- Speaker #0
Flamme des années 80.
- Speaker #1
Le podcast qui allume la femme.
- Speaker #0
Avant de plonger dans l'épisode, j'avais envie de te dire que si ce podcast résonne pour toi, si mon énergie te parle et que tu ressens l'envie d'aller plus loin, je peux t'accompagner en coaching, en individuel ou en groupe, pour t'aider à révéler ta flamme et prendre ta place. Je suis coach certifié RNCP et je crée des espaces bienveillants, sécurisants et transformateurs. Je propose aussi une retraite, donc la prochaine aura lieu du 10 au 14 octobre 2026, près d'Aix-en-Provence, autour des constellations familiales et de la libération émotionnelle, avec Emma Nicolas de la chronique L'Âme des Flammes. Tu peux retrouver toutes ces infos sur mon site sarahginac.com, le lien est dans la description. Et maintenant, je te laisse avec l'épisode de la semaine. Bonjour, bienvenue dans Flammes des années 80, et j'ai énormément de chance aujourd'hui de recevoir pour la deuxième fois, parce que t'es venue il y a... au moins deux ans, Céline Bailleux. Bonjour ! Donc Céline, tu es illustratrice de BD en l'occurrence. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots puisque tu étais déjà venue il y a deux ans ? Et là tu viens parce que tu sors un nouveau livre qui s'appelle « Mère à vif » , un titre assez cocasse on va dire.
- Speaker #1
Eh bien, tu m'as déjà suffisamment décrite, je crois. Je m'appelle Céline Bailleux et je suis illustratrice et autrice de bande dessinée. Donc, effectivement, mon dernier livre vient de sortir il y a quelques jours.
- Speaker #0
Et alors, c'est un livre, franchement, moi, je l'ai lu, j'ai adoré parce que ça parle de... Enfin, c'est quand même extrêmement drôle malgré tout, parce que bon, on va quand même aborder des sujets qui ne le sont pas du tout. Et comment est-ce que c'est né ? Parce que ce projet, comment est-ce qu'il est né ? Parce que tu n'es pas toute seule. Il y a quand même Nelly Delfis qui... Elle a écrit et qui est journaliste et c'est vraiment son sujet aussi, justement, la maternité, les mères, l'éducation, tout ça. Comment est-ce que vous vous êtes rencontrées ? Comment est-ce que ce livre est né, j'ai envie de dire ?
- Speaker #1
Eh bien, il y a quelques années avec Nelly, on a collaboré sur la BD de Élodie Gosselin qui s'appelle Mams. Donc, on s'est rencontrées là. On a super bien accroché toutes les deux. Je pense qu'on a deux personnalités assez vives. On aime bien rigoler, tout ça. Enfin, on est devenues très copines. Et moi, j'aime bien raconter ma vie. Je pense que j'aime bien faire des livres à deux aussi. Et je me voyais bien faire un livre avec elle. Et je voulais absolument faire un livre sur le fait d'avoir la possibilité pour une femme de changer de vie et de, en tout cas, moi je parle des femmes parce que je suis une femme, d'espérer un jour avoir la vie qu'on mérite toute. Et vu que j'ai déjà changé de vie une fois, bon, là c'est la deuxième, mais vu que j'ai déjà changé de vie une fois, Je voulais un peu raconter ma vie en disant voilà ce que j'ai vécu et voilà comment je m'en suis sortie et aujourd'hui je suis hyper heureuse. Et Nelly elle s'est dit c'est super mais bon raconter ta life à un moment donné les gens vont peut-être en avoir marre et on peut peut-être enrichir ce sujet de femme qui veut vivre la vie qu'elle mérite et en faire un roman choral et aborder des sujets profonds, plus profonds que ta propre vie. Effectivement c'est ce qui s'est passé. Donc, c'est comme ça que Mère à vie fait naître. Et donc, Nelly, elle est journaliste spécialisée en parentalité et en questions de femmes. Donc, on a un livre qui aborde pas mal de sujets et qui devrait parler à beaucoup de monde.
- Speaker #0
Ça, c'est sûr, parce qu'on peut se reconnaître. Moi, je n'ai pas d'enfant, évidemment, mais je me suis quand même reconnue dans ces femmes. Et puis, on peut s'y reconnaître à certains passages de nos vies, parce que, comme tu le dis, ce n'est pas figé. Je trouve ça intéressant quand tu dis qu'on a le droit de changer de vie. Et comme en l'occurrence, là, ça parle, le titre est mère à vif et on a vraiment des mères de famille, c'est comme s'il y avait une injonction que quand on était en couple, à un moment donné, changer de vie, c'est avoir le courage de déconstruire ce qu'on a construit. Comment est-ce que tu l'imaginerais, toi ?
- Speaker #1
En fait, c'est ça. C'est-à-dire que je pense qu'à 20 ans, on est une certaine personne. À 25 ans, on en devient une autre. À 30 ans, on en devient une autre. Et quand on est accompagné d'un compagnon ou d'une compagne, grandir ensemble et garder les mêmes perspectives. Toute une vie, c'est quand même assez compliqué. Et parfois, l'un des deux, que ce soit l'homme ou la femme, a envie, je vais dire aller voir ailleurs, mais aller voir ailleurs, c'est peut-être juste aller à gauche pendant que l'autre veut aller à droite. Et pourquoi on devrait se forcer à aller à gauche alors qu'on veut aller à droite ? Et moi, je ne me suis jamais forcée. Donc, quand je veux aller à droite, je vais à droite. J'essaie de le faire gentiment, mais à un moment donné, on ne grandit pas tous. Même si on grandit ensemble, on n'a pas forcément envie des mêmes choses. Et on change toute notre vie, en fait, on change. Et je ne vois pas pourquoi on devrait se contraindre de ne pas vivre la vie qu'on a envie de vivre, en fait.
- Speaker #0
Et toi, dans ce livre, ça raconte un peu une BD chorale où il y a trois femmes. Est-ce que sur les trois femmes, tu te sens plus proche d'une d'elles que tu aimerais nous décrire ?
- Speaker #1
Chloé, qui subit sa charge mentale et qui, à un moment donné, en a marre de la subir et va un peu lâcher l'affaire et mettre son mec à l'amende. Genre maintenant, c'est toi qui bosses, c'est moi qui glande ou c'est moi qui vis pour moi. Moi, je suis un peu comme ça, mais peut-être moins virulente que Chloé, mais quand même, c'est un peu tiré de moi. La li, elle s'est fait plaquer, elle est triste, elle est hyper en colère. Moi, je ne suis pas quelqu'un de très en colère. Et Victoire, elle se fait avoir par un pervers narcissique. Même si ça peut arriver à tout le monde, je pense que je n'ai pas le caractère pour me laisser faire.
- Speaker #0
Après, ça peut arriver à tout le monde. Et c'est vachement bien expliqué, justement, ce qu'est-ce que c'est, entre guillemets, d'être avec un pervers narcissique, d'être sous emprise. Et c'est expliqué d'une façon, j'allais dire, presque... Il y a quand même beaucoup d'humour. C'est-à-dire qu'on ne va pas voir une BD... Ce n'est pas une BD noire, en fait. C'est-à-dire qu'on va rentrer à l'intérieur de ça sans forcément se rendre compte de cette emprise, en fait, qui va prendre ce personnage et qui... Est-ce que c'était difficile à écrire pour toi ? Comment est-ce que tu t'es inspirée ? Enfin, avec Nelly, évidemment, qui, elle, a écrit. Mais comment est-ce que tu t'es inspirée pour les dessins, tout ça ? Parce que ce n'est pas forcément évident de faire ressortir ça.
- Speaker #1
En fait, ce n'est un peu pas si difficile que ça, dans le sens où on a pioché... plein de scènes de notre entourage. On n'a pas une femme qui n'a pas... Enfin, tout est vrai, en fait. Il n'y a pas une femme qui n'a pas... Enfin, tout ce qui est dans le livre, on l'a vécu, soit nous, soit nos amis proches. Et puis, nous, les filles, on parle quand même pas mal entre nous. Donc, le scénario, il est arrivé assez facilement. On a identifié nos trois personnages. À partir de là, on a pioché chez nos copines, un peu à droite à gauche. Nelly, avec son travail aussi de journaliste, avait eu des... Elle a entendu plein d'histoires. Et après, les mettre en dessin, ça, c'est mon travail. Et finalement, ce n'est pas si difficile que ça. Le côté un peu drôle, je pense que ça vient de moi. Je pense que je suis un peu plus rigolote que Nelly. Pardon, Nelly. Mais j'aime bien. Je ne vais pas faire un livre. Ce n'est pas un livre glauque. C'est un livre qui vous amène, qui montre que le chemin vers la joie, en fait, est possible.
- Speaker #0
Surtout, c'est un livre qui montre des mères qui aiment profondément leurs enfants, mais ce n'est pas parce qu'on aime nos enfants qu'on ne peut pas être épuisé, en colère, qu'on a envie de fuir, qu'on a envie d'avoir la paix.
- Speaker #1
Le livre, on parle de mères, c'est vrai, mais on parle surtout de femmes. Les enfants, ils arrivent un peu plus loin, ils sont en arrière-plan. Comme les mamans, il y a une grand-mère aussi qui arrive aussi en arrière-plan. C'est des histoires, vraiment, l'histoire est centrée sur les femmes. et les enfants et les grand-mères arrivent en fond. Donc on a voulu mettre, j'ai insisté là-dessus, mettre le lien intergénérationnel, ce qu'on donne à nos enfants, mais ce qu'on a reçu de nos parents. Et en fait tout est lié, et à un moment donné, comment on brise le schéma qu'on a reçu, comment on évite de le transmettre ce qui ne nous plaît pas, comment on évite de le transmettre à nos enfants, et comment on fait en fait. Donc on a essayé de mettre un peu tout ça dans le livre.
- Speaker #0
Et le titre mère à vif, c'est quand même fort. Comment est-ce que... Toi, ça rencontre quoi de la maternité ?
- Speaker #1
Je pense qu'à un moment donné, on est facilement à vif. C'est-à-dire qu'on est quand même assez en tension, que ce soit entre le mec qui nous fait chier, les injonctions, les enfants qui crient, qui hurlent, pas le temps de bosser, pas le temps de se poser. Donc, en fait, on est tout le temps à vif. Et oui, voilà, il est arrivé assez vite. un peu compliqué à trouver, mais il est arrivé assez vite. Ça fait un peu référence aussi au film Néravif. Oui,
- Speaker #0
exactement. Est-ce que tu penses que, parce que ça ressort quand même pas mal dans le livre, ce sentiment de culpabilité, qu'on peut tous avoir, mais quand on émerge, je pense que c'est un peu décuplé, que c'est culpabilisant de prendre du temps pour soi, est-ce que là-dedans, tu peux te reconnaître, même si ce n'est pas parce que c'est ? de personnages dans lesquels tu te reconnaissais le plus. Mais est-ce que tu as dû lutter pour cette culpabilité ou pour toi c'était hyper naturel ? Ou est-ce que tu as des tips pour les femmes justement pour qu'elles arrêtent de culpabiliser ?
- Speaker #1
Non, moi je n'en ai pas parce que je culpabilise tout le temps. Si je vais prendre un bain, dans mon bain j'envoie des mails, je réfléchis à ce que je vais faire à manger le soir, à la liste de course. C'est hyper dur de se reposer. Après c'est la société je pense qui nous a formaté un peu comme ça. Prendre du temps pour soi c'est quand même très très dur aujourd'hui je trouve. bravo à celles qui arrivent à le faire moi j'y suis pas encore arrivée moi j'essaie juste d'être bien dans ma vie déjà ça c'est pas mal réussir à être bien dans sa vie, être bien entourée. On n'est pas toujours très bien entouré. Et des fois, c'est ça qui nous pèse le plus finalement. Mais quand tu es bien entouré, la vie, elle va bien quand même. Tant pis s'il manque un pot d'aérodes dans le frigo ou si les enfants hurlent derrière la porte. Si tu es entouré de joie et de bienveillance, c'est chouette. Et c'est ça qu'il faut. Il faut qu'on s'entoure de bienveillance et qu'on suive notre chemin.
- Speaker #0
Et ne pas avoir peur justement de...
- Speaker #1
Ben non, pourquoi avoir peur ? peur parce qu'en fait quand t'es pas bien à un endroit il faudrait juste bouger, je sais pas, t'aimes pas un film, tu changes de film, tu regardes une série sur Netflix qui te saoule, tu zappes alors je dis pas qu'il faut zapper sa vie et zapper les gens, c'est pas ça que je dis mais ne pas avoir peur d'oser bouger puisqu'au final si une place ne nous convient pas, on va aller chercher naturellement une meilleure place dans laquelle on se sent mieux l'idée c'est de s'épanouir, on a qu'une vie il faut... Il faut en profiter, il faut la savourer. Et pour ça, il faut qu'elle soit savoureuse.
- Speaker #0
Et justement, toi, comme tu disais dans ton introduction, tu as déjà changé de vie une fois. Là, tu es en train de changer de vie une deuxième fois.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pendant la sortie de ce livre, comment est-ce que tu vis ça du coup ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est le livre qui m'a inspirée. Je ne sais pas. Comment je le vis ? Je le vis... Changer de vie, ce n'est jamais facile. En plus, j'ai pris mes enfants, j'ai changé de région. Je viens de débarquer en Bretagne. Alors qu'à la base, je suis ch'ti, un peu parisienne, un peu normande, je ne sais même pas d'où je viens finalement. Ce n'est jamais facile, mais en même temps, c'est motivant. Voilà, c'est motivant.
- Speaker #0
Oui, et puis ça peut être aussi une source d'inspiration pour des femmes qui ont peut-être envie de partir, qui ont envie de changer de vie, qui n'osent pas, qui se disent « en fait, c'est possible » .
- Speaker #1
Généralement, ce qui me coince, c'est toujours la thune. J'étais heureuse dans mon couple, même si j'avais envie d'aller à droite et pas lui. Ce qui coince souvent, c'est l'argent. Qu'est-ce qu'on va faire ? Comment je vais m'en sortir ? J'habite à Paris, j'ai deux enfants, ados. Les études, le permis, les activités, les sorties. trop jeune pour travailler, mais pas assez pour ne pas avoir d'argent. Comment je fais pour assumer un loyer et mes deux ados à Paris ? Ce n'est pas comme ça que je suis partie. Et au final, je me suis rapprochée de ma meilleure amie, parce que je ne suis pas kamikaze, je ne suis pas partie toute seule. Et ma meilleure amie, elle est là pour moi et c'est cool.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis, parce que surtout dans le livre, ça se sent beaucoup cette sororité, ce fait de pouvoir... vivre les choses et en fait l'amitié au final aujourd'hui je trouve que dans notre société elle prend de la place surtout pour les femmes et c'est vachement intéressant et je pense que c'est même vital de pouvoir compter sur des amis alors que le couple aujourd'hui on aura peut-être plusieurs couples dans sa vie mais sa meilleure amie on n'en aura qu'une tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Alors c'est pareil l'amitié elle n'est pas toute lisse parfois ma copine elle me dit des trucs qui tu vois qui grattent un peu ça fait jamais trop plaisir mais bon en même temps c'est vrai et Et l'amitié, c'est des personnes sur qui tu peux compter, qui n'ont pas peur de te dire « Attends, là, tu déconnes, ce n'est pas cool ce que tu fais » , mais qui en même temps sont là pour te soutenir. Et oui, le couple, il bouge. C'est la vie, quoi. On n'est plus dans les années 50-60 où la femme doit suivre son mari coûte que coûte. Et moi, personnellement, je n'ai pas envie que mon mari me suive non plus coûte que coûte. La vie, elle n'est pas figée. Rien n'est figé, ça peut bouger. Et voilà, j'espère que mes enfants vont le comprendre aussi. Il ne faut jamais se sentir enfermé d'une situation qui ne leur convient plus.
- Speaker #0
Après, c'est important, je pense, d'être les modèles. C'est ça aussi, quand on veut partir, se dire, est-ce que c'est important pour toi d'être un modèle de femme, justement, qui s'épanouit et pas qui subit, pour leur donner justement ce modèle-là dans leur vie future ?
- Speaker #1
Oui, et puis leur apprendre aussi qu'on n'est pas parfaites. On est des êtres humains. Moi, je n'ai pas peur de pleurer devant eux, de leur expliquer. « Ah ben là, maman, elle déconne. » Ça m'arrive. Et en fait, ils comprennent tout. Ils savent bien quand on leur explique que « là, ma mère, elle fait n'importe quoi. Mais en même temps, ma mère, elle est entière. Et tant qu'elle est là pour nous et qu'elle gère, parce qu'il faut quand même gérer, c'est chouette, ça le fait. Je ne sais pas si c'est un modèle. En tout cas, je fais comme je peux. Mais je refuse d'être triste et malheureuse, en fait. Voilà, ça, c'est ça.
- Speaker #0
Et donc, c'est un livre, évidemment, qui parle de mère, donc mère à vif. Mais du coup, est-ce que la mère est à vif ? Parce qu'il y a quand même les pères, donc les hommes dans ce livre, qui sont quand même présents. quelle est leur place. Et à un moment donné, il y a beaucoup de... C'est très drôle, il y a quand même des clichés. Est-ce que tu peux nous expliquer comment vous avez fait pour doser, entre guillemets, ce qui est cliché, ce qui ne l'est pas et en même temps, ce qui est réel ?
- Speaker #1
Alors, je pense que tout est cliché. Mais en même temps, tu parles avec tes copines, le truc, il est cliché. Le mec, il te dit « Ah, j'allais le faire ! » Alors que tu es en train de passer la spie, par exemple. On le vit toutes. C'est très fréquent aussi qu'un mec d'un quadra, 50 ans, se barre ou va batifoler vers une plus jeune. J'ai plein de copines à qui c'est arrivé. Le cliché est dans le livre aussi. D'un seul coup, le mec oublie qu'il a des enfants parce qu'il est trop occupé à batifoler. C'est cliché, mais c'est tellement… Des témoignages comme ça, on en a plein. Oui, c'est drôle parce que c'est cliché, mais en même temps, c'est pathétique aussi. et donc généralement les mecs ils finissent quand même par se retrouver à vif aussi donc pourquoi pas un jour faire le livre père à vif ce qu'on ne voulait pas c'était taper sur les garçons parce que les garçons on les aime on a des enfants qui sont des garçons on a les mariés moi j'aime les hommes aussi donc l'idée c'est pas de taper dessus mais juste de peut-être mais montrer aux femmes qu'il y a une autre solution que de subir ces clichés-là.
- Speaker #0
Et vraiment, ce passage dans le livre, qui est quand même beaucoup plus sombre avec les violences conjugales, pour moi, quand j'ai fermé le livre, ce qui était intéressant, c'est qu'à la fin, vous avez quand même toute une explication qui sort un peu de la BD, mais qui ramène un peu à la vie réelle du sujet qui a été traité. Et ça, je trouve ça génial. Ça a été une décision que vous avez prise de le rajouter à la fin, en expliquant peut-être un petit peu ce que c'est ?
- Speaker #1
En fait, on ne pouvait pas tout mettre dans la BD, parce qu'on est contraints par un nombre de pages, et il y a tellement de sujets qu'on aurait voulu aborder. Par exemple, si on parle du mec violent dans le bouquin, à la fin, on s'interroge pourquoi il est violent, et si lui a subi des violences, est-ce que ça excuse, quelque part, le fait qu'il donne ce qu'il a reçu, en fait ? Donc, à la fin, on a fait intervenir pas mal d'experts, que ce soit des psychologues ou des associations, pour les interroger sur ces questions-là, entre autres. Et oui, ça donne une autre vision de la chaîne humaine et de ce qu'on vit et de ce qu'on subit, avec des réponses à des questions qu'on peut se poser. Donc, ça enrichit un peu le propos du livre.
- Speaker #0
Et c'est intéressant aussi parce qu'on voit aussi dans la BD Mia, qui est l'enfant du couple avec les violences conjugales. Est-ce que c'était difficile pour toi justement de dessiner ces scènes où en fait cette petite se retrouve au milieu d'un chaos ?
- Speaker #1
C'est hyper triste rien que de le lire en fait. Après, on ne reste pas focalisés dessus non plus. C'est-à-dire que la petite Mia, elle est présente. C'est un personnage important dans le livre. En revanche, elle est présente de côté. On est surtout concentrés sur la mère, comment elle va s'en sortir. Et on apporte des solutions, en tout cas un modèle de solution, des choses qui existent pour pouvoir sortir de là et de se protéger soi-même et protéger ses enfants.
- Speaker #0
En plus, c'est très réel, c'est pas romancé, c'est-à-dire que c'est vraiment les procédures. Nous, on a fait plein d'émissions dans Flamme des années 80 sur comment faire quand on est sous emprise, et c'est un petit peu un guide, évidemment sous forme de BD, évidemment avec beaucoup d'humour, évidemment avec beaucoup de sororité, mais il y a quand même des clés qui sont hyper importantes, et je pense que c'est un super cadeau à faire si, je sais jamais, on a un petit doute sur une copine, ça peut être un super cadeau qui est emballé, et si elle veut prendre toutes les infos, elle pourrait complètement les avoir. Par ce biais-là, est-ce que ça a été une envie aussi de faire ça, de se sentir ?
- Speaker #1
Oui, et puis aussi montrer qu'on n'est pas seul, même si parfois on se sent complètement seul. En fait, on vit la vie de couple de l'intérieur, donc on rentre chez les gens, et de l'extérieur, on a l'impression que tout va bien. Donc c'est difficile aussi pour une femme qui vit, ou pour une personne qui vit des violences, de dire aux autres, moi non, ça ne va pas. Mon mari, ma femme est violente avec moi, alors que l'extérieur, tout le monde pense qu'il est parfait. Et du coup, on n'ose pas forcément, mais en fait, même des fois, sortir de ce cercle d'amis, en fait, il y a des associations, il y a des professionnels qui savent, en fait, il faut juste aller toquer à leur porte. Et après, le système s'enclenche, finalement.
- Speaker #0
C'est hyper bien fait dans la BD parce qu'on se rend vraiment compte de tous ces petits signes et la façon dont on peut détruire la vie de quelqu'un. Et que quand on est à cette place-là, on se sent vraiment seul, comme tu l'as dit. Donc franchement, moi je trouve ça vraiment, même dans les dessins, c'est drôle et en même temps c'est dramatique de pouvoir en arriver là, dans ce contexte en fait.
- Speaker #1
En fait, il faut savoir une chose, c'est que quand on change de vie, c'est dur. C'est dur pour la personne qu'on quitte, mais c'est dur aussi pour la personne qui part. C'est hyper dur, un changement de vie. Moi, j'ai perdu 10 kilos, j'ai gagné des cheveux blancs, j'ai pleuré beaucoup, j'ai eu super peur, j'ai encore des fois super peur. Comment je vais faire pour m'en sortir ? Mais en fait, on s'en sort. Il faut arrêter d'avoir peur au final. Alors nous, on parle de courage, je ne sais pas si du courage, mais de volonté en fait, volonté de choisir sa vie. Il faut avoir soif de vivre.
- Speaker #0
Exactement. Et surtout, même quand on est sous emprise, il ne faut pas hésiter à se faire aider parce que c'est là où ces moments peuvent être hyper... Voilà, ce qui est intéressant dans le livre, c'est qu'il y a trois personnages différents, il y a trois parcours. Mais quand on est sous emprise, dans la BD, vous avez toutes les infos pour vraiment être pris en charge parce que c'est souvent quand on s'en va qu'il peut se passer des choses pas très drôles. Mais ce n'est pas pour ça qu'il ne faut pas partir. Mais il faut être vraiment entouré le plus possible.
- Speaker #1
En fait, je pense que la machine, elle s'enclenche. On est quand même bien entouré. Il y a des associations de femmes qui sont là, qui connaissent les sujets, qui savent protéger. Et une fois qu'on a passé ce... Parce que c'est dur de vivre ça. Moi, je n'ai jamais vécu, je ne le souhaite à personne. Mais quand ça vous arrive, vous allez passer par des moments hyper difficiles, ça c'est sûr. Mais vous n'allez pas être seule. Contrairement à ce qu'on pense, on n'est pas seule. Et après, il y a du soleil, en fait. Après, ça va mieux. Il faut juste réussir à passer ce cap-là. Mais quand on n'est déjà pas bien, au final, il faut oser.
- Speaker #0
Exactement. Et est-ce que, après avoir dessiné toutes ces femmes, ces trois femmes, rentrer dans leur intimité, est-ce que ce livre, ça a changé quelque chose sur ton regard sur les femmes, le couple ou la maternité ?
- Speaker #1
Non, des fois, j'aimerais juste que tout ce genre de choses n'existe pas. En fait, moi, je suis quelqu'un qui n'aime pas le conflit. J'aime bien quand c'est chouette, quand c'est rigolo, quand on se marre. Des fois, on se prend la tête pour rien. Des fois, on se prend la tête parce que c'est grave. Et en fait, on ne devrait pas avoir à se prendre la tête. Moi, je vis un peu au pays des bisounours. Et à chaque fois que j'ai changé de vie, moi, je n'ai jamais les hommes que j'ai eus. Et ils resteront toujours... Je ne suis pas fâchée. Et j'espère que... J'aimerais que les gens soient tous un peu comme moi. Vivre sur un petit peu... La vie, elle est déjà suffisamment dure. On se prend la tête, en fait. Donc, voilà. Je ne sais pas quoi ajouter à ça.
- Speaker #0
Et il y a un passage que j'ai aimé particulièrement parce que là, on parle justement de... de ces femmes qui changent de vie entre la quarantaine, cinquantaine. Et il y a quand même ce personnage de la mère d'un des personnages qui, elle, va rencontrer l'amour sur le tard d'une façon très douce et qui n'arrive pas à l'exprimer. C'était important pour toi que l'amour ne s'arrête pas à nos âges, mais qu'après, il peut y avoir aussi d'autres vies possibles ?
- Speaker #1
Heureusement que l'amour, il n'y a pas d'âge. On peut être amoureux à 3 ans comme on peut être amoureux à 80 ans. Et ouais, là, c'est un petit peu une espèce de running gag, en fait. La pauvre grand-mère qui n'arrive pas à dire à sa fille qu'elle est amoureuse, quoi. Parce que sa fille est trop centrée sur ses problèmes. Et c'est vrai qu'on n'écoute jamais trop nos parents. Des fois, ils ont des choses à nous dire. Et après, on les apprend, c'est trop tard, quoi. Mais donc, oui, on a cette petite grand-mère, là, qui s'appelle Jo, qui est big love, en fait. Et puis, qui a une activité amoureuse et sexuelle pleinement épanouie. Mais personne ne le sait. Voilà. Et oui, c'était important pour moi parce que l'amour n'a pas d'âge. Ma mère a rencontré son amoureux à 60 ans. Elle en a 84 aujourd'hui et ils sont amoureux. Et moi, je trouve ça chouette. Et je le souhaite à tout le monde. Je le souhaite à moi aussi, d'ailleurs.
- Speaker #0
C'est chouette parce qu'on n'en parle pas. C'est marrant. On est tous occupés avec les problèmes du couple, c'est-à-dire que les problèmes du couple avec des enfants. Et puis, quand les enfants s'en vont et quand tout ça, on imagine qu'il n'y a plus rien. Mais en fait, pas du tout.
- Speaker #1
Non, pas du tout. C'est là que tout commence, en fait. On redevient adolescent. De toute façon, quand on est amoureux, on a 15 ans. Plus rien ne compte, on est juste amoureux et les papillons partout. C'est ce qui arrive à notre petite grand-mère. Mais bon, personne ne le sait.
- Speaker #0
Personne ne le sait. Et ce qui est joli dans le livre, c'est que cet homme, alors peut-être qu'il a mûri, les hommes ne sont pas tous atroces dans la BD, mais il a l'air génial en plus. C'est ça qui est top.
- Speaker #1
Mais oui, mais oui, oui. Mais bon, tu vois, le mec de Chloé dans le bouquin, il est génial aussi. C'est juste qu'il ne sait pas faire, quoi. Je ne sais pas, il n'a pas appris, il a grandi dans une société, parce que c'est ça aussi, on grandit dans une société patriarcale, les garçons sont éduqués là-dedans. Moi, quand j'étais petite, mes frères ne changeaient pas les draps de leur lit, ils déposaient leur linge sale tous les vendredis soir dans la porte de leur chambre. J'étais la seule, moi, à faire les lits de tout le monde, et moi, je devais mettre mes affaires sales au panier, mais pas eux. Et en fait, on a grandi là-dedans. Alors bon, là, c'est l'exemple de ma mère, mais on a tous des exemples comme ça. Les mecs, ils ont grandi comme ça aussi, les trois quarts. Donc, lui, il a peut-être appris, justement, sur le tard. Ou alors, il a été génial tout le temps. Ou alors, on ne parle que de Joe. On ne sait pas non plus s'il est parfait, finalement.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Parce qu'on ne connaît pas l'histoire de tous les personnages. Il y a trop de personnages.
- Speaker #0
C'est vrai qu'il y a beaucoup de personnages. En tout cas, moi, je vous conseille vraiment d'acheter cette BD, de l'offrir. Parce que c'est vraiment... Les dessins sont géniaux. plein d'humour, il y a plein d'humanité, il y a plein de joie de vivre et de oser changer de vie. Et vraiment, ce sentiment de sauter et le filet, il va apparaître quoi qu'il arrive.
- Speaker #1
Voilà. Et puis, comme c'est une histoire à la Nelly et Céline, c'est une histoire qui finit bien.
- Speaker #0
Exactement. Et j'ai une dernière question pour toi. Comme c'est une question très flamme des années 80. Céline, alors aujourd'hui, qu'est-ce qui allume ta flamme ?
- Speaker #1
Oula, je ne peux pas dire la vérité. Est-ce que c'est personnel ? Mais l'amour.
- Speaker #0
Tu nous laisses avec un petit teasing. En tout cas, c'était super. Reviens quand tu veux pour tes nouvelles BD. Je pense qu'il y en aura beaucoup, j'espère.
- Speaker #1
Et oui, la prochaine va être pas mal non plus.
- Speaker #0
Ça parle de quoi, du coup ?
- Speaker #1
De suicide. J'adore parce que est-ce que tu as réussi à mettre de l'humour là-dedans parce que vraiment c'est quand même Alors c'est une adaptation d'un roman hyper drôle donc oui et ça finit très très bien personne ne me suicide non non
- Speaker #0
Tu nous as rassuré Bon bah à toi Moi je vous dis à la semaine prochaine et à très bientôt
- Speaker #1
A bientôt Merci
- Speaker #0
Flamme des années 80
- Speaker #1
Le podcast qui allume la femme