- Speaker #0
Le festival Oka les Templiers vous présente Esprit Libre des Templiers, le podcast qui vous plonge au cœur de l'histoire de l'événement. Chaque mois, je partirai à la rencontre de celles et ceux qui incarnent, vivent, écrivent et racontent l'événement depuis plus de 30 ans. Bienvenue et bonne écoute à toutes et à tous ! Bonjour à toutes et à tous, je reçois pour ce second numéro de Esprit Libre des Templiers un ancien vainqueur de l'épreuve et figure incontournable du monde du trail. Kiné, ostéopathe installé à Clermont-Ferrand, père de famille et récemment adjoint à la mairie de Clermont-Ferrand en tant qu'adjoint au sport, il incarne la génération des années 2000 et a vécu l'un des premiers grands changements de la discipline, on va revenir dessus. Salut Thomas !
- Speaker #1
Salut Fred, salut à tous !
- Speaker #0
Alors forcément, quand on parle Templier, certains noms racontent eux seuls une partie de l'histoire de la course. Thomas Laure Blanchet en fait partie, au même titre qu'on pourrait dire Karin Ery, Gilles Besser, aussi Thierry Breuil. Mais toi, avant tout, tu es aussi recordman de victoire. Quatre victoires, 2007, 2008, 2010, 2013. Vainqueur de la Leadville Trail, qui n'est pas non plus une course facile. dans le désert, quatrième... de la Western States en 2006, c'est ça ?
- Speaker #1
2016,
- Speaker #0
pardon. Et cinquième en 2015, il me semble.
- Speaker #1
Ou l'inverse, je ne sais plus, mais il y a quelque chose comme ça.
- Speaker #0
Et puis surtout, figure majeure de la génération qui a explosé, qui a accompagné l'explosion du trail en France. Si tu devais ajouter quelque chose à ce portrait, ça serait quoi ?
- Speaker #1
Pour le commun de la population, je dirais champion du monde en 2009. ça c'est sûr que ça compte sur une ligne de CV après je dirais que c'est si je devais rajouter une ligne ça serait globalement j'ai grandi et je me suis construit à travers cette génération qui a vu naître le trail et voir évoluer le trail alors avec ses penchants positifs et négatifs mais je dirais que j'ai une vision d'ensemble d'une accession du trail sur le devant de la scène
- Speaker #0
Justement quand tu entends Pour la première fois, le mot Templier, comment tu réagis et qu'est-ce qui te fait que tu deviens au Templier après avoir fait une carrière de triathlète ?
- Speaker #1
En fait, au début, j'avais toujours dans la tête de me dire, après ma carrière de triathlon, je ferai du raid. Donc j'étais abonné, comme tout un chacun à l'époque, au magazine Endurance. Et donc du coup, de endurance, j'avais quand même cette... un peu biberonné et un peu éduqué à la mode Gilles Bertrand. Donc les Templiers revêtaient quand même vraiment ce caractère de challenge, défi et course mythique. Et donc je m'étais toujours dit, ouais, ça sera quand même compliqué d'arrêter ta carrière sportive d'endurance sans avoir fait les Templiers, mais pour moi ça paraissait assez inaccessible. Puis finalement, en 2001, je fais mon premier trail, j'avais 21 ans, et à l'époque je gagne. et je gagne ce premier trail qui était la 106 Puy de Dôme et je gagne devant Michel Trémouille qui un mois après fait quatrième au Templier donc je me dis finalement c'est pas si inaccessible que ça et du coup derrière je me suis mis dans le viseur les Templiers pour essayer de faire le meilleur résultat mais j'ai les leurs blanchés le meilleur résultat c'est rarement moins bien que 1 donc dès la première année j'ai fait 7 et derrière je me suis dit c'est possible donc je me suis tout construit et tout structuré autour de ça. Mais les Templiers, pour moi, c'était vraiment le Graal en tant que course en trail française.
- Speaker #0
Justement, tu as parlé de Michel Tremouille, il y avait aussi Gilles Besser à cette époque-là, Gilles Guichard aussi, puisque c'était le vainqueur en 2006, juste avant toi. Qu'est-ce que représentait à cette époque la course des Templiers qui en plus était dans le petit village de Nant ?
- Speaker #1
Alors, pour contextualiser, à l'époque, il n'y avait quand même pas beaucoup de courses. En France, il devait y avoir la sensibilité d'homme pour ne pas la citer, mais elle était quand même vraiment moins médiatisée. Il y avait la 6000D, il y avait des courses comme le Canigou, le marathon du Mont-Blanc qui était un petit peu naissant. Donc les Templiers, c'est 1995, il n'y avait vraiment rien en termes de structure et de course sur l'Hexagone. Donc moi, quand je me mets au Templier... Je me mets au Templier parce que c'est la course de référence en France, voire en Europe, parce que ce n'était pas vraiment structuré. Il y avait bien des courses en Suisse avec des marathons de montagne à peu longue distance. Mais pour la partie trail en tant que telle, par rapport à ce qui est devenu la discipline, il n'y avait pas vraiment de deuxième course.
- Speaker #0
Alors justement, tu gagnes les Templiers pour la première fois, tu le remportes trois fois après ce qui t'offre aujourd'hui quatre victoires en tant que détenteur. Quand tu gagnes les Templiers, c'est vraiment un aboutissement ou est-ce que finalement les Templiers ont permis aussi de structurer le coureur que tu es devenu ? Parce que comme tu l'as dit, c'était une course mythique et finalement l'accrocher à son palmarès, ça a apporté un plus pour après s'exporter.
- Speaker #1
Oui, alors après, moi j'habite à Clermont-Ferrand, pour préparer les temps pliés, ce n'était pas simple, mais c'était plus facilement collable à la technicité, aux besoins du parcours. Il n'y avait jamais de temps plié, la plus grande montée, elle doit faire 400 mètres de dénivelé positif. Donc, c'est quelque chose que je peux retrouver par chez moi. Et puis, je suis plutôt un coureur du moyen, c'est-à-dire que je cours vite, mais moins vite que quelqu'un qui ne fait que du plat. Je grimpe bien, mais finalement, moins bien qu'un montagnard qui ne fait que ça. Donc, aujourd'hui, les temps pliés, Ça a bien correspondu à mon profil. J'ai bien marché au Templier parce que mon profil correspondait aux besoins des Templiers, mais j'ai aussi eu soin de structurer mon entraînement et m'adapter par rapport aux besoins spécifiques des Templiers et pouvoir répondre aux attentes du terrain, à savoir la capacité de courir relativement bien et vite sur les plateaux entre les montées techniques et les descentes techniques. Oui, c'était important pour moi de réussir à faire la meilleure perf possible sur les Templiers. Je gagne la première fois en 2007. C'est effectivement le bout d'un processus d'entraînement, de planification, de structure. Parce qu'à l'époque, les Templiers, moi j'y pensais dès le lendemain des Templiers. Donc toute l'année était construite autour de ça. Avec l'avantage aussi qu'à l'époque, comme il n'y avait pas beaucoup de courses, on arrivait à se donner moins d'objectifs. que maintenant. Donc, on était quand même moins attiré par multiplier les dossards. On avait les Templiers, on savait qu'on devait répondre présent parce que c'était ce qui valorisait ta saison, ton personal branding en tant qu'athlète. Et donc, du coup, il n'y avait pas vraiment d'autres questions à se poser si ce n'est que le mieux possible. Tu pouvais racheter toute une saison quand tu réussissais aux Templiers.
- Speaker #0
Alors justement, c'était aussi une époque où on va refaire un peu d'histoire, mais où il y avait la génération bah Tom Lorblanchet, David Pasquio, Christophe Mallardé, c'était un peu ce qui composait le Team France, avec Jean-Mi Fort-Vincent à la baguette. Et c'est vrai que tu le dis toi-même, c'était aussi une sorte de confrontation toute l'année. Vous vous retrouviez au Ventoux, puis ensuite des fois à Guerlédan, après au Marathon du Mont-Blanc. Et en fait, c'était un peu le Graal d'aller s'affronter un peu comme une finale de fin de saison au Templier, parce qu'aujourd'hui, la saison était construite autour de ça, et ça paraissait presque beaucoup. de faire en fin de saison 70 km, alors qu'aujourd'hui, on le fait quasiment dès le mois de mars ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est vrai qu'il y a eu une espèce d'inflation du kilométrage. Et aujourd'hui, pour moi, par exemple, c'était dans notre construction de saison, tu allais faire la Saint-Élion souvent parce que tu avais fait un mauvais temps plié. Maintenant, en gros, les gens, c'est on fait le temps plié, puis derrière, je pourrais faire une Saint-Élion. et puis avant j'ai fait limite une CCC, donc voilà, on est sur des constructions de saison qui sont vraiment totalement différentes de celles d'avant, et oui, il y avait Ventoux, Gare-les-Dents, mais en fait, tu ne venais jamais au Templier pour préparer une autre course, tu venais au Templier parce que c'était le rendez-vous de tous les trailers français de fin de saison, et ça venait, à l'époque, c'était ça qui était marrant, c'est que ça venait vraiment de profils différents, on avait plus ou moins tous, souvent on avait tous... plus ou moins une carrière dans un autre sport, donc que ce soit la course sur route, le marathon, le trail, enfin le triathlon, le raid, donc on arrivait quand même avec nos avantages et nos inconvénients par rapport à notre profil, mais c'était vraiment là où on se disait, le meilleur trailer en France du moment, c'est celui qui gagne les Templiers.
- Speaker #0
Alors on disait 2007... tu gagnes pour la première fois tu vas après avoir trois autres succès mais surtout 2008 c'est aussi un autre virage tu succèdes à Gilles Guichard qui n'était pas non plus tout jeune tout jeune d'ailleurs on le salue s'il nous écoute dans ce podcast l'ancien cycliste tu le disais, des anciens, des reconversions David Pasquio, ancien footballeur aussi qui était un des acteurs des Templiers et puis 2008 arrive le successeur de Marco Olmo à l'UTMB Kylian Jornet, c'est aussi cette nouvelle génération. C'était comment à cette époque-là pour que les gens qui aujourd'hui découvrent le trail en 2026 se disent 2008, 2010, c'était quoi la discipline ?
- Speaker #1
La discipline, Kylian, c'était un des premiers coureurs. C'était un peu naissant, à l'époque on était chez Salomon, c'était un peu naissant ce profil. C'était les skieurs alpiques qui arrivaient bien à courir. Donc lui, c'était le premier qui avait ce profil-là, avec une grosse caisse, mais surtout une grosse capacité de digérer le dénivelé. À l'époque, il faut comprendre qu'en France, ça paraissait beaucoup de faire 70 km. Mais tous ceux qui venaient du sky running, ils avaient des modèles d'entraînement qui étaient plus collés finalement au ski alpi, avec des charges et des volumes d'entraînement qui étaient ultra conséquents. Donc nous, on arrivait quand même, moi je venais du triathlon, donc j'avais quand même l'habitude de m'entraîner quand même de façon conséquente, quasiment autour des 20-25 heures, donc avec du vélo et de la course à pied. Mais pour le coup, c'était assez commun par rapport à cette nouvelle génération. de Killian il faut comprendre quand même quelque chose c'est qu'aujourd'hui des Killian on a l'impression qu'ils traversent les générations mais de la génération 2008 il n'y en a plus aucun à part Killian des Agusti Rock même des Toffol qui sont arrivés un petit peu après, il n'y a que Killian qui a réussi à traverser les époques alors certes il est arrivé de façon hyper jeune dans la discipline mais c'est quelqu'un qui a réussi à se réinventer en permanence et ça c'était pas vraiment la capacité de tous ses contemporains de l'époque. Donc, quand il est arrivé, il est arrivé avec des nouveaux codes. Il a réellement donné le champ du possible à plein de gens de se dire « Ah, mais en fait, faire des courses de 80 km, c'est très possible de les cumuler dans une saison. » Alors qu'à l'époque, on était branché sur des codes ou en mode pas plus de deux marathons par an, puisque nous, on était quand même plus, en France, biberonné à la course à pied. Et lui, il est arrivé avec cette vision. Oui, course à pied, mais davantage sport de montagne, sky running et ski alpinisme.
- Speaker #0
Est-ce que Kylian, que tu as côtoyé au sein du team Salomon, sur des stages, notamment, je me souviens, une première fois que vous l'avez vu, je crois, c'est peut-être au stage du Ventoux dans les années 2007-2008. Est-ce qu'il a vraiment, maintenant, avec le recul, presque 20 ans, est-ce qu'il a vraiment révolutionné la discipline ? Est-ce qu'il y a eu un avant Kylian et un après Kylian ?
- Speaker #1
Oui, et puis je pense que... Je pense que quand Kylian arrêtera, on se rendra compte de l'impact qu'il a eu sur la discipline. C'est ce que je disais l'an dernier quand il a fait la traversée des Alpes. Je pense qu'on ne se rend pas trop compte de l'exploit sportif et physique qu'il a fait. On se rendra compte quand les prochains n'arriveront pas à faire la même chose. Mais oui, il y a eu un avant et un après Kylian. Et Kylian, il a ouvert des portes comme plein de... comme Gebrey Selassie a ouvert des portes, comme potentiellement des Emile Zatopek, des gens qui ont marqué leur sport de façon durable. Kylian a vraiment cette capacité à rendre possible et à faire péter ce plafond de verre au moins psychologique.
- Speaker #0
Justement, dans cette génération, vous aviez peu de sponsors, pas de réseaux sociaux, peu de professionnalisation. On est en 2010. Aujourd'hui, on voit une explosion de tout ça et toi, tu le vis en tant qu'observateur, mais aussi en tant que co-coach, on peut dire, avec le Team ASICS, puisqu'aujourd'hui, tu fais partie prenante de l'aventure avec la marque qui t'a longtemps équipé après Salomon. Explosion du nombre de pratiquants, on l'a dit, ultra-trail qui devient un phénomène de société, c'est-à-dire que la distance Templier, 70 kilomètres, qui était presque le Graal de fin de saison, maintenant, on l'a un peu banalisé, une professionnalisation. très forte des athlètes. Est-ce que tu penses, si on va plus loin, qu'aujourd'hui, l'esprit du trail a changé ?
- Speaker #1
Si je prends par rapport à l'époque, on va dire, qu'on a recontextualisé tout à l'heure, aujourd'hui, personne vient au trail en ayant attaqué par d'autres disciplines. Les meilleurs, ils ont attaqué tous, plus ou moins jeunes, mais par le trail. L'esprit originel, je ne sais pas ce que ça veut dire, effectivement, mais on est moins dans l'esprit originel parce que... Je pense qu'on est moins dans l'esprit défi, incertitude. Maintenant, on est sur des boîtes qui sortent du pacing pour quelque chose qui, à mon sens, devrait être inscrit dans une multitude de facteurs qu'on ne maîtrise pas. Donc aujourd'hui, on sait que sur une course, il va falloir au 33e, il faudra passer en 4h12 parce que si tu pars en 4h16, c'est que... Donc du coup, on a cette incertitude et on a un peu ce petit moment de folie pour être sur la ligne de départ qu'on a un petit peu perdu. Maintenant, c'est des gens qui... qui maîtrisent bien tous les facteurs de performance, ou tout du moins dès qu'on veut s'entraîner de façon conséquente et avec de l'ambition, on commence à les identifier, que ce soit l'entraînement, la nutrition, la préparation physique. Moi à l'époque, j'étais un des seuls à faire de la préparation physique, parce que j'avais mon bagage de kiné et que du coup je comprenais l'intérêt d'optimiser du renforcement musculaire qui pouvait compenser finalement des heures à faire du dénivelé négatif. Mais maintenant, on connaît un petit peu tous ces paramètres-là, donc on est un petit peu moins dans l'inconscience. Maintenant, est-ce que pour autant, les premiers sont des robots et des ce qu'on appelle les colampipètes des montagnes ? Non, je pense quand même que c'est une génération différente, avec des codes différents, mais pour autant, ils aiment passer du temps dehors. On est quand même... fasciné par passer du temps dehors avec ce défi de soi et avec la nature donc oui peut-être que potentiellement on est moins candide mais c'est une génération différente, pour autant est-ce que c'était mieux avant, j'évite pour tout du moins d'inscrire dans une pensée, d'une vision un peu réac en mode c'était mieux avant non c'était différent avec des avantages et des inconvénients Aujourd'hui, quand je vois, je me souviens d'une petite anecdote, j'avais mon premier temps plié, je me souviens, ça passait par Nant, on montait le Saint-Gira, alors on descendait à Dourbi. Et en fait, à Dourbi, c'était la nuit qui se levait, et donc il y avait pas mal d'équipes à l'époque, c'était des équipes style Air Tips, c'était une équipe de rail qui venait sur les trails. Et donc là, à Dourbi, il fallait changer parce que c'était une nouvelle... parties qui commençaient, on quittait la nuit, t'avais l'impression que c'était un méga ravitaillement, alors que maintenant, quand je vois, je pense qu'à l'époque, j'étais un des premiers à mettre en place le ravitaillement triathlon, où j'avais ma femme qui me suivait en courant et qui me donnait mon hydratation et mon ravitaillement pour ne pas perdre de temps, et donc du coup, c'est effectivement hors code. Donc, ces codes-là, ils ont changé, ils se sont adaptés. À l'époque, on n'avait peut-être que deux marques de nutrition. Maintenant, il y en a deux par jour. Donc, aujourd'hui, je dirais que peut-être que c'est différent. Mais est-ce que c'est mieux ? Est-ce que c'est moins bien ? Du moment que les gens font plus d'activités, j'ai envie de dire que c'est plutôt mieux.
- Speaker #0
Alors, sans aller sur effectivement est-ce que c'était mieux avant ou pas, ce n'est pas l'objectif, mais est-ce que justement, dans le premier épisode, on en parlait avec Christophe Basson et toi, tu dois aussi voir ces... C'est patient dans ton cabinet, dans ton activité professionnelle libérale. Est-ce qu'aujourd'hui, tous les coureurs qui prennent le départ d'une course, comme tu le disais, souvent un peu stéréotypés, avec des pacing précis, avec des plans de nutrition, avec des préparations mentales et tout, est-ce qu'ils le prennent vraiment parce qu'un peu comme à votre époque, vous aviez envie, l'envie d'aller découvrir des territoires, l'envie d'aller découvrir des terrains, de vous confronter ? Ou est-ce qu'ils le font parce qu'il faut être aujourd'hui dans des codes d'une société ?
- Speaker #1
C'est sûr qu'aujourd'hui, on ne peut pas déconnecter le fait de faire de l'activité physique, notamment de la course à pied du trail, d'une incidence des réseaux sociaux. Je vais le faire, mais il faut qu'on sache que je l'ai fait. A l'époque, on le faisait parce qu'on savait qu'on allait au fight et que moi, mon but, quand on était au bout de 30 kilomètres que j'étais avec Thierry Breuil, qu'on le sache ou qu'on ne le sache pas, le but, c'était de se tirer la bourre et qu'à la fin on... et qu'à la fin on se retrouve et qu'on sait qui était le meilleur. Donc en fait aujourd'hui on est quand même inscrit dans il faut faire savoir qu'on a fait et qu'aujourd'hui il y a plein de gens qui je pense ne courraient pas. Notamment aujourd'hui j'ai tous ces défis un peu. Maintenant on va faire une semaine de dénivelé, bientôt on va avoir quelqu'un qui a fait 1000 mètres de dénivelé sur une année pour faire 365 000 mètres de dénivelé sur un an. Je ne suis pas sûr que... fondamentalement ils le feraient si c'était pas relayé ou s'il n'y avait pas de GPS ou s'il n'y avait pas de Strava et ainsi de suite. Donc aujourd'hui je dirais qu'il y a pas mal de personnes qui le font pas forcément pour les bonnes raisons et que cette motivation elle est essentiellement extrinsèque et pas vraiment intrinsèque. Nous on était vraiment dans le mode, je pense qu'on était un peu en mode en cours parce qu'on veut savoir ce qu'on vaut par rapport à quelqu'un d'autre pour la partie élite j'entends. Pour les autres, je pense que c'était un peu en mode défi et découverte de courir en nature sur des longues distances. Mais je dirais qu'aujourd'hui, si on doit résumer, les réseaux sociaux ont un petit peu dégradé cette capacité de courir. au sens naturel du terme.
- Speaker #0
Alors ça, pour rejoindre ce que tu dis, on en a beaucoup parlé dans le premier épisode avec Christophe Basson, qui est exactement aligné sur ce que tu dis, donc je vous invite à le réécouter. On va parler d'un élément qui est fort et que tu as cité en premier, c'est les Templiers, c'est l'âme aussi d'un territoire, c'est des personnes, des bénévoles, c'est des créateurs, Gilles et Odile, bien sûr. Qu'est-ce qui rend ce territoire si particulier pour courir ? Et est-ce que les Templiers seraient les mêmes s'ils n'étaient pas en Aveyron autour de Millau aujourd'hui ?
- Speaker #1
Non, clairement, je pense que les Templiers, aujourd'hui, le territoire d'Ecosse, jouit d'une symbolique énorme. C'est-à-dire que les Templiers, en soi, déjà, le concept, quand on s'intéresse un peu à la genèse des Templiers, quand je dis Templiers, c'est la cavalerie. les croisades et après toute la symbolique du plateau du Larzac tous ces plateaux finalement ont joui d'une symbolique énorme dans l'imaginaire des gens et que effectivement la course des Templiers ne serait pas la course des Templiers si elle se déroulait au Cap d'Agde on est à peu près certain là dessus mais je dirais que la beauté des paysages et le fait qu'en on a On n'a rien de temps, on peut passer d'un panorama totalement ouvert quand on est sur l'Ecosse, à un panorama totalement encaissé dès qu'on est en bas. Tout ça, ça permet d'avoir un gap visuel énorme entre les deux moments et ce qui fait que du coup, les Templiers, aujourd'hui, jouissent de deux choses. Un, un territoire qui a réussi à être préservé parce qu'à part le viaduc de Millau, les routes, c'est quand même pas foufou. le temps. de points, c'est effectivement cette partie symbolique avec une histoire qui est ancrée dans la roche, avec des grottes qu'on redécouvre au fil des kilomètres et puis encore une fois, je pense qu'il y a plein d'endroits moi je me souviens de la Verticos au tout début de la Verticos c'était des coins où Mostu et Joule ces coins là, où en gros c'est vraiment l'Aveyron caché, et ça on a vraiment l'impression que même quand on fait les Templiers Merci. Ça donne juste une seule envie, c'est de retourner, courir autour du parcours des Templiers, parce qu'on se dit, ouais, mais il y a plein de trucs que j'ai pas eu le temps de voir, parce que finalement, le parcours, il était déjà tracé. Mais on se rend vraiment compte du possible du territoire. Et puis au-delà de tout ça, je pense que les gens sont vraiment des gens... Alors, en plus d'être des gens passionnés par leur épreuve, les habitants de Millau et des Vallées sont des gens passionnés par leur territoire, parce qu'ils savent très bien que... c'est quelque chose de rare et de cher quand on visite un petit peu la France.
- Speaker #0
Alors tu disais, c'est un territoire qui est pris par l'histoire. Il y a énormément d'histoires qui se sont passées sur le plateau du Larzac, dans l'Aubrac et tout. Aujourd'hui, Gilles a aussi magnifié quelque part toutes ces histoires en les racontant en images, en les racontant par des textes, aussi en prenant la parole, souvent le matin au départ. Et c'est vrai que c'est une invitation aussi à revenir. mais est-ce qu'aujourd'hui... les Templiers au-delà d'une expérience chrono ? Est-ce qu'on vient aussi vivre une expérience autre, une expérience nature, une expérience d'un territoire ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Parce que, alors oui, effectivement, Gilles a la capacité de rendre encore plus magnifique le territoire parce que du coup, il met des mots sur des images. Mais en vrai, aujourd'hui, le territoire des Templiers, même s'il n'y avait pas cette course des Templiers, c'est vraiment un paysage, pour les trailers, c'est vraiment idyllique, à plein de titres, que ce soit le dénivelé, la technicité, même le climat aujourd'hui, je me souviens d'avoir descendu souvent pour préparer les Templiers, c'est vraiment la... C'est vraiment la vallée un peu perdue, mais vallée du soleil, avec cette capacité à pouvoir proposer un terrain de jeu, mais juste stratosphérique. Donc les Templiers, oui, sont assis sur un territoire qui leur est propice, mais il a changé de lieu, il était au début à Nantes, puis finalement il est venu à Millau. On se rend compte que la plus-value de venir à Millau, elle a été certaine. Mais je veux dire, aujourd'hui... le territoire possible d'exploration des Templiers, il est juste énorme. Et puis la course qu'ils ont créée aussi sur la Gorge du Tarn, c'est sûr qu'on se rend compte que c'est... presque sans fin, la capacité à pouvoir découvrir en courant un territoire qui est vraiment difficile d'accès et qui est finalement uniquement possible via la course à pied.
- Speaker #0
Alors justement, en 1995, Gilles est le premier à poser le mot trail sur la pratique qui aujourd'hui est devenue mondiale. Est-ce qu'aujourd'hui on mesure suffisamment, parce que Gilles et Odile restent des gens très discrets, on les voit très peu, ils prennent très peu la parole, est-ce qu'on mesure suffisamment l'importance impact qu'ils ont eu dans l'évolution de la discipline à travers, justement, comme tu le dis, je me souviens de la première couverture, une des premières couvertures d'endurance. C'était une image des Templiers, Patrick Renard, je crois d'ailleurs, qui était en couverture. Mais est-ce qu'aujourd'hui, on mesure l'impact qu'ils ont eu dans l'évolution et l'explosion de la discipline ?
- Speaker #1
Moi, si je dois juste faire mon n égale 1, moi, elle a été énorme, l'impact qu'ils ont eu au-delà au-delà de mon activité sportive sur ma vie, puisque moi, ça a structuré structurer ma vie de 2002 à quasiment 2020. Ça a été une partie importante de ma vie en tant qu'homme et en tant qu'athlète. Mais oui, ils ont structuré ma pratique sportive trail. J'ai un peu fait l'inverse des Templiers, puisque j'ai fini à la Western, alors que les Templiers sont plus ou moins nés de la Western. Donc j'ai fait un peu le schéma inverse, mais ils m'ont structuré la conception que j'avais de la... de la course à pied de pleine nature. Et oui, aujourd'hui, on a un peu l'impression que les Templiers... Oui, maintenant, il y a les UTMB, les UTMB Series, ainsi de suite. Mais les Templiers, aujourd'hui, il faut se comprendre quelque chose. C'est eux qui ont construit le paysage du trail français. Et qu'ils ont donné les codes, ils ont donné ce que devait être le trail en tant que trail. Sans minimiser l'impact qu'ils ont eu, c'est effectivement réel le fait qu'aujourd'hui, sans Gilles Bertrand, il n'y aurait peut-être pas eu de trail comme on est aujourd'hui dimensionné en trail France et que la France fasse partie des modèles, que ce soit l'équipe de France, la structuration, la capacité à pouvoir proposer des épreuves, tout ça, ça a été un accélérateur. Peut-être qu'aujourd'hui, sans Gilles Bertrand, il n'est jamais irremplaçable. Mais peut-être qu'on ne serait pas là aujourd'hui en France s'il n'y avait pas eu Gilles Bertrand en 1995.
- Speaker #0
On a des fois l'impression qu'il y a une espèce d'âme des Templiers qui plane au-dessus de beaucoup de courses. Puisqu'on l'a vu, le départ en musique a été repris sur beaucoup de courses. Le mode de ravitaillement a été repris. Tu as raison de souligner que... Les codes des Templiers ont ensuite été dupliqués sur beaucoup d'épreuves en France pour aujourd'hui arriver à ce qu'on connaît de l'évolution de la discipline qui certes aujourd'hui connaît un boom incroyable puisque toi aussi tu es revenu dans le match, on va y passer, en intégrant aujourd'hui le staff du Team ASICS pour épauler cette jeune génération. Oui, moi je suis revenu parce que, pour la petite histoire, moi je suis arrivé dans le monde du trail avant Laurent et Cathy Ardito, qui eux étaient dans le monde du raid et qui ont un peu, dans un deuxième temps, migré sur le trail. Donc quand ils sont arrivés et qu'ils ont structuré eux la capacité team trail ASICS, en fait on est arrivé dans la même époque. Quand j'ai fait mon histoire avec Salomon, qu'ils ont grandi de leur côté, j'ai quitté Salomon pour aller chez Asics, et puis après, d'Asics, je suis allé chez Altra. Puis finalement, quand j'ai commencé à prendre du recul, ils se sont trouvés peut-être intéressants de pouvoir actionner les choses pour qu'on retravaille ensemble par rapport à ma vision, ma vision de quelqu'un qui avait vu grandir la discipline, qui est aussi professionnel de santé. qui a la capacité à pouvoir avoir un discours aussi santé autour de la pratique du sport et du trail en particulier. Donc moi, j'ai revenu chez ASICS plus avec cette casquette d'accompagnant avec une certaine expertise, un certain recul sur la pratique du trail avec ces côtés aujourd'hui assez toxiques qu'on peut avoir. Alors la bigorexie, c'est un des... des éléments toxiques de la discipline, mais c'est vrai que l'épreuve et la pratique sportive à outrance, comme on peut en avoir sur beaucoup de gens actuellement entre elles, je pense que je suis suffisamment sensibilisé à ça dans mon cabinet pour pouvoir justement être de bons conseils dans la pratique, dans un team d'élite.
- Speaker #1
La bigorexie, on rappelle ce que c'est, c'est une pratique exagérée. boulimique du sport qui fait qu'on a toutes les déviances qui sont à la fois sociales, physiques, physiologiques, fractures de fatigue, fractures du mental, ça va dans tous les sens après.
- Speaker #0
Oui, la bigorexie c'est effectivement être accro à l'activité physique et avec tout ce qui va dans le champ lexical du terme accro, donc effectivement désocialisant et puis on va dire toxique pour son... pour soi-même en fait.
- Speaker #1
Pour son bien-être aussi, oui. Justement, dans cet accompagnement que toi, avec cette nouvelle génération, notamment l'an passé avec la double, on va dire, victoire de ASICS sur l'UTMB puisque Tom Evans l'avait emporté devant Ben Diman et va repartir cette année avec des grosses ambitions. Comment tu arrives à associer ce développement du haut niveau de la discipline qui tire vers, on l'a dit, vers la data, vers un peu plus de professionnalisme et tout ? tout en gardant cette authenticité dont tu parlais tout à l'heure qui est aussi très importante pour construire des athlètes de demain sans doute ?
- Speaker #0
En fait, il faut vraiment déconnecter. Aujourd'hui, il ne faut pas se voiler trop la face, mais on a quand même une pratique à deux vitesses avec des gens qui sont potentiellement suffisants financièrement pour pouvoir s'investir à 100% dans la discipline. Et monsieur et madame tout le monde qui essayent de gérer avec son quotidien pour pouvoir être compétitif. En gros, Le problème, c'est qu'on a un éclairage médiatique important sur du Bendyman ou du Tom Evans. Et du coup, on pense que ça, c'est le Graal ou la nécessité absolue pour pouvoir performer. Mais monsieur et madame Tout-le-Monde, est-ce qu'ils ont vocation à tendre vers ça ? Est-ce qu'être heureux et performer, ça peut aussi être tirer la meilleure version de soi-même à un instant T par rapport à ces paramètres de vie ? sans devoir les bouger par rapport à un besoin de performance à outrance. À un moment donné, je pense que savoir bien évoluer dans un milieu, ou encore une fois plutôt un milieu sportif, c'est quand même essayer de construire quelque chose de pérenne par rapport à l'impact et les concessions qu'on a à mettre en place pour pouvoir être performant. et qu'une carrière en mode comme Ben comme Tom, c'est quelque chose qui est pas voué à durer dans le temps ou tout du moins à s'inscrire dans une durée de vie classique et que choisir ça va être préféré ou renoncer tous les choix qui sont faits pour les élites c'est des renoncements sur pas mal de choses et à un moment donné on est toujours un peu en espèce de de balance entre ce qui est bon pour mon sport, ce qui est bon pour ma vie, est-ce que ce qui est bon pour ma vie est bon pour mon sport, est-ce que ce qui est bon pour mon sport est bon pour ma vie, et ce n'est pas tout le temps le cas en fait. Et l'élite aujourd'hui est vraiment mise en lumière, et souvent ça a cette capacité à stresser finalement ceux qui sont dans l'accessibilité au haut niveau, et donc du coup je peux comprendre que des jeunes qui sont un peu dans l'entre-deux là, c'est assez... c'est assez toxique par rapport à la capacité à s'investir dans la discipline.
- Speaker #1
Alors justement, cette jeune génération dont tu parles, qui sont des Romain Dicher, qui sont des Tibère de Bizet, je parle des coureurs de chez ASICS, qui sont des Marigond Calves aussi, pourquoi pas, membres de l'équipe de France, tous ceux que je viens de citer, comment tu leur parles justement de ça ? Parce qu'eux sont un peu entre la phase de vouloir être professionnels, rêver à un avenir, peut-être celui de Tom Evans ou Bette Niemann ou d'autres coureurs. Et puis toi qui es peut-être là aussi un peu en train de les tempérer parfois ?
- Speaker #0
Je pense que c'est des timings de vie. Aujourd'hui, je ne vais pas avoir le même discours avec un Paul Cornuc, avec une Marigon Calves. C'est quand même des timings où je me dis, bah voilà. En fait, à mon avis, c'est souhaitable à un moment donné de se donner à 100%. Mais tout en étant conscient que c'est une période de vie qui doit avoir une date de début, une date de fin. C'est pas... parce qu'à un moment donné, on est capable d'encaisser une grosse dose de concessions, de sacrifices, même si le terme est un peu fort, parce qu'à un moment donné, on n'est pas obligé de courir, on est obligé de faire du trail, ce ne sont pas des sacrifices de vie. Mais c'est aussi valable pour l'entourage, c'est que si on a une date de début, une date de fin, l'entourage et soi-même, on est mieux à même de pouvoir supporter la charge et supporter les concessions et les paramètres qui nous permettent pouvoir être performant.
- Speaker #1
On va arriver au terme de cet entretien, on s'était donné 35-40 minutes, si aujourd'hui Thomas Laure Blanchet arrivait dans le monde du trail en 2026, quasiment 20 ans après ses premières épreuves, qu'est-ce qui le surprendrait le plus ?
- Speaker #0
Je veux dire, je me suis endormi pendant 20 ans et je me réveille maintenant ?
- Speaker #1
Aujourd'hui tu arrives à 21 ans et tu arrives en... 2026 à l'âge où tu es arrivé après une carrière de triathlon et tu découvres le trail c'est quoi qui te ferait peur en général tu es quelqu'un qui dit clairement les choses qui dit ce qu'il pense aujourd'hui
- Speaker #0
moi je suis allé dans le trail à une époque qui me convenait bien parce que j'avais un diplôme de kiné donc j'avais déjà plus ou moins j'avais réussi mon double projet et si aujourd'hui j'arrivais à 21 ans en fin de carrière triathlon. J'ai souvent eu cette réflexion autour de... Peut-être que j'ai une période de ma carrière où j'aurais pu faire mieux si j'avais mis entre parenthèses des éléments de vie qui font qu'aujourd'hui, je suis heureux de ne pas les avoir mis entre parenthèses. Et en 2021, enfin, à 21 ans, si je devais débarquer maintenant, Je ne sais pas si je n'aurais pas continué le triathlon, parce que je me rends compte que ce qui m'a fait venir dans le trail, c'est justement cette insouciance et le fait que tout était à construire et on ne connaissait pas grand-chose. J'aime bien construire ma vie par rapport à des paramètres que je découvre au fur et à mesure. Là, j'ai l'impression qu'il n'y a plus grand-chose à découvrir et qu'on sait tout. Aujourd'hui, pour performer, on sait à peu près tout ce qu'il faut faire. Et je ne sais pas si aujourd'hui... Alors, est-ce que je réagis maintenant parce que j'ai du recul ? Mais est-ce qu'à 21 ans, j'aurais ça ? Aujourd'hui, je ne suis pas certain qu'à 21 ans de l'époque, j'aurais eu envie de m'investir à fond dans ce projet avec aussi peu d'incertitude parce qu'on a un peu l'impression qu'aujourd'hui, si tu n'as pas fait... 15 dans l'UTMB la première année, ça va être quand même compliqué que sur les 3 ans, tu arrives à faire un top 5. J'ai l'impression que tout est un petit peu gravé dans le marbre. Ce qui me fait peur maintenant, c'est que c'est beaucoup trop lissé, beaucoup trop charté. Et finalement, on connaît trop que maintenant, on a les codes ITRA, on sait combien t'es au niveau mondial. Tout ça, ces paramètres-là, je trouve qu'aujourd'hui, c'est plus stressant. que finalement, ce que ça donnerait comme ambition à un jeune qui vient dans le trail. Tout du moins, avec ma carapace et mon modèle psychologique, je ne suis pas certain que je ne m'y épanouirais beaucoup là-dedans.
- Speaker #1
Justement, est-ce que cette jeune génération que tu côtoies aussi avec les Trail Elite Factory que vous avez mis en place avec ASICS, que tu vois aussi sur toutes les courses qui sont dans le cadre des Templiers, est-ce que cette génération a fait un petit peu peur ? Par rapport à ce que tu viens de dire, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, il ne faut pas tout sacrifier sur une discipline, mais aussi construire sa vie personnelle à côté. On a l'impression parfois que des jeunes sont complètement déphasés par rapport à ça.
- Speaker #0
Complètement. Aujourd'hui, ça me fait vraiment peur par rapport... Alors, c'est aussi les jeunes de maintenant. Aujourd'hui, les jeunes, quand tu leur parles, qu'est-ce que tu feras dans 20 ans, ça leur permet... Ils ont l'impression que tu parles de leurs parents. Donc, moi, ce qui me fait peur, c'est effectivement, aujourd'hui, on oublie de leur dire que, oui, tu peux te donner à 100%, mais à un moment donné, si globalement, t'estimes que... Voilà, t'es pas allé là où tu devrais en être au bout de 5-6 ans... construire ce double projet parce qu'il ne faut pas s'entêter et à un moment donné tu as 35 ans tu as laissé passer 10 ou 15 ans de ta vie et que tu penses que le super résultat qui va changer ta vie va arriver je pense qu'il faut aujourd'hui construire et en France c'est un peu le mauvais pays pour ça parce que les doubles projets ce n'est pas vraiment à la mode en France c'est très compliqué de les avoir comme un... un Sylvain Cachard qui réussit ce double projet mais on se rend compte que finalement pour réussir complètement en sport il a mis son double projet entre parenthèses pour pouvoir être à 100% sur le sport et je pense que l'épanouissement viendra sur pendant combien de temps et quel timing je me donne dans ce projet unique avant que ça redevienne quelque chose de préférable pour reconstruire ma vie en tant qu'homme parce que réussir sa vie c'est pas être à 900 en Côte d'Itra sans doute
- Speaker #1
En tout cas, pour ma part, ce n'est pas le cas. Merci beaucoup, Thomas, de nous avoir livré toutes ces impressions et ton retour, ta vision sur cette discipline, ton appréciation et, je sais, ta sympathie forte pour Gilles et Odile. D'ailleurs, on se retrouvera fin octobre du côté de Millau ensemble pour commenter les Templiers, cette nouvelle édition qui s'annonce aussi palpitante. C'est vrai que les Templiers ont repris depuis quelques années vraiment leur… Leur lettre de noblesse, on va dire, ça devient vraiment le gros rendez-vous international en fin de saison. Au même titre, je trouve, que l'UTMB ou le Marathon du Mont-Blanc.
- Speaker #0
Oui, complètement. Aujourd'hui, les Templiers, à juste titre, pour voir la capacité d'être visionnaire, les primes qu'ils ont mis en place qui sont relativement conséquentes et qu'aujourd'hui, quelqu'un qui veut vivre de sa discipline a tout intérêt de performer aux Templiers. Plutôt que d'essayer d'avoir une espèce de deuxième, de sauver sa carrière au Templier. Il faut l'identifier comme tel en tant qu'objectif. Et les Templiers, celui qui réussit au Templier, j'en reste persuadé, et ça, ça traverse les époques. C'est quand même celui qui s'est mis dans les Templiers, dans le viseur en début d'année. C'est pas, j'essaye de racheter ma saison et j'irai au Templier.
- Speaker #1
Et t'en es la preuve puisque tu l'as remporté quatre fois. Merci beaucoup Thomas. Tu as d'autres obligations en tant que maintenant élu, adjoint au sport à la mairie de Clermont. Donc, on va te laisser, même si tu n'es pas très loin de la mairie. Merci. Et puis, peut-être qu'on se croisera sur différentes courses, notamment du côté de Chamonix, avant de se retrouver à Millau fin octobre. Merci et à bientôt.
- Speaker #0
Merci, Fred.