Speaker #0Bienvenue sur Entendons, le podcast qui t'aide à t'épanouir en tant que kiné. Je m'appelle Augustin Castel, je suis kiné du sport et hôte de ce podcast qui est produit avec cœur par Full Physio. Alors chaque mois, vous êtes plus de 10 000 à nous écouter ou à même visionner nos épisodes dans lesquels nous recevons des professionnels passionnés qui viennent partager leurs astuces et leurs meilleurs conseils pour booster votre pratique clinique. D'ailleurs, un petit mot à propos de Full Physio qui est l'app incontournable utilisée par plus de 20 000 professionnels de la santé. Full Physio, c'est... ton allié pour rester à la pointe et proposer des traitements optimaux à tes patients et patients. Plus concrètement, Poule Physio, ce sont des milliers de ressources pour te faire gagner du temps dans ta veille scientifique, des outils cliniques tels que la prescription d'exercice, des fiches d'éducation thérapeutique, des bilans ainsi que des formations en ligne et en prévention. Alors si toi aussi tu as envie de passer au niveau supérieur dans ta pratique, rejoins-nous sur poulephysio.com et promis, tu ne seras pas déçu. Et maintenant, place à l'épisode. Alors bienvenue à toi dans ce format express. C'est-à-dire un format où je suis certain que dans les 10 prochaines minutes, tu auras appris au moins une information utile pour ta pratique quotidienne. Aujourd'hui, on va parler de facteurs de risque de course à pied, de cervicalgie, mais également de spécificité dans nos exercices. Alors le but avec ce format, tu le sais, c'est de te délivrer un maximum d'informations en 5 à 10 minutes maximum. Parce qu'on sait qu'on n'a pas toujours le temps d'écouter des longs épisodes de podcast. Pour ça, tu peux toujours aller te référer à nos épisodes avec nos invités. Mais ici, le but, c'est d'être court, clair et concis pour te donner de l'information directement utile pour toi demain au cabinet. Alors, la première chose, c'est les facteurs de risque en course à pied. Est-ce que tu t'étais déjà demandé, tiens, pourquoi mon patient se blesse en course à pied ou pourquoi plus globalement on se blesse en course à pied ? C'est une question que tous les coureurs et les coureuses se sont posées au moins une fois. Et toi qui entends ce podcast, tu prends peut-être en charge des coureurs ou des coureuses au cabinet et tu t'es du coup... peut-être aussi déjà posé la question. Et pour cause, quand on sait aujourd'hui que pas moins de 50% des coureurs se blessent au moins une fois durant l'année et que la plupart des blessures recensées touchent les genoux, c'est un véritable fléau quand on y pense. Il est donc en fait capital d'avoir en tête les facteurs de risque identifiés dans la littérature afin de pouvoir les expliciter à nos patients et à nos patientes et aussi à en tenir compte dans notre approche thérapeutique. Alors, dans ce qui peut favoriser la survenue des blessures, on va retrouver en fait grosso modo Merci. des antécédents de blessures liées ou non à la course à pied, courir depuis moins de deux ans et ou courir moins de deux heures par semaine, ou à l'inverse, avoir un esprit compétitif et surtout le trop vite trop fort. Donc tout changement brutal dans l'entraînement, que ce soit le volume, l'intensité, la durée des sorties, etc. Et ça, c'est un point hyper important parce que forcément, parfois les patients disent non, mais j'ai rien changé dans mon entraînement. Je ne comprends pas. Il n'y a pas de variation de charge, mais il faudra toujours bien questionner le patient. pour justement lui demander, ok, tu n'as peut-être pas changé ton nombre de kilomètres, mais est-ce que tu n'as pas changé de chaussures ? Est-ce que tu n'as pas fait plus de dénivelé que d'habitude ? Est-ce que tu n'as pas fait plus d'intensité que d'habitude ? C'est-à-dire, est-ce que tu n'as pas couru à une allure plus rapide que d'habitude ? Est-ce que tu n'as pas mixé des activités ? Que ce soit, par exemple, courir le matin et, ah ben oui, cette semaine, j'ai été faire la muscu le soir, ou l'inverse. Ou bien, j'ai été faire un match de paddle hier soir, et puis, ouais, ce matin, je me suis levé de bonne heure à 8h et j'ai été courir. Parfois, ce n'est pas spécialement ce qu'on fait. en course à pied qui pose problème, mais c'est la combinaison avec d'autres activités auxquelles on n'est pas habitué qui peut en fait aboutir à la survenue de douleur. Donc ça c'est hyper important dans je dirais 80% des coureurs ou coureuses qui se plaignent de douleur. Il y a souvent quelque chose qui a changé dans l'entraînement, pas toujours mais souvent. Par contre aussi on parle souvent de la biomécanique et il faut reconnaître que la biomécanique en tant que telle, donc le type d'attaque de pied mais aussi la morphologie du pied, la surface de course ou même la durée depuis laquelle on utilise les mêmes chaussures, ne semblent pas être des facteurs de risque contrairement aux croyances populaires. Donc on n'est pas obligé de changer de chaussure tous les cinq mois obligatoirement au risque de se blesser. Ce n'est pas vrai, mais par contre c'est vrai que si la chaussure commence à être vraiment usée et ou que le confort commence à être altéré, ça peut être une bonne idée de peut-être aller changer de chaussure, mais encore une fois, il faudrait être progressif. Là, il ne s'agira pas d'aller se dire ok, je vais aller prendre une chaussure qui ne ressemble pas du tout au profil... auquel j'ai l'habitude. Donc si ton patient a une chaussure très très renforcée par exemple, donc une chaussure qu'on dira maximaliste, l'idée ce ne sera pas d'aller se dire j'ai vu que dans le dernier épisode qui était sur la course à pied, il fallait courir en minimaliste, donc avec des chaussures qui soutiennent très peu le pied, je vais aller me prendre ça. Non, généralement ça c'est un changement important dans l'entraînement et donc il faut y aller progressivement et il faut idéalement passer d'un indice Merci. minimaliste de X% à un indice minimaliste de X% en moins, etc. Mais y aller vraiment progressivement, tout comme on augmenterait progressivement la charge d'entraînement ou les poids qu'on soulève à la salle, c'est la même chose pour les chaussures. C'est une très mauvaise idée de passer d'un profil maximaliste à un profil minimaliste. En tout cas, si la transition est trop brusque. Donc, tout ça pour dire, garde en tête que ce n'est pas tel ou tel élément en tant que tel qui va favoriser la blessure, mais plutôt la brutalité du changement que tu fais subir à ton corps ou que le patient fait subir à son corps. Si on change progressivement, que ce soit de chaussures, d'intensité, de volume, de surface de course, etc. Il n'y a pas de raison qu'on se blesse davantage. Alors, le deuxième sujet que j'avais envie d'aborder avec toi aujourd'hui, ça porte sur les cervicales J et l'impact de ces cervicales J sur les muscles nucaux. Non seulement la cervicalgie, ça impacte la vie de tes patients, mais elle peut aussi s'avérer délétère sur le plan musculaire. Mais à quel point ? Et pour cause ? Bon, t'es pas sans savoir que la douleur impacte généralement la façon dont les muscles se comportent. On parle de faiblesse, de manque d'activation, de tension excessive, bref, c'est vite l'enfer quand la douleur apparaît et persiste. Alors, ça peut sembler dérisoire, mais c'est quelque chose auquel il est pertinent de s'adresser quand on sait aujourd'hui que ces perturbations, en tout cas ces perturbations musculaires, neuromusculaires, peuvent persister même quand l'épisode de cervicalgie est résolu. Et donc, aujourd'hui, j'ai envie de te faire un petit topo sur les principales perturbations reportées dans la littérature en cas de cervicalgie dont tes patients peuvent malheureusement souffrir. Donc, il peut y avoir soit un retard d'activation des muscles fléchisseurs profonds ou un retard de mise au repos des muscles superficiels comme le trapèze supérieur après l'arrêt de la tâche en question. Donc, soit les muscles profonds se contractent ou s'activent trop tard, ou pas, on va dire, ils ne sont pas désactivés non plus complètement, mais on va dire qu'ils se mettent vraiment... à fonctionner à leur plein potentiel un peu trop tard, ou bien les muscles superficiels qui n'ont pas besoin, eux, d'être autant contractés, ils ne se relâchent pas. Donc c'est un petit peu les opposés, mais en gros, il n'y a rien qui va. Ensuite, une contribution accrue des muscles superficiels comme le sternocleidomastoidien par rapport aux muscles fléchisseurs profonds lors des flexions crânio-cervicales, donc un mouvement où tu vas demander à ton patient de rentrer le menton et de faire vraiment cette flexion cervicale haute. Là, encore une fois, c'est une histoire de ratio. Donc le sternoclédomastéoidien, que tu peux très bien et très facilement palper au niveau du cou de ton patient, il va être suractivé parce que les muscles profonds ne travaillent pas assez, tout simplement. Et il peut aussi y avoir une hyperactivité du sternoclédomastéoidien dans tous les mouvements nucaux, traduisant une attitude de protection, ce qui peut même limiter la mobilité. Ça, c'est aussi quelque chose d'intéressant à noter, c'est que parfois, le manque de mobilité, il n'est pas dû à quelque chose d'articulaire ou quelque chose. Ça peut parfois juste être une protection musculaire. Et donc, cette protection musculaire va induire de la rigidité musculo-tendineuse, ou en tout cas au niveau du muscle. Et ça va créer parfois même des spasmes réactionnels qui vont faire que ton patient va se sentir bloqué. Mais en fait, il n'y a rien d'articulairement bloqué. C'est juste au niveau musculaire, il y a une hyperactivité qui l'empêche d'aller plus loin. Pour ça, le point positif, c'est qu'aller travailler les muscles profonds, aller travailler toute cette sphère neuromusculaire, va permettre de relâcher le tonus, et donc, à une finée, de relâcher la tension du sternocleidomastoidien, ce n'est pas facile à dire, et puis, à une finée, diminuer la tension, et donc recouvrir la mobilité, sans pour autant avoir fait des manipulations ou autre chose. Il y a aussi ce qu'on retrouve dans les principales perturbations. C'est une incapacité à maintenir une activité musculaire fluide et constante durant des mouvements circulaires de la nuque. Et enfin, une moins grande variabilité dans la répartition du travail des fibres musculaires. Donc, au lieu d'utiliser successivement plusieurs endroits du muscle pour une tâche d'endurance donnée, c'est la même zone qui sera sollicitée en disant davantage de fatigue, vu qu'il n'y aura pas ce relais entre les fibres musculaires. Et donc, quand on dit une incapacité à maintenir une activité musculaire fluide, ça va être un petit peu saccadé. de façon très imagée, ça ne se passe pas vraiment comme ça, mais c'est pour que tu comprennes mieux. Les muscles vont s'activer, un peu se désactiver, ça va vraiment être un peu anarchique, alors qu'on voudrait une activité musculaire beaucoup plus fluide. Et pour revenir aussi sur la grande variabilité, ou la moins grande variabilité en l'occurrence ici, dans la répartition du travail des fibres, effectivement, ça va en fait créer ces points de tension douloureux que peut ressentir le patient au milieu du trapèze, etc. C'est simplement une désorganisation au niveau... des activations des fibres musculaires qui vont faire toujours travailler la même chose. Et c'est un petit peu contre-productif parce qu'en fait, on a plein de fibres musculaires. Et si c'est pour utiliser toujours les cinq mêmes fibres musculaires, c'est clair qu'on peut vite se rendre compte que c'est sous-optimal. Bon, là, j'ai dit cinq, mais c'est vraiment pour l'image. Ne prends pas ça pour argent comptant. Et donc, là, on a parlé de facteurs de risque de course à pied, de cervicalgie. Mais j'ai aussi envie qu'on parle brièvement de la spécificité dans nos exercices de rééducation. On lit partout, et c'est pas nouveau, que l'exercice est la clé de voûte des prises en charge des troubles musculosquelettiques. Donc ton patient a mal au dos, on va faire de l'exercice. Ton patient a mal au genou, on va faire de l'exercice. Ton patient a mal à l'épaule... On va faire de l'exercice. Alors c'est bien beau, mais au final, l'exercice, ça veut tout et rien dire. Parce qu'on parle de quoi exactement ? Des exercices de contrôle moteur, du renforcement spécifique, du renforcement général, on parle de cours de yoga, bref. Et si on s'intéressait brièvement à la littérature ayant étudié la question, à savoir, y a-t-il un bénéfice à être spécifique dans nos prescriptions d'exercice ? Les approches se valent et semblent fonctionner. En fait, il ne faut pas oublier que les exercices auront un effet très large sur le patient. et que les effets neurophysiologiques et psychologiques sont indéniablement cruciaux dans l'effet antalgique qu'ils procurent. Et donc, au final, ça ne veut pas dire qu'on peut donner n'importe quoi et que ça fonctionnera, mais plutôt qu'il faut réfléchir autrement en se disant « Ok, je ne vais peut-être pas donner un exercice hyper spécifique pour tel muscle parce qu'il y a telle pathologie, mais plutôt donner un exercice spécifique aux attentes et aux souhaits du patient, tout simplement. » Et vu qu'on sait que cet effet est... très très large avec les exercices, au final, on aura beaucoup plus généralement de résultats en tenant compte de ces attentes et des objectifs du patient lors de la prescription d'exercice, plutôt que en donnant des exercices un peu qu'on a vu dans la dernière revue de PubMed. Alors ça peut fonctionner évidemment, mais il faudra bien l'expliquer aux patients dans ce cas-là pour que ça s'aligne avec ces attentes et pour qu'ils comprennent ou qu'elles comprennent que ça s'aligne avec ces attentes. Et c'est pour ça que parfois des exercices un petit peu généraux peuvent fonctionner tout simplement parce que l'effet des exercices n'est pas uniquement structurel. Pour qu'un exercice soit efficace, il ne faut pas spécialement qu'il fasse prendre du muscle ou de la masse musculaire au patient. Il faut avant tout qu'il corresponde à ce qu'il a envie de faire et que ça fasse sens pour lui et qu'il puisse le refaire en autonomie chez lui. Et ça, c'est hyper important. J'en profite aussi pour te parler, en discutant de ça, de notre logiciel de prescription d'exercice disponible sur fullphysio.com. donc tu peux aller faire un tour et c'est vraiment un outil très très bien réalisé et qui va te permettre en fait de créer des fiches d'exercice comme tu le souhaites, donc soit à partir de fiches prédéfinies, soit créer des fiches de A à Z qui vont te permettre en fait de prescrire tes exercices aux patients en autonomie, parce qu'on sait aujourd'hui qu'autonomiser les patients c'est hyper important et il y a aussi une fonctionnalité qui va arriver, elle est peut-être déjà arrivée au moment où tu écoutes ce podcast, ça dépend si tu l'écoutes dans deux ans forcément. elle sera probablement déjà arrivée, mais à l'heure à laquelle j'enregistre ces lignes, sache que tu pourras bientôt enregistrer et publier tes propres exercices au patient. Donc tu vas pouvoir par exemple te filmer ou filmer ton patient, et mettre ça dans l'application, et donc ça va te permettre de personnaliser encore plus ces exercices. Mais en attendant que cette feature soit ajoutée, sache qu'il y a plus de 2500 exercices dans la bibliothèque d'exercices, donc crois-moi que tu as de quoi faire. Bref, tout ça pour dire, on a parlé de spécificité des exercices, de cervical G et de facteurs de risque de course à pied. J'espère que ce petit épisode t'a plu. Finalement, on est déjà à plus de 13 minutes de podcast. Je t'avais dit que ça allait être en moins de 10 minutes, mais bon, ce n'est pas grave. On a débordé un petit peu, mais c'est parce qu'il y avait vraiment beaucoup d'informations intéressantes que je voulais te partager aujourd'hui. J'espère que ça t'a intéressé. Si jamais tu as eu des informations utiles pour ta pratique quotidienne, etc., n'hésite pas. Tu vas sur Spotify, tu vas sur les plateformes d'écoute, tu vas sur YouTube. Et puis, tu nous montres ton soutien en mettant 5 étoiles, en mettant un commentaire, en nous faisant un retour, en t'abonnant à la chaîne YouTube. Bref, il y a plein de façons de nous soutenir. Ce n'est pas à toi que je vais l'apprendre. Mais en tout cas, voilà. Merci à vous. Vous êtes plus de 10 000 à nous écouter chaque mois. C'est vraiment notre plus belle récompense. Je le dis à chaque épisode, mais c'est pour souligner le fait que ça nous fait vraiment plaisir. Même si on ne passe pas notre vie à regarder les chiffres, quand on les regarde et qu'on voit ça, ça nous fait vraiment plaisir. Bref, si jamais tu as une suggestion, si jamais tu as... un commentaire, n'hésite jamais à venir nous trouver sur nos réseaux sociaux, on répond toujours assez rapidement et puis en attendant, je te souhaite une très très belle journée, courage pour ta journée au cabinet si tu la commences et repose-toi bien si tu la termines et puis je te dis à très très vite, ciao ciao !