- Speaker #0
Flamme des années 80. Le podcast qui allume la femme. Avant de plonger dans l'épisode, j'avais envie de te dire que si ce podcast résonne pour toi, si mon énergie te parle et que tu ressens l'envie d'aller plus loin, je peux t'accompagner en coaching, en individuel ou en groupe, pour t'aider à révéler ta flamme et prendre ta place. Je suis coach certifié RNCP et je crée des espaces bienveillants, sécurisants et transformateurs. Je propose aussi une retraite, donc la prochaine aura lieu du 10 au 14 octobre 2026, près d'Aix-en-Provence, autour des constellations familiales et de la libération émotionnelle, avec Emma Nicolas de la chronique L'Âme des Flammes. Tu peux retrouver toutes ces infos sur mon site sarahginac.com, le lien est dans la description. Et maintenant, je te laisse avec l'épisode de la semaine. Bonjour, alors je suis très heureuse de vous retrouver aujourd'hui avec Emma Nicolas dans la chronique L'Âme des Flammes, notre chronique hebdomadaire où on pose des questions... On réfléchit entre guillemets sur plein de choses psychologiques, notre intériorité. Donc aujourd'hui, comment vas-tu Emma ?
- Speaker #1
Je vais bien, merci Sarah. Très très bien avec ces belles lumières d'ensoleillement, de jaune, de vert parce qu'ici il y a du vert. Donc voilà,
- Speaker #0
c'est très chouette. Oui, on a de la chance, il fait très chaud, enfin un peu trop chaud peut-être, mais ça va peut-être se calmer. Mais en tout cas, ça fait du bien.
- Speaker #1
Oui, ça fait beaucoup de bien. Et donc avec beaucoup de joie de vous retrouver tous pour pouvoir parler de cette nouvelle thématique.
- Speaker #0
Donc alors aujourd'hui, on va parler de pourquoi est-ce qu'on a autant besoin d'être vu. Alors j'ai une première question pour commencer parce que c'est un sujet vaste justement. On est préparant l'émission, même nous on s'est interrogé d'une façon assez philosophique. Donc on va commencer par la première question. Est-ce que c'est un besoin universel ? Est-ce que tout le monde a vraiment besoin d'être vu ? Est-ce que c'est un besoin humain fondamental ?
- Speaker #1
Oui. Et c'est hyper important, en effet, d'être vu. Le petit, le nouveau-né a besoin d'être vu par ses parents, parce que ça, c'est Boris Cyrulnik qui l'a montré par ses écrits et certainement d'autres personnes aussi, que si un enfant n'était pas regardé, au-delà d'être touché, eh bien, ce sentiment d'existence, je n'existe pas, était très altéré. Donc, en effet, c'est un besoin universel et ensuite, ça va s'exprimer de manière différente, de manière plutôt névrotique ou pas. pendant le reste de notre existence. Et donc, on va aller chercher plus ou moins le regard de l'autre en fonction de comment on a été regardé quand on était enfant.
- Speaker #0
Et donc là, forcément, comme tu dis, regarder, j'ai la grande question. C'est quoi en fait ? C'est notre grande question philosophique. On a beaucoup parlé là-dessus avant de commencer l'émission. C'est quoi la différence entre être vu et être regardé ?
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que c'est une vraie question. Et alors ? Alors regarder, c'est être regardé un peu de façon superficielle. On voit votre enveloppe, comment vous êtes, ce que vous avez fait, votre compétence, quelque chose de très superficiel. Alors qu'être vu, et ce besoin d'être vu, c'est beaucoup plus profond, comme si on allait regarder dans votre âme. C'est vraiment qui vous êtes, on enlève toutes les enveloppes et vous êtes vu pour qui vous êtes. C'est pour ça que... Quand on demande ou quand quelqu'un dit à l'autre, ou de façon assez générique, j'ai besoin d'être vu, ce que ça sous-entend, le message subliminal, il est j'ai besoin d'être vu pour qui je suis, pas juste regarder.
- Speaker #0
Oui, parce que même un exemple tout bête, quand on marche dans la rue, on regarde beaucoup de choses. Regarder, on regarde, on regarde, il y a plein de choses. Mais quand on marche dans la rue et puis là, on voit vraiment quelqu'un. Parce qu'on a une espèce de connexion, c'est pas pourquoi qui nous plaît ou il y a une attirance, là, on voit. Je pense qu'il y a plusieurs couches aussi, on a fait des émissions justement là-dessus, sur le fait de tout ce qu'on émane, et peut-être qu'il y a des choses qui ne dépendent pas de nous, qu'on émane quand on rencontre quelqu'un, et on a envie de retrouver, là je fais un peu ce que tu disais au début, donc c'est en étant vu qu'on retrouve ce regard. C'est marrant parce que le vocabulaire français, quand même, on se mélange les mains, c'est bon. On se... en... C'est ça qu'on recherche depuis qu'on est tout petit, ce que tu disais tout à l'heure.
- Speaker #1
Oui, en fait, pour moi, ce qu'on recherche, c'est l'intention. Quand on regarde quelqu'un avec intention, on le regarde dans ce qu'il est. Et peu importe si on n'est pas tous d'accord sur la vraie définition de voir ou regarder. Pour moi, ce qui est important, c'est vraiment l'intention qu'on y met. Quand on regarde quelqu'un avec attention, on est dans le moment présent. On n'a pas autre chose dans la tête. On n'a pas sa liste de courses. On n'a pas son histoire qui vient de se passer là. On est vraiment dans l'instant présent à regarder l'autre. à se poser et à partager quelque chose, à le regarder dans sa sincérité, dans sa vulnérabilité. C'est ça, être vu pour qui l'on est. Et ce que ça implique derrière aussi, c'est d'être accepté. Parce qu'être vu, il y a plein d'implicites derrière le mot. C'est être observé avec un regard bienveillant et ensuite être accepté dans notre vulnérabilité. C'est vraiment ça, vouloir. être vu. Et qui nous donne cela normalement au départ ? Ce sont nos parents puisque c'est ce petit être qui arrive et l'idée c'est en effet de pouvoir regarder son enfant avec le plus d'amour possible et l'accepter dans son imperfection de ne pas trop s'accrocher aux projections qu'on peut faire et des choses comme ça. C'est là qu'on reçoit ce fameux regard de bienveillance et d'amour. Mais comme tout parent est imparfait, il ne va pas pouvoir forcément regarder l'enfant. Avec cet amour inconditionnel. Et c'est là, justement, que commencent à se mettre en place les failles narcissiques. Et donc, ce besoin d'être vu d'une certaine manière. Donc, c'est pour ça que quand... Je continue, donc, pour le coup, ta question qui était, est-ce que c'est universel ? Pour certaines personnes, elles vont avoir besoin d'être plus vues. Parce que, justement, elles auront été regardées avec des projections, des attentes de leurs parents. Et donc, ça implique qu'elles n'ont pas été acceptées telles que ce petit Arna. être imparfait. Et dans d'autres familles, les parents vont les regarder avec moins d'attente, moins de projection, moins d'attente de réparation ou d'attente de « cet enfant va avoir le futur que moi je n'ai pas eu » , des choses comme ça. Et donc là, dès qu'il y a des attentes, l'enfant n'est pas regardé pour qui il est.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu crois qu'on peut devenir dépendant un jour du regard des autres ?
- Speaker #1
Oui ! Il y a des gens qui sont dépendants, évidemment. Tout ce qui est dépendance affective, c'est dépendant du regard des autres. Et d'où ça vient ? C'est parce que justement, on n'a pas eu ce regard inconditionnel quand on était enfant. Soit on l'a eu trop quand on a eu, par exemple, une famille qui était très protectrice, où là, on a eu vraiment beaucoup de regards. Mais à nouveau, ce n'était pas un regard complètement inconditionnel, puisqu'il était orienté dans... fais en sorte de ne pas créer quelque chose qui m'angoisse moi par an, comme ça je vais te protéger. Et puis autrement, il y a l'inverse qui est si je n'ai pas été du tout regardée, j'ai plutôt été regardée comme quelqu'un qui était mauvais ou quelqu'un qui n'avait pas de valeur ou je devais me taire pour être complètement transparent. Bien là, en effet, on va se retrouver avec des forts besoins d'être vu, d'aller le chercher. Parfois, on va saboter quand on va être vraiment intentionnellement vu par l'autre. ou les autres. Et parfois, on va systématiquement chercher le contact de l'autre parce qu'on à travers cet autre, que ça peut être un amoureux, une amoureuse, des amis, des enfants ou même un patron, eh bien, on va chercher chez l'autre le regard qu'on n'a pas eu du parent.
- Speaker #0
Donc là, ça me fait rebondir sur, on va essayer de structurer l'émission par rapport à la modernité dans laquelle on vit aujourd'hui et donc le regard des autres. Aujourd'hui, il y a aussi beaucoup de réseaux sociaux parce que c'est quand même le nerf de la guerre en ce moment. Il y a quand même beaucoup de choses qui se passent et le regard des autres, là, vraiment, ça devient un business en fait.
- Speaker #1
Oui. Donc là, on se retrouve à nouveau avec les différents profils d'attachement qu'on n'a plus parlé auparavant. Les personnes qui vont avoir un profil d'attachement anxieux vont avoir tendance à aller chercher, chercher, chercher la reconnaissance. Donc quand on veut être vu... c'est souvent la reconnaissance, la validation par l'extérieur. Et ça, c'est parce qu'on ne l'a pas eu suffisamment de nos parents. Eh bien, vont peut-être beaucoup poster, mais ça dépend du type de contenu. Vraiment, quand on analyse le contenu, on va pouvoir identifier le profil d'attachement derrière, si la personne est plutôt sécure, c'est-à-dire n'a pas besoin d'être validée par l'extérieur, mais se valide elle-même, ou si elle a besoin d'être validée par l'extérieur. Et donc... Quand on va poster des images très chiadées, très très belles, tout est parfait, on a vraiment envie que les gens nous en vivent et on a envie de montrer qu'on réussit. Alors que peut-être qu'à l'intérieur, ça ne va pas forcément bien. Et ce que l'on montre, c'est une sorte de façade. C'est aussi pour se rassurer soi. Mais on a besoin de la validation des autres qui viennent nous dire « Waouh, quelle chance tu as ! » « Waouh, je t'admire ! » ou des choses comme ça. Donc on voit bien, on attend que l'extérieur vienne nous valider. Alors qu'une personne qui est plutôt sécure, elle va mettre du contenu, mais pas dans un but d'être validée par l'autre. mais plutôt du contenu à forte valeur ajoutée. C'est, va raconter une histoire, pour pouvoir apporter quelque chose, on va dire, à la communauté. Et n'aura pas forcément peur non plus des commentaires que les autres vont faire, alors que ceux qui ont besoin d'être validés, dès qu'ils vont avoir un mauvais commentaire, ça va vraiment prendre une place énorme. C'est là qu'on voit, en fait, quand la validation vient au service d'un manque, ou quand... La validation n'est pas un besoin en tant que tel. Et donc, pour terminer, par rapport aux profils, les profils résistants, pas résistants, pardon, les profils évitants, et en même temps, il y a la résistance, sont les personnes qui vont avoir beaucoup de mal à se mettre justement en lumière sur les réseaux sociaux parce qu'ils ont très peur des commentaires. Et donc, comme dans l'évitement, on a tendance à voir l'extérieur comme agressant, ce sont vraiment les personnes qui, elles, vont avoir du mal à se mettre en lumière, en effet, être vu par les autres, pour la même raison que les anxieux, pour les commentaires négatifs de ce que les gens vont pouvoir penser.
- Speaker #0
Et c'est pareil, du coup, ça me fait remondir par rapport à l'amour, au couple et au besoin d'être choisi. Parce qu'en fait, au final, entre être vu et être regardé et d'être choisi quand on est dans une relation amoureuse, est-ce que le fait d'être là se rebondit sur toutes les blessures ? réécouter cette émission qui est quand même vachement bien. Donc, c'est quoi la question ? Donc, en fait, pourquoi le fait de ne pas être choisi, ça peut réveiller aussi quelque chose de douloureux ?
- Speaker #1
Parce que choisir, déjà, être choisi, le poser de cette manière est une problématique. Ça montre qu'on a eu besoin d'être choisi, enfin, et on ne l'a pas été. Pour pouvoir se développer avec un sentiment de sécurité affective, on a besoin de savoir qu'on a été choisi par notre... père et choisi par notre père. En tout cas, les deux partenaires, les gens qui nous ont élevés. On a vraiment besoin. Et être choisi, c'est être choisi pour qui l'on était. C'est-à-dire avec nos imperfections de petit enfant et aussi nos imperfections de petit enfant. Et avoir reçu non seulement un regard, mais vraiment avoir senti le regard sur nous, de nos parents qui étaient admiratifs parfois, et parfois ils pouvaient être en colère, mais qu'on ait eu toute la palette en fait. Pas uniquement une chose. Tu n'as le droit que d'être heureux, tu n'as le droit que d'être en joie. Si tu es en colère, moi ça ne me va pas en tant que parent. Donc c'est en ça que ce regard qu'on a pu avoir, mais associé aux paroles, c'est très important. Et parfois il y a des parents qui disent « oui mais je n'ai pas dit » . Oui mais vous l'avez fait ressentir à votre enfant. Donc l'enfant il peut ressentir qu'il n'est pas validé. Donc ça veut dire qu'il n'est pas regardé avec amour, mais amour inconditionnel en acceptation de son imperfection. Et donc, pour le coup, c'est ça qui crée ce sentiment de ne pas avoir été choisi. Et donc, poser qu'on attend que l'autre nous choisisse ou que l'on soit choisi quand on cherche un job ou que l'on soit choisi par du public ou des choses comme ça, ça indique un besoin de réparation par l'extérieur. Et donc justement, comment est-ce qu'on peut évoluer par rapport à ce besoin ? C'est de ne plus attendre, comment est-ce qu'on fait pour ne plus attendre d'être validé par l'extérieur ? Eh bien, c'est un mouvement qui vient de l'intérieur, ça part de soi vers l'extérieur. Si on se valide nous, on apprend à se valider nous, ce qui fait qu'on aura beaucoup moins besoin de la validation de l'extérieur, on aura beaucoup moins besoin du regard de l'autre, donc on aura beaucoup moins peur du regard de l'autre. Et notre action ne sera pas en fait dirigée en fonction de ce que les autres peuvent penser. Il ne faut pas oublier que le regard des autres, c'est le regard que nos parents ont eu sur nous. Donc s'il a été peu validant, on aura peu de validation intérieure. S'il a été validant, on aura une grande confiance en nous.
- Speaker #0
Est-ce que du coup, parfois, on va tomber amoureux de quelqu'un parce que cette personne nous voit enfin ? Ça peut être aussi un rapport ?
- Speaker #1
Oui, exactement. C'est ça. En fait, quand on a été mal validé, quand on n'a pas été regardé correctement avec cette bienveillance par nos parents, on va chercher dans le partenaire. Mais il y a potentiellement un problème, puisque c'est là qu'on tombe dans les névroses complémentaires, dans ce fameux aller-retour, cette danse dont je parlais de l'anxieux et l'évitant, où on retrouve chez l'autre le regard que l'on n'a pas eu, mais ça c'est la phase passionnelle de l'amour. Et après, au bout de plusieurs mois, on commence à se montrer tel que l'on est. on n'est plus en confiance, et c'est là qu'on peut tomber de haut, parce que l'autre ne va plus nous regarder de la même manière. Et on était quelque part accro à ce regard. Et pourquoi on était accro à ce regard ? Parce qu'on n'a pas eu cette validation quand on était enfant. Si ça vous intéresse, il y a toutes les études, le travail qu'a fait Boris Réunig là-dessus est très intéressant. Vraiment. Et c'est une personne qui est assez connue. Donc, pour le coup, c'est pour ça que je parle de ces travaux. Il pose vraiment que si l'enfant, dès le départ, n'est pas validé, n'est pas touché, n'est pas regardé par le parent, il peut même grandir, se développer moins rapidement, voire rester un peu enfant-enfant.
- Speaker #0
Et donc, ce qu'il expliquerait aussi... dans certains cas, pourquoi aussi il y a certaines personnes qui vont rester dans des relations alors qu'elles ne sont pas vraiment reconnues ? C'est-à-dire qu'à un moment donné, on va reproduire autre chose.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. C'est donc inconsciemment ce qu'on recherche à travers l'autre. Là, on parle d'amoureux, mais ça peut être aussi des relations hiérarchiques avec son patron ou sa chef FE. C'est le regard du parent. Donc, ce sont des parents de substitution. Donc oui, pour pouvoir sortir, et c'est là qu'on peut pour le coup aussi se retrouver dans des relations toxiques, puisqu'on attend, on attend, on attend quoi ? Un regard de validation, on attend de la validation, c'est en fait, on a une relation parent-enfant. Donc pour pouvoir sortir de là, c'est en effet apprendre à vraiment se rassurer soi, apprendre à se donner de la valeur, à se regarder soi, pour moins dépendre du regard de l'autre.
- Speaker #0
Parce que des fois, on peut justement rester dans ce type de relation où on n'est pas vraiment reconnu. Parce que comme on n'a pas été vraiment reconnu quand on a été petit, c'est aussi ce langage de l'amour-là qui est actif chez nous. Donc, on va reproduire ce qu'on connaît. Oui.
- Speaker #1
Ce qui se passe, c'est que comme un fait exprès, mais qui n'est pas fait exprès évidemment, on va aller choisir des partenaires qui correspondent aux parents avec lesquels on a eu le plus de problèmes. Tout ça pourquoi ? Pour pouvoir obtenir de ce partenaire ce que l'on n'a pas obtenu de notre parent. Or, ce pauvre partenaire, on lui demande quelque chose qui est impossible. Donc en fait, c'est perdu d'avance. On est sûr qu'on va être frustré, puisqu'on attend que ce partenaire soit un parent. Or, qui d'autre qu'un parent peut être un parent ? Et même, il faut savoir que même si votre parent, à partir d'aujourd'hui, devenait parfait, tout ce qu'il ne vous a pas donné jusqu'à hier, en fait, il va falloir le travailler. Donc, projeter une attente de réparation sur quiconque, même sur votre parent d'aujourd'hui, vous laissera toujours en frustration. Parce que l'idée, c'est que vous puissiez prendre en charge votre enfant intérieur et que vous deveniez, de fait, le parent parfait que vous n'avez pas eu.
- Speaker #0
C'est prendre ses responsabilités aussi, c'est ça. Ce n'est pas facile pour tout le monde.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et du coup, j'enchaîne avec une autre, parce qu'il y a aussi dans les métiers artistiques ce besoin d'être vu, parce que là, on a parlé des réseaux sociaux qui deviennent aussi des formes... d'artistes, entre guillemets, ou même d'acteurs, de personnalités reconnues. C'est notre télé. En fait, ça devient un peu notre télé qu'on avait dans les années 90-2000. Là, maintenant, aujourd'hui, c'est sur notre téléphone. Et ça veut dire que souvent, ce rapport de l'artiste, c'est un rapport particulier par rapport au regard. Oui,
- Speaker #1
toi, tu pourras plus en parler, évidemment. Alors, il y a des artistes qui ont témoigné, ils disent, voilà, je reçois beaucoup d'amour de mon public, en fait, j'ai besoin de ça et tout ça. Et ça, je comprends, évidemment, recevoir de l'amour de l'autre, c'est hyper important. En fait, la limite dans ce qui est, on va dire, bon, je mets des guillemets, et pas bon, c'est quand on est dépendant de la chose. Évidemment, quand on reçoit un compliment, quand on reçoit beaucoup d'amour, quand le public dit, ah, c'était génial, la pièce ou le concert, j'adore. Prenez, prenez, prenez, parce que c'est aussi sans doute pour ça que vous le faites. Mais par contre, quand on est dépendant, là, c'est un problème. Là, en effet, le public, à nouveau, devient ce parent de substitution. C'est qu'on attend du public le regard que l'on n'a pas eu quand on était enfant.
- Speaker #0
Et ça va même plus loin que ça, parce que quand on est artiste, on est toujours dans une validation, même pour travailler, donc pour être en sécurité financière. Donc en fait, à un moment donné, ça devient aussi une drogue. On a besoin de tourner, on a besoin de jouer, de faire de la musique. Et tout ça, à la fois, ce n'est pas très valorisé par la société parce qu'on nous dit, c'est bien, tu fais ce que tu aimes, donc tu devrais être déjà contente. Mais en même temps, une fois qu'on le fait, on a besoin de le faire. Et c'est un cercle vicieux. Si ce n'est pas placé au bon endroit, moi, c'est ce que je fais beaucoup en coaching avec mes actrices. Si ce n'est pas placé au bon endroit, ça peut être très dévastateur. Et ça peut être des métiers où on peut être extrêmement malheureux à tous les niveaux, même si on devient des stars, parce que ça ne sera jamais comblé. C'est une quête sans fin.
- Speaker #1
Et pour le coup, je rebondis sur ce qu'on se disait au départ aussi. Ce qui est dur, je présuppose pour le coup dans vos métiers, c'est aussi le regard extérieur. Le fameux regard dont on parlait versus être vu. Ce dont vous avez besoin, c'est d'être vu dans votre âme, de ce que vous pensez. vous pouvez donner quand vous jouez. Or, très souvent, vous êtes sélectionné sur votre aspect extérieur. C'est ça aussi qui est très difficile. Et donc, si en effet, on a une construction psychique fragile là-dessus, c'est comme si vous étiez à nouveau refusé par vos parents, à nouveau refusé par vos parents, à nouveau refusé pour vos parents. Donc, c'est dévastateur. Donc, en effet, c'est aussi important, vous, en tant qu'acteur et comédien, de pouvoir travailler vraiment sur votre sécurité affective. pour justement être moins affecté lors des castings. On vous dit non pour que vous ne le preniez pas contre vous, mais que pour une raison x ou y, ce n'est pas forcément vous évidemment, mais que ce ne soit pas vraiment quelque chose de personnel, comme si c'était une blessure qui se réouvrait à chaque fois. Parce qu'autrement, ce métier doit être en effet dévastateur.
- Speaker #0
Oui, donc là, c'est bien de travailler un petit peu sur soi. C'est pour ça que moi, je fais mes stages avec les actrices pour justement leur apprendre à changer. Parce qu'une fois qu'on a un moteur qui est bien centré, bien aligné, on peut tout faire. Et en plus, même si vous écoutez les émissions sur la manifestation, on peut manifester des grandes choses. Et notre moteur et notre mission de vie, en allant jusque là, elle est différente. si c'est pour justement partager des émotions, des messages et des choses. Les artistes, c'est magnifique. Pour moi, je trouve que c'est le plus beau métier du monde de pouvoir justement... transcender des émotions et pouvoir les partager et faire des déclics à beaucoup de personnes. C'est un peu comme ça qu'on voit là. Mais il faut vraiment bien placer les choses pour ne pas être dévasté.
- Speaker #1
Pour aussi travailler avec des acteurs et comédiens, ce que je vois, c'est que quand on va travailler sur les émotions, s'autoriser à faire sortir les émotions que l'on a gardées en soi parce qu'on n'avait pas le droit soit de façon explicite ou implicite de les exprimer quand on était enfant. Une fois qu'en fait la personne et OK de ressentir ses émotions. En fait, son jeu d'acteur ou d'actrice, il est transcendé. La personne n'a plus peur du regard du metteur en scène ou quand elle est sur scène, se dire « Oh là là, mais je joue mal, je joue mal. » En fait, elle est là et elle vit l'instant présent parce qu'elle n'a plus peur d'exprimer ses émotions parce que ce qui se passe, c'est que si on n'a pas suffisamment travaillé justement sur libérer ses émotions quand on est acteur, si par exemple, on n'avait pas eu le droit d'exprimer sa colère, Quand on était enfant, devoir le faire après sur scène, il y a un risque. C'est comme si on ouvrait la boîte de Pandore, c'est comme si on ouvrait le couvercle et on a hyper peur qu'en exprimant une colère pendant une représentation, en fait, ce soit toute la colère qu'on a gardée depuis enfant qui s'exprime. Et donc, ça peut expliquer pourquoi en tant qu'acteur, des fois, c'est dur d'aller chercher au fond de ses tripes une émotion si on ne l'a pas suffisamment travaillé, parce qu'on a hyper peur que tout sorte. Il ne faut surtout pas que ça sorte.
- Speaker #0
C'est parce qu'on a peur aussi des représailles. Parce que si une émotion sort et qu'on ne sortait pas la colère, peut-être qu'inconsciemment, quand on était petit, si on se mettait en colère, on allait être maltraité, on allait avoir de la violence. Donc du coup, on n'a jamais osé le faire. Donc si on demande de le faire aujourd'hui, inconsciemment, parce que ça, c'est évidemment consciemment, on imagine bien que personne ne va nous engueuler parce qu'on nous demande de le faire, mais il se passe des choses. Donc en fait, moi, ça me passionne. Et donc en fait, le fond du problème, on va y venir quand même, c'est que peut-être on peut apprendre à se voir soi-même. Alors on tourne autour du pot. tout à l'heure, mais comment est-ce qu'on peut faire pour se voir soi-même ? C'est de ressentir vraiment cet apaisement où on n'a plus besoin, justement, de cette validation quand on commence à se voir et à s'aimer. On va aller jusque-là.
- Speaker #1
Oui, c'est vraiment ça. L'idée c'est de s'aimer, en tout cas de s'apprécier. Je peux voir en séance que certaines personnes tiquent quand je dis apprendre à vous aimer. Un entre-deux pourrait être apprendre à s'apprécier. Donc, bon, déjà... travailler sur vos figures d'attachement, ça c'est une nécessité, vous ne pouvez pas passer parce qu'autrement tous les autres tips qu'on peut vous donner, c'est un peu comme un pansement sur une plaie qui n'est pas nettoyé, donc il faut de toute façon aller travailler sur vos figures d'attachement. Mais au-delà de ça, il y a plein de petits outils qu'on peut utiliser, il y a quelque chose qu'on peut faire, par exemple c'est trouver, quand on a du mal avec son apparence physique, par exemple c'est trouver la partie de votre corps que vous préférez. Et vous focalisez sur cette partie-là, parce que comme on est tous imparfaits, il y a obligatoirement des endroits de notre corps qu'on n'aime pas. Donc, au lieu de regarder tout le temps la partie qu'on n'aime pas, c'est aussi de remettre une balance, de remettre un équilibre sur « je regarde aussi la partie que j'aime bien » . Voilà, ça c'est par exemple sur le physique. D'un point de vue plus psychique, si on a tendance à avoir ce petit moteur intérieur qui est tout le temps dans la dévaluation, Il y a un truc que j'aime bien faire et que je propose souvent. C'est qu'à chaque fois, vous décidez donc que vous allez maintenant être beaucoup plus vigilant sur votre dialogue intérieur. Et ce que je vous propose de faire, c'est qu'à chaque fois que vous prenez la main dans le sac, en train de vous dévaloriser, vous dites le mot « aïe » , à voix haute. Et vous allez voir le nombre de fois que vous allez le dire dans la journée. Tout ça pour vous rendre compte combien. vous avez un dialogue vraiment négatif sur vous. Et à un moment donné, c'est quand vous allez dire « Aïe ! » C'est vraiment de lui dire « Mais arrête de te parler de cette manière. Maintenant, commence à te parler gentiment. » Parce que la plupart du temps, on ne se rend pas compte du dialogue intérieur que l'on a.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'avec mes coachés, je travaille beaucoup là-dessus. Et c'est vrai qu'au bout d'un moment, on peut appeler ça comme on veut. Moi, je leur fais donner un prénom parce que j'aime bien, je suis un peu folle. et du coup c'est vrai que cette voix saboteuse au bout d'un moment elle peut être extrêmement prenante et on s'en rend pas compte c'est comme si elle prenait possession de nous en ce moment on a une émission en plus qui est géniale avec Valérie Fruchou sur les émotions où on parle et on fait parler les émotions donc la panique, la culpabilité, la colère et c'est hyper intéressant, c'est tout ce truc de pouvoir se détacher et de voir qu'en fait on n'est pas forcément ni nos émotions ni nos voix saboteuses ni nos trucs et qu'à l'intérieur Merci. c'est un bordel monstrueux. On ne travaille pas et c'est comme si on n'avait jamais fait le ménage. Et il faut quand même mettre un peu d'ordre pour justement pouvoir se déplacer dans chaque pièce, aller voir la colère quand on en a besoin, la culpabilité si on en a besoin, mais ça, on va la mettre plutôt à la cave si on pouvait. Enfin voilà, je trouve que c'est hyper intéressant. Je vous invite à écouter ces émissions parce que c'est une émission toute courte et assez rigolote justement pour le prendre avec un peu d'humour aussi. Se dire, ah là là, mais comment est-ce que je me parlerais ? Est-ce qu'on oserait parler... comme ça à quelqu'un d'autre, je ne pense pas.
- Speaker #1
Mais le pire, souvent, c'est qu'on ne se rend pas compte combien ce dialogue intérieur négatif à notre rencontre est très présent. Donc, voilà, le petit aïe, parce que, réellement, ça fait mal, quoi. Aïe, mais t'as vu comment t'es habillée aujourd'hui ? Aïe ! Oui, mais ça fait mal. Donc, non, on arrête de se faire mal.
- Speaker #0
Ou alors, si, moi, on peut faire le aïe et si jamais on est en réunion et en truc comme ça, c'est se mettre un élastique autour du poignet et se faire... pas mal, mais se tirer sur l'élastique pour se rendre compte à chaque fois, même physiquement, qu'il se passe un truc. Ah non, mais là, je me... Et se faire prendre la main dans le sac. J'adore, tu l'as dit, mais c'est ma expression préférée. C'est vraiment, je suis prise la main dans le sac en train d'avoir un dialogue intérieur qui n'est pas du tout positif pour moi et qui fait en sorte que... Moi, ce que je dis à tous mes coachés, c'est que la seule chose dont vous êtes responsable et dont vous avez le contrôle complet, c'est vos pensées. C'est ce que vous mettez dans votre tête. Ça ne dépend que de vous.
- Speaker #1
Oui. Parce que le cerveau, c'est comme un ordinateur. Donc beaucoup de gens disent, ah mais c'est mon cerveau qui... Non, En fait, un cerveau, il réalise exactement la même chose, quel que soit le type de pensée, que ce soit une pensée négative ou une pensée positive. Donc si vous voyez votre cerveau comme un ordinateur, en effet, ce que vous contrôlez, c'est le type de pensée que vous mettez. Ensuite, l'ordinateur, il crunch. Donc maintenant, imaginez. On voit tous la force des pensées négatives. Combien ça peut franchement prendre le contrôle ? Donc imaginez si... l'ordinateur qui est votre cerveau ne contrôle pas du tout. Il va cruncher exactement de la même manière les pensées positives. Donc ça veut dire qu'elles vont avoir autant de force que les pensées négatives.
- Speaker #0
Et bien dis donc, vous avez du travail, je pense qu'on a tous du travail, c'est comme les abdos, le muscle en fait, c'est-à-dire qu'il faut travailler sur le muscle de notre tête pour pouvoir... On met tout en place assez régulièrement, sinon ça devient le bordel. Comme chez nous, on fait la vaisselle, on se lave les dents. Enfin voilà, c'est un peu pareil. On arrive à la fin déjà de l'émission. C'était super chouette. Est-ce que tu as une petite phrase pour conclure justement tout ce fait de pouvoir... Pourquoi est-ce qu'on a autant besoin d'être vu ?
- Speaker #1
Je crois que le mot qui vient là, c'est bienveillance. En fait, pour commencer à se regarder, si on n'a pas été correctement regardé, c'est se connecter à de la bienveillance. Je ne sais pas si une façon de faire, c'est penser à quelqu'un avec beaucoup de bienveillance et ensuite, c'est vous mettre dans cette bienveillance et vous regarder avec cette bienveillance.
- Speaker #0
On va tous essayer de faire ça au maximum. Et puis de toute façon, j'ai un peu l'impression qu'en fait aussi, je finis moi là-dessus, c'est qu'on n'a pas besoin d'être parfait en fait. Parce que souvent, on se met une pression pour la perfection et en fait, être reconnu pour ce qu'on est vraiment. Ça peut déjà être assez extraordinaire parce qu'il n'y en a qu'une, en fait. Il n'y a qu'une personne qui est comme nous, il n'y en a pas mille. Même si on a des frères, des sœurs, des parents, on est tous extrêmement différents. Et du coup, c'est ça qui fait notre force et puis qui on est. On n'a pas besoin d'être quelqu'un d'autre. Bon, on se dit au mois prochain, Emma.
- Speaker #1
Oui, au mois prochain. Je vous souhaite un beau mois de juin à tous.
- Speaker #0
À la semaine prochaine. Flamme des années 80.
- Speaker #1
Le podcast qui allume la femme.