- Speaker #0
Bonjour et bienvenue, je suis ravie de t'accueillir sur Exploration Soft Skills. Je suis Morgane Hansperger, je suis une entrepreneuse créative depuis 2020. Je vais recevoir ici des invités inspirants qui tous les 15 jours vont partager leur histoire. Toi, je t'invite à faire comme mes invités, un petit pas vers de nouvelles habitudes pour un grand pas qui va développer des soft skills. Très bonne écoute ! Bonjour à toutes, bonjour à tous, je suis absolument ravie aujourd'hui de vous retrouver pour parler du jeu. Et ça c'est vraiment parler ludo-pédagogie, parler du jeu c'est quelque chose que j'adore. Et aujourd'hui j'ai invité David Valls-Imachina qui est, je trouve, un expert ou en tout cas quelqu'un qui m'inspire moi dans la création de jeux. Parce que là l'idée ça va être de parler de comment est-ce qu'on peut fabriquer son jeu. Comment est-ce qu'on peut s'y prendre si on a l'envie, l'idée, le projet de fabriquer son jeu ? Alors, bonjour David !
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, merci beaucoup pour l'invitation Morgane, et puis toujours un grand plaisir de co-créer de la valeur et d'échanger sur des sujets qui me plaient aussi, donc c'est double gagnant.
- Speaker #0
Ah ça va être génial ! Écoute, franchement j'attendais cet épisode avec impatience parce que toi, tu as déjà créé ton jeu, mais peut-être avant de parler de tout ça, est-ce que tu peux te présenter, nous dire un petit peu... qui tu es, où est-ce que tu vis et qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
- Speaker #1
Avec plaisir, merci beaucoup. Je suis en Belgique, personnellement. J'habite une région qui s'appelle Charleroi, qui est fortement... C'est ma ville de cœur, même si j'y suis pas né. Et j'ai le plaisir aujourd'hui de m'occuper de jouetspourimpacter.com qui accompagne des experts. Alors, ça peut être des consultants, des coachs, des formateurs. Mais ça peut aussi être des personnes qui ont un savoir ou une passion qu'ils ont envie de transmettre et de transposer ça en jeu avec une méthodologie qui s'appelle l'architecte d'impact et qui est un jeu à part entière. On va parler de jeu, jeu plus ou moins sérieux, ça peut être un jeu de société aussi, mais l'idée c'est en tout cas de mettre le jeu au service d'un message. Et qu'est-ce qui m'a amené à ça ? En fait c'est très simple. C'est simplement qu'aujourd'hui, j'utilise le jeu comme média, tout comme par le passé, j'ai utilisé l'écriture de livres ou encore la création d'un podcast et la création de services ou d'offres. Donc c'est simplement une évolution dans la manière d'accompagner les gens à transmettre leurs messages. Mais voilà, peut-être que plus tard, je ferai de l'accompagnement des films ou d'autres médias, je ne sais pas encore. Mais voilà un résumé de chez Résumé.
- Speaker #0
Donc en fait, si je comprends bien, tu accompagnes les gens qui ont un projet et qui veulent ajouter ce projet jeu à l'écosystème entrepreneurial ou professionnel qu'ils ont déjà, c'est ça ?
- Speaker #1
Exactement, oui. Donc en fait, pour te donner des exemples, c'est généralement plus parlant. Deux, trois projets sur lesquels j'ai accompagné des personnes. Donc une école qui s'appelle l'école du sommeil, qui sensibilise aux différents types. aux impacts que peuvent avoir le sommeil sur la vie d'un étudiant ou d'un professeur. Et cette personne a transposé sa méthodologie en un jeu qui peut être animé en deux heures par un professeur. Et donc il a dissocié l'animation que lui faisait par le passé, enfin que eux faisaient par le passé, et aujourd'hui ils vendent une animation clé en main de deux heures pour que les professeurs, les directeurs puissent... se la procurer et avec un jeu de cartes et un carnet justement spécifique, un carnet pédagogique, on peut animer cet atelier soi-même en tant que professeur. Un autre exemple, une boîte scientifique qui accompagne d'autres boîtes scientifiques à utiliser moins d'animaux dans les recherches, et ils voulaient faire comprendre leur métier à des non-scientifiques pour pouvoir justement convaincre sur un salon professionnel, des personnes de parler de leur activité, des politiciens aussi peut-être de changer certaines choses en termes de réglementation. Et donc pour faire comprendre leur métier complexe, on a travaillé pendant un an sur comprendre leur métier. On a réalisé des interviews justement des scientifiques pour comprendre comment ils fonctionnaient et on a transposé ça en jeu. Merci. La grande fierté pour moi, c'est qu'aujourd'hui, ils l'utilisent même dans les formations lorsqu'ils accueillent des nouvelles personnes dans leurs équipes. Voilà deux exemples, j'en ai d'autres, mais ça viendra.
- Speaker #0
C'est intéressant parce que là, on vient soit vulgariser une information qui peut être complexe, qui peut être vraiment très profonde, et on vient aussi le faire grâce à un outil. C'est-à-dire qu'on utilise l'outil jeu pour faire monter en compétence des gens.
- Speaker #1
Oui, exactement. Toi qui parles beaucoup de soft skills, en fait, ce qui se passe, c'est que le jeu, pour moi, il a un objectif et il s'adresse à un public. Pour te résumer, et ça donnera aussi des éléments de réponse sur comment créer son jeu, en fait, il y a dans l'architecte d'impact le framework JPMS. JPMS, ça veut dire joueur, promesse, mécanisme et support. Pourquoi est-ce qu'on commence par les joueurs et la promesse ? Tout simplement parce que, imaginons, je reprends l'exemple des étudiants dans une école à qui on doit transmettre ou en tout cas amener des prises de conscience et parfois transmettre des compétences ou autre, eh bien on ne va pas parler à des jeunes dans une classe comme on parlerait peut-être à un jeune qui se retrouverait devant son écran ou comme on parlerait à un senior, si je caricature, ou à un groupe de personnes. hétérogène qui aurait par exemple une co-direction, la secrétaire, les employés, les ouvriers dans une même pièce. On ne fait pas le même jeu, tu vois. Et on ne fait pas le même jeu non plus en fonction de la promesse. Alors la promesse, moi, en termes de business, j'appelle ça l'objectif marketing et ou pédagogique. Imaginons que tu veux créer un jeu pour attirer tes clients de cœur, tu ne vas pas développer le même type de jeu ni le même format. que si tu dois transmettre des soft skills ou des compétences plus précises. Donc JP, c'est la première brique de l'outil architecte d'impact qui permet de créer des jeux qui vont avoir un réel impact auprès des personnes auxquelles on a envie de transmettre. Et donc pour les auditeurs, afin que ça leur soit utile, la première chose que je ferais moi si j'étais vous, c'est de bien définir à qui s'adresse votre jeu et quelle est la promesse que vous lui faites et par essence qui sert votre business donc encore une fois objectif pédagogique et ou objectif marketing là l'enjeu c'est vraiment d'apporter de
- Speaker #0
la valeur, c'est pas juste d'occuper les gens pendant un temps donné c'est bien plus que ça en fait la proposition qui est faite avec ce que tu proposes là oui exactement
- Speaker #1
Après, ça s'applique aussi à la création de jeux de société. On va dire qu'il y a un pur objectif de divertissement. Mais c'est vrai que moi, personnellement, en tout cas avec Jouer pour Impacter, je suis plus dans l'accompagnement de personnes qui veulent créer un jeu à impact. Donc voilà. Par contre, je crée du jeu pour le pur plaisir de créer du jeu aussi. Et évidemment, je suis un grand passionné de... de jeux de société. Donc, voilà. Ça dépend vraiment de l'objectif.
- Speaker #0
D'ailleurs, quel est le premier jeu de société que tu te souviens avoir joué dans ta jeunesse ? Quel est le jeu qui a un peu marqué ta jeunesse à toi ?
- Speaker #1
Ah, très bonne question. Je pense que le meilleur souvenir que j'ai, ça reste Mastermind. Je ne sais pas si tu vois.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Avec, justement, le fait d'essayer de retrouver... une combinaison avec quelqu'un en face qui a caché sa combinaison, ça, c'est le premier souvenir que j'ai. Alors, je ne sais pas si c'est exactement celui-là auquel j'ai joué, parce que j'ai sûrement joué un Puissance 4 ou un Touché-Coulé, tu vois. Mais vraiment, Mastermind, je trouve, c'est le jeu qui me plaît le plus et qui me revient à l'esprit, en tout cas, quand je pense à la question à laquelle tu m'as posée. Trop bien,
- Speaker #0
trop bien. C'est vrai que je me suis re-questionnée sur mon enfance et tout ça, regarder les photos de quand j'étais jeune. Et moi, le jeu qui m'est remonté, c'était La Bonne Paie. Et c'était rigolo parce que... Est-ce que c'est quelque chose en lien avec l'argent, avec le fait de jouer ensemble ? Je pense que c'est aussi des souvenirs avec les cousins-cousines, ce genre de choses-là qui font que j'ai ce jeu-là qui me revient.
- Speaker #1
C'est intéressant parce que je pense que, et on parlait de marketing tout à l'heure, je pense que la bonne paye était plus connue en France. Et moi en Belgique, en tout cas la bonne paye j'ai connue beaucoup plus tard. Et en Belgique à la télé on avait plutôt Destin qui était mis en valeur. Et donc voilà, peut-être que c'était pas du tout le cas. Mais moi vraiment les publicités à la télé que je voyais pour un jeu du style la bonne paye, c'était Destin. et sincèrement J'ai connu la bonne paix quand j'ai commencé à m'intéresser aux jeux. Mais c'était un peu plus tard quand je commençais à acheter moi-même mes jeux. Et voilà, donc la petite anecdote. Alors, je ne sais pas du tout. Ce serait peut-être intéressant de demander. Je ne sais pas si tu connais Archeo Toys. C'est une chaîne YouTube qui parle des jouets de notre enfance et de tout ça. Ce serait pas mal qu'ils fassent un épisode sur... Sur la bonne paix, destin et tout ce type de jeu-là.
- Speaker #0
En fait, ce qui s'est passé cette semaine... C'est que je suis en train de constituer, depuis plusieurs mois, une ludothèque de jeux qui traitent du féminisme. Et donc j'écume un petit peu Vinted, et cette semaine je reçois un Monopoly. Et un Monopoly particulier qui s'appelle le Madame Monopoly. J'étais très sceptique sur ce jeu-là, parce que je me suis dit, oh là là, qu'est-ce que c'est que ce mélange ? Et en fait, ce jeu se rapproche beaucoup de la bonne paye. Dans le sens où tu sais on fait des tours qui sont vraiment des mois et on achète des... En fait on achète des inventions qui ont été créées par des femmes. Et là où ce jeu est assez rigolo entre guillemets, c'est que en fonction de ton genre au démarrage, et bien tu ne gagnes pas la même somme à chaque fois que tu fais un tour.
- Speaker #1
Ouais je vois. Les femmes,
- Speaker #0
pour faire sentir les inégalités, les femmes touchent plus que les hommes à Madame Monopoly.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Et donc tu n'achètes pas des rues, tu achètes des inventions qui ont été créées par des femmes. Et donc j'ai trouvé ça intéressant, du coup comme il est arrivé cette semaine, on y a joué avec mes enfants qui ont 10 et 15 ans, et je crois qu'on n'avait jamais rejoué quasiment au Monopoly ou à la bonne paye depuis des années et des années. Ouais,
- Speaker #1
complètement. Justement, je vais faire un parallèle avec Joueur et Promesses dont on parlait tout à l'heure. La promesse d'un Monopoly, c'est le divertissement a priori. En tout cas, quand tu crées un jeu qui se vend dans les grandes surfaces, l'objectif de la boîte, c'est à un moment donné de toucher un nouveau public. On ne va pas se cacher que Madame Monopoly, c'est à la base du marketing. Par contre, ce qui est intéressant dans ce que tu dis, c'est que... dans le mécanisme du jeu de Madame Monopoly, les hommes gagnent moins que les femmes. Et du coup, c'est intéressant parce que là, on pourrait arriver, en termes de promesses, à se dire qu'en termes de promesses pédagogiques, alors je mets pédagogique entre guillemets, eh bien, l'idée, c'est de faire vivre aux hommes ce que les femmes, dans le jeu, ce que les femmes vivent dans la réalité.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et là, c'est complètement différent. Voilà, je ne sais pas si l'exemple est parlant, mais merci d'avoir parlé de Madame Monopoly, je ne connaissais pas. Écoute,
- Speaker #0
moi je suis tombée dessus un petit peu en faisant mes recherches, parce que j'ai animé une soirée jeu il y a un mois et demi, où j'avais sorti un autre Monopoly qui est aussi une licence Monopoly, mais qui était le Monopoly Barbie. Et le Monopoly Barbie était intéressant parce que tu incarnais un personnage qui avait un métier. C'est-à-dire qu'en fonction du métier que tu choisissais et de la carrière que tu choisissais au démarrage, tu n'avais pas les mêmes atouts, les mêmes avantages dans le jeu.
- Speaker #1
Et donc,
- Speaker #0
on montrait Barbie sous la forme d'une femme qui entreprend, d'une femme qui investit, une femme qui gagne de l'argent, qui ne sont pas toujours des valeurs que l'on prête à Barbie. Et pourtant, Barbie, à mon avis, c'est quand même une super businesswoman.
- Speaker #1
Je pense aussi. C'est super intéressant parce qu'on sous-estime...
- Speaker #0
Et donc c'est comme ça que je suis arrivée à Madame Monopoly, en faisant ma recherche sur le Monopoly Barbie, enfin en jouant, en emmenant le Monopoly Barbie, je me suis rendue compte qu'en fait la créatrice du Monopoly initial était une femme et qu'elle s'est fait spoiler son jeu par les créateurs de Monopoly. Ils ont trouvé son petit jeu très très sympa, et bien ils ont tout pompé. Et ils ont fait des milliers et des milliers et des milliers de Monopoly et de ventes de jeux dans le monde. Et Madame Monopoly, ce que j'ai trouvé intéressant, autant le jeu Barbie, ce n'était pas du tout le cas, autant dans Madame Monopoly, sur la boîte, cette femme est mentionnée. Et l'histoire que c'est elle qui a inventé la mécanique du jeu est remise à l'honneur. Et ça, je trouve que c'est quand même... rendre à cette femme ce qui lui est dû.
- Speaker #1
Tout à fait. C'est vrai que c'est une histoire pas forcément connue. Je pense que Fabien Olicard avait fait...
- Speaker #0
Je crois que j'ai vu une vidéo sur ça.
- Speaker #1
C'est très intéressant en tout cas.
- Speaker #0
Ça me dit un truc. En tout cas, l'association Monopoly, Fabien Olicard m'évoque un truc. En tout cas, moi je trouve intéressant de se dire qu'il y a quand même des... Des fois, des sujets où tu peux prendre un jeu qui existe déjà et l'adapter à un sujet que tu as envie de défendre, à une cause que tu as envie de défendre, à un propos aussi.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. C'est là qu'interviennent justement la deuxième partie du framework, c'est mécanisme et support. Mécanisme, en fait, ce sont toutes les mécaniques de jeu qui vont être au service du message et de la promesse que tu as envie d'atteindre, et évidemment le public auquel tu t'adresses. et support, c'est le matériel que tu vas utiliser, donc des dés, des pions. Et effectivement, si tu trouves un jeu qui se prêtent bien aux messages que tu as envie de transmettre, parfois c'est pertinent de prendre un jeu existant et de te poser la question, comment est-ce que je pourrais atteindre cette promesse et toucher ce public de joueurs que je vise à partir de cette mécanique-là. Donc oui, tout à fait, dans l'univers du jeu au service de la pédagogie, etc., peut très bien utiliser un jeu existant dans le monde de la formation, de la facilitation également. Et ça peut aussi être en phase de prototypage. Je vais te prendre un exemple. Typiquement, il y a un jeu de société que je suis occupé à développer et au départ, je voulais que ça se passe dans une maison, parce que c'est une histoire de fantôme. Et donc, en fait, en résumé de chez résumé, La mécanique, c'est que tu as un joueur qui joue le fantôme et un autre qui joue une personne qui se trouve dans cette maison. Et le fantôme ne peut communiquer qu'à partir d'informations telles que tu chauffes, tu es tiède et ou tu es froid. Tu te rapproches ou pas de l'objet que tu dois trouver. Et plutôt que de dessiner un plateau, j'ai pris le plateau du cluedo. Donc tu vois, en fait, ça permet de gagner du temps. Alors évidemment, je ne vais pas refaire la maison de Cluedo dans la version finale, mais j'ai pu me focaliser sur le test de la mécanique, qui est quand même très très important. Et l'ordre du framework JPMS est un choix aussi, un choix pédagogique, parce qu'en fait, si tu relis les choses à l'envers, si tu relis la chronique à l'envers, en fait, on ne commence pas... ou rarement par la mécanique et par les supports. Et en fait, pourquoi ? Parce qu'en fait, peut-être que si tu vas utiliser le plateau du cloué d'eau, ça n'a aucun sens pour le public auquel tu t'adresses. Et donc, en fait, tu as JPMS, S, c'est support. Le support doit toujours être au service de la mécanique que tu utilises et le combo support-mécanique doit toujours être au service de la promesse et de l'objectif marketing et pédagogique que tu te donnes. Et cette promesse doit toujours être au service du joueur auquel tu t'adresses. Tu vois ?
- Speaker #0
Oui, complètement. Après, ce que je trouve aussi très intéressant dans utiliser ou une mécanique ou en tout cas une licence d'un jeu qui existe, je pense au Double, je pense au Memory, dont on a parlé dans un précédent épisode avec Anne-Claire Prévost qui a écrit la boîte à outils de la ludopédagogie, c'est que le joueur... ou ton apprenant, a priori, il connaît les règles. Donc en fait, tu gagnes du temps face à l'explication avec un jeu dont les règles sont un peu connues. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Complètement, oui.
- Speaker #0
Et après, par exemple, je reprends Madame Monopoly, ça n'empêche pas de rajouter des variantes, parce que du coup, comme les gens connaissent globalement les règles, ils sont tout à fait prêts à accepter les variantes, en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est un excellent moyen de commencer par... Avant de créer son propre jeu, commencer déjà à jouer, ça me paraît logique, et commencer aussi à détourner les jeux, soit effectivement en détournant les règles complètement, je peux te donner un exemple, mais ce n'est même pas de détourner les règles, dans ce cas c'est carrément détourner la manière dont on utilise le matériel. Pour accueillir des personnes dans un networking, un truc très simple que tu peux faire, C'est que tu prends un Uno, et en fait tu donnes, enfin je dirais un networking, mais ça peut être une formation ou autre, pour en tout cas accueillir des participants. Et pour inviter les gens à faire connaissance, quand quelqu'un arrive, tu lui donnes une carte du Uno, il la tire au hasard, peu importe. Et ce qui se passe, c'est qu'à un moment donné, une première partie du temps, tu vas dire aux personnes, « Eh bien voilà, maintenant je vous invite à aller rencontrer quelqu'un qui a une carte de la même couleur que vous. » d'aller rencontrer quelqu'un qui a le même numéro qu'eux.
- Speaker #0
Ah, trop bien !
- Speaker #1
Et là, en fait, si tu veux, tu utilises le Uno, qui est connu par tout le monde, sauf que tu détournes son utilisation. Donc ça, c'est aussi une troisième possibilité, c'est détourner l'utilisation du matériel.
- Speaker #0
On le fait beaucoup avec Dixit, ça aussi, tu sais ? Ce jeu Dixit, là, qui a des jolies cartes. Je ne sais pas s'il y a beaucoup de monde qui joue vraiment à Dixit avec les vraies règles du jeu.
- Speaker #1
C'est une bonne question.
- Speaker #0
On invente nos propres règles, je trouve ça hyper intéressant. Nous, on l'a fait aussi, tu vois, parce que je fais partie d'une association féministe, je continue dans mon délire, et je trouvais que c'était difficile quand on accueillait de nouvelles adhérentes, tu sais, l'espèce de moment où il faut que tu te présentes. Ouais. Ah, je suis qui ? Et ça, c'était jamais facile pour les gens de savoir qui, comment se présenter, qu'est-ce qu'elles doivent dire, pas dire, comment elles se présentent, est-ce qu'elles parlent de leur job, est-ce qu'elles parlent de leur âge ? C'est toujours hyper complexe. Et du coup, je leur avais proposé de prendre une des cartes du Times Line, un Times Line qui parlait des femmes en l'occurrence. Et donc en fait, elles devaient lire cette carte et nous présenter cette femme d'abord. Donc elles commençaient l'exercice par présenter la femme qu'elles avaient. Ah bah aujourd'hui, je me présente, je m'appelle Rosa Parks ou je m'appelle Frida Kahlo. Et voilà ce que j'ai fait. Et ensuite, elles devaient trouver un point commun entre elles. vraiment elle en tant qu'humaine, et cette femme. Ah ben moi, c'est épatant que j'ai pioché la carte de Marie Curie, je me sens hyper proche d'elle, parce que je travaille dans le monde de la science, par exemple, et ça, je trouvais que du coup, après, une fois qu'elle s'était lancée, là, elle nous disait des choses intéressantes sur elle, tu vois.
- Speaker #1
Excellent, c'est un super exemple, et j'invite toutes les personnes qui nous écoutent à s'autoriser à... justement à essayer les choses et vous allez voir que le jeu amène une dynamique complètement différente moi j'aime beaucoup dans cet exemple que tu as donné la notion d'image que les personnes et de lien que les personnes vont faire entre un personnage connu ou moins connu, peu importe en tout cas un personnage et eux et donc ça permet en fait d'avoir un effet miroir et de dissocier un peu Euh... Ok, je ne vais pas forcément parler de moi, mais je vais commencer par parler de quelqu'un d'autre. Et puis, une fois qu'on est lancé, c'est beaucoup plus facile de parler de moi, parce qu'en fait, j'ai des liens faciles à faire, et les gens sont à l'écoute en plus de ce que j'ai à dire. Il y a les Story Cubes aussi qui sont pas mal. Oui,
- Speaker #0
je les adore aussi.
- Speaker #1
Pour amener les gens à se présenter de manière un peu plus décalée. Bref, il y a moyen de faire plein de choses avec plein de jeux différents.
- Speaker #0
On va peut-être expliquer ce que c'est les Storycubes, parce que nous on est dans le domaine, on voit exactement ce que c'est. Ce sont des petits dés, mais au lieu qu'il y ait des numéros dessus, ce sont des petits pictogrammes. Alors ces petits pictogrammes peuvent être de différentes natures, ça peut être aussi bien une maison qu'un personnage. Moi j'en ai sur des thématiques particulières, notamment sur le domaine des métiers hospitaliers. Ça peut être vraiment toutes sortes de choses qu'il y a sur ces petits pictos. Moi je les utilise évidemment en formation en pensée visuelle. mais je les utilise aussi en théâtre d'improvisation. Je les utilise également en prise de parole en public parce qu'il faut raconter des histoires. Et je les ai même, tu sais, utilisées avec mes enfants. Il s'était passé des trucs à l'école, on sentait bien qu'il y avait un problème, qu'il se passait des choses. Enfin, ce n'était pas clair, elle n'arrivait pas bien à verbaliser comment ça se passait dans la cour ou je ne sais. Elle a lancé les dés et elle a commencé à raconter une histoire. Ah voilà comment ça se passe dans la cour, et il y a ceci, mais c'était effectivement, comme on disait tout à l'heure, il y a un certain détachement, parce qu'on est en train de raconter une histoire, mais finalement on met quand même les vrais mots de quelque chose derrière, tu vois. Et ça peut permettre des fois d'entamer le dialogue, sur plein de sujets en fait.
- Speaker #1
Un très bon exercice pour les entrepreneurs qui nous écouteraient, qui justement ont du mal à vendre peut-être, c'est de vous lancer des story cubes, et vous essayez de vendre un objet qui n'existe pas.
- Speaker #0
Tout à fait. On les trouve maintenant, tu sais, je ne sais plus, je mettrais peut-être en barre de téléchargement en dessous. On les trouve maintenant en ligne où tu cliques et ça te brasse, tu sais, des petits dés. Donc, vous n'êtes même pas obligé d'investir. Vous allez cliquer sur le lien juste en dessous. Et vous allez essayer de vendre du coup, qu'est-ce que tu nous proposes de vendre ?
- Speaker #1
Un objet qui n'existe pas.
- Speaker #0
Un objet qui n'existe pas, à partir de ces cubes. Ouais. Trop bien.
- Speaker #1
Et après tu peux faire ça autrement, tu peux générer autrement. Tu peux par exemple demander en impro, parce que j'ai eu le plaisir aussi de faire de l'impro. Nous ce qu'on faisait c'était simplement de... de demander à trois personnes de donner une syllabe et donc ça donne genre j'en sais rien moi le syllabi et puis toi tu dois vendre le syllabi qui est un objet qui n'existe pas par exemple.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et je me permets juste de faire un lien justement avec cela. Tu vois ici on a eu concrètement, on a un objectif qui est de permettre à un entrepreneur de vendre mieux, on va dire ça comme ça, et de déconstruire des croyances par rapport à la vente. Et là, en fait, en termes de mécanisme, on a la notion soit d'utiliser l'inspiration par les icônes, soit la génération de syllabes, mais on pourrait imaginer plein d'autres mécanismes différents, tu vois. Et on pourrait utiliser plein de formats différents, plein de supports différents. Là, tu vois, tu as les story cubes, ce sont des dés, mais on peut également avoir des icônes dans un jeu de cartes et on tire une carte au hasard. Donc, tu vois, c'est... Encore une fois... Du moment que c'est au service, en tout cas d'après moi, c'est ma vision du jeu plus ou moins sérieux, mais si vous voulez faire des jeux qui ont un impact, que ce soit en termes d'expérience, qu'on ait un bon souvenir et autres, ou de transmettre des savoirs, etc., il faut vraiment se dire que ce qu'on va utiliser, donc le jeu, les mécanismes, le matériel qu'on va utiliser, le support, soit au service du message et de l'expérience qu'on a envie de faire vivre aux joueurs auxquels on s'adresse. Je répète, je suis désolé, mais c'est super important pour moi.
- Speaker #0
Oui, complètement. Et comment est-ce qu'on passe de notre mini prototype, notre truc fait à base de post-it, de bout de carton, de bouchon de liège, à un vrai jeu ? Comment on passe ce step-là ?
- Speaker #1
En fait, c'est plus une notion d'itération. Itération, en gros, on va faire un... un cycle qui va se répéter plusieurs fois. Et ce que je vous conseille de faire, c'est de commencer par un prototype moche pour ensuite transposer et améliorer ce prototype avec ce qu'on appelle dans le jargon des playtests. Donc vous faites des tests de jeu, de votre jeu, avec idéalement le public concerné par le jeu, donc le joueur auquel vous vous adressez. Et une fois que vous... tester votre jeu et que vous repérez des choses qui ne servent pas justement l'objectif que vous avez, vous le changez, puis vous réessayez. Une fois que vous avez validé que le prototype peut être finalisé ou amélioré, là vous pouvez commencer à vous intéresser plus au visuel, à ce que va contenir la carte. Enfin ça c'est déjà même avant, mais c'est vraiment à mettre en page la carte. Ça ne sert à rien d'avoir des cartes jolies. Si les cartes ne sont pas fonctionnelles, tu vois.
- Speaker #0
Donc ça c'est la deuxième étape. Et la troisième étape, c'est la partie production. Production du jeu et justement à un moment donné transposer ça en produit fini. Et là ça se fait soit en auto-édition, soit on cherche une maison d'édition. Donc ça va dépendre, imaginons un professeur qui a envie de créer un jeu pour sa classe. Et bien il peut très bien produire lui-même avec son imprimante, découper, mettre dans des... dans des feuilles plastiques ou des sleeves, comme on dit, pour protéger un peu les cartes et les rendre un peu plus dures. On peut imprimer sur une simple feuille A4, ensuite découper, et on met un bout de carton, vous récupérez du carton de chez vous, vous les mettez entre les deux morceaux de feuilles, le recto et le verso, ça solidifie un peu la carte, c'est plus agréable en main, et au moins les cartes glissent, et ça vous permet de faire une animation en classe. Maintenant, imaginons que tu veux créer un jeu et que tu sais que tu vas l'animer plusieurs fois parce que c'est pour ton association. Là, peut-être qu'investir dans un, deux, trois exemplaires peut être intéressant. Si tu as une stratégie, et là on arrive beaucoup plus loin dans l'approche Jouer pour Impacter, mais imaginons que tu veux à un moment donné être rentable là-dessus, tu peux imaginer soit de vendre des exemplaires, bien que... C'est comme un livre, on ne gagne pas forcément de l'argent avec le jeu, mais plus avec ce qui est autour. Mais on pourrait imaginer que ton association décide d'imprimer 50, 100, 500 exemplaires. Et à chaque fois que vous allez animer une animation que vous vendez, bien sûr, les participants reçoivent un exemplaire du jeu. Donc ça dépend vraiment, encore une fois, de l'objectif que vous avez. C'est pour ça que je parle vraiment dans la promesse de... deux types d'objectifs, c'est pédagogique et marketing. Donc si à un moment donné, votre objectif, c'est d'être rentable sur le jeu, il faut réfléchir dès le début à comment est-ce que je vais un peu rentabiliser les choses. Et là, il y a d'autres outils dans la méthode qui permettent de le faire.
- Speaker #1
Donc, d'après ce que je comprends, il est tout à fait possible de se faire accompagner pour créer son jeu.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Il y a possibilité de... Soit de vous travailler avec quelqu'un qui est spécialisé dans le jeu sérieux pour créer du jeu, on va dire... Moi, j'aime bien dire plus ou moins sérieux dans le sens où un jeu, par essence, doit être et rester fun et pas devenir quelque chose de pas agréable à jouer. Mais ce que je veux dire par là, je fais une grosse caricature, mais si pendant que tu joues, c'est aussi pénible que regarder un PowerPoint, c'est que t'as raté ton jeu. Donc voilà. Mais donc oui, il y a des personnes qui font ça. Tu as des personnes qui accompagnent plus à la gamification. Alors la gamification, c'est un peu différent de la création de jeux sérieux dans le sens où on va utiliser des principes de jeu, mais pour, entre guillemets, engager la personne qui, par exemple, s'est beaucoup utilisée dans les applications mobiles et autres. C'est pour engager les personnes. C'est très différent. Imaginons à un moment donné sur une communauté, il y a un système de classement où plus tu postes ou alors plus c'est utile ce que tu racontes, plus tu es classé positivement. Ça, c'est un mécanisme de gamification. Si tu réussis à poster 5 messages ou que tu obtiens 5 votes de la communauté, tu reçois un badge, par exemple. Donc ça, c'est de la gamification. si on n'est pas dans le... dans la création de jeux sur jeu. Alors évidemment, la gamification peut être au service du jeu qu'on va développer. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, mais voilà. Et puis, il y a des personnes qui accompagnent plus à la création de jeux de société. Et là, on est plus... Je pense que le meilleur moyen de créer un jeu de société, c'est de rencontrer d'autres auteurs. Et donc là, tu as ce qu'on appelle des groupements d'auteurs. Tu as aussi la société... Comment dire ? Donc c'est la SA... et s'agit donc c'est société des auteurs de jeux en france moi j'en fais partie enfin je suis membre quoi et puis tu as plein voilà plein de il ya le gabi à bruxelles c'est le groupement des auteurs bruxellois tu as tu en as en france tu as et voilà il y en a plein là vous tapez groupement d'auteurs de jeux de société et votre région et vous devriez en trouver sans problème quoi et est-ce qu'il est
- Speaker #1
important, utile ou pas, de protéger son jeu ? Est-ce qu'on doit le déclarer quelque part ? Est-ce qu'on doit avoir une espèce de propriété intellectuelle dessus ? Comment ça se passe ? Pour ne pas, comme Madame, comme la créatrice du Monopoly, ne pas se faire spoiler son jeu ?
- Speaker #0
Alors, je vais partager mon point de vue. Je vais juste faire un disclaimer parce que je ne suis pas juriste. Donc ce que je partage là, c'est un retour d'expérience en tant qu'entrepreneur depuis plus de dix ans et aussi en tant qu'auteur de livres, puisque on va parler de propriété intellectuelle, donc ça fonctionne aussi pour les livres. Alors, la particularité, c'est qu'une idée, en France et en Belgique en tous les cas, ça ne se protège pas. Donc, tu ne peux pas protéger l'idée de jeu que tu as. Par contre, ce que tu peux faire, si à un moment donné tu souhaites te protéger, c'est d'avoir des informations qui te permettent de prouver que tu es l'auteur de tel ou tel mécanisme ou tel jeu. Enfin, mécanisme, ça ne peut pas se protéger. Et d'avoir une preuve qu'à date X, tu avais déjà pensé à cette idée ou autre. Par contre, ça ne te protège pas. Ça te permet juste... Si un jour, tu dois aller en justice de prouver qu'à date X, tu y avais déjà pensé, et si l'autre en face ne sait pas le prouver, il y a un jugement qui se fait, et a priori, le juge va, à partir des preuves que tu vas apporter, dire que c'est toi qui es en droit et l'autre pas parce qu'il ne sait pas prouver que. et encore une fois je ne suis pas juriste et je ne suis jamais allé en justice par contre moi personnellement j'ai une autre vision de la protection de mon idée c'est que Personnellement, je communique, mais surtout sur mes prototypes et autres. J'ai une playlist avec le game development, où je poste une vidéo et je montre mes réflexions. Et en fait, pour moi, le meilleur moyen de protéger son idée de business de base, même de jeu et compagnie, c'est de montrer ce qu'on fait, de documenter les choses. Et donc, j'ai un Google Photos dans lequel se trouvent des albums avec tout. toutes les étapes des prototypes, et il y a une date à chaque fois. Je publie sur des forums, je montre ce que je fais, que ce soit en petit comité, je fais tester mes prototypes dans la tribu ludique qui est une communauté, et je documente comme ça. Et en plus, il faut savoir que dans le domaine de l'entrepreneuriat, le domaine du jeu. C'est des petits domaines, c'est des petites communautés. Donc tout se sévit aussi. Si à un moment donné, quelqu'un vous pique une idée, et que voilà, ça se sait assez vite. Maintenant, moi, je ne pense pas que dans tous les groupements d'auteurs et même dans tous les groupements d'entrepreneurs dans lesquels j'ai été, on ne m'a jamais piqué une idée. De toute façon, une idée, ça ne vaut rien en soi. Ce qui compte, c'est l'implémentation qu'on en fait. Par contre... oui je pense que des grandes entreprises peut-être de jeu va à un moment donné peut-être voir votre mécanique, la trouver intéressante la reprendre, ça peut-être que ça existe, moi j'ai jamais vécu ça personnellement mais ça existe peut-être donc voilà un petit peu mon positionnement montrez ce que vous faites, faites-le de tout coeur et je pense que de toute façon personne ne fera l'idée exactement comme vous l'aurez et en même temps une mécanique ça se protège pas c'est Ce qui va se protéger, c'est l'identité graphique que vous allez développer pour votre jeu. Le nom peut être protégé. Typiquement, Monopoly, on ne peut pas, a priori, pas l'utiliser. Ce n'est pas le bon exemple. En tout cas,
- Speaker #1
ce que je trouve intéressant, c'est que là, tu dis que tu laisses des traces, finalement, de ton processus, de tes recherches, de ton jeu, de ta création. Et tu commences déjà, finalement, à presque le vendre, en fait, parce que tu es en train de montrer que tu avances sur ce projet-là, en fait.
- Speaker #0
Oui, et en plus, je veux dire, il y a un moment donné où ça permet d'avoir des feedbacks. Et moi, je ne peux pas concevoir quelqu'un qui crée un jeu sans le confronter, en fait, à son public. Tout comme je ne peux pas concevoir qu'un entrepreneur lance un produit ou un service sans le confronter au marché, tu vois. Ça n'a pas de sens. Parce que le piège dans lequel on peut tomber quand on crée un jeu, c'est d'être dans le fantasme de son jeu. C'est-à-dire qu'on pense que la mécanique ou le truc qu'on a développé est super, et je vous assure que plus vous allez tarder à confronter ça aux joueurs, plus vous allez tomber de haut, parce qu'en fait vous allez vous rendre compte que les gens n'aiment pas, ils ne comprennent pas ce que... Parce que pour vous ça paraît clair, mais en fait ça ne l'est pas du tout, vu de l'extérieur. Et encore une fois... Si le public que vous ciblez, ce sont des gens qui n'ont jamais joué, c'est très différent que de s'adresser à un public qui joue tous les jours. Là aussi, en fonction du public auquel on s'adresse, je reviens à la notion de joueur, évidemment, on ne va pas développer le même jeu, on ne va pas présenter le prototype de la même manière. Les salons ou les festivals de jeux aussi sont des bons moyens de rencontrer du monde, de... de parler de son jeu. Donc voilà, en gros, documenter votre parcours créatif, c'est le meilleur moyen pour moi, je pense, de le protéger.
- Speaker #1
Très bien, moi je trouve ça passionnant. J'espère que ça va donner l'envie à plein de gens de se lancer là-dedans. En tout cas, quand j'ai publié sur LinkedIn mon bingo de l'année, et dans une des cases de ce bingo, il y avait « Créer mon jeu » . Je me suis rendu compte qu'il y avait plein d'autres gens qui publiaient aussi leur bingo et qui avaient aussi dans leur bingo cette case « Imaginez, créez mon jeu » . Donc je pense que quand même, on est sur des futures années où il va y avoir plein de petits jeux avec des mécaniques super cool qui vont sortir. Et ça, je trouve que c'est vraiment, vraiment très intéressant. Je vais quand même vous redonner, je vais vous donner le nom de l'inventrice du Monopoly. Elle s'appelle Elisabeth Magie. Et en fait, elle a créé un jeu qui s'appelle Landlord's Game, qui était conçu dans le but d'éduquer les gens sur les dangers liés à la concentration de richesse. Donc, son jeu était l'exact inverse du Monopoly. C'est ça qui est extrêmement intéressant. C'est qu'eux, ils ont gardé la mécanique, ils ont gardé l'idée et ils ont détourné le propos.
- Speaker #0
Ben oui, c'est ça. En fait, c'était... Je pense que c'est un bon exemple de cette notion de mécanique et de support, mais pas d'avoir la même promesse. Voilà. C'est un bon exemple, je pense.
- Speaker #1
En tout cas, dans Madame Monopoly, je n'ai pas d'action dessus, bien sûr. Monopoly met ces petites lignes que je viens de vous lire sur sa boîte et donc met en valeur des brevets, des réalisations, des inventions créées par des femmes. et propose une mécanique de jeu basée sur le genre et différenciante selon le genre. Et là, on n'achète plus des maisons et des immeubles, mais on dépose des brevets.
- Speaker #0
Voilà, très bonne idée. J'en profite parce que tu parles de brevets. Par rapport aux idées, en fait, une idée ne peut pas être brevetée. Et donc, c'est pour ça aussi qu'on ne peut pas, entre guillemets, déposer un brevet de son jeu. Dans le sens où, comment dire, un jeu c'est une suite de règles, on va dire ça comme ça, une suite de logique de choses. Et c'est comme, en fait, du coup... code quand on développe un site internet ou une application on ne peut fondamentalement pas protéger le code par un brevet par contre on peut protéger le code qu'on va développer soit en le gardant secret soit en ne dévoilant pas toutes les composantes donc tu vois il y a d'autres moyens de se protéger mais malheureusement en tout cas dans le monde dans lequel on vit Vous ne pourrez jamais empêcher quelqu'un de vous voler votre idée, entre guillemets, ou vos idées. Et donc le meilleur moyen, encore une fois, c'est d'aller vite, de le montrer, de le faire évoluer.
- Speaker #1
Et puis de montrer que c'est le nôtre, en fait. De montrer qu'il est à nous et que c'est nous qui avons eu l'idée en premier. Et aujourd'hui, est-ce que l'intelligence artificielle peut nous aider à créer notre jeu, à imaginer les règles, à peut-être poser en place, à mettre en place des choses ?
- Speaker #0
Alors, oui, évidemment. Tout comme l'intelligence artificielle peut aider à accélérer plein d'autres choses. Je pense qu'à partir du moment où les personnes qui nous écoutent sont en accord avec l'utilisation de l'intelligence artificielle, on peut l'utiliser pour brainstormer, on peut l'utiliser pour créer des visuels, bien que ce n'est pas indispensable, surtout dans la phase de prototypage. Est-ce que c'est éthique en phase de production ? Je ne sais pas et ce n'est pas à moi de définir. en tout cas chacun fera en fonction de ses valeurs il y a possibilité aussi effectivement d'éduquer un chatbot, d'utiliser par exemple des outils comme Notebook LM pour résumer ses idées, créer des infographies voilà donc oui il y a plein d'outils il y a plein d'utilisations différentes de l'intelligence artificielle possible dans la création du jeu de société maintenant je remarque d'expérience que... C'est très mal vu dans l'univers du jeu par certaines personnes. Tout comme, je pense, l'utilisation de l'IA dans tous les domaines. Il y a des gens qui voient ça mal, il y en a d'autres qui adorent. Mais c'est vrai que de ce que je vis dans mon quotidien, c'est quitte ou double quand vous parlez d'IA ou quand vous utilisez l'IA dans le monde du jeu de société. Il faut simplement le savoir et assumer. Si vous êtes OK avec vos valeurs et que vous dites Merci. Moi, je n'ai aucun problème, j'utilise l'IA et je l'assume, foncez. Si jamais ce n'est pas le cas, du coup... Et alors, on peut combiner, évidemment. Bien sûr. Ce n'est pas parce qu'on utilise l'IA dans une partie, j'en sais rien. Imaginons que vous décidez de brainstormer avec l'IA sur votre jeu. Vous pouvez lui demander, j'en sais rien, de créer un premier visuel pour vous aider à vous projeter sur à quoi ça peut ressembler. Moi je fais ça, ça m'arrive de dire, j'aimerais bien visualiser à quoi ça pourrait ressembler le plateau, et donc je lui décris un peu ce que j'imagine comme plateau de jeu, et il me montre une image ou deux, mais par contre il est évident que je ne vais pas utiliser le plateau généré par IA pour faire imprimer le plateau. Je travaille toujours dans tout ce que j'ai fait, bien que les livres c'était avant l'IA, mais... Je travaille toujours par l'humain en termes de production. Ça, c'est une de mes valeurs, c'est de dire, oui, peut-être que pour le prototypage, ça permet d'accélérer les choses, l'intelligence artificielle, mais par contre, je ne me vois pas utiliser les visuels générés par IA pour un jeu produit qui va être mis à 100, 200, 300 exemplaires vendus. Mais encore une fois, chacun fera comme il veut. Je pense qu'il y a même des maisons d'édition connus qui le font ou qui vont le faire, tout comme dans le monde du livre, il y a déjà des maisons d'édition qui en ont fait une marque de fabrique. À un moment donné, c'est une question de choix et chacun fera sa popote.
- Speaker #1
Je trouve que, par exemple, dans mon cerveau, où ça part un peu dans tous les sens, les idées vont ou viennent, ça a besoin d'organisation et de structure. Des fois, le fait de devoir synthétiser auprès de l'IA Merci. Notre besoin, nos idées, ça permet aussi des fois de clarifier. grandement notre propos en fait finalement et je pense notamment à la rédaction des règles du jeu a peut-être aidé tu sais par exemple dans des jeux où il y aurait des questions et des réponses ce genre de choses où il faudrait créer une base de données à
- Speaker #0
organiser tout ça tu vois je pense que là ça pourrait être intéressant de se faire accompagner par l'IA tu vois oui tout à fait le point d'attention c'est effectivement un rappel qui est fait d'ailleurs dans la majorité des outils C'est que l'IA peut se tromper. Si tu fais générer 100 ou 1000 questions, l'idéal, c'est quand même de repasser derrière et d'éviter l'info ou l'intox. En tout cas, il y a des utilisations où je trouve que ça peut vraiment aider. Il y en a d'autres où, personnellement, je ne l'utilise pas. Mais encore une fois, chacun fera comme il veut. Je ne suis pas là pour dire l'IA sait bien ou pas. Je suis là plus pour vous partager mon expérience et mon retour d'expérience là-dessus. Voilà, en tout cas, sachez vraiment que dans le monde du jeu de société et dans le monde du jeu sérieux, c'est quitte ou double quand vous parlez de l'IA ou quand vous dites que vous utilisez l'IA. Sachez-le, faites-le en conscience. Après, libre à vous.
- Speaker #1
Bah écoute, merci beaucoup en tout cas David. Est-ce que tu peux nous dire un petit peu où est-ce que les gens peuvent te retrouver, où est-ce qu'ils peuvent suivre ? tes aventures ou est-ce qu'ils peuvent entrer en relation avec toi le plus facilement ?
- Speaker #0
bien sûr,
- Speaker #1
LinkedIn je suis fort actif et alors jouezpourimpacter.com il y a toutes les informations trop bien et je vais leur mettre tout ça en barre de description comme ça ils pourront aller voir ce que tu fais également merci à toi Trop bien, écoute, en tout cas je suis encore une fois ravie de parler jeux, de parler ludopédagogie, de parler idées de créer, d'inventer, de stimuler cette soft skills créativité et cette soft skills coopération, parce qu'a priori on pourrait jouer tout seul, mais là on est quand même plutôt parti pour jouer avec d'autres humains, donc je suis toujours ravie de parler de ces sujets là.
- Speaker #0
Ben oui, moi aussi, merci beaucoup en tout cas de m'avoir permis de partager... sur cette passion commune et puis plein de belles choses et le plus beau cadeau que vous pourriez me faire c'est de faire un premier jeu, peu importe si c'est un gros ou pas mais faites les premiers pas et franchement contactez-moi et envoyez-moi si vous voulez ce que vous avez fait et je testerai, je regarderai un petit peu et à grand plaisir en tout cas
- Speaker #1
En tout cas j'aimerais bien avoir en commentaire ceux qui ont un jour eu cette idée de peut-être créer leur jeu Merci. Ça m'intéresse de savoir parce que je suis persuadée que dans ma communauté, il y a énormément de gens qui ont à un moment donné ce projet qui leur est passé par la tête. Donc mettez-nous un petit commentaire en disant moi j'ai eu cette idée de créer mon jeu et ça nous permettra de faire nos petites stats perso sur notre réseau de savoir si on a des futurs créateurs de jeux autour de nous. Merci beaucoup David, à très bientôt.
- Speaker #0
Avec grand plaisir, plein de belles choses.
- Speaker #1
Au revoir à tous. Je te remercie d'avoir écouté cet épisode. On se retrouve dans 15 jours. Si cet épisode t'a plu, je serais ravie de lire ton commentaire et de voir ton like. Toi aussi, tu peux faire rayonner les soft skills en partageant cet épisode. Et pour continuer à les explorer, tu peux t'abonner à cette chaîne ou me retrouver sur tous mes réseaux sociaux sous le nom Morgane Ansperger ou Morgane Facilitation. Je te souhaite une très belle journée. A très vite !