- Speaker #0
Oh ben ça ! Ça fait trop de temps !
- Speaker #1
C'est pas très formule agique ou pas ? À fond la fourrure.
- Speaker #2
Je pense que sans faire de grandes phrases philosophiques, ce monde n'y a rien que si on sait du monde au cœur. Y'a pas à dire, ça c'est du vrai folklore !
- Speaker #1
Hop hop hop hop hop hop hop ! Déjà, bonjour à toutes et tous, et merci beaucoup d'écouter ce premier épisode du podcast Folklore ! Installez-vous, mettez-vous à l'aise, on va se replonger... tout doucement dans l'ambiance du World Festival Amber. On se retrouve dans les backstage, sur les transats, sous les arbres, au coin de la prairie quoi. C'est parti ! Et on est avec Harry Cover qui est le DJ maintenant résident du festival, qui fait partie des murs on peut le dire, et Benoît Pascal qui est le président du festival depuis 2018 mais qui a fait ses premiers pas au festival tout petit. Le World Festival Amber, il détonne quand même pas mal dans l'écosystème des festivals français. Harry, c'était quoi toi tes premiers ressentis quand t'es arrivé sur la prairie, quand t'es arrivé au festival pour la première fois ?
- Speaker #3
Alors moi je fais pas mal de trucs à l'année, un peu de partout, et quand je suis arrivé là, j'ai trouvé un truc que j'ai pas vraiment trouvé ailleurs. Je sais pas si vous allez me dire oui ou non, c'est vraiment un truc de très famille en fait. Mais famille globale, c'est-à-dire évidemment il y a la famille Pascal qu'on connaît bien maintenant, mais aussi un truc de famille entre... Tous les acteurs de tout ça, que ce soit la sécu, les copains un peu techniciens, et même les groupes, je pense, se sentent tout de suite. Moi, je me suis senti chez moi tout de suite, comme si j'avais été là depuis très longtemps. Moi, c'est mon premier ressenti, en tout cas, la première fois que je suis arrivé. De toute façon, clairement, tous les endroits où je suis allé, où il y a des bénévoles, c'est toujours les meilleurs endroits et les meilleurs accueils, où tu te sens le mieux. Plutôt que dans des grosses structures, des gros festivals très pros, mais qui enchaînent et qui font ça tous les jours. Et finalement, il n'y a pas d'humain. Il y a un truc très humain, je pense, ici.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous expliquer peut-être comment tu es arrivé ici à Amber ? Comment tu es arrivé au festival ? C'est une belle histoire, je crois. Oui,
- Speaker #3
c'est cool. C'est rigolo. Donc, tu vois, on parle de famille. Il y a donc ici les gens de la technique. C'est la famille Malfériol qui ont la boîte Concert System. Concert System, c'est une boîte historique chez moi à Vienne. Moi, j'habite à Vienne, en dessous de Lyon. donc je ne suis pas du tout de la région, pas très loin Moi je suis très très ami avec les fils Malférioles qui ont grandi aussi dans la technique avec leurs parents et après Benoit me dira si je me trompe mais historiquement c'est la famille Malférioles qui sonorisait les tout premiers World Festival et donc c'est vraiment un truc très famille et moi je suis très très copain avec eux depuis bien 35 ans je dirais et ils me disaient ah mais t'es jamais venu en verre ! Et un jour à l'anniversaire de Florent qui est donc le boss de la boîte de soins de lumière il dit bah j'ai invité Benoit tu pourras le rencontrer Donc voilà, soirée un peu... hein, voilà, bien. et il me dit, j'ai jamais fait de DJ mais je sais pas, je dis écoute, l'année prochaine, je viens il a pas eu le choix maintenant, je lui ai dit je viens et on voit ce qu'il se passe il te l'a imposé ?
- Speaker #2
c'est exactement ça, on s'est retrouvé dans une soirée il m'a dit, je viens l'année prochaine ah ok,
- Speaker #3
enchanté c'est un peu un accident mais il y avait une volonté aussi c'était au changement un peu du festival, il m'a dit, écoute je viens Il dit ouais mais je sais pas, je dis non mais je viens, regarde, entre les groupes y'a rien, bah y'aura moi, ça fera une animation, c'est cool, mets-moi un système son et on voit ce qu'il se passe. Et bah il s'est passé un peu de bordel et de choses et puis les gens ont trouvé ça cool et c'est devenu un peu un rendez-vous maintenant et voilà donc c'est un peu un accident au départ et ça c'est devenu une attitude chiant si on peut dire ça comme ça.
- Speaker #1
On parle souvent d'ADN quand on parle du festival mais c'est un terme quand même qui est ici assez bien choisi. Parce que ça infuse vraiment en vous tous cette énergie et puis cette grande famille au sens propre et au sens figuré, la famille dont tu parlais tout à l'heure. Qu'est-ce qui vous lie toutes et tous ? Benoît ?
- Speaker #2
Je pense le plaisir de se retrouver, de partager un bon moment ensemble. On parlait de brinque tout à l'heure, mais c'est un peu ça. C'est juste de s'évader, de faire la fête, de découvrir des choses aussi. Parce que c'est vrai que la première fois que Harry est venu, c'était aussi une découverte. Lui aussi a découvert des choses avec toute notre programmation traditionnelle. Ça lui a donné des inspirations. Je me rappellerai 2020 où on a réussi à faire une édition de festival où on l'a mis en plein milieu du plan d'eau et il s'est retrouvé à mixer entre des groupes de danse du monde entier qui nous avaient envoyé des vidéos. Mais c'est exactement ça, c'est quoi qu'il arrive, même en 2021 avec la boue on essaye de faire quelque chose, de faire la fête et toujours de faire découvrir les cultures, les cultures du monde, la culture musicale parce que voilà il est assez modeste là-dessus mais il a aussi une grosse culture musicale, il est capable de mixer du ACDC avec du Britney Spears. Mais c'est aussi ça la culture et je pense que c'est ça qui nous lie, c'est-à-dire qu'on a tous des idées folles, on a tous envie de partager des moments ensemble et surtout de tenter des trucs. Et voilà, ça marche, ça marche pas, mais c'est vrai que depuis quelques années, ça marche plutôt bien pour nous. Y'a pas à dire, ça c'est du vrai folklore.
- Speaker #3
S'il y a un mot qui ressort, c'est le mélange quoi. Enfin, tu balades la journée, t'as des mecs en tenue traditionnelle de leur pays qui se baladent à côté de... De Re-Lez, des gens hyper importants de la scène actuelle, des musiques très urbaines et très jeunes sur scène et dans le public, c'est un super gros mélange de générations, de gens hyper différents et tout le monde est content et tout le monde est ensemble en fait. Ce truc d'unir, enfin je sais pas, c'est très prétentieux de dire, un truc d'unité globale, je sais pas quoi, mais c'est ça, regarde le sourire des gens. Ça n'a pas de prix en fait. Quand tu vois les photos le lendemain, tout le monde à la banane, du gamin de 5 ans. La mamie, tu vois, machin, ben voilà, petite formule magique, je sais pas. T'as trouvé une formule magique ou pas ?
- Speaker #2
À fond la fourme ! C'est tout ce qui m'est venu par la tête. Non mais c'est une formule magique. Et c'est surtout, je pense que Harry, et comme tous les bénévoles du festival, encore une fois, on a juste tous envie de se retrouver et de faire des choses avec le cœur. Et c'est vrai que c'est ça qui est agréable sur le festival, c'est qu'on retrouve des jeunes, des moins jeunes. qui vont prendre plaisir. Moi j'ai rigolé hier mais quand j'ai vu Polo notre trésorier qui est à 70 ans et qui a kiffé Rilès qui était comme ça devant limite à aller faire des Pogo. C'est ça un peu l'esprit du festival. C'est là aussi une découverte parce que je pense que par exemple notre Polo il n'était pas fan de Rilès il y a trois mois. Et c'est là où on se rejoint c'est à dire que voilà on essaye des trucs.
- Speaker #1
On est dans un territoire rural, on est dans le Puy de Dôme, on est à Amber en Auvergne. Qu'est ce que ça veut dire pour vous ?
- Speaker #3
Alors moi, le prenez pas mal, chers amis qui allez écouter ce podcast, mais moi je connaissais pas du tout Amber, ni la région en fait.
- Speaker #2
Tous les auditeurs du coup, là c'est bon.
- Speaker #3
Pardon, excusez-moi, je recommencerai plus. Mais moi j'habite à Vienne, qui est pas super grand non plus, j'ai de la ruralité, mais autour, faut faire 5-6 kilomètres, j'ai que des campagnes aussi autour, donc je suis pas non plus perdu, je suis pas un urbain absolu quoi, tu vois. Alors ce qui est très très surprenant, c'est l'implication des gens, et effectivement, même les groupes je pense, ils pourraient peut-être nous dire, ben non, mais ils sont très surpris quand tu dis... je vais jouer au Sandow Lovern dans un festival, les mecs ne savent pas trop où ils vont atterrir, s'ils vont jouer sur une camionnette.
- Speaker #1
Oui, mais ça a été le cas l'année dernière avec Big Flo et Oli, qui ne savaient pas trop, qui ne s'attendaient pas.
- Speaker #2
Exactement, c'était le cas. Ils nous ont même avoué qu'ils avaient dit à leurs producteurs pourquoi on va à Amber. Je crois que c'est l'une des premières fois où on a reçu un mail directement de leur part après le festival pour leur remercier de l'invitation. Parce que c'est sûr que quand on vient à Amber, c'est un voyage, il faut s'avouer, mais c'est pour ça que c'est la petite perle aussi. du Livrado à Forez. Encore cette année, on a des artistes qui nous ont dit « Waouh, ça se mérite de venir ici ! » Bah ouais, ça se mérite.
- Speaker #1
Toi, tu viens d'ici, du coup, Benoît ?
- Speaker #2
Ouais, je viens d'ici, je suis fier de venir ici, même si je ne suis plus toujours à l'année. J'y reviens quasiment toutes les semaines ou tous les 15 jours, parce que c'est la maison. Oui,
- Speaker #3
il est très modeste aussi. Tu as l'air dit que je suis modeste, mais lui aussi, il est très modeste, parce qu'il ne le dit pas, mais ils ont quand même réussi en 5 ans à mettre le festival sur la carte française des gros festivals importants. Moi j'ai des groupes qui me disent comment on fait pour jouer, des DJ aussi qui m'appellent en disant « Ah ouais, faudrait trop qu'on me fasse passer ma maquette » Il y a des gens importants. Amber maintenant il s'est imposé comme un des gros festivals français je pense.
- Speaker #2
The place to be. C'est le podcast de folklore.
- Speaker #1
Donc on est en zone rurale, on le sait, il y a des freins d'accès à la culture et justement la façon dont vous, vous avez construit le festival, ça offre quand même une belle fenêtre. culturel qui arrive aussi à faire déplacer des gens d'Amber et alentour. Il n'y a pas que des gens qui viennent partout en France. La majorité de votre public vient d'ici ?
- Speaker #2
La majorité du public vient forcément d'Amber, de Clermont-Ferrand. C'est là que c'est un peu le puits d'homme qui représente plus de la moitié des festivaliers avec la Loire, Saint-Etienne ou le Puy-en-Velay. C'est avant tout un public régional. Même chez des Finlandais qui sont là. C'est marrant, c'est devenu un peu le lieu de rencontre de tous les Ambertois ou d'origine Ambertois qui se retrouvent quand on est 20 ans, 30 ans, 40 ans. Par exemple, j'ai mes voisins d'Amber qui viennent de l'île de la Réunion, qui habitent à l'île de la Réunion et qui sont venus cette année juste pour le festival. Et c'est ça qui est génial parce qu'on retrouve des amis ou de la famille qu'on n'a pas vu tous les ans. Et pas plus tard qu'il y a deux jours, j'avais un partenaire qui me disait « C'est génial, en fait, c'est comme Noël parce que les enfants, ils reviennent. » Je veux dire, quand on a réussi ça, ça dit tout.
- Speaker #1
C'est beau, le cadeau de Noël en juillet.
- Speaker #3
Plus de cadeaux pour le cours maintenant. Merci.
- Speaker #2
Tu ne m'en as pas fait par contre.
- Speaker #1
Tu as les prévoirs quoi ?
- Speaker #3
J'allais lui acheter une belle chemise panthère comme moi, je pense qu'il sera...
- Speaker #1
Ça te plaît ?
- Speaker #2
Pourquoi pas ? Je suis ouvert au sujet.
- Speaker #1
On le disait, les traditions, les folklores, c'est une des entrées peut-être de cette culture en campagne. Ici au festival, vous savez bien parce qu'avant d'être le World Festival Amber, vous étiez la ronde des copains du monde. Et derrière cet événement, il y a une association folklorique, donc Livre Adoué Danseur. Benoît, Harry aussi, c'est quoi votre lien au folklore, aux traditions ?
- Speaker #2
Bah moi on en parlait tout à l'heure que j'ai fait mes premiers pas au festival d'Amers, c'est vrai. J'ai fait mon premier festival en costume traditionnel à l'âge de 3 ans. Tu veux des photos ?
- Speaker #3
Je veux des photos.
- Speaker #2
Elles existent, elles existent, si tu es sage. Donc voilà, c'est ça, moi le lien, j'ai toujours dansé, c'est même quelque chose de naturel, mais c'est avant tout les traditions et encore une fois un moment de partage en fait, parce que pourquoi on a souhaité continuer à promouvoir ces traditions, même si c'est sous une autre forme, c'est avant tout pour... partager des bons moments et apporter un peu d'ouverture parce que je pense que sans faire de grandes phrases philosophiques ou politiques, ce monde ira mieux que... Si on sait d'où l'on vient, c'est important d'avoir cet ancrage là et c'est ce qu'on essaye en fait de diffuser avec le festival et de montrer que même si on est tous différents, on ne l'est pas forcément en fait. Voilà, il y a toujours des petites parts de similarité entre nous.
- Speaker #3
Je peux poser des questions aussi ?
- Speaker #1
Oui tu peux !
- Speaker #3
Est-ce qu'il y a un autre équivalent de festival en France comme ça ? Ou qui mélange les danses folkloriques et la musique rendière actuelle ?
- Speaker #2
On ne sait pas vraiment, on ne pense pas pour le moment, c'est pour ça qu'on dit qu'on a un peu un festival unique. Est-ce qu'on est le premier à faire ça ? Je ne sais pas, mais on est le premier à l'avoir poussé aussi loin parce qu'on a d'avoir une main stage, une grande scène comme on dit, et d'avoir juste dix mètres à côté la deuxième scène qui est un chapiteau de danse et de musique du monde. Ça, ça n'existe pas. Vous allez dans tous les gros festivals français, la deuxième scène c'est une scène découverte avec souvent des gros artistes. Donc sur ce côté-là, on peut dire qu'on est les seuls à le faire. Après, vous avez des festivals qui ne font que de la musique world, ça aussi ça existe, mais d'avoir fait ce mix-là, on est encore les seuls jusqu'à présent. Et c'est ça qu'on aime bien, on aime bien être un peu différent et montrer ça. Quand on voit la programmation d'aujourd'hui, qu'on va voir Robin Schulz, le Japon, la Colombie, le Pérou, Caravan Palace, on peut se dire que tout ça n'a rien à voir et que c'est un peu fou. Mais au final, il y a quand même là aussi beaucoup de liens entre tout ça, parce que même un Robin Schulz qui fait de la grosse house électro, il va avoir des inspirations latino avec des instruments qu'on va certainement retrouver sur scène. Et c'est ça qui est magique.
- Speaker #1
Toi, il y a quoi comme musique qui t'inspire dans le monde ?
- Speaker #3
J'écoute beaucoup, beaucoup de musique. Même aujourd'hui, c'est plus crédible parce que moi, j'aime le métal, le jazz, le reggae. l'électronique et moi je prends tout ce qui est nouveau et je suis très très curieux. Enfin la curiosité c'est, pour moi en tout cas en tant que DJ, je me bats avec souvent mes copains DJ qui disent non mais il faut passer les tubes aux gens qui connaissent. Non, non, il faut leur passer ce qu'ils ne connaissent pas. Ça c'est ultra important. Ouvrons ça, ouvrons. Si un jour tu as dansé sur un truc que tu ne connaissais pas, c'est que c'est gagné. Et moi ce qui m'inspire, je ne sais pas, tout. Oui clairement, moi je suis très curieux.
- Speaker #1
C'est un des avantages aussi d'être en territoire rural, il y a plein de terrains possibles. Toi Harry, t'as joué sur l'étang d'Amber, sur des palettes, sur des conteneurs, et maintenant t'es sur une scène, c'est ça ?
- Speaker #2
Et on vous dit pas la suite pour 2020, c'est ça ?
- Speaker #1
Ah, dites-nous !
- Speaker #3
Je suis pas allé dans les airs encore, je vois que ça. Je suis pas allé sous l'eau non plus, tu peux pas me faire jouer sous l'eau.
- Speaker #2
Sous l'eau, dans les airs, vous aurez la réponse en juillet 2020,
- Speaker #1
c'est ça ? C'est du teasing ça.
- Speaker #3
J'ai le vertige moi, donc il me fait peur avec ses conneries, pardon, ses bêtises, le directeur. Il me le dit au dernier moment, évidemment. Je suis l'artiste le plus malléable. Il fait ce qu'il veut avec moi quand même. Il ne le dit pas ça.
- Speaker #1
Tu le mets en difficulté.
- Speaker #2
Non, mais Harry in the air, ça peut... Hein ? Il y a un truc ? Aïe,
- Speaker #3
aïe, aïe, aïe, aïe, aïe. OK.
- Speaker #1
C'est quoi le programme ? Tu vas les mixer ?
- Speaker #3
Alors moi, déjà, mon gros programme tout de suite immédiat, c'est que je vais rejoindre mon ami Bob Zilla de Marseille qui fait un peu partie du folklore lui aussi. C'est un pays à part. Donc voilà, on brasse tout ça ici. Je continue.
- Speaker #2
Là aussi c'est un voyage à l'autre bout du monde, c'est pas très loin mais...
- Speaker #1
Le mot de la fin ?
- Speaker #3
Merci, c'est bien merci.
- Speaker #1
C'est bien, il faut le dire.
- Speaker #3
Merci, je peux en dire trois, ça fait merci, bravo et encore.
- Speaker #2
Ah il a peut-être tout dit. Non, un merci ça peut paraître simple mais quand il est dit avec le cœur ça veut dire beaucoup de choses. Y'a pas à dire, ça c'est du vrai folklore.
- Speaker #1
Bon si ça t'a plu, tu connais la musique, abonne-toi. et fais profiter les copains.