🩀 Le Cambodge en famille, de la blague au voyage sacrĂ© de Marion & Malou - PODCASTHON cover
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Famille & Voyages, le podcast voyage en famille, inspiration pour vos prochaines vacances

🩀 Le Cambodge en famille, de la blague au voyage sacrĂ© de Marion & Malou - PODCASTHON

🩀 Le Cambodge en famille, de la blague au voyage sacrĂ© de Marion & Malou - PODCASTHON

1h00 |21/03/2025
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🩀 Le Cambodge en famille, de la blague au voyage sacrĂ© de Marion & Malou - PODCASTHON

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Description

Il suffit parfois d’une blague pour embarquer dans une aventure extraordinaire !

C’est ce que vont nous raconter Marion et sa fille Malou aujourd’hui. Cette aventure avait pourtant bien mal commencĂ© avec l’annonce du cancer du sein de Marion. La maladie a Ă©videmment bouleversĂ© leur quotidien jusqu’au jour oĂč son frĂšre lui a proposĂ© de s’occuper de Malou. La blague, c’est qu’il est en mission humanitaire au Cambodge. 

Marion a bien ri, mais Malou est emballĂ©e et elle rejoint son oncle dans un foyer d'accueil, dĂ©couvrant un pays, une culture, ses premiers mots en khmer et plusieurs merveilles locales. À la demande de sa fille, Marion s’envole Ă  son tour quelques semaines plus tard. Ensemble, ils explorent Kampot, Koh TunsaĂŻ, Koh Preah et surtout Kep, la ville du crabe, qui va donner Ă  Marion l’occasion de se venger de cette satanĂ©e maladie.

J’ai Ă©tĂ© impressionnĂ©e par la maturitĂ© de Malou et profondĂ©ment touchĂ©e par la force, la rĂ©silience et la dĂ©termination de Marion. On a bien rigolĂ© aussi. 

Enfin, en cette semaine du Podcasthon, Marion met en lumiÚre l'association Bivouac & Moi, qui offre des escapades en montagne à des personnes en rémission ou en post-traitement du cancer. Une belle maniÚre de prolonger cette force de la nature qu'elle a su capter.

Allez, c'est parti pour le voyage de la résilience de Marion et Malou au Cambodge.


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Idée originale et hÎte : Stéphanie Cordier

Musique : Luk & Jo


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Transcription

  • Speaker #0

    Hello, hello ! Bienvenue dans la saison 6 de Famille et Voyage, le podcast. Je suis StĂ©phanie, maman de deux grands ados et complĂštement accro aux voyages. Dans ce podcast, on sort le coup Ă  cette idĂ©e folle que voyager avec des enfants, ça ne sert Ă  rien puisqu'ils ne s'en souviendront pas. Mais que nenni ! Et mes invitĂ©s le prouvent chaque semaine. Ici, on parle voyage Ă  pied, Ă  vĂ©lo, en voiture, en camping-car. Les parents voyageurs partagent leurs itinĂ©raires et racontent leurs activitĂ©s avec les enfants, les spĂ©cialitĂ©s locales Ă  savourer, les galĂšres Ă  Ă©viter et mĂȘme leur budget. De quoi vous donner plein d'idĂ©es pour vos prochaines vacances en famille. Le podcast est disponible sur le blog famillevoyage.com, sur toutes les plateformes d'Ă©coute et sur la web radio Allo la planĂšte. Allez hop, nouvelle conversation ! Il suffit parfois d'une blague pour embarquer dans une aventure extraordinaire. C'est ce que vont nous raconter Marion et sa fille Malou. Cette aventure avait pourtant bien mal commencĂ© avec l'annonce du cancer du sein de Marion. La maladie a Ă©videmment bouleversĂ© leur quotidien, jusqu'au jour oĂč son frĂšre lui a proposĂ© de s'occuper de Malou. La blague, c'est qu'il est en mission humanitaire au Cambodge. Marion a bien ri, mais Malou est emballĂ©e et elle rejoint son oncle dans un foyer d'accueil, dĂ©couvrant un pays, une culture, ses premiers mots en Khmer et plusieurs merveilles locales. À la demande de sa fille, Marion s'envoie Ă  son tour quelques semaines plus tard et ensemble, ils explorent Kampot, KothunsaĂŻ, KoprĂ©a et surtout Kep, la ville du crabe, qui va donner Ă  Marion l'occasion de se venger de cette satanĂ©e maladie. J'ai Ă©tĂ© impressionnĂ©e par la maturitĂ© de Malou. est profondĂ©ment touchĂ©e par la force, la rĂ©silience et la dĂ©termination de Marion. Bon, et on a bien rigolĂ© aussi. Enfin, en cette semaine du podcaston, Marion met en lumiĂšre l'association Bivouac et moi qui offre des escapades en montagne Ă  des personnes en rĂ©mission ou en poste de traitement du cancer. Une belle maniĂšre de prolonger cette force de la nature qu'elle a su capter. Allez, c'est parti pour le voyage de la rĂ©silience de Marion et Malou au Cambodge. Hello Marion !

  • Speaker #1

    Hello Stéphanie !

  • Speaker #0

    Comment ça va ?

  • Speaker #1

    Ça va, je suis trĂšs Ă©mue de pouvoir revoyager en te racontant.

  • Speaker #0

    Écoute, moi, je pense que ça va ĂȘtre un Ă©pisode assez diffĂ©rent de d'habitude, effectivement. Et j'ai hĂąte que tu nous partages ton histoire, dont tu m'as dit dĂ©jĂ  quelques mots. Donc, je sais que ça va ĂȘtre incroyable et j'espĂšre que ce sera pour toi un bon moment et que tu auras plaisir ensuite Ă  le rĂ©Ă©couter et Ă  garder cette trace de cette histoire un peu particuliĂšre. Mais belle histoire. Avant de commencer. reprenons au dĂ©but. Est-ce que tu peux nous prĂ©senter ta famille et les voyageuses que vous ĂȘtes ?

  • Speaker #1

    Oui, alors nous nous sommes une famille monoparentale il y a un parent, c'est moi et il y a un enfant, c'est Malou et le voyage a commencĂ© je pense pendant la grossesse parce que par la force des choses j'ai changĂ© de rĂ©gion pour donner naissance, parce que je voulais donner naissance dans certaines conditions, c'est-Ă -dire Ă  domicile et que j'avais un camion et que j'Ă©tais mobile, je quittais la rĂ©gion oĂč je vivais pour ça et je pense que ça a donnĂ© une certaine impulsion dans la vie de ma famille, dans le voyage.

  • Speaker #0

    Et vous ĂȘtes des voyageuses plutĂŽt routes ou tu prĂ©vois tes voyages vraiment Ă  la virgule prĂšs ? Comment ça se passe ?

  • Speaker #1

    Non, plutÎt au dernier moment et plutÎt à l'arrache. Là, j'ai cru justement sur le voyage dont on a parlé que ça serait plus organisé, mais bon, mon organisation était mise de cÎté.

  • Speaker #0

    Si ça vous plaßt comme ça, c'est parfait. Et si surtout, il n'y a pas de trop de mauvaises surprises, parce que des mauvaises surprises en voyage, il y en a tout le temps. Quand ce n'est pas trop, c'est bien aussi.

  • Speaker #1

    Ah oui, oui, oui. Non, non. C'est vraiment la sereine d'étipité. On prend ce qui vient.

  • Speaker #0

    Comme je l'ai plus ou moins annoncĂ©, votre histoire est un peu diffĂ©rente d'un voyage classique comme on peut en Ă©couter sur le podcast. Donc, je vais vraiment vous laisser parler et Ă©couter ce que vous avez Ă  nous dire. Je dis vous parce que Malou est lĂ  Ă  cĂŽtĂ© de toi et a une grande part Ă  raconter de cette histoire. Si tu veux bien, je te laisse commencer lĂ  oĂč tu as envie. et ensuite passer la parole Ă  Malou sur son voyage. Est-ce que tu peux nous raconter Ă  partir de quand ce voyage commence ? Et ensuite, on va te suivre, tout simplement.

  • Speaker #1

    Donc, le voyage, il est en 2023. Et nous, on commence 2023 avec une mauvaise nouvelle et une aventure particuliĂšre en France, qui est l'annonce d'un cancer, pour moi, un cancer du sein. Et du coup, une annĂ©e 2023 marquĂ©e par les traitements. Et moi, en mĂȘme temps, j'accompagne mon enfant lĂ -dedans pour tenir les murs de la maison. et j'implique mes proches plus ou moins dans le soin, tout ça. Et en mĂȘme temps, j'ai un frĂšre dont je suis proche, mais qui lui habite au Cambodge et qui fait un volontariat au Cambodge pour deux ans et qui me dit « j'aimerais bien ĂȘtre lĂ , mais je ne sais pas comment » . Les traitements, la chimiothĂ©rapie prend du temps, ma loup est bouleversĂ©e, moi aussi, on se transforme un peu l'une et l'autre. La chirurgie, j'ai eu une ablation du sein Ă  l'automne. Et d'ailleurs, mon frĂšre me dit « j'aimerais bien ĂȘtre lĂ  Ă  ce moment-lĂ  » . Et moi, je lui dis « Ă©coute, je pense que ce n'est pas lĂ  que ça va se jouer, mais peut-ĂȘtre aprĂšs » . Et aprĂšs, il y a la radiothĂ©rapie. Et ça, la radiothĂ©rapie, c'est tous les jours. Il faut aller Ă  l'hĂŽpital. Je crois que ce que je n'ai pas dit, c'est que Malou, elle est en plus en instruction en famille cette annĂ©e. Donc du coup, si moi j'allais tous les jours Ă  l'hĂŽpital, il fallait quelqu'un pour s'en occuper. Donc ça me demandait vraiment beaucoup d'organisation. Et lĂ , mon frĂšre me dit, Ă©coute, moi je la prends au Cambodge si tu veux. Et moi, j'ai pris ça en rigolant parce qu'on avait enfin nos passeports. Les passeports prennent Ă©normĂ©ment de temps. Donc je lui dis, oh regarde, on a des passeports. Malou venait d'expĂ©rimenter les voyages accompagnĂ©s de la SNCF pour aller dans les Alpes. Donc je lui fais une blague. Je lui dis, regarde, peut-ĂȘtre ça existe pour Air France. Il me dit, vas-y Banco, je regarde. Et lĂ , il me propose ça. Moi, je prends vraiment ça Ă  la blague. J'en parle Ă  Malou. Je lui dis, Malou, est-ce que... En fait, visiblement, ce serait possible que tu ailles au Cambodge, notamment pendant toute ma radiothĂ©rapie. Et lĂ , elle me dit, ah ouais, carrĂ©ment. Et lĂ , moi, je me retrouve prise de ma propre blague en me disant, mais en fait, si elle dit oui et si elle n'a pas peur, je n'ai pas le droit de lui dire, ah, maintenant, tu n'y arriveras jamais. Ça y est, c'est trop tard, c'est lancĂ©. Et du coup, on s'est retrouvĂ©s lancĂ©s lĂ -dedans. Mon frĂšre qui Ă©tait effectivement prĂȘt, lui, quand il m'a dit oui, il savait qu'il allait mettre ça en place par rapport Ă  son travail, etc., qu'il pourrait l'accueillir. Et bien voilĂ , moi, du coup, c'Ă©tait une nouvelle aventure. Et surtout, ce qui Ă©tait gĂ©nial, c'est que ça la mise, elle, sur un projet, alors que depuis huit mois, elle vivait par rapport Ă  moi et mĂȘme encore plus par rapport Ă  ma maladie. Et lĂ , du coup, elle s'est fait un projet Ă  elle. Ce n'Ă©tait pas oĂč je vais aller pendant que maman est Ă  l'hĂŽpital. C'Ă©tait OK, moi, je vais faire ça. C'est un truc de fou, je vais le faire. Et voilĂ .

  • Speaker #0

    Waouh ! En mĂȘme temps, une fois qu'on a testĂ© la SNCF tout seul, on peut trĂšs bien tester les avions tout seul et avoir une belle aventure dans un pays pas Ă  cĂŽtĂ©. On essaye d'imaginer Ă  quel point ça doit ĂȘtre difficile, surtout quand on a une petite fille Ă  ses cĂŽtĂ©s. Cette idĂ©e de ton frĂšre qui est arrivĂ© un peu par hasard et de nulle part, cette blague qui s'est rĂ©alisĂ©e, wow ! Beaucoup d'Ă©motion dĂ©jĂ  !

  • Speaker #1

    En fait, tu vois, c'est marrant parce que, enfin, je ne sais pas, mais c'est vrai que je n'avais pas mis ça dans « Quelle voyageuse on est » . En tout cas, à l'annonce du cancer, quand on s'est dit avec Malou, comment on annonce ça aux proches ? Moi, je lui ai dit, on va faire un faire-part parce que je ne me sentais pas d'appeler les gens. On a fait part de mon état de cancer par un écrit, un dessin. En fait, c'était un livret qui expliquait ce que c'était pour nous, comment on allait le vivre. Et c'est vrai que ça s'appelait cette nouvelle aventure. On ne l'a pas choisie, mais on va faire ce qu'on peut avec. Et déjà, il y avait cette notion de « Bon, on va en faire une aventure » . Mais c'est vrai que là, du coup, c'était une aventure. Enfin, du coup, on essayait de faire quelque chose avec ce qu'on avait dans les mains. Mais là, c'est comme si Malou, elle avait pris complÚtement le truc à bras le corps en disant « Bon, ben moi, il faut que je revive ma vie aussi. »

  • Speaker #0

    Bon, on a planté le décor. Maintenant, je t'ai demandé si Malou avait envie de raconter cette partie de l'histoire que tu n'as pas vécue. Et donc, voilà, le casque est passé de l'autre cÎté. Bonjour Malou.

  • Speaker #2

    Bonjour.

  • Speaker #0

    Comment ça va ?

  • Speaker #2

    Bien.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as envie de nous raconter ? cette expérience folle que tu as vécue avec ton oncle ?

  • Speaker #2

    Oui.

  • Speaker #0

    Quand tu prends cet avion pour aller retrouver ton oncle, tu es hyper excitĂ©e, tu as un peu peur. Tu es comment dans ta tĂȘte ?

  • Speaker #2

    Dans l'avion, aprÚs, je me suis dit que j'avais peur. Mais dans l'avion, en vrai, je n'ai pas eu si peur que ça.

  • Speaker #0

    Quand tu arrives et que tu le retrouves, comment ça se passe ? OĂč est-ce que tu vis ? C'est quoi tes journĂ©es ?

  • Speaker #2

    DĂ©jĂ , je prends deux heures Ă  le retrouver dans l'aĂ©roport. Je suis avec... deux hĂŽtesses de l'air, une qui parle Ă  peine français, l'autre pas du tout. Du coup, c'est dĂ©jĂ  un peu difficile. AprĂšs, on essaye de l'appeler avec le mini portable que maman m'a prĂȘtĂ©, sauf qu'il rĂ©pond pas et en plus j'ai pas mis le bon numĂ©ro, du coup ça marche pas. On a fait plein une fois le tour, on l'a pas vu et deux heures plus tard on le retrouve. Et moi je suis comme ça sur le truc Ă  bagages.

  • Speaker #0

    Bon, alors tu pars avec lui, ça y est, tout va bien, tout se passe bien. OĂč est-ce que tu vas vivre avec lui ?

  • Speaker #2

    Dans un foyer d'accueil pour enfants. En situation de violence ou orphelins, non ?

  • Speaker #1

    C'est la protection de l'enfance.

  • Speaker #2

    La protection de l'enfance.

  • Speaker #0

    Il y avait beaucoup d'enfants ?

  • Speaker #2

    15 pour 3 mĂšres d'accueil.

  • Speaker #0

    Et les enfants, il y avait des tout-petits et des plus grands ?

  • Speaker #2

    Je crois que les plus petits devaient avoir 6 ans. AprĂšs, il y avait des gens qui ne faisaient pas partie, mais c'Ă©tait lĂ . Petite fille d'une des mĂšres d'accueil. Alors, elle venait souvent.

  • Speaker #0

    Et comment ça se passe quand tu arrives là-bas ? C'est un nouvel environnement pour toi. Tu connais personne. Comment tu te sens ?

  • Speaker #2

    Au dĂ©but, je suis un peu gĂȘnĂ©e parce que je ne connais personne Ă  part mon oncle. Mais en quelques jours, je connais presque tout le monde de tout le foyer. Surtout les personnes qui ne vont pas encore au collĂšge.

  • Speaker #0

    Elles restent au mĂȘme endroit que toi ?

  • Speaker #2

    Elles ne vont que la moitié de la journée à l'école. du coup on peut jouer

  • Speaker #0

    Vous faisiez quoi comme jeu ? Parce que vous ne parlez pas la mĂȘme langue non plus mais est-ce que c'est un problĂšme ?

  • Speaker #2

    Non, c'est pas un problĂšme mais on a fait, je ne sais plus trop, je sais que je jouais beaucoup au Lego j'avais commencĂ© Ă  apprendre Ă  Ă©crire en Khmer parce que j'avais des cours mais maintenant je ne m'en souviens mĂȘme pas d'un seul signe Le zĂ©ro, parce que c'est juste un zĂ©ro comme en France, du coup c'est facile

  • Speaker #0

    À quel moment ton oncle te dit, on va partir voyager tous les deux ?

  • Speaker #2

    Je suis partie le 3 décembre, dÚs le 5 ou un peu aprÚs. AprÚs, il dit qu'en fait, on va partir pour Noël au Temple d'Ancor.

  • Speaker #0

    Tu savais ce que c'était ? Tu en avais déjà entendu parler ?

  • Speaker #2

    Un peu, mais un tout petit peu.

  • Speaker #0

    Et alors, raconte-moi, comment ça se passe, cette premiÚre étape de voyage ?

  • Speaker #2

    Je suis allĂ©e avec Elise, une des autres volontaires. et qui ne reste pas aussi longtemps que nous, mais qui reste un peu. Aussi, on retrouve une autre volontaire, mais dans notre foyer au Bangladesh, qui est venue fĂȘter NoĂ«l avec nous. Par contre, le problĂšme, c'est qu'au dĂ©but, je n'avais pas du tout mal au ventre. Je m'Ă©tais trĂšs bien habituĂ©e Ă  la nourriture. Et encore, c'est un peu une ville occidentale, vu qu'il y a plein d'Occidentaux qui y vont. Mais du coup, je remange en France et j'ai la gastro pendant... Une sorte de gastron pendant tout le voyage.

  • Speaker #0

    Ah, ça gùche un peu. Mais ce temple, est-ce que tu l'as trouvé beau ?

  • Speaker #2

    Ces temples.

  • Speaker #0

    Ces temples, pardon. Oh lĂ  lĂ , pardon.

  • Speaker #2

    J'ai adorĂ© celui d'encore, mais par contre, il y avait des singes. Ça me fait peur.

  • Speaker #0

    Ah, pourquoi ? Ils Ă©taient agressifs ?

  • Speaker #2

    Non, mais au dĂ©but, je voulais mĂȘme aller les voir. Mais il y a quelqu'un qui m'a dit... Non, c'Ă©tait pas si loin, c'Ă©tait l'autre volontaire. Il m'a dit qu'il pouvait avoir la rage. Et du coup, aprĂšs, j'avais trop peur qu'ils me mordent.

  • Speaker #0

    Mais ils t'ont pas mordu ?

  • Speaker #1

    Non.

  • Speaker #0

    Vous ĂȘtes restĂ©e longtemps Ă  visiter ces temples ?

  • Speaker #2

    Une semaine, une petite semaine.

  • Speaker #0

    Vous avez pris le temps, c'est bien.

  • Speaker #2

    On en a vu au moins cinq.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu en as un que tu as préféré ?

  • Speaker #2

    Je crois que... Je ne sais plus comment il s'appelle, mais il y en a un qui est en ruine, mais c'est le temple des femmes, ou un truc comme ça. AprĂšs, on Ă©tait plus sĂ»rs que c'Ă©tait vraiment ça, mais mĂȘme s'il Ă©tait Ă  moitiĂ© en ruine, c'Ă©tait joli avec toutes les plantes.

  • Speaker #0

    Et vous avez fait quoi alors d'autre ? Qu'est-ce que ton oncle a programmé pour te faire découvrir les merveilles du coin ?

  • Speaker #2

    Alors, on est allé à une grotte de chauves-souris à Battambang.

  • Speaker #0

    C'était bien ça ?

  • Speaker #2

    C'était plutÎt joli, mais ça puait un peu. Oui,

  • Speaker #0

    les chauves-souris, ce n'est pas rĂ©putĂ© pour ĂȘtre, comment dirais-je, sentir la rose. Et lĂ , tu n'avais pas peur ?

  • Speaker #2

    Un peu au début, mais moins que les singes.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que vous avez vu d'autre ?

  • Speaker #2

    On est allĂ© dans une ferme. À la fleur de lotus. AprĂšs, on a mangĂ© des graines de lotus, c'Ă©tait trop bon. Et on a aussi fait des roses avec... Je ne sais pas comment expliquer, mais il faut ouvrir le bourgeon de la fleur et ça fait comme une rose. On a fait un gros bouquet Ă  la fin.

  • Speaker #0

    Et ça sentait bon ?

  • Speaker #2

    Oui, ça sentait bon. Je suis allée dans un village flottant.

  • Speaker #0

    Et alors, c'Ă©tait oĂč ?

  • Speaker #2

    C'Ă©tait prĂšs de Samrea, c'Ă©tait prĂšs des temples d'Angkor.

  • Speaker #0

    C'Ă©tait un gros village flottant ? Il y avait beaucoup de monde ?

  • Speaker #2

    En vrai, ce n'est pas vraiment des maisons surpilotĂ©es. Je crois que c'est juste la salle des fĂȘtes, ou je ne sais plus comment ça s'appelle. Il y avait un truc comme ça qui Ă©tait surpilotĂ©. Le reste, c'Ă©tait sur des tonneaux avec de l'air. Comme ça, ça fait flotter.

  • Speaker #0

    Il y avait beaucoup d'animation ou c'Ă©tait trĂšs calme ?

  • Speaker #2

    Ce n'était pas calme, mais pas non plus venir nous voir. Non, ce n'était pas non plus trÚs, trÚs calme. Et aprÚs, j'ai vu des crocodiles. Mais ils étaient dans une réserve.

  • Speaker #0

    Ah oui, donc ça va, c'était pas dangereux. Oui. Et le reste du temps, comment ça se passait tes journées ? Tu as dit que tu avais étudié le Khmer, tu avais des cours de Khmer.

  • Speaker #2

    Et d'anglais.

  • Speaker #0

    Et d'anglais, trÚs bien. Ton oncle t'apprenait d'autres matiÚres ? Il a repris l'école à la maison ou c'était bien suffisant déjà ?

  • Speaker #2

    Pas particuliĂšrement, mais il m'apprenait mieux le Khmer. C'Ă©tait plus le parler que dans l'autre cours oĂč c'Ă©tait l'Ă©crit.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as d'autres choses que tu veux nous raconter sur cette parenthĂšse cambodgienne avec ton oncle ?

  • Speaker #2

    On Ă©tait allĂ©s prĂšs du foyer. Il y avait une ville qui s'appelait Strysopon. Et c'est la fille jolie, je crois. Et il y avait une place qui s'appelait Viteka. Et dĂšs 18h, oĂč il fait dĂ©jĂ  nuit, il y avait des gens qui s'Ă©taient chorĂ©graphĂ©s sur de la musique. Et en mĂȘme temps, il y avait des gens... qui louait des petites voitures pour enfants avec des sortes de phares et on pouvait s'en servir. Je l'ai au moins dĂ» le faire cinq fois.

  • Speaker #0

    Et il y avait beaucoup d'enfants qui le faisaient en mĂȘme temps que toi ?

  • Speaker #2

    Oui, il y avait quelques enfants. Par contre, je me souviens, une fois, j'avais vu une sorte de chauve-souris ou un rat ou je ne sais pas quoi coincé dans les égouts et j'avais eu tellement peur que je ne l'avais pas sauvé.

  • Speaker #0

    En mĂȘme temps, les rats, encore d'autres choses Ă  nous raconter ?

  • Speaker #2

    Si, les marchĂ©s. C'est pas du tout comme les marchĂ©s en France. C'est immense. Et puis, il y a l'endroit oĂč il y a tous les trucs Ă  manger. L'endroit pour le poisson, l'endroit pour se faire venir les ongles.

  • Speaker #0

    D'ailleurs, en parlant de poisson, est-ce que tu as aimé cette cuisine que tu ne connaissais pas, j'imagine ?

  • Speaker #2

    Pas tout, mais pas trop le poisson. Je déteste tout ce qui est poisson.

  • Speaker #0

    Et donc, tu mangeais quoi ? C'était quoi tes repas préférés ?

  • Speaker #2

    Du riz avec... Si, des pĂątes Ă  la bolognaise.

  • Speaker #0

    Non, ça, ce n'est pas une spécialité cambodgienne. Si,

  • Speaker #2

    si, maintenant, c'est devenu ça. J'en ai mangé tellement de fois que c'est devenu une spécialité. Ce que j'ai adoré, le riz frit avec des légumes. Elle faisait trop bien une des mÚres d'accueil. Et ça s'appelle le Ausha. Parce que le riz frit, et sinon il y a le Ausha, mais c'est les pùtes.

  • Speaker #0

    C'Ă©tait pas trop relevĂ© ? Ça piquait pas ?

  • Speaker #2

    Non, elle le faisait plutĂŽt bien. Du coup, ça piquait pas trop. Sauf la fois oĂč je suis allĂ©e Ă  la cantine, il y avait une cantine, et la seule fois oĂč j'Ă©tais d'accord de manger quelque chose, une des seules fois, parce que ça avait l'air trĂšs bon, en fait c'Ă©tait tellement piquant, j'ai tellement pas aimĂ©, que j'ai dĂ» boire beaucoup, beaucoup de boire. Je me suis dit que ce serait bien.

  • Speaker #0

    Ça t'a surprise ?

  • Speaker #2

    Ouais.

  • Speaker #0

    Et à un moment donné, tu t'es dit que ce serait bien que maman vienne vous retrouver ?

  • Speaker #2

    DĂšs qu'il y avait dix jours, je me suis dit que je voulais qu'elle vienne. AprĂšs, il fallait juste attendre 26 jours avant qu'elle vienne. Non, 27.

  • Speaker #1

    Il fallait déjà que tu me demandes.

  • Speaker #2

    Oui, il fallait.

  • Speaker #1

    Et ensuite que je l'accĂšde,

  • Speaker #2

    que je prends le lit. Oui, mais lĂ , il n'y avait plus que 27 Ă  ce moment-lĂ .

  • Speaker #0

    Et comment ça s'est passé, les retrouvailles ? Donc, au bout de 27 jours aprÚs avoir demandé ?

  • Speaker #2

    Je me souviens, on est allĂ© Ă  Phnom Penh, la capitale. On a dormi et j'ai fait un tapis avec une... Il y avait une sorte de... de je sais pas quoi de l'hĂŽtel mais c'Ă©tait un truc en tissu et je l'ai mis en tapis rouge et j'ai mis une musique traditionnelle cambodgienne pour quand elle arrive Ă  l'hĂŽtel et j'ai j'ai fait un chignon et maman elle a dit que j'en semblais une hĂŽtesse de l'air oh ça devait ĂȘtre des retrouvailles trĂšs Ă©mouvantes ouais mais je me souviens pas trĂšs bien je me souviens moins bien que la diastrude encore oh c'Ă©tait chouette de retrouver maman en tout cas oui

  • Speaker #0

    On va passer la parole à ta maman qui va nous raconter le reste du voyage. Merci beaucoup Malou de nous avoir raconté tout ça. Hyper chouette.

  • Speaker #2

    Pas de rien.

  • Speaker #1

    Et voilĂ .

  • Speaker #0

    C'Ă©tait trop bien, j'adore. On sent qu'il y a plein de trucs qui l'ont intĂ©ressĂ©e, qu'elle a su profiter de cette parenthĂšse, mĂȘme si ça devait ĂȘtre difficile d'ĂȘtre loin de toi. On va reprendre la suite du voyage avec toi. Donc Malou te demande de les rejoindre. Qu'est-ce qui se passe dans ta tĂȘte Ă  ce moment-lĂ  ?

  • Speaker #1

    Bon, moi, dĂ©jĂ , il y a eu un petit truc d'irrĂ©alitĂ© quand mĂȘme, lĂ , sur ces deux heures-lĂ  oĂč elle n'a pas trouvĂ© mon frĂšre. LĂ , on a quand mĂȘme flippĂ©.

  • Speaker #0

    Mais oui, c'est vrai que comme tu n'Ă©tais pas dans la conversation Ă  ce moment-lĂ , je me suis dit, oh lĂ  lĂ , mais quel enfer.

  • Speaker #1

    LĂ , j'ai flippĂ©. En fait, j'ai essayĂ© de tout mettre Ă  distance, de me dire, tout va ĂȘtre bien pris en charge. LĂ , en fait, quand j'ai senti que mon frĂšre flippait, j'ai fait, oh lĂ , qu'est-ce qui se passe ? Et en fait, le lendemain, parce que moi, j'ai fait une grippe quand mĂȘme pour pouvoir la laisser partir, j'Ă©tais... 42 fiavres. J'ai saturĂ©, mon corps a fait quand je l'ai emmenĂ©e Ă  l'aĂ©roport. Et donc le lendemain, quand elle m'a envoyĂ© des photos de sa journĂ©e, elle Ă©tait Ă  Bangkok du coup. LĂ , ça me faisait un truc trop bizarre. Ça m'a fait, mais t'es ma fille, t'es Ă  Bangkok. Et je pense que lĂ , j'ai intĂ©grĂ© l'info. AprĂšs, franchement, je la trouvais, elle Ă©tait tellement heureuse. C'Ă©tait vraiment Ă©tonnant parce qu'elle a pleurĂ© la premiĂšre fois au bout de 4 jours, je crois. Parce qu'elle a lu, tous les copains lui avaient fait des petits messages pour l'avion, pour la suite, etc. Et du coup, en fait, elle les a oubliĂ©s. Et au bout de 3-4 jours, je pense que c'Ă©tait l'arrivĂ©e du jet lag. Mon frĂšre m'envoie une photo en me disant « Ah, elle va ouvrir des lettres ! » et il n'avait pas prĂ©vu la dĂ©charge Ă©motionnelle derriĂšre. Mais voilĂ , c'Ă©tait vraiment... En fait, elle ne pleurait pas beaucoup et je crois qu'elle Ă©tait vraiment dans de grandes oreilles, grand cƓur, grand yeux. Et mĂȘme quand elle m'a demandĂ© de venir, ce n'Ă©tait pas forcĂ©ment en pleurant. On en a parlĂ© avec mon frĂšre et il lui avait pris un billet Ă  l'air tout rouvert. Donc on s'Ă©tait dit, on ne sait jamais comment ça va marcher. Donc elle partait pour deux mois. avec la possibilitĂ© de rentrer. Et lĂ , il m'a dit franchement, ça marche et elle ne veut pas. Ce qu'elle demande, ce n'est pas de rentrer en France. Ce qu'elle demande, c'est que tu viennes. Est-ce que tu serais en mesure de faire ça ? Et c'est vrai que moi, je voulais, dans la mesure du possible, qu'elle n'ait pas une notion d'Ă©chec. Surtout pas qu'elle ait, oh lĂ  lĂ , je n'ai pas rĂ©ussi mon truc. MĂȘme si elle aurait fait trois semaines, elle serait rentrĂ©e. Ça aurait Ă©tĂ© rĂ©ussi aussi. Mais lĂ , ce n'Ă©tait pas sa demande. Donc, on a essayĂ© de faire ça. Moi, du coup, je me suis dit, est-ce que je suis chiche de la rejoindre alors que je suis malade ?

  • Speaker #0

    Ben oui,

  • Speaker #1

    c'est un peu d'organisation. Je ne savais pas du tout comment c'Ă©tait d'ĂȘtre Ă  ces tempĂ©ratures-lĂ . Et moi, surtout, j'avais un nouveau corps. J'ai un sein en moins. Je venais d'avoir une ablation du sein un mois avant, un mois et demi avant. Je ne savais pas du tout comment j'allais assumer ça. Et du coup, en faisant la blague, encore une fois, mon frĂšre, je lui ai dit... Bah pourquoi pas, pourquoi pas, allez, vas-y, je viens, et puis on se retrouve sur le golfe de ThaĂŻlande, et puis peut-ĂȘtre ce sera bien que j'accepte mon corps dans la mer lĂ -bas. Et il m'a dit franchement, viens, les Cambodgiens, ils n'ont rien Ă  faire de ton corps, il n'y a pas du tout de regard jugeant, si tu as besoin de ça, si tu as peur de ça, viens ici faire expĂ©rimenter ça. Et c'Ă©tait carrĂ©ment vrai. Je me suis vraiment sentie dans mon chemin. Vraiment, le fait de ne pas ĂȘtre jugĂ©e, c'Ă©tait vraiment hyper bien.

  • Speaker #0

    Mais c'est quelque chose qui t'a vraiment... soucié le regard des autres ?

  • Speaker #1

    En France, oui. En France, j'avais ça. Et donc, du coup, c'était bien de pouvoir l'expérimenter ailleurs, en fait.

  • Speaker #0

    De ce cÎté-là, c'était aussi une bonne idée.

  • Speaker #1

    Oui, complĂštement. Moi, en fait, dans la prĂ©paration du voyage de Malou, comme elle fait l'instruction en famille et que j'essaie de tout rĂ©utiliser, en fait, j'ai cherchĂ© des albums jeunesse ou des romans jeunesse sur le Cambodge et en fait, c'Ă©tait trĂšs difficile parce que, dans ce qui Ă©tait Ă©crit en français, ça revenait beaucoup sur la tragĂ©die de la dictature des Khmer Rouges, qui a eu lieu de 1975 Ă  1979 et qui a laissĂ© ... Ă©normĂ©ment de traces puisque ça a Ă©tĂ© un gĂ©nocide. Et lĂ , en fait, c'Ă©tait vachement dur pour moi en tant que parent instructrice. J'envoie mon enfant dans un... Je ne sais pas, je ne lui fais pas faire lire ça. Et en mĂȘme temps, moi, ça commençait Ă  m'imprĂ©gner. Et du coup, c'Ă©tait trĂšs Ă©trange parce que j'arrivais avec un peu cette lecture-lĂ , mĂȘme si j'essayais de la mettre Ă  distance. J'avais vraiment la lecture de comment c'est un pays qui a traversĂ© ça il y a 30 ans et comment les gens se reconstruisent aprĂšs ça. Et j'avais beau essayer de me dire, non, on est dans le prĂ©sent, il y avait ça comme un filtre de lecture. Et en fait, c'Ă©tait assez curieux parce que au bout de deux semaines, un peu... Dans dix jours, je vois l'endroit oĂč le voile s'est levĂ©. Et en fait, ça correspond Ă  moi aussi. J'avais, oui, mais moi, je suis malade. Et la lecture qu'avaient les gens de moi malades autour de moi, enfin voilĂ , je portais ça. C'est-Ă -dire que les gens, des fois, je voyais qu'ils me disaient « Ah oui, mais comment ça fait d'ĂȘtre maman et d'ĂȘtre malade ? » Et d'un coup, tout s'est levĂ©. D'un coup, je me suis dit « Ah oui, en fait, ils ont vĂ©cu ça, mais ils ne sont pas que ça. Ah oui, moi aussi, j'ai vĂ©cu une tragĂ©die Ă  mon dimension, mais je ne suis pas que ça. » J'ai pu regarder... et voir aussi cette force de vie en fait dans ce pays-lĂ  qui m'a vraiment marquĂ©e quoi. D'un coup c'Ă©tait plus, ah mais en fait du coup peut-ĂȘtre qu'ici il y a eu ça, peut-ĂȘtre qu'il y a eu ça. Je sentais Ă  quel point la vie elle Ă©tait forte en eux quoi. L'amour de la vie, l'amour des enfants, et ouais avec vraiment pas grand-chose, et effectivement dans la reconstruction, mais avec la conscience qu'ils ont vĂ©cu un drame il n'y a pas si longtemps et donc du coup la vie a comme une autre saveur quoi. VoilĂ , j'ai vraiment Ă©tĂ© marquĂ©e par ça quoi. Et ça, ça s'est passĂ©, cette rĂ©vĂ©lation-lĂ  sur une Ăźle qui s'appelle CoprĂ©a. et qui veut dire l'Ăźle sacrĂ©e. Du coup, j'Ă©tais « waouh ! »

  • Speaker #0

    Tu ne l'as pas fait exprÚs, mais tout s'est aligné, en fait.

  • Speaker #1

    Oui, ça a donnĂ© du sens. Ça m'a aidĂ©e Ă  voir les choses autrement.

  • Speaker #0

    Donc, si on revient au moment oĂč tu arrives, comment ça se passe, les retrouvailles de ton cĂŽtĂ© ?

  • Speaker #1

    Moi, je les retrouve Ă  Phnom Penh. Ils viennent me chercher. Et lĂ , il me faut un petit temps, je crois, pour les retrouver parce qu'en fait, je les dĂ©couvre, en fait. Je dĂ©couvre un pays. Alors, mon frĂšre Ă©tait lĂ  « waouh, bienvenue en Asie du Sud-Est, c'est vrai que... » que t'es jamais venu et tout. Et il y avait ça, effectivement, Ă  dĂ©couvrir. Mais moi, j'Ă©tais lĂ , les yeux rivĂ©s sur eux, sur mon frĂšre que j'avais pas vu depuis deux ans, sur ma loupe que j'avais pas vue depuis un mois mais qui avait tellement changĂ©. Et puis, effectivement, le pays, mais c'Ă©tait comme, voilĂ , j'avais les yeux Ă©normes et ces sensations, quoi, de monter dans le tuktuk et d'arriver Ă  l'hĂŽtel. Mais en fait, rien que traverser la ville, ah lĂ  lĂ , ça s'Ă©tait trop bien. La ville, les odeurs, les couleurs, la circulation, la pollution, mais mĂȘme la pollution est trop belle, mĂȘme la situation est trop belle. Tout est trop beau ce moment-lĂ . Et moi, je ne les reconnais pas. Et en plus, je suis en dĂ©calage quand mĂȘme. Moi, je suis dans le dĂ©calage horaire. Malou, elle Ă©tait allĂ©e dans un salon de coiffe sur Cambodgien. C'Ă©tait super beau Ă  la fois de la dĂ©couvrir tellement autre, tellement grandie. Et puis en fait, de voir leur lien Ă  eux deux.

  • Speaker #0

    Qui avait dĂ» bien Ă©voluer, oui.

  • Speaker #1

    Bah oui. Et pour moi, c'Ă©tait vraiment fort parce que j'avais tellement portĂ© aussi la monoparentalitĂ©. Et mĂȘme si j'avais eu du soutien, c'Ă©tait quand mĂȘme moi qui devais faire sa stabilitĂ©. Et lĂ , j'ai vu qu'elle s'appuyait sur quelqu'un d'autre en confiance. J'ai vu en gros qu'elle allait pouvoir rĂąler sur lui, etc. Ce qu'elle ne peut pas faire en fait. Quand les gens viennent me soutenir, elle est trop contente et tout ça. Donc du coup, elle ne peut pas rĂąler sur eux. Moi, j'Ă©tais malade, elle ne pouvait pas trop rĂąler sur moi non plus. Et lĂ , du coup, je fais « Ah, mais c'est trop bien ! » En fait, c'est trop bien, elle peut rĂąler sur toi. Du coup, c'est cool, ça veut dire qu'elle va mieux.

  • Speaker #0

    Ça a libĂ©rĂ© quelque chose chez elle.

  • Speaker #1

    Ouais, d'un coup, je la voyais grandie transformée. Et en plus, elle avait des choses que je ne connaissais pas moi. Du coup, c'était elle qui connaissait le Khmer. C'est elle qui savait comment on mange comme ça. C'est elle qui savait qu'à 18h, il fait nuit. Dans notre corps, ce n'est pas la nuit. On ne va pas se coucher tout de suite. C'est elle qui connaissait comment on s'adapte à la température, comment on met la ventilation, comment on met une moustiquaire. En fait, c'était elle qui m'apprenait les choses. C'était vraiment hyper beau comme guide. Et puis tout ça dans Phnom Penh, quoi. Oui,

  • Speaker #0

    pas à cÎté de chez vous. Un univers complÚtement différent, mais qu'elle connaissait et que toi, non. Et donc, comme tu l'as dit, c'est elle qui t'a guidée, au début en tout cas. Et donc, l'idée, c'était de partir explorer à votre tour, tous les trois.

  • Speaker #1

    Alors, moi, mon idĂ©e, ce n'Ă©tait pas ça. Moi, mon idĂ©e, c'Ă©tait de les rejoindre. Et je me suis dit, bon, je suis malade. Je suis vraiment partie avec cette idĂ©e-lĂ , donc avec un gros sac et tout ça, en me disant, je me mets Ă  les rejoindre Ă  Stumpen parce que c'est plus simple. Mais aprĂšs, on remonte. Donc, le foyer Ă©tait au nord de Siem Reap, nord-est. VoilĂ , je me suis dit, on se posera lĂ -bas, deux semaines, le temps que je rĂ©cupĂšre, trois semaines, et puis aprĂšs, on ira se balader. Mais j'avais vraiment cette idĂ©e-lĂ . Je partais avec l'idĂ©e que j'avais vraiment un trĂšs gros sac. Et puis, moi, j'Ă©tais trĂšs lourde. Et en fait... on se retrouve Ă  Phnom Penh et eux ils avaient fait une nuit de bus quand mĂȘme et lĂ  mon frĂšre me dit mais en fait on peut pas du tout faire ça il m'explique que tous les voyages prennent du temps au Cambodge du coup on avait choisi de pas prendre l'avion dans le pays il m'a dit mais en fait le moindre dĂ©placement ça va nous prendre une journĂ©e donc vu qu'on est Ă  Phnom Penh on reviendra pas Ă  Kampot aprĂšs on reviendra pas sur le sud du pays donc si tu veux voir le sud du pays faut y aller maintenant et du coup lĂ  ça ne ressemblait plus du tout Ă  ce que j'avais prĂ©vu et moi du coup ça a fait un petit cĂŽtĂ© oui mais moi je suis malade alors du coup je peux pas faire ça mais du coup j'ai plus ça. Je me suis dit, ah, j'ai envie de voir ça. Donc, on va voir ça. On est allĂ© dans le sud de l'Ăźle, dans le sud du pays. On est allĂ© Ă  Kampot. Donc, on est descendu. On est allĂ© Ă  Kep. Et en fait, Ă  chaque fois, on restait deux, trois jours. On s'est dit, bon, maintenant, tu veux aller oĂč ? Bon, maintenant, tu veux aller oĂč ? Et au final, on a fait trois semaines d'itinĂ©rance et on s'est posĂ© peut-ĂȘtre trois ou quatre jours seulement au foyer avant d'aller Ă  Bangkok et repartir. Au final, j'ai fait un sĂ©jour complĂštement itinĂ©rant, mais vraiment Ă ... Moi, je sais qu'Ă  un moment, j'ai dit « Bon, ben lĂ , il faudrait peut-ĂȘtre y aller. » Puis on s'est dit « Ouais, mais quand mĂȘme, ce serait dommage de passer Ă  cĂŽtĂ© de ça. » Ouais, t'as raison. Malou, elle, elle avait fait ses liens dans le foyer. Donc du coup, quand elle est venue me chercher, elle avait aussi l'idĂ©e qu'elle allait retourner au foyer. En fait, elle est partie en se disant qu'elle aurait encore plein de temps Ă  vivre des choses au foyer. Et en fait, comme on a vĂ©cu plein de choses en voyage, du coup, il restait trĂšs peu de temps au foyer. Et voilĂ , du coup, elle a la frustration de ça.

  • Speaker #0

    Alors, si on... On reprend un peu justement ce voyage qui n'Ă©tait pas prĂ©vu, cette partie du voyage qui n'Ă©tait pas prĂ©vu tout de suite, et pour le bien finalement. Comment ça s'est passĂ© ? Raconte-nous oĂč vous ĂȘtes allĂ©s. Donne-nous un petit peu de dĂ©tails, d'ambiance, de paysages, comment s'imaginent les lieux ?

  • Speaker #1

    Alors dĂ©jĂ , Ă  Phnom Penh, dĂšs le lendemain, j'ai voulu aller sur l'Ăźle de la Soie, qui est une Ăźle sur le Mekong. Et en fait, c'est trop marrant, on est dans la ville, mais en fait, on traverse avec un bac le fleuve, on arrive. et en fait lĂ  on est en milieu rural vraiment avec la route en terre que des motos, pas de voiture peut-ĂȘtre des cyclos, je suis mĂȘme pas sĂ»re les chiens qui aboient quand mĂȘme parce qu'ils sont pas habituĂ©s Ă  avoir des piĂ©tons quand mĂȘme les gens qui hallucinent parce qu'on marche et qu'on monte pas sur une moto et lĂ  c'est un village de, alors je vais dire tisserands mais c'est pas ça, ils font des tissus voilĂ  donc ça c'Ă©tait vraiment aussi le calme, c'Ă©tait bien d'avoir le calme lĂ , de pouvoir ĂȘtre au calme et pas que dans la ville ... Et puis, en fait, les couchers de soleil, qui Ă  la fois ne sont pas des couchers de soleil, parce qu'on a rarement vu les couchers de soleil, parce qu'ils sont dans une sorte de nuage incroyable. Mais en mĂȘme temps, cette lumiĂšre trĂšs, trĂšs particuliĂšre, rose-orange, trĂšs tamisĂ©e, en fait. Au bout de deux, trois jours, on est allĂ©s sur Campot. Et lĂ , on Ă©tait dans une sorte de guest house. mais qui Ă©tait sur le bord de la riviĂšre. Donc lĂ , on s'est vraiment rĂ©veillĂ©s au calme avec les oiseaux que je ne connaissais pas, en fait. Des champs d'oiseaux. VoilĂ , c'Ă©tait vraiment hyper beau. LĂ , on a fait du kayak. J'avais envie de faire des choses trĂšs calmes aussi. Et puis en mĂȘme temps, j'avais aussi besoin de faire de la rĂ©Ă©ducation. Donc on a fait du canoĂ« sur cette riviĂšre-lĂ , dont j'ai perdu le nom. Mais c'est pareil, du coup, ça, c'Ă©tait une façon de dĂ©couvrir la campagne environnante. Et puis aussi de se retrouver, parce qu'il y avait ça aussi. Il y avait nous trois, se retrouver loin. de la France, pas ? Il y avait un parc naturel aussi de Beaucorps oĂč lĂ , j'ai vu mes premiers singes !

  • Speaker #0

    Ah ouais, mais Malou, elle n'aime pas les singes.

  • Speaker #1

    Oui ! Donc c'Ă©tait aussi montĂ©. Alors moi, ça c'est mon loupĂ©, je n'ai pas rĂ©ussi Ă  conduire de moto. J'ai essayĂ©, mais j'ai eu trop peur. Du coup, ça c'est mon ratĂ©. Donc du coup, on Ă©tait Ă  trois sur une moto. Mais lĂ , Malou, elle Ă©tait capable de s'endormir sur une moto, mĂȘme si on Ă©tait Ă  trois. Et la chose trĂšs particuliĂšre, c'est qu'elle lui provoquait aussi des... des envolĂ©es philosophiques sur la vie, la mort, tout ça, ce qui Ă©tait trĂšs intĂ©ressant. Mais sur une moto, ça faisait beaucoup de bruit aussi. Mais elle, ça la mettait dans des Ă©tats de trance. Et lĂ , du coup, effectivement, j'ai vu mes premiers singes qui Ă©taient au milieu de la route, qui Ă©taient habituĂ©s. Et puis Malouk avait eu un peu peur, mais voilĂ .

  • Speaker #2

    Il y avait un singe qui donnait la main comme s'il voulait qu'on lui donne des fruits.

  • Speaker #1

    Donc là, c'était aussi mon premier temple, le premier temple que je voyais, les premiers moines qui m'ont aussi mis dans une autre dimension aussi, je pense. Il y avait cette beauté-là, en fait, la beauté des sculptures, qui moi, en plus, ce n'est pas du tout dans mon univers, du coup, je ne connais pas du tout, mais du coup, c'était trÚs esthétique. Je trouvais ça beau.

  • Speaker #0

    C'est beau aussi d'avoir cette notion de retraite, de ces personnes qui font des retraites, qui se retirent du monde, etc. C'est important d'avoir ça. Et puis aprĂšs, on est allĂ©es Ă  Kep, Ă  la plage, dans le golfe. Bon, lĂ , j'Ă©tais un peu fatiguĂ©e quand mĂȘme. Mais Kep, c'est la ville du crabe. Et ça, c'Ă©tait trop gĂ©nial parce que moi, je me suis posĂ©e Ă  l'hĂŽtel et eux sont allĂ©s en ville, je les ai rejoints. Et donc lĂ , je marchais Ă  travers la ville et d'un coup, je vois cette immense crabe, symbole de la ville, dans la mer. Et lĂ , je me dis... « Wow, ce soir, je mange un crabe, ce sera ma vengeance sur le crabe du cancer ! » GĂ©nial ! C'est complĂštement incroyable. D'un coup, je me suis dit « Mais c'est ça que je suis en train de faire, je vais prendre ma revanche ! » Et donc, le crabe de Kep est trĂšs trĂšs bon. Donc, on a fait les trucs un peu touristiques de manger du crabe, manger du poivre vert, du crabe au poivre vert, parce qu'il y a des plantations de poivriers aussi trĂšs intĂ©ressantes.

  • Speaker #1

    Tu savais que vous alliez aller lĂ  ? C'Ă©tait... fait entre guillemets exprĂšs cette...

  • Speaker #0

    Non, pas du tout. C'est fou ! Pas du tout. On s'est dit, quand pote, aprĂšs moi j'Ă©tais lĂ , on va aller Ă  Coran ou Coran de Saloam, les grosses Ăźles. Et puis aprĂšs lĂ , quand j'ai rĂ©alisĂ© ce temps, en fait c'Ă©tait ça, c'Ă©tait qu'on n'avait pas, je ne pouvais pas faire des trop longs voyages. Donc du coup, je me suis dit, maintenant je ne vais pas faire une demi-journĂ©e de bus pour aller sur une Ăźle. Regarde lĂ , sur la carte, il y a une Ăźle, elle est toute petite, elle s'appelle Kotonou SaĂŻe, et l'Ăźle du Lapin. Il m'a dit, ah bah oui, les enfants du foyer, ils sont allĂ©s, moi je ne connais pas. Et c'Ă©tait vraiment en descente vers le sud. On allait tout droit vers le sud. C'Ă©tait en pote, quĂȘte. Et on savait qu'Ă  quĂȘte, on pourrait sĂ»rement prendre un bateau pour aller sur Cotonside. Mais je n'avais pas du tout pensĂ© au fait qu'il y avait du crabe Ă  quĂȘte.

  • Speaker #1

    Le hasard, la symbolique, c'est génial. Est-ce que tu l'as vraiment conscientisé comme ça ? Tu t'es dit, c'est l'occasion symboliquement de me venger de ce cancer.

  • Speaker #0

    Oui, et en mĂȘme temps, avec toujours cette idĂ©e un peu d'humour. Pourquoi ? Ah ouais, la bonne blague, je suis lĂ  en train de marcher, en train de me dire, ah c'est drĂŽle ces vaches qui traversent la route, ah c'est drĂŽle ces poules qui sont en libertĂ©, ah c'est drĂŽle ça, enfin vraiment je regarde tout et lĂ  d'un coup je vois cet Ă©norme crabe et je fais, non, c'est pas vrai, c'est gĂ©nial quoi ! C'Ă©tait quand mĂȘme lĂ  oĂč je devais aller me baigner en fait aussi, oĂč je m'Ă©tais dit, bon c'est vrai que je vais pourquoi pas aller me baigner lĂ -bas pour la premiĂšre fois, me baigner avec un seul sein, qu'est-ce que ça peut faire ? Eh ben c'est la plage oĂč il y a un crabe, c'est gĂ©nial ! C'est incroyable,

  • Speaker #1

    incroyable. Et alors tu t'es baignée ?

  • Speaker #0

    Je me suis baignĂ©e Ă  Koton Sai quand on a pris le bateau le lendemain. Et alors lĂ , du coup, on va regarder le port. On ne savait pas du tout comment on pouvait traverser. On va voir et lĂ , c'est un mini-port. Et lĂ , il y a des carcasses de bateaux dans le mini-port. Il y a des bateaux qui sont coulĂ©s. Je me suis dit, c'est bien. L'Ăźle, elle est vraiment... Il n'y a mĂȘme pas une demi-heure de traversĂ©e en bateau Ă  moteur. On la voit. Mais lĂ , je fais, ah ouais, quand mĂȘme, les bateaux, ça va ĂȘtre... Et voilĂ , du coup, le lendemain, on est partis en bateau. On a dĂ©couvert cette Ăźle. Donc, on a pris ce bateau. Il y avait des travaux, il va y avoir un port, mais il n'y a pas de port pour arriver sur l'Ăźle. Donc on arrive, le bateau se pose sur la plage. Enfin, il ne se pose pas, il s'arrĂȘte. Mais du coup, il faut sauter dans l'eau. Il faut descendre dans l'eau et puis on arrive les pieds dans l'eau sur la plage. Donc moi, tout ça, les palmiers, je ne connaissais pas. C'Ă©tait trop bien. Et voilĂ , et lĂ , effectivement, d'abord, ils sont allĂ©s se baigner. AprĂšs, moi, j'y suis allĂ©e, lĂ , avec un t-shirt. Et puis sur l'autre... parce que vraiment l'Ăźle elle est faite de telle sorte que lĂ  oĂč on arrive il y a les choses un peu plus touristiques mais qui sont vraiment c'est plutĂŽt des cambodgiens qui viennent lĂ  plutĂŽt le week-end, des petits bergalos des Ă©tals quand mĂȘme pour faire des massages et puis des restos tout donne sur la plage en fait il y a vraiment une seule rue mĂȘme pas une rue et de l'autre cĂŽtĂ© de l'Ăźle ce qui n'Ă©tait pas encore construit lĂ  il y avait des plages plus sauvages et lĂ  j'ai pu me baigner vraiment assumer ma cicatrice au moins devant mon frĂšre je me suis assurĂ©e qu'il n'y avait personne mais aussi par respect À l'aspect de... LĂ -bas, les femmes se baignaient plutĂŽt en t-shirt. Donc, je n'allais pas, moi, me faire... Ce n'Ă©tait pas lĂ  que j'allais assumer d'avoir un seul sein.

  • Speaker #1

    Et alors ? Comment ça s'est passé ?

  • Speaker #0

    Oui, c'Ă©tait trop bien. C'Ă©tait trop bien. C'Ă©tait trop bien parce qu'il Ă©tait 17h30, que le soleil se couchait, que c'Ă©tait rose, que l'eau Ă©tait chaude, que tout Ă©tait chouette.

  • Speaker #1

    Est-ce que tu t'es... Une fois que tu étais dans l'eau, tu t'es dit, OK, ça va le faire. Maintenant, ça va aller.

  • Speaker #0

    Non, j'Ă©tais vraiment lĂ  maintenant. Je suis vivante en fait, et ça je peux le vivre. Et je pense peut-ĂȘtre aussi dans ce voyage, il y avait des fois des moments oĂč j'aurais pas Ă©tĂ© malade, peut-ĂȘtre je me serais pas offerte ce voyage-lĂ , peut-ĂȘtre il y avait ça aussi. Moi, je suis vivante.

  • Speaker #1

    Et c'est ça le plus important. J'ai pas les mots en fait. J'Ă©coute ce que tu me dis, cette force que tu as, ces moments imprĂ©gnĂ©s dans ta mĂ©moire, toutes les symboliques que t'as pu avoir. Kiffer le moment prĂ©sent, c'Ă©tait... T'as raison, c'Ă©tait ce qu'il y avait de mieux Ă  faire. Donc un beau moment. Ça, c'est fait. On passe Ă  autre chose.

  • Speaker #0

    Oui. Bon, lĂ , j'ai commencĂ© Ă  avoir un peu aussi des troubles gastriques. Mais en mĂȘme temps, il y avait un cĂŽtĂ©. Ah oui, je connais ça, d'avoir ça. Je connais. Mais en fait, c'Ă©tait bien aussi de pouvoir rĂ©imprimer que quand on a la nausĂ©e ou quand on a autre chose gastrique que je ne vais pas dĂ©tailler lĂ , c'Ă©tait comme rĂ©infraire dans mon corps. Ça peut ĂȘtre autre chose que des effets secondaires de la chimio. Ça peut ĂȘtre aussi liĂ© Ă  du voyage. Donc du coup, j'Ă©tais lĂ . OK, j'ai ça. Ce n'est pas pratique, mais ce n'est pas non plus si grave.

  • Speaker #1

    Et puis, ça fait partie du voyage.

  • Speaker #0

    Oui. Oui, mais du coup, c'était bien parce que ça remettait. Ah bah ça aussi, je peux me le réapproprier en mettant autre chose que les épisodes en arca.

  • Speaker #1

    C'est bien de voir le cĂŽtĂ© positif des problĂšmes gastriques. Bon, alors aprĂšs, vous allez oĂč ? Vous faites quoi ?

  • Speaker #0

    Et alors aprĂšs, ça, c'Ă©tait un truc dans l'avion ou dans le guide, en lisant le guide. Je m'Ă©tais dit, ah ouais, il y a des Ă©lĂ©phants lĂ -bas. Allez, ce serait bien d'aller voir des Ă©lĂ©phants. Donc ça, c'Ă©tait un peu mon truc de me dire, surtout que mon frĂšre ne fait pas du tout les choses organisĂ©es pour les touristes. plutĂŽt un truc qui l'exĂšcre. Donc lĂ , j'Ă©tais lĂ , bon, allez, on fait ça, on ne fait pas ça. Allez, je t'emmĂšne lĂ , je ne t'emmĂšne pas lĂ . Donc, je dis, oui, je vous offre ça. Ça marchait bien. Et lĂ , on est allĂ© dans le monde d'Alkiri, donc Ă  la frontiĂšre. Donc lĂ , on a pris le bateau, on a pris le train. Et c'est vrai que ça, c'Ă©tait trop bien. Le train au Cambodge qui est hyper lent, qui fait Ă©normĂ©ment de bruit, qui est hyper polluĂ©. AprĂšs, on est tout noir.

  • Speaker #1

    Et ça, c'est bien.

  • Speaker #0

    Ouais, quand mĂȘme. Quand mĂȘme, parce que ce qu'on regarde par la fenĂȘtre en mĂȘme temps, c'est juste gĂ©nial. C'est super d'ĂȘtre lĂ . Et puis, c'est quand mĂȘme incroyable. C'est qu'il y a, en fait, les passages Ă  niveau. Le train, il klaxonne Ă  chaque fois qu'il croise une route parce qu'il n'y a pas de passage Ă  niveau, quoi. C'est hallucinant.

  • Speaker #1

    C'est toi de trĂšs bruyant, effectivement.

  • Speaker #0

    Je ne l'ai pas dit, mais en fait, je pense que sans mes boules caisses, je n'aurais pas survĂ©cu. Et c'est vrai que plusieurs fois, j'ai dĂ» mettre des boules caisses quand mĂȘme dans ce voyage. VoilĂ , lĂ , on a dormi Ă  Phnom Penh et on a pris un minibus le matin pour le Mont d'Olkery. Donc lĂ , c'Ă©tait vraiment les montagnes, en fait. Les petites montagnes, on va dire, plutĂŽt. alors que tout le reste du pays nous paraissait trĂšs plat. Et lĂ , on est allĂ©s au Mondolkiri Project qui est en fait une rĂ©serve pour des Ă©lĂ©phants. LĂ , ils Ă©taient trois Ă©lĂ©phants qui ont Ă©tĂ© repris en fait. Ils les ont rĂ©cupĂ©rĂ©s et ils leur font un sanctuaire. Ils rĂ©cupĂšrent des Ă©lĂ©phants qui ont Ă©tĂ© maltraitĂ©s pour diffĂ©rentes raisons et ils leur font un sanctuaire et c'est en lien avec la communautĂ© buong qui est lĂ -bas et qui ne parle pas Khmer d'ailleurs. Donc Ă  leur propre... culture, on va dire. Et du coup, c'est un lien entre cette communautĂ© pour lutter contre la dĂ©forestation. Il y a des leaders, on va dire, qui ont dĂ©cidĂ© d'impliquer la communautĂ© dans le tourisme pour valoriser le fait que la forĂȘt, ce n'est pas seulement une ressource Ă  exploiter pour du bois, pour la matiĂšre bois, mais en utilisant quelque part le tourisme, ça maintient la forĂȘt en place. Et du coup, le sanctuaire des Ă©lĂ©phants. Moi, je voulais aller lĂ -bas. Il y a des Ă©cologe qui sont hyper chouettes et pas trĂšs chĂšres. Ça, quand mĂȘme, c'est peut-ĂȘtre une info. C'est que le premier hĂŽtel oĂč on s'est retrouvĂ©s, mon frĂšre avait pris une chambre familiale. On ouvre et en fait, il y avait un grand lit. Moi, ça faisait, je pense, 35 ans que je n'avais pas dormi dans le mĂȘme lit que mon frĂšre. Et en fait, j'ai fait. On s'est regardĂ©, on a dit, non. Et en fait, c'est vrai que la chambre familiale lĂ -bas, le premier prix des chambres n'est vraiment pas cher. Et mais en fait. eux ils dorment dans le mĂȘme lit la famille dort dans le mĂȘme lit c'est des grands grands lits plus grands que les nĂŽtres mais c'est vrai que moi j'avais besoin encore d'avoir mon espace toute seule du coup on a pris un peu plus haut de gamme en prenant des lits sĂ©parĂ©s ce qui se fait pas trop en fait lĂ  mais voilĂ  mĂȘme ça c'Ă©tait trĂšs trĂšs accessible donc il y a des Ă©cologes et le lendemain on partait Ă  8h30 je crois pour aller dans la jungle rencontrer les Ă©lĂ©phants les nourrir les soigner se baigner avec les Ă©lĂ©phants et lĂ  on a dormi dans la jungle en hamac dans la jungle et le lendemain j'avais pris une demi-journĂ©e de rando dans la jungle pour trouver une cascade et lĂ  on Ă©tait tellement sonnĂ©s qu'on est encore restĂ©s un petit peu Ă  l'Ă©cologe c'Ă©tait un appel franchement je sais pas pourquoi vraiment mais en fait je veux voir des Ă©lĂ©phants et il y avait un cĂŽtĂ© je suis un caprice ou pas ? la rencontre de ça va aller ce que tu me disais tout Ă  l'heure franchement lĂ  quand j'Ă©tais dans la riviĂšre et que l'Ă©lĂ©phant est arrivĂ© LĂ , ça m'a vraiment fait « je suis vraiment en train de vivre ça dans ma vie, mais je veux que ça s'inscrive dans chacune de mes cellules et je veux cette force-lĂ  de cette Ă©lĂ©phante-lĂ , encore une fois, qui a effectivement vĂ©cu des choses trĂšs difficiles avant d'arriver lĂ . Il y a eu un calme, une rencontre, une force qui a menĂ© cette Ă©lĂ©phante-lĂ . Je veux m'imprĂ©gner de ça pour la suite. »

  • Speaker #1

    Et ces éléphantes, on est d'accord que... Dans cet endroit, personne ne monte dessus. C'est vraiment respectueux. Elles ont suffisamment subi ailleurs pour qu'on les laisse tranquilles.

  • Speaker #0

    Ah oui, bien sûr. Elles ont leur Cormac, je crois. Elles ont chacun un Cormac qui s'occupe d'elles. Pour le tourisme, nous, on arrive le matin là, et puis en fait, ils nous donnent des bananes, des régiments de bananes, pour nourrir, en fait. Mais comme elles ont déjà chacune, là, il y en avait trois, elles ont chacune une façon différente d'accepter la nourriture. Et du coup, il y a vraiment ce respect qui est mis en place. En fait, elles ont vécu ça, elles ont cet ùge-là. C'est à nous de nous adapter à elles. Et puis, si elles ont envie de venir, elles ne viennent pas.

  • Speaker #1

    Encore un moment fort. Il va bien falloir partir aussi de cet endroit.

  • Speaker #0

    Nous, on avait pris... On savait qu'on y allait pour deux jours. AprĂšs, on est restĂ©s trois jours parce qu'il fallait faire des lessives. DĂ©jĂ , des choses trĂšs magiques. Ben voilĂ , on s'est dit, oh non, on ne va pas repartir lĂ . On a dormi dans la jungle cette nuit. Ce soir, on redore Ă  l'Ă©cologe. Il y avait aussi cette recherche de repĂšres. Je pense pour intĂ©grer aussi, c'Ă©tait tellement Ă©norme. On s'est dit, on ne repart pas tout de suite. Mais en fait, on est repartis le lendemain, tranquillement. On a hĂ©sitĂ© Ă  aller au nord-est, donc sur le Ratanakiri. On n'avait pas assez de temps. parce que je savais que le ratanakiris allait demander aussi de prendre le temps d'aller dans la jungle de prendre le temps de... et du coup c'Ă©tait plusieurs journĂ©es pour dĂ©couvrir et il y avait les dauphins de l'Iradaway sur le Mekong, c'Ă©tait lĂ  des touristes qui nous ont dit ça lĂ -bas quand on Ă©tait avec des Ă©lĂ©phants qui venaient de lĂ  et je me suis dit c'est vrai que les dauphins lĂ  ils ont l'air c'est des dauphins trĂšs particuliers qui sont en voie d'extinction il faut aller les voir et soit on remontait, je sais plus comment ça s'appelle vraiment Ă  la frontiĂšre avec le Laos ... Et puis encore une fois, on s'est dit, oui, ou autrement. Et lĂ , on est allĂ© Ă  Tung Treng, donc par un voyage qui Ă©tait Ă©prouvant. En fait, voyager en minibus avec des Cambodgiens, c'Ă©tait vraiment bien aussi. On rencontrait les gens, c'est des voyages longs aussi. Donc, je me souviens d'une maman avec son bĂ©bĂ© qui allait dans un hĂŽpital et qui allait chercher des soins. C'est vrai que nous, en fait, on n'a pas cette dimension-lĂ . LĂ , c'Ă©tait important de dire, ah oui, lĂ , forcĂ©ment, quatre heures de minibus, ce n'est pas la mĂȘme. VoilĂ , il y avait comme des rencontres qui se faisaient aussi Ă  cet endroit-lĂ  aussi, quand mĂȘme, dans les minibus. On est arrivĂ©s sur Stong Trang avec l'idĂ©e qu'on voulait aller voir des dauphins, mais on ne savait pas comment. J'avais des infos sur Lonely Planet qui disaient qu'il y avait un Mekong Trail qui avait Ă©tĂ© mis en place Ă  un moment oĂč on pouvait faire canoĂ«, vĂ©lo, etc. pour descendre le Mekong. Et on ne trouve pas trop d'infos, mais ça, ça datait d'avant le Covid. Et donc, du coup, on ne trouve pas. Et on finit par trouver un loueur de kayak qui ne nous loue rien, mais qui nous dit oui, vous pourriez aller sur cette Ăźle-lĂ , sur CoprĂ©a. Normalement, vous pourriez ĂȘtre accueillis. c'est tout en fait il referme sa porte on se dit ah oui c'est tout il nous dit que ça on a trouvĂ© comment retrouver cette Ăźle lĂ  mais sans du tout savoir ce que ça allait donner on y est allĂ© en taxi en fait le taxi nous dĂ©pose Ă  un endroit oĂč il n'y a rien mais vraiment rien sur le bord du Mekong certes mais lĂ  c'est marrant avant il y avait comme un port mais lĂ  il n'y a plus rien et on se dit oui mais du coup tu peux nous dĂ©poser ailleurs du coup il reprend la voiture et nous dĂ©pose et lĂ  il y a un bac qui attendait qui est vraiment fait de planches enfin vraiment trĂšs trĂšs trĂšs rudimentaire et mĂȘme eux sont mais il y a quelques personnes qui attendent lĂ  pour faire la traversĂ©e vers l'Ăźle. Et lĂ , comme toujours, en fait, comme dans tous les endroits oĂč on est allĂ©s, les gens sont trop heureux de nous voir parce qu'ils sont trop Ă©tonnĂ©s de voir des touristes Ă  cet endroit-lĂ , de voir des Blancs Ă  cet endroit-lĂ . Et en plus de voir une petite fille qui leur parle en Khmer, qui leur dit bonjour en Khmer. LĂ , du coup, les gens, ils sont vraiment, vraiment joyeux, quoi. Ils rigolent comme moi, je rigole de toutes les blagues que nous rĂ©serve ce voyage. On traverse en essayant d'expliquer qu'on aimerait bien dormir sur l'Ăźle. Et lĂ , on ne comprend rien Ă  ce qu'ils nous disent. Ils nous dĂ©barquent. avec tout le monde qui part du coup en moto. Et lĂ , on ne sait pas ce qu'on fait. On arrive sur l'Ăźle et il y a des champs. Et heureusement, Google Maps nous dit qu'il y a des habitations de l'autre cĂŽtĂ© de l'Ăźle. Il est 13h, il y a une demi-heure de marche. On se dit, bon, on n'a plus qu'Ă  faire ça, on marche, on traverse. Et lĂ , mais vraiment, on ne savait pas. Et puis lĂ , Malou, elle arrivait vraiment en fatigue et tout. Donc, c'Ă©tait Ă©prouvant. Et au bout de 25 minutes de marche, donc au fond, c'est facilement. Mais avec le doute, c'Ă©tait trĂšs, trĂšs long. LĂ , il y a un monsieur qui vient nous chercher en mobilette. qui vient nous chercher qui est en scooter pardon et qui vient et qui parle Ă  mon frĂšre je comprends rien et mon frĂšre me dit bon bah c'est bon vous pouvez monter avec lui je vous rejoins comment ça ?

  • Speaker #1

    tu ne viens pas ?

  • Speaker #0

    ouais bah non il n'y a pas la place je vous rejoins et en fait il nous emmĂšne dans une famille aprĂšs il a recherchĂ© mon frĂšre donc on est restĂ© que 20 minutes peut-ĂȘtre seul mais lĂ  c'Ă©tait pas trop seul la famille nous accueille en fait c'est une Ăźle oĂč effectivement ça faisait partie du Mekong Trail oĂč il y avait des homestays des endroits pour vivre chez l'habitant dormir passer quelques nuits chez l'habitant. LĂ , par exemple, il devait y avoir cinq familles, je pense, qui Ă©taient rĂ©fĂ©rencĂ©es. Et l'organisation ultime d'avant le Covid, c'Ă©tait que suivant la semaine oĂč on arrivait, ils nous disaient, lĂ , cette semaine, c'est telle famille qui accueille. La rĂ©tribution Ă©tait repartagĂ©e, en fait. Bon, lĂ , du coup, ils n'avaient pas vu de touristes depuis trois ans, donc voilĂ . Mais ils ont tout dĂ©gotĂ©, nous ont trouvĂ© la maison, la famille. Ce que j'ai apprĂ©ciĂ©, c'est que ce n'Ă©tait pas des familles... nuclĂ©aire en fait au Cambodge, c'est pas le pĂšre, la mĂšre et les enfants en fait. On sait pas trĂšs bien si c'est une tante, si c'est un oncle, si c'est une grand-mĂšre, si c'est un petit-fils. Et ça c'Ă©tait vraiment royal parce que Ă  cet endroit-lĂ , personne ne nous renvoyait aussi « Ah bon vous ĂȘtes frĂšres, frĂšres et sƓurs, c'est trop bizarre » . Personne, en fait ils acceptaient lĂ -bas, c'Ă©tait ok. C'Ă©tait « Ah oui ok, d'accord trĂšs bien » . C'Ă©tait logique en fait que ça se passe comme ça, ça c'Ă©tait intĂ©ressant pour nous aussi. Et donc lĂ , l'homme de la maison travaillait quand on est arrivĂ©s, donc pendant deux jours on a Ă©tĂ© en plus. accueillis par des femmes. Donc nous, on Ă©tait... Enfin, il y avait un petit dĂ©calage qui se faisait avec mon frĂšre. Il avait dĂ©jĂ  vĂ©cu dans d'autres pays, mais lui, en fait, en tant qu'homme, il n'Ă©tait pas accueilli pareil que nous. Il y avait des choses oĂč elle se libĂ©rait plus. Les femmes, c'Ă©tait vraiment aussi hyper fort. Elle ne parlait pas l'anglais, elle ne parlait pas le Khmer ou trĂšs peu de Khmer. Si, elle parlait le Khmer, mais du coup, trop peu pour que j'arrive Ă ... Enfin, moi, je ne parlais pas pour qu'on me puisse parler. Donc du coup, ça donnait un truc...

  • Speaker #1

    Le langage des signes.

  • Speaker #0

    Ouais, que dans le non-verbal.

  • Speaker #1

    Le truc inattendu et complĂštement fou.

  • Speaker #0

    Bah oui, on se retrouve lĂ . on va marcher et lĂ  du coup c'est une Ăźle donc il n'y a pas de lĂ  ça faisait en mĂȘme temps camping tranquille en fait parce qu'il n'y avait pas de voiture il y avait peut-ĂȘtre une voiture sur l'Ăźle sinon tout le monde Ă©tait Ă  moto et en fait c'Ă©tait trĂšs trĂšs calme et du coup les chiens n'aboyaient pas en voyant des marcheurs parce qu'il y avait beaucoup de marcheurs aussi enfin les gens marchaient se dĂ©plaçaient comme ça mais vraiment on va marcher le premier jour une heure et demie deux heures on revient du coup il n'y avait un peu qu'une rue on avait l'impression on revient et donc tout le monde nous dit hello hello what's your name hello hello what's your name hello hello what's your name mais Bon, peu importe ce qu'on rĂ©pond, c'est la prĂ©sentation. Et donc, du coup, en revenant, les gens parlaient entre eux. Et mon frĂšre me dit « Ah bah attends, lĂ  c'est bon, tout le village est au courant. Ils sont en train de dire que je suis ton frĂšre, qu'elle a 8 ans, qu'elle a ça, elle a ça, elle a ça. » Et en fait, il chopait les bouts de conversation. Ça avait vraiment bien fonctionnĂ©. Tout le monde nous connaissait alors qu'on avait parlĂ© Ă  une seule famille. Et lĂ , Malou, du haut de ses 8 ans, a repĂ©rĂ© une petite boutique de rien du tout. Et elle s'Ă©tait mise en tĂȘte d'acheter des chewing-gums. Et donc le lendemain, au moment de la sieste qui est obligatoire lĂ -bas, ça c'est vraiment aussi un pays trop bien quand on est en rĂ©mission, c'est qu'il y a des hamacs partout et des siestes obligatoires. Ça c'est trĂšs trĂšs bien. Et elle, elle ne voulait pas faire la sieste. Elle a dit, moi je vais chercher des chewing-gums. Donc nous, on savait qu'il y avait au moins 40 minutes de marche avant la boutique quand mĂȘme. Et mais encore une fois, elle dit ça. Donc nous on dit, on dit non, on ne dit pas non, c'est sĂ©cure, ce n'est pas sĂ©cure. Puis en fait, on se regarde et on dit, en fait, quoi qu'il lui arrive, on le saura en deux minutes. Ça va aller tellement vite et on sentait vraiment cette bienveillance. En fait, c'est vrai que ça, c'Ă©tait vraiment trop bien. Ce qui fait qu'on la laisse partir, c'est pour ça l'effet camping. OK, vas-y. Moi, dans toutes ces expĂ©riences-lĂ , je me dis, ouais, super. Et puis aprĂšs, il y a quand mĂȘme des petits trucs qui se rĂ©veillent en moi, de maman, de... Je deal avec ça Ă  l'intĂ©rieur de moi. Puis en fait, elle revient au bout d'une demi-heure, sans chewing-gum, en nous disant, oh non, mais j'avais peur que vous vous inquiĂ©tez, mais je n'ai pas pu avancer plus de 500 mĂštres parce qu'en fait, tout le monde m'invite Ă  boire de la soupe, Ă  manger des fruits, de l'ananas et tout. Je suis allĂ©e dans toutes les maisons. AprĂšs, il y a quelqu'un qui me demande ce que je fais. Il me parle en anglais. Mais comment ça va ? Et du coup, Ă  la fin, j'en ai trop marre. Je rentre. C'Ă©tait incroyable. En 24 heures, c'est lĂ  qu'on s'est dit qu'on allait rester encore une journĂ©e de plus. Parce que les enfants venaient la chercher pour aller jouer Ă  l'Ă©cole. C'est gĂ©nial, l'Ă©cole est ouverte. C'Ă©tait un week-end. L'Ă©cole Ă©tait ouverte. Les enfants allaient jouer dans la cour d'Ă©cole et aussi dans la classe, pour faire la classe. C'Ă©tait vraiment lĂ  oĂč on s'est posĂ©. On avait vraiment l'impression... En plus, on est rentrĂ©s chez Descmer, c'est encore autre chose qu'on a Ă©tĂ© accueillis dans une famille. C'Ă©tait les maisons Ă  Ă©tage, c'est-Ă -dire que le rez-de-chaussĂ©e est tout ouvert. En fait, c'est des pilotis, c'est des maisons sur pilotis. On arrive, il n'y a pas de mur, il y a les pilotis de la maison. Et lĂ , la cuisine se fait dehors. Et il y a l'espĂšce de table sur laquelle on dort aussi pour la sieste. Il n'y a pas de matelas, mais en fait, on dort Ă  la tuile et Ă  bac. Et un grand escalier Ă  l'Ă©tage, je pense que c'Ă©tait plus pour la saison des pluies. parce qu'il y avait aussi une cuisine Ă  l'Ă©tage, mais lĂ , elle n'Ă©tait pas du tout exploitĂ©e. Et puis des chambres et encore un espace ouvert. Mais du coup, quand on est rentrĂ© dans l'espace privĂ© des chambres, c'Ă©tait encore plus incroyable. Et voilĂ , il fallait encore partir de lĂ . Et lĂ , mon frĂšre m'a dit... Enfin, il avait dit ça quand on Ă©tait venu en taxi parce qu'il savait qu'on n'allait pas forcĂ©ment rappeler le taxi. Et il m'a dit, c'est lĂ  que le voyage commence. Et effectivement, on est reparti. On ne savait pas comment on allait retourner Ă  Stuttgart oĂč on avait laissĂ© nos sacs dans l'hĂŽtel, etc. Et donc, on reprend le bac. lĂ  le trajet retour se fait trĂšs bien Ă  pied, on reprend le bac et lĂ  on se dit bon bah on rentre en stop et il m'avait dit je sais pas comment on va rentrer mais on va rentrer, ce que j'ai pas dit c'est que mon frĂšre en fait il avait dĂ©jĂ  fait la traversĂ©e de l'Afrique du Nord au Sud Ă  pied et en stop, donc du coup c'Ă©tait un peu des choses qu'il maĂźtrisait et lĂ  c'est un peu comme si j'Ă©tais vraiment rentrĂ©e dans son voyage aussi, dans sa façon de voyager il m'a dit je sais qu'on y arrivera, je sais pas comment mais je te garantis on y arrive, et puis lĂ  on marche il est 13h, il fait hyper chaud et il y a Ă©videmment pas de voiture Ă  cette heure lĂ  parce qu'on arrive presque sur l'heure de la sieste c'est la plus capable comme idĂ©e et Ă  un moment Il y a quand mĂȘme une voiture, on l'arrĂȘte, elle ne va pas au bon endroit. Je ne sais pas, c'Ă©tait vraiment presque dĂ©sertique. Je vois une moto qui part. Je me dis, bon, ce n'est pas grave, je peux monter avec Mel au-dessus. Je tĂąche le mec et tout ça pour lui dire, est-ce que tu pourrais nous emmener ? Et lĂ , mon frĂšre me crie, non, c'est bon, Marion, c'est bon, on ne repart pas avec lui. Et lĂ , il y a un tout plastique, je ne sais pas trop comment dire. Tu sais, les Ă©choppes ambulantes qui vendent tout et n'importe quoi. Du gel douche en portion individuelle et plein de... de vaisselle, etc. mais qui est accrochĂ©e Ă  l'extĂ©rieur en fait. Tout ça tirĂ© par une petite moto. C'Ă©tait incroyable, ça arrive trĂšs lentement et je vois que mon frĂšre sait qu'on va pouvoir monter dedans et que moi, en fait, mon frĂšre sait que j'adore ces trucs-lĂ . À chaque fois, je fais « Ah, c'est trop beau ! » Et lĂ , il nĂ©gocie et les gens nous emmĂšnent en fait dans ce magasin ambulant qui va Ă  10 km heure. Et lĂ , c'Ă©tait une expĂ©rience tellement gĂ©niale. LĂ  aussi, ça m'a fait « je suis dedans ! » Et en fait, pareil, cette personne-lĂ , la personne qui conduit, elle nous prend parce qu'on est sur la route et elle, elle n'a jamais voyagĂ© autrement que comme ça. Et en fait, Ă  un moment, elle se retourne pour nous montrer le ciel. Et je vois que comme moi, je rĂ©alise qu'on est au Cambodge, lui rĂ©alise qu'en fait, on a pris l'avion pour venir et qu'on est venu par l'avion. Et c'est comme deux rĂ©alitĂ©s qui se font. Ah ouais, c'est fou qu'on soit lĂ  ensemble. Ça dure une demi-heure et puis c'est tout, quoi. Il nous arrive dans une ville, on se dit bon bah allez on finit autrement, on va faire du stop autrement, c'Ă©tait hyper rapide comme stop et tout, c'Ă©tait gĂ©nial de nous faire en compte. AprĂšs on a quand mĂȘme Ă©tĂ© au temple d'Ankor, on est allĂ© Ă  Siam Rep, que mal vous connaissez dĂ©jĂ , et lĂ  on a rebranchĂ© un peu avec l'Occident quand mĂȘme, c'Ă©tait un peu moins route. Siam Rep on l'a fait Ă  vĂ©lo, on a pris une location Airbnb mais avec des vĂ©los, ça c'Ă©tait gĂ©nial parce que du coup c'est pareil, on n'Ă©tait pas dans les bruits, on a pu s'extraire, on avait les vĂ©los et les hamacs. DĂšs qu'il y avait besoin d'une pause, on se posait. C'Ă©tait vraiment de trĂšs belles dĂ©couvertes. Et puis, on est repassĂ© au foyer oĂč moi, lĂ , je dĂ©couvre oĂč Malou a vĂ©cu pendant un mois. Et elle est accueillie par des mĂšres d'accueil. C'est vraiment intĂ©ressant aussi qu'il y avait un internat pour les ados et les petits Ă©taient vraiment dans un foyer, dans une petite maison avec une mĂšre rĂ©fĂ©rente. Et du coup, je vois Malou qui est accueillie. Presque qu'elle Ă©tait un peu gĂȘnĂ©e d'avoir ses deux mĂšres en mĂȘme temps. C'Ă©tait trĂšs, trĂšs, trĂšs, trĂšs fort. et en mĂȘme temps c'est le moment des au revoir et voilĂ  ils partent tous les deux ils se dĂ©partent d'endroits oĂč mon frĂšre partait aussi quitter son boulot, Malou repartait vers la France et lĂ  moi j'avais envie de rester au Cambodge en vrai, j'avais envie de rester cette derniĂšre semaine au Cambodge et mon frĂšre me dit on va aller Ă  Bangkok, c'est bien si tu te remets dans quelque chose de plus occidental de plus urbain avant d'arriver Ă  Paris parce que sinon ça va ĂȘtre vraiment dur pour toi donc on a pris ce train trĂšs long qui va de PoypĂ©t Ă  Bangkok avec plein de viables infĂ©rieurs et Ă  Bangkok on a pu ... C'est vrai que du coup, moi, je ne m'Ă©tais pas rendu compte qu'en fait, on avait fait le musĂ©e d'Angkor quand mĂȘme, qui est trĂšs, trĂšs bien. Mais sinon, on n'avait pas du tout fait... En fait, on a fait tout ce voyage-lĂ  sans vraiment des musĂ©es, sans vraiment des trucs...

  • Speaker #1

    Ce n'est pas obligatoire.

  • Speaker #0

    Non, mais sauf que lĂ , d'arriver Ă  Bangkok, j'ai redĂ©couvert un centre culturel, voir des artistes qui s'emparent de l'histoire, etc. Et puis, du coup, c'Ă©tait bien quand mĂȘme qu'on se remette lĂ -dedans. Je crois qu'il avait raison. Puis en fait, Bangkok, c'est aussi gĂ©nial Ă  voir, Ă  dĂ©couvrir. et puis moi j'avais pas passĂ© le cap de manger des insectes donc ça je l'ai fait Ă  Bangkok, ce qui est quand mĂȘme important je l'ai fait parce que j'ai vu une jeune fille qui Ă©tait hyper stylĂ©e, qui mangeait une glace avec des insectes Ă  la sortie du lycĂ©e, je me suis dit ah non c'est trop stylĂ©, je vais le faire aussi ça fait pas envie ah oui c'Ă©tait bon, ce que j'ai pas rĂ©ussi c'Ă©tait les oeufs fĂ©condĂ©s mais bon, je me suis dit comme ça ce sera pour un prochain voyage donne toi des objectifs Et de lĂ , mon frĂšre nous a accompagnĂ©s jusqu'au dĂ©part pour Bangkok. Et lĂ , j'en ai un peu les larmes aux yeux de penser qu'on est rentrĂ©s en France. Il nous a fallu beaucoup de temps pour rentrer. C'Ă©tait trĂšs difficile. Et du coup, je suis trĂšs contente de raconter ce voyage, de te raconter ce voyage. C'est trĂšs, trĂšs difficile de raconter un voyage, je trouve. Et en fait, on n'a pas trop rĂ©ussi Ă  en parler aux amis. Il y avait juste le dĂ©calage. Il y a des choses qui sortent de temps en temps. Mais du coup, comme moi, j'adore Ă©couter les podcasts. LĂ , tu vois ta voix quand je t'ai entendue. J'ai dit « Oh oui ! » c'est comme sur les quatre-feuilles que tu la mets et j'adore voyager comme ça mais c'est vrai qu'en fait il faut du prendre ce temps-lĂ  Ă©norme qu'on a pris et voilĂ  et voilĂ  on a quittĂ© la lumiĂšre et la couleur pour revenir en France non je plaisante ça c'est le terme mais on a quand mĂȘme Ă©coute

  • Speaker #1

    j'ai été transportée dans ton voyage tu sais trÚs bien raconter les voyages il n'y a aucun souci en fait la seule question qui j'ai encore deux questions mais la premiÚre la plus importante c'est comment ça va aujourd'hui j'ai été tellement transportée

  • Speaker #0

    par ce voyage et qu'aprĂšs, j'ai fait un petit dĂ©ni de ma maladie. En fait, je suis en rĂ©mission du cancer, mais du coup, c'est une maladie trĂšs particuliĂšre qui reste en fait et avec laquelle on ne sait pas si ça va repartir, quand ça va repartir. Donc, ça laisse ça. Mais j'ai fait un dĂ©ni et en fait, je suis toujours sous traitement, mais je voulais vraiment faire comme si je ne l'Ă©tais plus. Je voulais rester avec
 En fait, l'Ă©lĂ©phant dans la riviĂšre, il ne m'a pas dit « Allez, prends tes mĂ©dicaments, ça va aller » . J'ai juste entendu « Ça va aller » . Mais lĂ , en fait
 depuis un an maintenant, j'ai ces traitements complĂ©mentaires qui ont des effets secondaires et qu'il faut que j'accepte. Mais aussi, il faut que j'accepte que ça fasse partie de ma vie. Donc en fait, il y a cette transformation qui est en cours, qui n'est pas encore finie. Et puis des effets secondaires au long cours dont je n'avais pas idĂ©e, mais pour lesquels il existe des prises en charge. Donc lĂ , je vais avoir une hospitalisation en hĂŽpital de jour pour les effets secondaires. Il n'y en a pas beaucoup en France, donc c'est bien que j'en parle aussi. Je crois qu'il n'y a que deux endroits en France oĂč on propose ça. qu'on appelle la remĂ©diation physique et cognitive, rĂ©adaptation aprĂšs la longue maladie. Et voilĂ , Ă  Rennes, il y a ça. Je pense que c'est aussi parce que je sais qu'il va y avoir ça, que j'ai eu cet Ă©lan de me dire, OK, je remets des choses en place et je suis hyper contente de boucler ça avec toi aussi. Ça fait partie de ce chemin-lĂ , je crois.

  • Speaker #1

    Je suis ravie de t'accompagner à ma toute petite mesure sur ce chemin. C'est vraiment un grand honneur que tu me fais. Quand tu m'as proposé ton histoire, je t'ai demandé s'il y avait une association que tu voulais mettre en avant. Tu m'as dit qu'il y en avait plusieurs, mais voilà, c'est le moment. Si tu veux en parler d'une en particulier.

  • Speaker #0

    Oui, moi, j'avais envie de parler de Bivoque et moi, qui est une association. Alors, et moi, c'est E-T-Moi ou et moi, un et moi, qui est une... une jeune association qui fait des voyages pour des personnes qui sont plutĂŽt en rĂ©mission aussi ou en poste, c'est aprĂšs les traitements lourds du cancer mais ça peut ĂȘtre aussi pour les maladies chroniques, enfin les cancers mĂ©tastasiques par exemple ou chroniques et du coup qui proposent des sĂ©jours en montagne tout est pris en charge, on a une adhĂ©sion Ă  l'association mais c'est tout et on arrive c'est vers ChambĂ©ry on a juste le lieu de rendez-vous, l'heure de rendez-vous et on sait quand on revient, donc on sait on part le vendredi midi et il nous emmĂšne dans la montagne. Et lĂ , on marche. Il nous emmĂšne Ă  une montagne qu'on ne connaĂźt pas. Donc, on est une dizaine, entre 6 et 12 personnes qui avons vĂ©cu ça, des traitements, et qui en sont Ă  un autre endroit. Mais toutes des histoires diffĂ©rentes. Et ensemble, on gravit la montagne. Et c'est Ă©prouvant physiquement. Et on va jusqu'au refuge. Et on dort deux nuits au refuge. Le lendemain, on va marcher, crapahuter dans la montagne, comme on peut. À l'initiative, il y a un mĂ©decin, un mĂ©decin de la douleur. Donc, c'est encadrĂ© par un mĂ©decin de moyenne montagne ou haute montagne, je ne sais plus, et un bĂ©nĂ©vole. Donc, il y a toujours au moins trois personnes qui ne sont pas directement concernĂ©es par la maladie. Et c'est des rencontres incroyables. Et c'est le fait aussi de pouvoir se surpasser physiquement, d'impliquer son corps physiquement et de voir des paysages hyper forts. Et moi, vraiment, ça m'a raccrochĂ©e Ă  ce « mais non, je ne peux pas le faire, je suis malade. Ah si, je vais le faire quand mĂȘme » . Cette Ausha, pouvoir ĂȘtre accompagnĂ©e lĂ -dedans, c'est vraiment super bien.

  • Speaker #1

    Comment on peut les contacter si les personnes qui nous Ă©coutent
 ont envie d'en savoir plus ?

  • Speaker #0

    Eh bien, le site Bivouac et moi. Je n'ai pas l'adresse en tĂȘte, mais je sais que si on Ă©crit Bivouac et moi, c'est...

  • Speaker #1

    Tu vas tomber dessus et je mettrai ça dans les notes de l'Ă©pisode de toute façon. Je ne vais pas poser mes questions habituelles parce que je trouve que ton rĂ©cit, ton tĂ©moignage, ton histoire, votre aventure avec Malou sont trop fortes pour qu'on rentre dans des questions basico-basiques. Vraiment, je veux vous remercier infiniment toutes les deux. d'avoir pris le temps de me raconter et donc de nous raconter votre histoire, votre aventure. C'est une belle aventure. Elle n'a pas bien commencĂ©, mais j'ai vraiment l'impression que tout ce que vous avez vĂ©cu dans ce voyage particulier a quand mĂȘme apportĂ© de belles choses. Et j'espĂšre que tout ça vous a donnĂ© la force quand il y en avait besoin et de continuer votre chemin et que plein d'autres belles choses vont arriver. Est-ce que tu as prĂ©vu un autre voyage toutes les deux ?

  • Speaker #0

    Alors oui, alors lĂ  on a des voyages prĂ©vus. Ça va ĂȘtre l'anniversaire de Malou. Donc on va, attention, Ă  Paris, voir l'AssemblĂ©e Nationale, parce que ça c'est sa demande. Mais aprĂšs le Cambodge,

  • Speaker #1

    on passe un cran lĂ . On est au top du top.

  • Speaker #0

    Elle a trĂšs envie de ça, donc moi je le fais. Mais le vrai voyage de son anniversaire, ça va ĂȘtre d'aller en vĂ©lo sur les Bordelois. Elle a choisi d'ĂȘtre plutĂŽt sur l'estuaire. Elle a commencĂ© la Loire Ă  vĂ©lo par la fin. Mais pourquoi pas ? Donc voilĂ . Ah ouais, ça, ça va ĂȘtre trĂšs bien. Et puis, en fait, mon frĂšre, il a repris un volontariat Ă  Madagascar. Et ça, ça chemine doucement que ça pourrait aussi. On verra Ă  la fin des traitements parce que je voudrais que ce soit un voyage plus long. Enfin, la fin des traitements. En tout cas, la fin de la premiĂšre partie de ces traitements-lĂ . Et je ne peux pas voyager avec ces traitements-lĂ  aussi. Il y a ça qui est compliquĂ©.

  • Speaker #1

    Évidemment que vous allez le faire. Ça va arriver. Encore un peu de patience. En tout cas, c'est tout ce que je vous souhaite. Encore une fois... mille merci pour tout ce que tu as partagĂ© et ce que Malou a partagĂ©, c'Ă©tait trop bien je vous souhaite que le meilleur Ă  partir de maintenant que tout ça soit bientĂŽt rangĂ© dans les aventures et que vous passiez Ă  autre chose alors nous on va te dire en Khmer,

  • Speaker #0

    en posant bien les mains sur le coeur Okun Shran Okun Shran qui veut dire merci,

  • Speaker #1

    merci beaucoup trop bien,

  • Speaker #0

    Okun Shran tout alors merci beaucoup et euh

  • Speaker #1

    et on se tient au courant pour la suite.

  • Speaker #0

    Oui, et au plaisir de t'Ă©couter encore et encore. VoilĂ , c'est tout pour aujourd'hui. Merci d'avoir Ă©coutĂ© jusqu'au bout. Si vous voulez Ă©couter d'autres voyages, plus de 100 Ă©pisodes entre conversations, top 5, galĂšres ton voyage et mes reportages sont disponibles sur le blog ou en vous abonnant sur la plateforme d'Ă©coute que vous utilisez en ce moment. Et tout ça, gratuitement ! N'hĂ©sitez pas Ă  le partager Ă  d'autres parents en fait d'inspiration pour leurs prochaines vacances et Ă  ceux qui pensent que voyager avec des enfants, c'est trop compliquĂ©. Si l'Ă©pisode vous a plu, si vous voulez partager un voyage ou dĂ©couvrir une destination, dites-le moi sur Apple Podcasts, Spotify ou encore sur Instagram en me taguant Ă  famille et voyage avec un S underscore blog. À bientĂŽt pour le prochain Ă©pisode. D'ici lĂ , prenez soin de vous, inspirez-vous et crĂ©ez-vous de chouettes souvenirs en famille.

Description

Il suffit parfois d’une blague pour embarquer dans une aventure extraordinaire !

C’est ce que vont nous raconter Marion et sa fille Malou aujourd’hui. Cette aventure avait pourtant bien mal commencĂ© avec l’annonce du cancer du sein de Marion. La maladie a Ă©videmment bouleversĂ© leur quotidien jusqu’au jour oĂč son frĂšre lui a proposĂ© de s’occuper de Malou. La blague, c’est qu’il est en mission humanitaire au Cambodge. 

Marion a bien ri, mais Malou est emballĂ©e et elle rejoint son oncle dans un foyer d'accueil, dĂ©couvrant un pays, une culture, ses premiers mots en khmer et plusieurs merveilles locales. À la demande de sa fille, Marion s’envole Ă  son tour quelques semaines plus tard. Ensemble, ils explorent Kampot, Koh TunsaĂŻ, Koh Preah et surtout Kep, la ville du crabe, qui va donner Ă  Marion l’occasion de se venger de cette satanĂ©e maladie.

J’ai Ă©tĂ© impressionnĂ©e par la maturitĂ© de Malou et profondĂ©ment touchĂ©e par la force, la rĂ©silience et la dĂ©termination de Marion. On a bien rigolĂ© aussi. 

Enfin, en cette semaine du Podcasthon, Marion met en lumiÚre l'association Bivouac & Moi, qui offre des escapades en montagne à des personnes en rémission ou en post-traitement du cancer. Une belle maniÚre de prolonger cette force de la nature qu'elle a su capter.

Allez, c'est parti pour le voyage de la résilience de Marion et Malou au Cambodge.


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Idée originale et hÎte : Stéphanie Cordier

Musique : Luk & Jo


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Transcription

  • Speaker #0

    Hello, hello ! Bienvenue dans la saison 6 de Famille et Voyage, le podcast. Je suis StĂ©phanie, maman de deux grands ados et complĂštement accro aux voyages. Dans ce podcast, on sort le coup Ă  cette idĂ©e folle que voyager avec des enfants, ça ne sert Ă  rien puisqu'ils ne s'en souviendront pas. Mais que nenni ! Et mes invitĂ©s le prouvent chaque semaine. Ici, on parle voyage Ă  pied, Ă  vĂ©lo, en voiture, en camping-car. Les parents voyageurs partagent leurs itinĂ©raires et racontent leurs activitĂ©s avec les enfants, les spĂ©cialitĂ©s locales Ă  savourer, les galĂšres Ă  Ă©viter et mĂȘme leur budget. De quoi vous donner plein d'idĂ©es pour vos prochaines vacances en famille. Le podcast est disponible sur le blog famillevoyage.com, sur toutes les plateformes d'Ă©coute et sur la web radio Allo la planĂšte. Allez hop, nouvelle conversation ! Il suffit parfois d'une blague pour embarquer dans une aventure extraordinaire. C'est ce que vont nous raconter Marion et sa fille Malou. Cette aventure avait pourtant bien mal commencĂ© avec l'annonce du cancer du sein de Marion. La maladie a Ă©videmment bouleversĂ© leur quotidien, jusqu'au jour oĂč son frĂšre lui a proposĂ© de s'occuper de Malou. La blague, c'est qu'il est en mission humanitaire au Cambodge. Marion a bien ri, mais Malou est emballĂ©e et elle rejoint son oncle dans un foyer d'accueil, dĂ©couvrant un pays, une culture, ses premiers mots en Khmer et plusieurs merveilles locales. À la demande de sa fille, Marion s'envoie Ă  son tour quelques semaines plus tard et ensemble, ils explorent Kampot, KothunsaĂŻ, KoprĂ©a et surtout Kep, la ville du crabe, qui va donner Ă  Marion l'occasion de se venger de cette satanĂ©e maladie. J'ai Ă©tĂ© impressionnĂ©e par la maturitĂ© de Malou. est profondĂ©ment touchĂ©e par la force, la rĂ©silience et la dĂ©termination de Marion. Bon, et on a bien rigolĂ© aussi. Enfin, en cette semaine du podcaston, Marion met en lumiĂšre l'association Bivouac et moi qui offre des escapades en montagne Ă  des personnes en rĂ©mission ou en poste de traitement du cancer. Une belle maniĂšre de prolonger cette force de la nature qu'elle a su capter. Allez, c'est parti pour le voyage de la rĂ©silience de Marion et Malou au Cambodge. Hello Marion !

  • Speaker #1

    Hello Stéphanie !

  • Speaker #0

    Comment ça va ?

  • Speaker #1

    Ça va, je suis trĂšs Ă©mue de pouvoir revoyager en te racontant.

  • Speaker #0

    Écoute, moi, je pense que ça va ĂȘtre un Ă©pisode assez diffĂ©rent de d'habitude, effectivement. Et j'ai hĂąte que tu nous partages ton histoire, dont tu m'as dit dĂ©jĂ  quelques mots. Donc, je sais que ça va ĂȘtre incroyable et j'espĂšre que ce sera pour toi un bon moment et que tu auras plaisir ensuite Ă  le rĂ©Ă©couter et Ă  garder cette trace de cette histoire un peu particuliĂšre. Mais belle histoire. Avant de commencer. reprenons au dĂ©but. Est-ce que tu peux nous prĂ©senter ta famille et les voyageuses que vous ĂȘtes ?

  • Speaker #1

    Oui, alors nous nous sommes une famille monoparentale il y a un parent, c'est moi et il y a un enfant, c'est Malou et le voyage a commencĂ© je pense pendant la grossesse parce que par la force des choses j'ai changĂ© de rĂ©gion pour donner naissance, parce que je voulais donner naissance dans certaines conditions, c'est-Ă -dire Ă  domicile et que j'avais un camion et que j'Ă©tais mobile, je quittais la rĂ©gion oĂč je vivais pour ça et je pense que ça a donnĂ© une certaine impulsion dans la vie de ma famille, dans le voyage.

  • Speaker #0

    Et vous ĂȘtes des voyageuses plutĂŽt routes ou tu prĂ©vois tes voyages vraiment Ă  la virgule prĂšs ? Comment ça se passe ?

  • Speaker #1

    Non, plutÎt au dernier moment et plutÎt à l'arrache. Là, j'ai cru justement sur le voyage dont on a parlé que ça serait plus organisé, mais bon, mon organisation était mise de cÎté.

  • Speaker #0

    Si ça vous plaßt comme ça, c'est parfait. Et si surtout, il n'y a pas de trop de mauvaises surprises, parce que des mauvaises surprises en voyage, il y en a tout le temps. Quand ce n'est pas trop, c'est bien aussi.

  • Speaker #1

    Ah oui, oui, oui. Non, non. C'est vraiment la sereine d'étipité. On prend ce qui vient.

  • Speaker #0

    Comme je l'ai plus ou moins annoncĂ©, votre histoire est un peu diffĂ©rente d'un voyage classique comme on peut en Ă©couter sur le podcast. Donc, je vais vraiment vous laisser parler et Ă©couter ce que vous avez Ă  nous dire. Je dis vous parce que Malou est lĂ  Ă  cĂŽtĂ© de toi et a une grande part Ă  raconter de cette histoire. Si tu veux bien, je te laisse commencer lĂ  oĂč tu as envie. et ensuite passer la parole Ă  Malou sur son voyage. Est-ce que tu peux nous raconter Ă  partir de quand ce voyage commence ? Et ensuite, on va te suivre, tout simplement.

  • Speaker #1

    Donc, le voyage, il est en 2023. Et nous, on commence 2023 avec une mauvaise nouvelle et une aventure particuliĂšre en France, qui est l'annonce d'un cancer, pour moi, un cancer du sein. Et du coup, une annĂ©e 2023 marquĂ©e par les traitements. Et moi, en mĂȘme temps, j'accompagne mon enfant lĂ -dedans pour tenir les murs de la maison. et j'implique mes proches plus ou moins dans le soin, tout ça. Et en mĂȘme temps, j'ai un frĂšre dont je suis proche, mais qui lui habite au Cambodge et qui fait un volontariat au Cambodge pour deux ans et qui me dit « j'aimerais bien ĂȘtre lĂ , mais je ne sais pas comment » . Les traitements, la chimiothĂ©rapie prend du temps, ma loup est bouleversĂ©e, moi aussi, on se transforme un peu l'une et l'autre. La chirurgie, j'ai eu une ablation du sein Ă  l'automne. Et d'ailleurs, mon frĂšre me dit « j'aimerais bien ĂȘtre lĂ  Ă  ce moment-lĂ  » . Et moi, je lui dis « Ă©coute, je pense que ce n'est pas lĂ  que ça va se jouer, mais peut-ĂȘtre aprĂšs » . Et aprĂšs, il y a la radiothĂ©rapie. Et ça, la radiothĂ©rapie, c'est tous les jours. Il faut aller Ă  l'hĂŽpital. Je crois que ce que je n'ai pas dit, c'est que Malou, elle est en plus en instruction en famille cette annĂ©e. Donc du coup, si moi j'allais tous les jours Ă  l'hĂŽpital, il fallait quelqu'un pour s'en occuper. Donc ça me demandait vraiment beaucoup d'organisation. Et lĂ , mon frĂšre me dit, Ă©coute, moi je la prends au Cambodge si tu veux. Et moi, j'ai pris ça en rigolant parce qu'on avait enfin nos passeports. Les passeports prennent Ă©normĂ©ment de temps. Donc je lui dis, oh regarde, on a des passeports. Malou venait d'expĂ©rimenter les voyages accompagnĂ©s de la SNCF pour aller dans les Alpes. Donc je lui fais une blague. Je lui dis, regarde, peut-ĂȘtre ça existe pour Air France. Il me dit, vas-y Banco, je regarde. Et lĂ , il me propose ça. Moi, je prends vraiment ça Ă  la blague. J'en parle Ă  Malou. Je lui dis, Malou, est-ce que... En fait, visiblement, ce serait possible que tu ailles au Cambodge, notamment pendant toute ma radiothĂ©rapie. Et lĂ , elle me dit, ah ouais, carrĂ©ment. Et lĂ , moi, je me retrouve prise de ma propre blague en me disant, mais en fait, si elle dit oui et si elle n'a pas peur, je n'ai pas le droit de lui dire, ah, maintenant, tu n'y arriveras jamais. Ça y est, c'est trop tard, c'est lancĂ©. Et du coup, on s'est retrouvĂ©s lancĂ©s lĂ -dedans. Mon frĂšre qui Ă©tait effectivement prĂȘt, lui, quand il m'a dit oui, il savait qu'il allait mettre ça en place par rapport Ă  son travail, etc., qu'il pourrait l'accueillir. Et bien voilĂ , moi, du coup, c'Ă©tait une nouvelle aventure. Et surtout, ce qui Ă©tait gĂ©nial, c'est que ça la mise, elle, sur un projet, alors que depuis huit mois, elle vivait par rapport Ă  moi et mĂȘme encore plus par rapport Ă  ma maladie. Et lĂ , du coup, elle s'est fait un projet Ă  elle. Ce n'Ă©tait pas oĂč je vais aller pendant que maman est Ă  l'hĂŽpital. C'Ă©tait OK, moi, je vais faire ça. C'est un truc de fou, je vais le faire. Et voilĂ .

  • Speaker #0

    Waouh ! En mĂȘme temps, une fois qu'on a testĂ© la SNCF tout seul, on peut trĂšs bien tester les avions tout seul et avoir une belle aventure dans un pays pas Ă  cĂŽtĂ©. On essaye d'imaginer Ă  quel point ça doit ĂȘtre difficile, surtout quand on a une petite fille Ă  ses cĂŽtĂ©s. Cette idĂ©e de ton frĂšre qui est arrivĂ© un peu par hasard et de nulle part, cette blague qui s'est rĂ©alisĂ©e, wow ! Beaucoup d'Ă©motion dĂ©jĂ  !

  • Speaker #1

    En fait, tu vois, c'est marrant parce que, enfin, je ne sais pas, mais c'est vrai que je n'avais pas mis ça dans « Quelle voyageuse on est » . En tout cas, à l'annonce du cancer, quand on s'est dit avec Malou, comment on annonce ça aux proches ? Moi, je lui ai dit, on va faire un faire-part parce que je ne me sentais pas d'appeler les gens. On a fait part de mon état de cancer par un écrit, un dessin. En fait, c'était un livret qui expliquait ce que c'était pour nous, comment on allait le vivre. Et c'est vrai que ça s'appelait cette nouvelle aventure. On ne l'a pas choisie, mais on va faire ce qu'on peut avec. Et déjà, il y avait cette notion de « Bon, on va en faire une aventure » . Mais c'est vrai que là, du coup, c'était une aventure. Enfin, du coup, on essayait de faire quelque chose avec ce qu'on avait dans les mains. Mais là, c'est comme si Malou, elle avait pris complÚtement le truc à bras le corps en disant « Bon, ben moi, il faut que je revive ma vie aussi. »

  • Speaker #0

    Bon, on a planté le décor. Maintenant, je t'ai demandé si Malou avait envie de raconter cette partie de l'histoire que tu n'as pas vécue. Et donc, voilà, le casque est passé de l'autre cÎté. Bonjour Malou.

  • Speaker #2

    Bonjour.

  • Speaker #0

    Comment ça va ?

  • Speaker #2

    Bien.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as envie de nous raconter ? cette expérience folle que tu as vécue avec ton oncle ?

  • Speaker #2

    Oui.

  • Speaker #0

    Quand tu prends cet avion pour aller retrouver ton oncle, tu es hyper excitĂ©e, tu as un peu peur. Tu es comment dans ta tĂȘte ?

  • Speaker #2

    Dans l'avion, aprÚs, je me suis dit que j'avais peur. Mais dans l'avion, en vrai, je n'ai pas eu si peur que ça.

  • Speaker #0

    Quand tu arrives et que tu le retrouves, comment ça se passe ? OĂč est-ce que tu vis ? C'est quoi tes journĂ©es ?

  • Speaker #2

    DĂ©jĂ , je prends deux heures Ă  le retrouver dans l'aĂ©roport. Je suis avec... deux hĂŽtesses de l'air, une qui parle Ă  peine français, l'autre pas du tout. Du coup, c'est dĂ©jĂ  un peu difficile. AprĂšs, on essaye de l'appeler avec le mini portable que maman m'a prĂȘtĂ©, sauf qu'il rĂ©pond pas et en plus j'ai pas mis le bon numĂ©ro, du coup ça marche pas. On a fait plein une fois le tour, on l'a pas vu et deux heures plus tard on le retrouve. Et moi je suis comme ça sur le truc Ă  bagages.

  • Speaker #0

    Bon, alors tu pars avec lui, ça y est, tout va bien, tout se passe bien. OĂč est-ce que tu vas vivre avec lui ?

  • Speaker #2

    Dans un foyer d'accueil pour enfants. En situation de violence ou orphelins, non ?

  • Speaker #1

    C'est la protection de l'enfance.

  • Speaker #2

    La protection de l'enfance.

  • Speaker #0

    Il y avait beaucoup d'enfants ?

  • Speaker #2

    15 pour 3 mĂšres d'accueil.

  • Speaker #0

    Et les enfants, il y avait des tout-petits et des plus grands ?

  • Speaker #2

    Je crois que les plus petits devaient avoir 6 ans. AprĂšs, il y avait des gens qui ne faisaient pas partie, mais c'Ă©tait lĂ . Petite fille d'une des mĂšres d'accueil. Alors, elle venait souvent.

  • Speaker #0

    Et comment ça se passe quand tu arrives là-bas ? C'est un nouvel environnement pour toi. Tu connais personne. Comment tu te sens ?

  • Speaker #2

    Au dĂ©but, je suis un peu gĂȘnĂ©e parce que je ne connais personne Ă  part mon oncle. Mais en quelques jours, je connais presque tout le monde de tout le foyer. Surtout les personnes qui ne vont pas encore au collĂšge.

  • Speaker #0

    Elles restent au mĂȘme endroit que toi ?

  • Speaker #2

    Elles ne vont que la moitié de la journée à l'école. du coup on peut jouer

  • Speaker #0

    Vous faisiez quoi comme jeu ? Parce que vous ne parlez pas la mĂȘme langue non plus mais est-ce que c'est un problĂšme ?

  • Speaker #2

    Non, c'est pas un problĂšme mais on a fait, je ne sais plus trop, je sais que je jouais beaucoup au Lego j'avais commencĂ© Ă  apprendre Ă  Ă©crire en Khmer parce que j'avais des cours mais maintenant je ne m'en souviens mĂȘme pas d'un seul signe Le zĂ©ro, parce que c'est juste un zĂ©ro comme en France, du coup c'est facile

  • Speaker #0

    À quel moment ton oncle te dit, on va partir voyager tous les deux ?

  • Speaker #2

    Je suis partie le 3 décembre, dÚs le 5 ou un peu aprÚs. AprÚs, il dit qu'en fait, on va partir pour Noël au Temple d'Ancor.

  • Speaker #0

    Tu savais ce que c'était ? Tu en avais déjà entendu parler ?

  • Speaker #2

    Un peu, mais un tout petit peu.

  • Speaker #0

    Et alors, raconte-moi, comment ça se passe, cette premiÚre étape de voyage ?

  • Speaker #2

    Je suis allĂ©e avec Elise, une des autres volontaires. et qui ne reste pas aussi longtemps que nous, mais qui reste un peu. Aussi, on retrouve une autre volontaire, mais dans notre foyer au Bangladesh, qui est venue fĂȘter NoĂ«l avec nous. Par contre, le problĂšme, c'est qu'au dĂ©but, je n'avais pas du tout mal au ventre. Je m'Ă©tais trĂšs bien habituĂ©e Ă  la nourriture. Et encore, c'est un peu une ville occidentale, vu qu'il y a plein d'Occidentaux qui y vont. Mais du coup, je remange en France et j'ai la gastro pendant... Une sorte de gastron pendant tout le voyage.

  • Speaker #0

    Ah, ça gùche un peu. Mais ce temple, est-ce que tu l'as trouvé beau ?

  • Speaker #2

    Ces temples.

  • Speaker #0

    Ces temples, pardon. Oh lĂ  lĂ , pardon.

  • Speaker #2

    J'ai adorĂ© celui d'encore, mais par contre, il y avait des singes. Ça me fait peur.

  • Speaker #0

    Ah, pourquoi ? Ils Ă©taient agressifs ?

  • Speaker #2

    Non, mais au dĂ©but, je voulais mĂȘme aller les voir. Mais il y a quelqu'un qui m'a dit... Non, c'Ă©tait pas si loin, c'Ă©tait l'autre volontaire. Il m'a dit qu'il pouvait avoir la rage. Et du coup, aprĂšs, j'avais trop peur qu'ils me mordent.

  • Speaker #0

    Mais ils t'ont pas mordu ?

  • Speaker #1

    Non.

  • Speaker #0

    Vous ĂȘtes restĂ©e longtemps Ă  visiter ces temples ?

  • Speaker #2

    Une semaine, une petite semaine.

  • Speaker #0

    Vous avez pris le temps, c'est bien.

  • Speaker #2

    On en a vu au moins cinq.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu en as un que tu as préféré ?

  • Speaker #2

    Je crois que... Je ne sais plus comment il s'appelle, mais il y en a un qui est en ruine, mais c'est le temple des femmes, ou un truc comme ça. AprĂšs, on Ă©tait plus sĂ»rs que c'Ă©tait vraiment ça, mais mĂȘme s'il Ă©tait Ă  moitiĂ© en ruine, c'Ă©tait joli avec toutes les plantes.

  • Speaker #0

    Et vous avez fait quoi alors d'autre ? Qu'est-ce que ton oncle a programmé pour te faire découvrir les merveilles du coin ?

  • Speaker #2

    Alors, on est allé à une grotte de chauves-souris à Battambang.

  • Speaker #0

    C'était bien ça ?

  • Speaker #2

    C'était plutÎt joli, mais ça puait un peu. Oui,

  • Speaker #0

    les chauves-souris, ce n'est pas rĂ©putĂ© pour ĂȘtre, comment dirais-je, sentir la rose. Et lĂ , tu n'avais pas peur ?

  • Speaker #2

    Un peu au début, mais moins que les singes.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que vous avez vu d'autre ?

  • Speaker #2

    On est allĂ© dans une ferme. À la fleur de lotus. AprĂšs, on a mangĂ© des graines de lotus, c'Ă©tait trop bon. Et on a aussi fait des roses avec... Je ne sais pas comment expliquer, mais il faut ouvrir le bourgeon de la fleur et ça fait comme une rose. On a fait un gros bouquet Ă  la fin.

  • Speaker #0

    Et ça sentait bon ?

  • Speaker #2

    Oui, ça sentait bon. Je suis allée dans un village flottant.

  • Speaker #0

    Et alors, c'Ă©tait oĂč ?

  • Speaker #2

    C'Ă©tait prĂšs de Samrea, c'Ă©tait prĂšs des temples d'Angkor.

  • Speaker #0

    C'Ă©tait un gros village flottant ? Il y avait beaucoup de monde ?

  • Speaker #2

    En vrai, ce n'est pas vraiment des maisons surpilotĂ©es. Je crois que c'est juste la salle des fĂȘtes, ou je ne sais plus comment ça s'appelle. Il y avait un truc comme ça qui Ă©tait surpilotĂ©. Le reste, c'Ă©tait sur des tonneaux avec de l'air. Comme ça, ça fait flotter.

  • Speaker #0

    Il y avait beaucoup d'animation ou c'Ă©tait trĂšs calme ?

  • Speaker #2

    Ce n'était pas calme, mais pas non plus venir nous voir. Non, ce n'était pas non plus trÚs, trÚs calme. Et aprÚs, j'ai vu des crocodiles. Mais ils étaient dans une réserve.

  • Speaker #0

    Ah oui, donc ça va, c'était pas dangereux. Oui. Et le reste du temps, comment ça se passait tes journées ? Tu as dit que tu avais étudié le Khmer, tu avais des cours de Khmer.

  • Speaker #2

    Et d'anglais.

  • Speaker #0

    Et d'anglais, trÚs bien. Ton oncle t'apprenait d'autres matiÚres ? Il a repris l'école à la maison ou c'était bien suffisant déjà ?

  • Speaker #2

    Pas particuliĂšrement, mais il m'apprenait mieux le Khmer. C'Ă©tait plus le parler que dans l'autre cours oĂč c'Ă©tait l'Ă©crit.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as d'autres choses que tu veux nous raconter sur cette parenthĂšse cambodgienne avec ton oncle ?

  • Speaker #2

    On Ă©tait allĂ©s prĂšs du foyer. Il y avait une ville qui s'appelait Strysopon. Et c'est la fille jolie, je crois. Et il y avait une place qui s'appelait Viteka. Et dĂšs 18h, oĂč il fait dĂ©jĂ  nuit, il y avait des gens qui s'Ă©taient chorĂ©graphĂ©s sur de la musique. Et en mĂȘme temps, il y avait des gens... qui louait des petites voitures pour enfants avec des sortes de phares et on pouvait s'en servir. Je l'ai au moins dĂ» le faire cinq fois.

  • Speaker #0

    Et il y avait beaucoup d'enfants qui le faisaient en mĂȘme temps que toi ?

  • Speaker #2

    Oui, il y avait quelques enfants. Par contre, je me souviens, une fois, j'avais vu une sorte de chauve-souris ou un rat ou je ne sais pas quoi coincé dans les égouts et j'avais eu tellement peur que je ne l'avais pas sauvé.

  • Speaker #0

    En mĂȘme temps, les rats, encore d'autres choses Ă  nous raconter ?

  • Speaker #2

    Si, les marchĂ©s. C'est pas du tout comme les marchĂ©s en France. C'est immense. Et puis, il y a l'endroit oĂč il y a tous les trucs Ă  manger. L'endroit pour le poisson, l'endroit pour se faire venir les ongles.

  • Speaker #0

    D'ailleurs, en parlant de poisson, est-ce que tu as aimé cette cuisine que tu ne connaissais pas, j'imagine ?

  • Speaker #2

    Pas tout, mais pas trop le poisson. Je déteste tout ce qui est poisson.

  • Speaker #0

    Et donc, tu mangeais quoi ? C'était quoi tes repas préférés ?

  • Speaker #2

    Du riz avec... Si, des pĂątes Ă  la bolognaise.

  • Speaker #0

    Non, ça, ce n'est pas une spécialité cambodgienne. Si,

  • Speaker #2

    si, maintenant, c'est devenu ça. J'en ai mangé tellement de fois que c'est devenu une spécialité. Ce que j'ai adoré, le riz frit avec des légumes. Elle faisait trop bien une des mÚres d'accueil. Et ça s'appelle le Ausha. Parce que le riz frit, et sinon il y a le Ausha, mais c'est les pùtes.

  • Speaker #0

    C'Ă©tait pas trop relevĂ© ? Ça piquait pas ?

  • Speaker #2

    Non, elle le faisait plutĂŽt bien. Du coup, ça piquait pas trop. Sauf la fois oĂč je suis allĂ©e Ă  la cantine, il y avait une cantine, et la seule fois oĂč j'Ă©tais d'accord de manger quelque chose, une des seules fois, parce que ça avait l'air trĂšs bon, en fait c'Ă©tait tellement piquant, j'ai tellement pas aimĂ©, que j'ai dĂ» boire beaucoup, beaucoup de boire. Je me suis dit que ce serait bien.

  • Speaker #0

    Ça t'a surprise ?

  • Speaker #2

    Ouais.

  • Speaker #0

    Et à un moment donné, tu t'es dit que ce serait bien que maman vienne vous retrouver ?

  • Speaker #2

    DĂšs qu'il y avait dix jours, je me suis dit que je voulais qu'elle vienne. AprĂšs, il fallait juste attendre 26 jours avant qu'elle vienne. Non, 27.

  • Speaker #1

    Il fallait déjà que tu me demandes.

  • Speaker #2

    Oui, il fallait.

  • Speaker #1

    Et ensuite que je l'accĂšde,

  • Speaker #2

    que je prends le lit. Oui, mais lĂ , il n'y avait plus que 27 Ă  ce moment-lĂ .

  • Speaker #0

    Et comment ça s'est passé, les retrouvailles ? Donc, au bout de 27 jours aprÚs avoir demandé ?

  • Speaker #2

    Je me souviens, on est allĂ© Ă  Phnom Penh, la capitale. On a dormi et j'ai fait un tapis avec une... Il y avait une sorte de... de je sais pas quoi de l'hĂŽtel mais c'Ă©tait un truc en tissu et je l'ai mis en tapis rouge et j'ai mis une musique traditionnelle cambodgienne pour quand elle arrive Ă  l'hĂŽtel et j'ai j'ai fait un chignon et maman elle a dit que j'en semblais une hĂŽtesse de l'air oh ça devait ĂȘtre des retrouvailles trĂšs Ă©mouvantes ouais mais je me souviens pas trĂšs bien je me souviens moins bien que la diastrude encore oh c'Ă©tait chouette de retrouver maman en tout cas oui

  • Speaker #0

    On va passer la parole à ta maman qui va nous raconter le reste du voyage. Merci beaucoup Malou de nous avoir raconté tout ça. Hyper chouette.

  • Speaker #2

    Pas de rien.

  • Speaker #1

    Et voilĂ .

  • Speaker #0

    C'Ă©tait trop bien, j'adore. On sent qu'il y a plein de trucs qui l'ont intĂ©ressĂ©e, qu'elle a su profiter de cette parenthĂšse, mĂȘme si ça devait ĂȘtre difficile d'ĂȘtre loin de toi. On va reprendre la suite du voyage avec toi. Donc Malou te demande de les rejoindre. Qu'est-ce qui se passe dans ta tĂȘte Ă  ce moment-lĂ  ?

  • Speaker #1

    Bon, moi, dĂ©jĂ , il y a eu un petit truc d'irrĂ©alitĂ© quand mĂȘme, lĂ , sur ces deux heures-lĂ  oĂč elle n'a pas trouvĂ© mon frĂšre. LĂ , on a quand mĂȘme flippĂ©.

  • Speaker #0

    Mais oui, c'est vrai que comme tu n'Ă©tais pas dans la conversation Ă  ce moment-lĂ , je me suis dit, oh lĂ  lĂ , mais quel enfer.

  • Speaker #1

    LĂ , j'ai flippĂ©. En fait, j'ai essayĂ© de tout mettre Ă  distance, de me dire, tout va ĂȘtre bien pris en charge. LĂ , en fait, quand j'ai senti que mon frĂšre flippait, j'ai fait, oh lĂ , qu'est-ce qui se passe ? Et en fait, le lendemain, parce que moi, j'ai fait une grippe quand mĂȘme pour pouvoir la laisser partir, j'Ă©tais... 42 fiavres. J'ai saturĂ©, mon corps a fait quand je l'ai emmenĂ©e Ă  l'aĂ©roport. Et donc le lendemain, quand elle m'a envoyĂ© des photos de sa journĂ©e, elle Ă©tait Ă  Bangkok du coup. LĂ , ça me faisait un truc trop bizarre. Ça m'a fait, mais t'es ma fille, t'es Ă  Bangkok. Et je pense que lĂ , j'ai intĂ©grĂ© l'info. AprĂšs, franchement, je la trouvais, elle Ă©tait tellement heureuse. C'Ă©tait vraiment Ă©tonnant parce qu'elle a pleurĂ© la premiĂšre fois au bout de 4 jours, je crois. Parce qu'elle a lu, tous les copains lui avaient fait des petits messages pour l'avion, pour la suite, etc. Et du coup, en fait, elle les a oubliĂ©s. Et au bout de 3-4 jours, je pense que c'Ă©tait l'arrivĂ©e du jet lag. Mon frĂšre m'envoie une photo en me disant « Ah, elle va ouvrir des lettres ! » et il n'avait pas prĂ©vu la dĂ©charge Ă©motionnelle derriĂšre. Mais voilĂ , c'Ă©tait vraiment... En fait, elle ne pleurait pas beaucoup et je crois qu'elle Ă©tait vraiment dans de grandes oreilles, grand cƓur, grand yeux. Et mĂȘme quand elle m'a demandĂ© de venir, ce n'Ă©tait pas forcĂ©ment en pleurant. On en a parlĂ© avec mon frĂšre et il lui avait pris un billet Ă  l'air tout rouvert. Donc on s'Ă©tait dit, on ne sait jamais comment ça va marcher. Donc elle partait pour deux mois. avec la possibilitĂ© de rentrer. Et lĂ , il m'a dit franchement, ça marche et elle ne veut pas. Ce qu'elle demande, ce n'est pas de rentrer en France. Ce qu'elle demande, c'est que tu viennes. Est-ce que tu serais en mesure de faire ça ? Et c'est vrai que moi, je voulais, dans la mesure du possible, qu'elle n'ait pas une notion d'Ă©chec. Surtout pas qu'elle ait, oh lĂ  lĂ , je n'ai pas rĂ©ussi mon truc. MĂȘme si elle aurait fait trois semaines, elle serait rentrĂ©e. Ça aurait Ă©tĂ© rĂ©ussi aussi. Mais lĂ , ce n'Ă©tait pas sa demande. Donc, on a essayĂ© de faire ça. Moi, du coup, je me suis dit, est-ce que je suis chiche de la rejoindre alors que je suis malade ?

  • Speaker #0

    Ben oui,

  • Speaker #1

    c'est un peu d'organisation. Je ne savais pas du tout comment c'Ă©tait d'ĂȘtre Ă  ces tempĂ©ratures-lĂ . Et moi, surtout, j'avais un nouveau corps. J'ai un sein en moins. Je venais d'avoir une ablation du sein un mois avant, un mois et demi avant. Je ne savais pas du tout comment j'allais assumer ça. Et du coup, en faisant la blague, encore une fois, mon frĂšre, je lui ai dit... Bah pourquoi pas, pourquoi pas, allez, vas-y, je viens, et puis on se retrouve sur le golfe de ThaĂŻlande, et puis peut-ĂȘtre ce sera bien que j'accepte mon corps dans la mer lĂ -bas. Et il m'a dit franchement, viens, les Cambodgiens, ils n'ont rien Ă  faire de ton corps, il n'y a pas du tout de regard jugeant, si tu as besoin de ça, si tu as peur de ça, viens ici faire expĂ©rimenter ça. Et c'Ă©tait carrĂ©ment vrai. Je me suis vraiment sentie dans mon chemin. Vraiment, le fait de ne pas ĂȘtre jugĂ©e, c'Ă©tait vraiment hyper bien.

  • Speaker #0

    Mais c'est quelque chose qui t'a vraiment... soucié le regard des autres ?

  • Speaker #1

    En France, oui. En France, j'avais ça. Et donc, du coup, c'était bien de pouvoir l'expérimenter ailleurs, en fait.

  • Speaker #0

    De ce cÎté-là, c'était aussi une bonne idée.

  • Speaker #1

    Oui, complĂštement. Moi, en fait, dans la prĂ©paration du voyage de Malou, comme elle fait l'instruction en famille et que j'essaie de tout rĂ©utiliser, en fait, j'ai cherchĂ© des albums jeunesse ou des romans jeunesse sur le Cambodge et en fait, c'Ă©tait trĂšs difficile parce que, dans ce qui Ă©tait Ă©crit en français, ça revenait beaucoup sur la tragĂ©die de la dictature des Khmer Rouges, qui a eu lieu de 1975 Ă  1979 et qui a laissĂ© ... Ă©normĂ©ment de traces puisque ça a Ă©tĂ© un gĂ©nocide. Et lĂ , en fait, c'Ă©tait vachement dur pour moi en tant que parent instructrice. J'envoie mon enfant dans un... Je ne sais pas, je ne lui fais pas faire lire ça. Et en mĂȘme temps, moi, ça commençait Ă  m'imprĂ©gner. Et du coup, c'Ă©tait trĂšs Ă©trange parce que j'arrivais avec un peu cette lecture-lĂ , mĂȘme si j'essayais de la mettre Ă  distance. J'avais vraiment la lecture de comment c'est un pays qui a traversĂ© ça il y a 30 ans et comment les gens se reconstruisent aprĂšs ça. Et j'avais beau essayer de me dire, non, on est dans le prĂ©sent, il y avait ça comme un filtre de lecture. Et en fait, c'Ă©tait assez curieux parce que au bout de deux semaines, un peu... Dans dix jours, je vois l'endroit oĂč le voile s'est levĂ©. Et en fait, ça correspond Ă  moi aussi. J'avais, oui, mais moi, je suis malade. Et la lecture qu'avaient les gens de moi malades autour de moi, enfin voilĂ , je portais ça. C'est-Ă -dire que les gens, des fois, je voyais qu'ils me disaient « Ah oui, mais comment ça fait d'ĂȘtre maman et d'ĂȘtre malade ? » Et d'un coup, tout s'est levĂ©. D'un coup, je me suis dit « Ah oui, en fait, ils ont vĂ©cu ça, mais ils ne sont pas que ça. Ah oui, moi aussi, j'ai vĂ©cu une tragĂ©die Ă  mon dimension, mais je ne suis pas que ça. » J'ai pu regarder... et voir aussi cette force de vie en fait dans ce pays-lĂ  qui m'a vraiment marquĂ©e quoi. D'un coup c'Ă©tait plus, ah mais en fait du coup peut-ĂȘtre qu'ici il y a eu ça, peut-ĂȘtre qu'il y a eu ça. Je sentais Ă  quel point la vie elle Ă©tait forte en eux quoi. L'amour de la vie, l'amour des enfants, et ouais avec vraiment pas grand-chose, et effectivement dans la reconstruction, mais avec la conscience qu'ils ont vĂ©cu un drame il n'y a pas si longtemps et donc du coup la vie a comme une autre saveur quoi. VoilĂ , j'ai vraiment Ă©tĂ© marquĂ©e par ça quoi. Et ça, ça s'est passĂ©, cette rĂ©vĂ©lation-lĂ  sur une Ăźle qui s'appelle CoprĂ©a. et qui veut dire l'Ăźle sacrĂ©e. Du coup, j'Ă©tais « waouh ! »

  • Speaker #0

    Tu ne l'as pas fait exprÚs, mais tout s'est aligné, en fait.

  • Speaker #1

    Oui, ça a donnĂ© du sens. Ça m'a aidĂ©e Ă  voir les choses autrement.

  • Speaker #0

    Donc, si on revient au moment oĂč tu arrives, comment ça se passe, les retrouvailles de ton cĂŽtĂ© ?

  • Speaker #1

    Moi, je les retrouve Ă  Phnom Penh. Ils viennent me chercher. Et lĂ , il me faut un petit temps, je crois, pour les retrouver parce qu'en fait, je les dĂ©couvre, en fait. Je dĂ©couvre un pays. Alors, mon frĂšre Ă©tait lĂ  « waouh, bienvenue en Asie du Sud-Est, c'est vrai que... » que t'es jamais venu et tout. Et il y avait ça, effectivement, Ă  dĂ©couvrir. Mais moi, j'Ă©tais lĂ , les yeux rivĂ©s sur eux, sur mon frĂšre que j'avais pas vu depuis deux ans, sur ma loupe que j'avais pas vue depuis un mois mais qui avait tellement changĂ©. Et puis, effectivement, le pays, mais c'Ă©tait comme, voilĂ , j'avais les yeux Ă©normes et ces sensations, quoi, de monter dans le tuktuk et d'arriver Ă  l'hĂŽtel. Mais en fait, rien que traverser la ville, ah lĂ  lĂ , ça s'Ă©tait trop bien. La ville, les odeurs, les couleurs, la circulation, la pollution, mais mĂȘme la pollution est trop belle, mĂȘme la situation est trop belle. Tout est trop beau ce moment-lĂ . Et moi, je ne les reconnais pas. Et en plus, je suis en dĂ©calage quand mĂȘme. Moi, je suis dans le dĂ©calage horaire. Malou, elle Ă©tait allĂ©e dans un salon de coiffe sur Cambodgien. C'Ă©tait super beau Ă  la fois de la dĂ©couvrir tellement autre, tellement grandie. Et puis en fait, de voir leur lien Ă  eux deux.

  • Speaker #0

    Qui avait dĂ» bien Ă©voluer, oui.

  • Speaker #1

    Bah oui. Et pour moi, c'Ă©tait vraiment fort parce que j'avais tellement portĂ© aussi la monoparentalitĂ©. Et mĂȘme si j'avais eu du soutien, c'Ă©tait quand mĂȘme moi qui devais faire sa stabilitĂ©. Et lĂ , j'ai vu qu'elle s'appuyait sur quelqu'un d'autre en confiance. J'ai vu en gros qu'elle allait pouvoir rĂąler sur lui, etc. Ce qu'elle ne peut pas faire en fait. Quand les gens viennent me soutenir, elle est trop contente et tout ça. Donc du coup, elle ne peut pas rĂąler sur eux. Moi, j'Ă©tais malade, elle ne pouvait pas trop rĂąler sur moi non plus. Et lĂ , du coup, je fais « Ah, mais c'est trop bien ! » En fait, c'est trop bien, elle peut rĂąler sur toi. Du coup, c'est cool, ça veut dire qu'elle va mieux.

  • Speaker #0

    Ça a libĂ©rĂ© quelque chose chez elle.

  • Speaker #1

    Ouais, d'un coup, je la voyais grandie transformée. Et en plus, elle avait des choses que je ne connaissais pas moi. Du coup, c'était elle qui connaissait le Khmer. C'est elle qui savait comment on mange comme ça. C'est elle qui savait qu'à 18h, il fait nuit. Dans notre corps, ce n'est pas la nuit. On ne va pas se coucher tout de suite. C'est elle qui connaissait comment on s'adapte à la température, comment on met la ventilation, comment on met une moustiquaire. En fait, c'était elle qui m'apprenait les choses. C'était vraiment hyper beau comme guide. Et puis tout ça dans Phnom Penh, quoi. Oui,

  • Speaker #0

    pas à cÎté de chez vous. Un univers complÚtement différent, mais qu'elle connaissait et que toi, non. Et donc, comme tu l'as dit, c'est elle qui t'a guidée, au début en tout cas. Et donc, l'idée, c'était de partir explorer à votre tour, tous les trois.

  • Speaker #1

    Alors, moi, mon idĂ©e, ce n'Ă©tait pas ça. Moi, mon idĂ©e, c'Ă©tait de les rejoindre. Et je me suis dit, bon, je suis malade. Je suis vraiment partie avec cette idĂ©e-lĂ , donc avec un gros sac et tout ça, en me disant, je me mets Ă  les rejoindre Ă  Stumpen parce que c'est plus simple. Mais aprĂšs, on remonte. Donc, le foyer Ă©tait au nord de Siem Reap, nord-est. VoilĂ , je me suis dit, on se posera lĂ -bas, deux semaines, le temps que je rĂ©cupĂšre, trois semaines, et puis aprĂšs, on ira se balader. Mais j'avais vraiment cette idĂ©e-lĂ . Je partais avec l'idĂ©e que j'avais vraiment un trĂšs gros sac. Et puis, moi, j'Ă©tais trĂšs lourde. Et en fait... on se retrouve Ă  Phnom Penh et eux ils avaient fait une nuit de bus quand mĂȘme et lĂ  mon frĂšre me dit mais en fait on peut pas du tout faire ça il m'explique que tous les voyages prennent du temps au Cambodge du coup on avait choisi de pas prendre l'avion dans le pays il m'a dit mais en fait le moindre dĂ©placement ça va nous prendre une journĂ©e donc vu qu'on est Ă  Phnom Penh on reviendra pas Ă  Kampot aprĂšs on reviendra pas sur le sud du pays donc si tu veux voir le sud du pays faut y aller maintenant et du coup lĂ  ça ne ressemblait plus du tout Ă  ce que j'avais prĂ©vu et moi du coup ça a fait un petit cĂŽtĂ© oui mais moi je suis malade alors du coup je peux pas faire ça mais du coup j'ai plus ça. Je me suis dit, ah, j'ai envie de voir ça. Donc, on va voir ça. On est allĂ© dans le sud de l'Ăźle, dans le sud du pays. On est allĂ© Ă  Kampot. Donc, on est descendu. On est allĂ© Ă  Kep. Et en fait, Ă  chaque fois, on restait deux, trois jours. On s'est dit, bon, maintenant, tu veux aller oĂč ? Bon, maintenant, tu veux aller oĂč ? Et au final, on a fait trois semaines d'itinĂ©rance et on s'est posĂ© peut-ĂȘtre trois ou quatre jours seulement au foyer avant d'aller Ă  Bangkok et repartir. Au final, j'ai fait un sĂ©jour complĂštement itinĂ©rant, mais vraiment Ă ... Moi, je sais qu'Ă  un moment, j'ai dit « Bon, ben lĂ , il faudrait peut-ĂȘtre y aller. » Puis on s'est dit « Ouais, mais quand mĂȘme, ce serait dommage de passer Ă  cĂŽtĂ© de ça. » Ouais, t'as raison. Malou, elle, elle avait fait ses liens dans le foyer. Donc du coup, quand elle est venue me chercher, elle avait aussi l'idĂ©e qu'elle allait retourner au foyer. En fait, elle est partie en se disant qu'elle aurait encore plein de temps Ă  vivre des choses au foyer. Et en fait, comme on a vĂ©cu plein de choses en voyage, du coup, il restait trĂšs peu de temps au foyer. Et voilĂ , du coup, elle a la frustration de ça.

  • Speaker #0

    Alors, si on... On reprend un peu justement ce voyage qui n'Ă©tait pas prĂ©vu, cette partie du voyage qui n'Ă©tait pas prĂ©vu tout de suite, et pour le bien finalement. Comment ça s'est passĂ© ? Raconte-nous oĂč vous ĂȘtes allĂ©s. Donne-nous un petit peu de dĂ©tails, d'ambiance, de paysages, comment s'imaginent les lieux ?

  • Speaker #1

    Alors dĂ©jĂ , Ă  Phnom Penh, dĂšs le lendemain, j'ai voulu aller sur l'Ăźle de la Soie, qui est une Ăźle sur le Mekong. Et en fait, c'est trop marrant, on est dans la ville, mais en fait, on traverse avec un bac le fleuve, on arrive. et en fait lĂ  on est en milieu rural vraiment avec la route en terre que des motos, pas de voiture peut-ĂȘtre des cyclos, je suis mĂȘme pas sĂ»re les chiens qui aboient quand mĂȘme parce qu'ils sont pas habituĂ©s Ă  avoir des piĂ©tons quand mĂȘme les gens qui hallucinent parce qu'on marche et qu'on monte pas sur une moto et lĂ  c'est un village de, alors je vais dire tisserands mais c'est pas ça, ils font des tissus voilĂ  donc ça c'Ă©tait vraiment aussi le calme, c'Ă©tait bien d'avoir le calme lĂ , de pouvoir ĂȘtre au calme et pas que dans la ville ... Et puis, en fait, les couchers de soleil, qui Ă  la fois ne sont pas des couchers de soleil, parce qu'on a rarement vu les couchers de soleil, parce qu'ils sont dans une sorte de nuage incroyable. Mais en mĂȘme temps, cette lumiĂšre trĂšs, trĂšs particuliĂšre, rose-orange, trĂšs tamisĂ©e, en fait. Au bout de deux, trois jours, on est allĂ©s sur Campot. Et lĂ , on Ă©tait dans une sorte de guest house. mais qui Ă©tait sur le bord de la riviĂšre. Donc lĂ , on s'est vraiment rĂ©veillĂ©s au calme avec les oiseaux que je ne connaissais pas, en fait. Des champs d'oiseaux. VoilĂ , c'Ă©tait vraiment hyper beau. LĂ , on a fait du kayak. J'avais envie de faire des choses trĂšs calmes aussi. Et puis en mĂȘme temps, j'avais aussi besoin de faire de la rĂ©Ă©ducation. Donc on a fait du canoĂ« sur cette riviĂšre-lĂ , dont j'ai perdu le nom. Mais c'est pareil, du coup, ça, c'Ă©tait une façon de dĂ©couvrir la campagne environnante. Et puis aussi de se retrouver, parce qu'il y avait ça aussi. Il y avait nous trois, se retrouver loin. de la France, pas ? Il y avait un parc naturel aussi de Beaucorps oĂč lĂ , j'ai vu mes premiers singes !

  • Speaker #0

    Ah ouais, mais Malou, elle n'aime pas les singes.

  • Speaker #1

    Oui ! Donc c'Ă©tait aussi montĂ©. Alors moi, ça c'est mon loupĂ©, je n'ai pas rĂ©ussi Ă  conduire de moto. J'ai essayĂ©, mais j'ai eu trop peur. Du coup, ça c'est mon ratĂ©. Donc du coup, on Ă©tait Ă  trois sur une moto. Mais lĂ , Malou, elle Ă©tait capable de s'endormir sur une moto, mĂȘme si on Ă©tait Ă  trois. Et la chose trĂšs particuliĂšre, c'est qu'elle lui provoquait aussi des... des envolĂ©es philosophiques sur la vie, la mort, tout ça, ce qui Ă©tait trĂšs intĂ©ressant. Mais sur une moto, ça faisait beaucoup de bruit aussi. Mais elle, ça la mettait dans des Ă©tats de trance. Et lĂ , du coup, effectivement, j'ai vu mes premiers singes qui Ă©taient au milieu de la route, qui Ă©taient habituĂ©s. Et puis Malouk avait eu un peu peur, mais voilĂ .

  • Speaker #2

    Il y avait un singe qui donnait la main comme s'il voulait qu'on lui donne des fruits.

  • Speaker #1

    Donc là, c'était aussi mon premier temple, le premier temple que je voyais, les premiers moines qui m'ont aussi mis dans une autre dimension aussi, je pense. Il y avait cette beauté-là, en fait, la beauté des sculptures, qui moi, en plus, ce n'est pas du tout dans mon univers, du coup, je ne connais pas du tout, mais du coup, c'était trÚs esthétique. Je trouvais ça beau.

  • Speaker #0

    C'est beau aussi d'avoir cette notion de retraite, de ces personnes qui font des retraites, qui se retirent du monde, etc. C'est important d'avoir ça. Et puis aprĂšs, on est allĂ©es Ă  Kep, Ă  la plage, dans le golfe. Bon, lĂ , j'Ă©tais un peu fatiguĂ©e quand mĂȘme. Mais Kep, c'est la ville du crabe. Et ça, c'Ă©tait trop gĂ©nial parce que moi, je me suis posĂ©e Ă  l'hĂŽtel et eux sont allĂ©s en ville, je les ai rejoints. Et donc lĂ , je marchais Ă  travers la ville et d'un coup, je vois cette immense crabe, symbole de la ville, dans la mer. Et lĂ , je me dis... « Wow, ce soir, je mange un crabe, ce sera ma vengeance sur le crabe du cancer ! » GĂ©nial ! C'est complĂštement incroyable. D'un coup, je me suis dit « Mais c'est ça que je suis en train de faire, je vais prendre ma revanche ! » Et donc, le crabe de Kep est trĂšs trĂšs bon. Donc, on a fait les trucs un peu touristiques de manger du crabe, manger du poivre vert, du crabe au poivre vert, parce qu'il y a des plantations de poivriers aussi trĂšs intĂ©ressantes.

  • Speaker #1

    Tu savais que vous alliez aller lĂ  ? C'Ă©tait... fait entre guillemets exprĂšs cette...

  • Speaker #0

    Non, pas du tout. C'est fou ! Pas du tout. On s'est dit, quand pote, aprĂšs moi j'Ă©tais lĂ , on va aller Ă  Coran ou Coran de Saloam, les grosses Ăźles. Et puis aprĂšs lĂ , quand j'ai rĂ©alisĂ© ce temps, en fait c'Ă©tait ça, c'Ă©tait qu'on n'avait pas, je ne pouvais pas faire des trop longs voyages. Donc du coup, je me suis dit, maintenant je ne vais pas faire une demi-journĂ©e de bus pour aller sur une Ăźle. Regarde lĂ , sur la carte, il y a une Ăźle, elle est toute petite, elle s'appelle Kotonou SaĂŻe, et l'Ăźle du Lapin. Il m'a dit, ah bah oui, les enfants du foyer, ils sont allĂ©s, moi je ne connais pas. Et c'Ă©tait vraiment en descente vers le sud. On allait tout droit vers le sud. C'Ă©tait en pote, quĂȘte. Et on savait qu'Ă  quĂȘte, on pourrait sĂ»rement prendre un bateau pour aller sur Cotonside. Mais je n'avais pas du tout pensĂ© au fait qu'il y avait du crabe Ă  quĂȘte.

  • Speaker #1

    Le hasard, la symbolique, c'est génial. Est-ce que tu l'as vraiment conscientisé comme ça ? Tu t'es dit, c'est l'occasion symboliquement de me venger de ce cancer.

  • Speaker #0

    Oui, et en mĂȘme temps, avec toujours cette idĂ©e un peu d'humour. Pourquoi ? Ah ouais, la bonne blague, je suis lĂ  en train de marcher, en train de me dire, ah c'est drĂŽle ces vaches qui traversent la route, ah c'est drĂŽle ces poules qui sont en libertĂ©, ah c'est drĂŽle ça, enfin vraiment je regarde tout et lĂ  d'un coup je vois cet Ă©norme crabe et je fais, non, c'est pas vrai, c'est gĂ©nial quoi ! C'Ă©tait quand mĂȘme lĂ  oĂč je devais aller me baigner en fait aussi, oĂč je m'Ă©tais dit, bon c'est vrai que je vais pourquoi pas aller me baigner lĂ -bas pour la premiĂšre fois, me baigner avec un seul sein, qu'est-ce que ça peut faire ? Eh ben c'est la plage oĂč il y a un crabe, c'est gĂ©nial ! C'est incroyable,

  • Speaker #1

    incroyable. Et alors tu t'es baignée ?

  • Speaker #0

    Je me suis baignĂ©e Ă  Koton Sai quand on a pris le bateau le lendemain. Et alors lĂ , du coup, on va regarder le port. On ne savait pas du tout comment on pouvait traverser. On va voir et lĂ , c'est un mini-port. Et lĂ , il y a des carcasses de bateaux dans le mini-port. Il y a des bateaux qui sont coulĂ©s. Je me suis dit, c'est bien. L'Ăźle, elle est vraiment... Il n'y a mĂȘme pas une demi-heure de traversĂ©e en bateau Ă  moteur. On la voit. Mais lĂ , je fais, ah ouais, quand mĂȘme, les bateaux, ça va ĂȘtre... Et voilĂ , du coup, le lendemain, on est partis en bateau. On a dĂ©couvert cette Ăźle. Donc, on a pris ce bateau. Il y avait des travaux, il va y avoir un port, mais il n'y a pas de port pour arriver sur l'Ăźle. Donc on arrive, le bateau se pose sur la plage. Enfin, il ne se pose pas, il s'arrĂȘte. Mais du coup, il faut sauter dans l'eau. Il faut descendre dans l'eau et puis on arrive les pieds dans l'eau sur la plage. Donc moi, tout ça, les palmiers, je ne connaissais pas. C'Ă©tait trop bien. Et voilĂ , et lĂ , effectivement, d'abord, ils sont allĂ©s se baigner. AprĂšs, moi, j'y suis allĂ©e, lĂ , avec un t-shirt. Et puis sur l'autre... parce que vraiment l'Ăźle elle est faite de telle sorte que lĂ  oĂč on arrive il y a les choses un peu plus touristiques mais qui sont vraiment c'est plutĂŽt des cambodgiens qui viennent lĂ  plutĂŽt le week-end, des petits bergalos des Ă©tals quand mĂȘme pour faire des massages et puis des restos tout donne sur la plage en fait il y a vraiment une seule rue mĂȘme pas une rue et de l'autre cĂŽtĂ© de l'Ăźle ce qui n'Ă©tait pas encore construit lĂ  il y avait des plages plus sauvages et lĂ  j'ai pu me baigner vraiment assumer ma cicatrice au moins devant mon frĂšre je me suis assurĂ©e qu'il n'y avait personne mais aussi par respect À l'aspect de... LĂ -bas, les femmes se baignaient plutĂŽt en t-shirt. Donc, je n'allais pas, moi, me faire... Ce n'Ă©tait pas lĂ  que j'allais assumer d'avoir un seul sein.

  • Speaker #1

    Et alors ? Comment ça s'est passé ?

  • Speaker #0

    Oui, c'Ă©tait trop bien. C'Ă©tait trop bien. C'Ă©tait trop bien parce qu'il Ă©tait 17h30, que le soleil se couchait, que c'Ă©tait rose, que l'eau Ă©tait chaude, que tout Ă©tait chouette.

  • Speaker #1

    Est-ce que tu t'es... Une fois que tu étais dans l'eau, tu t'es dit, OK, ça va le faire. Maintenant, ça va aller.

  • Speaker #0

    Non, j'Ă©tais vraiment lĂ  maintenant. Je suis vivante en fait, et ça je peux le vivre. Et je pense peut-ĂȘtre aussi dans ce voyage, il y avait des fois des moments oĂč j'aurais pas Ă©tĂ© malade, peut-ĂȘtre je me serais pas offerte ce voyage-lĂ , peut-ĂȘtre il y avait ça aussi. Moi, je suis vivante.

  • Speaker #1

    Et c'est ça le plus important. J'ai pas les mots en fait. J'Ă©coute ce que tu me dis, cette force que tu as, ces moments imprĂ©gnĂ©s dans ta mĂ©moire, toutes les symboliques que t'as pu avoir. Kiffer le moment prĂ©sent, c'Ă©tait... T'as raison, c'Ă©tait ce qu'il y avait de mieux Ă  faire. Donc un beau moment. Ça, c'est fait. On passe Ă  autre chose.

  • Speaker #0

    Oui. Bon, lĂ , j'ai commencĂ© Ă  avoir un peu aussi des troubles gastriques. Mais en mĂȘme temps, il y avait un cĂŽtĂ©. Ah oui, je connais ça, d'avoir ça. Je connais. Mais en fait, c'Ă©tait bien aussi de pouvoir rĂ©imprimer que quand on a la nausĂ©e ou quand on a autre chose gastrique que je ne vais pas dĂ©tailler lĂ , c'Ă©tait comme rĂ©infraire dans mon corps. Ça peut ĂȘtre autre chose que des effets secondaires de la chimio. Ça peut ĂȘtre aussi liĂ© Ă  du voyage. Donc du coup, j'Ă©tais lĂ . OK, j'ai ça. Ce n'est pas pratique, mais ce n'est pas non plus si grave.

  • Speaker #1

    Et puis, ça fait partie du voyage.

  • Speaker #0

    Oui. Oui, mais du coup, c'était bien parce que ça remettait. Ah bah ça aussi, je peux me le réapproprier en mettant autre chose que les épisodes en arca.

  • Speaker #1

    C'est bien de voir le cĂŽtĂ© positif des problĂšmes gastriques. Bon, alors aprĂšs, vous allez oĂč ? Vous faites quoi ?

  • Speaker #0

    Et alors aprĂšs, ça, c'Ă©tait un truc dans l'avion ou dans le guide, en lisant le guide. Je m'Ă©tais dit, ah ouais, il y a des Ă©lĂ©phants lĂ -bas. Allez, ce serait bien d'aller voir des Ă©lĂ©phants. Donc ça, c'Ă©tait un peu mon truc de me dire, surtout que mon frĂšre ne fait pas du tout les choses organisĂ©es pour les touristes. plutĂŽt un truc qui l'exĂšcre. Donc lĂ , j'Ă©tais lĂ , bon, allez, on fait ça, on ne fait pas ça. Allez, je t'emmĂšne lĂ , je ne t'emmĂšne pas lĂ . Donc, je dis, oui, je vous offre ça. Ça marchait bien. Et lĂ , on est allĂ© dans le monde d'Alkiri, donc Ă  la frontiĂšre. Donc lĂ , on a pris le bateau, on a pris le train. Et c'est vrai que ça, c'Ă©tait trop bien. Le train au Cambodge qui est hyper lent, qui fait Ă©normĂ©ment de bruit, qui est hyper polluĂ©. AprĂšs, on est tout noir.

  • Speaker #1

    Et ça, c'est bien.

  • Speaker #0

    Ouais, quand mĂȘme. Quand mĂȘme, parce que ce qu'on regarde par la fenĂȘtre en mĂȘme temps, c'est juste gĂ©nial. C'est super d'ĂȘtre lĂ . Et puis, c'est quand mĂȘme incroyable. C'est qu'il y a, en fait, les passages Ă  niveau. Le train, il klaxonne Ă  chaque fois qu'il croise une route parce qu'il n'y a pas de passage Ă  niveau, quoi. C'est hallucinant.

  • Speaker #1

    C'est toi de trĂšs bruyant, effectivement.

  • Speaker #0

    Je ne l'ai pas dit, mais en fait, je pense que sans mes boules caisses, je n'aurais pas survĂ©cu. Et c'est vrai que plusieurs fois, j'ai dĂ» mettre des boules caisses quand mĂȘme dans ce voyage. VoilĂ , lĂ , on a dormi Ă  Phnom Penh et on a pris un minibus le matin pour le Mont d'Olkery. Donc lĂ , c'Ă©tait vraiment les montagnes, en fait. Les petites montagnes, on va dire, plutĂŽt. alors que tout le reste du pays nous paraissait trĂšs plat. Et lĂ , on est allĂ©s au Mondolkiri Project qui est en fait une rĂ©serve pour des Ă©lĂ©phants. LĂ , ils Ă©taient trois Ă©lĂ©phants qui ont Ă©tĂ© repris en fait. Ils les ont rĂ©cupĂ©rĂ©s et ils leur font un sanctuaire. Ils rĂ©cupĂšrent des Ă©lĂ©phants qui ont Ă©tĂ© maltraitĂ©s pour diffĂ©rentes raisons et ils leur font un sanctuaire et c'est en lien avec la communautĂ© buong qui est lĂ -bas et qui ne parle pas Khmer d'ailleurs. Donc Ă  leur propre... culture, on va dire. Et du coup, c'est un lien entre cette communautĂ© pour lutter contre la dĂ©forestation. Il y a des leaders, on va dire, qui ont dĂ©cidĂ© d'impliquer la communautĂ© dans le tourisme pour valoriser le fait que la forĂȘt, ce n'est pas seulement une ressource Ă  exploiter pour du bois, pour la matiĂšre bois, mais en utilisant quelque part le tourisme, ça maintient la forĂȘt en place. Et du coup, le sanctuaire des Ă©lĂ©phants. Moi, je voulais aller lĂ -bas. Il y a des Ă©cologe qui sont hyper chouettes et pas trĂšs chĂšres. Ça, quand mĂȘme, c'est peut-ĂȘtre une info. C'est que le premier hĂŽtel oĂč on s'est retrouvĂ©s, mon frĂšre avait pris une chambre familiale. On ouvre et en fait, il y avait un grand lit. Moi, ça faisait, je pense, 35 ans que je n'avais pas dormi dans le mĂȘme lit que mon frĂšre. Et en fait, j'ai fait. On s'est regardĂ©, on a dit, non. Et en fait, c'est vrai que la chambre familiale lĂ -bas, le premier prix des chambres n'est vraiment pas cher. Et mais en fait. eux ils dorment dans le mĂȘme lit la famille dort dans le mĂȘme lit c'est des grands grands lits plus grands que les nĂŽtres mais c'est vrai que moi j'avais besoin encore d'avoir mon espace toute seule du coup on a pris un peu plus haut de gamme en prenant des lits sĂ©parĂ©s ce qui se fait pas trop en fait lĂ  mais voilĂ  mĂȘme ça c'Ă©tait trĂšs trĂšs accessible donc il y a des Ă©cologes et le lendemain on partait Ă  8h30 je crois pour aller dans la jungle rencontrer les Ă©lĂ©phants les nourrir les soigner se baigner avec les Ă©lĂ©phants et lĂ  on a dormi dans la jungle en hamac dans la jungle et le lendemain j'avais pris une demi-journĂ©e de rando dans la jungle pour trouver une cascade et lĂ  on Ă©tait tellement sonnĂ©s qu'on est encore restĂ©s un petit peu Ă  l'Ă©cologe c'Ă©tait un appel franchement je sais pas pourquoi vraiment mais en fait je veux voir des Ă©lĂ©phants et il y avait un cĂŽtĂ© je suis un caprice ou pas ? la rencontre de ça va aller ce que tu me disais tout Ă  l'heure franchement lĂ  quand j'Ă©tais dans la riviĂšre et que l'Ă©lĂ©phant est arrivĂ© LĂ , ça m'a vraiment fait « je suis vraiment en train de vivre ça dans ma vie, mais je veux que ça s'inscrive dans chacune de mes cellules et je veux cette force-lĂ  de cette Ă©lĂ©phante-lĂ , encore une fois, qui a effectivement vĂ©cu des choses trĂšs difficiles avant d'arriver lĂ . Il y a eu un calme, une rencontre, une force qui a menĂ© cette Ă©lĂ©phante-lĂ . Je veux m'imprĂ©gner de ça pour la suite. »

  • Speaker #1

    Et ces éléphantes, on est d'accord que... Dans cet endroit, personne ne monte dessus. C'est vraiment respectueux. Elles ont suffisamment subi ailleurs pour qu'on les laisse tranquilles.

  • Speaker #0

    Ah oui, bien sûr. Elles ont leur Cormac, je crois. Elles ont chacun un Cormac qui s'occupe d'elles. Pour le tourisme, nous, on arrive le matin là, et puis en fait, ils nous donnent des bananes, des régiments de bananes, pour nourrir, en fait. Mais comme elles ont déjà chacune, là, il y en avait trois, elles ont chacune une façon différente d'accepter la nourriture. Et du coup, il y a vraiment ce respect qui est mis en place. En fait, elles ont vécu ça, elles ont cet ùge-là. C'est à nous de nous adapter à elles. Et puis, si elles ont envie de venir, elles ne viennent pas.

  • Speaker #1

    Encore un moment fort. Il va bien falloir partir aussi de cet endroit.

  • Speaker #0

    Nous, on avait pris... On savait qu'on y allait pour deux jours. AprĂšs, on est restĂ©s trois jours parce qu'il fallait faire des lessives. DĂ©jĂ , des choses trĂšs magiques. Ben voilĂ , on s'est dit, oh non, on ne va pas repartir lĂ . On a dormi dans la jungle cette nuit. Ce soir, on redore Ă  l'Ă©cologe. Il y avait aussi cette recherche de repĂšres. Je pense pour intĂ©grer aussi, c'Ă©tait tellement Ă©norme. On s'est dit, on ne repart pas tout de suite. Mais en fait, on est repartis le lendemain, tranquillement. On a hĂ©sitĂ© Ă  aller au nord-est, donc sur le Ratanakiri. On n'avait pas assez de temps. parce que je savais que le ratanakiris allait demander aussi de prendre le temps d'aller dans la jungle de prendre le temps de... et du coup c'Ă©tait plusieurs journĂ©es pour dĂ©couvrir et il y avait les dauphins de l'Iradaway sur le Mekong, c'Ă©tait lĂ  des touristes qui nous ont dit ça lĂ -bas quand on Ă©tait avec des Ă©lĂ©phants qui venaient de lĂ  et je me suis dit c'est vrai que les dauphins lĂ  ils ont l'air c'est des dauphins trĂšs particuliers qui sont en voie d'extinction il faut aller les voir et soit on remontait, je sais plus comment ça s'appelle vraiment Ă  la frontiĂšre avec le Laos ... Et puis encore une fois, on s'est dit, oui, ou autrement. Et lĂ , on est allĂ© Ă  Tung Treng, donc par un voyage qui Ă©tait Ă©prouvant. En fait, voyager en minibus avec des Cambodgiens, c'Ă©tait vraiment bien aussi. On rencontrait les gens, c'est des voyages longs aussi. Donc, je me souviens d'une maman avec son bĂ©bĂ© qui allait dans un hĂŽpital et qui allait chercher des soins. C'est vrai que nous, en fait, on n'a pas cette dimension-lĂ . LĂ , c'Ă©tait important de dire, ah oui, lĂ , forcĂ©ment, quatre heures de minibus, ce n'est pas la mĂȘme. VoilĂ , il y avait comme des rencontres qui se faisaient aussi Ă  cet endroit-lĂ  aussi, quand mĂȘme, dans les minibus. On est arrivĂ©s sur Stong Trang avec l'idĂ©e qu'on voulait aller voir des dauphins, mais on ne savait pas comment. J'avais des infos sur Lonely Planet qui disaient qu'il y avait un Mekong Trail qui avait Ă©tĂ© mis en place Ă  un moment oĂč on pouvait faire canoĂ«, vĂ©lo, etc. pour descendre le Mekong. Et on ne trouve pas trop d'infos, mais ça, ça datait d'avant le Covid. Et donc, du coup, on ne trouve pas. Et on finit par trouver un loueur de kayak qui ne nous loue rien, mais qui nous dit oui, vous pourriez aller sur cette Ăźle-lĂ , sur CoprĂ©a. Normalement, vous pourriez ĂȘtre accueillis. c'est tout en fait il referme sa porte on se dit ah oui c'est tout il nous dit que ça on a trouvĂ© comment retrouver cette Ăźle lĂ  mais sans du tout savoir ce que ça allait donner on y est allĂ© en taxi en fait le taxi nous dĂ©pose Ă  un endroit oĂč il n'y a rien mais vraiment rien sur le bord du Mekong certes mais lĂ  c'est marrant avant il y avait comme un port mais lĂ  il n'y a plus rien et on se dit oui mais du coup tu peux nous dĂ©poser ailleurs du coup il reprend la voiture et nous dĂ©pose et lĂ  il y a un bac qui attendait qui est vraiment fait de planches enfin vraiment trĂšs trĂšs trĂšs rudimentaire et mĂȘme eux sont mais il y a quelques personnes qui attendent lĂ  pour faire la traversĂ©e vers l'Ăźle. Et lĂ , comme toujours, en fait, comme dans tous les endroits oĂč on est allĂ©s, les gens sont trop heureux de nous voir parce qu'ils sont trop Ă©tonnĂ©s de voir des touristes Ă  cet endroit-lĂ , de voir des Blancs Ă  cet endroit-lĂ . Et en plus de voir une petite fille qui leur parle en Khmer, qui leur dit bonjour en Khmer. LĂ , du coup, les gens, ils sont vraiment, vraiment joyeux, quoi. Ils rigolent comme moi, je rigole de toutes les blagues que nous rĂ©serve ce voyage. On traverse en essayant d'expliquer qu'on aimerait bien dormir sur l'Ăźle. Et lĂ , on ne comprend rien Ă  ce qu'ils nous disent. Ils nous dĂ©barquent. avec tout le monde qui part du coup en moto. Et lĂ , on ne sait pas ce qu'on fait. On arrive sur l'Ăźle et il y a des champs. Et heureusement, Google Maps nous dit qu'il y a des habitations de l'autre cĂŽtĂ© de l'Ăźle. Il est 13h, il y a une demi-heure de marche. On se dit, bon, on n'a plus qu'Ă  faire ça, on marche, on traverse. Et lĂ , mais vraiment, on ne savait pas. Et puis lĂ , Malou, elle arrivait vraiment en fatigue et tout. Donc, c'Ă©tait Ă©prouvant. Et au bout de 25 minutes de marche, donc au fond, c'est facilement. Mais avec le doute, c'Ă©tait trĂšs, trĂšs long. LĂ , il y a un monsieur qui vient nous chercher en mobilette. qui vient nous chercher qui est en scooter pardon et qui vient et qui parle Ă  mon frĂšre je comprends rien et mon frĂšre me dit bon bah c'est bon vous pouvez monter avec lui je vous rejoins comment ça ?

  • Speaker #1

    tu ne viens pas ?

  • Speaker #0

    ouais bah non il n'y a pas la place je vous rejoins et en fait il nous emmĂšne dans une famille aprĂšs il a recherchĂ© mon frĂšre donc on est restĂ© que 20 minutes peut-ĂȘtre seul mais lĂ  c'Ă©tait pas trop seul la famille nous accueille en fait c'est une Ăźle oĂč effectivement ça faisait partie du Mekong Trail oĂč il y avait des homestays des endroits pour vivre chez l'habitant dormir passer quelques nuits chez l'habitant. LĂ , par exemple, il devait y avoir cinq familles, je pense, qui Ă©taient rĂ©fĂ©rencĂ©es. Et l'organisation ultime d'avant le Covid, c'Ă©tait que suivant la semaine oĂč on arrivait, ils nous disaient, lĂ , cette semaine, c'est telle famille qui accueille. La rĂ©tribution Ă©tait repartagĂ©e, en fait. Bon, lĂ , du coup, ils n'avaient pas vu de touristes depuis trois ans, donc voilĂ . Mais ils ont tout dĂ©gotĂ©, nous ont trouvĂ© la maison, la famille. Ce que j'ai apprĂ©ciĂ©, c'est que ce n'Ă©tait pas des familles... nuclĂ©aire en fait au Cambodge, c'est pas le pĂšre, la mĂšre et les enfants en fait. On sait pas trĂšs bien si c'est une tante, si c'est un oncle, si c'est une grand-mĂšre, si c'est un petit-fils. Et ça c'Ă©tait vraiment royal parce que Ă  cet endroit-lĂ , personne ne nous renvoyait aussi « Ah bon vous ĂȘtes frĂšres, frĂšres et sƓurs, c'est trop bizarre » . Personne, en fait ils acceptaient lĂ -bas, c'Ă©tait ok. C'Ă©tait « Ah oui ok, d'accord trĂšs bien » . C'Ă©tait logique en fait que ça se passe comme ça, ça c'Ă©tait intĂ©ressant pour nous aussi. Et donc lĂ , l'homme de la maison travaillait quand on est arrivĂ©s, donc pendant deux jours on a Ă©tĂ© en plus. accueillis par des femmes. Donc nous, on Ă©tait... Enfin, il y avait un petit dĂ©calage qui se faisait avec mon frĂšre. Il avait dĂ©jĂ  vĂ©cu dans d'autres pays, mais lui, en fait, en tant qu'homme, il n'Ă©tait pas accueilli pareil que nous. Il y avait des choses oĂč elle se libĂ©rait plus. Les femmes, c'Ă©tait vraiment aussi hyper fort. Elle ne parlait pas l'anglais, elle ne parlait pas le Khmer ou trĂšs peu de Khmer. Si, elle parlait le Khmer, mais du coup, trop peu pour que j'arrive Ă ... Enfin, moi, je ne parlais pas pour qu'on me puisse parler. Donc du coup, ça donnait un truc...

  • Speaker #1

    Le langage des signes.

  • Speaker #0

    Ouais, que dans le non-verbal.

  • Speaker #1

    Le truc inattendu et complĂštement fou.

  • Speaker #0

    Bah oui, on se retrouve lĂ . on va marcher et lĂ  du coup c'est une Ăźle donc il n'y a pas de lĂ  ça faisait en mĂȘme temps camping tranquille en fait parce qu'il n'y avait pas de voiture il y avait peut-ĂȘtre une voiture sur l'Ăźle sinon tout le monde Ă©tait Ă  moto et en fait c'Ă©tait trĂšs trĂšs calme et du coup les chiens n'aboyaient pas en voyant des marcheurs parce qu'il y avait beaucoup de marcheurs aussi enfin les gens marchaient se dĂ©plaçaient comme ça mais vraiment on va marcher le premier jour une heure et demie deux heures on revient du coup il n'y avait un peu qu'une rue on avait l'impression on revient et donc tout le monde nous dit hello hello what's your name hello hello what's your name hello hello what's your name mais Bon, peu importe ce qu'on rĂ©pond, c'est la prĂ©sentation. Et donc, du coup, en revenant, les gens parlaient entre eux. Et mon frĂšre me dit « Ah bah attends, lĂ  c'est bon, tout le village est au courant. Ils sont en train de dire que je suis ton frĂšre, qu'elle a 8 ans, qu'elle a ça, elle a ça, elle a ça. » Et en fait, il chopait les bouts de conversation. Ça avait vraiment bien fonctionnĂ©. Tout le monde nous connaissait alors qu'on avait parlĂ© Ă  une seule famille. Et lĂ , Malou, du haut de ses 8 ans, a repĂ©rĂ© une petite boutique de rien du tout. Et elle s'Ă©tait mise en tĂȘte d'acheter des chewing-gums. Et donc le lendemain, au moment de la sieste qui est obligatoire lĂ -bas, ça c'est vraiment aussi un pays trop bien quand on est en rĂ©mission, c'est qu'il y a des hamacs partout et des siestes obligatoires. Ça c'est trĂšs trĂšs bien. Et elle, elle ne voulait pas faire la sieste. Elle a dit, moi je vais chercher des chewing-gums. Donc nous, on savait qu'il y avait au moins 40 minutes de marche avant la boutique quand mĂȘme. Et mais encore une fois, elle dit ça. Donc nous on dit, on dit non, on ne dit pas non, c'est sĂ©cure, ce n'est pas sĂ©cure. Puis en fait, on se regarde et on dit, en fait, quoi qu'il lui arrive, on le saura en deux minutes. Ça va aller tellement vite et on sentait vraiment cette bienveillance. En fait, c'est vrai que ça, c'Ă©tait vraiment trop bien. Ce qui fait qu'on la laisse partir, c'est pour ça l'effet camping. OK, vas-y. Moi, dans toutes ces expĂ©riences-lĂ , je me dis, ouais, super. Et puis aprĂšs, il y a quand mĂȘme des petits trucs qui se rĂ©veillent en moi, de maman, de... Je deal avec ça Ă  l'intĂ©rieur de moi. Puis en fait, elle revient au bout d'une demi-heure, sans chewing-gum, en nous disant, oh non, mais j'avais peur que vous vous inquiĂ©tez, mais je n'ai pas pu avancer plus de 500 mĂštres parce qu'en fait, tout le monde m'invite Ă  boire de la soupe, Ă  manger des fruits, de l'ananas et tout. Je suis allĂ©e dans toutes les maisons. AprĂšs, il y a quelqu'un qui me demande ce que je fais. Il me parle en anglais. Mais comment ça va ? Et du coup, Ă  la fin, j'en ai trop marre. Je rentre. C'Ă©tait incroyable. En 24 heures, c'est lĂ  qu'on s'est dit qu'on allait rester encore une journĂ©e de plus. Parce que les enfants venaient la chercher pour aller jouer Ă  l'Ă©cole. C'est gĂ©nial, l'Ă©cole est ouverte. C'Ă©tait un week-end. L'Ă©cole Ă©tait ouverte. Les enfants allaient jouer dans la cour d'Ă©cole et aussi dans la classe, pour faire la classe. C'Ă©tait vraiment lĂ  oĂč on s'est posĂ©. On avait vraiment l'impression... En plus, on est rentrĂ©s chez Descmer, c'est encore autre chose qu'on a Ă©tĂ© accueillis dans une famille. C'Ă©tait les maisons Ă  Ă©tage, c'est-Ă -dire que le rez-de-chaussĂ©e est tout ouvert. En fait, c'est des pilotis, c'est des maisons sur pilotis. On arrive, il n'y a pas de mur, il y a les pilotis de la maison. Et lĂ , la cuisine se fait dehors. Et il y a l'espĂšce de table sur laquelle on dort aussi pour la sieste. Il n'y a pas de matelas, mais en fait, on dort Ă  la tuile et Ă  bac. Et un grand escalier Ă  l'Ă©tage, je pense que c'Ă©tait plus pour la saison des pluies. parce qu'il y avait aussi une cuisine Ă  l'Ă©tage, mais lĂ , elle n'Ă©tait pas du tout exploitĂ©e. Et puis des chambres et encore un espace ouvert. Mais du coup, quand on est rentrĂ© dans l'espace privĂ© des chambres, c'Ă©tait encore plus incroyable. Et voilĂ , il fallait encore partir de lĂ . Et lĂ , mon frĂšre m'a dit... Enfin, il avait dit ça quand on Ă©tait venu en taxi parce qu'il savait qu'on n'allait pas forcĂ©ment rappeler le taxi. Et il m'a dit, c'est lĂ  que le voyage commence. Et effectivement, on est reparti. On ne savait pas comment on allait retourner Ă  Stuttgart oĂč on avait laissĂ© nos sacs dans l'hĂŽtel, etc. Et donc, on reprend le bac. lĂ  le trajet retour se fait trĂšs bien Ă  pied, on reprend le bac et lĂ  on se dit bon bah on rentre en stop et il m'avait dit je sais pas comment on va rentrer mais on va rentrer, ce que j'ai pas dit c'est que mon frĂšre en fait il avait dĂ©jĂ  fait la traversĂ©e de l'Afrique du Nord au Sud Ă  pied et en stop, donc du coup c'Ă©tait un peu des choses qu'il maĂźtrisait et lĂ  c'est un peu comme si j'Ă©tais vraiment rentrĂ©e dans son voyage aussi, dans sa façon de voyager il m'a dit je sais qu'on y arrivera, je sais pas comment mais je te garantis on y arrive, et puis lĂ  on marche il est 13h, il fait hyper chaud et il y a Ă©videmment pas de voiture Ă  cette heure lĂ  parce qu'on arrive presque sur l'heure de la sieste c'est la plus capable comme idĂ©e et Ă  un moment Il y a quand mĂȘme une voiture, on l'arrĂȘte, elle ne va pas au bon endroit. Je ne sais pas, c'Ă©tait vraiment presque dĂ©sertique. Je vois une moto qui part. Je me dis, bon, ce n'est pas grave, je peux monter avec Mel au-dessus. Je tĂąche le mec et tout ça pour lui dire, est-ce que tu pourrais nous emmener ? Et lĂ , mon frĂšre me crie, non, c'est bon, Marion, c'est bon, on ne repart pas avec lui. Et lĂ , il y a un tout plastique, je ne sais pas trop comment dire. Tu sais, les Ă©choppes ambulantes qui vendent tout et n'importe quoi. Du gel douche en portion individuelle et plein de... de vaisselle, etc. mais qui est accrochĂ©e Ă  l'extĂ©rieur en fait. Tout ça tirĂ© par une petite moto. C'Ă©tait incroyable, ça arrive trĂšs lentement et je vois que mon frĂšre sait qu'on va pouvoir monter dedans et que moi, en fait, mon frĂšre sait que j'adore ces trucs-lĂ . À chaque fois, je fais « Ah, c'est trop beau ! » Et lĂ , il nĂ©gocie et les gens nous emmĂšnent en fait dans ce magasin ambulant qui va Ă  10 km heure. Et lĂ , c'Ă©tait une expĂ©rience tellement gĂ©niale. LĂ  aussi, ça m'a fait « je suis dedans ! » Et en fait, pareil, cette personne-lĂ , la personne qui conduit, elle nous prend parce qu'on est sur la route et elle, elle n'a jamais voyagĂ© autrement que comme ça. Et en fait, Ă  un moment, elle se retourne pour nous montrer le ciel. Et je vois que comme moi, je rĂ©alise qu'on est au Cambodge, lui rĂ©alise qu'en fait, on a pris l'avion pour venir et qu'on est venu par l'avion. Et c'est comme deux rĂ©alitĂ©s qui se font. Ah ouais, c'est fou qu'on soit lĂ  ensemble. Ça dure une demi-heure et puis c'est tout, quoi. Il nous arrive dans une ville, on se dit bon bah allez on finit autrement, on va faire du stop autrement, c'Ă©tait hyper rapide comme stop et tout, c'Ă©tait gĂ©nial de nous faire en compte. AprĂšs on a quand mĂȘme Ă©tĂ© au temple d'Ankor, on est allĂ© Ă  Siam Rep, que mal vous connaissez dĂ©jĂ , et lĂ  on a rebranchĂ© un peu avec l'Occident quand mĂȘme, c'Ă©tait un peu moins route. Siam Rep on l'a fait Ă  vĂ©lo, on a pris une location Airbnb mais avec des vĂ©los, ça c'Ă©tait gĂ©nial parce que du coup c'est pareil, on n'Ă©tait pas dans les bruits, on a pu s'extraire, on avait les vĂ©los et les hamacs. DĂšs qu'il y avait besoin d'une pause, on se posait. C'Ă©tait vraiment de trĂšs belles dĂ©couvertes. Et puis, on est repassĂ© au foyer oĂč moi, lĂ , je dĂ©couvre oĂč Malou a vĂ©cu pendant un mois. Et elle est accueillie par des mĂšres d'accueil. C'est vraiment intĂ©ressant aussi qu'il y avait un internat pour les ados et les petits Ă©taient vraiment dans un foyer, dans une petite maison avec une mĂšre rĂ©fĂ©rente. Et du coup, je vois Malou qui est accueillie. Presque qu'elle Ă©tait un peu gĂȘnĂ©e d'avoir ses deux mĂšres en mĂȘme temps. C'Ă©tait trĂšs, trĂšs, trĂšs, trĂšs fort. et en mĂȘme temps c'est le moment des au revoir et voilĂ  ils partent tous les deux ils se dĂ©partent d'endroits oĂč mon frĂšre partait aussi quitter son boulot, Malou repartait vers la France et lĂ  moi j'avais envie de rester au Cambodge en vrai, j'avais envie de rester cette derniĂšre semaine au Cambodge et mon frĂšre me dit on va aller Ă  Bangkok, c'est bien si tu te remets dans quelque chose de plus occidental de plus urbain avant d'arriver Ă  Paris parce que sinon ça va ĂȘtre vraiment dur pour toi donc on a pris ce train trĂšs long qui va de PoypĂ©t Ă  Bangkok avec plein de viables infĂ©rieurs et Ă  Bangkok on a pu ... C'est vrai que du coup, moi, je ne m'Ă©tais pas rendu compte qu'en fait, on avait fait le musĂ©e d'Angkor quand mĂȘme, qui est trĂšs, trĂšs bien. Mais sinon, on n'avait pas du tout fait... En fait, on a fait tout ce voyage-lĂ  sans vraiment des musĂ©es, sans vraiment des trucs...

  • Speaker #1

    Ce n'est pas obligatoire.

  • Speaker #0

    Non, mais sauf que lĂ , d'arriver Ă  Bangkok, j'ai redĂ©couvert un centre culturel, voir des artistes qui s'emparent de l'histoire, etc. Et puis, du coup, c'Ă©tait bien quand mĂȘme qu'on se remette lĂ -dedans. Je crois qu'il avait raison. Puis en fait, Bangkok, c'est aussi gĂ©nial Ă  voir, Ă  dĂ©couvrir. et puis moi j'avais pas passĂ© le cap de manger des insectes donc ça je l'ai fait Ă  Bangkok, ce qui est quand mĂȘme important je l'ai fait parce que j'ai vu une jeune fille qui Ă©tait hyper stylĂ©e, qui mangeait une glace avec des insectes Ă  la sortie du lycĂ©e, je me suis dit ah non c'est trop stylĂ©, je vais le faire aussi ça fait pas envie ah oui c'Ă©tait bon, ce que j'ai pas rĂ©ussi c'Ă©tait les oeufs fĂ©condĂ©s mais bon, je me suis dit comme ça ce sera pour un prochain voyage donne toi des objectifs Et de lĂ , mon frĂšre nous a accompagnĂ©s jusqu'au dĂ©part pour Bangkok. Et lĂ , j'en ai un peu les larmes aux yeux de penser qu'on est rentrĂ©s en France. Il nous a fallu beaucoup de temps pour rentrer. C'Ă©tait trĂšs difficile. Et du coup, je suis trĂšs contente de raconter ce voyage, de te raconter ce voyage. C'est trĂšs, trĂšs difficile de raconter un voyage, je trouve. Et en fait, on n'a pas trop rĂ©ussi Ă  en parler aux amis. Il y avait juste le dĂ©calage. Il y a des choses qui sortent de temps en temps. Mais du coup, comme moi, j'adore Ă©couter les podcasts. LĂ , tu vois ta voix quand je t'ai entendue. J'ai dit « Oh oui ! » c'est comme sur les quatre-feuilles que tu la mets et j'adore voyager comme ça mais c'est vrai qu'en fait il faut du prendre ce temps-lĂ  Ă©norme qu'on a pris et voilĂ  et voilĂ  on a quittĂ© la lumiĂšre et la couleur pour revenir en France non je plaisante ça c'est le terme mais on a quand mĂȘme Ă©coute

  • Speaker #1

    j'ai été transportée dans ton voyage tu sais trÚs bien raconter les voyages il n'y a aucun souci en fait la seule question qui j'ai encore deux questions mais la premiÚre la plus importante c'est comment ça va aujourd'hui j'ai été tellement transportée

  • Speaker #0

    par ce voyage et qu'aprĂšs, j'ai fait un petit dĂ©ni de ma maladie. En fait, je suis en rĂ©mission du cancer, mais du coup, c'est une maladie trĂšs particuliĂšre qui reste en fait et avec laquelle on ne sait pas si ça va repartir, quand ça va repartir. Donc, ça laisse ça. Mais j'ai fait un dĂ©ni et en fait, je suis toujours sous traitement, mais je voulais vraiment faire comme si je ne l'Ă©tais plus. Je voulais rester avec
 En fait, l'Ă©lĂ©phant dans la riviĂšre, il ne m'a pas dit « Allez, prends tes mĂ©dicaments, ça va aller » . J'ai juste entendu « Ça va aller » . Mais lĂ , en fait
 depuis un an maintenant, j'ai ces traitements complĂ©mentaires qui ont des effets secondaires et qu'il faut que j'accepte. Mais aussi, il faut que j'accepte que ça fasse partie de ma vie. Donc en fait, il y a cette transformation qui est en cours, qui n'est pas encore finie. Et puis des effets secondaires au long cours dont je n'avais pas idĂ©e, mais pour lesquels il existe des prises en charge. Donc lĂ , je vais avoir une hospitalisation en hĂŽpital de jour pour les effets secondaires. Il n'y en a pas beaucoup en France, donc c'est bien que j'en parle aussi. Je crois qu'il n'y a que deux endroits en France oĂč on propose ça. qu'on appelle la remĂ©diation physique et cognitive, rĂ©adaptation aprĂšs la longue maladie. Et voilĂ , Ă  Rennes, il y a ça. Je pense que c'est aussi parce que je sais qu'il va y avoir ça, que j'ai eu cet Ă©lan de me dire, OK, je remets des choses en place et je suis hyper contente de boucler ça avec toi aussi. Ça fait partie de ce chemin-lĂ , je crois.

  • Speaker #1

    Je suis ravie de t'accompagner à ma toute petite mesure sur ce chemin. C'est vraiment un grand honneur que tu me fais. Quand tu m'as proposé ton histoire, je t'ai demandé s'il y avait une association que tu voulais mettre en avant. Tu m'as dit qu'il y en avait plusieurs, mais voilà, c'est le moment. Si tu veux en parler d'une en particulier.

  • Speaker #0

    Oui, moi, j'avais envie de parler de Bivoque et moi, qui est une association. Alors, et moi, c'est E-T-Moi ou et moi, un et moi, qui est une... une jeune association qui fait des voyages pour des personnes qui sont plutĂŽt en rĂ©mission aussi ou en poste, c'est aprĂšs les traitements lourds du cancer mais ça peut ĂȘtre aussi pour les maladies chroniques, enfin les cancers mĂ©tastasiques par exemple ou chroniques et du coup qui proposent des sĂ©jours en montagne tout est pris en charge, on a une adhĂ©sion Ă  l'association mais c'est tout et on arrive c'est vers ChambĂ©ry on a juste le lieu de rendez-vous, l'heure de rendez-vous et on sait quand on revient, donc on sait on part le vendredi midi et il nous emmĂšne dans la montagne. Et lĂ , on marche. Il nous emmĂšne Ă  une montagne qu'on ne connaĂźt pas. Donc, on est une dizaine, entre 6 et 12 personnes qui avons vĂ©cu ça, des traitements, et qui en sont Ă  un autre endroit. Mais toutes des histoires diffĂ©rentes. Et ensemble, on gravit la montagne. Et c'est Ă©prouvant physiquement. Et on va jusqu'au refuge. Et on dort deux nuits au refuge. Le lendemain, on va marcher, crapahuter dans la montagne, comme on peut. À l'initiative, il y a un mĂ©decin, un mĂ©decin de la douleur. Donc, c'est encadrĂ© par un mĂ©decin de moyenne montagne ou haute montagne, je ne sais plus, et un bĂ©nĂ©vole. Donc, il y a toujours au moins trois personnes qui ne sont pas directement concernĂ©es par la maladie. Et c'est des rencontres incroyables. Et c'est le fait aussi de pouvoir se surpasser physiquement, d'impliquer son corps physiquement et de voir des paysages hyper forts. Et moi, vraiment, ça m'a raccrochĂ©e Ă  ce « mais non, je ne peux pas le faire, je suis malade. Ah si, je vais le faire quand mĂȘme » . Cette Ausha, pouvoir ĂȘtre accompagnĂ©e lĂ -dedans, c'est vraiment super bien.

  • Speaker #1

    Comment on peut les contacter si les personnes qui nous Ă©coutent
 ont envie d'en savoir plus ?

  • Speaker #0

    Eh bien, le site Bivouac et moi. Je n'ai pas l'adresse en tĂȘte, mais je sais que si on Ă©crit Bivouac et moi, c'est...

  • Speaker #1

    Tu vas tomber dessus et je mettrai ça dans les notes de l'Ă©pisode de toute façon. Je ne vais pas poser mes questions habituelles parce que je trouve que ton rĂ©cit, ton tĂ©moignage, ton histoire, votre aventure avec Malou sont trop fortes pour qu'on rentre dans des questions basico-basiques. Vraiment, je veux vous remercier infiniment toutes les deux. d'avoir pris le temps de me raconter et donc de nous raconter votre histoire, votre aventure. C'est une belle aventure. Elle n'a pas bien commencĂ©, mais j'ai vraiment l'impression que tout ce que vous avez vĂ©cu dans ce voyage particulier a quand mĂȘme apportĂ© de belles choses. Et j'espĂšre que tout ça vous a donnĂ© la force quand il y en avait besoin et de continuer votre chemin et que plein d'autres belles choses vont arriver. Est-ce que tu as prĂ©vu un autre voyage toutes les deux ?

  • Speaker #0

    Alors oui, alors lĂ  on a des voyages prĂ©vus. Ça va ĂȘtre l'anniversaire de Malou. Donc on va, attention, Ă  Paris, voir l'AssemblĂ©e Nationale, parce que ça c'est sa demande. Mais aprĂšs le Cambodge,

  • Speaker #1

    on passe un cran lĂ . On est au top du top.

  • Speaker #0

    Elle a trĂšs envie de ça, donc moi je le fais. Mais le vrai voyage de son anniversaire, ça va ĂȘtre d'aller en vĂ©lo sur les Bordelois. Elle a choisi d'ĂȘtre plutĂŽt sur l'estuaire. Elle a commencĂ© la Loire Ă  vĂ©lo par la fin. Mais pourquoi pas ? Donc voilĂ . Ah ouais, ça, ça va ĂȘtre trĂšs bien. Et puis, en fait, mon frĂšre, il a repris un volontariat Ă  Madagascar. Et ça, ça chemine doucement que ça pourrait aussi. On verra Ă  la fin des traitements parce que je voudrais que ce soit un voyage plus long. Enfin, la fin des traitements. En tout cas, la fin de la premiĂšre partie de ces traitements-lĂ . Et je ne peux pas voyager avec ces traitements-lĂ  aussi. Il y a ça qui est compliquĂ©.

  • Speaker #1

    Évidemment que vous allez le faire. Ça va arriver. Encore un peu de patience. En tout cas, c'est tout ce que je vous souhaite. Encore une fois... mille merci pour tout ce que tu as partagĂ© et ce que Malou a partagĂ©, c'Ă©tait trop bien je vous souhaite que le meilleur Ă  partir de maintenant que tout ça soit bientĂŽt rangĂ© dans les aventures et que vous passiez Ă  autre chose alors nous on va te dire en Khmer,

  • Speaker #0

    en posant bien les mains sur le coeur Okun Shran Okun Shran qui veut dire merci,

  • Speaker #1

    merci beaucoup trop bien,

  • Speaker #0

    Okun Shran tout alors merci beaucoup et euh

  • Speaker #1

    et on se tient au courant pour la suite.

  • Speaker #0

    Oui, et au plaisir de t'Ă©couter encore et encore. VoilĂ , c'est tout pour aujourd'hui. Merci d'avoir Ă©coutĂ© jusqu'au bout. Si vous voulez Ă©couter d'autres voyages, plus de 100 Ă©pisodes entre conversations, top 5, galĂšres ton voyage et mes reportages sont disponibles sur le blog ou en vous abonnant sur la plateforme d'Ă©coute que vous utilisez en ce moment. Et tout ça, gratuitement ! N'hĂ©sitez pas Ă  le partager Ă  d'autres parents en fait d'inspiration pour leurs prochaines vacances et Ă  ceux qui pensent que voyager avec des enfants, c'est trop compliquĂ©. Si l'Ă©pisode vous a plu, si vous voulez partager un voyage ou dĂ©couvrir une destination, dites-le moi sur Apple Podcasts, Spotify ou encore sur Instagram en me taguant Ă  famille et voyage avec un S underscore blog. À bientĂŽt pour le prochain Ă©pisode. D'ici lĂ , prenez soin de vous, inspirez-vous et crĂ©ez-vous de chouettes souvenirs en famille.

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Il suffit parfois d’une blague pour embarquer dans une aventure extraordinaire !

C’est ce que vont nous raconter Marion et sa fille Malou aujourd’hui. Cette aventure avait pourtant bien mal commencĂ© avec l’annonce du cancer du sein de Marion. La maladie a Ă©videmment bouleversĂ© leur quotidien jusqu’au jour oĂč son frĂšre lui a proposĂ© de s’occuper de Malou. La blague, c’est qu’il est en mission humanitaire au Cambodge. 

Marion a bien ri, mais Malou est emballĂ©e et elle rejoint son oncle dans un foyer d'accueil, dĂ©couvrant un pays, une culture, ses premiers mots en khmer et plusieurs merveilles locales. À la demande de sa fille, Marion s’envole Ă  son tour quelques semaines plus tard. Ensemble, ils explorent Kampot, Koh TunsaĂŻ, Koh Preah et surtout Kep, la ville du crabe, qui va donner Ă  Marion l’occasion de se venger de cette satanĂ©e maladie.

J’ai Ă©tĂ© impressionnĂ©e par la maturitĂ© de Malou et profondĂ©ment touchĂ©e par la force, la rĂ©silience et la dĂ©termination de Marion. On a bien rigolĂ© aussi. 

Enfin, en cette semaine du Podcasthon, Marion met en lumiÚre l'association Bivouac & Moi, qui offre des escapades en montagne à des personnes en rémission ou en post-traitement du cancer. Une belle maniÚre de prolonger cette force de la nature qu'elle a su capter.

Allez, c'est parti pour le voyage de la résilience de Marion et Malou au Cambodge.


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Idée originale et hÎte : Stéphanie Cordier

Musique : Luk & Jo


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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Hello, hello ! Bienvenue dans la saison 6 de Famille et Voyage, le podcast. Je suis StĂ©phanie, maman de deux grands ados et complĂštement accro aux voyages. Dans ce podcast, on sort le coup Ă  cette idĂ©e folle que voyager avec des enfants, ça ne sert Ă  rien puisqu'ils ne s'en souviendront pas. Mais que nenni ! Et mes invitĂ©s le prouvent chaque semaine. Ici, on parle voyage Ă  pied, Ă  vĂ©lo, en voiture, en camping-car. Les parents voyageurs partagent leurs itinĂ©raires et racontent leurs activitĂ©s avec les enfants, les spĂ©cialitĂ©s locales Ă  savourer, les galĂšres Ă  Ă©viter et mĂȘme leur budget. De quoi vous donner plein d'idĂ©es pour vos prochaines vacances en famille. Le podcast est disponible sur le blog famillevoyage.com, sur toutes les plateformes d'Ă©coute et sur la web radio Allo la planĂšte. Allez hop, nouvelle conversation ! Il suffit parfois d'une blague pour embarquer dans une aventure extraordinaire. C'est ce que vont nous raconter Marion et sa fille Malou. Cette aventure avait pourtant bien mal commencĂ© avec l'annonce du cancer du sein de Marion. La maladie a Ă©videmment bouleversĂ© leur quotidien, jusqu'au jour oĂč son frĂšre lui a proposĂ© de s'occuper de Malou. La blague, c'est qu'il est en mission humanitaire au Cambodge. Marion a bien ri, mais Malou est emballĂ©e et elle rejoint son oncle dans un foyer d'accueil, dĂ©couvrant un pays, une culture, ses premiers mots en Khmer et plusieurs merveilles locales. À la demande de sa fille, Marion s'envoie Ă  son tour quelques semaines plus tard et ensemble, ils explorent Kampot, KothunsaĂŻ, KoprĂ©a et surtout Kep, la ville du crabe, qui va donner Ă  Marion l'occasion de se venger de cette satanĂ©e maladie. J'ai Ă©tĂ© impressionnĂ©e par la maturitĂ© de Malou. est profondĂ©ment touchĂ©e par la force, la rĂ©silience et la dĂ©termination de Marion. Bon, et on a bien rigolĂ© aussi. Enfin, en cette semaine du podcaston, Marion met en lumiĂšre l'association Bivouac et moi qui offre des escapades en montagne Ă  des personnes en rĂ©mission ou en poste de traitement du cancer. Une belle maniĂšre de prolonger cette force de la nature qu'elle a su capter. Allez, c'est parti pour le voyage de la rĂ©silience de Marion et Malou au Cambodge. Hello Marion !

  • Speaker #1

    Hello Stéphanie !

  • Speaker #0

    Comment ça va ?

  • Speaker #1

    Ça va, je suis trĂšs Ă©mue de pouvoir revoyager en te racontant.

  • Speaker #0

    Écoute, moi, je pense que ça va ĂȘtre un Ă©pisode assez diffĂ©rent de d'habitude, effectivement. Et j'ai hĂąte que tu nous partages ton histoire, dont tu m'as dit dĂ©jĂ  quelques mots. Donc, je sais que ça va ĂȘtre incroyable et j'espĂšre que ce sera pour toi un bon moment et que tu auras plaisir ensuite Ă  le rĂ©Ă©couter et Ă  garder cette trace de cette histoire un peu particuliĂšre. Mais belle histoire. Avant de commencer. reprenons au dĂ©but. Est-ce que tu peux nous prĂ©senter ta famille et les voyageuses que vous ĂȘtes ?

  • Speaker #1

    Oui, alors nous nous sommes une famille monoparentale il y a un parent, c'est moi et il y a un enfant, c'est Malou et le voyage a commencĂ© je pense pendant la grossesse parce que par la force des choses j'ai changĂ© de rĂ©gion pour donner naissance, parce que je voulais donner naissance dans certaines conditions, c'est-Ă -dire Ă  domicile et que j'avais un camion et que j'Ă©tais mobile, je quittais la rĂ©gion oĂč je vivais pour ça et je pense que ça a donnĂ© une certaine impulsion dans la vie de ma famille, dans le voyage.

  • Speaker #0

    Et vous ĂȘtes des voyageuses plutĂŽt routes ou tu prĂ©vois tes voyages vraiment Ă  la virgule prĂšs ? Comment ça se passe ?

  • Speaker #1

    Non, plutÎt au dernier moment et plutÎt à l'arrache. Là, j'ai cru justement sur le voyage dont on a parlé que ça serait plus organisé, mais bon, mon organisation était mise de cÎté.

  • Speaker #0

    Si ça vous plaßt comme ça, c'est parfait. Et si surtout, il n'y a pas de trop de mauvaises surprises, parce que des mauvaises surprises en voyage, il y en a tout le temps. Quand ce n'est pas trop, c'est bien aussi.

  • Speaker #1

    Ah oui, oui, oui. Non, non. C'est vraiment la sereine d'étipité. On prend ce qui vient.

  • Speaker #0

    Comme je l'ai plus ou moins annoncĂ©, votre histoire est un peu diffĂ©rente d'un voyage classique comme on peut en Ă©couter sur le podcast. Donc, je vais vraiment vous laisser parler et Ă©couter ce que vous avez Ă  nous dire. Je dis vous parce que Malou est lĂ  Ă  cĂŽtĂ© de toi et a une grande part Ă  raconter de cette histoire. Si tu veux bien, je te laisse commencer lĂ  oĂč tu as envie. et ensuite passer la parole Ă  Malou sur son voyage. Est-ce que tu peux nous raconter Ă  partir de quand ce voyage commence ? Et ensuite, on va te suivre, tout simplement.

  • Speaker #1

    Donc, le voyage, il est en 2023. Et nous, on commence 2023 avec une mauvaise nouvelle et une aventure particuliĂšre en France, qui est l'annonce d'un cancer, pour moi, un cancer du sein. Et du coup, une annĂ©e 2023 marquĂ©e par les traitements. Et moi, en mĂȘme temps, j'accompagne mon enfant lĂ -dedans pour tenir les murs de la maison. et j'implique mes proches plus ou moins dans le soin, tout ça. Et en mĂȘme temps, j'ai un frĂšre dont je suis proche, mais qui lui habite au Cambodge et qui fait un volontariat au Cambodge pour deux ans et qui me dit « j'aimerais bien ĂȘtre lĂ , mais je ne sais pas comment » . Les traitements, la chimiothĂ©rapie prend du temps, ma loup est bouleversĂ©e, moi aussi, on se transforme un peu l'une et l'autre. La chirurgie, j'ai eu une ablation du sein Ă  l'automne. Et d'ailleurs, mon frĂšre me dit « j'aimerais bien ĂȘtre lĂ  Ă  ce moment-lĂ  » . Et moi, je lui dis « Ă©coute, je pense que ce n'est pas lĂ  que ça va se jouer, mais peut-ĂȘtre aprĂšs » . Et aprĂšs, il y a la radiothĂ©rapie. Et ça, la radiothĂ©rapie, c'est tous les jours. Il faut aller Ă  l'hĂŽpital. Je crois que ce que je n'ai pas dit, c'est que Malou, elle est en plus en instruction en famille cette annĂ©e. Donc du coup, si moi j'allais tous les jours Ă  l'hĂŽpital, il fallait quelqu'un pour s'en occuper. Donc ça me demandait vraiment beaucoup d'organisation. Et lĂ , mon frĂšre me dit, Ă©coute, moi je la prends au Cambodge si tu veux. Et moi, j'ai pris ça en rigolant parce qu'on avait enfin nos passeports. Les passeports prennent Ă©normĂ©ment de temps. Donc je lui dis, oh regarde, on a des passeports. Malou venait d'expĂ©rimenter les voyages accompagnĂ©s de la SNCF pour aller dans les Alpes. Donc je lui fais une blague. Je lui dis, regarde, peut-ĂȘtre ça existe pour Air France. Il me dit, vas-y Banco, je regarde. Et lĂ , il me propose ça. Moi, je prends vraiment ça Ă  la blague. J'en parle Ă  Malou. Je lui dis, Malou, est-ce que... En fait, visiblement, ce serait possible que tu ailles au Cambodge, notamment pendant toute ma radiothĂ©rapie. Et lĂ , elle me dit, ah ouais, carrĂ©ment. Et lĂ , moi, je me retrouve prise de ma propre blague en me disant, mais en fait, si elle dit oui et si elle n'a pas peur, je n'ai pas le droit de lui dire, ah, maintenant, tu n'y arriveras jamais. Ça y est, c'est trop tard, c'est lancĂ©. Et du coup, on s'est retrouvĂ©s lancĂ©s lĂ -dedans. Mon frĂšre qui Ă©tait effectivement prĂȘt, lui, quand il m'a dit oui, il savait qu'il allait mettre ça en place par rapport Ă  son travail, etc., qu'il pourrait l'accueillir. Et bien voilĂ , moi, du coup, c'Ă©tait une nouvelle aventure. Et surtout, ce qui Ă©tait gĂ©nial, c'est que ça la mise, elle, sur un projet, alors que depuis huit mois, elle vivait par rapport Ă  moi et mĂȘme encore plus par rapport Ă  ma maladie. Et lĂ , du coup, elle s'est fait un projet Ă  elle. Ce n'Ă©tait pas oĂč je vais aller pendant que maman est Ă  l'hĂŽpital. C'Ă©tait OK, moi, je vais faire ça. C'est un truc de fou, je vais le faire. Et voilĂ .

  • Speaker #0

    Waouh ! En mĂȘme temps, une fois qu'on a testĂ© la SNCF tout seul, on peut trĂšs bien tester les avions tout seul et avoir une belle aventure dans un pays pas Ă  cĂŽtĂ©. On essaye d'imaginer Ă  quel point ça doit ĂȘtre difficile, surtout quand on a une petite fille Ă  ses cĂŽtĂ©s. Cette idĂ©e de ton frĂšre qui est arrivĂ© un peu par hasard et de nulle part, cette blague qui s'est rĂ©alisĂ©e, wow ! Beaucoup d'Ă©motion dĂ©jĂ  !

  • Speaker #1

    En fait, tu vois, c'est marrant parce que, enfin, je ne sais pas, mais c'est vrai que je n'avais pas mis ça dans « Quelle voyageuse on est » . En tout cas, à l'annonce du cancer, quand on s'est dit avec Malou, comment on annonce ça aux proches ? Moi, je lui ai dit, on va faire un faire-part parce que je ne me sentais pas d'appeler les gens. On a fait part de mon état de cancer par un écrit, un dessin. En fait, c'était un livret qui expliquait ce que c'était pour nous, comment on allait le vivre. Et c'est vrai que ça s'appelait cette nouvelle aventure. On ne l'a pas choisie, mais on va faire ce qu'on peut avec. Et déjà, il y avait cette notion de « Bon, on va en faire une aventure » . Mais c'est vrai que là, du coup, c'était une aventure. Enfin, du coup, on essayait de faire quelque chose avec ce qu'on avait dans les mains. Mais là, c'est comme si Malou, elle avait pris complÚtement le truc à bras le corps en disant « Bon, ben moi, il faut que je revive ma vie aussi. »

  • Speaker #0

    Bon, on a planté le décor. Maintenant, je t'ai demandé si Malou avait envie de raconter cette partie de l'histoire que tu n'as pas vécue. Et donc, voilà, le casque est passé de l'autre cÎté. Bonjour Malou.

  • Speaker #2

    Bonjour.

  • Speaker #0

    Comment ça va ?

  • Speaker #2

    Bien.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as envie de nous raconter ? cette expérience folle que tu as vécue avec ton oncle ?

  • Speaker #2

    Oui.

  • Speaker #0

    Quand tu prends cet avion pour aller retrouver ton oncle, tu es hyper excitĂ©e, tu as un peu peur. Tu es comment dans ta tĂȘte ?

  • Speaker #2

    Dans l'avion, aprÚs, je me suis dit que j'avais peur. Mais dans l'avion, en vrai, je n'ai pas eu si peur que ça.

  • Speaker #0

    Quand tu arrives et que tu le retrouves, comment ça se passe ? OĂč est-ce que tu vis ? C'est quoi tes journĂ©es ?

  • Speaker #2

    DĂ©jĂ , je prends deux heures Ă  le retrouver dans l'aĂ©roport. Je suis avec... deux hĂŽtesses de l'air, une qui parle Ă  peine français, l'autre pas du tout. Du coup, c'est dĂ©jĂ  un peu difficile. AprĂšs, on essaye de l'appeler avec le mini portable que maman m'a prĂȘtĂ©, sauf qu'il rĂ©pond pas et en plus j'ai pas mis le bon numĂ©ro, du coup ça marche pas. On a fait plein une fois le tour, on l'a pas vu et deux heures plus tard on le retrouve. Et moi je suis comme ça sur le truc Ă  bagages.

  • Speaker #0

    Bon, alors tu pars avec lui, ça y est, tout va bien, tout se passe bien. OĂč est-ce que tu vas vivre avec lui ?

  • Speaker #2

    Dans un foyer d'accueil pour enfants. En situation de violence ou orphelins, non ?

  • Speaker #1

    C'est la protection de l'enfance.

  • Speaker #2

    La protection de l'enfance.

  • Speaker #0

    Il y avait beaucoup d'enfants ?

  • Speaker #2

    15 pour 3 mĂšres d'accueil.

  • Speaker #0

    Et les enfants, il y avait des tout-petits et des plus grands ?

  • Speaker #2

    Je crois que les plus petits devaient avoir 6 ans. AprĂšs, il y avait des gens qui ne faisaient pas partie, mais c'Ă©tait lĂ . Petite fille d'une des mĂšres d'accueil. Alors, elle venait souvent.

  • Speaker #0

    Et comment ça se passe quand tu arrives là-bas ? C'est un nouvel environnement pour toi. Tu connais personne. Comment tu te sens ?

  • Speaker #2

    Au dĂ©but, je suis un peu gĂȘnĂ©e parce que je ne connais personne Ă  part mon oncle. Mais en quelques jours, je connais presque tout le monde de tout le foyer. Surtout les personnes qui ne vont pas encore au collĂšge.

  • Speaker #0

    Elles restent au mĂȘme endroit que toi ?

  • Speaker #2

    Elles ne vont que la moitié de la journée à l'école. du coup on peut jouer

  • Speaker #0

    Vous faisiez quoi comme jeu ? Parce que vous ne parlez pas la mĂȘme langue non plus mais est-ce que c'est un problĂšme ?

  • Speaker #2

    Non, c'est pas un problĂšme mais on a fait, je ne sais plus trop, je sais que je jouais beaucoup au Lego j'avais commencĂ© Ă  apprendre Ă  Ă©crire en Khmer parce que j'avais des cours mais maintenant je ne m'en souviens mĂȘme pas d'un seul signe Le zĂ©ro, parce que c'est juste un zĂ©ro comme en France, du coup c'est facile

  • Speaker #0

    À quel moment ton oncle te dit, on va partir voyager tous les deux ?

  • Speaker #2

    Je suis partie le 3 décembre, dÚs le 5 ou un peu aprÚs. AprÚs, il dit qu'en fait, on va partir pour Noël au Temple d'Ancor.

  • Speaker #0

    Tu savais ce que c'était ? Tu en avais déjà entendu parler ?

  • Speaker #2

    Un peu, mais un tout petit peu.

  • Speaker #0

    Et alors, raconte-moi, comment ça se passe, cette premiÚre étape de voyage ?

  • Speaker #2

    Je suis allĂ©e avec Elise, une des autres volontaires. et qui ne reste pas aussi longtemps que nous, mais qui reste un peu. Aussi, on retrouve une autre volontaire, mais dans notre foyer au Bangladesh, qui est venue fĂȘter NoĂ«l avec nous. Par contre, le problĂšme, c'est qu'au dĂ©but, je n'avais pas du tout mal au ventre. Je m'Ă©tais trĂšs bien habituĂ©e Ă  la nourriture. Et encore, c'est un peu une ville occidentale, vu qu'il y a plein d'Occidentaux qui y vont. Mais du coup, je remange en France et j'ai la gastro pendant... Une sorte de gastron pendant tout le voyage.

  • Speaker #0

    Ah, ça gùche un peu. Mais ce temple, est-ce que tu l'as trouvé beau ?

  • Speaker #2

    Ces temples.

  • Speaker #0

    Ces temples, pardon. Oh lĂ  lĂ , pardon.

  • Speaker #2

    J'ai adorĂ© celui d'encore, mais par contre, il y avait des singes. Ça me fait peur.

  • Speaker #0

    Ah, pourquoi ? Ils Ă©taient agressifs ?

  • Speaker #2

    Non, mais au dĂ©but, je voulais mĂȘme aller les voir. Mais il y a quelqu'un qui m'a dit... Non, c'Ă©tait pas si loin, c'Ă©tait l'autre volontaire. Il m'a dit qu'il pouvait avoir la rage. Et du coup, aprĂšs, j'avais trop peur qu'ils me mordent.

  • Speaker #0

    Mais ils t'ont pas mordu ?

  • Speaker #1

    Non.

  • Speaker #0

    Vous ĂȘtes restĂ©e longtemps Ă  visiter ces temples ?

  • Speaker #2

    Une semaine, une petite semaine.

  • Speaker #0

    Vous avez pris le temps, c'est bien.

  • Speaker #2

    On en a vu au moins cinq.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu en as un que tu as préféré ?

  • Speaker #2

    Je crois que... Je ne sais plus comment il s'appelle, mais il y en a un qui est en ruine, mais c'est le temple des femmes, ou un truc comme ça. AprĂšs, on Ă©tait plus sĂ»rs que c'Ă©tait vraiment ça, mais mĂȘme s'il Ă©tait Ă  moitiĂ© en ruine, c'Ă©tait joli avec toutes les plantes.

  • Speaker #0

    Et vous avez fait quoi alors d'autre ? Qu'est-ce que ton oncle a programmé pour te faire découvrir les merveilles du coin ?

  • Speaker #2

    Alors, on est allé à une grotte de chauves-souris à Battambang.

  • Speaker #0

    C'était bien ça ?

  • Speaker #2

    C'était plutÎt joli, mais ça puait un peu. Oui,

  • Speaker #0

    les chauves-souris, ce n'est pas rĂ©putĂ© pour ĂȘtre, comment dirais-je, sentir la rose. Et lĂ , tu n'avais pas peur ?

  • Speaker #2

    Un peu au début, mais moins que les singes.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que vous avez vu d'autre ?

  • Speaker #2

    On est allĂ© dans une ferme. À la fleur de lotus. AprĂšs, on a mangĂ© des graines de lotus, c'Ă©tait trop bon. Et on a aussi fait des roses avec... Je ne sais pas comment expliquer, mais il faut ouvrir le bourgeon de la fleur et ça fait comme une rose. On a fait un gros bouquet Ă  la fin.

  • Speaker #0

    Et ça sentait bon ?

  • Speaker #2

    Oui, ça sentait bon. Je suis allée dans un village flottant.

  • Speaker #0

    Et alors, c'Ă©tait oĂč ?

  • Speaker #2

    C'Ă©tait prĂšs de Samrea, c'Ă©tait prĂšs des temples d'Angkor.

  • Speaker #0

    C'Ă©tait un gros village flottant ? Il y avait beaucoup de monde ?

  • Speaker #2

    En vrai, ce n'est pas vraiment des maisons surpilotĂ©es. Je crois que c'est juste la salle des fĂȘtes, ou je ne sais plus comment ça s'appelle. Il y avait un truc comme ça qui Ă©tait surpilotĂ©. Le reste, c'Ă©tait sur des tonneaux avec de l'air. Comme ça, ça fait flotter.

  • Speaker #0

    Il y avait beaucoup d'animation ou c'Ă©tait trĂšs calme ?

  • Speaker #2

    Ce n'était pas calme, mais pas non plus venir nous voir. Non, ce n'était pas non plus trÚs, trÚs calme. Et aprÚs, j'ai vu des crocodiles. Mais ils étaient dans une réserve.

  • Speaker #0

    Ah oui, donc ça va, c'était pas dangereux. Oui. Et le reste du temps, comment ça se passait tes journées ? Tu as dit que tu avais étudié le Khmer, tu avais des cours de Khmer.

  • Speaker #2

    Et d'anglais.

  • Speaker #0

    Et d'anglais, trÚs bien. Ton oncle t'apprenait d'autres matiÚres ? Il a repris l'école à la maison ou c'était bien suffisant déjà ?

  • Speaker #2

    Pas particuliĂšrement, mais il m'apprenait mieux le Khmer. C'Ă©tait plus le parler que dans l'autre cours oĂč c'Ă©tait l'Ă©crit.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as d'autres choses que tu veux nous raconter sur cette parenthĂšse cambodgienne avec ton oncle ?

  • Speaker #2

    On Ă©tait allĂ©s prĂšs du foyer. Il y avait une ville qui s'appelait Strysopon. Et c'est la fille jolie, je crois. Et il y avait une place qui s'appelait Viteka. Et dĂšs 18h, oĂč il fait dĂ©jĂ  nuit, il y avait des gens qui s'Ă©taient chorĂ©graphĂ©s sur de la musique. Et en mĂȘme temps, il y avait des gens... qui louait des petites voitures pour enfants avec des sortes de phares et on pouvait s'en servir. Je l'ai au moins dĂ» le faire cinq fois.

  • Speaker #0

    Et il y avait beaucoup d'enfants qui le faisaient en mĂȘme temps que toi ?

  • Speaker #2

    Oui, il y avait quelques enfants. Par contre, je me souviens, une fois, j'avais vu une sorte de chauve-souris ou un rat ou je ne sais pas quoi coincé dans les égouts et j'avais eu tellement peur que je ne l'avais pas sauvé.

  • Speaker #0

    En mĂȘme temps, les rats, encore d'autres choses Ă  nous raconter ?

  • Speaker #2

    Si, les marchĂ©s. C'est pas du tout comme les marchĂ©s en France. C'est immense. Et puis, il y a l'endroit oĂč il y a tous les trucs Ă  manger. L'endroit pour le poisson, l'endroit pour se faire venir les ongles.

  • Speaker #0

    D'ailleurs, en parlant de poisson, est-ce que tu as aimé cette cuisine que tu ne connaissais pas, j'imagine ?

  • Speaker #2

    Pas tout, mais pas trop le poisson. Je déteste tout ce qui est poisson.

  • Speaker #0

    Et donc, tu mangeais quoi ? C'était quoi tes repas préférés ?

  • Speaker #2

    Du riz avec... Si, des pĂątes Ă  la bolognaise.

  • Speaker #0

    Non, ça, ce n'est pas une spécialité cambodgienne. Si,

  • Speaker #2

    si, maintenant, c'est devenu ça. J'en ai mangé tellement de fois que c'est devenu une spécialité. Ce que j'ai adoré, le riz frit avec des légumes. Elle faisait trop bien une des mÚres d'accueil. Et ça s'appelle le Ausha. Parce que le riz frit, et sinon il y a le Ausha, mais c'est les pùtes.

  • Speaker #0

    C'Ă©tait pas trop relevĂ© ? Ça piquait pas ?

  • Speaker #2

    Non, elle le faisait plutĂŽt bien. Du coup, ça piquait pas trop. Sauf la fois oĂč je suis allĂ©e Ă  la cantine, il y avait une cantine, et la seule fois oĂč j'Ă©tais d'accord de manger quelque chose, une des seules fois, parce que ça avait l'air trĂšs bon, en fait c'Ă©tait tellement piquant, j'ai tellement pas aimĂ©, que j'ai dĂ» boire beaucoup, beaucoup de boire. Je me suis dit que ce serait bien.

  • Speaker #0

    Ça t'a surprise ?

  • Speaker #2

    Ouais.

  • Speaker #0

    Et à un moment donné, tu t'es dit que ce serait bien que maman vienne vous retrouver ?

  • Speaker #2

    DĂšs qu'il y avait dix jours, je me suis dit que je voulais qu'elle vienne. AprĂšs, il fallait juste attendre 26 jours avant qu'elle vienne. Non, 27.

  • Speaker #1

    Il fallait déjà que tu me demandes.

  • Speaker #2

    Oui, il fallait.

  • Speaker #1

    Et ensuite que je l'accĂšde,

  • Speaker #2

    que je prends le lit. Oui, mais lĂ , il n'y avait plus que 27 Ă  ce moment-lĂ .

  • Speaker #0

    Et comment ça s'est passé, les retrouvailles ? Donc, au bout de 27 jours aprÚs avoir demandé ?

  • Speaker #2

    Je me souviens, on est allĂ© Ă  Phnom Penh, la capitale. On a dormi et j'ai fait un tapis avec une... Il y avait une sorte de... de je sais pas quoi de l'hĂŽtel mais c'Ă©tait un truc en tissu et je l'ai mis en tapis rouge et j'ai mis une musique traditionnelle cambodgienne pour quand elle arrive Ă  l'hĂŽtel et j'ai j'ai fait un chignon et maman elle a dit que j'en semblais une hĂŽtesse de l'air oh ça devait ĂȘtre des retrouvailles trĂšs Ă©mouvantes ouais mais je me souviens pas trĂšs bien je me souviens moins bien que la diastrude encore oh c'Ă©tait chouette de retrouver maman en tout cas oui

  • Speaker #0

    On va passer la parole à ta maman qui va nous raconter le reste du voyage. Merci beaucoup Malou de nous avoir raconté tout ça. Hyper chouette.

  • Speaker #2

    Pas de rien.

  • Speaker #1

    Et voilĂ .

  • Speaker #0

    C'Ă©tait trop bien, j'adore. On sent qu'il y a plein de trucs qui l'ont intĂ©ressĂ©e, qu'elle a su profiter de cette parenthĂšse, mĂȘme si ça devait ĂȘtre difficile d'ĂȘtre loin de toi. On va reprendre la suite du voyage avec toi. Donc Malou te demande de les rejoindre. Qu'est-ce qui se passe dans ta tĂȘte Ă  ce moment-lĂ  ?

  • Speaker #1

    Bon, moi, dĂ©jĂ , il y a eu un petit truc d'irrĂ©alitĂ© quand mĂȘme, lĂ , sur ces deux heures-lĂ  oĂč elle n'a pas trouvĂ© mon frĂšre. LĂ , on a quand mĂȘme flippĂ©.

  • Speaker #0

    Mais oui, c'est vrai que comme tu n'Ă©tais pas dans la conversation Ă  ce moment-lĂ , je me suis dit, oh lĂ  lĂ , mais quel enfer.

  • Speaker #1

    LĂ , j'ai flippĂ©. En fait, j'ai essayĂ© de tout mettre Ă  distance, de me dire, tout va ĂȘtre bien pris en charge. LĂ , en fait, quand j'ai senti que mon frĂšre flippait, j'ai fait, oh lĂ , qu'est-ce qui se passe ? Et en fait, le lendemain, parce que moi, j'ai fait une grippe quand mĂȘme pour pouvoir la laisser partir, j'Ă©tais... 42 fiavres. J'ai saturĂ©, mon corps a fait quand je l'ai emmenĂ©e Ă  l'aĂ©roport. Et donc le lendemain, quand elle m'a envoyĂ© des photos de sa journĂ©e, elle Ă©tait Ă  Bangkok du coup. LĂ , ça me faisait un truc trop bizarre. Ça m'a fait, mais t'es ma fille, t'es Ă  Bangkok. Et je pense que lĂ , j'ai intĂ©grĂ© l'info. AprĂšs, franchement, je la trouvais, elle Ă©tait tellement heureuse. C'Ă©tait vraiment Ă©tonnant parce qu'elle a pleurĂ© la premiĂšre fois au bout de 4 jours, je crois. Parce qu'elle a lu, tous les copains lui avaient fait des petits messages pour l'avion, pour la suite, etc. Et du coup, en fait, elle les a oubliĂ©s. Et au bout de 3-4 jours, je pense que c'Ă©tait l'arrivĂ©e du jet lag. Mon frĂšre m'envoie une photo en me disant « Ah, elle va ouvrir des lettres ! » et il n'avait pas prĂ©vu la dĂ©charge Ă©motionnelle derriĂšre. Mais voilĂ , c'Ă©tait vraiment... En fait, elle ne pleurait pas beaucoup et je crois qu'elle Ă©tait vraiment dans de grandes oreilles, grand cƓur, grand yeux. Et mĂȘme quand elle m'a demandĂ© de venir, ce n'Ă©tait pas forcĂ©ment en pleurant. On en a parlĂ© avec mon frĂšre et il lui avait pris un billet Ă  l'air tout rouvert. Donc on s'Ă©tait dit, on ne sait jamais comment ça va marcher. Donc elle partait pour deux mois. avec la possibilitĂ© de rentrer. Et lĂ , il m'a dit franchement, ça marche et elle ne veut pas. Ce qu'elle demande, ce n'est pas de rentrer en France. Ce qu'elle demande, c'est que tu viennes. Est-ce que tu serais en mesure de faire ça ? Et c'est vrai que moi, je voulais, dans la mesure du possible, qu'elle n'ait pas une notion d'Ă©chec. Surtout pas qu'elle ait, oh lĂ  lĂ , je n'ai pas rĂ©ussi mon truc. MĂȘme si elle aurait fait trois semaines, elle serait rentrĂ©e. Ça aurait Ă©tĂ© rĂ©ussi aussi. Mais lĂ , ce n'Ă©tait pas sa demande. Donc, on a essayĂ© de faire ça. Moi, du coup, je me suis dit, est-ce que je suis chiche de la rejoindre alors que je suis malade ?

  • Speaker #0

    Ben oui,

  • Speaker #1

    c'est un peu d'organisation. Je ne savais pas du tout comment c'Ă©tait d'ĂȘtre Ă  ces tempĂ©ratures-lĂ . Et moi, surtout, j'avais un nouveau corps. J'ai un sein en moins. Je venais d'avoir une ablation du sein un mois avant, un mois et demi avant. Je ne savais pas du tout comment j'allais assumer ça. Et du coup, en faisant la blague, encore une fois, mon frĂšre, je lui ai dit... Bah pourquoi pas, pourquoi pas, allez, vas-y, je viens, et puis on se retrouve sur le golfe de ThaĂŻlande, et puis peut-ĂȘtre ce sera bien que j'accepte mon corps dans la mer lĂ -bas. Et il m'a dit franchement, viens, les Cambodgiens, ils n'ont rien Ă  faire de ton corps, il n'y a pas du tout de regard jugeant, si tu as besoin de ça, si tu as peur de ça, viens ici faire expĂ©rimenter ça. Et c'Ă©tait carrĂ©ment vrai. Je me suis vraiment sentie dans mon chemin. Vraiment, le fait de ne pas ĂȘtre jugĂ©e, c'Ă©tait vraiment hyper bien.

  • Speaker #0

    Mais c'est quelque chose qui t'a vraiment... soucié le regard des autres ?

  • Speaker #1

    En France, oui. En France, j'avais ça. Et donc, du coup, c'était bien de pouvoir l'expérimenter ailleurs, en fait.

  • Speaker #0

    De ce cÎté-là, c'était aussi une bonne idée.

  • Speaker #1

    Oui, complĂštement. Moi, en fait, dans la prĂ©paration du voyage de Malou, comme elle fait l'instruction en famille et que j'essaie de tout rĂ©utiliser, en fait, j'ai cherchĂ© des albums jeunesse ou des romans jeunesse sur le Cambodge et en fait, c'Ă©tait trĂšs difficile parce que, dans ce qui Ă©tait Ă©crit en français, ça revenait beaucoup sur la tragĂ©die de la dictature des Khmer Rouges, qui a eu lieu de 1975 Ă  1979 et qui a laissĂ© ... Ă©normĂ©ment de traces puisque ça a Ă©tĂ© un gĂ©nocide. Et lĂ , en fait, c'Ă©tait vachement dur pour moi en tant que parent instructrice. J'envoie mon enfant dans un... Je ne sais pas, je ne lui fais pas faire lire ça. Et en mĂȘme temps, moi, ça commençait Ă  m'imprĂ©gner. Et du coup, c'Ă©tait trĂšs Ă©trange parce que j'arrivais avec un peu cette lecture-lĂ , mĂȘme si j'essayais de la mettre Ă  distance. J'avais vraiment la lecture de comment c'est un pays qui a traversĂ© ça il y a 30 ans et comment les gens se reconstruisent aprĂšs ça. Et j'avais beau essayer de me dire, non, on est dans le prĂ©sent, il y avait ça comme un filtre de lecture. Et en fait, c'Ă©tait assez curieux parce que au bout de deux semaines, un peu... Dans dix jours, je vois l'endroit oĂč le voile s'est levĂ©. Et en fait, ça correspond Ă  moi aussi. J'avais, oui, mais moi, je suis malade. Et la lecture qu'avaient les gens de moi malades autour de moi, enfin voilĂ , je portais ça. C'est-Ă -dire que les gens, des fois, je voyais qu'ils me disaient « Ah oui, mais comment ça fait d'ĂȘtre maman et d'ĂȘtre malade ? » Et d'un coup, tout s'est levĂ©. D'un coup, je me suis dit « Ah oui, en fait, ils ont vĂ©cu ça, mais ils ne sont pas que ça. Ah oui, moi aussi, j'ai vĂ©cu une tragĂ©die Ă  mon dimension, mais je ne suis pas que ça. » J'ai pu regarder... et voir aussi cette force de vie en fait dans ce pays-lĂ  qui m'a vraiment marquĂ©e quoi. D'un coup c'Ă©tait plus, ah mais en fait du coup peut-ĂȘtre qu'ici il y a eu ça, peut-ĂȘtre qu'il y a eu ça. Je sentais Ă  quel point la vie elle Ă©tait forte en eux quoi. L'amour de la vie, l'amour des enfants, et ouais avec vraiment pas grand-chose, et effectivement dans la reconstruction, mais avec la conscience qu'ils ont vĂ©cu un drame il n'y a pas si longtemps et donc du coup la vie a comme une autre saveur quoi. VoilĂ , j'ai vraiment Ă©tĂ© marquĂ©e par ça quoi. Et ça, ça s'est passĂ©, cette rĂ©vĂ©lation-lĂ  sur une Ăźle qui s'appelle CoprĂ©a. et qui veut dire l'Ăźle sacrĂ©e. Du coup, j'Ă©tais « waouh ! »

  • Speaker #0

    Tu ne l'as pas fait exprÚs, mais tout s'est aligné, en fait.

  • Speaker #1

    Oui, ça a donnĂ© du sens. Ça m'a aidĂ©e Ă  voir les choses autrement.

  • Speaker #0

    Donc, si on revient au moment oĂč tu arrives, comment ça se passe, les retrouvailles de ton cĂŽtĂ© ?

  • Speaker #1

    Moi, je les retrouve Ă  Phnom Penh. Ils viennent me chercher. Et lĂ , il me faut un petit temps, je crois, pour les retrouver parce qu'en fait, je les dĂ©couvre, en fait. Je dĂ©couvre un pays. Alors, mon frĂšre Ă©tait lĂ  « waouh, bienvenue en Asie du Sud-Est, c'est vrai que... » que t'es jamais venu et tout. Et il y avait ça, effectivement, Ă  dĂ©couvrir. Mais moi, j'Ă©tais lĂ , les yeux rivĂ©s sur eux, sur mon frĂšre que j'avais pas vu depuis deux ans, sur ma loupe que j'avais pas vue depuis un mois mais qui avait tellement changĂ©. Et puis, effectivement, le pays, mais c'Ă©tait comme, voilĂ , j'avais les yeux Ă©normes et ces sensations, quoi, de monter dans le tuktuk et d'arriver Ă  l'hĂŽtel. Mais en fait, rien que traverser la ville, ah lĂ  lĂ , ça s'Ă©tait trop bien. La ville, les odeurs, les couleurs, la circulation, la pollution, mais mĂȘme la pollution est trop belle, mĂȘme la situation est trop belle. Tout est trop beau ce moment-lĂ . Et moi, je ne les reconnais pas. Et en plus, je suis en dĂ©calage quand mĂȘme. Moi, je suis dans le dĂ©calage horaire. Malou, elle Ă©tait allĂ©e dans un salon de coiffe sur Cambodgien. C'Ă©tait super beau Ă  la fois de la dĂ©couvrir tellement autre, tellement grandie. Et puis en fait, de voir leur lien Ă  eux deux.

  • Speaker #0

    Qui avait dĂ» bien Ă©voluer, oui.

  • Speaker #1

    Bah oui. Et pour moi, c'Ă©tait vraiment fort parce que j'avais tellement portĂ© aussi la monoparentalitĂ©. Et mĂȘme si j'avais eu du soutien, c'Ă©tait quand mĂȘme moi qui devais faire sa stabilitĂ©. Et lĂ , j'ai vu qu'elle s'appuyait sur quelqu'un d'autre en confiance. J'ai vu en gros qu'elle allait pouvoir rĂąler sur lui, etc. Ce qu'elle ne peut pas faire en fait. Quand les gens viennent me soutenir, elle est trop contente et tout ça. Donc du coup, elle ne peut pas rĂąler sur eux. Moi, j'Ă©tais malade, elle ne pouvait pas trop rĂąler sur moi non plus. Et lĂ , du coup, je fais « Ah, mais c'est trop bien ! » En fait, c'est trop bien, elle peut rĂąler sur toi. Du coup, c'est cool, ça veut dire qu'elle va mieux.

  • Speaker #0

    Ça a libĂ©rĂ© quelque chose chez elle.

  • Speaker #1

    Ouais, d'un coup, je la voyais grandie transformée. Et en plus, elle avait des choses que je ne connaissais pas moi. Du coup, c'était elle qui connaissait le Khmer. C'est elle qui savait comment on mange comme ça. C'est elle qui savait qu'à 18h, il fait nuit. Dans notre corps, ce n'est pas la nuit. On ne va pas se coucher tout de suite. C'est elle qui connaissait comment on s'adapte à la température, comment on met la ventilation, comment on met une moustiquaire. En fait, c'était elle qui m'apprenait les choses. C'était vraiment hyper beau comme guide. Et puis tout ça dans Phnom Penh, quoi. Oui,

  • Speaker #0

    pas à cÎté de chez vous. Un univers complÚtement différent, mais qu'elle connaissait et que toi, non. Et donc, comme tu l'as dit, c'est elle qui t'a guidée, au début en tout cas. Et donc, l'idée, c'était de partir explorer à votre tour, tous les trois.

  • Speaker #1

    Alors, moi, mon idĂ©e, ce n'Ă©tait pas ça. Moi, mon idĂ©e, c'Ă©tait de les rejoindre. Et je me suis dit, bon, je suis malade. Je suis vraiment partie avec cette idĂ©e-lĂ , donc avec un gros sac et tout ça, en me disant, je me mets Ă  les rejoindre Ă  Stumpen parce que c'est plus simple. Mais aprĂšs, on remonte. Donc, le foyer Ă©tait au nord de Siem Reap, nord-est. VoilĂ , je me suis dit, on se posera lĂ -bas, deux semaines, le temps que je rĂ©cupĂšre, trois semaines, et puis aprĂšs, on ira se balader. Mais j'avais vraiment cette idĂ©e-lĂ . Je partais avec l'idĂ©e que j'avais vraiment un trĂšs gros sac. Et puis, moi, j'Ă©tais trĂšs lourde. Et en fait... on se retrouve Ă  Phnom Penh et eux ils avaient fait une nuit de bus quand mĂȘme et lĂ  mon frĂšre me dit mais en fait on peut pas du tout faire ça il m'explique que tous les voyages prennent du temps au Cambodge du coup on avait choisi de pas prendre l'avion dans le pays il m'a dit mais en fait le moindre dĂ©placement ça va nous prendre une journĂ©e donc vu qu'on est Ă  Phnom Penh on reviendra pas Ă  Kampot aprĂšs on reviendra pas sur le sud du pays donc si tu veux voir le sud du pays faut y aller maintenant et du coup lĂ  ça ne ressemblait plus du tout Ă  ce que j'avais prĂ©vu et moi du coup ça a fait un petit cĂŽtĂ© oui mais moi je suis malade alors du coup je peux pas faire ça mais du coup j'ai plus ça. Je me suis dit, ah, j'ai envie de voir ça. Donc, on va voir ça. On est allĂ© dans le sud de l'Ăźle, dans le sud du pays. On est allĂ© Ă  Kampot. Donc, on est descendu. On est allĂ© Ă  Kep. Et en fait, Ă  chaque fois, on restait deux, trois jours. On s'est dit, bon, maintenant, tu veux aller oĂč ? Bon, maintenant, tu veux aller oĂč ? Et au final, on a fait trois semaines d'itinĂ©rance et on s'est posĂ© peut-ĂȘtre trois ou quatre jours seulement au foyer avant d'aller Ă  Bangkok et repartir. Au final, j'ai fait un sĂ©jour complĂštement itinĂ©rant, mais vraiment Ă ... Moi, je sais qu'Ă  un moment, j'ai dit « Bon, ben lĂ , il faudrait peut-ĂȘtre y aller. » Puis on s'est dit « Ouais, mais quand mĂȘme, ce serait dommage de passer Ă  cĂŽtĂ© de ça. » Ouais, t'as raison. Malou, elle, elle avait fait ses liens dans le foyer. Donc du coup, quand elle est venue me chercher, elle avait aussi l'idĂ©e qu'elle allait retourner au foyer. En fait, elle est partie en se disant qu'elle aurait encore plein de temps Ă  vivre des choses au foyer. Et en fait, comme on a vĂ©cu plein de choses en voyage, du coup, il restait trĂšs peu de temps au foyer. Et voilĂ , du coup, elle a la frustration de ça.

  • Speaker #0

    Alors, si on... On reprend un peu justement ce voyage qui n'Ă©tait pas prĂ©vu, cette partie du voyage qui n'Ă©tait pas prĂ©vu tout de suite, et pour le bien finalement. Comment ça s'est passĂ© ? Raconte-nous oĂč vous ĂȘtes allĂ©s. Donne-nous un petit peu de dĂ©tails, d'ambiance, de paysages, comment s'imaginent les lieux ?

  • Speaker #1

    Alors dĂ©jĂ , Ă  Phnom Penh, dĂšs le lendemain, j'ai voulu aller sur l'Ăźle de la Soie, qui est une Ăźle sur le Mekong. Et en fait, c'est trop marrant, on est dans la ville, mais en fait, on traverse avec un bac le fleuve, on arrive. et en fait lĂ  on est en milieu rural vraiment avec la route en terre que des motos, pas de voiture peut-ĂȘtre des cyclos, je suis mĂȘme pas sĂ»re les chiens qui aboient quand mĂȘme parce qu'ils sont pas habituĂ©s Ă  avoir des piĂ©tons quand mĂȘme les gens qui hallucinent parce qu'on marche et qu'on monte pas sur une moto et lĂ  c'est un village de, alors je vais dire tisserands mais c'est pas ça, ils font des tissus voilĂ  donc ça c'Ă©tait vraiment aussi le calme, c'Ă©tait bien d'avoir le calme lĂ , de pouvoir ĂȘtre au calme et pas que dans la ville ... Et puis, en fait, les couchers de soleil, qui Ă  la fois ne sont pas des couchers de soleil, parce qu'on a rarement vu les couchers de soleil, parce qu'ils sont dans une sorte de nuage incroyable. Mais en mĂȘme temps, cette lumiĂšre trĂšs, trĂšs particuliĂšre, rose-orange, trĂšs tamisĂ©e, en fait. Au bout de deux, trois jours, on est allĂ©s sur Campot. Et lĂ , on Ă©tait dans une sorte de guest house. mais qui Ă©tait sur le bord de la riviĂšre. Donc lĂ , on s'est vraiment rĂ©veillĂ©s au calme avec les oiseaux que je ne connaissais pas, en fait. Des champs d'oiseaux. VoilĂ , c'Ă©tait vraiment hyper beau. LĂ , on a fait du kayak. J'avais envie de faire des choses trĂšs calmes aussi. Et puis en mĂȘme temps, j'avais aussi besoin de faire de la rĂ©Ă©ducation. Donc on a fait du canoĂ« sur cette riviĂšre-lĂ , dont j'ai perdu le nom. Mais c'est pareil, du coup, ça, c'Ă©tait une façon de dĂ©couvrir la campagne environnante. Et puis aussi de se retrouver, parce qu'il y avait ça aussi. Il y avait nous trois, se retrouver loin. de la France, pas ? Il y avait un parc naturel aussi de Beaucorps oĂč lĂ , j'ai vu mes premiers singes !

  • Speaker #0

    Ah ouais, mais Malou, elle n'aime pas les singes.

  • Speaker #1

    Oui ! Donc c'Ă©tait aussi montĂ©. Alors moi, ça c'est mon loupĂ©, je n'ai pas rĂ©ussi Ă  conduire de moto. J'ai essayĂ©, mais j'ai eu trop peur. Du coup, ça c'est mon ratĂ©. Donc du coup, on Ă©tait Ă  trois sur une moto. Mais lĂ , Malou, elle Ă©tait capable de s'endormir sur une moto, mĂȘme si on Ă©tait Ă  trois. Et la chose trĂšs particuliĂšre, c'est qu'elle lui provoquait aussi des... des envolĂ©es philosophiques sur la vie, la mort, tout ça, ce qui Ă©tait trĂšs intĂ©ressant. Mais sur une moto, ça faisait beaucoup de bruit aussi. Mais elle, ça la mettait dans des Ă©tats de trance. Et lĂ , du coup, effectivement, j'ai vu mes premiers singes qui Ă©taient au milieu de la route, qui Ă©taient habituĂ©s. Et puis Malouk avait eu un peu peur, mais voilĂ .

  • Speaker #2

    Il y avait un singe qui donnait la main comme s'il voulait qu'on lui donne des fruits.

  • Speaker #1

    Donc là, c'était aussi mon premier temple, le premier temple que je voyais, les premiers moines qui m'ont aussi mis dans une autre dimension aussi, je pense. Il y avait cette beauté-là, en fait, la beauté des sculptures, qui moi, en plus, ce n'est pas du tout dans mon univers, du coup, je ne connais pas du tout, mais du coup, c'était trÚs esthétique. Je trouvais ça beau.

  • Speaker #0

    C'est beau aussi d'avoir cette notion de retraite, de ces personnes qui font des retraites, qui se retirent du monde, etc. C'est important d'avoir ça. Et puis aprĂšs, on est allĂ©es Ă  Kep, Ă  la plage, dans le golfe. Bon, lĂ , j'Ă©tais un peu fatiguĂ©e quand mĂȘme. Mais Kep, c'est la ville du crabe. Et ça, c'Ă©tait trop gĂ©nial parce que moi, je me suis posĂ©e Ă  l'hĂŽtel et eux sont allĂ©s en ville, je les ai rejoints. Et donc lĂ , je marchais Ă  travers la ville et d'un coup, je vois cette immense crabe, symbole de la ville, dans la mer. Et lĂ , je me dis... « Wow, ce soir, je mange un crabe, ce sera ma vengeance sur le crabe du cancer ! » GĂ©nial ! C'est complĂštement incroyable. D'un coup, je me suis dit « Mais c'est ça que je suis en train de faire, je vais prendre ma revanche ! » Et donc, le crabe de Kep est trĂšs trĂšs bon. Donc, on a fait les trucs un peu touristiques de manger du crabe, manger du poivre vert, du crabe au poivre vert, parce qu'il y a des plantations de poivriers aussi trĂšs intĂ©ressantes.

  • Speaker #1

    Tu savais que vous alliez aller lĂ  ? C'Ă©tait... fait entre guillemets exprĂšs cette...

  • Speaker #0

    Non, pas du tout. C'est fou ! Pas du tout. On s'est dit, quand pote, aprĂšs moi j'Ă©tais lĂ , on va aller Ă  Coran ou Coran de Saloam, les grosses Ăźles. Et puis aprĂšs lĂ , quand j'ai rĂ©alisĂ© ce temps, en fait c'Ă©tait ça, c'Ă©tait qu'on n'avait pas, je ne pouvais pas faire des trop longs voyages. Donc du coup, je me suis dit, maintenant je ne vais pas faire une demi-journĂ©e de bus pour aller sur une Ăźle. Regarde lĂ , sur la carte, il y a une Ăźle, elle est toute petite, elle s'appelle Kotonou SaĂŻe, et l'Ăźle du Lapin. Il m'a dit, ah bah oui, les enfants du foyer, ils sont allĂ©s, moi je ne connais pas. Et c'Ă©tait vraiment en descente vers le sud. On allait tout droit vers le sud. C'Ă©tait en pote, quĂȘte. Et on savait qu'Ă  quĂȘte, on pourrait sĂ»rement prendre un bateau pour aller sur Cotonside. Mais je n'avais pas du tout pensĂ© au fait qu'il y avait du crabe Ă  quĂȘte.

  • Speaker #1

    Le hasard, la symbolique, c'est génial. Est-ce que tu l'as vraiment conscientisé comme ça ? Tu t'es dit, c'est l'occasion symboliquement de me venger de ce cancer.

  • Speaker #0

    Oui, et en mĂȘme temps, avec toujours cette idĂ©e un peu d'humour. Pourquoi ? Ah ouais, la bonne blague, je suis lĂ  en train de marcher, en train de me dire, ah c'est drĂŽle ces vaches qui traversent la route, ah c'est drĂŽle ces poules qui sont en libertĂ©, ah c'est drĂŽle ça, enfin vraiment je regarde tout et lĂ  d'un coup je vois cet Ă©norme crabe et je fais, non, c'est pas vrai, c'est gĂ©nial quoi ! C'Ă©tait quand mĂȘme lĂ  oĂč je devais aller me baigner en fait aussi, oĂč je m'Ă©tais dit, bon c'est vrai que je vais pourquoi pas aller me baigner lĂ -bas pour la premiĂšre fois, me baigner avec un seul sein, qu'est-ce que ça peut faire ? Eh ben c'est la plage oĂč il y a un crabe, c'est gĂ©nial ! C'est incroyable,

  • Speaker #1

    incroyable. Et alors tu t'es baignée ?

  • Speaker #0

    Je me suis baignĂ©e Ă  Koton Sai quand on a pris le bateau le lendemain. Et alors lĂ , du coup, on va regarder le port. On ne savait pas du tout comment on pouvait traverser. On va voir et lĂ , c'est un mini-port. Et lĂ , il y a des carcasses de bateaux dans le mini-port. Il y a des bateaux qui sont coulĂ©s. Je me suis dit, c'est bien. L'Ăźle, elle est vraiment... Il n'y a mĂȘme pas une demi-heure de traversĂ©e en bateau Ă  moteur. On la voit. Mais lĂ , je fais, ah ouais, quand mĂȘme, les bateaux, ça va ĂȘtre... Et voilĂ , du coup, le lendemain, on est partis en bateau. On a dĂ©couvert cette Ăźle. Donc, on a pris ce bateau. Il y avait des travaux, il va y avoir un port, mais il n'y a pas de port pour arriver sur l'Ăźle. Donc on arrive, le bateau se pose sur la plage. Enfin, il ne se pose pas, il s'arrĂȘte. Mais du coup, il faut sauter dans l'eau. Il faut descendre dans l'eau et puis on arrive les pieds dans l'eau sur la plage. Donc moi, tout ça, les palmiers, je ne connaissais pas. C'Ă©tait trop bien. Et voilĂ , et lĂ , effectivement, d'abord, ils sont allĂ©s se baigner. AprĂšs, moi, j'y suis allĂ©e, lĂ , avec un t-shirt. Et puis sur l'autre... parce que vraiment l'Ăźle elle est faite de telle sorte que lĂ  oĂč on arrive il y a les choses un peu plus touristiques mais qui sont vraiment c'est plutĂŽt des cambodgiens qui viennent lĂ  plutĂŽt le week-end, des petits bergalos des Ă©tals quand mĂȘme pour faire des massages et puis des restos tout donne sur la plage en fait il y a vraiment une seule rue mĂȘme pas une rue et de l'autre cĂŽtĂ© de l'Ăźle ce qui n'Ă©tait pas encore construit lĂ  il y avait des plages plus sauvages et lĂ  j'ai pu me baigner vraiment assumer ma cicatrice au moins devant mon frĂšre je me suis assurĂ©e qu'il n'y avait personne mais aussi par respect À l'aspect de... LĂ -bas, les femmes se baignaient plutĂŽt en t-shirt. Donc, je n'allais pas, moi, me faire... Ce n'Ă©tait pas lĂ  que j'allais assumer d'avoir un seul sein.

  • Speaker #1

    Et alors ? Comment ça s'est passé ?

  • Speaker #0

    Oui, c'Ă©tait trop bien. C'Ă©tait trop bien. C'Ă©tait trop bien parce qu'il Ă©tait 17h30, que le soleil se couchait, que c'Ă©tait rose, que l'eau Ă©tait chaude, que tout Ă©tait chouette.

  • Speaker #1

    Est-ce que tu t'es... Une fois que tu étais dans l'eau, tu t'es dit, OK, ça va le faire. Maintenant, ça va aller.

  • Speaker #0

    Non, j'Ă©tais vraiment lĂ  maintenant. Je suis vivante en fait, et ça je peux le vivre. Et je pense peut-ĂȘtre aussi dans ce voyage, il y avait des fois des moments oĂč j'aurais pas Ă©tĂ© malade, peut-ĂȘtre je me serais pas offerte ce voyage-lĂ , peut-ĂȘtre il y avait ça aussi. Moi, je suis vivante.

  • Speaker #1

    Et c'est ça le plus important. J'ai pas les mots en fait. J'Ă©coute ce que tu me dis, cette force que tu as, ces moments imprĂ©gnĂ©s dans ta mĂ©moire, toutes les symboliques que t'as pu avoir. Kiffer le moment prĂ©sent, c'Ă©tait... T'as raison, c'Ă©tait ce qu'il y avait de mieux Ă  faire. Donc un beau moment. Ça, c'est fait. On passe Ă  autre chose.

  • Speaker #0

    Oui. Bon, lĂ , j'ai commencĂ© Ă  avoir un peu aussi des troubles gastriques. Mais en mĂȘme temps, il y avait un cĂŽtĂ©. Ah oui, je connais ça, d'avoir ça. Je connais. Mais en fait, c'Ă©tait bien aussi de pouvoir rĂ©imprimer que quand on a la nausĂ©e ou quand on a autre chose gastrique que je ne vais pas dĂ©tailler lĂ , c'Ă©tait comme rĂ©infraire dans mon corps. Ça peut ĂȘtre autre chose que des effets secondaires de la chimio. Ça peut ĂȘtre aussi liĂ© Ă  du voyage. Donc du coup, j'Ă©tais lĂ . OK, j'ai ça. Ce n'est pas pratique, mais ce n'est pas non plus si grave.

  • Speaker #1

    Et puis, ça fait partie du voyage.

  • Speaker #0

    Oui. Oui, mais du coup, c'était bien parce que ça remettait. Ah bah ça aussi, je peux me le réapproprier en mettant autre chose que les épisodes en arca.

  • Speaker #1

    C'est bien de voir le cĂŽtĂ© positif des problĂšmes gastriques. Bon, alors aprĂšs, vous allez oĂč ? Vous faites quoi ?

  • Speaker #0

    Et alors aprĂšs, ça, c'Ă©tait un truc dans l'avion ou dans le guide, en lisant le guide. Je m'Ă©tais dit, ah ouais, il y a des Ă©lĂ©phants lĂ -bas. Allez, ce serait bien d'aller voir des Ă©lĂ©phants. Donc ça, c'Ă©tait un peu mon truc de me dire, surtout que mon frĂšre ne fait pas du tout les choses organisĂ©es pour les touristes. plutĂŽt un truc qui l'exĂšcre. Donc lĂ , j'Ă©tais lĂ , bon, allez, on fait ça, on ne fait pas ça. Allez, je t'emmĂšne lĂ , je ne t'emmĂšne pas lĂ . Donc, je dis, oui, je vous offre ça. Ça marchait bien. Et lĂ , on est allĂ© dans le monde d'Alkiri, donc Ă  la frontiĂšre. Donc lĂ , on a pris le bateau, on a pris le train. Et c'est vrai que ça, c'Ă©tait trop bien. Le train au Cambodge qui est hyper lent, qui fait Ă©normĂ©ment de bruit, qui est hyper polluĂ©. AprĂšs, on est tout noir.

  • Speaker #1

    Et ça, c'est bien.

  • Speaker #0

    Ouais, quand mĂȘme. Quand mĂȘme, parce que ce qu'on regarde par la fenĂȘtre en mĂȘme temps, c'est juste gĂ©nial. C'est super d'ĂȘtre lĂ . Et puis, c'est quand mĂȘme incroyable. C'est qu'il y a, en fait, les passages Ă  niveau. Le train, il klaxonne Ă  chaque fois qu'il croise une route parce qu'il n'y a pas de passage Ă  niveau, quoi. C'est hallucinant.

  • Speaker #1

    C'est toi de trĂšs bruyant, effectivement.

  • Speaker #0

    Je ne l'ai pas dit, mais en fait, je pense que sans mes boules caisses, je n'aurais pas survĂ©cu. Et c'est vrai que plusieurs fois, j'ai dĂ» mettre des boules caisses quand mĂȘme dans ce voyage. VoilĂ , lĂ , on a dormi Ă  Phnom Penh et on a pris un minibus le matin pour le Mont d'Olkery. Donc lĂ , c'Ă©tait vraiment les montagnes, en fait. Les petites montagnes, on va dire, plutĂŽt. alors que tout le reste du pays nous paraissait trĂšs plat. Et lĂ , on est allĂ©s au Mondolkiri Project qui est en fait une rĂ©serve pour des Ă©lĂ©phants. LĂ , ils Ă©taient trois Ă©lĂ©phants qui ont Ă©tĂ© repris en fait. Ils les ont rĂ©cupĂ©rĂ©s et ils leur font un sanctuaire. Ils rĂ©cupĂšrent des Ă©lĂ©phants qui ont Ă©tĂ© maltraitĂ©s pour diffĂ©rentes raisons et ils leur font un sanctuaire et c'est en lien avec la communautĂ© buong qui est lĂ -bas et qui ne parle pas Khmer d'ailleurs. Donc Ă  leur propre... culture, on va dire. Et du coup, c'est un lien entre cette communautĂ© pour lutter contre la dĂ©forestation. Il y a des leaders, on va dire, qui ont dĂ©cidĂ© d'impliquer la communautĂ© dans le tourisme pour valoriser le fait que la forĂȘt, ce n'est pas seulement une ressource Ă  exploiter pour du bois, pour la matiĂšre bois, mais en utilisant quelque part le tourisme, ça maintient la forĂȘt en place. Et du coup, le sanctuaire des Ă©lĂ©phants. Moi, je voulais aller lĂ -bas. Il y a des Ă©cologe qui sont hyper chouettes et pas trĂšs chĂšres. Ça, quand mĂȘme, c'est peut-ĂȘtre une info. C'est que le premier hĂŽtel oĂč on s'est retrouvĂ©s, mon frĂšre avait pris une chambre familiale. On ouvre et en fait, il y avait un grand lit. Moi, ça faisait, je pense, 35 ans que je n'avais pas dormi dans le mĂȘme lit que mon frĂšre. Et en fait, j'ai fait. On s'est regardĂ©, on a dit, non. Et en fait, c'est vrai que la chambre familiale lĂ -bas, le premier prix des chambres n'est vraiment pas cher. Et mais en fait. eux ils dorment dans le mĂȘme lit la famille dort dans le mĂȘme lit c'est des grands grands lits plus grands que les nĂŽtres mais c'est vrai que moi j'avais besoin encore d'avoir mon espace toute seule du coup on a pris un peu plus haut de gamme en prenant des lits sĂ©parĂ©s ce qui se fait pas trop en fait lĂ  mais voilĂ  mĂȘme ça c'Ă©tait trĂšs trĂšs accessible donc il y a des Ă©cologes et le lendemain on partait Ă  8h30 je crois pour aller dans la jungle rencontrer les Ă©lĂ©phants les nourrir les soigner se baigner avec les Ă©lĂ©phants et lĂ  on a dormi dans la jungle en hamac dans la jungle et le lendemain j'avais pris une demi-journĂ©e de rando dans la jungle pour trouver une cascade et lĂ  on Ă©tait tellement sonnĂ©s qu'on est encore restĂ©s un petit peu Ă  l'Ă©cologe c'Ă©tait un appel franchement je sais pas pourquoi vraiment mais en fait je veux voir des Ă©lĂ©phants et il y avait un cĂŽtĂ© je suis un caprice ou pas ? la rencontre de ça va aller ce que tu me disais tout Ă  l'heure franchement lĂ  quand j'Ă©tais dans la riviĂšre et que l'Ă©lĂ©phant est arrivĂ© LĂ , ça m'a vraiment fait « je suis vraiment en train de vivre ça dans ma vie, mais je veux que ça s'inscrive dans chacune de mes cellules et je veux cette force-lĂ  de cette Ă©lĂ©phante-lĂ , encore une fois, qui a effectivement vĂ©cu des choses trĂšs difficiles avant d'arriver lĂ . Il y a eu un calme, une rencontre, une force qui a menĂ© cette Ă©lĂ©phante-lĂ . Je veux m'imprĂ©gner de ça pour la suite. »

  • Speaker #1

    Et ces éléphantes, on est d'accord que... Dans cet endroit, personne ne monte dessus. C'est vraiment respectueux. Elles ont suffisamment subi ailleurs pour qu'on les laisse tranquilles.

  • Speaker #0

    Ah oui, bien sûr. Elles ont leur Cormac, je crois. Elles ont chacun un Cormac qui s'occupe d'elles. Pour le tourisme, nous, on arrive le matin là, et puis en fait, ils nous donnent des bananes, des régiments de bananes, pour nourrir, en fait. Mais comme elles ont déjà chacune, là, il y en avait trois, elles ont chacune une façon différente d'accepter la nourriture. Et du coup, il y a vraiment ce respect qui est mis en place. En fait, elles ont vécu ça, elles ont cet ùge-là. C'est à nous de nous adapter à elles. Et puis, si elles ont envie de venir, elles ne viennent pas.

  • Speaker #1

    Encore un moment fort. Il va bien falloir partir aussi de cet endroit.

  • Speaker #0

    Nous, on avait pris... On savait qu'on y allait pour deux jours. AprĂšs, on est restĂ©s trois jours parce qu'il fallait faire des lessives. DĂ©jĂ , des choses trĂšs magiques. Ben voilĂ , on s'est dit, oh non, on ne va pas repartir lĂ . On a dormi dans la jungle cette nuit. Ce soir, on redore Ă  l'Ă©cologe. Il y avait aussi cette recherche de repĂšres. Je pense pour intĂ©grer aussi, c'Ă©tait tellement Ă©norme. On s'est dit, on ne repart pas tout de suite. Mais en fait, on est repartis le lendemain, tranquillement. On a hĂ©sitĂ© Ă  aller au nord-est, donc sur le Ratanakiri. On n'avait pas assez de temps. parce que je savais que le ratanakiris allait demander aussi de prendre le temps d'aller dans la jungle de prendre le temps de... et du coup c'Ă©tait plusieurs journĂ©es pour dĂ©couvrir et il y avait les dauphins de l'Iradaway sur le Mekong, c'Ă©tait lĂ  des touristes qui nous ont dit ça lĂ -bas quand on Ă©tait avec des Ă©lĂ©phants qui venaient de lĂ  et je me suis dit c'est vrai que les dauphins lĂ  ils ont l'air c'est des dauphins trĂšs particuliers qui sont en voie d'extinction il faut aller les voir et soit on remontait, je sais plus comment ça s'appelle vraiment Ă  la frontiĂšre avec le Laos ... Et puis encore une fois, on s'est dit, oui, ou autrement. Et lĂ , on est allĂ© Ă  Tung Treng, donc par un voyage qui Ă©tait Ă©prouvant. En fait, voyager en minibus avec des Cambodgiens, c'Ă©tait vraiment bien aussi. On rencontrait les gens, c'est des voyages longs aussi. Donc, je me souviens d'une maman avec son bĂ©bĂ© qui allait dans un hĂŽpital et qui allait chercher des soins. C'est vrai que nous, en fait, on n'a pas cette dimension-lĂ . LĂ , c'Ă©tait important de dire, ah oui, lĂ , forcĂ©ment, quatre heures de minibus, ce n'est pas la mĂȘme. VoilĂ , il y avait comme des rencontres qui se faisaient aussi Ă  cet endroit-lĂ  aussi, quand mĂȘme, dans les minibus. On est arrivĂ©s sur Stong Trang avec l'idĂ©e qu'on voulait aller voir des dauphins, mais on ne savait pas comment. J'avais des infos sur Lonely Planet qui disaient qu'il y avait un Mekong Trail qui avait Ă©tĂ© mis en place Ă  un moment oĂč on pouvait faire canoĂ«, vĂ©lo, etc. pour descendre le Mekong. Et on ne trouve pas trop d'infos, mais ça, ça datait d'avant le Covid. Et donc, du coup, on ne trouve pas. Et on finit par trouver un loueur de kayak qui ne nous loue rien, mais qui nous dit oui, vous pourriez aller sur cette Ăźle-lĂ , sur CoprĂ©a. Normalement, vous pourriez ĂȘtre accueillis. c'est tout en fait il referme sa porte on se dit ah oui c'est tout il nous dit que ça on a trouvĂ© comment retrouver cette Ăźle lĂ  mais sans du tout savoir ce que ça allait donner on y est allĂ© en taxi en fait le taxi nous dĂ©pose Ă  un endroit oĂč il n'y a rien mais vraiment rien sur le bord du Mekong certes mais lĂ  c'est marrant avant il y avait comme un port mais lĂ  il n'y a plus rien et on se dit oui mais du coup tu peux nous dĂ©poser ailleurs du coup il reprend la voiture et nous dĂ©pose et lĂ  il y a un bac qui attendait qui est vraiment fait de planches enfin vraiment trĂšs trĂšs trĂšs rudimentaire et mĂȘme eux sont mais il y a quelques personnes qui attendent lĂ  pour faire la traversĂ©e vers l'Ăźle. Et lĂ , comme toujours, en fait, comme dans tous les endroits oĂč on est allĂ©s, les gens sont trop heureux de nous voir parce qu'ils sont trop Ă©tonnĂ©s de voir des touristes Ă  cet endroit-lĂ , de voir des Blancs Ă  cet endroit-lĂ . Et en plus de voir une petite fille qui leur parle en Khmer, qui leur dit bonjour en Khmer. LĂ , du coup, les gens, ils sont vraiment, vraiment joyeux, quoi. Ils rigolent comme moi, je rigole de toutes les blagues que nous rĂ©serve ce voyage. On traverse en essayant d'expliquer qu'on aimerait bien dormir sur l'Ăźle. Et lĂ , on ne comprend rien Ă  ce qu'ils nous disent. Ils nous dĂ©barquent. avec tout le monde qui part du coup en moto. Et lĂ , on ne sait pas ce qu'on fait. On arrive sur l'Ăźle et il y a des champs. Et heureusement, Google Maps nous dit qu'il y a des habitations de l'autre cĂŽtĂ© de l'Ăźle. Il est 13h, il y a une demi-heure de marche. On se dit, bon, on n'a plus qu'Ă  faire ça, on marche, on traverse. Et lĂ , mais vraiment, on ne savait pas. Et puis lĂ , Malou, elle arrivait vraiment en fatigue et tout. Donc, c'Ă©tait Ă©prouvant. Et au bout de 25 minutes de marche, donc au fond, c'est facilement. Mais avec le doute, c'Ă©tait trĂšs, trĂšs long. LĂ , il y a un monsieur qui vient nous chercher en mobilette. qui vient nous chercher qui est en scooter pardon et qui vient et qui parle Ă  mon frĂšre je comprends rien et mon frĂšre me dit bon bah c'est bon vous pouvez monter avec lui je vous rejoins comment ça ?

  • Speaker #1

    tu ne viens pas ?

  • Speaker #0

    ouais bah non il n'y a pas la place je vous rejoins et en fait il nous emmĂšne dans une famille aprĂšs il a recherchĂ© mon frĂšre donc on est restĂ© que 20 minutes peut-ĂȘtre seul mais lĂ  c'Ă©tait pas trop seul la famille nous accueille en fait c'est une Ăźle oĂč effectivement ça faisait partie du Mekong Trail oĂč il y avait des homestays des endroits pour vivre chez l'habitant dormir passer quelques nuits chez l'habitant. LĂ , par exemple, il devait y avoir cinq familles, je pense, qui Ă©taient rĂ©fĂ©rencĂ©es. Et l'organisation ultime d'avant le Covid, c'Ă©tait que suivant la semaine oĂč on arrivait, ils nous disaient, lĂ , cette semaine, c'est telle famille qui accueille. La rĂ©tribution Ă©tait repartagĂ©e, en fait. Bon, lĂ , du coup, ils n'avaient pas vu de touristes depuis trois ans, donc voilĂ . Mais ils ont tout dĂ©gotĂ©, nous ont trouvĂ© la maison, la famille. Ce que j'ai apprĂ©ciĂ©, c'est que ce n'Ă©tait pas des familles... nuclĂ©aire en fait au Cambodge, c'est pas le pĂšre, la mĂšre et les enfants en fait. On sait pas trĂšs bien si c'est une tante, si c'est un oncle, si c'est une grand-mĂšre, si c'est un petit-fils. Et ça c'Ă©tait vraiment royal parce que Ă  cet endroit-lĂ , personne ne nous renvoyait aussi « Ah bon vous ĂȘtes frĂšres, frĂšres et sƓurs, c'est trop bizarre » . Personne, en fait ils acceptaient lĂ -bas, c'Ă©tait ok. C'Ă©tait « Ah oui ok, d'accord trĂšs bien » . C'Ă©tait logique en fait que ça se passe comme ça, ça c'Ă©tait intĂ©ressant pour nous aussi. Et donc lĂ , l'homme de la maison travaillait quand on est arrivĂ©s, donc pendant deux jours on a Ă©tĂ© en plus. accueillis par des femmes. Donc nous, on Ă©tait... Enfin, il y avait un petit dĂ©calage qui se faisait avec mon frĂšre. Il avait dĂ©jĂ  vĂ©cu dans d'autres pays, mais lui, en fait, en tant qu'homme, il n'Ă©tait pas accueilli pareil que nous. Il y avait des choses oĂč elle se libĂ©rait plus. Les femmes, c'Ă©tait vraiment aussi hyper fort. Elle ne parlait pas l'anglais, elle ne parlait pas le Khmer ou trĂšs peu de Khmer. Si, elle parlait le Khmer, mais du coup, trop peu pour que j'arrive Ă ... Enfin, moi, je ne parlais pas pour qu'on me puisse parler. Donc du coup, ça donnait un truc...

  • Speaker #1

    Le langage des signes.

  • Speaker #0

    Ouais, que dans le non-verbal.

  • Speaker #1

    Le truc inattendu et complĂštement fou.

  • Speaker #0

    Bah oui, on se retrouve lĂ . on va marcher et lĂ  du coup c'est une Ăźle donc il n'y a pas de lĂ  ça faisait en mĂȘme temps camping tranquille en fait parce qu'il n'y avait pas de voiture il y avait peut-ĂȘtre une voiture sur l'Ăźle sinon tout le monde Ă©tait Ă  moto et en fait c'Ă©tait trĂšs trĂšs calme et du coup les chiens n'aboyaient pas en voyant des marcheurs parce qu'il y avait beaucoup de marcheurs aussi enfin les gens marchaient se dĂ©plaçaient comme ça mais vraiment on va marcher le premier jour une heure et demie deux heures on revient du coup il n'y avait un peu qu'une rue on avait l'impression on revient et donc tout le monde nous dit hello hello what's your name hello hello what's your name hello hello what's your name mais Bon, peu importe ce qu'on rĂ©pond, c'est la prĂ©sentation. Et donc, du coup, en revenant, les gens parlaient entre eux. Et mon frĂšre me dit « Ah bah attends, lĂ  c'est bon, tout le village est au courant. Ils sont en train de dire que je suis ton frĂšre, qu'elle a 8 ans, qu'elle a ça, elle a ça, elle a ça. » Et en fait, il chopait les bouts de conversation. Ça avait vraiment bien fonctionnĂ©. Tout le monde nous connaissait alors qu'on avait parlĂ© Ă  une seule famille. Et lĂ , Malou, du haut de ses 8 ans, a repĂ©rĂ© une petite boutique de rien du tout. Et elle s'Ă©tait mise en tĂȘte d'acheter des chewing-gums. Et donc le lendemain, au moment de la sieste qui est obligatoire lĂ -bas, ça c'est vraiment aussi un pays trop bien quand on est en rĂ©mission, c'est qu'il y a des hamacs partout et des siestes obligatoires. Ça c'est trĂšs trĂšs bien. Et elle, elle ne voulait pas faire la sieste. Elle a dit, moi je vais chercher des chewing-gums. Donc nous, on savait qu'il y avait au moins 40 minutes de marche avant la boutique quand mĂȘme. Et mais encore une fois, elle dit ça. Donc nous on dit, on dit non, on ne dit pas non, c'est sĂ©cure, ce n'est pas sĂ©cure. Puis en fait, on se regarde et on dit, en fait, quoi qu'il lui arrive, on le saura en deux minutes. Ça va aller tellement vite et on sentait vraiment cette bienveillance. En fait, c'est vrai que ça, c'Ă©tait vraiment trop bien. Ce qui fait qu'on la laisse partir, c'est pour ça l'effet camping. OK, vas-y. Moi, dans toutes ces expĂ©riences-lĂ , je me dis, ouais, super. Et puis aprĂšs, il y a quand mĂȘme des petits trucs qui se rĂ©veillent en moi, de maman, de... Je deal avec ça Ă  l'intĂ©rieur de moi. Puis en fait, elle revient au bout d'une demi-heure, sans chewing-gum, en nous disant, oh non, mais j'avais peur que vous vous inquiĂ©tez, mais je n'ai pas pu avancer plus de 500 mĂštres parce qu'en fait, tout le monde m'invite Ă  boire de la soupe, Ă  manger des fruits, de l'ananas et tout. Je suis allĂ©e dans toutes les maisons. AprĂšs, il y a quelqu'un qui me demande ce que je fais. Il me parle en anglais. Mais comment ça va ? Et du coup, Ă  la fin, j'en ai trop marre. Je rentre. C'Ă©tait incroyable. En 24 heures, c'est lĂ  qu'on s'est dit qu'on allait rester encore une journĂ©e de plus. Parce que les enfants venaient la chercher pour aller jouer Ă  l'Ă©cole. C'est gĂ©nial, l'Ă©cole est ouverte. C'Ă©tait un week-end. L'Ă©cole Ă©tait ouverte. Les enfants allaient jouer dans la cour d'Ă©cole et aussi dans la classe, pour faire la classe. C'Ă©tait vraiment lĂ  oĂč on s'est posĂ©. On avait vraiment l'impression... En plus, on est rentrĂ©s chez Descmer, c'est encore autre chose qu'on a Ă©tĂ© accueillis dans une famille. C'Ă©tait les maisons Ă  Ă©tage, c'est-Ă -dire que le rez-de-chaussĂ©e est tout ouvert. En fait, c'est des pilotis, c'est des maisons sur pilotis. On arrive, il n'y a pas de mur, il y a les pilotis de la maison. Et lĂ , la cuisine se fait dehors. Et il y a l'espĂšce de table sur laquelle on dort aussi pour la sieste. Il n'y a pas de matelas, mais en fait, on dort Ă  la tuile et Ă  bac. Et un grand escalier Ă  l'Ă©tage, je pense que c'Ă©tait plus pour la saison des pluies. parce qu'il y avait aussi une cuisine Ă  l'Ă©tage, mais lĂ , elle n'Ă©tait pas du tout exploitĂ©e. Et puis des chambres et encore un espace ouvert. Mais du coup, quand on est rentrĂ© dans l'espace privĂ© des chambres, c'Ă©tait encore plus incroyable. Et voilĂ , il fallait encore partir de lĂ . Et lĂ , mon frĂšre m'a dit... Enfin, il avait dit ça quand on Ă©tait venu en taxi parce qu'il savait qu'on n'allait pas forcĂ©ment rappeler le taxi. Et il m'a dit, c'est lĂ  que le voyage commence. Et effectivement, on est reparti. On ne savait pas comment on allait retourner Ă  Stuttgart oĂč on avait laissĂ© nos sacs dans l'hĂŽtel, etc. Et donc, on reprend le bac. lĂ  le trajet retour se fait trĂšs bien Ă  pied, on reprend le bac et lĂ  on se dit bon bah on rentre en stop et il m'avait dit je sais pas comment on va rentrer mais on va rentrer, ce que j'ai pas dit c'est que mon frĂšre en fait il avait dĂ©jĂ  fait la traversĂ©e de l'Afrique du Nord au Sud Ă  pied et en stop, donc du coup c'Ă©tait un peu des choses qu'il maĂźtrisait et lĂ  c'est un peu comme si j'Ă©tais vraiment rentrĂ©e dans son voyage aussi, dans sa façon de voyager il m'a dit je sais qu'on y arrivera, je sais pas comment mais je te garantis on y arrive, et puis lĂ  on marche il est 13h, il fait hyper chaud et il y a Ă©videmment pas de voiture Ă  cette heure lĂ  parce qu'on arrive presque sur l'heure de la sieste c'est la plus capable comme idĂ©e et Ă  un moment Il y a quand mĂȘme une voiture, on l'arrĂȘte, elle ne va pas au bon endroit. Je ne sais pas, c'Ă©tait vraiment presque dĂ©sertique. Je vois une moto qui part. Je me dis, bon, ce n'est pas grave, je peux monter avec Mel au-dessus. Je tĂąche le mec et tout ça pour lui dire, est-ce que tu pourrais nous emmener ? Et lĂ , mon frĂšre me crie, non, c'est bon, Marion, c'est bon, on ne repart pas avec lui. Et lĂ , il y a un tout plastique, je ne sais pas trop comment dire. Tu sais, les Ă©choppes ambulantes qui vendent tout et n'importe quoi. Du gel douche en portion individuelle et plein de... de vaisselle, etc. mais qui est accrochĂ©e Ă  l'extĂ©rieur en fait. Tout ça tirĂ© par une petite moto. C'Ă©tait incroyable, ça arrive trĂšs lentement et je vois que mon frĂšre sait qu'on va pouvoir monter dedans et que moi, en fait, mon frĂšre sait que j'adore ces trucs-lĂ . À chaque fois, je fais « Ah, c'est trop beau ! » Et lĂ , il nĂ©gocie et les gens nous emmĂšnent en fait dans ce magasin ambulant qui va Ă  10 km heure. Et lĂ , c'Ă©tait une expĂ©rience tellement gĂ©niale. LĂ  aussi, ça m'a fait « je suis dedans ! » Et en fait, pareil, cette personne-lĂ , la personne qui conduit, elle nous prend parce qu'on est sur la route et elle, elle n'a jamais voyagĂ© autrement que comme ça. Et en fait, Ă  un moment, elle se retourne pour nous montrer le ciel. Et je vois que comme moi, je rĂ©alise qu'on est au Cambodge, lui rĂ©alise qu'en fait, on a pris l'avion pour venir et qu'on est venu par l'avion. Et c'est comme deux rĂ©alitĂ©s qui se font. Ah ouais, c'est fou qu'on soit lĂ  ensemble. Ça dure une demi-heure et puis c'est tout, quoi. Il nous arrive dans une ville, on se dit bon bah allez on finit autrement, on va faire du stop autrement, c'Ă©tait hyper rapide comme stop et tout, c'Ă©tait gĂ©nial de nous faire en compte. AprĂšs on a quand mĂȘme Ă©tĂ© au temple d'Ankor, on est allĂ© Ă  Siam Rep, que mal vous connaissez dĂ©jĂ , et lĂ  on a rebranchĂ© un peu avec l'Occident quand mĂȘme, c'Ă©tait un peu moins route. Siam Rep on l'a fait Ă  vĂ©lo, on a pris une location Airbnb mais avec des vĂ©los, ça c'Ă©tait gĂ©nial parce que du coup c'est pareil, on n'Ă©tait pas dans les bruits, on a pu s'extraire, on avait les vĂ©los et les hamacs. DĂšs qu'il y avait besoin d'une pause, on se posait. C'Ă©tait vraiment de trĂšs belles dĂ©couvertes. Et puis, on est repassĂ© au foyer oĂč moi, lĂ , je dĂ©couvre oĂč Malou a vĂ©cu pendant un mois. Et elle est accueillie par des mĂšres d'accueil. C'est vraiment intĂ©ressant aussi qu'il y avait un internat pour les ados et les petits Ă©taient vraiment dans un foyer, dans une petite maison avec une mĂšre rĂ©fĂ©rente. Et du coup, je vois Malou qui est accueillie. Presque qu'elle Ă©tait un peu gĂȘnĂ©e d'avoir ses deux mĂšres en mĂȘme temps. C'Ă©tait trĂšs, trĂšs, trĂšs, trĂšs fort. et en mĂȘme temps c'est le moment des au revoir et voilĂ  ils partent tous les deux ils se dĂ©partent d'endroits oĂč mon frĂšre partait aussi quitter son boulot, Malou repartait vers la France et lĂ  moi j'avais envie de rester au Cambodge en vrai, j'avais envie de rester cette derniĂšre semaine au Cambodge et mon frĂšre me dit on va aller Ă  Bangkok, c'est bien si tu te remets dans quelque chose de plus occidental de plus urbain avant d'arriver Ă  Paris parce que sinon ça va ĂȘtre vraiment dur pour toi donc on a pris ce train trĂšs long qui va de PoypĂ©t Ă  Bangkok avec plein de viables infĂ©rieurs et Ă  Bangkok on a pu ... C'est vrai que du coup, moi, je ne m'Ă©tais pas rendu compte qu'en fait, on avait fait le musĂ©e d'Angkor quand mĂȘme, qui est trĂšs, trĂšs bien. Mais sinon, on n'avait pas du tout fait... En fait, on a fait tout ce voyage-lĂ  sans vraiment des musĂ©es, sans vraiment des trucs...

  • Speaker #1

    Ce n'est pas obligatoire.

  • Speaker #0

    Non, mais sauf que lĂ , d'arriver Ă  Bangkok, j'ai redĂ©couvert un centre culturel, voir des artistes qui s'emparent de l'histoire, etc. Et puis, du coup, c'Ă©tait bien quand mĂȘme qu'on se remette lĂ -dedans. Je crois qu'il avait raison. Puis en fait, Bangkok, c'est aussi gĂ©nial Ă  voir, Ă  dĂ©couvrir. et puis moi j'avais pas passĂ© le cap de manger des insectes donc ça je l'ai fait Ă  Bangkok, ce qui est quand mĂȘme important je l'ai fait parce que j'ai vu une jeune fille qui Ă©tait hyper stylĂ©e, qui mangeait une glace avec des insectes Ă  la sortie du lycĂ©e, je me suis dit ah non c'est trop stylĂ©, je vais le faire aussi ça fait pas envie ah oui c'Ă©tait bon, ce que j'ai pas rĂ©ussi c'Ă©tait les oeufs fĂ©condĂ©s mais bon, je me suis dit comme ça ce sera pour un prochain voyage donne toi des objectifs Et de lĂ , mon frĂšre nous a accompagnĂ©s jusqu'au dĂ©part pour Bangkok. Et lĂ , j'en ai un peu les larmes aux yeux de penser qu'on est rentrĂ©s en France. Il nous a fallu beaucoup de temps pour rentrer. C'Ă©tait trĂšs difficile. Et du coup, je suis trĂšs contente de raconter ce voyage, de te raconter ce voyage. C'est trĂšs, trĂšs difficile de raconter un voyage, je trouve. Et en fait, on n'a pas trop rĂ©ussi Ă  en parler aux amis. Il y avait juste le dĂ©calage. Il y a des choses qui sortent de temps en temps. Mais du coup, comme moi, j'adore Ă©couter les podcasts. LĂ , tu vois ta voix quand je t'ai entendue. J'ai dit « Oh oui ! » c'est comme sur les quatre-feuilles que tu la mets et j'adore voyager comme ça mais c'est vrai qu'en fait il faut du prendre ce temps-lĂ  Ă©norme qu'on a pris et voilĂ  et voilĂ  on a quittĂ© la lumiĂšre et la couleur pour revenir en France non je plaisante ça c'est le terme mais on a quand mĂȘme Ă©coute

  • Speaker #1

    j'ai été transportée dans ton voyage tu sais trÚs bien raconter les voyages il n'y a aucun souci en fait la seule question qui j'ai encore deux questions mais la premiÚre la plus importante c'est comment ça va aujourd'hui j'ai été tellement transportée

  • Speaker #0

    par ce voyage et qu'aprĂšs, j'ai fait un petit dĂ©ni de ma maladie. En fait, je suis en rĂ©mission du cancer, mais du coup, c'est une maladie trĂšs particuliĂšre qui reste en fait et avec laquelle on ne sait pas si ça va repartir, quand ça va repartir. Donc, ça laisse ça. Mais j'ai fait un dĂ©ni et en fait, je suis toujours sous traitement, mais je voulais vraiment faire comme si je ne l'Ă©tais plus. Je voulais rester avec
 En fait, l'Ă©lĂ©phant dans la riviĂšre, il ne m'a pas dit « Allez, prends tes mĂ©dicaments, ça va aller » . J'ai juste entendu « Ça va aller » . Mais lĂ , en fait
 depuis un an maintenant, j'ai ces traitements complĂ©mentaires qui ont des effets secondaires et qu'il faut que j'accepte. Mais aussi, il faut que j'accepte que ça fasse partie de ma vie. Donc en fait, il y a cette transformation qui est en cours, qui n'est pas encore finie. Et puis des effets secondaires au long cours dont je n'avais pas idĂ©e, mais pour lesquels il existe des prises en charge. Donc lĂ , je vais avoir une hospitalisation en hĂŽpital de jour pour les effets secondaires. Il n'y en a pas beaucoup en France, donc c'est bien que j'en parle aussi. Je crois qu'il n'y a que deux endroits en France oĂč on propose ça. qu'on appelle la remĂ©diation physique et cognitive, rĂ©adaptation aprĂšs la longue maladie. Et voilĂ , Ă  Rennes, il y a ça. Je pense que c'est aussi parce que je sais qu'il va y avoir ça, que j'ai eu cet Ă©lan de me dire, OK, je remets des choses en place et je suis hyper contente de boucler ça avec toi aussi. Ça fait partie de ce chemin-lĂ , je crois.

  • Speaker #1

    Je suis ravie de t'accompagner à ma toute petite mesure sur ce chemin. C'est vraiment un grand honneur que tu me fais. Quand tu m'as proposé ton histoire, je t'ai demandé s'il y avait une association que tu voulais mettre en avant. Tu m'as dit qu'il y en avait plusieurs, mais voilà, c'est le moment. Si tu veux en parler d'une en particulier.

  • Speaker #0

    Oui, moi, j'avais envie de parler de Bivoque et moi, qui est une association. Alors, et moi, c'est E-T-Moi ou et moi, un et moi, qui est une... une jeune association qui fait des voyages pour des personnes qui sont plutĂŽt en rĂ©mission aussi ou en poste, c'est aprĂšs les traitements lourds du cancer mais ça peut ĂȘtre aussi pour les maladies chroniques, enfin les cancers mĂ©tastasiques par exemple ou chroniques et du coup qui proposent des sĂ©jours en montagne tout est pris en charge, on a une adhĂ©sion Ă  l'association mais c'est tout et on arrive c'est vers ChambĂ©ry on a juste le lieu de rendez-vous, l'heure de rendez-vous et on sait quand on revient, donc on sait on part le vendredi midi et il nous emmĂšne dans la montagne. Et lĂ , on marche. Il nous emmĂšne Ă  une montagne qu'on ne connaĂźt pas. Donc, on est une dizaine, entre 6 et 12 personnes qui avons vĂ©cu ça, des traitements, et qui en sont Ă  un autre endroit. Mais toutes des histoires diffĂ©rentes. Et ensemble, on gravit la montagne. Et c'est Ă©prouvant physiquement. Et on va jusqu'au refuge. Et on dort deux nuits au refuge. Le lendemain, on va marcher, crapahuter dans la montagne, comme on peut. À l'initiative, il y a un mĂ©decin, un mĂ©decin de la douleur. Donc, c'est encadrĂ© par un mĂ©decin de moyenne montagne ou haute montagne, je ne sais plus, et un bĂ©nĂ©vole. Donc, il y a toujours au moins trois personnes qui ne sont pas directement concernĂ©es par la maladie. Et c'est des rencontres incroyables. Et c'est le fait aussi de pouvoir se surpasser physiquement, d'impliquer son corps physiquement et de voir des paysages hyper forts. Et moi, vraiment, ça m'a raccrochĂ©e Ă  ce « mais non, je ne peux pas le faire, je suis malade. Ah si, je vais le faire quand mĂȘme » . Cette Ausha, pouvoir ĂȘtre accompagnĂ©e lĂ -dedans, c'est vraiment super bien.

  • Speaker #1

    Comment on peut les contacter si les personnes qui nous Ă©coutent
 ont envie d'en savoir plus ?

  • Speaker #0

    Eh bien, le site Bivouac et moi. Je n'ai pas l'adresse en tĂȘte, mais je sais que si on Ă©crit Bivouac et moi, c'est...

  • Speaker #1

    Tu vas tomber dessus et je mettrai ça dans les notes de l'Ă©pisode de toute façon. Je ne vais pas poser mes questions habituelles parce que je trouve que ton rĂ©cit, ton tĂ©moignage, ton histoire, votre aventure avec Malou sont trop fortes pour qu'on rentre dans des questions basico-basiques. Vraiment, je veux vous remercier infiniment toutes les deux. d'avoir pris le temps de me raconter et donc de nous raconter votre histoire, votre aventure. C'est une belle aventure. Elle n'a pas bien commencĂ©, mais j'ai vraiment l'impression que tout ce que vous avez vĂ©cu dans ce voyage particulier a quand mĂȘme apportĂ© de belles choses. Et j'espĂšre que tout ça vous a donnĂ© la force quand il y en avait besoin et de continuer votre chemin et que plein d'autres belles choses vont arriver. Est-ce que tu as prĂ©vu un autre voyage toutes les deux ?

  • Speaker #0

    Alors oui, alors lĂ  on a des voyages prĂ©vus. Ça va ĂȘtre l'anniversaire de Malou. Donc on va, attention, Ă  Paris, voir l'AssemblĂ©e Nationale, parce que ça c'est sa demande. Mais aprĂšs le Cambodge,

  • Speaker #1

    on passe un cran lĂ . On est au top du top.

  • Speaker #0

    Elle a trĂšs envie de ça, donc moi je le fais. Mais le vrai voyage de son anniversaire, ça va ĂȘtre d'aller en vĂ©lo sur les Bordelois. Elle a choisi d'ĂȘtre plutĂŽt sur l'estuaire. Elle a commencĂ© la Loire Ă  vĂ©lo par la fin. Mais pourquoi pas ? Donc voilĂ . Ah ouais, ça, ça va ĂȘtre trĂšs bien. Et puis, en fait, mon frĂšre, il a repris un volontariat Ă  Madagascar. Et ça, ça chemine doucement que ça pourrait aussi. On verra Ă  la fin des traitements parce que je voudrais que ce soit un voyage plus long. Enfin, la fin des traitements. En tout cas, la fin de la premiĂšre partie de ces traitements-lĂ . Et je ne peux pas voyager avec ces traitements-lĂ  aussi. Il y a ça qui est compliquĂ©.

  • Speaker #1

    Évidemment que vous allez le faire. Ça va arriver. Encore un peu de patience. En tout cas, c'est tout ce que je vous souhaite. Encore une fois... mille merci pour tout ce que tu as partagĂ© et ce que Malou a partagĂ©, c'Ă©tait trop bien je vous souhaite que le meilleur Ă  partir de maintenant que tout ça soit bientĂŽt rangĂ© dans les aventures et que vous passiez Ă  autre chose alors nous on va te dire en Khmer,

  • Speaker #0

    en posant bien les mains sur le coeur Okun Shran Okun Shran qui veut dire merci,

  • Speaker #1

    merci beaucoup trop bien,

  • Speaker #0

    Okun Shran tout alors merci beaucoup et euh

  • Speaker #1

    et on se tient au courant pour la suite.

  • Speaker #0

    Oui, et au plaisir de t'Ă©couter encore et encore. VoilĂ , c'est tout pour aujourd'hui. Merci d'avoir Ă©coutĂ© jusqu'au bout. Si vous voulez Ă©couter d'autres voyages, plus de 100 Ă©pisodes entre conversations, top 5, galĂšres ton voyage et mes reportages sont disponibles sur le blog ou en vous abonnant sur la plateforme d'Ă©coute que vous utilisez en ce moment. Et tout ça, gratuitement ! N'hĂ©sitez pas Ă  le partager Ă  d'autres parents en fait d'inspiration pour leurs prochaines vacances et Ă  ceux qui pensent que voyager avec des enfants, c'est trop compliquĂ©. Si l'Ă©pisode vous a plu, si vous voulez partager un voyage ou dĂ©couvrir une destination, dites-le moi sur Apple Podcasts, Spotify ou encore sur Instagram en me taguant Ă  famille et voyage avec un S underscore blog. À bientĂŽt pour le prochain Ă©pisode. D'ici lĂ , prenez soin de vous, inspirez-vous et crĂ©ez-vous de chouettes souvenirs en famille.

Description

Il suffit parfois d’une blague pour embarquer dans une aventure extraordinaire !

C’est ce que vont nous raconter Marion et sa fille Malou aujourd’hui. Cette aventure avait pourtant bien mal commencĂ© avec l’annonce du cancer du sein de Marion. La maladie a Ă©videmment bouleversĂ© leur quotidien jusqu’au jour oĂč son frĂšre lui a proposĂ© de s’occuper de Malou. La blague, c’est qu’il est en mission humanitaire au Cambodge. 

Marion a bien ri, mais Malou est emballĂ©e et elle rejoint son oncle dans un foyer d'accueil, dĂ©couvrant un pays, une culture, ses premiers mots en khmer et plusieurs merveilles locales. À la demande de sa fille, Marion s’envole Ă  son tour quelques semaines plus tard. Ensemble, ils explorent Kampot, Koh TunsaĂŻ, Koh Preah et surtout Kep, la ville du crabe, qui va donner Ă  Marion l’occasion de se venger de cette satanĂ©e maladie.

J’ai Ă©tĂ© impressionnĂ©e par la maturitĂ© de Malou et profondĂ©ment touchĂ©e par la force, la rĂ©silience et la dĂ©termination de Marion. On a bien rigolĂ© aussi. 

Enfin, en cette semaine du Podcasthon, Marion met en lumiÚre l'association Bivouac & Moi, qui offre des escapades en montagne à des personnes en rémission ou en post-traitement du cancer. Une belle maniÚre de prolonger cette force de la nature qu'elle a su capter.

Allez, c'est parti pour le voyage de la résilience de Marion et Malou au Cambodge.


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Idée originale et hÎte : Stéphanie Cordier

Musique : Luk & Jo


đŸ™‹â€â™€ïž Vous avez 30s ?


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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Hello, hello ! Bienvenue dans la saison 6 de Famille et Voyage, le podcast. Je suis StĂ©phanie, maman de deux grands ados et complĂštement accro aux voyages. Dans ce podcast, on sort le coup Ă  cette idĂ©e folle que voyager avec des enfants, ça ne sert Ă  rien puisqu'ils ne s'en souviendront pas. Mais que nenni ! Et mes invitĂ©s le prouvent chaque semaine. Ici, on parle voyage Ă  pied, Ă  vĂ©lo, en voiture, en camping-car. Les parents voyageurs partagent leurs itinĂ©raires et racontent leurs activitĂ©s avec les enfants, les spĂ©cialitĂ©s locales Ă  savourer, les galĂšres Ă  Ă©viter et mĂȘme leur budget. De quoi vous donner plein d'idĂ©es pour vos prochaines vacances en famille. Le podcast est disponible sur le blog famillevoyage.com, sur toutes les plateformes d'Ă©coute et sur la web radio Allo la planĂšte. Allez hop, nouvelle conversation ! Il suffit parfois d'une blague pour embarquer dans une aventure extraordinaire. C'est ce que vont nous raconter Marion et sa fille Malou. Cette aventure avait pourtant bien mal commencĂ© avec l'annonce du cancer du sein de Marion. La maladie a Ă©videmment bouleversĂ© leur quotidien, jusqu'au jour oĂč son frĂšre lui a proposĂ© de s'occuper de Malou. La blague, c'est qu'il est en mission humanitaire au Cambodge. Marion a bien ri, mais Malou est emballĂ©e et elle rejoint son oncle dans un foyer d'accueil, dĂ©couvrant un pays, une culture, ses premiers mots en Khmer et plusieurs merveilles locales. À la demande de sa fille, Marion s'envoie Ă  son tour quelques semaines plus tard et ensemble, ils explorent Kampot, KothunsaĂŻ, KoprĂ©a et surtout Kep, la ville du crabe, qui va donner Ă  Marion l'occasion de se venger de cette satanĂ©e maladie. J'ai Ă©tĂ© impressionnĂ©e par la maturitĂ© de Malou. est profondĂ©ment touchĂ©e par la force, la rĂ©silience et la dĂ©termination de Marion. Bon, et on a bien rigolĂ© aussi. Enfin, en cette semaine du podcaston, Marion met en lumiĂšre l'association Bivouac et moi qui offre des escapades en montagne Ă  des personnes en rĂ©mission ou en poste de traitement du cancer. Une belle maniĂšre de prolonger cette force de la nature qu'elle a su capter. Allez, c'est parti pour le voyage de la rĂ©silience de Marion et Malou au Cambodge. Hello Marion !

  • Speaker #1

    Hello Stéphanie !

  • Speaker #0

    Comment ça va ?

  • Speaker #1

    Ça va, je suis trĂšs Ă©mue de pouvoir revoyager en te racontant.

  • Speaker #0

    Écoute, moi, je pense que ça va ĂȘtre un Ă©pisode assez diffĂ©rent de d'habitude, effectivement. Et j'ai hĂąte que tu nous partages ton histoire, dont tu m'as dit dĂ©jĂ  quelques mots. Donc, je sais que ça va ĂȘtre incroyable et j'espĂšre que ce sera pour toi un bon moment et que tu auras plaisir ensuite Ă  le rĂ©Ă©couter et Ă  garder cette trace de cette histoire un peu particuliĂšre. Mais belle histoire. Avant de commencer. reprenons au dĂ©but. Est-ce que tu peux nous prĂ©senter ta famille et les voyageuses que vous ĂȘtes ?

  • Speaker #1

    Oui, alors nous nous sommes une famille monoparentale il y a un parent, c'est moi et il y a un enfant, c'est Malou et le voyage a commencĂ© je pense pendant la grossesse parce que par la force des choses j'ai changĂ© de rĂ©gion pour donner naissance, parce que je voulais donner naissance dans certaines conditions, c'est-Ă -dire Ă  domicile et que j'avais un camion et que j'Ă©tais mobile, je quittais la rĂ©gion oĂč je vivais pour ça et je pense que ça a donnĂ© une certaine impulsion dans la vie de ma famille, dans le voyage.

  • Speaker #0

    Et vous ĂȘtes des voyageuses plutĂŽt routes ou tu prĂ©vois tes voyages vraiment Ă  la virgule prĂšs ? Comment ça se passe ?

  • Speaker #1

    Non, plutÎt au dernier moment et plutÎt à l'arrache. Là, j'ai cru justement sur le voyage dont on a parlé que ça serait plus organisé, mais bon, mon organisation était mise de cÎté.

  • Speaker #0

    Si ça vous plaßt comme ça, c'est parfait. Et si surtout, il n'y a pas de trop de mauvaises surprises, parce que des mauvaises surprises en voyage, il y en a tout le temps. Quand ce n'est pas trop, c'est bien aussi.

  • Speaker #1

    Ah oui, oui, oui. Non, non. C'est vraiment la sereine d'étipité. On prend ce qui vient.

  • Speaker #0

    Comme je l'ai plus ou moins annoncĂ©, votre histoire est un peu diffĂ©rente d'un voyage classique comme on peut en Ă©couter sur le podcast. Donc, je vais vraiment vous laisser parler et Ă©couter ce que vous avez Ă  nous dire. Je dis vous parce que Malou est lĂ  Ă  cĂŽtĂ© de toi et a une grande part Ă  raconter de cette histoire. Si tu veux bien, je te laisse commencer lĂ  oĂč tu as envie. et ensuite passer la parole Ă  Malou sur son voyage. Est-ce que tu peux nous raconter Ă  partir de quand ce voyage commence ? Et ensuite, on va te suivre, tout simplement.

  • Speaker #1

    Donc, le voyage, il est en 2023. Et nous, on commence 2023 avec une mauvaise nouvelle et une aventure particuliĂšre en France, qui est l'annonce d'un cancer, pour moi, un cancer du sein. Et du coup, une annĂ©e 2023 marquĂ©e par les traitements. Et moi, en mĂȘme temps, j'accompagne mon enfant lĂ -dedans pour tenir les murs de la maison. et j'implique mes proches plus ou moins dans le soin, tout ça. Et en mĂȘme temps, j'ai un frĂšre dont je suis proche, mais qui lui habite au Cambodge et qui fait un volontariat au Cambodge pour deux ans et qui me dit « j'aimerais bien ĂȘtre lĂ , mais je ne sais pas comment » . Les traitements, la chimiothĂ©rapie prend du temps, ma loup est bouleversĂ©e, moi aussi, on se transforme un peu l'une et l'autre. La chirurgie, j'ai eu une ablation du sein Ă  l'automne. Et d'ailleurs, mon frĂšre me dit « j'aimerais bien ĂȘtre lĂ  Ă  ce moment-lĂ  » . Et moi, je lui dis « Ă©coute, je pense que ce n'est pas lĂ  que ça va se jouer, mais peut-ĂȘtre aprĂšs » . Et aprĂšs, il y a la radiothĂ©rapie. Et ça, la radiothĂ©rapie, c'est tous les jours. Il faut aller Ă  l'hĂŽpital. Je crois que ce que je n'ai pas dit, c'est que Malou, elle est en plus en instruction en famille cette annĂ©e. Donc du coup, si moi j'allais tous les jours Ă  l'hĂŽpital, il fallait quelqu'un pour s'en occuper. Donc ça me demandait vraiment beaucoup d'organisation. Et lĂ , mon frĂšre me dit, Ă©coute, moi je la prends au Cambodge si tu veux. Et moi, j'ai pris ça en rigolant parce qu'on avait enfin nos passeports. Les passeports prennent Ă©normĂ©ment de temps. Donc je lui dis, oh regarde, on a des passeports. Malou venait d'expĂ©rimenter les voyages accompagnĂ©s de la SNCF pour aller dans les Alpes. Donc je lui fais une blague. Je lui dis, regarde, peut-ĂȘtre ça existe pour Air France. Il me dit, vas-y Banco, je regarde. Et lĂ , il me propose ça. Moi, je prends vraiment ça Ă  la blague. J'en parle Ă  Malou. Je lui dis, Malou, est-ce que... En fait, visiblement, ce serait possible que tu ailles au Cambodge, notamment pendant toute ma radiothĂ©rapie. Et lĂ , elle me dit, ah ouais, carrĂ©ment. Et lĂ , moi, je me retrouve prise de ma propre blague en me disant, mais en fait, si elle dit oui et si elle n'a pas peur, je n'ai pas le droit de lui dire, ah, maintenant, tu n'y arriveras jamais. Ça y est, c'est trop tard, c'est lancĂ©. Et du coup, on s'est retrouvĂ©s lancĂ©s lĂ -dedans. Mon frĂšre qui Ă©tait effectivement prĂȘt, lui, quand il m'a dit oui, il savait qu'il allait mettre ça en place par rapport Ă  son travail, etc., qu'il pourrait l'accueillir. Et bien voilĂ , moi, du coup, c'Ă©tait une nouvelle aventure. Et surtout, ce qui Ă©tait gĂ©nial, c'est que ça la mise, elle, sur un projet, alors que depuis huit mois, elle vivait par rapport Ă  moi et mĂȘme encore plus par rapport Ă  ma maladie. Et lĂ , du coup, elle s'est fait un projet Ă  elle. Ce n'Ă©tait pas oĂč je vais aller pendant que maman est Ă  l'hĂŽpital. C'Ă©tait OK, moi, je vais faire ça. C'est un truc de fou, je vais le faire. Et voilĂ .

  • Speaker #0

    Waouh ! En mĂȘme temps, une fois qu'on a testĂ© la SNCF tout seul, on peut trĂšs bien tester les avions tout seul et avoir une belle aventure dans un pays pas Ă  cĂŽtĂ©. On essaye d'imaginer Ă  quel point ça doit ĂȘtre difficile, surtout quand on a une petite fille Ă  ses cĂŽtĂ©s. Cette idĂ©e de ton frĂšre qui est arrivĂ© un peu par hasard et de nulle part, cette blague qui s'est rĂ©alisĂ©e, wow ! Beaucoup d'Ă©motion dĂ©jĂ  !

  • Speaker #1

    En fait, tu vois, c'est marrant parce que, enfin, je ne sais pas, mais c'est vrai que je n'avais pas mis ça dans « Quelle voyageuse on est » . En tout cas, à l'annonce du cancer, quand on s'est dit avec Malou, comment on annonce ça aux proches ? Moi, je lui ai dit, on va faire un faire-part parce que je ne me sentais pas d'appeler les gens. On a fait part de mon état de cancer par un écrit, un dessin. En fait, c'était un livret qui expliquait ce que c'était pour nous, comment on allait le vivre. Et c'est vrai que ça s'appelait cette nouvelle aventure. On ne l'a pas choisie, mais on va faire ce qu'on peut avec. Et déjà, il y avait cette notion de « Bon, on va en faire une aventure » . Mais c'est vrai que là, du coup, c'était une aventure. Enfin, du coup, on essayait de faire quelque chose avec ce qu'on avait dans les mains. Mais là, c'est comme si Malou, elle avait pris complÚtement le truc à bras le corps en disant « Bon, ben moi, il faut que je revive ma vie aussi. »

  • Speaker #0

    Bon, on a planté le décor. Maintenant, je t'ai demandé si Malou avait envie de raconter cette partie de l'histoire que tu n'as pas vécue. Et donc, voilà, le casque est passé de l'autre cÎté. Bonjour Malou.

  • Speaker #2

    Bonjour.

  • Speaker #0

    Comment ça va ?

  • Speaker #2

    Bien.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as envie de nous raconter ? cette expérience folle que tu as vécue avec ton oncle ?

  • Speaker #2

    Oui.

  • Speaker #0

    Quand tu prends cet avion pour aller retrouver ton oncle, tu es hyper excitĂ©e, tu as un peu peur. Tu es comment dans ta tĂȘte ?

  • Speaker #2

    Dans l'avion, aprÚs, je me suis dit que j'avais peur. Mais dans l'avion, en vrai, je n'ai pas eu si peur que ça.

  • Speaker #0

    Quand tu arrives et que tu le retrouves, comment ça se passe ? OĂč est-ce que tu vis ? C'est quoi tes journĂ©es ?

  • Speaker #2

    DĂ©jĂ , je prends deux heures Ă  le retrouver dans l'aĂ©roport. Je suis avec... deux hĂŽtesses de l'air, une qui parle Ă  peine français, l'autre pas du tout. Du coup, c'est dĂ©jĂ  un peu difficile. AprĂšs, on essaye de l'appeler avec le mini portable que maman m'a prĂȘtĂ©, sauf qu'il rĂ©pond pas et en plus j'ai pas mis le bon numĂ©ro, du coup ça marche pas. On a fait plein une fois le tour, on l'a pas vu et deux heures plus tard on le retrouve. Et moi je suis comme ça sur le truc Ă  bagages.

  • Speaker #0

    Bon, alors tu pars avec lui, ça y est, tout va bien, tout se passe bien. OĂč est-ce que tu vas vivre avec lui ?

  • Speaker #2

    Dans un foyer d'accueil pour enfants. En situation de violence ou orphelins, non ?

  • Speaker #1

    C'est la protection de l'enfance.

  • Speaker #2

    La protection de l'enfance.

  • Speaker #0

    Il y avait beaucoup d'enfants ?

  • Speaker #2

    15 pour 3 mĂšres d'accueil.

  • Speaker #0

    Et les enfants, il y avait des tout-petits et des plus grands ?

  • Speaker #2

    Je crois que les plus petits devaient avoir 6 ans. AprĂšs, il y avait des gens qui ne faisaient pas partie, mais c'Ă©tait lĂ . Petite fille d'une des mĂšres d'accueil. Alors, elle venait souvent.

  • Speaker #0

    Et comment ça se passe quand tu arrives là-bas ? C'est un nouvel environnement pour toi. Tu connais personne. Comment tu te sens ?

  • Speaker #2

    Au dĂ©but, je suis un peu gĂȘnĂ©e parce que je ne connais personne Ă  part mon oncle. Mais en quelques jours, je connais presque tout le monde de tout le foyer. Surtout les personnes qui ne vont pas encore au collĂšge.

  • Speaker #0

    Elles restent au mĂȘme endroit que toi ?

  • Speaker #2

    Elles ne vont que la moitié de la journée à l'école. du coup on peut jouer

  • Speaker #0

    Vous faisiez quoi comme jeu ? Parce que vous ne parlez pas la mĂȘme langue non plus mais est-ce que c'est un problĂšme ?

  • Speaker #2

    Non, c'est pas un problĂšme mais on a fait, je ne sais plus trop, je sais que je jouais beaucoup au Lego j'avais commencĂ© Ă  apprendre Ă  Ă©crire en Khmer parce que j'avais des cours mais maintenant je ne m'en souviens mĂȘme pas d'un seul signe Le zĂ©ro, parce que c'est juste un zĂ©ro comme en France, du coup c'est facile

  • Speaker #0

    À quel moment ton oncle te dit, on va partir voyager tous les deux ?

  • Speaker #2

    Je suis partie le 3 décembre, dÚs le 5 ou un peu aprÚs. AprÚs, il dit qu'en fait, on va partir pour Noël au Temple d'Ancor.

  • Speaker #0

    Tu savais ce que c'était ? Tu en avais déjà entendu parler ?

  • Speaker #2

    Un peu, mais un tout petit peu.

  • Speaker #0

    Et alors, raconte-moi, comment ça se passe, cette premiÚre étape de voyage ?

  • Speaker #2

    Je suis allĂ©e avec Elise, une des autres volontaires. et qui ne reste pas aussi longtemps que nous, mais qui reste un peu. Aussi, on retrouve une autre volontaire, mais dans notre foyer au Bangladesh, qui est venue fĂȘter NoĂ«l avec nous. Par contre, le problĂšme, c'est qu'au dĂ©but, je n'avais pas du tout mal au ventre. Je m'Ă©tais trĂšs bien habituĂ©e Ă  la nourriture. Et encore, c'est un peu une ville occidentale, vu qu'il y a plein d'Occidentaux qui y vont. Mais du coup, je remange en France et j'ai la gastro pendant... Une sorte de gastron pendant tout le voyage.

  • Speaker #0

    Ah, ça gùche un peu. Mais ce temple, est-ce que tu l'as trouvé beau ?

  • Speaker #2

    Ces temples.

  • Speaker #0

    Ces temples, pardon. Oh lĂ  lĂ , pardon.

  • Speaker #2

    J'ai adorĂ© celui d'encore, mais par contre, il y avait des singes. Ça me fait peur.

  • Speaker #0

    Ah, pourquoi ? Ils Ă©taient agressifs ?

  • Speaker #2

    Non, mais au dĂ©but, je voulais mĂȘme aller les voir. Mais il y a quelqu'un qui m'a dit... Non, c'Ă©tait pas si loin, c'Ă©tait l'autre volontaire. Il m'a dit qu'il pouvait avoir la rage. Et du coup, aprĂšs, j'avais trop peur qu'ils me mordent.

  • Speaker #0

    Mais ils t'ont pas mordu ?

  • Speaker #1

    Non.

  • Speaker #0

    Vous ĂȘtes restĂ©e longtemps Ă  visiter ces temples ?

  • Speaker #2

    Une semaine, une petite semaine.

  • Speaker #0

    Vous avez pris le temps, c'est bien.

  • Speaker #2

    On en a vu au moins cinq.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu en as un que tu as préféré ?

  • Speaker #2

    Je crois que... Je ne sais plus comment il s'appelle, mais il y en a un qui est en ruine, mais c'est le temple des femmes, ou un truc comme ça. AprĂšs, on Ă©tait plus sĂ»rs que c'Ă©tait vraiment ça, mais mĂȘme s'il Ă©tait Ă  moitiĂ© en ruine, c'Ă©tait joli avec toutes les plantes.

  • Speaker #0

    Et vous avez fait quoi alors d'autre ? Qu'est-ce que ton oncle a programmé pour te faire découvrir les merveilles du coin ?

  • Speaker #2

    Alors, on est allé à une grotte de chauves-souris à Battambang.

  • Speaker #0

    C'était bien ça ?

  • Speaker #2

    C'était plutÎt joli, mais ça puait un peu. Oui,

  • Speaker #0

    les chauves-souris, ce n'est pas rĂ©putĂ© pour ĂȘtre, comment dirais-je, sentir la rose. Et lĂ , tu n'avais pas peur ?

  • Speaker #2

    Un peu au début, mais moins que les singes.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que vous avez vu d'autre ?

  • Speaker #2

    On est allĂ© dans une ferme. À la fleur de lotus. AprĂšs, on a mangĂ© des graines de lotus, c'Ă©tait trop bon. Et on a aussi fait des roses avec... Je ne sais pas comment expliquer, mais il faut ouvrir le bourgeon de la fleur et ça fait comme une rose. On a fait un gros bouquet Ă  la fin.

  • Speaker #0

    Et ça sentait bon ?

  • Speaker #2

    Oui, ça sentait bon. Je suis allée dans un village flottant.

  • Speaker #0

    Et alors, c'Ă©tait oĂč ?

  • Speaker #2

    C'Ă©tait prĂšs de Samrea, c'Ă©tait prĂšs des temples d'Angkor.

  • Speaker #0

    C'Ă©tait un gros village flottant ? Il y avait beaucoup de monde ?

  • Speaker #2

    En vrai, ce n'est pas vraiment des maisons surpilotĂ©es. Je crois que c'est juste la salle des fĂȘtes, ou je ne sais plus comment ça s'appelle. Il y avait un truc comme ça qui Ă©tait surpilotĂ©. Le reste, c'Ă©tait sur des tonneaux avec de l'air. Comme ça, ça fait flotter.

  • Speaker #0

    Il y avait beaucoup d'animation ou c'Ă©tait trĂšs calme ?

  • Speaker #2

    Ce n'était pas calme, mais pas non plus venir nous voir. Non, ce n'était pas non plus trÚs, trÚs calme. Et aprÚs, j'ai vu des crocodiles. Mais ils étaient dans une réserve.

  • Speaker #0

    Ah oui, donc ça va, c'était pas dangereux. Oui. Et le reste du temps, comment ça se passait tes journées ? Tu as dit que tu avais étudié le Khmer, tu avais des cours de Khmer.

  • Speaker #2

    Et d'anglais.

  • Speaker #0

    Et d'anglais, trÚs bien. Ton oncle t'apprenait d'autres matiÚres ? Il a repris l'école à la maison ou c'était bien suffisant déjà ?

  • Speaker #2

    Pas particuliĂšrement, mais il m'apprenait mieux le Khmer. C'Ă©tait plus le parler que dans l'autre cours oĂč c'Ă©tait l'Ă©crit.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as d'autres choses que tu veux nous raconter sur cette parenthĂšse cambodgienne avec ton oncle ?

  • Speaker #2

    On Ă©tait allĂ©s prĂšs du foyer. Il y avait une ville qui s'appelait Strysopon. Et c'est la fille jolie, je crois. Et il y avait une place qui s'appelait Viteka. Et dĂšs 18h, oĂč il fait dĂ©jĂ  nuit, il y avait des gens qui s'Ă©taient chorĂ©graphĂ©s sur de la musique. Et en mĂȘme temps, il y avait des gens... qui louait des petites voitures pour enfants avec des sortes de phares et on pouvait s'en servir. Je l'ai au moins dĂ» le faire cinq fois.

  • Speaker #0

    Et il y avait beaucoup d'enfants qui le faisaient en mĂȘme temps que toi ?

  • Speaker #2

    Oui, il y avait quelques enfants. Par contre, je me souviens, une fois, j'avais vu une sorte de chauve-souris ou un rat ou je ne sais pas quoi coincé dans les égouts et j'avais eu tellement peur que je ne l'avais pas sauvé.

  • Speaker #0

    En mĂȘme temps, les rats, encore d'autres choses Ă  nous raconter ?

  • Speaker #2

    Si, les marchĂ©s. C'est pas du tout comme les marchĂ©s en France. C'est immense. Et puis, il y a l'endroit oĂč il y a tous les trucs Ă  manger. L'endroit pour le poisson, l'endroit pour se faire venir les ongles.

  • Speaker #0

    D'ailleurs, en parlant de poisson, est-ce que tu as aimé cette cuisine que tu ne connaissais pas, j'imagine ?

  • Speaker #2

    Pas tout, mais pas trop le poisson. Je déteste tout ce qui est poisson.

  • Speaker #0

    Et donc, tu mangeais quoi ? C'était quoi tes repas préférés ?

  • Speaker #2

    Du riz avec... Si, des pĂątes Ă  la bolognaise.

  • Speaker #0

    Non, ça, ce n'est pas une spécialité cambodgienne. Si,

  • Speaker #2

    si, maintenant, c'est devenu ça. J'en ai mangé tellement de fois que c'est devenu une spécialité. Ce que j'ai adoré, le riz frit avec des légumes. Elle faisait trop bien une des mÚres d'accueil. Et ça s'appelle le Ausha. Parce que le riz frit, et sinon il y a le Ausha, mais c'est les pùtes.

  • Speaker #0

    C'Ă©tait pas trop relevĂ© ? Ça piquait pas ?

  • Speaker #2

    Non, elle le faisait plutĂŽt bien. Du coup, ça piquait pas trop. Sauf la fois oĂč je suis allĂ©e Ă  la cantine, il y avait une cantine, et la seule fois oĂč j'Ă©tais d'accord de manger quelque chose, une des seules fois, parce que ça avait l'air trĂšs bon, en fait c'Ă©tait tellement piquant, j'ai tellement pas aimĂ©, que j'ai dĂ» boire beaucoup, beaucoup de boire. Je me suis dit que ce serait bien.

  • Speaker #0

    Ça t'a surprise ?

  • Speaker #2

    Ouais.

  • Speaker #0

    Et à un moment donné, tu t'es dit que ce serait bien que maman vienne vous retrouver ?

  • Speaker #2

    DĂšs qu'il y avait dix jours, je me suis dit que je voulais qu'elle vienne. AprĂšs, il fallait juste attendre 26 jours avant qu'elle vienne. Non, 27.

  • Speaker #1

    Il fallait déjà que tu me demandes.

  • Speaker #2

    Oui, il fallait.

  • Speaker #1

    Et ensuite que je l'accĂšde,

  • Speaker #2

    que je prends le lit. Oui, mais lĂ , il n'y avait plus que 27 Ă  ce moment-lĂ .

  • Speaker #0

    Et comment ça s'est passé, les retrouvailles ? Donc, au bout de 27 jours aprÚs avoir demandé ?

  • Speaker #2

    Je me souviens, on est allĂ© Ă  Phnom Penh, la capitale. On a dormi et j'ai fait un tapis avec une... Il y avait une sorte de... de je sais pas quoi de l'hĂŽtel mais c'Ă©tait un truc en tissu et je l'ai mis en tapis rouge et j'ai mis une musique traditionnelle cambodgienne pour quand elle arrive Ă  l'hĂŽtel et j'ai j'ai fait un chignon et maman elle a dit que j'en semblais une hĂŽtesse de l'air oh ça devait ĂȘtre des retrouvailles trĂšs Ă©mouvantes ouais mais je me souviens pas trĂšs bien je me souviens moins bien que la diastrude encore oh c'Ă©tait chouette de retrouver maman en tout cas oui

  • Speaker #0

    On va passer la parole à ta maman qui va nous raconter le reste du voyage. Merci beaucoup Malou de nous avoir raconté tout ça. Hyper chouette.

  • Speaker #2

    Pas de rien.

  • Speaker #1

    Et voilĂ .

  • Speaker #0

    C'Ă©tait trop bien, j'adore. On sent qu'il y a plein de trucs qui l'ont intĂ©ressĂ©e, qu'elle a su profiter de cette parenthĂšse, mĂȘme si ça devait ĂȘtre difficile d'ĂȘtre loin de toi. On va reprendre la suite du voyage avec toi. Donc Malou te demande de les rejoindre. Qu'est-ce qui se passe dans ta tĂȘte Ă  ce moment-lĂ  ?

  • Speaker #1

    Bon, moi, dĂ©jĂ , il y a eu un petit truc d'irrĂ©alitĂ© quand mĂȘme, lĂ , sur ces deux heures-lĂ  oĂč elle n'a pas trouvĂ© mon frĂšre. LĂ , on a quand mĂȘme flippĂ©.

  • Speaker #0

    Mais oui, c'est vrai que comme tu n'Ă©tais pas dans la conversation Ă  ce moment-lĂ , je me suis dit, oh lĂ  lĂ , mais quel enfer.

  • Speaker #1

    LĂ , j'ai flippĂ©. En fait, j'ai essayĂ© de tout mettre Ă  distance, de me dire, tout va ĂȘtre bien pris en charge. LĂ , en fait, quand j'ai senti que mon frĂšre flippait, j'ai fait, oh lĂ , qu'est-ce qui se passe ? Et en fait, le lendemain, parce que moi, j'ai fait une grippe quand mĂȘme pour pouvoir la laisser partir, j'Ă©tais... 42 fiavres. J'ai saturĂ©, mon corps a fait quand je l'ai emmenĂ©e Ă  l'aĂ©roport. Et donc le lendemain, quand elle m'a envoyĂ© des photos de sa journĂ©e, elle Ă©tait Ă  Bangkok du coup. LĂ , ça me faisait un truc trop bizarre. Ça m'a fait, mais t'es ma fille, t'es Ă  Bangkok. Et je pense que lĂ , j'ai intĂ©grĂ© l'info. AprĂšs, franchement, je la trouvais, elle Ă©tait tellement heureuse. C'Ă©tait vraiment Ă©tonnant parce qu'elle a pleurĂ© la premiĂšre fois au bout de 4 jours, je crois. Parce qu'elle a lu, tous les copains lui avaient fait des petits messages pour l'avion, pour la suite, etc. Et du coup, en fait, elle les a oubliĂ©s. Et au bout de 3-4 jours, je pense que c'Ă©tait l'arrivĂ©e du jet lag. Mon frĂšre m'envoie une photo en me disant « Ah, elle va ouvrir des lettres ! » et il n'avait pas prĂ©vu la dĂ©charge Ă©motionnelle derriĂšre. Mais voilĂ , c'Ă©tait vraiment... En fait, elle ne pleurait pas beaucoup et je crois qu'elle Ă©tait vraiment dans de grandes oreilles, grand cƓur, grand yeux. Et mĂȘme quand elle m'a demandĂ© de venir, ce n'Ă©tait pas forcĂ©ment en pleurant. On en a parlĂ© avec mon frĂšre et il lui avait pris un billet Ă  l'air tout rouvert. Donc on s'Ă©tait dit, on ne sait jamais comment ça va marcher. Donc elle partait pour deux mois. avec la possibilitĂ© de rentrer. Et lĂ , il m'a dit franchement, ça marche et elle ne veut pas. Ce qu'elle demande, ce n'est pas de rentrer en France. Ce qu'elle demande, c'est que tu viennes. Est-ce que tu serais en mesure de faire ça ? Et c'est vrai que moi, je voulais, dans la mesure du possible, qu'elle n'ait pas une notion d'Ă©chec. Surtout pas qu'elle ait, oh lĂ  lĂ , je n'ai pas rĂ©ussi mon truc. MĂȘme si elle aurait fait trois semaines, elle serait rentrĂ©e. Ça aurait Ă©tĂ© rĂ©ussi aussi. Mais lĂ , ce n'Ă©tait pas sa demande. Donc, on a essayĂ© de faire ça. Moi, du coup, je me suis dit, est-ce que je suis chiche de la rejoindre alors que je suis malade ?

  • Speaker #0

    Ben oui,

  • Speaker #1

    c'est un peu d'organisation. Je ne savais pas du tout comment c'Ă©tait d'ĂȘtre Ă  ces tempĂ©ratures-lĂ . Et moi, surtout, j'avais un nouveau corps. J'ai un sein en moins. Je venais d'avoir une ablation du sein un mois avant, un mois et demi avant. Je ne savais pas du tout comment j'allais assumer ça. Et du coup, en faisant la blague, encore une fois, mon frĂšre, je lui ai dit... Bah pourquoi pas, pourquoi pas, allez, vas-y, je viens, et puis on se retrouve sur le golfe de ThaĂŻlande, et puis peut-ĂȘtre ce sera bien que j'accepte mon corps dans la mer lĂ -bas. Et il m'a dit franchement, viens, les Cambodgiens, ils n'ont rien Ă  faire de ton corps, il n'y a pas du tout de regard jugeant, si tu as besoin de ça, si tu as peur de ça, viens ici faire expĂ©rimenter ça. Et c'Ă©tait carrĂ©ment vrai. Je me suis vraiment sentie dans mon chemin. Vraiment, le fait de ne pas ĂȘtre jugĂ©e, c'Ă©tait vraiment hyper bien.

  • Speaker #0

    Mais c'est quelque chose qui t'a vraiment... soucié le regard des autres ?

  • Speaker #1

    En France, oui. En France, j'avais ça. Et donc, du coup, c'était bien de pouvoir l'expérimenter ailleurs, en fait.

  • Speaker #0

    De ce cÎté-là, c'était aussi une bonne idée.

  • Speaker #1

    Oui, complĂštement. Moi, en fait, dans la prĂ©paration du voyage de Malou, comme elle fait l'instruction en famille et que j'essaie de tout rĂ©utiliser, en fait, j'ai cherchĂ© des albums jeunesse ou des romans jeunesse sur le Cambodge et en fait, c'Ă©tait trĂšs difficile parce que, dans ce qui Ă©tait Ă©crit en français, ça revenait beaucoup sur la tragĂ©die de la dictature des Khmer Rouges, qui a eu lieu de 1975 Ă  1979 et qui a laissĂ© ... Ă©normĂ©ment de traces puisque ça a Ă©tĂ© un gĂ©nocide. Et lĂ , en fait, c'Ă©tait vachement dur pour moi en tant que parent instructrice. J'envoie mon enfant dans un... Je ne sais pas, je ne lui fais pas faire lire ça. Et en mĂȘme temps, moi, ça commençait Ă  m'imprĂ©gner. Et du coup, c'Ă©tait trĂšs Ă©trange parce que j'arrivais avec un peu cette lecture-lĂ , mĂȘme si j'essayais de la mettre Ă  distance. J'avais vraiment la lecture de comment c'est un pays qui a traversĂ© ça il y a 30 ans et comment les gens se reconstruisent aprĂšs ça. Et j'avais beau essayer de me dire, non, on est dans le prĂ©sent, il y avait ça comme un filtre de lecture. Et en fait, c'Ă©tait assez curieux parce que au bout de deux semaines, un peu... Dans dix jours, je vois l'endroit oĂč le voile s'est levĂ©. Et en fait, ça correspond Ă  moi aussi. J'avais, oui, mais moi, je suis malade. Et la lecture qu'avaient les gens de moi malades autour de moi, enfin voilĂ , je portais ça. C'est-Ă -dire que les gens, des fois, je voyais qu'ils me disaient « Ah oui, mais comment ça fait d'ĂȘtre maman et d'ĂȘtre malade ? » Et d'un coup, tout s'est levĂ©. D'un coup, je me suis dit « Ah oui, en fait, ils ont vĂ©cu ça, mais ils ne sont pas que ça. Ah oui, moi aussi, j'ai vĂ©cu une tragĂ©die Ă  mon dimension, mais je ne suis pas que ça. » J'ai pu regarder... et voir aussi cette force de vie en fait dans ce pays-lĂ  qui m'a vraiment marquĂ©e quoi. D'un coup c'Ă©tait plus, ah mais en fait du coup peut-ĂȘtre qu'ici il y a eu ça, peut-ĂȘtre qu'il y a eu ça. Je sentais Ă  quel point la vie elle Ă©tait forte en eux quoi. L'amour de la vie, l'amour des enfants, et ouais avec vraiment pas grand-chose, et effectivement dans la reconstruction, mais avec la conscience qu'ils ont vĂ©cu un drame il n'y a pas si longtemps et donc du coup la vie a comme une autre saveur quoi. VoilĂ , j'ai vraiment Ă©tĂ© marquĂ©e par ça quoi. Et ça, ça s'est passĂ©, cette rĂ©vĂ©lation-lĂ  sur une Ăźle qui s'appelle CoprĂ©a. et qui veut dire l'Ăźle sacrĂ©e. Du coup, j'Ă©tais « waouh ! »

  • Speaker #0

    Tu ne l'as pas fait exprÚs, mais tout s'est aligné, en fait.

  • Speaker #1

    Oui, ça a donnĂ© du sens. Ça m'a aidĂ©e Ă  voir les choses autrement.

  • Speaker #0

    Donc, si on revient au moment oĂč tu arrives, comment ça se passe, les retrouvailles de ton cĂŽtĂ© ?

  • Speaker #1

    Moi, je les retrouve Ă  Phnom Penh. Ils viennent me chercher. Et lĂ , il me faut un petit temps, je crois, pour les retrouver parce qu'en fait, je les dĂ©couvre, en fait. Je dĂ©couvre un pays. Alors, mon frĂšre Ă©tait lĂ  « waouh, bienvenue en Asie du Sud-Est, c'est vrai que... » que t'es jamais venu et tout. Et il y avait ça, effectivement, Ă  dĂ©couvrir. Mais moi, j'Ă©tais lĂ , les yeux rivĂ©s sur eux, sur mon frĂšre que j'avais pas vu depuis deux ans, sur ma loupe que j'avais pas vue depuis un mois mais qui avait tellement changĂ©. Et puis, effectivement, le pays, mais c'Ă©tait comme, voilĂ , j'avais les yeux Ă©normes et ces sensations, quoi, de monter dans le tuktuk et d'arriver Ă  l'hĂŽtel. Mais en fait, rien que traverser la ville, ah lĂ  lĂ , ça s'Ă©tait trop bien. La ville, les odeurs, les couleurs, la circulation, la pollution, mais mĂȘme la pollution est trop belle, mĂȘme la situation est trop belle. Tout est trop beau ce moment-lĂ . Et moi, je ne les reconnais pas. Et en plus, je suis en dĂ©calage quand mĂȘme. Moi, je suis dans le dĂ©calage horaire. Malou, elle Ă©tait allĂ©e dans un salon de coiffe sur Cambodgien. C'Ă©tait super beau Ă  la fois de la dĂ©couvrir tellement autre, tellement grandie. Et puis en fait, de voir leur lien Ă  eux deux.

  • Speaker #0

    Qui avait dĂ» bien Ă©voluer, oui.

  • Speaker #1

    Bah oui. Et pour moi, c'Ă©tait vraiment fort parce que j'avais tellement portĂ© aussi la monoparentalitĂ©. Et mĂȘme si j'avais eu du soutien, c'Ă©tait quand mĂȘme moi qui devais faire sa stabilitĂ©. Et lĂ , j'ai vu qu'elle s'appuyait sur quelqu'un d'autre en confiance. J'ai vu en gros qu'elle allait pouvoir rĂąler sur lui, etc. Ce qu'elle ne peut pas faire en fait. Quand les gens viennent me soutenir, elle est trop contente et tout ça. Donc du coup, elle ne peut pas rĂąler sur eux. Moi, j'Ă©tais malade, elle ne pouvait pas trop rĂąler sur moi non plus. Et lĂ , du coup, je fais « Ah, mais c'est trop bien ! » En fait, c'est trop bien, elle peut rĂąler sur toi. Du coup, c'est cool, ça veut dire qu'elle va mieux.

  • Speaker #0

    Ça a libĂ©rĂ© quelque chose chez elle.

  • Speaker #1

    Ouais, d'un coup, je la voyais grandie transformée. Et en plus, elle avait des choses que je ne connaissais pas moi. Du coup, c'était elle qui connaissait le Khmer. C'est elle qui savait comment on mange comme ça. C'est elle qui savait qu'à 18h, il fait nuit. Dans notre corps, ce n'est pas la nuit. On ne va pas se coucher tout de suite. C'est elle qui connaissait comment on s'adapte à la température, comment on met la ventilation, comment on met une moustiquaire. En fait, c'était elle qui m'apprenait les choses. C'était vraiment hyper beau comme guide. Et puis tout ça dans Phnom Penh, quoi. Oui,

  • Speaker #0

    pas à cÎté de chez vous. Un univers complÚtement différent, mais qu'elle connaissait et que toi, non. Et donc, comme tu l'as dit, c'est elle qui t'a guidée, au début en tout cas. Et donc, l'idée, c'était de partir explorer à votre tour, tous les trois.

  • Speaker #1

    Alors, moi, mon idĂ©e, ce n'Ă©tait pas ça. Moi, mon idĂ©e, c'Ă©tait de les rejoindre. Et je me suis dit, bon, je suis malade. Je suis vraiment partie avec cette idĂ©e-lĂ , donc avec un gros sac et tout ça, en me disant, je me mets Ă  les rejoindre Ă  Stumpen parce que c'est plus simple. Mais aprĂšs, on remonte. Donc, le foyer Ă©tait au nord de Siem Reap, nord-est. VoilĂ , je me suis dit, on se posera lĂ -bas, deux semaines, le temps que je rĂ©cupĂšre, trois semaines, et puis aprĂšs, on ira se balader. Mais j'avais vraiment cette idĂ©e-lĂ . Je partais avec l'idĂ©e que j'avais vraiment un trĂšs gros sac. Et puis, moi, j'Ă©tais trĂšs lourde. Et en fait... on se retrouve Ă  Phnom Penh et eux ils avaient fait une nuit de bus quand mĂȘme et lĂ  mon frĂšre me dit mais en fait on peut pas du tout faire ça il m'explique que tous les voyages prennent du temps au Cambodge du coup on avait choisi de pas prendre l'avion dans le pays il m'a dit mais en fait le moindre dĂ©placement ça va nous prendre une journĂ©e donc vu qu'on est Ă  Phnom Penh on reviendra pas Ă  Kampot aprĂšs on reviendra pas sur le sud du pays donc si tu veux voir le sud du pays faut y aller maintenant et du coup lĂ  ça ne ressemblait plus du tout Ă  ce que j'avais prĂ©vu et moi du coup ça a fait un petit cĂŽtĂ© oui mais moi je suis malade alors du coup je peux pas faire ça mais du coup j'ai plus ça. Je me suis dit, ah, j'ai envie de voir ça. Donc, on va voir ça. On est allĂ© dans le sud de l'Ăźle, dans le sud du pays. On est allĂ© Ă  Kampot. Donc, on est descendu. On est allĂ© Ă  Kep. Et en fait, Ă  chaque fois, on restait deux, trois jours. On s'est dit, bon, maintenant, tu veux aller oĂč ? Bon, maintenant, tu veux aller oĂč ? Et au final, on a fait trois semaines d'itinĂ©rance et on s'est posĂ© peut-ĂȘtre trois ou quatre jours seulement au foyer avant d'aller Ă  Bangkok et repartir. Au final, j'ai fait un sĂ©jour complĂštement itinĂ©rant, mais vraiment Ă ... Moi, je sais qu'Ă  un moment, j'ai dit « Bon, ben lĂ , il faudrait peut-ĂȘtre y aller. » Puis on s'est dit « Ouais, mais quand mĂȘme, ce serait dommage de passer Ă  cĂŽtĂ© de ça. » Ouais, t'as raison. Malou, elle, elle avait fait ses liens dans le foyer. Donc du coup, quand elle est venue me chercher, elle avait aussi l'idĂ©e qu'elle allait retourner au foyer. En fait, elle est partie en se disant qu'elle aurait encore plein de temps Ă  vivre des choses au foyer. Et en fait, comme on a vĂ©cu plein de choses en voyage, du coup, il restait trĂšs peu de temps au foyer. Et voilĂ , du coup, elle a la frustration de ça.

  • Speaker #0

    Alors, si on... On reprend un peu justement ce voyage qui n'Ă©tait pas prĂ©vu, cette partie du voyage qui n'Ă©tait pas prĂ©vu tout de suite, et pour le bien finalement. Comment ça s'est passĂ© ? Raconte-nous oĂč vous ĂȘtes allĂ©s. Donne-nous un petit peu de dĂ©tails, d'ambiance, de paysages, comment s'imaginent les lieux ?

  • Speaker #1

    Alors dĂ©jĂ , Ă  Phnom Penh, dĂšs le lendemain, j'ai voulu aller sur l'Ăźle de la Soie, qui est une Ăźle sur le Mekong. Et en fait, c'est trop marrant, on est dans la ville, mais en fait, on traverse avec un bac le fleuve, on arrive. et en fait lĂ  on est en milieu rural vraiment avec la route en terre que des motos, pas de voiture peut-ĂȘtre des cyclos, je suis mĂȘme pas sĂ»re les chiens qui aboient quand mĂȘme parce qu'ils sont pas habituĂ©s Ă  avoir des piĂ©tons quand mĂȘme les gens qui hallucinent parce qu'on marche et qu'on monte pas sur une moto et lĂ  c'est un village de, alors je vais dire tisserands mais c'est pas ça, ils font des tissus voilĂ  donc ça c'Ă©tait vraiment aussi le calme, c'Ă©tait bien d'avoir le calme lĂ , de pouvoir ĂȘtre au calme et pas que dans la ville ... Et puis, en fait, les couchers de soleil, qui Ă  la fois ne sont pas des couchers de soleil, parce qu'on a rarement vu les couchers de soleil, parce qu'ils sont dans une sorte de nuage incroyable. Mais en mĂȘme temps, cette lumiĂšre trĂšs, trĂšs particuliĂšre, rose-orange, trĂšs tamisĂ©e, en fait. Au bout de deux, trois jours, on est allĂ©s sur Campot. Et lĂ , on Ă©tait dans une sorte de guest house. mais qui Ă©tait sur le bord de la riviĂšre. Donc lĂ , on s'est vraiment rĂ©veillĂ©s au calme avec les oiseaux que je ne connaissais pas, en fait. Des champs d'oiseaux. VoilĂ , c'Ă©tait vraiment hyper beau. LĂ , on a fait du kayak. J'avais envie de faire des choses trĂšs calmes aussi. Et puis en mĂȘme temps, j'avais aussi besoin de faire de la rĂ©Ă©ducation. Donc on a fait du canoĂ« sur cette riviĂšre-lĂ , dont j'ai perdu le nom. Mais c'est pareil, du coup, ça, c'Ă©tait une façon de dĂ©couvrir la campagne environnante. Et puis aussi de se retrouver, parce qu'il y avait ça aussi. Il y avait nous trois, se retrouver loin. de la France, pas ? Il y avait un parc naturel aussi de Beaucorps oĂč lĂ , j'ai vu mes premiers singes !

  • Speaker #0

    Ah ouais, mais Malou, elle n'aime pas les singes.

  • Speaker #1

    Oui ! Donc c'Ă©tait aussi montĂ©. Alors moi, ça c'est mon loupĂ©, je n'ai pas rĂ©ussi Ă  conduire de moto. J'ai essayĂ©, mais j'ai eu trop peur. Du coup, ça c'est mon ratĂ©. Donc du coup, on Ă©tait Ă  trois sur une moto. Mais lĂ , Malou, elle Ă©tait capable de s'endormir sur une moto, mĂȘme si on Ă©tait Ă  trois. Et la chose trĂšs particuliĂšre, c'est qu'elle lui provoquait aussi des... des envolĂ©es philosophiques sur la vie, la mort, tout ça, ce qui Ă©tait trĂšs intĂ©ressant. Mais sur une moto, ça faisait beaucoup de bruit aussi. Mais elle, ça la mettait dans des Ă©tats de trance. Et lĂ , du coup, effectivement, j'ai vu mes premiers singes qui Ă©taient au milieu de la route, qui Ă©taient habituĂ©s. Et puis Malouk avait eu un peu peur, mais voilĂ .

  • Speaker #2

    Il y avait un singe qui donnait la main comme s'il voulait qu'on lui donne des fruits.

  • Speaker #1

    Donc là, c'était aussi mon premier temple, le premier temple que je voyais, les premiers moines qui m'ont aussi mis dans une autre dimension aussi, je pense. Il y avait cette beauté-là, en fait, la beauté des sculptures, qui moi, en plus, ce n'est pas du tout dans mon univers, du coup, je ne connais pas du tout, mais du coup, c'était trÚs esthétique. Je trouvais ça beau.

  • Speaker #0

    C'est beau aussi d'avoir cette notion de retraite, de ces personnes qui font des retraites, qui se retirent du monde, etc. C'est important d'avoir ça. Et puis aprĂšs, on est allĂ©es Ă  Kep, Ă  la plage, dans le golfe. Bon, lĂ , j'Ă©tais un peu fatiguĂ©e quand mĂȘme. Mais Kep, c'est la ville du crabe. Et ça, c'Ă©tait trop gĂ©nial parce que moi, je me suis posĂ©e Ă  l'hĂŽtel et eux sont allĂ©s en ville, je les ai rejoints. Et donc lĂ , je marchais Ă  travers la ville et d'un coup, je vois cette immense crabe, symbole de la ville, dans la mer. Et lĂ , je me dis... « Wow, ce soir, je mange un crabe, ce sera ma vengeance sur le crabe du cancer ! » GĂ©nial ! C'est complĂštement incroyable. D'un coup, je me suis dit « Mais c'est ça que je suis en train de faire, je vais prendre ma revanche ! » Et donc, le crabe de Kep est trĂšs trĂšs bon. Donc, on a fait les trucs un peu touristiques de manger du crabe, manger du poivre vert, du crabe au poivre vert, parce qu'il y a des plantations de poivriers aussi trĂšs intĂ©ressantes.

  • Speaker #1

    Tu savais que vous alliez aller lĂ  ? C'Ă©tait... fait entre guillemets exprĂšs cette...

  • Speaker #0

    Non, pas du tout. C'est fou ! Pas du tout. On s'est dit, quand pote, aprĂšs moi j'Ă©tais lĂ , on va aller Ă  Coran ou Coran de Saloam, les grosses Ăźles. Et puis aprĂšs lĂ , quand j'ai rĂ©alisĂ© ce temps, en fait c'Ă©tait ça, c'Ă©tait qu'on n'avait pas, je ne pouvais pas faire des trop longs voyages. Donc du coup, je me suis dit, maintenant je ne vais pas faire une demi-journĂ©e de bus pour aller sur une Ăźle. Regarde lĂ , sur la carte, il y a une Ăźle, elle est toute petite, elle s'appelle Kotonou SaĂŻe, et l'Ăźle du Lapin. Il m'a dit, ah bah oui, les enfants du foyer, ils sont allĂ©s, moi je ne connais pas. Et c'Ă©tait vraiment en descente vers le sud. On allait tout droit vers le sud. C'Ă©tait en pote, quĂȘte. Et on savait qu'Ă  quĂȘte, on pourrait sĂ»rement prendre un bateau pour aller sur Cotonside. Mais je n'avais pas du tout pensĂ© au fait qu'il y avait du crabe Ă  quĂȘte.

  • Speaker #1

    Le hasard, la symbolique, c'est génial. Est-ce que tu l'as vraiment conscientisé comme ça ? Tu t'es dit, c'est l'occasion symboliquement de me venger de ce cancer.

  • Speaker #0

    Oui, et en mĂȘme temps, avec toujours cette idĂ©e un peu d'humour. Pourquoi ? Ah ouais, la bonne blague, je suis lĂ  en train de marcher, en train de me dire, ah c'est drĂŽle ces vaches qui traversent la route, ah c'est drĂŽle ces poules qui sont en libertĂ©, ah c'est drĂŽle ça, enfin vraiment je regarde tout et lĂ  d'un coup je vois cet Ă©norme crabe et je fais, non, c'est pas vrai, c'est gĂ©nial quoi ! C'Ă©tait quand mĂȘme lĂ  oĂč je devais aller me baigner en fait aussi, oĂč je m'Ă©tais dit, bon c'est vrai que je vais pourquoi pas aller me baigner lĂ -bas pour la premiĂšre fois, me baigner avec un seul sein, qu'est-ce que ça peut faire ? Eh ben c'est la plage oĂč il y a un crabe, c'est gĂ©nial ! C'est incroyable,

  • Speaker #1

    incroyable. Et alors tu t'es baignée ?

  • Speaker #0

    Je me suis baignĂ©e Ă  Koton Sai quand on a pris le bateau le lendemain. Et alors lĂ , du coup, on va regarder le port. On ne savait pas du tout comment on pouvait traverser. On va voir et lĂ , c'est un mini-port. Et lĂ , il y a des carcasses de bateaux dans le mini-port. Il y a des bateaux qui sont coulĂ©s. Je me suis dit, c'est bien. L'Ăźle, elle est vraiment... Il n'y a mĂȘme pas une demi-heure de traversĂ©e en bateau Ă  moteur. On la voit. Mais lĂ , je fais, ah ouais, quand mĂȘme, les bateaux, ça va ĂȘtre... Et voilĂ , du coup, le lendemain, on est partis en bateau. On a dĂ©couvert cette Ăźle. Donc, on a pris ce bateau. Il y avait des travaux, il va y avoir un port, mais il n'y a pas de port pour arriver sur l'Ăźle. Donc on arrive, le bateau se pose sur la plage. Enfin, il ne se pose pas, il s'arrĂȘte. Mais du coup, il faut sauter dans l'eau. Il faut descendre dans l'eau et puis on arrive les pieds dans l'eau sur la plage. Donc moi, tout ça, les palmiers, je ne connaissais pas. C'Ă©tait trop bien. Et voilĂ , et lĂ , effectivement, d'abord, ils sont allĂ©s se baigner. AprĂšs, moi, j'y suis allĂ©e, lĂ , avec un t-shirt. Et puis sur l'autre... parce que vraiment l'Ăźle elle est faite de telle sorte que lĂ  oĂč on arrive il y a les choses un peu plus touristiques mais qui sont vraiment c'est plutĂŽt des cambodgiens qui viennent lĂ  plutĂŽt le week-end, des petits bergalos des Ă©tals quand mĂȘme pour faire des massages et puis des restos tout donne sur la plage en fait il y a vraiment une seule rue mĂȘme pas une rue et de l'autre cĂŽtĂ© de l'Ăźle ce qui n'Ă©tait pas encore construit lĂ  il y avait des plages plus sauvages et lĂ  j'ai pu me baigner vraiment assumer ma cicatrice au moins devant mon frĂšre je me suis assurĂ©e qu'il n'y avait personne mais aussi par respect À l'aspect de... LĂ -bas, les femmes se baignaient plutĂŽt en t-shirt. Donc, je n'allais pas, moi, me faire... Ce n'Ă©tait pas lĂ  que j'allais assumer d'avoir un seul sein.

  • Speaker #1

    Et alors ? Comment ça s'est passé ?

  • Speaker #0

    Oui, c'Ă©tait trop bien. C'Ă©tait trop bien. C'Ă©tait trop bien parce qu'il Ă©tait 17h30, que le soleil se couchait, que c'Ă©tait rose, que l'eau Ă©tait chaude, que tout Ă©tait chouette.

  • Speaker #1

    Est-ce que tu t'es... Une fois que tu étais dans l'eau, tu t'es dit, OK, ça va le faire. Maintenant, ça va aller.

  • Speaker #0

    Non, j'Ă©tais vraiment lĂ  maintenant. Je suis vivante en fait, et ça je peux le vivre. Et je pense peut-ĂȘtre aussi dans ce voyage, il y avait des fois des moments oĂč j'aurais pas Ă©tĂ© malade, peut-ĂȘtre je me serais pas offerte ce voyage-lĂ , peut-ĂȘtre il y avait ça aussi. Moi, je suis vivante.

  • Speaker #1

    Et c'est ça le plus important. J'ai pas les mots en fait. J'Ă©coute ce que tu me dis, cette force que tu as, ces moments imprĂ©gnĂ©s dans ta mĂ©moire, toutes les symboliques que t'as pu avoir. Kiffer le moment prĂ©sent, c'Ă©tait... T'as raison, c'Ă©tait ce qu'il y avait de mieux Ă  faire. Donc un beau moment. Ça, c'est fait. On passe Ă  autre chose.

  • Speaker #0

    Oui. Bon, lĂ , j'ai commencĂ© Ă  avoir un peu aussi des troubles gastriques. Mais en mĂȘme temps, il y avait un cĂŽtĂ©. Ah oui, je connais ça, d'avoir ça. Je connais. Mais en fait, c'Ă©tait bien aussi de pouvoir rĂ©imprimer que quand on a la nausĂ©e ou quand on a autre chose gastrique que je ne vais pas dĂ©tailler lĂ , c'Ă©tait comme rĂ©infraire dans mon corps. Ça peut ĂȘtre autre chose que des effets secondaires de la chimio. Ça peut ĂȘtre aussi liĂ© Ă  du voyage. Donc du coup, j'Ă©tais lĂ . OK, j'ai ça. Ce n'est pas pratique, mais ce n'est pas non plus si grave.

  • Speaker #1

    Et puis, ça fait partie du voyage.

  • Speaker #0

    Oui. Oui, mais du coup, c'était bien parce que ça remettait. Ah bah ça aussi, je peux me le réapproprier en mettant autre chose que les épisodes en arca.

  • Speaker #1

    C'est bien de voir le cĂŽtĂ© positif des problĂšmes gastriques. Bon, alors aprĂšs, vous allez oĂč ? Vous faites quoi ?

  • Speaker #0

    Et alors aprĂšs, ça, c'Ă©tait un truc dans l'avion ou dans le guide, en lisant le guide. Je m'Ă©tais dit, ah ouais, il y a des Ă©lĂ©phants lĂ -bas. Allez, ce serait bien d'aller voir des Ă©lĂ©phants. Donc ça, c'Ă©tait un peu mon truc de me dire, surtout que mon frĂšre ne fait pas du tout les choses organisĂ©es pour les touristes. plutĂŽt un truc qui l'exĂšcre. Donc lĂ , j'Ă©tais lĂ , bon, allez, on fait ça, on ne fait pas ça. Allez, je t'emmĂšne lĂ , je ne t'emmĂšne pas lĂ . Donc, je dis, oui, je vous offre ça. Ça marchait bien. Et lĂ , on est allĂ© dans le monde d'Alkiri, donc Ă  la frontiĂšre. Donc lĂ , on a pris le bateau, on a pris le train. Et c'est vrai que ça, c'Ă©tait trop bien. Le train au Cambodge qui est hyper lent, qui fait Ă©normĂ©ment de bruit, qui est hyper polluĂ©. AprĂšs, on est tout noir.

  • Speaker #1

    Et ça, c'est bien.

  • Speaker #0

    Ouais, quand mĂȘme. Quand mĂȘme, parce que ce qu'on regarde par la fenĂȘtre en mĂȘme temps, c'est juste gĂ©nial. C'est super d'ĂȘtre lĂ . Et puis, c'est quand mĂȘme incroyable. C'est qu'il y a, en fait, les passages Ă  niveau. Le train, il klaxonne Ă  chaque fois qu'il croise une route parce qu'il n'y a pas de passage Ă  niveau, quoi. C'est hallucinant.

  • Speaker #1

    C'est toi de trĂšs bruyant, effectivement.

  • Speaker #0

    Je ne l'ai pas dit, mais en fait, je pense que sans mes boules caisses, je n'aurais pas survĂ©cu. Et c'est vrai que plusieurs fois, j'ai dĂ» mettre des boules caisses quand mĂȘme dans ce voyage. VoilĂ , lĂ , on a dormi Ă  Phnom Penh et on a pris un minibus le matin pour le Mont d'Olkery. Donc lĂ , c'Ă©tait vraiment les montagnes, en fait. Les petites montagnes, on va dire, plutĂŽt. alors que tout le reste du pays nous paraissait trĂšs plat. Et lĂ , on est allĂ©s au Mondolkiri Project qui est en fait une rĂ©serve pour des Ă©lĂ©phants. LĂ , ils Ă©taient trois Ă©lĂ©phants qui ont Ă©tĂ© repris en fait. Ils les ont rĂ©cupĂ©rĂ©s et ils leur font un sanctuaire. Ils rĂ©cupĂšrent des Ă©lĂ©phants qui ont Ă©tĂ© maltraitĂ©s pour diffĂ©rentes raisons et ils leur font un sanctuaire et c'est en lien avec la communautĂ© buong qui est lĂ -bas et qui ne parle pas Khmer d'ailleurs. Donc Ă  leur propre... culture, on va dire. Et du coup, c'est un lien entre cette communautĂ© pour lutter contre la dĂ©forestation. Il y a des leaders, on va dire, qui ont dĂ©cidĂ© d'impliquer la communautĂ© dans le tourisme pour valoriser le fait que la forĂȘt, ce n'est pas seulement une ressource Ă  exploiter pour du bois, pour la matiĂšre bois, mais en utilisant quelque part le tourisme, ça maintient la forĂȘt en place. Et du coup, le sanctuaire des Ă©lĂ©phants. Moi, je voulais aller lĂ -bas. Il y a des Ă©cologe qui sont hyper chouettes et pas trĂšs chĂšres. Ça, quand mĂȘme, c'est peut-ĂȘtre une info. C'est que le premier hĂŽtel oĂč on s'est retrouvĂ©s, mon frĂšre avait pris une chambre familiale. On ouvre et en fait, il y avait un grand lit. Moi, ça faisait, je pense, 35 ans que je n'avais pas dormi dans le mĂȘme lit que mon frĂšre. Et en fait, j'ai fait. On s'est regardĂ©, on a dit, non. Et en fait, c'est vrai que la chambre familiale lĂ -bas, le premier prix des chambres n'est vraiment pas cher. Et mais en fait. eux ils dorment dans le mĂȘme lit la famille dort dans le mĂȘme lit c'est des grands grands lits plus grands que les nĂŽtres mais c'est vrai que moi j'avais besoin encore d'avoir mon espace toute seule du coup on a pris un peu plus haut de gamme en prenant des lits sĂ©parĂ©s ce qui se fait pas trop en fait lĂ  mais voilĂ  mĂȘme ça c'Ă©tait trĂšs trĂšs accessible donc il y a des Ă©cologes et le lendemain on partait Ă  8h30 je crois pour aller dans la jungle rencontrer les Ă©lĂ©phants les nourrir les soigner se baigner avec les Ă©lĂ©phants et lĂ  on a dormi dans la jungle en hamac dans la jungle et le lendemain j'avais pris une demi-journĂ©e de rando dans la jungle pour trouver une cascade et lĂ  on Ă©tait tellement sonnĂ©s qu'on est encore restĂ©s un petit peu Ă  l'Ă©cologe c'Ă©tait un appel franchement je sais pas pourquoi vraiment mais en fait je veux voir des Ă©lĂ©phants et il y avait un cĂŽtĂ© je suis un caprice ou pas ? la rencontre de ça va aller ce que tu me disais tout Ă  l'heure franchement lĂ  quand j'Ă©tais dans la riviĂšre et que l'Ă©lĂ©phant est arrivĂ© LĂ , ça m'a vraiment fait « je suis vraiment en train de vivre ça dans ma vie, mais je veux que ça s'inscrive dans chacune de mes cellules et je veux cette force-lĂ  de cette Ă©lĂ©phante-lĂ , encore une fois, qui a effectivement vĂ©cu des choses trĂšs difficiles avant d'arriver lĂ . Il y a eu un calme, une rencontre, une force qui a menĂ© cette Ă©lĂ©phante-lĂ . Je veux m'imprĂ©gner de ça pour la suite. »

  • Speaker #1

    Et ces éléphantes, on est d'accord que... Dans cet endroit, personne ne monte dessus. C'est vraiment respectueux. Elles ont suffisamment subi ailleurs pour qu'on les laisse tranquilles.

  • Speaker #0

    Ah oui, bien sûr. Elles ont leur Cormac, je crois. Elles ont chacun un Cormac qui s'occupe d'elles. Pour le tourisme, nous, on arrive le matin là, et puis en fait, ils nous donnent des bananes, des régiments de bananes, pour nourrir, en fait. Mais comme elles ont déjà chacune, là, il y en avait trois, elles ont chacune une façon différente d'accepter la nourriture. Et du coup, il y a vraiment ce respect qui est mis en place. En fait, elles ont vécu ça, elles ont cet ùge-là. C'est à nous de nous adapter à elles. Et puis, si elles ont envie de venir, elles ne viennent pas.

  • Speaker #1

    Encore un moment fort. Il va bien falloir partir aussi de cet endroit.

  • Speaker #0

    Nous, on avait pris... On savait qu'on y allait pour deux jours. AprĂšs, on est restĂ©s trois jours parce qu'il fallait faire des lessives. DĂ©jĂ , des choses trĂšs magiques. Ben voilĂ , on s'est dit, oh non, on ne va pas repartir lĂ . On a dormi dans la jungle cette nuit. Ce soir, on redore Ă  l'Ă©cologe. Il y avait aussi cette recherche de repĂšres. Je pense pour intĂ©grer aussi, c'Ă©tait tellement Ă©norme. On s'est dit, on ne repart pas tout de suite. Mais en fait, on est repartis le lendemain, tranquillement. On a hĂ©sitĂ© Ă  aller au nord-est, donc sur le Ratanakiri. On n'avait pas assez de temps. parce que je savais que le ratanakiris allait demander aussi de prendre le temps d'aller dans la jungle de prendre le temps de... et du coup c'Ă©tait plusieurs journĂ©es pour dĂ©couvrir et il y avait les dauphins de l'Iradaway sur le Mekong, c'Ă©tait lĂ  des touristes qui nous ont dit ça lĂ -bas quand on Ă©tait avec des Ă©lĂ©phants qui venaient de lĂ  et je me suis dit c'est vrai que les dauphins lĂ  ils ont l'air c'est des dauphins trĂšs particuliers qui sont en voie d'extinction il faut aller les voir et soit on remontait, je sais plus comment ça s'appelle vraiment Ă  la frontiĂšre avec le Laos ... Et puis encore une fois, on s'est dit, oui, ou autrement. Et lĂ , on est allĂ© Ă  Tung Treng, donc par un voyage qui Ă©tait Ă©prouvant. En fait, voyager en minibus avec des Cambodgiens, c'Ă©tait vraiment bien aussi. On rencontrait les gens, c'est des voyages longs aussi. Donc, je me souviens d'une maman avec son bĂ©bĂ© qui allait dans un hĂŽpital et qui allait chercher des soins. C'est vrai que nous, en fait, on n'a pas cette dimension-lĂ . LĂ , c'Ă©tait important de dire, ah oui, lĂ , forcĂ©ment, quatre heures de minibus, ce n'est pas la mĂȘme. VoilĂ , il y avait comme des rencontres qui se faisaient aussi Ă  cet endroit-lĂ  aussi, quand mĂȘme, dans les minibus. On est arrivĂ©s sur Stong Trang avec l'idĂ©e qu'on voulait aller voir des dauphins, mais on ne savait pas comment. J'avais des infos sur Lonely Planet qui disaient qu'il y avait un Mekong Trail qui avait Ă©tĂ© mis en place Ă  un moment oĂč on pouvait faire canoĂ«, vĂ©lo, etc. pour descendre le Mekong. Et on ne trouve pas trop d'infos, mais ça, ça datait d'avant le Covid. Et donc, du coup, on ne trouve pas. Et on finit par trouver un loueur de kayak qui ne nous loue rien, mais qui nous dit oui, vous pourriez aller sur cette Ăźle-lĂ , sur CoprĂ©a. Normalement, vous pourriez ĂȘtre accueillis. c'est tout en fait il referme sa porte on se dit ah oui c'est tout il nous dit que ça on a trouvĂ© comment retrouver cette Ăźle lĂ  mais sans du tout savoir ce que ça allait donner on y est allĂ© en taxi en fait le taxi nous dĂ©pose Ă  un endroit oĂč il n'y a rien mais vraiment rien sur le bord du Mekong certes mais lĂ  c'est marrant avant il y avait comme un port mais lĂ  il n'y a plus rien et on se dit oui mais du coup tu peux nous dĂ©poser ailleurs du coup il reprend la voiture et nous dĂ©pose et lĂ  il y a un bac qui attendait qui est vraiment fait de planches enfin vraiment trĂšs trĂšs trĂšs rudimentaire et mĂȘme eux sont mais il y a quelques personnes qui attendent lĂ  pour faire la traversĂ©e vers l'Ăźle. Et lĂ , comme toujours, en fait, comme dans tous les endroits oĂč on est allĂ©s, les gens sont trop heureux de nous voir parce qu'ils sont trop Ă©tonnĂ©s de voir des touristes Ă  cet endroit-lĂ , de voir des Blancs Ă  cet endroit-lĂ . Et en plus de voir une petite fille qui leur parle en Khmer, qui leur dit bonjour en Khmer. LĂ , du coup, les gens, ils sont vraiment, vraiment joyeux, quoi. Ils rigolent comme moi, je rigole de toutes les blagues que nous rĂ©serve ce voyage. On traverse en essayant d'expliquer qu'on aimerait bien dormir sur l'Ăźle. Et lĂ , on ne comprend rien Ă  ce qu'ils nous disent. Ils nous dĂ©barquent. avec tout le monde qui part du coup en moto. Et lĂ , on ne sait pas ce qu'on fait. On arrive sur l'Ăźle et il y a des champs. Et heureusement, Google Maps nous dit qu'il y a des habitations de l'autre cĂŽtĂ© de l'Ăźle. Il est 13h, il y a une demi-heure de marche. On se dit, bon, on n'a plus qu'Ă  faire ça, on marche, on traverse. Et lĂ , mais vraiment, on ne savait pas. Et puis lĂ , Malou, elle arrivait vraiment en fatigue et tout. Donc, c'Ă©tait Ă©prouvant. Et au bout de 25 minutes de marche, donc au fond, c'est facilement. Mais avec le doute, c'Ă©tait trĂšs, trĂšs long. LĂ , il y a un monsieur qui vient nous chercher en mobilette. qui vient nous chercher qui est en scooter pardon et qui vient et qui parle Ă  mon frĂšre je comprends rien et mon frĂšre me dit bon bah c'est bon vous pouvez monter avec lui je vous rejoins comment ça ?

  • Speaker #1

    tu ne viens pas ?

  • Speaker #0

    ouais bah non il n'y a pas la place je vous rejoins et en fait il nous emmĂšne dans une famille aprĂšs il a recherchĂ© mon frĂšre donc on est restĂ© que 20 minutes peut-ĂȘtre seul mais lĂ  c'Ă©tait pas trop seul la famille nous accueille en fait c'est une Ăźle oĂč effectivement ça faisait partie du Mekong Trail oĂč il y avait des homestays des endroits pour vivre chez l'habitant dormir passer quelques nuits chez l'habitant. LĂ , par exemple, il devait y avoir cinq familles, je pense, qui Ă©taient rĂ©fĂ©rencĂ©es. Et l'organisation ultime d'avant le Covid, c'Ă©tait que suivant la semaine oĂč on arrivait, ils nous disaient, lĂ , cette semaine, c'est telle famille qui accueille. La rĂ©tribution Ă©tait repartagĂ©e, en fait. Bon, lĂ , du coup, ils n'avaient pas vu de touristes depuis trois ans, donc voilĂ . Mais ils ont tout dĂ©gotĂ©, nous ont trouvĂ© la maison, la famille. Ce que j'ai apprĂ©ciĂ©, c'est que ce n'Ă©tait pas des familles... nuclĂ©aire en fait au Cambodge, c'est pas le pĂšre, la mĂšre et les enfants en fait. On sait pas trĂšs bien si c'est une tante, si c'est un oncle, si c'est une grand-mĂšre, si c'est un petit-fils. Et ça c'Ă©tait vraiment royal parce que Ă  cet endroit-lĂ , personne ne nous renvoyait aussi « Ah bon vous ĂȘtes frĂšres, frĂšres et sƓurs, c'est trop bizarre » . Personne, en fait ils acceptaient lĂ -bas, c'Ă©tait ok. C'Ă©tait « Ah oui ok, d'accord trĂšs bien » . C'Ă©tait logique en fait que ça se passe comme ça, ça c'Ă©tait intĂ©ressant pour nous aussi. Et donc lĂ , l'homme de la maison travaillait quand on est arrivĂ©s, donc pendant deux jours on a Ă©tĂ© en plus. accueillis par des femmes. Donc nous, on Ă©tait... Enfin, il y avait un petit dĂ©calage qui se faisait avec mon frĂšre. Il avait dĂ©jĂ  vĂ©cu dans d'autres pays, mais lui, en fait, en tant qu'homme, il n'Ă©tait pas accueilli pareil que nous. Il y avait des choses oĂč elle se libĂ©rait plus. Les femmes, c'Ă©tait vraiment aussi hyper fort. Elle ne parlait pas l'anglais, elle ne parlait pas le Khmer ou trĂšs peu de Khmer. Si, elle parlait le Khmer, mais du coup, trop peu pour que j'arrive Ă ... Enfin, moi, je ne parlais pas pour qu'on me puisse parler. Donc du coup, ça donnait un truc...

  • Speaker #1

    Le langage des signes.

  • Speaker #0

    Ouais, que dans le non-verbal.

  • Speaker #1

    Le truc inattendu et complĂštement fou.

  • Speaker #0

    Bah oui, on se retrouve lĂ . on va marcher et lĂ  du coup c'est une Ăźle donc il n'y a pas de lĂ  ça faisait en mĂȘme temps camping tranquille en fait parce qu'il n'y avait pas de voiture il y avait peut-ĂȘtre une voiture sur l'Ăźle sinon tout le monde Ă©tait Ă  moto et en fait c'Ă©tait trĂšs trĂšs calme et du coup les chiens n'aboyaient pas en voyant des marcheurs parce qu'il y avait beaucoup de marcheurs aussi enfin les gens marchaient se dĂ©plaçaient comme ça mais vraiment on va marcher le premier jour une heure et demie deux heures on revient du coup il n'y avait un peu qu'une rue on avait l'impression on revient et donc tout le monde nous dit hello hello what's your name hello hello what's your name hello hello what's your name mais Bon, peu importe ce qu'on rĂ©pond, c'est la prĂ©sentation. Et donc, du coup, en revenant, les gens parlaient entre eux. Et mon frĂšre me dit « Ah bah attends, lĂ  c'est bon, tout le village est au courant. Ils sont en train de dire que je suis ton frĂšre, qu'elle a 8 ans, qu'elle a ça, elle a ça, elle a ça. » Et en fait, il chopait les bouts de conversation. Ça avait vraiment bien fonctionnĂ©. Tout le monde nous connaissait alors qu'on avait parlĂ© Ă  une seule famille. Et lĂ , Malou, du haut de ses 8 ans, a repĂ©rĂ© une petite boutique de rien du tout. Et elle s'Ă©tait mise en tĂȘte d'acheter des chewing-gums. Et donc le lendemain, au moment de la sieste qui est obligatoire lĂ -bas, ça c'est vraiment aussi un pays trop bien quand on est en rĂ©mission, c'est qu'il y a des hamacs partout et des siestes obligatoires. Ça c'est trĂšs trĂšs bien. Et elle, elle ne voulait pas faire la sieste. Elle a dit, moi je vais chercher des chewing-gums. Donc nous, on savait qu'il y avait au moins 40 minutes de marche avant la boutique quand mĂȘme. Et mais encore une fois, elle dit ça. Donc nous on dit, on dit non, on ne dit pas non, c'est sĂ©cure, ce n'est pas sĂ©cure. Puis en fait, on se regarde et on dit, en fait, quoi qu'il lui arrive, on le saura en deux minutes. Ça va aller tellement vite et on sentait vraiment cette bienveillance. En fait, c'est vrai que ça, c'Ă©tait vraiment trop bien. Ce qui fait qu'on la laisse partir, c'est pour ça l'effet camping. OK, vas-y. Moi, dans toutes ces expĂ©riences-lĂ , je me dis, ouais, super. Et puis aprĂšs, il y a quand mĂȘme des petits trucs qui se rĂ©veillent en moi, de maman, de... Je deal avec ça Ă  l'intĂ©rieur de moi. Puis en fait, elle revient au bout d'une demi-heure, sans chewing-gum, en nous disant, oh non, mais j'avais peur que vous vous inquiĂ©tez, mais je n'ai pas pu avancer plus de 500 mĂštres parce qu'en fait, tout le monde m'invite Ă  boire de la soupe, Ă  manger des fruits, de l'ananas et tout. Je suis allĂ©e dans toutes les maisons. AprĂšs, il y a quelqu'un qui me demande ce que je fais. Il me parle en anglais. Mais comment ça va ? Et du coup, Ă  la fin, j'en ai trop marre. Je rentre. C'Ă©tait incroyable. En 24 heures, c'est lĂ  qu'on s'est dit qu'on allait rester encore une journĂ©e de plus. Parce que les enfants venaient la chercher pour aller jouer Ă  l'Ă©cole. C'est gĂ©nial, l'Ă©cole est ouverte. C'Ă©tait un week-end. L'Ă©cole Ă©tait ouverte. Les enfants allaient jouer dans la cour d'Ă©cole et aussi dans la classe, pour faire la classe. C'Ă©tait vraiment lĂ  oĂč on s'est posĂ©. On avait vraiment l'impression... En plus, on est rentrĂ©s chez Descmer, c'est encore autre chose qu'on a Ă©tĂ© accueillis dans une famille. C'Ă©tait les maisons Ă  Ă©tage, c'est-Ă -dire que le rez-de-chaussĂ©e est tout ouvert. En fait, c'est des pilotis, c'est des maisons sur pilotis. On arrive, il n'y a pas de mur, il y a les pilotis de la maison. Et lĂ , la cuisine se fait dehors. Et il y a l'espĂšce de table sur laquelle on dort aussi pour la sieste. Il n'y a pas de matelas, mais en fait, on dort Ă  la tuile et Ă  bac. Et un grand escalier Ă  l'Ă©tage, je pense que c'Ă©tait plus pour la saison des pluies. parce qu'il y avait aussi une cuisine Ă  l'Ă©tage, mais lĂ , elle n'Ă©tait pas du tout exploitĂ©e. Et puis des chambres et encore un espace ouvert. Mais du coup, quand on est rentrĂ© dans l'espace privĂ© des chambres, c'Ă©tait encore plus incroyable. Et voilĂ , il fallait encore partir de lĂ . Et lĂ , mon frĂšre m'a dit... Enfin, il avait dit ça quand on Ă©tait venu en taxi parce qu'il savait qu'on n'allait pas forcĂ©ment rappeler le taxi. Et il m'a dit, c'est lĂ  que le voyage commence. Et effectivement, on est reparti. On ne savait pas comment on allait retourner Ă  Stuttgart oĂč on avait laissĂ© nos sacs dans l'hĂŽtel, etc. Et donc, on reprend le bac. lĂ  le trajet retour se fait trĂšs bien Ă  pied, on reprend le bac et lĂ  on se dit bon bah on rentre en stop et il m'avait dit je sais pas comment on va rentrer mais on va rentrer, ce que j'ai pas dit c'est que mon frĂšre en fait il avait dĂ©jĂ  fait la traversĂ©e de l'Afrique du Nord au Sud Ă  pied et en stop, donc du coup c'Ă©tait un peu des choses qu'il maĂźtrisait et lĂ  c'est un peu comme si j'Ă©tais vraiment rentrĂ©e dans son voyage aussi, dans sa façon de voyager il m'a dit je sais qu'on y arrivera, je sais pas comment mais je te garantis on y arrive, et puis lĂ  on marche il est 13h, il fait hyper chaud et il y a Ă©videmment pas de voiture Ă  cette heure lĂ  parce qu'on arrive presque sur l'heure de la sieste c'est la plus capable comme idĂ©e et Ă  un moment Il y a quand mĂȘme une voiture, on l'arrĂȘte, elle ne va pas au bon endroit. Je ne sais pas, c'Ă©tait vraiment presque dĂ©sertique. Je vois une moto qui part. Je me dis, bon, ce n'est pas grave, je peux monter avec Mel au-dessus. Je tĂąche le mec et tout ça pour lui dire, est-ce que tu pourrais nous emmener ? Et lĂ , mon frĂšre me crie, non, c'est bon, Marion, c'est bon, on ne repart pas avec lui. Et lĂ , il y a un tout plastique, je ne sais pas trop comment dire. Tu sais, les Ă©choppes ambulantes qui vendent tout et n'importe quoi. Du gel douche en portion individuelle et plein de... de vaisselle, etc. mais qui est accrochĂ©e Ă  l'extĂ©rieur en fait. Tout ça tirĂ© par une petite moto. C'Ă©tait incroyable, ça arrive trĂšs lentement et je vois que mon frĂšre sait qu'on va pouvoir monter dedans et que moi, en fait, mon frĂšre sait que j'adore ces trucs-lĂ . À chaque fois, je fais « Ah, c'est trop beau ! » Et lĂ , il nĂ©gocie et les gens nous emmĂšnent en fait dans ce magasin ambulant qui va Ă  10 km heure. Et lĂ , c'Ă©tait une expĂ©rience tellement gĂ©niale. LĂ  aussi, ça m'a fait « je suis dedans ! » Et en fait, pareil, cette personne-lĂ , la personne qui conduit, elle nous prend parce qu'on est sur la route et elle, elle n'a jamais voyagĂ© autrement que comme ça. Et en fait, Ă  un moment, elle se retourne pour nous montrer le ciel. Et je vois que comme moi, je rĂ©alise qu'on est au Cambodge, lui rĂ©alise qu'en fait, on a pris l'avion pour venir et qu'on est venu par l'avion. Et c'est comme deux rĂ©alitĂ©s qui se font. Ah ouais, c'est fou qu'on soit lĂ  ensemble. Ça dure une demi-heure et puis c'est tout, quoi. Il nous arrive dans une ville, on se dit bon bah allez on finit autrement, on va faire du stop autrement, c'Ă©tait hyper rapide comme stop et tout, c'Ă©tait gĂ©nial de nous faire en compte. AprĂšs on a quand mĂȘme Ă©tĂ© au temple d'Ankor, on est allĂ© Ă  Siam Rep, que mal vous connaissez dĂ©jĂ , et lĂ  on a rebranchĂ© un peu avec l'Occident quand mĂȘme, c'Ă©tait un peu moins route. Siam Rep on l'a fait Ă  vĂ©lo, on a pris une location Airbnb mais avec des vĂ©los, ça c'Ă©tait gĂ©nial parce que du coup c'est pareil, on n'Ă©tait pas dans les bruits, on a pu s'extraire, on avait les vĂ©los et les hamacs. DĂšs qu'il y avait besoin d'une pause, on se posait. C'Ă©tait vraiment de trĂšs belles dĂ©couvertes. Et puis, on est repassĂ© au foyer oĂč moi, lĂ , je dĂ©couvre oĂč Malou a vĂ©cu pendant un mois. Et elle est accueillie par des mĂšres d'accueil. C'est vraiment intĂ©ressant aussi qu'il y avait un internat pour les ados et les petits Ă©taient vraiment dans un foyer, dans une petite maison avec une mĂšre rĂ©fĂ©rente. Et du coup, je vois Malou qui est accueillie. Presque qu'elle Ă©tait un peu gĂȘnĂ©e d'avoir ses deux mĂšres en mĂȘme temps. C'Ă©tait trĂšs, trĂšs, trĂšs, trĂšs fort. et en mĂȘme temps c'est le moment des au revoir et voilĂ  ils partent tous les deux ils se dĂ©partent d'endroits oĂč mon frĂšre partait aussi quitter son boulot, Malou repartait vers la France et lĂ  moi j'avais envie de rester au Cambodge en vrai, j'avais envie de rester cette derniĂšre semaine au Cambodge et mon frĂšre me dit on va aller Ă  Bangkok, c'est bien si tu te remets dans quelque chose de plus occidental de plus urbain avant d'arriver Ă  Paris parce que sinon ça va ĂȘtre vraiment dur pour toi donc on a pris ce train trĂšs long qui va de PoypĂ©t Ă  Bangkok avec plein de viables infĂ©rieurs et Ă  Bangkok on a pu ... C'est vrai que du coup, moi, je ne m'Ă©tais pas rendu compte qu'en fait, on avait fait le musĂ©e d'Angkor quand mĂȘme, qui est trĂšs, trĂšs bien. Mais sinon, on n'avait pas du tout fait... En fait, on a fait tout ce voyage-lĂ  sans vraiment des musĂ©es, sans vraiment des trucs...

  • Speaker #1

    Ce n'est pas obligatoire.

  • Speaker #0

    Non, mais sauf que lĂ , d'arriver Ă  Bangkok, j'ai redĂ©couvert un centre culturel, voir des artistes qui s'emparent de l'histoire, etc. Et puis, du coup, c'Ă©tait bien quand mĂȘme qu'on se remette lĂ -dedans. Je crois qu'il avait raison. Puis en fait, Bangkok, c'est aussi gĂ©nial Ă  voir, Ă  dĂ©couvrir. et puis moi j'avais pas passĂ© le cap de manger des insectes donc ça je l'ai fait Ă  Bangkok, ce qui est quand mĂȘme important je l'ai fait parce que j'ai vu une jeune fille qui Ă©tait hyper stylĂ©e, qui mangeait une glace avec des insectes Ă  la sortie du lycĂ©e, je me suis dit ah non c'est trop stylĂ©, je vais le faire aussi ça fait pas envie ah oui c'Ă©tait bon, ce que j'ai pas rĂ©ussi c'Ă©tait les oeufs fĂ©condĂ©s mais bon, je me suis dit comme ça ce sera pour un prochain voyage donne toi des objectifs Et de lĂ , mon frĂšre nous a accompagnĂ©s jusqu'au dĂ©part pour Bangkok. Et lĂ , j'en ai un peu les larmes aux yeux de penser qu'on est rentrĂ©s en France. Il nous a fallu beaucoup de temps pour rentrer. C'Ă©tait trĂšs difficile. Et du coup, je suis trĂšs contente de raconter ce voyage, de te raconter ce voyage. C'est trĂšs, trĂšs difficile de raconter un voyage, je trouve. Et en fait, on n'a pas trop rĂ©ussi Ă  en parler aux amis. Il y avait juste le dĂ©calage. Il y a des choses qui sortent de temps en temps. Mais du coup, comme moi, j'adore Ă©couter les podcasts. LĂ , tu vois ta voix quand je t'ai entendue. J'ai dit « Oh oui ! » c'est comme sur les quatre-feuilles que tu la mets et j'adore voyager comme ça mais c'est vrai qu'en fait il faut du prendre ce temps-lĂ  Ă©norme qu'on a pris et voilĂ  et voilĂ  on a quittĂ© la lumiĂšre et la couleur pour revenir en France non je plaisante ça c'est le terme mais on a quand mĂȘme Ă©coute

  • Speaker #1

    j'ai été transportée dans ton voyage tu sais trÚs bien raconter les voyages il n'y a aucun souci en fait la seule question qui j'ai encore deux questions mais la premiÚre la plus importante c'est comment ça va aujourd'hui j'ai été tellement transportée

  • Speaker #0

    par ce voyage et qu'aprĂšs, j'ai fait un petit dĂ©ni de ma maladie. En fait, je suis en rĂ©mission du cancer, mais du coup, c'est une maladie trĂšs particuliĂšre qui reste en fait et avec laquelle on ne sait pas si ça va repartir, quand ça va repartir. Donc, ça laisse ça. Mais j'ai fait un dĂ©ni et en fait, je suis toujours sous traitement, mais je voulais vraiment faire comme si je ne l'Ă©tais plus. Je voulais rester avec
 En fait, l'Ă©lĂ©phant dans la riviĂšre, il ne m'a pas dit « Allez, prends tes mĂ©dicaments, ça va aller » . J'ai juste entendu « Ça va aller » . Mais lĂ , en fait
 depuis un an maintenant, j'ai ces traitements complĂ©mentaires qui ont des effets secondaires et qu'il faut que j'accepte. Mais aussi, il faut que j'accepte que ça fasse partie de ma vie. Donc en fait, il y a cette transformation qui est en cours, qui n'est pas encore finie. Et puis des effets secondaires au long cours dont je n'avais pas idĂ©e, mais pour lesquels il existe des prises en charge. Donc lĂ , je vais avoir une hospitalisation en hĂŽpital de jour pour les effets secondaires. Il n'y en a pas beaucoup en France, donc c'est bien que j'en parle aussi. Je crois qu'il n'y a que deux endroits en France oĂč on propose ça. qu'on appelle la remĂ©diation physique et cognitive, rĂ©adaptation aprĂšs la longue maladie. Et voilĂ , Ă  Rennes, il y a ça. Je pense que c'est aussi parce que je sais qu'il va y avoir ça, que j'ai eu cet Ă©lan de me dire, OK, je remets des choses en place et je suis hyper contente de boucler ça avec toi aussi. Ça fait partie de ce chemin-lĂ , je crois.

  • Speaker #1

    Je suis ravie de t'accompagner à ma toute petite mesure sur ce chemin. C'est vraiment un grand honneur que tu me fais. Quand tu m'as proposé ton histoire, je t'ai demandé s'il y avait une association que tu voulais mettre en avant. Tu m'as dit qu'il y en avait plusieurs, mais voilà, c'est le moment. Si tu veux en parler d'une en particulier.

  • Speaker #0

    Oui, moi, j'avais envie de parler de Bivoque et moi, qui est une association. Alors, et moi, c'est E-T-Moi ou et moi, un et moi, qui est une... une jeune association qui fait des voyages pour des personnes qui sont plutĂŽt en rĂ©mission aussi ou en poste, c'est aprĂšs les traitements lourds du cancer mais ça peut ĂȘtre aussi pour les maladies chroniques, enfin les cancers mĂ©tastasiques par exemple ou chroniques et du coup qui proposent des sĂ©jours en montagne tout est pris en charge, on a une adhĂ©sion Ă  l'association mais c'est tout et on arrive c'est vers ChambĂ©ry on a juste le lieu de rendez-vous, l'heure de rendez-vous et on sait quand on revient, donc on sait on part le vendredi midi et il nous emmĂšne dans la montagne. Et lĂ , on marche. Il nous emmĂšne Ă  une montagne qu'on ne connaĂźt pas. Donc, on est une dizaine, entre 6 et 12 personnes qui avons vĂ©cu ça, des traitements, et qui en sont Ă  un autre endroit. Mais toutes des histoires diffĂ©rentes. Et ensemble, on gravit la montagne. Et c'est Ă©prouvant physiquement. Et on va jusqu'au refuge. Et on dort deux nuits au refuge. Le lendemain, on va marcher, crapahuter dans la montagne, comme on peut. À l'initiative, il y a un mĂ©decin, un mĂ©decin de la douleur. Donc, c'est encadrĂ© par un mĂ©decin de moyenne montagne ou haute montagne, je ne sais plus, et un bĂ©nĂ©vole. Donc, il y a toujours au moins trois personnes qui ne sont pas directement concernĂ©es par la maladie. Et c'est des rencontres incroyables. Et c'est le fait aussi de pouvoir se surpasser physiquement, d'impliquer son corps physiquement et de voir des paysages hyper forts. Et moi, vraiment, ça m'a raccrochĂ©e Ă  ce « mais non, je ne peux pas le faire, je suis malade. Ah si, je vais le faire quand mĂȘme » . Cette Ausha, pouvoir ĂȘtre accompagnĂ©e lĂ -dedans, c'est vraiment super bien.

  • Speaker #1

    Comment on peut les contacter si les personnes qui nous Ă©coutent
 ont envie d'en savoir plus ?

  • Speaker #0

    Eh bien, le site Bivouac et moi. Je n'ai pas l'adresse en tĂȘte, mais je sais que si on Ă©crit Bivouac et moi, c'est...

  • Speaker #1

    Tu vas tomber dessus et je mettrai ça dans les notes de l'Ă©pisode de toute façon. Je ne vais pas poser mes questions habituelles parce que je trouve que ton rĂ©cit, ton tĂ©moignage, ton histoire, votre aventure avec Malou sont trop fortes pour qu'on rentre dans des questions basico-basiques. Vraiment, je veux vous remercier infiniment toutes les deux. d'avoir pris le temps de me raconter et donc de nous raconter votre histoire, votre aventure. C'est une belle aventure. Elle n'a pas bien commencĂ©, mais j'ai vraiment l'impression que tout ce que vous avez vĂ©cu dans ce voyage particulier a quand mĂȘme apportĂ© de belles choses. Et j'espĂšre que tout ça vous a donnĂ© la force quand il y en avait besoin et de continuer votre chemin et que plein d'autres belles choses vont arriver. Est-ce que tu as prĂ©vu un autre voyage toutes les deux ?

  • Speaker #0

    Alors oui, alors lĂ  on a des voyages prĂ©vus. Ça va ĂȘtre l'anniversaire de Malou. Donc on va, attention, Ă  Paris, voir l'AssemblĂ©e Nationale, parce que ça c'est sa demande. Mais aprĂšs le Cambodge,

  • Speaker #1

    on passe un cran lĂ . On est au top du top.

  • Speaker #0

    Elle a trĂšs envie de ça, donc moi je le fais. Mais le vrai voyage de son anniversaire, ça va ĂȘtre d'aller en vĂ©lo sur les Bordelois. Elle a choisi d'ĂȘtre plutĂŽt sur l'estuaire. Elle a commencĂ© la Loire Ă  vĂ©lo par la fin. Mais pourquoi pas ? Donc voilĂ . Ah ouais, ça, ça va ĂȘtre trĂšs bien. Et puis, en fait, mon frĂšre, il a repris un volontariat Ă  Madagascar. Et ça, ça chemine doucement que ça pourrait aussi. On verra Ă  la fin des traitements parce que je voudrais que ce soit un voyage plus long. Enfin, la fin des traitements. En tout cas, la fin de la premiĂšre partie de ces traitements-lĂ . Et je ne peux pas voyager avec ces traitements-lĂ  aussi. Il y a ça qui est compliquĂ©.

  • Speaker #1

    Évidemment que vous allez le faire. Ça va arriver. Encore un peu de patience. En tout cas, c'est tout ce que je vous souhaite. Encore une fois... mille merci pour tout ce que tu as partagĂ© et ce que Malou a partagĂ©, c'Ă©tait trop bien je vous souhaite que le meilleur Ă  partir de maintenant que tout ça soit bientĂŽt rangĂ© dans les aventures et que vous passiez Ă  autre chose alors nous on va te dire en Khmer,

  • Speaker #0

    en posant bien les mains sur le coeur Okun Shran Okun Shran qui veut dire merci,

  • Speaker #1

    merci beaucoup trop bien,

  • Speaker #0

    Okun Shran tout alors merci beaucoup et euh

  • Speaker #1

    et on se tient au courant pour la suite.

  • Speaker #0

    Oui, et au plaisir de t'Ă©couter encore et encore. VoilĂ , c'est tout pour aujourd'hui. Merci d'avoir Ă©coutĂ© jusqu'au bout. Si vous voulez Ă©couter d'autres voyages, plus de 100 Ă©pisodes entre conversations, top 5, galĂšres ton voyage et mes reportages sont disponibles sur le blog ou en vous abonnant sur la plateforme d'Ă©coute que vous utilisez en ce moment. Et tout ça, gratuitement ! N'hĂ©sitez pas Ă  le partager Ă  d'autres parents en fait d'inspiration pour leurs prochaines vacances et Ă  ceux qui pensent que voyager avec des enfants, c'est trop compliquĂ©. Si l'Ă©pisode vous a plu, si vous voulez partager un voyage ou dĂ©couvrir une destination, dites-le moi sur Apple Podcasts, Spotify ou encore sur Instagram en me taguant Ă  famille et voyage avec un S underscore blog. À bientĂŽt pour le prochain Ă©pisode. D'ici lĂ , prenez soin de vous, inspirez-vous et crĂ©ez-vous de chouettes souvenirs en famille.

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