Speaker #0Il y a des histoires qui ne commencent pas par une date, ni par un souvenir précis. Certaines commencent par un silence. Un silence dans une maison. Un silence dans une chambre d'enfant. Un silence que personne ne remarque. Et parfois, ce silence dure des années. Aujourd'hui, je vais vous raconter l'histoire de Valérie. Une histoire de survie. Une histoire de réveil. Et surtout, une histoire de lumière. Parce qu'au fond, cette histoire pose une question essentielle. Que devient-on quand on a passé une grande partie de sa vie à retenir sa respiration ? Et surtout, que se passe-t-il le jour où l'on décide enfin de respirer ? Valérie a grandi dans une maison qui, vue de l'extérieur, ressemblait à beaucoup d'autres. Il y avait un père, une mère, un frère de 8 ans de plus qu'elle, une école. Une vie qui semblait normale. Mais dans cette maison... Les adultes étaient occupés à leur propre tempête, avec qui il était impossible de parler, pas de relation, aucune émotion. Oui, c'était une autre génération. Ils ont 90 ans aujourd'hui, oui les sentiments et guérir les blessures ne faisaient absolument pas partie de leur façon de penser, ni de voir la vie. Ils ont contribué à l'élever, sans être à son écoute, pas de partage, pas de jeu, ni de câlin. Ils ont fourni le strict minimum, en s'assurant qu'elle ne manque de rien matériellement. Dans cette maison, Il y avait un grand frère aussi, qui faisait beaucoup de conneries. Il fallait qu'il bouge pour montrer qu'il existait, qu'il était là. Huit ans de différence d'âge, c'est un monde qui les séparait. Et au milieu de tout cela, une petite fille qui apprend très tôt à se faire discrète. Élevée comme une fille unique, Valérie aurait adoré avoir une fratrie. Une véritable fratrie avec laquelle elle aurait pu créer quelque chose, grandir ensemble, se soutenir, rire, se comprendre, pour ne plus être seule. Elle se le disait, enfant. Elle se le dit encore aujourd'hui. Car cette petite fille, qu'elle était, a simplement appris à ne pas déranger, à ne pas prendre trop de place. À l'école, elle restait dans son coin, ne participait jamais. Et à la maison, c'était pareil. Ne pas faire de vagues, rester en retrait. Comme s'y exister un peu moins permettait de traverser les jours plus facilement. Et puis, il y a des choses que les enfants vivent et que personne ne voit. Pendant plusieurs années, Valérie subit des abus de la part de son frère, son bourreau. Des abus qui se déroulent dans la maison familiale pendant des années, sans qu'elle sache vraiment combien de temps cela a duré. Dans la maison familiale, dans l'endroit même qui aurait dû être un refuge. Personne ne voit, personne n'entend, personne ne la protège, personne ne vient la sauver. Elle se souvient de cette petite fille qu'elle était. Coincée, renfermée sur elle-même, toute seule. Elle ne se sentait en sécurité nulle part. Même dans son imaginaire, elle ne se sentait pas à l'abri du mal, de ce monde dégrant qui la terrifiait. Comment avoir confiance quand personne, même ceux qui auraient dû la protéger, ne le font pas ? Ni ses parents, ni même les professeurs. Chacun ferme les yeux, détourne le regard sur son mal-être. Elle dira plus tard qu'elle a été livrée elle-même, sans amour, sans considération, sans sécurité émotionnelle. S'installe en Valérie une méfiance envers le monde qui l'entoure. Alors, pour survivre, son esprit fait ce que font souvent les esprits d'enfants. Il protège, il ferme à son tour certaines portes, il met les émotions à distance, il coupe la douleur. Une dissociation qui lui permet de survivre, en étant totalement déconnectée d'elle-même. Tout s'enfuit au plus profond d'elle-même. Sa tête oublie, mais son cœur et son âme gardent en mémoire. Elle a même voulu disparaître, mais toujours aucune réaction de sa mère ou de son père. Alors Valérie continue de grandir. École, études, mais la solitude est lourde à porter. Elle n'a pas de véritables amis. Elle a des copines. Les études les éloigneront. Comment garder des relations quand on ne sait pas faire ? On ne peut pas aller vers les autres, quand tout en nous n'est pas comme les autres. Alors elle se retrouve seule, dans une ville universitaire. Encore une fois, cette solitude est lourde à porter. Pour Valérie, les autres sont le danger. Impossible de faire des études supérieures, elle arrête pour aller travailler. Cette barrière qu'elle s'est construite, à ce moment-là, est plus solide que jamais. Et pourtant, elle obtient un travail stable en tant que fonctionnaire. Comme un robot que la vie a programmé malgré elle, elle dira qu'elle a fonctionné. Une vie structurée, avec une sécurité financière qui a de positif qu'elle se sent indépendante. ce qui lui permettra de se sauver à plusieurs reprises. Mais à l'intérieur, Valérie vit en apnée. Elle se décrit comme remplie de vide, comme anesthésie, incapable d'accéder à ses émotions. Ses souvenirs d'enfance sont flous, ses émotions restent loin, comme si une partie d'elle restait figée quelque part dans le passé sans savoir pourquoi, sans comprendre réellement. Son corps, lui, tente parfois de parler. Parfois même, elle aimerait ne plus exister. Et là encore... Personne ne voit vraiment. Alors elle continue. Elle mène sa vie tant bien que mal, sans sombrer dans les addictions. La vie avance. Elle rencontrera un homme qui contribuera à la détruire un peu plus. Une relation difficile marquée par la violence psychologique puis physique. Un homme qui la rabaisse, l'humilie, la frappe et détruit le peu d'estime qu'elle avait. Et elle devient mère. Un jour, face à la réalité, elle prend une décision immense. Sa fille n'a qu'un an, mais il est temps pour elle. Il faut partir. Alors, elle part. Elle quitte cette relation, elle protège sa fille. Elle devait sauver sa peau et celle de sa fille. Quelque part, sans le savoir encore, elle commençait déjà à briser une chaîne. La séparation ne met pas fin aux tensions. Il n'a jamais accepté qu'elle parte. Mais Valérie tient. Encore une fois, au tribunal, elle a vu écrit des énormités sur elle pour demander à ce qu'elle soit enfermée. Lui, il était flic. Avec des horaires inadaptés pour une enfant d'un an, alors Valérie obtiendra la garde de sa fille pendant 25 ans. Elle restera liée à cet homme, entre pression, contrôle et harcèlement. Il les suivait en voiture, il allait à la crèche et mettait son parfum dans le casier des vêtements de sa fille. Malgré tout ça, Valérie tient bon. Elle travaille, elle élève sa fille, elle avance encore et encore. Pendant des années, rien n'a véritablement de saveur. Même ce rôle de maman n'en plie pas son cœur. Puis elle trouve l'amour, elle veut y croire. Le père de sa fille décide alors de ne plus payer de pension. Pire encore, il a demandé à voir sa fille. Deux fois, durant toutes ces années. Et ce fut le jour de l'anniversaire de Valérie et le jour de son mariage. Sans se préoccuper que sa fille le connaisse ou pas. Il a choisi ces journées si spéciales comme pour les marquer au fer rouge pour qu'il en fasse partie. Car oui, Valérie s'est mariée. J'aurais pu vous raconter que cette relation l'a sauvée. Mais on ne se sauve réellement que lorsqu'on a décidé de le faire. Lorsqu'on sait de quoi on doit véritablement se sauver. Valérie n'est pas sa femme. Elle est son faire-valoir. Cet homme avait un égo démesuré. Dans cette relation, Valérie n'a pas grandi bien au contraire. Elle aurait aimé avoir un autre enfant, mais impossible. Elle était en suspens dans sa vie, en insécurité totale auprès de cet homme. Une fois encore. Leur séparation ? Un enfer pour Valérie. « Sans moi, tu n'es rien. » Oui, c'est ce genre de mots qu'elle a dû encaisser. Mais Valérie tient bon. Plus encore. Elle fait confiance à son intuition. Il a tenté de vider leur maison en son absence. Elle a suivi son intuition une fois encore. Elle est repassée par chez elle. Il est finalement parti uniquement avec ses affaires. Six années de procédure pour mettre fin à ce divorce. Cette fois encore, Valérie sauve sa peau. Une troisième relation viendra marquer son histoire. Là encore, elle y a mis fin. Il l'a tirée vers le bas. Il allait l'emmener dans sa dépression. Elle aurait perdu pied. Mais ça, elle ne voulait pas. ne le voulait plus, pour elle. Aujourd'hui, elle vit seule depuis huit ans. Mais il y a ce moment qui change tout. Sa fille est devenue adulte. Elle s'est débattue toutes ces années pour dire qu'elle existait. Mais Valérie ne la prenait pas en compte. Elle était en incapacité d'être présente véritablement. Elle était tellement centrée sur elle-même, l'anesthésie de sa tête, de son cœur et de son âme. Elle n'a pas su la protéger. Elle sait qu'être une mère dysfonctionnelle a impacté directement la vie de sa fille depuis qu'elle est toute petite. Mais les années ont passé. Sa fille est devenue une jeune femme. Un jour, sa fille ose dire quelque chose. Elle parle de ses blessures, du manque qu'elle a ressenti en grandissant. Pour Valérie, c'est un choc. Pas une accusation, non. Un miroir. Un moment de vérité impossible à ignorer. Elle prend la mesure de l'importance de sa souffrance par rapport à son manque de présence d'une mère dans sa vie, cette absence avec laquelle elle a grandi et avec laquelle elle s'est construite. Cet instant, elle comprend une chose essentielle. Si elle veut que les choses changent réellement, elle doit enfin regarder son histoire en face. C'est un peu le début de la rencontre avec elle-même. Alors Valérie fait quelque chose d'extrêmement courageux. Elle commence une thérapie. Elle se dit qu'il n'est jamais trop tard, qu'elle ne peut plus attendre des autres, famille, parents, passé, qu'il change à sa place. Elle sent qu'elle est arrivée à un point de non-retour avec sa fille, qu'elle peut la perdre. Elle le sent au plus profond d'elle. Mais cette idée est inconcevable. Elle comprend qu'elle a eu besoin de s'éloigner un moment pour se construire. Oui, Valérie en a souffert, mais elle a compris qu'il fallait qu'elle fasse du chemin également. Alors pour la première fois, avec l'aide de sa psychologue, elle met des mots sur ce qu'elle a vécu. Elle découvre la dissociation, les mécanismes de survie, la manière dont le cerveau peut se protéger en coupant certaines émotions. Elle comprend aussi le poids de la loyauté familiale. qu'il a maintenu proche de ses parents jusqu'à sa vie d'adulte. Et peu à peu, quelque chose s'ouvre. Des souvenirs reviennent, des émotions aussi, et surtout, une nouvelle manière de se regarder, avec moins de jugement, avec plus de compréhension, et peut-être pour la première fois de sa vie, avec de la douceur. L'un des moments les plus forts de ce chemin se passe avec sa fille. Grâce à la thérapie, elle a pu mettre en évidence ses manquements auprès d'elle. Elle reconnaît qu'elle n'a pas su être la mère qu'elle aurait voulu être, qu'elle était absente, incapable d'exprimer son amour, prise dans ses propres traumatismes, incapable de lui donner cet amour maternel qu'elle méritait, de la tendresse, tout simplement. Ses traumatismes l'avaient coupée de son véritable moi, l'avaient empêchée de vivre sa vie de femme, mais également sa vie de mère. Elle ne s'était pas rendue compte de tout ce dont sa fille manquait. Son âme était comme anesthésiée. Puis Valérie... fait alors quelque chose d'immense. Elle demande pardon à sa fille. Demander pardon, cela demande du courage et de la sagesse, mais il fallait que sa fille sache ce qu'elle vivait, ce qu'elle ressentait. Enfin. Et dans cet espace d'honnêteté, quelque chose se transforme. Leur relation évolue, elle devient plus vraie, plus consciente, plus libre. Aujourd'hui, elles avancent chacune sur leur chemin et sur celui qu'elles partagent. De longs mois de travail ont été nécessaires, ce qui les a sauvés. Aujourd'hui, elles se comprennent. Sa fille a appris à lui pardonner son absence. Valérie a pu exprimer toute sa tristesse de toutes ces années perdues à ne pas se comprendre. Il fallait créer une nouvelle histoire qui n'appartiendrait qu'à elles deux. Pour Valérie, pour sa fille, mais aussi pour les enfants qu'elle aurait un jour. Elle devait rompre avec ce traumatisme. pour qu'il cesse avec elle. C'est un lien profondément renouvelé qu'elles partagent toutes les deux, si précieux. Et pour Valérie, cette relation réparée est devenue une immense source de lumière. Car aujourd'hui, elle est capable d'éprouver des émotions. En accédant à ses traumas, son comportement a évolué vis-à-vis de sa fille. Valérie est présente dans sa vie, réellement, sincèrement, pleinement. Les années perdues ne se rattraperont pas, c'est vrai. Mais celles à venir sont précieuses et permettront d'écrire et de partager de nouveaux souvenirs. Aujourd'hui, elles sont indestructibles, l'une comme l'autre. Elles ont eu la force et le courage de traverser cette épreuve. C'est leur chemin, il n'est pas simple. Mais elles sont une famille, de celles qui se construisent et se reconstruisent ensemble, imprégnées d'un amour incommensurable qu'elles se portent, sans s'étouffer, en se respectant, en voyant l'autre. telle qu'elle est. À ce moment précis de l'histoire, vous vous demandez peut-être si elle en a parlé à ses parents. Il y a quatre ans, Valérie a partagé à sa mère qu'elle avait été abusée par son frère. En retour, ce fut une plainte qui laissait dire « Comment je vais pouvoir vivre avec ça maintenant ? » Violence inouïe pour Valérie. Cinquante ans qu'elle se débat avec ses démons, seule. Et une fois encore, Elle est seule. Alors oui, la parole libère. Mais c'est aussi là où elle comprend qu'il ne faut rien attendre. Elle a tant attendu de sa maman depuis petite, elle était incapable d'être mère à 90 ans. Il lui a fallu faire le deuil d'une maman de laquelle elle n'aura jamais d'amour, d'attention, ni même la position de fille. Elle ne la juge pas, sa mère a fait comme elle l'a pu. Mais le travail n'est pas fini. Elle s'y emploie chaque jour à ce deuil, ainsi qu'à se libérer. de sa colère et de sa loyauté. Si vous vous demandez qu'en était-il de son père, Il était là physiquement, mais il les a abandonnés à sa façon. Il travaillait beaucoup quand elle était enfant, aucun geste tendre, ni de paroles réconfortantes. Adulte, il ne faisait que la critiquer. Oui, Valérie aurait pu partir loin d'eux, mais cette loyauté l'emprisonnait. Et toujours, à vrai dire, elle vide à un kilomètre de chez ses parents, sur un terrain qu'ils lui ont donné, près de cette maison où elle a été appuisée. Cette loyauté, difficile de s'en défaire. Mais je vais vous dire ce que vous devriez retenir de l'histoire de Valérie, la valeureuse. Avec humour, elle se surnomme parfois ainsi. Et en l'écoutant, on comprend que ce n'est pas une blague, c'est une vérité. Celle enfermée dans une espèce de chrysalide bien trop étroite pour elle, qui a contre toute attente réussi à déployer une aile après l'autre, avec ses failles, ses peurs et ses blessures, mais surtout avec force, courage et détermination. Oui, pendant longtemps. Valérie a vécu pour tenir, pour s'adapter, pour survivre. Elle était consciente que ça n'allait pas, qu'elle était tétanisée depuis toute petite, comme si le monde autour d'elle continuait d'avancer. Mais elle, elle était restée bloquée dans ce je-ne-sais-quoi. Elle ne se sentait pas comme tout le monde, elle ne prenait pas ce droit d'avancer. Elle le ressentait au plus profond d'elle-même, mais comment faire ? Jusqu'au jour où, bien des années après, elle s'est dit « moi aussi je peux avancer, je peux me prendre par la main » . Je peux me sauver moi-même. Et tout ça, ce n'est pas de ma faute. Dans ce travail intérieur, une question apparaît peu à peu. Qui suis-je vraiment ? Pas la femme qui s'adapte à tout, pas celle qui encaisse. La vraie Valérie. Et cette rencontre change beaucoup de choses. Parce qu'elle découvre qu'elle a le droit d'exister pleinement, de ressentir, de choisir sa vie. Elle veut vivre sa vraie vie et mettre en lumière cette vraie Valérie. Elle n'a plus le choix que d'affronter ses épreuves pour en faire une force. et ne pas être une victime. Aujourd'hui, elle cherche à comprendre son chemin de vie, pour le décrypter, se l'approprier en étant elle-même. Et ce qui est fou, c'est que cette femme qui ne s'est jamais autorisée à être elle, a toujours voulu se différencier. Si vous la voyez, elle est de celle qui rayonne avec un sourire qui réchauffe le cœur. Elle a cette coupe garçonne, cheveux couleur perles, aux lunettes presque excentriques. Le genre de femme que l'on remarque par cette lumière naturelle qui émane d'elle. Elle. qui a tout fait pour qu'on l'oublie, prend sa place aujourd'hui. D'abord de l'extérieur, tout en travaillant de l'intérieur, étape après étape. Chaquelle de ce papillon qui se déploie pour prendre sa place et son envol. Elle pensait que c'était un genre qu'elle se donnait ? Pas du tout. Elle n'avait pas envie d'être comme tout le monde, car elle n'est pas comme tout le monde. Ce qui en fait sa force aujourd'hui. Elle l'assime, elle a besoin d'être comme ça, tout simplement. C'est elle. Enfin, elle pense à sa fille à ce moment précis avec le mot « oser » qui vibre au fond du cœur de sa fille et du sien également. Quand elle se dit « ose, prends ta place, ose et fais les choses pour toi, ose, fais-toi confiance » , le regard des autres, elle s'en fout. Enfin, elle a travaillé pour en arriver là. Mais elle se sent plus légère. Enfin, elle respire. Quand Valérie parle de son parcours aujourd'hui, Il y a une phrase qu'elle dit avec une certaine fierté. Elle dit « Je suis fière de moi » . Oui, elle a avancé comme elle a pu. Et elle peut aujourd'hui se dire « Waouh, Valérie, tu t'en es pas trop mal sortie » . Et quand on entend tout ce qu'elle a traversé, on comprend pourquoi. Parce que malgré les blessures, malgré la solitude, malgré les tempêtes, elle ne s'est pas perdue. Elle n'a pas abandonné. Elle a continué à travailler, à construire, à élever sa fille. Personne ne lui a jamais dit qu'elle pouvait être fière d'elle. Personne ne lui a jamais fait de compliments. Alors aujourd'hui, elle le fait elle-même. Valérie approche de ses 60 ans, en ayant vécu en apnée pendant plus de 50 ans. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas un bilan, c'est un nouveau départ. Avec curiosité et courage, elle explore d'autres chemins. La thérapie, l'hypnose, la méditation, les constellations familiales. Chaque expérience lui permet de mieux se comprendre, de déposer certaines blessures, et surtout, de retrouver des parts d'elle qui avaient été oubliées. Petit à petit, la femme qui survivait laisse place à une femme qui choisit de vivre. Cette année, sa fille lui a offert un cadeau très particulier. Un voyage, une retraite à Bali, un moment pour elle, un moment pour célébrer ce nouveau chapitre. Quand Valérie en parle, on entend quelque chose de très simple dans sa voix. De la joie. Comme si après des années passées à retenir son souffle, elle apprenait enfin à respirer pleinement. Je mesure la chance qu'elle a de vivre prochainement cette expérience, qui vient ponctuer tous ces mois de travail sur elle-même. Elle fait confiance à la vie. Ce voyage, elle le sait, car sa fille l'a vécu. Il y aura un avant et un après. Valérie accueille ce cadeau avec une gratitude immense. Cette année aussi, Valérie se forme pour accompagner des patients en fin de vie. Elle a besoin de se rendre utile auprès de ceux qui en ont le plus besoin. Peut-être ? parce qu'elle n'a pas eu cette aide lorsqu'elle l'aurait méritée plus que quiconque. Et aujourd'hui, si vous lui parlez de l'amour, Valérie vous dira que peut-être un jour elle rencontrera la bonne personne, que cette fois elle attira un homme qui lui correspond. D'ailleurs, dans un petit carnet, elle a décrit sur plusieurs pages l'homme qu'elle voudrait rencontrer, en laissant le soin à l'univers de faire son œuvre. Car aujourd'hui, elle sait précisément ce qu'elle veut, et surtout, ce qu'elle ne veut pas. ce qu'elle ne veut plus. En attendant, elle continue d'avancer pour elle, sans pression aucune. Elle sait que le moment venu, elle sera prête à ouvrir son cœur à nouveau. Si Valérie a accepté de faire de moi la voix de son histoire, ce n'est pas pour rester dans la douleur. C'est pour transmettre un message, parler du chemin parcouru, car il est, selon elle, et je suis certaine que l'on sera tous d'accord, un chemin incroyable. On parle ici d'une petite fille qui s'est retrouvée toute seule. qui s'est créée, construite très souvent toute seule et qui, aujourd'hui, va pouvoir apporter cette présence aux autres qu'elle n'a pas eue. Quand elle pense à son chemin de vie, elle ne se dit pas que c'est du temps perdu. C'est juste le temps qu'il lui a fallu, du temps nécessaire pour traverser cette vie et arriver où elle en est aujourd'hui. Ce qu'elle dit très souvent, c'est que le principal est d'y arriver. Valérie sait qu'elle n'est pas la seule à avoir vécu de tels traumatismes. Alors elle a un message simple mais puissant. Elle dit, même quand on a vécu des choses très dures, tout peut aller bien. Pas parce que le passé disparaît, mais parce qu'on peut apprendre à ne plus le laisser diriger notre vie. Parce que notre bonheur ne doit pas dépendre de quelqu'un, parce qu'il existe toujours quelque part en nous, une part de lumière. Et cette lumière peut recommencer à briller. N'oubliez jamais, il n'est jamais trop tard pour guérir, il n'est jamais trop tard pour briller. Elle ne veut pas faire pleurer dans les chaumières, mais elle veut montrer... Qu'on a tous une part d'ombre et de lumière et qu'il faut l'accepter pour pouvoir briller encore plus fort. Qu'il faut se tourner vers l'avenir, qu'il faut vouloir être en paix pour accueillir l'avenir sereinement. Et l'avenir, pour elle, c'est aussi avoir la chance, elle l'espère un jour, de voir sa fille devenir mère à son tour. De pouvoir le vivre pleinement avec elle. Certains grands-parents arrêtent de fumer avant l'arrivée de leurs petits-enfants. Valérie a fait le choix de guérir plus profondément encore. pour être à sa juste place le moment venu, auprès de sa fille et de sa famille qu'elle se créera. Ce traumatisme, ce n'est pas ce qui définit Valérie. Elle ne veut pas que cela la définisse. Aujourd'hui, elle est consciente d'être une victime. Mais encore une fois, cela ne la définit pas. Valérie aime beaucoup une phrase, une phrase qui résume peut-être tout son chemin. Le traumatisme fait de toi ce que tu n'es pas. Et aujourd'hui... Elle fait un travail immense, celui d'enlever, couche après couche, tout ce qui ne lui appartient pas, pour redevenir simplement elle-même. Peut-être que vous vous êtes reconnue dans une partie de cette histoire. Peut-être que vous connaissez quelqu'un qui vit encore en apnée. Si c'est le cas, souvenez-vous d'une chose. Même après beaucoup d'ombre, la lumière peut revenir. Et parfois, il suffit d'un premier souffle. Et ça, c'est peut-être le début de l'après. Je suis Vanessa, et j'ai eu l'immense honneur de vous conter l'histoire de Valérie. À travers ce podcast, je souhaite transmettre les histoires comme héritage, car il est précieux de ne pas oublier, pour savoir d'où l'on vient, pour savoir où l'on va. Chaque histoire peut faire écho ne serait-ce que chez une seule personne, et lui redonner de l'espoir, du courage ou de l'envie. Si c'est le cas, ce podcast aura une véritable raison d'exister. Parce que, et après nous... Il y a tant d'histoires encore à écrire et à compter.