je crois qu'il est nécessaire de simplifier les choses. Je crois qu'il est nécessaire, quand on le peut, d'aller au plus simple, au plus évident, au plus fluide. Néanmoins, je crois que l'erreur qui est souvent commise, c'est de rejeter la complexité et de ne pas y voir les bienfaits. Et de ne pas tomber alors dans de la simplicité, mais dans une forme de simplification qui est extrême et qui passe à côté de l'essentiel. Et pour illustrer mon propos... Je vais vous partager une autre réflexion et un autre exemple, qui est un exemple dont on entend souvent parler quand les gens parlent de façon commune de la philosophie, qui est la question du jargon philosophique. En effet, la philo fait partie de ces disciplines qui ont un jargon assez prononcé et qui font qu'un non-initié, que quelqu'un qui n'est pas formé, peut avoir des difficultés de prime abord à comprendre un texte de philosophe. ou à comprendre une conférence ou à lire un livre de philosophie, simplement. Et donc, qui peut avoir l'impression que finalement, c'est inaccessible, c'est incompréhensible, c'est un peu élitiste. Et pendant longtemps, j'ai cru, en tout cas j'ai été assez convaincue, qu'en effet ce jargon empêchait l'accès à la philosophie et était, comme on a tendance à l'entendre beaucoup, quelque chose de plutôt négatif. Et j'ai la conviction, en effet, que ce qu'on comprend, On peut l'énoncer simplement. Néanmoins, j'ai été quelque peu contrainte par mon parcours à m'intéresser à ce jargon, à l'apprendre même, et parfois à l'utiliser, parce que ça fait partie aussi des exigences universitaires. Et peu à peu, j'ai réussi à en comprendre l'intérêt profond. C'est-à-dire que, loin d'être uniquement, en tout cas, un langage élitiste et qui n'appartiendrait qu'à quelques initiés, Il est aussi un outil extrêmement précieux pour aller plus loin dans la réflexion. Derrière un mot qui peut vous paraître jargonneux, il y a en fait un ensemble de présupposés, d'idées, de connaissances acquises, d'histoires qui sont contenues dans ce même mot. C'est-à-dire que derrière un mot précis que vous avez l'impression que vous pouvez remplacer par n'importe quel autre, pour lequel vous avez l'impression de pouvoir trouver des synonymes, il y a en fait énormément de sous-entendus qu'aucun autre mot ne parvient à rendre compte. Et ça, c'est un élément essentiel parce qu'en fait, ça nous fait comprendre également l'importance de la précision de notre langage. Notre langage, et là-dessus j'avais fait un autre épisode que je vous invite à l'écouter, va évidemment véhiculer un ensemble d'idées. Et derrière chaque mot sont contenus un ensemble de présupposés, d'idées, d'histoires, de concepts. Or le jargon va avoir le mérite de permettre à deux initiés qui échangent ensemble d'aller tout de suite plus loin et plus vite dans leurs réflexions puisqu'ils ne vont pas partir d'un point de départ qui serait celui du langage commun. mais ils vont déjà partir d'un point de départ qui est l'issue d'une réflexion philosophique qui les précède. Et ça, c'est un point essentiel. Parce qu'en comprenant ça, j'ai compris également que la complexité n'est pas un simple exercice de prise de tête, mais elle est aussi une façon de pouvoir déployer sa pensée avec davantage de profondeur, avec davantage de puissance et avec davantage d'intensité. Et c'est la même chose dans... Tous les moments de notre vie où on tente une simplification, que je qualifierais là d'abusive, où l'on fait des raccourcis, où l'on manque de nuances, où on prétend aller à l'essentiel mais où en fait on simplifie des choses à l'extrême et on ne parvient pas à se comprendre. Et je crois que ce type de processus de simplification peuvent causer énormément à la fois de malentendus, parce que finalement on passe à côté de l'essentiel, Et on va dans une caricature de ce qu'on est en train de dire, de penser ou d'exprimer. Et donc finalement, il me paraît essentiel d'aller progressivement vers davantage de complexité. Et par complexité, j'entends vraiment une forme de finesse, une forme de nuance. Je n'entends pas une prise de tête qui ne mènerait nulle part, évidemment. Ce n'est pas ça que je prône. En revanche, ce qui me paraît important, c'est de réattribuer la valeur d'une pensée qui accepte d'aller regarder ce qui est complexe. qui acceptent de s'y confronter. Je crois aussi que se confronter à la complexité, c'est aussi faire preuve d'une forme d'humilité. Parce que c'est extrêmement plus valorisant d'être dans la simplicité, en tout cas dans la simplification, parce que précisément, on a l'impression d'être en pouvoir, en compréhension, et donc finalement, on est plutôt dans une position de force. Or, quand on est face à une forme de complexité, d'incompréhension, de difficulté, de rugosité de la pensée, Et bien c'est là qu'on commence à la nourrir, à l'approfondir et à être capable d'aller plus loin. Et j'ai envie même de vous proposer d'aller encore plus loin dans cette réflexion et de se dire mais finalement je crois profondément que la simplicité réside d'un effort à partir de la complexité. C'est à dire que je crois que quelqu'un qui est capable d'expliquer les choses simplement et quelqu'un qui précisément a fait ce travail initial d'aller comprendre la complexité qui se cache derrière. Et qui va être ensuite capable de retransmettre cette complexité de façon plus simple, plus accessible, mais qui précisément sera capable d'avoir un langage précis, impactant, parce qu'il aura compris ce qu'il se cache derrière chaque élément qu'il va être capable de mobiliser en termes de pensée et de langage. Et c'est pourquoi il me paraît important, quand on cherche à simplifier les choses, de commencer par les complexifier. pas pour se prendre la tête, mais pour simplement en comprendre la nuance. Évidemment, ça s'applique aux choses qui sont importantes pour vous. Vous n'êtes pas obligé d'aller étudier et vous prendre la tête sur tous les sujets du monde. Mais en revanche, pour ceux qui vous intéressent, et en réalité, probablement que c'est le cas naturellement, probablement que quand quelque chose vous intéresse, vous allez d'abord en complexité. Et d'ailleurs, bien souvent, on passe par une première phase où... On va en complexité et où on a beaucoup de mal à réexpliquer les choses de façon simple, parce qu'on a l'impression qu'il y a un champ immense et qu'on ne peut pas passer à côté, et c'est seulement après un temps d'intégration et de presque d'infusion de la pensée qu'on va pouvoir le retranscrire. Je vous laisse avec ces quelques pensées autour de la notion de complexité et de simplicité. À nouveau, je le rappelle, l'intention de ce podcast n'est pas de vous inviter à vous prendre la tête, mais simplement de remettre de la valeur sur le fait d'approcher la complexité, d'approcher ce qui est rugueux, d'approcher ce qui n'est pas évident, et d'aller aussi le regarder, et de ne pas se contenter de ce qui parfois peut nous paraître simple, mais qui en fait est davantage simpliste que simple, et qui nous fait passer à côté de l'essentiel. Donc c'est plutôt une invitation à vous ouvrir à ce champ-là, et parfois à accepter de faire compliqué, et de ne pas être systématiquement dans une forme de simplicité. Je vous laisse sur ces quelques réflexions et je vous retrouve dès la semaine prochaine pour un nouvel épisode de podcast. D'ici là, je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à très bientôt.
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Et si on prenait cette question à contre-pied ? Et si on allait regarder du côté de la complexité ? Et si on acceptait de s'y frotter ?
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Ce qui me paraît important, c'est de réattribuer la valeur d'une pensée qui accepte d'aller regarder ce qui est complexe. Bienvenue sur le podcast qui vous aide à élargir votre champ de pensée, mettre du relief dans votre réflexion et transformer votre quotidien. On y parle de philosophie au sens large et on tente de voir comment elle peut nous aider à évoluer. Je suis Marie Saumier, docteur en philosophie, épistémologie et éthique, et j'ai à cœur de vous partager ma vision de la philosophie. Que vous soyez déjà un amoureux de la pensée philosophique ou un néophyte en la matière, ce podcast vous donnera les clés et les astuces pratiques pour combiner philosophie et épanouissement personnel. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. Épisode qui s'inscrit dans la continuité de celui de la semaine passée. En effet, la semaine passée, je vous ai parlé de rumination mentale, je vous ai parlé notamment du fait de se poser trop de questions. et de la façon dont ça pouvait être perçu. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on considère souvent que quelqu'un qui se pose des questions et quelqu'un qui se prend la tête, qui vit dans un monde où il se crée des problèmes, et on a tendance à considérer la pensée comme un fardeau. Et dans l'épisode de la semaine passée que je vous invite à aller écouter si vous ne l'avez pas encore fait, je vous proposais justement à la fois des outils et des astuces pour gérer au mieux cette... agitation mentale si elle est inconfortable et en même temps, je vous proposais également de revaloriser cette pensée qui est souvent vue comme une prise de tête. Et aujourd'hui, j'avais envie d'aller dans la continuité de cette réflexion et il y a une expression qui m'a inspirée cet épisode parce que c'est une expression que j'ai très souvent entendue et qui m'a toujours quelque peu interpellée et étonnée. Et récemment, alors que je l'ai entendue, je me suis Merci. Poser quelques instants pour me dire, ok, qu'est-ce qui fait que cette expression m'interpelle et pourquoi finalement elle ne me paraît pas complètement juste, voire même elle me paraît nourrir des perceptions et des croyances qui peuvent parfois être fausses ou en tout cas être négatives. Et cette expression, vous l'avez certainement entendu, c'est pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. C'est quelque chose qu'on m'a beaucoup répété quand j'avais tendance à me... poser des questions, à anticiper, à projeter, à chercher la solution la plus adaptée, à optimiser. Et souvent, on me renvoyait cette idée que je cherchais la complexité comme si c'était quelque chose de négatif, qu'il fallait évacuer et qu'il était nécessaire d'aller vers plus de simplicité. Or, je crois qu'il est important aussi parfois de remettre de la complexité dans nos vies. En effet, je crois que la simplicité est quelque chose de positif. Je crois qu'il est nécessaire de simplifier les choses. Je crois qu'il est nécessaire, quand on le peut, d'aller au plus simple, au plus évident, au plus fluide. Néanmoins, je crois que l'erreur qui est souvent commise, c'est de rejeter la complexité et de ne pas y voir les bienfaits. Et de ne pas tomber alors dans de la simplicité, mais dans une forme de simplification qui est extrême et qui passe à côté de l'essentiel. Et pour illustrer mon propos... Je vais vous partager une autre réflexion et un autre exemple, qui est un exemple dont on entend souvent parler quand les gens parlent de façon commune de la philosophie, qui est la question du jargon philosophique. En effet, la philo fait partie de ces disciplines qui ont un jargon assez prononcé et qui font qu'un non-initié, que quelqu'un qui n'est pas formé, peut avoir des difficultés de prime abord à comprendre un texte de philosophe. ou à comprendre une conférence ou à lire un livre de philosophie, simplement. Et donc, qui peut avoir l'impression que finalement, c'est inaccessible, c'est incompréhensible, c'est un peu élitiste. Et pendant longtemps, j'ai cru, en tout cas j'ai été assez convaincue, qu'en effet ce jargon empêchait l'accès à la philosophie et était, comme on a tendance à l'entendre beaucoup, quelque chose de plutôt négatif. Et j'ai la conviction, en effet, que ce qu'on comprend, On peut l'énoncer simplement. Néanmoins, j'ai été quelque peu contrainte par mon parcours à m'intéresser à ce jargon, à l'apprendre même, et parfois à l'utiliser, parce que ça fait partie aussi des exigences universitaires. Et peu à peu, j'ai réussi à en comprendre l'intérêt profond. C'est-à-dire que, loin d'être uniquement, en tout cas, un langage élitiste et qui n'appartiendrait qu'à quelques initiés, Il est aussi un outil extrêmement précieux pour aller plus loin dans la réflexion. Derrière un mot qui peut vous paraître jargonneux, il y a en fait un ensemble de présupposés, d'idées, de connaissances acquises, d'histoires qui sont contenues dans ce même mot. C'est-à-dire que derrière un mot précis que vous avez l'impression que vous pouvez remplacer par n'importe quel autre, pour lequel vous avez l'impression de pouvoir trouver des synonymes, il y a en fait énormément de sous-entendus qu'aucun autre mot ne parvient à rendre compte. Et ça, c'est un élément essentiel parce qu'en fait, ça nous fait comprendre également l'importance de la précision de notre langage. Notre langage, et là-dessus j'avais fait un autre épisode que je vous invite à l'écouter, va évidemment véhiculer un ensemble d'idées. Et derrière chaque mot sont contenus un ensemble de présupposés, d'idées, d'histoires, de concepts. Or le jargon va avoir le mérite de permettre à deux initiés qui échangent ensemble d'aller tout de suite plus loin et plus vite dans leurs réflexions puisqu'ils ne vont pas partir d'un point de départ qui serait celui du langage commun. mais ils vont déjà partir d'un point de départ qui est l'issue d'une réflexion philosophique qui les précède. Et ça, c'est un point essentiel. Parce qu'en comprenant ça, j'ai compris également que la complexité n'est pas un simple exercice de prise de tête, mais elle est aussi une façon de pouvoir déployer sa pensée avec davantage de profondeur, avec davantage de puissance et avec davantage d'intensité. Et c'est la même chose dans... Tous les moments de notre vie où on tente une simplification, que je qualifierais là d'abusive, où l'on fait des raccourcis, où l'on manque de nuances, où on prétend aller à l'essentiel mais où en fait on simplifie des choses à l'extrême et on ne parvient pas à se comprendre. Et je crois que ce type de processus de simplification peuvent causer énormément à la fois de malentendus, parce que finalement on passe à côté de l'essentiel, Et on va dans une caricature de ce qu'on est en train de dire, de penser ou d'exprimer. Et donc finalement, il me paraît essentiel d'aller progressivement vers davantage de complexité. Et par complexité, j'entends vraiment une forme de finesse, une forme de nuance. Je n'entends pas une prise de tête qui ne mènerait nulle part, évidemment. Ce n'est pas ça que je prône. En revanche, ce qui me paraît important, c'est de réattribuer la valeur d'une pensée qui accepte d'aller regarder ce qui est complexe. qui acceptent de s'y confronter. Je crois aussi que se confronter à la complexité, c'est aussi faire preuve d'une forme d'humilité. Parce que c'est extrêmement plus valorisant d'être dans la simplicité, en tout cas dans la simplification, parce que précisément, on a l'impression d'être en pouvoir, en compréhension, et donc finalement, on est plutôt dans une position de force. Or, quand on est face à une forme de complexité, d'incompréhension, de difficulté, de rugosité de la pensée, Et bien c'est là qu'on commence à la nourrir, à l'approfondir et à être capable d'aller plus loin. Et j'ai envie même de vous proposer d'aller encore plus loin dans cette réflexion et de se dire mais finalement je crois profondément que la simplicité réside d'un effort à partir de la complexité. C'est à dire que je crois que quelqu'un qui est capable d'expliquer les choses simplement et quelqu'un qui précisément a fait ce travail initial d'aller comprendre la complexité qui se cache derrière. Et qui va être ensuite capable de retransmettre cette complexité de façon plus simple, plus accessible, mais qui précisément sera capable d'avoir un langage précis, impactant, parce qu'il aura compris ce qu'il se cache derrière chaque élément qu'il va être capable de mobiliser en termes de pensée et de langage. Et c'est pourquoi il me paraît important, quand on cherche à simplifier les choses, de commencer par les complexifier. pas pour se prendre la tête, mais pour simplement en comprendre la nuance. Évidemment, ça s'applique aux choses qui sont importantes pour vous. Vous n'êtes pas obligé d'aller étudier et vous prendre la tête sur tous les sujets du monde. Mais en revanche, pour ceux qui vous intéressent, et en réalité, probablement que c'est le cas naturellement, probablement que quand quelque chose vous intéresse, vous allez d'abord en complexité. Et d'ailleurs, bien souvent, on passe par une première phase où... On va en complexité et où on a beaucoup de mal à réexpliquer les choses de façon simple, parce qu'on a l'impression qu'il y a un champ immense et qu'on ne peut pas passer à côté, et c'est seulement après un temps d'intégration et de presque d'infusion de la pensée qu'on va pouvoir le retranscrire. Je vous laisse avec ces quelques pensées autour de la notion de complexité et de simplicité. À nouveau, je le rappelle, l'intention de ce podcast n'est pas de vous inviter à vous prendre la tête, mais simplement de remettre de la valeur sur le fait d'approcher la complexité, d'approcher ce qui est rugueux, d'approcher ce qui n'est pas évident, et d'aller aussi le regarder, et de ne pas se contenter de ce qui parfois peut nous paraître simple, mais qui en fait est davantage simpliste que simple, et qui nous fait passer à côté de l'essentiel. Donc c'est plutôt une invitation à vous ouvrir à ce champ-là, et parfois à accepter de faire compliqué, et de ne pas être systématiquement dans une forme de simplicité. Je vous laisse sur ces quelques réflexions et je vous retrouve dès la semaine prochaine pour un nouvel épisode de podcast. D'ici là, je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à très bientôt.
Description
Et si on prenait cette question à contre-pied ? Et si on allait regarder du côté de la complexité ? Et si on acceptait de s'y frotter ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Ce qui me paraît important, c'est de réattribuer la valeur d'une pensée qui accepte d'aller regarder ce qui est complexe. Bienvenue sur le podcast qui vous aide à élargir votre champ de pensée, mettre du relief dans votre réflexion et transformer votre quotidien. On y parle de philosophie au sens large et on tente de voir comment elle peut nous aider à évoluer. Je suis Marie Saumier, docteur en philosophie, épistémologie et éthique, et j'ai à cœur de vous partager ma vision de la philosophie. Que vous soyez déjà un amoureux de la pensée philosophique ou un néophyte en la matière, ce podcast vous donnera les clés et les astuces pratiques pour combiner philosophie et épanouissement personnel. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. Épisode qui s'inscrit dans la continuité de celui de la semaine passée. En effet, la semaine passée, je vous ai parlé de rumination mentale, je vous ai parlé notamment du fait de se poser trop de questions. et de la façon dont ça pouvait être perçu. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on considère souvent que quelqu'un qui se pose des questions et quelqu'un qui se prend la tête, qui vit dans un monde où il se crée des problèmes, et on a tendance à considérer la pensée comme un fardeau. Et dans l'épisode de la semaine passée que je vous invite à aller écouter si vous ne l'avez pas encore fait, je vous proposais justement à la fois des outils et des astuces pour gérer au mieux cette... agitation mentale si elle est inconfortable et en même temps, je vous proposais également de revaloriser cette pensée qui est souvent vue comme une prise de tête. Et aujourd'hui, j'avais envie d'aller dans la continuité de cette réflexion et il y a une expression qui m'a inspirée cet épisode parce que c'est une expression que j'ai très souvent entendue et qui m'a toujours quelque peu interpellée et étonnée. Et récemment, alors que je l'ai entendue, je me suis Merci. Poser quelques instants pour me dire, ok, qu'est-ce qui fait que cette expression m'interpelle et pourquoi finalement elle ne me paraît pas complètement juste, voire même elle me paraît nourrir des perceptions et des croyances qui peuvent parfois être fausses ou en tout cas être négatives. Et cette expression, vous l'avez certainement entendu, c'est pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. C'est quelque chose qu'on m'a beaucoup répété quand j'avais tendance à me... poser des questions, à anticiper, à projeter, à chercher la solution la plus adaptée, à optimiser. Et souvent, on me renvoyait cette idée que je cherchais la complexité comme si c'était quelque chose de négatif, qu'il fallait évacuer et qu'il était nécessaire d'aller vers plus de simplicité. Or, je crois qu'il est important aussi parfois de remettre de la complexité dans nos vies. En effet, je crois que la simplicité est quelque chose de positif. Je crois qu'il est nécessaire de simplifier les choses. Je crois qu'il est nécessaire, quand on le peut, d'aller au plus simple, au plus évident, au plus fluide. Néanmoins, je crois que l'erreur qui est souvent commise, c'est de rejeter la complexité et de ne pas y voir les bienfaits. Et de ne pas tomber alors dans de la simplicité, mais dans une forme de simplification qui est extrême et qui passe à côté de l'essentiel. Et pour illustrer mon propos... Je vais vous partager une autre réflexion et un autre exemple, qui est un exemple dont on entend souvent parler quand les gens parlent de façon commune de la philosophie, qui est la question du jargon philosophique. En effet, la philo fait partie de ces disciplines qui ont un jargon assez prononcé et qui font qu'un non-initié, que quelqu'un qui n'est pas formé, peut avoir des difficultés de prime abord à comprendre un texte de philosophe. ou à comprendre une conférence ou à lire un livre de philosophie, simplement. Et donc, qui peut avoir l'impression que finalement, c'est inaccessible, c'est incompréhensible, c'est un peu élitiste. Et pendant longtemps, j'ai cru, en tout cas j'ai été assez convaincue, qu'en effet ce jargon empêchait l'accès à la philosophie et était, comme on a tendance à l'entendre beaucoup, quelque chose de plutôt négatif. Et j'ai la conviction, en effet, que ce qu'on comprend, On peut l'énoncer simplement. Néanmoins, j'ai été quelque peu contrainte par mon parcours à m'intéresser à ce jargon, à l'apprendre même, et parfois à l'utiliser, parce que ça fait partie aussi des exigences universitaires. Et peu à peu, j'ai réussi à en comprendre l'intérêt profond. C'est-à-dire que, loin d'être uniquement, en tout cas, un langage élitiste et qui n'appartiendrait qu'à quelques initiés, Il est aussi un outil extrêmement précieux pour aller plus loin dans la réflexion. Derrière un mot qui peut vous paraître jargonneux, il y a en fait un ensemble de présupposés, d'idées, de connaissances acquises, d'histoires qui sont contenues dans ce même mot. C'est-à-dire que derrière un mot précis que vous avez l'impression que vous pouvez remplacer par n'importe quel autre, pour lequel vous avez l'impression de pouvoir trouver des synonymes, il y a en fait énormément de sous-entendus qu'aucun autre mot ne parvient à rendre compte. Et ça, c'est un élément essentiel parce qu'en fait, ça nous fait comprendre également l'importance de la précision de notre langage. Notre langage, et là-dessus j'avais fait un autre épisode que je vous invite à l'écouter, va évidemment véhiculer un ensemble d'idées. Et derrière chaque mot sont contenus un ensemble de présupposés, d'idées, d'histoires, de concepts. Or le jargon va avoir le mérite de permettre à deux initiés qui échangent ensemble d'aller tout de suite plus loin et plus vite dans leurs réflexions puisqu'ils ne vont pas partir d'un point de départ qui serait celui du langage commun. mais ils vont déjà partir d'un point de départ qui est l'issue d'une réflexion philosophique qui les précède. Et ça, c'est un point essentiel. Parce qu'en comprenant ça, j'ai compris également que la complexité n'est pas un simple exercice de prise de tête, mais elle est aussi une façon de pouvoir déployer sa pensée avec davantage de profondeur, avec davantage de puissance et avec davantage d'intensité. Et c'est la même chose dans... Tous les moments de notre vie où on tente une simplification, que je qualifierais là d'abusive, où l'on fait des raccourcis, où l'on manque de nuances, où on prétend aller à l'essentiel mais où en fait on simplifie des choses à l'extrême et on ne parvient pas à se comprendre. Et je crois que ce type de processus de simplification peuvent causer énormément à la fois de malentendus, parce que finalement on passe à côté de l'essentiel, Et on va dans une caricature de ce qu'on est en train de dire, de penser ou d'exprimer. Et donc finalement, il me paraît essentiel d'aller progressivement vers davantage de complexité. Et par complexité, j'entends vraiment une forme de finesse, une forme de nuance. Je n'entends pas une prise de tête qui ne mènerait nulle part, évidemment. Ce n'est pas ça que je prône. En revanche, ce qui me paraît important, c'est de réattribuer la valeur d'une pensée qui accepte d'aller regarder ce qui est complexe. qui acceptent de s'y confronter. Je crois aussi que se confronter à la complexité, c'est aussi faire preuve d'une forme d'humilité. Parce que c'est extrêmement plus valorisant d'être dans la simplicité, en tout cas dans la simplification, parce que précisément, on a l'impression d'être en pouvoir, en compréhension, et donc finalement, on est plutôt dans une position de force. Or, quand on est face à une forme de complexité, d'incompréhension, de difficulté, de rugosité de la pensée, Et bien c'est là qu'on commence à la nourrir, à l'approfondir et à être capable d'aller plus loin. Et j'ai envie même de vous proposer d'aller encore plus loin dans cette réflexion et de se dire mais finalement je crois profondément que la simplicité réside d'un effort à partir de la complexité. C'est à dire que je crois que quelqu'un qui est capable d'expliquer les choses simplement et quelqu'un qui précisément a fait ce travail initial d'aller comprendre la complexité qui se cache derrière. Et qui va être ensuite capable de retransmettre cette complexité de façon plus simple, plus accessible, mais qui précisément sera capable d'avoir un langage précis, impactant, parce qu'il aura compris ce qu'il se cache derrière chaque élément qu'il va être capable de mobiliser en termes de pensée et de langage. Et c'est pourquoi il me paraît important, quand on cherche à simplifier les choses, de commencer par les complexifier. pas pour se prendre la tête, mais pour simplement en comprendre la nuance. Évidemment, ça s'applique aux choses qui sont importantes pour vous. Vous n'êtes pas obligé d'aller étudier et vous prendre la tête sur tous les sujets du monde. Mais en revanche, pour ceux qui vous intéressent, et en réalité, probablement que c'est le cas naturellement, probablement que quand quelque chose vous intéresse, vous allez d'abord en complexité. Et d'ailleurs, bien souvent, on passe par une première phase où... On va en complexité et où on a beaucoup de mal à réexpliquer les choses de façon simple, parce qu'on a l'impression qu'il y a un champ immense et qu'on ne peut pas passer à côté, et c'est seulement après un temps d'intégration et de presque d'infusion de la pensée qu'on va pouvoir le retranscrire. Je vous laisse avec ces quelques pensées autour de la notion de complexité et de simplicité. À nouveau, je le rappelle, l'intention de ce podcast n'est pas de vous inviter à vous prendre la tête, mais simplement de remettre de la valeur sur le fait d'approcher la complexité, d'approcher ce qui est rugueux, d'approcher ce qui n'est pas évident, et d'aller aussi le regarder, et de ne pas se contenter de ce qui parfois peut nous paraître simple, mais qui en fait est davantage simpliste que simple, et qui nous fait passer à côté de l'essentiel. Donc c'est plutôt une invitation à vous ouvrir à ce champ-là, et parfois à accepter de faire compliqué, et de ne pas être systématiquement dans une forme de simplicité. Je vous laisse sur ces quelques réflexions et je vous retrouve dès la semaine prochaine pour un nouvel épisode de podcast. D'ici là, je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à très bientôt.
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