- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue pour la saison 2 de En Mouvement. Cet épisode est sponsorisé par EPAL. C'est une plateforme du programme Erasmus+, pour les professionnels de la formation des adultes en Europe. EPAL valorise des projets européens autour de la santé mentale et du bien-être. Alors découvrez cette plateforme gratuitement, sans publicité et rejoignez une communauté engagée. Tous les liens sont en description. Merci EPAL pour son soutien et nous, on est reparti.
- Speaker #1
En mouvement, c'est une balade en nature avec des invités inspirants pour améliorer votre état d'esprit et vous aider à passer à l'action.
- Speaker #2
Merci en tout cas Loïc de nous rejoindre pour ce podcast En Mouvement. Comment ça va aujourd'hui ? Comment tu te sens maintenant ?
- Speaker #3
Très bien, il fait un peu plus chaud donc je me sens mieux.
- Speaker #2
Est-ce que tu peux nous expliquer un peu l'environnement, où on se trouve et qu'est-ce qui se passe autour de nous ?
- Speaker #3
Là on est en Paris, au parc Montsori. Les hivers sont longs à Paris, je ne vais pas te mentir. On a la chance d'avoir quelque part comme ça à Paris et on est très content de pouvoir enfin retrouver l'air frais.
- Speaker #2
C'est un esprit même très printanier j'ai envie de dire. Les moucherons sont devant nous, dans notre tête parfois. On va essayer de ne pas trop en manger pendant ce podcast. Mais l'idée c'est que vous marchiez avec nous pendant une petite heure et qu'on reprenne un peu tout l'histoire de Loïc à travers son parcours et on aura bien le temps de rentrer dans les détails. Ça fait presque un an maintenant que Poppins est sorti.
- Speaker #3
Ouais, officiellement ouais.
- Speaker #2
Avec le recul, comment tu vis tout cet engouement qu'il y a eu depuis la sortie ?
- Speaker #3
Ouais, Alors, on s'attendait à avoir un engouement parce qu'à la tête de Poppins aujourd'hui, il y a Lucie Bache qui est celle qui avait notamment monté Togo2Go et donc qui a à la fois un très bon réseau et qui a déjà su capter l'attention de par son premier produit de tout un tas de personnes qui voulaient avoir un impact, qui voulaient consommer de manière plus responsable et qui adressait aussi déjà le sujet mine de rien de la crise économique qui fait qu'on veut pouvoir avoir accès à des paniers repas pour Togo2Go ou la location pour Poppins. mais en gros d'arriver à consommer de manière responsable tout en essayant de réduire les factures. Donc oui, on savait dès le lancement qu'à la fois on était soutenus par déjà des sacrés entrepreneurs qui ont soutenu dès le début Poppins, on avait déjà une très belle équipe et on savait que de par le réseau de Lucie, on avait la chance de pouvoir bénéficier d'une communication assez importante. Donc on s'y attendait, mais c'est vrai que de là à avoir passé en télé, à ce que Lucie passe en télé le lendemain, même pas 24 heures après le lancement, c'est vrai que ça c'était un peu fort.
- Speaker #2
C'est très très fort. Mais en ce moment, on voit aussi que c'est le réseau qui compte énormément quand on lance une innovation. Parce que même si ça reste dans un secteur qui est connu, enfin j'ai envie de dire Popin, c'est une suite logique, comme une saison 2 que proposent Lucie et votre équipe. Est-ce que vous prenez le temps de savourer ces moments-là ? Ou vous êtes toujours dans l'après, dans l'anticipation, dans le « qu'est-ce qui se passera ensuite ? »
- Speaker #3
C'est un bon point. C'est que c'est quelque chose... Alors, c'est particulièrement dans le monde des startups en général, c'est quelque chose, je pense que... Dans toutes les entreprises qui visent en général quasiment de doubler leurs chiffres toutes les semaines, c'est quelque chose qui n'est pas forcément si simple de s'arrêter et de faire pause et de se dire « mais c'est bien ce qu'on fait en fait, ça marche bien » . Donc il y a souvent des victoires où on a le sentiment que tout marche très bien, que rien ne peut nous arrêter. Deux heures après, parfois tout s'écroule, on a l'impression qu'on est les plus mauvais du monde. Donc c'est vrai qu'il y a beaucoup... émotionnellement, ce n'est pas simple à gérer. Et vu qu'on est pris dans un train, une sorte de fuite en avant permanente, c'est sûr que c'est important d'essayer parfois de faire pause, de regarder un peu en arrière et de se dire Il y a tout ça qui a été fait. On a eu tel ou tel impact sur les chiffres financiers, sur le nombre de partages pour Poppins typiquement. On essaie de prendre le temps, mais c'est vrai que l'ambition qui est toujours présente de toujours faire mieux prend aussi souvent le pas quand même.
- Speaker #2
En fait, je pense qu'il y a une thème mécanique qui se met en place encore plus quand il y a le lancement. Il y a des échéances et des indicateurs qui sont très serrés. Et de se dire, OK, on a atteint les premiers indicateurs, what's next ? Comment toujours grandir et se faire connaître, se développer ?
- Speaker #3
Ouais, puis je pense que c'est un monde où il y a pas mal d'égo. Alors je ne dis pas égo de manière négative, mais c'est dans le sens où si on se dit que, ah mais en fait, ok, on a réussi à prouver qu'on est capable d'amener les gens à démocratiser l'allocation ou le partage, et qu'on atteint nos chiffres, finalement, il y a tout de suite ce truc de, ok, mais peut-être qu'on peut encore faire mieux, peut-être qu'on peut encore aller plus loin. Donc en fait, il y a cette ambition qui est toujours présente, et je pense qu'elle est dans la nature de tous ceux qui essaient de changer le monde de telle ou telle façon. Donc ouais, il y a un côté jamais satisfait, mais en même temps, on est là pour ça.
- Speaker #2
Ouais, bien sûr. Et toi, est-ce que c'est une volonté dans ta manière de manager les équipes, ou même de travailler, de se dire, parfois, j'aimerais davantage ralentir, j'aimerais davantage dire à mes équipes, juste temporise là, 5 minutes, regarde ce qui s'est passé aujourd'hui, et demain est une autre journée, ou pas vraiment, finalement ?
- Speaker #3
Ouais, si. Je pense qu'en fait, le vrai sujet, c'est de choisir ses combats. Ça, c'est l'enjeu le plus compliqué. Si tu veux être partout, c'est le meilleur moyen d'être nulle part. Le vrai sujet important, c'est que parmi toutes les nouvelles que tu vas avoir dans une journée, les bonnes ou les mauvaises, il y a souvent beaucoup de choses à relativiser et il y a souvent l'importance, comme tu disais, de prendre un peu de recul sur les décisions et ce sur quoi on met l'argent, l'énergie, le temps. Parce que voilà, tu peux avoir des problèmes, mais qui parfois sont assez mineurs et qui prennent beaucoup de temps à être... à être réglé. Pour moi, l'importance de ce genre de rôle, quand on dirige une boîte, quand on dirige une équipe, c'est justement d'arriver à donner le cadre à l'équipe, à tous ceux qui vont finalement fournir d'ailleurs plus que toi directement, parce que si toi tu manages et que tu prends le temps à donner une direction, c'est pas toi qui fais. Donc c'est important d'arriver à cadrer les choses et d'avoir confiance aussi dans les gens avec qui tu bosses, pour aussi que tout le monde adhère et comprenne la direction que tu souhaites prendre, et après se dire, ok, c'est important de savoir ce qu'on veut faire, et justement, ce qu'on disait, c'est important de savoir ce qu'on fait pas aussi, pour juste se dire ça. On sait, ça existe, mais ça c'est non.
- Speaker #2
Waouh, je sens que ce podcast va être passionnant. En moins de 5 minutes, là vous avez vraiment l'introduction de ce que va pouvoir nous partager Loïc. Pour ceux qui ne te connaissent pas, et si on reprend un peu la base, comment tu te présenterais à nos auditeurs ?
- Speaker #3
Comment je me présenterais ? Bonne question. Moi, je décris souvent un peu le truc de... Je ne suis pas arrivé par hasard, mais j'ai souvent suivi mon instinct et mes envies. Je viens du Havre, je viens de Normandie. J'ai fait 20 ans au Havre, en faisant un DUT informatique, donc après mon bac. Et je suis arrivé à Paris parce que j'étais très intéressé par le monde du web à l'époque, donc c'était en 2011. C'était un monde qui était à la fois vaste, où il se passait déjà beaucoup de choses, et en même temps, on sentait qu'il y avait encore énormément de choses qui allaient arriver. Et moi j'étais vraiment curieux, non pas juste de la tech pour faire de la tech, parce que j'ai fait encore une fois un début d'informatique, j'étais vraiment proche du code, mais ce qui m'intéressait c'était en fait comment ça marche le marketing sur internet, comment ça marche le design, comment ça marche... la gestion de projet, le business, donc oui le code aussi, mais tous ces mondes là. Et donc c'est vrai que je suis arrivé à Paris dans une école, j'ai rejoint une école qui s'appelle Ethic, qui était une des premières écoles du web à l'époque. Et c'était vraiment un coup de cœur pour moi parce que même venant d'un background technique d'ailleurs, j'ai découvert énormément de choses dont je n'avais même pas idée, vu que le monde continuait à se développer. Et donc c'est comme ça en tout cas que je me suis retrouvé dans ce domaine là. Mais petit aparté, ce n'était pas écrit d'avance parce que post-bac, moi je ne savais pas forcément bien ce que je voulais faire. J'hésite à faire kiné, par exemple, donc rien à voir. Je suis allé à un forum du multimédia à Paris qui m'a permis de découvrir cette école éthique. Je savais que ce domaine-là pouvait m'intéresser, mais c'est pareil, ce genre de forum-là, c'est mon père qui était inscrit à une newsletter qui m'a emmené là en disant « Tiens, ça pourrait peut-être t'intéresser. » C'est pour ça qu'il y a un côté coup de chance quelque part. Et puis après, ça s'est enchaîné. À l'école, j'ai fait des stages. J'ai essayé de faire des stages sur à la fois ce qui pouvait m'intéresser et en même temps sur les domaines qui étaient autour du mien. C'est-à-dire que dans le développement, j'avais plutôt une affinité back-end, c'est-à-dire à bosser plus sur la partie logique, la partie données, on va dire, sur ce qui se passe sur les serveurs. Et en fait, ce qui m'intéressait, c'était d'aller creuser ce qui se passait autour de ce domaine-là, pour pas que avoir la vision de mon domaine, mais aussi de comprendre comment mon domaine s'inscrit finalement dans une équipe. Et ça, c'était intéressant parce que j'ai découvert énormément de choses auprès de plein de gens qui m'ont accompagné, qui m'ont formé, qui m'ont mentoré. Donc voilà, je parle beaucoup, dis-moi. Non,
- Speaker #2
non, non, c'est super, c'est trop bien. On sent que tu es à l'aise avec le fait de nous expliquer que c'était un parcours. Tu es arrivé là où tu es aujourd'hui de manière assez construite et tu as pris le temps aussi de gravir les échelons et de te dire, ok, je commence par le code et j'ai une formation très technique. Mais de cette formation technique, je vais pouvoir aussi aller chercher et on sent qu'il y a de la curiosité. dans la manière dont tu veux construire ta carrière et c'est quelque chose qui je pense parle beaucoup aux jeunes parce qu'on voit aussi aujourd'hui que la jeunesse veut aller dans plein de directions parce qu'il y a cette curiosité mais ont du mal à commencer et à cibler un secteur d'activité et c'est en ça que ton parcours est ancré dans le réel et dans l'actualité tu vois ouais
- Speaker #3
ouais alors je suis à 100% d'accord avec toi moi ce que je reproche un peu aujourd'hui tu vois si jamais je me revoyais moi sorti de bac déjà effectivement j'ai un recul et une autre perspective évidemment aujourd'hui mais c'est vrai que je pense que Il y avait un côté, tu vois, je parlais d'ambition tout à l'heure, je ne savais pas ce que je cherchais. Et il y a la pression de se dire, avant le bac, avant la dernière année, avant, j'en sais rien, première terminale, on se dit non mais c'est bon, tu as le temps de trouver ce que tu veux, ce n'est pas urgent, tu verras bien, concentre-toi sur tes devoirs et tu verras. Et puis après, tout à coup, la date limite approche vraiment et tu ne sais toujours pas ce que tu veux, il faut faire des choix. Et il y a un côté angoissant de se dire, mais attends, je choisis pour 40 ans de ma vie là, sur une formation qui va forcément m'impacter sur quasiment tous mes choix qu'il y a derrière. Déjà la première chose c'est que je pense qu'il faut relativiser un peu ça aujourd'hui parce que déjà il y a beaucoup de reconversions et par rapport à avant, choisir une direction ça ne te définit pas pour 40 ans de carrière donc ça déjà je pense que c'est hyper important de dédramatiser cette partie là et la deuxième partie c'est avant de chercher en se disant mais attends je suis bon en maths donc peut-être qu'il faut que je fasse architecte ou justement du dev ou autre chose je pense que c'est important aussi d'arriver à trouver quelque chose qui nous plaît en fait Et ça, je pense que c'est quelque chose qu'on ne met pas assez en avant, en tout cas à l'époque, qu'on ne mettait pas assez en avant de se dire, mais attends, je suis au travail peut-être 7-8 heures par jour minimum. Si tu comptes, c'est combien d'heures dans ta semaine que tu passes au travail, à travailler sur des sujets avec des gens que tu vas croiser pendant longtemps, il vaut mieux que tu aimes ce que tu fais quand même. Et ça, c'est le pire, c'est vraiment le pire. Et donc, c'est sûr, les études, parfois, ce n'est pas toujours le plus marrant. Tu vois, je pense à, je sais pas moi, les médecins qui ont peut-être parfois une dizaine d'années d'études selon leur spécialité. Je pense pas que ce soit la partie la plus fun du boulot, mais tu sais pourquoi tu le fais. Et il y a un côté où, ok, je sais que je veux aller là-dessus parce que je sais que je veux soigner des gens, je sais que je veux les impacter de telle ou telle manière. Je pense qu'en fait, aujourd'hui, ce qui est primordial, c'est d'aller dans une direction où on se dit « Mais j'ai envie d'être là, en fait. J'ai envie de faire ça. J'ai envie d'en savoir plus là-dessus. Je sais qu'il y aura peut-être... » Je sais pas moi, le monde va changer, il y aura des nouveautés technologiques, sociales, ce que tu veux. En fait, j'ai envie d'être là-dedans et je sens que ça va me plaire. Et je pense que ça, c'est vraiment le truc numéro un. Ce qui n'est pas simple non plus à trouver, ça veut dire.
- Speaker #2
On sent à travers ton parcours, tu es quand même passé par Backmaquette, par Blablacar, par Poppins aujourd'hui. Il y a un fil rouge entre toutes ces boîtes. Et j'aimerais que tu nous parles de ce fil rouge qui est quand même de créer du lien social, faire sortir les gens. Finalement, tu viens de la tech, mais tu veux les faire sortir de la tech peut-être pour se rencontrer davantage.
- Speaker #3
Effectivement tu parlais de BlaBlaCar, BlaBlaCar c'est le très bon exemple. Donc oui j'avais pas forcément fini mon parcours mais effectivement j'ai beaucoup bossé pour des boîtes françaises moi. Je suis allé chez Dailymotion d'abord, qui aussi d'ailleurs soit dit en passant était une très très bonne école. Et ensuite j'ai enchaîné avec BlaBlaCar. BlaBlaCar c'est vrai que c'était très cool et c'était un moment où ça grossissait beaucoup, j'ai rejoint en 2016. Vraiment c'est pareil, BlaBlaCar c'est un endroit génial où tu sentais que tout le monde était vraiment acquis à la cause de... En fait, c'est un non-sens total aujourd'hui ce qui se passe avec toutes ces voitures où il y a un conducteur et finalement tous les passagers, enfin il n'y a pas de passagers. Un gâchis énorme, environnementalement c'est pas génial, socialement t'as pas de lien non plus effectivement, et le tout encore une fois en se disant t'as peut-être moyen de voyager pour moins cher. Backmarket c'est un peu dans le même esprit, c'est redonner vie à des objets tech. qui auraient été jetés ou qui étaient cassés pour x raisons. Et c'est vrai qu'au-delà de ça, avant même le produit, moi c'est les fondateurs de toutes ces boîtes-là qui m'ont vraiment marqué.
- Speaker #2
C'est ça que je trouve fort, c'est qu'aujourd'hui, et notamment dans ton parcours, je pense que tu es l'exemple parfait d'une personne qui suit et qui avance avec la technologie innovante finalement, l'innovation technologique, mais qui la met au service du collectif et qui la met au service de nous tous d'une certaine manière.
- Speaker #3
Ouais bah moi ce qui m'a tout de suite intéressé sur la tech et tu vois ça rejoint ce que je te disais sur le fameux stage que j'ai fait au début c'est que en fait au delà de la tech ou de coder quelque chose pour faire un truc ou tu vois ceux qui je sais pas moi qui vont faire des slides qui vont faire un excel etc je pense que le but c'est pas ce que tu produis en soi mais la question c'est pourquoi tu le fais qu'est ce que ça amène et je pense que la tech c'est pareil tu vas coder pour faire quelque chose tu vas coder pour faire un site tu vas coder pour faire une appli mais la question c'est à quoi ça sert Si tu fais un site qui vend... Je ne sais quoi, mais le site ne vend rien. Ton code peut être beau, mais si tu ne vends pas, ça ne sert à rien.
- Speaker #2
Est-ce que tu penses qu'aujourd'hui, la tech et l'innovation technologique, elles nous rapprochent vraiment, ou du moins la dynamique, je pense notamment à l'intelligence artificielle, qui fait que ça supprime des postes, notamment dans le secteur dans lequel tu travailles. C'est quoi ton rapport à ça, et comment tu te projettes dans 5 à 10 ans, dans ce secteur d'activité ?
- Speaker #3
Surtout dans le monde de l'IA, c'est très long. Alors la tech de manière générale, je pense que déjà il y a eu le virage réseaux sociaux il y a 10-15 ans. D'ailleurs moi je le voyais bien, même en étant freelance déjà à l'époque, je me faisais contacter sans arrière. J'ai eu l'idée de Facebook mais c'est juste que je ne l'ai pas fait. Mais j'avais l'idée. Donc déjà le premier truc c'est qu'il ne faut pas hésiter à faire et essayer. Au pire ça ne marche pas. Qu'est-ce qu'on risque ? Et les réseaux sociaux en tout cas à l'époque. Ce que ça a amené, c'est à la fois, si tu regardes bien, on voit aujourd'hui l'extrême de ce que peuvent produire les réseaux sociaux. T'as un côté incroyable où ça rapproche, ça va renouer les gens, ça va garder en relation des gens qui sont parfois à l'autre bout du monde. Tu vas garder des contacts, tu vas pouvoir te retrouver facilement par des centres d'intérêt, par tout ça, ce qui est vraiment beau. Et en même temps, ça va aussi véhiculer des fake news, ça va entraîner du cyberharcèlement, ça va... La techno, oui, mais c'est pareil, elle va amener des choses bien, elle va amener des choses moins bien, et il faut en être conscient. Maintenant pour l'IA, évidemment, c'est le sujet du moment. Dans le développement, c'est évidemment un impact aussi énorme. Moi, ce que je faisais il y a trois mois et ce que je faisais aujourd'hui, déjà, ça n'a déjà plus rien à voir. Ça va trop vite, oui, dans le sens où, en fait, d'un point de vue innovation, il y a un côté où ça va toujours trop vite parce qu'on sait qu'on a quelque chose, on sait qu'on va trouver un truc, mais on ne sait pas quoi. Donc les boîtes du monde, elles investissent. elles y vont, les open AI, les anthropiques, etc. Tout le monde s'y met vraiment en se disant, il faut capturer le marché. Et donc aujourd'hui, elles jettent des milliards par la fenêtre pour capturer le marché et pour qu'il y ait une adoption. Et on le voit, il y a énormément d'usages déjà aujourd'hui, il y a énormément de produits qui utilisent l'IA, donc c'est partout. Je pense qu'en plus de ça, on n'est qu'au début, parce que l'IA va changer un peu l'approche des choses. Il y a un petit bémol, c'est crise énergétique arrivant. Qu'est-ce qui va se passer là-dessus ? Ça, on ne sait pas. Donc il y a beaucoup d'inconnus. Mais ce qui est sûr, c'est que... Quand tu as une innovation qui arrive, quand tu inventes quelque chose, tu ne peux pas le désinventer. La bombe nucléaire, elle est là, elle est là, on ne va pas dire qu'on oublie. Donc l'IA, c'est pareil. L'IA, c'est là, donc ça va rester. Ça peut évoluer en se disant, en ayant une sorte d'abondance d'énergie tout à coup, qui fait que ça va continuer à se déployer de plus en plus, ou peut-être qu'il va y avoir des raisons où ça va se ralentir, mais je pense que ce sera toujours là. Donc l'IA, ouais, l'IA impacte la tech aujourd'hui, mais pas que, ça impacte tous les métiers. Et d'ailleurs, moi c'est un point aussi que je dis souvent aux personnes qui vont commencer à chercher du taf ou qui cherchent une orientation. Je pense que c'est à la fois angoissant de ne pas savoir où on va, mais c'est à la fois cool quand tu veux te reconvertir ou quand tu rentres sur le domaine d'aujourd'hui. Il y a un petit côté où tout se remet un peu à égalité, même avec ceux qui avaient de l'expérience.
- Speaker #2
D'accord, ça va tellement vite qu'aujourd'hui, quand on a 20 ans, on peut faire partie d'une boîte.
- Speaker #3
Et les métiers vont changer. En fait, les métiers vont changer. De toute façon, tout le monde va devoir s'adapter, les nouveaux et ceux qui sont là depuis longtemps. Et en même temps, je pense que l'IA donne beaucoup plus de poids à la créativité des gens, à ce qu'ils ont envie de faire, à ce qu'ils imaginent. plus qu'à leur capacité opérationnelle de le faire. C'est-à-dire que tu veux faire un site internet aujourd'hui, tu n'as pas forcément besoin d'apprendre à coder, tu n'as pas forcément besoin d'avoir une expertise en design, en marketing, en développement, etc. Ce qu'il faut, c'est que tu saches ce que tu veux faire, que tu aies creusé ce sujet, que tu saches où tu veux y aller. Et finalement, l'IA va combler les manques opérationnels. Mais finalement, ce que tu as dans la tête, la direction que tu veux prendre, la vision effectivement que tu as, l'IA va te permettre vraiment à ces gens-là d'aller plus loin et d'expérimenter plein de choses.
- Speaker #2
Et toi, tu es inquiet par rapport à cette rapidité, cette accélération du temps ? J'ai l'impression que c'est un fait. Je ne sais pas dans ton travail comment tu le vis, je ne sais pas comment tes journées sont organisées, mais si tu me dis qu'entre aujourd'hui et il y a trois mois, tu ne fais limite presque plus le même travail ou tu ne travailles plus de la même manière, qu'est-ce que tu ressens au travail ou même dans la manière dont tu manages tes équipes ?
- Speaker #3
En fait, c'est ça le premier truc. Déjà, je pense qu'il faut comprendre que quand on fait un travail aujourd'hui, il n'y a pas un travail où on ne règle pas un problème. que ce soit des ingénieurs, on est dans un parc, un jardinier ou quoi que ce soit, le but, ça ne va pas être d'utiliser tel ou tel outil pour faire je ne sais quoi. C'est, on va te dire, je veux qu'il n'y ait plus de feuilles sur la pelouse. Comment tu t'y prends, quelque part ? Ce n'est pas qu'on s'en fout, mais c'est le détail du jardinier. Si demain, ton jardinier, tu lui donnes un nouvel outil qui fait qu'il va aller beaucoup plus vite, c'est tout bénef, peut-être pour le jardinier parce que tu auras moins de pénibilité, peut-être pour l'employeur parce que ça va aller plus vite, il va peut-être pouvoir faire plus, etc. Donc en fait, je pense que le premier point déjà, il est là avec l'IA, c'est la première évolution, c'est que les gens vont devoir changer leurs habitudes. Mais par contre, ça ne change pas ce que tu fais. Ça ne change pas que quand tu crées une boîte, tu essaies de trouver ce qu'on appelle le product market fit au début dans une startup, qui est de se dire, je fais un produit, j'essaie de répondre à un besoin. Maintenant, dès que je sors mon produit, est-ce que ce produit rencontre réellement son marché ? Est-ce qu'il y a vraiment le besoin que j'avais envisagé qui est là en face ? Et après, l'IA va t'aider à tester différentes choses. Mais en soi, finalement, tu changes de méthode, tu changes d'outil, mais tu ne changes pas de vision ou de direction. Donc je pense qu'il y a ça déjà comme premier point. Et après, en management, tu as différents cas. Tu as ceux qui vont sauter sur toutes les innovations possibles. Il faut freiner un peu parce que, surtout en ce moment, il y en a tous les jours des nouveaux outils, donc il faut y aller gentiment. Et tu as ceux qui vont être un peu plus réfractaires. Parce que dès que tu as un confort, dès que tu dis « Mais non, mais le classique de Banhomme, on a toujours fait comme ça. » Alors oui, mais... Pourquoi tu faisais ça ? C'est remettre en question les gens et c'est juste leur dire ok, t'as tes certitudes, t'as tes habitudes, qu'est-ce que ce changement de paradigme qu'il y a va t'apporter à toi ? Et ça, dans une boîte forcément que ça a un gros impact, dans le perso tu peux avoir aussi plein d'usages, et donc forcément c'est une vraie remise en question. Puis une humilité de se dire, attends, peut-être que ce que je faisais qui marchait bien, il y a peut-être mieux aujourd'hui, il y a peut-être mieux à faire.
- Speaker #2
C'est marrant parce que dans tout ce que j'entends de ta part, j'entends beaucoup le mot adaptabilité qui revient souvent, problématique, pour trouver des solutions. Et en fait, c'est ça un peu le paradoxe que je trouve par rapport à l'IA, c'est qu'à la fois on a un côté très intuitif qui nous permet d'aller plus vite, et aujourd'hui nos sociétés nous demandent d'aller toujours plus vite, mais toi, la manière dont tu fonctionnes, j'ai l'impression que tu as tellement l'expertise technique d'une IA que tu sauras... voir les problématiques qu'elles engendrent, voir si c'est mal codé ou voir s'il y a une difficulté. Quelqu'un qui n'a pas ce code et n'a pas eu cet apprentissage méthodologique d'un point de vue cognitif, comment il va être en capacité d'essayer le problème et finalement ne pas se retrouver piégé par l'IA ?
- Speaker #3
Je pense que c'est un très bon point que tu relèves là. Déjà, je pense qu'on est dans un creux aujourd'hui qui fait que, vu qu'on est en pleine innovation et que tout se cherche un peu, je comparais au début un peu la révolution de l'IA à l'arrivée de Google, comme beaucoup de gens. Et finalement, si tu penses bien, quand Google est arrivé, alors je pense que ceux qui vont écouter ne vont pas s'en souvenir, mais t'as juste une page blanche avec un champ texte au milieu où tu dois taper dedans et faire des recherches. Ça a l'air bête. Mais tout le monde a dû apprendre à utiliser Google. Ce n'était pas naturel. Finalement, ce n'est pas naturel de juste taper un nom, je ne sais pas moi, à date d'anniversaire de je ne sais qui qui est connu, sans faire de phrase, sans rien. En fait, tu apprends une sorte de langage et tu apprends un moyen de communiquer avec un moteur de recherche. Tu as un peu la même chose sur plein de sites. Finalement, tu vas sur... Tu vas sur un site...
- Speaker #2
Sur Poppins, par exemple.
- Speaker #3
Sur Poppins. Tu vas sur Poppins, tu vas sur Backmarket, etc., qui vont être tout ce qu'on appelle un modèle Marketplace. Tu vas retrouver des pages... qui vont t'expliquer, qui vont te donner un univers, qui vont te dire, tiens, telle catégorie par exemple, tu sais que tu vas avoir une page produit, tu sais que sur la page produit tu vas avoir un bouton acheter, tu sais que derrière tu vas devoir mettre ta carte de crédit, etc. En fait, il y a un côté où je suis sûr qu'aucune personne aujourd'hui ne pense à ça quand elle le fait, tout comme tu ne penses pas que tu respires, tu ne penses pas que tu marches en ce moment, etc. Voilà, exactement. Sauf que c'est un langage que toi-même tu as appris dans ta tête. Et ça, l'IA, aujourd'hui, il y a ce passage-là, où tout le monde doit comprendre comment ça fonctionne. Qu'est-ce que je dois demander ? Qu'est-ce qui peut être fiable ou pas ? Sur quoi je dois être attentif, etc. ? Le manque qu'il y a évidemment aujourd'hui, c'est que, vu qu'on est en recherche et que ce n'est pas déjà bien clair, soit ce n'est pas forcément clair, tu vois, il n'y a pas forcément de consensus scientifique sur telle ou telle chose parce qu'en fait, c'est beaucoup de stades d'innovation aujourd'hui, soit dès que tu inventes quelque chose, deux mois après, il y a mille fois mieux. Donc en fait, ça va tellement vite que je pense que tous les sujets d'éducation ont du mal à suivre aussi là-dessus.
- Speaker #2
Clairement, je peux te le confirmer que je travaille beaucoup avec l'éducation nationale et c'est des sujets qui ne sont pas abordés à tel point que tu as des enseignants qui ne font plus faire de devoirs à leurs élèves parce qu'ils savent que l'IA va être utilisée, qu'on n'a plus confiance, le sourcing aussi c'est un vrai problème auprès des jeunes et ce qui engendre aussi les problématiques de fake news. Tu as parlé tout à l'heure de vision et du fait que tu étais en capacité de définir une vision, de savoir ce que tu voulais toi. Comment tu es en capacité par contre d'entraîner une équipe à rejoindre ta vision ? Pour être un bon manager, j'imagine.
- Speaker #3
Déjà, je me permets de rebondir sur l'aspect de l'éducation nationale. Je pense que, tu vois, l'aspect de l'IA aujourd'hui, il y a justement cet entre-deux où, ok, on ne va pas donner des devoirs à la maison parce que les élèves risquent d'utiliser l'IA, mais l'inverse est vrai, les profs vont aussi utiliser l'IA quelque part. Et est-ce que c'est grave ? Tu sais, ça fait aussi penser encore une fois à l'arrivée Google, Wikipédia et compagnie où non, tu as un devoir, il ne faut pas que tu utilises Wikipédia, il faut que tu ailles à la bibliothèque. Ok, mais pour quoi faire ? En fait, à partir du moment où je fais cet effort de chercher, Je fais cet effort de comprendre, de travailler et de rendre le devoir. En fait, quel est le problème d'utiliser un outil ? Le problème, il serait simplement que de se dire que je prends l'IA, je ressors le truc sans l'avoir lu et je n'ai rien appris. Et ça, c'est vrai que c'est le danger de l'IA, c'est que tu retires le process d'apprentissage que tu as, mais en fait, tu vois, l'école c'est ça, c'est que tu as des devoirs sur plein de choses. Tu te dis, ça ne sert à rien, qu'est-ce que je vais faire de Thalès, moi, dans ma vie, comme théorème ? Aucune idée. Mais tu apprends en fait. Tu vois, les systèmes de prépa, c'est la même chose. C'est que tu apprends une méthode de travail.
- Speaker #2
C'est ça, c'est une méthode.
- Speaker #3
L'IA aujourd'hui, c'est un peu le risque. C'est qu'aujourd'hui, on ne sait pas trop comment le traiter en se disant à la fois, c'est quelque chose qui va forcément te servir dans ta vie parce que tu l'auras dans ta vie de tous les jours. Mais en même temps, il ne faut pas que ça bloque ce process d'apprentissage. Donc ça, c'était pour le premier point.
- Speaker #2
Le deuxième point, c'est vraiment sur... Tu as une vision, je pense, sur la vision opérationnelle et le management.
- Speaker #3
Tu vois, sur ce que je te disais tout à l'heure, c'est que je pense que si... Tu travailles avec des gens qui ont envie d'être là, qui sont passionnés, qui ont choisi leur voie et qui ne se disent pas en arrivant le matin à quelle heure je pars le soir. Pas dans le sens de faire des heures en plus, mais dans le sens de se dire...
- Speaker #2
C'est long, je m'ennuie.
- Speaker #3
Voilà. C'est long de se dire juste, je viens, j'ai envie, je sais ce que je vais faire ou j'ai une idée, je vais faire ça ou je sais comment je vais changer tel ou tel truc. Tu as des gens souvent passionnés dans ces domaines-là. Le monde bouge tellement vite aussi dans la tech notamment que tu as intérêt de... De suivre et suivre sous la contrainte, c'est impossible. Donc c'est vrai que c'est souvent des gens passionnés. Mais tu vois, quand t'as des gens qui sont passionnés, qui aiment ce qu'ils font, et qui sont avant tout des personnes qui vont avoir ce même état d'esprit de se dire « Je m'en fous de coder 100 lignes ou 2, ce que je veux c'est régler mon problème. » Je pense que la clé, c'est pas de leur dire « Écris 100 lignes de code. » C'est de leur dire « Règle-moi ce problème. » Si tu centres, si tu responsabilises les gens avec cette approche de écoute je te fais confiance c'est toi l'expert sur ton domaine trouve une solution pour régler ce problème là déjà toi tu te sens valorisé tu te sens il y a une forme d'unicité à ce que tu fais parce qu'on te dit pas tiens va chercher ça fais ça comme ça etc ou t'as l'impression de rien amener t'es un robot c'est tu te dis ok mais en fait j'amène ma vision mon approche ma façon de faire ça veut pas dire que tu vas le faire dans ton coin ça veut pas dire que tu vas pas en parler aux autres mais il y a un côté où voilà t'es responsabilisé et t'as une marge de manoeuvre qui est bien plus grande Et donc je pense que dans ce sens là déjà t'emmènes les gens plus facilement avec toi. Et donc après l'enjeu c'est pas tant de dire finalement comment t'as codé ou est-ce que t'as fait ça comme ça c'est bien ou pas. Tout l'enjeu c'est de décaler les discussions sur est-ce que c'est vraiment ce truc là qu'il faut faire et ce problème qu'il faut régler. Et finalement c'est de ça qu'on discute, pas tant de comment on le fait.
- Speaker #2
Carrément. Et quand tu rencontres des moments, je sais pas on parlait souvent de problèmes que tu peux rencontrer ou même que t'as une urgence ou qu'il y a un timing, un deadline à respecter. Et t'es finalement sous une situation de stress, comment toi t'arrives à gérer personnellement, émotionnellement, ces situations qui sont parfois plus tendues ou difficiles à anticiper ?
- Speaker #3
Ouais ouais ouais, bah... Alors après, tu as différents caractères. Ce qu'il y a, c'est que selon les caractères, il n'y a pas des caractères qui vont bien réagir au stress ou mal réagir. Je pense que ça, ce n'est pas vrai. Je pense qu'on a tous nos façons de fonctionner. Il y en a qui vont beaucoup plus s'intérioriser, il y en a qui vont plus s'extérioriser, il y en a qui vont vouloir être dans l'action tout de suite. En fait, je pense que déjà, ce qui est important, c'est le travail que tu vas faire en amont justement avec ton équipe. C'est de s'assurer que tu es dans un environnement et une culture qui est propice au travail en équipe aussi bien quand ça se passe bien que quand ça se passe pas bien. Et quand ça se passe pas bien, si jamais tu as justement un bon fonctionnement en équipe, déjà la première chose que tu vas avoir, c'est le mode de résolution dans lequel se met les gens, c'est est-ce qu'ils cherchent à se dédouaner en disant « mais non mais c'est pas moi, c'est lui qui a fait ça » , ce qui est en général un très mauvais signe, soit sur ce moment-là tu t'en fous d'où ça vient, tu te dis juste « attends, comment on fait pour régler le problème ? » Et p'tit ! Peut-être que si tu le règles pendant 5 minutes et que ces 5 minutes-là te laissent le temps de repenser une solution plus longue, ok, on fait ça. Mais tu vois, il faut faire des compromis dans ces moments-là. Mais il faut être dans cette capacité de réflexion, que ce soit personnel ou en équipe, de se dire juste, attends, là, il faut que je règle ça. Ce n'est pas le moment de blâmer qui que ce soit. Ce n'est pas le moment de remettre en question tout, je ne sais pas trop quoi. C'est de se dire, attends, attends, juste, il faut que j'arrive à garder mon sang froid pour régler cette partie-là. Venez, on travaille là-dessus. Qu'est-ce qui s'est passé ? Comment ça fonctionne ? Qui a vu quoi ? Pourquoi ? Etc. En fonction du problème.
- Speaker #2
J'ai l'impression que vous travaillez quand même beaucoup en intelligence collective. De se dire qu'une personne rencontre une problématique, je vais le partager en open space à l'équipe. Et de cette réflexion, on réfléchit mieux à 8 cerveaux que tout seul. Et finalement, c'est action-réaction en équipe.
- Speaker #3
Il y a cette phrase de « Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin » . L'idée des startups, souvent, c'est un peu ça. c'est de se dire Le fonctionnement des startups, c'est que justement, elles vont très très vite quand elles sont petites. Et souvent, la frustration quand une boîte grossit, tu vois, un back market ou blablacar qui atteignait environ les 800 ou 1000 personnes, à un moment, tu es frustré de te dire « Mais pourquoi je ne vais plus aussi vite qu'au début ? » Et toutes les startups, en général, ce qu'elles cherchent à faire, c'est retrouver la vélocité qu'elles avaient au début. Et comment tu retrouves ça, en général, c'est que tu crées des sortes d'équipes ou comme si tu créais des boîtes dans ta boîte, en te disant « Voilà, cette équipe-là va être en charge de la recherche. » Et donc vous, vos critères, c'est ça doit faire Le reste, c'est pas votre problème. Et tu vois, finalement, tu recrées une équipe où tu as, je sais pas moi, entre 4 et 8 personnes. Souvent, ce qu'ils disent, c'est des équipes avec la taille en gros des parts de pizza, où chacun a une part de pizza, un truc comme ça. Et le but, c'est que justement, que tu sois capable d'avoir de la communication directe. Donc c'est ce que tu dis sur l'intelligence collective. C'est pas de grosses hiérarchies, etc. C'est juste de se dire, attends, j'ai quelque chose à dire à quelqu'un en marketing, mais quelque chose que je comprends pas. Je ne vais pas passer par un manager qui va parler à un autre manager, ça n'a aucun sens. Donc le but, c'est vraiment d'amener cette communication directe, cette compréhension et cette communication directe effectivement avec les gens, un accès direct au marketing, moi qui n'ai pas ma spécialité, d'avoir un accès direct aux gens qui bossent sur du marketing, tout de suite je vais apprendre et je vais progresser, et je serai meilleur après sur ce que je dois leur faire. Donc il y a ce point-là. Après, je pense qu'il y a un autre aspect, c'est que dans les rôles de manager, tu as différents... T'as différents points de vue. Moi, c'est vrai qu'en général, c'est ce que je te disais un peu tout à l'heure, c'est que je le vois un peu plus comme une pyramide inversée qu'autre chose. C'est que le manager, finalement, c'est pas lui qui produit le plus, en général. Parce qu'il est en général occupé sur autre chose. Donc je pense que le rôle du manager, il est aussi quelque part là pour...
- Speaker #0
Pour s'assurer que ces équipes bossent sur les bons sujets, les protéger, donc leur dédier du temps. Et donc en fait finalement c'est peut-être que tu vas récupérer plein de choses qui ne te font pas forcément envie ni rien, mais qui vont peut-être déconcentrer les gens de ton équipe. Donc tu vois il y a un côté, je ne vais pas refiler des trucs pourris aux gens de mon équipe, au contraire, je vais peut-être les prendre pour leur laisser le temps à eux d'être efficaces.
- Speaker #1
Est-ce que tu n'as pas le sentiment que plus il y a de parties prenantes dans une entreprise, je ne sais pas, 1N+, 1N+, 2N+, 3, moins les gens sont accessibles, plus ça fait téléphone arable, et du coup plus ça crée de frustration, et plus ça crée d'isolement.
- Speaker #0
Oui, j'ai eu plein de conversations sur ces sujets-là parce que souvent, pourquoi on rajoute des managers ? La raison numéro une en général, surtout dans les boîtes qui progressent vite, je passe le sujet de l'ancienneté, de machin est là depuis 10 ans, il faut lui donner un rôle. Mais dans une boîte qui grossit vite, souvent on rajoute un manager. Pourquoi ? Parce que la personne qui est en haut, qui est souvent le fondateur de la boîte, tout à coup, il se retrouve avec 10 ou 20 personnes à manager, il ne peut plus. Parce que 20 personnes en direct, c'est-à-dire que tu ne vas pas les suivre, tu ne vas pas pouvoir les aider, que ce soit au niveau de leur carrière, au niveau de leur sujet quotidien, au niveau de la répartition des tâches, etc. Tu ne peux plus, donc en général, on rajoute quelqu'un. Et donc ça, c'est souvent la raison majeure, qui n'est pas une mauvaise raison. Mais là où tu as complètement raison, c'est que souvent, on sous-estime un point, c'est qu'avant, tu avais une communication directe entre ceux qui étaient en bas et en haut. Là où tu rajoutes quelqu'un qui, lui, doit aussi forcément... Cette personne-là doit prouver qu'elle sert à quelque chose, forcément tu es recruté là, donc il faut quand même montrer que tu amènes quelque chose. Tu vas rajouter quelqu'un qui dans la pièce va redonner un point de vue, qui va peut-être recréer des réunions, etc. Et donc oui, tu rajoutes toutes ces contraintes qui peuvent diminuer parfois ta productivité. Donc c'est sûr qu'il faut faire attention.
- Speaker #1
On parle de plus en plus de santé mentale sur les lieux de travail. Je ne sais pas si on en parle énormément, tu vas nous dire dans le secteur tech, sur la surcharge cognitive, sur... Sur le fait que passer 8 heures par jour à coder ou être sur son écran, ça peut aussi avoir des conséquences cognitives sur ceux de vos équipes. On en est où aujourd'hui par rapport à ton expérience sur ces enjeux dans tes boîtes ?
- Speaker #0
Les startups, globalement, font vachement attention à ce genre de domaine. Alors ça ne veut pas dire que c'est parfait, mais ce que je veux dire c'est qu'en tout cas il y a des choses qui ont été prises en charge, ce genre de sujets ont été adressés assez vite. Après, ce qui est sûr c'est que le... on a vécu quand même un moment que ce soit avec le Covid avec tout ça qui a redistribué aussi les cartes donc l'IA aujourd'hui il y a quand même beaucoup de choses qui finalement bougent les lignes donc oui c'est pas simple tu vois le sujet du télétravail qui est à la fois pratique et bien et tu vois ce que je disais tout à l'heure quand je parlais de Dailymotion je disais c'est une bonne école moi j'ai eu la chance de travailler avec des gens qui avaient déjà 10 ans d'expérience dans ce domaine là à l'époque ce qui était extrêmement précieux pour moi Et ça, si je l'avais vécu en télétravail ou si je ne l'avais tout simplement pas vécu, je ne serais pas la même personne aujourd'hui. Donc je pense qu'en fait, il y a aussi cet aspect-là qui est de se dire, le télétravail, c'est confortable et c'est bien, mais c'est un piège aussi. Parce qu'en fait, tu apprends peut-être un peu moins, tu perds aussi plein de choses qui sont informelles. Tu transformes finalement une relation avec tes collègues que tu pouvais avoir, parfois même amicales, où tu allais développer une vraie relation, à quelque chose de très transactionnel. Je t'appelle parce que j'ai besoin d'un truc. Et donc en fait, même si tu as parfois des contacts, c'est très transactionnel. Tu n'as plus de... Même l'échange humain est vachement perdu aussi là-dedans. Tu crées une forme de solitude aussi, tu crées un éloignement, tu crées souvent... Tu vois, on parlait tout à l'heure d'arriver à comprendre ce que voulait faire la boîte et de s'emparer des problématiques, que ce soit d'une entreprise, d'un projet, etc. Si tout le monde est un peu séparé dans un coin... Je dis pas que c'est pas possible, mais je dis juste que c'est aussi quelque chose à avoir en tête et qui n'est pas le plus simple non plus. Et c'est sûr que quand on démarre, quand on arrive sur le marché du travail, sans avoir de vrais mentors ou de vrais guides, entre guillemets, des gens qui ont de l'expérience, pas des gens non plus qui vont dire « Suis-moi, moi je sais tout ce qu'il faut faire et c'est fini, t'inquiète pas » , mais vraiment des gens qui vont être inspirants, que tu vas considérer comme des gens qui sont des bons leaders et qui vont t'amener des choses et que tu comprends pourquoi ce qu'ils font ça marche, pas parce qu'ils... pas juste parce qu'ils te disent que c'est bien, d'avoir ces choses-là, je pense que c'est primordial.
- Speaker #1
Et quel regard tu portes sur cette nouvelle génération qui va arriver ? Tout va très vite, comme on l'a dit. Il y a des enjeux à différents niveaux dans notre société aussi, qui mettent une certaine forme de pression à cette jeunesse. Pour toi, c'est quoi ton regard sur cette génération ? Et si tu avais un conseil à donner sur la manière de se construire ou la manière d'avancer ?
- Speaker #0
Ouais, ouais, je pense que c'est pas évident, parce que tu l'as très bien dit, le monde est incertain à tellement de niveaux que de demander à des jeunes d'être sûrs sur ce qu'ils veulent faire. Ça me paraît compliqué. Moi, ce que je te disais tout à l'heure, très personnellement, je sais être assez dirigé par une forme de passion. Je vais vraiment faire les choses par passion. Je vais me mettre à fond, par exemple, dans le basket, parce que je sais que j'adore ça. Il se trouve que j'ai trouvé un domaine, moi, la tech, qui me plaît vachement et c'est ce qui fait que j'y reste et c'est ce qui fait que j'aime me lever le matin et travailler là-dedans. Pour autant, tu vois, je ne travaille pas juste pour coder, je travaille parce que les domaines... Le domaine typiquement balade, révolutionné, le monde de la location, moi, m'intéresse et me dire avoir un impact social, environnemental, c'est quelque chose qui m'anime aussi. Je pense que c'est trouver finalement ces choses qui font qu'on se lève le matin et qu'on a envie de faire. Je pense que ça, c'est vraiment le premier point. Après, ce qui est sûr, c'est que oui, ce n'est pas évident. On ne contrôle pas toujours tout. On peut se retrouver dans une boîte toxique ou un manager toxique ou une boîte qui ne nous convient pas pour X raisons. Je pense que c'est aussi toujours important d'être capable de faire son autocritique. Oui, peut-être qu'un tel m'a maltraité, mais qu'est-ce que j'aurais pu mieux faire ? Comment j'aurais pu mieux gérer la chose ? Ce qui n'est pas forcément un conseil pro d'ailleurs, ça peut s'appliquer à tout. Mais c'est vraiment de se dire, comment je peux prendre du recul et moi évoluer ? Mon manager est toxique, mais je ne le changerai pas. Par contre, moi, si je change de boîte, peut-être que... Comment je peux faire un entretien pour voir ce que je n'ai pas vu avant et qui m'a mis dans cette expérience-là ? Tu vois, ce genre de choses, ce qui s'apprend aussi avec l'expérience. Après, je pense que tout se joue sur ce truc de trouver le bon secteur, de ne pas abandonner et de ne pas se comparer. Tout le monde a une expérience vraiment différente, tout le monde va faire une école un peu différente. Ce qui compte, c'est vraiment de s'y retrouver soi et que même si quelqu'un gagne deux fois plus, mais dans une boîte où il ne se sent pas bien, je pense qu'à la fin, tu es quand même content d'avoir ton rythme de vie.
- Speaker #1
Je comprends bien tout ce que tu me dis et ça me fait penser à quelque chose de se dire, aujourd'hui dans ton parcours, il s'est passé plein de choses. En fait, ce qui me surprend quand j'ai vu notamment ta page LinkedIn, c'est le nombre d'expériences que tu as eues professionnelles et de se dire, tu n'as pas eu peur. Et en fait, je ne sais pas, peut-être que tu as eu un management toxique à un moment, peut-être que tu as eu des difficultés qui ont fait que tu as décidé de changer de boîte. Comment tu gères le doute ou comment tu gères cette incertitude de se dire, oula, c'est peut-être la fin d'un cycle ? Comment je vais gérer ce cycle et comment je l'appréhende ?
- Speaker #0
C'est marrant, tu as mis le doigt dessus. C'est souvent des cycles. Alors déjà dans la tech, ce qu'il y a c'est que c'est un secteur qui est particulier parce que c'est très prenant mais il y a aussi beaucoup de turn-over comme ils appellent ça. En moyenne je crois les gens restent deux ans et demi ou couche comme ça dans une boîte. Donc c'est vrai que c'est quand même très particulier et ça fonctionne beaucoup en cycle. Donc je ne suis pas parti moi d'une boîte en ayant... en ayant un conflit ouvert, en ayant un problème et en voulant rejoindre autre chose. Parfois, il y avait la fin d'un cycle et la fin d'un projet ou la fin d'un certain sujet qui pouvait m'intéresser, qui faisait que je ne m'y retrouvais plus forcément. Mais tu vois, je parle encore de toute cette boîte de très bonne façon parce que je les estime toujours autant. Donc en fait, c'est vrai que c'est un autre truc aussi. C'est que je ne cherche pas toujours à faire mieux ou à avoir mieux ailleurs avant de... partir d'une boîte, je me pose vraiment la question déjà d'être sûr que c'est bien ce que je veux parce que c'est pas toujours enfin tu vois si finalement tu réponds juste à une autre offre d'emploi parce qu'ils te proposent plus en salaire ou plus en flexibilité ou je ne sais trop quoi mais c'est toujours le truc de tu sais ce que tu perds tu sais pas ce que tu gagnes et je pense que mieux l'ennemi du bien et donc c'est vraiment de se dire juste je sais pourquoi je veux partir je sais pourquoi je suis pas à l'aise Et parfois tu passes des entretiens, tu parlais de stress, et tout le monde a un peu le stress de l'entretien. On ne sait pas trop comment l'aborder. Moi, un de mes premiers entretiens, je ne me suis pas fait détruire, mais gentiment, on m'a gentiment dit que je ne me vendais pas bien. C'était un stage, et c'était une boîte, d'ailleurs un stage que j'ai fait, et vraiment super expérience encore une fois. Et c'est vrai qu'en entretien, moi je ne sais plus, on me demande de me prêter attention salariale, et moi j'étais un peu là en mode, mais moi limite je suis content d'être là les gars. Vraiment, moi j'ai... Bon, gratuit, peut-être pas, parce qu'il faut manger, mais... Non, mais j'étais vraiment là. Vraiment, ce que vous faites, la façon dont vous fonctionnez, on m'a dit aussi vachement du bien de vous. Les gars, moi, j'ai vraiment envie d'être là. Et donc, tu vois, ils ont rigolé en face, et ils m'ont un peu dit, en mode, mais vends-toi, mec. Et c'est vrai, tu vois, je ne me rendais pas compte, et c'est pour ça, tu vois, c'est ce que je dis aussi, les entretiens, j'en ai passé beaucoup, j'en ai fait passer beaucoup, donc maintenant, c'est sûr, je vois les choses aussi différemment. Mais ça m'a forgé aussi, ça m'a appris des choses. Et tu vois, ça m'est arrivé aussi de passer des entretiens, et...
- Speaker #1
et de me rendre compte au milieu de la discussion de me dire mais en fait je pense vraiment que je suis bien où je suis c'est là ce que vous me vendez ailleurs non clairement ça fait que confirmer que je suis bien où je suis ce qui me marque dans tout ce que tu me dis c'est que j'ai l'impression que tu es toujours parti au bon moment et que tu n'as jamais subi une situation que tu n'avais pas choisie et j'ai l'impression que c'est un peu finalement ce qui se passe un peu trop aujourd'hui ou si la santé mentale elle est atteinte ou s'il y a du turnover ou de l'absentéisme ou du bain de travail c'est qu'à un moment on se dit ou on ne se dit plus Est-ce que je suis encore au bon endroit ?
- Speaker #0
Oui, alors si, il y a forcément des moments qui sont... Encore une fois, tu vois le... Je pense que tu vois, je te disais tout à l'heure, tout le monde a des traits de caractère différents. Moi je sais en tant que personne assez passionnée, c'est cool parce que quand tu te mets dans quelque chose, t'es à fond. Le problème aussi de ce genre de caractère, c'est que si t'es à fond dans quelque chose qui n'est pas forcément bon pour toi, ça peut être aussi assez dur de s'en détacher et de se raisonner, de se dire allez je lâche un peu l'affaire et tant pis, ça marche pas, on passe à autre chose. Donc c'est vrai que si si, moi j'ai quand même déjà souffert de situations où j'étais en désaccord, où il y avait de l'incompréhension. Et encore une fois, ça arrive évidemment à tout le monde. Donc non, ça je l'ai vécu. Et ça m'est même arrivé, tu vois. Pour parler par exemple du départ de Back Market. Moi je suis parti de Back Market, tout allait bien. J'étais très très bien là-bas. Et vraiment, super boîte, super personne. Mais j'avais cette envie de monter une boîte. C'est peut-être la seule fois où je me suis dit, en fait là je pars parce que il y a quelque chose que j'ai envie de faire. Je pars pour quelque chose plutôt que de me dire, en fait je pars parce que je suis plus satisfait. Donc, c'est pas des choix faciles. Tu vois, c'est ce que je me dis aussi toujours, c'est que On est souvent à stresser pour des choix, que ce soit des choix d'orientation, choix de boîte, choix de quoi que ce soit. Et en fait, si tu réfléchis bien, des choix qui impactent ta vie, t'en fais tous les jours. Et t'en fais plein. Tu vois, je sais pas, tu vas rencontrer quelqu'un parce que finalement tu t'es dit que t'allais aller acheter je ne sais quoi, alors que peut-être que t'allais pas le faire. Tu vois, tout à coup tu te dis bah tiens je vais... Je vais aller à tel forum et puis voilà, je vais finir dans une école à Paris. Il y a des fois des choix que tu fais, dont tu ne mesures pas la portée et qui ont un impact parfois énorme sur ta vie. Donc en fait, je pense qu'il faut arriver à, encore une fois, ça ne va pas enlever le stress, mais je pense qu'à froid et avec le recul, c'est d'essayer de se dire, attends, en fait, ok, je fais de mon mieux. J'essaie de, pareil, si je passe un entretien, j'essaie de le préparer comme je peux. J'essaie d'anticiper, de comprendre ce que le recruteur va chercher. J'essaie d'anticiper, d'avoir quelques réponses à l'avance, d'essayer de voir vraiment ce qu'ils vont rechercher, de leur expliquer pourquoi je serais la bonne personne, etc. À la fin de l'entretien, si ça ne marche pas, tu as fait ce que tu pouvais en fait. Et tu auras appris des choses. C'est ce que je disais tout à l'heure sur le côté aussi d'un peu l'introspection. C'est de se dire peut-être que ça n'a pas marché, peut-être qu'ils vont me dire j'ai pris quelqu'un d'autre. Mais en général, il y a aussi ce truc de qu'est-ce qui m'a manqué ? Qu'est-ce que j'aurais pu faire mieux ? Et puis après, ce n'est pas grave, tu avances.
- Speaker #1
Je suis complètement d'accord avec toi. Et si tu avais un dernier message à faire passer aux jeunes qui nous écoutent et qui se posent tout un tas de questions par rapport à l'orientation, c'est bientôt le bac qui arrive, c'est bientôt Parcoursup et toutes ces histoires. Si tu avais un message à leur donner, ça serait lequel ?
- Speaker #0
Déjà, bon courage pour le bac. Si j'avais un message, je pense que je vais vraiment me répéter, mais c'est vraiment... Je pense qu'il faut... C'est un peu ce que j'ai dit aussi tout à l'heure. Je pense qu'il ne faut pas avoir peur d'essayer. Si tu arrives à... Tu ne vas pas forcément trouver ce qui t'intéresse. Il y a plusieurs personnes qui m'ont dit « Mais moi je ne suis pas passionné à un truc, moi je n'aime pas particulièrement faire du sport, ou les tableurs Excel, évidemment. » Personne ne dit ça. Ce qu'il y a, c'est que c'est en essayant que tu vas voir parfois des choses qui te plaisent vraiment, qui fonctionnent très bien pour toi, qui ne marchent peut-être pas pour tes potes, mais qu'est-ce que tu risques ? Monter une boîte aujourd'hui, ce n'est pas le plus dur. Se mettre à un sport, parce que pourquoi pas, ça a l'air cool, ce n'est pas le plus dur. Essayer, tu vois, se renseigner, aller à des portes ouvertes, parler aux gens. Tu vois, moi, c'est le truc aussi, c'est que ce qui m'a convaincu, c'est dans ce domaine-là, c'est de parler aux gens. C'est pas forcément les écoles, c'est pas forcément les entreprises et tout, mais c'est... J'ai rencontré des étudiants en dehors du fameux forum, j'ai rencontré des pros, et en fait, les gens sont hyper ouverts et hyper contents de parler de ce qu'ils font, quoi. Et ça, tu vois, leur passion, moi, je l'ai un peu récupéré. on est ok mais... Les raisons pour lesquelles ils sont heureux comme ça, moi c'est ça que je veux en fait. Et ce qui va me parler à moi, tu vois, pas forcément me parler à toi. Donc je pense que c'est ça, c'est d'arriver à se dire, quand on est un peu dans un creux parfois, de se dire ok, bah là je trouve pas forcément, je sais pas forcément ce que je veux faire, je sais pas où je vais, je sais... Un peu une sorte de crise existentielle. Je pense que déjà il faut l'accepter et il faut aussi se dire que tout le monde le vit ça. Il n'y a pas d'exception à mon avis, tout le monde a des moments de doute. Par contre je pense qu'il y a aussi ce temps... où on accepte nos émotions de se dire je me sens pas très bien et je sais pas comment gérer et ça me fait peur, ok ? Et il y a aussi ce temps à l'action un peu derrière de se dire ok mais qu'est-ce que je peux faire pour que aujourd'hui j'aille un peu plus dans une direction ? qui va me faire aller mieux qu'hier.
- Speaker #1
En vrai, tu viens de faire la conclusion que j'allais dire. J'ai l'impression quand même que le bonheur réside dans le mouvement et dans l'action et qu'en fait on ne le fait pas forcément tout tout de suite et que c'est à travers une mise en jambe comme on est en train de le faire actuellement.
- Speaker #0
C'était même pas scripté.
- Speaker #1
Il n'y a rien écrit. C'est de se dire, c'est le nom du podcast, j'ai pas besoin d'avoir de la bitch. Merci en tout cas Loïc pour ce temps d'échange. J'ai l'impression qu'on a abordé plein de sujets qui sont à la fois liés à ta vie personnelle ou professionnelle et qui plongent. qui pourront, je l'espère, être utiles à nos auditeurs. On va passer au jeu. C'est parti du coup pour le jeu 120 EPM avec Loïc. Est-ce que tu es plus produit utile ou produit viral ?
- Speaker #0
Utile.
- Speaker #1
Est-ce que tu es vision long terme ou shiper vite ?
- Speaker #0
J'ai hyper vite.
- Speaker #1
Est-ce que t'es IA comme allié ou menace ?
- Speaker #0
Les deux, j'ai le droit.
- Speaker #1
Est-ce que t'es remote total ou bureau avec l'équipe ?
- Speaker #0
Pareil, je suis au milieu.
- Speaker #1
Picture des six heures ou discussion utilisateur ?
- Speaker #0
Discussion utilisateur.
- Speaker #1
Rensement pratique ou impact durable ?
- Speaker #0
Impact durable.
- Speaker #1
Data ou intuition ?
- Speaker #0
Data.
- Speaker #1
Sport pour déconnecter ou série Netflix ?
- Speaker #0
Sport.
- Speaker #1
Appli qui cartonne ou appli qui aide vraiment ?
- Speaker #0
Les deux.
- Speaker #1
Fierté d'un produit ou fierté d'une équipe ? Les deux. C'était très bien.
- Speaker #2
La balade s'achève ici. Respirez un instant. Laissez les sons autour de vous s'apaiser. Si cet épisode vous a inspiré, partagez-le avec quelqu'un qui compte pour vous. Parce qu'ensemble, en avançant pas à pas, on remet du sens, du lien et du mouvement dans nos vies.