Speaker #1Alors moi c'est Marie, Fort Ambroise, et j'ai créé le média Beau Voyage depuis 15 ans et je raconte des histoires d'aventures autour du monde, les miennes, avec mes trois enfants, mais aussi d'aventuriers ordinaires qui vivent des histoires extraordinaires sur mon podcast. Nous on aime partir à l'aventure, on aime le camping, on aime l'itinérance, on aime aller là où les gens ne vont pas, sortir un peu des sentiers battus et puis raconter nos expériences sur les réseaux. Deuxième histoire, je pense que c'est peut-être dix ans plus tard. Ouais, dix ans plus tard. Ouais, je sais pas, huit ans plus tard. On part en Colombie. Donc voyage de fou, c'était extraordinaire. On fait plein de trucs dingues. Et on termine, on est dans le parc de la Terrona, dans un hôtel qui était accessible uniquement par bateau. Donc totalement Romain-Saint-Cruzoué. Un truc extraordinaire. Et puis, on avait rendez-vous à 14h pour prendre ce bateau. Et moi, je sais pas, j'ai envie de faire du shopping, j'ai envie d'acheter trois trucs. Enfin, il faut que j'achète des trucs, bref, du dentifrice et tout. Donc, je demande au taxi, est-ce que vous pouvez m'arrêter juste au supermarché ? Je m'arrête et tout, j'envoie un petit WhatsApp au capitaine. Et là, il me dit, dépêchez-vous, dépêchez-vous et tout. Et on arrive un peu en retard, donc, presque deux heures en retard. Et je sens le capitaine pas hyper content, quoi. Et il me dit, allez, on y va. Je vois la mer toute plate, magnifique et tout. Ok, on monte, ils nous donnent à chacun des gilets de sauvetage, une espèce de barque de pêcheur. Il y avait même un truc pour tenir à la main. Et on part, il était avec un jeune capitaine. On part, on sort de la baie, c'est sublime et tout. Et là, et là, mais on arrive dans une mer déchaînée. Et en fait, il y avait des hanses, en fait, on longeait la côte, une côte ultra escarpée, tu ne peux pas t'arrêter, c'est vraiment des falaises. et il y avait des hanses. Donc on passe une hanse avec des vagues de fous. Il y a mes enfants qui chantent derrière. Ils trouvent ça hyper drôle. Je leur dis, tenez-vous bien les enfants, tenez-vous bien. Mais ils trouvent ça drôle et tout. Et là, je dis à mon mec, c'est chaud. Heureusement, on est bientôt arrivé. Il me fait, non, non, moi j'ai regardé la carte, il y a sept hanses. Je me dis, mais en fait, on va mourir. Il me dit, ah ouais, là franchement, je ne sais pas comment on va s'en sortir. Et là, je vois le capitaine qui met son gilet de sauvetage et qui donne un gilet de sauvetage aux jeunes. Je me dis, oh mamma mia, mes deux garçons qui deviennent. jaune qui ne parle plus. En tout cas je sais pas, ils sont derrière moi et donc en fait je peux pas les regarder. Et ils sont assis sur une planche. Donc je me dis à la moindre vague en fait ils sautent en l'air. Je peux même pas les retenir. Je prends ma fille sur mes genoux, je la serre hyper fort et là même chose tu vois je crois pas en dieu mais il doit avoir des moments. Et là je commence à réciter le Notre Père et tout. Je commence à pleurer. Je me dis voilà c'est fini en fait je vais mourir ici. C'est à dire que les vagues elles étaient plus grandes que mon bateau. Il y a l'eau qui rentrait dans le bateau. Mais c'est pas un bateau en fait c'était une barque. Et je pleure, quoi. Et il y a mon fils qui me dit, maman, on va mourir. Et je lui dis... Oh mon dieu, je ne peux pas lui dire. Je ne peux rien dire. Je tiens, je serre et tout. On est arrivés à bon port. On est descendus du bateau. On s'est allongés par terre. On a touché la terre ferme et tout. Je me dis, mais quel enfer. Et d'ailleurs, je ne partage pas l'adresse de cet hôtel. Parce que je pense qu'ils ont failli nous tuer en nous embarquant dans ce truc. Et en parlant un peu, il y avait deux autres familles qui étaient là. Elles avaient vécu la même chose. Un peu moins hard. Parce qu'en fait, si tu pars à 14h. Alors ça, c'est vraiment un truc de marin. Mais il y a moins de houle dans les pays chauds. Je ne sais pas, je n'ai pas compris. n'était pas parti C'est la bonne heure, on avait un bateau pour deux personnes alors qu'on était sept. Voilà, il y avait beaucoup de circonstances atténuantes, mais la mer est mauvaise là-bas. Et d'ailleurs, il y a des bateaux de Colombiens qui sont morts à cet endroit-là, qui allaient au parc de la Thérona, tu vois. Bref, et donc en fait, le problème, c'est que trois jours après, il faut repartir. Donc là, je me fais des crises d'angoisse, je me dis mais comment on va repartir ? Comment on va faire et tout ça ? Et bref, écoute, on est repartis un matin. Il y avait quand même un américain qui était dans l'hôtel qui m'a dit moi je pense que je vais je vais commander un avion privé ou je vais commander un hélicoptère je veux jamais remonter dans un bateau moi j'étais en train d'étudier comment rentrer à pied il y avait cinq jours de marche enfin bref écoute finalement on est venu nous chercher un matin dans un beaucoup plus gros bateau il n'y avait pas de mer c'était super cependant je n'irai jamais Au grand jamais, dans tous les ferries que je vois à Bali ou en Indonésie, qui font des trucs de fous, où là j'ai une copine qui m'a dit « Ah, je vais à Zanzibar et après pour aller faire un safari, je prends un ferry qui va sur la côte tanzanienne. » Mais moi, over my dead body, en fait je ne monte plus dans ces bateaux-là. Je sais que ce n'est pas pour moi. Et pourtant, personne n'a le mal de mer chez moi. Personne n'est malade. Mais je ne sais pas, je crois que la mer, ce n'est pas pour moi. Écoute ce que ça m'a appris. c'est que la mer, c'est dangereux, surtout quand on ne la connaît pas comme moi, évidemment. Donc je pense qu'il y a déjà, quand tu dois prendre des ferries, des trucs comme ça, des petits bateaux, c'est de checker la météo, prendre des compagnies sérieuses avec des bateaux sérieux, vérifier que tout le monde est bien. Un gelé de sauvetage, évidemment, on le met dès le début. Et voilà, faire un peu plus attention à ça, parce que c'est vrai que moi, je suis tout le temps en confiance, je ne fais pas gaffe, je monte dans le bateau et tout. Voilà, ça peut mal tourner, ça peut vite mal tourner. Avec des enfants qui savent pas nager, la dernière fois au Brésil j'avais un bébé, c'était fini de toute façon, on tombait à l'eau, il était dans mon porte-bébé, c'était mort quoi. Donc voilà, faire un peu plus attention à ça, c'est-à-dire que c'est pas parce que t'es à la cool qu'il faut mettre tes enfants en danger, et là, ces deux fois-là, je crois que c'est les deux seules fois de ma vie, et pourtant on a marché avec des rhinocéros, on a campé, enfin vraiment on a fait beaucoup de choses aventurières, mais c'est les deux seules fois où je m'en suis voulu, parce que je pense que j'ai mis mes enfants en danger.