- Speaker #0
Flamme des années 80.
- Speaker #1
Le podcast qui allume la femme.
- Speaker #0
Bonjour, alors je suis très heureuse aujourd'hui dans l'âme des flammes de recevoir Emma Nicolas pour une nouvelle émission. Bonjour Emma, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Bonjour Sarah, écoute, je vais plutôt bien. Il fait beau aujourd'hui, c'est super agréable. Certes, c'est un peu tôt pour l'année, mais il y a déjà des fleurs, donc c'est chouette.
- Speaker #0
Ben, c'est le printemps, ça y est, c'est l'émission du printemps.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
Donc au printemps, qu'est-ce qui se passe ? En général, on bourgeonne, on se dénude un petit peu, on ressort de chez nous, de notre grotte. Et donc du coup, on s'est dit qu'on allait parler des différents styles d'attachement.
- Speaker #1
Oui, parce que c'est vrai qu'un peu ce côté amoureux, c'est un peu ce qui naît aussi au printemps. Donc en effet, ce sujet pouvait être approprié.
- Speaker #0
Donc on va expliquer qu'est-ce que c'est le concept des styles d'attachement, parce qu'il y a des gens qui ne connaissent pas forcément. Qu'est-ce que ça veut dire un attachement en psychologie ?
- Speaker #1
Alors un attachement, c'est notre manière de rentrer en lien avec autrui, que ce soit amicalement, que ce soit amoureusement ou que ce soit de manière générale avec quelqu'un qu'on ne connaît pas ou dans son travail. Et notre façon de rentrer en lien avec autrui va être fortement impactée par la manière dont on est entré en lien avec nos parents, c'est-à-dire la manière dont on a interagi avec eux. Et donc, en fonction de ce qui s'est passé dans notre enfance, on va avoir... plutôt ce qu'on appelle un attachement sécure ou un attachement insécure.
- Speaker #0
Trop bien, oui, donc en fait, tout se joue un peu dans l'enfance et c'est là que se crée, entre guillemets, notre façon de s'attacher puisque c'est ce qu'on nous donne. Donc, on est juste le réceptacle de ça. C'est pas facile, je pense, pour les parents, je compatis, de faire des enfants avec un attachement sécure aussi. C'est pas forcément évident parce que... Donc, tout ce qui est insécure, ça peut venir d'avoir peut-être même trop de sécurité, pas assez. On va développer, mais ce n'est pas simple.
- Speaker #1
Oui, et l'idée de notre podcast n'est absolument pas de vilipender les parents parce qu'en fait, un parent, il fait comme il peut, le mieux qu'il peut. Et il faut savoir qu'il est presque même nécessaire qu'à un moment donné, notre enfant puisse venir nous dire, tu sais quoi, papa, maman, en fait, il y a un truc là, franchement, tu as été un mauvais parent. Et c'est très important dans le développement de l'être humain. puisque c'est là qu'on va commencer notre individuation, c'est-à-dire en gros de dire à nos parents, voilà papa, maman, je vous aime, mais là clairement je veux suivre ma voie et même si c'est quelque chose qui ne vous convient pas. Et donc en effet, là on pose déjà dès le départ, en tant que parent, ne vous sentez pas dans l'obligation ou dans la culpabilité par rapport à tout ce qui va suivre aujourd'hui.
- Speaker #0
Et surtout la bonne nouvelle, enfin je vais te poser la question mais j'ai un peu la réponse, c'est qu'on a un style d'attachement, qui se développe, mais on peut complètement le transformer.
- Speaker #1
Oui, c'est justement aussi le but de notre podcast. Comme toute chose en psychologie ou en développement personnel, l'idée, c'est de l'identifier pour pouvoir ensuite en faire ce que l'on désire en faire, c'est-à-dire changer, travailler dessus. Donc, en effet, notre attachement est... complètement dépendant de la manière dont on a interagi avec nos parents, ce que nos parents attendaient de nous. S'ils ont projeté sur nous des attentes, eh bien, on va répondre d'une certaine manière, soit en étant une petite fille ou un petit garçon modèle, soit en se taisant, soit en étant très en colère. Il y a plein de choses qui peuvent se mettre en place et c'est vraiment en fonction de ce que nos parents attendaient de nous. de façon la plupart du temps inconsciente, parfois consciente aussi.
- Speaker #0
Donc en fait, en gros, comprendre son attachement, ce n'est pas forcément se mettre une étiquette, mais c'est comprendre comment est-ce qu'on aime, comment on se protège et comment on se relie aux autres. Donc c'est un super outil. Alors on va commencer parce qu'il y a quatre styles d'attachement. Donc on a dit qu'il y avait être sécure et insécure. Donc on va commencer par les insécurités, c'est la chose sur laquelle on a besoin de travailler en général. Donc dans les insécurités, on en a trois. On a l'attachement anxieux, l'attachement évitant et l'attachement désorganisé. Donc si on commençait par l'anxieux.
- Speaker #1
L'anxieux, ça va être la personne qui aura besoin d'être rassurée tout le temps, Si on reste dans l'amoureux, par exemple, c'est quelqu'un qui va demander continuellement à son partenaire de lui dire je t'aime ou que c'est la plus belle personne ou que la personne est vraiment très bien. Voilà, aura toujours, toujours besoin d'être rassurée. quantique. on entendra cette réassurance, eh bien, on ne le croira pas forcément. C'est pour ça que l'entendre n'est pas suffisant et on continuera, à le demander. Ça va être aussi, par exemple, un besoin de fusion. Parce que l'attachement anxieux est associé à la blessure d'abandon. Donc peut-être que si vous vous souvenez du podcast précédent sur les blessures, et bien dans la blessure d'abandon, le masque, le comportement automatique, c'est la fusion. Donc quelqu'un qui est dans cette figure d'attachement anxieuse aura tout le temps besoin d'être en lien. Et donc plus la personne, son compagnon, sa compagne, le partenaire sera... va se mettre à distance, plus ça va susciter de l'anxiété à l'intérieur. Et donc, la personne va vouloir fusionner, rester en lien le plus possible, aura très peur en fait de se retrouver seule. C'est quelqu'un qui va très souvent s'oublier, c'est-à-dire oublier ses besoins, ne pas mettre de limites, justement pour vraiment faire ce qu'on appelle un people pleaser, c'est-à-dire faire ce qu'elle croit que l'autre attend d'elle pour que l'autre reste. avec eux.
- Speaker #0
Et du coup, pourquoi ces personnes qui sont anxieuses, elles ont vraiment tendance à aimer très fort et aussi à souffrir beaucoup ?
- Speaker #1
Alors, aimer très fort parce que dans l'enfance, justement, ce qu'elles ont appris avec un des parents, c'est que si elles ne donnaient pas assez, elles n'obtenaient pas de l'amour ou de l'attention ou de l'affection. Donc elles ont pris l'habitude de s'oublier, c'est-à-dire de ne pas écouter leurs besoins. Donc c'est pour ça qu'elles peuvent souffrir fortement. et de donner, Elles pensent que si l'autre ne reste pas ou ne leur renvoie pas qu'elles sont géniales, aimables, superbes ou que si jamais la personne dit je vais partir, elles ont le sentiment que c'est à cause d'elles que la relation ne marche pas. Et donc,
- Speaker #0
c'est hyper important ce que tu dis de le fait que souvent, on pense que c'est toujours de notre faute. On avait fait une émission sur la sexualité justement où ça rentrait aussi en compte. C'est tout le temps ce truc de « je ne suis pas choisie, on ne m'aime pas » et que c'est parce que je ne suis pas aimable et qu'on ne peut pas me choisir parce qu'en fait, je ne suis pas à la hauteur. Alors qu'en fait, pas du tout.
- Speaker #1
Non, pas du tout. Pourquoi ça s'est développé de cette manière ? Parce que vraisemblablement, un des parents, donc celui avec lequel on a eu, on va dire, un relationnel affectif plutôt insécure, nous demandait, de façon consciente ou inconsciente, de nous oublier pour que lui soit sécure. ou de le rassurer pour que lui soit sécure. Donc par exemple, si vous avez été le parent de votre propre parent, vous occupez et vous aviez toujours à rassurer un parent, vous avez appris que le lien d'amour se manifestait comme ça. Donc c'est quelque part normal ou en tout cas compréhensible que quand vous tombez amoureux, même à travers les amis ou les enfants ou aussi dans le pro, vous cherchiez à... Quand vous cherchez à rentrer en lien avec l'autre, vous vous fassiez de la même façon. Vous vous occupez de l'autre. C'est là aussi qu'on retrouve souvent les profils de sauveur. C'est-à-dire, je vais m'occuper ou trop m'occuper des autres, je m'oublie complètement. Comme ça, je m'assure que l'autre reste en lien avec moi. Et donc, ce qui s'est passé quand ils étaient enfants, c'est que vraisemblablement, ils avaient un des parents qui donnait beaucoup d'amour et ensuite, à d'autres moments, qu'il le retirait. qui donnaient beaucoup d'amour, qui le retiraient. Et donc, ce que leur inconscient a interjecté, c'est que l'amour peut disparaître à tout moment. C'est pour ça que ça crée de l'anxiété. Donc, si jamais vous reconnaissez là-dedans, eh bien, il y a de fortes chances, en effet, que vous ayez plutôt un profil anxieux.
- Speaker #0
Je crois qu'on a bien défini ce que c'était un profil anxieux. Maintenant, on peut passer à l'attachement, du coup, évitant. Donc c'est, comme on disait tout à l'heure, pourquoi est-ce que ces personnes fuient l'intimité ? C'est-à-dire qu'on les connaît ces personnes-là. Quand il y a un moment donné, on rentre dans une intimité, la personne fuit. Alors c'est très à la mode, le ghosting, tout ça. Bon, ce n'est pas forcément des styles d'attachement qui s'en réfèrent à ce moment-là, mais il y a toujours cette espèce de fuite où on se dit, je fais deux pas en avant, il en fait quatre en arrière. Et c'est une forme de protection ou juste ils ne ressentent pas les émotions ?
- Speaker #1
Alors c'est vraiment une forme de protection. Sachant qu'il y a deux styles d'évitement, celui dont on va parler, l'évitement, puis un autre, celui dont on va parler plus tard, le désorganisé. L'évitement, le profil d'évitant, il est lié à la blessure de rejet. Donc on a très peur d'être rejeté, donc on préfère créer la rupture plutôt que de la subir. Et surtout, ce qui s'est passé dans l'enfance, c'est qu'ils ont appris qu'à venir demander trop d'affection, trop d'attention, en fait, on ne leur donnait pas. Donc, ce qu'ils ont appris, ces personnes, ce qu'elles ont appris, ces personnes, c'est qu'elles ne peuvent compter que sur elles et que c'est beaucoup mieux et beaucoup plus sécure d'être toute seule, d'être tournée vers soi, parce que l'extérieur, potentiellement, peut être source de danger ou source de souffrance. Ces personnes, tout comme les profils anxieux, ont besoin d'amour, d'être rassurées. Simplement, pour l'anxieux, on est rassuré quand on est tout le temps en lien. Pour l'évitant, c'est en étant à l'extérieur, en étant loin. Ce sont des personnes qui, par exemple, vont être très confortables dans l'amoureux avec des relations à distance. Parce qu'on s'investit sans vraiment s'investir. En fait, les évitants vont pouvoir s'investir, mais en effet, ils ont très peur de la vulnérabilité. Donc, quand une relation commence à se mettre en place, l'évitant va se comporter normalement. Et à un moment donné, quand on va commencer à arriver aux étapes où on parle de soi, on montre ses émotions, en fait, ça va mettre très en difficulté l'évitant. Parce que lui-même a vu, enfant, que montrer ses émotions, c'était potentiellement le danger que l'on nous rejette. il ne veut surtout pas prendre en charge les émotions de l'autre et les émotions de l'autre, il va les qualifier comme étant quelque chose de dysfonctionnel. Lui, il pense avoir trouvé la bonne martingale, c'est en gardant de la distance et en se gérant. Il pense en fait être vraiment capable de bien gérer ses émotions, mais très souvent en fait il se coupe de ses émotions. C'est là qu'on rentre dans les deux types d'évitement. Certains évitants sont toujours en lien avec les émotions et l'autre type d'évitant n'est plus en lien, ils ont vraiment clivé.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut dire quelque chose d'autre sur les évidents ?
- Speaker #1
Ce sont aussi ce qu'on appelle les people pleasers, comme je disais pour les anxieux, mais pour une autre raison. Eux, ils détestent le conflit. Donc, ils vont tout faire pour qu'il n'y ait pas de conflit. Alors que l'anxieux, lui, comme il exprime ses émotions facilement, ça ne dérange pas d'être forcément en conflit. Alors que celui qui est dans la blessure de rejet, être en conflit, c'est comme s'il entendait « je ne t'aime pas » . Donc, il va tout faire. pour essayer de correspondre à ce qu'attend l'autre, mais en étant à distance. Et surtout, c'est des personnes qui ne vont pas prendre leurs responsabilités, qui vont plutôt dire que c'est toujours vous qui avez tort, c'est toujours vous qui êtes trop. En fait, les personnes qui sont dans le rejet ont énormément de mal à se mettre à la place de l'autre. Parce que comme ils ont appris à être tournés vers eux, et à ne dépendre que d'eux pour pouvoir gérer ce qu'ils ont à gérer, ils auront beaucoup de mal à se mettre à la place de l'autre. Alors que l'anxieux, lui, se met énormément à la place de l'autre.
- Speaker #0
J'ai une grande question. Pourquoi les anxieux et les évitants s'attirent souvent ? Parce que c'est vrai que c'est mal fait.
- Speaker #1
Oui, alors il y a plusieurs raisons à ça. Un, c'est parce que dans un couple, on va soit s'attirer par complémentarité, soit par miroir. Et donc là, on se retrouve exactement dans ces deux cas de figure. Soit on va se retrouver... en miroir parce que les deux, que ce soit l'anxieux ou l'évitant, a un fort besoin d'être aimé pour ce qu'il est, puisqu'ils ne l'ont pas été quand ils étaient enfants, puisque soit on les a rejetés quand ils disaient qu'ils n'allaient pas bien ou qu'ils n'étaient pas contents, donc on les rejette, soit pour l'anxieux, on lui faisait comprendre qu'il ne fallait pas qu'il exprime ses besoins, mais qu'il joue le rôle de ce que le parent attendait. deux types d'enfance ont été là pour dire, on ne t'accepte pas pour ce que tu es. Donc, c'est ce qu'ils attendent l'un de l'autre. Et en complémentarité, quelque part, la personne qui est dans le rejet admire d'une certaine manière, ou aimerait, certains en tout cas, ont cette conscience-là, pouvoir exprimer leurs émotions un peu plus. Donc, on admire son partenaire, Ancieux, qui lui est capable de dire les choses, des choses comme ça, et en même temps, L'anxieux, lui, il peut être conscient ou peut-être inconscient aussi du fait qu'il est peut-être trop dans ses émotions, ça part un peu dans tous les sens et que les réguler un petit peu serait bon. Et puis surtout, dans ces relations-là, ce que l'on vient rejouer, ce sont nos parents. Et comme on le sait, quand une problématique n'a pas été résolue... la vie nous le ramène. Et donc, à travers nos relations amoureuses, très souvent, on vient mettre au travail nos relations à nos parents. Donc, on va choisir le partenaire qui correspond souvent aux parents avec lesquels on a eu le plus gros problème. Et je mets des guillemets parce qu'on ne me voit pas. Et donc, ces relations-là viennent nous mettre au travail par rapport à un de nos parents. Et la manière dont on a appris à aimer, qui n'était pas sécure.
- Speaker #0
Ça nous éclaire grandement sur nos styles d'attachement. Et on va finir par le dernier, qui est l'attachement désorganisé. Qu'est-ce que ça veut dire tout et rien dire, désorganisé ? Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? Et comment ça se manifeste ? Parce que c'est une espèce de contradiction entre le désir de l'amour et la peur de l'autre. Donc on est un peu entre à la fois l'anxieux et à la fois le... Ce n'est pas le meilleur attachement.
- Speaker #1
Non, alors il est plus rare parce qu'en fait c'est un mélange des deux. Un mélange d'anxieux et d'évitants. Si je donnais un exemple, peut-être pour pouvoir s'identifier, c'est typiquement les enfants qui se sont retrouvés en face d'injonctions paradoxales ou de doubles contraintes, c'est-à-dire des problèmes qui étaient insolubles. Style, on va leur dire « tu me ferais plaisir si tu passais à l'aspirateur » et une fois que l'aspirateur est passé, on va leur dire « franchement, tu as très très mal fait » . Donc, en fait... Ils se retrouvent à ne pas savoir quoi faire pour pouvoir faire bien. Donc c'est souvent des gens qui vont avoir le sentiment de ne jamais être bien, d'être en hyper-vigilance tout le temps. Et vraiment, les désorganisés sont vraiment en hyper-vigilance tout le temps, à se poser des questions de « est-ce que je fais bien ? Je ne fais pas bien ? » à hyper-analyser tout le temps et aussi avoir ce sentiment que l'amour doit être mérité. Parce que, justement, comme ils étaient tout le temps en face de cette double contrainte, et souvent ça vient du fait qu'ils ont eu un parent qui était distant émotionnellement et l'autre parent qui était très instable émotionnellement. Donc, ils ont dû jouer les deux, l'évitant et l'anxieux, en même temps. Donc, ils étaient toujours à se poser la question, mais comment je dois faire ? Est-ce que c'est comme ça ? Est-ce que je dois être un peu plus proche ? Ah non, mais ici, je dois être un peu plus distant. ce qui fait que Ils ont vécu l'amour comme des montagnes russes. Donc, à nouveau, si on ne le met pas au travail, si on ne se pose pas la question ou si on ne réalise pas que c'est insécure, eh bien, on va partir du principe que nos relations, elles sont normales quand ce sont des montagnes russes. Et en fait, pas du tout. Donc, comme tu le disais, les personnes désorganisées cherchent à la fois l'amour et en même temps, elles ont introjeté qu'il fallait s'en protéger absolument. Donc, c'est des personnes qui vont faire ce qu'on appelle le love bombing, c'est-à-dire arriver très, très fort. Et puis, à un moment donné, vous n'y attendez pas. Tout fermé, tout fermé, tout fermé. Parce qu'elles miment, elles miment en fait ce qu'elles ont vécu quand elles étaient enfants. Et elles le miment de façon inconsciente, évidemment. Donc, pour vous qui êtes en face, c'est très, très désarmant.
- Speaker #0
Maintenant qu'on a parlé de tous ces styles d'attachement insécure, on a quand même un attachement qui est sécure. Comment est-ce qu'on le définit ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Et comment on peut reconnaître qu'on a quelqu'un qui est sécure, justement ?
- Speaker #1
Oui. Alors, déjà, dans les personnes qui ont un attachement sécure, il y a celles qui ont eu des parents qui étaient très présents et qui les ont laissés se développer, on va dire, avec beaucoup d'écoute et de bienveillance. Et puis, parmi les personnes qui ont aussi des figures d'attachement sécure, c'est des personnes qui ont travaillé sur elles. Parce qu'il faut quand même dire que en travaillant sur nous, en identifiant ces figures d'attachement, eh bien, on peut devenir sécure. Donc, une personne sécure dans une relation, quelle qu'elle soit amoureuse ou amicale ou autre, eh bien, un déjà saura mettre ses limites. C'est-à-dire, elle va nommer très facilement ce qu'elle veut et ce qu'elle ne veut pas. Donc, c'est ce qu'on appelle la clarté. Deuxième chose, elle va être dans la sincérité. Elle va dire les choses tout simplement. on ne va pas essayer de passer par... 36 000 façons pour plus ou moins dire ce dont elle a besoin, parce qu'elle a peur. Non, elle n'est pas là-dedans. Elle n'a pas peur, en fait, de la réaction de l'autre, parce que si l'autre se met en colère, ou si l'autre lui dit non, en fait, elle ne va pas être déstabilisée émotionnellement. Elle saura prendre sa part de responsabilité dans l'interaction et laisser à l'autre ce qui revient à l'autre dans sa responsabilité aussi. Ça, c'est une première chose. Donc, ça veut dire que quand on est sécure, on n'est pas supergé par nos émotions. Ou quand elles arrivent, en tout cas, on est capable de rester calme. Quand il y a des émotions, on n'est pas calme. Mais en tout cas, ne pas se laisser submerger et de réagir. C'est-à-dire à vouloir à tout prix être dans le lien ou à tout prix vouloir s'en dégager. Quand est-ce qu'on peut voir comment on évolue par rapport à cette sécurité affective ? C'est lors des conflits. Est-ce que quand on est en conflit, on a le sentiment que l'autre ne nous aime pas ? Là, vous êtes sûr que vous n'êtes pas du tout sécure. Alors que quand on est dans un conflit où on discute, déjà être capable de discuter, de mettre les choses à plat et de trouver des solutions, ça c'est avoir un profil sécure. Alors que quand on a un profil insécure, surtout par exemple évitant, on ne prendra jamais ses responsabilités. À chaque fois que l'autre amène une problématique, on va le prendre comme une attaque. Donc, on va se mettre sur un mode défense systématiquement. Et l'anxieux, lui, il va tout prendre pour lui en essayant de « oui, c'est à cause de moi » . Donc, quand on est sécure, on sait faire le distinguo entre ce qui nous appartient et ce qui ne nous appartient pas. Quand on est sécure aussi, si une personne nous dit non, par rapport à une relation, on ne va pas forcément essayer à tout prix à ce que cette relation fonctionne. Et quand on est sécure, on est aussi capable d'aller identifier ses besoins et de pouvoir y répondre seul. On ne dépend pas émotionnellement de l'autre pour pouvoir venir nous rassurer.
- Speaker #0
C'est un peu comme sortir aussi de la dépendance affective, parce que quand on est évitant ou quand on est surtout anxieux, on est assez dépendant.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Donc du coup, maintenant, on a vraiment une bonne notion de qu'est-ce qui est sécure, qu'est-ce qui est évitant. Et justement, dans ces dynamiques de couple, parce qu'il y a souvent des combinaisons, tous les sécures ne sont pas ensemble, tous les anxieux ne sont pas ensemble, sinon ce serait trop simple. Donc du coup, qu'est-ce qu'on a souvent comme dynamique de couple ? On l'a dit tout à l'heure, entre anxieux et évitant, souvent ça arrive. Mais comme on était en train de parler de sécure, le sécure, il fait quoi ? Il ne trouve que des gens sécures ou il se met quand même avec des gens qui sont évitants ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai qu'il y a cette phrase qui dit « on attire qui on est » , donc c'est vrai qu'en général, ce sont nos blessures inconscientes qui s'attirent l'une de l'autre. Donc, quelqu'un de sécure, s'il est vraiment sécure, il y a de fortes chances qu'il soit en couple avec quelqu'un d'autre qui est sécure. En effet, un sécure qui va rencontrer un anxieux, et bien à un moment donné, l'anxieux qui voudra tout le temps être rassuré, le sécure lui dira « mais non, mais là, je viens de te le dire, je ne vais pas te le dire » . dix fois par jour que je t'aime ou dix fois par jour que tu es le ou la seule dans ma vie, parce que l'anxieux il peut être un peu jaloux et a tout le temps besoin d'être rassuré, et bien le sécure à un moment donné, même assez rapidement, mettra fin à la relation ou en tout cas sera très clair. Comme quoi, en fait, c'est nécessaire de prendre les mots comme acquis, par exemple, ou un évitant qui va... systématiquement mettre de la distance dès que l'intimité va arriver, dès qu'on va parler de conversations un peu sérieuses, ou de projets, ou d'engagement, le sécure ne va pas attendre, une fois qu'il y aura eu une, deux, trois conversations, et qu'il verra que la personne ne veut pas s'engager alors que lui veut s'engager, il coupera la relation, alors qu'un anxieux va penser que lui... Il n'a pas suffisamment fait, donc il va rester, rester, rester dans la relation avec l'évitant en se disant, mais il faut encore plus que je lui montre que je suis la personne incroyable. Je vais encore plus m'oublier. Comme ça, je suis sûr qu'il ou elle va m'aimer encore. Donc, comment est-ce que se mettent en place les relations ? Mais que ce soit en amitié, c'est exactement pareil. Ou même dans le professionnel aussi, c'est vraiment en miroir de l'endroit. où on a vraiment mal et l'endroit où on n'a pas encore guéri notre blessure. Donc il y a rarement en fait, il y a vraiment rarement un déséquilibre. Alors parfois on ne s'en rend pas compte, c'est en ça que c'est aussi intéressant d'être en relation avec l'autre, puisque l'autre vient nous raconter que peut-être à un endroit, on est aussi insécure que lui ou que elle et on ne s'en était pas forcément rendu compte. Donc c'est aussi ça qui est sympa et qui est joli dans une relation quand on peut évoluer à deux. Même quand on part d'un schéma anxio-viteur. J'aime bien dire la danse anxio-viteur. Est-ce que c'est vraiment une danse ?
- Speaker #0
Exactement, c'est une petite danse. Et du coup, comment on fait pour guérir de son attachement ? Parce que là, concrètement, on a bien compris ce que c'était. On a compris que c'est quand même plus sympa d'être sécure pour nous que d'être insécure. Mais ce n'est pas si simple. Comment est-ce qu'on peut... Qu'est-ce qui peut transformer son style d'attachement ?
- Speaker #1
Alors, là... clairement, c'est d'aller travailler avec un thérapeute. Aller travailler sur soi, sur ses figures d'attachement, parce que sinon, on dépend toujours de l'autre pour gérer ses émotions. C'est vraiment apprendre à s'autonomiser. Chose qu'on n'a pas eu le droit ou qu'on n'a pas pu faire en tant qu'enfant. Et ça, c'est très important. Et par exemple, aussi dans une relation à deux, que ce soit amitié ou amour, si les deux ne travaillent pas sur eux, ça va être très difficile. S'il n'y a qu'un seul, je ne dis pas que c'est impossible, mais c'est quand même très difficile. Puisque, par exemple, si vous êtes anxieux et que vous travaillez sur vous à mettre vos limites, à moins stresser quand l'autre prend ses distances, il va vraiment falloir ne plus attendre que l'autre comprenne quand vous, vous êtes dans votre blessure. Et en même temps, très souvent quand on avance aussi, On accepte moins que l'autre ne prenne plus ses responsabilités et des choses comme ça. C'est en ça que la relation, elle va être beaucoup plus difficile à maintenir dans le temps si un travail et pas l'autre.
- Speaker #0
Du coup, ce que tu es en train de dire, c'est que vraiment, l'amour, ça peut réparer beaucoup de choses, mais si nous, on fait le travail, ce n'est pas la personne qui va venir et qui va faire en sorte qu'il va nous réparer de notre... qui va nous rendre sécure. Utopiquement, on imagine qu'à un moment donné, ça sera la bonne personne qui fera en sorte que... Mais je pense que c'est peut-être un peu lié, mais c'est surtout... nous prendre conscience de tout ça et bouger nous-mêmes à l'intérieur.
- Speaker #1
Oui, très souvent, quand on est dans un mode de fonctionnement insécure, on est resté à un stade d'enfant, donc c'est notre enfant intérieur qui parle, où on est resté dans « c'est mon parent qui va m'apporter cette sécurité affective » . Et donc, on vient le mettre au sein du couple en attendant de notre partenaire qui nous donne cette sécurité affective qu'on n'a pas eue de nos parents. Et c'est en ça qu'on est dépendant pour le coup de l'autre, qu'on soit évitant ou anxieux. Et donc en effet, travailler sur soi, c'est apprendre à s'autonomiser, c'est-à-dire à ne plus autant dépendre de l'autre pour être stable émotionnellement, pour trouver de la valeur en nous. On n'a plus besoin d'entendre qu'on est la personne la plus formidable et que ça soit lévitant ou anxieux. Donc en effet, l'autre, notre partenaire, n'est pas là pour venir nous rassurer. Par contre, ce qui est joli et beau dans le couple, c'est que l'autre est un miroir. et nous permet de nous rendre compte à quel endroit on est encore souffrant. Et justement, quand on travaille ensemble, on arrive à ne plus voir ce que l'autre peut nous renvoyer en miroir comme une attaque. Au contraire, comme une chance de dire « Chouette, je suis dans un environnement de confiance, on est à deux, on sait qu'on n'est pas là pour se blesser l'un l'autre, on va peut-être le faire de façon inconsciente, mais en tout cas, quand on le fait, on prend ses responsabilités et l'autre est là pour nous aider à évoluer aussi. » Et justement, c'est ça qui va aussi nous montrer que ce n'est pas parce que l'autre nous dit qu'il y a telle ou telle chose chez nous qui peut-être serait intéressant de bouger, qu'il nous rejette. Non, l'autre va toujours rester là. Donc, il nous apprend bien aussi à nous montrer qu'on ne va pas être quitté. L'autre ne va pas nous abandonner et nous rejeter, même si on montre notre vulnérabilité. Et c'est là qu'on répare et que l'on obtient ce que l'on n'a pas eu de nos parents. Mais c'est parce qu'on travaille sur nous.
- Speaker #0
En fait, j'ai un peu l'impression que comprendre son style d'attachement, donc le mettre en conscience, le comprendre, c'est un peu apprendre à aimer autrement. Il y a un truc qui se transforme quand on arrive à faire ça.
- Speaker #1
Oui. En fait, on passe de l'attachement à l'amour. L'attachement, c'est attendre que l'autre nous répare, nous donne ce que le parent nous renvoie, en fait, ce que le parent... L'amour inconditionnel, quelque part. Et donc, on... On a... Attends cela. Et l'attachement, c'est ce que l'autre nous renvoie comme image. L'amour avec un grand A, c'est plus proche de « on aime l'autre pour ce qu'il est » . Et je ne suis pas en train de dire qu'il faut l'aimer de façon inconditionnelle, c'est-à-dire accepter tout de lui, absolument pas. Mais on va aimer à la fois les inconvénients de son trait de caractère et aussi les avantages. Alors que quand on est encore dans l'attachement, on va attendre que l'autre accepte de nous. Enfin, nous accepte de façon complètement inconditionnelle comme un parent et même ne pas comprendre ou ne pas accepter qu'il n'accepte pas certaines parts de notre personnalité. Or, on ne peut pas tout demander à l'autre. On n'est plus un enfant. Donc, on passe vraiment d'une interaction enfant-enfant ou enfant-adulte à adulte-adulte.
- Speaker #0
C'était trop bien, on arrive à la fin déjà. Ça fait déjà longtemps qu'on parle. Donc, en tout cas, j'espère qu'on a éclairé les gens sur justement qu'est-ce que l'attachement et quels sont les différents styles d'attachement et qu'on va pouvoir passer un printemps en conscience, en s'attachant ou pas, et en rencontrant peut-être des nouvelles personnes, en amitié comme en amour ou dans le travail. Ça marche partout.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Et puis, si jamais vous avez, vous ressentez le besoin que l'on dédie un épisode à... un style d'attachement pour entrer plus en détail parce que là, on a essayé d'être synthétique, n'hésitez pas à nous le faire savoir dans les commentaires ou en nous rejoignant de manière privée.
- Speaker #0
Bon, trop chouette. Merci Emma. Et puis, moi, je vous dis à la semaine prochaine et Emma, à très bientôt.
- Speaker #1
Oui, au mois prochain.
- Speaker #0
À la semaine prochaine ! Flamme des années 80.
- Speaker #1
Le podcast qui allume la femme.