- Speaker #0
Bienvenue dans ce troisième épisode d'Experience. Nous recevons aujourd'hui Aymeric Géant, repreneur de la société Nojant 3 étoiles. Durant tout le process de reprise de l'entreprise, Aymeric a mis le doigt sur des problématiques RH basiques de la société, notamment la dimension humaine totalement laissée de côté. Découvrons comment l'expérience collaborateur peut les aider. Vous voulez transformer l'expérience collaborateur dans votre entreprise ? Écoutez Experience, un podcast proposé par la CCI Meuse-Haute-Marne. Des témoignages concrets, des idées à tester,
- Speaker #1
des parcours inspirants, de quoi vous faire réfléchir avant de passer vous-même à l'action et déployer le potentiel de votre entreprise.
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans notre podcast expérience. Nous recevons aujourd'hui Aymeric Géant, le président de la société Nojans 3 étoiles qui est située à Biel, juste à côté de Nojans, en Haute-Marne. Bonjour Aymeric, merci d'être avec nous. Est-ce que je peux vous laisser vous présenter pour les auditeurs ?
- Speaker #1
Écoutez, oui, avec grand plaisir. Émeric Géant, j'ai repris l'entreprise Nogent 3 étoiles il y a maintenant presque six mois. C'était fin janvier 2025. Ça s'inscrivait dans le cadre d'un projet de reprise d'une entreprise dans l'équipement de la maison, les arts de la table. Donc, c'était le fruit d'un travail de 16 mois, on va dire, de recherche et de discussion. Et donc pour aboutir à cette acquisition avec QI Investissement depuis fin janvier.
- Speaker #0
Très bien, donc c'est une société qui compte combien de collaborateurs ?
- Speaker #1
Aujourd'hui on est 35 collaborateurs dans l'entreprise. On est 28 sur site et on a un certain nombre de personnes qui ne sont pas sur site, donc les équipes commerciales et on a encore des personnes qui sont basées à Nantes parce qu'historiquement il y avait une histoire avec la deuxième marque. qu'on distribue également dans Kegiwar, qui était basé à Nantes.
- Speaker #0
Très bien. Donc, on vous rencontre aujourd'hui dans le cadre de l'expérience collaborateur, qui est un programme propulsé par la CCI Meuse-Haute-Marne. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ? Comment vous en êtes venu à rentrer dans ce programme-là ?
- Speaker #1
Écoutez, alors j'en ai déjà entendu parler par l'intermédiaire de mes contacts à la Chambre de Commerce, donc Jean-François Pierre et Hubert Luchier. qui m'avait du coup parlé de ce programme, que j'ai regardé attentivement et qui en fait m'a semblé répondre à pas mal de besoins qu'on peut avoir dans l'entreprise puisque globalement on parle du parcours du collaborateur donc c'est avant même de le rencontrer jusqu'à ce qu'il parte en retraite et même après donc il m'a semblé en tout cas important de... de remettre l'entreprise à flot sur cette dimension RH, parce qu'il y a un certain nombre de choses qu'on doit toujours s'améliorer, et je pense que clairement il y avait un gros travail à faire. Donc on avait besoin de se faire aiguiller, de se faire aider, et d'avoir les idées claires sur comment faire.
- Speaker #0
Donc c'est vous qui aviez repéré ces irritants-là, ou vous avez eu des retours de collaborateurs ? ou d'autres biais. On a par exemple rencontré la société FSM qui est à Bar-le-Duc et elle nous indiquait qu'il y avait eu des soucis qui avaient été remontés, notamment grâce au biais du CSE.
- Speaker #1
Alors, non, moi, c'est pas trop... Bon, l'entreprise, pour moi, était nouvelle, on va dire, puisque je venais d'y rentrer. Par contre, ça faisait quand même 12 mois que je la regardais, que je la scrutais, que je l'étudiais sous pas mal d'aspects, où j'avais rencontré un certain nombre de collaborateurs, de gens qui pouvaient travailler avec l'entreprise, où, bon, j'avais pu voir un certain nombre de... entre guillemets de signaux faibles ou en tout cas d'éléments qui étaient perfectibles. Et donc c'est plus ça qui m'a amené, une fois que j'étais en entreprise, à me dire qu'il y a un certain travail à faire dans cet univers. Parce que c'est quand même important d'avoir des collaborateurs qui se sentent bien dans l'entreprise, qui donnent le meilleur d'eux-mêmes et qui restent, puisqu'on investit sur les collaborateurs dans le temps. donc c'est important de pouvoir faire en sorte que... Les gens se sentent bien, raison d'entreprise, et puis aide l'entreprise à se développer.
- Speaker #0
Alors vous avez anticipé ma prochaine question, qui était... Non, tant mieux ! Qui était, donc, à quel moment vous vous êtes dit, il faut qu'on aille dans ce programme-là, parce qu'il y a des choses à changer. Donc vous venez de le dire parfaitement bien, et vous avez aussi très bien décrit votre envie de rejoindre le programme, mais est-ce que vous avez pu faire face, en rentrant dans ce programme, à des freins ? de vos collaborateurs, c'est un sujet duquel vous avez parlé avec eux, comment ça a été reçu ici ?
- Speaker #1
Alors j'ai évidemment très vite intégré dans la réflexion Karine Carpentier qui s'occupe du personnel chez nous, parce qu'on avait, je dirais, identifié des faiblesses communes au niveau de l'entreprise, donc ça c'était, je dirais que c'était plutôt assez consensuel de se dire qu'on embarquait dans le parcours. Après, à l'interne, je dirais franchement, pour l'instant, on n'a pas rencontré de réticence ou de contraintes particulières. C'est évident que quand on va être peut-être un peu plus dans le dur, ou qu'on va mettre en exergue certains manquements ou certaines faiblesses dans les méthodes ou dans les process, il y aura peut-être des... ou des réticences ou des gens qui vont se dire, ah oui, tiens, enfin, qui vont avoir l'impression d'être un peu, d'être entre guillemets pris en défaut. Mais l'objectif, ce n'est pas ça du tout. C'est plutôt de faire en sorte qu'on embarque tout le monde dans ce projet, parce qu'en fait, il n'y a pas de vérité absolue. C'est simplement de mettre en place un état d'esprit, une méthode et de faire en sorte que, voilà, on ait tous envie de faire en sorte que... on fasse avancer et l'entreprise et les gens dans une même direction de qualité de vie au travail et de performance, parce qu'il y a une mention là qui est importante globalement.
- Speaker #0
Vous évoquez donc les problématiques de RH. On a pu rencontrer d'autres chefs d'entreprise qui avaient des problématiques sur le recrutement, sur la fidélisation notamment. Est-ce que vous, au niveau RH, est-ce que vous pouvez nous identifier quelques problématiques qui pourraient ressortir ? Est-ce que ce sont des problématiques plutôt sur... les méthodes de recrutement, sur l'accompagnement des collaborateurs déjà présents, l'accompagnement des compétences. Qu'est-ce que vous avez pu noter, vous, comme problématique RH ?
- Speaker #1
Alors déjà, juste sur la partie fidélité, je vais vous donner une petite anecdote. On a la particularité d'avoir une personne dans l'entreprise qui a une longévité et donc une fidélité qui est hors norme, puisqu'on a quelqu'un qui a quand même 62 ans d'entreprise.
- Speaker #0
D'entreprise, donc d'accord.
- Speaker #1
Donc vous voyez que finalement...
- Speaker #0
Ça va.
- Speaker #1
On peut quand même considérer, globalement, les gens sont quand même assez bien traités, ou en tout cas se sentent assez bien traités.
- Speaker #0
L'objectif fidélisation est rempli, visiblement.
- Speaker #1
C'est un exemple qu'on considère hors normes, que j'aime bien citer à chaque fois, parce que c'est quand même une magnifique histoire. Alors, cet aparté mis de côté, on a évidemment, nous, des... Des tensions quand on a besoin de recruter du personnel, ça c'est sûr. En sachant qu'on a quand même des métiers qui ne demandent pas forcément une technicité particulière. Par contre, on a beaucoup d'étapes manuelles qui demandent de la pratique. Donc ça veut dire que les métiers qu'on a dans l'entreprise, pour un certain nombre d'entre eux, ont besoin de pratique. Donc ça veut dire qu'il faut plusieurs mois avant que la personne atteigne un niveau de cadence. qui rentrent dans les normes qu'on attend. Oui,
- Speaker #0
un vrai niveau de qualité dans son travail aussi. Exactement,
- Speaker #1
c'est ça. Donc ça, ça veut dire que nous, la façon dont on travaille aujourd'hui, c'est qu'on intègre souvent des gens par le biais de l'intérim, ce qui nous permet de valider des gens avec lesquels on croise les valeurs de l'entreprise. Et puis, au fur et à mesure, une fois que la personne... On peut l'essayer à plusieurs postes aussi. Et puis quand on se rend compte... que ça fonctionne à ce moment-là, on est amené à transformer finalement la personne d'intérimaire en CDI pour pouvoir justement investir sur la personne et puis faire en sorte qu'elle progresse dans le temps et en cadence avec nous. Donc on privilégie pas mal la polyvalence parce qu'on est quand même une petite équipe et on a finalement plein de métiers nous dans l'entreprise. puisqu'on découpe le métal, on le façonne, on l'affile, on tourne du bois qu'on peint, on injecte de matières polypro pour les manches. Donc on a plusieurs métiers dans nos métiers et donc on a besoin de gens qui soient assez polyvalents. Et donc pour avoir cette polyvalence, on se doit aussi du coup de faire en sorte qu'on ait des gens qui acquièrent des compétences dans le temps, à leur poste et également dans d'autres postes.
- Speaker #0
Oui, et ça, c'est sans compter les valeurs plus personnelles, humaines, etc.
- Speaker #1
Qui sont très importantes pour nous, parce que c'est important d'avoir un esprit, les gens respectent l'esprit d'entreprise, on est une entreprise qui a plus de 100 ans, alors l'idée, ce n'est pas d'être d'une ancienne génération, d'une ancienne méthode de travail, ce n'est pas du tout ça, mais c'est quand même dire qu'il y a des valeurs assez fortes dans l'entreprise et qu'on se doit de faire perdurer dans le temps.
- Speaker #0
Donc, une vraie problématique sur le recrutement, finalement, de personnes qui ont envie de venir, de rester, de s'investir pleinement, de comprendre aussi peut-être qu'il faut quelques temps pour avoir une vraie expertise dans ce métier-là et qui ne peuvent pas avoir tout de suite des postes. J'imagine que l'intérim, c'est vraiment très intéressant puisque, effectivement, certaines personnes, j'imagine, se découvre finalement un talent aussi pour... pour ces métiers, parce que vous dites que c'est des métiers forcément dans un. Donc c'est aussi intéressant, j'imagine que vous recrutez des profils qui n'avaient pas du tout vocation à travailler dans une industrie comme nos gens trois étoiles.
- Speaker #1
Alors, on s'est quand même rendu compte que c'était important que les gens aient déjà, en tout cas, goûté à l'industrie. C'est-à-dire, parce que c'est quand même un univers qui n'est pas toujours sexy, qui peut être un peu sale, un peu bruyant, etc. On est avec des vieilles machines. un peu de graisse, des choses comme ça. Donc c'est quand même important que les gens aient déjà, on va dire, pratiqué un peu l'industrie. Mais après, si ce n'est pas de l'industrie coutelière, ce n'est pas très grave. L'important, c'est de ne pas avoir rejet, on va dire, de l'ambiance de travail. Après, en effet, on peut intégrer des gens qui n'ont pas forcément, du coup, de connaissances particulières dans le métier dans lequel ils vont exercer, mais qui, du coup, nous, on va les former, on va prendre le temps nécessaire pour le faire. Et c'est pour ça que... C'est important qu'on ait cette première phase d'apprentissage les uns des autres, avec cette partie intérim pour vraiment valider que les ambitions sont alignées, les valeurs sont alignées. Et puis du coup, ça nous permet de prendre le temps de former la personne, qu'elle monte en cadence, en puissance et en connaissance et en compétence, et pour pouvoir du coup vraiment faire en sorte qu'elle se plaise dans l'entreprise sur le moyen et long terme.
- Speaker #0
Et il y a des postes vers lesquels ils peuvent évoluer finalement, les personnes que vous recrutez ? Est-ce qu'il y a des perspectives aussi là-dessus ? Parce que c'est peut-être un souci aussi que vous pouvez rencontrer aujourd'hui.
- Speaker #1
Alors on va dire qu'à terme, nous on a évidemment des opérateurs, on a des opérateurs qui sont amenés à être plus polyvalents, on a des chefs d'atelier, des responsables. qui encadrent, on a évidemment une direction d'usine, donc on va dire qu'il y a des strates assez classiques de toute entreprise, donc la porte est évidemment ouverte pour que les gens puissent évoluer dans le temps. Alors aujourd'hui on est encore quand même une petite entreprise, donc on n'a pas non plus des multistrates, par contre ce qui est certain c'est qu'on va évidemment au fil du temps faire évoluer l'entreprise sur des métiers, plus tourner vers les méthodes, vers des politiques d'hygiène, sécurité, environnement, des choses comme ça. Donc ça, c'est des compétences qu'on va au fur et à mesure intégrer. Et quelque part, ça sera de toute façon tout à fait ouvert aussi à des personnes de l'interne qui sont très volontaires pour pouvoir intégrer ce type de fonction.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Avant de clore cette petite discussion, on a parlé de l'avant, de ce que vous vivez actuellement dans le programme. On va parler de la suite. Qu'est-ce que vous attendez exactement de ce programme ? Est-ce que vos attentes ont déjà pu évoluer depuis les quelques mois que vous passez dans ce programme-là ? Est-ce qu'il y a des nouvelles questions qui se sont ouvertes à vous ? Pas du tout ? Est-ce que vous avez changé complètement d'avis sur plein de choses ?
- Speaker #1
Non, on n'a pas changé d'avis. Non, au contraire. Je ne sais pas si on apprend des choses, mais en tout cas, on prend conscience d'un certain nombre de choses qu'on ne fait pas et qu'on doit faire. On a déjà mis en place un certain nombre de choses assez simples. des moments café mensuels avec l'ensemble du personnel, où les gens discutent, échangent. La semaine dernière, on a fait un barbecue d'entreprise, des choses qui n'existaient pas dans l'entreprise. Ça paraît basique, mais bon, voilà.
- Speaker #0
Comme cet épisode sera sûrement diffusé plutôt à l'automne, je vais préciser que nous sommes le 16 juillet aujourd'hui, 2025. Ne croyez pas que le barbecue d'entreprise a été fait en plein mois d'octobre. Non, non, quand même.
- Speaker #1
On n'avait pas besoin de moufles, ils faisaient très beau et très chaud. Et on intègre au fur et à mesure, dans le process, justement, les différentes personnes, notamment les personnes qui encadrent des équipes, pour vraiment faire en sorte que la démarche s'imprègne à tout niveau. Donc ça, c'est vraiment important. donc euh Donc non, on apprend, on n'a pas changé d'avis, on va de toute façon faire évoluer les choses dans le temps. Là, on travaille typiquement sur la chose la plus lente qui change dans l'entreprise, c'est l'humain, les façons de faire et les mentalités. Mais néanmoins, on va garder le cap pour faire en sorte que justement, la société globalement s'améliore sur tout ce parcours. De l'arrivée dans l'entreprise à l'épanouissement et jusqu'à la sortie. Donc c'est la montée en compétence et jusqu'à la sortie. Donc pour nous, c'est vraiment un point clé. Et c'est à mon sens le point clé de toutes les entreprises, de pouvoir avoir cette vision et cette prise en compte de l'humain dans l'entreprise.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour votre temps. Merci pour ce premier bilan M plus 6 puisque l'accompagnement a commencé en début d'année. Nous, on se retrouvera dans quelques mois pour faire le bilan du parcours complet et voir si vous avez pu faire un repas de Noël qui sera bien à l'intérieur.
- Speaker #1
C'est prévu et on ne sera pas en short, promis.
- Speaker #0
Merci beaucoup et on vous donne rendez-vous dans quelques mois pour la suite. Merci pour votre écoute. Nous vous donnons rendez-vous dans 15 jours où nous nous entretiendrons avec Jean-Philippe Claudel, dirigeant des ateliers bois et compagnie à Chaumont. Il évoquera à notre micro les évolutions constantes de l'entreprise, les bonnes surprises, mais aussi le challenge qu'implique l'embauche de générations qui changent. Et d'ici là, n'hésitez pas à vous abonner et à nous retrouver sur notre site internet ou sur nos réseaux sociaux.