Speaker #0En fait, ce premier jour dans cette salle de méditation, tu vois comme c'est le silence et que tout le monde est assis en posture, yeux fermés, j'ouvrais les yeux parfois et j'observais les gens. Et je me disais, mais ils se foutent de ma gueule. Vous vous foutez tous de ma gueule ici. Et du coup, je retombe dans une espèce de parano où je me dis, mais Nisrine, ça se trouve, t'es dans Truman Show et en fait, tout le monde... et acteur payé, et en fait, toi, tu es, genre, en gros, t'es le rat de laboratoire. En fait, t'es en train de vivre une expérience, et les autres, c'est juste un décor. Hola chicos y chicas, j'espère que vous allez bien. Nous sommes mercredi 28 janvier, et je me disais qu'en ce jour de mercure, ce serait top de vous faire l'épisode sur la retraite vipassana. Donc là, ça fait dix jours que je suis rentrée à la maison. Et je n'ai rien oublié de cette retraite. Donc, je vais vous raconter mon expérience dans tous les détails. J'avais peur de laisser passer le temps et que j'oublie des choses à dire. J'avais peur que l'expérience disparaisse de mon esprit. Alors qu'en fait, je m'en souviens comme si c'était hier. En fait, je pense que tu es tellement dans une pleine présence là-bas que tu ne peux pas oublier. Genre, j'arrive à me souvenir de chaque plat. que j'ai mangé chaque jour de la semaine. Donc, j'ai quand même noté quelques points pour ne pas m'éparpiller et pour quand même vous raconter l'essentiel. Qu'est-ce que c'est Vipassana ? D'où est-ce que ça vient ? Pourquoi est-ce que j'ai décidé de faire ça ? Quelles sont les difficultés que j'ai rencontrées ? Quelles sont les émotions par lesquelles je suis passée ? Et aussi, je finirai l'épisode par vous dire quels sont les dangers de ce type de retraite. Donc ça, il faudra rester jusqu'à la fin pour écouter. Mais d'abord, je veux vraiment commencer par vous dire tous les aspects positifs et tout ce que ça peut apporter. Déjà, pour commencer, le mot vipassana veut dire voir les choses telles qu'elles sont. Et c'est une technique de méditation, d'observation intérieure. Elle est très ancienne, donc elle a plus de 2500 ans. Et elle a été transmise dans un premier temps par le Bouddha. Donc à l'époque, le Bouddha, il n'avait pas pour vocation de créer une religion en son nom. Il a juste observé toute la souffrance humaine et il s'est dit, il faut qu'on trouve une méthode concrète pour libérer les gens. Et Vipassana, c'est vraiment la technique centrale qu'il va enseigner. Cette méthode, elle permet d'observer la réalité à l'intérieur telle qu'elle est. Donc quand je dis à l'intérieur, c'est à l'intérieur de vous-même. On apprend aussi à comprendre que... Tout est impermanent, il n'y a rien qui est figé dans le temps et tout est modulable en fait, parce que rien ne dure. Il y a vraiment ce concept d'impermanence. Et cette technique Vipassana, elle nous permet de sortir des réactions automatiques. par exemple, quelqu'un te fait une queue de poisson t'as envie de l'insulter c'est une réaction automatique tes nerfs s'activent direct et du coup ça part en steak et en fait cette méthode elle t'apprend à sortir de ce schéma de réaction automatique. Donc je tiens à préciser que même si cette méthode, elle a été transmise par le Bouddha, elle n'a rien de religieux. Genre ça n'a rien à voir avec le bouddhisme. Et en fait, dans les discours du soir, je vais vous expliquer après comment est modulée une journée, mais tous les soirs, en fait, on avait des discours, des discours qui sont animés par SN Goenka. SN Goenka qui est l'homme qui a rendu Vipassana accessible au monde moderne. Donc lui il est né en 1924 et il est décédé en 2013. Et Goenka il est né en Birmanie dans une famille indienne. A la base cet homme c'était un homme d'affaires, genre ce qu'il explique dans les discours c'est que lui il a connu vraiment la richesse et il dit souvent que en fait les hommes riches ils sont tous malheureux. Et il dit moi je sais parce que bah... J'ai côtoyé ce milieu et moi-même, en fait, je faisais partie de ces gens-là. Et comment il en est arrivé à Vipassana ? Parce que quand il était homme d'affaires, il a expliqué que quand il avait 25 ans, il souffrait de migraines, mais genre des migraines à se taper la tête contre le mur. Et en fait, il a vu plein de médecins, il a été dans le monde entier pour se faire soigner et ils n'ont pas trouvé ce qu'il avait. Donc, il se shootait aux médicaments. Il me semble de mon souvenir qu'il a été... addict à la morphine, parce qu'on lui donnait ça pour justement les douleurs. Et en fait, en dernier recours, il est tombé sur un maître laïque birman. Et le maître laïque lui a dit, pourquoi est-ce que tu ne ferais pas une retraite vipassana ? Et du coup, comme SN Goenka, il était au bout de sa life, il n'avait plus rien à perdre. En fait, il a dit OK. Et donc, c'est de là, en fait, que ça a commencé. Il a fait cette retraite pendant ces dix jours, ces huit à dix heures de méditation par jour, avec un rythme hyper strict et des restrictions hyper strictes que je vais vous expliquer. La première approche que SN Goenka a eue, c'est plus une méthode thérapeutique. Ça n'avait rien de spirituel au départ, il est vraiment allé pour soigner ses migraines. Ensuite, ce qui s'est passé après ça, il a continué à pratiquer Vipassana, donc matin et soir. Il a continué de faire d'autres retraites et en fait, ces migraines, elles ont diminué jusqu'à arrêt complet. Et en fait, il explique qu'il ne voit pas ça comme un miracle, ni une guérison mystique. Il a compris que la méditation vipassana avait un effet indirect sur le stress profond, les tensions accumulées dans le corps, les réactions mentales automatiques et les maladies psychosomatiques. Et même si ces migraines, elles ont diminué, il ne veut pas qu'on voit vipassana comme un traitement médical. En fait, il explique que oui, la guérison, elle peut arriver, mais ce n'est pas le but. Quand tu vas faire ce type de retraite, en gros, ton main goal, ce n'est pas genre je veux guérir quelque chose. Le but de cette retraite, c'est de comprendre et de purifier l'esprit. Et en fait, l'un dans l'autre, les maladies psychosomatiques, elles peuvent disparaître après ce genre de pratique. Pourquoi je vous parle de SN Goenka ? Parce que c'est vraiment lui qui a ramené Vipassana en Inde dans les années 70. Merci. C'est lui qui a structuré la pratique en dix jours. C'est de lui que vient ce cadre strict qui est identique partout dans le monde. Vous avez un site avec plein de centres Vipassana dans le monde entier et elles sont toutes sous un cadre strict. Enfin, en tout cas dans le site qui propose justement les méditations de SNGO NK. Et j'aimerais aussi préciser que cette retraite est sur donation. Donc, c'est vraiment en fonction de tes moyens. en fonction de ce que tu juges correct, en fonction de ta situation, que tu donnes en fait. Et ce que j'ai trouvé ouf, c'est que ce concept, il perdure depuis des décennies juste grâce aux dons de chaque participant. Donc c'est grâce aux dons qu'ils peuvent acheter plus de matériel pour la méditation, c'est grâce à ça qu'ils peuvent faire tourner en fait tous les centres, acheter de la nourriture. Et en fait, pour les personnes qui cuisinent, c'est toutes des bénévoles. Mais bref, du coup, SN Goenka, il répète énormément dans les discours du soir que Vipassana ne demande aucune croyance. Tu peux être de n'importe quelle confession. Ici, on te demande de... En fait, tu es neutre. Genre, on s'en fout de ton étiquette. D'ailleurs, en gros, si vous êtes religieux et que vous avez une pratique, vous n'avez pas le droit de la pratiquer pendant cette retraite Vipassana. Donc, je pense aux personnes qui prient. s'il y a des personnes qui jeûnent, enfin bref, voilà, vous ne pouvez pas pratiquer. Donc maintenant je vais vous expliquer tous les interdits, enfin j'ai pas envie de dire interdits, mais je vais vous expliquer tout ce que vous n'avez pas le droit de faire et ce que vous avez le droit de faire. La première règle qu'il y a, c'est la règle du noble silence. Donc c'est un truc qui a été placardé sur tous les murs du centre, silence total en fait. Tu n'as pas le droit de parler avec qui que ce soit, sauf si tu as une question pour l'enseignant, mais c'est vraiment à des créneaux particuliers. Tu dois mettre ton prénom sur une fiche pour pouvoir poser une question à l'enseignant. Et c'est en one-to-one. Ensuite, tu n'as pas le droit de regarder les autres. Genre, même un eye contact, tu ne peux pas. Pas de téléphone, pas d'écriture, pas de lecture. C'est un silence sur tous les plans. Je sais que certains peuvent voir ça comme une punition, ou genre, c'est comme si t'allais en prison. Mais en vrai de vrai, plus les jours passent, plus tu comprends pourquoi il y a toutes ces restrictions. Parce que le travail que t'es en train d'opérer à l'intérieur de toi, en fait, il requiert du silence. C'est pas possible, tu peux pas avoir du bruit autour de toi et faire ce travail intérieur. Le cadre dans lequel j'étais, donc moi j'étais dans le centre d'Amasumeru à Montsoleil, en Suisse. Donc, ce n'est pas loin de Berne. C'est dans le canton de Berne. Et du coup, l'environnement, il est très simple. C'est genre épuré, le strict minimum. Nous, on était quatre femmes par chambre. Ah oui, je vous explique. Les femmes et les hommes sont séparés. Et à la méditation, on est tous dans la même grande salle. Mais les hommes sont à gauche et les femmes à droite. Et il y a deux enseignants. Donc, une femme pour les femmes et un homme pour les hommes. Et du coup, le centre est vraiment épuré. C'est-à-dire que, moi je trouvais que ça ressemblait à un hôpital psychiatrique, genre ça ressemble vraiment à l'hôpital dans Shutter Island, et il y a vraiment le strict minimum. C'est comme si t'allais en colonie, mais tu sais quand t'allais en colonie et que t'avais 10 ans, et que genre l'école, ils ont pas trop de moyens, tu vois ce que je veux dire ? C'était vraiment comme ça. Mais en vrai t'avais pas besoin de plus. Au début ça m'avait un peu perturbée, parce que je me disais, bah en fait je peux pas fuir. Genre je peux... pas fuir en mode je me casse chez moi, mais en mode, tu vois, il n'y a pas de tableau accroché au mur. Il n'y a aucun stimuli. Genre, il n'y a rien, tu vois. Et du coup, c'est pour ça que j'avais l'impression d'être dans un hôpital psychiatrique. Parce qu'en plus, comme tu ne peux pas parler aux autres, on dirait des fous. On dirait vraiment des fous. Et ensuite, pour l'extérieur, on était en pleine nature. Parce que, de ce que j'ai compris, les centres Vipassana, ils ont certaines exigences pour ouvrir des centres. Il faut qu'ils soient excentrés de la ville. Mais accessible quand même dans les transports. Il faut qu'il y ait de la nature autour. Parce que voilà, il y a des trucs comme ça. Et du coup, on était vraiment dans les hauteurs. Donc, on voyait les montagnes. C'était vraiment magnifique. Le paysage, il était impressionnant. Et vraiment, tout est fait pour te couper de tous les stimuli. Tu as vraiment l'impression d'atterrir sur une nouvelle terre. Comme si tu vois l'identité que tu t'es forgée dans la vie de tous les jours. C'est comme si... Elle ne pouvait pas passer la porte. C'est comme si on te demandait de retirer ta veste et de rentrer dans le centre. C'est exactement comme ça que je le ressentais. Et du coup, c'était ultra perturbant de vivre ça. Genre, c'était trop chelou. Ensuite, concernant les horaires. Donc, comme je vous ai dit, dans tous les centres Vipassana, c'est les mêmes horaires. Comme on n'a pas de téléphone et comme tout le monde n'a pas de montre, c'est le gong qui sonne les changements d'activité. activité genre dans le sens à chaque heure de méditation il ya le gong quand il faut manger ya le gong quand il faut reprendre ya le gong et c'est et c'est vraiment une cloche ouais c'est assez fort en plus moi j'avais la chambre qui était en face de la cloche tu vois et du coup à 4 heures du matin sonne la première cloche et c'est pas genre ça sonne une fois non ça sonne trois fois ensuite à 4h20 ça ressemble c'est en gros genre à 4h30 vous que vous soyez prêt à être à être dans le hall de méditation. Donc à partir de 4h30, il y a deux heures de méditation. Ensuite, il y a le petit déjeuner. Ça dure une heure et demie. En gros, tu manges en 10 minutes, mais après, tu peux aller soit te rendormir, soit marcher dehors. Mais comme il faisait nuit jusqu'à 8h15, je pense que tout le monde allait se recoucher. Ensuite, de 8h à 9h, il y avait une heure de méditation obligatoire avec les enseignants dans le hall de méditation. Parce qu'en fait, dans la journée... Il y a 8 à 10 heures de méditation, mais il y en a 3 qui sont obligatoires avec les enseignants, et toutes les autres, entre guillemets, t'es un peu en autonomie. Genre, tu peux être soit dans le hall de méditation, soit méditer dans ta chambre, sur ton lit, assis, enfin voilà. Je vous cache pas que méditer dans sa chambre, c'est un très très gros piège, parce que t'as envie de dormir, t'es sur ton lit, genre t'as envie de te coucher, donc je vous expliquerai après. 8 à 9 heures, l'heure de méditation avec les enseignants. Ensuite, 9 heures, 11 heures, 2 heures en autonomie de méditation. Ensuite, 11 heures, 13 heures, c'est le repas du midi. Et c'est le dernier repas de la journée. De 13 heures à 14 heures 30, il y avait méditation en autonomie. 14 heures 30, 15 heures 30, méditation avec les enseignants. 15 heures 30, 17 heures, méditation en autonomie. 17h-18h, c'était l'heure du goûter, donc il y avait des fruits et des tisanes. Il y a aussi du lait d'avoine ou des choses comme ça. 18h-19h, l'heure de méditation obligatoire avec les enseignants. Et à 19h, il y avait le discours de SN Goenka. Donc comme je vous ai dit, il est décédé, ce n'est pas le vrai en physique qui était là. Pour ceux qui sont anglophones, ils avaient le discours à la télé. Et pour les francophones, c'était une salle en dessous. Et en fait, on avait comme un podcast, donc c'était juste l'audio traduit de SNGO NK. Et ça durait entre une heure et une heure et quart. Et ensuite, on avait de nouveau de la méditation jusqu'à 21 heures avec les enseignants obligatoires. Et après, on pouvait aller se coucher. Donc, comment est-ce que j'ai vécu ce planning ? Là, je vais rentrer dans le vif du sujet de comment ça s'est passé en fait, cette dinguerie. Tchou ! C'est quand même un emploi du temps militaire, si je puis dire. Déjà, je pense que c'est important que je vous explique pourquoi cette retraite m'a attirée. La première fois que j'en ai entendu parler, c'était via Amel, je vous en parle toujours, Tish Bayamel. Elle avait fait cette retraite en 2018 et elle avait fait un épisode de podcast dessus. Et en fait, je me suis dit, c'était il y a un an et demi, je me suis dit, ça a l'air intéressant. Alors que son podcast, elle l'a sorti il y a beaucoup plus longtemps. Mais je ne sais pas, je suis tombée dessus comme ça. Et je me suis dit, waouh, ça a l'air assez chaud comme type de retraite, tu vois. Et je l'ai noté dans un coin de ma tête. L'année dernière, décembre 2024, j'étais en train de faire mon Vision Board sur Canva. Et du coup, je notais tout ce que je voulais faire, je mettais des images, etc. Et j'ai mis une image d'une femme qui médite et j'ai mis Vipassana Retreat. Je l'ai mis, je ne dirais pas sans grande conviction, mais je l'ai mis et je me suis dit « Ok, je vais le mettre parce que c'est quelque chose qui m'intéresse, mais on verra. » Genre, je me laisse le temps, tu vois. Mais je ne veux pas quand même finir ma vie sans avoir essayé ce genre de truc. Complètement what the fuck, tu vois. Donc l'année se passe et vers le mois de juin, je vais sur le site Vipassana, donc c'est dama.org et je regarde un peu, je me dis à quel endroit est-ce que je vais le faire parce que je sais qu'il y a deux centres en France et il y en avait un en Suisse. Donc je regarde un peu sur les trois sites, je regarde quelles sont les disponibilités, etc. Et en fait, je me rends compte que dès qu'ils ouvrent des dates, genre le jour même, c'est déjà sur liste d'attente. Donc là, je me dis, une fois, deux fois, où je loupe le truc, je me dis, bon, je pense qu'il faudrait que je mette un réveil la prochaine fois, parce que voilà. Les deux autres centres qui sont en France, il me semble qu'il y en a un vers le sud de la France, et l'autre, je pense qu'il était à trois heures de route d'ici. Et je me suis dit, à choisir, je pense que j'irai en Suisse, parce que je me dis toujours qu'en Suisse, peut-être que les infrastructures, elles sont mieux. peut-être que la nourriture est meilleure parce que c'est les Suisses. J'ai plus traqué le centre Montsoleil. Et heureusement, je suis contente de l'avoir fait, même si je pense que tous les centres sont top. Mais je suis contente de l'avoir fait parce qu'après, j'ai eu des feedbacks de certains d'entre vous, dont un qui m'a dit que c'est le meilleur centre parce qu'il y en a qui viennent du monde entier pour faire cette retraite à cet endroit-là. Bref. Donc ça, je l'ai su après ma retraite, mais j'étais déjà très contente de l'avoir fait là-bas. Donc en septembre, je mets une alerte. Genre, je mets une alerte dans mon planning, genre pour m'inscrire pour Vipassana. À partir de septembre, pareil, je commence à regarder des vidéos YouTube de gens qui ont fait cette retraite. Et du coup, je commence petit à petit à me mettre dans le truc de « Waouh ! » En fait, ça a l'air assez ouf quand même. Ça n'a pas l'air simple du tout. Mais en fait, ce qui m'a vraiment attirée, c'est de voir... comment les gens rayonnaient après leur retraite. Parce qu'il y a des gens qui ont filmé avant et qui ont filmé après. Et j'étais là, mais leur visage, il est tellement apaisé. Genre, on dirait qu'ils ont perdu 10 ans d'âge. Et du coup, tu voyais que vraiment, leur aura était perceptible juste à travers l'écran. Et je me disais, OK, ces gens-là, ils respirent vraiment la paix intérieure. Et c'est exactement ce dont j'avais besoin. Je vous ai dit déjà, vers les derniers épisodes, quand j'ai un peu pété les plombs dans mes podcasts, je vous ai dit que c'était difficile de vivre avec trop de questionnements, mais genre crise existentielle sur crise existentielle. J'en avais marre en fait d'être victime de mes pensées, victime de mon esprit. Et du coup, je me suis dit, il faut absolument que je trouve une méthode qui m'ancre, genre qui me mette dans la réalité, qui m'ancre dans l'instant présent. Et donc, c'est pour ça que je me suis dit, il faut que je fasse cette retraite pour que j'en apprenne plus sur moi, etc. Mais vous savez que même en ayant regardé plein de vidéos YouTube, en fait, on n'est pas prêt à ce qu'on vit là-bas. Genre vraiment, je n'étais pas prête à vivre ce que j'ai vécu. Je n'étais pas prête à avoir autant de... Je ne sais pas comment vous dire. C'était un déchirement. C'est un déchirement qui s'est passé. Je ne m'attendais pas du tout à ce niveau de souffrance psychologique. Je me suis dit que, avant d'y aller, je me suis dit « Ouais, ça va être cool, je vais me recentrer sur moi, tatati, tatata. » Mais en fait, non, il y a énormément de paramètres que je n'avais pas du tout anticipés. Et en vrai, je ne vous demande pas du tout d'anticiper parce que, dans tous les cas, vous allez y aller. Enfin, pour les personnes qui sont intéressées, vous allez y aller. Et même si vous avez écouté ce podcast, si vous avez regardé d'autres vidéos, Je vous promets que de le vivre dans vos cellules, vous allez voir comment c'est un truc de ouf. Genre pas en mode, c'est un parc d'attractions et genre c'est la débandade et on rigole. Pas du tout. Genre vraiment, je ne sais pas comment vous expliquer. Bref, je m'écarte. Mais en gros, voilà, j'envoie ma candidature. Donc je m'étais vraiment connectée cinq minutes avant, je ne faisais que d'actualiser. Et là, dès que j'ai vu que les trucs étaient ouverts, j'ai postulé. Et en fait... quand j'ai réactualisé la page après avoir postulé, il n'y avait déjà plus de place. Donc je me suis dit, mais MDR ! Et en fait, c'était parfait pour moi parce que je l'ai fait du 7 janvier au 18 janvier. Et moi, janvier, je déteste ce mois parce que c'est vraiment un mois, on dirait qu'il dure trois mois. C'est la déprime totale. Et janvier aussi, ça représente... Enfin, il y a des dates que... Mon père, il était né le 4 janvier, il décédait le 14 janvier. Et c'était aussi l'anniversaire de ma mère le 10 janvier. Et bref, je trouve que c'est un mot qui est complicado. Donc je me suis dit, tu sais quoi ? Au moins, je ne serai pas là. Ça me permettra peut-être de me recentrer, de penser un peu à tout ça, de justement faire table rase sur tout. Et je me suis dit, ouais, peut-être qu'il n'y aura pas grand monde, vu que c'est janvier. MDR, c'était full, c'était full. Donc, j'étais contente d'avoir pris ces dates. Et vers fin novembre, c'est là que j'ai commencé le yoga. Et je me suis dit, en fait, là, tu vas devoir tenir une position de méditation en tailleur pendant des heures et des heures et des heures. si tu n'es pas capable de te tenir droite, ça ne va pas le faire. Donc j'ai commencé à faire du yoga aussi pour ça. Je me suis dit, il faut que je fasse de l'espace dans mon corps. Parce qu'en fait, on a un corps, il faut l'habiter. Genre maintenant, on ne bouge plus, on est toujours notre cul sur la chaise. Genre, je ne sais pas, on est cassé de partout, nos articulations sont rouillées. Là, ce n'était pas possible. Je me suis dit, je n'ai pas envie de me rajouter un stress supplémentaire. Et aussi, quand j'ai été acceptée, c'est là aussi que je me suis dit, je vais faire un jeûne hydrique et je vais supprimer Instagram. Donc, quand j'avais fait le jeûne hydrique de trois jours et que j'avais supprimé Instagram pendant une semaine, ça m'avait fait trop du bien. Et en fait, c'était pour me préparer à l'absence de stimuli. Le fait de jeûner pendant trois jours, je savais que le soir en Vipassana, il n'y a pas de dîner. Donc, c'était un moyen pour moi de me dire, OK, tu ne vas pas mourir, même si tu ne manges pas pendant trois jours. Donc là, tu n'auras pas de dîner et tu ne vas pas mourir parce que pendant trois jours, tu n'as pas mangé et tu n'es pas morte. Pour moi, c'était une première manière de driver mon mental et que ce n'est pas mon mental qui me drive. Et avec cette pratique du yoga qui est arrivée, j'ai commencé à m'intéresser à l'ashtanga. Donc l'ashtanga, c'est vraiment une philosophie qui a été créée il y a 2000 ans. Et à la base, l'ashtanga, ce n'était pas juste une pratique physique, ce n'était pas du yoga. C'était vraiment un... un processus, un chemin de transformation intérieure. Et ce que j'ai aimé dans cette pratique de l'ashtanga, c'est que je trouve qu'il y a énormément de similitudes avec la pratique vipassana, dans le sens où il y a quand même des valeurs communes. Dans l'ashtanga, il y a cinq principes moraux, vraiment comme en vipassana. Donc il y a cinq principes moraux dans l'ashtanga, il y a la non-violence, la vérité, le fait de ne pas voler, la modération et le non-attachement. Et ça, c'est quelque chose qu'on a vu en Vipassana. C'est quelque chose, dans les discours de Sengho Nka du soir, il en a énormément parlé, et c'était vraiment répété, pour que vraiment tu le comprennes. Et après, avec la pratique de la méditation, tu le comprends dans tes cellules. Donc j'ai commencé cette pratique de l'Ashtanga, qui est hyper compliquée, mais ce qui est assez impressionnant, c'est que tu remarques que tu progresses assez vite. Je vous fais quand même une parenthèse sur l'Ashtanga, parce que Je trouve vraiment que c'est sous-coté, dans le sens où, moi avant quand j'entendais Ashtanga Yoga, je ne savais même pas que ça provenait d'une philosophie qui date d'il y a plus de 2000 ans. Et je ne savais pas que ça avait des vertus thérapeutiques. Je pensais que c'était juste une pratique physique comme une autre, alors que pas du tout. J'ai commencé cette pratique parce que déjà de un, je suis tombée sur un Reels Instagram d'une fille qui s'appelle Maéva. Donc Maéva, si tu écoutes ce podcast. Et en fait, ça m'a trop parlé. Elle avait écrit en descriptif de la vidéo que l'ashtanga provenait d'une philosophie, que ça permettait de maîtriser l'esprit, etc. Et là, je me suis dit, waouh, ça me parle de ouf. J'ai trop envie de voir à quoi ça correspond. Le mot ashtanga veut dire huit membres, parce que Ausha veut dire huit et anga veut dire membre. Et donc en gros, c'est le chemin des huit membres du yoga. C'est un chemin qui te mène de la vie quotidienne jusqu'à la libération intérieure. Exactement comme Vipassana. Et donc les huit membres de l'ashtanga, il y a Yama, c'est l'éthique relationnelle, donc c'est les cinq principes moraux que je vous ai cités, la non-violence, la vérité, ne pas voler, la modération, le non-attachement. Ensuite, il y a la discipline personnelle, donc c'est comment tu te comportes avec toi-même. La pureté, le contentement, la discipline, l'effort juste, l'étude de soi, le lâcher prise. Ensuite, le troisième point, c'est les asanas, donc la posture. A l'origine, c'était fait pour préparer le corps à la méditation. Donc, c'était créer un corps stable, fort, endurant. Pas en termes de performance, mais vraiment avoir un support. Ensuite, le quatrième point, c'est pranayama, donc la maîtrise du souffle. Donc là, on t'apprend à... réguler l'énergie vitale, calmer ton système nerveux et vraiment créer un pont entre ton corps et ton mental. Le cinquième point, cinquième membre, pratihara, donc je ne vais pas vous faire l'accent indien, c'est le retrait des sens. Et ça, c'est un des points qui m'a beaucoup intéressée quand j'ai commencé à lire par rapport à cette pratique. Donc, on te demande de désengager l'attention du monde extérieur. Et moi, je trouvais que dans ma vie de tous les jours, en fait, genre... n'importe quel stimuli me sort de ce que je suis en train de faire. Vraiment, je suis facilement déconcentrée. Donc moi, depuis le début, je ne vous parle pas de troubles de l'attention parce que je n'ai pas envie de me définir par ça. En fait, je n'ai pas envie de rentrer dans une case. Donc c'est pour ça que je ne pense pas faire un jour un épisode sur le trouble de l'attention parce que je n'ai pas envie et qu'il y a déjà assez de contenu par rapport à ça et que c'est un peu chiant de voir les gens aussi s'auto-diagnostiquer comme ça. Donc, ce n'est pas un truc dont j'ai envie de vous parler et je n'ai pas envie de me définir par ça. Ce n'est pas un trait de ma personnalité. Bref, je ferme la parenthèse sur ça. Et donc, ce truc de retrait d'essence, ça m'avait trop intéressée. Parce qu'en gros, on te demande de faire le silence à l'extérieur. Que autour de toi, tu réussisses à faire le silence, même s'il y a du bruit. Et moi, ça m'a trop intéressée. Le sixième membre, c'est la concentration. Donc tu dois avoir une attention dirigée, ton mental doit être stabilisé. Et ça, en fait, ça va être la base de toute la clarté à l'intérieur de toi. Le septième membre, c'est la méditation. Donc ton attention, elle doit être continue, tu dois être présent sans effort et ton esprit va devenir fluide. Et le huitième point, donc ça m'a dit, je ne vous ai pas dit les autres points, comment ça s'appelait, mais bref, ça m'a dit, c'est l'absorption. Donc là, c'est la dissolution de l'ego. Et genre là, c'est là que tu ressens un état de liberté intérieure. Et je vais vous expliquer à la fin aussi pourquoi cette méditation vipassana, elle rentre totalement dans le cadre de tout ce que je viens de vous citer. Donc là, je ferme la parenthèse sur l'ashtanga. Du coup, j'expliquais que j'avais fait un jeûne hydrique, que je m'étais mise au yoga et je me suis dit, bon, au moins ça va un peu amortir le choc que je vais avoir quand je vais arriver là-bas. Donc j'arrive là-bas, je fais mon trajet, je suis allée en train et genre pendant tout le train, j'avais l'impression que, en fait, je sais pas comment dire, en fait j'avais vraiment le ressenti que je ne serais plus du tout la même personne en rentrant de ce séjour. Genre je me disais que ouais j'étais en train de dire au revoir à certaines parties de moi et c'est comme si, je sais pas, genre j'étais un peu comme, en vrai j'étais comme si je vivais un deuil alors que j'étais même pas encore arrivée là-bas. Euh... Du coup, j'avais mes écouteurs et tout. J'écoutais des musiques un peu mélancoliques. Moi, j'aime trop les musiques mélancoliques. Et du coup, je disais un peu au revoir à tout le monde, comme si j'allais mourir. J'envoie un message à mes sœurs et à ma mère, à mon frère. Et je leur explique, bon, du coup, vous n'allez plus avoir de nouvelles pendant dix jours si tout se passe bien. Parce que tu as le droit de partir avant si genre t'en peux plus. Mais le but, c'est quand même de rester dix jours parce qu'en fait, tu prends la place de quelqu'un d'autre. J'arrive au centre. Donc déjà c'était magnifique le paysage, vraiment t'arrives comme je vous dis, c'est comme une terre inconnue et donc t'arrives, tu poses tes affaires, ensuite on te fait remplir un document. Ah ouais attendez, je vais oublier de vous dire, dans le questionnaire sur internet, quand tu postules, on va te poser plein de questions et on va te poser beaucoup de questions sur ton état psychologique. Ils posent des questions sur est-ce que tu as suivi un traitement médicamenteux ces dernières années. On te demande si tu as pris des drogues, si tu as consommé de l'alcool, on te demande tout ça. Et du coup moi je ne vous cache pas que j'ai menti. J'ai menti parce que je n'ai pas dit que j'avais pris... Ah attendez, j'ai un colis. Bon c'est bon, Val, il va le récupérer. J'ai pas dit que j'avais été sous traitement antidépresseur l'année dernière, parce que j'avais peur en fait qu'ils refusent. Genre je me suis dit, en fait, ils vont jamais m'accepter si je dis que j'avais eu quelque chose. Donc j'ai menti, j'ai dit que ça allait, j'ai... voilà. Si vous avez des soucis psychologiques, ou que vous vous sentez instable, ou que vous avez eu une dépression il n'y a pas longtemps, et que vous vous sentez pas apte, Et bien en fait, ne le faites pas. Je n'ai pas envie d'être responsable alors que vous allez peut-être avoir envie de vous planter un couteau dans le crâne là-bas. Tu vois ce que je veux dire ? Sachant que moi, j'avais envie de me planter un couteau dans le crâne. C'est pour ça que je vous dis ça. Donc, si vous ne vous sentez pas prêt, ne le faites pas. Et en fait, j'avais juste dit que j'avais traversé une phase compliquée en 2017 quand mon père est décédé. Mais je n'ai rien indiqué de plus. Et en fait, il m'a renvoyé un email pour me demander... Plus d'informations. Ils m'ont dit, oui, qu'est-ce que vous entendez par vous étiez pas bien, tatati ? Est-ce qu'aujourd'hui, vous vous sentez comment ? Et donc, du coup, je leur ai dit que tout allait bien, que j'étais stable. Bref, j'ai mis tôt, mais parce que je me sentais prête à le faire. Je me suis dit, écoute, là, c'est bon. J'en ai marre, là, ça fait... J'ai 31 ans, j'ai plus envie de mettre sous le tapis, mettre sous le tapis, mettre sous le tapis. C'est bon. On est prêts là, je suis apte, j'ai les coronesses pour le faire. Et du coup, je leur renvoie que tout va bien. Et ils ont dit, ok, on préfère demander parce que comme on n'a pas de psychologue ni de psychiatre sur place et que c'est que des bénévoles qui travaillent, on veut être sûr qu'en gros, tout va bien se passer. Donc, j'étais trop contente, ils m'ont accepté. Bref, j'arrive au centre Vipassana. Et donc, on remplit encore un document où ils redemandent encore une fois. Êtes-vous sûr que vous êtes... apte à faire ça, blablabla. Et du coup, je lui mets oui tout. On te demande, êtes-vous sûr de rester les 10 jours ? Donc, je coche oui. Et là, en fait, on te dit, bon, en gros, à partir du moment où vous voulez aller visiter votre chambre, il faut que vous rendiez votre téléphone. Et en fait, je voulais trop voir la chambre à la ressembler à quoi. Voilà, j'étais genre excited, la nouveauté, voilà, bref. Et du coup, j'ai vite rempli le document. J'ai envoyé un message à Val, j'ai dit ciao, blabla, et j'ai rendu mon téléphone. Il était 15h40, ok ? Et la première méditation, elle était je crois à 19h. Non, elle était à 20h je crois, je ne sais plus. Non, elle était à 20h, 20h à 21h. C'était la première heure de méditation. Et à 18h, il y avait genre la soupe. À ce moment-là, on pouvait encore parler. Le début du noble silence, c'était vraiment... à partir du premier gong à 20h. Donc, on pouvait parler, mais moi, à ce moment-là, je ne connais personne, je ne vais pas parler avec des gens que je ne connais pas. C'était trop bizarre. Donc, j'ai rendu mon téléphone, je monte dans la chambre, déjà, j'étais contente parce que j'étais proche fenêtre. Ah ouais, il faudrait que je vous explique, il y avait trop de petits signes. Il y avait des petits signes, j'étais contente, je voyais des petites synchronicités. Et en fait, pendant une semaine avant que j'aille à cette retraite, je me disais... j'espère que je suis à côté de la fenêtre, j'espère que je suis à côté de la fenêtre. Et en fait, je m'imaginais le pire, parce qu'il y a eu l'incendie de Grand Montana, le drame qui s'est passé pour le Nouvel An, et en fait, je me disais, j'ai envie d'être proche d'une fenêtre. Genre, s'il y a le feu, j'ai envie de sauter par la fenêtre. Je n'ai pas envie d'être proche de la porte, tu vois. Donc, j'espérais vraiment d'être proche fenêtre, et en fait, j'étais proche fenêtre. Donc, j'étais trop contente. Ensuite, le nom de ma chambre, c'était NM4. Et donc, c'est mes initiales, genre Nisrine, avec mon nom de famille qui commence par un M, mon nom de famille de mariage, 4, parce que je suis née le 4 novembre. Donc, je me suis dit, waouh, c'est un truc de ouf. Genre, il y a ça, je suis proche fenêtre, la vue, elle était trop belle et tout. J'installe mes affaires, genre en 10 minutes, je mets mes draps et tout. Et là, je me rends compte que je n'ai plus mon téléphone. Et donc, je m'assois et je me dis, donc là, tu as rendu ton téléphone 3 heures plus tôt. juste parce que tu voulais vite voir la chambre à quoi elle ressemblait. Maintenant, tu as vu la chambre, qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Du coup, je me dis, mais il n'était que 15h50. Mais qu'est-ce que je vais faire jusqu'à l'heure de manger, jusqu'à 18h la soupe ? Vous vous rendez compte ? Déjà, je me disais ça alors qu'il n'y avait que deux heures à attendre, alors que les jours d'après... Pendant dix jours, genre, c'est l'enfer. Donc, voilà, je sais pas, j'essaye d'empiler mes affaires. Je me dis, vas-y, je mets les pulls d'un côté, les pantalons de l'autre. Enfin, tu sais, t'essayes de broder. Genre, tu meubles le temps. Et à ce moment-là, il n'y avait encore aucune fille de ma chambre qui était arrivée. Elles sont arrivées un peu plus tard. Et du coup, bah, voilà, je me retrouve dans ce lit, assise, à regarder par la fenêtre. Et je me dis, ok, ça y est, l'expérience est en train de commencer. Donc, j'ai un sentiment de vide. En fait, j'ai un sentiment de vide et à la fois, j'ai un sentiment d'excitation à l'idée de voir ce qui m'attend. Mais je ressentais quand même beaucoup du vide parce que là, c'était comme si, tu vois, je me suis retrouvée comme quand j'étais petite. Et que tu sais, quand t'es petite, t'as pas de téléphone. Comme quand j'étais petite et que j'étais allée en colonie de vacances à Combloux, pour les gens qui se souviennent quand on était enfant. Donc, on était allé à Combloux et en fait, je n'ai pas dormi de la nuit. Je dormais pas de la nuit parce qu'en fait, j'étais pas avec ma mère. Et que moi, si tu m'éloignes de ma mère, j'étais au bout de ma vie. Donc je pleurais la nuit, genre en sanglots. Je me cachais sous la couverture. Et je me souviens, c'était l'enfer. C'était l'enfer. Et donc là, je me suis retrouvée dans cette situation. Donc je n'ai pas pleuré. Je ne suis pas une gamine, mais j'étais genre pas bien. Je me suis dit, OK, maintenant, on fait quoi ? Donc, pour casser cette espèce d'ambiance morose, je décide de descendre au réfectoire. Au réfectoire, il y avait encore les personnes qui arrivaient pour s'inscrire, etc. Et donc voilà, je regarde les gens. Je me dis, waouh, il y en a qui viennent de loin. Il y en avait une, elle avait un accent canadien. Il y avait des anglophones. Il y avait des gens, je crois, qui parlaient allemand. Bref, je commence à observer les gens et je me dis, tu sais, je commence à imaginer, ouais, est-ce qu'ils sont en couple ? Est-ce qu'ils sont des enfants ? Je ne sais pas, genre, tu sais, je pars dans mes pensées, quoi. Et je vois qu'il y a des gens qui font connaissance entre eux, et dans ma tête je me disais, je pense que c'est pas bien de parler alors qu'on vient en vipassana, genre je vais pas commencer à parler alors que voilà quoi, je suis venue pour ne pas parler, donc je m'en fiche de faire connaissance avec quelqu'un quoi. Ensuite c'est l'heure du dîner d'arrivée, donc c'était une soupe avec du pain, il y avait du beurre, il y avait du cénovis, et en fait... J'ai pris un bol de soupe, j'en ai même pris deux, parce que dans ma tête je me suis dit, là tu vas passer dix jours avec une alimentation tellement légère, donc fais tes réserves. Donc j'ai pris deux bols de soupe et ensuite j'ai pris du pain avec du beurre et du cénovis et je me suis dit, ça me rappelle Val, genre lui il kiffe de ouf manger une baguette avec du beurre et du cénovis. En fait c'est comme si j'essayais de me raccrocher à quelque chose de familier. Et donc là je commençais à voir un peu mes mécanismes. alors que ça n'avait pas encore commencé. Mais je me disais déjà, meuf, tu te rends compte que tellement t'es déstabilisée, tu vas manger trois tartines de beurre Cénovis juste pour te souvenir de Val et des trucs qu'il kiffe. Mais ça m'a réconfortée quand même, donc voilà, j'ai pris mon petit truc et tout. Ensuite, on a un petit discours avant de monter dans la chambre, avant la méditation. Pendant le discours, Goenka, il rappelle... Les cinq principes éthiques de vipassana, donc ne pas tuer, ne pas voler, ne pas avoir de comportement sexuel, ne pas mentir et ne pas consommer d'intoxicants, donc pas d'alcool, pas de drogue, rien qui va altérer ta conscience. Et en fait, ces principes-là, ils ne sont pas là pour interdire, c'est vraiment pour créer des conditions de travail mentale optimales. Parce que... En gros, si tu ne consommes absolument rien, si tu n'as pas de stimuli, que ce soit sexuel ou autre, en fait, tu as vraiment un terrain qui est neutre pour l'observation. Bref, je finis mon repas et là, je vois dans le reflet de la fenêtre, je vois une meuf trop mignonne. Je la trouvais trop jolie et je commençais à me demander, ouais, elle vient de quel pays ? On dirait une Latina. On aurait pu croire qu'elle est brésilienne, mais en même temps, on aurait pu croire qu'elle est turque. On dirait qu'elle a des origines, tu vois. Et en fait, quand je la voyais, je me disais, on dirait que c'est un mélange de mes cousines. Genre, elle a un air familier avec moi et ma famille du côté de ma mère. Et en fait, si je vous dis ça, c'est parce qu'à la fin de la retraite, quand on a pu toutes discuter les unes avec les autres, il y en a plusieurs qui nous ont demandé si on était sœurs. Du coup, bref, je la regardais sans qu'elle me voit dans le reflet de la fenêtre. Parce que comme il faisait nuit et qu'on mangeait face à une fenêtre, En gros, quand tu regardes la fenêtre, tu vois ce qui se passe derrière toi. Et donc, j'étais hyper intriguée par cette personne. Et là, on finit de manger, on finit le discours de Goenka. Il explique les cinq principes. Il dit que là, vous vous engagez à dix jours. Vous ne savez pas encore à quoi vous attendre, mais vous allez voir à quoi vous attendre. Donc, on remonte en chambre et en gros, les personnes qui s'occupent de la retraite nous ont dit « Il faut que vous vous mettiez d'accord entre vous, les personnes de votre chambre. » pour le radiateur, la fenêtre, les choses, parce qu'après le gong, vous n'avez plus le droit de parler. Et donc, on monte en chambre, et là, je vois que la meuf que je trouvais trop belle, elle était dans ma chambre. Et j'étais trop contente, tu vois. Genre, je ne sais pas, je l'ai trouvée un truc familier. On était trois personnes sur quatre, il manquait encore la quatrième, elle avait eu des soucis de train, avion, etc. Et donc, on fait connaissance vite fait, genre, comment tu t'appelles ? « Ok, vous avez connu comment vit Passana ? » Enfin, voilà, on n'avait pas trop le temps de parler, on ne savait pas il était quelle heure et on ne savait pas il nous restait combien de minutes. Donc, je sentais un peu l'excitation. Et donc, la fille que j'ai vue en bas dans la cuisine, qui au final était dans ma chambre, elle s'appelle Manon. Donc, coucou Manon, je sais que tu vas écouter cet épisode. Donc, vraiment, j'étais trop contente parce que c'est comme si je l'avais prise comme point de repère. Genre voilà. Et donc Manon elle a 26 ans, ensuite il y avait Martha, donc Martha c'est la personne qui est arrivée en retard, c'est une italienne donc elle vient vraiment d'Italie. Et il y avait Muriel qui avait 33 ans, donc voilà. Ah oui et Martha elle avait 21 ans. Et genre je le savais pas avant de commencer la retraite, genre c'est une information que j'ai oublié de lui demander. Mais bref, on discute très rapidement et là le gong sonne. Donc genre j'étais trop dégoûtée parce que j'ai... J'étais trop contente d'avoir enfin parlé avec des gens, alors que depuis 15 heures que je suis arrivée au centre, je n'ai pas parlé à qui que ce soit. Parce que je me suis dit, non, mais on est en retraite vipassana, et là je me suis dit, putain, j'aurais dû. Et genre bref, j'étais trop excited, j'étais contente d'être avec Manon, parce que je sentais que, ouais, on allait bien s'entendre, même si on ne pouvait pas se parler. Genre, je sentais une connexion avec elle. Et du coup, j'étais un petit peu rassurée. On va pour notre première heure de méditation. C'était hyper difficile. Genre, je n'ai pas arrêté de bouger, tu vois. Donc, on te dit juste, il faut fermer les yeux. Il faut juste se concentrer sur sa respiration. C'est les seules informations qu'on te donne. Et ensuite, pendant une heure, il y a silence radio. Genre, vraiment, c'est impressionnant le silence. Je trouve que c'est ultra agréable. Moi, j'ai trouvé ça hyper agréable de ne rien entendre. Genre, cette salle de méditation. L'énergie qu'il y avait dedans, elle était hyper agréable. C'est comme si le temps s'arrêtait. Et pour le coup, le temps s'arrêtait. Genre, pas pour la bonne raison, mais du coup, on commence la méditation. Et on te demande de fermer les yeux. Et là, je me dis, ouais, là, ça fait facile 20 minutes que j'ai les yeux fermés. Et en fait, j'ouvre les yeux et j'arrivais à entrevoir l'horloge de l'enseignante. Et là, je vois que ça fait 6 minutes seulement que j'ai les yeux fermés. Et donc, je me dis, waouh, donc là, si ça commence comme ça, comment est-ce que tu vas faire pour tenir 10 heures de méditation par jour ? Donc, je commence un peu à stresser, tu vois. Mais je me dis, bon, chill, on vient d'arriver. Déjà, voilà, c'est cool, les filles de ma chambre, elles sont sympas. J'essaye de me rassurer et je me dis, de toute façon, dans 40 minutes, enfin 45 minutes, tu vas aller te coucher, donc tout va bien se passer. Et on verra demain ce qui se passera. Donc j'étais super fatiguée. Quand c'était l'heure d'aller dormir, je me suis endormie direct. Je n'avais aucun problème à m'endormir. 4 heures, le gong sonne. Donc là... Tu te réveilles et tu te dis « Waouh, je suis où ? J'ai atterri où ? » Le gong sonne, je me rendors. 4h20, le gong ressonne. Donc là, je comprends qu'il faut se dépêcher parce qu'il ne reste que 10 minutes avant d'aller dans la salle de méditation. Et à ce moment-là, je ne savais pas encore les horaires exacts. Je n'avais pas pris la petite brochure avec moi, mais il y avait les horaires affichés sur les murs. Mais à chaque fois, j'oubliais. Je me disais « Attends, mais là, il est quelle heure ? Le gong sonne. Est-ce qu'on a encore 5 minutes ? Je ne comprends plus. » Ça a duré bien les deux premiers jours où j'étais un peu perdue niveau horaire. 4h30, on est dans le hall de méditation. Moi, je n'avais pas encore compris que les enseignants, ils n'étaient pas là les deux premières heures. En fait, tu es vraiment livré à toi-même. Franchement, les premiers jours, tout le monde était dans le hall de méditation à 4h30. Et plus les jours passaient, plus j'ai capté qu'en fait, on était beaucoup à ne pas se réveiller au gong. Et à se réveiller vers 5h15, 5h30. Mais voilà, j'avais capté que, en fait, ouais, c'était pas tout le monde. Par contre, dans ma chambre, donc Muriel, qui était avec nous, elle, gonguissonne, elle est déjà sortie de la chambre, tu vois. Et avec les filles, avec Martha et Manon, c'était pas du tout la même chose. Genre, pas du tout. Donc, j'étais censée avoir mes règles le premier jour de Vipassana. Et en fait, je les avais pas. Deuxième jour, je ne les avais pas et en fait, elles sont arrivées le troisième jour. Mais du coup, j'ai compris pourquoi les premiers jours Vipassana, j'étais ultra fatiguée. Genre le soir, je m'endormais hyper rapidement et il y a un des matins où je n'ai même pas entendu le gong sonner. Je ne l'ai pas entendu. Et au moment où ce matin-là, où je ne l'ai pas entendu sonner, je me réveille et je vois qu'en fait, il y avait encore Manon et Martha dans la chambre. Donc je me suis dit... C'est que ça n'a pas encore sonné. Peut-être que Muriel est partie se doucher. Enfin, j'en sais rien. Donc, je reste, je m'allonge et je me dis, putain, j'ai trop bien dormi. Genre, je suis prête à démarrer la journée. Et là, je me lève et je descends pour voir l'horloge. Et il était genre 6h du mat. Et donc là, je me dis, mais attends, on n'a pas entendu l'horloge. Et tu vois, tu ne peux pas parler avec les meufs de ta chambre. Tu ne peux pas leur dire, est-ce que tu es au courant que ça avait sonné, que peut-être que t'as pas entendu que tatatitatata Donc genre, bref, je commence à monter la tête et tout. Et genre, je commence à ultra culpabiliser. Donc c'était le deuxième jour. Donc je culpabilisais à mort et je me disais, non mais attends, t'as cru que t'étais venue pour faire des vacances ? Tu sais, genre vraiment ce truc de performance. Moi, c'est un truc qui est très problématique chez moi, c'est le vouloir être parfaite. Mais c'est pas genre en mode, ouais, je suis perfectionniste. Non, c'est vraiment si je ne rends pas un travail. exemplaire, c'est quelque chose qui va me travailler et que je vais me sentir comme une merde. Et donc là, clairement, je me sentais comme une merde. Surtout qu'en fait, ce qui est assez ouf, c'est que chaque personne que tu vas rencontrer dans cette retraite, même si tu ne leur parles pas, chaque personne te renvoie à... c'est un miroir de toi-même. Et du coup, moi, dans cette expérience, chaque personne de la chambre renvoyait quelque chose chez moi. Et Muriel, comme elle était hyper assidue, Et que genre elle se levait tout le temps, que genre vraiment c'était l'exemple, c'était genre l'élève exemplaire. En fait moi ça me ramenait au fait que j'étais indisciplinée et que genre en fait mais d'où j'ai pas entendu le gong ce matin, tu vois. Et du coup je m'en voulais à mort et dans ma tête ça tournait et je me disais mais attends, t'es venue pour dix jours, t'es même pas capable de te lever. Bref, je m'observe en train de m'auto-flageller et ça fait mal, tu vois, genre vraiment c'était difficile. Et comme en fait, tu ne peux pas extérioriser, tu ne peux pas faire du sport, tu ne peux pas parler. En fait, tu n'es que toi avec tes pensées. Ça veut dire que tu ne peux pas, genre c'est difficile de mettre un stop à tes pensées. Là, tu vois, si on me dit dans ma vie tous les jours d'arrêter de m'autoflageller pour un truc. Ok, c'est facile, j'ai juste à sauter d'activité en activité, de pensée en pensée. Genre, je vais pouvoir m'occuper. Mais là, j'étais dans ma chambre, dans cette cellule de prison. en train de réfléchir et je me disais mais putain tu vois c'est comme ça c'est comme c'est comme avec la bouffe t'as pas de discipline à chaque fois tu te lances dans un nouveau truc où tu te dis ouais c'est bon cette fois ci c'est bon je vais m'y tenir tatitata et après à la fin tu lâches l'affaire parce que genre voilà t'as été stimulé par un truc qui fait que voilà tu ça n'a pas fonctionné et du coup je revois un peu toutes mes facettes où en fait j'ai été indiscipliné Et genre, en fait, c'est ça qui est ouf, c'est que là, je commence à me rendre compte que là, je suis en vipassana, il se passe des choses dans mon cerveau. des mécanismes de réflexion que je n'ai pas en temps normal. Alors que, voilà, vous savez que je vous ai dit, je suis quelqu'un qui aime bien introspecter, mais un peu trop. Genre, parfois, c'est... Genre, il faut se calmer, il faut doser. Genre, on n'est pas en psychiatrie, tu vois. Et donc là, je me disais, waouh, ça commence bien. On est au jour 2. Donc voilà, je ne me suis pas levée. Ça a duré, je pense, deux heures et demie, où je n'étais pas bien dans ma tête. Et ensuite, ben voilà. Je me dis, ok, c'est pas grave, tu t'es pas levée, mais demain matin, tu vas te lever, la journée continue, va prendre ton petit-déj, pense à autre chose. Donc, je suis allée déjeuner et c'est limite, je me disais, mais en fait, tu mérites pas d'être assise au petit-déj avec tous ces gens qui se sont levés à 4h, alors que toi, tu restais dormir, tu vois. Et donc, je mange, je mange, je mange et à la fin, je me dis, stop. Dans ma tête, je dis stop, ferme ta gueule. À moi, à moi-même, je me disais, ferme ta gueule, parce que j'en pouvais plus. Et là, je commence à doucement... doucement basculer vers une folie intérieure. Vraiment, c'était... Bref, les heures passent. Ensuite, il y a l'heure de méditation avec les enseignants. Ensuite, il y a les deux heures en autonomie. Et là, je me dis, tu vois, tu ne t'es pas levé ce matin, là, tu vas aller faire ces deux heures d'autonomie. Bref, ça me donnait un peu de ego boost de me dire, vas-y, fais-le et tout. Ensuite, il y a le premier lunch, le deuxième jour du lunch. Les repas, ils étaient super bons. Vraiment, c'était cool. Je luttais. pour ne pas me resservir trois fois. Parce qu'il y a toujours le truc de « je ne peux pas manger ce soir » , « est-ce que je vais mourir ? » Genre vraiment, ton égo, il te met dans des situations où il te fait croire que tu es dans un danger imminent. Et donc, le premier et le deuxième jour, je prenais encore des tartines au beurre Cénovis. Et en fait, au bout d'un moment, je me suis dit « ça suffit, tu n'es pas venu pour refaire la même chose que tu fais à la maison. » Genre... Tu as bien vu que le fait de ne pas te dépenser toute la journée en vipassana, tu n'as pas besoin de manger autant. Genre, tu ne vas pas clams si tu manges une tartine de moins. Et donc, à partir de ce jour-là, je me suis fixé un contrat envers moi-même de ne plus manger de gluten. C'est-à-dire de ne plus prendre du pain. Il y avait des repas où il y avait des pâtes, j'ai toujours pris du riz. Je me suis dit, je ne vais pas... C'est bon, en fait, calme-toi. En fait, genre... Ça me faisait mal au ventre déjà. J'ai certains trucs avec mes intestins qui font que je ne peux pas manger que de la merde comme ça tout le temps. Donc le pacte a été signé de mois à mois. Plus de gluten jusqu'à la fin du séjour. Et aussi, je me suis dit, maintenant tu vas manger lentement. Et en fait, ce qui était intéressant, donc là je vais revenir au premier jour. Ce qui était intéressant, c'est que ce premier jour, il a été horrible. Il a été horrible parce que le temps passait hyper lentement. Genre une minute, c'est comme si c'était 15 minutes. Je me disais mais c'est pas possible. Comment on peut dire dans la vie de tous les jours que le temps passe vite alors que là j'ai envie de me taper la tête contre le mur. Donc le temps passait lentement, je regardais tout le temps l'horloge. Genre c'était infernal. Et en plus j'avais donné ma montre au tout début. Genre je l'avais mise dans le locker auquel tu n'as pas accès. Donc j'avais pas de montre les 4 premiers jours. Après j'ai redemandé ma montre. Mais j'avais pas de montre donc... pas du tout de voilà et je vois que le temps est lent mais d'une lenteur mais wesh genre vraiment je me suis dit foutez vous de ma gueule en fait ouais ah oui aussi en fait donc ce premier jour dans cette salle de méditation tu vois comme c'est le silence et que tout le monde est assis en posture yeux fermés j'ouvrais les yeux parfois et j'observais les gens et je me disais mais ils se foutent de ma gueule Vous vous flûtez tous de ma gueule ici. Et du coup, je retombe dans une espèce de parano où je me dis, mais Nisrine, ça se trouve, t'es dans Truman Show, et en fait, tout le monde est acteur payé, et en fait, toi, tu es, genre, en gros, t'es le rat de laboratoire. En fait, t'es en train de vivre une expérience, et les autres, c'est juste un décor. Et je commence à vraiment me mettre dans ce truc que... Ouais, en fait, tout le monde est en train de se foutre de ma gueule. Genre, vous vous foutez de moi. Genre, des anciens étudiants, ils ont envie de revenir. Mais arrêtez de mentir, tu vois. Mais du coup, genre, j'ouvre les yeux. Tu sais, j'ouvre un œil parce qu'il y a les enseignants qui sont en face de toi. Ils ont parfois les yeux fermés, mais parfois, ils ont les yeux ouverts. Et du coup, je regardais d'un œil à gauche, à droite, devant. Et j'étais déprimée, les gars. Mais dans une déprime intérieure, je me suis dit, je ne vais jamais tenir dix jours. Et là, je repense à toutes les phrases que j'ai dites. Franchement, si je termine pas, je suis une grosse merde. Genre, encore ce truc de performance. Ouais, si je rentre avant, c'est que vraiment, je suis une sous-merde. Ouais, j'ai dit à ma pote, j'avais dit à Amel, ouais, mais moi, je suis pas une fragile, je vais pas rentrer chez moi, parce qu'elle m'a dit, tu verras, il y a des gens au fur et à mesure qui vont partir. Et genre, j'ai dit, mais MDR, t'as cru que j'étais une fragile ? Moi, je vais rester jusqu'au bout. Genre, je me suis dit, mental pita, mental feu, MDR. C'est la fin de la première partie de cet épisode. Je vous posterai la deuxième partie dans quelques jours parce que l'épisode va être beaucoup trop long sinon. J'espère que vous avez apprécié cette écoute. On se retrouve pour le prochain épisode. Bisous !