- Speaker #0
Et nous les jeunes,
- Speaker #1
le podcast créé par et pour les jeunes. Qu'est-ce que c'est les jeunes ?
- Speaker #0
On est en cinquième, on ne connait pas encore.
- Speaker #1
J'en ai absolument pas entendu parler.
- Speaker #0
C'est quoi ? Je ne sais même pas du tout ce que c'est. Qu'est-ce que c'est ? Les gaz d'Ilaran, ce ne sont pas les jeunes.
- Speaker #2
Ce ne sont pas les jeunes que pour les salles là. Comment les personnes qui vendent les gaz d'Ilaran, comment ils font pour récupérer les gaz d'Ilaran ?
- Speaker #0
Tous les jeunes, ils peuvent avoir accès à ça. On ne comprend pas pourquoi les gens utilisent ça aussi. Pourquoi on l'utilise ? Ça fait combien de temps ? Ça peut faire des paralysies ?
- Speaker #3
Les gens, ils mettent dans des ballons.
- Speaker #4
Je ne sais pas trop c'est quoi des gens.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça peut pour... Moi j'en ai ça, pourquoi c'est dangereux en fait ?
- Speaker #3
Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans « Et nous les jeunes » , le podcast du Conseil municipal des jeunes de Taverny.
- Speaker #1
Aujourd'hui, on parle d'un sujet sérieux qu'on croise parfois dans la rue, dans les parcs ou même dans les soirées, le protoxyde d'azote, qu'on appelle aussi le gaz hilarant.
- Speaker #3
Vous savez, ces petites cartouches argentées, vous en avez sûrement déjà vu par terre. Mais en fait, on va découvrir dans cet épisode qu'en réalité, il y a des risques bien réels pour la santé.
- Speaker #1
On en parle aujourd'hui avec nos trois invités. Rodolphe Maurice, brigadier chef principal, adjoint chef de la police municipale. Aude Métivier, majeure de police chef de la coordination de la sécurité du quotidien et officier de prévention. Et Fanny Lomelini, psychologue. Bonjour à toutes et à tous.
- Speaker #3
Pour commencer, est-ce qu'on pourrait essayer de comprendre ce que c'est ce phagme gaz hilarant ? On le trouve dans les bombes de chantilly ou certaines cartouches de cuisine, c'est bien ça ?
- Speaker #4
Tout à fait, c'est ça. En fait, au départ, ça a plutôt un usage dans la cuisine, mais aussi un usage médical pour tout ce qui va être anesthésie. Et puis en fait, au fur et à mesure, il y a eu un usage qu'on appelle détourné de ce produit-là, qui a du coup un tas d'effets avec un effet direct sur le corps et sur le cerveau.
- Speaker #1
Donc même si ça peut paraître... drôle au début, ça touche directement le cerveau et les nerfs.
- Speaker #4
Tout à fait. Pour expliquer simplement ce que ça fait sur le cerveau, c'est que ça bloque ce qu'on appelle des neurotransmetteurs. Ça en bloque certains et ça en active d'autres. Et donc, en fait, ça vient perturber complètement le fonctionnement du cerveau.
- Speaker #3
Et donc, quand on inhale ce gaz, qu'est-ce que c'est les risques immédiats ?
- Speaker #4
Alors, déjà, en fait, ça va avoir des effets directement, comme des sensations d'euphorie, on va avoir des rires. incontrôlés, incontrôlables. On peut aussi avoir tout ce qui va être hallucinations et un espèce d'état de flottement. Et après, il va y avoir des risques à court et long terme. Donc en fait, on n'a plus le réflexe de tousser. Même si on avale de travers, on ne va pas avoir le réflexe de tousser. Donc on peut s'étouffer très facilement. On va avoir tout ce qui est sensation de fourmillement. Les risques de brûlure sont hyper importants. On peut bien évidemment avoir des risques de chute. On peut aussi avoir des nausées, des vomissements, on peut aussi avoir un dysfonctionnement du rythme cardiaque. Pendant qu'on respire ce gaz-là, on ne respire pas d'oxygène. Et les risques sur du plus long terme, on va être plutôt sur des troubles qu'on va appeler plutôt neurologiques, mais aussi des risques, comme je disais, sur des troubles respiratoires. On va avoir tout ce qui est aussi perturbation des paramètres sanguins. Ça fragilise le système immunitaire. Et après, on va avoir tous les risques sur le long terme liés à l'addiction.
- Speaker #1
Si on nous en propose, comment on pourrait dire non ? Si par exemple on est avec un groupe d'amis ou même tout seul dans la rue ?
- Speaker #4
Dire non quand on est jeune, ce n'est pas toujours évident parce qu'il va y avoir des peurs qui vont arriver et notamment la peur du rejet. Le jeune va avoir deux choix. Soit il continue à être dans ce groupe et donc potentiellement consommer. Et dans ces cas-là, ce qu'il rejette, c'est lui-même. Soit il va voir ailleurs, dans un autre groupe qu'on appelle d'appartenance pour appartenir à un autre groupe.
- Speaker #3
Et donc, est-ce que vous savez pourquoi les jeunes en prennent ?
- Speaker #4
Quand on est jeune, jeune ado, jeune adulte, on a besoin de venir tester un peu son cadre, ses limites. Et c'est des choses qui sont compliquées, sachant que le cerveau, il se développe jusqu'à 25 ans en moyenne. Alors oui, il y a des jeunes qui vont venir tester ses limites et ce cadre en consommant, mais il faut bien avoir en tête qu'il y a aussi des jeunes qui ne le font pas, qui font différemment, qui viennent tester leurs limites, mais différemment. On remplit quelque chose par l'extérieur, parce que l'intérieur, il y a un truc qui fait que on n'est pas au top top, on est peut-être un peu bancal. plein de raisons diverses et variées. Et c'est ce qui fait qu'on peut retrouver des jeunes qui vont être amenés à plus ou moins consommer et aller vers des consommations qui vont vers l'addiction et d'autres repas.
- Speaker #3
Merci beaucoup pour ces explications. Et maintenant, on va parler de la loi. Depuis quelque temps, on entend dire que c'est interdit. C'est vrai ?
- Speaker #0
Oui, je te confirme. Je te confirme que c'est interdit. La loi, il a fallu bien sûr qu'elle s'en préoccupe et qu'elle s'en occupe surtout face à la, je dirais, à l'augmentation significative des consommations chez les jeunes. parce que c'est un produit qui est pas cher, qui est accessible sur internet et j'oserais dire aussi dont certains influenceurs font largement la promotion en quelque sorte. Mais oui, il a été nécessaire que la loi réfléchisse à un certain nombre de choses pour protéger la population parce qu'on est vraiment dans un problème de santé publique. La loi date de juin 2021 pour protéger les mineurs principalement.
- Speaker #1
Et alors, est-ce qu'aujourd'hui en Taverny, vous en trouvez sur le terrain ?
- Speaker #5
Oui, il y a une hausse significative des déchets qu'on récupère sur l'ensemble de la ville. On en récupère plusieurs dizaines de kilos par jour, partout sur les différents lieux publics, dans les parcs, les parkings, les lieux de rassemblement, etc. C'est un phénomène qui n'est pas propre à notre ville, et c'est un phénomène aussi qui touche de plus en plus les jeunes.
- Speaker #1
Et quand vous voyez des jeunes avec du protoxyde d'azote, comment se passe le dialogue ?
- Speaker #5
Nous, la prévention, on passe avant tout par l'échange, la discussion. Quand on voit un jeune déjà sur le terrain qui va consommer du protoxyde d'azote avant de l'arrêter ou de l'interpeller, on va aussi essayer d'entamer une discussion avec lui et on essaye aussi de lui faire comprendre les risques pour sa santé.
- Speaker #3
Donc ce n'est pas seulement une question de loi, c'est aussi une question de respect de l'espace public ?
- Speaker #5
Absolument, parce que ces déchets, il faut les traiter. Quand je vous dis qu'on en récupère des kilos chaque jour, et aujourd'hui ces déchets-là sont difficiles à traiter, à recycler, et c'est un coût pour les communes.
- Speaker #0
Je me permets juste d'ajouter que d'une manière générale, et c'est une tendance nationale, on est à 30 à 40 000 euros par an.
- Speaker #3
Et vous avez déjà dû intervenir pour quelqu'un en danger ?
- Speaker #5
Oui, malheureusement, ça nous est déjà arrivé. On a eu un jeune qui faisait un malaise après une inhalation. Et il ne comprenait plus ses gestes et il paniquait. C'est des interventions qui sont toujours un peu compliquées à gérer.
- Speaker #1
Comment on peut réagir si quelqu'un fait un malaise avec ce gaz devant nous ?
- Speaker #5
Je pense que la meilleure des solutions, ça reste... D'appeler les secours. Effectivement, c'est un peu comme nous, sauf que nous, après, on a un rôle de sécurisation de l'environnement et de la personne. Mais après, si vous êtes détenteur des gestes de premier secours, ça peut être un plus aussi.
- Speaker #0
Et ce qui peut être intéressant avant d'appeler les pompiers, si la personne est consciente, c'est de lui demander si elle a pris quelque chose, ce qu'elle a pris comme produit éventuellement. C'est ce que les pompiers font systématiquement.
- Speaker #3
Et vous intervenez dans les collèges ?
- Speaker #0
Oui, alors j'interviens dans les collèges. Et alors, il y a quelque chose qui fonctionne bien. avec les élèves, je leur passe généralement une petite vidéo d'une influenceuse. C'est Chiquita qui raconte son parcours. Et cette influenceuse, en fait, entre 2017 et 2020, elle a consommé énormément de protoxyde d'azote. Et aujourd'hui, malheureusement, elle a des séquelles très très lourdes. C'est ce que Fanny a expliqué tout à l'heure, des séquelles neurologiques, avec des problématiques de déplacement. Elle a du mal à marcher. Elle a des séquelles physiques, psychologiques.
- Speaker #3
Et en termes de prévention, est-ce qu'on peut aller plus loin ?
- Speaker #0
Moi, je pense qu'on peut aller encore plus loin, puisqu'il n'y a pas si longtemps que ça, en janvier, en début d'année 2025, il a été question de faire passer une loi pour interdire la vente du protoxyde d'azote aux particuliers. Et ça, ça a été rejeté. Puis en prévention, plus on va en parler et plus on va protéger la population. Il faut communiquer toujours davantage et mettre en alerte et dire, on n'est pas là pour vous faire peur, mais ça c'est une réalité. Ce produit-là, il est... tout sauf rigolo. Il est tout sauf hilarant.
- Speaker #4
Et si je peux ajouter, c'est un sujet qui concerne tout le monde, c'est-à-dire qu'il n'y a pas besoin de consommer pour être concerné. Moi, je travaille pour l'association Addiction France, où il y a trois que ça passe sur le 95. Un à Argenteuil, Sergi et Villiers-Lebel. Et à Argenteuil, il y a une consultation dédiée pour les jeunes consommateurs, consommateurs ou pas, parce qu'on accompagne aussi l'entourage. Et ce qu'il faut savoir, c'est que c'est complètement gratuit et c'est sur demande.
- Speaker #1
Donc, il y a aussi des sites d'infos. Donc drogue-info-service.fr ou alors rappelez un numéro 0800 23 13 13, 0800 23 13 13, qui est un appel gratuit et anonyme.
- Speaker #3
Donc le protoxyde d'azote, c'est peut-être drôle sur le moment, mais les risques sont vraiment réels.
- Speaker #1
Merci à nos invités pour leur explication et à vous pour votre écoute et on espère que ce nouvel épisode vous a plu.
- Speaker #4
Merci.
- Speaker #3
Rappelez-vous, ce podcast, il est fait pour vous. Alors n'hésitez pas à vous abonner pour ne pas rater les prochains épisodes. Promis, on travaille déjà dessus.