- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue pour la saison 2 de En Mouvement. Cet épisode est sponsorisé par EPAL. C'est une plateforme du programme Erasmus+, pour les professionnels de la formation des adultes en Europe. EPAL valorise des projets européens autour de la santé mentale et du bien-être. Alors découvrez cette plateforme gratuitement, sans publicité et rejoignez une communauté engagée. Tous les liens sont en description. Merci EPAL pour son soutien et nous, on est reparti.
- Speaker #1
En mouvement, c'est une balade en nature avec des invités inspirants pour améliorer votre état d'esprit et vous aider à passer à l'action.
- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue sur le podcast En Mouvement. On se retrouve sur les berges, sur le bord de l'eau du lac d'Annecy. Je suis très heureux de t'accueillir Chloé.
- Speaker #2
Merci, je suis très contente d'être là.
- Speaker #0
Pour nos auditeurs, vu qu'ils n'ont pas la vidéo, je vais donner un peu le contexte, le cadre. Donc on est au bord de l'eau, on a les clapotis de l'eau, il fait super chaud, super beau. On a juste une envie de s'épiquer une tête. Et ma première question, c'est quoi ton rapport ? à l'eau ?
- Speaker #2
Mon rapport à l'eau, moi, c'est vraiment, j'ai eu la chance d'avoir deux grands-pères qui adoraient l'eau. Un qui vivait en Bretagne avec un bateau, donc qui m'amenait en mer faire du bateau et sauter dans l'eau. Et un autre qui vivait ici dans les montagnes, mais qui tous les étés voulait absolument qu'on ait de l'eau quelque part dans le jardin, donc il sortait un gros bac blanc qui mettait un peu d'eau dedans et ça faisait office de piscine qui ne faisait même pas un mètre carré. Et donc je pense que mon rapport à l'eau, il est tout d'abord s'amuser. Il est vraiment sur le côté et... s'amuser, la joie, profiter. Et moi, j'ai vraiment cette joie et cette confiance dans l'eau. Et après, bien sûr, j'ai appris à bien nager et j'ai fait beaucoup d'années de club de natation. Donc après, j'ai eu un rapport presque performance avec l'eau. Mais vraiment, dès le début, c'était beaucoup plus la joie et le bonheur dans l'eau.
- Speaker #0
Merci pour ce petit début en compagnie des clapotis de l'eau. Comment tu vas, Chloé, aujourd'hui ?
- Speaker #2
Aujourd'hui, je t'avoue que je suis très fatiguée. Ça va très bien, je suis... très heureuse et très épanouie, mais je suis très fatiguée parce que là, je rentre tout juste, ça fait trois mois que je fais le Tour de France des écoles. Je suis allée voir plus d'une centaine de classes en quelques mois et donc j'ai passé mon quotidien déjà à beaucoup bouger en train et autres et à passer beaucoup de temps avec les enfants. Et j'adore passer du temps avec eux dans les classes et avoir tout le travail qu'ils ont fait cette année sur l'océan, mais ça prend beaucoup d'énergie quand même, les enfants aussi. Et j'ai voulu aussi, bien sûr, être là, être présente, donner un maximum de mon énergie. Donc là, comme ça fait depuis quelques jours que je ne suis plus en train de faire cette tournée, mon corps y récupère et je me retrouve assez fatiguée. Mais très heureuse d'avoir vécu ces derniers mois absolument incroyables.
- Speaker #0
C'est... Oula, on est dans le Zayang, on dirait, à La Réunion. Tu disais là, justement, ça fait un moment que tu es avec les jeunes et que tu récupères. Et du coup, quel est ton rapport avec l'eau ? Vu que tu disais que c'était performance, est-ce que l'eau va être un moment de récupération ou justement un moment de challenge ? Ou parfois l'un ou parfois l'autre ?
- Speaker #2
Parfois l'un et parfois l'autre en fait. J'ai un peu les deux. Moi ça dépend vraiment de... Dans une année, c'est un coach qui m'avait dit ça quand j'étais plus jeune, qui m'avait dit tu ne peux qu'avoir un gros moment de performance. Tu ne peux pas en avoir trop parce que sinon tu n'es vraiment que dans la performance et parfois tu perds aussi un peu l'envie et le bonheur et la joie d'être dans l'eau. Il faut choisir un moment et là je sais que j'ai été beaucoup dans la performance dans l'eau en début d'année parce qu'on a fait le tour de la Guadeloupe à la nage en janvier. Et donc là c'était très intense, nager 4-5 heures par jour, vraiment dans la performance, à faire 3 semaines à nager tous les jours pour faire le tour de la Guadeloupe. Et maintenant cet été, j'ai plus envie de retrouver ce côté récupération dans l'eau, d'être plutôt là juste pour me baigner, pour me sentir bien, pour profiter du lac, pour retrouver un peu cette connexion. avec l'eau que j'adore et être en mode récupération et profiter avec des amis et la famille. Donc j'aime bien pouvoir avoir un peu ces deux rapports à l'eau et je sais que dans une année ça va changer, il y aura des moments où ce sera performance, il y aura des moments où ce sera plus pour récupérer.
- Speaker #0
Et est-ce que tu penses pour toi qu'il y a vraiment une différence entre ce que t'apporte l'eau et ce que tu vas avoir plutôt sur la terre ferme, j'allais dire ?
- Speaker #2
Alors oui, moi j'ai vraiment... Une connexion assez incroyable, en tout cas je trouve que j'ai un sentiment quand j'ai dans l'eau. Moi je sais que l'eau c'est un élément qui me rassure et qui me calme. Je sais que par exemple même juste si j'ai une journée très stressante ou je me sens pas bien, moi je vais... Prendre une longue douche, et déjà ça va m'apaiser. Donc je sais que l'eau c'est vraiment quelque chose qui m'apaise et qui me reconnecte un petit peu à moi-même. Donc elle m'apporte beaucoup. Et j'ai vraiment la chance de vivre en plus pas très loin de l'eau et de pouvoir la voir tous les jours. Parce que je sais que moi c'est quelque chose qui m'apporte beaucoup dans mon quotidien.
- Speaker #0
Et si tu devais décrire un peu cette sensation à quelqu'un qui n'a jamais nagé ou qui a peur de l'eau, ou c'est pas son environnement principal ?
- Speaker #2
C'est vrai que c'est très dur parce que je réalise que moi j'ai cette chance incroyable de ne pas avoir peur dans l'eau. Et je ne sais pas vraiment comment elle est venue de ne pas avoir peur, peut-être parce que j'ai été tellement habituée à l'eau depuis toute petite. Mais je sais que moi quand je saute dans l'eau, j'ai l'impression que l'eau me fait un grand câlin. Et qu'elle touche tous les aspects de mon corps, qu'elle me fait un grand câlin. Et je me sens vraiment à l'aise et vraiment rassurée. Et donc ça m'apporte beaucoup. Mais c'est vrai que pour tous ceux qui ont peur, moi la première chose que j'ai envie de leur dire, c'est qu'avant tout il faut juste travailler ce côté de confiance dans l'eau. Il ne faut pas essayer d'aller trop loin, pas essayer d'aller dans des zones trop compliquées, et juste voilà, déjà mettre les pieds dans l'eau, sur une plage, sentir un peu déjà cette première connexion avec l'eau, ça peut déjà apporter beaucoup et apporter un peu d'apaisement.
- Speaker #0
Si on fait un peu le parallèle, alors on va revenir aussi sur vos exploits, sur ce que vous avez fait, sur votre parcours, parce que voilà, tu as parlé déjà aussi de la Guadeloupe, etc. Et ça, on va en reparler un petit peu après. Si je fais un parallèle un peu avec ce qu'on peut vivre en fait, en règle générale, dans la vie de tous les jours, est-ce que tu dirais que des fois, l'eau, ça peut être ton allié, ton ami, et des fois, c'est un peu ton adversaire ?
- Speaker #2
Moi, je trouve que l'eau déjà et la natation, c'est un vrai sport santé. Je trouve que c'est notre allié, moi en tout cas ça a été mon allié dans la vie pour garder la forme et garder un équilibre avec mon corps. J'ai beaucoup nagé, j'ai fait plein d'autres sports aussi et j'ai réalisé que quand j'arrête de nager c'est là où je me blesse. Et donc de continuer à nager ça me permet de garder un peu cet équilibre, de soulager mon dos quand j'ai mal au dos, de soulager un peu des petites douleurs. Donc je trouve que l'eau vraiment elle peut être notre allié pour se sentir bien dans notre corps, Merci. et pour aussi soulager quelques douleurs de dos ou autres. Moi j'ai des exemples de nageurs qui sont peut-être plus âgés qu'en 60 ans, qui avaient très mal au dos, qui ont commencé à nager, et où vraiment la natation a remédié leurs problèmes de dos. Après c'est sûr qu'elle peut être aussi notre adversaire, et moi c'est ce que j'adore, c'est aller nager dans des grosses vagues, dans des grosses conditions, et aller vraiment chercher des sensations un peu de... Difficile en fait des sensations qui vont un peu tester mes limites avec l'eau on va dire et ça bien sûr c'est quelque chose qu'il faut faire quand on a de l'expérience, quand on connaît bien l'endroit, bien sûr il faut toujours faire attention parce que ça peut être dangereux de nager dans l'océan quand il y a des courants, quand il y a des vagues. Mais moi en tout cas je me suis retrouvée l'été dernier quand il y avait, je ne sais pas si tu te souviens, mais il y avait une grosse tempête qui est arrivée sur la côte atlantique donc il y avait des grosses vagues, beaucoup de plages étaient fermées ou en tout cas personne n'allait nager. Moi c'est un endroit à Royan qu'on connaît bien. Avec Mathieu on y nage tous les étés et on connaît en plus les mètres nageurs. On leur a dit, nous il faut qu'on s'entraîne dans des grosses vagues, est-ce qu'on peut aller nager ? Ils nous ont dit bien sûr, on vous surveille, allez-y, on vous fait confiance, ils nous connaissent, qu'on sait bien nager. Et là je me suis retrouvée dans des énormes vagues de 2-3 mètres à nager. Et ça j'adore, je connais mes limites, je connais les dangers, je fais attention bien sûr. Mais ça vient, je me bats un peu contre l'élément de l'eau.
- Speaker #0
C'est l'adversité, c'est excellent, c'est génial en plus. C'est le moment où tu te sens tout petit, je pense.
- Speaker #2
Complètement. On se sent tout petit, on se sent impuissant et aussi c'est des moments où l'eau nous rappelle que ce n'est pas chez nous. Je trouve que ça nous amène une certaine humilité de se retrouver dans des situations comme ça parce qu'en fait, d'un moment à l'autre, tout peut vraiment devenir un peu une catastrophe. On n'est pas chez nous. On n'est pas vraiment censé être comme ça au milieu de l'eau, on n'est pas vraiment fait pour, on n'est pas un poisson, on n'est pas une baleine, un dauphin. Et donc c'est des vrais moments où on teste un peu nos limites.
- Speaker #0
Et bien écoute, tu en as un petit peu parlé effectivement, avec Mathieu, ton compagnon. Vous avez traversé l'Atlantique, ou du moins tenté, vous avez fait le tour de la Guadeloupe. Je pense que tu m'expliqueras un peu mieux tout ça. Et d'ailleurs, avant tout ça, qui es-tu ?
- Speaker #2
C'est une bonne question. Alors moi, la natation, c'est toujours été une passion. Je suis une nageuse de passion et je suis surtout une nageuse d'eau libre. Donc je nage dans les lacs, dans l'océan, dans la mer. Mais à côté de ça, je suis ingénieure de formation. Donc j'ai fait des études d'ingénieur et je travaille sur tous les sujets environnement et RSE. Donc tout ce qui est la responsabilité sociale. des entreprises, et ça c'était mon métier à côté. Et en fait depuis 6 ans, donc depuis 2020, avec Mathieu, mon mari, on a créé une association qui s'appelle Swim for Change, donc nager pour le changement, et notre but ça a été d'utiliser la natation et d'utiliser surtout les aventures à la nage pour parler d'écologie, et sensibiliser sur l'environnement et surtout autour de l'eau et de l'océan.
- Speaker #0
Et du coup, quels sont vos exploits, vos challenges récemment, et ça vous a mené où ?
- Speaker #2
Alors en 2025, on a même commencé en 2024 à préparer ce projet, on avait envie de tenter la traversée de l'Atlantique à la nage, donc de nager du Cap Vert jusqu'à la Guadeloupe qui fait à peu près 3800 km, estimer à peu près 3 mois de nage pour mettre la protection de l'océan dans les écoles. Donc avec cette aventure, on avait plus de 4000 enseignants inscrits pour nous suivre avec leur classe, avec 100 000 enfants qui suivaient chaque semaine notre aventure. et qui apprenaient plein de choses autour de l'océan, sur tous les enjeux autour de l'océan. Donc ils ont pu apprendre sur la problématique de la pollution, du transport maritime, la biodiversité, vraiment plein de choses de la surpêche, tout en suivant l'aventure. Donc il y avait quelque chose qui était émotionnel, inspirationnel, pour vraiment amener ce côté positif aussi à la thématique, mais bien sûr apprendre aussi sur tous les enjeux qui sont très concrets et très réels en ce moment.
- Speaker #0
Je pense qu'on ne se lance pas dans une aventure comme ça si on n'a pas eu un déclic. Et ça m'intéresse particulièrement le déclic. À quel moment vous vous êtes dit il faut faire quelque chose de grand, parler encore plus des océans ? Et ça m'intéresse particulièrement parce que ce podcast quand même, il a vocation à aider des jeunes. Et je sais que c'est souvent pas évident quand on est jeune de se dire bah oui, moi j'ai pas forcément de déclic. Est-ce qu'il y a un moment où tu t'es dit il faut vraiment qu'on fasse quelque chose de cette natation pour faire évoluer les choses ?
- Speaker #2
Non, moi il n'y a pas eu un grand moment déclic. Je trouve qu'on aime bien en parler, on aime bien médiatiser un petit peu ce côté grand moment déclic, mais en fait pour beaucoup de nous, c'est quelque chose qui vient très progressivement. Petit à petit, moi ça a commencé quand j'ai fait mes études, les études d'ingénieur où j'ai compris que mon métier pouvait aller un peu dans deux sens, où je pouvais travailler sur des avions, des grosses machines, où je pouvais peut-être essayer de réfléchir différemment à mon métier, travailler l'éco-conception et autres. Donc il y a vraiment eu des petits épisodes comme ça dans ma vie. Au fur et à mesure, qui m'ont fait prendre conscience des problématiques environnementales, des problématiques autour de l'océan. En fait, on a fait plein de petites aventures au début. Notre toute première aventure, c'était la traversée du détroit de Gibraltar à la nage. Donc de nager de l'Espagne jusqu'au Maroc, où on parlait un tout petit peu au début juste des problématiques des microplastiques dans la mer Méditerranée, qui est une des mers les plus polluées au monde. Et en fait, c'est avec cette expérience-là on a commencé à réaliser que voilà, potentiellement l'aventure était une bonne plateforme pour sensibiliser, que ça a grandi, ça a grandi, et qu'après on est décidé de se dire « Ok, est-ce qu'on peut faire un gros projet pour vraiment avoir une belle ambition d'aller sensibiliser un maximum d'enfants ? » Et on sait que c'est les meilleurs un peu à aller sensibiliser là-dessus, parce qu'il y a un chiffre qui dit qu'un enfant sensibilisé touche 7 adultes. Donc c'est vraiment comme ça qu'on peut démultiplier l'impact et les connaissances et les enjeux et autres. mais... C'est vraiment moi, ça a été très progressif et ça vient par des opportunités, des petites discussions, des petits moments de « ah tiens peut-être un call d'abord avec quelqu'un qui avait fait la traversée à la rame pour un peu nous démystifier, est-ce que c'est possible de traverser l'Atlantique à la nage ? » C'est vraiment des petites choses comme ça qui font qu'on en arrive là et ce n'est pas un gros moment, un gros truc qui doit se passer dans notre vie pour réussir quelque chose comme ça.
- Speaker #0
Je suis assez d'accord avec cette vision, effectivement, on n'a jamais un vrai déclic. Mais j'aime bien cette question parce que c'est vrai que ça montre qu'en fait, il n'y a rien d'immuable. C'est toujours en évolution et tout se passe dans le mouvement. En fait, je fais quelque chose, j'agis et il se passe forcément quelque chose derrière. Concrètement, dans les établissements scolaires, comment vous les accompagnez ces jeunes ? Est-ce que vous avez mis en place des kits ? Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #2
Oui, complètement. Donc nous, on a travaillé avec une autre association qui s'appelle la Water Family, qui eux sont vraiment experts en contenu pédagogique. Pour créer ensemble un kit pédagogique Mission Océan à l'école, l'idée c'était d'abord destiné aux écoles, mais après aussi bien sûr aux familles ou autres qui voulaient suivre. Les enseignants s'inscrivaient et chaque mercredi, ils recevaient des infos sur où on en était, une petite vidéo avec la thématique de la semaine, avec un expert qu'on venait interviewer sur la petite thématique de la semaine, des photos, un petit texte et surtout toute une leçon clé en main à faire avec les élèves. Cette leçon avait les explications sur la thématique. Si c'était par exemple sur la surpêche, il y avait toutes les explications sur la thématique. Après, il y avait toujours un challenge à la fin. Par exemple, sur la surpêche, il fallait imaginer une recette sans poisson pour commencer à faire réfléchir aux élèves. Le soir de temps en temps ils peuvent faire des recettes sans poisson et essayer de manger un petit peu moins de poisson. Il y a plein d'alternatives. Ça se passait tous les mercredis, ils ont suivi ça tout au long de l'année. Et c'était vraiment un projet qui avait pour vocation de les embarquer dans une aventure. Donc en fait les élèves au tout début, ils ont créé leur propre équipage dans leur classe. Donc ils se sont mis à six, nous on était six sur le bateau. Donc ils ont vraiment fait exactement pareil que nous sur le bateau. Il y avait quelqu'un dans leur équipage qui était nageur, nageuse, l'infirmière, le capitaine. Merci. Et après, chaque semaine, ils travaillaient ensemble pour vivre cette aventure. Et ils étaient vraiment les propres héros de leur aventure, pour vraiment leur donner tous les clés, les outils, de trouver des solutions, de les mettre en place, de ne pas sentir que c'est quelque chose qui va nous tomber dessus. Mais vraiment, ils sont acteurs et ambassadeurs de l'océan.
- Speaker #0
Admettons en fait que moi, je sois moins sensibilisé. Et je pense qu'il y a plein de choses que je ne sais pas forcément sur l'océan. Je pense que tu as dû en apprendre aussi beaucoup. Je pense qu'il y avait des choses que tu as voulu apporter parce que tu as vu certaines choses, tu as compris aussi certaines choses. Mais aujourd'hui, si tu devais dire des choses qui sont assez banales mais qu'on n'en parle pas forcément sur les océans, sur la mer, toi c'est quoi qui te viendrait deux ou trois choses à nous apprendre justement sur la mer et sur des problématiques qu'on ne voit pas forcément ?
- Speaker #2
On parle beaucoup des pollutions plastiques et elle est quelque part visible. Mais il y a une autre pollution, on ne parle pas beaucoup, et nous c'est vraiment quelque chose qu'on voulait dire aux enfants, c'est tout ce qui est la pollution chimique et toxique. Et donc par exemple, c'est tout bête, mais nos dentifrices, nos produits ménagers, nos produits pour se laver, ils finissent tous dans notre système d'eau et donc dans l'océan. Et les élèves, il y avait un challenge où il fallait qu'ils fabriquent leurs propres produits. Donc il y en a qui ont fabriqué leurs propres dentifrices, leurs propres savons ou autres. Donc ça c'est déjà vraiment prendre conscience que tous les produits qu'on utilise chez nous, tous ces substances chimiques, Ils finissent dans notre système d'eau, ils peuvent finir dans les rivières, dans l'océan. Et donc d'essayer d'avoir un maximum de produits naturels, vraiment c'est un énorme impact. Et après moi il y a des choses que même les enfants m'ont appris. J'étais dans une classe il y a quelques semaines et j'avais un expert sur les requins dans la classe. Il connaissait tout sur tout et il m'a expliqué que les requins, ils ont des milliers de dents en fait dans leur vie. Nous on perd notre dent une fois quand on est jeune et après ça repousse. Mais eux en fait ils en perdent tout le temps. Et il y en a plein, ça repousse, ça repousse, et voilà, je ne savais pas là-dessus. Donc j'ai aussi appris des choses des enfants, et ça je trouve ça incroyable.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est génial, et tu sais, je vais te raconter un truc, il n'y a pas longtemps, j'aime bien sur en fait l'expérimentation, et j'aime bien expérimenter les choses, et je me suis rendu compte, je ne savais pas combien une machine à laver utilisait d'eau. Et je m'en suis rendu compte, enfin réellement rendu compte... Quand j'ai eu un problème de bouchon dans ma salle de bain, j'ai dû sortir le tuyau de la machine à laver, le tuyau d'évacuation, et je l'ai mis dans un bidon. Et en fait, je me suis rendu compte, c'est un bidon de 20 litres, et je me suis rendu compte à quel point ça se remplissait très très vite. Et donc je peux dire, on est à plus de 50 litres quand on fait une machine à laver. Et c'est vrai qu'en fait, j'ai quand même l'impression qu'on ne se rend compte que quand on expérimente certaines choses. Comment vous arrivez à faire... expérimenter justement aux jeunes, faire ressentir les choses ?
- Speaker #2
En fait, nous, on a eu la chance d'expérimenter beaucoup de choses sur le bateau. Quand on se retrouve sur un bateau, et nous, notre traversée, elle a duré, on avait préparé pour trois mois, qu'en fait, comme on est sur un bateau qu'on n'a pas accès à l'eau à l'infini, on n'a pas accès à l'électricité à l'infini, on est obligé de faire hyper attention parce que tout tombe directement dans l'océan, on était obligé d'expérimenter. Et ces expérimentations, on les a partagées aux élèves et on leur a expliqué que... C'est pareil chez eux, donc ils doivent aussi faire ces expérimentations chez eux. Par exemple, nous sur le bateau, on avait une vraie problématique de l'eau. On n'avait pas beaucoup d'eau par jour, on avait un désalinisateur qui nous produisait de l'eau à partir de l'eau de la mer. Mais quand même, ça consommait beaucoup d'électricité, on n'avait que des panneaux solaires, donc il fallait quand même limiter l'eau. Donc on essayait de prendre des douches avec moins de 2 litres d'eau. Et donc on a donné... Un challenge à tous les élèves, et donc c'est là où les parents nous ont détestés, de rentrer le soir et de prendre une douche avec moins de 2 litres d'eau. C'était le challenge. Alors là, il y avait tout le monde qui a essayé, ou en mettant un peu de l'eau dans un seau, il n'y utilisait que 2 litres. Enfin vraiment, chacun avait ses astuces. Les parents nous ont détestés, mais c'était génial, et ça leur a permis de réaliser à quel point, même juste quand on prend une douche, on consomme beaucoup d'eau. En faisant des petits efforts, on peut déjà essayer de réduire cette consommation.
- Speaker #0
On découvre en même temps les bords du lac d'Annecy et on est au bord de ces petits roseaux. C'est très joli. Il fait aussi très chaud. De temps en temps, et quand ça m'arrive, je suis sur un petit nuage, c'est quand tu te dis, c'est exactement pour ça que je fais ça.
- Speaker #2
Alors moi, ça, c'était quand je suis allée dans la première école après l'aventure. Vraiment, on est arrivés en Guadeloupe. Donc en plus en arrivant en Guadeloupe, tu l'as dit un peu au début, mais en fait on a tenté. On a traversé l'Atlantique à la nage parce que malheureusement, au bout de 12 jours, on a dû abandonner la natation. On avait une casse, une panne sur le bateau, on a cassé la barre. Donc on a dû mettre les voiles et aller au plus vite en Guadeloupe pour se réfugier. Donc on est arrivé en Guadeloupe en plus dans un état assez triste, assez vraiment dévasté en fait avec Mathieu. C'était notre rêve depuis deux ans, on s'entraînait pour ça. Et là tout s'est arrêté. Mais on arrive en Guadeloupe un peu avant Noël, il reste encore une semaine d'école. Et donc je commence à contacter les écoles en Guadeloupe qui ont suivi l'aventure en leur disant « Est-ce qu'on peut venir rencontrer les élèves ? Ça nous ferait plaisir. » Voilà, on ne savait pas encore qu'on allait pouvoir rebondir sur le tour de la Guadeloupe à la nage. Et là, on va dans notre première classe. Incroyable ! On va avec tout l'équipage. On est accueillis par les élèves. Ils ont tous le smile, ils nous font des danses, des chansons. Ils nous ont posé mille questions. Ils nous ont montré tous les travaux qu'ils avaient fait dans l'année. Ils avaient travaillé sur tout. tous les sujets. Ils étaient tellement fiers aussi d'avoir réussi, d'avoir travaillé, d'avoir appris plein de choses. Et en fait, cette énergie qu'on a eue, je pense qu'on est restés trois heures dans l'école. Vraiment, on est restés toute la matinée. Toute cette énergie qu'on a eue, là, on est ressortis avec tout l'équipage. On s'est regardés et on s'est dit, mais en fait, c'est pour ça qu'on a fait ce projet. Et on savait qu'il y avait un vrai engouement dans les écoles, que ça se passait super bien, qu'on avait un super retour des enseignants. Mais on recevait des messages, on recevait des photos, on recevait... Voilà, il y a quand même une certaine distance, malheureusement, et là, de le voir en vrai, et de voir l'énergie. Moi, à un moment, je pense qu'il y a une photo de moi, où il y a dix filles qui sont en train de me faire un grand câlin. Enfin, vraiment, à un moment, on a joué un jeu, ils voulaient tous être dans nos équipes. Enfin, vraiment, il y avait une amour, il y avait une joie, il y avait un partage qui était incroyable. Et c'est à ce moment-là où je me suis dit, mais c'est pour ça qu'on fait ce projet. Et après ça, on a vu plein d'autres classes, on avait une centaine de... d'autres classes et à chaque fois c'est pareil et donc c'est vraiment des moments précieux parce que de les voir en vrai, on réalise que notre mission c'était de mettre l'océan dans les écoles et là on l'a vraiment réussi avec en plus une joie qui est assez incroyable parce que c'est chouette de pouvoir parler d'écologie et de le vivre en tant que joie et c'est pas grave et on va faire des choses et ça va changer et pas de le voir en mode négatif
- Speaker #0
Je crois que c'est bien parce qu'en fait on passe directement à la troisième partie du podcast et celle qui m'intéresse finalement et qui intéresse aussi beaucoup nos jeunes auditeurs et je crois que je vais mettre les deux pieds dans le plat mais l'échec, comment tu l'as vécu ? Parce que je me souviens d'une photo qui a beaucoup tourné où on vous voit tous les deux extrêmement tristes Et bien moi ça c'est quelque chose qui m'intéresse parce que surtout au niveau de notre santé mentale j'allais dire, savoir rebondir sur un échec. J'aimerais bien savoir comment ça s'est passé vous dans votre tête, le processus, tout ce qui s'est passé.
- Speaker #2
C'était vraiment très très dur et on l'a vécu très différemment avec Mathieu. Moi je pense que je l'ai vécu d'une manière un peu plus dure que lui. Moi en fait en 2024 j'ai vécu un burn out. Donc déjà j'étais dans une situation où j'avais déjà vécu un gros échec professionnel. Et j'avais... Dans ce projet, un peu une envie de réussir, de reprendre confiance en moi, de me redire que j'étais capable de réussir et d'aller au bout d'un projet. Et donc le moment où le capitaine nous annonce que c'est la fin, que pour le niveau de sécurité il ne peut absolument pas nous laisser nager, moi au début j'étais en forme de déni, j'étais en mode « bah non, c'est pas possible, je me sens encore en forme, je me sens bien » . J'avais quelques courbatures qui commençaient à avoir sur les épaules, mais parce que ça faisait deux semaines que je nageais cinq heures par jour. Mais je me sentais trop bien, j'avais la forme, mentalement ça allait bien. Donc c'est aussi très dur quand c'est quelque chose d'extérieur qui nous empêche de continuer, surtout dans la performance sportive. Et surtout, je n'étais pas prête à avouer un deuxième échec. J'avais vraiment du mal avec ça. Donc je voulais vraiment qu'on teste un peu toutes les options possibles. On a passé une journée, je me suis dit, est-ce que ce n'est pas possible de nager derrière le bateau, de faire ça, de faire ci ? En fait, tout a été un échec, il fallait vraiment abandonner la nage. Je pense que j'ai été très triste et ça a été très dur pour moi sur les deux prochaines semaines. Et vraiment parce que j'avais visualisé cette arrivée, j'avais visualisé cette réussite, j'avais besoin de me dire que je vais pouvoir réussir quelque chose. C'était tellement gros, il y avait tellement de gens qui suivaient, qui nous avaient dit aussi que ça allait être dur, que j'avais aussi un peu envie de réussir pour leur prouver que j'en étais capable, que même si c'est dur, je suis capable de... de faire des choses, même l'impossible. Donc ça, ça a été très dur pour moi.
- Speaker #0
Surtout que ce n'est pas vis-à-vis de toi. Là, ce n'est pas toi au niveau performance, c'est un problème matériel.
- Speaker #2
C'est un problème matériel, mais c'est un problème du projet. Donc de toute façon, en charge du projet, je sens la responsabilité de ce qu'on aurait pu trouver. J'ai trouvé une solution pour ne pas avoir ce problème matériel. Et après, ce que j'ai réalisé jour après jour, c'est que rien dans ma vie ne changeait. J'avais mes parents au téléphone, ils m'aimaient encore. Mes amis m'envoyaient des messages, mes sœurs m'adorent. On recevait plein de messages des enfants qui nous disaient qu'on était des oufs, que c'était incroyable et qu'il ne fallait pas abandonner. J'ai réalisé que concrètement dans ma vie, rien n'a changé. En tout cas, tout ce qui est important n'a pas changé. Je me souvenais de quelque chose, je pense que c'est Léon Marchand qui avait dit ça pendant les JO à Paris. Il avait dit que je gagne ou que je perde, ça ne change rien concrètement dans ma vie. Après pour lui, honnêtement, ça change peut-être des choses quand même d'avoir des médailles d'or. Mais on va dire, revenir à notre niveau, qu'on gagne ou qu'on perd, qu'on réussisse ou qu'on ne réussisse pas. En vrai, notre famille va toujours nous aimer, nos potes vont toujours nous aimer. On a encore le même quotidien. Mon mari allait quand même m'aimer même si on n'allait pas réussir ce projet ensemble. En fait, ça ne change rien. Et c'est là où je me suis dit, en fait c'est pas le plus important dans la vie de réussir ça, le plus important c'est les relations, c'est ce qui m'apporte de la joie, c'est ce qui me fait me sentir bien. Ces réalisations elles ont commencé à venir jour après jour, et après ça a pris du temps, et là dans les dernières semaines, à clôturer le projet, à réaliser tous les enfants qu'on a réussi à toucher, à réaliser la réussite du projet, par plutôt le côté impact que le côté performance sportif. Moi j'ai réalisé qu'en fait c'est ça que je voulais, c'est pas l'Atlantique que je voulais réussir, c'est vraiment mettre l'océan dans les écoles et ça, ça a été bien au-delà de ce qu'on pensait réussir. Donc je réussis aujourd'hui à me dire, l'échec je le vis bien parce qu'en fait c'était pas ça qui était le plus important, de réussir cette traversée et aujourd'hui je suis très contente et je suis encore très épanouie dans ma vie parce que j'ai plein d'autres choses qui m'apportent beaucoup de bonheur.
- Speaker #0
C'est marrant la notion d'échec pour moi elle est hyper importante parce que sinon on ne ferait pas les choses en fait. Et souvent on le voit aussi avec ceux qui réussissent très très vite. On les récupère des fois difficilement parce que justement ils réussissent très vite. Du coup la notion d'échec ils ont un peu du mal. En voyant aussi les jeunes à l'école et tout, je me dis ce serait quand même, on a en France aussi en particulier, une difficulté d'apporter la notion d'échec mais d'une version positive en fait dans les écoles. Et je pense que c'est une notion qui est en fait hyper importante qu'on devrait tous apprendre.
- Speaker #2
C'est super important et nous les profs nous ont vraiment remercié d'avoir échoué parce qu'ils ont dit en fait ça a été incroyable, on a pu faire toute une séance sur l'échec. Nous le soir où on a annoncé qu'on devait arrêter la nage, il y a des parents qui nous ont dit mon enfant est rentré en larmes ce soir-là. Et bien sûr ok c'est triste qu'ils l'ont pris aussi personnellement mais c'est aussi chouette de leur montrer qu'on peut rebondir, que c'est ok de ressentir des émotions. En fait ça a permis aux enseignants et aux parents de travailler sur cette thématique de l'échec. et de l'accueillir et de l'expliquer. Et je réalise que moi aussi, en fait, dans la vie, je ne serai pas la personne que je suis aujourd'hui sur les plus gros échecs que j'ai vécu dans ma vie. Donc aujourd'hui, j'arrive à remercier les échecs. Je pense que sur l'Atlantique, c'est encore un peu trop frais pour vraiment dire, OK, qu'est-ce que j'en ai vraiment tiré ? Je pense qu'il me faut encore quelques mois d'acceptation. Mais je sais que dans un an, dans deux ans, je regarderai sur cette situation et je me dis, mais en fait, je remercie cet échec parce qu'il m'a apporté ça, Et aujourd'hui, je suis la personne que je suis. Grâce à cet échec.
- Speaker #0
C'est vraiment un très bon point ce que tu dis là et il faut du temps. Il faut du temps et du recul pour voir les choses parce qu'il y a peut-être dans 2, 3 mois, dans un an, tu te diras « Ah mais j'ai fait ça mais grâce à ça » . Et donc c'est vrai que tu as raison, il faut du temps, il faut beaucoup de temps. Et d'ailleurs, du coup, vous avez lancé après le tour de Guadeloupe, du coup. Alors, comment ça s'est passé ?
- Speaker #2
Bah oui, après on arrivait en Guadeloupe, on avait reçu des centaines de messages d'enfants qui nous disaient « mais faut pas arrêter, ça arrive des fois dans la vie, on veut continuer à vous suivre » . Et on avait ce kit pédagogique, il n'était pas encore fini, et donc on ne voulait surtout pas que les écoles abandonnent parce que l'aventure avait terminé. Donc on voulait réimaginer une aventure qui durait encore un mois. Et en arrivant en Guadeloupe, on s'est dit mais... Quelle chance incroyable d'être ici, on devrait faire le tour de la Guadeloupe à la nage. Et ça a été aussi une autre aventure parce que beaucoup plus proche de terre, et donc en fait on dormait tous les soirs sur la plage, on dormait chez l'habitant. Donc c'est une aventure, on a fait beaucoup de rencontres. On dormait beaucoup beaucoup chez l'habitant, on a beaucoup de gens qui sont venus nager avec nous de temps en temps, ou qui sont venus nous accompagner avec des bateaux ou autre. Et moi j'ai vraiment adoré cette aventure pour les échanges humains qu'on a réussi à faire. Et j'ai réalisé que c'est aussi ça que j'aimais beaucoup dans l'aventure, c'était les rencontres, le partage, de ne pas vivre une aventure un peu toute seule de mon côté ou juste avec Mathieu, mais de pouvoir vraiment la partager avec des locaux, avec des gens qui connaissent super bien ces endroits, qui peuvent nous expliquer aussi des choses sur ces endroits. Donc c'est vraiment été une aventure qu'on a beaucoup appréciée parce qu'elle était totalement différente.
- Speaker #0
Tu dirais plus humaine ?
- Speaker #2
Plus humaine.
- Speaker #0
Est-ce que tu te considères comme, j'allais dire, militante ?
- Speaker #2
C'est une bonne... C'est une bonne question, je ne sais pas trop comment répondre. Je pense que chacun a un peu sa définition de militant, militante. Et si certains me considèrent militante, je suis très ok avec ça. En fait, ce que j'adore, surtout sur le sujet écologique, c'est qu'il y a plein de gens qui vont sur ce sujet de plein de manières différentes. Il y a vraiment les écologistes militants qui vont faire des manifestations, qui vont vraiment faire des gros coups, qui vont faire la lune des journaux ou autre. Et ça, je trouve que c'est trop important pour vraiment montrer... quand il y a des gros trucs qui sont en train d'être signés ou autres qui sont vraiment pas acceptables et il faut vraiment mobiliser la population là-dessus. Il y en a qui sont plus en train de le faire en mode presque en sous-marin, en train de travailler dans leur boîte, en train d'essayer de changer les choses de l'intérieur. Il y en a qui le font à travers des associations, à travers des projets à impact. Moi ce que j'aime bien c'est qu'il y a plein de manières différentes d'aborder le sujet. Nous on le fait à notre manière avec Mathieu, avec notre association. De le faire d'une manière où on fait beaucoup de sensibilisation, beaucoup auprès des jeunes parce que c'est un public qu'on aime bien et qu'on sait bien communiquer avec eux. Mais après je trouve que chaque manière de le faire est très importante et apporte quelque chose à le mouvement collectif. Donc oui, je me considère un peu militante parce que je sais que j'ai des fortes convictions, on n'accepte pas certains partenaires s'ils ne sont pas alignés avec nos valeurs, qu'on n'accepte pas des choses qui dépassent les bornes. Nous on essaye toujours de le faire d'une manière où on rentre bien dans un système établi. Tu vois, on rentre dans le système de l'école, on accepte qu'il faut rentrer avec les enseignants, avec l'école, l'éducation actuelle. On n'essaye pas de tout changer le système d'éducation parce que c'est très dur. Mais on essaye de rentrer dans un système qui est déjà établi, avec déjà des petites notions de changement, des petites notions de sensibilisation pour essayer de faire évoluer les choses sur le long terme.
- Speaker #0
Oui, une vraie co-construction c'est important. pas tout, on co-construit.
- Speaker #2
Exactement, et on co-construit avec l'existant aussi parce que, en tout cas, moi, personnellement, je trouve ça vraiment dur d'essayer de tout changer, de tout radicaliser, même si on sait que sur certaines choses, il y a vraiment besoin de peut-être tout revoir à nouveau. Mais nous, vraiment, on essaye de co-construire avec l'existant. Nous, on a réussi à toucher autant d'enfants grâce aux enseignants, en fait. Grâce à eux. Si on arrive à toucher 100 000 enfants, c'est grâce aux enseignants qui ont pris le temps, qui le font chaque semaine dans leur classe. C'est pas nous. qui allons sensibiliser les élèves. C'est vraiment eux. Et donc, on rentre dans ce système qui est établi. Et ça nous permet de vraiment toucher un maximum d'élèves.
- Speaker #0
Et je pense qu'en plus, les résultats, on a du mal à les voir tout de suite, tout de suite, les résultats du changement, finalement.
- Speaker #2
Oui, on a du mal. Et surtout quand on travaille avec des enfants, parce qu'en fait, c'est presque plus qu'eux y feront en tant qu'adultes, qui va vraiment peut-être changer les choses. Et c'est aussi juste sur la notion de la sensibilisation. En fait, on a du mal à vraiment voir. Les effets de la sensibilisation, c'est quelque chose de très compliqué à quantifier, à vraiment comprendre l'impact derrière, mais pour moi c'est vraiment la base de notre société. Si on veut tout changer, si on veut vraiment avoir un gros impact sur l'écologie, on peut essayer de proposer de nouvelles solutions, on peut essayer d'interdire certaines choses, on peut essayer de faire passer des lois, mais en fait, dès le début, il faut qu'on ait une population qui soit sensibilisée, qui soit consciente, qui soit émerveillée par la nature. Moi finalement ce que... Ce que je me dis quand j'ai réussi avec un élève, c'est que si j'ai réussi à lui transmettre ma passion et mon émerveillement pour l'océan. Parce que derrière, si eux, ils sont amoureux de l'océan, ils vont vouloir la protéger. C'est vraiment la base pour moi de tout après. Donc déjà juste ça, pour moi c'est une victoire. Et c'est vraiment déjà la base que j'essaye de travailler avec eux.
- Speaker #0
C'est très intéressant parce que, donc tu disais tout à l'heure, effectivement, tu as vécu un burn-out. Et quand on est engagé au niveau associatif, c'est surtout sur des sujets comme les tiens, ça peut parfois, je pense, être compliqué tous les jours. Mais est-ce que tu dirais qu'aujourd'hui, tu risques toujours de faire ce qu'on appelle un burn-out militant parce que ça demande encore plus d'engagement peut-être des fois ou est-ce qu'aujourd'hui, tu as trouvé un certain équilibre ? Et j'allais te dire si c'est le cas, c'est quoi la recette ?
- Speaker #2
Oh là là, alors la recette, elle est... Elle n'est pas simple. Moi, je trouve que j'ai retrouvé un assez bon équilibre aujourd'hui sur ce sujet-là parce que j'ai une tolérance déjà envers moi-même. Moi, de base, je suis une perfectionniste et j'essaye de tout faire parfaitement. Par exemple, à un moment, je voulais être zéro déchet et je ne me laissais même pas l'opportunité d'avoir un petit truc de temps en temps en déchet. Je voulais vraiment être une parfaite zéro déchet. C'est très dur, ça demande beaucoup de contraintes et aujourd'hui, on est revenu à une phase où on essaie de limiter un maximum de notre déchet. On a de temps en temps des petits déchets aussi prisables qu'on a et c'est ok et je l'accepte. Donc en fait je trouve qu'il y a une certaine tolérance déjà que j'ai avec moi-même. J'accepte de ne pas être parfaite sur tout. Et c'est ok parce que déjà j'essaye de faire un maximum d'efforts. Même sur le projet avec Mathieu, on a essayé de faire plein de choses pour vraiment limiter notre impact. Pour moi, on a eu deux trucs qui n'étaient pas parfaits. La première, c'est qu'on a décidé d'avoir Starlink sur le bateau parce qu'on voulait communiquer avec les élèves toutes les semaines. Il fallait leur envoyer des news, des infos, les kickpédas de la semaine. Et en fait, il n'y avait que Starlink comme solution pour ça. Et on est trop content, on a réussi. à faire une visio sur le bateau avec 2500 élèves connectés en live. Donc ça nous apporte quand même quelque chose et on sait que ça a de la valeur. Et on a même aussi eu le retour par exemple qu'on a dû faire en avion de la Guadeloupe parce qu'on ne pouvait pas rentrer en bateau à cette époque-là et on voulait absolument rentrer rapidement pour aller voir les élèves dans les écoles.
- Speaker #0
C'est peut-être, j'allais dire, même plus important finalement que le Starling en lui-même que de voir tous ses enfants.
- Speaker #2
Et ça a été un choix et on s'est dit bah oui ce sera un avion mais à côté ce sera... 2500 élèves qui auront eu la chance de nous rencontrer en vrai. Voilà, on ne peut pas être parfait et moi aujourd'hui j'accepte un peu cette tolérance envers moi. Après je sais qu'il y a des moments, et là récemment, la semaine dernière avec la canicule, j'ai re-eu une grosse vague d'angoisse. Parce qu'il y a des choses qu'on ne contrôle pas et moi c'est ça que je trouve le plus dur, c'est quand il y a une grosse vague de choses qu'on ne contrôle pas où on se dit mais en fait... Même avec tous les petits efforts que je suis en train de faire dans les écoles sensibles sur l'océan, en fait là on est en train de vivre une canicule et je ne peux pas contrôler ça. Il y a tellement de gens qui sont en train de prendre des décisions, qui sont en train de vraiment nous mener droit dans le mur. Et donc ça c'est des moments où je revis des grosses vagues d'angoisse et j'essaye un petit peu de calmer ça, d'accepter ça et de me dire que je ne peux pas tout faire. Je peux essayer de faire un maximum, je peux essayer d'en parler autour de moi. Mais c'est aussi... c'est pas possible de sauver le monde à une personne toute seule. C'est très dur et c'est vraiment quelque chose que... c'est par itération et c'est par vague et c'est jamais parfait. Et j'essaye juste de travailler là-dessus et de travailler sur mes angoisses, de travailler sur cet aspect-là tout le temps pour essayer d'accepter le monde dans lequel on vit en fait.
- Speaker #0
C'est intéressant et on va creuser un peu le sujet juste... parce que je pense que tu es familière avec le terme d'éco-anxiété. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec la définition qui en est faite aujourd'hui où c'est une vraie angoisse, etc. Non, c'est plutôt une façon lucide de voir, pour moi en tout cas, de voir l'avenir. Mais parfois, et on le voit de plus en plus, surtout sur nos études récentes, que l'éco-anxiété gagne énormément, énormément les lycées, les lycéens. Effectivement, plus jeunes. Moi, aujourd'hui, je ne pourrais pas me prononcer parce que je suis plus sur les lycéens. mais effectivement je pense que les jeunes en ont... Vraiment conscience pour le coup. Comment on fait si on est inquiet vis-à-vis de l'avenir ? On a du mal à faire quelque chose, on est plutôt dans une phase un peu de tétanie, j'allais dire, on ne bouge pas et on ne sait pas comment faire. Qu'est-ce que tu leur dirais à ces jeunes qui ne savent pas trop quoi faire ?
- Speaker #2
Nous déjà c'était une problématique, on a vraiment beaucoup réfléchi à ça dans notre kit pédagogique parce qu'on savait qu'on allait parler toutes les semaines de tous les enjeux autour de l'océan et c'est pas gay et il y a beaucoup de choses qui sont vraiment en catastrophe. Donc nous, notre point clé, c'était de se dire qu'à la fin de chaque séance, chaque semaine, on travaille déjà sur les solutions. Et pas les solutions énormes qu'on devrait faire dans le monde, mais les solutions que déjà nous, on peut mettre en place dans notre quotidien. Et c'est quelque chose que vraiment, on a beaucoup, beaucoup, beaucoup travaillé avec les élèves. Moi, quand j'allais dans les écoles, à chaque fois que je repassais sur une thématique, à la fin, je leur demandais tous de me trouver 5 solutions. Ok, c'est quoi les 5 solutions sur la surpêche ? C'est quoi les 5 solutions sur le plastique ? le transport maritime, vraiment à chaque fois de toujours travailler ces solutions qu'on peut mettre en place dans son quotidien. Parce que déjà juste si on est un élève en CM1 ou si on est un élève au lycée, en fait on peut déjà faire plein de choses, déjà faire plein de choses dans notre quotidien. Donc moi c'est vraiment déjà un discours que je trouve important et après je trouve que c'est quelque chose où il faut en parler. Moi ça me fait beaucoup de bien d'en parler avec des amis, d'en parler autour de moi. De ne pas du tout laisser un peu ce sujet nous submerger à l'intérieur, qui va un peu exploser comme une cocotte minute, parce qu'on n'aura pas parlé de ça. Donc vraiment, je trouve qu'en famille, surtout quand on est jeune, d'en discuter avec nos parents, de pouvoir avoir, et donc aux parents, de créer ces espaces d'échange. Moi, je sais qu'il y a des parents qui, aujourd'hui, ont des enfants qui sont vraiment des militants écologistes, qui ont décidé d'être végétariens, de rien, d'acheter neuf, et c'est trop chouette. Et en tant que parent, je pense qu'il faut... Être là, c'est très dur, mais d'accompagner, d'en discuter, de vraiment ouvrir ce sujet de discussion, parce que derrière, c'est je pense beaucoup d'éco-anxiété. On ressent les enfants et il faut vraiment les accompagner là-dedans pour que ça puisse nourrir une envie d'agir et pas nourrir une envie d'être tétanisé et de rien faire. Et je pense qu'en discutant, en trouvant nos solutions, déjà essayer de mettre en place des petites choses, ça peut commencer à nourrir un peu ce côté d'agir et d'aller dans la bonne direction. Parce qu'après quand on agit, on sent puissant, on sent qu'on peut faire des choses, on sent qu'on peut changer le monde. Et on a l'impression de reprendre un peu le contrôle sur cette situation qui est gravissime.
- Speaker #0
Et c'est vrai qu'on rencontre aussi d'autres personnes. C'est ça qui est fabuleux, c'est qu'on se rend compte qu'on n'est pas tout seul finalement, dès qu'on se met un peu en mouvement. Et merci à moi-même parce qu'une très bonne transition avec la prochaine question. Notre podcast s'appelle En Mouvement et c'est pas pour rien. Et d'ailleurs, pourquoi c'est important pour toi de se mettre en mouvement ?
- Speaker #2
J'ai eu la chance de grandir dans une maison où mes parents nous... On était vraiment en avant le sport, on voulait toujours qu'on fasse du sport, on pouvait s'inscrire à tous les clubs qu'on voulait, il fallait vraiment faire beaucoup de sport, c'était très encouragé, on bougeait même pendant les vacances, on faisait beaucoup de rando, on allait à la plage, on avait beaucoup de la chance d'être en mouvement pendant notre jeunesse. Et ça, je pense que pour moi aujourd'hui, j'ai l'impression que ça fait complètement partie de ma vie, que quand je n'ai pas bougé, que j'ai passé trois jours derrière mon ordi, que je n'ai pas fait de sport, je ne me sens pas bien en fait, je sens que mon corps est là. Il a besoin de ça, il a besoin de bouger, il a besoin d'être en nature. Donc moi, c'est vraiment quelque chose que j'ai toujours eu et je réalise que c'est des vrais moments pour moi, un, de réflexion. Souvent, j'aime bien être en mouvement seule, j'aime bien le partager, mais j'aime bien aussi avoir des petits moments en mouvement seule. C'est des vrais moments de réflexion, je ne suis pas derrière mon téléphone, je ne suis pas en train de faire quelque chose, je suis juste en train de réfléchir. Parfois, ça m'amène des idées, parfois, juste ça vide mon cerveau. Voilà, il y a vraiment... Un moment de réflexion qui est assez important et après, quand je le fais avec des gens, c'est vraiment un moment de partage et de joie en fait. Je réalise que moi j'adore partager des moments avec des amis, avec la famille et c'est, je pense, les plus beaux moments de ma vie. J'ai été en mouvement avec d'autres, en train de vivre des choses absolument incroyables, dans des lieux incroyables ou dans des lieux complètement, pas la basique mais trop sympa parce qu'on était à plusieurs, parce qu'on s'amusait. Et ça, en fait, ça m'apporte juste de la joie et c'est des vrais, je pense, les plus beaux moments de ma vie en fait.
- Speaker #0
On a une petite tradition dans le podcast, c'est qu'on demande à notre... précédent invité de poser une question à notre invité suivant sans savoir qui c'est c'était très intéressant parce que il a posé une question où il disait c'est quoi être un bon parent je vais reformer un tout petit peu j'ai pas d'enfant je vais pas donner des leçons là dessus mais c'est intéressant de voir aussi ta vision si jamais tu veux des enfants ou ce que tu aimerais pour tes enfants si tu en avais mais même je vais aller même plus loin c'est plutôt quel apprentissage Merci. tu as eu de tes parents, de tes grands-parents que tu aimerais conserver pour la suite ?
- Speaker #2
Moi, je pense que mes parents, ils ont vraiment beaucoup cultivé cette notion de passion et cette notion d'envie, de projet. Moi, ma grand-mère, elle nous disait toujours tant qu'on a des projets, tout va bien dans la vie. Même si on ne les réalise pas, mais juste d'avoir des envies, d'avoir des projets, d'avoir des passions, c'est ça qui est le plus important. Et je réalise que mes parents, ils nous ont toujours... C'est pas grave, on avait une passion, ils étaient toujours à fond derrière. Ok, on y va, on le met en place, il n'y a pas de limites, rien n'est impossible. Et je trouve que cultiver ça, c'est vraiment aujourd'hui une chance parce que je réalise que c'est les moments où tu apprends sur toi, où tu grandis, où tu vis des choses extraordinaires, où tu partages des choses extraordinaires. Et quand je suis dans les écoles avec les élèves, ce que je réalise de notre projet, C'est qu'avant tous les apprentissages bien sûr qu'ils ont eu sur l'océan, c'est qu'en fait je pense qu'on a nourri ce côté passion, ce côté rêve. Et moi souvent quand je leur signe une autre, je leur dis rêver grand comme l'océan. C'est un peu ma phrase que je leur laisse. Et j'aimerais leur dire que voilà en fait, ils n'ont pas de limite, ils peuvent rêver, ils peuvent avoir des passions. Et quelle que soit leur passion, c'est hyper important et c'est ça qu'il faut cultiver.
- Speaker #0
C'est... alors là pour le coup tu parles... tu me parles droit à mon coeur parce que franchement pour nous, même avec Jérémy, je crois qu'il y a une chose qui est indispensable, c'est cette passion. C'est... bah moi déjà, pourquoi j'ai eu envie d'être infirmier ? C'est parce que j'ai une infirmière qui m'a parlé mais tellement avec... passion des instruments, de ce qu'on utilisait et j'ai trouvé ça incroyable alors que j'étais dans un cursus de sciences de l'ingénieur et du coup ça a tout remis en question, je me suis dit mais c'est génial et donc effectivement cette notion de passion, je crois que je la comprends vraiment très très bien et je suis alors là pour le coup totalement aligné Quelle question tu voudrais poser à notre prochain invité sans savoir qui c'est ?
- Speaker #2
Alors, je vais poser une question, je pense que tout le monde pourra répondre. C'est quoi le dernier grand fou rire que tu as vécu ?
- Speaker #0
Ah j'aime bien, j'aime bien. On ne l'a pas eu celle-là. J'aime beaucoup. Et bien, hâte d'avoir la réponse.
- Speaker #2
Moi aussi, hâte d'avoir la réponse et de connaître la blague ou le moment qui a fini en fou rire. Je trouve ça toujours chouette parce que je réalise qu'on a tous vécu forcément un fou rire. dans la vie et c'est jamais très loin aussi en plus dans le passé normalement.
- Speaker #0
Trop bien ! Est-ce que tu voudrais rajouter quelque chose, Chloé ?
- Speaker #2
Moi, la dernière chose que j'aimerais rajouter, c'est surtout un grand remerciement. J'arrive aujourd'hui un peu à la fin de notre projet avec Mathieu. On est en train de faire notre bilan d'impact, on est en train un peu de revoir tout ce qui s'est passé cette année, tout ce qu'on a réussi à faire et je suis dans un grand moment de gratitude envers les personnes qui nous ont aidées. les enseignants qui nous ont suivis, les élèves, les partenaires. Et je réalise qu'un projet comme ça, forcément, on parle souvent de Mathieu, de moi qui avons fait ce projet, mais je réalise qu'en fait, et on le dit toujours, il y a plein de gens derrière, il y a l'équipage, il y a toute l'équipe qui a travaillé sur le kit Péda. Donc je suis dans un grand moment de gratitude et je trouve que c'est chouette de réaliser qu'en fait, quels que soient les projets qu'on mène dans notre vie, il y a plein de gens derrière et de prendre des vrais moments pour les remercier. pour tout le travail et tout le soutien qu'ils nous ont apporté cette année.
- Speaker #0
Je vais te souhaiter en tout cas de continuer avec plein de réussite comme vous l'avez tant fait.
- Speaker #2
Avec des échecs aussi parce qu'on en apprend.
- Speaker #0
Il faut toujours aussi, ça fait partie. Mais en tout cas, plein de bonnes choses pour la suite. Merci d'avoir été avec nous. Et tout de suite, on va passer au petit challenge. On va faire un peu de sport, justement, on va se mettre en mouvement avec le jeu 120 ppm. C'est parti ! Salut à tous, on est parti pour le jeu 120 BPM avec Chloé Léger. Alors Chloé, tu es plutôt mer ou montagne ?
- Speaker #2
Je ne peux pas choisir, je suis plutôt montagne.
- Speaker #0
Tu es plutôt éduquée ou militée ?
- Speaker #2
Je suis plutôt éduquée.
- Speaker #0
Tu es plutôt levée de soleil ou couchée de soleil ?
- Speaker #2
Je suis plutôt levée de soleil, j'adore aller nager tôt le matin.
- Speaker #0
Tu es plutôt silence ou musique dans les oreilles ?
- Speaker #2
Alors je suis plutôt musique dans les oreilles mais plus parce que j'aime pas quand les gens me parlent et je suis toute seule. J'ai toujours peur des gens.
- Speaker #0
Tu es plutôt continuée ou changée ?
- Speaker #2
Moi je suis plutôt changée, toujours changer les choses.
- Speaker #0
Tu es plutôt seule ou en équipe ?
- Speaker #2
Alors moi je suis toujours en équipe, d'ailleurs j'ai transformé le seul sport individuel à natation en sport d'équipe.
- Speaker #0
Tu es plutôt livre ou plutôt un documentaire ?
- Speaker #2
Alors moi j'adore lire et là je suis dans une vraie passion livre donc lire.
- Speaker #0
Tu es plutôt improvisée ou tout ? planifier ?
- Speaker #2
Alors moi je suis tout planifié, je suis méga organisée, j'ai un cerveau d'ingénieur, c'est Matt qui improvise.
- Speaker #0
Tu es plutôt échec ou apprentissage ?
- Speaker #2
Alors moi je suis plutôt échec pour faire de l'apprentissage.
- Speaker #0
Et puis un mot pour résumer 2026 ?
- Speaker #2
Transition !
- Speaker #0
Merci !
- Speaker #1
La balade s'achève ici. Respirez un instant, laissez les sons autour de vous s'apaiser. Si cet épisode vous a inspiré, partagez-le avec quelqu'un qui compte pour vous. Parce qu'ensemble, en avançant pas à pas, on remet du sens, du lien et du mouvement dans nos vies.