Speaker #0Bonjour ! Alors aujourd'hui j'aimerais vous parler d'un être vivant qui partage mon bureau. Ce n'est pas un collègue, ni un chat, ni un oiseau. C'est une plante. Mais pas n'importe quelle plante. C'est une Maranta loconora, aussi appelée plante qui prie ou plante qui dort. C'est une plante au feuillage fascinant qui arbore des motifs géométriques assez colorés. Elle est suspendue près de ma fenêtre à l'est. Elle ne reçoit jamais la lumière directe du soleil et pourtant elle vit, elle vibre, elle bouge. Le matin, quand j'arrive, ces feuilles sont déployées, presque à l'horizontale, comme des ailes ouvertes. Et puis parfois, vers onze heures, ou même avant, elles s'inclinent, pas brusquement, doucement. Puis parfois, les feuilles se redressent, comme si quelque chose avait changé. Intrigué, j'avais lu qu'elles devaient avoir plutôt un rythme Jour, feuille ouverte, nuit, repli. Mais non, c'est beaucoup plus subtil que ça. Elle suit son propre rythme. Peut-être celui du lieu, de la lumière indirecte, de la chaleur, de l'humidité, que sais-je. Peut-être d'autres choses encore. En botanique, on appelle ça la nictinastie. Un mot compliqué pour désigner un mouvement naturel chez certaines plantes. Elles ouvrent leurs feuilles le jour et les replient la nuit. Mais comme souvent dans la nature, ce n'est pas une règle rigide. Ce sont des tendances, des possibles, des rythmes modulés. Alors, en regardant ma plante, j'ai commencé à me demander est-ce que moi aussi, j'ai des rythmes qui ne suivent pas ce qu'on attend ? Est-ce qu'il m'arrive d'ouvrir, de déployer quand tout le monde se referme, ou de me refermer dans un moment d'intensité extérieure ? Et alors ? Et si, c'était juste. Comme cette plante, comme ma plante, je suis dans un contexte unique, une lumière particulière, une chaleur donnée, un sol, un mur, un contexte. Nos rythmes sont personnels, ils changent, et ils nous parlent. On parle souvent d'écouter son corps. Et si, comme cette plante, on écoutait aussi nos rythmes, nos rythmes feuilletés, ce qui en nous s'ouvre, se déploie, se replie, se contracte, doucement, sans bruit. Alors, je vous invite maintenant à faire une petite pause. à vous installer confortablement et à fermer les yeux peut-être, si vous le souhaitez, à prendre quelques longues inspirations et expirations pour bien vous centrer, puis à vous imaginer comme une plante. Oui, pourquoi pas. Imaginez-vous comme une plante, suspendue quelque part, dans un lieu où il fait bon vivre. Vos feuilles sont là, certaines déployées, d'autres en train de se replier. Et c'est parfait ainsi. Prenez une inspiration douce. Et laissez votre souffle vous dire, quel est mon rythme maintenant ? Pas celui d'hier, pas celui de ce que vous espériez, mais celui du moment-là, maintenant, celui de votre vivant. Êtes-vous dans une phase de croissance, d'enracinement ? D'attentes silencieuses ? Autre chose peut-être ? Tout est juste, tout a sa place. Laissez venir ceux qui s'invitent, accueillez ces images, ces sensations, et, quand c'est le bon moment pour vous, revenez tranquillement ici et maintenant. De mon côté, ma Maranta continue de pousser. Elle fait apparaître de nouvelles feuilles enroulées comme des promesses. Elle ne m'attend pas, elle ne m'imite pas, elle suit son appel, son propre appel invisible. Et voilà que ce matin, alors que je pensais avoir terminé ce texte, deux petites fleurs ont éclos, blanches, toutes simples, presque timides. Je ne les attendais pas et, à dire vrai, je ne savais même pas que cette plante pouvait fleurir. Mais elle l'a fait. à son rythme, dans sa discrétion. Et moi je la regarde, encore. Et peut-être que nous avons, nous aussi, des floraisons imprévues, des élans secrets qui ne demandent qu'un espace pour s'ouvrir, même s'ils ne ressemblent pas à ceux des autres, et même s'ils changent chaque jour. Alors, je vous invite à les accueillir. à votre rythme et je vous souhaite de belles inspirations.