- Speaker #0
Bienvenue sur Entre nous, le podcast des histoires qui nous relient. Ici, les liens nous parlent, les rencontres nous déplacent, les histoires nous bouleversent. On écoute les parcours de vie, les trajectoires croisées, les liens et ce qu'ils font naître en nous. Chaque invité ouvre une fenêtre sur son univers et sur les rencontres qui l'ont porté jusqu'ici, puis nous amène vers une personne qui l'inspire, déroulant une chaîne de témoignages unique, vibrant et profondément humain. Tu viens avec nous ?
- Speaker #1
Marie-Lyne, c'est une de mes plus vieilles amies. On s'est rencontrées sur les bancs de l'école de stylisme, dans laquelle on était toutes les deux. C'est une personne extrêmement solaire, rigolote. qui adore se marrer et faire marrer les autres. Elle est toujours là pour toi, elle a toujours un mot gentil pour toi et même quand elle a toute sa charge mentale, ses trois enfants, son taf hyper prenant, elle est toujours capable de t'appeler, qu'elle soit en voiture, sur le chemin pour l'école, voilà te dire qu'elle a une petite pensée pour toi. C'est vraiment quelqu'un de très généreux. Et puis, Marilyn, en tant que maman, elle est épatante parce qu'elle gère trois enfants. Moi, j'en gère un, je suis déjà au bout de ma vie. Elle en gère trois et elle ne te fait absolument pas ressentir qu'elle en gère trois. Voilà, elle gère tout ça avec une fluidité, une simplicité incroyable. Et ça, franchement, c'est ultra épatant, inspirant. Je n'ai pas les mots, quoi. Je ne pourrais pas faire ce qu'elle fait. Tu vois, Marilyn, elle est déjà géniale à elle toute seule, mais là où elle m'a encore plus épatée, c'est quand elle a porté ses deux bébés, puisque Marilyn, elle a eu une grossesse gémellaire, et on sait que les grossesses gémellaires, ça peut être parfois un petit peu compliqué, stressant, et à ce moment-là, elle a géré comme une reine.
- Speaker #0
Bonjour Marilyn, on vient d'entendre Elvin, l'invité de l'épisode précédent, parler de... On n'a pas l'habitude dans la vie de tous les jours de se dire les choses comme ça. Donc je suis contente que tu aies pu entendre ces mots. Du peu de temps qu'on vient de se rencontrer, je trouve qu'effectivement tu as l'air très solaire. Et je suis épatée par ton organisation. On a calé l'enregistrement ce soir. Tu viens de finir ton boulot, une journée qui avait l'air d'être chargée. Et t'es là. Et oui. Donc tu as quel âge ?
- Speaker #2
J'ai 41 ans.
- Speaker #0
Tu as 41 ans et donc trois enfants.
- Speaker #2
Exactement. J'ai des jumeaux qui ont quatre ans et un fils, donc c'est deux petits garçons, et un fils qui a sept ans.
- Speaker #0
D'accord. C'était quoi ? C'était l'envie d'un petit deuxième ?
- Speaker #2
Exactement. Alors à la base, je m'étais promis d'avoir qu'un enfant. Et puis finalement, je me suis laissée tenter par un petit deuxième. Mais j'étais sûre d'une chose dans ma vie, c'est que je n'aurais pas. pas trois enfants. Pourquoi ? Parce que ma sœur avait trois enfants et que j'avais l'impression que c'était une Wonder Woman de fou et que j'étais incapable à mon échelle d'affronter la vie de maman avec trois enfants. Je voyais déjà la difficulté que c'était quand j'avais mon fils Antoine qui avait un an ou deux ans. Je ne m'imaginais absolument pas avoir trois enfants. Et la vie a décidé pour moi.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #2
d'avoir trois enfants.
- Speaker #0
Arrivée des jumeaux surprise, tu l'as appris quand ? Comment ?
- Speaker #2
Alors, j'ai eu ma première échographie. J'avais eu des complications avant parce que pour la petite histoire, donc mon fils aîné qui a sept ans, juste avant lui, j'ai été enceinte de jumeaux que j'ai perdus. Et c'était assez étrange comme histoire parce que j'ai une de mes cousines avec qui je suis très, très proche. Et on a longtemps cru qu'on était jumelles avec ma cousine parce que voilà on est très proches et on avait des ressemblances physiques quand on était petite et nos mamans s'amusaient à nous acheter les mêmes maillots de bain pour qu'on se ressemble bien sur la plage et je suis tombée enceinte au même moment que ma cousine de jumeaux. On avait trois semaines d'écart donc c'était assez fou et on a toutes les deux perdu ses jumeaux. Mais sachant que dans notre famille il y avait... C'est récurrent, en fait. Il y a eu des jumeaux. Ma grand-mère était jumelle. Mon arrière-grand-mère, j'ai su il y a très peu de temps qu'en fait, elle était jumelle. Mais à l'époque, sa jumelle était morte en couche. Et donc, voilà. Donc, avec ma cousine, on s'était dit, c'est fait. Il y avait un risque. Et ce risque-là, malheureusement, ce ne sera pas pour nous. Et je suis retombée enceinte de jumeaux quatre ans après. Et cette fois-ci, ça a marché, mais je ne m'y attendais pas. Autant, tu vois, la première grossesse, j'aimais l'air. Je savais qu'il y avait un risque dans la famille. J'étais plus ou moins préparée, tu vois. Il fallait que ça tombe sur quelqu'un dans la famille. Bon, ben voilà, c'est tombé sur moi. Mais c'est tombé sur moi deux fois.
- Speaker #0
Au départ, tu pensais que tu n'en avais qu'un ?
- Speaker #2
Oui, j'ai fait une première échographie de contrôle, je crois que c'était à un mois et une semaine. Et là, on m'a dit, le bébé va bien. Mais vu que j'avais fait aussi entre-temps deux grossesses extra-utérines, tu connais les risques des grossesses extra-utérines, ma gynéco, à Merci, m'a demandé de revenir deux semaines et demie ou trois semaines après, je ne sais plus exactement. Mais elle m'a dit, voilà, c'est juste une échographie de contrôle. Donc, ce n'est pas forcément la peine que monsieur pose un jour. Enfin, voilà, c'est juste un petit contrôle pour s'assurer que l'embryon ne migre pas. Et donc, j'y vais, voilà, pensant que c'était juste une échographie de contrôle. Et là, elle me regarde et elle me dit, vous voyez ce que je vois ? Et là, je vois les deux poches. En fait, c'était une grossesse gémellaire monocoriale et biamyotique. Donc, il y avait vraiment une seule, enfin, un seul placenta. Mais effectivement, on... on pouvait quand même voir qu'il y avait déjà deux petites poches qui se dessinaient. Donc voilà, j'ai compris tout de suite ce qui se passait. Et mon premier réflexe, ça a été de regarder ma gynéco. Je lui ai dit, ah non, mais je n'en veux pas deux.
- Speaker #0
Et elle m'a dit, bah oui, mais il y en a deux.
- Speaker #2
Et là, elle est allée chercher deux sages-femmes qui sont venues me voir, qui ont tout de suite compris que je n'acceptais pas la nouvelle aussi facilement que ça. Je leur ai dit, mais je n'en veux pas deux. Enfin, je... Qu'est-ce qu'on peut faire ? Ce n'était pas dans mes plans de vie. Et j'ai une chance incroyable parce que j'ai un mari qui a su trouver tout de suite les mots. En fait, je l'ai appelé, il a décroché le téléphone, il m'a dit alors, est-ce que ça va ? Est-ce que ça s'est bien passé ? Et je lui ai dit non mais tu n'es pas prêt. Là mec, tu n'es pas prêt, je ne sais même pas ce qui t'arrive. Et tout de suite, lui il m'a dit, ok, il y en a deux. Je lui dis « comment tu sais ? » Il me dit « écoute, pour que tu me dises que tu n'es pas prêt, voilà. » Et je pense qu'il a entendu, avec le son de ma voix, que je n'étais pas sereine à l'annonce de cette nouvelle. Et tout de suite, il m'a dit « écoute, mais ça va aller, il y a plein de gens qui ont trois enfants, regarde ta sœur et Bruno, ils gèrent, si eux arrivent à avoir trois enfants, pourquoi pas nous, on va y arriver, ne t'inquiète pas. » On va s'organiser en fonction et puis ça va le faire en fait. Et ça le fait. S'il avait raison, ça le fait.
- Speaker #0
Au-delà de ton mari, tu t'es sentie accompagnée durant la grossesse peut-être ou même à l'annonce de cette grossesse gémelle ?
- Speaker #2
J'ai une chance incroyable. J'ai beaucoup de très vieilles amies qui sont vraiment très proches, comme Elvin notamment, ou d'autres, je ne vais pas toutes les citer, mais j'ai vraiment énormément d'amis qui m'ont accompagnée et qui m'ont même aidée à l'arrivée des jumeaux qui sont venus parfois des week-ends pour m'aider à préparer des repas. J'ai ma grande sœur aussi qui a été incroyable. Quand j'ai accouché, j'ai ma maman qui est venue passer les 15 premiers jours à la maison. Après, j'ai ma sœur qui a posé une semaine de congé et qui est venue aussi nous aider. Le premier mois et demi, on n'a jamais été seul avec mon mari. On avait toujours quelqu'un à la maison pour nous aider dans l'intendance. Des choses toutes bêtes, les lessives, faire à manger. Quand tu as un bébé, tu es débordé. Quand on a deux plus un enfant de trois ans et demi, forcément.
- Speaker #0
Et c'est ce qu'on appelle le mois d'or. Je pense qu'on n'anticipe peut-être pas... Bon, toi, c'était déjà quand même une deuxième grossesse, mais on n'anticipe pas avec le premier, je trouve, ce mois d'or qui est vraiment crucial et donc d'être entourée dans cette période-là.
- Speaker #2
Ah oui, non, c'est une vraie richesse. Et tu vois, la chance que j'ai eue aussi, c'est d'avoir croisé le chemin de Christina. Christina, en fait, elle a eu des jumeaux en même temps que moi, j'ai eu mon premier enfant. Antoine a été gardé avec ses jumeaux chez la nounou. Et au moment où nos enfants étaient encore chez la nounou, un jour, pareil, je la croise, on était sur le pas de porte de la nounou et je lui dis « Christina, je suis enceinte de jumeaux » . Et elle a été incroyable, c'est une des rencontres de ma vie, c'était la personne qu'il me fallait à ce moment-là. Elle était pleine de bienveillance et en même temps, elle ne m'a pas menti. Elle n'a pas essayé de me rassurer en me disant « mais t'inquiète, tu vas gérer, ça va le faire » . Elle m'a tout de suite dit « franchement, ça va être chaud, je ne vais pas te mentir, c'est compliqué » . À ce moment-là, elle est polonaise, elle revenait de Pologne, elle avait passé une semaine dans sa famille parce qu'elle était limite en burn-out parental, elle n'en pouvait plus. Et elle m'a dit à quel point ça pouvait être compliqué d'avoir des jumeaux, parce qu'effectivement, ça l'est. Mais elle avait des jumeaux qui avaient trois ans et demi. Et tous les matins, elle passait prendre mon fils chez moi, Antoine, pour l'emmener à l'école, pour que moi, je n'aie pas à sortir les jumeaux qui sont nés en janvier. Donc, t'imagines bien, des bébés de janvier, il faut les en mitoufler pour pas qu'ils prennent froid. Et elle, tous les matins, elle passait. Enfin, voilà. Donc, c'est vraiment une des chances qu'on a eues avec mon mari. Tu vois, c'est celle-ci, en fait. C'est d'avoir eu une famille très présente à ce moment-là, d'avoir eu des amis, des connaissances qui ont vraiment compté pour nous et qui ont fait que les choses, finalement, ont suivi leur cours. Voilà, en fait, on était sur un fleuve, tu vois, on était en canoë-kayak, tu vois, tous les deux en train de ramer, mais on avait des gens qui essayaient de faire des barrages à des moments où c'était hyper chaud, tu vois, pour nous d'avancer, et ça c'est chouette. Et puis tu vois, aujourd'hui tu me demanderais d'avoir une vie différente, je te dirais bien évidemment que non, parce qu'en plus, je crois qu'inconsciemment j'ai... Peut-être du mal à l'accepter, mais j'ai toujours eu un truc avec la gémellité. C'est vraiment quelque chose qui me fascine autant qu'il m'intrigue. Et du coup, d'avoir des jumeaux, en plus des jumeaux issus, ils ont le même code génétique. Et je trouve ça incroyable. À la naissance, ils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. On a dû laisser les bracelets pendant une semaine pour vraiment bien identifier Édouard et Gaspard. Et puis même cette relation qu'il y a entre eux, c'est assez magique, c'est assez fou.
- Speaker #0
Et au bout d'une semaine, vous arriviez à les distinguer en tant que parents ?
- Speaker #2
Oui, on ne les a jamais... Je ne veux pas dire qu'on ne les a jamais confondus, mais en même temps, tu sais, des fois les parents peuvent facilement switcher le prénom de tes enfants. Mais évidemment, pour moi, il y a Edouard et Gaspard, ces deux êtres très différents. Je ne peux pas dire qu'ils ne se ressemblent pas, évidemment qu'ils se ressemblent, mais je vois énormément de différences entre eux.
- Speaker #0
L'arrivée de tes jumeaux, donc ils sont nés en janvier, et ton fils Antoine avait, si mes calculs sont bons, 3-4 ans, c'est ça ?
- Speaker #2
Il avait 3 ans et demi. Il rentrait à l'école quand j'étais enceinte jusqu'au coup. Je ne m'étais rien imaginé, je n'avais rien fantasmé, et je m'étais dit, bon ben voilà... advienne que pourra, tu vois, on gérera. Voilà, il y a deux coups, tout est là. Et puis en fait, tu improvises. Tu vois, je n'ai pas de recette miracle. Et je crois que moi, ce qui m'a aidée, mais c'est très personnel, je pense qu'il y a des femmes qui ont besoin vraiment d'être très rassurées et qui pourraient, enfin, qui ont besoin de ça, tu vois, besoin de s'imposer un rythme. Moi, plus je m'impose des règles et plus je sors, tu vois. Plus tu me fermes le carré, plus tu m'enfermes dans un carré, plus je vais essayer de trouver une issue. Donc finalement, j'ai pris les choses comme elles venaient. Et puis, tu te réadaptes sans cesse parce que... Bah, je... Je ne considère pas que mon expérience soit meilleure, soit bonne, ou que chaque bébé est différent. Même des jumeaux, des tout-petits, tu comprends tout de suite qu'ils ont des tempéraments très différents et qu'ils ne vont pas interagir avec toi de la même manière. Par exemple, Gaspard, dès le départ, il a passé ses nuits à dormir contre moi, sur moi, et ils ne pouvaient pas... se séparer d'Edouard. Et moi, je n'avais pas envisagé le cododo parce que je m'étais dit, avec deux bébés, le cododo, tu vois, ça, pour le coup, je... Ouais, je ne l'avais pas envisagé. Et finalement, au bout de cinq jours, j'en pouvais plus et j'ai appelé ma copine Marion. Je savais qu'elle avait un cododo et je lui ai dit « Ah, il faut que tu m'aides ! » J'ai Gaspard qui n'arrive pas à dormir sans Edouard, il avait vraiment besoin de le sentir contre lui. Et du coup, finalement, on a mis en place un cododo. Et effectivement, pendant, je crois, les trois premiers mois, Gaspard était incapable de dormir sans sentir son frère Julien.
- Speaker #0
Alors, cododo, ils dormaient tous les deux dans le cododo ?
- Speaker #2
Oui. Oh ouais ? Tête bêche, en fait. Et parfois, tu étais obligé de les mettre tête contre tête, sinon... Gaspard, il avait plus de mal à s'apaiser. Alors qu'Edouard, lui, tu le posais et il dormait plus naturellement.
- Speaker #0
Et ton fils Antoine a vécu comment l'arrivée des jumeaux ?
- Speaker #2
Plutôt très bien, mais c'est un enfant qui est extraordinaire. Il n'a jamais montré de signe de jalousie. Je ne sais pas, il a plutôt bien accepté et au contraire, il a été assez... assez extraordinaire. Il voulait nous aider déjà tout petit. Alors parfois, je m'interroge, je me dis, est-ce qu'il n'a pas grandi trop vite ? Parce que forcément, à trois ans et demi, là, je vois Édouard et Gaspard, ils ont quatre ans, ils ont encore besoin qu'on les caline beaucoup, qu'on les porte, qu'on les prenne dans les bras, qu'on les rassure. Forcément, quand tu as deux bébés qui arrivent... Antoine a dû prendre son indépendance et se débrouiller émotionnellement beaucoup plus rapidement que ses frères.
- Speaker #0
Et ton postpartum a été différent entre l'arrivée des jumeaux et ton premier fils ?
- Speaker #2
Pas tant. Par contre, j'ai un souvenir. Je ne sais plus si c'est au bout de 3-4 jours où on a vraiment la chute des hormones. Et là, forcément, j'avais un pic hormonal qui était très élevé, vu que j'étais sur une grossesse gémellaire. Et quand j'ai eu la chute, j'ai eu une chute mais... Hyper brutale en 24 heures, et là je me souviens un soir avoir énormément pleuré et je n'avais aucune raison, je sentais en fait que c'était mon corps qui lâchait et les hormones qui chutaient à ce moment-là.
- Speaker #0
Ok, ouais, que 24 heures ?
- Speaker #2
Mais après, peut-être parce que, tu vois, je sais pas, j'avais la tête dans le guidon, j'ai l'impression, tu vois, quand je repense à cette période-là... J'ai l'impression des fois d'avoir déconnecté mon cerveau où tu te dis, de toute façon, il faut y aller, ils sont là, il faut gérer, tu as trois enfants en bas âge, il faut faire le taf. Et tu ne peux pas te permettre, tu vois. Tu ne peux pas te permettre de mettre un genou à terre.
- Speaker #0
Et ce n'est même pas venu après coup ? Une fois qu'ils étaient en venue autonome ou autre, avec l'arrivée à l'école ?
- Speaker #2
Non, après, ce n'est pas tous les jours facile. Je ne dis pas que... Tu vois, j'aurais aimé être une maman qui ne crie jamais, qui épice tout le temps, qui est toujours dans la compréhension, qui trouve toujours les mots justes. Non, je ne suis pas cette maman. J'essaie de l'être, mais à certains moments, je pète des plombs parce que, voilà, à certains moments, je me sens dépassée. Je n'ai pas eu de période avec une phase de dépression ou autre. J'ai eu cette chance-là, du moins, de ne pas l'avoir, parce que je vois, j'ai autour de moi des copines qui ont eu des postpartums très, très compliqués. Ce n'est pas une science exacte et tu ne le maîtrises pas, et tu n'es pas plus solide parce que tu gères. Tu vois, c'est un petit peu la roulette russe. Je crois que ça, c'est quelque chose qu'on ne peut pas maîtriser. Tu vois, c'est juste, j'ai eu de la chance.
- Speaker #0
Parce qu'on ne l'a pas dit dans l'intro, mais tu travailles aussi, tu n'es pas mère au foyer.
- Speaker #2
Je suis responsable image de marque pour l'entreprise Chocéa. Je m'occupe de l'image, des supports, des tournages, des shootings. Je suis dans le service marketing. Donc en fait, voilà, c'est comment on anime commercialement le groupe. On fait des belles rencontres, on fait des beaux projets. Et puis, ce que j'adore dans ce métier, c'est que tu n'as pas un mois qui se ressemble. Tu vois, tu ne fais jamais la même chose. Il faut être assez créatif, tu vois, pour essayer de se renouveler sans cesse. Pour le coup, je n'ai même pas envisagé le fait de m'arrêter de travailler. Ce n'était pas une option pour moi, tu vois. C'est hyper important pour moi l'équilibre entre être une mère et une femme. Merci. Et puis, quand tu as des jumeaux et en plus ton troisième enfant, tu as la chance quand même d'avoir un congé maternité qui est plus long. J'ai repris le travail, les jumeaux avaient huit mois.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Donc, c'est sûr, ce n'est pas simple. Il y a un rythme à mettre en place.
- Speaker #0
Pour le papa aussi, il est plus long ?
- Speaker #2
Non. En plus, mon mari travaille au Luxembourg. Et du coup, lui, il a eu dix jours. Donc, en fait, pour lui, ça a été beaucoup plus difficile que pour moi. Parce que lui, dix jours, les trajets pour aller au Luxembourg, et en fait, il a vraiment voulu gérer autant que moi. Il ne s'est pas reposé sur moi. Il a vraiment fait son taf de papa comme un chef. Et lui, pour le coup, il a eu une phase où il a eu vraiment un vrai coup de mou. Parce que c'était trop pour lui. Il se levait la nuit comme moi, il m'aidait, même si moi, j'ai allaité les jumeaux. Oh ouais, d'accord. Je les ai allaités en exclusif pendant un mois. Et puis, j'ai vu une sage femme qui m'a dit... Elle m'a vraiment fait déculpabiliser. Pour moi, c'était chouette d'allaiter. Et puis, j'adore. C'est génial d'avoir... ton enfant contre toi. Je trouve que c'est vraiment une expérience hyper riche avec ton bébé. Et moi, j'allaitais les deux en même temps. Du coup, je les tenais comme ça. Tu vois, c'était assez fou. Mais j'ai une sage-femme qui m'a dit un jour vous allez vous épuiser. Ça fait déjà un mois, c'est super. Mais autorisez-vous quand même d'aller sur du mix. Donc, je crois qu'autour d'un mois, un mois et demi, j'ai fait du 50-50.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #2
Donc, je donnais un biberon en même temps que le deuxième était au sein.
- Speaker #0
Tu n'as pas tiré à l'été non plus ?
- Speaker #2
Non, ça, pour le coup, je ne sais pas pourquoi, ce n'était pas… Je n'avais pas envie, tu vois, de tirer mon lait. C'était trop, tu vois, enfin… Moi, j'admire, tu vois, les femmes qui allaient, qui en plus tirent leur lait. C'était trop. Ça, je ne pouvais pas.
- Speaker #0
Mais effectivement, je me dis, toi qui es beaucoup en déplacement et ton mari qui travaille au Luxembourg, c'est quand même une organisation sérieuse.
- Speaker #2
Oui, et en fait, on est tous les deux, avec mon mari, vraiment passionnés par ce qu'on fait. Et je crois que ça, ça nous aide énormément. Tu vois, je pense que si j'avais un mari, il faut quelqu'un qui comprenne, tu vois, qui comprend que mon métier, c'est important, que je suis passionnée par ce que je fais, au même titre que lui. Donc en fait, on est tolérant. Lui aussi, parfois, il va rentrer à 21h parce qu'il a une grosse charrette et qu'il ne veut pas s'arrêter dans sa créa. Et je comprends parce que je fais la même chose. C'est ça.
- Speaker #0
Il n'y en a pas un de vous deux qui est frustré de mettre sa carrière de côté pour manger de la maison ?
- Speaker #2
Évidemment, il faut toujours qu'il y en ait un qui soit là. Tu vois, on ne peut pas... C'est compliqué de ne pas être là en même temps, mais on arrive toujours à s'organiser pour que... En tout cas, pour le moment, ça va. Les pièces du puzzle, ça semble plutôt bien.
- Speaker #0
Justement, j'avais vu une vidéo, je me demande si ce n'est pas il y a deux jours, qui parlait de ce que l'arrivée d'un enfant pouvait faire sur un couple. Et elle a donné une image que j'ai trouvée trop belle. C'est qu'avant, quand ils étaient seuls, il y avait un fil qui les reliait, mais il était long. C'est-à-dire qu'en gros, il n'y avait pas de... D'impact direct sur le fait que l'un ou l'autre sorte, ou dise ce soir je ne suis pas là, on se voit après. Chacun pouvait faire un peu sa vie sans que ça impacte directement l'autre. Mais dès qu'il y a l'arrivée d'un enfant dans un couple, ça fait que le fil se resserre, se resserre, et ça fait que le fil ne fait plus que quelques centimètres. Ce qui fait que si l'autre a un impératif ou veut sortir... Ça impacte directement l'organisation. C'est vrai. Et j'ai trouvé ça très beau. Elle montrait que ça soudait un couple, en fait, d'avoir un enfant. Plutôt que de ce qu'on a aussi tendance à avoir, et ça peut déchirer, ça peut être... C'est bouleversant, mais il faut juste trouver la bonne organisation. Et communiquer, peut-être. J'ai l'impression que vous communiquez beaucoup avec ton mari aussi.
- Speaker #2
Oui, alors moi, ce n'était pas mon fort au départ, tu vois. Mon mari, c'est un bon communicant. Il ne laisse pas traîner les choses, tu vois. Et il n'est pas culpabilisant pour autant, tu vois. Mais c'est quelqu'un qui va très facilement mettre sur la table les problèmes et en parler. Et donc, c'est vrai que ça, c'est chouette. Donc maintenant, j'essaie de faire comme lui, mais j'avoue qu'il est meilleur que moi.
- Speaker #0
Ça fait longtemps que vous êtes ensemble ?
- Speaker #2
En fait, on s'est rencontrés à Condé. Et devine quoi qui nous a fait nous mettre ensemble ? C'est Elvin.
- Speaker #0
Ah bon ?
- Speaker #2
Ouais ! Elvin était pote avec mon mari. et toute la bande de potes de mon mari. Et moi, je ne m'intéressais pas du tout à cette bande de mecs, absolument pas. Et Elvin n'arrêtait pas de nous dire, à Léa et à moi, on était un trio, on était tout un foire ensemble à Condé, Léa, Elvin et moi. Et Elvin passait son temps à traîner avec les mecs qui étaient en graphisme. Et puis Léa et moi, on les ignorait totalement. et puis Elvine elle a tout fait elle a vraiment tout fait pour que je me mette en couple avec mon mari ah ok c'est très drôle et du coup on s'est mis ensemble pour la vie pour la vie au delà du mariage là vous êtes liées 3 fois c'est clair là on peut plus je vais revenir en arrière tu dis que c'est pas tout simple tous les jours mais ça parait quand même vraiment
- Speaker #0
Très très simple. Enfin, tu prends comme ça vient et puis... C'est un espèce de lâcher prise qui est assez inspirant, je trouve.
- Speaker #2
Oui, c'est drôle que tu me dises ça, parce que... Alors, je n'ai pas un lâcher prise sur tout. Tu vois, par exemple, ce week-end, j'ai une de mes copines qui m'a emmenée, pas très loin d'ici d'ailleurs, faire un atelier de relaxation avec des bols tibétains. et tout ça. Et ma pote, elle a un lâcher-prise incroyable, j'admire. Au bout de dix minutes, elle est zen alors que moi, j'ai plein de pensées qui passent dans ma tête. Ah, mais attends, j'ai oublié ça. Ah, mais il y a une sortie cette semaine à l'école, là, il faut que je prépare les sandwiches. Tu vois ? En fait, je ne m'angoisse pas. C'est vrai que je ne suis pas quelqu'un de très angoissé, très stressé. C'est vrai que je prends un peu la vie comme elle vient. Mais... Lâcher prise, ce n'est pas non plus ce qui me définit le mieux.
- Speaker #0
D'accord. Ça fait une belle transition sur la charge mentale. Parce qu'en fait, c'est ça ce que tu viens de définir. C'est qu'on pense tout le temps à tout. Et on a la to-do list qui est presque en filigrane au-dessus de notre tête.
- Speaker #2
Alors, oui, moi, j'ai comme une application dans la tête. Elle est tout le temps ouverte. Et puis, des fois, j'ai des notifications qui pop. Et puis tu vois, je les remets dans la boîte. Sauf que ma notification, tu vois, par exemple, ça fait un mois que je dois prendre rendez-vous pour mes enfants chez le dentiste. Ma notification rendez-vous dentiste, elle pop, tu vois, le soir à 22h et je me dis, je le ferai demain. Et le lendemain, je l'oublie.
- Speaker #0
Vous utilisez une application avec ton mari ou pas sur les choses à faire ? Comment vous vous organisez pour vous répartir un peu ?
- Speaker #2
On a un agenda partagé qui est bien fourni et on s'envoie des notes pour les courses et puis on a un tableau à la maison, un tableau papier, tu vois, un gros rouleau papier sur un mur à l'entrée et puis on griffonne en fait ce qu'on a à faire ou les urgences ou les impératifs et puis voilà. Et puis une fois que c'est fait, tac, on arrache et on déroule, tu vois, le rouleau comme ça.
- Speaker #0
Ah, c'est trop bien !
- Speaker #2
Bah écoute... Je ne sais pas si c'est bien, mais en tout cas, c'est notre méthode.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #2
Mais elle n'est pas si efficace que ça, parce que tu vois, ça fait plus d'un mois que je dois prendre rendez-vous chez le dentiste.
- Speaker #0
On verra peut-être que tu prendras rendez-vous demain. Est-ce que dans les coups de mots, dans le stress, parfois comme tu dis, parfois on se sent aussi mauvaise maman, qu'est-ce qui te fait déculpabiliser ou sortir de cet état ? Un peu plus d'un.
- Speaker #2
J'ai quelqu'un qui m'inspire et qui me ramène un peu à la raison, tu vois. Si je veux trop, parce qu'on est quand même dans une société où on nous incite toujours à ne pas forcément se satisfaire de ce qu'on a, à vouloir toujours plus. Et puis, qu'est-ce que la réussite aujourd'hui ? Tu vois, ça, c'est une vraie question aussi. La réussite d'aujourd'hui et puis la même réussite il y a 40 ans en arrière. Et je pense souvent à ma grand-mère qui a 100 ans et qui a un mode de vie assez particulier. Elle vit en haut d'une montagne, toute seule. Je ne saurais même pas te dire depuis combien de temps elle vit seule. Je pense que ça fait 50 ans qu'elle doit vivre seule. Peut-être même plus, je ne saurais pas dire. En haut d'une montagne où en fait elle n'a aucun confort moderne, elle vit de rien, elle n'a pas l'eau chaude, elle n'a pas de salle de bain. La vie chez elle, elle s'est arrêtée je dirais dans les années 40, 50, tu vois, rien n'a bougé. Elle a sa bouilloire qui est sur son petit poêle parce qu'évidemment elle n'a pas de chauffage central, tu vois. C'est un rocher, tu vois, accroché à sa montagne, c'est une roque qui est... Et quand tu la vois, tu te dis mais...
- Speaker #0
Elle est encore là, 100 ans, et elle n'a aucune aide. Elle n'a pas d'infirmière qui passe, elle est vraiment autonome. Elle a toute sa tête, tu peux avoir des discussions avec elle. Je ne fantasme pas sa vie, je ne veux pas vivre comme elle, si tu veux, mais juste te dire qu'avec aussi peu, tu peux être heureux. Elle, le matériel, c'est loin d'elle, elle s'en fiche. Tu vois, c'est pas l'important. L'important, c'est pas d'obtenir quelque chose, tu vois.
- Speaker #1
Est-ce que t'as l'impression d'avoir réussi ta vie ? Parce que tu disais tout à l'heure, tu, de réussir sa vie, que la notion de réussir sa vie, elle était un peu, un peu biaisée.
- Speaker #0
Ouais, réussir sa vie, tu vois, t'as des gens, réussir leur vie, ça va être à obtenir une vraie liberté et se dire que, voilà, ils sont pas dépendants d'un travail, ils sont autonomes. Il t'en a d'autres. L'appartenance à une classe sociale va être très importante. Moi, en tout cas, je suis heureuse dans ma vie, vraiment. Et je suis contente de ce que j'ai construit. Ça, c'est une certitude, oui.
- Speaker #1
Et au-delà de ta grand-mère, est-ce qu'il y a aussi une phrase qui t'inspire ? J'ai vu sur ton compte Instagram que tu avais partagé pas mal de mantras, de phrases comme ça. Il y en a certaines qui m'ont bien plu.
- Speaker #0
Effectivement, il y a « Vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle. » Eh bien oui, ça je le donne tout parfaitement. Oui, c'est vrai que j'adore cette phrase. « Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle. » Et tu vois, le risque est beau. Ça, j'adore aussi. Tu vois, risque et progrès. Tu vois, c'est tu prends des risques pour progresser. Je crois que oui, profondément, ça ne me dérange pas de prendre des risques. J'aime bien. C'est... Depuis ma deuxième année à Condé, effectivement, on avait travaillé toute l'année sur un sujet qui allait tomber à l'examen et le sujet, c'était risque et progrès. Donc, en fait, on a dû étudier énormément de textes sur... mais des textes, tu vois, pas forcément des textes récents, tu vois, sur un large panel de... d'écrivains ou même d'artistes, tu vois, qui avaient traité cette thématique-là. Et je trouvais ça hyper inspirant à l'époque, tu vois. Et quand t'es étudiant, surtout, en art appliqué, où tu sais pas trop, tu vois, comment tu vas être mangé plus tard, tu vois. Et je trouve ça hyper chouette, tu vois, de se dire, allez, faut prendre des risques et peut-être que ça payera, tu vois. Et je m'en souviens, je suis partie vivre à Paris après mes études à Nancy. C'est plus mon mari, au départ, qui voulait partir à Paris. Et c'était justement l'année où, tous les deuxièmes années, on étudiait justement le sujet risque et progrès. Et il me disait, ouais, moi, de toute façon, l'année prochaine, je pars à Paris. Et moi, je me dis, oh là là, mais moi, je ne sais pas si je veux partir à Paris. C'est bon, j'étais déjà à Lyon avant, à Marseille, après à Nancy. Tu vois, je ne savais pas. Et justement, il m'avait dit, bah attends, hé, risque et progrès. Et du coup, on est partis tous les deux à Paris.
- Speaker #1
Bah écoute... On arrive à la fin de notre échange. Marilyn, ça a été un vrai plaisir de te recevoir.
- Speaker #0
Pareil, c'était super chouette.
- Speaker #1
On va continuer notre échange et tu vas me donner le nom d'une personne qui t'inspire qu'on retrouvera dans l'épisode suivant. Moi, je vous donne rendez-vous très vite. Je vous remercie beaucoup pour toutes vos écoutes. Vous pouvez nous retrouver sur toutes les plateformes d'écoute. N'hésitez pas aussi à vous abonner sur Instagram et sur TikTok. À bientôt !