Speaker #0J'ai longtemps hésité avant d'enregistrer cet épisode, parce que c'est un sujet qui me touche profondément. C'est vraiment un sujet que je considère intime, ou quasiment tabou dans ma vie. Mais aujourd'hui, voilà, je vais te parler de mon rapport au poids, de ce que ça représente pour moi, de ce que j'ai vécu et de ce que je vis encore toujours aujourd'hui. Ça va pas forcément être un épisode très long, mais c'est un épisode sincère. Et voilà, je veux vraiment que ça reste brut, sans filtre, parce que... Je sais que je ne suis pas le seul à ressentir tout ça et que peut-être ça résonnera chez toi aussi. Donc je te laisse t'installer confortablement, je te laisse faire ton ménage, être en voiture ou autre. Et on va discuter un peu de ce sujet assez intime. Bonne écoute les copains ! Alors, rapidos, juste avant de démarrer l'épisode, je voulais vraiment vous remercier pour tous les retours positifs que j'ai eus sur l'épisode avec Léa. Vous avez été nombreux, vraiment, à m'écrire pour me dire que vous aviez beaucoup rigolé à l'épisode, que ça vous avait aussi beaucoup fait réfléchir à les différents sujets qu'on avait abordés. Donc, merci beaucoup, parce que c'était assez stressant en tant que premier épisode à deux. Je n'avais pas les mêmes micros que d'habitude, etc. Mais vraiment content des retours que j'ai eus, donc je pense que je ferai de nombreux autres épisodes avec divers invités pour pouvoir parler de plein de choses. Alors passons maintenant au vif du sujet, donc l'épisode 6 du podcast Entre nous c'est tout, mon rapport au poids. J'ai toujours été sportif, vraiment depuis petit, toute ma vie a tourné autour du sport. et j'ai grandi avec cette idée que ton corps, c'est ton outil de travail, en gros. Si tu veux performer dans ta passion, ton corps doit être fort, solide, performant. Mais pour autant, tu vois, j'ai jamais été sec, musclé ou quoi. Depuis petit, j'ai toujours été un peu plus rondouillé que la plupart de mes copains. Sûrement une question de morphologie. Et jusqu'à mes 18 ans, je n'ai jamais trop focalisé, en gros, mon cerveau sur mon apparence et mon poids. Certes, il y avait forcément les premières comparaisons au lycée. Mais vu que je faisais beaucoup de sport, je ne m'y attardais pas forcément. Mon corps me permettait de performer dans le basket, et c'était un peu tout ce qui m'importait à l'époque. Après mes 18 ans, c'est là où il y a eu un moment charnière, que j'ai rarement raconté en fait, c'est le début de la vie d'adulte. Puisque jusque-là, quand tu es au collège, au lycée exactement, wow, tranquille Loïc, ne bégaye pas. Je disais quand tu es au collège, au lycée... tu es dans un cadre structuré. Tu as ton sport, tu as les cours, tu es chez papa et maman. Ce n'était pas forcément la scène tous les jours, mais au moins, tout tourne autour de quelque chose de stable. Puis un jour, tu as ton bac et tu es lâché dans le vrai monde, dans le monde d'adulte. Et c'est là que tu dois gérer tout seul. Et moi, c'est là où j'ai commencé un peu à galérer puisqu'il faut se faire à manger, il faut tenir une hygiène de vie, il faut bien dormir. Et c'est des nouvelles choses, quand même. In de rien, à 18 ans, on reste jeune. Et moi, en parallèle, le problème que j'ai eu, c'est que c'est exactement au même moment que mon anxiété a commencé à prendre de plus en plus de place, et tout ça, silencieusement. Donc, j'ai commencé à faire des crises d'angoisse, à avoir du mal à dormir, paralysie du sommeil, insomnie, etc. En gros, je cogitais tout le temps. Et au début, en fait, je n'ai pas du tout... Enfin, moi, je n'ai pas du tout fait le lien entre cette anxiété, la nourriture ou mon poids. J'avais pas le recul nécessaire. Et maintenant que je sais que quand t'es pas bien dans ta tête, t'as vite fait de lâcher prise sur tout le reste. Donc après mes 18 ans, petit à petit, j'ai commencé à sortir, à faire la fête, à repousser entre guillemets mes limites, manger n'importe quoi, boire plus qu'avant. C'était vraiment un ensemble, un cocktail que mon corps n'avait jamais connu. Et c'est une première chose qu'il a dû encaisser, mais bon, un peu comme... Comme tout le monde, j'ai envie de te dire, forcément, quand on découvre la vie étudiant, le fait d'être autonome, etc., il y a forcément des impacts sur notre hygiène de vie et sur notre corps. Et moi, la deuxième chose que mon corps a dû encaisser et qui m'a fait beaucoup de mal, c'est le confinement. Là où j'ai envie de te dire que beaucoup se sont un peu redécouverts, moi, je me suis vraiment enfermé. Parce que j'avais perdu mes repères, j'ai perdu mon rythme sportif. Et du coup, j'ai compensé à côté. J'ai compensé par la nourriture, par le repos, par le déni. parce que je me souviens de ce que je me disais à l'époque. Et vous avez peut-être trouvé ça bizarre, mais certains se la butaient au sport. Et moi, ce que je me suis dit, c'est tout l'inverse. En gros, je me suis dit, c'est l'occasion pour toi, après des années à maltraiter ton corps au niveau sportif, c'est l'occasion là de le laisser au repos. En gros, la vie a fait qu'il fallait que ce confinement tombe à ce moment-là. Après 10 ans où tu as fait du sport de manière intense, où tu ne t'es jamais reposé, là, boum, tu as un confinement, tu n'échappes pas vraiment, tu n'as plus de sport, tu n'as plus rien. Moi, je me suis dit, c'est l'occasion pour toi Loïc de te foutre la paix. Tu n'as plus rien à gérer, profites-en pour prendre une grande bouffée d'air frais. Lâche-toi la grappe physiquement, lâche-toi la grappe mentalement. Et c'est là que j'ai commencé à prendre un peu de poids. Mais je ne sais même pas à quel moment ça a basculé, parce qu'il n'y a pas eu forcément de gros événements, de gros crashs. C'était juste un glissement progressif que j'ai laissé passer. et c'est cette... C'est un peu cette dérive-là qui est assez lente que j'aimerais vraiment remettre en lumière. C'est qu'on croit toujours que les gens changent d'un coup, mais non, parfois, on va se perdre petit à petit sans réellement s'en rendre compte. Alors au début, je le vivais mal puisque je le voyais, les changements sur mon corps, etc. Je le sentais aussi. Mais avec le temps, donc là je te parle vraiment dans le laps de temps du confinement, etc. Je m'y suis habitué. Et j'ai même commencé à apprécier ce nouveau corps avec quelques kilos en plus. Et en fin de confinement, je me suis dit, OK Loïc, tu n'as plus ton corps de sportif de tes 18 ans, tu vois. Mais les quelques kilos en plus que tu as là sont présents parce qu'une fois dans ta vie, durant ce foutu confinement, tu t'es lâché la grappe tant sur le plan mental que sportif. En gros, je me suis dit, ces quelques kilos en plus font partie de ton histoire, mec. Donc après le confinement, c'est la période où je suis revenu au Coquelicot-les-Atois, donc dans mon club de cœur. J'étais vraiment content de cette décision, c'était un retour aux sources. Mais c'est là en fait où les choses ont un peu basculé, parce que j'ai vite compris que le changement de mon corps n'était pas passé inaperçu. Et directement, il a commencé à y avoir les petites blagues, les regards, les remarques. « Ah, t'as bien mangé pendant le confinement toi ! » Alors ça partait sûrement d'un rire, d'une volonté de faire une blague, de faire rire les autres ou quoi, tu vois, de la part des gens. Mais moi, ça m'a vraiment touché. Et vu que je suis assez bon public ou quoi, moi, j'ai joué avec ça, j'en ai rajouté, j'ai fait le clown. En fait, ça me servait de barrière. Et c'était plus facile de me moquer de moi-même que de laisser les autres le faire à ma place, en gros. Et c'est là que les complexes ont commencé à vraiment s'installer. Le miroir devenait vraiment un juge pour moi. Et j'ai commencé à laisser ce poids et mon regard sur mon corps prendre de plus en plus de place dans mon cerveau. Et on sait comment ça se passe dans le sport. Si t'es pas bien dans ta tête, ton corps ne suivra pas. Et du coup, qu'est-ce qui s'est passé ? Les blessures sont arrivées une par une. Celles qui t'éloignent du terrain, qui t'empêchent de faire ce que t'aimes finalement. Donc t'essayes de revenir. de compenser, mais ton corps, plus ça va, plus il a du mal à suivre. Et c'est ce yo-yo permanent, le fait de se blesser, de faire les efforts physiques et mentaux pour revenir, puis de te re-blesser, moi c'est vraiment ce yo-yo qui m'a détruit à petit feu et qui aujourd'hui me fait douter de est-ce que je suis toujours autant passionné par ce sport ou est-ce que j'ai vraiment envie d'arrêter, de passer à autre chose. Donc pendant que... j'étais dans ce yo-yo permanent, forcément tu prends du poids, puis tu en repères, puis tu en reprends. Alors au début, tu te dis que c'est passager, que tu vas pouvoir redevenir comme avant, que tu vas pouvoir retrouver ton corps sportif que tu avais avant la blessure, et puis un jour tu réalises que ce n'est plus le même corps. Et c'est là que le regard des autres change, ou du moins ton regard sur toi change, parce que tu as peur de ce que les autres voient de toi. Ce qui est d'autant plus dur, c'est que dans un sport collectif, tu es sur le terrain, tu es exposé, tu te compares, tu sens vite que tu es moins rapide, moins explosif, tu es moins bien physiquement dans ton maillot. Tu n'es pas bête, tu es humain, tu t'imagines ce que pensent les autres. Moi, je sais que c'est comme ça que je le voyais. Je commençais à me créer un dialogue intérieur hyper dur avec moi-même, alors que s'il faut, les gens autour s'en battent les couilles. Mais en dehors du terrain, c'est la même chose. t'as les remarques qui arrivent D'abord elles sont gentilles, puis ça devient blessant, parfois même des proches, la famille, sans malveillance soi-disant de leur part, tu vois, mais il n'y a pas de filtre non plus. Et toi, quand tu reçois ça dans la gueule, tu baisses la tête, tu encaisses, tu rigoles avec eux, tu dis « Ouais, ouais, je sais » . À l'intérieur, tu te décomposes. Et au bout d'un moment, tu n'as plus l'énergie de lutter. Et moi, c'est ce qui m'est arrivé. Du coup, tu te réfugies dans ce qui te fait du bien tout de suite, c'est-à-dire la nourriture. On sait que c'est un confort instantané. un peu quoi dire, mais c'est une façon un peu d'anesthésier ses paroles, ses pensées, et de combler une fatigue, on va dire mentale, que les gens ne voient pas. Et c'est là où je veux être honnête avec les gens, et j'aimerais que les gens s'en rendent compte, c'est qu'il y a une vraie part de santé mentale dans tout ça. Il y a une part de santé mentale, mais je le dis aussi avec toute lucidité, il y a bien sûr un manque de rigueur, de discipline, parce qu'on se laisse aller, parce qu'on... On ne s'impose entre guillemets plus rien quand on est au fond du gouffre, parce qu'on reporte à deux mains. Au fond, on le sait que ce n'est pas tenable, mais on s'enfonce parce que parfois, c'est simplement juste plus facile que de faire face. Donc après tout ça, forcément, j'ai commencé un peu à moins se m'aimer, moins se me regarder, moins sortir même, à refuser certaines photos. à me sentir mal dans certains vêtements, concernant les photos, choisir les bons angles, etc. Et c'est comme si mon corps, en fait, il parlait avant moi. Et franchement, il y a un truc qui est vachement dur dans ce sujet-là, c'est que parfois, t'as beau vouloir changer, il y a des moments où, ben, t'as... Enfin, moi, j'avais juste plus la force, quoi, parce que mon cerveau était occupé à gérer d'autres choses. Et c'est ça que les gens ne voient pas forcément, c'est que le poids, ce n'est pas juste ce que tu as sur toi, en fait. Le poids, c'est aussi ce que tu portes en toi. Et cette phrase, elle est vraiment importante à comprendre. Ce n'est pas que physique, tu vois, c'est vraiment ce qu'il y a à l'intérieur de toi, dans ton cerveau, dans ton âme. Et le plus dur dans cette histoire, ce n'est pas forcément le chiffre sur la balance, tu vois, c'est tout ce que ça abîme à l'intérieur de ta personne. Quand tu prends du poids, tu ne perds pas seulement ta silhouette. Tu perds des habitudes, tu perds tes repères. Et surtout, tu perds une grosse part de confiance. Moi, je me suis vu changer physiquement d'abord, bien sûr. Les vêtements qui ne te vont plus, les t-shirts que tu vas tirer discrètement vers le bas pour éviter que ça remonte, les shorts de sport que tu refuses de mettre parce que tu te sens ridicule dedans, parce que tes cuisses se frottent. Donc, il y a un changement physique, bien sûr, mais je me suis vu changer mentalement aussi. Je commençais à douter, à me dire que j'étais plus crédible dans tout ce que je faisais, dans tout ce que j'entreprenais, plus légitime à faire partie de mon équipe. Dans le sport collectif, je trouve que cette sensation, elle est vraiment amplifiée parce que tu n'es jamais seul. Tu te demandes toujours si les gens le voient, tu te dis que forcément, tu les déçois. Eux qui ont eu l'ancienne version de toi, eux qui ont été habitués au low-eak sportif, etc. Là, la version du sportif performant, du bon basketeur que tu étais, Oui. Il la voit plus qu'il voit désormais. Pour eux, c'est un jeune homme en perdition, un basketteur qui n'existe plus, qui ne fait plus attention à lui. Il voit tout ça sans conscientiser derrière toutes les batailles intérieures que tu as dû affronter pour en arriver là. Donc, au final, tu n'oses plus faire grand-chose. Tu refuses des photos, tu t'éclipses. Tu vois, quand il te faut enlever un T-shirt, tu évites de te retrouver à poil à côté des gens. Il y a une sorte de honte silencieuse qui s'installe. Et au fond, moi, ce qui me fait le plus mal, c'est même pas le poids en lui-même. Comme je vous disais, c'est l'impression un peu de m'être laissé tomber, de ne pas avoir eu la force mentale, la force physique, ou même la rigueur ou l'envie simplement de dire stop. Parce que je sais que j'ai une grosse part de responsabilité. Je sais que quelque part, que je le veuille ou non, j'ai baissé les bras. Certes, on peut dire que je me suis caché derrière la fatigue, derrière le stress, derrière les blessures. cette sensation, cette impression de se laisser tomber, c'est ce qui fait le plus mal au quotidien. Et ce constat-là, il est brutal parce qu'il te renvoie forcément à une version de toi que tu n'aimes pas. Alors oui, c'est sûr, j'ai changé physiquement, mentalement, émotionnellement. Pas toujours dans le bon sens. Mais aujourd'hui, je suis vraiment fatigué de tout ça. Je sais que je veux changer. Je sais que je veux me retrouver. Et je sais que j'ai largement les capacités d'y arriver. Mais la première étape, et j'en suis qu'à celle-là pour l'instant, c'est arrêter de m'auto-flageller, c'est apprendre à être plus doux avec soi. Même dans les moments où on n'est pas forcément à la hauteur. Et puis, il y a un truc, moi, dont je n'ai jamais vraiment parlé, et notamment avec mes potes, et bon, peut-être que ce podcast aussi, je l'ai créé pour pouvoir parler indirectement. C'est ce réflexe que j'ai pris de me dénigrer moi-même avant que les autres le fassent. Tu vois, faire des... Comme je le disais, faire des blagues, par exemple sur mon bide, dire « Ouais, je suis devenu une boule, je ressemble à un tonneau » . rire de soi en espérant que les autres se taisent, tu vois, parce que quand tu prends les devants, t'as l'impression de garder un peu de contrôle, tu vois. Tu crois que si tu ris de toi, les autres, ils vont rire avec toi et non pas de toi, tu vois. C'est un peu particulier, mais tout ça, en fait, c'est juste faux. Je rigole, mais au fond, ça fait archi mal, j'ai honte, et ça fait que renforcer ce que j'essaie de fuir, quoi. Et moi, ce qui me... Tu vois, ce qui me fait chier au quotidien, c'est qu'il y a plein de gens qui balancent des vannes comme ça sur le physique des autres en pensant que c'est rien. Oh, t'as grossi, toi. Tu t'as bien mangé à la cante. Ah, faudrait penser à t'inscrire à la salle, mec. Tu vois, c'est toujours sur le ton de la blague, mais personne mesure les dégâts que ça fait. Parce que, tu vois, toi, ce que tu vas dire à cette personne-là, tu vas l'oublier deux minutes après. Tandis que l'autre, ben ça... Cette personne-là, elle va y repenser toute la journée, voire toute la semaine. Et franchement, je le dis, je vais le dire très honnêtement ici, il faut arrêter ça. Il faut arrêter de faire des blagues sur les poids, même si elles sont soi-disant gentilles, même si c'est vos potes en face. Parce qu'en fait, on ne sait jamais ce que vit la personne. On ne sait jamais à quel point elle lutte déjà avec elle-même. Et ce que tu dis toi en 4 secondes pour faire rire la galerie, ça peut laisser des traces pendant 4 jours, 4 mois, 4... 4 années peut-être. Et si vous tenez aux jambes, parlez-leur avec respect, vraiment. Si vous les aimez, ne touchez pas forcément à ce qui les fait déjà souffrir en fait. Et si t'es dans ma position, si t'es comme moi, si t'as pris l'habitude de rire de toi avant que les autres le fassent, moi je veux juste te dire que t'as pas besoin de ça en fait. On n'a pas besoin de jouer un rôle. On a le droit de dire que ça fait mal et surtout on a le droit de se traiter avec douceur et d'être traité par les autres avec douceur. Je me suis octroyé une petite pause pour boire ma tisane, parce qu'il faut savoir qu'on est lundi soir, il est minuit 15, au moment où j'enregistre cet épisode. J'ai petite bougie, tisane, feu de cheminée sur la télé. Bonne ambiance pour parler de mon poids. Allez, top, on continue. Où est-ce que j'en étais ? Oui, je voulais dire qu'avec le temps, j'ai compris que je suis loin d'être le seul dans cette galère. que le rapport au poids, à l'image de soi, à la discipline, c'est un combat que beaucoup de gens mènent en silence. Pas forcément que les femmes, même si c'est vrai qu'elles en parlent plus facilement, et surtout qu'on les pousse à en parler. Je trouve que chez les hommes, c'est silence radio. C'est encore hyper tabou, comme si nous, les hommes, on devait être au-dessus de ça. Comme si on ne pouvait pas se permettre d'avoir des complexes, on ne devait pas avoir des complexes, pas de failles, pas de craquages. moi j'en ai rien à foutre, je le dis aujourd'hui, ça touche tout le monde Et ça se voit pas toujours. Et ça peut toucher des gens qui sont à côté de vous, vos meilleurs potes, votre famille. Vous en savez rien parce que vous demandez jamais, en fait. Mais sachez qu'il y a des mecs qui, à côté de vous, ont rigolé fort, mais on se peut enlever leur t-shirt. Il y a des gens qui font du sport tous les jours, mais qui se détestent dans le miroir. Il y en a qui vivent enfermés dans des corps qu'ils n'arrivent même plus à comprendre. et puis au delà de ça il y a la solitude Le fait de ne pas oser en parler parce que tu veux pas paraître faible, parce que t'as honte de pas réussir d'être comme tous ces gens, maître de soi. Alors tu t'enfermes, tu te compares aux autres, tu te dis que t'as juste besoin d'un déclic, sauf que parfois t'as même plus la force d'attendre ce déclic. Et derrière tout ça, il y a souvent une vraie fatigue mentale, une charge émotionnelle qu'on porte sans forcément s'en rendre compte. Parce que le poids qu'on a sur le corps, il est souvent proportionnel au poids qu'on a dans la tête. Et c'est pour ça que je veux dire aussi dans cet épisode, tu n'es pas faible si tu as pris du poids. Tu n'es pas foutu et surtout tu n'es pas seul. Il n'y a pas de honte à lutter, il n'y a pas de honte à être tombé. Il n'y a même pas de honte et surtout pas de honte à ne pas être prêt encore à changer. Mais ce qu'il faut, je crois, à mon avis, c'est commencer à être... plus indulgent avec soi-même, à comprendre pourquoi on en est arrivé là, en fait, et à arrêter de se juger avec les yeux des autres. Vraiment, ça, c'est... La phrase importante, c'est arrêter de se juger avec les yeux des autres. Moi, j'ai longtemps cru que je valais moins, c'est parce que j'étais devenu moins bien physiquement. Mais aujourd'hui, j'essaie de me rappeler que ma valeur, elle ne va pas dépendre forcément de mon tour de taille ou quoi, ou de mon poids, mais de qui je suis, de ce que je fais, de ce que je transmets. Et c'est ce que je veux te dire, si tu vis un peu la même chose, toi, qui m'écoutes, tu mérites de prendre soin de toi. vraiment tu mérites de t'aimer, pas dans 6 mois pas dans 2 ans pas avec 10 kilos en moins, mais vraiment maintenant. Et même si t'as du mal, même si tu crois pas encore, même si t'as merdé plusieurs fois et que tu t'en veux, c'est ok, tu vois. On peut toujours recommencer, on peut avancer. Et si t'as besoin d'en parler, en tout cas, sache que moi, je suis là. Pour conclure, je voulais dire que je savais que cet épisode allait pas être simple à enregistrer, mais j'ai pas pleuré, c'est déjà un bon point. Mais je suis content de l'avoir fait parce que j'avais besoin de poser des mots un peu sur tout ça. De sortir du silence qu'on impose souvent par honte, par peur du jugement, ou parce qu'on pense qu'on devrait entre guillemets gérer tout seul. À l'instant où je vous parle, si je suis honnête avec vous, franchement, je galère. Je n'ai jamais eu ce poids-là, physiquement, mais aussi dans ma tête. Cette saison, je me suis fait lâcher une première fois, puis je suis revenu, j'étais bien, et puis je me suis re-blessé. d'une manière codement, enfin, fracture d'un doigt, quoi. Donc, pas de basket, une attelle, tout ça, ça peut sembler anodin, mais en fait, ça m'a éloigné de tout ce qui me faisait du bien, le sport, l'échappatoire, être en mouvement. Et en parallèle, je vis un peu un tournant dans ma vie puisque je m'apprête à quitter les hâtes, à changer de vie. Je quitte mon club, mon village, mes repères. Et je quitte aussi mes petits que je coachais depuis trois ans, qui étaient devenus une part de moi. Tout ça pour dire qu'en gros, mon cerveau est en mode chaos. Il doit gérer toutes les dernières fois, toutes les émotions qui vont avec, les revoir, etc. Alors au milieu de tout ça, l'idée de reprendre le sport, de me remettre en forme, bien sûr que j'en ai envie, bien sûr que ça me traverse l'esprit une cinquantaine de fois par jour, mais cette idée-là, elle s'éteint aussitôt parce que je n'ai pas la force, je n'ai pas la place mentale pour ça à l'heure actuelle. C'est peut-être aussi pour ça que j'ai eu besoin d'enregistrer cet épisode. Ce n'est pas pour dire que j'ai tout compris, que j'ai vaincu cette flémardise, si on peut l'appeler comme ça, mais c'est juste pour dire que j'avance, même lentement, à reculons parfois, parce que ça arrive. Et j'essaye vraiment de faire la paix avec ce corps. C'est un corps qui a encaissé tellement de choses, vraiment, et qui m'a permis aussi de jouer, de coacher, d'aimer. de tomber, de me relever. Aujourd'hui, je sens qu'il est fatigué. Si tu m'écoutes et que tu te reconnais, en tout cas, sache que tu n'es pas seul, que ton corps, même s'il change, il mérite ton respect et toi aussi. Et j'espère que tu as pu te sentir un peu moins isolé pendant ces quelques minutes d'échange et que tu as pu te trouver un peu dans mes mots, peut-être un peu de force pour avancer toi aussi à ton rythme. Sachez qu'on n'a pas besoin d'être parfait pour avancer. Je pense qu'on a vraiment besoin, par contre, d'être sincère avec soi, de reconnaître parfois qu'on ne va pas bien, qu'on est en train de revenir de loin. En tout cas, moi, c'est mon cas. Je sais qu'au vu de ce que j'ai traversé, je reviens de loin, et ça, les gens ne le savent pas. Mais j'espère vraiment que le futur sera un peu plus doux avec moi. J'espère retrouver de l'amour pour ce corps, qui sera finalement la seule chose à mes côtés jusqu'à ma mort. Donc, n'hésitez pas, en tout cas, à me faire des retours sur cet épisode. je sais qu'il parlera sûrement à pas mal de gens. En attendant, prenez soin de vous. Je vous fais plein de bisous et je vous dis à très bientôt. A 10 Ausha les copains.