Speaker #0Cette philosophie de terrain fait pleinement partie de ma démarche de transmettre certains enseignements, certaines réflexions. Bienvenue dans En Puissance, le podcast qui vous ouvre de nouvelles perspectives et donne du relief à votre réflexion. Chaque semaine, embarquez pour un voyage introspectif, éveillant votre curiosité pour cheminer vers une plus grande conscience et liberté. Je suis Marie Saumier, docteur en philosophie, et j'ai à cœur de vous partager mon amour pour la pensée et la réflexion. Dans un monde où la pensée et l'action sont souvent dissociées, je vous propose de les réconcilier en mettant votre réflexion au service de vos actions. Ce podcast s'adresse à vous, penseurs, curieux, indécis, esprits libres et vifs. Découvrez les clés pour harmoniser une pensée débordante avec une action alignée. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. J'espère que vous êtes en forme. Aujourd'hui, je souhaitais aborder dans cet épisode la démarche que j'adopte au quotidien dans mon entreprise et qui est aussi issue de ma posture de recherche, celle que j'ai adoptée tout au long de mon doctorat et qui aujourd'hui est inscrite dans le livre qui est publié. Si vous n'avez pas suivi cette information, je vous la rappelle, mais le 3 octobre, mon premier livre une philosophe à la rencontre de l'autisme et une philosophe est paru. C'est un livre qui est issu de mes travaux de recherche sur l'autisme, sur les TSA, sur le diagnostic en particulier. Et tout ce travail repose en réalité sur une enquête de terrain que j'ai menée au sein d'unités diagnostiques, de centres de diagnostic, mais aussi auprès de personnes concernées par le diagnostic des TSA, que ce soit des familles qui le sont pour un de leurs enfants ou bien des adultes diagnostiqués. pour la plupart assez tardivement, et donc qui ont accepté d'échanger avec moi pour partager leur expérience des TSA. Donc ce livre et cette recherche, elle s'est construite à partir d'une démarche de philosophie de terrain que j'aborde et que j'explicite au fil du livre. Néanmoins, j'avais vraiment envie aujourd'hui de lui consacrer un épisode de podcast parce que, en réalité, je réalise à quel point cette démarche est profondément ancrée dans mes pratiques, aujourd'hui encore, en tant qu'entrepreneuse. Je n'ai pas toujours fait le lien entre ma façon d'aborder les formations et les espaces que je crée et la philosophie de terrain. Néanmoins, aujourd'hui, je réalise à quel point cette philosophie de terrain fait pleinement partie de ma démarche et de ma façon d'aborder la vie à titre personnel. Et puis surtout de transmettre certains enseignements, certaines réflexions, certaines prises de hauteur dans les offres que je propose aujourd'hui à mes clients. En effet, la philosophie de terrain, c'est quoi ? C'est une branche de la philosophie qui se reconnaît comme telle et qui s'est emparée des méthodes d'enquête que l'on pouvait retrouver plus tôt dans des champs comme la sociologie ou même l'anthropologie. Ce sont des champs des sciences humaines qui sont habitués à faire des enquêtes de terrain, à mener des entretiens, à mener des périodes d'observation, en tout cas à rencontrer leur objet d'étude par le moyen d'enquête. Alors je vais pas rentrer dans les fondements théoriques de la philosophie de terrain, ni dans les critiques dont elle peut faire l'objet, ni dans les questionnements qu'elle soulève. L'idée de cet épisode c'était vraiment de vous partager de façon très personnelle ma vision de la philosophie de terrain et surtout la façon dont je l'emploie au quotidien. En réalité, je n'ai jamais... cru à une philosophie qui partait de rien, à une pensée ex nihilo qui ne devrait avoir lieu que dans un champ d'intellectuel, entre intellectuels et qui devrait se fermer au monde. On a parfois cette image du philosophe dans sa tour d'ivoire qui pense, qui réfléchit et qui se met à l'écart du monde. Et d'ailleurs c'est souvent une critique que l'on peut faire à la philosophie et c'est souvent une question que l'on a pu me poser. on peut avoir cette vision d'un philosophe déconnecté de la réalité, qui finalement pense, se pose des questions sur des choses qui ne sont pas vraiment utiles et qui ne sont pas très ancrées dans le monde. Et ça, c'est une image qui peut être communément admise. Or, je crois que je me suis toujours refusée à cette posture. La première raison, c'est que, probablement, dans mon histoire personnelle, je n'ai jamais vécu la philosophie de cette façon-là. C'est-à-dire que, aussi loin que je m'en souvienne, quand je découvre la philosophie en première, parce que j'avais eu la chance d'avoir des cours de philosophie anticipés, je me souviens à quel point la découverte de cette discipline a changé mon regard sur le monde. C'est-à-dire que j'avais... D'une part, la sensation que les questions que je m'étais toujours posées sur la vie trouvaient enfin une forme, alors si ce n'est de réponse en tout cas, que ces questions, d'autres se les étaient posées avant moi, et donc avaient avancé bien plus loin que ce que je pouvais imaginer sur beaucoup de questions existentielles. Et par ailleurs, d'emblée, j'ai considéré que cette posture et cette attitude qui consiste à s'interroger sur le monde et à interroger en permanence l'évidence... à interroger ce qui nous semble naturel, eh bien c'était une posture éminemment constructive pour avancer dans la vie, parce qu'elle me permettait à chaque instant de remettre en question ce que je vivais, de le dépasser, et donc d'entrer dans une démarche de connaissance du monde très particulière. Donc d'une part j'aurais tendance à dire que dès que j'ai découvert la philosophie, en réalité j'ai adopté cette vision. d'une philosophie qui m'était utile pour avancer dans ma vie et dans mon quotidien. Et puis, au fil de mes études et de mes années, d'abord de master puis de doctorat, je me suis de plus en plus intéressée à des questions qui, à mon sens, nécessitaient, et à nouveau c'est un parti pris, parce que c'est quelque chose qui pourrait être discuté, et ce serait une démarche absolument philosophique que discuter chacun de mes propos, mais... En tout cas, j'ai commencé à m'intéresser notamment à la philosophie des sciences, et en particulier, une des thématiques qui m'a toujours passionnée, c'est la philosophie de la médecine. Or, il n'y a probablement rien de plus ancré dans le monde que la question de la médecine, de la santé ou de la maladie. Et dès que j'ai commencé à m'interroger sur ces questions-là, il m'était difficile d'envisager des travaux de recherche qui se coupent de la réalité telle qu'elle est vécue. par des professionnels de santé ou par des personnes concernées par les troubles, les maladies, les phénomènes, quels qu'ils soient, que je souhaitais étudier et observer. Et en fait, peu à peu, j'en suis arrivée à découvrir la philosophie de terrain, qui est vraiment une branche à part entière de la philosophie, mais j'ai ancré pour moi la nécessité d'aller à la rencontre de l'expérience d'un sujet. C'est-à-dire pas seulement d'être capable d'aborder intellectuellement et par des considérations d'esprit un phénomène ou un sujet, mais d'aller le rencontrer pleinement. Alors c'est une posture qui comporte un certain nombre de biais, c'est-à-dire que quand on s'intéresse un petit peu aux sciences humaines et à ce type de posture qui nécessite d'aller sur le terrain, on se rend compte aussi à quel point, pour parvenir à trouver un équilibre entre l'expérience d'un phénomène et l'analyse d'un phénomène, il va falloir faire preuve de ce qu'on appelle la réflexivité. C'est-à-dire la capacité à s'observer soi-même, à se regarder soi-même en train d'observer pour comprendre la façon dont soit on va venir modifier l'expérience qu'on est en train d'observer, soit simplement la façon dont nos propres biais, notre propre expérience du moment va transformer notre capacité d'analyse, notre capacité de jugement. Je ne vais pas m'attarder sur ces questions-là, mais en tout cas, aborder la philosophie de terrain. Sous l'angle de la recherche et avec la nécessité de mettre en place une rigueur scientifique, une méthodologie scientifique pour que ce soit valide, m'a contrainte également à repenser le statut même de la posture de l'observateur. Et donc ça m'a vraiment passionnée de pouvoir allier finalement cette réflexion et cette analyse du monde avec le fait de l'expérimenter, de le vivre, en tout cas de le voir de l'intérieur. Avec un statut d'observateur qui fait que tout de même on n'observe pas les choses de la même façon, mais en tout cas d'aller à la rencontre des objets sur lesquels je souhaitais déployer ma réflexion. Et aujourd'hui, dans mon entreprise, quels que soient les secteurs dans lesquels je vais œuvrer, que ce soit lorsque je propose des formations d'entreprise, que ce soit lorsque je propose des programmes en ligne ou bien encore des accompagnements individuels, je suis vraiment dans cette démarche où l'idée est de co-construire. Avec la réalité en présence. C'est-à-dire que mon rôle est simplement d'accompagner la réflexion, d'accompagner la pensée. autour d'un sujet, d'une réalité, d'une expérience qui elle est profondément matérielle, qui est profondément celle de la vie. C'est finalement aussi tout l'objet de ces épisodes de podcast, c'est de pouvoir vous apporter chaque semaine des clés de réflexion qui sont le fruit d'analyses en lien avec ce que je traverse en tant qu'être humain. Et c'est selon moi une des plus belles missions de la philosophie, c'est d'être capable de nous apporter un regard sur le monde avec des perspectives différentes, avec une prise de hauteur et de recul, qui peut nous aider à avancer dans la vie avec plus de conscience, avec plus de sens et avec plus de justesse. En tout cas, pour moi, c'est vraiment la vocation que je me suis donnée en tant que philosophe, c'est d'accompagner le déploiement d'une conscience individuelle et collective pour précisément remettre... du sens et de la présence dans ce qu'on traverse et dans ce qu'on vit. Et pour moi, cette démarche-là, elle est profondément héritée d'une démarche de philosophie de terrain, même si aujourd'hui, elle est appliquée à d'autres thématiques et que je labore d'une façon très différente. Je ne suis plus dans une posture de chercheuse, ce n'est plus de la recherche à proprement parler que je fais, mais je suis dans l'action immédiate et je suis dans cette interaction permanente entre une pensée qui se déploie et une action qui tente au mieux de s'aligner avec cette pensée, de se décaler parfois, de s'ajuster, de s'élargir, peu importe, mais qui se met en relation avec cette pensée. Donc c'était vraiment important pour moi de vous proposer un petit peu ce cheminement dans cet épisode de podcast pour également reposer les fondements de ce qu'est ma démarche, quels que soient les endroits à travers lesquels on est amené à entrer en interaction, vous et moi, que ce soit simplement... à travers ce podcast ou bien dans d'autres champs, à travers le livre, à travers mes programmes en ligne, à travers des formations, peu importe les contextes dans lesquels nous allons entrer en interaction, cette posture de philosophie de terrain, elle est pour moi l'un des fondements de ce que je souhaite apporter dans mon entreprise, avec la conscience toujours qu'elle est un sujet qui peut faire l'objet d'un questionnement, d'un renouvellement de perspective et que peut-être cette posture évoluera, s'enrichira. se décalera. Donc je vous laisse sur ces quelques pistes de réflexion. J'espère vous avoir donné envie de voir la philosophie sous cet angle nouveau, cet angle profondément matériel, j'ai envie de le dire ainsi. Je vous souhaite une très belle semaine et je vous retrouve dès la semaine prochaine pour un nouvel épisode de podcast. D'ici là, portez-vous bien et à très bientôt.