- Speaker #0
Réunion de famille. Quand la radio efface les kilomètres pour assembler une famille qui vit la mobilité internationale au quotidien. Une émission proposée par Français dans le monde.fr Animée par Gauthier Seyss avec la présence de la psychologue Emmanuelle Niolet.
- Speaker #1
Madeleine a 29 ans, depuis 4 mois elle est installée à Montréal avec son concubin Sébastien, elle est animatrice artistique, elle a fait des études master photo. Agathe c'est la maman, elle est à Lille, elle est paxée, elle a 54 ans, agent commercial dans les assurances. Léo c'est le grand frère, il est également lillois, il a 30 ans, ingénieur en énergie renouvelable, il travaille dans le domaine de l'éolien. Louise c'est la best friend, basée à Paris, elle a 29 ans. Après les études similaires de Madeleine Master Photo, elle est aujourd'hui photographe retoucheuse. Et avec moi pour animer cette émission, Emmanuelle est psychologue. Elle est basée à Lyon et elle a connu 25 ans d'expérience dans le monde de l'expatriation.
- Speaker #0
Réunion de famille, un podcast proposé par françaisdanslemonde.fr
- Speaker #1
Bonjour tout le monde, comment allez-vous ?
- Speaker #2
Bonjour ! Salut Gauthier !
- Speaker #3
Bien !
- Speaker #1
Magie de la radio, je vous rassemble, je vous réunis aujourd'hui pour une réunion de famille qui aura trois moments forts. Le moment de l'entrée et l'apéro en même temps. Agathe rappelait qu'il manquait l'apéro dans ce dispositif. Le plat et le dessert. Et puis on va être en toute transparence. Agathe et moi on se connaît bien et donc par ricochet aussi Madeleine et Léo. Il s'avère Agathe qu'on faisait de la radio ensemble il y a 32 ans. Tu as calculé je crois.
- Speaker #3
31 ans. Léo n'était pas encore né.
- Speaker #1
Voilà. Et Madeleine non plus, du coup, forcément.
- Speaker #3
Ben non, encore moins.
- Speaker #1
Et là, on se retrouve donc avec une petite émotion finalement, Agathe.
- Speaker #3
Mais complètement.
- Speaker #1
Tout à fait. On se retrouve pour réunir, échanger, discuter, peut-être se dire des choses qu'on ne se dit pas, avec Madeleine qui, elle, est en léger décalage horaire, puisque tu es à plus de 5000 kilomètres de la France, installée depuis 4 mois à Montréal. Madeleine Pour commencer, est-ce que tu pourrais nous dire comment est arrivée l'aventure de l'expatriation ? Tu as fait tes études à Paris, tu es du nord de la France. Tu avais déjà vécu une espèce d'expatriation, tu étais un peu loin de la famille déjà.
- Speaker #4
Oui, c'est vrai. Ça faisait sept ans que j'étais à Paris. Du coup, j'étais partie là-bas pour mes études, pour la fin de mes études. Et je comptais rentrer directement après parce que je n'avais pas du tout envie d'être loin de la famille, des amis, à Lille et tout ça. Lille, c'était vraiment ma maison. Et finalement, comme toutes les personnes qui s'installent à Paris, je suis restée plus longtemps que prévu. Puis oui, pendant mes études, j'ai rencontré des amis incroyables et puis j'ai rencontré mon amoureux aussi.
- Speaker #1
On le salue, Sébastien, qui vit avec toi à Montréal aujourd'hui. C'est important quand même parce que vous êtes arrivée à deux à Montréal il y a quatre mois.
- Speaker #4
Exactement. Et je pense qu'en vrai, il a aussi joué un rôle dans ce départ. En fait, moi j'ai toujours voulu vivre à l'étranger un moment dans ma vie. J'ai tenté à plusieurs moments, en tout cas j'ai essayé de trouver à chaque fois le bon moment qui finalement s'est révélé ne jamais être le bon moment. Et là, comment c'est venu ? J'avais fini mes études, j'étais installée avec Sébastien depuis peut-être un an, un an et demi, quelque chose comme ça. On était tous les deux dans notre taf. à Paris et moi je savais que je n'avais pas envie d'y passer 10 ans non plus là où j'étais. C'était un boulot hyper intéressant, etc. Mais vraiment mal payé. Puis je savais que si je restais, c'était pour rester encore à Paris. Enfin bon, voilà, j'avais envie de changer. Ouais, c'est ça. Et Sébastien, il se trouve que lui, il a déjà vécu à Montréal avec son frère dans le passé, il y a 7-8 ans. Il avait fait un PVT, donc un permis de vacances de travail. et donc quand on s'est rencontré il m'avait dit qu'il avait vécu à Montréal j'étais genre wow, trop cool, c'est mon rêve et donc c'est quelque chose qui s'est un peu enfin mon envie s'est nourrie à son contact, le fait qu'il me parle de son expérience là-bas et tout ça et puis un soir je pense que c'était un moment où moi le quotidien s'était un petit peu trop installé pas forcément dans mon couple mais juste dans ma vie donc un soir on était en train de mater la télé avec Seb et puis j'étais là putain sur Si on ne prévoit pas de projet maintenant, en fait, dans 20 ans, on est dans le même canapé. Voilà ça. Et du coup, je me suis dit, étant donné que le PVT, c'est quand même une question de hasard, c'est par tirage au sort, et il y a quand même assez peu de tirage, enfin de personnes tirées au sort par rapport au nombre d'inscrits. Je me suis dit... Bien, on s'inscrit, ça coûte rien. Enfin, je m'inscris parce que Seb ne pouvait pas le faire. On vit avec ce truc-là au-dessus de notre tête de si ça ne tombe pas, ça ne tombe pas et notre vie continue. Et si un jour ça tombe, on en parle, on en discute et on voit si on a envie de se lancer. Et voilà, ça a mis deux ans et demi à arriver.
- Speaker #1
Une longue gestation. Et qui a été informé en premier ? C'est Louise ?
- Speaker #4
Non, c'est Seb. On n'était pas ensemble à ce moment-là.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #4
Oui, moi, j'étais en vacances en Bretagne avec des amis et Seb était resté à Paris. Et c'est naturellement la première personne que j'ai appelée. Et suite à ça, Louise, je crois que tu n'étais pas dispo à ce moment-là.
- Speaker #1
Parce que quand on prend la décision, on a envie de le dire. Oui,
- Speaker #4
oui, oui.
- Speaker #1
C'est la famille ou les amis qui l'ont su du coup en premier ?
- Speaker #4
Je pense que j'ai voulu appeler Louise la première. Elle n'était pas à Lisbo, que du coup j'ai appelée.
- Speaker #3
Je ne dirai rien, je ne dirai rien, je ne ferai pas de remarques.
- Speaker #2
J'en louis.
- Speaker #4
Mais non, mais étant donné quand même que ça fait sept ans que je vis plus proche de ma famille, évidemment ça reste ma famille, mais moi, mes piliers du quotidien en quelque sorte, c'est Louise. Ça fait un peu, je vous avais dit.
- Speaker #3
Je rigole Madeleine, j'ai aucun problème par rapport à ça, ne t'inquiète pas.
- Speaker #1
Cela dit, Agathe, puisque tu as la parole, lorsque Madeleine t'annonce qu'elle va vivre cette aventure, c'est quoi ta réaction ? Tout de suite à chaud comme ça ?
- Speaker #3
En fait, moi, j'étais super contente pour elle parce que connaissant Madeleine, je sais que ça faisait longtemps qu'elle voulait partir à l'étranger. Donc, il y avait eu des idées de tour de l'Amérique du Sud toute seule juste après le bac où j'étais moyennement d'accord. Voilà.
- Speaker #1
Pourquoi tu étais moyennement d'accord avec l'idée ?
- Speaker #3
Sur l'idée qu'une jeune fille seule, tu vois, à 18 ans, parte toute seule en Amérique du Sud, sans avoir de boulot, sans avoir de pieds à terre, c'était moyen. Donc, au départ, je pense que l'idée avait été un petit peu de partir avec Louise, et pour finir, Louise, ça ne pouvait pas se faire. Donc, Madeleine avait réfléchi à le faire toute seule, et là, je ne le sentais pas trop. Bon, Madeleine était beaucoup plus jeune. Tu vois, la mairie du Sud, une jeune fille toute seule, je ne le sentais pas. Mais si tu veux, après, effectivement, elle a trouvé son boulot à Paris, etc. Elle s'est installée, comme elle a dit. Et quand elle m'a dit qu'elle était tirée au sort pour le Montréal, déjà, elle était plus âgée. Deuxièmement, elle n'était plus toute seule, elle était avec Sébastien. Et troisièmement, elle arrive aussi à un âge que, si elle ne le fait pas maintenant, elle ne le fera jamais. Donc moi, j'étais super heureuse pour elle. Au contraire, Madeleine, je pense que... Enfin voilà, je lui ai dit, vas-y. Moi, la première, je lui ai dit, vas-y, si tu ne le fais pas maintenant, tu ne le feras jamais. Donc voilà.
- Speaker #1
Et Louise, quand tu sais que ta best friend va partir, c'est quoi ? Une partie de toi qui est heureuse ? Une partie de toi qui dit, ça va changer les choses ?
- Speaker #3
Ouais, quand je l'ai appris... Bon, après, j'étais au courant déjà qu'elle... Enfin qu'elle... J'étais au courant de ses projets, je savais qu'elle s'était inscrite pour le PVT et tout ça. Donc voilà, effectivement, quand je l'ai appris, j'étais tellement partagée. J'étais hyper heureuse pour elle et d'un autre côté, j'étais hyper triste. Parce que, comme l'a dit Madeleine,
- Speaker #4
c'est quand même un premier dans mon quotidien.
- Speaker #3
Et donc, ça veut dire ne plus avoir cette personne-là au quotidien. Je l'ai réalisé très vite.
- Speaker #1
Et justement, le PVT, on rappelle, permis vacances-travail, il y a un système d'inscription, de tirage au sort, on n'est pas sûr de gagner. On reçoit un mail et puis ensuite, on a une période donnée pour se décider. Est-ce qu'une fois que le mail donnait le feu vert, il y a encore eu des hésitations après ?
- Speaker #4
Zéro.
- Speaker #1
Zéro, vous étiez déterminée. Non,
- Speaker #4
non. Ah ouais, vraiment, à ce moment-là, comme je disais, j'étais en vacances en Bretagne avec des amis dans une maison où il n'y avait pas de Wi-Fi, il n'y avait pas beaucoup de réseau. pour avoir vraiment du réseau, il fallait que j'aille dans le village qui était à 20 minutes à pied. Et j'ai reçu ce mail malgré le peu de données que j'avais. Et j'ai réussi à appeler Seb et ma famille pour leur dire que j'avais reçu cette invitation. Et une demi-heure plus tard, j'étais dans le village à faire les démarches. Enfin vraiment, c'était... De toute façon, tu as un an pour partir. et le début des démarches ne te coûte rien. Il faut juste accepter la demande. C'est juste que tu la perds si jamais finalement tu ne vas pas jusqu'au bout. Mais je me suis dit en un an, les choses vont se régler. Il n'y a pas de problème, on y va.
- Speaker #1
Et le grand frère Léo, il pense quoi de sa sœur qui part si loin ? On se dit, allez, c'est bien ou on a une petite réserve ?
- Speaker #2
Ah non, aucune réserve. Moi, Madeleine, elle a toujours voulu bouger. Donc, comme l'a dit ma mère à 18 ans, elle s'est empressée de le faire. J'aurais été plutôt étonné qu'elle ne finisse pas par repartir après. Donc, elle a commencé par Paris et ensuite là, qu'elle aille au Canada, ça ne m'a pas totalement étonné, surtout qu'elle en parlait depuis des années. Donc voilà.
- Speaker #1
Est-ce que tu te souviens du au revoir il y a quatre mois, lorsqu'il est l'heure de quitter la France, de monter dans l'avion ? T'étais là ? Oui,
- Speaker #2
bah oui, oui, moi c'était à la gare. On l'a accompagné à deux avec ma mère. Bon, bah deux, trois larmes par-ci, par-là.
- Speaker #3
Voir un peu plus.
- Speaker #2
On va résumer ça comme ça, mais non, oui, c'était assez émouvant. Après, on savait qu'évidemment, elle finirait par revenir. Et puis, nous, ça nous laisse aussi l'occasion d'avoir un petit atterreau au Canada.
- Speaker #1
Ah oui, ça peut être pratique pour les prochaines vacances.
- Speaker #3
Oui, on est en train d'organiser ça.
- Speaker #1
Je me doute. Justement, on va se tourner vers Emmanuel. Tu viens d'entendre une situation classique d'annonce... de départ de l'un des membres de la famille Ouami. C'est comme une étape majeure dans la prise de décision d'un expatrié.
- Speaker #5
Oui, ce que j'entends, c'est qu'il y avait un projet dont on parlait depuis longtemps. Donc, ce n'est pas quelque chose qui est arrivé comme un choc qui a été fait en… en cachette, c'est un projet où toute la famille était un petit peu bercée par le fait qu'un jour Madeleine allait partir. Ces systèmes de tirage au sort, c'est assez frustrant, ça prend beaucoup de patience, ça met un petit peu une incertitude dans le quotidien, tant pour les relations, pour les projets, pendant tout le temps de l'attente du tirage au sort. Donc là, ça peut un petit peu inquiéter, on s'habitue, on joue un petit peu avec les différentes hypothèses et puis on a le temps de se préparer pour un choix d'un pays qui, dans le cas du Canada, c'est une destination qui est assez prisée par les Français parce qu'il y a cette idée que c'est un pays francophone, que c'est un petit peu de la famille qu'il y a des accords pour la sécurité sociale, il y a des accords administratifs. Donc, c'est un peu une prolongation de la France en Amérique. Mais on voit plutôt, je crois, le côté francophone-français que le côté, que le fait que ce soit, on peut dire, peut-être des Américains qui parlent en français, en fait, dans la réalité. Donc, il y a toute cette phase d'annonce et de préparation. qui va un petit peu venir remanier les liens, les relations, où chacun va se préparer à sa manière, à cette distance, à la fois en se projetant vers le fait qu'on va pouvoir y aller, avec le fait qu'on va pouvoir se revoir. Donc on se rassure en visualisant comment les liens vont être maintenus, avec quand même un quotidien maintenant où on a cette facilité. de se parler, là on est en train de se réunir tous ensemble alors qu'on est sur plusieurs fuseaux horaires, c'est quand même beaucoup plus souple que ça n'a été à une époque où j'ai vécu la même expérience par exemple. Et du coup, effectivement, il y a cette tristesse, on se projette à la fois vers un projet qui fait plaisir, mais on sent aussi le manque au moment des départs et c'est important de bien faire des rituels pour ces départs, pour bien marquer le fait qu'à la fois on est joyeux, mais il va y avoir aussi des choses tristes, donc on se réunit ensemble pour en parler, puis pour accueillir ces moments-là, et puis tout le monde n'en parlera pas forcément, il n'y aura pas forcément des mots qui seront mis, parce qu'on ne sait pas forcément encore trop. ce que ça va vouloir dire. Donc, chacun vit de sa place. Voilà, le départ de son quotidien. On était déjà à Paris, mais ce n'est quand même pas la même chose non plus. Les amis qui sont là, qui peuvent se parler, là, il y a des problématiques de gestion de flux d'horaire aussi. C'est-à-dire que Madeleine, il faut attendre 16 heures pour avoir un peu quelqu'un qui a un peu les yeux ouverts et qui peut penser. Donc, on respecte ça. et puis on a Et puis Madeleine, les moments où elle a peut-être un petit peu le blues le soir et elle a envie de parler avec la famille, il n'y a plus grand monde au rendez-vous. Donc c'est des décalages aussi dans ces moments-là où on sent que le poids des habitudes doit être changé.
- Speaker #1
Je vous invite à terminer votre assiette. L'entrée est terminée. On marque une petite pause et on se retrouve dans une phase 2 dans quelques instants.
- Speaker #0
Réunion de famille. Reviens dans 300 secondes. Écoutez Réunion de famille sur la radio des français dans le monde et regardez l'émission sur notre chaîne YouTube.
- Speaker #1
Merci d'écouter Réunion de famille, la nouvelle émission proposée par la radio des français dans le monde, avec Madeleine qui est à Montréal, sa maman et son frère Léo, Agathe et Léo qui sont à Lille, et Louise, sa meilleure amie qui est à Paris. Je suis accompagnée par Emmanuel qui est psychologue. parler des premiers jours lorsque tu arrives, Madeleine. Alors, il faut tout laisser en ancienne vie. On prend quelques affaires. On fait le tri comment de ce qu'on prend avec ?
- Speaker #4
On prend l'équivalent de deux valises et de 50 kilos d'affaires.
- Speaker #1
Et le reste, on en fait quoi ? On revend une partie ou on stocke une partie ?
- Speaker #4
Non, on a tout laissé chez maman.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #3
Merci maman.
- Speaker #1
Stockage gratuit. On doit résoudre des petits problèmes de papier, on doit résoudre des petits problèmes d'argent. Il faut mettre un peu d'argent de côté quand on va vivre dans un pays étrange ?
- Speaker #4
Oui, oui, carrément. Si tu arrives sans avoir un boulot qui t'attend, tu as plutôt intérêt à avoir quelques milliers de dollars dans ton portefeuille pour commencer. Ça, c'est clair.
- Speaker #1
Et trouver un logement, comment tu as fait ?
- Speaker #4
Sur Facebook, je suis tombée sur une sous-loc. Vraiment, je suis un petit peu obsédée par les appartements. J'avoue, c'est un peu ma passion, de faire des vides d'appart et tout ça. Et donc, du coup, ça faisait six mois déjà que je regardais toutes les annonces sur Facebook. Vu qu'il y a beaucoup quand même de Français qui viennent en PVT, il y a aussi beaucoup de logements. Le marché du logement tourne beaucoup. Donc, j'ai passé des mois à chercher un logement pour finalement en trouver un trois mois avant l'arrivée. Donc là, pour le coup, on a eu beaucoup de chance quand même.
- Speaker #1
Il y a la partie administrative, on l'a dit. Il y a les assurances santé. Il y a pas mal de choses. On se fait aider ? Est-ce que le fait que ton conjoint avait déjà eu l'expérience, ça a pu lui aider un petit peu ?
- Speaker #4
Ça a beaucoup aidé. Clairement, ça a beaucoup aidé sur plein de choses, sur comment fonctionne un transfert d'argent à l'international, sur par rapport à quoi il faut que je m'inquiète un peu, qu'est-ce qui presse, qu'est-ce qui presse moins, qu'est-ce que je peux faire sur place, qu'est-ce que je dois faire avant. Donc ça, c'est vrai que Sébastien m'a beaucoup aidé. Et puis, il y a le site, je ne sais pas si je peux faire un peu de promo. C'est Bétis.net qui est vraiment la référence.
- Speaker #1
Les partenaires avec eux, c'est une référence.
- Speaker #4
Ça, c'est hyper bien fait. Dès qu'il y a ne serait-ce qu'un changement de législation, quoi que ce soit, ils sont au cordeau. Donc ça, ça aide beaucoup aussi. Mais oui, c'est un peu d'organisation, mais rien d'impossible. Je m'attendais à pire. En fait, si tu prends les choses d'une à une, ce n'est pas plus compliqué que ce que tu fais en France pour vivre en France.
- Speaker #1
Et Agathe, la maman avait des inquiétudes. Tu t'es toi-même renseignée un peu de ton côté ou t'as laissé faire les choses ?
- Speaker #3
Non, j'ai complètement laissé faire Madeleine. C'est une grande fille, 29 ans. C'est une adulte, tu vois. Donc, voilà. Et puis, comme je les ai très, très bien élevées, Gauthier, forcément, ils sont très débrouillards, tu vois. Donc, non, non. Puis, je savais que Madeleine, voilà, elle allait tout gérer. Après, on a beaucoup parlé, échangé sur, justement, les choses qu'elle devait mettre en place. Moi, je l'ai alertée justement sur les assurances. Mais c'est sûr que sur le site, elle avait vraiment toutes les informations. Il n'y a vraiment eu aucun problème, aucune poussière dans l'engrenage. Ça a vraiment été fluide. Madeleine a su faire toutes les démarches toute seule, penser à tout, organiser son départ, organiser le déménagement, les choses qu'on stocke ici, les choses qu'elle prend, le chat à prendre également. Merci beaucoup. Il y a un chat aussi qui est expatrié.
- Speaker #1
Le chat est parti. On peut enlever le chat. Il y a des pays où on ne peut pas partir avec son animal.
- Speaker #3
Mais là, c'était possible. Donc, voilà. Écoute, tout s'est fait. Voilà. Et extrêmement bien organisé.
- Speaker #1
Et Louise ?
- Speaker #4
On n'a pas trop fait baver ça sur les proches. On a pas mal géré à deux. Enfin, à deux, ça suffisait.
- Speaker #1
Louise, est-ce qu'assez vite, on se rend compte que les fuseaux horaires... C'est un petit truc à gérer quand même si on veut échanger avec sa copine.
- Speaker #3
Oui, c'est un petit truc à gérer. Mais bon, en fait,
- Speaker #4
on se dit,
- Speaker #3
on se donne rendez-vous.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'un appel comme ça sur une envie, il faut quand même avoir quelque part dans son téléphone ou une horloge quelque part qui donne l'heure de Montréal.
- Speaker #3
Ah oui, complètement, je peux vous le montrer. J'ai sur mon écran, j'ai l'heure de Montréal.
- Speaker #1
C'est mignon.
- Speaker #4
Voilà.
- Speaker #1
Léo, de ton côté, et toi tu as l'air française Madeleine. Léo, de ton côté, tu t'es dit que c'était une bonne occasion d'aller faire un petit tour au Canada. Toi-même, est-ce que l'expatriation ça fait partie des domaines qui peuvent t'intéresser ? Les voyages, vivre une aventure interculturelle ?
- Speaker #2
Oui, complètement. Oui, mais ça m'intéresserait énormément. C'est vrai que pour le coup, je ne veux pas trop partir sur le Canada pour ma part. Je ne sais pas, j'irais peut-être plus quelque part en Amérique latine, sur le principe.
- Speaker #1
Est-ce que, Emmanuel, quand l'un dans la fratrie connaît l'aventure, souvent ça peut engendrer d'autres expatriations dans les autres frères et sœurs ?
- Speaker #5
Ça donne l'occasion déjà dans un premier temps de faire les voyages pour aller rendre visite quand c'est possible. Il y a des familles où les gens sont plus ou moins voyageurs. Parfois, c'est un peu des ovnis qui arrivent dans une famille ou... On n'a jamais voyagé, donc ça ouvre des champs des possibles, au moins sur le fait qu'on sait comment ça se passe. Alors même si on fait sa propre idée de ce que c'est, de cette place de non-expatrié, on a quand même un accès à des informations, à un mode de vie, donc ça peut donner envie. Ou ça peut être le constat que moi, surtout pas, je préfère rester à l'endroit où je suis, je suis bien, etc.
- Speaker #1
Alors, se rassembler en famille, on en a touché un mot tout à l'heure. Noël arrive, c'est une fête familiale, on se rassemble souvent. Là, il est un petit peu plus difficile parce qu'il y a quelques kilomètres. Comment, Agathe, les choses s'organisent, par exemple, pour Noël ? Merci.
- Speaker #3
Bah écoute, c'est vrai que depuis que Madeleine est partie, on n'arrête pas de se dire on va y aller, on va y aller. Et donc moi, j'ai demandé à Léo et Violette la semaine dernière de passer à la maison.
- Speaker #1
Alors je précise juste, on l'embrasse,
- Speaker #3
Violette c'est la troisième. Pour que, bah oui on le dit, mais qu'on commence à regarder les dates et puis que ce soit du concret. Et puis aussi acheter des billets d'avion pas trop tard pour que ce soit pas trop cher. Et donc Madeleine voudrait qu'on vienne à Noël. Voilà. et moi je préférerais peut-être venir au mois d'octobre pour la date de mon anniversaire pourquoi pas juste pour une chose un peu simple c'est que je me vois mal arriver à Montréal alors qu'il fera 10 degrés j'ai peur d'arriver qu'il fasse trop trop froid et que du coup on puisse pas profiter autant que si on y va au mois d'octobre avec les couleurs d'automne etc
- Speaker #1
Tu préfères l'été indien que la clé de neige ?
- Speaker #3
Ça sera surtout en fonction du travail de Violette. Violette, c'est la dernière à avoir trouvé du boulot, et donc elle n'est pas forcément libre de ses choix de date, etc. Ensuite, il y a le petit copain de Violette qui aimerait bien venir aussi, donc ça va dépendre de lui aussi son boulot. Donc en fait, il faut qu'on s'accorde là-dessus.
- Speaker #1
Et puis c'est un petit budget aussi, le résultat c'est la famille.
- Speaker #3
C'est vrai que financièrement, les billets d'avion coûtent moins cher au mois d'octobre qu'à Noël. Après, il n'y a pas non plus une grosse différence. C'est encore à déterminer, on n'a pas encore pris de décision.
- Speaker #1
Et Madeleine, octobre ou décembre, c'est égal ou tu tiens un petit peu à rassembler la famille ?
- Speaker #4
Je ne suis pas spécialement attachée à Noël et je pense qu'on peut se rassembler en famille à d'autres moments. Ce n'est pas quelque chose qui compte forcément beaucoup pour moi. Mais moi, j'avoue que j'aimerais les accueillir en décembre parce que c'est l'hiver, il fait froid, mais ce n'est pas le mois le plus froid non plus à Montréal. Et je pense qu'il y a tellement un imaginaire collectif autour de l'hiver à Montréal qu'il faut le vivre. et enfin voilà ici ils savent comment t'occuper en hiver malgré les températures qui sont honnêtement vivables je pense en décembre et ouais non je pense que ça serait un peu plus féerique de se retrouver de se retrouver un peu pour le symbole de noël quoi ouais et puis enfin je pense que c'est vraiment quelque chose à vivre pour eux et il ya aussi le fait que moi j'ai pas du tout envie de rentrer pour noël aussi Parce que je pense qu'en tant qu'expat, quand tu rentres en France après plusieurs mois, tu as envie de pouvoir profiter de la famille, des amis, de tout le monde. Et en fait, à Noël, personne n'est disponible parce que tout le monde est en famille. Et la famille compte, mais les amis aussi. Et je pense que c'est le moment le plus rentable, on va dire, pour moi, de rentrer à ce moment-là. Et puis, tout le monde est tellement dans son truc de fête de famille, etc., qu'il y a tellement beaucoup de monde rassemblé en même temps que tu ne prends pas vraiment le temps de connecter avec tout le monde. et c'est aussi quelque chose que...
- Speaker #1
Est-ce que, justement, depuis les quatre mois où tu vis à Montréal, est-ce que tu as connu des moments un peu down en te disant pourquoi j'ai fait ça ? C'est une connerie. Je veux rentrer.
- Speaker #4
Down de me dire, enfin, non, non.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #4
En vrai, non. Peut-être que ça arrivera. Ça ne fait que quatre mois, mais non. Et puis, encore une fois, je suis avec Seb, donc ça aide aussi beaucoup. Et avec mon chat, ça aide aussi beaucoup. Mais j'ai eu des moments de faux mots. Genre là, Louise, elle est en train d'organiser un week-end avec d'autres potes. Ça me fout le seum.
- Speaker #1
De savoir que tu ne seras pas là ? Oui,
- Speaker #4
c'est ça. C'est des moments que j'aurais aimé vivre avec eux et que je ne pourrais pas vivre. Mais la joie, le bonheur et le fait d'être ici, ça me revient vite quand même. au-dessus. Donc voilà, mais des moments où... Ouais, j'ai envie de parler un peu plus en profondeur, connecter un peu plus.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des fois un état d'âme ou un truc que tu avais envie de dire et que tu t'es dit je ne vais pas le dire parce que je suis à 5000 bornes, je vais foutre le stress, je vais foutre le bourdon ? Est-ce qu'il y a des choses que tu t'es dit du coup je le garde pour moi ?
- Speaker #4
Pas par rapport à mon état psychologique on va dire, mais peut-être des petits bobos, des petites choses comme ça. Rien de grave, mais les choses que je préfère me dire, je gère moi-même et je n'inquiète personne.
- Speaker #1
Mais est-ce que tu le faisais déjà à Paris si tu avais un petit truc ? Tu ne dis pas toujours tout de toute façon.
- Speaker #4
Oui, c'est vrai que le fait que je sois partie sept ans à Paris déjà, ça a un peu filtré les informations que tu laisses passer.
- Speaker #0
Mais je pense que quand tu as beaucoup d'amis autour de toi aussi, tu te permets un peu plus facilement de dire « aujourd'hui, je ne me sens pas super bien, viens, on sort, viens, on fait quelque chose. » Là, c'est « aujourd'hui, je ne me sens pas hyper bien, en fait, la personne ne va pas forcément être disponible pour faire quoi que ce soit. » Mais j'ai de la chance, je suis plutôt de nature enjouée.
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #2
Et tu vois, Gauthier, excuse-moi, je te coupe, tu vois, en fait, moi, tu parlais des messages de groupe, Madeleine. Moi, maintenant, c'est vrai que j'ai aussi créé, je peux te le dire, Madeleine, un groupe entre Léo et Violette, où je leur dis, passez à la maison, etc. Où je fais attention que Madeleine, elle ne reçoive pas le message pour que ça ne lui fasse pas un pincement au cœur. Tu vois, de dire, ah merde, ils sont en train de se réunir et moi, je ne suis pas là.
- Speaker #3
Ah oui, tout groupe de famille sans Madeleine.
- Speaker #2
Non, mais pas pour... Non, mais Madeleine... C'est vraiment dans l'esprit de dire, je ne veux pas que Madeleine tombe sur des messages « Ah bah oui, ok, tiens, j'arrive, moi la grille, et qu'elle là, elle se dise « Merde, je ne suis pas là, j'ai les boules, j'aurais pu être avec eux aujourd'hui. » Tu vois, voilà.
- Speaker #0
En plus, il ne faut pas que tu t'inquiètes de ça, ça me fait plaisir de vous savoir ensemble et c'est aussi un moment pour moi de me dire « Ah bah tiens, je peux les appeler, ils sont ensemble. »
- Speaker #2
Oui, oui, bien sûr.
- Speaker #0
on peut toujours te dire on est ensemble on s'appelle tu vois comme la fois dernière on l'a fait les informations sont plus filtrées de votre côté que du mien et du coup il y a des choses que vous dites entre vous que moi je sais pas genre par exemple Léo je crois qu'il t'est arrivé une petite couille la semaine dernière j'ai pas été informée je l'ai appris par maman hier au tel et je la vois c'est dommage quoi la couille c'était le cambriolage ?
- Speaker #3
alors comment moi je suis au courant et Madeleine ne l'est pas je parlais même pas que c'était au courant Merci beaucoup. Du coup, pour le coup, je le suis. Et donc, il y a eu un petit filtrage. C'est-à-dire que ça, Madeleine qui est à 5000 kilomètres, elle n'a pas besoin de le savoir.
- Speaker #2
Non, mais Violette, elle ne le savait pas non plus. Non, mais en fait, Léo, il ne m'a envoyé que le message qu'à moi. Et c'est parce que ce soir-là, j'étais avec Violette. Du coup, Violette a été au courant. Mais c'est plus...
- Speaker #3
Ça s'appellerait une famille. On n'est pas là pour que tout le monde se déteste à la fin. J'ai deux petites questions, une petite question rapide à Louise. Lorsque vous allez vous rencontrer avec toute la bande et que du coup Madeleine ne sera pas là. Est-ce que vous avez prévu de lui faire un petit message, de lui faire une petite vidéo ?
- Speaker #2
Bien sûr, on se l'est même déjà dit avec Madeleine qu'on allait s'appeler quand on allait être avec les copains. Mais d'ailleurs, on a fait aussi un groupe.
- Speaker #3
Un petit groupe où Madeleine n'est pas dans le groupe. Oui,
- Speaker #2
mais en même temps, c'est vrai parce que ça doit être chiant pour toi, tu reçois les messages de vieillesse quand on est plus. et où nous, on est trop contents de se retrouver. C'est vrai qu'il ne pourra pas vivre ça. Mais bien sûr qu'on a prévu de se faire un vidéo comme on fait là.
- Speaker #3
Très bien. Emmanuel, ce qu'on entend là, on commence à rentrer dans une petite zone où il y a des petites cachoteries. Madeleine qui sourit, mais qui frise un peu son nez quand même un petit peu.
- Speaker #1
C'est-à-dire que ces groupes WhatsApp, ça a le mérite de faciliter la communication et je pense que c'est important de se mettre d'accord sur les informations en général qu'on souhaite communiquer ou pas se communiquer dans les moments d'absence parce qu'en fait on pense bien faire l'enfer est pavé de bonnes intentions donc on pense bien faire en ne disant pas certaines choses On pense bien faire en limitant, en n'annonçant pas les nouvelles. Mais finalement, on peut s'inquiéter plus sur le fait de ne pas avoir de nouvelles ou on peut avoir quelque chose qui nous fait vivre le manque qui est palpable. Comme dit Madeleine, en fait, elle dit, moi, je suis contente de vous savoir ensemble. J'ai ce faux mot, mais le faux mot, il vient parce que c'est dans une période où vraisemblablement, tu as... pas encore construit une vie sociale active. Donc, c'est tout ce que je laisse, c'est tout ce qui me manque, c'est toutes les habitudes, c'est toute cette connivence, etc., qui est familière, qui fait du bien. Et à côté de ça, j'ai encore Seb et mon chat, en fait. Donc, c'est dans cette phase un petit peu où on se détache de ce qui existe. Et les gens qui sont dans les groupes WhatsApp dont Merci. qu'on peut observer, qui sont à l'étranger, ils aiment bien en fait. Ils aiment bien savoir ce qui se passe, ils aiment bien être encore avec les blagues des copines, ils aiment bien... Donc je pense que le fait de vivre le mal du pays, c'est quelque chose qui ne veut pas dire qu'il faut qu'on rentre. Il veut dire qu'il y a cette aspiration à retrouver quelque chose de familier, c'est le doudou en fait. Donc, ces parties de groupe et de communication, c'est important de se dire, s'il se passe quelque chose, je veux qu'on me le dise ou je ne veux pas qu'on me le dise. Il y a des nouvelles graves quand même qui peuvent se passer quand on n'est pas là. Il peut y avoir des décès, il peut y avoir des maladies. Donc, le fait de cacher les choses sur le long terme, je crois qu'il n'y a jamais un trop gros bénéfice. après on peut souhaiter qu'on qu'on appelle les gens directement, qu'on dit « voilà, ce serait bien qu'on se parle » , et puis on s'assied, et puis on parle, et puis on annonce des nouvelles, et puis on prend le temps de parler des choses. Mais chacun essaie de se préserver en fait. Vous essayez tous de vous préserver sur « on ne veut pas te faire de peine » , « tu nous manques, on ne veut pas te faire de peine » , « vous vous dites, moi ça me manque, moi ça ne me manque pas » . Donc ces choses-là, je pense que ça doit se parler. Donc là, par exemple, ce repas de famille, Oui. C'est idéal pour vraiment constater ça. Ensuite, on parlait de la... Si je peux rebondir sur Noël, sur les réunions de famille, etc. Donc là, je pense que ce qu'on peut dire, c'est que Madeleine, tu n'as pas encore vécu l'hiver au Canada.
- Speaker #3
Alors justement, j'y pensais tout à l'heure. J'ai fait 2500 interviews pour la radio, beaucoup d'interviews de Français à Montréal. Certains pètent les plombs dans la traversée de l'hiver qui est très longue. Pour certains Français, c'est une période qui est très, très dure. D'autres le vivent très bien, mais voilà, je vais faire cette parenthèse.
- Speaker #1
Donc ça, toi, tu es encore en été, en fait. Toi, tu es à Montréal en été, et tu as eu le printemps, l'été, la sortie de l'hiver, en tout cas. Et puis, c'est là où tu veux accueillir tes proches. Et eux, ils se disent, on n'a pas envie d'avoir froid, il faut s'équiper, il faut acheter des vêtements. Il faut... Voilà, donc ça... Je sais que le froid de Montréal, c'est très froid. La fête de Noël, c'est un moment qui est une réunion de famille. On a tous envie d'être ensemble. Tout le monde a envie d'être ensemble. C'est là où effectivement les billets d'avion coûtent le plus cher. On peut être créatif sur le fait qu'on peut se répartir aussi pour avoir des visites qui viendraient au mois d'octobre. pour l'anniversaire, ce serait un moment spécial, qui viendrait à Noël, on se retrouve quelque part parce qu'à un moment donné, quand on a fait visiter 15 fois les mêmes endroits aux proches, ça commence à ressortir par les trottinets aussi, on s'en lasse un petit peu. Donc on peut avoir envie de se dire, vous le couple, vous pouvez dire, on va aller à New York pour Noël. On va faire le réveillon, on va retrouver des amis, ou les gens viennent à Montréal. En fait, le fait de se dire que si tout le monde vient au même moment à Noël, la réalité, c'est que le reste du temps, on aura moins de visites. Et là, ça fait envie de se retrouver tous à Noël. Donc, ça peut être un pari qui est réalisable. Mais sur la durée, ce que je peux dire, c'est que c'est… Ce sont des périodes qui coïncident à la fois avec des moments forts en famille et aussi des conditions climatiques et financières qui peuvent être un petit peu un défi. Donc, il y a un peu des renoncements à faire dans le fait d'être loin, à la fois des choses qu'on laisse derrière soi qui se passent en France et dont on ne fait pas partie. Et ce n'est pas pour autant qu'on vous oublie. mais c'est normal qu'il y ait ces émotions de manque, de nostalgie et de choses comme ça, et c'est bien d'en parler. Donc, ce n'est pas parce qu'on pleure et qu'on dit que ça nous manque que ça met en péril le projet d'expatriation. Mais c'est important de pouvoir se dire, là, ce n'est pas un moment facile. Et puis, avec d'autres gens qui ont connu cette expérience-là, on peut échanger aussi plus facilement parce qu'on va direct au but.
- Speaker #3
J'espère que cette carbonade était bonne et qu'elle vous a plu.
- Speaker #2
On marque une petite pause et on se retrouve pour le dessert. Pour en savoir plus, rendez-vous sur fdlm.fr.
- Speaker #3
Merci d'écouter la première réunion de famille proposée par Français dans le Monde. Madeleine est à Montréal avec son concubin Sébastien et j'ai Agathe, Léo, Agathe la maman, Léo le frère qui sont lillois. Louise, sa meilleure amie à Paris, je suis accompagnée par Emmanuel. Déjà, pour cette petite étape dans l'émission, est-ce qu'il y a des choses que vous avez apprises ? Est-ce que des questions sont apparues alors qu'elles ne s'étaient pas jusqu'alors posées ? Je commence par Madeleine.
- Speaker #0
Non, écoute, ça me fait du bien. J'apprends aussi comment les gens vivent mon absence et comment ils veulent, je ne vais pas dire compenser ça, mais faire en sorte que ça n'ait pas d'impact, que ce soit dans la mienne de vie ou dans la leur. C'est intéressant, enfin pas d'impact. On se comprend. Le moindre impact possible.
- Speaker #3
Après, c'est sûr qu'on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. On ne peut pas être loin et en même temps proche de ses proches.
- Speaker #0
Je suis carrément OK avec ça.
- Speaker #3
Et Agathe, toi, au bout de quatre mois aujourd'hui, tu vis très bien cette situation où il y a des choses, notamment quand tu regardes la télé, quand tu vois que Trump veut faire du Canada le 51e État américain, tu te dis pourquoi aller là-bas ? Pourquoi ne pas aller plutôt à Oslo ?
- Speaker #2
Non, je ne suis pas tellement inquiète parce que c'est quand même assez safe Montréal. Trump, on le connaît, de là à ce qu'il envahisse, ce n'est quand même pas tout de suite. C'est vrai qu'il y a eu des incendies à Montréal. Donc, j'ai tout de suite envoyé un message à Madeleine pour savoir si elle n'était pas impactée. Et en réalité, elle l'est quand même un peu parce qu'on s'est eu longuement hier au téléphone. Elle m'a raconté qu'il y a énormément de pollution de l'air depuis. Donc, voilà. Donc, je ne peux pas dire que ça m'angoisse, ça m'embête pour elle. Mais après, on ne vit pas sous une bulle non plus. Donc, voilà, je sais qu'elle est suffisamment grande pour faire attention à elle. Donc, non, voilà. Mais là, moi, tu vois, ce que j'ai appris, c'est de savoir que je voulais la protéger, justement, pour qu'elle ne soit pas trop triste quand on se réunit. Mais écoute, maintenant, au contraire, je vais partager avec elle. Voilà,
- Speaker #3
tu vas être réintégrée dans le groupe.
- Speaker #2
Oui, complètement.
- Speaker #3
Léo, est-ce que la vie au Canada c'était quelque chose que tu connaissais ? Est-ce que depuis que ta sœur y est, tu écoutes un peu plus l'actu de là-bas ? Est-ce que tu sais un peu plus de choses sur les différences culturelles par exemple ?
- Speaker #4
Non. Très basiquement, la vie au Canada j'en ai entendu énormément de bien parce que j'ai pas mal de potes qui sont passés par là aussi. Puis on a de la famille aussi qui a vécu là-bas il y a quelques années, qui sont rentrés récemment. Après c'est vrai qu'en soi Non on regardait l'actu Il y a quand même eu un petit pincement Quand effectivement Trump a voulu Faire du Canada le prochain Etat américain Bon après Voilà ça reste le domaine Du fantasme donc On n'a pas pu s'inquiéter que ça Je ne savais même pas qu'il y avait eu des incendies la semaine dernière Vraiment je suis dans une...
- Speaker #3
C'était dans un autre groupe d'actu Merci.
- Speaker #0
C'est pas à Montréal, les insomnies. C'est à côté de là, mais on s'est arrêté.
- Speaker #3
Sur les différences culturelles, est-ce que depuis que t'es arrivée, Madeleine, il y a des fois, tu t'es dit, mais qu'est-ce que c'est ce pays ? Mais qu'est-ce qu'ils font ? Mais qu'est-ce qu'ils mangent ? Mais comment ils pensent ?
- Speaker #0
Plutôt en bien. Bon, qu'est-ce qu'ils mangent, ça, c'est un gros délire. Tout est hyper sucré, hyper salé. Genre, il n'y a pas de pâte à tarte toute faite dans les supermarchés. le moindre morceau de fromage coûte 10 dollars ça c'est un délire mais c'est une chose Il y a des petites choses comme ça sur la consommation au quotidien. Mais c'est tout, tu t'y fais. Évidemment que le monde entier ne tourne pas de la même manière, ne fonctionne pas de la même manière. Moi, j'ai été plus agréablement surpris du calme ambiant. de la sympathie des gens, même si on sait que... On parle souvent d'une fausse sympathie, que c'est l'Amérique, que les gens sont sympas avec toi, mais ce n'est pas pour autant que tu construis des amitiés solides derrière ou quoi que ce soit. Mais moi, je me sens quand même beaucoup plus en sécurité en tant que femme par rapport à Paris. Et il y a une culture... Il y a beaucoup moins aussi cette culture de... je dois être bien foutu, je dois être beau. Tous les corps sont acceptés, toutes les modes sont acceptées. Il y a un truc où tu peux vraiment être toi-même sans ressentir de jugement ou de pression sociale qui est franchement agréable. un mec qui m'a regardé de travers depuis que je suis ici. Il n'y a pas un moment où je me suis dit Ah putain, j'aurais dû mettre un truc un peu moins décolleté ou avoir les jambes rasées. Enfin, genre, c'est...
- Speaker #3
Donc, c'est plutôt une bonne surprise, les différences culturelles des pays. D'autant que quand tu étais à Paris, on ne peut pas dire que ce soit une ville qui soit extrêmement zen, extrêmement calme.
- Speaker #0
Non, non, clairement. Clairement. Et puis j'étais dans un quartier quand même hyper populaire, avec beaucoup d'hommes dans la rue, etc. C'était quand même ça pouvait être assez violent. Et puis même à Paris je pense qu'il y a aussi cette... enfin Louise je pense que tu peux confirmer qu'il y a quand même... Je sais pas en fait quand on est à Paris on s'en rend compte aussi bien qu'une fois que t'as quitté Paris mais qu'il y a un truc...
- Speaker #2
la mode, la mode elle est là !
- Speaker #0
À Montréal elle est pas là ! Alors
- Speaker #3
Louise justement tu suis un petit peu tout ça, vous échangez sur ces sujets ?
- Speaker #0
On a pu !
- Speaker #2
Je parlais de ça avec Madeleine, pardon j'allais dire Madeleine, mais je comprends très bien ce qu'elle veut dire. À Paris, c'est quand même... Bref, on ne va pas faire une discussion sur Paris, mais c'est très dans l'apparence, c'est très élitiste. Il y a plein de choses qu'on peut reprocher à Paris.
- Speaker #3
Est-ce que tu t'es dit du coup, pourquoi je n'irais pas faire un petit tour, une petite expérience de vie à Montréal ? Ça fait partie des petites idées qui t'ont traversé la tête ?
- Speaker #2
Je ne sais pas. J'y ai pensé. J'y ai pensé. Moi, j'ai déjà été expat, en fait. J'ai vécu en Espagne, donc c'était beaucoup moins loin. Mais ouais, non, Montréal, je ne sais pas. Ce n'est pas un pays qui m'attire plus que ça, pour vous dire. Mais en tout cas, allez la voir, ça, c'est sûr.
- Speaker #3
D'accord. Un petit mot. Est-ce qu'il y a des choses qu'on ne fait plus parce qu'il y a de la distance et des choses qu'on ne se dit plus parce qu'il y a de la distance ? Est-ce qu'il y a des choses qui ont changé sur ces quatre derniers mois ?
- Speaker #0
Qu'on ne se dit plus, je ne sais pas. Ce qui est sûr, c'est que le départ a provoqué des choses qu'on s'est dites et qui ont fait du bien. De mon côté, j'ai vraiment eu l'impression de mettre beaucoup de choses au clair dans ma tête, en ayant beaucoup de discussions avec tout le monde, que ce soit la famille, les amis, plus ou moins éloignés. Et j'ai pleuré juste tous les jours. pendant deux mois avant mon départ, je pense, parce que ça remettrait beaucoup de choses. Ça chamboule beaucoup de choses, ça crée beaucoup de conversations.
- Speaker #3
C'est une occasion pour que, quand tu voyais quelqu'un, que ces deux personnes se disent des choses qui ne se seraient pas dites s'il n'y avait pas l'expatriation.
- Speaker #0
Ah ouais, clairement. J'ai eu des discussions avec des vieux amis, avec qui ça a été très intense à un moment, et que ça a été plus depuis des années, avec des choses qui ne sont pas dites. Je pense qu'avec maman aussi, on s'est dit beaucoup de choses. Le fait que je parte à Paris, déjà, ça nous a, je pense, un petit peu éloignés. Et là, le fait que je parte plus loin, ça a donné un peu une autre dimension à cet éloignement qu'on avait déjà, je pense. Donc ça, c'est sûr.
- Speaker #2
Et puis aussi le fait que tu sois venue habiter à la maison trois semaines avant de partir.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #2
Madeleine a lâché son appartement à Paris. et elle ne prenait pas tout de suite son envol pour Montréal. Du coup, elle est venue habiter la maison, on va dire, une quinzaine de jours. Et du coup, on a profité. On a profité, on s'est retrouvés comme on ne s'était jamais retrouvés avant.
- Speaker #3
Tu as goûté les jours qui ont défilé.
- Speaker #2
Oui. Non mais voilà quoi tu vois nous on est très tactiles, on se fait beaucoup de câlins on en a profité à fond et là ce qui manque réellement c'est ça moi c'est de pouvoir la toucher de pouvoir l'embrasser de pouvoir la serrer dans les bras ça c'est dur mais après quand t'as des enfants qui ont 30 ans c'est un petit peu normal aussi qu'ils soient plus tout le temps là
- Speaker #3
Est-ce qu'une visio peut faire du bien quand même le fait de se voir ?
- Speaker #2
Ah oui, oui oui bien sûr mais même tu vois hier on s'est parlé longtemps au téléphone Merci. Comme avant, on s'est raconté la vie, parce que maintenant, c'est quand même super pratique, on peut s'appeler sur les réseaux, donc ça ne coûte rien. Moi, des fois, quand je lui parle au téléphone, je n'ai même pas l'impression qu'elle est à 5000 km de moi. C'est vrai, Madeleine.
- Speaker #3
Même question pour Louise et Léo. Est-ce qu'il y a des moments où vous vous êtes dit des choses ?
- Speaker #4
C'est moi, elle est chouette, c'est chaleureux.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #2
Ben non mais nous on s'est déjà tout dit de toute manière, on communique beaucoup, on est très proches, on fait des câlins tout le temps et ça c'est ce qui manque le plus.
- Speaker #3
Et comment vous faites un cyber câlin aujourd'hui ?
- Speaker #0
Bon ça on fait pas en attendant là, je te jure, on va essayer un peu plus.
- Speaker #2
On n'a pas la réponse à cette question.
- Speaker #0
Je vais laisser ma bouteille de parfum.
- Speaker #2
C'est vrai ? Ça j'avoue que c'est vraiment... Des fois le matin on va s'allumer en fait. En vrai, ça s'en va de l'aile.
- Speaker #3
Et Léo du coup ?
- Speaker #4
Oui, moi du coup pendant ces quelques semaines qu'elle a passé chez ma mère, parce que du coup avec ma mère on n'habite pas super loin, on a eu l'occasion de se voir beaucoup plus qu'on avait eu les dernières années, donc effectivement on a pu faire des choses qu'on n'avait pas eu l'occasion depuis un moment.
- Speaker #0
Ouais, en fait je pense que quand tu pars aussi loin... Quand tu pars à Paris et qu'il n'y a qu'une seule heure de train qui nous sépare, moi, j'avais la sensation d'avoir plus de... de pression à devoir revenir parce que justement il n'y a qu'une heure de train et peut-être du coup moins de choses qui se disent par téléphone etc. qu'en vrai parce que justement on attend le moment où on se retrouve que maintenant qu'on est à 5000 kilomètres, on sait qu'on est loin, on sait qu'on ne va pas se voir demain et du coup c'est plus facile de l'accepter. C'est une chose à laquelle on s'attend spécialement je pense.
- Speaker #3
On n'a presque pas le choix quasi en fait, on est au pied du mur sur le sujet. Madeleine, ça fait que quatre mois que tu es là-bas. Tu as prévu quelle durée ? Est-ce que vous vous dites déjà que cette durée peut changer ? Est-ce que vous vous dites avec Sébastien des choses que pour l'instant vous n'avez pas partagé en famille ?
- Speaker #0
Nous, on est partis pour deux ans a priori, parce que c'est la durée du PVT. On est partis en ne sachant même pas si on allait pouvoir faire les deux ans, parce qu'il y avait cette histoire de Seb qui n'avait qu'un visa de visiteur de six mois. Merci. qui pouvait éventuellement renouveler, etc. Mais en termes d'argent, il faut faire un peu gaffe quand même. Après, Seb reprend les études. C'est une formation qui va durer un an et demi. Donc, a priori, rien que sa formation, ça nous emmène un tout petit peu après la fin de mon PVT. Donc, peut-être que c'est lui qui va rester plus longtemps que moi. Enfin bref, on ne sait pas trop. Mais c'est vrai que pour l'instant, on n'a pas forcément l'envie de rester plus de deux ans. on est content de se dire que c'est une parenthèse dans notre vie, que peu importe ce qui peut se passer, en fait, ici à Montréal, on le prend un peu au jour le jour, parce qu'on sait qu'on a deux ans.
- Speaker #3
Est-ce qu'il y a une situation où vous vous êtes dit, si ça arrive, on rentre ? Est-ce que vous en avez parlé entre vous ?
- Speaker #0
C'est sympa ! On rigolait là-dessus tout à l'heure, mais...
- Speaker #3
T'es tombée enceinte par exemple, alors si on ne sait jamais de quoi la vie est faite, vous êtes en couple depuis un petit moment, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que vous avez imaginé ce scénario ?
- Speaker #0
On en a parlé en vrai parce que c'est quelque chose dont on a envie et assez rapidement quand on rentrera je pense. Et après s'il y a un accident entre guillemets, calme-toi maman ! Mais on en a parlé, si un accident arrive, qu'est-ce qu'on fait ? Parce qu'on est vraiment à la lisière du moment où on voudrait faire un enfant, mais sans y être non plus, étant donné qu'on est là, qu'on est en train de construire notre vie ici. Si on doit penser à un avortement ou pas, ce sont des choses qui sont un peu… Est-ce qu'on est prêt à sacrifier un éventuel enfant pour vivre cette aventure ? Ou inversement ? hum On en parle, on n'a pas la réponse. Mais forcément, on en parle. On a tous les deux autour de 30 ans. On a envie de construire une famille. Donc, c'est sûr que ça fait partie des choses qui viendront chambouler les plans.
- Speaker #3
On va conclure cette émission. Emmanuelle, peut-être un petit mot de ce que tu as entendu avec cette famille et amis que la Radio des Français dans le Monde a rassemblés aujourd'hui.
- Speaker #1
Alors, j'ai entendu la configuration de votre famille, l'âge des... l'âge de Madeleine, les projets d'un couple de cet âge-là. Alors, il semblerait que même les Canadiens ont des enfants au Canada, qu'il y a des gens qui ont eu des bébés au Canada. Donc, après, c'est faire des choix de vie et puis, effectivement, se renseigner. pour savoir comment ça se passe médicalement, si on se sent en sécurité, etc. Mais ce n'est pas forcément une contrainte en expatriation. Ça peut être un choix, ça j'entends bien. Et puis, ce que j'entends, c'est que vous vous laissez la porte ouverte à différentes circonstances, à savoir si vous allez vous épanouir dans ce projet. Donc, moi je pense que c'est important de parler des choses. de s'attendre à ce qu'il y ait des moments, plutôt des super moments à partager plein de choses, d'autres moments où c'est plus compliqué. Et ça, PVT ou pas PVT, c'est des choses qui arrivent. Il y a des événements aussi qui nous dépassent. Quand il y a eu Covid, les gens se sont organisés autour de ça. Donc, on a des grandes capacités d'adaptation. il faut être au contact avec la réalité de est-ce que ce projet nous convient, quelles limites on se fixe, quelle temporalité, et de bien en parler ensemble et d'avoir effectivement cette impression qu'on va pouvoir avoir des projets, soit de recevoir des gens, soit de partir, soit de faire quelque chose qui est propre au Canada aussi, pour profiter aussi de ce temps-là. Mais je pense que j'ai déjà entendu qu'au début, il faut un temps d'adaptation et que ça peut être des moments de découragement. Donc, il faut se faire du bien, il faut faire des choses simples, il faut juste se concentrer sur ce sur quoi on a le contrôle. et puis se réjouir des petites choses du quotidien qui font du bien.
- Speaker #3
Agathe, un dernier mot pour conclure cette émission ?
- Speaker #2
Non, écoute, moi je suis très heureuse pour Madeleine. Voilà, effectivement, on peut avoir des bébés au Canada.
- Speaker #0
Ça coûte aussi.
- Speaker #2
Mais connaissant ma fille et la connaissant bien, je sais qu'elle aimerait vivre ça proche de nous. après si ça arrivait là-bas c'est pas bien aussi et moi j'irais, il n'y a aucun problème tout est open mais voilà je pense que pour elle c'est ce qui cadre un petit peu son voyage au Canada c'est de se dire, bon voilà c'est un petit délire qu'elle se fait avant de faire un bébé mais disons que ça sera un petit peu je pense la raison de son retour en France
- Speaker #3
Léo est-ce que Le sujet de l'expatriation de Madeleine a pu te faire naître des choses dans ta tête ?
- Speaker #4
Là, je suis encore un bloqué sur le bébé.
- Speaker #1
C'est un peu ce que je fais.
- Speaker #4
Je passe de 0 à 100 super rapidement. Je suis un peu acté. OK. Bon, très bien. Là, à l'heure actuelle, je ne sais pas trop. Mais oui, oui.
- Speaker #3
Effectivement, ça peut être. Est-ce que tu es un peu jaloux qu'elle puisse vivre cette aventure et que toi, tu ne l'es pas vécue ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #4
Bah non, ce que j'aurais voulu c'est que ça soit ma way of life quoi si je puis dire. Ouais, ouais,
- Speaker #0
ouais. Mais non,
- Speaker #4
je suis juste super heureux pour elle quoi. Et puis pour le coup je rejoins un peu Louise, moi le Canada ça me fait pas spécialement rêver. Donc si ça avait dû être un pays ça aurait pas été celui-là donc je sais pas pourquoi je fais jamais.
- Speaker #0
Mais en vrai j'espère que... Moi, mon expat, elle va vous donner envie, à toi et Vio, de bouger un peu plus. Et c'est aussi pour ça que j'ai envie que vous veniez me voir. C'est pour que vous compreniez un peu aussi ce que ça fait de chambouler un peu son quotidien et ses repères en faisant de l'expérience.
- Speaker #3
Tu crois que ça va te changer profondément, cette expérience ?
- Speaker #0
Je pense que ça nourrit quelque chose qui était déjà là, en vrai. Et peut-être que ça va me calmer aussi, peut-être qu'à la fin je vais me dire « putain, en fait, on est bien chez soi » . Mais moi, j'ai envie que… Le fait d'être partie à Paris avant de partir à Montréal, pour ma famille, Paris, c'est la capitale, ça va vite, c'est moche, ça pue, et c'est trop cher et tout ça. Et donc, j'ai l'impression qu'en tant que personne de la famille qui est partie, de l'île. Je n'étais pas partie au bon endroit pour eux, et ça ne leur donnait pas envie de bouger plus que ça. Et donc là, j'espère que Montréal, quand vous viendrez, vous comprendrez pourquoi moi aussi, j'ai envie des fois de bouger un peu mes repères.
- Speaker #3
Ah oui, d'accord. Et puis, Louise, du coup, ce sera toi le mot de la fin. Qu'est-ce que tu veux dire pour conclure cette émission ? Peut-être à Madeleine ?
- Speaker #0
Je vais ouvrir des poules.
- Speaker #4
Je vais la séquencer,
- Speaker #1
moi aussi.
- Speaker #2
Non, non, mais moi, je suis trop contente pour elle. Et ce que je n'ai pas dit, c'est que ça y est, on a déjà pris nos billets avec mon copain pour aller la voir au mois d'octobre, enfin septembre, octobre. Donc, on se voit bientôt.
- Speaker #0
J'ai trop hâte.
- Speaker #3
Très bien, merci beaucoup. Et alors, un petit chapeau à Madeleine qui a enchaîné trois putains dans cette émission. Je les ai comptés, c'est très bien. On est sur une radio libre, on peut dire exactement tout ce qu'on veut. Merci beaucoup Emmanuel. On se retrouve prochainement pour une nouvelle réunion de famille. C'est sûr que là, quatre mois à Montréal, dans une province francophone, avec tous les moyens techniques, ça pourrait être différent si on se retrouvait dans une famille très éloignée depuis très longtemps. Toi, tu as l'habitude de cas de configuration très différente de famille.
- Speaker #1
Absolument, il y a des expatriations sur plusieurs générations avec des unions mixtes et des gens qui sont partout dans le monde. Il y a des familles où il y a juste un couple et ses enfants, il y a des couples seuls. il y a vraiment en fait ce à quoi je pense maintenant c'est que La revendication des expatriés quand ils parlent de leur situation, c'est qu'ils disent toujours « oui, mais nous, ce n'est pas pareil. Oui, mais moi, ce n'est pas pareil. » En fait, au sein de la différence, il y a toujours cette revendication que finalement, il n'y a pas une situation qui se ressemble. Et puis, c'est à chaque fois des personnes différentes. Là, on entend dans la même famille, il y a des gens qui n'ont pas du tout envie de… Ils n'ont pas envie. et puis d'autres qui ont envie et puis il y en a qui ne vont pas forcément voir leurs proches, où il y a des situations où les parents sont vieillissants, donc voilà c'est compliqué. Là on a une agate qui est dans la forgue de l'âge, qui est prête à galoper après les caribous. C'est vraiment difficile. D'accord.
- Speaker #0
Mais pas s'il fait moins 10. Ah non,
- Speaker #2
s'il fait moins 10, non.
- Speaker #1
Il y aura des gens qui ne vont pas supporter le froid, il y aura des gens qui ne vont pas supporter le chaud, il y a des gens qui... des parents qui ne peuvent pas prendre l'avion, il y a des... Chaque situation est différente, on s'adapte et puis après on... On se retrouve en été, on se retrouve à certains endroits, à certains moments où on organise des rituels pour être sûr qu'on reste en contact.
- Speaker #3
Ou on se retrouve sur la radio des Français dans le monde qui réunit comme aujourd'hui la famille et les amis. Merci beaucoup à toutes et à tous. Merci d'avoir été avec nous. Ce podcast est proposé sur toutes les plateformes. Vous le partagez, vous l'aimez et vous le commentez. À bientôt.
- Speaker #2
A bientôt, merci. Merci, ciao.