- Speaker #0
Entre nous, c'est une histoire de confiance, une histoire qu'on écrit doucement.
- Speaker #1
Bonjour à tous, alors pour moi c'est un moment très précieux. Je suis Catherine Manassin, dirigeante de Shiva. Et ça faisait un moment que ça me prenait un petit peu la tête d'ailleurs de voir si j'allais me lancer dans des podcasts. Et puis ce sont mes équipes, les gens autour de moi qui m'ont dit « Écoute, il faut absolument que tu le fasses, parce que quand tu es avec les gens, tu sais parler, tu arrives à échanger et à créer une magie qui fait qu'on passe un très bon moment et ça peut intéresser beaucoup de gens. » Alors Shiva, vous savez ce que c'est, c'est ménage et repassage à domicile. Ça fait quelques années que je m'occupe de cette marque et très rapidement pour moi... Mettre l'humain au cœur des relations et du métier était le bien plus important que le reste. Et de mettre en lumière aussi les personnes invisibles. Et je trouve qu'au fur et à mesure du temps, ça fait bientôt dix ans que je suis là, ce qui me touche le plus, c'est justement de rencontrer des belles personnes avec des belles histoires. Et que ce soit des gens connus, moins connus, des employés de maison, des responsables d'agence, des clients. des gens dehors, des stars, des politiques. Je trouve que les rencontres, les liens, on a chacun notre histoire et entre nous c'est ce qu'il y a de plus beau vraiment dans la vie d'aujourd'hui. On en a bien besoin. Donc je voudrais parler de transmission, de respect, de dignité. Donc je me lance et pour ce premier épisode, pour moi, il était important d'avoir une personne déjà chère à mes yeux et qui représente vraiment ce que j'ai envie de transmettre aux auditeurs. Et on le connaît très très bien pour sa carrière, mais moi j'ai surtout rencontré un homme engagé et fier de sa vie, de sa maman. Et je vous présente, Djibril, merci d'être là, merci de m'accompagner pour ce premier podcast sur Entre nous, une histoire.
- Speaker #2
Merci à toi, c'est un moment important pour Shiva, pour toi, pour moi, que les gens me découvrent sous une autre facette, sous une facette qu'ils n'ont pas l'habitude de me voir, et d'apprendre mon histoire d'humain et pas d'athlète et pas de personnalité, c'est aussi bien, donc merci à toi de me donner cette chance.
- Speaker #1
Alors je vais commencer tout simplement, raconte-moi ton histoire.
- Speaker #2
Mon histoire a commencé le 12 août 1981 en Arles, ou à Arles comme vous voulez, on dit en Arles parce que c'est le pays d'Arles, et dans une famille d'origine africaine, donc de Côte d'Ivoire et de Guinée, et beaucoup de joie, beaucoup d'amour dans la famille, 4 frères, 2 sœurs, J'ai été moi... personnellement élevé par ma mère, parce que mon père est parti tôt dans ma vie, j'avais deux ans et demi ou trois ans, et c'est ma mère qui a endossé, et mon grand frère aussi, qui a été ma figure paternelle, et ma mère, c'est ma mère qui nous a élevés, qui a fait tout le dur travail d'élever une mère solo avec sept enfants, c'est compliqué. Mais elle a réussi, et c'est pour ça que les valeurs que que vous donnez et que vous avez chez Shiva ça me touche parce que c'est les valeurs que j'ai eues toute ma vie et que j'ai encore donc le partage le respect, l'entraide c'est ce que j'essaye de faire au mieux c'est pas toujours facile mais c'est ce que j'essaye de faire et je pense que notre histoire nous rassemble et c'est un signe de Dieu qui fait qu'il rassemble les gens qui sont censés se rassembler
- Speaker #1
Tu nous connaissais avant Shiva, avant qu'on se rencontre ?
- Speaker #2
Bien sûr, j'étais client déjà et moi c'est les photos d'arrière-bus Ah les photos à recours, les fameuses Exactement, qui m'ont mis la puce à l'oreille, déjà c'est artiste, c'est très beau et le nom aussi attire parce que Shiva c'est dans la mythologie grecque c'est ça ? Ah non Shiva c'est plutôt en Inde tu sais c'est la personne qui a plusieurs bras non non coupe pas c'est rigolo j'assume et j'avais besoin d'une personne pour tenir mon appartement et du coup j'ai contacté Shiva et ça fait quelques années maintenant que je suis client mais je pense que t'as touché au ménage jeu.
- Speaker #1
un peu différemment. On va parler de ta maman, parce que je sais que c'est quelque chose d'important pour toi, et ça me touche beaucoup. D'ailleurs, c'est pour ça qu'aujourd'hui on est là tous les deux, parce que tu assumes beaucoup de choses, si tu viens de le dire, et cette fierté que tu as, cette dignité me touche particulièrement, parce qu'on a tous quelqu'un chez soi, pas très loin, qui a fait du ménage. Et il n'y a pas de honte. Je te laisse parler de ça, parce que ça, c'est des choses qui sont très touchantes et que j'aime mettre en valeur lorsqu'on va encore communiquer beaucoup là-dessus. On en parlera encore après, mais ce passage-là est pour moi très important.
- Speaker #2
Pour moi, c'est la partie qui m'a Le plus forgé, parce que quand on est jeune, on apprend, on est dans l'apprentissage de la vie et on s'imprègne de l'énergie de ce qui se passe à la maison. Moi, ma mère, on ne la voyait pas beaucoup, mais on savait ce qu'elle faisait pour nous. On savait que tout ce qu'elle faisait, c'était pour nourrir ses enfants. Donc les ménages qu'elle faisait, le peu d'argent qu'elle ramenait, c'était pour nous nourrir. donc ça on l'invite On l'a vite pris en compte. Mon frère à bout que j'ai mentionné tout à l'heure, c'est lui qui gérait un peu la maison quand maman était dehors. Les plus lointains souvenirs que j'ai de moi, c'est que ma mère a toujours fait des ménages. D'ailleurs, elle n'a pas eu d'autres métiers. Elle n'a pas été comptable, elle n'a pas été boulangère ou autre. Mais elle n'a fait que ça toute sa vie. Comme tu l'as dit tout à l'heure, et ne... C'est une vraie fierté d'être fils de quelqu'un qui a donné sa vie déjà pour élever ses enfants et de faire des ménages, c'est pas du tout un métier où il faut être honteuse de le faire, au contraire, c'est quelque chose de beau, c'est quelque chose de très honorable. Il faut l'apprécier. Au contraire, il faut le revendiquer fièrement.
- Speaker #1
Elle a eu plusieurs familles dont elle s'occupait ? Quel sentiment tu as par rapport à ça ? Est-ce qu'elle était respectée ? Est-ce qu'elle était bien ?
- Speaker #2
J'ai un souvenir de ma mère très éprouvée, fatiguée, parce qu'elle en faisait beaucoup. Après, j'étais petit. J'ai pu ce souvenir-là de l'avoir... Plus fatigué que de souffrir d'une famille qui l'a maltraitée ou qui ne la respectait pas. Et par contre, j'ai un souvenir de tous les dimanches, parce qu'elle travaillait dans une boulangerie aussi les dimanches, et tous les dimanches, quand elle finissait le travail, c'était jour de fête, c'est là où on avait croissant, pain au chocolat, tous les restes de viennoiserie, de la boulangerie. Et j'ai ce souvenir-là qui est bien ancré, et c'était vraiment un bon moment. Et vraiment, je suis très fier, je la mentionne très souvent, ma mère, à chaque fois que je peux la remercier, je la remercie.
- Speaker #1
Elle s'appelle comment, ta maman ?
- Speaker #2
Elle s'appelle Karidjata.
- Speaker #1
Karidjata, joli prénom.
- Speaker #2
Ou Kadhi, ça va plus vite. Et du coup, une vraie fierté d'avoir passé ces moments-là. Et ça m'a vite appris le... La valeur de la vie, la valeur des choses, le respect des choses et que les choses, il faut aller les chercher. Moi, je suis très fier de ça. Tout ce que j'ai fait, je suis allé les chercher. Après, je pense qu'on en parlera, mais dans ma vie d'homme et d'athlète, ça m'a servi parce que moi, j'étais très fort quand ça allait moins bien. C'est-à-dire que quand j'étais dans une période compliquée où je ne marquais pas de but, où le public était mécontent de mes performances, c'est là où j'allais puiser et que c'était « vas-y, tu m'as sifflé aujourd'hui, mais demain on verra » . Et ma mère, ça a été ça. Aujourd'hui, c'est une galère, mais demain, il y aura des jours meilleurs. Et clairement, mon tempérament et mon caractère viennent de là.
- Speaker #1
C'est ce que j'apprécie beaucoup en toi parce que, bon allez je t'avoue, moi je ne suis pas grande fan de foot, mais néanmoins j'ai toujours une admiration pour des gens comme toi qui ont fait une carrière et qui peuvent être un exemple aussi pour beaucoup de jeunes. Et ça, ça me touche. Et moi, ce que j'aime particulièrement chez toi. aimer c'est un grand mot parce que ça n'a pas dû être évident pour toi moi je t'appelle un petit peu à l'intérieur le phénix parce que tu as eu des moments très très compliqués et tu vois c'est des images qui me sont laissées graver pourtant Dieu sait je ne regardais pas toujours le foot mais les accidents que tu as eu et comment tu t'en es relevé et ça c'est un truc de malade parce que je trouve ça incroyable et c'est ce que j'aime aussi dans les personnalités tu viens juste de le dire c'est Je me relève, et on a ça un petit peu en commun. Moi, je n'ai pas eu d'accident physique, mais j'ai eu des choses dans ma vie aussi. Soit on baisse les bras et c'est fini, on s'écroule, ou soit on se relève et on devient meilleur, et on trouve vraiment une porte de sortie. Et c'est ce que j'essaye de transmettre aussi aux gens, c'est que tout n'est jamais terminé. Il faut absolument croire en la vie, aux étoiles, aux signes, comme tu disais tout à l'heure, et c'est ce que j'amire en toi, c'est... te relever et repartir. Alors tu vas nous en parler un peu plus, mais c'est vraiment ce que je ressens quand je te vois et quand j'ai vraiment des souvenirs de toi. J'ai eu plutôt des souvenirs de toi, pas de tes réussites, mais de tes problèmes, de tes accidents graves. Ça a été même très choquant quand je les ai revus. J'ai un peu regardé et c'est vrai que ça m'a particulièrement touché. J'ai été très touché. Des années plus tard, en disant « Waouh ! » C'est quand même incroyable ce qu'il a vécu et comment il s'en est relevé.
- Speaker #2
Oui, j'ai eu pas mal de pépins physiques. Enfin, pas mal, non. J'en ai eu deux qui étaient assez graves.
- Speaker #1
C'est quand même noté le pire. Quand tu regardes sur Google, c'est numéro 1 le pire.
- Speaker #2
Tu regardes, c'est fou.
- Speaker #1
Tu regardes, c'est numéro 1 le pire. Donc là, tu as un record, c'est que tu es numéro 1.
- Speaker #2
On fait toujours des choses bien. Et oui, j'ai eu deux graves blessures qui auraient pu mettre fin à ma carrière. qui, je pense, aurait arrêté beaucoup de carrières, de joueurs un peu moins forts mentalement. Moi, de tête à tête, le docteur qui vient, qui m'a dit « le foot, c'est fini » , déjà, on va revenir un peu à l'accident même, j'ai failli perdre ma jambe, parce qu'en fait, ma fracture, mon os se casse et se chevauche, donc du coup, je n'avais plus de circulation dans le pied. Et le doc, je vois que le doc, il fait des manipulations, il me touche un peu les pieds. Moi, je lui dis, c'est pas trop le moment. Fétichisme, c'est pas trop le moment. Là, j'ai la jambe qui est un peu cassée, comme on fait. Et il me dit, est-ce que tu ressens quelque chose dans le pied ? J'ai dit non. Il me dit, il faut que je fasse un mouvement. Il m'explique plus tard. Donc, il m'a remis mon os en place. Et entre 30 et 1 heure... si mon pied n'était pas irrigué, on m'aurait coupé la jambe, tout simplement. Donc j'aurais pu perdre ma jambe, déjà. Et le doc qui me dit, j'ai réussi à réduire la fracture et du coup, je pense que pendant pas mal de temps, tu ne joueras plus au foot. Je dis, ok, pas de problème. Je lui ai dit ça, je ne sais pas, mais je lui ai dit, je vais partir à Ibiza en vacances et je vais revenir. Je pense que c'était sûrement la morphine qui parlait. Et du coup, je suis revenu cinq mois et demi après. Donc un exploit assez incroyable, dû à mon mental, parce que c'est clairement que ça, et je le répète souvent à mes joueurs, parce que je suis dans le staff de la Géocer, je leur dis, si toi déjà tu décides pas, si tu veux pas quelque chose, tu iras pas le chercher. Ton corps tout seul n'ira pas le chercher. Si ta tête te le dit, ton corps va s'adapter, ton corps va se mettre en condition d'effort, d'aller chercher ce que tu veux. Et si toi déjà tu ne décides pas... Ça va être compliqué. Donc moi, j'ai dit, non, cette saison, je vais rejouer avant la fin de saison. C'est dans la presse, les articles sont là, les faits sont là. S'il remarche, c'est bien. S'il rejoue en amateur, c'est un exploit. Et j'ai rejoué trois mois en Première Ligue, et dans une finale de Ligue des Champions. Défier la médecine une fois, un an après j'ai la deuxième jambe qui se pète, à peu près la même chose, et là il nous l'a fait une fois, pas deux fois, terminé, foot compliqué. Je l'ai refait deux fois. Je suis allé la chercher encore une fois.
- Speaker #1
Est-ce que tu étais à Ibiza ?
- Speaker #2
Non, je suis allé à Ibiza que l'année dernière. J'ai 45 ans. Première fois à Ibiza, 44 ans. Donc du coup, mentalement, je l'avais dit, je l'ai fait une fois, je vais le refaire deux fois. Et je l'ai fait deux fois. Et là, aujourd'hui, je vous parle, j'ai une prothèse de hanche et j'ai joué avec. C'est quelque chose que personne, aucun athlète n'a joué avec ou a couru ou a fait du sport de haut niveau avec une prothèse. Et moi, l'histoire de ma vie et de ma carrière de football, j'avais des qualités de vitesse, j'avais des qualités de puissance. Techniquement, je n'étais pas le meilleur. J'avais beaucoup de lacunes dans... dans des compartiments de mon jeu qui étaient très importants. J'étais plus un sprinter qu'un mec qui courait longtemps. Au bout d'une heure, j'avais souvent des crampes. Donc il y avait des trucs qu'il fallait travailler. Mais par contre, mentalement, j'étais injouable. J'étais injouable quand un attaquant manquait 3-4 occasions et que son mental en prenait un coup. Moi, je pouvais en marquer 10, les gens me sifflaient. Pas de problème, le match prochain, je marquerai. Et si je ne marque pas, je marquerai le match d'après. Et si ce n'est pas le match d'après, et si c'est le dernier match, ce sera le but qui sera le plus important. J'ai des anecdotes à Marseille, moi je suis arlésien, donc fan de l'OM. Quand juste à l'annonce de ton nom, tout ton stade te siffle, parce que tu as fait deux ou trois mauvais matchs, mentalement tu n'es pas fort, c'est fini. Tu te dis, allez, je tenais ma licence, mon contrat, je le déchire, et c'est terminé. Sauf que moi, c'est limite... Je vous y siffle de faire retourner les gens, de dire c'est toi qui m'as sifflé la semaine dernière. Oui, maintenant je suis devenu Maradona d'un coup, comment ça se passe ? Mais moi j'aime ça, j'aime ce côté défi, ce côté de retourner les gens et être la seule personne qui décide de mon sort. Ça veut dire que la médecine, ce n'est pas la médecine qui va décider si j'arrête le foot ou pas. Ce n'est pas le système qui va décider si j'ai encore le niveau ou pas. C'est moi-même. Et je pense qu'avec un mental et une détermination comme ça... On peut faire beaucoup de choses.
- Speaker #1
Un homme de mental, un homme de fer ? Oui,
- Speaker #2
il y a beaucoup de métal. Ça sonne beaucoup à l'aéroport.
- Speaker #1
Et tout ça, parce que les bases ont été bonnes ?
- Speaker #2
Exactement. Parce que ma mère nous a inculqué beaucoup de choses. Et ton frère ? Mon frère aussi, mon grand frère. Qui lui aussi a eu une belle carrière de foot.
- Speaker #1
Il y en a d'autres ? Vous êtes combien dans la fratrie ?
- Speaker #2
J'ai 4 frères et 2 sœurs. j'ai mon père qui a joué qui a été un un international, ivoirien aussi, qui a un petit nom aussi, en Côte d'Ivoire, qui est assez connu. Que moi, je n'ai pas connu, malheureusement. Et mon frère Abou aussi a joué en D1, D2. Il a une belle carrière aussi.
- Speaker #1
Et tes fils ?
- Speaker #2
Mes fils aussi, ça arrive. Ça arrive ? Bonne question. La transmission,
- Speaker #1
c'est important.
- Speaker #2
Exactement. C'est ce que j'essaye de... Ils ont le mental, mais ils ont aussi le... Le nom. Donc, ils sont confrontés à... C'est le fils d'eux.
- Speaker #1
Ah,
- Speaker #2
c'est compliqué, ça. Et c'est ça, c'est là où je les respecte encore plus. C'est que... Ils n'en souffrent pas. Et au contraire, ils ont les bonnes clés et ils ont les bonnes réponses.
- Speaker #1
Le mental.
- Speaker #2
Voilà. Ils ont les réponses de... Ouais, ben voilà, mon père, c'est mon père. Il a fait ce qu'il a fait. Respect. Mais voilà, j'ai ma propre carrière, j'ai mon propre nom. Je suis une personne... indépendante et je fais du Prince ou du Cassius ou du Marley ou du Gabriel ou du Ilona pour ma fille. Et c'est ça que je trouve très fort chez mes enfants, c'est qu'ils arrivent à vraiment dissocier le truc et à prendre leur envol.
- Speaker #1
Et ta fille est très sympa aussi.
- Speaker #2
Ouais, ma fille est sympa, talentueuse, c'est une battante aussi, elle ne lâche pas. Elle aimerait que ça aille un peu plus vite, un peu comme papa. Mais voilà, il y a des étapes à passer. Mais elle a le talent et elle a une vision de ce qu'elle veut faire qui est assez élevée. Mais moi j'aime bien, j'aime bien me mettre des niveaux très hauts mais atteignables. Et avec la détermination et l'équipe qu'elle a autour d'elle, je pense qu'elle peut faire quelque chose.
- Speaker #1
Et ta maman ?
- Speaker #2
Et ma mère, oui. Comment ça se passe avec tout ça ?
- Speaker #1
avec tout ce monde-là ?
- Speaker #2
Ma mère va très bien. Elle a décidé de rentrer au pays parce qu'elle a passé beaucoup de temps en France et nous, on est grands maintenant, donc on a nos vies aussi. Et pour elle, c'était bien de se rapprocher de sa famille, de ses terres, de sa culture. Et elle est rentrée en Côte d'Ivoire et elle fait les allers-retours. Elle vient nous voir souvent en France, mais elle est partie demain.
- Speaker #1
Et toi, tu y vas ?
- Speaker #2
Oui, ça m'arrive d'aller. Moi, je suis Guinéen aussi. Je suis entre les deux. Mais la Côte d'Ivoire reste quand même mon pays, le pays où j'ai le plus de liens. La Guinée, c'était du côté de mon père. J'apprends aussi ce côté-là. Et non, la Côte d'Ivoire, c'est un pays extraordinaire.
- Speaker #1
Tu sais que... Nous, on a 60 000, 70 000 employés de maison qui viennent de partout. C'est ce que j'adore, moi. C'est la richesse culturelle de tout. On a... Et c'est ce que j'adore. Notre première campagne était sur, justement, balayer les préjugés, faire briller un métier. Et on a été très plébiscités par cette campagne à recours parce que, justement, on avait mis en lumière les gens de toute origine. Pfff. C'était... Vraiment, j'ai adoré cette campagne, qui continue. D'ailleurs, on en parlera tout à l'heure, tu fais partie de l'acte 4. Parce qu'il y a acte 1, acte 2, acte 3, et là, nous sommes en acte 4. Et la première, c'est le pilier. C'est parce que j'avais vraiment envie de mettre en avant ce métier à travers les gens qui le font. Et c'était exceptionnel d'avoir de tout, de le monde entier. Parce que la France, c'est un pays incroyable pour ça. Et je suis très fier de mon pays pour ça. Et d'avoir ces gens fiers de leurs origines, qui s'adaptent, qui ont une dignité, qui bossent, qui transmettent. Et bon, enfin, moi, c'est... Je ne sais pas ce que tu en penses, mais moi, c'est quelque chose qui me touche particulièrement. Voilà.
- Speaker #2
Non, c'est important de... C'est déjà difficile de ne pas être dans son pays, et quand on se sent accueilli, respecté, et je vois ce que tu transmets, aimé pour beaucoup de les gens qui travaillent pour toi, voire tout le monde, c'est important, c'est important, ça permet de... De pouvoir se développer autrement, de pouvoir y croire un peu plus et de se dire que je ne suis pas à la maison, mais c'est tout comme. Et ça donne de la force pour aller chercher des choses qui sont un peu plus compliquées pour certaines personnes. Nous, on a de la chance d'avoir réussi, mais c'est important de transmettre, comme on a dit tout à l'heure. et de donner des coups de main et de tendre la main à ceux qui... Moi, j'ai eu la chance dans le football d'avoir des anciens qui ont été très ouverts avec moi, qui ne m'ont pas vu comme une menace. Moi, dans la tête, j'ai Stéphane Guivarch qui est champion du monde. J'étais un peu son successeur. Donc, il aurait pu me voir arriver comme quelqu'un qui veut le mettre sur la touche, mais au contraire, il m'a pris. Il m'a aidé, il m'a donné les clés, il m'a donné beaucoup de conseils. Et moi, je me dois de faire la même chose. Et ce n'est pas une obligation, on ne m'oblige pas à le faire. C'est que moi, je ressens ce truc-là de donner à la génération actuelle les conseils que j'ai eus des anciens. J'ai eu la chance aussi d'avoir un homme extraordinaire qui s'appelle Giroud. qui m'a appris beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses en tant que footballeur et homme en général. Et je me dois de faire ce qu'ils ont fait pour moi et donc d'aider. Pourquoi ? Même si j'en ai qu'un, ça sera déjà bien.
- Speaker #1
Ça vaut la peine.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Écoute, merci pour la transition. Elle est exceptionnelle.
- Speaker #2
Pas de décision.
- Speaker #1
Gibril, parce que tu sais que je t'en ai parlé. Et moi, il y a deux choses qui m'importent beaucoup chez Shiva aujourd'hui. Après, Shiva, c'est le business, les employés de maison et tout. Et nous, on doit aussi faire des choses par rapport à nos communautés qui sont nos 60 000 employés de maison. Et on a deux sujets qu'on va traiter ensemble et qui, pour moi, sont très importants. Les enfants des employés de maison, comme tu l'as été, et aussi les employés de maison en elles-mêmes. et on va parler de ces deux sujets qui sont très différents, mais néanmoins, c'est un lien. Donc pour moi, s'occuper des mamans, c'est s'occuper des enfants, quand on s'occupe des enfants, on s'occupe des mamans. Donc on est assez fiers d'avoir déjà lancé l'année dernière, et ça a très très bien fonctionné. Un projet qui était un peu promulgé comme ça, on l'a fait, on s'est dit, il faut absolument qu'on aide nos... Toutes ces emplois de maison qui ont des enfants fabuleux, sur un sujet pas bien précis, c'est de les aider à accéder à leurs rêves, à ces enfants de carrière, de métier ou d'ambition personnelle. J'adore parler avec toi parce que tu es concerné par ça. Et cette année, on va refaire parce que la dernière, c'était un franc succès. C'est donné après avec un jury, on va lancer ça dans toute la France. Les employés de maison attendent encore, c'est que leurs enfants ont besoin d'un coup de pouce pour faire des études ou pour réaliser un rêve de carrière. Et c'est très important pour nous, il y a des dossiers, on fait vraiment une sélection. L'année dernière on a eu 50 candidatures, donc c'était encore embryonnaire. On a quand même choisi 10 personnes, mais vraiment avec des critères de sélection, sur des lettres de motivation, sur des rencontres, avec un jury de personnes qui gèrent au Shiva tous les jours et qui connaissent très bien le milieu d'éducation, avec Acadomia, je vais parler aussi d'Acadomia. On a aussi Acadomia, que tu connais bien aussi. Et ça a été merveilleux parce qu'on a eu une remise de diplômes et de bourses, parce que ce sont des bourses et des faits concrets. On donne une aide vraiment concrète. d'argent, de matériel et de suite carrière. Dans toutes les carrières qu'ils rêvent, on a eu, bien sûr, des gens qui voulaient être médecin, on leur souhaite 12 années d'études, des gens qui voulaient travailler dans la technique, audiovisuel, d'autres. Et on a vraiment donné ce coup de pouce, une littéraire aussi qui est devenue un écrivain. Donc on s'est dit hop, on va l'aider à l'hypocagne. Donc on a vraiment fait ça. Et je trouve que c'est... On a bien réussi l'année dernière, on va encore mieux le faire cette année et et Est-ce que tu veux bien nous accompagner et être le parrain de ça ?
- Speaker #2
Bien sûr, bien sûr, avec plaisir, comme je le disais tout à l'heure. J'ai eu la chance d'avoir des gens qui m'ont mis beaucoup de choses à disposition. Giroud m'a fait venir d'Arles à Auxerre. Il m'a mis dans les meilleures conditions pour un jeune pour réussir, pour se développer. Après, encore une fois, c'est comme j'ai dit, c'est la volonté de ce que la personne veut faire. Moi, il m'a mis là, mais est-ce que tu veux vraiment réussir ? Après, il y a plein de gens qui rêvaient de la même chose. là c'est un peu différent parce que je pense que les jeunes qui seront sélectionnés ont vraiment cette envie là et ce désir de réussir mais faute de moyens ils ne peuvent pas accéder à ces grandes écoles là ou au top de ce qu'ils veulent faire et je trouve ça vraiment très honorable encore une fois de votre part de faire ça parce que ce n'est pas du tout une obligation. Il y a beaucoup de compagnies qui sont sûrement plus aisées financièrement que vous et qui ne le font pas, qui ne sont pas dans cet état d'esprit-là de partage et de redonner ce que la vie nous a donné. Et donc, en faire partie et être actif de cette merveilleuse initiative, c'est avec grand plaisir.
- Speaker #0
On est ravis et puis tu as rencontré chez nous les personnes qui ont vraiment initié ça au départ, qui sont les fondateurs et comme ils gèrent le groupe avec Academia Achiva, c'est vrai que quelque part on se retrouve dans nos deux enseignes où on fait des choses différentes. Moi, il y avait quelque chose qui me tenait à cœur aussi, et là, je sais que c'est quelque chose qui va aussi te toucher. Aujourd'hui, on aurait pu faire des associations ou quoi que ce soit. C'est très bien, il faut que ça existe à l'extérieur. Moi, je me dis, le fil un petit peu de ce podcast, c'est le « entre nous » . Entre nous, déjà, on va s'occuper des gens chez nous. Donc aujourd'hui, on a 60 000, 70 000. Après, ça augmente tellement vite. Intervenantes, femmes de ménage, nous, on aime bien les appeler en pleine maison. C'est plus sympa.
- Speaker #1
Vous avez des hommes aussi ou pas ?
- Speaker #0
On a plein d'hommes. Donc c'est vrai qu'on en a. Pas tant que ça, j'exagère un peu, mais on en a quand même. Et ça, on en reparlera après par rapport à la campagne. Mais d'ailleurs, ça a libéré plein de choses, ces campagnes-là, parce qu'on a de plus en plus d'hommes qui postulent et qui assument parfaitement le fait de faire du ménage. Alors, ce n'est pas toujours très simple avec les clients, mais après, ils sont excellents.
- Speaker #1
J'en ai eu un en Italie.
- Speaker #0
Ils sont incroyables. J'en connais là. Pour la future campagne, on a eu une dizaine d'hommes qui sont venus se prêter au jeu des photos. Et j'ai vu des trucs de fous. Je sais qu'on fait une petite parenthèse, mais c'est sympa. Ce qui m'a vraiment interpellé, on a fait venir une trentaine de personnes. J'ai voulu prendre encore plus d'employés de maison en photo parce qu'on a remis en cause. T'imagines bien quand on a fait les photos à Arco, est-ce que ce sont des vrais employés de maison ? Oui, ce sont des vrais employés de maison. Je voulais montrer encore plus de visages, parce qu'on a nos neuf visages qui sont assez connus. J'ai été chercher dans toute la France, et puis avec des parcours atypiques, je trouvais que c'était hyper intéressant. Je ne vais pas dire son nom, parce qu'il n'en a peut-être pas envie, mais c'est un ancien militaire. Incroyable. Il est même réserviste aujourd'hui. Il a dit, j'ai envie de faire un domaine à chez les gens. Et le gars, il est incroyable. Après, j'ai fait des rencontres fabuleuses. Et ça, il y aura d'autres podcasts justement parce que je vais continuer à... Parce que là, je me dis, mais il y a des histoires de dingue qui arrivent, des déconversions, des gens qui plaquent tout, qui font dans le ménage. J'ai rencontré une ancienne chef d'entreprise qui a tout perdu pendant le Covid et qu'il fallait qu'elle nourrisse ses gosses et qui est repartie... Chez Shiva, je l'ai rencontrée. C'est la maman d'une jeune fille qui a eu une bourse. Je l'ai rencontrée, elle me parle de sa vie. Elle me réécrit derrière, ça y est, elle est responsable d'agence. J'ai nous aimé, parce qu'elle adorait ce contact avec les personnes fragiles. Et on lui a redonné une chance. Et chez nous, d'ailleurs, des employés de maison, c'est presque 10 à 15 % de notre personnel en agence. Donc on les fait évoluer pour celles qu'ils souhaitent. On redonne une chance, on les fait évoluer, c'est important. C'est pas toujours simple. J'ai rencontré une Ukrainienne, elle avait appris à parler en 6 mois. Et c'est pareil, sa fille, elle a eu une bourse. Là, elle a fait la photo aussi avec son client pour la future campagne. Je trouve ça formidable. Et moi, donner un coup de pouce, raconter leurs histoires, c'est important. Et le coup de pouce, c'est le deuxième sujet. Après, on reviendra sur les campagnes. Malheureusement, il y a des drames. Tout n'est pas rose. Et tu sais, tout n'est pas rose. Là, on montre... C'est vrai qu'avec les images, on monte de la paillette, on starifie des gens, mais des fois, la réalité est plus compliquée. Et c'est vrai que des fois, c'est... Et j'essaye de ne pas toujours tout savoir, je t'avoue, parce que je pense que là, je pourrais vraiment m'écrouler. Parce que, comme toi, je suis une battante, mais des fois, j'ai une sensibilité. Des fois, il y a des drames humains, je me dis vraiment, c'est de la merde, c'est vraiment pas de bol. Des fois, on a l'impression que ça arrive en cascade et que les gens en ont plus que d'autres et tu te dis, c'est pas possible. Et il y a de la force et de la résilience et les gens se relèvent. Mais néanmoins, il faut donner des coups de pouce. Et t'as eu un coup de pouce, j'ai eu un coup de pouce. J'ai rencontré les mêmes personnes aussi. J'ai un de mes dirigeants qui a eu un super coup de pouce, je n'en parlais pas de lui parce qu'il n'aimera pas que j'en parle. Mais s'il n'avait pas eu quelqu'un, il ne serait pas la tête de l'entreprise aujourd'hui. Ces coups de pouce-là, c'est des coups de pouce hyper importants. Dans la vie, elle passe vite. C'est bien tout. Le relais, la transmission, le coup de pouce, c'est hyper important. Moi, je me sentirais en paix quand je partirais, quand j'aurais fait ça. Et la vie passe, et je fais le compte des coups de pouce que j'ai donnés. Alors des fois, t'as pas le retour. Il faut pas attendre de retour. Ouais,
- Speaker #1
on fait pas pour ça.
- Speaker #0
Mais néanmoins, t'as le coup de pouce qui est super. Et donc, on va monter un fonds solidaire qui va concerner que... Les communautés Shiva, nos clients, nos employés de maison, nos collaborateurs, le siège, tout le monde. Et qui a un nom, je ne vais pas encore trop le dire aujourd'hui, mais ce nom-là, on l'affichera après, pour aider des employés de maison ou des familles qui ont besoin. Un coup de pouce. Puis d'appart. des emmerdes, des travaux, un petit prêt pour acheter quelque chose, faire passer un permis, combien d'employés de maison aimeraient passer le permis, mais qu'elles n'ont pas eu, et que ce n'est pas facile pour elles, les banques ne sont pas toujours derrière, même si on a essayé de travailler avec des banques, ce n'est pas toujours évident aussi, et ce fonds va vraiment, avec un jury pareil, avec vraiment des gens qui vont tenir cette association, vont vraiment donner un coup de pouce à des personnes qui le méritent, pour qu'elles repartent. Moi, j'ai plein de drames qui arrivent. On a eu dans la même semaine un drame terrible avec une personne qui a perdu la vie pour une maison qui n'était pas entretenue. C'était d'employer une maison avec ses enfants. D'ailleurs, ça va porter son nom. Et dans la même semaine, une autre aussi qui a tout perdu. Une ondation, dégâts des eaux. Et ne pas avoir de toit, c'est terrible. Ne pas avoir de moyens, si même pour garder un enfant. Il y a plein de choses qu'on peut faire en coup de pouce. On va vraiment faire tout ratisser. Ce ne sera pas de temps en temps même un loisir. Pourquoi pas juste un voyage pour des gens qui n'ont jamais voyagé. On va faire vraiment un truc super. C'est très solide, c'est très sérieux. Pour l'expliquer à tous nos clients. Pour leur demander s'ils ont envie de participer à ça. En plus, c'est les déductibles des impôts. Ça, c'est sympa. C'est toujours la petite chose sympa. Et vraiment, on a besoin d'être plusieurs aussi à gérer ça, parce qu'on aura de l'argent, il faudra bien le distribuer, parce qu'on n'a pas le droit de le garder, et j'espère qu'on en aura beaucoup, et qu'on pourra vraiment donner ce coup de main à plein, plein, plein, plein de familles. Alors je ne sais pas ce que tu en penses, mais je t'ai demandé de m'aider aussi là-dessus, parce que je pense que tu es la personne la plus humaine et la plus incroyable pour faire ça.
- Speaker #1
C'est gentil, ça me touche, et encore une fois, c'est... J'accepte la mission, c'est une bonne mission, et je pense même qu'on peut pousser le truc encore un peu plus loin. Moi je suis impliqué dans la vie du club de la Gioserre, où j'ai passé des merveilleuses années. J'ai tissé des liens incroyables avec les gens du club, le président Baptiste Malherbe. Et je pense que si dans l'un des... sur la wishlist si c'est venir voir un match ou faire un tour du club ou une visite du club ou je sais pas me rencontrer un joueur que je peux mettre en relation ou je sais pas n'importe quoi faire plaisir à un jeune ou à un moins jeune d'ailleurs parce qu'il y a les parents aussi qui aiment le football organiser un truc autour du sport et du foot aussi, bien sûr, c'est avec grand plaisir. Il y a plein d'idées qu'on peut discuter ensemble et ouvrir aussi mes réseaux, ça peut être bien pour ces gens-là, ça peut aussi être un déclic pour eux. Le fait d'accéder à quelque chose qu'ils n'ont pas forcément… L'opportunité, ça peut les libérer, ça peut les ouvrir et ça peut aussi les faire évoluer dans leur vie. Et c'est ça aussi, aider les gens, c'est aussi leur donner un peu de lumière dans leur vie. Et ça peut, un petit truc, ça peut aussi des fois créer un déclic qui débloque beaucoup de choses.
- Speaker #0
Oui, parce que 60 000 employés de maison, c'est 60 000 familles. Derrière, je dois avoir au moins 120 000 enfants. Donc, il y a plein de choses à faire. Et pour les aider, et pour leur donner aussi une perspective par les deux projets, d'avoir peut-être des rêves fous de carrière aussi. Pourquoi pas, on va peut-être trouver des footballeurs en herbe. On ne sait pas. Même des footballeuses, parce que c'est bien aussi. C'est fort pour d'autres. C'est fort pour d'autres. Et puis d'aider aussi les mamans et les papas, parce qu'il y a maman et papa, là. J'ai vu aussi les papas avec les mamans en poids et maison. C'est incroyable de voir cet esprit de famille qu'il peut y avoir aussi. Ça commençait pas mal non plus. J'ai vu des maris fiers de leurs femmes quand elles sont venues. C'était pas mal, ça, c'était pas mal. J'ai dit, ça, c'est des choses sympas quand je les rencontre. D'ailleurs, t'en as rencontré, parce que notre vie est à deux. Entre nous, elle a commencé par un événement de Noël avec tous les employés de maison.
- Speaker #1
C'était super bien.
- Speaker #0
C'était top.
- Speaker #1
Vraiment. Vraiment, je ne savais pas à quoi m'attendre.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que moi, c'était ma deuxième vie aussi, voire troisième, parce que j'ai plusieurs...
- Speaker #0
C'était bizarre, ça a dû commencer bizarre. Oui,
- Speaker #1
c'était le côté musique. C'était un dimanche après-midi, si je ne me trompe pas.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
il y avait deux séances il y avait du monde donc je me dis comment j'adapte comment ça va passer j'étais pas sûr de ce que j'allais jouer et finalement la magie a opéré mais j'avais même pas joué j'avais compris que ça allait très très bien se passer et les deux groupes c'était vraiment deux groupes différents et les deux ça a été un super moment j'aurais joué plus longtemps s'il fallait en plus il y avait du beau monde il y avait mon ami et frère depuis des années Matt aussi qui était là il y avait Inès, Vandamme il y avait du beau monde donc vous avez bien fait les choses vous avez bien récompensé encore une fois vos employés et franchement je me suis régalé et il y en aura d'autres il y avait beaucoup d'enfants c'était mini boîte de nuit
- Speaker #0
en dimanche on ne faisait même plus la différence entre les employés de maison les salariés c'est ça qui était bien elles sont belles, t'as vu moi c'est un truc de fou aussi, ce que je me rends compte c'est que je me dis, on a toujours des mauvaises images de ça et moi ça me prend la tête et moi je rencontre des employés de maison qui me disent mais avec vos campagnes on se sent belle maintenant on s'assume, on arrive et t'as vu, là c'était que du beau monde on se dit On s'en foutait d'où ça venait, qui faisait quoi. Et c'était ça qui me touchait. Et puis quand tu as commencé à faire ce que tu as fait, c'était incroyable parce que derrière, il y a eu presque une petite émeute. Ça montait sur la scène et tout.
- Speaker #1
C'est plus Matt qui a créé ça.
- Speaker #0
Toi aussi. Toi aussi, ça nous a beaucoup, beaucoup touché. En tout cas, moi, ça m'a beaucoup touché. Aussi, ce côté collaboratif où tous les gens étaient ensemble. Moi, j'adorais. Bon, on va parler un petit peu de la campagne.
- Speaker #1
Allez, bien sûr.
- Speaker #0
Te voilà parti jusqu'au bout. Tu es un client Shiva, donc ce n'est pas qu'une maison en plus.
- Speaker #1
Non, mais j'ai été client avant qu'on se connaisse. J'étais client à Paris. Je suis client à Arles aussi maintenant. Et je pense que je vais être client au CERF aussi. C'est génial.
- Speaker #0
On est très contents. Et tu es content de nous ? Ça va ?
- Speaker #1
Si je kisse ma toile d'araignée comme ça, c'est que ça va.
- Speaker #0
on est content et on est fier de t'avoir comme client d'ailleurs on a plein de clients comme ça on ne savait pas que tu étais client quand on t'a contacté c'est ça qui est drôle parce que nous justement on n'a pas ce répertoire des fois bon je me dis il faudrait quand même qu'on l'ait un peu des personnes, des personnalités qui passent par Shiva, c'est la magie c'est sympa, c'est naturel d'ailleurs il y a un présentateur qui va nous aider à faire la convention Christophe je peux me dire qu'il est sympa beau grand je... quand je l'ai vu la première fois je lui ai dit bon je vais vous expliquer ça fait 5 ans que je suis client donc bon c'est sympa et donc cette campagne je te rappelle un petit peu le fil de la campagne on a commencé en 2021 et on l'a vraiment exposé en 2022 avec ce grand pari de mettre des employés de maison en lumière avec acte 1 C'est on casse les préjugés, on balaye les préjugés, on dépoussière le métier. C'était vraiment des mots très très forts en mettant neuf employés de maison réels mais qui fêtaient aussi les 20 ans de Shiva et qui avaient aussi beaucoup d'ancienneté pour montrer qu'il y avait des gens qui étaient longtemps chez nous. Donc ça, c'était l'acte 1. L'acte 2, on a vraiment parlé, on avait mis plus de couleurs dorées, où on a dit être déclaré, c'est être protégé, parce qu'on milite aussi sur le fait que les gens soient déclarés pour avoir quand même des protections sociales, qui n'ont pas forcément, quand ils sont, on dit, entre guillemets, c'est pas beau, au black ou au noir. Et la troisième campagne qu'on a fait il y a deux ans, c'était vraiment le coup d'éclat sur la profession, on les a mis en couleur. Et on me disait que c'est quoi l'acte 4, on a reçu beaucoup de prix par rapport à ça. Et bien l'acte 4, j'ai dit tiens on va montrer le lien, qu'il n'y a pas que des emplois de maison, mais il y a des gens autour, que ce soit des clients ou des gens, des chargés de clientèle, responsables d'agence. Et donc on a lancé, elle va être plutôt lancée à la rentrée, on a pris énormément, et toujours Harcourt est avec nous, qui nous suit toujours, ce sont des partenaires de dingue. prendre des photos des clients avec des vrais employés de maison, leurs employés de maison. Et tu vas être incognito dans les clients, parce que ce sera Djibril, on ne va pas dire que tu aimes, mais les gens te reconnaîtront sûrement, avec Chari, ton employé de maison. Donc, qu'est-ce que tu penses de ça ? Est-ce que ça te plaît ? On va aller faire les photos après, juste après d'ailleurs, on va arrêter le podcast pour ça. Qu'est-ce que tu en penses de cette idée, de ce cheminement ?
- Speaker #1
Déjà, ArtCourse, c'est top niveau.
- Speaker #0
Ils ont joué le jeu, ils sont super sympas.
- Speaker #1
Donc moi, en tant que fan de mode, fan de photos aussi, forcément, c'est déjà... Moi, c'est la première fois que j'ai jamais shooté chez Rapport. Donc c'est déjà un premier beau cadeau. Et c'est là où, encore une fois, c'est ça votre force, c'est qu'il n'y a pas de... Enfin, il y a une hiérarchie, mais je veux dire... un client c'est un client et que ce client là soit Djibril Sissé ou n'importe qui ça reste quelqu'un de lambda qui se doit de respecter son employé de maison et pourquoi pas quand elle vient faire le ménage de s'asseoir, discuter 5 minutes avec elle ce qui m'arrive souvent de proposer des cafés voilà d'être certes elle travaille pour toi mais ça reste quand même une personne euh... une personne où tu dois avoir un minimum de discussion et de liens entre vous et de confiance. Et je trouve que de mettre les deux personnes au même niveau, je trouve ça hyper cool. Et je trouve que ça donne encore plus de force à la campagne. Et c'est pas parce que je suis sur celle-là, mais je pense que ça sera... encore un cran au-dessus de ce que vous avez fait, de mélanger vraiment les deux personnes. Et je trouve ça encore une idée assez forte.
- Speaker #0
Ouais, ça c'est mon truc.
- Speaker #1
Et en plus,
- Speaker #0
ça tombe bien parce que tu l'as dit trois fois dans ton discours, tu as incarné le respect. Parce que la dignité et le respect, et ça va être entre nous une histoire de respect. Et ça, c'est ce qui va être écrit sur l'affiche et je trouvais que ça correspondait super bien.
- Speaker #1
C'est important. Moi, je suis d'une famille africaine. Nous, les aînés, un petit ne lève pas le ton ou ne contredit pas un aîné. Le respect, c'est très important chez nous. Et pour tout le monde. Encore une fois, je le répète, ce n'est pas parce qu'elle travaille pour moi. que je ne dois pas la respecter, que je ne dois pas lui dire bonjour, que je ne dois pas lui proposer un verre d'eau si je vois qu'elle n'est pas bien, que je ne dois pas discuter avec elle. Moi, ce n'est pas comme ça que je vois les choses. que je traite en tout cas les employés que j'ai qui travaillent chez vous. Ce n'est pas du tout comme ça que ça se passe. Au contraire, il y a des discussions. Parce qu'au début, elles n'osent pas. Après, forcément, elles me reconnaissent. Et on parle un peu de football ou pas. Mais ce n'est pas un problème. Après, elles côtoient plus ma fille que moi parce que j'y suis un peu moins. Et du coup, il faut en plus qu'il y ait cette relation-là. Sinon... Sinon la vie elle est chiante quoi, si on n'a pas un minimum d'amitié, de lien, de connaissance aussi. Moi j'aime bien aussi découvrir d'où elles viennent et ce qu'elles ont vécu dans la vie et voir s'il y a des points communs. Sinon la vie est chiante.
- Speaker #0
Merci beaucoup Gévryl. Avant de conclure, je vais quand même parler d'un truc incroyable. On a parlé d'Ibiza, on a parlé de la musique. J'ai découvert, excuse-moi, mais que tu étais un DJ de malade. Alors raconte-nous un peu tout ça, parce qu'on va conclure sur une note de musique.
- Speaker #1
En fait, j'ai commencé à mixer quand j'avais 14 ans. J'ai eu la chance d'être proche d'un DJ quand j'avais 14-15 ans, ce n'était pas légal encore à l'époque, et le voir jouer, enfin pas jouer, mais un peu faire... Varier les émotions des gens par rapport à la musique, je le voyais, il jouait ce genre de musique là, les gens se comportaient comme ça, il jouait autre chose, il se comportait comme ça et c'était un vrai personnage. Dans le sud, des fois, il arrêtait la musique, il regardait les gens, il fumait une cigarette. il arrêtait la musique pendant 2-3 minutes les gens s'énervaient un peu, ils relançaient la musique ça repartait, un vrai personnage donc j'ai eu cette chance là de le voir jouer et ça m'a réveillé un truc, moi j'aimais déjà la musique nous on est fans de musique dans la famille, mon père aussi était fan de musique on est tous plus musique que télé donc du coup je suis rentré à Auxerre et j'avais mes platines au centre de formation J'avais pas le droit de mettre fort, mais à l'époque c'était en vinyle, donc je suis passé de vinyle à CD, après on s'adapte à la technologie. Mais moi depuis que j'ai 14 ans, je mixe et j'ai toujours eu cette passion-là, après les matchs, après les entraînements, pour me détendre un peu. Et la passion a grandi, a grandi, a grandi, j'ai fait quelques sets maintenant, je peux le dire, je suis plus joueur. En fin de carrière, pendant que je jouais un peu l'été, je faisais 2-3 sets. Et après, une fois que la carrière de foot a dû s'arrêter, c'était un tout droit pour moi de faire ça et la mode. Du coup, je mixe assez souvent. On parlait d'Ibiza, il y en a eu un l'année dernière, il y en a deux cette année. Et il y aura aussi un événement à Disney le 21. ça va être pas mal à ne pas rater encore une fois une très belle initiative pour vos employés et je trouve ça vraiment encore une fois assez fou mais aussi honorable de penser aux familles et de les détendre un peu dans cette vie qui est assez très sonde.
- Speaker #0
Je suis tellement contente, je ne vais pas faire comme Céline, tellement contente que tu sois là et que tu sois un invité d'honneur parce que tu vas avoir plusieurs choses parce que tu représentes la force, personne qui est déterminée, qui sait de quoi il parle parce que tu sais... Très bien. Depuis tout à l'heure, c'est un plaisir de t'écouter. Je bois tes paroles depuis tout à l'heure. Tu sais de quoi tu parles, que ce soit de ta mère, de ta carrière, des enfants, de la vie. Et pour moi, tu es un invité d'honneur à cette convention. Sur justement le fil, on va parler de la fondation, on va parler de toutes ces choses-là. Et pour moi, c'est important d'avoir comme ambassadeur auprès de ces mille personnes qui seront là. Ils sont tous les jours dans les agences, tous les jours travaillent auprès des employés de maison, sont aussi eux-mêmes les ambassadeurs lorsqu'ils les voient. Et puis après on va avoir aussi un petit article dans le magazine, ça va être très sympa. Donc en tout cas je suis ravie, heureuse, je ne vais pas devoir le dire, parce que si je le dis je vais me faire disputer, mais t'es mon chouchou. c'est comme ça voilà je l'ai dit je vais faire un petit putain c'est des choses comme ça merci pour cet échange passionnant tu vois d'une traite pour un premier podcast je trouve moi je suis contente en tous les cas à l'aise à l'aise bien fluide très bien et puis j'espère que ça va ça va aider ça va ça va captiver tous les publics parce que t'es un exemple pour beaucoup de gens et puis et puis là on va se préparer parce qu'on va au chôte-ignan ça va bien se passer merci encore merci la magie du lien cette
- Speaker #2
chose invisible qui rapproche des personnes qui ne se seraient peut-être jamais rencontrées mais qui finissent pourtant comptées Les unes pour les autres, entre nous, c'est une histoire simple Mais les histoires simples sont souvent celles qui changent les vies plus longtemps