- Speaker #0
Bienvenue dans Fondation, le podcast qui démystifie l'architecture et propose d'autres regards sur ce métier, sur celle des ceux qui le pratiquent et sur la manière dont nos espaces influencent nos vies. Aujourd'hui, je suis très heureuse de revenir à un format d'interview pour inaugurer un nouveau chapitre dans le podcast, un dialogue sensible, concret, qui ne parle pas seulement de bâtiments, mais d'espaces de vie, d'éveil, d'émotion et d'accompagnement. Ce format, il s'adresse à tout le monde. Que vous soyez architecte ou simple curieux, parce que l'architecture nous concerne toutes et tous. Nous vivons, travaillons, grandissons dans des espaces qui nous façonnent. Pour cet épisode, j'ai le plaisir d'accueillir Rita Bansar. C'est la fondatrice d'Atelier Bansar, une agence spécialisée dans les lieux dédiés à la petite enfance. Je rencontre donc une architecte qui a choisi d'aller plus loin en se formant au CAP Petite Enfance. pour comprendre l'enfant de l'intérieur et repenser la manière de concevoir pour lui. Avec elle, on va parler de son parcours, de spécialisation, de sérénité et de ce que l'architecture peut réellement apporter au développement et au bien-être des tout-petits et de celles et ceux qui les accompagnent. Bonjour Rita.
- Speaker #1
Bonjour Solène.
- Speaker #0
Merci d'avoir répondu présente à l'invitation pour cette interview.
- Speaker #1
Merci à toi pour ton invitation. C'est un premier exercice pour moi, donc j'espère que notre échange sera utile pour toi, pour tes auditeurs, future architectes ou non. Voilà, donc j'espère que ça les aidera.
- Speaker #0
J'ai aucun doute là-dessus. Donc pour démarrer, je propose que tu nous parles un peu de... Toi, justement, comment ton chemin personnel t'a amené à créer ton propre atelier Bansar et à te spécialiser ?
- Speaker #1
Alors, dans ta question, il y a le mot personnel et je suis complètement en phase avec ce terme concernant mon parcours. Et ça, je l'ai compris après. Je vais essayer d'être claire, notamment pour les futurs architectes, si ça peut les aider. Mon parcours en tant qu'architecte, il commence dès le plus jeune âge. enfin en tout cas c'est ce qu'on pourrait croire et dit comme ça on pourrait penser que je voulais être architecte depuis toujours alors que pas du tout j'ai grandi au Maroc, à Casablanca je vis en France depuis 18 ans déjà sur le plan personnel mon parcours est nourri par deux cultures et ça c'est important aussi je pense de le dire Et à l'époque, on ne se posait pas vraiment la question de ce qu'on voulait faire. Je parle de « on » en termes de génération. Donc, je pense que c'est sans doute générationnel, mais aussi culturel. Il fallait choisir de grandes études pour avoir un salaire. Point. Donc, avec le recul, j'ai compris que ce que je voulais vraiment au fond, c'était travailler pour les enfants, leur bien-être et en pédiatrie notamment. Donc, rien à voir.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que dit comme ça, on pourrait croire que tu parles plutôt vers des études de médecine, voire travail de la petite enfance.
- Speaker #1
Exactement, mais voilà, c'était une envie que j'ai mise de côté pendant longtemps. Et donc, j'ai tout de même passé le concours de médecine au Maroc, auquel je n'ai pas été retenue. Et comme j'avais déjà été admise en école d'architecture en France, je n'ai pas ressenti une grande tristesse finalement. Et là aussi, on pourrait croire qu'au début, le parcours d'études en architecture, pour moi, a été choisi par défaut. Donc, peut-être à ce moment-là, finalement. Mais voilà où j'en suis maintenant. On va voir au fur et à mesure de l'épisode où ça m'a menée. Voilà, donc j'ai décidé de commencer mes études à l'école de Grenoble en 2007. Donc Donc, j'ai vécu des années fabuleuses. J'ai beaucoup aimé mes études en architecture. J'ai avancé sans trop me poser de questions. Il fallait valider le module projet, comme beaucoup. Là, j'ai, en occultant malheureusement d'autres modules aussi importants, mais ça, c'est un autre sujet, le système. Et voilà, je devais tracer à fond, à fond, dans tous les sens du terme. Et mon seul objectif, c'était d'obtenir mon diplôme. Donc, je l'ai obtenu. J'ai enchaîné directement par mon HMO en 2013 et toujours sans me poser de questions. Donc, c'était un peu le voilà, je vais passer mon HMO au cas où je voudrais ouvrir mon agence un jour. Et finalement, heureusement que je l'ai passé à ce moment-là. Et donc, après mon HMO, j'ai travaillé dans deux agences d'architecture à Paris. Pendant dix ans en tant que salariée, donc deux ans et demi dans l'une et sept ans dans la deuxième agence, en tant que chef de projet architecture sur des rénovations de cours de collège ou des grands équipements publics comme les gares du Grand Paris, où je me suis rendue compte après un précaution qu'à aucun moment je n'avais pensé au parcours de l'enfant quand il prendra le métro, par exemple. C'est vraiment quelque chose qui m'a frappée après coup. Et je me suis dit, quand même, on construit des gares et on n'a jamais parlé de l'enfant,
- Speaker #0
du parcours de l'enfant.
- Speaker #1
Et donc, au final, pour finir, grâce à ces deux expériences, j'ai beaucoup appris.
- Speaker #0
Grâce à des rencontres aussi, j'ai pu aimer mon métier.
- Speaker #1
On va dire que j'ai commencé à l'aimer. Oui, pendant mon salariat. Contrairement à d'autres, je pense que c'est un peu compliqué, mais les rencontres et les projets sur lesquels j'ai pu contribuer m'ont amené à aimer mon métier, malgré les contextes assez étendus des agences. Voilà, donc je savais au fond que je ne détestais pas ce métier, je l'aimais, mais au final, après dix ans, je ressentais une certaine neutralité. On va dire, je ne comptais pas grand-chose. Donc, dans un métier qui est censé être créatif, assez riche aussi, je me suis rendue compte que je ne ressentais plus rien.
- Speaker #0
Tu avais vraiment un manque, en fait. Quelque chose qui était, même si ce n'était pas désagréable, il y avait quand même un vide quelque part, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, il y avait un vide, mais je ne savais pas l'identifier. Je ne savais pas d'où ça venait. Je ne savais pas si c'était le métier, l'agence, les projets, les personnes. Voilà, donc je savais surtout qu'il était temps pour moi de prendre du recul. Et c'est ce que j'ai fait au bout de dix ans.
- Speaker #0
Et comment ça consiste alors, prendre du recul ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu as fait ? Parce que ça revient au déclic, du coup. Le déclic, pour moi, il y en a eu deux. Juste pour éclaircir un point de manière générale, les projets que je mène à l'agence concernent la petite enfance, qui dans un sens pédagogique va de zéro à trois ans, mais pas que. On contribue à la conception et le suivi de chantier de projets en lien avec l'enfance jusqu'à 18 ans.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, je tiens à le préciser pour la suite aussi du podcast. Parce que... Parce que voilà, c'est défini comme ça dans la Convention relative aux droits de l'enfant, qui va jusqu'à 18 ans.
- Speaker #0
Comme jusqu'à la majorité où officiellement on n'est plus des enfants, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça, exactement. Donc, je fais des... je conçois des projets d'équipement public, des ateliers pour enfants et parents, des espaces plein air, des logements familiaux aussi. Avec un volet maîtrise d'oeuvre et un volet réflexion recherche auquel je tiens profondément à l'agence et qui me permet aussi de requestionner ma pratique tout le temps. Et donc, revenons à ta super question de comment s'est concrétisée, on va dire, cette prise de recul, donc à travers deux déclics. Le premier partait plutôt... d'une profonde volonté de travailler auprès des enfants qui a ressurgi. de mon parcours personnel, comme je l'expliquais au tout début, et qui arrivait juste avant mon arrêt de salariat. Au moment où j'ai identifié cette neutralité, je me suis posé quand même la question, ok, si je ne suis plus architecte, qu'est-ce que je peux faire d'autre ? Qu'est-ce qui m'anime profondément ?
- Speaker #0
Parce que c'était quand même une question, du coup, de potentiellement arrêter l'archi pour faire autre chose.
- Speaker #1
Tout à fait. Oui, oui, bien sûr. Et je pense que c'est important. de se poser cette question-là. Mais après, si on ne se la pose pas, ce n'est pas non plus un gros souci tant qu'on se sent bien. Mais en tout cas, pour moi, je me la suis posée. Est-ce que j'arrête l'architecture ? Et si je l'arrête, qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce qui m'anime vraiment ? Et donc, c'est là où le développement de l'enfant a ressurgi. Oui, bien sûr. Donc ça, c'était le premier déclic. Et j'avais comme premier projet de reprendre des études, mais en pédopsychologie, pourquoi pas, à notre projet d'ouvrir des micro-crèches pour contribuer à l'accompagnement des enfants. Mais en réalité, c'était ouvrir une agence d'architecture n'était pas dans mes projets au moment de cette crise de recul.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc, au final, avec ces projets-là qui sont liés à l'enfance, c'est ça qui m'a menée vraiment à vouloir passer à un CAP petite enfance. Un CAP AEP, donc accompagnant éducatif à la petite enfance.
- Speaker #0
C'est assez intéressant de dire que tu as passé le cap de faire d'autres études complètement diamétralement opposées et puis officiellement dans le cursus qui sont... en amont de ton bac plus 5, en quelque sorte ?
- Speaker #1
Oui. Parce que je me suis rendue compte que je pouvais être flexible. Après, tout le monde ne peut pas l'être en fonction de ses conditions familiales, financières. Voilà, moi, je n'ai pas réellement d'enfant, pour l'instant, en tout cas. je n'ai pas de responsabilité on va dire à grosse charge. Donc je peux comprendre que cette question ne se pose pas pour tout le monde et que c'est quand même un luxe et une chance de pouvoir se la poser. Donc j'en étais... Tu rentres en théâtre, petite enfant, tu décides de te former. C'est ça, donc je décide de me former sans savoir où ça allait me mener, toujours, mais je savais que je voulais être en contact avec les enfants. Parce que j'avais comme projet d'ouvrir pourquoi pas une micro-crèche ou d'être en pédopsychologie, pédopsychiatrie, mais pas d'agence d'architecture à ce moment-là. Donc, ça m'a permis de connaître le terrain au niveau du quotidien avec les enfants. commencent à fonctionner. J'avais conscience qu'il ne suffisait pas de dire « j'adore les enfants, j'ai un bon contact avec eux » . Mais c'est bien plus profond que ça quand on travaille pour leur développement. Et voilà, le CAP me l'a bien fait comprendre, en tout cas. C'était le premier déclic.
- Speaker #0
Donc, avec cette formation-là, tu as fait des stages, tu as pu être dans différents établissements, voir comment... Exactement. Les établissements, j'imagine, sont organisés, comment les enfants se les approprient, comment les adultes aussi travaillent dans ces lieux-là ?
- Speaker #1
Exactement. Donc ça, c'est le deuxième déclic qui est apparu pendant les stages, où j'ai énormément appris. Et pendant les premiers jours, je me suis vite rendue à l'évidence. l'environnement spatial dans lequel l'enfant grandit peut avoir... un impact sur son développement. En tout cas, il y a un lien entre les deux. C'est ce qu'on appelle le lien espace-enfant. Et en plus de ce lien espace-enfant, ça m'a permis d'observer les professionnels, les déplacements de ces professionnels, leur flux, leur travail au quotidien. C'est très complexe quand on n'y est pas. En tant qu'architecte, quand on fait un projet, peu importe la typologie, mais... Je suis convaincue que ça apporte beaucoup d'être même que quelques jours en stade d'observation, on va dire, dans le milieu qu'on va concevoir. Par exemple, un hôpital ou peu importe, mais de comprendre en tout cas les modes de vie. Après, c'est facile à dire, je sais. Mais si ça peut être possible, en tout cas, je pense que ça apporte beaucoup pour le projet.
- Speaker #0
Je suis d'accord. Il y a vraiment un côté immersion qui peut être intéressant, même dans des projets de maison unifamiliale, pouvoir s'immerger dans la famille pour laquelle on va travailler. Et comme tu dis, potentiellement dans des beaucoup plus gros projets, parce qu'on a beau avoir potentiellement dessiné des projets, on les a... On n'y travaille pas, on ne voit pas exactement comment ça fonctionne après. Donc, pouvoir justement voir les flux et autres, ça peut être très, très intéressant. Donc, quand même une piste très utile à réfléchir, je pense.
- Speaker #1
Très difficile à mettre en place aussi. Mais oui, on croise les doigts pour la suite. Et donc, ces stages-là m'ont permis quand même pour les profs d'observer, en tout cas. Au niveau des enfants et au niveau des professionnels qui les accompagnent aussi. Donc, il y avait le lien espace-enfant, mais aussi le lien espace-professionnel qui est à bas. Et donc, finalement, ces stages se sont transformés en terrain d'analyse pour moi et d'observation. Donc, le projet a complètement changé. J'ai vraiment vécu ces immersions-là comme des expériences et des chances pour moi. pour observer, pour être en mode observation et analyse.
- Speaker #0
Donc, si j'entends bien, pendant tes stages, tu as déjà eu le chiffre de te dire, OK, je profite de cette observation parce que d'un point de vue architecture, je vois des choses et je sais que je vais pouvoir enfin en tirer quelque chose avec mon diplôme d'archi, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, exactement. Après, la volonté et la décision d'ouvrir l'agence n'est pas venue tout de suite, évidemment. Mais j'étais vraiment... J'ai laissé aller les choses. J'ai laissé être sur toutes ces observations-là en me disant, bon, là, j'ai la chance d'être dans un domaine et dans un milieu que je ne connais pas du tout, que je découvre, et je n'aurais pas eu la chance d'être là sans cette prise de recul. Donc, la seule chose que j'ai à faire, c'est d'observer et de voir où ça va me mener après. Mais encore une fois... Je n'avais pas trop de responsabilités à ce moment-là.
- Speaker #0
C'est sûr, des fois, le timing aide beaucoup. Après, c'est la vie et « trust the process » , comme on dit parfois, juste quand on va suivre la route.
- Speaker #1
Exactement. Donc, c'était très riche avec les enfants, avec les équipes pédagogiques aussi. Et je me suis rendue compte que je serais continuellement en apprentissage toute ma vie. Ça, je le croyais déjà avant, mais là, avec ce CAP, je me suis dit, bon Oui, ça l'a bien confirmé parce que je peux te dire qu'après dix ans d'expérience, qui n'est pas énorme. C'est déjà ça. Oui, c'est vrai, mais bon, c'est pas énorme non plus en tant qu'architecte. Mais revenir sur les bancs de l'école, mais aussi être en position de stagiaire, c'était une grosse remise en question aussi. de quel est mon rôle, de ne pas prendre trop d'initiatives, parce que le domaine, je ne le connais pas, parce que c'est assez délicat, parce que les professionnels savent beaucoup mieux que moi à ce moment-là, en tout cas, et même maintenant. Donc, il y a aussi une certaine humilité à avoir et que j'ai appris à avoir à ce moment-là. Et je me suis dit, la vie est un apprentissage continu. Donc pour finir, ça m'a aidé à me dire qu'il faut que je puisse concevoir des projets justes à travers ces constats-là et ces outils que j'ai pu avoir ou construire pendant les stages. Et je me devais de comprendre de l'intérieur. Donc j'ai passé quelques mois en stage. Dans une crèche, un multi-accueil, une micro-crèche. Et là, si j'ai l'occasion de le refaire, je le referai. Mais il y a moins de temps. Donc voilà, je pense que c'est possible de tout remettre sur le tapis pour assembler le puzzle, notre puzzle. Et si ça n'arrive pas, ce n'est pas un souci. Donc, il ne faut pas se mettre trop de pression. Mais voilà, il ne faut pas hésiter à tout remettre à plat, à changer, à se dire, bon, c'est un chemin.
- Speaker #0
Oui, puis suivre son propre timing. On n'a pas tous les mêmes timings, des questions de sens dans le métier. On peut en avoir à plusieurs moments. Et comme tu dis, à voir à quel moment on s'écoute et on essaie justement de faire un travail d'introspection. C'est chacun son rythme, en quelque sorte. Donc, le CAP, c'était deux ans, c'est ça ?
- Speaker #1
Non, c'était un an.
- Speaker #0
Un an, ok. Donc, à l'issue de la formation, tu as ton CAP. À quel moment tu décides d'ouvrir Atelier Bansar, alors ?
- Speaker #1
Donc, à quel moment je décide d'ouvrir Atelier Bansar ?
- Speaker #0
Et surtout de le spécialiser pour l'architecture, pour les enfants. C'est ça aussi qui est intéressant.
- Speaker #1
Oui, alors, à quel moment je décide d'ouvrir Atelier Bansar ? C'était pendant le CAP, pendant les stages. Pas au tout début, parce que comme je t'ai dit, j'étais en observation. Mais j'étais convaincue qu'il fallait quand même contribuer à... allier les deux, espaces enfants. Et je me suis dit, la manière avec laquelle je pourrais faire ça, c'est d'ouvrir une agence d'architecture spécialisée. Et c'est vrai que c'est délicat aussi au début de choisir une niche au départ. Mais voilà, je l'ai fait. Pour l'instant, je ne regrette pas et je m'ouvre aussi à d'autres possibilités. Donc, c'était quoi ta deuxième question ?
- Speaker #0
Justement, à quel moment tu as décidé de te spécialiser aussi, comme tu dis, de cibler une niche bien spécifique, d'utiliser ta double compétence grâce à cette double formation et de te dire, l'architecture que je vais faire, ça va être plus nichée architecture de l'enfance. Tu y as répondu justement par le biais du CAP et autres.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Comment justement cette double formation a un impact actuellement sur la façon que tu as de construire et de justement te rendre compte des espaces ? Surtout, je pense, pour les lieux pour les enfants. J'imagine la complexité que c'est de faire à l'échelle des petits, notamment dans les crèches ou autres, où il y a quand même une adaptation de l'échelle, de la taille de l'enfant. Et d'un autre côté, de respecter l'ergonomie pour les adultes sans qu'ils se cassent le dos à longueur de journée. Donc, j'imagine bien l'intérêt du coup des stages immersifs pour se rendre compte de ça. Et comment actuellement tu mets ça en pratique ?
- Speaker #1
Ce qui change réellement dans ma façon de concevoir les projets grâce à cette formation, c'est d'abord personnellement, j'ai eu la chance de connaître le super travail des professionnels au quotidien. Ça, ça m'aide beaucoup à mettre en... On place un process de projet et être tout le temps en lien avec eux. Donc, quand il y a un projet de micro-crèche, une des premières questions que je pose, c'est concernant le projet pédagogique. Si la personne a déjà une expérience dans la petite enfance, recevoir de sa part aussi son vécu, ses propres expériences. Donc ça, déjà, ça a changé ma façon de faire le projet. Je le fais plus. en équipe avec mes clients. Un gros travail d'écoute. Oui, un gros travail d'écoute parce que les projets ne se ressemblent pas, même si ça peut être les mêmes micro-crèches avec les mêmes réglementations, etc. Mais les personnes ne sont pas les mêmes, ce ne sont pas les mêmes expériences de vie, ce ne sont pas les mêmes projets pédagogiques. Voilà, donc il faut prendre ça en compte.
- Speaker #0
Oui, et puis comme tu le disais, je t'ai un peu coupé au moment où tu disais le mot usager, il y a vraiment prendre en compte l'usager et donc la personne finale qui va utiliser les lieux et faire en sorte de répondre à une architecture qui lui corresponde et à son projet pédagogique et d'enseignement, j'imagine ?
- Speaker #1
Oui. Le principal usager, c'est l'enfant. Au final,
- Speaker #0
c'est plus compliqué d'avoir des rendez-vous avec eux. Voilà,
- Speaker #1
c'est plus compliqué. Exactement. C'est plus compliqué d'avoir des rendez-vous avec eux, mais c'est là où l'observation aussi est importante, de manière générale, même au quotidien, même en sortant du cadre du projet architectural et en se rapprochant des professionnels qui ont des années d'expérience derrière eux, en s'enrichissant de lectures, de recherches et en observant. Moi, je suis devenue beaucoup plus observatrice, analytique. Il y a des choses que je ne voyais pas du tout avant concernant les déplacements de l'enfant. Voilà, donc maintenant, je suis assez sensible à ça.
- Speaker #0
Oui, je vois tout à fait ce que tu veux dire. Moi, par le biais, ça n'a rien à voir. En même temps, ça fait du lien dans le sens où... depuis que je fais le podcast et que je m'intéresse à différents sujets de société qui sont liés à l'architecture, typiquement, les transports, tu en parlais brièvement tout à l'heure, les transports parisiens, je me dis, je l'ai fait une fois avec une poussette, mais ça n'a jamais été pensé, ce truc-là, pour des personnes avec des poussettes. Et pourtant, moi, je n'ai pas d'enfants, j'étais nounou à ce moment-là. Mais vraiment, se dire que la ville, et j'en ai parlé avec plusieurs personnes, la ville, et je pense notamment à Paris, n'est pas du tout kids-friendly. Donc ça, ce serait peut-être le sujet d'un autre épisode. Mais en tout cas, vraiment, il y a ce côté, les enfants, on nous incite à en faire, mais il y a quand même peu de choses qui sont mises en place pour leur laisser de la place dans la vie de manière générale. Et je trouve que de plus en plus, on entend parler justement des restaurants sans enfants. Et il y a une forme d'intolérance, je trouve, de la société vis-à-vis des enfants, alors que les enfants, c'est l'avenir de nos sociétés, en fait. Donc, c'est complètement normal d'avoir des enfants, d'avoir de la vie. tous passés par cet état-là. Donc, j'ai fait une méga digression. Non, non, mais...
- Speaker #1
Il faut en parler parce que les gens ne s'en rendent pas forcément compte quand ça ne les touche pas. Moi, la première, je pense que je ne m'en serais pas rendue compte si je n'avais pas un pied dans le domaine. Mais en tout cas, je me rends compte qu'il y a un vieillet de porteur de projet Merci. De synergie autour de l'éducation, autour de la place des enfants en ville, dans leurs espaces d'accueil, au sein de la famille, autour de la parentalité, etc. Que je ne voyais pas du tout avant. Et il y a des gens qui se battent pour faire entendre la voix des enfants. Donc, c'est bien d'en parler. Je te remercie. Et je veux rebondir aussi sur le sujet de la ville. c'est très important parce que C'est vrai qu'en ville, on va parler de mobilier urbain, ce n'est pas du tout pensé pour les enfants. Il n'y a pas de banc à leur taille, pas de poubelle à leur taille. Bon, ça, c'est des exemples, mais bon, ça va beaucoup plus loin que ça aussi. On va prendre les espaces plein air qui sont extrêmement standardisés. Quand je dis espaces plein air, je veux dire par là les parcs pour enfants, mais je n'aime pas dire parc pour enfants. Donc, voilà, les espaces clôturés où il y a des jeux aux usages un peu prédéfinis et où il n'y a aucune marge d'exploration pour les enfants. Ces espaces, ils répondent peut-être à la sphère motrice de l'enfant et encore, parce qu'ils ne bougent pas trop finalement dans ces espaces, surtout quand il y a 20 enfants qui font la culte. Et ça ne répond aucunement aux sphères cognitives. socio-cognitives, langagères, affectives. Et les enfants se sont encore plus irrités après, en sortant de là. Et les parents aussi.
- Speaker #0
Ah bah ça j'imagine.
- Speaker #1
Donc il y a une vraie prise de conscience à avoir, et une parole à mener, même envers la politique de la ville. Mais ça va arriver. Oui,
- Speaker #0
il faut rester optimiste et voir les choses qui évoluent. Puis en parlant des aires de jeu pour enfants, on voit quand même des certaines... Il y a des sociétés maintenant qui se spécialisent aussi pour faire des aires de jeu plus ludiques, où il y a beaucoup plus de place pour l'imagination. Il y avait une entreprise que je suivais comme ça, qui vient du Danemark, Monstrum, je crois que ça s'appelle. Je pourrais vérifier et mettre les notes en description. Et même à Luxembourg, on a des aires de jeu qui sont magnifiques. On a un énorme bateau dans le parc municipal, un bateau échoué. où les enfants peuvent jouer dedans et je me dis, ça pour l'imagination, c'est extraordinaire. Moi, j'aurais bien aimé avoir ça quand j'étais petite, comme type de jeu. Donc vraiment, heureusement, les choses évoluent. Ça met un peu de temps, mais ça bouge. Mais du coup, comment... Pardon ? Dis-moi.
- Speaker #1
Non, non, mais vas-y.
- Speaker #0
J'allais te poser une autre question, donc si tu veux rebondir.
- Speaker #1
Non, non, vas-y. On enchaînera.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu conçois du coup à partir de l'enfant ? vraiment en le prenant en compte, comme tu dis, et pas pour l'enfant. Tu vois cette distinction-là pour vraiment avoir un projet au service de l'enfant.
- Speaker #1
C'est vrai que quand on dit concevoir pour l'enfant, ça sous-entendrait qu'il n'y a qu'une réponse toute faite ou une boîte à outils qu'on déploie face à l'enfant sans qu'il n'en soit vraiment acteur. Et c'est qu'on conçoit en effet à partir de lui. Et comment on fait ? En l'observant toujours, en l'écoutant et en le considérant parce que l'enfant a toutes les ressources en lui pour explorer son environnement. Il n'en faut pas beaucoup. Je me suis spécialisée dans la conception de projets pour concevoir à partir de l'enfant. Mais je me rends compte aussi qu'il n'en faut pas beaucoup pour l'enfant, pour qu'il explore. Il faut juste lui faire confiance. On a quelques bases, mais ensuite, chaque enfant est unique dans ses stades de développement, dans ses désirs. Parce que oui, on l'oublie, mais il y en a des désirs. Du coup, comment on fait quand chaque enfant est unique et que c'est compliqué de...
- Speaker #0
De percevoir ses besoins quand on n'est pas vraiment spécialisé ou du domaine. On se sert de tout ce qui gravite autour du développement de l'enfant. Par exemple, pour un projet de crèche ou d'école, on prend en compte le projet pédagogique pour le servir. Pour que l'architecture soit au service de l'enfant, mais aussi du projet pédagogique porté par la crèche, par l'école. qui est construit pour le bien-être de l'enfant. On pense à l'évolutivité de l'espace, qui sera liée aussi à l'évolutivité de ce projet pédagogique. Si le projet change, il faut que l'espace se prête à un changement aussi de ce projet. C'est quelque chose d'assez complexe, où il faudra en parler pendant une heure en plus. Mais on pourra en parler à part si tu veux. Et puis, pour la construction de la ville, Comment on fait ? Il y a différents facteurs à prendre en compte qui peuvent relever du cadre socio-économique et culturel dans lequel la ville se développe. Et le cadre familial de l'enfant aussi, donc c'est assez complexe comme approche. C'est pour ça qu'il n'y a pas de boîte à outils prédéfinie, comme tout projet urbain. et je pense qu'intégrer dès le début du projet urbain dans le schéma directeur l'enfant comme sujet. actif qui interagit grâce à l'environnement qu'on lui propose et non comme un sujet passif qui est juste de passage, on va dire. En prenant compte le système enfant, éducation, espace, comment on parle, Kiriaki Tsukala, c'est une architecte, docteur en sciences de l'éducation, qui étudie l'espace urbain contemporain comme des lieux d'expérience y compris pour les enfants. Je te l'enverrai si tu veux, c'est très intéressant comme recherche et comme étude. Et elle parle de ce système enfants, éducation, espace qui peut prendre racine que grâce à une compréhension du process socioculturel. Donc c'est faire la ville en intégrant l'enfant, c'est pas juste du mobilier à sa hauteur, c'est pas juste Merci. des espaces de jeu, c'est vraiment beaucoup plus complet et complexe et c'est quelque chose à prendre en compte dès le début du schéma directeur.
- Speaker #1
Et dans ton expérience, quels sont les éléments ou les erreurs fréquentes que tu constates qui sont faites dans des projets existants, que ce soit d'espaces publics, comme tu disais, à part le... Tu nous as déjà donné les exemples des mobiliers urbains et autres, mais... Est-ce qu'il y a d'autres erreurs que nos confrères et consœurs pourraient éviter de façon assez simple dans leur projet quand ça considère les enfants ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si j'oserais appeler ça des erreurs, mais plutôt on va dire des incompréhensions ou des incohérences. Pour les écoles ou les crèches en tout cas, je trouve que ça devient... aseptisés parfois, sans authenticité. Et ça, peut-être qu'il y a des sujets de normes aussi, d'application de normes ou de budget aussi parfois, parce que ça, c'est un gros sujet aussi dans les projets d'architecture en général. Comment faire un projet qui répond à des besoins, un projet durable avec des budgets très serrés ? C'est possible. Mais ça demande beaucoup de discussions, d'échanges, de recherches, d'optimisation, un travail d'équipe et puis une flexibilité du client aussi. Mais bon, il y a quand même un budget à respecter et ça, c'est un gros sujet dans les projets de l'éducatif.
- Speaker #1
Oui, tout projet confondu, je pense, en effet, c'est le livre de la guerre.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et des incompréhensions. La surstimulation, je trouve, avec plein de mobilier, plein de couleurs assez fortes, qui ne sont pas pour moi en tout cas les bonnes réponses et qui ne permettent pas l'apaisement des enfants ni des pros. Et parfois tout est lissé, on ne pense pas à proposer des matériaux différents, des textures différentes pour laisser l'enfant développer sa sensorialité. Il y a plein de questions. Ce ne sont pas des erreurs, mais c'est plutôt des... Des astuces ou des choses non connues.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Les rangements à hauteur d'enfant, c'est bien. je trouve. Mais voilà, ce qui est important aussi, c'est de choisir ce qu'on met dans ses rangements et à quel moment, à quel stade, et quel type de jouets et de jeux, parce qu'il y a aussi la question du jouet comme objet. Bon, je ne sais pas si ça ne répond pas forcément à ta question, mais on va quand même en parler. C'est la place du jouet entre les mains de l'enfant. Je suis en train de re-questionner ça. Je me dis, mais l'enfant, il n'a pas besoin de tous ces jouets qui le surstimulent, les jouets avec des bruits, des sons, les jouets qui ont déjà des usages prédestinés. Au revoir. qui ne laisse pas libre exploration à l'enfant. L'enfant, on lui donne, bon, ça dépend de son âge évidemment, mais on lui donne un carton, des casseroles, des cuillères, et c'est bon.
- Speaker #1
C'est le plus heureux du monde qui va jouer tout l'après-midi à taper sur sa casserole.
- Speaker #0
J'en parlais avec des professionnels de la petite enfance aussi, et qui étaient d'accord avec moi pour dire que c'est vrai que Merci. L'enfant, il n'a pas besoin de grand-chose. Et certains parents disent, moi, mon enfant, j'achète des jouets, il y a plein de choses qu'on lui offre. Mais la seule chose qui l'intéresse, c'est de se mettre sous la table, de se mettre dans un carton, de prendre les cuillères. Et c'est normal, parce qu'il n'a pas besoin de grand-chose. Donc, c'est des sujets qui ne sont pas forcément abordés en formation de CAP et dont il faut parler. même aux professionnels de la petite enfance, pour prendre conscience de ces choses-là. Et sinon, pour finir, en termes de... Donc, il y a de la compréhension, de points d'attention à avoir. C'est l'éclairage dans les crèches. C'est un réel sujet. L'éclairage, l'acoustique, il y a une réelle exposition au bruit par les professionnels et par les enfants. Donc, c'est des sujets à prendre en compte.
- Speaker #1
C'est marrant que tu aies amené le sujet des jouets parce que j'avais fait un épisode sur la question justement de la parentalité et l'impact que ça avait sur les logements, l'espace en fait que ça prend. Et c'est vrai que quand je vois mes nièces ou des enfants de manière générale quand je vais chez des amis, la quantité de jeux et donc la place que ça prend et le rangement, comment on organise. Et il n'y a pas longtemps, j'ai vu une personne que je suis sur les réseaux qui disait justement qu'elle, elle suit pas mal les études qui... qui montre justement le développement de l'enfant. Et elle disait, il y a besoin de trois jouets. Et en effet, trois jouets en matériau naturel qui ne font pas de bruit, les trucs les plus simples pour développer justement l'imaginaire des enfants qui, avec pas grand-chose en fait, ils peuvent justement se créer des mondes. Et donc, ça libère vraiment de la place à la maison. Et je me suis dit, c'est ça en fait. Trois jouets et basta.
- Speaker #0
Non mais, complètement. Et il faut sortir. Aller en pleine nature. Et ça, c'est...
- Speaker #1
Ça, c'est prouver le contact en pleine nature, pour la santé, pour le moral, pour l'immunité. Enfin, énormément de choses. Oui, tout à fait. Tout à fait. Et justement, tu parlais aussi des normes à un moment donné, en disant que les projets d'architecture, de manière générale, seront très normés. Les architectes passent plus de temps à lire les réglementations qu'à faire du projet. Mais dans les établissements... publique et qui plus est éducative, j'imagine bien qu'il y a des normes supplémentaires. Comment tu arrives à trouver l'équilibre pour garder justement tous ces aspects sécurité, fonctionnalité et toujours en pensant aux enfants qui vont être les usagers et les personnes, les adultes qui travaillent aussi ?
- Speaker #0
Je pense que c'est un sujet qui ne concerne pas forcément que la petite enfance, que les projets de la petite enfance, mais c'est vrai que c'est un domaine qui est très... réglementé, mais c'est un sujet qui concerne tous les projets en architecture. On a des réglementations sécurité incendie à respecter, accessibilité beaucoup plus large que ça aussi. Et d'ailleurs, mon mémoire HMO, c'était sur l'architecture, les normes et la créativité.
- Speaker #1
Ah, intéressant. J'ai bien choisi ma question alors.
- Speaker #0
Donc bon, on aura une autre occasion peut-être d'en parler. Mais en tout cas, pour revenir à ta question assez spécifique, c'est... Moi, je pense que les projets de la petite enfance sont très normés, mais heureusement, puisque la sécurité physique, elle est indispensable. La sécurité affective des enfants, elle l'est tout autant. Mais donc, en tant qu'architecte, pour moi, l'équilibre se trouve dans la façon d'interpréter cette norme. On peut la vivre comme une contrainte ou comme un cadre qui laisse... énormément de place à la qualité sensible. Pour ma part, j'essaie toujours de comprendre l'esprit de la norme. Parce qu'effectivement, par exemple, pour des crèches, des micro-crèches, il y a le référentiel bâtimentaire. C'est un décret qui est sorti en août 2021 et qui impose aux micro-crèches de se mettre aux normes suivant ce décret jusqu'en septembre. 2026.
- Speaker #1
C'est bientôt, c'est demain.
- Speaker #0
Voilà. Et donc, il y a un réel enjeu autour de ça. Et ça a été construit aussi pour assurer la sécurité des enfants. Donc, ça, on le conçoit très bien. Après, tout dépend de la manière avec laquelle on prend ces normes, on en fait quelque chose. Que ça soit de la part des architectes ou de la part des... porteurs de projets, des institutions qui décident aussi de valider au nom, de donner des avis favorables comme les PMI. Et il y a des discussions aussi à avoir parce qu'on respecte les normes. Mais après, comment on vient les alimenter ? Parce que c'est ça qui alimentait plutôt cette qualité sensible qu'on recherche dans les projets de la petite enfance. Donc, dans tous les cas, j'essaye de... Donc, de comprendre cet esprit-là et de ne pas l'appliquer de manière mécanique. Une exigence de visibilité dans la norme, par exemple, puisque ça, c'est exigé dans certains espaces. Donc, c'est listé dans le référentiel bâtimentaire. Ça ne veut pas forcément dire grande baie vitrée partout. Ça peut être une transparence filtrée, une alcove ouverte, des jeux de niveaux. Voilà, donc ça peut être... Ça doit être interprété, en tout cas, la norme. J'essaie de travailler dès le début avec les équipes, quand cela est possible, dès le début, comme je disais il y a quelques secondes. Donc, c'est elle qui vit l'espace. Donc, je m'enrichis énormément des discussions avec elle. Et puis, je mets la norme à côté. Je me dis, quelle recette je vais en sortir ? Et voilà.
- Speaker #1
Top.
- Speaker #0
Et donc... Pour finir, je pense que pour moi, ce n'est pas opposé. Je veux dire, sécurité et sensibilité de l'espace, prise en compte du développement de l'enfant, ne sont pas opposés. La sécurité, c'est le socle et la qualité sensible, c'est ce qui permet au quotidien d'être vraiment fluide, apaisé, agréable pour tout le monde, enfants et professionnels.
- Speaker #1
Comme dans beaucoup de projets d'architecture, c'est dans la contrainte que naît la créativité. Et comme tu le dis aussi, justement, les deux ne s'opposent pas. C'est trouvé justement par le biais de la norme. Comment le tourner pour en faire un élément agréable, confortable ? Tout à fait. Et tu parlais tout à l'heure justement des espaces, notamment avec les espaces extérieurs. Pour le développement de l'enfant, et donc dans les bâtiments que tu fais aussi, j'imagine, tu parlais de jeux de textures et autres. Donc, ce n'est pas uniquement des volumes, c'est vraiment l'ensemble des, j'imagine, des cinq sens que tu cherches à proposer pour le développement des enfants, c'est bien ça ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui, complètement. C'est les cinq sens, mais après, c'est assez facile de dire qu'on prend les sphères de développement de l'enfant et puis on... On fait un espace qui répond à tout, ce qui n'est pas possible. Mais en tout cas, en termes d'aménagement de l'espace intérieur, c'est important de proposer différents espaces où chaque enfant peut trouver ce qu'il aimerait faire à ce moment-là, selon son stade de développement aussi. Est-ce qu'il y a un espace où il y a une... Une structure motrice, un espace plus calme. Voilà, donc chercher quand même à proposer à l'enfant différents espaces, pas énormément, pour que lui, il trouve son plaisir.
- Speaker #1
Et comme ça, tu as un exemple d'un projet que tu as fait, où justement l'espace que tu as proposé a eu un impact, autant sur l'équipe que sur les enfants. Tu as des feedbacks justement des projets que tu livres.
- Speaker #0
Par exemple, dans une structure que j'ai pu accompagner, parce qu'on propose justement de la maîtrise d'hommes, mais aussi parfois du conseil au sein de structures qui sont déjà ouvertes. Et dans une des structures que j'avais accompagnées, les enfants étaient constamment en mouvement, presque en débordement. Et l'équipe disait des matinées épuisées. Voilà, très physique, c'était très bruyant, très fatigant en tout cas, ce que je peux comprendre aussi. Et quand je me suis placée à hauteur d'enfant, j'ai observé les déplacements des enfants et aussi des professionnels, j'ai compris que l'espace obligeait les pros à multiplier les micro-gestes inutiles. Et les enfants n'avaient aucune zone où s'ancrer réellement. L'espace était tellement ouvert que... les enfants couraient partout. Il y avait tellement de mobilier aussi. J'en parlais tout à l'heure. Quand il y a beaucoup de mobilier, les enfants sont surstimulés. Voilà, ils sont surstimulés. Il y a aussi des questions d'affordance. C'est-à-dire que dans un espace, s'il y a un poteron, et bien le L'enfant, il va tourner autour du rond.
- Speaker #1
Je le voyais là, en train de tenir son poteau et tourner autour.
- Speaker #0
Voilà, donc je me souviens d'ailleurs, dans une des crèches où j'ai fait mes stages, il y avait des chaises, des tables pour enfants. Et donc, il y a ce sujet-là d'affordance dans la petite enfance aussi, qui se transpose aussi sur la libre exploration de l'enfant. Donc une chaise, une table, un enfant et la chaise et la table sont explorées dans toute leur richesse. Au-dessus, en dessous, inversées.
- Speaker #1
On la demande pour faire une cabane.
- Speaker #0
Exactement. Et ça, c'est très enrichissant pour moi d'observer ça, même en tant qu'architecte, sur d'autres projets aussi. Donc en observant ça, ma vision a évolué. Les propositions spatiales et de mobilier. J'ai compris que ça pouvait être exploré à l'infini par l'enfant. Autre exemple aussi, donc là, je te parlais du poteron et j'en parlais avec une professionnelle de la petite enfance qui s'appelle Méline Dutrie-Evos. J'espère que je n'ai pas fait son nom. Donc elle m'excusera, mais je pense que c'est ça. Et on en parlait sur ce sujet d'affordance et du pot au rond. Donc la liberté de se mouvoir, l'enfant, elle est importante en architecture. Et après, on va dire que l'enfant est sur excité, agité, qu'il est juste en train de se défouler. Mais non, parce qu'on lui met entre les mains et pour son corps, la possibilité d'explorer. L'affordance de l'espace,
- Speaker #1
en tout cas. Oui, donc vraiment les volumes et les choix d'organisation interne ont un impact énorme sur l'énergie des enfants et comment est-ce qu'ils vont utiliser l'espace, le découvrir, parce que leur curiosité va les amener à explorer les moindres recoins du bâtiment. Oui,
- Speaker #0
et en plus de l'enfant, il ne faut pas oublier les professionnels, c'est-à-dire qu'il faut quand même... Elles, elles accumulent... des dizaines de micro-gestes fatigants. Et nous, en tant qu'architectes, le but, c'est d'améliorer leur quotidien. Bon, elles vont devoir se baisser dans tous les cas. Donc là, il y a des postures pour améliorer ça. Il y a des engagements des directions aussi. Mais en tout cas, à notre échelle, on peut améliorer les flux, l'accessibilité des rangements, les ouvrants des rangements. Ça, on n'y pense pas, mais les poignées, ça, c'est important. Les largeurs de passage, leur espace de repos, on est qu'elles aient des ouvertures sur l'extérieur et ce n'est pas souvent le cas malheureusement.
- Speaker #1
Des placards, j'imagine, la seule seule qu'on a retrouvée. Voilà,
- Speaker #0
c'est au sous-sol, ce n'est pas grave et on laisse toujours l'espace des professionnels à la fin dans le projet. Je trouve ça dommage de ne pas les considérer dès le début du projet et leur permettre d'avoir un espace extérieur pour eux aussi. pas uniquement pour les enfants, mais quand c'est possible, en tout cas, leur offrir un lieu de détente confortable. Les considérer aussi. Il n'y a pas que les enfants, mais aussi les professionnels. Et c'est des investissements, ça fait perdurer les contrats. Donc, une équipe joyeuse, c'est une durabilité dans le temps.
- Speaker #1
C'est sûr.
- Speaker #0
C'est pas toujours possible, je le conçois, mais il faut faire au mieux.
- Speaker #1
Oui. C'est très intéressant. En plus, tout à l'heure, tu as dit que tu te mettais à hauteur d'enfant. Et c'est vrai qu'on a tendance à l'oublier, mais les enfants voient le monde à hauteur de nos cuisses, en gros. Et c'est vrai que se mettre à leur hauteur pour voir comment ils perçoivent le monde, c'est déjà un acte énorme à faire pour dessiner un projet. C'est sûr. Et ça me fait penser que au-delà de tous ces éléments crèche, micro-crèche, école, collège, lycée, à la maison aussi. En fait, il y a, vu ce que tu me dis, un impact aussi sur comment on organise la quantité de gouglots qu'on accumule, de louets et autres, les couleurs, tout ça. En fait, tout a un impact. Encore une fois, ça me convainc dans l'idée que l'architecture est omniprésente et qu'elle concerne tout un chacun au quotidien et continuellement.
- Speaker #0
Oui, même dans le logement, comme tu dis. Tu dis, il faut observer comment l'enfant se déplace, comment il investit l'espace du salon. Et même, par exemple, si on veut développer l'autonomie de l'enfant, qu'on lui mette des porte-manteaux à sa hauteur, ou des rangements chaussures à sa hauteur aussi, dès l'entrée, pour que son autonomie se développe, sa confiance en lui. Donc, c'est des petites astuces comme ça qu'on peut mettre en place.
- Speaker #1
Assez facilement. Oui, tout à fait. Au début, tu disais que ton parcours était jonché par justement le fait de te poser des questions, que tu avais cet amour pour la petite enfance depuis petite. Est-ce que ce choix justement d'avoir combiné cette double casquette, maintenant tu te sens alignée dans ta pratique ?
- Speaker #0
J'ai toujours du mal à répondre à cette question. Mais en tout cas... Je pense que c'est bien de trouver son alignement, mais je pense qu'il ne faut pas non plus garder en tête, alors c'est plutôt l'inverse, il faut garder en tête la réalité de l'entrepreneuriat. La réalité, c'est de faire tourner la boîte. Et si on arrive à allier les deux, ça c'est le graal. En tout cas, moi, c'est ce que je ressens actuellement, c'est que je réussis à allier les deux. Et pour ce qui est de mon propre alignement, je ne sais pas trop. En réalité, quand le chemin n'est pas droit pour moi, il est quand même aligné. Tout dépend de quel point de vue on perçoit et ce qu'on tire comme leçon. Je pense qu'on ne peut pas dire que l'alignement arrive quand ce qu'on fait est aligné avec qui l'on est vraiment. Parce que ça, c'est... C'est la signification de l'alignement, en vrai. C'est quand ce qu'on fait est en phase avec qui l'on est. Mais savoir qui l'on est, pour moi, c'est tellement mouvant. Oui, un travail quotidien. Du coup, pour moi, être alignée, ça ne veut tout et rien dire. Donc, il y a les bases de qui on est, mais on évolue. Donc, l'alignement aussi. Et ce n'était pas un soulagement. de choisir cette spécialité, on va dire, parce que je me suis dit, OK, je me suis juste dit, OK, c'est là où j'ai quelque chose à apporter. C'est là où je me sens utile. Et finalement, je pense que quand on tente d'expérimenter le terrain sur lequel on aime jouer, on se sent serein dans son avancement et je cherche. Plus de sérénité que d'alignement.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
en fait. Donc, soulagée, je ne pense pas, parce que j'ai une responsabilité quand même, un bilan financier. Et je suis soulagée de savoir pourquoi je fais ce métier. Oui,
- Speaker #1
tu as trouvé du sens, en quelque sorte, justement, de participer au développement de l'enfant. Il y a quelque chose qui relève, voilà, j'imagine, qui touche à tes valeurs et autres. Sans parler d'alignement, mais qui te permet en effet d'arriver à cette sérénité dont tu parles.
- Speaker #0
Oui, en tout cas, je me sens droite dans ce qui me tient à cœur pour l'instant. Et je ne me ferme pas non plus d'autres portes. Parce que comme je t'ai dit,
- Speaker #1
on évolue tout le temps. Exactement, c'est une quête perpétuelle. Et en effet, on évolue continuellement au contact d'autres personnes, avec notre pratique ou autre. Donc c'est normal que ce soit un cheminement. L'important, c'est de prendre du plaisir sur le chemin, justement. On arrive tout doucement vers la fin. On va commencer un petit peu à conclure. Si tu avais deux minutes d'imagination ultra créative, c'est quoi le lieu idéal pour toi, justement, qui est dédié aux enfants ? Quoi y ressemble ?
- Speaker #0
Il faudra leur poser la question à eux. Ça, c'est une réponse marquée.
- Speaker #1
Ce n'est pas à moi de vous poser la question.
- Speaker #0
Non, mais en tout cas, moi, en tant qu'architecte, pour moi, le lieu idéal, en tant qu'architecte et personnellement aussi, le lieu idéal pour moi, ce sera un espace qui respire le vivant. C'est-à-dire un lieu construit autour du vivant. Et de trois dimensions, pour moi, c'est la diversité des possibles pour un enfant. Plusieurs espaces pour lui, pour lui permettre d'avoir le choix de ses activités aussi, selon son stade de développement. Un lieu où il y a la sécurité affective qui est prise en compte, qui peut passer à travers le choix des lumières, des matériaux, l'éco-visibilité. Parce que l'enfant, il se sent serein quand il y a un adulte à proximité et surtout un adulte qu'il connaît, un adulte phare. On appelle, bon, en crèche ou à l'école, il y a toujours un adulte phare pour un enfant. C'est l'adulte à référence avec qui il se sent en sécurité. Et c'est important de le savoir en tant qu'architecte pour construire des espaces qui lui permettent d'être tout le temps en co-visibilité avec cet adulte-là.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Voilà, c'est un espèce qui ne dicterait pas un rythme aux enfants, qui s'adapterait au leur. Grâce à une variété d'ambiances, comme je te disais, ce serait lumineux, sans éblouir, chaleureux, avec des matériaux biosourcés ou non, une acoustique qui est maîtrisée. Et voilà, donc... Et puis surtout la nature omniprésente. Même parfois, ce n'est pas possible, notamment à Paris et dans d'autres villes assez denses. Mais en tout cas, faire en sorte dans le choix des matériaux, dans les jeux, les jouets, les atmosphères, mais en tout cas dans le projet pédagogique en général et dans les ouvertures en façade. Pour résumer, ça sera un espace qui donne à l'enfant le sentiment qu'il est capable, capable d'essayer, de choisir, d'oser qu'un lieu qui lui fait confiance. Et ça se ressent tout de suite quand on rentre dans un espace qui est dédié aux enfants, si le lieu fait confiance à l'enfant.
- Speaker #1
Ah oui, il y a une espèce de vibration. instinctive. En tout cas, je la visualise bien, ton espèce de BL. Donc, on a parlé tout à l'heure justement de sérénité plutôt que d'alignement et du fait que tu as ouvert une agence nichée. Est-ce qu'il y a des conseils ou des échanges que tu voudrais faire à des jeunes professionnels ? Pour justement apprendre à se connaître et dénicher un peu ce dans quoi ces personnes-là pourraient apporter une plus-value, parce que tu parlais d'apporter de la valeur aussi, d'être utile. Donc comment encourager d'autres professionnels à se spécialiser ? Si intérêt, tu y vois, ce n'est plus tout à fait la même question.
- Speaker #0
Non, mais il y a deux questions dans ta question, c'est vrai. Il y a la question de la spécialisation. Est-ce que, en gros, je conseille de se spécialiser ou non, si je reformule ? Mais en tout cas... C'était difficile pour moi de prendre ce... c'était pas difficile pour moi, c'était quand même... c'était une vraie question pour moi de me nicher ou non au début. Parce que je me suis dit, est-ce que je vais pas me fermer des portes ? Est-ce que... voilà, est-ce que je serais assez légitime aussi de me spécialiser ? Parce que quand on décide de se spécialiser, ça veut dire qu'on est quand même expert en la matière. Mais j'ai pris quand même ce risque en me disant, ça va me permettre de me réveiller tous les jours en sachant pourquoi je fais ce métier. Ça va me permettre de mieux m'organiser et de me concentrer sur ma prospection. Et en fait, tout devient facile, même les projets, parce que je sais pourquoi je les fais. Puis je m'enrichis énormément des autres, des professionnels. Je cherche à me former continuellement, pas qu'en architecture, parce que voilà, il y a des formations infinies en architecture. C'est bien, mais un des conseils aussi que je veux donner, c'est de bien s'entourer et de ne pas hésiter à demander de l'aide, à se former même dans d'autres domaines que l'architecture, parce que ça enrichit quoi qu'il en soit. Pour la niche, finalement, c'était une question au début. Mais il ne faut pas hésiter et tester cet écosystème jusqu'au bout. Et puis, ça n'empêche pas de changer de voie. C'est mouvant, comme je l'ai dit au début.
- Speaker #1
Je trouve ça très intéressant ta réponse parce que je l'entends régulièrement. C'est quelque chose dont je parle assez fréquemment avec des confrères, consœurs, avec les personnes, cette peur de se nicher en se disant je vais me couper des projets et potentiellement en fait, je vais ne pas avoir assez de travail. Et en fait, quand je parle avec des gens qui se sont nichés, qui ont passé le cap de vraiment se spécialiser, la réponse elle est unanime, c'est justement je sais pourquoi je le fais. Alors, la question de la légitimité, c'est beaucoup plus les femmes qui se la posent sincèrement que les hommes. C'était encore une autre idée. Mais il y a ce côté-là de se dire ouais, en fait, je décide les projets avec lesquels je veux travailler, du coup les gens avec qui je veux travailler et il y a ce plaisir et comme tu parlais aussi de cette sérénité en fait et vraiment ce côté aussi, j'apporte quelque chose, une touche spécifique à mon métier qui me convient et autres. Moi j'appelle ça l'alignement, apparemment toi c'est pas trop le mot qui te convient mais cette sérénité en fait au projet et au quotidien en fait qui n'est pas nécessairement facile tous les jours, mais au moins de le rendre un peu plus léger parce qu'on sait pourquoi on se lève les matins.
- Speaker #0
Tout à fait. Et pour revenir à ta deuxième partie de question par rapport aux conseils que je donnerais peut-être aux étudiants d'architecture ou aux jeunes architectes, c'est de ne pas oublier que ce métier est très riche. C'est-à-dire que... Quand on est en sort diplômé ou non, en tout cas avec un bout de cursus, il est tellement varié qu'on peut faire beaucoup, beaucoup de choses. C'est très vaste et on n'est pas obligé d'avoir... Il n'y a pas qu'un seul chemin, comme tu le dis si bien et que tu le sais si bien, Solène. Mais il faut juste accepter que la vie n'est pas linéaire et, si je peux me permettre, c'est de rester curieux. curieux de tout, de s'intéresser, d'aimer la vie. C'est les échecs aussi qui sont également des réussites et de suivre son instinct. Parfois malgré certaines croyances limitantes et d'avoir une éthique et d'essayer en tout cas d'incarner ce qu'on croit vraiment profondément. Ça c'est de manière générale. Pas qu'en tant qu'architecte. Et puis, bon, c'est des conseils pas forcément très techniques, très archi, mais pour moi, c'est très important parce que ça m'aide énormément. Parce que, voilà, de garder le cap en tout cas, en tant qu'architecte, parce que c'est un métier qui est assez compliqué, avec un contexte assez tendu. Et on a vite fait de se démotiver, de perdre un peu la foi en ce métier. Et c'est important de se dire que c'est un métier riche qui peut beaucoup nous apporter, de cultiver cet amour en soi. Ne pas hésiter à se faire accompagner par des professionnels comme toi ou comme un ami, il s'appelle Mathieu Gamon aussi, qui accompagne les zones architectes et qui m'a accompagnée aussi à un moment donné. Mais voilà, ne pas hésiter à faire appel à toi pour guider. Et puis, tu ne vas pas être contente, je pense, mais je pense qu'on demande beaucoup aux gens de trouver du sens. Je ne sais pas, peut-être que tu es d'accord avec moi finalement. Et de savoir ce qu'ils veulent vraiment dans la vie, que ce soit personnellement ou professionnellement. Et parfois chez certains jeunes, c'est difficile. C'est compliqué de répondre à cette question, jeunes ou pas en général. Et parfois ne pas avoir de sens, ça a du sens pour eux. Tant qu'ils sont bien et encore une fois, la vie... Il n'est pas linéaire, même quand on croit avoir déjà choisi sa voie. Tout peut changer à n'importe quel âge. Juste garder la foi et c'est important.
- Speaker #1
Exactement. Je trouve que c'est une belle conclusion. Alors je te propose qu'on conclue là-dessus. Je te remercie encore énormément pour ton temps, pour tous ces partages et cette vision que je trouve très intéressante et je suis convaincue que... Monsieur et Madame Tout-le-Monde, qui ne sont pas architectes, seront ravis d'avoir des informations sur l'impact de l'architecture sur le développement de leurs enfants. C'est un épisode qui pourra convenir au plus grand nombre, j'en suis convaincue.
- Speaker #0
Merci beaucoup Solène, c'était un grand plaisir. J'espère que ça aidera.
- Speaker #1
Un grand merci à Rita pour cette plongée dans son univers et dans cette conviction que l'espace peut réellement accompagner l'enfant. Elle nous montre aujourd'hui... qu'on peut être architecte autrement, en se spécialisant, en trouvant du sens et en assumant une vision forte. Si cet épisode vous a inspiré, partagez-le, parlez-en autour de vous et surtout, continuez à regarder vos espaces différemment parce qu'ils influencent bien plus que ce que l'on croit. À très vite dans un nouvel épisode de Fondation.