- Speaker #0
Entre le travail, la maison, les ados et toutes les petites choses auxquelles il faut penser constamment, beaucoup de parents ont l'impression de ne jamais s'arrêter. Alors, comment alléger sa charge mentale et retrouver du temps pour soi ? C'est ce dont on va parler aujourd'hui dans Family Talks. Bienvenue dans Family Talks, je suis Caroline Ménager, fondatrice de Pixpay. Ici, on donne la parole à ceux qui vivent la parentalité au quotidien. Avec des parents, des ados et des experts, on décrypte les codes de l'adolescence et on prépare au mieux l'avenir de nos enfants. Avant de commencer, abonnez-vous à notre podcast. Nous sommes aujourd'hui avec Isabelle Bédier. Isabelle est maman de trois ados de 15 ans, 16 ans et 18 ans. Et vous travaillez dans l'immobilier à Paris.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Marina, Marina Le Carpentier est thérapeute manuelle personnalisée à Paris dans le 17e arrondissement. Et vous êtes également maman de deux jeunes adultes.
- Speaker #1
Oui. Deux grands ados. Deux grandes ados. Deux grandes ados. Bonjour.
- Speaker #0
Bienvenue. Merci de nous rejoindre aujourd'hui sur Family Talks pour parler de charge mentale. Alors Isabelle, je vais commencer avec vous. Quelle est selon vous la définition de la charge mentale ?
- Speaker #2
La définition, c'est vrai que je ne me suis jamais penchée sur la définition. Par contre, moi ce que j'ai réalisé il y a environ deux ans, à ce moment où je me réveillais, mon quotidien, ma tête était prise par un certain nombre d'informations qui revenaient en boucle quasiment toute la journée et parfois même le soir et ça m'empêchait de dormir. Et pour moi, la définition de la charge mentale, c'est toutes ces petites choses qui me polluent, qui m'envahissaient et qui avaient un impact sur soit mon corps physiquement, soit sur mon humeur, forcément. Pour moi, c'est ça.
- Speaker #0
Et alors du coup, à quoi ressemble un peu votre... parce que vous avez pris conscience de ça il y a deux ans. J'imagine que votre quotidien avec trois filles, il est super chargé. À quoi ça ressemblait concrètement votre quotidien à la semaine ?
- Speaker #2
Oui, à la semaine, une journée type, je dirais que c'est... Moi, la journée va commencer à partir du moment où j'ai une de mes filles qui doit se réveiller pour aller au lycée ou au collège. Donc elles ont des horaires tous les trois différents. Ça peut être 6h30, 6h50, 7h15. Donc je me base sur la première. Et à partir du moment où la première doit se réveiller, moi je me réveille automatiquement. J'ai quasiment pas besoin de réveil, parce qu'en plus je suis une lève-tôt, mais je pense que mon cerveau est habitué. Et à partir du moment où elle doit se réveiller, je me mets en mode on. Et ça pour toute la journée. Je tiens que chacune ait ses affaires pour partir au lycée, que chacune parte à l'heure, que chacune ait un truc dans le ventre. Et puis après, la journée va être plus simple parce qu'elles sont quand même grandes. Donc moi, je vais pouvoir travailler, je dirais, assez facilement, assez librement. Et ensuite, ça va, on va dire que mon activité avec mes filles va reprendre à la sortie du collège lycée, où je suis assez souvent présente à la maison à ce moment-là. Et là, ça va être checker quand même un minimum ce qu'il y a à faire le soir, les activités sportives, les trajets que je dois encore faire pour certaines, pour la plus jeune. Et puis ensuite, tout ce qu'il y a, c'est tout bête, mais les documents à signer, le planning à vérifier pour le lendemain. Ça va jusqu'au, je dirais, elles sont quand même relativement autonomes dans les devoirs, donc je n'ai pas ça à surveiller, mais ça va être, ça c'est chouette.
- Speaker #0
Oui, c'est déjà un gros gain de temps.
- Speaker #2
Oui, j'ai jamais eu trop de devoirs avec elles, donc ça c'est bien, mais ça va aller jusqu'à leur cours. coucher ou je dois quand même aussi vérifier est-ce qu'elle ne se couche pas trop tard parce qu'il y a un peu d'abus depuis, je trouve, quelques mois, maintenant qu'elle grandisse. Donc, à partir du moment où elles sont couchées, vraiment couchées, je trouve que je peux moins me relâcher.
- Speaker #0
C'est long. Et alors, cette prise de conscience que vous avez eue il y a deux ans, est-ce qu'il y a eu un déclencheur sur cette prise de conscience ? Vous avez parlé de... de peut-être un sentiment que ça pouvait affecter votre humeur, votre santé ? Est-ce qu'il y a eu quelque chose qui a déclenché ?
- Speaker #2
Est-ce qu'il y a eu quelque chose ? Alors, professionnellement parlant, dans l'immobilier, c'était compliqué, déjà il y a deux ans. Je travaillais seule à ce moment-là. J'étais vraiment indépendante, j'étais vraiment seule. Et à la maison, mon mari n'étant pas forcément beaucoup là, j'étais seule aussi. Et là, je me suis dit, en fait, si je ne veux pas péter un plomb, si... Je ne veux pas quitter la maison ou si je ne veux pas quitter mon boulot, il faut que je fasse quelque chose. Et j'ai commencé à... Simplement, moi, je n'ai pas vu de thérapeute. J'ai un peu pensé, pour tout vous dire. Mais je me suis juste posée en me disant stop. En fait, je vais arrêter de me mettre une pression. Parce qu'on nous la met, moi, je trouve, en tant que maman. Mais on se la met, je pense, aussi. Et là, je me suis dit tant pis, il y a des choses qui ne seront peut-être pas bien faites. Tant pis, on n'ira pas partout. Tant pis, on ne répondra pas oui tout le temps. Mais moi, je l'ai fait seule, en fait. J'ai fait ce travail toute seule. Et je... physiquement j'ai jamais eu de... moi j'ai jamais eu de séquelles ou de marqueurs. C'est simplement que je me suis dit je peux pas être mal pour mes enfants. Je suis là pour elles donc il faut que je sois moi bien. pour qu'elle puisse continuer à grandir correctement.
- Speaker #0
Et vous avez réussi à prendre du recul justement par rapport à un quotidien qui est quand même très envahissant, toute seule, sans aide, sans méthodologie quelque part ?
- Speaker #2
Alors moi, je m'informe beaucoup, je lis beaucoup, j'écoute beaucoup de podcasts, énormément depuis deux ans. Principalement des sujets liés aux adolescents, liés même à la personne que je suis. Donc non, j'ai surtout glané des informations, je m'en suis servie. Moi j'ai un échappatoire et moi qui m'aide au quotidien c'est le sport et j'en ai fait un petit peu plus je trouve que depuis deux ans je suis beaucoup plus active et c'est vrai que ça m'aide énormément ça détend
- Speaker #0
Marina du coup vous êtes thérapeute manuelle avec pas mal de spécialités mais notamment le shiatsu dont on parlait tout à l'heure qui est vraiment je pense la pratique peut-être la plus liée à ces sujets de charge mentale Est-ce que vous pouvez nous décrire un petit peu ce que c'est le shiatsu concrètement ?
- Speaker #1
Alors le shiatsu, c'est un art japonais du toucher qui suit les points d'acupuncture chinoise sur lesquels on va venir appuyer, exercer des pressions, légèrement les étirer, etc. Voilà, c'est un peu entre un massage et l'acupuncture.
- Speaker #0
Et donc j'imagine que dans votre cabinet arrivent des mamans, des papas aussi d'ailleurs, qui sont peut-être submergées par ces sujets de charge mentale. Comment vous les détectez ? Est-ce que les gens arrivent avec ce sujet-là, de la charge mentale directement ou par des billets un petit peu détournés ?
- Speaker #1
Alors pas toujours. Ce n'est pas quelque chose que les mamans expriment. Je reçois essentiellement des mamans. J'ai une clientèle qui est essentiellement féminine. Le discours n'est pas clair. C'est-à-dire que le vocabulaire n'est pas utilisé. On n'arrive pas à poser les mots sur ce qu'on a. On est fatigué, on a mal aux épaules, on a du mal à s'endormir. Ce qu'Isabelle me disait tout à l'heure, elle a vécu ça. On a le cerveau qui tournicote, etc. Merci. Et en touchant, en posant les mains sur le corps, il y a des points qui sont souvent les mêmes quand le cerveau n'arrive pas à se poser justement. Et ces points sont douloureux ou sensibles. Voilà. Et c'est comme ça que souvent, les mamans qui sont débordées par cette charge mentale prennent conscience effectivement qu'il y a quelque chose à libérer, qu'elles sont sous pression.
- Speaker #0
Et ça, il suffit... Enfin, je ne suis pas pratiquante, donc je ne sais pas. Une session de Shiatsu va vraiment permettre de libérer des points ou c'est des choses qui vont vraiment se travailler dans la durée, avec peut-être un accompagnement psychologique en plus ?
- Speaker #1
Alors, s'il y a besoin d'un accompagnement autre, évidemment, il faut le faire. Le sport, c'est une très bonne idée. C'est quelque chose que je recommande souvent aussi, de faire du sport à côté. Un accompagnement psychologique ou un coach de vie peut tout à fait venir en complément de la pratique. Pour ce qui concerne la pratique elle-même, une séance, ça aide, mais il faut... un entretien régulier, un peu comme le sport. Pas aussi fréquemment, bien sûr, mais c'est bien d'avoir un entretien régulier.
- Speaker #0
Vous vous sentez des points douloureux quand vous allez toucher ces points de stress. Je ne sais pas si c'est des points de stress. Est-ce que ça libère la parole ou ça apporte juste un bien-être ? Souvent, il y a une douleur.
- Speaker #1
La cage thoracique s'ouvre parfois.
- Speaker #0
Physiquement, vous voyez la cage thoracique s'ouvrir ?
- Speaker #1
Oui, vraiment. On essaye de détendre parce que le stress, la pression de la charge mentale, elle vient se loger là, dans la nuque, et puis dans ce qu'on appelle en médecine chinoise le foyer supérieur du torse. Donc les épaules, on a souvent les épaules très tendues. Le sternum se serre. Et puis il y a beaucoup de pleurs aussi. Il y a beaucoup de mamans qui se mettent à pleurer. Ça sort au fait. C'est comme si on ouvrait un robinet et il faut que ça sorte. Il faut que ça sorte. Donc j'ai beaucoup de clientes qui pleurent.
- Speaker #0
C'est assez fort. Isabelle disait tout à l'heure qu'il y avait à la fois une pression sociétale sur ces sujets de charge mentale mais aussi une pression que se mettent les mamans est-ce que vous pouvez nous en dire plus est-ce que vous avez vraiment senti que vous aviez une espèce de devoir vis-à-vis de vos filles ou est-ce que cette pression vous vous l'êtes mise je pense que je me suis la Mouh !
- Speaker #2
Ce ne sont pas mes filles, non, sûrement pas mes filles. C'est moi toute seule. Je pense que c'est moi toute seule. Parce que j'ai peut-être aussi envie de leur montrer que je suis forte, quelque part. Ce seront des futures femmes, mamans peut-être. Et c'est vrai que j'ai envie de montrer peut-être une image aussi, pas dire parfaite, mais presque parfaite. Donc d'être là pour tout, pour assister. Au spectacle, bon là maintenant elles sont grandes, mais au spectacle, à la remise de diplôme, être présente, faire un peu de shopping parce que c'est sympa, partager des moments, c'est-à-dire se poser, discuter, écouter, qu'elles me montrent leurs vidéos. Aujourd'hui il y a des téléphones, il y a des réseaux, donc on partage beaucoup de choses, mais en fait ça prend du temps tout ça, il y en a trois. Et je pense que c'est moi toute seule qui me suis imposé ça, d'être là partout où je pouvais être avec elles.
- Speaker #0
Et là, c'est donc sur les deux dernières années où vous dites que vous avez un petit peu lâché prise par rapport à ça. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez verbalisé avec les filles ? Ou vous avez juste pris du recul sans forcément le matérialiser ?
- Speaker #2
Non, moi je l'ai verbalisé. Je l'ai verbalisé parce que déjà on communiquait dans mes mains, toutes les quatre. Mon mari quand il est là, de toute façon il a tout de suite vu que moi j'avais des semaines qui étaient assez chargées et que le week-end, je relâchais de toute façon le week-end. Mais sur la semaine, moi j'aurais dit stop en fait, je ne peux pas tout faire. Il faut que vous médiez, il y a un moment donné vous êtes grande, il faut que vous ayez aussi votre part du travail.
- Speaker #0
Et comment elles ont réagi alors ?
- Speaker #2
Elles l'ont compris. Alors, je ne dis pas que c'était parfait, mais non, elles l'ont compris. Elles l'ont compris. Ma fille aînée est très mature depuis longtemps. Elle est très mature depuis un bon moment, donc elle a tout de suite saisi. Moi, j'ai une hypersensibilité qui est très marquée, qu'elles connaissent depuis toujours. Donc, elles savent que si ça ne va pas, si je le dis, c'est que vraiment, ça ne va vraiment pas. Donc non, elles l'ont compris et puis elles voient tout ce que je fais. Enfin voilà, elles me l'ont dit. Déjà, tout ce que tu fais, c'est énorme. Donc on comprend aussi que tu ne puisses plus tout suivre.
- Speaker #0
Et quand vous dites qu'elles l'ont compris, est-ce que du coup, elles ont agi ? C'est-à-dire qu'elles ont vraiment pris, je ne sais pas, préparé le repas, vous aidé sur faire les courses ? Sur des petites choses, oui.
- Speaker #2
Vraiment, je le vois. Je pense qu'il y a d'autres parents qui hurlent leur âme en m'entendant, mais moi, elles ne vitent pas la vaisselle forcément, systématiquement. Alors qu'elles sont grandes, elles devraient, depuis très longtemps. Mais elles ne le font pas systématiquement, parce qu'elles ont d'autres choses à faire, parce qu'elles ont la flemme. Pareil, les machines pourraient plus m'aider, mais elles ont commencé par des petites choses comme ça. Et puis là, dernièrement, surtout, c'est « tiens, il manque ça pour le dîner, je vais l'acheter » . Donc là, de plus en plus. Je dirais que sur ces derniers six mois, je trouve que...
- Speaker #0
Il y a une vraie prise de conscience ?
- Speaker #2
Oui, beaucoup plus.
- Speaker #0
Et du coup, là, vous vous sentez un peu respirer un peu plus ou ça reste dur ?
- Speaker #2
Oui, alors moi, j'ai une année quand même avec ma dernière qui a passé le brevet. J'ai eu le bac français, le bac maths et le bac. Oui, c'était une grosse année. J'ai une année un peu chargée. Donc, je dirais que là, sur les derniers mois, c'était quand même compliqué avec tous les examens. Mais je trouve que sur la dernière année, quand même, c'était plus simple.
- Speaker #0
Et Marina, est-ce que vous pensez, pour rebondir un petit peu sur ce que dit Isabelle, que les mamans, elles peuvent parfois aussi s'infliger cette charge mentale pour ne pas perdre le contrôle ? de leur quotidien ?
- Speaker #1
Oui, je pense. Isabelle l'a dit, elle apprend de se le mot parfait. Personne n'est parfait. Les gens parfaits, ça n'existe pas. Il faut être parfait au boulot, il faut être parfait avec ses enfants, il faut être belle, il faut avoir les dents blanches, il faut avoir des beaux cheveux. Il faut toujours s'imposer dans la société dans laquelle on est contre les hommes. Je suis désolée de le dire, Mais voilà, on sait très bien que... on n'a pas des salaires égaux à ceux des hommes, du moins pour les gens qui travaillent dans les sociétés. Donc il faut être parfaite, voire plus que parfaite. Alors je ne sais pas si c'est conscient, mais effectivement ça génère une pression qui vient s'installer particulièrement chez les femmes.
- Speaker #0
C'est vrai qu'il y a une notion qui est assez intéressante qui s'appelle le maternal gatekeeping donc pardon pour l'anglicisme, mais effectivement c'est le nom un petit peu qu'on va donner aux croyances et aux comportements des femmes où une mère en fait va peut-être spontanément d'ailleurs vouloir garder des choses, inconsciemment ou pas d'ailleurs, ne pas les déléguer à son mari, en se disant qu'elle va soit considérer que ce n'est pas bien fait quand c'est délégué, ou alors fixer des standards que l'autre personne ne peut pas atteindre. Et quelque part, il y a aussi une espèce de petite protection, de peur de perdre ce contrôle. Et en fait, ça, c'est un peu ce que vous dites, c'est aussi lié à l'identité de femme en tant que mère. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de femmes aussi qui se définissent par ce statut de mère et que donc être une mère soi-disant parfaite, c'est une manière quelque part de... d'être bien dans sa définition de sa personne. Et c'est vrai que c'est compliqué de lâcher prise si ça nous enlève quelque part une partie de notre identité de femme et de mère. Et c'est vrai que c'est pas simple. Vous parlez un peu en creux de votre époux qui, du coup, voyage beaucoup. Est-ce que, inconsciemment ou pas d'ailleurs, c'est des choses, ce sujet de la gestion de la charge mentale dont vous lui avez voulu dans votre regard, ou parce qu'il voyage, vous êtes OK avec ça ?
- Speaker #2
Oui. En fait, je ne peux pas lui en vouloir parce qu'il n'a pas choisi de partir du lundi au vendredi, même s'il est dans des super pays. Mais ce n'est pas pour s'amuser, ce n'est pas pour prendre du bon temps. Il ne visite quasiment même jamais. Il y est vraiment à 100% pour son travail. Donc, je ne peux pas lui en vouloir. Après, moi, je trouve que notre couple est équilibré comme ça. En me mariant avec lui, on s'est rencontrés il y a très longtemps. Il travaille déjà à l'étranger. partie de la semaine. Donc je savais que je me marierais quelqu'un qui serait probablement absent. Après, attention, il y a des périodes où il est là, il y a des mois qui peuvent s'enchaîner où il est là. Mais globalement, je savais à quoi m'attendre et puis je me sentais assez forte de toute façon pour assumer mon rôle de maman néanmoins. Sans savoir que j'allais en avoir trois rapprochées, mais j'avais envie. Donc je ne peux pas lui en vouloir. Non. Par contre, la seule chose où de temps en temps je lui en veux, il le sait, c'est de ne pas comprendre qu'il y a des moments où je suis crevée. Et oui, je me couche tôt, désolée, mais je ne peux pas tenir tous les soirs, tout le temps, et sortir tout le temps. Je sors régulièrement, heureusement, mais il y a des moments où il ne comprend pas que je sois aussi fatiguée.
- Speaker #0
Et par rapport à cette rupture que vous avez vécue il y a deux ans dans l'orgueil familial ? Est-ce que lui aussi a pris un peu, dans la mesure de ce qu'il peut faire bien sûr, mais une part plus importante de gestion de la famille ?
- Speaker #2
Oui, alors je ne sais pas si on peut appeler ça gestion de la famille, mais il m'a beaucoup aidée. Là, je vois là dernièrement, c'est un sujet lié aux vacances, mais on a pas mal de démarches administratives à faire. Et je vois que maintenant, il prend beaucoup plus part, par exemple, à ses démarches. Chose qu'avant, il ne faisait pas. Je crois qu'il a assisté à sa première réunion d'école il y a un an. pour me dépanner. Et en fait, c'est tout bête, mais j'ai trouvé ça extra, en fait. Je pouvais pas être partout. J'en avais deux en même temps et d'habitude, je courais de l'un à l'autre. Et là, il m'a dit, oui, bah j'y vais. Non, mais c'est vrai, c'est la première fois. En beaucoup d'années,
- Speaker #0
quand même.
- Speaker #2
Donc, oui, non, non, mais sincèrement, depuis deux ans, je trouve qu'il prend un peu plus part sur des petites choses.
- Speaker #0
Et est-ce que lui, vous savez s'il a matérialisé, qui n'est pas un sujet de charge mentale, mais qui est un sujet peut-être de pression que aussi les hommes peuvent avoir, de pression financière ou de... Je vais appeler ça la charge mentale, c'est pas de la charge mentale, mais de charge de soutien du couple aussi d'un point de vue financier, quelque chose que peuvent mal vivre certains hommes aussi.
- Speaker #2
Oui, je pense qu'il y a quand même de ça. Après, moi, j'ai un métier aussi qui est... Moi, je ne suis pas salariée. Donc, je peux très bien gagner ma vie le mois de janvier et je peux toucher zéro le mois de février. Et ça peut être ça plusieurs mois. Donc, c'est sûr que financièrement, ce n'est pas moi qui vais plus rapporter. Donc, c'est vrai que d'un autre côté, lui, il se doit aussi d'assurer.
- Speaker #0
Et vous savez s'il ressent une pression par rapport à ça ou c'est juste son quotidien et il l'accepte ?
- Speaker #2
Je pense qu'il l'accepte. Non, non. Je pense qu'il l'accepte. Après, il aime beaucoup son travail. Donc, ça aide. Il aime en tout cas ce qu'il doit faire. Mais je ne pense pas que lui, il ait de pression vis-à-vis de ça.
- Speaker #0
Et Marina, je vais faire appel à votre, non pas à votre casquette de thérapeute, mais à votre casquette de maman. Est-ce que chez vous, le sujet de la charge mentale a été un sujet dans l'éducation de vos enfants, qui a été un sujet compliqué ou que vous avez pris de façon assez sereine ?
- Speaker #1
Non, alors ça a été très très compliqué. Il n'y a plus de papa à la maison. Je suis avec ma dernière qui a 18 ans. Je rassure Isabelle, je crois que... Elle a dû vider quatre fois le lave-vaisselle depuis le début de l'année. Et à grand renfort de voix qui montent. Donc, je suis thérapeute et j'ai l'air zen, mais je suis aussi une maman. Et à grand renfort de plaintes chez la psy. Oui, maman me crie dessus. Oui, maman, la 17e fois, c'est une maman, donc elle crie. Voilà.
- Speaker #0
Est-ce que vos pratiques de shiatsu vous permettent de vous auto-aider, justement, sur ce sujet-là ?
- Speaker #1
Beaucoup moins que si je vais voir... Un collègue ou une thérapeute qui pratique sur moi. L'automassage, ça aide, mais beaucoup moins que si quelqu'un le fait, évidemment.
- Speaker #0
Et alors en tant que maman, c'est sûr, effectivement, en tant que maman solo, est-ce que vous avez capacité à demander de l'aide ? Est-ce que vous le faites ? J'entends que vous demandez à vos filles de vider le lave-vaisselle. Ou est-ce que vous n'avez pas vraiment de relais ?
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas vraiment de relais parce que ma maman vit loin. Ma soeur ne vit pas à Paris non plus. Donc, je me débrouille toute seule. Oui, j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup ma dernière fille. Là, elle est en vacances. On aura été séparés 13 jours. Je travaille en même temps, mais c'est le rêve. Je suis désolée de le dire. Je me repose. Je fais ce que j'ai envie de faire quand j'ai envie de le faire, en fait.
- Speaker #0
Même avec une fille de 18 ans. Parce qu'on pourrait penser qu'à 18 ans, c'est bon. Le plus gros effet. Non, il y a de la charge mentale encore.
- Speaker #1
Oui, il y a beaucoup, beaucoup de charge mentale.
- Speaker #0
Et sur quel, c'est quoi pour vous les sujets vraiment qui vont vous omnibiler ?
- Speaker #1
Le travail, alors là, je n'ai plus rien à dire parce qu'elle a eu un bac avec mention de bien, donc voilà. Le rangement et participer aux tâches de la maison. Et s'occuper des Ausha, parce qu'on a des Ausha et elle devait s'occuper des Ausha et de tout ce qui va autour des Ausha, notamment la litière, etc. Je vous laisse deviner qui s'occupe des Ausha.
- Speaker #0
Je vis la même chose. Et est-ce que l'une et l'autre, il y a des choses que vous avez acceptées de faire moins bien ? Isabelle, vous en avez un petit peu parlé en creux, mais des choses où vous avez dit « tant pis, ça je laisse tomber » ou « ça je fais moins bien » et c'est pas grave. Est-ce que ça vous est arrivé ?
- Speaker #1
Carrément, il y a un tas de linge qui appartient à ma fille à côté des machines qui doit commencer à ressembler vaguement à un sapin de Noël. Son linge, je ne lui lave plus, donc elle me pique le mien parce qu'on fait la même taille.
- Speaker #0
Elle est maligne.
- Speaker #1
Elle est maligne, forcément. Oui, ça grimpe. À Noël, on aura peut-être un arbre de Noël très design.
- Speaker #0
C'est sûr qu'en mode 2026, je pense qu'on est pas mal. Et sur l'aspect, Isabelle, sur l'aspect devoir et suivi scolaire, vous dites que vous n'avez pas passé beaucoup de temps à faire les devoirs et franchement, je pense que c'est déjà un gros sujet en moins, ça c'est quand même très chouette. Et ça, vous l'accédez... Alors peut-être qu'elles sont très bonnes à l'école et que du coup, il n'y a pas de problématique, mais... Je trouve qu'en tant que parent, il y a aussi beaucoup d'anxiété qu'on peut avoir sur l'avenir de ses enfants. C'est quelque chose que vous avez intériorisé quand vous avez décidé sur quoi vous alliez un petit peu lâcher prise. Ça s'est fait naturellement ou vous avez un peu réfléchi à ce que vous vouliez lâcher ?
- Speaker #2
Oui, j'ai clairement fait le tri parce qu'on ne peut pas non plus se désengager de tout. Et puis, mine de rien, même si ma fille est née à 18 ans, je me sens totalement responsable d'elle aujourd'hui, encore aujourd'hui. Alors moi, sur le sujet scolaire, j'ai de la chance parce qu'elles ont toujours été plutôt bonnes élèves. Donc, pas vraiment être derrière, mais même enfants. Donc voilà, elles ont vite été autonomes. Je dirais que moi, j'ai surtout lâché prise sur... Alors c'est un peu, je vous rejoins un peu, un peu sur, on va dire, la logistique de la maison. Donc oui, les machines ne sont plus, pas forcément tout le temps faites quand elles, elles le souhaitent. Mais j'en dis, mais si... Donc là-dessus, j'ai un peu lâché. On sent que ça soit dramatique, mais j'ai un peu lâché. Ensuite, ça va être sur... On habite en plein centre-ville, mais ça va être sur les trajets. Est-ce que tu peux m'amener là ? Est-ce que tu peux aller chercher ça ? En fait, il y a un moment donné, là-dessus aussi, je dis, maintenant que vous êtes grande, vous débrouillez. Vous avez une carte Navigo, vous avez une trottinette. On habite vraiment en plein centre-ville. C'est très simple, c'est très facile. Donc je dis, là-dessus, je ne ferai plus autant de trajets. Moi, je me coupe aussi de mon travail, quelque part. Donc il y a des fois, c'est possible. Il y a des fois, c'est compliqué. Donc là-dessus, j'ai lâché. Et après, pour revenir au scolaire, il y a simplement quand même, parce qu'on s'inquiète quand même toujours de leur avenir. Moi, je suis beaucoup dans la communication. Donc je laisse faire. Par contre, c'est surtout pour ma dernière. S'il y a un moment donné où il y a trop de problèmes, ou alors là, elle commence à avoir des mauvaises notes en fin de troisième. Et puis, elle a lâché clairement. Je pense qu'elle a vécu sa meilleure vie en fin de collège. Mais là, je lui dis, en fait, s'il y a un moment donné, toi, tu vas t'attirer des problèmes, en fait. Il faut penser à la seconde, il faut penser à ton lycée. je pense à tes diplômes donc moi j'ai beaucoup été dans qu'est-ce que tu vas faire tu peux pas redoubler tu peux pas enfin on en était à un point à un moment donné où elle voulait plus rien faire mais parce qu'elle voulait juste s'amuser et ça a marché ou pas ce discours ? oui alors ça lui a fait un petit peu peur parce que je lui dis la réalité c'est que tu t'es toujours trouvé bonne élève ok mais là il y a un moment donné si tu fais plus rien il y a un moment donné on va pas te sauver et moi je vais pas te sauver et donc moi il y a un moment donné je me suis dit je préfère qu'elle se plante alors on peut On parle de quelques mauvaises notes, mais plutôt que d'être derrière à crier. Et c'est ce qui s'est passé. Sauf qu'en fait, le collège a réagi tout de suite. C'est là où j'ai...
- Speaker #0
C'est bien, ça fait un relais.
- Speaker #2
Exactement. Mais ils ont très bien compris que c'était un relais. Parce que j'étais convoquée avec elle. Donc, ils ont très bien compris que c'était un relais.
- Speaker #0
Ok, génial. C'est bien de se sentir soutenue par l'éducation.
- Speaker #2
Oui, pour une fois, je veux dire. Je me suis sentie soutenue par l'éducation nationale. Mais après, oui, j'ai quand même fait des choix où j'ai relâché. Je ne peux pas non plus relâcher sur tout. Ce n'est pas possible.
- Speaker #0
Non, effectivement. Et donc, vous avez votre grande qui a 18 ans, qui passe le bac, donc qui va, j'imagine, partir en études supérieures. Est-ce que là, vous vous dites, c'est bon, job is done, elle a 18 ans, je la laisse tranquille ? Ou est-ce que ça ne s'arrête pas à 18 ans, la charge mentale ?
- Speaker #2
Ah non, pour moi, ça ne s'arrête pas à 18 ans. Non, parce que finalement, c'est ce que je lui disais, elle va rester vivre à la maison. Elle va intégrer une université qui est à côté. Elle va continuer à manger à la maison, à dormir à la maison. Notre quotidien, il est ensemble. Elle est avec nous. Tant qu'un enfant est sous mon toit, mais c'est comme ça que moi je le vois, tant qu'un enfant est sous mon toit, j'en suis responsable.
- Speaker #0
Vous n'allez pas changer les règles en mode, c'est-à-dire, t'es grande, t'as 18 ans, t'es responsable. Non, il n'y a pas de changement de règles prévus pour la rentrée.
- Speaker #2
Disons qu'en fait, elle est très raisonnable, donc je n'ai pas besoin de changer les règles. Je n'irai peut-être pas forcément en dessous de la dernière, on verra quand elle aura 18 ans, mais l'aînée, elle n'a jamais fait de vagues, donc je n'ai pas de... soucis majeurs sur l'obéissance. Donc je pense pas changer de règles. Par contre, je pense que je serais peut-être un petit peu moins regardante sur certaines choses de son quotidien parce que mine de rien, maintenant, l'autre jour, on était chez le médecin. En fait, elle a sa carte vitale. C'est tout bête. Avant, j'accompagnais, mais parce que voilà. Encore une fois, je me suis dit, j'accompagne mes enfants, même à 17 ans ou 18 ans. Mais ça, par exemple, c'est des choses sur lesquelles je pense que maintenant, elle va être totalement autonome.
- Speaker #0
Je comprends, pour parler d'un petit exemple personnel, moi, je laisse beaucoup mes garçons faire beaucoup de choses. Et donc, mon fils aîné devait avoir 13 ans et je ne pouvais pas l'emmener chez le médecin. Je lui ai dit, vas-y, prends ma carte vitale, voilà dessous, ta carte PIXPE, et tu y files. Et j'avais partagé cette expérience et les gens avaient été très choqués. À 13 ans, je laisse... Franchement, c'était un rendez-vous vraiment... Je pense que c'était pour avoir un certificat médical, donc rien de très engageant. Mais c'est vrai que ça avait choqué, en fait. Et je pense qu'il y a aussi un vrai regard de la société sur ce que nous, en tant que maman, on va laisser faire à un enfant, alors que, en fait, quand on les laisse faire, ils se débrouillent. Ah,
- Speaker #2
mais aucun problème. Moi, je n'aurais pas été choquée. En fait, c'est juste que, bon, je pense qu'alors, j'ai trois filles, et je sais que c'est peut-être un peu cliché, mais trois filles, elles sont parfois un peu moins seules, extérieures, jeunes. Bon, là, en journée, vous allez me dire, c'est peut-être pas embêtant, mais je les ai peut-être un peu... couvée maternelle là-dessus sur tout ce qui est rendez-vous médicaux et autres. Mais moi, ça ne me choque pas parce qu'au contraire, dès que j'ai pu les laisser être autonomes, et encore une fois, de par mon travail, de toute façon, il y a des moments où je ne peux pas être là pour faire le dîner ou je ne peux pas être là pour aller chercher à l'école et autres. Moi, ça ne me choque pas. Mais oui, il y a une pression aussi de la société. De toute façon, moi, je reviens sur ce que vous disiez tout à l'heure. Pour moi, c'est ce qui m'a fait je pense le plus de mal. Et c'est pour ça que j'ai dit non, je ne tomberai pas là-dedans. Mais c'est qu'il faut qu'on se voit. En fait, quand même, en tant que femme, parfaite pour son mari, parfaite pour notre travail, parfaite pour la vie de famille. Il faut qu'on présente bien, il faut que tout roule, en fait. C'est ça qui est difficile, je trouve.
- Speaker #0
C'est très dur, oui.
- Speaker #2
Et vraiment, notre société est comme ça encore aujourd'hui, je trouve.
- Speaker #0
Oui, et puis c'est très compliqué de s'en extraire, parce qu'effectivement, à la fin, s'il y a un truc qui dérape dans l'organisation familiale, on sait très bien sur qui ça va retomber, ce sera sur la maman. Complètement. Donc, il n'y a pas trop d'échappatoire possible.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Si ce n'est de se le dire et de se le dire collectivement et de se rappeler.
- Speaker #2
Voilà, se le dire et se faire accompagner, je pense, ou trouver ses propres petites solutions.
- Speaker #0
Marina, je vous ai vu tiquer tout à l'heure quand je demandais s'il y a 18 ans, la charge mentale s'arrêtait. Est-ce que, donc vous, vos filles sont un peu plus grandes, elle s'est arrêtée quand cette charge mentale ? Est-ce qu'elle s'est arrêtée déjà ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'elle ne s'arrête pas. Pour moi, elle ne s'est pas arrêtée. Mon aîné a 23 ans et elle vit à Madrid où elle fait des études. Elle me téléphone quand elle a besoin de quelque chose. Ça lui arrive. Ça arrive que le téléphone sonne à 3h du matin pour me poser une question. Alors c'est une question importante, évidemment. C'est pas n'importe quoi. C'est qu'elle a un souci. C'est vrai que quand j'entends pas, je décroche pas. Pourtant, elle est dans mes numéros prioritaires où elle peut appeler la nuit. Mais voilà, finalement, elle s'autogère. Mais elle est toujours une charge pour moi, avec une grande joie. Parce qu'elle est très autonome. Mais je suis sa maman. Elle n'a pas fini ses études. Je suis, je reste sa maman. et ça me fait penser à une cliente qui vient avec sa maman parce que sa maman est âgée et sa maman a beaucoup de douleur et sa maman a beaucoup de douleur dans les épaules surtout parce qu'elle voudrait que sa famille roule comme ci, comme ça comme ci, comme ça et la maman de cette cliente doit avoir 70 ou 75 ans donc ça s'arrêtera jamais je sais pas si c'est un message d'espoir non je sais pas mais je le réalise en vous le disant je pense à cette dame qui est une vieille dame extra elle est vraiment très sympa oui ça lui pèse On sent qu'elle a toujours ce poids.
- Speaker #0
Et est-ce que vous avez des conseils concrets qu'on pourrait faire en tant que parent, en tant que maman, pour alléger cette charge mentale, ou en tout cas se sentir mieux, sachant qu'en fait, elle sera toujours un peu là ?
- Speaker #1
Alors, prendre du temps pour soi. Déjà, c'est idiot, mais prendre du temps pour soi. Pouvoir se faire un ciné avec des copines. Les enfants ne vont pas s'échapper. S'ils s'échappent, on les confie à quelqu'un. Prendre un quart d'heure pour soi le matin, c'est très important. Prendre le temps de boire un verre d'eau, de méditer, de s'étirer, ce qu'on préfère, de penser. Je ne sais pas, moi, de planter une plante, de se faire un thé toute seule, qu'on boira plus tard. Pas se mettre, pas se jeter tout de suite dans la journée, qui est effectivement, comme le disait Isabelle, compliquée à partir du moment où les enfants sont réveillés. Le téléphone du bureau sonne, etc. Et essayer de faire pareil le soir, de prendre un quart d'heure pour soi. Faire un petit tour d'horizon de sa journée, se dire qu'on a fait ce qu'on a pu, qu'on a bien fait les choses de toute façon. S'il y a des choses qu'on n'a pas très bien fait, c'est pas grave. Et puis qu'il y a des choses qu'on peut faire le lendemain si on ne les a pas faites. Le monde ne va pas s'arrêter de tourner en gros.
- Speaker #0
Il faut essayer de se retirer de cette pression et de garder du temps pour soi.
- Speaker #1
Et si on a ces pensées de charge mentale qui arrivent, on ouvre les yeux, Isabelle, j'ouvre les yeux, ça arrive direct. Est-ce qu'il y a des choses qu'on... Je ne sais pas, des techniques de respiration ?
- Speaker #0
Oui. Il y a des bons podcasts et des bonnes applis de yoga pour apprendre à bien respirer. Et puis s'automasser les épaules, en croisant les bras au milieu des trapèzes. Ou comme ça, si on y arrive. C'est très efficace. Il y a un point toujours sensible, surtout chez les femmes. Au milieu des trapèzes, ça fait aïe. Vous voyez, même chez moi, quand je me fais...
- Speaker #1
En sautant au maçon, vous avez déjà mal.
- Speaker #0
Oui, ça aide bien à détendre. Et puis, boire un verre d'eau, tout simplement, ça aide à calmer l'esprit, aller marcher 10-15 minutes, même en ville, même dans la rue, sans prendre son téléphone, sans rien prendre. Voilà.
- Speaker #1
Des bons conseils que j'ai envie d'essayer, du coup. OK. C'est vrai qu'on se met une pression. J'ai un exemple, vraiment, mais j'ai un peu honte de le dire, mais je le partage. Il y avait la photo de classe, c'était l'année dernière, la photo de classe de mes enfants. Il fallait mettre le polo de l'école pour la photo de classe. J'oublie la photo de classe. J'oublie cette photo. Il part évidemment à l'école sans son polo. Et je me rappelle arriver au bureau et me dire « Mais c'est pas possible, j'ai oublié de lui mettre son polo. » Et vraiment, rétrospectivement, j'étais là « Mais c'est pas possible d'être aussi mal sur un truc qui n'est vraiment pas grave. » En plus, ils avaient des polos de backup. Bon, à la fin, il avait son polo comme les autres. Mais c'est vrai que parfois, on se fait des montagnes de trucs qui ne sont tellement pas graves. Et je trouve qu'on est un peu pris dans l'absence de recul. Enfin, rétrospectivement, j'en rigole, mais sur le coup, j'étais vraiment en mode « je suis une mauvaise mère, j'ai oublié de lui prendre son poulot » . Donc c'est vrai que c'est difficile, et pourtant, on a un boulot énorme. Je pense qu'on peut aussi se dire qu'on fait les choses bien et que ces petits loupés, ils ne sont pas très graves. Mais cette charge mentale, elle est là et elle est très culpabilisante, effectivement. On a sollicité notre communauté pour prévision de cet épisode. Et on a une maman qui nous a écrit un témoignage assez poignant, je dois dire. que j'aimerais bien vous lire et que vous puissiez commenter si le cœur vous en dit. Depuis des mois, je vis avec une charge mentale énorme. Quand j'ai enfin un moment de repos, je ne ressens plus rien. Un vide. Comme si je ne savais plus qui je suis en dehors de mon rôle de mère. J'aimais la cuisine, les séries, la lecture, mais je n'arrive plus à en profiter. Et ce que d'autres parents ont déjà ressenti ça, c'est l'impression de s'être un peu perdue en route. Cette sensation de vide, est-ce que... Peut-être Marina, de votre... pratiques de thérapeute ? Est-ce que c'est des choses avec lesquelles les gens peuvent arriver ? Peut-être tellement focus sur l'exécution de sa tout doux qu'on oublie qui en est ?
- Speaker #0
Oui, ça arrive, mais ce vide, pour moi, c'est un trop-plein. Ça veut dire que tout est en plein, ce qu'on appelle plein en médecine chinoise. Il y a des points spécifiques qui, là, peuvent être en vide, comme un point ici, qui est un point du poumon où il y a beaucoup de tristesse. Voilà. En appuyant dessus, on arrive à le rééquilibrer. Mais vous connaissez la théorie du yin et du yang. En fait, le vide, il est souvent amené par un trop-plein. Voilà. Donc après, j'ai pas d'autres conseils que ceux que j'ai donnés tout à l'heure au quotidien pour comment gérer ça. Mais oui, c'est quelque chose que je rencontre beaucoup. Ça donne des gens qui sont effectivement très très tendus quand on les a entre les mains.
- Speaker #1
C'est intéressant de se dire que c'est pas un vide, en fait. Et qu'il faudrait que c'est trop plein. En fait,
- Speaker #0
on est tellement plein qu'il n'y a plus de... de place pour rien.
- Speaker #1
J'espère que cette personne, si elle nous écoute, pourra essayer de prendre progressivement un petit peu de recul. Isabelle, est-ce que ça vous évoque quelque chose ?
- Speaker #2
Non, honnêtement, je n'ai pas ressenti ça quand même, pas à ce point-là.
- Speaker #1
Vous avez toujours su garder des passions, des choses à vous ?
- Speaker #2
Oui, moi, je pense que il y a deux choses que je... Je... Déjà, une chose que je n'ai jamais arrêtée, c'est que j'ai toujours fait beaucoup de sport étant jeune, adolescente. J'ai un tout petit peu freiné, et encore que, mais quand j'étais enceinte. Mais ensuite, je me suis remise tout de suite après, après chaque grossesse. Et encore plus après la naissance de ma dernière. Et je suis moi persuadée, alors je sais que tout le monde n'aime pas le sport, mais je suis persuadée que c'est tant pour moi, parce que je cours en fait, je cours beaucoup. J'aime vraiment courir. Mais j'aime courir parce que j'aime le sport, mais je pense qu'aussi j'aime courir parce que c'est comme ça que je vis des... toute ma tête. Et au fur et à mesure, je me souviens très bien, quand elles étaient plus jeunes, les kilomètres, je les passais, je les passais, puis je... 10, 11, 12, 13, mais en fait, je me rendais compte que j'étais tellement bien. Alors, je revenais à la maison en me disant, bon, il y a pas mal de petits soucis à résoudre pour autant en rentrant à la maison, mais j'étais armée pour le faire, en fait. Et donc, ce temps pour soi, moi, je sais que c'est ça qui m'aide encore aujourd'hui et qui m'a beaucoup aidée quand elles étaient jeunes. Prendre, comme vous disiez, même ne serait-ce que 10 minutes, 15 minutes pour aller marcher en fait, seul, sans rien, sans personne, sans écouteurs, sans téléphone, en fait ça fait du bien. Ces petites choses sous le bête, même avec un bébé, même avec un enfant en bas âge, on peut les confier ne serait-ce que 10-15 minutes au papa ou à une voisine, une amie. Je suis sûre que si on se pousse un peu, en fait, on fait... Moi, ça m'a beaucoup aidée.
- Speaker #1
C'est plus rassurant de se dire que ces choses à mettre en place, c'est des choses quand même relativement simples. On parle d'un quart d'heure, on parle pas d'un week-end toute seule pour décompresser. Peut-être qu'à un moment, c'est sympa de faire le week-end aussi. Mais en tout cas, c'est plein de petites techniques simples qui sont chouettes. Merci Isabelle, merci Marina d'avoir été là aujourd'hui. Merci à vous. On parlait de charge mentale et j'espère qu'on aura pu, toutes les trois, aider des mamans, des papas à alléger leur quotidien. Ce podcast vous a été présenté par Pixpay, la carte de paiement numéro 1 des ados, copilotée par les parents.