Speaker #0Bienvenue sur Entre nous, le podcast des histoires qui nous relient. Ici, les liens nous parlent, les rencontres nous déplacent, les histoires nous bouleversent. On écoute les parcours de vie, les trajectoires croisées, les liens et ce qu'ils font naître en nous. Chaque invité ouvre une fenêtre sur son univers et sur les rencontres qui l'ont porté jusqu'ici, puis nous amène vers une personne qui l'inspire, déroulant une chaîne de témoignages uniques, vibrants et profondément humains. Tu viens avec nous ? Aujourd'hui on se retrouve pour un épisode un peu particulier, le tout premier hors série d'entre nous. C'est un épisode un peu différent dans lequel je prends la parole seule, parce qu'avant de continuer à tisser des liens avec mes invités, j'avais envie de vous raconter l'histoire du fil qui relie un peu tout ça. J'aurais envie de vous dire que c'était programmé, mais la vérité c'est qu'on enregistre l'épisode 3 fin novembre. et que je voulais pas vous laisser en suspens jusque là. J'ai cherché des idées et je me suis dit qu'une présentation de la personne qui interview les invités était peut-être la bienvenue et que c'était le bon moment. Le bon moment de vous parler d'entre nous, de sa naissance un peu magique et de ce que ça représente pour moi. Parce que parfois, pour comprendre un projet, il faut connaître un peu la personne qui le porte. Moi, c'est Coraline, j'ai 31 ans et pour le coup, j'ai toujours eu un peu de mal à prendre la parole, pas lors des présentations orales, mais plutôt lorsqu'il s'agissait d'exposer mon avis, mes idées. Et du coup, de tenir un podcast, c'est assez pertinent. surtout sur le format que je propose, où ce sont plutôt les invités qui parlent d'eux. Moi, j'ai qu'à les aiguiller, les amener là où je veux qu'ils aillent. Vous l'aurez compris, je sors un peu de ma zone de confort aujourd'hui, mais c'est peut-être ce que je cherchais un petit peu. Entre nous est né dans un rêve. Dans la journée, j'avais écrit un mail pro du genre « Entre nous, je pense pas que ça puisse être faisable dans les temps » . Et j'avais un petit doute sur l'orthographe s'il y avait un tiré entre « entre » et « nous » . Du coup, je suis allée sur Google, j'ai cherché. Dans la nuit, je fais ce fameux rêve. où j'écris ce même mail, sauf que je fais une faute de frappe et j'écris « entre nous » N-O-U-E. Ça me réveille en sursaut, comme lorsqu'on se réveille d'un cauchemar, avec l'adrénaline et le cœur qui palpitent, mais sans la peur ou l'angoisse. Je me dis que c'est un beau jeu de mots, j'aime bien son double sens, et impossible de me rendormir, je me retrouve à 3h du matin à regarder s'ils l'ont déjà pris, sur Instagram, sur l'Inpi. Et donc il se trouve que la marque existait déjà, mais n'était déposée que pour la classification vêtements. donc je me demande est-ce que je peux je pourrais en faire ? Qu'est-ce que... Oui, voilà, je me pose et j'arrive pas à me rendormir. J'avais l'intuition profonde qu'il fallait que j'en fasse quelque chose. Le lendemain matin, je dépose mon fils qui a deux ans à l'époque à la crèche. Et sur le chemin, c'est là que j'ai le flash. Je trouve que ça ferait un super nom de podcast. Faut savoir qu'à l'époque, j'écoute pas de podcast. Le format m'attire pas, mais j'entends les gens autour de moi me dire qu'ils en consomment, qu'ils en écoutent. Et je comprends qu'il y a un potentiel malgré tout. Et là, je me mets à imaginer ce que le podcast... pour être été, j'arrive déjà à cerner ce que je veux montrer, en quoi les personnes que l'on rencontre peuvent nous porter, montrer les parcours inspirants qui peuvent motiver d'autres personnes. J'ai déjà cette intuition que chaque épisode pourrait être relié entre eux. Et depuis le jour-là, l'idée ne m'a jamais lâchée, mais jamais. J'en parle autour de moi à quelques personnes proches de moi, et je vois que ça accroche. Au final, ça mettra véritablement deux ans à sortir. Je pense qu'à ce moment-là, le projet avait encore besoin de mûrir, et surtout dans ma vie perso, c'était pas du tout le bon moment. J'étais maman solo, j'en étais déjà à mon deuxième déménagement en moins d'un an, et je m'apprêtais à faire le troisième car j'achetais mon appartement. Donc trois déménagements en un an et demi. À côté de ça, mon fils était encore petit, il faisait difficilement ses nues, voire même je crois qu'il ne les faisait pas encore. J'avais à l'époque aussi la garde de mon fils, son père ne le prenait qu'un week-end sur deux. J'avais un boulot qui me plaisait mais qui ne me donnait aucun sens pour me lever le matin. Physiquement, j'étais à bout. Psychiquement aussi. Mais je pense pas que ce soit dans les moments où tout va bien, qu'on apprend à se connaître, c'est plutôt dans les moments un peu difficiles, où on se relève, que là vraiment on se retrouve réellement. Et cette leçon de vie, elle a infusé pendant des mois, des années, et je sais qu'entre nous, et là aujourd'hui, aussi, parce que j'ai traversé ces tempêtes. J'avais de la chance d'avoir une famille solide derrière, des proches aussi, mais le rythme de ma vie à cette époque était vraiment hors normes. J'avançais sans me poser, sans vraiment respirer, et avec le recul je crois que j'étais épuisée en fait, sans m'en rendre compte pour le coup. C'est que lorsque le rythme s'est calmé, que j'ai fini les travaux dans l'appartement, mon fils est devenu aussi plus autonome, on est passé en garde alternée avec son papa, et là j'ai pu prendre vraiment du recul et me rendre compte de ce qui s'était passé dans ma vie. Entre nous était encore dans ma tête à ce moment-là, mais pour le coup c'était plus un problème de temps mais plutôt mes propres freins qui me bloquaient. En quoi je suis plus légitime qu'une autre pour faire ça ? Et je crois qu'on est nombreux et nombreuses à se la poser cette question, ce genre de phrase qui fait pas de bruit mais qui freine tout. Malgré tout j'avais quand même créé la page Insta. au cas où. Et je continuais toujours à en parler autour de moi. Je crois que j'avais vraiment besoin de partager pour voir si c'était une bonne idée et d'avoir la validation de mes proches. Rentrée 2024, mon fils entre à l'école, moi je change de poste et je me retrouve à piloter un projet vraiment hors normes, extraordinaire au sens premier du terme. 120 lycéens qui créent un numéro hors série de Charlie Hebdo en lien avec l'équipe de rédaction de Charlie Hebdo, 10 ans après les attentats. C'était intense, c'était bouleversant, c'était porteur, j'ai vu des jeunes s'emparer de la liberté d'expression avec une maturité et une émotion incroyable, et des profs ultra investis et engagés, et de voir les lycéens si investis. pour leur liberté d'expression, ça m'a littéralement bouleversée. Je ne sais pas si ça m'a ramenée à mon moi adolescente, surtout qu'il y avait un lycée qui participait à ce projet, qui était mon ancien lycée. Et j'ai eu l'occasion du coup d'y retourner, de m'asseoir sur les mêmes bancs d'école que j'avais frôlés 15 ans auparavant. Comme si le temps s'était arrêté et que je reparlais à la jeune femme que j'allais être et de me rappeler quelles étaient mes aspirations à ce moment-là. Quelques mois passent encore entre nous et en sourdine, mais ça ne me lâche quand même pas. Et justement, le déclic, je vais l'avoir lorsque je participe à un jury entouré d'auteurs et d'autrices et que lors du déjeuner, j'échange avec l'une d'entre elles autour de son quotidien. Ça m'intrigue de savoir comment on organise ses journées quand on écrit un bouquin et surtout ce qu'on ressent quand on le publie. Comment on fait face à la critique alors qu'on vient de passer des mois entiers à ne vivre qu'autour de ça. Évidemment, dans ma tête, je fais un parallèle avec entre nous, mais ça, elle l'ignore. Et elle va me dire la phrase qui va vraiment tout changer pour moi. Elle me dit, pour vivre heureux, il ne faut pas vivre caché. Il faut vivre détaché. Je me suis prise ça en pleine face. Et après ça, je me suis posée vraiment, véritablement, avec la volonté d'y aller. Il n'y avait plus de doute sur est-ce que je devais y aller ou pas. Je savais que j'irais. Je me mets vraiment à être dans le concret. Je me teste à créer mon logo, mais c'est vraiment une catastrophe. Ma sœur, qui est graphiste, m'aide et elle crée toute une charte graphique, des couleurs, une typo, une identité visuelle. Je commence à visualiser entre nous et le voir prendre forme, c'est comme si le projet, pour la première fois, devenait réel. Et tout le reste devient un prêt limpide. Le ton que je veux donner au podcast, même le jingle, l'identité sonore, tout découle de ce visuel qui a été la première pierre concrète sur ce projet. Je l'ai un peu évoqué dans l'épisode avec Émilie, mais tout a changé le jour où j'ai arrêté de me dire est-ce que j'y vais ou pas, et que je me suis plutôt demandé comment j'y vais. Pendant deux ans, je n'ai pas véritablement avancé sur le projet. Bien sûr, il a mûri, mais au final, là où j'ai vraiment, vraiment avancé, c'est sur les derniers mois, en me posant les questions pratico-pratiques. T'enregistres comment ? Tu veux dire quoi ? À qui ? Pourquoi ? Enfin, la base. Et d'ailleurs, je me suis heurtée principalement aux questions techniques, parce que de base, ce n'est pas vraiment mon domaine. Donc j'ai passé des heures et des heures pour trouver le bon matériel, le site d'hébergement. Au départ, j'étais pas vraiment équipée. Initialement, je voulais que les épisodes soient filmés. Mais j'ai littéralement grillé mon ordinateur, qui avait un peu d'ancienneté, faut l'avouer, en chargeant deux vidéos d'une heure en 4K et en voulant commencer le montage. J'avais pas non plus mesuré le temps de fou que ça prend de faire le montage son, la préparation des interviews, la création de contenu. Donc bon, j'ai décidé que pour commencer, j'allais être plus sobre, au début en tout cas, et que pour l'instant, l'intégralité des épisodes n'est pas disponible avec la vidéo. Il y a seulement des extraits pour les réseaux sociaux, mais ça viendra. Ce projet m'apprend aussi à me dire que tout n'est pas parfait, rien n'est parfait même plutôt, et que ça ne doit pas être un blocage. Parce que jusqu'à présent, je me suis bloquée dans plein de choses dans ma vie, des projets que j'avais. Mais comme ce n'était pas aussi bien que ce que je voulais que ça soit, je ne les ai pas faits. Et après des mois à remettre, toujours un peu à plus tard, sans avoir de date fixe. Je me suis dit là vraiment tu te fixes une date que tu ne pourras pas dépasser et du coup j'ai eu un petit signe de l'univers. Je voulais le lancer en octobre mais je n'avais pas de date précise et il se trouve que le 18 octobre je me rends compte que c'est la Saint Lucas. J'ai un grand frère qui est décédé à la naissance qui s'appelait Lucas et la racine latine de Lucas ça veut dire lumière. Et cette lumière là je la ressens souvent avec moi, il m'accompagne dans beaucoup de décisions que je prends, c'est un peu mon soleil. Et quelle autre date possible pour lancer un podcast qui a pour ambition de vous apporter un peu de... un peu de lumière, d'éclairage et d'inspiration. Donc après des heures de montage, je vous raconte pas l'émotion que ça fait quand on appuie sur le bouton publier, c'est vraiment de la folie. Et vous savez quoi ? Le 18 octobre, il y avait un grand soleil. Si toi aussi, tu te reconnais dans une situation un peu similaire, si t'as une idée, un projet, une envie, mais que tu n'oses pas encore te lancer, c'est ok. Vraiment, il n'y a pas de retard, il n'y a pas de trop tard, pas de bonne ou de mauvaise vitesse, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise situation. Il y a juste ton propre rythme. ton propre moment. Et d'ailleurs, il y a une phrase que j'avais notée il y a quelques années de Michael Montporgo. Cette phrase, je crois qu'elle résume parfaitement l'histoire d'Entre-Nous. Et je ne regrette pas que le podcast ait mis deux ans à voir le jour, parce que pendant ce temps, il a pris de la profondeur, de la densité, il a mûri dans ma tête. Et surtout, il va continuer d'évoluer, il a encore plein de choses à améliorer, mais au moins, il existe et il vit. J'ai encore plein d'idées, de formats, de sujets, de rencontres que j'ai envie de partager ici. Ce que j'aime profondément dans Entre-Nous, et qui me montre que je suis dans le vrai, dans le juste, c'est la richesse des échanges avec les invités. Quand j'ai enregistré les premiers épisodes, j'ai compris à quel point... point chaque histoire comptée. Ce que mes invités partagent, c'est souvent ce qu'on n'ose pas dire ou qu'on n'a pas l'occasion de dire dans la vie quotidienne et c'est ce que j'aime capter. Il y a des moments suspendus où il se passe quelque chose où moi j'ai juste à m'effacer et à laisser cette magie opérer entre l'invité et le micro, c'est fabuleux. Si je devais retenir une chose de tout ce parcours, c'est que rien n'arrive vraiment par hasard. Chaque détour, chaque pause, chaque rencontre a un rôle à jouer. Entre nous, c'est un peu la preuve que quand on suit ce qui vibre en nous, même doucement, le reste finit toujours par s'aligner. Voilà ! Ça me paraissait important de poser les bases de la création d'entre nous et de partager ça avec vous. N'hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous en avez pensé et si ça vibre en vous. Si ce n'est pas déjà fait, je vous invite à vous abonner sur Instagram ou sur TikTok pour suivre les nouveautés et les coulisses. Ça m'aide énormément et surtout ça me fait chaud au cœur de savoir que ce projet vit aussi un peu grâce à vous. On se retrouve très vite avec l'invité de l'épisode 3. J'ai hâte de vous partager cette rencontre avec vous. A bientôt !