Speaker #0Est-ce qu'il existe un bon moment ? Comment déterminer le bon moment pour passer à l'action ? Bienvenue sur le podcast qui vous aide à élargir votre champ de pensée, mettre du relief dans votre réflexion et transformer votre quotidien. On y parle de philosophie au sens large et on tente de voir comment elle peut nous aider à évoluer. Je suis Marie Saumier, docteure en philosophie, épistémologie et éthique, et j'ai à cœur de vous partager ma vision de la philosophie. Que vous soyez déjà un amoureux de la pensée philosophique ou un néophyte en la matière, ce podcast vous donnera les clés et les astuces pratiques pour combiner philosophie et épanouissement personnel. Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de podcast dans lequel je vais reprendre une thématique qui a été abordée la semaine dernière avec Sophie et je vais vous proposer de l'approfondir et d'en tirer de nouveaux enseignements. Donc peut-être que vous l'avez déjà écouté, mais la semaine dernière, avec Sophie Oman, on vous a proposé un échange sur la notion de temps. Et parmi les nombreux sujets qui nous ont intéressés pendant cette heure d'échange, il y en a un sur lequel j'avais vraiment envie de revenir, qui me paraît être une question qu'on a tendance à se poser au quotidien. Et j'ai pensé qu'un épisode qui lui serait consacré pourraient vous apporter de nouvelles clés. Et cette thématique, c'est la thématique du bon moment. Est-ce qu'il existe un bon moment ? S'il devait y avoir un bon moment pour faire les choses, est-ce qu'il y aurait aussi un mauvais moment ? Finalement, comment déterminer le bon moment pour passer à l'action ? C'est autant de questions qu'on va se poser aujourd'hui, dans ce nouvel épisode. Est-ce que ça vous est déjà arrivé d'avoir envie de lancer un projet ? d'avoir une discussion avec quelqu'un ou en tout cas de passer à l'action et de sentir que vous cherchez le bon moment quitte parfois à repousser l'échéance, à attendre, à faire durer un peu les choses ou bien est-ce que ça vous est déjà arrivé si vous êtes de nature plus impatiente à passer à l'action, parfois un peu dans la précipitation et puis après coup de vous dire que vous auriez pu ou que vous auriez dû attendre un meilleur moment. que ce n'était peut-être pas le bon moment pour mettre en place ce projet, pour avoir cette discussion, peu importe l'exemple que vous avez en tête. En tout cas, on a souvent cette sensation dans la vie qu'il y aurait un bon moment pour faire les choses, qu'il y aurait un moment qui serait moralement positif, acceptable, mais aussi peut-être plus juste, peut-être aussi plus adapté. On a souvent cet idéal du bon moment. Il y aurait un bon moment pour faire les choses. Et d'ailleurs, c'est quelque chose qu'on entend bien souvent, de dire, je voudrais faire ça, mais ce n'est pas le bon moment. Ou, j'ai agi comme ça, mais je pense que ce n'était pas le bon moment. Donc finalement, on évolue beaucoup avec cet idéal du bon moment, avec cette croyance selon laquelle, dans la temporalité qu'on expérimente au quotidien, il y aurait des bons moments pour faire les choses, et il y aurait probablement de mauvais moments pour les faire, en tout cas de moins bons moments. Et c'est un peu ce que j'avais envie d'interroger aujourd'hui. Et de me dire finalement, je ne sais pas si on peut définir quel est un bon moment et quel est un mauvais moment. Je ne sais pas non plus s'il est pertinent de considérer qu'on puisse qualifier ainsi un moment de bon ou de mauvais. En revanche, je crois qu'il existe des outils pour répondre à ces interrogations qui, elles, existent dans notre quotidien. Ces interrogations qui sont de savoir, finalement, est-ce que c'est le bon moment pour passer à l'action. Et donc, j'avais envie de vous proposer une réflexion. pour essayer d'aborder ces situations d'une façon un petit peu différente. Et notamment, en en revenant, je crois, à une relativisation de ce qu'on entend par le bon moment. C'est-à-dire que bien souvent, dans l'idée et le concept de bon moment, on sous-entend qu'il y aurait un moment universellement bon, c'est-à-dire par essence bon, absolument bon, pour faire les choses. Et aujourd'hui, j'ai envie de vous suggérer d'en revenir à une vision plus relative de ce qu'est le bon moment. Et pour ça... Je vais vous proposer de vous poser des questions en trois grandes étapes. Et c'est des questions que vous pouvez vous poser à la fois quand vous sentez que vous avez envie de mettre en place un projet, en tout cas qu'il y a une action que vous avez envie de mettre en place, et que vous êtes parfois en train de la retarder, de la repousser en vous disant que ce n'est pas le bon moment. Mais c'est aussi un processus que vous pouvez utiliser quand vous sentez que vous êtes impatient de faire quelque chose et qu'au contraire l'enjeu là c'est plutôt de vous dire ok j'ai très envie d'y aller. Mais est-ce que c'est de la précipitation ou est-ce que c'est juste pour moi ? Et donc, justement, d'aller chercher ce bon moment, plutôt pour pallier ce... Cette tendance à la précipitation. Le processus, il est assez simple. La première étape, c'est certainement de faire un état des lieux. C'est-à-dire de reprendre l'action, le projet, la discussion que vous avez envie d'entamer avec quelqu'un en vous disant, à cet instant T, là où j'en suis, dans le présent, dans le moment présent, qu'est-ce qui est favorable pour moi ? Qu'est-ce qui ferait de cet instant un instant favorable pour me lancer ? Ça, c'est la première question. La deuxième question, c'est... Qu'est-ce qui éventuellement me manquerait ? Sur quoi j'ai besoin de progresser ? Quelles sont les conditions que j'ai besoin de réunir ? Qu'est-ce qui là est plutôt en manque dans cet instant précis ? Et que j'aurais besoin de voir croître pour que ce soit le bon moment ? Donc ça c'est la première étape du processus. C'est de faire un état des lieux. C'est-à-dire dans l'instant T, par rapport à cette envie que j'ai, où est-ce que j'en suis ? Où est-ce que j'en suis par rapport aux éléments favorables ? Et peut-être par rapport aux éléments moins favorables, ou en tout cas les conditions que je pourrais aller modifier. Une fois que cette première étape est remplie, la deuxième étape va consister à aller définir ce que c'est le bon moment en lien avec cette action. Parce que ma conviction, c'est qu'un bon moment ne se définit qu'en lien avec un contexte, avec une situation et avec des besoins spécifiques. Et maintenant qu'on les a en partie définis avec la première étape, la deuxième étape est de se demander Le moment idéal pour faire ça, il ressemblerait à quoi ? Pour lancer cette discussion, le moment idéal, il ressemblerait à quoi ? Pour commencer ce projet, le moment idéal, il ressemblerait à quoi ? Pour simplement aller déjà mettre de la clarté, de la précision et de la définition derrière ce qu'on entend comme bon moment par rapport à ce projet. Et vous allez le voir dans cette étape-là, une fois que vous avez défini ce cadre idéal, alors parfois on pourrait se dire, finalement c'est inatteignable, Eh bien, l'idée, ça va être de le transformer en lien avec les conditions qui sont les miennes à ce moment-là. C'est-à-dire qu'une fois que j'ai défini ce que devrait être le bon moment, je vais pouvoir me demander, finalement, qu'est-ce que je peux faire pour me rapprocher de cette situation-là. Le principe d'un idéal, ce n'est pas forcément d'être atteint. Le principe d'un idéal, c'est de nous donner un horizon. C'est de nous donner une vision. Et finalement, cette vision va nous permettre de nous approcher. va nous permettre de réajuster les choses. Par exemple, j'ai envie de lancer une conversation avec quelqu'un qui peut être un peu délicate et je me dis que le bon moment, le moment idéal, ce serait celui où cette personne serait pleinement sereine et détendue. Ça, c'est mon idéal. Néanmoins, dans les conditions qui sont les miennes, admettons, cette personne vit plutôt une période difficile, avec du stress, avec peut-être des émotions fortes. Et donc l'idée va être de me dire finalement... Quel est le meilleur moment en lien avec ces conditions ? C'est-à-dire, dans ce contexte qui n'est peut-être pas optimal, quel est le meilleur moment que je puisse choisir ? Quel est le moment qui va davantage me rapprocher de mon idéal, quand bien même ça ne sera pas parfait, et quand bien même ça ne correspondra pas exactement à ma vision du bon moment ? Ça, c'est la deuxième étape, et ça va vous permettre, non seulement, une fois que vous avez fait l'état des lieux, que vous avez défini votre moment idéal, ça va vous permettre d'aller poser les conditions nécessaires et de commencer à les créer. Et donc, finalement, ce bon moment, c'est vous qui allez le créer, et vous n'allez plus seulement être dans cette attitude passive de l'attente du bon moment. Et enfin, une fois que vous avez fait cette deuxième étape, la dernière étape, la troisième étape, va simplement consister à se demander quelles sont les conséquences. Et là, tout dépend de votre situation. Soit je me demande quelles sont les conséquences si je continue à repousser et à attendre le bon moment, si je sens que c'est plutôt dans cette posture que je me sens. Ou alors, quelles sont les conséquences si je me lance tout de suite dans l'action, quitte à me précipiter un petit peu, et simplement d'observer le comportement dans lequel j'ai plutôt tendance à être, quelles vont être les conséquences de ce comportement ? Et de le faire avec le plus d'honnêteté possible. Parfois, les conséquences de l'attente vont permettre d'avoir davantage de réflexion, d'avoir peut-être des réponses à des questions, donc de gagner des informations, ou peut-être, si on parle par exemple de lancer un projet, peut-être que... Ce temps d'attente va me permettre de me former davantage, d'acquérir de nouvelles compétences. Donc peut-être que c'est positif. Peut-être qu'au contraire, le fait de passer à l'action plus vite va finalement me permettre de faire un premier pas, de me lancer, d'initier quelque chose qui va m'ouvrir de nouvelles portes. Enfin, on voit qu'à partir du moment où on commence à poser les conséquences, on peut transformer sa façon de voir les choses ou bien simplement on peut la confirmer. C'est-à-dire que peut-être qu'en faisant ce processus, vous allez vous rendre compte que cette attente que vous étiez en train de projeter, est finalement positive. Ou bien qu'il est utile de passer à l'action rapidement. Mais peut-être aussi que ça va transformer votre rapport à la situation. Donc je répète les trois étapes, elles sont très simples. La première étape, je fais l'état des lieux. Où est-ce que j'en suis et de quoi j'ai besoin ? La deuxième étape, je vais me demander quel serait le moment idéal et qu'est-ce que je peux mettre en place pour m'en rapprocher. Et la troisième étape, je me connecte cette fois au futur, quelles seraient les conséquences des différentes options possibles. Et j'essaye de voir comment à partir de là, je peux arbitrer les choses. Donc je vous laisse avec cet outil et avec cette vision que je vous partage aujourd'hui, qui est plutôt de dire que le bon moment, finalement, c'est celui que l'on crée et qu'il n'est peut-être pas à attendre, mais qu'il est à mettre en place, à instaurer, à planifier. Donc je vous laisse appliquer ce processus aux situations que vous pourrez rencontrer. Et je vous retrouve très vite pour un nouvel épisode de podcast. D'ici là, je vous souhaite une excellente journée. ou une excellente soirée, et je vous dis à très bientôt.